Casanova – al-Maqrīzī, Description historique et topographique de l'Égypte (MIFAO 3, 1906) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · al-Maqrīzī — al-Mawāʿiẓ wa-l-iʿtibār bi-dhikr al-khiṭaṭ wa-l-āthār (Khiṭaṭ) · none · L0 witness

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6,199 lines · a line number is a link to itself
refL0 witness
p. 70
70011. 3o.
7002122
7003P. CASANOVA.
7004le Moukaukis dans l'île. Celui-ci envoYa dire alors à <Arnrou : rr Vous êtes des
7005J
7006gens qui avez pénétré dans notre pays et vous êtes acharnés à nous combattre
7007et votre séjour sur notre territoire s'est prolongé. Or vous n'êtes qu'un clan infime.
7008Les Hoi'un sont venus à vous et ont envoyé leurs armées contre vous; ils ont
7009des hommes nombreux et des armes; le Nil vous entoure. Vous n'êtes plus que
7010des prisonniers entre nos mains. Envoyez-nous quelques-uns de vous afin que
7011nous entendions leurs propositions; peut-être que l'affaire à régler entre vous
7012et nous aboutira comme vous le voulez et comme nous le voulons et nous suspen-
7013drons, et vous aussi, les hostilités avant que vous aient enveloppés les foules des
7014Roûm, car (à ce moment), les paroles ne nous serviraient plus de rien et (même)
7015elles ne nous seraient plus possibles. Peut-être alors vous repentirez-vous d'une
7016affaire si opposée à vos désirs et à votre espoir. Envoyez-nous donc quelques-
7017uns de vos compagnons, afin que nous traitions la question à notre d~ir et
7018au vôtre."
7019Quand les messagers du Mou~au~is arrivèrent à <Amrou, il les garda
7020prisonniers auprès de lui deux: jours et deux. nuits. Le Mou~au~is craignit pour
7021eux. et dit à ses compagnons : rr Croyez-vous qu'ils tuent les messagers et qu'ils
7022permettent cela clans leur relig,ion "? Mais <Amrou avait voulu seulement qu'ils
7023vissent la situation des Musulmans et il leur fit tenir cette réponse : rr Il ne peut
7024y avoir entre nous qu'une des teois transactions suivantes : ou bien vous entrerez
7025dans l'islam, vous serez nos feères, ce qui sera à nous sera à vous; ou vous refu-
7026serez et alors vous nous paierez le tribut de soumission,~ ~ ~(
70271 l, et serez
7028traités comme inférieurs; ou bien nous nous acharnerons contre vous sans relâche
7029dans le combat jusqu'à ce que Dieu ait jugé entee vous et nous; c'est lui le
7030meilleur des juges". Quand les messagers cl u Mou~au~is revinrent vers lui, ill eue
7031dit: rrComment avez-vous trouvé ces gens-là? -Nous avons trouvé en eux,
7032dirent-ils, un peuple dont chacun préfère la mort à la vie, l'humilité à l'élévation;
7033dont aucun n'a d'amour ni de passion pour ce monde. Ils n'ont d'autre siège que
7034le sable; ils mangent sur leurs genoux. Leur chef est comme un d'entre eux;
7035on ne distingue pas le plus élevé d'entre eux du plus humble, ni le maître de
7036l'esclave; à l'instant de la prière, nul d'entre eux n'y manque; ils lavent avec de
7037l'eau leurs extrémités et s'humilient profondément dans leur peièrc." Sur ces
7038paroles, le Mou~au~is s'écria:~~ Par Celui en quil'onjure, si de telles gens attaquent
7039les montagnes, ils les renverseront (:JJ. Nul ne l'emportera sur eux: dans le combat.
7040(l ) Sur celte expression coranique (Coran, IX, 2 9) qui a donné lieu it des interprélalions hien
7041diYerscs, voir DozY, Supplément, à l'article : ~·
7042(2) Réminiscence du texle éYangélique (Saint A1atltieu, ch. XVII, Yel'set 20 ).
7043r
7044MAKRÎZi.
7045123
7046Si nous ne profitons pas de la paix qu'ils nous offrent aujourd'hui, alors qu'ils
7047sont enfermés dans le Nil, demain, ils ne voudront plus, alors qu'ils pourront
7048prendre terre et sortir de l'endroit ou ils sont." Le Moul~au~is leur renvoya alors
7049P. 2 9 i.
7050ce message : ~~Envoyez-nous de vos messagers avec qui nous traiterons et nous
7051nous entendrons, eux et nous, sur la solution qui peut con venir à vous el à nous".
7052<Amrou ibn al <À~i envoya alors dix individus dont l'un était <Oubâdat ibn a~
7053Sâmit, qui avait une taille de elix: empans et il lui ordonna d'être le porte-parole
7054de la troupe et qu'il ne répondit à aucune des prétentions adverses que par une
7055de ces trois transactions : rr L'émir des cro}ants- (dit 'Amrou)- m'a envoyé
7056des 'instructions à cet égaed et m'a ordonné de n'accepter rien en dehors d'une
7057de ces trois transactions"· <Ouhâdat était noir; quand ils furent montés en barque
7058vers le Mou~au~is et qu'ils furent entrés en sa présence, <Oubâdat s'avança et
7059le .Mou~aul~is, effra}é de sa noirceur, s'écria : ~t Éloignez de moi ce noir et faites
7060venir un autre avec qui je m'entretienne"· Mais ils répondirent tous ensemble :
7061rr Ce noir nous est supérieur par le jugement et la science; il est notre maître,
7062le meilleur de nous, notre chef; tous, unanimement, nous ne nous conforme-
7063rons qu'à sa parole et à son jugement. L'émir lui a donné, à l'exclusion de
7064nous-mêmes, ses ordres spéciaux et nous a enjoint de ne pas nous écarter de
7065ses avis et de ses discours. -
7066Hé quoi! vous acceptez que ce noir vous soit
7067supérieur et il ne lui convient que d'être au-dessous de vous. -
7068Que non 11as;
7069tout noir qu'il est, comme tu vois, il est notre supérieur en situation et
7070notre supérieur pour la promptitude (à la foi) A....i....?L-11 (ll, l'intelligence et le
7071jugement. Chez nous il n'y a pas Je mépris des noirs., Alors le Mou~au~is dit a
7072<Ouhâdat: rr Ü noir, avance et parle-moi avec douceur, car ta noirceur m'effraie
70731. to.
7074et si ton langage à mon ég,ard est dur, ma frayeur redoublera"· <Oubâdat s'avança
7075vers lui et lui dit : "J'ai entendu ton discours. Il y a, dans ceux. de mes compagnons
7076que je quitte, mille noirs hien plus noirs que rnoi, hien plus affreux d'aspect. Si
7077tu les voyais, ils t'inspireraient une frayeur plus grande que moi. Quant à moi,
7078déjà je me dessèche, ~
7079~, et ma jeunesse s'en est aBée; malgré cela, Dieu
7080soit loué, je ne redoute pas cent hommes parmi mes ennemis, même s'ils m'atta-
7081quaient tous à la fois. Mes compagnons sont de même. De même notre seule
7082ambition, notre seul souci est la guerre sainte, ..)~,en Dieu et l'obtention de
7083sa gTâce et quand nous attac!uons nos ennemis qui sont ceux qui combattent Dieu,
7084ce n'est point par l'ambition de ce monde et l'intention d'en multiplier les biens.
70851
7086(I l SU!' cette expression, Y Oit· D ~lY, Supplément, sub verbo. La sâbi(,'al (li Ltéralement: «priori lé n)
7087est \a qualité de ceux qui se sont comel'lis immédiatement à l'islamisme sans hésilalion, ceux que
7088nous pomrions appeler "les Musulmans de la première heure"·
7089J6.
p. 71
70901. 20.
70911. 3o.
709212lt
7093P. CASANOVA.
7094Non; c'est que Dieu nous y a au[orisés et a autorisé le butin que nous faisons ainsi.
7095Nul de nous ne se met en peine d'avoir un Lcan~ar d'or ou de ne posséder qu'un
7096dirhem parce que l'idéal de chacun de nous, dans ce monde, est une bouchée de
7097nourriture qui fasse taire sa faim pour une nuit et un jour, un manteau dont il
7098s'enveloppe. Celui de nous qui ne possède que cela, en est satisfait; s'il a un
7099Lcantâr d'or, il en fait libéralité en obéissance de Dieu et c'est à cela que se borne
7100quiconque a en main et a acquis quelque bien de ce monde, car la richesse de ce
7101monde n'est pas une richesse et son opulence n'est pas une opulence : il n'est de
7102richesse et d'opulence qu'en l'autre monde. Voilà ce que Dieu nous a ordonné;
7103voilà ce que nous a ordonné notre Prophète et il nous a prescrit qu'il n'y aurait pour
7104aucun de nous aucune préoccupation pour ce monde sauf pour ce qui arrête sa faim
7105et couvre sa nudité, mais que sa préoccupation et son activité seraient pour Sa grâce
7106divine et la g·uerre sainte contre Ses ennemis." Le MouLcau~is ayant entendu ses
7107paroles, dit à ceux qui l'entouraient: ~~Avez-vous jamais entendu un langage pareil
7108à celui de cet homme? Sa vue m'a effrayé, mais son discours rn 'effraye plus encore
7109que sa vue. Certes, cet homme et ses compagnons, Dieu les a suscités pour la ruine
7110de la terre. J'ai la conviction absolue que leur domination s'étendra sur la terre
7111entière." Puis le Moukaukis s'inclina devant <Oubâdat ibn as Sâmit et lui dit ·
7112.
7113.
7114. .
7115.
7116~ 0 homme pur, j'ai entendu ton discours et ce que tu as dit de toi et de tes com-
7117pag·nons; par ma vie, vous n'êtes parvenus là ou vous êtes parvenus que par ce
7118que tu dis, et vous n'avez triomphé de ceux dont vous avez triomphé que parce
7119que dans le monde étaient leur amour et leurs aspirations. Vers nous sont venues,
7120pour vous combattre, des troupes de Rotun dont on ne saurait calculer le nombre;
7121lous sont renommés pour leur bravoure et leur vigueur, nul d'entre eux ne
7122s'inquiète de qui il rencontre, de qui il combat. Nous savons que vous serez
7123insuffisants et impuissants contre eux à cause de votre faiblesse et de votre petit
7124nombre. Voilà des mois que vous êtes campés au milieu de nous (litt. : <t de nos
7125dos"' w_,-e-161)' et vous êtes resserrés et empêchés dans vos approvisionnements et
7126vos allures. Nous avons pitié de votre faiblesse, de votre petit nombre et de la
7127pénurie de vos biens; notre générosité nous pousse à vous accorder la paix en
7128gTatifiant tous vos soldats de deux dinars par tête, votre émir de cent, et votre khalife
7129de mille dinars; prenez-les et retournez en vos pays avant que vous enveloppe
7130une catastrophe contre laquelle vous ne pourriez rien." <Oubâdat ibn a~ Sâmit lui
7131répondit : ~~Toi, ne t'aveugle pas, toi et tes compagnons! Tu nous effraies de la
7132réunion des Roûm, de leur nombre et de leur multitude et de notre impuissance
7133contre eux; mais, par ma vie! ce n'est pas cela qui nous effraiera, ce n'est pas cela
7134qui nous fera lâcher prise. Si ce que vous nous dites est vrai, par Dieu! c'est nous
7135MAKRÎZÎ.
7136125
7137faire souhaiter davantage de les combattre et nous exciter plus fortement contre
7138eux, car c'est nous rendre plus excusables aux yeux de notre Seigneur quand nous
7139lui représenterons que nous faire tuer jusqu'au dernier était le meilleur moyen pour
7140nous d'obtenir sa grâce et son paradis! Rien n'est plus doux à notre âme (litt. : ~~plus
7141rafraîchissant à notre œil") et plus enviable pour nous qu'un tel sort. Maintenant
7142nous sommes à votre égard dans l'une de ces deux situations supérieures : ou hien
7143vous augmentez pour nous, par cette a venture, le butin de ce monde si nous
7144sommes vos vainqueurs, ou hien le butin de l'autre monde si vous êtes les nôtres;
7145et certes, cette solution est la plus envi_able des deux pour nous, après que nous
7146aurons, accompli la guerre sainte. Or Dieu nous a dit dans son Livre : ~Que de
7147fois une faible troupe a triomphé d'une troupe nombreuse par ]a permission de
7148Dieu! C'est que Dieu est avec les patients(JJ,. Mais il n'est pas un de nous qui
7149n'implot'e Dieu matin et soir qu'il lui accorde le martyre, et ne le ramène pas
7150à son pays, à sa terre, à sa famille, à ses enfants! Pas un de nous ne songe à ce
7151qui est derrière lui. Chacun de nous a confié à son Seigneur sa famille et ses
7152enfants et nous ne songeons qu'a ce qui est devant nous. Tu dis que nous sommes
7153resserrés et gênés dans nos approvisionnements et nos mouvements; mais nous
7154sommes dans la position la plus aisée : le monde entier serait à nous que nous ne
7155désit·erions pas pour nous plus que nous avons. Vois ce que tu désires et explique-
7156le nous. Entre vous et nous, il n'y a, de transaction que nous acceptions de toi et à
7157laquelle nous consentions, qu'une des trois dont tu feras choix à ton gré. N'aie pas
7158de vaines ambitions! Voilà ce que m'a ordonné l'émir, ce que lui a ordonné le
7159P. 292.
7160chef des croyants. Tel est le pacte fixé jadis par le Prophète de Dieu à notre égard.
7161Ou vous consentirez à l'islamisme qui est la relig·ion par excellence, que seule
7162Dieu accepte : c'est la religion de ses prophètes, de ses envoyés et de ses anges et
7163Dieu nous a ordonné de combattre qui s'en détourne et ne l'aime pas jusqu'à ce
7164qu'il s'y rallie. S'il ie fait, ce qui est pour nous est pour lui, ce qui est contre
7165nous est contre lui; il est notre frère en la religion de Dieu. Acceptez-vous, toi
7166et tes compagnons? -
7167Alors vous set·e.z heureux dans ce monde et dans l'autre;
7168nous cesserons de vous eomhattre et ne permettrons contre vous aucun mal, aucune
7169hostilité. Ou vous refuserez mais (en acceptant) l'impôt. -
7170Alors vous paierez
7171l'impôt de soumission (2l et vous serez considérés comme inférieurs. Nous ne vous
7172traiterons que sur des bases consenties par vous et par nous, en toute époque, à
7173jamais, tant que nous vivrons, tant que vous vivrez. Nous ferons la guerre pour
7174vous contre quiconque vous attaquera et vous combattra dans quoi que ce soit de 1
7175(I l Coran, Il, ~5o.
7176(2) Voir plus haut, page 1 2 2 , note 1.
p. 72
71771. 1 o.
71781. 20.
7179126
7180P. CASANOVA.
7181votre terre, de votre sang, de vos biens, et nous veillerons à vous assurer cette
7182défense parce que vous serez sous notre dla"mmat(ll. Et ce sera un pacte pour vous
7183à notre charge. Ou vous refuserez (absolument). -
7184Alors il n'y a plus entre nous
7185et vous d'autre décision que celle du glaive, c'est-à-dire que nous périrons jusqu'au
7186dernier ou nous ferons de vous ce qu'il nous plaira. Telle est notre religion,
7187par laquelle nous sommes liés à Dieu et rien ne nous est permis en dehors de ce
7188qui est (conclu) entre nous et lui. Consultez-vous."
7189Le Mou~au~is répondit : ~~Ceci ne sera jamais. Vous ne voulez pas autre chose
7190que nous tenir en esclavage pour la durée dù monde! -Cela est ainsi, lui
7191répliqua 'Ouhâdat, choisis à ton gré.- Hé quoi! dit le Mou~au~s, ne nous con-
7192céderez-vous pas une autre transaction que ces trois-là?- Non, dit 'Oubâdat,
7193en levant ses mains vers le ciel, par le maître de ce ciel, par le maître de cette
7194terre, par le maître de toute chose, vous n'avez à attendre de nous aucune autre
7195transaction : choisissez pour vous-mêmes." Alors le Mou~au~is se tourna vers ses
7196corn pagnons et leur dit: ~~La conférence (2J est terminée. Que pensez-vous? -
7197Quelqu'un accepterait-il cette humiliation? dirent-ils. Ils veulent que nous
7198entrions dans leur religion! Voilà qui ne sera jamais: ahandonner la religion du
7199Messie, fils de Marie et entrer dans une autre religion que nous ne connaissons pas!
7200Ils veulent mettre la main sur nous et nous traiter en esclaves. La mort est plus
7201douce qu'un tel sort. Qu'ils acceptent que nous doublions ce que nous leur don-
7202nons, cela nous sera plus aisé.- Ils refusent, dit le Mou~au~is à 'Oubâdat , que
7203penses-tu? Ramène ton maître à (accepter) que nous vous donnions pour cette
7204fois ce que vous désirez ct que vous vous retiriez. -
7205Non, dirent 'Ouhâdat et ses
7206compag-nons." Alors le Mou~au~is dit (à ses g-ens) : ~~Obéissez-moi et acceptez
7207de ces gens une de ces trois transactions; par Dieu vous n'ètes pas les plus forts,
7208et, si vous n'y consentez pas de gTé, vous consentirez à des conditions plus dures
7209de force. -
7210Quelle transaction accepter? -
7211Je vous dirai ceci : entrer clans une
7212autre rclig·ion que la vôtre, c'est ce que je ne vous imposerai pas; quant à les
7213combattre, je sais que vous n'êtes pas plus forts qu'eux et que vous ne les dépassez
7214pas en endurance; il faut donc la troisième transaction. -Mais nous serions leurs
7215esclaves à jamais!- Oui, que vous soyez esclaves en tutelle,~ .. , dans
7216votre pays, garantis dans vos personnes, vos hiens, votre postérité, cela est mieux
7217(Il Nous avons déjit vu que ce terme désigne l'état de ~pt·otectoml" comme on dimit aujourd'hui.
7218Il n'était accordé qu'aux Chr·éLiens, aux Juifs et aux Sabéens, comme ayant un livre révélé par Dieu.
7219Les idolùtres ne pouvaient jouir de cette situation relativement privilégiée.
7220121 Je lis : J _,ill et non : i _,ill que porte l'édi Lion de BoùlàJ.<. Cette correction, tou te naturelle,
7221est, d'ailleurs, conforme au texte d'A~ ~ouYoûrl, flousn almou(u1{larat, J, p. 68, l. 2 5.
7222MAKRÎZÎ.
7223127
7224pour vous que de périr jusqu'au dernier et que vous soyez (réellement) des
7225esclaves' que vous soyez vendus et dispersés dans les pays pour y être esclaves a
7226jamais, vous et vos familles et votre postérité. -
7227La mort nous est plus aisée."
7228Là-dessus ils ordonnèrent qu'on rompît le djisr (pont ou digue) du côté d'al
7229Foustât.
7230Or dans l'He et dans le ~a~r il y avait une foule de Coptes et de Roûm. Les
7231Musulmans, sur ces entrefaites, pressèrent si bien les gens du ~a~r qu'ils l'em-
7232portèrent sur eux et Dieu les mit en leur pouvoir; une grande quantité en fut
7233tuée et il fut fait des prisonniers. Toutes les harques furent tirées dans l'île. Les
7234Musulmans les tinrent en ohservation et l'eau les enserrait de toutes parts, ils ne
7235pouvaient fuir vers le Sa'id ni aucune ville ou campagne. Le Moul~aul~is disait à ses
7236compagnons: rr Ne vous ai-je pas fait savoir ce que vous aviez à redouter? Qu'atten-
7237dez-v::ms? Par Dieu! ou vous consentirez à ce qu'ils veulent de gré, ou vous
7238consentirez à des conditions plus dures de force. Obéissez-moi avant d'avoir à vous
7239repentir." Quand ils virent ce qu'il y' avait à attendre des Musulmans et que le
7240Moul~au~is leur eut ainsi parlé, ils acceptèrent le tribut et y consentirent afin
7241qu'il y eût entre eux une paix sur des bases précises. Le Mou~au~is fit dire à 'Amrou
7242ibn al 'Â~i : rr Pour moi, je n'ai cessé de pousser à l'acceptation d'une des trois
7243transactions que tu m'avais fait proposer; mais les Roûm et les Coptes qui m'en_;
7244louraient m'ont fait opposition et je ne pouvais passer outre en ce qui touche (l_a
7245disposition de) leurs hi ens. Enfin ils ont reconnu la sagesse de mon conseil et mon
72461. 3o.
7247amour de leurs intérêts; ils se sont ralliés à mon discours. Accorde-moi un sauf-
7248conduit, tJLol, nous nous réunirons toi et moi, moi avec quelques-uns de mes
7249compagnons, toi avec quelques-uns des tiens. Si les choses marchent convenahle-
7250ment entre nous, tout sera réglé définitivement; s'il n'y a rien de définitif, nous
7251reviendrons à nos positions respectives." 'Amrou consulta ses compagnons à ce
7252sujet. Ils lui dirent : rr Nous n'accepterons ni paix ni tribut jusqu'à ce que Dieu
7253nous ait donné la conquête et que la terre soit toute à nous, à titre de butin (IJ, comme
7254l'est le ~a~r et tout ce qu'ii contienb. 'Amrou leur répondit: ~r Vous savez ce que
7255le chef des croyants m'a prescrit dans ses instructions; donc, puisqu'ils acceptent
7256une des trois transactions qui rn 'ont été prescrites, laquelle j'ai acceptée à leur
7257égard et leur ai consentie, puisque, d'ailleurs, cette eau s'interpose entre nous
7258et notre désir de les combattre, il faut que vous con veniez d'un pacte avec eux et
7259que vous fassiez la paix sur ces clauses. Il y aura une taxe sur tous les Coptes
7260111 ~J
7261~·Les deux mots sont synonymes et s'appliquent spécialement aux biens conquis dans
7262la uuene sur les infidèles, sm·tout le premier qui a un sens mystique: c'est le 1·etour aux croyants
7263des biens que Dieu a n!senés pout· eux seuls, les non-croyants ne méritant pas de les posséder·.
72641
p. 73
7265128
7266P. CASANOVA.
7267habitant l'Égypte haute et basse de deux dinars par tète, sur chaque personne
7268grande ou petite qui sera arrivée à l'âge de raison, ~, exemptant les vieillards
7269décrépits, les enfants non arrivés à l'âge de raison et les femmes. Les Musulmans
7270auront le droit de loger avec leurs armées aux dépens des Coptes partout ou ils
7271logeront; celui chez qui sera logé un seul Musulman ou plusieurs donnera l'hos-
7272pitalité de trois jours à laquelle ils seront (tous) taxés. S'ils possèdent quelque
7273terre ou quelque bien, ils n'en seront lésés en rien." Toutes ces conditions
7274furent imposées aux Coptes exclusivement. On fit le dénombrement des Coptes
7275d'alors, exclusivement ceux qui avaient atteint (l'âge ou on paye) le tribut et on
7276les taxa de deux dinars. Ceux d'entre eux q.ui étaient (suffisamment) instruits pré-
7277tèrent à ce sujet le serment le plus solennel. Le chiffre total du dénombrement
7278d'alors, dans l'Égypte haute et basse, de tous les Coptes, suivant les comptes, .
7279écrits et documents, dépassa six millions, et la taxe qui les frappa fut alors de
7280douze millions de dinars par an (Il.
7281Ibn Louhei'at dit, d'après Yabiâ ibn Maïmoûn al I:JaQramî: rr Lorsque 'Amrou
7282conquit l'Égypte, il établit une rançon (2) de tout ce qui s'y trouvait d'hommes des
7283Coptes ayant atteint l'âge de raison et au-delà, n'y comprenant pas les femmes,
7284vieillards et jeunes garçons; ils furent mis à contribution de deux dinars par
7285tète :leur nombre s'élevait à huit millions"· Il ajoute : rr Le Mou~au~is stipula que
7286(Il Voici ce que dit Jean de Nikiou (op. cit., p. 575):
7287rrLe patriarche Cyrus se rendit ensuite à Babylone, auprès des Musulmans, pour leur demander
7288la paix, en offrant de leur payet·Lribut, afin qu'ils fissent cesser la guerre en Égypte. 'Amr l'accueillit
7289avec bienveillance et lui dit: rr Tu as bien fait de venir vers nous". Cyrus lui répondit : rr Dieu vous
7290rra donné ce pays. Que dorénavant il n'y ait plus d'hostilité entre vous et les Romains. Autrefois, nous
7291re n'avons jamais eu d'hostilités prolongées avec vous". On stipula, en fixant le tribut qu'il payerait, que
7292les Ismaélites n'interviendraient en aucune façon et qu'ils demeureraient isolés pendant onze mois,
7293que les soldats romains à Alexandr·ie s'embarqueraient. ................. ; que les Musulmans
7294prendraient comme otages cent cinquante militait·es et cinquante habitants, et qu'ils femient la
7295paix; que les llqmains cesseraient de combattre les Musulmans, et ceux-ci ne prendraient plus les
7296églises et ne se mêleraient point des affaires des Chrétiens; enfin qu'ils laisseraient les Juifs demeurer
7297à Alexandrie."
7298Le passage que je transcris en italiques semble indiquee qu'avant la conquête de l'Égypte il y eut
7299une ou plusieurs expéditions arabes qui aboutirent rapidement à des ti·aités de paix. En effet, un
7300curieux passage d'a~ ~ouyoû~l que je suis, je crois, le premier à relever, confil'lne ce point de vue.
7301D'apr·ès Ibn 'Abd al IJakam qui le tenait de 'AH ibn llibà}_! al Lakhml, Aboû Bakr, le successeur du
7302Prophète, avait, peu après la mort de ce dernier, envoyé IJà~ih au MouJ.<.auJ.<.is. Celui-ci demanda une
7303trêve qui lui fut accordée et ce fut, au dire de 'Abd al Malik ibn 1\'laslamat, la première trêve qui
7304eut lieu en Égypte :~~l5 .i..J.)..d)j_,l &f!J (/fousn almouM4arat, 1, p. 63, init.).
7305Le passage correspondant d'Ibn 'Abd al ~Iakam est à la page 78 du ms. 1687 de la Bibliothèque
7306Nationale de Paris.
7307(2l Sur cetle expression : ~ · ek, voir l)ozy, Supp. Le sens littéral est: rr il fit la paix au prix de ... .,.,.
7308MAKHÎZÎ.
7309129
7310les Grecs pourraient choisir : qui voudrait rester aux mêmes conditions resterait,
7311s'engageant et s'y obligeant, pourvu que, de tout le territoire de l'Égypte, il
7312habitât (seulement) Alexandrie et sa banlieue; qui voudrait se retirer vers le pays
7313des Grecs se retirerait. Quant à lui, le Mou~au~is, il se réservait le choix des Grecs,
7314jusqu'à ce qu'ii écrivît au roi des Grecs et l'informât de ce qu'il avait fait; s'il
7315approuvait et consentait, il ferait la répartition de la djizîat (J) sur eux, sinon ils
7316resteraient tous comme ils étaient. Ils rédigèrent un acte et le Mou~au~is écrivit au
7317roi des Grecs une lettre pour l'informer de tout ce qu'il avait fait. Celui-c.i lui
7318répondit en blâmant sa conduite, en le désavouant et en lui reprochant ce qu'il
7319avait ,fait. Il lui disait dans sa réponse: rr Il ne t'est venu que douze mille Arabes et
7320~en Egypte il y a un tel nombre de Coptes qu'on ne peut le compter. Mais les Coptes
7321«ont craint le combat et ont co~senti à payer la djizîat aux Arabes, les préférant à
7322rr >'1ous. Tu avais près de toi, en Egypte, des Grecs, et à Alexandrie aussi. Ceux qui
7323rr étaient avec toi étaient plus de cent mille; ils avaient le nombre et la force. Les
7324«Arabes, d'après ce que tu vois, quelle situation était la leur ! quelle faiblesse ! et
7325rr pourtant tu as été impuissant à les combattre et tu as consenti à être, toi et ceux
7326«des Grecs qui étaient avec toi, dans la même condition d'humiliation que les Coptes.
7327rr Donc, combats-les, toi et ceux des Grecs qui sont avec toi, jusqu'à ce que tu meures
7328rr ou tu triomphes d'eux, car ils sont pour vous, eu égard à votre multitude et à votre
7329~"~"force, à leur petit nombre et à leur faiblesse, comme une bouchée. Le combat les
7330~~achèvera. Il n'y a pas d'autre conduite pour toi ('2J." Le roi des Grecs écrivit dans
7331le même sens aux autres Grecs. Le Mou~au~is, au reçu de cette lettre du roi des
7332Grecs, s'écria: ~~Par Dieu! je sais qu'avec leur petit nombre et leur faiblesse ils sont
7333plus forts et plus puissants que nous avec notre force et notre multitude; un seul
7334homme d'entre eux en vaut cent des nôtres. Et cela, parce que c'est un peuple ou .
7335(I) ~
7336j~· Cette leçon est confirmée par a~ 1?ouyoûti ( I}ousn al moubâtf,arat, 1, p. 70, l. tlt ).
7337Mais ~e crois qu'il faut lire : ~~, Ille forme du verbe : Îfr d'où déôve: ~
7338_r{!., al djizîat rr le tribut.,.,
7339dont Il est question.
7340(2J L d'
7341d'H'
7342l'
7343e esaveu
7344erac ms nous est confirm.é par Nicéphore de Constantinople (éd. de Bonn,
7345~- 3o) et Théophane (éd. de Bonn, 1, p. 5t8 ). Tous deux disent que Cyrus fut rappelé à Constan-
7346tm?ple pour donner des explications. Puis, les choses se gâtant en Égypte, il y fut renvoyé pour
7347trat~er avec les Musulmans. Jean de Nikiou parle également du rappel de Cyrus et de son renvoi
7348en Egy~te (traduction Zotenberg, p. 5 64 et p. 57 2; cf. la note du traducteur, p. 56 5 ). Les auteurs
7349arabes Ignorent cette double circonstance.
7350Si le récit de Jean de Nikiou et des auteurs byzantins est exact -
7351et il me paraît bien difficile
7352de le mettre en doute -
7353il y a eu deux traités, le premier désavoué par l'empereur et le se ond
7354accepté par lui d'
7355L d hl
7356d' ·
7357,
7358avance.
7359a ou e tra Itwn d Ibn 'Abd al Hakam est peut-être un écho de ce
7360double traité Je ne
7361·
7362t ·
7363· · d
73641 d.
7365.
7366·
7367.
7368'
7369'
7370.
7371. , ·
7372pms en rer ICl ans a 1scusswn de ces fatls et de leur chronologte fort
7373embrouillee.· Je la réserve pour le mémoire dont j'ai déjà parlé.
7374Mémoù·es, t. III.
73751. 10.
p. 74
7376l. 20.
73771. 3o.
7378130
7379P. CASANOVA.
7380chacun préfere la mort à la vie; quiconque d'entre eux combat commence par
7381souhaiter de ne pas revenir au pres de sa nation, de son pays, de ses enfants. Ils
7382estiment qu'ils auront une récompense immense pour chacun de nous qu'ils auront
7383tué et que, s'ifs sont tués, ils entreront au paradis; ils n'ont aucun appétit à ce
7384monde, aucune jouissance hormis ce qu'il leur faut, pour vivre, d'aliments et de
7385vêtements. Nous, nous sommes des gens craignant la mort et aimant la vie et ses
7386jouissances; comment entrerions-nous en parallele avec ces gens-là et comment
7387leur résisterions-nous? Sachez-le, assemblée des Grecs, par Dieu! je ne sortirai
7388pas de la route où je suis entré et de ce dont les Arabes ont convenu (Il. Or je sais
7389que demain vous reviendrez à mes paroles et à mon opinion et vous souhaiterez
7390de m'avoir obéi. Cela parce que j'ai examiné et jugé et compris ce que n'a pas
7391examiné le roi, ce qu'il n'a point jugé et point compris. Est-ce que chacun de
7392vous n'acceptera pas d'être garanti, pour toute sa vie, dans sa personne, ses biens
7393et ses enfants pour deux dinars par an?" Puis le Mou~au~is alla trouver 'Amrou
7394et lui dit : "Le roi a blâmé ce que j'ai fait et m'a désavoué :il m'a écrit ainsi qu'à
7395tous les Grecs de ne pas accepter tes conditions et leur a ordonné de te com-
7396battre jusqu'à ce qu'ils l'emportent sur toi ou toi sur eux. Pour moi, je ne sortirai
7397pas de la route où je suis entré et des conventions que j'ai faites avec toi. Je n'ai
7398d'autorité que sur moi seul et ceux qui m'ont obéi (jusqu'ici). Maintenant l'accord
7399est conclu, pour les Coptes, en ce qui concerne vos rapports réciproques et, de
7400leur côté, tu n'auras pas de défection. Je conclus avec toi en ce qui me regarde;'
7401les Coptes concluent avec toi pour l'accord que tu as stipulé et auquel tu t'es
7402engagé vis-à-vis d'eux. Quant aux Grecs, je suis dégagé d'eux. Je te demande que
7403tu m'accordes trois conditions: ne lese pas les Coptes; compte-moi comme des leurs
7404et traite-moi comme tu les traites, car mes paroles et les leurs ont toujours con-
7405cordé pour tout ce que tu as stipulé avec eux et ils accompliront ce que tu veux.
7406En second lieu, si les Grecs te demandent, apres ce jour, que tu leur accordes la
7407paix, ne la leur accorde pas qu'ils n'aient été réduits à butin et à esclavage: c'est
7408tout ce qu'ils méritent, car je les ai conseillés et ils se sont dérobés à moi, je les ai
7409avertis et ils m'ont soupçonné. En troisieme lieu, je te demande, quand je mourrai,
7410qu'on m'enterre dans [l'église] d'Aboû Ioul}.annis (Saint-Jean )(2) d'Alexandrie."
7411(Il Le ' ~ de cette phrase est explétif, à moins qu'on ne lise: [lA]~,, le mot lA ayant été oublié
7412par les copistes.
7413(2J Le texte de Boûlâ~ est tout à fait fautif. Il porte : ~
7414au lieu de : ~
7415d.l .; que donne
7416le texte original d'Ibn 'Abd all;lakam (ms. 1687 de la Bibl. Nat. de Pat·is, p. 105, l. pénult.).
7417Al Balâdhourl dit : ~
7418~ (éd. de Goëje, p. 2 1 5 , l. 2 o), Eutychius : ~
7419c3.l ~~)
7420~ (ms.
7421arabe 2 88 de la Bibl. Nat. de Paris (Gat. de Slane, f• 1 6 7 r•), A~ ~ouyoûti : ~
7422d.l ~ ( I}ousn al
7423MAKRÎZÎ.
7424131
7425'Amrou y accéda et lui accorda ce qu'il demandait, à la condition qu'ils lui livre-
7426raient les deux djisr(ll entierement et établiraient pour eux le service des étapes,
7427des logements, des marchés, des digues, entre al Foustât et Alexandrie. Ils le
7428firent et ainsi les Coptes devinrent pour eux des auxiliaires comme ii est dit dans
7429le ~wdîth (tradition )(2J.
7430Ibn Wahb dit dans son Q.adîth d'apres 'Abd ar Rabman ibn Charîb : ~~'Am rou
7431marcha avec ses compagnons jusqu'à ce qu'il campât pres du bi~n et il les assiégea
7432(les Grecs), puis ils lui demanderent de laisser sortir un groupe de dix hommes de
7433(grande )maison,~~~, apresquoi, ils lui ouvriraient le Q.i~n; ce qui fut fait.
7434'Amrou leur imposa de fournir à chacun de ses compagnons un dinar, une veste,
7435un burnous, un turban et une paire de bottes. Ils lui demanderent l'autorisation
7436de le fêter lui et ses compagnons par un banquet, 1 • ~; ce qui fut fait.
7437'\mrou ordonna à ses compagnons de se mettre en fête, de revêtir les bourdat(3l,
7438puis ils prirent place. Le repas t1ni, 'Amrou leur demanda : ~Combien avez-vous
7439dépensé? -
7440Vingt mille dinars, répondirent-ils. -
7441Nous n'avons pas besoin de
7442votre banquet a pres (celui d') aujourd'hui; donnez-nous vingt mille dinars (4l."
7443Un groupe de Coptes vint trouver 'Amrou- pour lui demander l'autorisation
7444d'aller dans leurs villages et leurs familles. 'Amrou leur demanda : ~Que pensez-
7445vous de notre conduite? -
7446Nous n'en pensons que du bien." L'homme qui
7447avait parlé la premiere fois dit : ~~Vous ne cessez d'attaquer quiconque vous
7448rencontrez, si bien que vous tuerez un homme (qui est) le meilleur de vo~s (5l ".
7449mou~d4arat, 1, p. 71 , l. 1.8 ). Je pense, avec M. Butler (op. cit., p. b.77, note 2) qu'il s'agit de l'église
7450de Saint-Jean, ÀnJ.. JIDUNNHc, et qu'il faut donc lire: ~
7451c3.l ~
7452.;.
7453(JJ Je suppose que cela représente le système des digues de l'une et l'autre rive. Cependant le
7454mot djisr signifiant également If ponbl, il s'agit peut-être du pont d'al Foustât à ar RauQ.at qui se
7455continuait par le pont d'ar RauQ.at à al Dj1zat; cf. a~ ~ouyoûti ( I}ousn al mou~d4arat, II, p. 2 67, in fine
7456et p. 268).
7457(2J Cf. la tradition de Mouslim ibn Yasâr rapportée par notre auteur avec plusieurs autres
7458semblables (texte arabe, 1, p. 2 5, l. 5 ).
7459Ici encore, Ma~rîzî déplace les diverses parties du texte d'Ibn 'Abd al ~fakam. Pour les retrouver
7460da~s le manuscrit 1687, il faut retourner de la page 1 o6 à la page 88. La suite de la page 1 o6
7461tratte de la marche de 'Amrou sur Alexandrie.
7462(3)
7463..
7464b
7465d
7466b
7467d
7468(
7469.
7470•
7471" .)
7472.
7473::._y. ~u IS:::._y.,
7474our ou our at au pluriel bouroud et bourad, :::.,_r., :::.r.) sorte de manteau
7475assez grossier, cf. Dozy, Dictionnaire des vêtements, sub verbo. La bourdat du prophète est célèbre. Il
7476semble, par ce texte, que c'était le plus grand luxe des premiers Musulmans.
7477(
74784
7479) n. semble'. par là, que le festin devait durer deux ou plusieurs jours' ce qui est assez dans
7480les habitudes Orientales. 'Am rou estimait qu'un seul jour suffisait.
7481\
7482(o) ~ .s:. . \!.\,.;.,
7483l'tt
7484.
7485"
7486.
7487l
7488'Il
7489d
7490h
7491L
7492·) ,.-'~ ~
7493~, 1 ·: rr jUSqu a ce que VOUS tmez e meu eur e VOUS, un omme "·
7494e
7495mot· J
7496h
7497· · ·
7498·
7499•
7500"'?-) If omme" a ICI, je cro1s, un sens emphatique analogue à celui que Dozy ( Supp., art. ~))
7501a constaté pour le pluriel du même mot.
p. 75
7502132
7503P. CASANOVA.
7504<Am rou se mit en co lere, le fit prendre mais ses compagnons intervinrent et
7505P. 2 9t..
7506lui expliquerent qu'ii ne savait .ce qù'il elisait, si bien qu'on le relâcha. Quand
7507<Amrou apprit le meurtre de <Oum ar ibn al Khat~âb, il envoya chercher ce Copte
7508et on constata qu'il avait péri. <Amrou s'étonna de ce qu'avait dit cet homme.
7509On rapporte que <Amrou a dit : "Quand <Ou mar ibn al Kha~tâb fut frappé, je
7510m'écriai : c'est ce qu'avait dit le Copte; puis quand j'appris que celui qui l'avait
7511tué n'était autre que Aboû Loûloûat un homme chrétien, je dis: ce n'est pas ce à
7512quoi cet homme faisait allusion : il ne faisait allusion qu'à celui que devaient tuer
7513les Musulmans. Quand <Outhmân fut tué, alors je compris que ce qu'avait dit cet
7514homme était vrai."
75151. 1 o.
7516Lors donc que les Coptes eurent terminé leur banquet, <Amrou ordonna qu'on
7517apportât des aliments et qu'on les confectionnât pour eux; ii leur ordonna de se
7518présenter à cet effet; on leur confectionna le tharîd (soupe de pain) et le <ourâ(~lll.
7519Il ordonna à ses compagnons de revêtir les kisâ (2) et l'ichtimâl a§ $ammâ (3) et de
7520s'asseoir sur les genoux. Quand les Grecs se présentèrent on apporta des
7521chaises de brocart et ils y siégèrent; les Arabes siégeaient à leurs côtés. Chacun
7522des Arabes se mit à a val er une grosse bouchée de tharîd, tout en mordant dans
7523la viande, et ii éclaboussait _r.~~, celui des Grecs qu'ii avait pour voisin.
7524Les Grecs, écœurés, disaient : ((Ou sont clone ces gens qui étaient venus à nous
7525auparavant.,? On leur répondit : cc Ceux-là étaient les gens du conseil; ceux-ci
7526sont les gens de guerre (4J ".
7527Voici ce que dit al Kindi : rc Yazîd ibn Aboû ijabîb a rapporté que le nombre des
7528soldats qui étaient avec <Am rou ibn al Â$i était de quinze mille cinq cents; <Abd
7529ar Ral)mân ibn Sa cid ibn Mil~iâ$ que ceux des Musulmans qui tirerent leurs fleches
7530contre le QÎ$n étaient au nombre de douze mille trois cents, défalcation faite
7531des pertes subies pendant le siège en tués et morts (de maladie). On dit que
7532ceux des Musulmans qui furent tués pendant ce siège furent enterrés au pied du
7533l)i~n . .,
7534(Il ~,_; signifie ~l'os dépouillé des chairs"; mais la su ile du texte semble indiquer un plat plus
7535ou moins grossier de viande.
7536(2) l-ÛI (pl.: ~~~
7537). Le ou ia kisti est le nom générique de toutes étoffes de vêtements. Cepen-
7538dant, il ,est dai•· qu'il a ici un sens spécial: celui que Dozy, dans son Supplément, définit ainsi:
7539~grande pière d'étoffe ordinairement de laine qui sert à la fois de couverture de lit et de manteau"·
7540Pour plus de détails, voir l'ouvrage du mème auteur : Noms des vêtements chez les Arabes, p. 383.
7541;
7542l3l Wl J~~l, litt.: ~l'enveloppement de la sourde". Cette bizarre expression désigne, d'après
7543le dictionnaire de Kazimirski ~un vêtement très ample qui enveloppe tout le corps et dont un bout
7544jeté de l'épaule droite sur l'épaule gaucl1e revient par derr·ière sur l'épaule droite".
7545l4l Ici finit le récit d'fbn <Abd al l:lakam sur la conquête elle-même.
7546MAKRÎZÎ.
7547133
7548Al Koudfi dit: "Mi~r(tJ fut conquise le vendredi 1er al Moul)arram de l'an 2 0 ,
7549d'autr~s disent de l'an 16, tel est le dire d'al Wâ~îdî. On dit qu'elle fut conquise
7550avec Alexandrie en l'an 26. L'opinion la plus répandue est qu'elie le fut avant
7551l'année de la ramâdat(2l; or la ramâdat apparut à la fin de l'an 17 et au commen-
7552cement de l'an 18."
7553DES
7554'
7555DIVERSES OPINIONS SUR L'EGYPTE:
7556À SAVOIR SI ELLE A ÉTÉ CONQUISE
7557PAR ACCORD(3J OU PAR FORCE.
7558Il y a divergence sur (le caractère de) la conquête de l'Égypte. D'aucuns disent:
7559elle eut lieu par aceord; d'autres disent : uniquement par force. Voici ceux qui
7560disent qu'elle eut lieu par accord (4l.
7561ijousaïn ibn Chafî dit : cr Lorsque <Amrou ibn al <Â~i conquit Alexandrie, il
7562restait, en fait de prisonniers qui avaient atteint (l'âge de) l'impôt et qui ft;rent
7563dénombrés à cette époque, six cent mille en dehors des femmes et enfants. La foule
7564(des soldats) fut en désaccord avec (Amrou pour leur partage (comme butin),
7565car la plupart des Musulmans voulaient son l5l partage. <Amrou dit : Je ne puis
7566la partager avant d'avoir écrit à l'émir des croyants. n lui écrivit donc pour .
7567(I ) Comme Mi~r pat·aît ici être opposée à Alexandrie, il s'agit sans doute, non de l'Égypte, mais de
7568la ville d'al Foûstàt.
7569.
7570(
75712
7572) Le mol ramtidat signifie primitivement "mortalité des troupeaux"· Sur cette année, voir CAussJN
7573DE PERCEVAL, Essai sur l'histoire des Arabes, Hl, p. &19.
7574Le détail, très précis, donné par al ~ou~à'î, prouve, à mon avis, qu'il y eut une expédition
7575~va~t l'an 17 et, par conséquent, peut-être, est-ce celle qui eut lieu sous Aboû Bakr, comme je l'ai
7576mdtqué plus haut (p. 1 2 8, note t).
7577• (J) Faute de mieux, je traduis ainsi le terme arabe ~oul~, ~, qui indique la soumission volon-
7578tatre' ~ans résistance, moyen nant des conditions librement consenties et répond assez à notre
7579expressr~n. moderne de ~protectorat". On voit, plus loin, qu'il est synonyme du mot dhirnmat
7580auquel '
7581d ,.,
7582·b •
7583Jal eJa attn ue un sens équivalent à ~protector·at" (p. 126, nole 1 ).
7584\
7585(4 ) c
7586. .
7587e qut su tt est textuellement copié sur Ibn <Abd al lfakam (ms. 1687, p. 12 2 ).
7588, • l
75895
7590J Le possessif : Ldl ~son " peut désigner, soit Alexandrie dont il vient d'être parlé, soit plutôt
7591l Egypte tout entière, comme semble l'indiquer la suite du texte.
p. 76
75921. 20.
759313ft
7594P. CASANOVA.
7595,
7596l'instruire de la conquête et de la situation de l'Egypte et du désir exprimé par
7597les Musulmans de la partager. 'Oumar lui écrivit : Ne la partage pas et laisse
7598leur kharâdj être un butin pour les Musulmans et une ressource pour la lutte
7599sainte contre leurs ennemis. 'Am rou la maintint donc (en l'état), dénombra sa
7600population et répartit sur eux le kharâdj. Toute l'Égypte eut aussi (le régime
7601de) l'accord avec répartition de deux dinars par tête, mais avec obligation de tenir
7602compte de ce que permettaient le sol et la récolte (t) -
7603sauf Alexandrie où on
7604payait le kharâdj et la djizîat au gré des gouverneurs, Alexandrie ayant été
7605conquise par force sans traité et sans contrat et n'ayant obtenu ni accord ni
7606dhimmat, ~~ ~_, ~
7607~-~ ..J:"
7608.
7609, ,
7610.,
7611.
7612Al Laïth dit d apres YaZid tbn Abou l:labtb : ~ L Egypte est tout enbere ( conqmse)
7613par accord sauf Alexandrie qui fut conquise par force"·
7614_
7615•
7616'Abd Allah ibn Dja'far dit : ii Un homme contemporain de 'Amrou ibn al 'A~i
7617m'a raconté ceci. Les Coptes ont un traité qui se trouve chez un tel et un traité
7618chez un tel et il no mm ait trois personnes; une tradition veut que le traité des
7619Égyptiens fut (déposé) chez leurs chefs,~~ Dans une autre traditio~ (il est
7620dit: J'interrogeai un cheïkh des anciens (conquérants) sur la conquête de l'Egypte,
7621''Car, -
7622lui dis-je, il y a des gens qui prétendent qu'ils (les Coptes) n'ont pas
7623de traité. -
7624Ne craignons pas de dénier toute autorité à (2) celui qui dit qu'ils
7625n'ont pas de traité. -
7626Est-ce qu'ils ont un écrit? -
7627Oui, trois écrits : un chez
7628Thalmâ chef de Akhnâ (3l, un chez ~arman chef de Rosette, un chez Ba4nas (4)
7629chef du Bourlos. -
7630Comment était leur accord? -
7631Deux dinars par personne
7632Ol La phrase arabe est assez embarrassée. Elle paraît indiquer qu'à l'impôt par tête se joignait
7633un impôt foncier calculé sur l'étendue de la terre et le rendement des récoltes. C'est à celui-là que
7634se rapporte plus exactement le terme de khar&dj employé deux lignes auparavant.
7635(2l ~
7636~ ul c)~ Lo, litt. : rr il n'importe pas qu'il ne soit pas considéré"· Ce sens du verbe : c).o
7637ne se trouve dans aucun dictionnaire; cependant le Tddj al 'aroûs (éd. du Caire, X, p. 2 1lt, l. 6)
7638dit, d'après la ni?t&yat d'Ibn al Athîr, que le sens primitif de ce verbe (qui signifie rrprier") est :
7639~
7640rr vénérer, respecter". Il n'y a rien d'étonnant que le verbe ait gardé ce sens primitif dans
7641la bouche d'un contemporain de 'Amrou.
7642La nihdyat d'Ibn al Athîr (frère aîné de l'historien) est le glossaire des mots employés dans les
7643diverses traditions relatives au Prophète. Le passage cité par le T&dj al 'aroûs se trouve dans l'édition
7644de la nihdyat (Le Caire, 13 2 2 de l'Hégire). à la page 297 du tome II.
7645{al ~1. D'après al ~ouq'âî cité par notre auteur (texte arabe, 1, p. 73, l. 33), celte ville
7646formait, avec Rosette, une koûrat (province) de l'Égypte. Cf. Ibn DouJ.<_mâk (éd. de la Bibliothèque
7647khédiviale du' Caire, V, p. 42, l. 22) et ~aiJ.<.achandî (trad. Wüstenfeld, p. 99; ms. arabe 1619
7648de Gotha, f• 5o). Ibn I:IauJ.cal la place également dans le voisinage de Rosette et sur le rivage de la
7649mer (éd. de Goëje, p. go, l. 6).
7650(ol ~·Il est probable qu'il faut lire comme plus haut (p. 13o, note 2) : ~
7651rr Joul)annis".
7652MAKRÎZÎ.
7653135
7654à titre de djizîat et de subsistances pour les Musulmans. -
7655En connais-tu les
7656conditions? -
7657Oui, il y avait six conditions; il ne quitteraient pas leur pays,
7658on n'enlèverait ni leurs femmes, ni leurs habitations, tJ_,.i.f(I), ni leurs terres,
7659on ne les taxerait pas au-delà.
7660Yazid ibn Aboû J::Iabib dit d'après Aboû Djam'at affranchi de 'Ou~bat: '' Ou~bat
7661ibn 'Âmir écrivit à Mouâwiyat ibn Aboû Soufiân pour le consulter sur une terre qui
7662pût lui profiter près de (la localité _appelée) ~arîat Ou~ba~; M~u:â~iyat lu~ écrivit:
7663(il faudrait) mille coudé~s sur ~nlie. Un de ses affranchis qm etait au pres de Al~1
7664lui dit : Que Dieu te soit proptce, ~1
7665(2)! Jette les yeux sur une terre $ah~
7666(c'est-à-dire soumise au régime du soul~ (3l). -
7667Cela ne nous convient pas, répondit
7668'Ou~bat, car il y a dans leur traité six conditions. On ne prendra rien de leurs
7669personnes, de leurs femmes, de leurs enfants, on ne les augmentera pas, on
7670éca:>tera d'eux toute cause de crainte de leurs ennemis; j'ai été témoin de cela à
7671leur égard (4) • .,
7672D'après Yazîd ibn Aboû ijabîb qui le tenait de 'Aouf ibn I:Jattân, il y avait pour
7673certaines localités d'Égypte, dont Oumm Dounaïn et Balhîb (5l, un traité. 'Oumar
7674ibn al Khattâb, l'ayant appris, écrivit à 'Am rou et lui ordonna de faire choisir
7675les habitants: s'ils adoptent l'islam, soit; mais s'ils refusent, renvoie-les à leurs
7676villages, tl;-' J 1
7677(ôJ.
7678Ya4îâ ibn Ayyoùb et Khâlid ibn l:lamîd disent : ii Dieu conquit toute la terre
7679d'Égypte par accord, sauf Alexandrie et trois villages où les Grecs attaquèrent-les
7680Musulmans : Sal~is, Ma~îl et Balhîb(7l, car les Grecs s'y trouvèrent en nombre. Les
7681(Il Litt. : rrleurs villages,.
7682(2l C'est la formule protocolaire à l'égard des émirs. Sur les monnaies et les poids monétaires
7683en verre, le nom de l'émir est souvent suivi de: AMI "'~1 rrQue Dieu lui soit propice!" ou autre
7684formule de même genre : """_;SI, ali,~!, etc. Cf. Mémoires de la Mission archéologique française, VI, p. 366,
7685·
7686n• g5; p. 37o, n• 1lto; p. 371, n• 145; p. 372, n• 157; p. 38o, n• 36; p. 3go, n• 38, etc.
7687(s) Sur ce sens du mot : tk, voir Dozy, Supplément.
7688(4) Tout ce texte a déjà été donné plus haut (texte arabe, 1, p. 218) dans le chapitre consacré
7689à Minîat 'OuJ.<.bat qui est même chose que ~arîat 'OuJ.<.bat.
7690·
7691(o} ~
7692et non : ~
7693comme le porte l'édition de Bot1lâJ.<_. Cf. YÂJi:OÛT, Dict. géogr., sub verbo.
7694(
76956
7696) MaJ.<.rlzî oublie de dire que les habitants, après leur défaite, avaient été emmenés à Médine
7697eomme esclaves; sans ce détail, les paroles de 'Oumar sont incompréhensibles. Cf. la tradition
7698rapportée par notre auteur, 1, p. 1 66, l. 2 8; Y âJ.<_ot1t ( Dict. géogr., éd. W üstenfeld), 1, p. 7 3 3, l. ult.;
7699Al Balàdhourl (éd. de Goëje), p. 215- 2 16.
7700(
77017
7702) Ces trois villes ont disparu. La première est inconnue en dehors de cette tradition. Ma~H
7703est connu par les scalœ coptes qui l'associent à Fot1at ( A~IÉLINEAU, Géogmphie de l'Égypte à l'époque
7704copte • P· 243) et la placent par conséquent dans le Delta, à quelque distance de la mer et près de
7705la branche de Rosette. Balh1b répond au copte : n€x 2m; il appartenait au diocèse de Ma~îl ( A~rÉLI­
7706KIAu, ibid., p. 3 1 ft).
7707l. 3o.
p. 77
7708136
7709P. CASANOVA.
7710Grecs donc attaquerent les Musulmans et, quand ceux-ci se furent emparés de ces
7711villages, ils les déclarèrent de bonne prise, ~
7712~-1, et dirent : ~Ceux-là sont
7713~butin pour nous avec Alexandrie". cAm rou ibn al c§i, alors, écrivit à cO umar
7714P. 295.
7715ibn al Khattâb à ce sujet, et celui-ci lui écrivit de réduire Alexandrie et ces trois
7716villages à dhimmat (tl vis-à-vis des Musulmans; on leverait sur eux le kharâdj et
7717leur kharâdj serait, ainsi que ce que la totalité des Coptes devait payer d'apres
7718l'accord, une ressource pour les Musulmans; ceux-ci ne feraient ni butin ni
7719esclaves. C'est ce qui a été pratiqué jusqu'à nos jours."
7720,
7721D'autres disent : Non, l'Egypte a été conquise par force sans traité ni contrat.
7722Soufiân ibn Wahb al Khaoulânî dit : tt Quand nous eûmes conquis l'Égypte sans
7723traité ni contrat, Az Zoubaïr ibn al cAwwâm se leva et dit : tr Partage-la, o <Amrou
7724''ibn al c§i.- Par Dieu! lui répondit celui-ci, je ne la partagerai pas. -Par Dieu!
7725"nous la partagerons, comme le Prophete a partagé Khaïbar(2l. -Par Dieu! je
7726~ne la partagerai pas avant d'avoir écrit à l'émir des croyants". Il éerivit donc à
7727cO umar qui lui répondit : tt Laisse-la jusqu'à ce que hi. chamelle ait mis bas,
7728tt A.lJl ~
7729~
7730__,~ ~";et on passa avec Az Zoubaïr un aecord dont il
7731fut satisfait (3). "
7732'
7733Ibn Louheï'at prête à <Abd Allah ibn Houraïrat ces paroles : rt L'Egypte fut
7734(Il On voit que <üumar tenait essentiellement à ce que l'Égypte fût tout entière soumise au
7735régime de faveur, malgré la réalité des faits. Toute la discussion d'Ibn <Abd al l:lakam doit se
7736résumer ainsi : le Prophète ayant déclaré que les Coptes devaient être traités avec une faveur
7737particulière, <üumar résolut de ne tenir aucun compte des faits de guerre et de traiter tous les
7738Coptes, rebelles ou non, de même façon. De là les divergences des chroniqueurs sur la question de fait.
7739(2) La ville de Khaïbar, à quelque distance de Médine, appartenait aux Juifs ennemis de Mou-
7740l;lammad. Celui-ci, en l'an 7 de l'Hégire, s'en empara et partagea méthodiquement le butin entre
7741les vainqueurs ( CAusstN DE PERCEVAL, Essai, lfi, p. 1 9 3-2 o 3 ). Ce fut la première conquête importante
7742des Musulmans et on comprend qu'Az Zoubaïr s'autorisât d'un tel précédent.
7743(3) Même remarque que dans la note 1.
7744Les paroles de 'Ou mar sont assez obscures. Ibn <Abd al l:lakam (ms. 1687 de la Bibliothèque
7745Nationale de Paris, p. 127, l. 6) les rapporte ainsi : ~
7746~
7747l0 .)J _ru ~.Al Balàdhourî les
7748mentionne deux fois ;-une fois comme Ma~rîzî (éd. de Goëje, p. 21ft, l. 6) et une fois (ibid., p. 2 1 8,
7749l. 11 ) , avec la variante : ,~ pour : -'.J*:!· ~oû yoûtî ( I}ousn al mou~â4-arat, 1, p. 7 6, l. 1ft) écrit :
77501 -'T=! (sic). Enfin, Aboû'l Ma]:lâsin (éd. Juynboll, 1, p. 67, l. 8 et seq.) ou plutôt Ibn Kathtr qu'il
7751cite, attribue la tradition au seul imâm A):lmad qui est, sans doute, la Balâdhourî, et déclare la
7752tradition insuffisamment authentique. La discussion à laquelle il se livre est intéressante car elle
7753montre comment le parti-pris de <üumar a embrouillé la question.
7754Pour en revenir aux paroles de 'Oumar, je pense qu'elles constituent, sous une forme adoucie,
7755un refus formel d'accorder aux Musulmans tout droit de conquête sur l'Égypte. (f Attendre que la
7756chamelle ait mis bas" revient à dire : (f remettre la question à un moment plus opportun et ne pas
7757brusquer les choses , . Notre langue populaire a une expression équivalente, mais plus grossière,
7758qu'on m'excusera de ne pas citer.
7759MAKRÎZÎ.
7760137
7761conquise par foree" ct à <Abd ar Ral.m1~n ibn Zayâd ibn An cam le recit suivant :
7762r.fai entendu dire à nos cheïkhs que l'Egypte fut conquise par force sans traité ni
7763contrat: parmi eux, j'ai entendu mon père no?s raconter d'apres son père qui était
7764de ceux qui prirent part à ·la conquête de l'Egypte et d'apres, Aboû al Asouad et
7765<Arouwat que l'Égypte fut conquise par foree". <Am rou ibn al cA~i aurait dit : tr J'ai
7766orcupé ce poste et il n'y avait aucun traité de mon eôté avec aucun des Coptes
7767d'Égypte et aucun contrat sinon avec la population de la Pentapole, ~wl,
7768qui ont un traité qu'on observe strictement. Si je veux, je tue(ll; si je veux, je
7769prends le cinquieme (des biens),~· .. j; si je veux, je vends (les habila~ts comme
7770esclaves )(2l "· D'apres Rabî'at ibn Aboû <Abd ar Ral.nnan, cA rn rou ibn al 'A~i conquit
7771rÉgypte sans traité ni contrat et cO umar ibn al KhaHâb constitua en Zwbs (main-
7772morte) son lait, ~)..),et sa mamelle, ~.r" (
77733
7774l, à charg·e pour l'islam et ses
7775sectatevrs de veiller à ce que rien n'en fùt distrait {Ill. Zaïd ibn Aslam aurait
7776dit: ~cO umar ibn al Khagâb avait un coffre, ü y.G, où étaient tous les traités
7777passés entre lui et ceux avec qui il avait tr·aité, et il ne s'y teouvait pas de traité
7778avec les gens d'Égypte; quiconque d'entre eux devenait musulman, il le plaçait
7779comme chef, Jvot_,l, et quiconque d'entre eux restait (dans sa religion?), Ît_,l ,
7780ille faisait estimer (dans ses biens pour l'imposer), Jvo ~ (
77815
7782) " ·
7783J.Tayyân ibn Charîb écrivit à 'Oumar ibn <Abd al <Azîz lui demandant de reporter
7784l'impôt des Coptes morts sur les vivants. cûumar consulta <Arrâk ibn Mâlik qui lui
7785dit: ((Je n'ai pas ouï dire qu'ils aient ni traité ni contrat.. Ils ont été pris par for·ce-
7786ltl Au lieu de: c.4.i, je lis:~. comme dans Abo:l'l Mal;làsin (éd. Juynboll, 1, p.5, l. 13) ,
7787n~ ~ouyoûti (lfousn al mou?tâçlarat, 1, p. 76, l. 2), Yà].<.oût (Dict. géogr., éd. Wüslenfeld, IIJ ,
7788p. 898, l. 5), Al Balâdhouri (éd. de Goëje, p. 2q, l. 10).
7789(2) Au lieu de : ~
7790rr je vends", Juynboll (loc. cil.) écrit : ~
7791qui ne peuL être qu'une fau Le
7792d'impression. Les autres auteurs que j'ai cités à la nole précédente ont la leçon : ~·
7793(
77943
7795~ A~ ~ouyoûti ( I}ousn al mou~(1{laral, J, p. 7 6, l. lt) dit : l.t!.fC. Le verbe :}.a a, entre autres S31lS
7796celut de (fcomprimer, ficelet· le pis d'une vache,.
7797De toutes les façons, ces métaphores désignent les richesses de l'Égypte.
7798('d ~~~ ~
7799~
7800I4..À..A 'fi.~ 0 1. Cette phrase m'a longtemps embatTassé. Je crois que :
7801"!' est .ICI ce que les grammairiens arabes appellent : 4.).N.:ll 0 1 (cf. CASPARI, Grammaire ambe,
7802ed. Urtc:nchea, S 453 ). Le mol à mot est : (fque quelque chose en sorte étant une surveillance
7803pour l'islam , çe qui revient à dire: (fétant entendu que, si queique chose en sort, c'est à l'islam
7804de veiller,.
7805Tout bien de main-morte a un adminislratem, un nâ4-hir, _}àl.;. Celle fois le mh~hit· est l'islam
7806tout entier.
7807(;,) Il Y a là un jeu de mols inlt·aduisible sur les divers sens du verbe : j[j à la II• et à la IY•
7808forme Du moins
7809t
7810. .
7811.,.
7812'
7813T
7814d. .
7815•
7816d'
7817r
7818:
7819.
7820, es -ce mnst que J mterprcte.
7821oules ces Ira tltons sont revelues
7822une torme
7823amplugounque qui aurait grand besoin d'un commentaire comme les poésies de celte époque.
7824Alémoim, t. liT.
7825t8
78261. 10.
p. 78
78271. 20.
7828138
7829P. CASANOVA.
7830et (sont) dans la condition des esclaves~. 'Oumarécrivit alors à l:layyân de reporter
7831l'impôt des Coptes morts sur les vivants (IJ.
7832Yabiâ ibn 'Abd Allah ibn Bakîr dit : ~ Aboû Salimat ibn 'Abd ar Ral.unan partit
7833sur un vaisseau pour gagner Alexandrie, il eut besoin d'un homme qui ramât, il
7834réquisitionna un Copte. Il parla à ce sujet et dit : ils ne sont que dans la condition
7835des esclaves quand nous avons besoin d'eux"·
7836Au dire d'Ibn Louheïat, a~ Soult ibn Aboû Â'~im aurait lu une lettre de 'Oumar
7837,
7838ibn 'Abd al 'Azîz à J:layyân ibn Charîb, (disant) que l'Egyple fut conquise par force
7839sans traité ni contrat. Au dire de 'Oubaïd Allah ibn Aboù Dja'far, un secrétaire de
7840J:layyân lui aurait conté qu'ayant besoin de bois pour la ~anâ'at d'al djazîrat (ar
7841Rau<]ât) tlayyân écrivit à 'Oumar ibn 'Abd al 'Azîz lui exposant la situation et qu'il
7842avait trouvé du bois chez des protégés, L~l JJI, qu'il répugnait à le leur
7843prendre avant de l'en avoir informé. 'Oumar répondit : ~Prends-l e leur au prix
7844juste, car je ne trouve à l'ég·ard des gens de l'Ég·ypte aucun traité que je doive
7845observer(':!) ".
7846'Ou mar ibn 'Abd al 'Azîz dit à Salim : ~r Tu dis que les {}ens d'Égypte n'ont point
7847de traité. -
7848Certainement, dit-il"·
7849'Amrou ibn Chou'aïb tenait, dit-on, de son père, qui le tenait de son grand-
7850père, que 'Amrou ibn al 'Â~i écrivit à 'Oumar ibn al KhaHâb au sujet des moines
7851qui vivent de la vie monastique en Égypte : ~~Si l'un d'eux meurt, il n'a pas d'héri-
7852tiers"· 'Oumar lui écrivit : rr Chacun d'eux a une famille: rembourse son héritage
7853à sa famille ; s'il n'en a pas, fais rentrer sa fortune au trésor public des Musul-
7854mans, car elle revient de droit aux Musulmans".
7855Ibn Chihâb dit : ~~La conquête d'Égypte fut partiellement faite par traité et
7856dhimmat, partiellement par force. 'Oumar ibn Kha~~âb la fit tout entière de dhim-
7857mat et les décida (les Musulmans) à cela. Les choses restèrent ainsi chez eux
7858jusqu'à nos jours (3) "·
7859Al Laïth ibn Sa'cl acheta un lot de la terre d'Égypte parce qu'il tenait de Yazicl
7860,
7861ibn Aboù Habib que l'Egypte était (conquise) par accord. Al Mâlik ibn Anis blâmait
7862(1) Ce détail piquant nous a déjà été donné (texte arabe, 1, p. 77, l. 3 3 ).
7863'2l Sur cette réquisition du bois par les gouverneurs, khalifes ou sultans, cf. notre auteur plus
7864loin (texte arabe, 1, p. 333, l. 27).
7865l3l Telle est la uaie solution , comme je l'ai déjà dit.
7866Ibn Chiluîb est, sans doute, Aboû Bakr Moul)ammad ibn Mouslim ibn Chihâb az Zoubrl, un des
7867plus célèbres tradition~istes ( 5 2-1 2 4 Hég. ). Cf. WüsrENFELD, Die Geschichtschreiber der Amber, n" 18;
7868BnocKELMANN, Geschichte der arabischen Lùtemlu!·, I, p. 65.
7869Ce dernier auteur ne mentionne pas ce nom d'Ibn Chihâb par lequel il est le plus souvent
7870désigné.
7871MAKRizî.
7872139
7873al Laïlh de cet acte; 'Abel Allah ibn Lou,heï'at l'en hlâmait également et aussi
7874âfi' ibn Yazîcl parce que, d'après eux, l'Egypte était(conquise) par force(IJ.
7875DE
7876CEUX DES COMPAGNONS (DU PROPHÈTE)
7877QUI PRlRENT PART À LA CONQUÈTE DE L'ÉGYPTE.
7878Ibn 'Abel al Hakam dit (2) : rr Ceux dont les noms ont été conservés comme avant
7879l. 3o.
7880pris part à la c~nquête de l'Égypte : compagnons du Prophète de Dieu, ~ot~raï-
7881chites e·i, autres qui ne furent pas des compagnons, sont: az Zoubaïr ibn al
7882'Awwâm, Sa'd ibn Aboû vVa~.l~â~, 'Amrou ibn al 'Â~i chef du contingent, 'Abd
7883Allah ibn 'Amrou, Khâridjat ibn J:Ioudhâfat al 'Aclawî, 'Abd Allah ibn 'Oumar
7884ibn al KhaHâb, ~aïs ibn Aboû' 1 'Â~i as Sahmî, al Mi~dâcl ibn al Asouad, Abd
7885'Allah ibn Aboû Sa'd ibn Aboû Sarl~ al 'Amirî, Nâfi' ibn 'Abel Kaïs al Fahrî -
7886on
7887dit que c'est plutôt 'Ou~ba t ibn Nâfi', Aboû 'Abd ar Ral)mân Yazîd ibn Anîs al
7888Fahri, Aboû Râ fi' affranchi du Prophète de Dieu, Ibn 'Abadat, 'Abd ar Ral,.man
7889et RalJtat, tous deux fils de Chourl)abîl ibn l:Iasanat, "Varclân affl'anehi de 'Amrou _
7890ibn al 'Â~i lequel portait le drapeau de 'Amrou ibn al 'Â~i. On discute sur Sa'cl
7891ibn Aboi'• 'iV a~~â~ qui, dit-on, ne serait entré en Égypte qu'après la conquête.
7892~Parmi les An~rîr'
78933
7894l qui y prirent part, 'Oubâdat ibn a~ Sâmit qui prit part aussi
7895à (la bataille de) Badr et au serment al 'A~d'abat(
78964
7897l, Moul)ammad ibn Mousallamat
7898al An~âri, qui prit part à lladr- c'est lui que 'Oumar ibn al KhaHâb envoya en
7899Égypte et avec qui 'Amrou ibn al 'Â~i partagea ses biens; il fut un de ceux qui
7900montèrent sur le
7901bi~n (5J avec az Zoubaïr ibn al 'Awwâm, Mousallarnat ibn
7902(t) Cette phrase n'appartient pas à Ibn 'Abd al f.lakam. Dans le manuscrit 1687, page 129, le
7903texte correspondant s'atTèle avec la tradition d'Ibn Chihâb; le chapitre qui va sui v re dans
7904Ma~rlû commence au milieu de la page 1 3 4 du manuscrit 1687.
7905.
7906(
79072) .i\fs. 1687 de la Bibliothèque Nationale de Paris, page 134. Cf. a~ ~ouyo~~~ (~lousn al mou(ta-
79084arat, L 1, p. 99) qui donne une liste alphabétique composée par l\Ioutwrnmad ibn ar Rabi' nl
7909Djlzi et complétée d'après Ibn 'Abd nl l.fakam, Ibn Yo~nis, Ibn Sa'd, adh Dhahahl, etc. Il pt·end
7910soin' assez souvent, de donner l'orthographe exacte de ces noms, ce qui pel'met de fu ire quelques
7911corrections au texte de Ma~l'lzi dans l'édition de llo~làk.
7912l
79133l Nom donné aux auxiliaires du Prophète. Cf. CAu~stN DE PERCEVAL, Essai, t. Ill, p. 2 1.
7914(~) Cf. le même auteur, ibid., p. 2.
7915(>) Cf. plus haut (te:..te arabe, I, p. 2 9o).
7916t8.
p. 79
7917...
7918uo
7919P. CASANOVA.
7920P. 296.
7921Moukhaliad al Ansâl'Î- on dit qu'il fut des compagnons, Ahoû Ayyoûb Khâlid ibn
7922Zaïd al Ansâd, Aboû'd Dardâ 'Oueïmir ibn 'Âmir ou, suivant d'autres, ibn Zaïd.
7923~Parmi les chefs de tribus, Aboû Ba$rat l:foumeïl ibn Ba$rat al Ghafârîlll,
7924Aboù Dhourr Djandab ibn Djounâdat al Ghafâri qui prit part à la conquête avec
7925'Am rou ibn al 'A$i, Habîb ibn Mou'~il (2) qui a donné son nom au wâdi Habîb dans
7926,
7927l'ouest (de l'Egypte )(3l, 'Abd Allah ibn al l:fârith ibn Djouz az Zoubaïdl, Ka'b ibn
7928J)abbat(4J al 'Absî appelé aussi Ka'b ibn Yasâr ibn J)abbatl5l, 'Ou~bat ibn 'Âmir
7929al Djahnî qui fut l'envoyé de 'Oumar ibn al KhaHâh à 'Amrou ibn al 'Â$i quand il
7930lui écrivit pour lui ordonner de revenir s'il n'était pas encore entré sur la terre
7931d'EgypteU'l, Aboù Zam'at al Balawî, Birl) ibn l:fouskoul ou, dit-on, ibn 'Ouskour
7932qui prit part à la conquête de Mi$r et y eut une ldti{!at(7l, Djounâdat ibn Abou
7933Oumayyat al Azdl, Soufîân ibn Wahb al Khaoulânl, qui fut un des compa-
7934gnons, Mouâwiyat ibn Khadldj al Kindî qui fut l'envoyé de 'Amrou ibn al 'À$i
7935à 'Oumar ibn al KhaHâb lors de la conquête d'Alexandt·ie -
7936on n'est pas
7937d'accord à son sujet et d'aucuns disent qu'il fut un des compagnons, ce que
7938d'autres nient.
7939~'À mir affranchi de Djamal qu'on appelle 'À mir Djamal prit part à la conquête,
7940comme mamloûk (servant). 'Ammâr ibn Yâsir n'entra qu'après la conquête sous
7941le règne de 'Outhman qui l'y envoya (en Égypte) pour certaines affaires."
79421. 1 o.
7943Ibn 'Abd al l:fakam dit : ~Parmi eux, il en est qui eurent une kbiHa t dans le pays
7944et nous avons mentionné leur khiHat, d'autres auxquels on ne mentionne pas de
7945khiHat. 'Amrou ibn al 'A~i eut comme khiHat sa maison ( d(11·) qui était près de la
7946porte du masdjid -
7947entre les deux était le tari~ (SJ -
7948et son autre dât· contiguë à
7949la première, là où futenterré 'Abd Allah ibn 'Amrou à ce que prétendent quelques-
7950uns des cheikhs du paysl9l suivant des traditions qui eurent cours alors dans le
7951pays, et le ~ammâm appelé l)ammâm al fâr (bain de la souris): on l'appelait ainsi
7952(Il Lire, conformément à l'orthographe donnée par a~ ~ouyo~ti : ~...:1?, non : ~
7953et: J~,
7954non:~.
7955(2) J.ul.l. A~ ~ouyoûti écrit : Jlll,l.
7956(3) C'est un des noms du wâdi natroûn; cf. notre auteur (texte arabe, t. 1, p. t86, l. 20 ). J'ai
7957négligé, plus haut (texte arabe, t. 1, p. 272, 1. 2), de corriger une en·em· des éditeurs:~.
7958Habît pou1· ~,
7959Habîb.
7960(1•l ~· A~ ~ouyoûti écrit : ivvb.
7961(5) Mème rema1·que.
7962(6) Voir plus haut (texte aralJe, 1, p. 288-289).
7963(?) Mi~r signifie ici,: al Foûs!àt. Sur le sens de khi!{at, voir le chapitre suivant.
7964(s) C'est la route qui longeait le nord-est de la mosquée de 'Amrou.
7965(Ol On montre encore aujourd'hui, à la mosquée de 'Amrou, le tombeau de cet 'Abd Allah. Cf. dans
7966notre auteur, le chapitre qui traite de cette mosquée (texte arabe, II, p. 246 ).
7967MAKRÎZÎ.
7968Hl
7969parce que )es bains des ?recs étaient de. gTa~cls éta~lis~ements. publics (IJ el,
7970lorsque celui-ci fut constrmt, en le voyant SI petit, on s ecna: ~ Qm va entrer là?
7971rrC'est le J,~ammâm de la souris!"
7972A
7973ORIGINE DU NOM D'AL FOUS'fAT
7974DONNÉ À LA VILLE DE MISR.
7975'Abd al J:lakam dit, d'après Yazîd ibn Ahoû l:fabîb : ~'Am rou ayant eonquis
7976Alexandrie, ayant vu ses maisons et ses monuments déserts, pensa à y habiter:
7977voilà, disait-il, des demeures qui nous conviendront. Il écrivit à 'Oumar ibn al
7978KhaH~h pour lui en demander l'autorisation; celui-ci demanda au messager :
7979~Y aura-t-il l'eau entre les Musulmans et moi?- Oui, répondit-il, ô chef des
7980~croyants, à l'époque de la crue du Nil"· 'Oumar ibn al KhaHâb écrivit alors à
7981'Amrou : trJe ne veux pas que les Musulmans s'installent dans une région ül'd'eau
7982~s'interposerait entre les Musulmans et moi, été ou hiver,. 'Amrou alors se
7983tt·ansporta d'Alexandrie à al Foustât.
7984~ 'Oumar ibn al KhaHâh écrivit à Sa'd ibn Aboù Wa~~â$ qui était campé à
7985Madaïn Kesrâ (2l, au gouverneur qu'il avait placé à al Ba$rat et à 'Amrou ibn
7986al 'Àsi qui était campé à Alexandrie : rr Ne mettez pas l'eau entre vous et moi -:
7987rr lorsque je voudrai voyager vers vous, ma monture doit aller jusqu'au point où je
7988~vous rejoindrai". Sa 'd, en conséquence, se transporta de Madaïn Kesrâ à al
7989Koûfat et le g'ouverneur d'al · Ba$rat (alla) du lieu qu'il occupait à al Ba$rat.
7990·Amrou ibn al 'Â$i se transporta d'Alexandrie à al Foustât (JJ.
7991rr Ce nom d'al Foustât vient uniquement de ce que 'Am rou ibn al 'Â~i, lorsqu'il
7992voulut marcher sur Alexandrie pour combattre les Grecs qui s'y trouvaient, com-
7993manda d'enlever sa tente (fous[â!). Or voici qu'un ramier y avait pondu. 'Amrou
7994dit : ~Ceci a pour nous un caractère sacré,, et il ordonna de laisser les choses
7995en l'état et le recommanda au gouverneur du ~a$r. Les Musulmans, de retour
7996d'Alexandrie, dirent : rr Où camper,? On répondit : rrA al .fous[â[, par allusion
7997(I l Le terme: U"4.,:,, est, comme l'a très bien établi DozY, Suppl., dans ses divers sens, le mot
7998grec ~'f/(1-ouwv.
7999(
80002
8001) ~'est-à-dire les villes (capitales) de Chosroès : Ctésiphon et Séleucie, résidences des rois
8002Sassamdes de Perse.
8003(l l Mak ' '
8004' '
8005· ·
8006N
8007.rlZI repete JCt textuellement ce qu'il a déjà dit plus haut (texte arabe, J, p. 67, 1. q).
8008ous aurons souvent à relever de telles répétitions.
80091. 20.
p. 80
80101ll2
8011P. CASANOVA.
8012à la tente de 'Amrou qu'il avait laissée. Elle était dressée sur l'emplacement de
8013la maison appelée dâr al z,iiiâr(t) (maison du siege) pres de la petite dâr 'Amrou.,
8014Le charif Moul,Jammad ibn As'ad al Djawwânî dit : ~~Les tentes de 'Amrou
8015étaient pres de da rb l)ammâm Chamoûl dans le khag du djâmi' "· Ibn Kou~aïbat
8016dans le livre du gharîb al Zuulîth dit : ~~Dans un l)adith (tradition) du Prophete
8017'de Dieu, il est dit n sur vous tous (le salut) (2J, car la main de Dieu est sur al
8018(ifous/CÎ(. "· Cette parole est transmise par Soli aïd ibn 'Abd al 'Azîz d'apres an-
8019Nou'mân ibn al Moundhir qui le tenait de Makl)oûl qui le tenait de Aboù
8020Houreïrat qui le tenait du Prophete. Al Fous~âL c'est la ville (3l. Toute ville est
8021Jous[â/; voilà pourquoi Mi~r fut appelée Foustâ~."
8022Al Bakrî dit: ~r Al Fous~â!; avec la voyelle o~t de la premiere consonne(/) ou avec
8023la voyelle i, et sans voyelle sur la seconde ( s) [c'est-à-dire al Fous~â~ ou al Fis~â~]
8024est le nom donné à Mi~r. On dit encore Fous~â~ (sans l'article) et Bous~â~"· Al
8025Moutarrizî dit ~ret aussi Fi~~âd et Fistâcl avec la voyelle i sur la premiere consonne
8026dans tous les cas, en sorte qu'il y a dix prononciations('!)"·
8027Ibn Koutaïbat dit : 1r Toute ville est foustât" et il mentionne le hadith : n Sur
8028.
8029.
8030. .
8031.
8032vous tous, car la main de Dieu est sur al foustât "· -
8033Aboû Hâtim m'a dit tenir
8034. .
8035.
8036d'al Asma'î ce propos : ~r Un homme des Banoû Tamîm m'a raconté avoir lu dans
8037un écrit d'un homme de ~ouraïch : ceci est ce qu'a acheté un tel d'un tel (de la
8038tribu) de 'Acljlân affranchi de Ziyâd; il a acheté de lui cinq cents arpents de la
8039banlieue d'a] Fous~â~, désig·nmü par là al Ba~rab.
8040Il y a encore ce mot d'ach Cha'bî sur l'âbi(c (esclave marron) : n S'il est pris
8041clans alfous[.âf, dix [dirhems à sa charge ](5l; s'il est pris hors d'alfousf.df, quarante"·
8042(l) }•d.l ).:.. Le ms. 1687 de la Bibl. Nationale de Paris (p. 133) a:~~ )b. Ibn DouJ.<_mâJ.<_
8043(IV, p. 6, l. 26) parle de: .:.b..t.l )b (à l'index: )l..a..t.l )b) qui semble être la même, ca~· il dit
8044que, d'après Ibn 'Abd al Uakam, elle fut appelée plus tard : il~l 0.l 0?1 (Jb)· 01· ce dernier
8045nom parait identique à celui de : ilj_,JI 0.l )b où, d'après a~ ~ouyoûp qui cite al ~ouq.à'i ( ljou§n al
8046mou~u'1qamt, 1, p. 77, l. 7) fut dressée la tente de 'Amrou.
8047l2J Il y a un mot sous entendu. Je suppose que les Musulmans, rencontrant le Prophète, lui
8048disaient la formule consacrée: ~le salut sur vous" à quoi il répondait, comme cela est toujours
8049d'usage : ~sur vous (le salut),.
8050(3; ~~1. On peut traduire aussi par : Médine (al 1\Iadlnat, la ville pa1· excellence).
8051(Il) Cinq avec le son ou: Al-Foust1\t, Fousttl~, Boustàt, Fou~~àd, Foustàd et les mêmes avec le
8052son i. Yt\J.<_oût (Dict. géog,.., éd. Wüstenfcld, III, p. 8!)!)) dit qu'il y avait six prononciations:
8053Foust<\t, Fist<lt, Fouss1ît, Fissnt, Foustàt, Faslàt. Cette étrange variété semble prouver que le mot est
8054d'origine étrangère, soit le byzantin ~ouua-rov comme l'a proposé Rossi, soit le copte mcTJ..A.ION
8055formé de l'article copte m et du ffl'CC u7ti~wv soit encore mCTJ.TION, qui a pu se former de
8056la même manière demet de u7ti-rwv. Cf. ce que j'en ai dit dans notre Bulletin, t. 1, p. 189.
8057(>J Les mots entre crochets sont rétablis d'après Yhoûr, ibid., p. 897.
8058MAKRlzi.
8059H3
8060Il veut dire, par là, que la main de Dieu est sur les gens des villes,.)~~)\, et
8061que qui s'est éloigné ~'eux et. s'est séparé ~l'eu~ dans sa cond~i.te est, par c:Ia
8062même, sorti de la mam de Dwu. Sur ce pomt, Il y a des traclüwns, )JL Dieu
8063est le plus savant!
8064DES KHITTATS
8065. .
8066QUI ÉTAIENT DANS LA VILLE D'AL FOUSTÂT\ll.
8067Apprends que les khiHats qui étaient dans la ville de Fous~â~ Mi~r répondent
8068aux l.târats qui sont aujourd'hui clans al ~âhirat. On appelle, à Mi~r : khi[!(tt ce
8069qu'on vppelle, à al ~âhirat : Zl{îral.
8070Al ~ouçlû'i dit: rr Quand <Amrou revint d'Alexandrie et descendit à l'endroit de
8071P. 297.
8072son fous{cÎ{, les tribus se grouperent les unes au pres des autres et se répartirent
8073sur les divers points. 'Amrou préposa à (la distribution des) khinats Mou'awiyat
8074ibn Kharîdj at Toucljaïbî, Charîk ibn Sammî al Ghatîfi, <Amrou ibn ~al,1zam
8075al Khaoulânî, l:layoùîl ibn Nâchirat all\h<âfid (~J. Ce furent eux qui installerent les
8076gens et répartirent les tribus. Cela en l'an 2 1.
8077§ 1.- KHI'f'fAT AHJ, AR RÂYAT ( I,ES GENS DU DRAPEA.U ).
8078Ahl ar râyat est un ensemble de Kouraïchites, d'Ansârs, de (gens de) Khouzâ'at,
8079Aslam, Gafâr, Mazinat, Achclja', Djahînat, Tha~iC Doûs, 'Abs ibn Baghî<J, l:larch
8080des Banoû Kanânat, Laïth ibn Bakr et les 'atîlcs, J~l (3l de ces tribus : toutefois
8081l'installation des 'atîks est différente (de celle) d'( ahl) ar râyat.
8082On les appelait ahl ar râyat et leur khiHat prenait ce nom parce qu'ils formaient
8083un ensemble où chaque fraction, ~
8084{I!J, n'avait rien qui la distinguât de la foule
8085(JJ Cette liste des khiftals (quartiers affectés au logement des différents ffroupes ethniques qui
8086composaient l'armée musulmane) se retrouve, à peu près dans le même ordre dans Ibn DouJ.<_mâk
8087au commencement de sa Description de l'lJgypte (publications de la Bibliothèque khédiviale du Caire
8088-:~?née 1893 ). Elle paraît avoir été copiée sur Ibn 'Abd al J:Iakam et al Kindl car Aboû f?àlih
8089(editiOn et ti·aduction Ewets, fos 29 et 3 2) donne, d'après ces auteurs, quelques détails de même
8090genre sur ces khittals. Je les reproduirai à la suite de ce chapitre.
8091(
80922J Lire : <Syi~ll et non : <Syi~ll.
8093(3J Vo·
8094··1
8095·
8096·
8097Ir ce qu 1 en est dit plus !mn au 5 VI.
8098(:) Le batn' ~
8099est la subdivision de la {mbilat, ~·Le ~zayy, _;,.. est la ll'ibu mère divisée en'
8100e~a b, y.a.W; celui-ci se divise en 1.<-abîlat, dont les subdivisions successives sont : fa~ilat, N.~;
8101'i.drat, Ï)~i batn, ~ct Jakhdh, ~.
p. 81
81021. 10.
8103P. CASANOVA.
8104(des autres) dans la convocation au divân (Il, ~ ~~~ 1.)-A ~~.>-....?· Chacune de
8105ces fractions se refusant à être convoquée sous le nom d'une tribu (~abilat) qui
8106n'était pas la sienne, 'Amrou leur fit un drapeau qu'il n'attribua a personne en
8107particulier, mais il leur dit:~ Votre point de ralliement sera sous ce drapeau". Celui-
8108ci devint ainsi pour eux comme un titre commun, et leur di vân était tenu autour
8109(litt. : ((sur" ~
8110). Le groupement de ces tribus se fit par suite de l'engagement
8111que prit le Prophète d'établir parmi leurs membres le commandement, ~~_,JI (2l.
8112Cette khi~~at eng·lobait le Djâmi' de tous côtés. Ils commencèrentFll à la ligne
8113qu'ils occupaient lors elu siège qu'ils firent du l)i~n, à savoir la porte du bi~n appelée
8114bâb ach cham\ puis ils continuèrent leur khinat jusqu'à l)ammâm al fâr et conti-
8115nuèrent à l'ouest jusqu'au Nil. Lo1·sque tu es arrivé à an Nabbâsîn, les deux côtés
8116(du djami'?) sont de Ahl ar râyat jusqu'à la porte du masdjid djâmi' appelée bâb
8117al 'Varrâl~in, de là tu vas sur (le chemin de) hammâm Chamoûl- dans cette
8118khi~~at est zou~â~ al ~anâdîl- jusqu'à tourbat 'Affân, jusqu'à soûk al hammâm,
8119jusqu'à la porte du ~a~r par la mention de laquelle nous avons commencé(4l.
81205 Il. -
8121KHITTAT MAHllAT
8122ibn Haïdan ibn cAmrou ibn al Hâf ibn ~oudâcat ibn Mâlik ibn l:limîar. Cette
8123khiHat Mahrat est au sud de khiHat ar râyat. Mahrat eut également une
8124khittat au pied de la montagne qu'on appelle djabal Yachkour dans la région
8125contiguë au khanda~ (5) vers l'est d'al 'Askar, vers djanân BanotÎ Miskîn. De cette
8126khiHat Mahrat fait partie l'endroit qu'on appelle aujourd'hui masâtib a~ tabbâkh
8127dont le nom est célèbre (BJ.
8128lll Le divan est le conseil. Toutes les tribus y participaient, comme il semble résulter de ce
8129passage.
8130.
8131(2) Ce détail confirme ce que j'ai dit plus haut (p. 118, note 2 ).
8132(3) Lire : 1;.)..:.:,! ct non : 1;~1.
8133(>) Poue tous ces détails topographiques, voit· le plan que j'annexerai à la fin de l'ouvrage. Les
8134nombt·eux renseignements foumis par Ibn Doul_<.mâJ.<. peuvent seuls permettre de ,-oir clairement ce
8135que .Mal_<.dzl dit ici trop laconiquement. La discussion en étant beaucoup trop longue pour prendt·c
8136place ici, je remoie le lecteur au travail que je prépare sut· la reconstitution d'al Foustàt. Je me con-
8137tenterai, dans les notes qui vont suiVI'e, des quelques explications qui me paraîtront indispensables.
8138l>l Il y avait plusieurs khanda~• (fossé) qu'il ne faut pas confondre. Celui dont il s'agit passait à
8139l'ouest du lo~nlJeau encot·e existant de l'Imam Chàfa'ï. Voir notre autem (texte arabe, t. n, P· lt58,
8140l. t5 ). Ce renseignement n'est pas confirmé par Ibn Doul_<.màJ.<..
8141.
8142,
8143,
8144(GJ 1\Iakrlzî a confondu deux endroits distincts : masâtib at tahbâkh1n et zouJ.<.âJ.<. at tahbakh. Cc
8145dernier, ~eu!, était dans khi Hat Mahrat, comme le montre lb~ Doul>.màl_<. (IV, p. tlt, elc. ); l'autre
8146était beaucoup plus loin au nord-est, dans la région de khiHat al Lanf. Il ne saurait pas plus
8147convenir à l'autre khittat Mahrat que mentionne Mal_<.rlzl et dont l'existence, d'aillems, est douteuse.
8148MAKRÎZÎ.
8149H5
8150On dit que la khiHat qu'ils avaient au sud d'ar râyat était l'enclos où ils alta-
8151baient leurs chevaux lorsqu'ils revenaient a l'assemblée (pour la priere ?) ' ~:{l'
8152puis ils s'y fixèrent exclusivement, abandonnant leur installation à Yachkour.
8153§ III. -
8154KHr'f'fA'f TouDJAÏn.
8155Les Toudjaïb sont les descendants de 'Adi et Sa'd fils d'al Achras ibn Choubaïb
8156ibn as Sakn ibn al Achras ibn Kindat. Les enfants de 'A(li et Sa'd étaient appelés
8157Toudjaib; Toucljaïb était leur mère.
8158Cette khiHat est contiguë à khiHat Mahrat; là est darb al mam~oû~at dont
8159l'extrémité fait partie du mur oriental du bi~n.
8160§ IV. -
8161Kurrp'fs DE LAKfm EN DEux E~Dnorrs.
81621. 20.
8163Parmi elles, est khi Hat Lakhm ibn 'Adi ibn Marrat ibn Adad et la partie de
8164Djoudhâm qui se confond avec elle {Il. Lakhm commença sa khi~tat du point où finit
8165khiHat ar râyat et monta vers le nord. Dans cette khiHat est soùk Barbar et son
8166châri' qui se confond avec la région intermédiaire entre Lakhm ct ar râyat. Ils
8167ont dem: autres khittats, une prenant son nom des Banoù Hayyat ibn 'Amrou ibn al
8168IJ.âr·ith ibn Wâil ibn Hâchidat de Lakhm dont le commencement est à l'est de
8169l'église du nom de Mikâïîllaquelle est près de khalidj Ban où VV âîl; cet endroit est
8170aujourd'hui (celui) des papeteries où l'on fabrique le papier près de bâb al ~an­
8171!arat hors de Mi~r. La seconde khinat est khiHat Hâchidat ibn Adah ibn Djazîlat
8172de Laklun , elle est limitrophe de la précédente. Dans cette khi Hat est djâmi'
8173Râchidat(
81742l et djanân Kahmas ibn Mou'ammar connu sous le nom de ( djanân) al
8175~âdharâïi (
81763
8177), puis de djanân al amîr Tamîm. Aujourd'hui on l'appelle: al Ma'choû~(4l; ·
8178Il est près de al âthâr· an naboûiyat(5l. Ils ont encore des endroits communs avec
8179al La l'if(§ V) et aussi des khiHats dans al I:Iamrâ (§XXI).
8180(Il B Y a ambiguïté, le pronom possessif: ld, pouvant s'appliquee soit à khi gat soit à Lakhm. De
8181toute façon la phrase est peu claire.
818212l Yoirl
8183h
8184"t
8185· l ·
8186e c apt re qUI ut est consacré (texte arabe, t. II, p. 2 8 2 ).
818713
8188) ~~?~lll ~et ~on : ~~)~lll, comme le porte l'édition de Boûlal_,) signifie : originaire de .Màdha-
8189' ~.)Lo pt·es d al Bn~rat (cf. Yl~oûr, Dict., sub ve1·bo ). Ce nom a été porté par plusieurs personnages
8190"
819101
8192"""'""' que nous verrons souvent mentionnés. Cf. Y\~oûr, ibid.; Anoû SA 'ïn, Kitdb alnwllff..hrib ,
8193éd. Knut Tallqvist, p. l'1l ).
8194~~ ~
8195Texte arabe, t.II, p. 1 59.
8196151 Ou atlu1r an nabi tt la relJ.(I·ue d
8197h' L
81981
8199' ' l
8200' ·
8201·
8202d'I ·
8203.
8204u prop e e"; e nom est resle a a reo1on encore aUJOUr
8205m1.
8206le chaptlre sur le ribà~ de ce nom (texte arahe, t. If, p. 32g).
82070
8208Mémo;,·es, t. Ill.
p. 82
82091. 3o.
8210146
8211P. CASANOVA.
8212§ V. -
8213KnrnArs AL LAFÎF.
8214Cette dénomination vient de l'enchevêtrement (IJ (des tribus) les unes dans les
8215autres. Voici à quelle occasion. Quand <Amrou conquit Alexandrie, il apprit que les
8216vaisseaux des Grecs se dirig·eaient vers Alexandrie pour combattre les Musulmans.
8217Il envoya alors <Amrou ibn Djamâlat al Azdî a] Hadjarî pour le tenir au courant,
8218et, quand celui-ci partit, les (gens des) tribus qu'on appelle al Lafîf s'empres-
8219sèrent et se concertèrent pour se joindre à lui; ils en demandèrent l'autorisation à
8220<Amrou qui la leur accorda, et ils formaient un gToupe considérable. Quand
8221<Am rou ibn Djamâlat les vit, ill es jugea trop nombreux.. -
8222~Par Dieu! dit-il, je
8223n'ai jamais vu une foule bouchant l'horizon comme vous. C'est comme Dieu a dit :
8224,, Quand viendra le rendez-vous cl u jour dernier, nous viendons avec vous en grand
8225enchevêtrement, ~
8226(~J "· De là leur nom qui leur fût alors donné d'al Lafif.
8227On demanda à <Amrou qu'il leur fût donné un poste de convocation spécial,
8228a~.); mais les familles (3l qui la composaient protestèrent, disant à <Amrou: tt Nous
8229nous réunirons dans l'endroit où nous sommes", <Am rou y consentit. Ils se réunirent
8230donc dans cet endroit, ayant une place à part dans le divân; lorsqu'une fraction
8231était convoquée, elle se joignait à la tribu mère (litt. : (\aux. fils de son père", ~
8232~1).
8233Katâdat, Moudjâhid et ad Dahhâk ibn Mouzâhim, disent au sujet de l'expression
8234divine : tt Nous viendrons avec vous en grand enchevêtrement"· Cela signifie :
8235tt tous en masse ".
8236L'élément principal provenait de al Azd (fraction) d'al I:Jadjar, de Ghasân, de
8237Choudjâ<at, auxquels s'étaient enchevêtrés, ~R Lfl, quelques gens de Djoudhâm,
8238Lakhm, az Zabâf, Tanoûkh de ~ou<,lâ'at; ils étaient donc tous réunis au même
8239endroit, ayant une place à part dans le divân. Cette khinat commence en un point
8240contigu à ar râyat dans la direction du nord vers na~~âchî'l balâ~. Là est dâr
8241Ibn <Acharât vers les environs de soû~ Vvardân.
8242Cette localité a été appelée a~h-<,lhâhir uniquement parce que les tribus qui
8243s'y installèrent étaient (d'abord) à Alexandrie, puis elles décampèrent après que
8244{Il Iltijâj, c,li;J~l, ma~~ar de la VIII• forme de laffa, ~; l'adjectif qui dérive de la même racine :
8245allaf'if, ~~signifie «Ce qui est enchevêtré,.
8246l2l Coran, XVII., 1 o6.
8247{3) a~
8248pl. Y,~!!' autre division de la tribu.
8249MAKRÎZÎ.
8250147
8251mrou avait déjà décampé (d'Alexandrie) et que les khiHats avaient déjà été
8252onsliluées. Ils exposèrent leur grief à <Amrou et Mou<awiat ibn Khadîclj, qui était
8253ce moment un des directeurs des khi~tats 0 l, leur dit : ~Je veux que vous soyez
82540 dehors, ~
82551,.,~, des gens de ces tribus (
82562J ". Ils choisirent alors un em pla-
8257cement qui fut appelé à cause de cela : açlh-dhâhir.
8258Les tribus qui s'installèrent à acJh dhâhir étaient les <atî/f,s (J), c'est-à-dire un
8259groupe de tribus qui exerçaient le brigandag·e au temps du Prophète qui envoya
8260P. 2g8.
8261contre eux des troupes qui les ramenèrent prisonnières. Le Prophète les affranchit,
8262~ 1 i 1,&.l;, et on les appela les <atîlcs. Leur divân était avec celui de Ahl ar rayât et
8263l:ur khïHat à açlh-cJhâhir lui était contiguë, ~ Ah-_,.M (4J.
8264Parmi eux étaient des troupes de al Azd et de Fahm. Leur khiHat commençait
8265depuis l'est de khiHat Lakhm pour aboutir jusqu'à l'emplacement de al <Askar.
8266De cette l.hi~~at était souaï~at al <lrâ~îyîn dont le nom venait de ce que Zayâd
8267a ·ant été nommé par Mou<awîyat ibn Aboû Soufiân wâli d'al lla~rat, une troupe
8268d'al Azd émigra à l'ouest vers l'Égypte ou était (comme wâli) Mousallamat
8269ibn Moukhallad, en l'année 53. Environ cent trente d'entre eux s'installèrent là
8270ct la rég·ion de khiHat a~lh-dhâhir qu'ils occupèrent fut appelée souaïkat al
8271'lrâ~iyîn (5J.
8272C'est Ghâfî~ ihn al tiâeith ihn <Akk ibn <Adthân ibn <Abd Allah ibn al Azd.
8273Cette khi Hat touchait à khîHat Lakhm (allant) jusqu'à khi Hat a(Jh-<}hâhir près
8274de da rb al a <aiâm.
8275{Il Voir plus haut (texte arabe, 1, p. 2 97, init.)
8276·
8277, (
82782J Il Y a, si je n~ me !rompe, un jeu de mols sui' le verbe: J.c yeb qui veut dire: «triompher,
82791 emp~ri~I'" et aussi «être extérieur" : l'expression :__,.s:blk comme nous le verrons bien souvent est
8280opposee a : j.:...b. Celte plaisanterie satisfit la vanité des tribus qui s'installèrent en dehors, _rtl lb
8281des autres khitlats.
8282(Sl ~~ pi: li.W! et ~L.:..J!. Ce sont le~ esclaves affranchis.
8283{\J .L'expression arabe est obscure. La khiHat en question semble, d'après ce que dit l'aute~I'
8284une ligne plus bas, être séparée de la khi gat Ahl ar ràyat par la khi gat Lakhm. En réa li Lé,
8285elle commençait au sud-est de la mosquée de <Amrou et dans le voisinage immédiat de khigat
8286/
8287ah rat.
8288t>J C'
8289) d'
8290·
8291.
8292est-.~- Ire: le pellt marché des gens de l'Irak, al Ba~t·at (BassOI'ah) étant dans l'Irak. Yà)j.oût
8293(~u·t. tJé0fJ1'·, éd. Wüslenfeld, 1, p. 45t, l. 7, à l'article ~~) confirme ces détails et cite, à ce
8294IU~e~, un Yers d'après lequel les gens d'al Azd installés à a~h Q.hàhir se trouvaient avoir comme
8295Olsms Toudjaïb (cf. S Ill) et Ghàfi~ (cf. S VU).
p. 83
82961. 1 o.
8297148
8298P. CASANOVA.
82995 VIII.- KHI'!''ft\TS A~-S-ŒIF(l)
8300dont le nom est Mâlik ibn Sahl ibn 'Amrou ibn Kaïs ibn Himvar: leur convoca-
8301•
8302•
8303.J
8304tion, ~~~ (
83052
8306l, se faisait avec (la tribu d') al Kindat.
8307§IX.- .....
8308[Et les khiHàts de Khaoulân ibn 'Amrou ibn Malik ibn Yazîd ibn 'Arib. Ces
8309khiHuts sont contiguës à al ~atâî'J (3J.
8310~x
8311[7
8312}"'•
8313'
8314'
8315iJ
8316• -
83171\ f[[TTATS AL 'A niSIYI N.
8318Dans la khi nat Khaoulân se fixèrent exclusivement ceux: des Perses (al Farisîyin,
8319,
8320pluriel de : al Fârisi) qui prirent part à la conquête de l'Egypte : c'était le reste de
8321l'armée de Bâdhân gouverneur( au nom) de Chosroés dans l'Yémen avant l'islam {ltJ.
8322Ils se firent. musulmans en Syrie et désirèrent faire la guerre sainte; ils marchèrent
8323avec 'Amrou ibn al 'À$i vers Mi~r et s'y installèrent et prirent (place) au pied de
8324la montagne appelée cljabal bâb al boûn (5J. Cette montag·ne est aujourd'hui à l'est
8325de derrière khi~~at djâmi' Ilm Toûloùn dont la plaine (litt. : (\ la terre", A.AQJ 1),
8326s'appelle al ar4 Ct$ 11ajrâ et fait partie d'al 'Askar.
8327(l l Ibn Khalli~ân (éd. de Boûlà~, 1, p. 35o) nous apprend qu'on prononçait ~adif. De Slane
8328dans sa traduction ( t. II, p. ()4), ajoute, je ne sais sur quelle auto ri Lé, qu'on prononçait aussi ~adaf.
8329Ibn Dou~mâl~ (IV, p. 4) qui donne le même texte que Ma~rlzt, moins les indications topogra-
8330phiques , est ici plus développé. Il dit : ~Khi Hals as ~ad if -
8331ce sont un ba~n des Kindat, ils sont
8332fixés aujourd'hui dans Haqxamaùt, leur nisbat est : a~ ~adafl.. Son nom est Màlik ibn Sahl ibn
8333'Am rou ibn ~aïs ibn f.limyar. On l'appelle as ~ad if uniquement parce qu'il se détourna, G~,
8334en suivant une autre roule que les siens lorsqu'ils furent atteints par l'inondation des digues
8335(cf. CAuSSIN DE Pt:RCEVAL, Essai, t. 1, p. 85 ); ils se réunirent en effet pour la réparer; mais il sc
8336détourna pour aller tl la rencontre de Haqt'amaut. Aussi fut-il appelé a? $adif. On dit aussi que la
8337seule raison de cette appellation était qu'il était un homme vaillant, qu'il n'obéissait à aucun des
8338Arabes. Un des rois ghassanides envoya quelqu'u"n pour le lui amener, mais il alLaqua le messager,
8339le tua et s'enfuit. Alol'S, le roi envoya, à sa rechel'che, quelqu'un à la Lèle d'une nomht'cuse cavalerie,
8340mais dès qu'il interrogeait quelque tribu, on lui répondait : ~ Màlik s'est détourné, G.)...a de nous;
8341~et nous n'avons pas vu son visage,. Depuis on l'appelle a~ $adif. Puis il se joignit aux Kindat et
8342s'établit parmi eux."
8343(2) Sous-entendu: dans le divan (cf. plus haut, p. 144, note 1).
8344(3) Ce passage manque dans l'édition de Boùh\~. Je le rétablis d'apt·ès les mss. 1736 et 1753
8345de la Bibliothèque Nationale de Paris, et Ibn Dou~mâ~.
8346(4l Cf. CAuSSIN DE P~mcEVAL , Essai, l. III, p. 1 go.
8347(o) D'après cela, le nom de bàb al bo(m ou plutôt Bàbilioûn (v. texte arabe, t. 1, p. 287) aurait
8348été donné aussi à la montagne qui est à l'est de la mosquée d'Ibn 1-'oùloùn, donc à celle sur laquelle
8349est actuellement la Citadelle. Cf. le chapitre qui tmite du quartier d'al ~atài' ou d'Ibn 1-'oûloCtn.
8350Je suis porté à croire q~'il y a une er1·eut· dans le texte de Ma~rlzl.
8351MAKRÎZÎ.
83521lt9
8353§ Xl. -
8354Kuq'fAT MounnAI,IADJ.
8355Le b, L:' est av~nt le dj, c;:· C'est Mâlik ibn Adad ibn ZaïJ ibn Kahlân [ibn
8356Allah ibn Nâl,nat] (tl.
8357ibn Mourâd.
8358§XIII.- KHI'!''fAT 'iVA'LA N
8359ibn Karan ibn Nâl.1îat ibn Mouràd. Ils sont tous de Mouclha}:tadj. Ils établirent
8360khi Hat à partir du zou~â~ où est l'idole appelée Sourriyat Fir'oîm Pl : le com-
8361....., ... " .. ...,nt de ce zou~â~ est bâb as soù~ al kabîr. Ils eurent aussi une khi~~at à
8362; puis les Wa'lân se renfermèrent dans leurs khinats en face le masdjid
8363ppelé ad Dinoûrî, et ils s'appuyèrent vers Khaoulân et cette khi Hat est aujour-
8364'hui des koms qui donnent sur le tombeau elu ~â~i Bakkâr(3l.
83655 XIV. -
8366KHI'f'fAT YAJ_I~OUB
8367ihn Mâlik ilm Aslâm ibn Zaïd ibn Ghoûth. L'emplacement de cette khiHat est
8368ujourd'hui des kôrns. Elle aboutit au charaf Cfu'on appell~ aujourd'hui ar ra~ad (4J
8369donnant sur ar Râchidat (5J.
8370§ xv. -
8371KHT'!''fAT RùN
8372ihn Zaïd ibn Sahl [ibn 'Amrou ibn ~(aïs ibn Mou'awiyat ibn Djachm ibn 'Abd
8373Chams des l:limyar, et leur khi Hat est au sud de Moudha}:taclj (§XI) JUil.
8374§XVI. -
8375KrnTTAT mroû'L Ku;\ '(7)
8376ibn Choural,Jbîl ibn Sa'd ibn l:limyar.
8377(1) Les mots entre crochets sont ajoutés par Ibn Dou~m<l~.
837812l Cf. plus haut (texte am be, t. 1, p. 1 2 3, l. 1 ).
8379(~) Il s't•git évidemment de la seconde khi Hat, car le tombeau du kâdi Bakkàr ibn ~oulaïbat est
8380cimetière d'al ~aràfat du côté des koms de décomb1·es appelés aujourd'hui ba~n al ba~amt.
8381premier était au contraire dans le voisinaffe de ~a~1· ach cham', car as soû~ al ~ab11', comme nous
8382Ibn Dou~mâ~, communiquait avec ~a~l' ach cham' par la porte (existant encore) en
8383de l'église al mou'alla~at (IV, p. 2 6, l. 1 5 à 2 7 ).
8384<•l v
83850
8386l
8387h
8388011· pus aut (texte arabe, t. II, p. 363 ).
8389(r.) Ibn Dou~mâ~ dit que Ya~~oub était une grande tribu, 3 de Y aman dont la nishat est
8390comme Tha'labl ( nisbat de Tha'lab ).
8391(al Les mols entre crochets sont rétablis d'après Ibn Doukmtik.
839217
8393~ Ibn Dou~mà~ dit: al Kalà' et non dhoù'l Kalà'; de même :YÂ~oûr, Dict. géogr., t. III, p. goo.
8394RJOU~~ que_ cette khiHat était contiguë à celle de Ra'în vers le nord de masdjid al a~dàm. Sur
8395madjtd, von· le chapitre spécial à la fin de l'ouvrage (texte arabe , t. II, p. 4lt5, 1. 16).
p. 84
8396o.
8397150
8398P. CASANOVA.
8399§XVII. -
8400Knq'fAT AL .MA'ÂFm(l)
8401ibn Ya'four ibn Marrat ibn Adad. Cette khi~tat va depuis ar ra$ad jusqu'à
8402sik~âyat Ibn 'foùloûn, c'est-à-dire les arches,..;--1l..i...L.ll, qui donnent sur'Asfat,
8403~, et séparent les deux ~arâfats; ces arches sont à al Ma 'âfir et à eux
8404(est la région) jusqu'à mou$aHâ Khaoulân et le kôm qui domine le mou$allâ
8405(oratoire) (2).
8406§ XVIII. -
8407KHJ'!''fAT SABÂ.
8408[ Sabâ est le nom d'un homme fils d'une des tribus du Y aman; c'est Sabâ ibn
8409Yal)choub ibn Ya'roub ibn Ka~~ân J (3l.
8410§XIX. -ET KHI'f'fAT AR llADJABAT {!!)
8411ibn Zar'at ibn Ka'b.
8412§xx. -
8413KHq'fAT AS SALF
8414ibn Sa'd. Entre le kôm qui donne sur al ~a~î Bakkâr et al Ma'âfir.
8415§XXI. -
8416KHI'f'fAT BANOÛ Wi\.ÏL
8417ibn Zaïd Manât ibn Af$â ibn Iyâs ibn J:larâm ibn Djoudhâm ibn 'Acli. Elle va du
8418pied elu charaf appelé ar ra$acl jusqu'à khiHat Khaoulân (5J.
8419§XXII.- KniTTAT AL KAnw(6l
8420. .
8421.
8422.
8423ibn Marthad. Elle est à côté de khi Hat Banoû Wâïl (allant) jusqu'aux environs
8424de birkat al l.fabach.
8425(l) Et non : al Maghâfir, _,.;~! comme il est écrit dans l'édition de BottlaJ.<_. (Cf. Y Â '~>oÛr, Dict.
8426géogr. , sub verbo).
8427(2) On trouvera des détails sur ces différents points à la fin de l'ouvrage où il est traité des
8428ci1iletières de ~arâfat (texte arabe, t. 11, p. ldt3-445) des puils et des aqueducs qui s'y trouvent
8429(ibid., p. 457 el 46o ).
8430(3) Les mols entre crochets sont d'Ibn DouJ.<.mâJ.<_.
8431(4l L'édition de BoûlaJ.<. porte : 4::...)1. Mais Ibn DoulŒâl.<. nous dit qu'il s'agit bien du mot racljabat
8432qui signifie cr ce qui sert à étayer un palmier"·
8433(ol Il ne peut s'agir ici de la khittat Khaoulân dont il est parlé au S IX, comme contiguë à al
8434~atà'î (cf. le plan). Mais MaJ.<_rizi nous a parlé de plusieurs khittats de Khaoûlàn. C'est sans doute
8435d'une autre qu'il s'agit et dont il aura oublié de nous dire l'emplacement. Peut-être même y a-t-il
8436une faute de copiste et faut-il a~ lieu de: u~,.,_;... ~b..:..., lire:~~_, JLb...:..., khiHat Wa'làn près d'as
8437soûl.<. al kabîr, lequel est, en effet, dans le voisinage immédiat de khiHat Banoû Wàïl.
8438(6l MaJ.<.rlzl dit : ~~~ cravec vocalisation" pour qu'on lise, non pas: ua"! ~' lrabd, qui est la
8439forme ordinaire, mais bien : ~,
8440l•'abarl.
8441MAKRÎZÎ.
8442'151
8443Il (IJ dit : (\L'installation des Ban où W âïl, d'al ~aba~, de Râyat, de Râchidat et
8444Fârisyin (Persans) en ces points vient de ce qu'ils étaient les éclaireurs de
8445mrou ibn al 'À$i; ils s'installèrent donc en avant des troupes et ils s'étaient déjà
8446réservé ces points avant la conquête (du fort)"·
8447§ XXIII. -
8448Knq'fATS DES TROIS l.fumÂ.
8449Al Kindi dit : Les 1:famrâ étaient trois: les Banoù Nabh (2J, Roûbil et al Azrâ~.
8450Ils faisaient parti~ des non-arabes, ~, de Syrie qui allèrent avec 'Am rou ibn al
8451c
8452~i de Syrie en Egypte, de ceux qui avaient désiré l'islam (avant la bataille d')
8453al Yarmoûk , des gens d'al ~ai$arîyat (Césarée) et autres.
8454Al ~ouqâ'i dit : (\On dit : les ~Iamrâ parce que les Roûm s'y installèrent l3l.
8455Ce sont les khîHats de Bali ibn 'Amrou ibn al I.Iâf ibn ~ouqâ'at, de Fahm,
8456de 'AcÎouân, d'une fraction d'al Azd qui est Tharâd, des Banoû Bal)r, des Banoû
8457Salâmân, de Yachkour ibn Lakhm, de Houdhaïl ibn Moudarrakat ibn Alîâs ibn
8458MoucJar, des Banoû Nabh et Banoù al Azrâ~ qui étaient des Roûm et des Banoû
8459Roûbîl : il (Roûbil) était juif et devint musulman.
8460rt" Le commencement de cela (les khiHats des l:lamrâ) est al Ham râ ad dounîâ
8461[qui est J (4) la khi Hat de Bali ibn 'Amrou ibn al l.lâf ibn ~ou~â'at; en est (aussi,
8462la khittat de Tharâd d'al Azd et la khittat de Fahm ibn 'Amrou ibn Kaïs 'Aïlân et
8463..
8464..
8465.
8466en est (aussi) la khiHat des Banoù Babr ibn Sawâdat d'al Azd.
8467(tEt de cela est al l.l'amrâ al wous~â, dont font partie la khi Hat des BanoÎI Nabh,
8468<fUÎ sont une troupe de Roûm ayant pris part, au nombre de cent hommes, à la
8469conquête et la khiHat de Houdhaïl ibn Moudarrakat ibn Alîâs ibn Mou~ar et la
8470khiHat des Banoû Salârnân d'al Azd, et la khi~~at de 'Adoùân.
8471rt" Et de cela est al Ham râ al ~OU$Wâ qui est la khîHat des Banoû al Azra~; al Azra~
8472était un Roûm; quatre cents d'entre eux prirent part à la conquête- et la khi Hat
8473des Banoû Roûbil -
8474Roûbîl était juif; il se fit musulman; mille d'entre eux
8475prirent part à la conquête -
8476et la khiHat de Yachkour ibn Djazîlat ibn Lakhm.
8477Les installations de Yachkour étaient dispersées sur la montagne, elles furent
8478abandonnées à une époque ancienne et devinrent un désert,~' jusqu'à l'arrivée
8479(Il C'est al Kindl auquel Mahlzl et Ibn Doukmàk ont emprunté cette lisle des khittals.
8480(2l Ib
8481'
8482.
8483.
8484..
8485(S) Ln DouJ.<.~wls. donne \IV, p. 5, l. 2), ~;(IV, p. 51, l. 12), ~;(IV, p. 126, l. 22, ~).
8486es I:Iamra, ~
8487déstgne les non-arabes et est donc l'équivalent de :al 'Adjam, ~~qui est
8488le plus souvent réservé pour désigner les Persans. Le pluriel, suivant l'habitude arabe, équivalant
8489è un nom collectif féminin, on disait, à Mi~r, comme nous allons voir: la première Ham râ, la Hamrà
8490moyenne, etc.
8491(~l Je
8492·
8493'l f
8494crots qu t
8495aut rétablir dans le texte : &-' comme trois lignes plus bas, où il est écrit:
8496e' '_, ~~
8497_!,...J.!..
84981. 3o.
8499/
p. 85
8500152
8501P. CASANOVA.
8502des partisans de la couleur noire, ~~_,_,_tl, c'est-à-dire les armées des 'AbLâssides
8503qui en releverent les constructions. Aujourd'hui ce sont des ruines."
8504Ibn al Moutawwaclj dit : ''Les trois l:lamrâ :la premiere, la moyenne ( ahvous~â),
8505la plus éloignée ( al4:ou~wâ ). -
8506La premiere englobe : l.1âïz al iwâz (tl, 'a4:abat
8507al 'Acldâsîn, soû4: "\tVardân, khi Hat az-Zouhaïr jusqu'à Na4:~âchî'l halâ~ compre-
8508nant tout cela en long et en large. -
8509La moyenne (va) de darh Na~kâchî'i balâ~
8510jusqu'à darh Ma'ânî, comprenant tout cela en long et en large.- La plus éloignée
8511va de darh Ma'ânî à al ~anâ~ir· al]h dhâhirîyat c'est-à-dire ~anâ~îr as sibâ' qui
8512est la limite du gouvernement de Mi~r elu côté d'al ~âhimt." Ces l:lamrâ étaient
8513la partie la plus richement peuplée de Mi~r au temps des Roûm. Mais la premiere
8514ét la seconde sont actuellement des ruines. Leur emplacement est entre soù~ al
8515• 2 99.
8516ma'âridj et hammârn 'fann (:J) et, à leur est, jusqu'en face d'al marâghat à l'est.
8517Quant à la plus proche ( addouniâ) (SJ, c'est la région appelée khan kanâ~ir as
8518sibâ', khan as saba' as si~~âyât, hikr al Khalîlî, l.tikr A~boghâ et le kôm ou sont
8519les prisonnniers, l5_,.-w~l (ttl. En fait partie aussi kha~~ al kabch, khan al djâmi' a~
8520'foùloùnî et al 'Askar et aussi l)afJrat Ibn ~oumaïl)at jusque là Otl sont ~an~arat
8521as sadd, boustân a~ 'fawâchi et tout ce qui est à l'est jusqu'à machhad ar râs appelé
8522(aussi machhad) Zaïn al 'Àbidin; nous expliquerons cela plus amplement, s'il
8523plaît à Dieu, lorsque nous traiterons d'al 'Askar.
8524La ville d'al Fous~â~ se divisait en deux parties savoir : 'amal fô~ (district
8525haut) et 'amal asfal (district bas). 'Amal fô~ avait deux bords, \:Jl;_},, occidental
8526et oriental : le bord occidental allait du rivage du Nil dans la direction sud
8527lorsque l'on va sur le charaf appelé aujourd'hui ar ra~ad jusqu'à al ~arâfat al
8528koubrâ; le borel oriental d'al ~a râ fat al koubrâ jusqu'à al 'Askar (5). 'Amal asfal
8529comprenait toul le reste jusqu'à la limite d'al ~âhirat.
8530lll L'édition de Boùla~ porte: )_,~ly?~, mais les mss. 1729 et q53 de la Bibliothèque Nationale
8531donnent : G_,~l }b. qui se retrouve également. dans Ibn Dou~mà~.
8532(2) 0 b ou c)â, J?hann, d'après Ibn Dou~mâl$..
8533l3l ll faut évidemment lire: la plus éloignée. Il semhle que ce soit une distraction de l'auteur;
8534mais nous retrouverons ailleurs cette assertion que ~anà~it· as ~ibà fait pal'lie d'al Hamrà ad dounla.
8535Il est possible que les deux noms se soient échangés. Il est cel'tain qu'après la ruine des deux
8536premières, le nom d'al lJanuà seul désigne presque toujout·s ~anâtir as ~ibà'. Cf. le Lex le d'Aboli
8537Sàlil~ que je donne plus loin.
8538l4l C'est sans doute le même que : .s)L...~I r>S: kôm al Asârà dont il est parlé ailleurs. -sr~! et
8539.s)L...~I sont deux pluriels du mots asir rrprisonnien..,,
8540{a) D'après l'itinéraire indiqué on voit, sur le plan, qufl le district haut enveloppait l'ensemble
8541de la ville à l'est et au sud et peut être considéré comme formé de deux Landes à peu près pet·pen-
8542diculaires entre elles, la plus rapprochée du Nil étant à l'ouest de la plus éloignée.
8543MAKRizi.
8544153
8545NOTE ADDITIONNELLE.
8546boû Sâlil)., dans sa description des monastères de l'Égypte, nous donne en deux
8547quelques renseignements sur les I:Iamrâ qui complètent ceux de Ma~rîzî. Les
8548, d'apt·ès la traduction anglaise (l) et le texte arabe (2l.
8549Les trois J:lamrc\- article où il est padé des trois J:lamrà qui sont : la plus grande qui est
8550~ou~wâ, al woustâ, al J:l,amrc\ ad dounîâ. D'après le (livre des) khifa! d'al Kindî qui sc réfère
8551livre des conquêtes de l'Egyple, les J:lamrâ étaient des Roûm dont les Banoû Nabîh, les Ban où
8552zra~ et les Banoû Roûbîl, ou, d'après d'autres, des Persans. 'Amrou ibn al 'Â~i les appela
8553J1amrâ parce q_u'ils n'étaient pas arabes et (1u'ils étaient chrétiens.
8554La J:lamrc\ al woustâ, appelée aussi la J:lamrâ d'al ~antaral est l'endroit où fut dressé le drapeau
8555{ar rc\yat all~amrà) lors de la conquête de Mi~r par les Arabes; aulom sc groupèrent ceux
8556demandaient leur protection et marchaient à l'arrière-garde. Il fut donc appelé al J:lanl!'â .. .
8557D'après le livrf des khitat d'al Kindl, les trois J:lamrâ étaient al J:lamrc\ al ~ou~wâ, al Hamrâ
8558woustâ, al J:lamrâ ad douniâ; la première est la khigat de Bali ibn al 'Oumar (sic) ibn. Al~âf
8559~ou~à'at depuis darb az-Zadjdjâdj1n par où l'on entre dans soû~ Wardân, jusqu'à zou~â~
8560Fm·oûat, etc., pour fini1· à khaoukhat al i~tahl dans la Hamrâ. La khittat des Banot1 Bahr
8561Som\ âdat ibn Af~â s'étend d'al J:lamrâ ad dounic\ en fac~ de masdjid ·;l ~ouroôn jusc1u:à .
8562t as Sarri, etc. La partie d'al J:lamrâ al wous~â qui fut la khigaL de f:loudhaïl ibn Moudar-
8563va de mal)ras Aboü'l Mahâdjir, etc. jusqu'à baïn al koumaïn. La khittat des Banoû al AZI'ak
8564[Menmnt d'ül J:lamrc\ al ~ou~wâ à khaH Y achkour ibn D jazîlat ibn Lakh~· et jusqu'à al ~antara.t
8565son dm·b jusq.~'au k~anda~ qui est l: canal, au pied de la montagne d'al kabch et jusqu'à al
8566.
8567~l le cleu· Marwm, etc. La plame sous la montagne est tout entière à Yachkout·, depuis
8568clmetièi·cs, mascljid al Kbalot1~, bir kat ~aroûn et la montagne de Yachkour ibn 'Ouclwân ibn
8569l..e Livre des khita! rapporte encore c1ue les Banott Kin<1nat ibn 'Amrou ibn al Kibr ibn Fa hm
8570une ~hiHat dans la partie d'al J:lamrâ al woustâ qui va de zou~â~ Sahl ib~ 'A~îl jusqu'à
8571~a~âat ou est ( soû~) al ~ammâ~ln et zou~â~ at tourmous en face kanîsat Abot1 Mina et que
8572kh•Hat des ~anoû Roôbîl- Roübîl éiait un juif -
8573clans al J:lamrc\ allait jusqu'à deïr Maria rn,
8574nord. de dJanân J:lawî et de masdjid al Khaloû~ clans la plaine. Les Banoü Yachkour ibn
8575Ibn Lakhm ement leur kbiHat dans al Hamrâ al kouswâ. Quant à fadâ ad dounîâ el
8576ar Rây~t .~t Khaoôlân depuis darb al ~anta·1·at jusqu'à. so~~ Wardân ce q.ui comprend la
8577. de ch~n a~, I.Iamrâ et ce qui est derriè1·c, vers le Nil -
8578ce fut appelé fa~;\ al ~aha'il. Là
8579al
85801~!abl jusqu a ~ammâm a~ ~alib et al kanlsat.
8581The churches and Monasteries of Egypt, translated by Eveils , Oxford , 1895, ·p. 1 o 1-1 o 2
8582o8-11 o.
8583fanusct·it arabe de l· B'bl' tl '
8584N ·
8585.
8586,.. Il
8587't' 'd' ,
8588a
85891
859010 1eque
8591alwnale de Pans, n• 3oj, fo 29 r• ct v• et fo 32 r•
8592•
8593a c e e tle pa1· M E · tt
8594' 1
8595·
8596d
8597·
8598.• ·r.
8599· \e · s, a a su1Le e sa traductiOn. Mon collègue M. Salmon a bien
8600~er• ter le texte sut· l'orirrinal.
860120
p. 86
8602]. l o.
8603154
8604P. CASANOVA.
8605f
8606A
8607LES EMIRS D'AL FOUSTAT
86080
8609.
86100
8611DEPUIS L'~POQUE DE LA CONQUtTE DE U~GYPTE
8612JUSQU'À LA FONDATION D'AL 'ASKARo
8613,
8614.
8615Sache que le nombre des émirs qui ont gouverné l'Egypte pendant l'tslam,
8616depuis la conquête et qui habitèrent al Foustât jusqu'a la fondation d'al 'Askar
8617est de vingt-neuf pour une durée de cent treize années et sept mois commençant
8618au vendredi 1er al Moul)arram de l'an 2 o de l'Hégire du Prophète, qui est le jo ut·
8619de la conquête de Mi~r et finissant avec la fin du mois de Radjah 1 3 3 par ieq,uel se
8620termine le gouvernement de $âlib ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs sur l'Egypte
8621et débute celui de Aboû 'Oûn 'Abd al Malik lequel fut le premier des émirs
8622d'Égypte qui habita al 'Askar Pl.
8623§ I. Au rapport d'al Kind! et autres, le premier des émirs d'al Foustât, après
8624la conquête, fut 'Amrou ibn al 'Â~i ibn Wâïl ibn Hâchim ibn Sa'îcl ibn Sahm ibn
8625'Amrou ibn Ha~Î$ ibn Ka'b ibn Loûayî ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik Aboû 'Abel
8626Allah. Il était marchand au temps elu paganisme et son commerce qui était de
8627peaux et de parfums l'entraînait sou vent en Égypte; puis la destinée produisit
8628ses effets si bien que les Musulmans conquirent la Syrie et que 'Am rou, se tr?u va nt
8629seul avec 'Oumar ibn al Khattâb, lui demanda la permission de partir pour l'Egypte.
8630Il partit en l'année 19, arriv~· au l)i$n, l'assiégea sept mois jusqu'a ce qu'ille con~uit
8631le vendredi 1 cr al Mou barram de l'an 2 o. D'après d'autres, ce fut, le 1 2 llao~nat
8632de l'an 3 57 de Dioclétien (:2) et, par conséquent, la conquête de l'Egypte sermt de
8633(Il Le 1er al 1\fou}:J.arram 20 répond au 21 décembre 64o; la fin de Radjah 133 au 3 mar~ 701.
8634(2) Le 1 2 Baoûnat 3 57 répond au 7 juin 641 de l'ère chrétienne et au 7 Djoumadâ II de 1 an .1 !l
8635de l'Hégire. D'après Jean de Nikiou (éd. Zotenberg, dans Notices et extraits des ~~ss, XXIV, .2• ~ar~Je'
8636p. 56 7) la prise de Babylone eut lieu le lendemain de la fète de la RésurrectiOn, sans md1cat10n
8637d'année. Comme il est parlé peu après (p. 56g) de la quinzième année du cycle, M. Zotenberg P~~se
8638que Jean de Nikiou a placé la prise de Babylone en celle même année qui répond à 64 2 de lere
8639chrétienne. Le jour exact serail le 25 mars 642. Mais, comme le remarque justement M. ~ole~berg'
8640Jean de Nikiou fait coïncider cet événement avec la prise de Césarée. Celle-ci ayant eu heu. mcon-
8641testablemenl en 641, ne faut-il pas conclure que le texte éthiopien est fautif et qu'au heu .de:
8642quinzième année du cycle il faut lire: quatorzième: IOJi! au lieu de: Imt;? Dans ce cas, ce serait le
86439 avril6lt1, lequel répond au 14 Barmoûdat 357.
8644MAKRÎZÎ.
8645155
86461 9 de l'Hégire. Mais i~ fau.t recti~er ?ela car,, e~t~e le .venclrecl.i premier jour d~
8647de Dioclétien et le Jeuclt premter JOUr del Hegtre, tl y a trots cent trente-huit
8648persanes et trente-neuf jours (Il. Si nous les retranchons de la date égyp-
8649au 1 2 Baoûnat 3 57, il reste elix-huit années, huit mois et trois jours (2l
8650ptées en années solaires, ce qui fait dix-neuf années lunaires, deux mois (3)
8651treize jours et cela coïncide avec le 1 3 ([jJ Rabî' ter de l'année 2 o. Peut-être
8652t l'erreur porte-t-elie sur le (nom elu) mois copte (sJ.
8653Puis il prit possession du bi$n avec ce qu'il contenait et alla a Alexandrie en
86541er de cette année ( 2 o), l'assiégea trois mois et Ja conquit de force: c'est la
8655remière conquête (d'Alexandrie) : d'autres disent qu'il fa conquit le 1er al Mou-
8656barram 2 1 ; puis de là il alla a Bar~at qu'il conquit de force en l'an 2 2, ou,
8657SUÏ\'ant d'autres, en l'an 2 3. Il alla se présenter ensuite a l'émir des croyants
8658'Ouma!' ibn al KhaHâb deux fois. La première fois, il eut comme remplaçant
8659Zakariyâ ibn Djahm al 'Ahdarî, et, la seconde, son fils 'Abd Allah. 'Oumar, que
8660Dieu l'agrée! mourut en Dhoû'lbidjdjat de l'an 2 3 et 'Outhmân ibn 'AfTân, que Dieu
8661(Il C'est inexact. L'année persane était de trois cent soixante-cinq jours; tous les cent vingt ans
8662on ajoutait un mois de trente jours: entre le 29 août 284, premier jour de l'ère de Dioclétien et
8663le jeudi 15 juillet 622 qu'adopte, sans doute, l'auteur pour premier jour de l'Hégire, il s'est écoulé
8664trois cent trente-huit années juliennes moins quarante-cinq jours, soit une période de deux cent
8665quarante années juliennes correspondant à deux cent quarante années persanes et une période de_
8666quatre-vingt-iix- huit années juliennes (dont dix-neuf bissextiles) correspondant à quah·e-vingt-
8667dix-huit années persanes plus dix-neuf jours; en en retranchant quarante-cinq jours, on a un
8668total de trois cent trente-huit années persanes moins vingt-six jours. Si le calcul de Ma~rlzi était
8669exact, il faudrait admettre qu'il adopte pour premier jour de l'Hégire le 18 septembre 6 2 2 ou
8670qu'il rapporte le premier jour de l'ère de Dioclétien au t 2 juin 284.
867112
8672' Du premier jour de l'ère de Dioclétien au 1 2 Bao • nat 3 57 il y a bien en effet trois cent cinquante-
8673s~x an~é~s, dix-neuf mois et douze jours qui, retranchés de trois cent trente-huit années persanes
8674(aden~tliees assez fautivement, d'ailleurs, avec trois cent trente-huit années égyptiennes) et trente-
8675neuf jOUJ's, donneront exactement dix-huit années, huit mois el trois jours, comme le dit l'auteur.
8676~
86773
8678) L'édition de Boûlà~ porte :_;+W trun mois"; il faut évidemment lire : ~
8679_;+W tr deux mois",
8680P~Jsqu~ Rabi' 1 ., est le troisième mois de l'année musulmane. Dix-huit années solaires (dont cinq
8681hJssexhles ), deux mois et treize jours font six mille huit cent dix-huit joui'S; dix-neuf années lunaires
8682~mp~ées à trois cent cinquante-cinq jours l'an (ce qui n'est pas rigoureusement exact) donnent
8683ltx mt! le sept c~nt qua ra~ te-cinq jours; en y ajoutant deux mois (de trente jours) et treize jours ,
8684OD trouve effectivement SIX mille huit cent dix-huit.
86851
8686'
86871
8688Plus exactement le 1 4, le mois de ~afar ne comptant que vingt-neuf jours.
8689l~l Le mot Baoûnat (e'cr1't · ... " )
8690't· 1
86911
8692·
8693d'
8694· l' ' '1
8695·
8696B
8697_
8698· /);.j'Y. aura pu e re u par que que cop1ste
8699Islrail a ou 1 y avait :
8700armoûdat: a.:..>-Of.• le jet le) ayant, en se mêlant l'un à l'autre, simulé un,. La confusion des deux
8701Doms est encore plus s
8702'hl
8703l'
8704·
8705,
8706ens1 e avec anc1enne orthographe que 1 auteur nous donne plus haut (texte
8707rabe, t: 1, P· 263, l. 31): j'~ et J~~· Le 12 Barmoûdat357 répond au 7 avril 64t, qui, à deux
8708pres • est la date qui, nous l'avons vu, paralt résulter du texte de Jean de Nikiou.
870920.
8710l. 20 .
p. 87
87111. 3o.
8712156
8713P. CASANOVA.
8714...
8715l'agrée! fut proclamé émir des croyants; <Amrou se rendit auprès de lui pour lui
8716demander la révocation de <Abd Allah ibn Sa<d ibn Aboû Sar4 du gouvernement
8717de la Haute-Égypte que lui avait conféré <Oumar. <Outhmân s'y refusa et donna
8718toute l'~~gypte à <Abd Alla~1 ibn Sa<d.
8719Le gouvernement de l'Egypte spirituel et temporel (litt. : ~r quant à sa prière et
8720son impôt{t),) par (Amrou depuis la conquête jusqu'à son départ fut de quatre ans
8721et quelques mois.
8722~ IL <Abd Allah ibn Sa<d ibn Aboû Sarb appelé al ijousâm ibn al I.Iarith ibn
8723ijabîb ibn Djadhimat ibn Na~r ibn Mâlik ibn I:Iasal ibn <,~mir ibn Loaûyî gouverna
8724au nom de l'émir des croyants <Outhmân. La lettre (d'investiture) lui arriva au
8725(!) Sous les khalifes oumeyyades et abbassides, le gouvernement de l'Égypte (comme de la plu-
8726part des autres provinces) comprend deux fonctions distinctes: la prière ct l'impôt : [)4!' i_,.\.dl.
8727Pour Mal~rîzl et Aboû'l Ma\lâsin qui ont copié le même auteur (car ils emploient des expressions
8728identiques) la plus importante est la prière, car ils donnent la liste complète des gouverneurs qui
8729ont réuni les deux fonctions ou n'ont exercé que la prière el ils passent sous silence un grand
8730nombre de ceux qui ont exclusivement exercé l'impôt. Étant données les idées musulmanes, il semble
8731que ces auteurs aient raison. Cependant pour 'fab::u·1 el Ibn al Alhlr (qui, d'ailleurs, ne fait, en
8732général, que le copier) c'est la seconde fonction qui l'emporte, car ils désignent positivement, à
8733diverses reprises, comme gouverneurs de l'Égypte, des personna8'es que Ma].uî.zî et Aboû'l Ma~âsin
8734ne nomment pas ou qu'ils spécifient avoir été uniquement chargés de l'impôt. Les documents officiels,
8735monnaies, estampilles de verre, dénéraux de verre, etc., semblent donner raison à 'fabarl, car les
8736noms d'émirs qui y sont inscrits sont ceux des préposés à l'impôt et tel nom s'y retrouve qu'on
8737chercherait en vain dans les listes d'Aboû'l Mabâsin et de Ma~rlzl et que 'fabad seul nous permet
8738d'identifier, par exemple : Moul~ammad ibn Sa'id de t 52 à t5 7, Mou\lammad ibn Souleïman de
87391 59 à 161. Il y aurait bien des choses à dire sur celte double fonction. Je les réserve pout· une étude
8740d'ensemble que je me propose de faire sm· ce sujet à propos des dénéraux de verre. Cf. Mémoires de
8741la Mission m·chéologique.Ji·ançaise du Caire, l. VI, p. 343-347.
8742Puisque j'ai parlé d'Aboû'l Mabàsin, je dois dire que l'auteur qu'il a copié est teès probablement
8743al Kindi dont il cite souvent les ouvrages : blb.....iJI J, ~
8744b~~l, ~~ ':-'Li:S, Kitdb al baghiat
8745oua'l ightibdtfhnan wald' l Foustdt tf Le Livre du désir et de l'assouvissement au sujet de ceux qui ont
8746gouvemé al Foustà~, et: l_ro~l ':-'~ Kitdb al oumard tt Le Livre des émirs,. Le premiet· n'est jan~a~s
8747nommé, si je ne me trompe, par Malo·lzî qui, en revanche, ci te sou vent: y~ !_roi ':-'li;.5"", Kttab
8748oumard Mi~r tf Le Li He des émirs d'Égypte,. D'ailleurs Aboû'l Mabâsin, quoique postérieur à Ma~rlzî'
8749ne l'a pas copié, car il est plus détaillé et donne un texte moins tronqué.
8750L'histoire de ces gouverneurs de l'Égypte a fait le sujet d'un mémoire de WüsTENFELD, Die Statt-
8751halter von JEgypten wr Zeit der Chalijen ( Abhandlungen der Kiiniglichen Gesellschajt der Wissenschajten zu
8752Giittingen, XX et XXI, année 187S). Il déclare, dans sa préface, avoie utilisé le livre des khita~ de
8753Ma~rîzt, les annales d'Aboû'l Mal.tâsin et l'ouvrage d'a~ ~ouyoûtl intitulé : l}ousn al mou{tdifarat. Je
8754n'ai pas besoin de dire que ce dernier a puisé aux mêmes somces que les deux premiers si mê~e il
8755ne les a pas directement copiés. Comme j'aumi souvent à citer le mémoire de Wüstenfeld, JC le
8756désignerai sous l'abréviation : Statthalter.
8757MAKRÎZÎ.
8758157
8759ûm; il fit un cadeau aux gens d'A~ouâb(LJ et ils allèrent avec lui à al Fous~ât.
8760Manoùill'eunuque vint à Alexandrie en l'an 2/.t et les gens de Mi~r deman-
8761t à <Oumar de (leur) renvoyer <Am rou ibn al <À~i pour le combattre. <Outhmân
8762renvoya comme émir d'Alexandrie où il combattit les Roùm jusqu'à ce qu'il l'eut
8763uise. <Abd Allah ibn Sa<d résida à al Fous~â~ jusqu'a ce qu'Alexandrie Jût
8764conquise, pour la secopde fois, par force, l'année 2 5. Après quoi (Abd Allah ibn
8765•d, comme émir d'Egypte, réunit le spirituel et le temporel, et il resta émir
8766endant le khalifat de 'Outhmân tout entier, se montrant digne d'éloges dans
8767on administration. Il fit trois expéditions, toutes trois d'importance : l'expédition
8768d'lfri~iat en l'an 2 7 où fut tué le roi Grégoire,~ fr; l'expédition contre les
8769oudanais, .).Jl-~1, qui fut pousséejusqu'à Dongola, Â.Ü,j.), en l'an3t etl'expé-
8770dition de Dhoù'~ $awârâ {2l, l5)_,~1__,~, en l'an 3lt. Constantin fils d'Héraclius alla
8771à leur rencontre avec mille navit·es ou sept cents, d'après d'autres récits; les Mu-
8772sulmans en avaient deux cents. Dieu mit en fuite les Roôm. On l'appelle l'expédi-
8773tion de Dhoû' ~ ~awârâ uniquement à eau se de la grande quantité des mâts ( $arrârâ) ·
8774de navires et de leur accumulation. Il se rendit auprès de <Outhmân dans le temps
8775que l'on répa~dait des calomnies contre 'Outhmân, laissant comme remplaçant
8776P. :Jo o.
8777cou~bat ibn (A mir ibn al Djouhanî, d'autres disent as Sâïb ibn Hichâm al (Àmiri,
8778et plaçant aux finances Soulaïmânibn 'ltr at Toudjaïbî. Cela en l'an 3 5, en Radjah.
8779III. Moul_lammad ibn Aboù l:loudheïfat ibn <Atabat ibn Rabtat ibn <Abd Chams
8780i~n <Abd Manàf se proclama émir, en Chawwâl de l'an 3 5, contre <Ou~bat ibn
8781mir le remplaçant de <Abd Allah ibn Sa<d. Il l'expulsa d'al Fous~ât. Puis il
8782proclama la déchéance de <Outhmân, souleva le pays et s'efforça de nuire le
8783plus possible a (Outhmân. Mais les partisans de (Outhmân comme Mou(â"viyat ibn
8784l;loudeïdj(3l, Khââdjatibn I:Ioudhâfat, Bousr ibn Ar~ât., .Maslarnat ibn Moukhallad,
8785se séparèrent de lui et lui firent la g·uerre à la tête d'une troupe considérable. Ils
8786firent savoir à <Outhmân leur situation et l'odieuse conduite d'Ibn Aboû Hou-
8787t. Il envoya Sa<d ibn Aboû Wa~~âs pour arranger leurs affaires, mais. une
8788Yà~oût (Dict. géogr., sub verbo) nous dit que celle ville du Fayyoûm est mentionnée à propos
8789~~u;~rnement de (Abd Allah ibn Sa'd. Cf. w ÜSTENFELD' Statthalter, 1re partie' P· 16.
8790L edtlton de Boûlà~ donne fautivement: G!.,bl et Aboû'l Mal~àsin (éd. Juynboll, t. 1, p. 89, 1. 2)
8791•
87921 "
8793' ï
8794t ' "d
8795· Y~ ou l es evt ent que la méprise des copistes est venue de la ressemblance du groupe
8796et la lettre b. Il faut lire : y!_,bl.
8797Le n~~ de ce, village ne se trouve pas rlans la monographie du Fayyoûm rédigée vers 643
879812~hou Out~man an Naboulsl (Publications de la Bibliothèque Khédiviale, vol. XI, le Caire, 1899).
8799s) er~a batmlle des mâts,. Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. t6g).
8800Ltre : ~.)..,.. el non : ~~ comme le porte fautivement l'édition de Boûlâ~.
p. 88
88011. 1 o.
8802158
8803P. CASANOVA.
8804armée sortit à sa rencontre, renversa son camp, y exerça meurtre et pillage. Il
8805monta à cheval et revint sur ses pas, en les maudissant. Cependant 'Abd Allah
8806ibn Sa'd s'étant présenté, ils l'empêcherent d'entrer et il s'en retourna.
8807C'est pendant qu'Ibn Sa'd était a 'As~alân (Ascalon) que 'Outhmân, que Dieu
8808l'agrée! fut tué. Puis Ibn Aboû IJoudheïfat se résolut à envoyer une armée contre
8809'Outhmân et il expédia six cents soldats ayant a leur tête 'Abd ar Rabmân ibn 'Oudeïs
8810al Balawî. Puis 'Outhmân fut tué en Dhoû'lbidjdjat de cette année. Les partisans
8811de 'Outhmân se souleverent en Égypte, se rallierent a Mou'âwiyat ibn J::loudeïdj
8812lui donnant mission de réclamer le prix. du sang de 'Outhmân et ils gagnerent
8813le Sa 'id. Ibn Aboû IJoudheïfat envoya contre eux de la ca valerie, et ils furent
8814défaits. Ibn IJoudeïdj partit vers Bar~at, puis revint à Alexandrie. Ibn Aboû IJou-
8815dheifat envoya contre lui une autre armée et le combat s'engagea a Kharbatâ (tl
8816le 1er du mois de Ramaçlân 36. L'armée (de l'émir) fut défaite et les partisans de
8817'Outhmân occuperent Kharbatâ.
8818Cependant Mou'âwiyat ibn Aboû Soufîân (2) s'avança dans la direction d'al
8819Fous~ât et campa à Salamant(3l, en Chawwâl. Ibn Aboû IJoudheïfat alla à sa ren-
8820,
8821contre, a la tête des Egyptiens, et le combattit, puis on convint de constituer des
8822otages et de suspendre les hostilités. Ibn Aboû IJoudheïfat laissa en Égypte comme
8823remplaçant al IJakam ibn a~ Salt et partit comme otage avec Ibn 'Oudeïs et un
8824certain nombre des meurtriers de 'Outhmân. Arrivés à Lydda, Mou'âwiyat les y
8825fit emprisonner et alla a Damas. Ils s'enfuirent de la prison; l'émir de Filas tin les
8826poursuivit et les tua en Dhoû'll)idjdjat de l'an 3 6.
8827S IV. ~aïs ibn Sa'd ibn 'Oubâdat al An~ârî, fut investi par l'émir des croyants
8828'Aiî ibn Aboû 'fâlib, que Dieu l'agrée! quand il apprit l'échec d'Ibn Aboû IJou-
8829dheïfat. Il cumula la prie re et l'impôt. Il entra à Mi~r, le ter Habî' 1 cr de l'an 3 7.
8830Les Khâridjis (4l s'étant alliés à Kharbatâ avec les partisans de 'Outhmân, il lem
8831envoya des présents(5l et ils lui adresserent des ambassadeurs qu'il traita avec
8832(Il C'est l'ancienne 'Av~po1roÀts des Grecs, à quelques lieues au sud-est de Damanhour (l'ancienne
8833EpfLinroÀts ). Cf. ADIÉLINEAU, Géographie de l'Égypte à l'époque copte, p. 2 2 1.
8834(2) Après le meurtre de 'Outhmân, 'Ali fut proclamé khalife mais trouva un redoutable concurrent
8835dans Mou'âwiyat ibn Aboû Soufiân qui devait fonder plus tard la dynastie des Oumayyades.
8836(3) A quelques lieues au sud-ouest de Bilbeïs sur la roule du Caire. Aboû'l Mal)âsin, quoique géné-
8837ralement plus développé que Mal<rizî, ne mentionne pas cette ville (éd. Juynboll, t. 1, p. 1 o6, l. 16 )·
8838l4l Secte révolutionnaire qui rejetait 'AH et Mou'àwiyat, les deux prétendants au khalifat et
8839tenta de les assassiner tous deux, mais 'Ali seul succomba.
8840(&i ~~b.cl, liU. : cr leurs soldes"· Celte expression semblerait indiquer que ces Khâridjis faisaient
8841partie des troupes égyptiennes. Le tex le correspondant d'Aboû'l Mal)âsin (éd. Juynboll, t. 1, P· 11 o)
8842diffère assez notablement.
8843MAKRÎZÎ.
8844159
8845ur. C'était un homme de sens. 'Amrou ibn al 'A~i et Mou'âwiyat ibn Aboû
8846s'efforcerent de l'expulser de l'Égypte afin de s'en rendre maîtres, car elle
8847t un contingent à l'armée de 'Ali, que Dieu l'agrée! Par la finesse et la ruse,
88481. 20 •
8849se défendit contre eux et ils ne purent rien contr!3 l'Égypte, jusqu'au jour où
8850<âwiyat fit desservir ~aïs au pres de 'AH, répandant le bruit que ~aïs était de
8851partisans et qu'il lui envoyait secretement des lettres et des instructions. Les
8852_.., •. v .. u de 'Ali entendirent ce bruit, et Moubammad ibn Aboû Bakr(IJ et 'Abd
8853ibn Dja'far ne cesserent (d'agir) sur 'Alî jusqu'à ce qu'il écrivît à ~aïs ibn
8854d lui ordonnant de comparaître devant lui.
8855,
8856Il avait gouverné l'Egypte, jusqu'a son rappel, quatre mois et cinq jours. Il
8857(ut déplacé le 5 passé de Radjah de l'année 3 7. Alors fut gouverneur:
8858S V. Al Achtar Mâlik ibn al IJârith ibn Khâlid an Nakha'i au nom de l'émit·
8859des croyants 'Âlî ibn Aboû Tâlib. Arrivé a al Koulzoum(2l, il absorba du miel
8860.
8861.
8862.
8863(empoisonné) et mourut. Cette aventure ayant été connue de Mou'âwiyat et de
8864cAmrou, celui-ci dit : tt Dieu a des armées de miel"· Puis fut gouverneur:
8865S VI. Moubammad ibn Aboû Bakr~~ Siddî~ au nom de 'Ali qui réunit entre ses
8866mains la prière et l'impôt. Il entra en Egypte, au milieu de Ramaçlân de l'an 3 7. Il
8867détruisit les maisons des partisans de 'Outhmân, pilla leurs biens, enferma leurs
8868enfants. Alors ils lui décl!J.rerent la guerre, puis il fit la paix sous la condition de -
8869les envoyer à Mou'âwiyat. Ils rejoignirent Mou'âwiyat en Syrie. Alors Mou'âwiyat
8870envoya 'Amrou ibn al 'Â~i à la tête des armées syriennes vers al Fous!â~. Ibn Aboû
8871Bakr se cacha; mais Mou'âwiyat ibn IJoudeïdj s'empara de lui, le fit placer dans le
8872entre d'un âne mort et consumer par le feu (3l, le 1!! passé de Safar de l'année 38.
8873Son gouvernement avait été été de cinq mois. Puis gouverna :
88741.3o~
8875S VII. 'Amrou ibn al 'À~i, pour la seconde fois, au nom de Mou'âwiyat ibn
8876hoû Soufîân, que Dieu l'agrée! Ce gouvernement débuta avec le mois de Rabi'1 cr
8877de l'an 3 8 · Il réunit la priere et l'impôt. L'Égypte fut pour lui une proie, une fois
8878Ill ll.était fi~s d'Aboû Bakr a~ $iddll<, le premier khalife. Il fut le sixième gouverneur d'Égypte,
88791l est d1t plus loin.
8880(2) L'
8881.
8882anc~enne KÀûuf'-Œ, près de Suez.
8883Ill) Une rue d'al F
8884t't '
8885Il ·
8886k'k l d' 'f l
8887· ·
8888. ,
8889.
8890ous .a. s appe a tt zou. a. a
8891JOU
8892rr a rue du ventre" parce que, d1sa1t-on,
8893tl.endroJ~ de cette sauvage exécution (IBN Dou~~~Â~, IV, p. 2 3, l. t 6 et scq. ). Une légende tou-
8894Vlvac~ dit qu'un fidèle de Moul)ammad retrouva son crâne et l'ensevelit en une mosquée d'al
8895qm porte encore le nom de djàmi' Moul)ammad ibn Aboû Bakr (ALY PACHA MouBAREK,
8896, t. V, p. 102).
p. 89
8897160
8898P. CASANOVA.
8899que les armées eurent reçu ' leurs soldes et que leur subsistance eut été assurée.
8900Puis <Am rou se rendit à l'arbitrage (tl et laissa pour le remplacer son fils <Abd Allah
8901,
8902.
8903,
8904d'autres disent Khâridjatibn l:loudhâfat, puis il retourna en Egypte. Alors les Banot1
8905Lakhm : \<\bd ar Rabmân, ~aïs et Yazîd s'engagèrent à tuer <Ali, Mou<âwiyat et
8906'Am rou et ils fixèrent un soir de RamacJân l!û. Chacun alla vers celui qui lui était
8907réservé, ~L.a: Yazîd était celui qui était désigné pour'Amrou ,__,r ~L.a ~.
8908Oe une indisposition survint à 'Amrou qui l'empêcha de paraître à la mosquée: cc
8909fut Khâridjat qui fit ia peière publ~que (à sa place) : Yazîd fondit sur lui et le
8910feappa à mort. On l'amena devant 'Amrou auquel il dit: rr Par Dieu! ô 'Amrou, ce
8911n'est pas un autre que toi que je voulais. -Mais Dieu voulait Khâridjat" répondit
8912'Amrou.· Quelle divine inspiration est celle du poète qui dit :
8913·Que n'a-t-il plu à Dieu, puisqu'elle (la destinée?) sacrifiait Khàt·idjat pour 'Amt·ou, qu'elle
8914[ sacrifi<it pour 'AH n'importe quel être humain !
8915'Amrou charg·ea Charîk ibn Samî d'une expédition contre Lawâttat peuple ber-
8916bère: il fit cette expédition en 4 o elles soumit. Puis ils se révoltèrent. 'Ou~bat ibn
8917Nâfi' fut alors envoyé contre eux en l'an !.tt, les combattit et les défit. Il chargea ce
8918même (Ou~bat d'une expédition contre Hawwârat et chargea Charîk ibn Samî
8919l'. i:lo1.
8920d'une expédition contre Labdat: ces deux expéditions eurent lieu en 43, puis ils
8921levèrent le camp comme 'Amrou était au paroxysme du mal dont il devait mourir.
8922Dans la nuit du fitr (rupture du jeûne) il mourut; 'Abd Allah ibn 'Amrou (son
8923fils) lava son corps et le fit porter au mou~allâ (oratoire); il pria surlui et il n'y
8924eut pas un seul (Musulman) assistant à la fète (du ji!r) qui ne priât sur lui. Puis
8925'Abd Allah fil la prière publique de la fète. Son père l'avait nommé son rem-
8926plaçant.
8927'Am rou ibn al 'Â~i laissait soixanle-dix bouh&r de dinars. Le bouhat',) ~, est
8928une peau de bœuf d'une contenance de deux ardebs égyptiens(:!).
8929(J) ~fl. Mou'àwiyal et 'AH ayant convenu après la bataille de ~iffln ( 38 de l'Hégire) de sou-
8930mettre leurs prétentions à un m·bitrage, une réunion célèbre fut tenue à cet effet. Le délégué choisi
8931par Mou'àwiyal élait 'Anuou.
8932l2l D'après les au.teurs arabes, le bouhâr est un poids de plusieurs centaines de livres- on n'est
8933pas cl' accord sur le chiffre exact. Les uns pensent que c'est un mot arabe, d'auLt·es que c'est un mot
8934copte. Sauvai t'e l'estime à deux cent soixante-sept kilogrammes et demi en v iron (Journal asiatique ,
8935année t88lt, VUI• série, t. III, p. lto2 à ltolt ). Si le dire de MaJ.<.r1zî est ex. act, on peut comparer bouhà1·
8936au mot latin boariwn ~de bœuf, d'où aurait pu dériver un mot byzantin puis copte de la forme :
8937(3oŒpwv, KO}..rtoN. C'est peul-être d'un mot sei:nblable qu'est venu le mot arabe : )4p. ~ bahàt·, qui
8938ne diffèr<' du précédent que par la première voyelle et qui désigne la plante appelée buphthalmum,
8939(3ov~fh.À(J-ov de Dioscoride; AYicenne dit. : .).Wl ~
8940.sl F
8941,1.) ~
8942.s.)JI ~· cf. Dioscoride (éd.
8943Sprengel, Leipzig, t88o , t. Il , p. 56t).
8944MAKRÎZÎ.
8945161
8946Quand la mort approcha il les fit apporter et dit : ((Qui les prendra avec ce
8947contiennent?" Ses deux fils refusèrent de les prendre et dirent : (i Il faut
8948què tu rendes leur dû à tous ceux qui ont des droits"· Il répondit: rde
8949verai pas à en réunir deux"· Mou'âwiyat, ayant appris cela, elit: rr Nous,
8950les prendrons avec ce qu'ils contiennenh. Puis fut gouverneur :
89515 YIII. cOutbat ibn Aboû Soufiân, au nom de son frère Mou'âwiyat ibn Aboù
8952iâ~, pot~r ~a prière (_exclusivemen~)· Il arriva en Dhoô'l~a'clat 43 et séjourna
8953mms, pms Il se rendit chez son frere, laissant, pour remplaçant, <Abd Allah
8954~aïs ibn al I:Iâri.th; Celui-ci av~it de ~a violence clans le caraclere et les gens,
8955Ltat:::~tvtut son au torlle, la repousserent. Outbat, à cette nouvelle, revint à .Mi sr
8956la en chaire et dit : rr 0 peuple d'Égyple, vous êtes excusables s'il y a quelq~~
8957~~~a::~ttuu · e de votre part contre quelque tyrannie à votre égard. Maintenant votre
8958est celui qui.' qu~ncl il a parlé, agit et, si vous refusez, vous repousse(?)
8959~, par la rn am; SI vous refusez encore, vous repousse par le glaive (tl, puis il
8960\.::..
8961(2)
8962' l fi
8963.
8964, , b
8965( .
8966.
8967, .:) , a a m ce qm a ete o tenu
8968s~c)(3l en premier lieu. Le contratl4l
8969gouvernés à gouvernants) est réciproquel5l. Vous nous elevez l'obéissance
8970d~vons la justice. Qui de vous le transgr~sse ne peut attendre de pro~
8971aupre~ de ~on .~atron, ~L.a·" Alors les Egyptiens de (tous) les côtés
8972la mos~uee lm cnerent : Obéissance! obéissance! et il leur cria : Justice!
8973• ! pms il descendit. Puis Mou'âwiyat lui conféra à la fois la ·prière et
8974pot.
8975·outbat chargea 'Al~amat ibn Yazîd d'une expédition contre Alexandrie a la
8976Ill Abott'l Mahâsin (éd Juy b 11 1
8977ft ) d
8978A
8979-
8980• _ ··l
89811
8982.
8983·
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8985n ° , , P· t o
8986onne le meme texte avec: ~~1,::. au lieu de : :s-1 .)
8987• tAAJ au teu de : ·· 1 1 1
8988d
8989r ·
8990L
8991·
8992.
8993C'
8994f: )
89951 - d
8996.
8997~ U' a secon e lOIS.
8998e sens serait: ~et SI vous refusez votre remède (sic)
8999' e sa mam, vous recevrez votre remède de son glaive"
9000'
9001(2)
9002•
9003..,.
9004•
9005.
9006Il faudrmt · ~ 1 Du mo·
9007l
9008.,
9009r
9010,
9011M h~ .
9012d. ·) ·
9013ms, a premiere lOrme: ... ~) n est pas donnée par les dictionnaires
9014a· asm on ne : ~ ~est venu,
9015'
9016(S)
9017•
9018•
9019Telle qu'elle est dan l" d"t'
9020d B '
9021A
9022.
90231
9024. ,
9025s e 1 Ion e oulaJ.<., celle phrase est inintelligible. Avec le texte d'Aboû'l
9026' on a Illeralemen t · ~pu· s ·
9027t ' l
9028fi
9029.
9030, ,
9031qu
9032'•"l" t d'
9033. .
9034J vien a a m ce qm a ele obtenu en premier lieu"· Il est
90351au
90361re · ~ce qut '
9037, , b
9038.
9039evec 1
9040d.
9041~a pas ete o tenu, et hre: .j)::.l Lo Lo en répétant la particule : Lo une
9042'
9043e sens
9044e ~ ce qu t
9045t
9046d
9047r .
9048ntc tt
9049.
9050.
9051"e 'une secon e lOIS, avec le sens de ~ne ... pas,. Ce n'est qu'en
9052) q
9053:e ~,correbc~tOn et en substituant: ... ~ (du texte d'Aboû'l Mal~àsin) à: ... ~) (du texte de
9054,
9055'
9056on o lient un sens convenable
9057·
9058'61 b.v.ll r
9059·
9060-· • Ilt. : ~le contnt.. te
9061·
9062' spécialement du khalif;.
9063'
9064rme consacre en arabe pour reconnaître la proclamation d'un
9065<•l - "L
9066I.Ju ~- Ahoû1 Mahàsin. ~W.... L'
9067tl'
9068.
9069·
9070d'
9071d
9072.
9073·
9074·
9075·
9076·
9077un e
9078autre mot contiennent le seris de ~attachement
9079une octnne,.
9080·
9081'
908221
90831. 10 •
p. 90
9084162
9085P. CASANOVA.
9086tète de douze mille hommes du diwân {I} pour qu'elle leur fût affectée en 1·ibâtPl.
9087'Outbat partit ensuite comme mottrâbit (dévoué au ribât){3l, en Dhoû'l~a'dat 44,
9088vers Alexandrie où il mourut. Il avait laissé, comme son remplaçant surl'Égypte,
9089'Ou~bat ibn 'Âmir al Djouhanî. Son gouvernement fut de six mois. Puis gouvema:
9090§ IX. 'Ou~bat ibn 'Âmir ibn 'Abs al Djouhanî au nom de Mou'âwiyat qui lui
9091confia la prière et l'impôt. Il était versé dans le Coran, le droit, la dochine, la
9092poésie, il avait participé a l'Hégire, était des Compagnons et des Musulmans de
9093la première heure.
9094Puis Maslamat ibn Moukhallad {Il) al An~ârî étant allé auprès de Mou'âwiyat,
9095'
9096celui-ci lui d~nna le gouvernement de l'Egypte, lui ordonnant de le cacher a
9097'Ou~bat ibn 'Amir. Il donna a 'Oul~bat le gouvernement de la mer et lui ordonna
9098d'aller a Rhodes. Maslamat arriva donc, sans faire connaître sa nom1nation, et
9099partit avec 'Ou~bat pour Alexandrie. Comme il était en marche, Maslarnat prit
9100place sur le siège de son gouvernement. 'Oul~bat l'ayant appris, dit : ((Est-ce
9101clone (à la fois) révocation et exil?".
9102Sa destitution eut lieu, le 10 des derniers jours de Rabi' l de l'an 47. Son
9103gouvernement avait été-Je deux ans et trois mois. Puis gouverna :
9104§ X. Maslamat ibn Moukhallacl ibn Sâmit ibn Nayyâr al A n~âd au nom de
9105(I) Sans doute le diwân de l'armée. Cf. les chapit1·es relatifs à cette institution (texte arabe, t. I,
9106p. 91 et seq.). Il semble qu'il y ait ici une opposition entre le diwân qui représenterait l'armée
9107en campagne, et le rihàt qui représenterait l'armée cantonnée en un point spécial.
9108Au sujet du di wân, je dois rectifier ma traduction du texte relatif aux troupes du drapeau
9109(éd. arabe, t. 1, p. 297, l. 5 et seq.). Le mot: 0 !y..>JI 0"' ~~.:.,veut dire: "la désignation dans
9110le registre d'inscription" ce qu'on appelle aujourd'hui, chez nous : "l'immatriculation des soldats"·
9111Le "diwân" n'est pas , en cel endroit, comme je l'ai cm d'abord "le conseil,, mais bien "le registre
9112d'immatriculation des lroupesn. Cf. le même texte cité d'après al ~ouqà'i, dans Ibn KhalliJ:<.àn
9113(éd. de Rottlâl:<., t. 1, p. 347, trad. de Slane, H, 87).
9114(2) Sur le ribàt, b~__.JI, voir une note tr0s complète de SAUVAIRE, Description de Damas, dans Jou!·-
9115nal asiatique, IX• série, t. V (mai-juin, 1896 ), p. 38t. Le ribât est toute ville frontière d'où on
9116chasse l'ennemi; à l'origine, c'est l'endroit où l'on alta che, b.,), les chevaux. Il a aussi le sens de
9117couvent et, par extension, d'hôtellerie. Voir le chapitre des rib à t à la fin de cel ouvrage (texte arabe,
9118t.II,p. 427).
9119(3) Le mouràbit, ~lyll, est celui qui demeure dans le ribàt. C'est de là que Yient le nom des
9120Almoravides d'Afrique et d'Espagne. Le synonyme est: al mouthâghir, ~W.I, de tlwgr "frontière",
9121~, synonyme de ribàt. Les expressions:~~~, ~t...ll font partie du protocole des sultans et émirs
9122musulmans.
9123(4) ~;,!. et non:~' comme le porte fautivement, ici, l'édition de Boûlâ~. Quelques lignes
9124plus bas, le nom est correctement transcrit.
9125MAKRÎZÎ.
9126163
9127•âwiyat qui lui conféra à la fois la .prière, l'impôt et la guene, ~j.:JI. Ses
9128itions se succédèrent sur terre et sur mer. C'est sous son émirat que les
9129descendirent sur le Paralos {lJ, en 53, et que Warclân affranchi de 'Arnrou
9130al 'À~i trouva le martyre à la tète d'une troupe de Musulmans.
9131Il détruisit tout ce que 'Amrou avait construit du masdjicl et le construisit
9132nouveau) et il ordonna de construire les minarets de tous les rnasdjicls sauf
9133(des khiHats de) Khaoulân et Toudjaïb (2l.
9134Il alla à Alexandrie en l'an 6 o, laissant comme remplaçant 'Àbs ibn Sa 'iJ.
9135·àwiyat ibn Aboû Soufîân mourut en Radjah de cette même année, laissant
9136successeur son fils Yazîcl ibn Mou'âwiyat qui maintint Maslamat et lui
9137it de recevoir le sermen_t de ~délité, ~1. Toute l'armée le prêta, sauf'Abcl
9138h ibn 'Arnrou ibn al 'A$i. 'Abs commanda elu feu pour incendier la porte
9139la maison de 'Abel Allah; alors celui-ci prêta le serment de fidélité a Yazid.
9140aslarnat arriva d'Alexandrie et réunit aux mains de 'Àbs la police {3) et la
9141• · , en 61.
9142l\Ioudjâhicl a dit : rde priais derrière Maslamat ibn Moukhallad. Il lut a haute
9143· la sourat de la Vache (la deuxième du Coran) et il ne nég·ligea ni un alif ni
9144u•aou" (Ill.
9145Ibn Lahî'at, d'après al 1.-farth ibn Yazîd elit : cr Maslamat ibn Moukhallacl nous
91461•
91471
9148) ~e ~om de Parai os, en arabe : al borollos, u-Jy.JI, est consené aujourd'hui dans celui d'un
9149t d~sll"ICt de la prov.ince d~ Gharbieh (BoiNET, Dict.géogmphique de l'Égypte, p. 12 6 et 588).
9150AMELISHU Géwranh
9151l l'E
91524 A
9153·
9154· •· '
9155a
9156~-
9157ze ~ e .
9158~ypte' P· 1 o ·
9159ux renseignements donnés par ce savant, il faut
9160ter ~ue.le grec 'ril'ap<XÀos s1gmfie proprement le littoral. Kircher (Lingua œgypt., p. 290) donne,
9161~~.c~ut~a~e~t du copte: fnÀru.IÀ, l'ambe: ~WI. Dans le lexie du martyre de Jean de
91621 JOI.t edJie par M. Amélineau (Journal asiatique, VIII• série, t. IX, p. 1 4 4) le même mot re pré-
9163le ltltoral d.e la Syrie, que les Arabes appellent communément : ~WI. Cf. ce que j'en ai dit
9164noire Bulletm, t. J, p. 11 8.
9165Il est donc uaisemhl hl
9166" l' · ·
9167l
9168·
9169l'É
9170a e qua orJgtne e mot al borollos désignait toul le liHoral méditerranéen
9171g''pte et
9172' t · ·
9173,. ·
9174121
9175J
9176'
9177• que ces ams1 qu Il faut le comprendre dans ce passag·e.
9178Auchapttre dedJ"àmi''A
9179('d
9180h
9181II
9182c:e 8 • t Cf' lb D
9183,
9184mrou e ·ara e, t.
9185'P· 247, l. 36 et seq.) l'auteur donne des détails
9186151 UJe: ' ·
9187n
9188~u~ma(<. (IV, p. 62, l. 17 ).
9189b..,..WI. Il faut ltre · ~
9190...WI
91911
9192.
9193, .
91941
91955 )
9196.
9197. ·
9198?
9199' comme ce a est toujours cent. C'est la leçon d'Ahoû 1 Mahâsin
9200• P· 1 0 q Ut donne rtaoureusem
9201t 1,
9202'
9203t
9204C
9205.
9206.
9207·
9208(
9209l , _
9210. o
9211en ememe exte. omme,cependant,Ilyavmtplusieurschourfal
9212ou putot plusteurs maisons de la h
9213·tl d~-~11 1)
9214.
9215'
9216.
9217. ,
9218leç
9219" . .
9220c ou1.a, ~r ) .:. on pourratt, a la ngueu1·, admettre
9221on de ledJtJon ùe R Tk
9222,
9223.
9224"'
9225.
9226Plut't)
9227.~ua. en 'ocalJsanl: b~l. Ce sermt alors le pluriel de : ~
9228...WI. Mais je
9229~ a une faute d Impression.
9230?
9231Ceci semiJic indiquer que l
9232, .
9233·a, , '
9234faJph b t
9235.
9236, .
9237e tvaou'-'' ela tt COn SI ere a cette époque comme la dernière lettre
9238a e ' tandis qu aujourd'h . l
9239' l
9240,
9241.,
9242donc . "Il
9243, .
9244.
9245m e-' est tan lot a penulLieme, tantôt l'anlépénuiLième. Le sens
9246.
9247ne negltgeaü aucune lettre depuis l'alif jusqu'au 11'aou "·
924821 0
92491. 20.
p. 91
92501. 3o.
925116ft
9252P. CASANOVA.
9253faisait la priere; il se tènait debout à (celle de) midi (Il. Souvent quelqu'un (2) lisait
9254(la sourate de) la Vache,.
9255Maslamat mourut, étant en fonctions, le cinquième jour avant la fin de
9256Radjah 6 2. Son gouvernement ful de quinze ans, quatre mois. Il eut comme rem-
9257plaçant 'Âbs ibn Sa'id. Puis gouverna :
9258§Xl. Sa'id ibn Yazîd ibn 'All~amat ibn Yazîd ibn 'Aouf al Azdi, ong·maires
9259de Palestine. Il arriva, le 1"r Ramaçlân de l'an 62. 'Amrou ibn ~(abzam al
9260Khaoûlânî alla à sa rencontre et dit: tt Que Dieu pardonne à l'émir des croyants!
9261N'y a-t-il pas chez nous cent (hommes), tous jeunes comme toi, dont un serait
9262devenu notre gouverneur?"· Les Égyptiens ne cessèrent de le haïe, de le combattre
9263et de le mépriser jusqu'à ce que mourut Yazîd ibn Mou'âwiyat et que 'Abd Allah
9264ibn az Zoubaïr, que Dieu agTée! se proclama (khalife). Les Khâridjis qui étaient
9265en Égypte se souleverent et soutinrent publiquement ses prétentions; quelques-
9266uns d'entre eux allerent vers lui. Il envoya alors à 'Abd ar Rabman ibn Djoubdam
9267(des ordres); celui-ci arriva et destitua Sa'id. Son gouvernement avait été de
9268deux ans moins un mois. Puis gouverna:
9269§XII. 'Abd ar Rahman ibn 'Outbat ibn Djoul)dam au nom de 'Abd Allah ibn
9270az Zoubaïr. Il entra en Cha'bân de l'an 64, à la tête d'une armée considérable de
9271Khâridjis qui prononcèrent publiquement le tab/dm, ~~
9272(3J, et en enseignèrent
9273la doctrine. L'armée s'enthousiasma pour cela et les gens prêtèrent serment, bien
9274(I l A la prière des autres moments de la journée, il restait assis comme les autres. C'était le
9275privilège du chef de la prière de rester debout. Quand 'Am rou voulut avoir une chaire (minbar), le
9276khalife 'Oumar, très rigoriste, s'y opposa en disant: ~Ne te suffit-il pas de rester debout quand les
9277autres restent assis?,. Cf. notre auteur au chapitre d'al djàmi' al 'atll5. (éd. arabe, t. II, p. 2lt7, l. 27)·
9278(2l ~}1, litt. : ~l'homme", c'est-à-dire celui qui était désigné. Cependant, une telle expression
9279n'étant guère conforme au génie de la langue arabe, on peut supposer que : ~}1 a ici un sens
9280particulier comme dans l'exemple ci Lé par Dozv, Supplément, où il désigne spécialement : ~l'homme
9281distingué par son savoir et sa piété"· Cf. la note 5 de la page t3t.
9282(J) La doctt·ine des Khâridjis se résumait dans la fonnule : A),!~ ~1 F ~, la ~wukma illd billahi r< il
9283n'y a de jugement qu'en Dieu"· Suivant un procédé particulier de la langue arabe, le mot principal
9284de la formule, c'est-à-dire ~oukm r< jugement", a donné naissance au ver he: f'S:::.,., ~wkkamma (seconde
9285forme de la racine : ~) d'où le nom verbal : ~· , ta(, /dm qui signiGe : ~prononcer la formule ~u
9286~wukm, adopter la doctrine du ~wulmu. Celte formule devint la devise des Kbâridjis lorsqu'ils
9287refusèrent d'accepter le jugement des ar bi tres sur les préten lions de 'Ail et Mou'à wi y at (voir plus
9288haut, p. t6o, note 1 ). D'une façon générale les Khàridjis refusent de reconnaître l'au lori té humaine
9289quelle qu'elle soit et n'admettent que l'autorité divine qu'ils interprètent d'ailleurs à leur gré.
9290Cf. BKUNNOW, Die Charidshiten, Leyde, t88lt.
9291MAKRÎZÎ.
9292165
9293que la haine restât dans le cœur ~es partisans d~s Oumayyad~s. P~is M~r~vân
9294ibn al J:Iakam fut reconnu (khahfe) par l:s Synens, et les Eg·yphens etaient
9295secrctemenl avec lui. Il marcha donc vers l'Egypte et envoya son fils 'Abd al 'Azîz,
9296à la tète d'une armée, vers Aïlat pour qu'il pénétrât en Égypte de ce côté. Ibn
9297Djoubdam réunit des troupes pour faire la guerre et creusa, en un mois, le
9298~banda~ c'est-à-dire le khandal~ (fossé) qui est à l'est d'al ~arâfat(
92991
9300l. Marwân
9301arriva; Ibn Djoul}darn engagea la bataille contre lui et beaucoup furent tués des
9302deux côtés; puis ils firent la paix . .Marwân entra, le 1 o des derniers jours de
9303Djoumadâ 1 6 5. Le te rn ps (de gouvernement) d'Ibn Djoubdam fut de neuf mois.
9304Marwân répandit les largesses. Tout le monde lui prêta serment, sauf quelques-
9305uns des Ma'âfir qui déclarerent ne pas révoquer leur serment de soumission a Ibn
9306Zoubaïr. Marwân leur fil couper le cou : ils étaient trois cents. Ce fut au milieu de
9307Djoumadâ Il. A ce moment, mourait 'Abel Allah ibn 'Am rou ion al 'Â~i et on ne put
9308conduire son convoi funebre au cimetière à cause du soulèvement de l'armée contre
9309~Iarwân.
9310Marwân confia la priere et l'impôt d'Égypte à son fils 'Abd al 'Azîz et partit,
9311étant resté deux mois, à la première lune de Radjah (2).
9312§ XIII. 'Abd al 'Azîz ibn Marwân ibn al ijakam ibn Aboû'l 'À~i, AbotYl A~bagh,
9313gouverna au nom de son père, depuis la première lune de Rad jab 6 5 (3), pour la
9314priere et l'impôt. Son pere étant mort, on proclama, apres lui, 'Abd al Malik
9315ibn l\Iarwân qui maintint son frere 'Abd al 'Azîz.
9316La peste survint a Mi~r l'an 7 o. 'Abd al 'Azîz la quitta et s'installa à ljalouân
9317qu'il prit pour demeure et résidence; il y plaça les officiers, u 1
9318~~~, y bâtit des
9319maisons et des mosquées, lui donna la plus remarquable prospérité, y planta des
9320palmiers et des vignes. Il célébra (la fête de) 'Arafat(!') à Mi~r, et il fut le pre-
9321mier qui le fit, en l'année 71.
9322Il dirigea une expédition vers la mer pour combattre Ibn az Zoubaïr, en l'an 7 2.
9323. Il mourut, le t3 passé de Djoumadâ I de l'an 86. Son gouvernement fut de
9324vmgt ans, dix mois, treize jours. Puis gouverna :
9325§ XIV. 'Abd Allah ibn 'Abd al Malik ibn Marwân, au nom de son père, pour
9326(I l Voii~, sur ce fossé, l'article spécial à la fin de l'ouvrage (texte arabe, L. II, p. 458, l. t5).
9327(
93282
9329) L'é~ition de Boûlàl5. dit: Ramaqân, mais Aboû'l Mal)âsin ( t. 1, p. 18ft) dit: Radjah, avec raison,
9330car, de Djoumadà 1 à Rama1àn, il y a trois mois. Cf. WüsTENFELD, Stallhalter, 1re partie, p. 3li.
9331(3) ' ;o· l
9332' 'd
93331r a prece ente note.
9334,. (~ ) La .fète de 'Arafat se célèbre à la Mecque au moment du pèlerinage le 9 Dhoû'll)idjdjat.
9335L mnovatwn de 'Abd al 'Azîz fut, sans doute, de la célébrer aussi à Misr.
9336P. 3o~.
p. 92
93371. 1 o.
9338166
9339P. CASANOVA.
9340l'impôt et la prière. Il entra, e lundi 11 passé de Djoumadâ II de l'an 86; il avait
9341alors vingt-neuf ans. Son père lui avait bien recommandé, ~1 r-.).JU, de suivre
9342les traces de son oncle 'Abd al 'Azîz. Mais il changea tous les gouverneurs (de
9343provinces), J\.;.i.!l, et les ofliciers, '-:Jls?~l (Il.
9344'Abd al Malik étant mort, son fils al 'Valid ibn 'Abd al Malik fut reconnu
9345khalife. Ii maintint son frère 'Abd Allah. Sur son ordre, 'Abd Allah fit rédiger
9346les diwâns d'Égypte en arabe, alors qu'ils étaient rédigés, jusque-là, en copte.
9347Sous son gouvernement, il y eut une disette de récolte; on considé~·a cela
9348comme un mauvais présage, car c'était la première calamité que l'on vit en Egypte,
9349et 'Abd Allah était vénal (2l.
9350Puis il se rendit auprès de son frère, en Safar 88, lais,sant pour remplaçant
9351'Abd ar Rahmân 'Amrou ibn ~(al)zam al Khaoûlânî et les Egyptiens étaient dans
9352une profonde calamité.
9353Il éieva le toit du masdjicl djâmi' (de 'Amrou) en 8 9.
9354Puis il fut révoqué. Son gouvernement avait été de trois ans, dix mois. Puis
9355gouverna:
9356§XV. K01urat ibn Charîk ibn Marthad ibn al Hari th al 'Absi au nom d'al \'Valîd
9357ibn 'Abel ai Malik, pour la prière et l'impôt cl'~~g);pte. Il arriva en ~e pays, le lundi
93581 3 passé de Habî' 1 9 o. 'Abd Allah ibn 'Abd al Malik partit de l'Egypte avec tout
9359ce dont il s'était emparé. Mais, dans la région du Jourdain, ~ourrat mit la main
9360sur lui et prit tout ce qu'il avait, qu'il fit envoyer à son frère (le khalife).
9361Al Walîd ayant ordonné qu'on détruisît ce que 'Abd al 'Azîz avait édifié dans
9362le masdjid, on procéda à la destruction, au commencement de l'année 9 2, et à
9363la reconstruction.
9364Kourrat ibn Cbarik fit défricher birkat al J:Iabach et, de morte qu'elle était,
9365il e~ fit une terre vi vante où on planta les cannes à sucre. On l'appela alors i~tabl
9366Kourrat et ist.abl al Kâch (3l.
9367.
9368..
9369.
9370{Il C'est le pluriel de : ~l...::., §d~zib. Ce mot qui signifie fr possesseur, maître" et aussi fr ami,
9371compagnon, est, dans le premier sens, généralement accompagné de la mention de la chose
9372possédée: ~~
9373~l...::., §d~ib al beït fr possesseur de la maison"; ":-'wJ! ~l...::., §d(tib al kitdb ~posses­
9374seur (et quelquefois : auteùr) du livre,, etc. Ce terme de §d(zib isolé s'est appliqué généralement
9375à tous les possesseurs d'offices administratifs et même, plus tard, est devenu un des titres officiels
9376des vizirs (voir· notre auteur, texte arabe, t. II, p. 223, l. 16 et seq.).
9377{2) Le texte d'Aboû'l Ma}:làsin est plus explicite (t. 1, p. 233). On vit un mauvais présage dans la
9378nouveauté (litt. : (t la virginité, ~'S) de cet événement (coïncidant) avec la tyrannie de ce uouverneur,
9379car il était vénal et s'emparait des biens provenant de l'impôt ou autrement.
9380{3) Ces détails et d'autres plus circonstanciés se retrouvent dans le chapitre important consacré
9381à celte région (texte arabe, t. Il, p. 152 et seq.). Cf. SILVESTRE DE SAcY, Abd al Latij, p. 4oo.
9382MAKRÎZÎ.
9383167
9384Puis il mourut, étant en fonctions, la nuit de (mercredi it) jeudi elu sixième
9385·our avant la fin de Rabî' 1 96. Il laissait comme remplaçant, pour l'armée et
9386Lrnpôt{ll, 'Abd al Malik ibn Rifâ'at. Son gouvernement avait été de six ans et
93871.2o.
9388quelques jours. Puis gouverna :
9389§ XVI. 'Abd al Malik ibn Rifâ'at ibn Khâlid ibn Thâbit al Fahmi, au nom
9390d'al Walid ibn 'Abd al Malik pour la prière. Al 'Valid mourut et eut pour
9391successeur Soulaïmân ibn 'Abd al Malik qui maintint Ibn Rifâ'at, puis Soulaïrnân
9392mourut et 'Oumar ibn 'Abd al 'Azîz fut proclamé khalife : il destitua Ibn Rifâ'at
9393dont le gouvernement fut de trois ans. Puis gouverna :
9394§XVII. Ayyoûb ibn Choud.mbîl ibn Aksoûm ibn Abrahat ibn a~ ?abbâl), au
9395nom de 'Ou mar ibn 'Abd al 'Azîz, pour la prière, en Rabi' 1 9 9. Vint alors un
9396rescrJ de l'émir des croyants 'Oumar ibn 'Abd al 'Azîz ordonnant d'augmenter
9397les taxes, ü~l, de la population en g·énéral. On proscrivit(2l les boissons fer-
9398mentées; on en brisa les débits qui furent désormais interdits, et on fit payer
9399aux contrevenants 2 5, o o o dinars.
9400Les Coptes furent dépouillés de leurs propriétés (litt. : ''les héritages n ~~!_,li)
9401dans les campagnes, .J.Y'JI, dont les Musulmans prirent possession (:.s); on interdit
9402a la population les bains pu blies {Il).
9403{Il Nous avons vu que le gouvernement de l'Égypte comportait la prière:~~~ et l'impôt : ~~.
9404Si ce n'est pas une fansse leçon, il semble qu'il y ait ici la mention d'une troisième branche de
9405l'administration. Comme l'auteur ajoute plus loin que le khalife donna la prière à 'Abd al Malik,
9406on pourrait conclure que le gouverneur pouvait déléguer ses autres pouvoirs: l'impôt et l'armée.
9407On trouve, en effet, diverses mentions de sous-gouvernem·s pour l'impôt el la police : Jïb_yWJ!. Celui
9408qui administrait l'impôt parait avoir été nommé tantôt par le khalife directement, tantôt par le
9409gouverneur. Cf. Mém. de la Mission archéologique du Caire, t. Vl, p. 343 et seq.
9410{
94112
9412) L'édition de Boûlà~ porte : y..4t o_fi-, d'aut1·es mss : y..4t c...or· Si la première leçon est
9413exacte, il y a un jeu de mols sur le sens de :y? qui veut dire, d'une part : ''dissimuler, forcer à
9414cacher, par extension fr proscrire , et, d'autre part ~fermente!'"·
9415{Sl Sur le régime foncier de l'Égypte, vo:r ce que dit notre auteur~ en différents endroits (texte
9416arabe, t. I, p. 76 à 87; p. 2gl., l. 15 à p. 2g5, l. 28; t. TI, p. '25g, 1. 27 et seq.). Bien que les
9417auteurs arabes ne s'entendent point SUI' les conditions établies par la conquête, il semble bien que
9418la principale de ces conditions était que les Arabes ne pourraient occuper qu'Alexandrie et Mi~t·
9419(al Foustàt) s'interdisant à eux-mêmes l'occupation des campagnes. Mais cela n'était pas du goût
9420de ceux qui ·succédèrent aux conquérants et 'Oumar ibn 'Abd al 'Azlz, musulman fanatique, nia
9421l'authenticité de ces engagements. Dès lors, l'expropriation des Coptes commença et, avec elle, la
9422rapide propagation de l'islamisme chez les paysans ( fellàhs ). Telle est la signification de cette
9423phrase de Malu·lzL
9424Cf. SILVESTRE DE SAcY, Mémoire sur la nature et les révolutions du droit de propriété territoriale en hgypte,
9425elr. ( Mémoù·es de l'Institut royal de France, t. 1, p. 1-1 6 5.)
9426.
9427·
9428{
94294
9430) Comme étant des lieux de plaisir et même de débauche.
p. 93
94311. 3o.
9432168
9433'
9434P. CASANOVA.
9435<Oumar ibn <Abd al <Azîz mourut et eut pour successeur Yazîd ibn <Abd al
9436Malik qui maintint Ayyoûb à la prière (tl jusqu'à sa mort qui arri~a le 1 ~ou, suivant
9437d'autres, le 1 7 passé de Ramaqân 1 o 1. Son gouvernement avait dure deux ans et
9438demi. Puis gouverna :
9439§XVIII. Bichr ibn Safwân.al Kalbî, au nom de Yazîd ibn <Abd al Malik. Il
9440arriva en Égypte, le 1 7 passé de Ramaqân de l'an 1 o 1. C'est sous son émirat que
9441les Roûm descendirent à Tinnîs (2J.
9442Puis Yazîd l'investit du gouvernement de ~'lfri~iyat et il s'y rendit en Chawwâl
94431 0 2 , laissant comme remplaçant son frère I:Ianqhalat. Puis gouverna :
9444§ XIX. Handhalat ibn Safwân, en remplacement de son frère; il fut confirmé
9445par Yazîd ibn ;Abd al Malik. Il sor~it vers A~exandrie en l'année 1 ~~.' ,laissa~t
9446comme remplaçant (à al Fous~ât) Ou~bat Ibn Maslamat at ToudJmbi. Yaz1d
9447ibn <Abd al Malik écrivit, en l'année 1 o 4, de briser les idoles et les statues; elles
9448furent toutes brisées et les statues disparurent (3). Yazîd ibn <Abd al Malik étant
9449mort, Hicham ibn cA bd al Malik fut proclamé (khalife); il déplaça J::lanqhalat en
9450Chawwâl 1 o 5; son g·ouvernement avait été de trois ans. Puis gouverna :
9451§ XX. Moul.wmmad ibn <Abd al Malik ibn Marwân ibn al I:Ia~am au nom
9452de so 1~ frère Hichâm ibn <Abd al Malik pour la prière. Il entra en Egypte, le 1 1
9453passé de Chawwâl de l'an 1 o 5. Une peste violente éclata à Mi~~ et Moul.J.a~­
9454mad remonta vers le Sa cid, fuyant la peste, pendant quelques JOUrs, pms tl
9455revint (4) et quitta l'Égypte qu'il ne gouverna guère qu'un mois. Il se dirigea vers
9456le Jourdain. Alors gouverna :
9457§XXI. Al Hourr ibn .,Yoûsouf ibn Yabîâ ibn alJ::Iakam, au nom de Hichâm ibn
9458<Abd al Malik, pour la prière. Il entra, le 3 passé de Dhoû'lbidjdjat 105. C'est
9459sous son émirat qu'eure~t lieu les premières mésintelligences a~ec les. Co~tes'
9460en l'an 1 0 7. Il campa (5l à Damiette trois mois, puis il alla trouver H1châm 1bn Abd
9461(Il L'impôt dut rester entre les mains de I:Jayyân ibn Char1}_1 que nous avons vu, plus haut, chargé
9462directement par <üumar ibn <Abd al <Azîz de diverses mesures fiscales (texte arabe, t. 1, P· 77•
9463l. 33 et p. 295, l. 14).
9464(2) Cf. plus haut(texte arabe, t. 1, p.177, l. 26).
9465,
9466.
9467(5) L'au leut· veut dire, sans doute, qu'on n'en fit plus de nouvelles desormats.
9468, .
9469(4) Le texte porte : ~
9470~il s'avança", mais le même verbe a le plus souvent le sens preciS de
9471i
9472··1
9473, ·a
9474t · ·
9475~arriver d'un voyage"; de là le sens de ~retourner" qu 1 a en emmen 1c1.
9476(5) Le texte arabe porte : ~~)· Sur le sens particulier de la racine : 6?) voir plus haut ( P· 16 2'
9477nole 2).
9478MAKRÎZÎ.
9479169
9480al Malik, laissant comme remplaçant J:laf~ ibn al Walid. Il revint, ~~, en
9481Dhoû'l~a cd at de l'an 1 o 7 ·
9482Le Nil se retira du sol et il fit construire dans la région (quittée par le Nil) (tJ.
9483Il fut déplacé en Dhoû'l~acdat 1 o 8, ayant donné sa démission à cause de l'hos-
9484tilité qui régnait entre lui et <Oubaïd Allah (2J ibn al f:labl)âb préposé aux finances
9485P. 3o3.
9486d'Égypte. Son gouvernement fut de trois ans exactement. Puis gouverna:
9487§ XXII.
9488J:laf~ ibn al Walid ibn Saïf ibn <Abd Allah au nom de Hichâm ibn <Abd
9489al Malik, puis il fut déplacé apres deux semaines, le jour de l'adbâ (JJ, sur la
9490plainte ~e COubaïd Allah) ibn all:lab}.lâb. D'apres d'autres dires, c'est le dernier
9491jour de l'an 1 o8 qu'il fut déplacé. Puis gouverna :
9492§XXIII. <Abd al Malik ibn Rifâcat, une seconde fois, pour la priere. Il arriva
9493de Syri~, malade, le 12 des derniers jours d'al Moubarram 109. Son frère
9494al Walid était son remplaçant depuis le 1 cr al Moul_larram. D'autres disent qu'il
9495fut (effectivement) gouverneur depuis le 1 cr al Moul.wrram et qu'il mourut au
9496milieu du même mois; son gouvernement ne fut que de quinze jours. Puis gou-
9497verna son frère :
9498§XXIV. Al Walîd ibn Rifâcat (d'abord) comme remplaçant de son frere, puis
9499il fut confirmé par Hichâm ibn <Abd al Malik pour la prière. C'est sous son
9500gouvernement que (la tribu de) ~aïs fut transférée en Égypte (Ill, où il n'y avait -
9501alors aucun de ses membres. Wahîb al lal)~oûbi partit comme un fugitif, I~.JL:;;.,
9502en l'an 11 7, parce qu'al \Valîd a v ait autorisé les "Chrétiens à élever l'église
9503Boû 1\linâ dans al l:Jamrâ l5l.
9504(1 ) Aboû'l Mal)àsin (t. 1, p. 287) dit: ~1)1 ~ses terres" c'est-à-dire, sans doute, les tenes de
9505Damiette. Peut-être cependant s'agit-il d'al Foustàt. Voir plus loin (texte arabe, t. 1, p. 343, l. 3 6 ).
9506(
95072
9508) Le te~te porte fautivement:~ au lieu de:~~ · De nombreuses inscriptions sm· des verres
9509trouvés en Egypte ne permettent pas de douter de la vraie lecture. Elles attestent en même temps,
9510par leur mulliplicité exceptionnelle, la grande importance du rôle joué par ce personnage. Cf. Mém.
9511de la Mission arcltéologiquefrançaise du Caire, t. VI, p. 343 etseq. Voi1·également nolreauteur(texte
9512arabe, t. II , p. 261, l. 10 et seq. où est écrit correctement:~).
9513(
95143
9515) Dixième jour de Dhoû'l~idjdjat. C'est ce que les Turcs appellent (.·ourbdn beïram.
9516('•l Cf 1
9517. pus haut (texte arabe, t. I, p. 8o, l. 5).
9518,, (~~ Cf. Aboû'l .Ma~âsin (t. 1, p. 295 ). Les manuscrits de ce dernier auteur donnent pour le nom de
95191 e.gl:se: loumamà, [4~, et: lou~anna, ~Y.. Aboû ~àli~ (trad. angl., p. 1 o3) lui donne le nom d' Aboù
9520Mma et, comme date de fondation, l'année 1 o6. Ibn DouJ.<.mâJ.<. (IV, p. 1 o8, l. 6) écrit: Aboû1 .Minâ,
9521l..tl Y.l. Notre auteur donne à la fin de l'ouvrage des détails sur cette église (texte arabe, t. II,
9522P· 51 2, 1. 4) et sur la révolte de Wahib, à laquelle il est fait allusion ici d'une façon peu claire.
9523Cf. ce que j'en dis dans notre Bulletin ( t. 1, p. 1 6 2 ).
9524Alémoir·es, t. III.
p. 94
95251. 1 o.
9526170
9527P. CASANOVA.
9528Il mourut, en fonctions, le 1er Djoumadâ Il de l'an 117, laissant pour
9529remplaçant <Abd ar Ral;tmân ibn Khâlid. Son émirat avait été de neuf ans et cinq
9530mois. Puis gouverna :
95315 XXV. <Abd ar Rabman ibn Khâlid ibn Masâfir al Fahmî Aboû'l Walîd au
9532nom de Hichâm ibn <Abd al Malik pour la prière.
9533Sous son émirat, les Roûm descendirent devant Taroûdjat (Il, ~.J_ij, et
9534l'assiégèrent. Mais ils furent vaincus et faits prisonniers.
9535Puis Hichâm le déplaça. Son gouvernement fut de sept mois. Puis gou-
9536verna :
95375 XXVI. Handhalat ibn Safwân, une seconde fois. Il arriva, le 5 passé d'al
9538Moul;tarram .de Ï'année 1 09 (lire : 119 ). Les Coptes se soulevèrent et il fit la
9539guerre contre eux: en l'an 1 2 1. La tête de Zaïd ibn <Alî arriva a Mi~r en
9540l'année 1 2 2 (2J.
9541Puis Hichâm le nomma gouverneur de l'Ifri~îat et il laissa pour remplaçant
9542Hafs ibn al Walîd dans l'émirat de Hichâm (sic) (JJ. Il partit, le 7 passé de
9543Rabi< II de l'an 124. Son gouvernement fut, cette fois, de cinq ans et trois
9544mois. Puis gouverna:
95455 XXVII. Hafs ibn al vValid al Hadramî, une seconde fois, en remplacement
9546de I:Jançlhalat. p~ur la prière, puis. il .fut confirmé par Hichâm ibn <Abd al Mali~
9547dans (Il) la nuit de (jeudi a) vendredi 1 3 passé de Cha<bân de l'année 1 2 4; celm-
9548ci lui remit l'ensemble des deux: fonctions : prière et impôt.
9549(J) Cette ville, placée au sud du lac Mariotis, à l'entrée du dé~ert de Lybie, a disparu aujourd'hui.
9550Le nom s'en retrouve dans le grand Atlas de la Description de l'Egypte, feuille 37: Teroûgeh, Ji.~~'
9551et tome xvm, 3• partie, p. 21-l7. Cf. ALI PACIU Moun.IREK, Al khitat al djadîdat, t. x, P· 32 ..
9552(2J Cf. Aboû'l Ma]:làsin ( t. 1, p. 3t 2 ). li s'agit de Zaïd surnommé Zaïn al <Abidin, sur qm notre
9553auteur donne de longs détails, plus tard, au chapitre de machhad Zaïn al <Abidin (texte arabe,' t .. IJ'
9554p. f.l36-l.ll.lo ). La mosquée où sa tête fut recueillie existe encore sous le nom de Zeïnciu. Cf. CheJ~h
9555Zennoù, dans Descrij;tion de l' JJÊfypte (pl. 1, et pl. XXVI et tome XVIII, 2• partie, p. 17 3 .' no 1 5.a)
9556_,.ij ~:...Cf. RAvAISSE, .Mém.dela Mission, t.I, p. 4tg, et pl. I;ALrPAcnAMoun.tnEK,Alkh!{ataldJa-
9557dîdat, t. V, p. 1-l.
9558.
9559(3l Le texte doit être altéré. Aboû'l Magâsin (t. I, p. 3t2), dit ici :y;.a.o iS.r"l cr J,_..rll «(Haf~ Jbn
9560Walld) qui avait été (une première.fois) révo~ué de l'émirat d'Égypte"· ll faut.' sans do.ute; dans l~
9561texte de Ma~r1z1, lire:~ ~..ol t<l'émirat d'Egypte" et non: j~ ~~ «l'émtrat de Htchanu, qm
9562n'offre aucun sens.
9563, .
9564(4) Le texte de Boûlùl~ écrit : JI mais je n'hésite pas à lire : ~ comme dans Aboû'l Magasm
9565( t. 1, p. 3 2 3 , l. 1 ).
9566MAKRÎZÎ.
9567171
9568[Il y eut une grande .séchere~se]'~l. Il fit l'i~tt'sk(î(
95692
9570) avec le peuple, prononça
9571un sermon, une invocation, pms pr1a en pubhc.
9572Hi cham ibn <Abd al Malik mourut, laissant pour successeur al \Valîd ibn
9573Yazîd qui confirma l:Iaf~ pour la prière et l'impôt, puis il lui retira l'impôt
9574(pour le donner) à clsâ ibn Aboù <A~â le septième jour de la fin de Chawwâl12 5,
9575ne lui laissant que la prière.
9576II se rendit vers al \Valid ibn Yazîd, laissant comme remplaçant <Oul~bat ibn
9577Na<im ar Ra<inî. Pendant que fraf~ était en Syrie, al Walid ibn Yazîd fut tué et
9578Yazîd ibn al -walîd ibn <Abd al Malik fut proclamé. Ii ordonna a I:Jaf~ de rejoindre
9579son armee et lui confia le commandement de trente mille hommes. Il fit les
9580levées , lf'_,~l lf'~(:lJ, et envoya l'acte de wumission, ~
9581(lJ.l, des Égyptiens a
95821. 20.
9583Yazîd ibn ai Walid. Puis ce dernier mourut; Ibrahim ibn al Walid fut proclamé
9584puis déposé par Mar-wân ibn Mouba~nmad al Djacdî. I:Jaf~ lui écrivit pour qu'il
9585le déchargeât du gouvernement de l'Egypte; Marwân l'en déchargea. Le gouver-
9586nement de I:Jaf~ fut, celte fois, de trois ans moins un mois. Puis gouverna :
9587§XXVIII. I:Jassân ibn <Atâhiat ibn <Abd ar Rabmân at Toudjaïbî. Il était alors en
9588Syrie; il écrivit a Khaïr ibn Na<î:n de le suppléer et l:Iaf~ remit le service, ~JWW, à
9589K.haïr. Puis I:Jassân arriva, le 12 passé de Djoumadâ II de l'an 127; -
9590(il était
9591préposé) à la prière et clsâ ibn Aboù'l <A~â à l'impôt. Il supprima toutes les levées _
9592faites par I:Jaf~ [et licencia tous les soldats J (5J. Alors ceux-ci se soulevèrent contre
9593lui, disant: "Nous ne voulons pas d'autres que I;faf~,. Ils allèrent a cheval vers
9594le masdjid ( djâmic <Am rou) et proclamèrent la déchéance de Marwân. Ils assié-
9595gèrent I:Jassân dans sa maison, lui disant : "Va-t-en loin de nous; tu ne dois pas
9596demeurer dans le même pays que_ nous"· Ils chassèrent <Isâ ibn Aboù 'Atâ le
9597(L) Il faut, pour comprendre la suite, rétablir celte phrase; cf. Aboû1 Magàsin (t. 1, p. 323) {;!"
9598j).:...
9599(2J Cérémonie solennelle o~ l'on demande à Dieu l'eau nécessaire aux cultures. On l'appelle aussi
9600le ghaïth. C'est l'analogue des Rogations chrétiennes. Le 'er be istas!ra ( X• forme de salra, J.w «boire")
9601signifie littéralement t< demander à boire"· Le mot ghaïth, ~, a le sens plus général de «secours
9602(divin),. Récemment, en l'année t8gg, il y eut au Caire une cérémonie solennelle de ce genre , le
9603Nil ayant été exceptionnellement bas.
9604(
96053
9606J Le texte d'Aboû'l Mal;! à sin ( t. I, p. 3 24), est le suivant: 0~~ ~
9607!..Y~ ul, y;a.;o JI :.,.J4 a.r"l
9608u<>,yiJI u<>~, _ra-o JI ~
9609:.~ lill «il lui ordonna de retoumer en Egypte et de faire des levées mili-
9610t~ir~s de trente mille (hommes). l:laf~ retourna donc en Égypte et filles levées,, Le terme de: ~..Y>,yiJI
961181gmfie plus exactement «les taxes prélevées pour la subsistance des troupes,.
9612(!•) Sur ce sens de : ~, voir plus haut (p. t 61, note 4 ).
9613(
96145
9615) Cette phrase doit être rétablie pour l'intelligence du texte, conformément à Aboû'l Mal~àsin
9616(t. 1, P· 333): 4PS'~ F-'·
p. 95
96171. 3o.
9618172
9619P. CASANOVA.
9620préposé à l'impôt. Ceci à la 'fin de Djoumadâ Il. Ils placèrent à leur tête J::faf~. Le
9621gouvernement de J:Iassân fut de seize jours. Puis gouverna :
9622§ XXIX.
9623ijaf~ ibn al \'Valid, une troisième fois, malgré lui. Les chefs des levées
9624'
9625l'avaient contraint à cela (lJ. Il demeura en Egypte pendant Radjah et Cha'bân et
9626J:Iassân alla rejoindre Marwân.
9627l:lançlhalat ibn Safwân arriva de l'Ifri~îat dont les habitants l'avaient chassé,
9628'
9629s'installa à al Djîzat et écrivit à Marwân qu'il prenait le gouvernement de l'Egypte.
9630Mais les Égyptiens repoussèrent le gouvernement de l:lanqhalat, proclamèrent
9631sa déchéance et le chassèrent dans le l:lauf oriental, l'empêchant de séjourner à
9632al Fous~ât. Cependant Thâbît ibn Na'lm s'enfuyait de Palestine voulant gagner
9633al Foustât; ils le combattirent, le mirent en fuite et Marwân n'eut plus d'auto-
9634rité en Égypte pendant le reste de l'année 1 2 7. Puis il révoqua l:laf~ le jour de
9635l'an 1 2 8. Alors gouverna :
9636§ XXX. Al l:fautharat ibn Souhaïl ibn al 'Adjlân al Bâhili qui marcha vers
9637'
9638elle (l'Egypte) à la tête d~ quelques milliers (d'hommes). Il arriva au commen-
9639cement d'al Moubarram. Les soldats se réunirent pour le repousser. Mais l:laf~
9640les désapprouva et, craignant I:Iautharat (2J, ils demandèrent l'amân que celui-ci
9641leur accorda. Il campa hors d'al Foustât. Ils eurent confiance en lui et J:laf~ alla à
9642sa rencontre avec les principaux de l'armée. Il les fit arrêter et enchaîner. Les
9643soldats s'enfuirent; 'lsâ ibn Aboû 'Atâ entra avec lui (dans al Foustât) pour diriger
9644l'impôt, le 1 2 passé d'al Moubarram.
9645(Al J:Iautharat) fit rechercher les chefs de la révolte, on les lui amena en
9646masse et il leur fit trancher la tête. J:laf~ ibn al Walîd fut (ainsi) mis à mort. Puis
9647il fut remplacé en Djoumadâ 1 de l'an 1 3 1, Marwân l'envoyant dans l'Irâk et il
9648'
9649fut tué. Il avait laissé comme remplaçant sur l'Egypte l:fassân ibn 'Atâhîat ou,
9650'
9651d'après d'autres, Aboû'l Djarrâb Bichr ibn Awas. Il avait quitté l'Egypte le 1 o
9652passé de Radjah. Son gouvernement fut de trois ans et six mois. Puis
9653gouverna:
9654§XXXI. Al Moughaïrat ibn 'Oubaïd Allah ibn al Moughaïrat al Fazâri pour
9655la prière, au nom de Marwân; il arriva le 6 des derniers jours de Radjah 13t.
9656OJ Cette phrase peu claire : ~~ ue~l .)!,-; ~~~ manque dans Aboû'l Mal.uîsin
9657(t. 1, p. 335 ).
9658('ll L'article : al, manque ici dans le texte de Mal_,.rlzt, comme il manque le plus souvent dans
9659Aboû '1 Mal)âsin.
9660MAKRÎZÎ.
9661173
9662Puis il sortit (d'al Foustât) pour Alexandrie, laissant comme remplaçant Aboû'l
9663Djarrâb al J:larachî. Il mourut, le 1 2 passé de Djoumadâ 1 de l'an 1 3 2. Son
9664gouvernement fut de ~ix mois .• n laissait, com,me suc~e.sseur son_ fils al .Walid
9665ibn al Moughaïrat. Pms al Vvahd fut deplace au m1heu de Djoumada Il et
9666gouverna:
9667§XXXII. 'Abd al Malik ibn Marwân ibn Moûsâ ibn Nou~eïr, au nom de Marwân,
9668pour la prière et l'impôt -
9669il était déjà préposé à l'impôt avant de l'être à la
9670prière -
9671en Djoumadâ II de l'an 1 3 2. Il ordonna d'établir les minbars dans les
9672provinces, ce qui n'existait pas avant lui. En effet, les wâlis des provinces faisaient
9673la khoutbat sue les lances, ~1
9674(lJ, du côté de la ~iblat.
9675Les Coptes se soulevèrent; il leur fit la guerre et en tua un grand
9676nombre.
9677'Amrou ibn Souhaïl ibn 'Abd al 'Azîz ibn Marwân se détacha de Marwân. Un
9678corps de (la tribu de) ~aïs se réunit pour le combattre dans le l:lauf oriental.
9679Il envoya contre eux 'Abd al Malik avec une armée; mais il n'y eut pas de combats.
9680Marwân ibn Moul)ammad alla vers l'Égypte, mis en fuite par les 'Abbâsides (2J.
9681Il arriva, le mardi 8 des derniers jours de Chawwâl de l'année 1 3 2. Déjà les gens
9682du I:Iauf oriental, d'Alexandrie, du Sa'ld et d'Ouswân avaient pris le parti des
9683'Abbâsides (J) • .Marwân se proposa de passer le Nil. Il brûla la maison dorée ~e la
9684(I l La prière primitive se faisait après avoir fiché en terre une lance qui servait de mire pour
9685la direction de la Mecque (la l_,.iblat ). Le minbar ou chaire spéciale dressée pour celui qui faisait la
9686prière ou la khoutbat avait été une innovation repoussée pa1· 'Oumar ibn al Khattâb. Cf. not1·e
9687auteur (texte arabe, t. II, p. 247, 1. 27 ).
9688Wüstenfeld (Statthalter, 1 ... partie, p. 49) a, je crois, inexactement rendu ce passage par :
9689~bis dahin die Vorbetende mittern in der Versammlungen gestanden halte,. Ce sens particulier
9690de : ~. pl. : ~' est donné par Dozv, Supplément.
9691La lance qui servait de direction (l_,.iblat), est l'origine du mil)râb, y~ (litt.: ~inslmment
9692de guerre") qui désigne aujourd'hui le point de la mosquée, représentant la l_,.iblat, que les
9693fidèles doivent regarder pendant la prière. C'est ce qu'a mis très bien en lumière notre collègue
9694M. P. Ra vaisse, dans son intéressante étude: Sur trois mihrdbs de bois sculpté ( Mém. de l'Institut l!,gyptien,
9695t. II, p. 6 2 t ).
9696.
9697(2l Ce Marwân est le dernier khalife omayvade. Il lutta longtemps contre la faction rivale des
9698Abbassides. U lui restait, comme nous le voyo~s, des partisans en Égypte où il chercha à prolonger
9699la lutte. Il y succomba et sa mort permit à la nouvelle dynastie des khalifes abbassides de s'établir
9700sur le monde musulman tout entier, sauf l'Espagne où l'ancienne dynastie put se maintenir encore
9701quelques siècles.
9702(J) Litt.: ~se faire" ou ~se dire noir,(.).:;...., II• forme de la racine:.)_,-). Le noir élait la couleur
9703des 'Abbâsides; de là celle singulière expression.
9704P. 3o4.
p. 96
9705P. CASANOVA.
9706famille de Marwân (Il, puis alla vers al Djîzât en mettant le feu aux deux ponts ('.lJ.
9707Puis il envoya une armée vers Alexandrie. Il y eut des combats à al Karioûn; les
9708Coptes firent défection à Rachîd (Rosette); il envoya contre eux une armée qui
97091. 10.
9710les mit en fuite; il envoya (des troupes) dans ]e Sa'id.
9711Alors arriva Sâlib ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs à la poursuite de Marwân
9712-
9713avec lui était Aboû 'Oùn 'Abd al Malik ibn Yazîd -
9714le mardi du milieu de
9715Dhoû'lbidjdjat. Sâlib atteignit Marwân à Boû~îr de la région d'al Djîzat, ayant
9716laissé pour remplaçant à al Fous~ât Mou'âwiyat ibn Boubaïrat ibn Raïsân. Il com-
9717battit Marwân jusqu'à ce que celui-ci fut tué à Boû~îr le vendredi 7 des derniers
9718jours de Dhoû'lbidjdjat. Sâlib entra à al Fous~â~, le dimanche 8 passé d'al Mou-
9719harram de l'année 1 3 3. Il envoya la tête de Marwân dans l'Irâk et ce fut la fin
9720du règne des Oumayyades. Alors gouverna :
9721§ XXXIV. Sâlib ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs. Il gouverna au nom de
9722l
97231émir des c;~yants Aboû'l 'Abbâs 'Abd Allah ibn Moul_lammad as Saffâ]). Son
9724gouvernement commença avec al Moul)arram de l'an t33. Il envoya une dépu-
9725tation d'Égyptiens vers Aboû'l 'Abbâs as Saffâl) avec l'acte de reconnaissance,
9726~, de rÉ gyp te. Il fit prisonnier 'Abd al Malik ibn Moûsâ ibn Nou~eïr et une
9727quantité (d'autres). Il mit à mort un grand nombre des partisans des Oum~y­
9728yades, et en déporta une foule dans l'Irâk :ils furent tués à ~alansoûal (endroit)
9729du pays de Palestine.
9730Il imposa aux populations des dons en faveur des combattants et de leurs
9731familles; il répandit (JJ les aumônes sur les orphelins et les pauvres. Il agrandit le
9732masdjid (mosquée de 'Amrou ).
9733Une lettre lui arriva de l'émir des croyants as Saffâh pour qu'il prît le gouver-
9734nement de la Palestine et désignât un remplaçant en l~gypt.e. Il désigna Aboû
9735'Oûn, le 1 cr Cha'bân 133. Avec lui partit 'Abd al Malik ibn Nou~eïr sous bonne
97361. 20 .
9737g·arde, ainsi que nombre d'Égyptiens partisans de l'émir des croyants. Il donna
9738en fief à ceux qui adoptèrent l'emblème noir (des 'Abbâsides ), 1_,~_;-, Minîât
9739Boûlâ~ et les villages de Ahnâs, elc.,
9740.
9741Ap~ès ~âlib ibn 'Ali, les émirs d'Egypte séjournèrent à al 'Askar. Le premrer
9742qui y séjourna fut Aboû 'Oûn. Dieu est le plus savant!
9743(IJ Aboû1 Mal)àsin (t. I, p. 35t), se conlenle de dire: (sic)~~~ )!.)JI ~la maison dorée,.
9744Nous n'avons pas de renseignements sur celle maison.
9745.
9746,
9747(2) C'est-à-dire celui qui reliait al Foustàt à l'ile d'ar RauQ.at cl celui qui reliait celle dcrmère a
9748al Djtzat; cf. plus haut, p. t3 t, nole t.
9749(3) Au lieu de:~ (de l'édiLiondcBoûl<l~), je lis:~ comme Aboû'l Mal)âsin(t. 1, P· 36o).
9750MAKRÎZÎ.
9751175
9752D'AL 'ASKAR
9753QUI FUT CONSTRUIT HORS DE LA VILLE DE FOUSTÂT MI~R.
9754Sache que l'emplacement d'al 'Askar était appelé aux premiees temps,)~ J,
9755de l'islamisme : al I.Iamrâ al ~ou~ouâ. Nous avons déjà dit qu'al J::lamrâ al ~ou­
9756souâ était la khi~tat des Banoû'l Azeâ~, Banoil Roûbîl, Banoû Yachkoue ibn Dja-
9757. 'lat (tl Puis ces khittats furent abandonnées après avoir été peuplées par ces
9758Zl
9759•
9760••
9761tribus, au point de n'être qu'un désert. L~rsque Marwân ibn Moubammad, le
9762dernier des khalifes ournayyades,arriva enEg-ypte, misenfuiteparles 'Abbâsides,
9763les armées de Sâlib ibn 'AH et d'Aboû 'Oûn 'Abd al Malik ibn Yazîcl campèrent
9764dam ce désert où est djabal Y achkour et remplirent la plaine. Aboû 'Oûn ordonna
9765à ses compagnons d'y construire, ce qu'ils firent; cela en l'année 1 3 3.
9766Quand Sâlil) ibn 'Ali partit d'Égypte, la plus grande partie de ce qui y avait
9767été constru.it fut ruiné (et le resta) jusqu'au temps de Moùsâ ibn 'lsâ al Hâchimî
9768qui y bâtit une ddr dans laquelle il logea sa suite (2) et ses esclave~. La popu~ation
9769s'y établit. Puis as Sarri ibn all:lakam, devenu gouverneur, autonsa les habitants
9770à construire; et ils y construisirent et la région devint leur propriété. Les con-
9771structions en allaient rejoindre celles d'al Fous~â~. Il y fut élevé dâr al imâra~ et
9772un mascljid djâmi' qu'on appela djâmi' al 'Askar et ensuite djâmi' sâl)il al g·hil-
9773J. 3o.
9774lat(3l. Une chour~at fut également instituée à al 'Askar; on l'appelait ach chour~at
9775al 'oulîâ et c'est clans la région adjacente qu'Al.tmad ibn 'foùloûn édifia son djâmi'
9776qui s'y trouve (encore) actuellement. C'est de ce temps que cette plaine s'appela al
9777'Askar. C'est là que descendaient les émirs de l'Égypte, quand ils étaient nommés,
9778depuis Aboû 'Oùn. De ce moment, les gens disaient: rr Nous avons été à al 'Askar;
9779nous sommes sortis d'al 'Askar; écrit (daté) d'al 'Aska1,('t) "'· Ce devint une ville
9780(Il Voir le chapitre des khittats, §XXIII.
9781(2l ~,
9782faute d'impression pour : ~.
9783(3) Cc demi er nom n'est pas donné par Aboû'll\fal)àsin au passage concspondant ( l. 1, p. 3 G 2, l. t 3)
9784et je suis porté à croire que c'est une addition fautive de Mal.ulzl. J'exposerai mes raisons plus lard
9785en traduisant le chapitre spécial consacré à djàmi' al 'Askar (texte arabe, t. II, p. 26ft).
9786(•J L'auteur semble dire que l'étymologie d'al 'Askar se ralla che au mot arabe qui signifie~ armée,
9787campement, mais rien n'indique qu'il y eut une armée, un camp. II est plus probable que quelque
9788mot copte ou égyptien a été défigmé pour ressembler ù un mot arabe -
9789cc qui, ù mon avis,
9790s'est p1·éscnté pour al Fous!<~~; voir plus haut, p. tft'J, note il. Le vocable sakm· entre dans quelques
9791noms égyptiens de localité, cf. Saqqarah, qu'on rapproche de Sokaris (le dieu des morts). La
9792région en question étant adjacen tc à al J}.aràfat la nécropole, peul-être y a-L-il quelque rapport
9793étymologique du même genre. Cf. ce que j'en ai dit dans notre Bulletin, t. l, p. 1 go.
p. 97
979417()
9795P. CASANOVA.
9796•'
9797avec maballals, soû~s et dârs splendides. C'est la qu'Al.tmad ibn 'foûloûn édifia
9798son mâristân; il dépensa pour l'immeuble et son approvisionnement soixante
9799mille dinars. Il était pres de birkat ~âroûn qui est devenue un monceau de
9800décombres; (mais) une partie forme une bir kat qui est a gauche de qui se dirige
9801de badarat Ibn ~oumaïl_tat vers ~antarat as sadd. Sur le bord de cette birkat
9802~âroûn était djanân Danî Miskîn. Kâfoùr al lkhchîdi construisit une dâr pour
9803laquelle il dépensa cent mille dinars et où il habita en Radjah de l'an 346 puis
9804il l'abandonna quelques jours apres, par suite d'une épidémie qui avait sévi sur
9805ses serviteurs, (causée) par les émanations de la birkat.
9806Les constructions prirent une extension considérable a al 'Askar jusqu'a ce
9807qu'Al)mad ibn 'foûloûn vînt de l'Irâk en Égypte. Il séjourna dans la dâr al
9808imârat d'al 'Askar. -Celle-ci avait une porte qui communiquait avec djâmi' al
9809'Askar. Les émirs y séjournaient depuis qu'elle avait été construite par Sâlib ibn
9810P. 3o5.
9811'Ali apres qu'il elit mis à mort .Marwân. -
9812Abmad ibn 'foûloûn ne cessa d'y
9813séjourner jusqu'a ce qu'il eût construit le ~a~r et le maïdân dans al Katâ'î. Puis
9814il quitta al 'Askar pour habiter son ~a~r a al ~a!â'i.
9815. .
9816Quand fut gouverneur Aboû'l Djaïch Khoumârouweïh ibn Abmad ibn 'foûloîm
9817a pres son pere, il fit de dâr al imârat le diwân de l'impôt. Puis elle fut divisée
9818en l.wudjrats (tJ après l'entrée de .Moubammad ibn Soulaïmân al Kâtib en Égypte
9819et la chute de la dynastie toulounide . .Moul)ammad ibn Soulaïmân habita à dâr
9820al imârat à al 'Askar près d'al mou~allâ al ~adîm. Al mou~allâ al ~adim était là
9821ou est le kôm qui donne aujourd'hui sur le tombeau du ~âdi Bakkâr. Les émirs
9822ne cesserent de séjourner a al 'Askar jusqu'a ce que le ~aïd Djauhar arrivât du
9823.Maghrib et construisît al ~âhirat al .Mou'izzîyat (le Caire).
9824Quand Al) mad ibn 'foûloûn eût fondé al ~a~â'i, les constructions en allerent re-
9825joindre al 'Askar. Il édifia son djâmi' sur djabal Yachkour et les constructions qui y
9826furent élevées étaient en quantité extraordinaire. Or Djauhar le ~âïd arriva avec les
9827armées de son maître al Mou'izz lidin Allah en l'an 3 58 et al 'Askarétait encore floris-
9828sant;_ toutefois depuis la fondation d'al ~atâ'i le nom en avait disparu, .fr, et on
9829disait: C\ madînat al Fous~â~" ou C\ al ~atâ'i ,, y ajoutant assez souvent C\ al 'Askar "·
9830Lorsque Moubammad ibn Soulaïmân détruisit le ~a~r d'Ibn 'foûloûn et son
9831maïdân il resta dans al ~(a~â'i de belles constructions là où était al 'Askar. Al
9832(l) ~
9833pluriel de i~. rf A Bagdad et en Égypt~ il y avait auprès de l'hôtel du vizit· un lieu très
9834grand qu"on nommait_# rf les chambres". C'était là que demeuraient les jeunes esclaves attachés
9835particulièrement au service des khalifes et qu'on nommait:~~ 0~1." Dozr, Supplément, 1,
9836p. 2 52, d'après Ibn Khalli).<.ân et un passage de Ma).<. dû cité par S. de Sacy (Chrestomathie, t. 1,
9837p. t56, no 37) qu'on retrouvera plus loin (texte arabe, t. 1, p. 443).
9838MAKRÎZÎ.
9839177
9840Mou'izz lidin Allah installa son oncle Aboû 'Ali dans la dâr al imârat et sa famille
9841ne cessa d'y demeurer jusqu'a ce qu'al ~atâ'i fut détruite lors de la grande calamité
9842qui eut lieu sous le khalifat d'al Moustan~ir vers l'année lt 5o. On rapporte qu'il
9843y avait là plus de cent mille maisons, sans compter les jardins et cela n'est pas
9844invraisemblable, ~'
9845car cette région s'étendait depuis le pied du charaf sur
9846lequel est aujourd'hui ~ala'at al djabal jusqu'à sâl.âl Mi~r al ~âdîm la où est
9847aujourd'hui (Je kôm d') al Kabârat a la sortie de Mi~r et de là en ligne droite (!J
9848jusqu'à kôm al djârib; puis de kôm al djârib jusqu'à djâmi' Ibn 'foûloûn et a
9849khaHJanâtir as sibâ' et khatt saba' si~~ayât jusqu'à ~an~arat as sadd et marâghat
9850Mi~r, jusqu'à [ soû~] al ma'ârîdj à Mi~r et jusqu'à kôm al djârib (:JJ. C'est sur cet
9851emplacement qu'étaient al 'Askar et al ~a~â'i, al ·Askar occupant la partie com-
9852prise. entre ~anâ~ir as sibâ' et badarat Ibn ~oumaïbat jusqu'à kôm al djârîb, la
9853où est la plaine située entre ~antarat as sadd et (la porte) du mur d'al Karâfat
9854appelée bâb. al moudjaddam: ,Voila ce qu'était al 'Askar. Les ruines. ayant
9855(tout ).envahi, lors de la calam.Ite, on ordonna de construire un mur qui masquât
9856les rumes aux: yeux: du khahfe quand il allait d'al Kâhirat a .Misr(3l dans la
9857,
98581
9859•
9860•
9861•
9862•
9863reg·wn compnse entre al 'Askar et al ~atâ'i (d'une part) et la route et on ordonna
9864d'élever un autre mur près de djâmi' Ibn 'foliloûn. Sous le khalifat d'al Âmir
9865~iabkâm Allah Aboû 'Ali Man~oùr ibn al Mousta'iî, par ordre de son vizir Aboû
9866Abd Allah Moubammad ibn Fâtik surnommé al adjall al Mâmotîn ibn al Ba~âibf,
9867on proclama, trois jours durant, a al ~âhirat et a Mi~r que quiconque avait une
9868dâr dan~ l~s khirâb (la r~gion ruinée) ou quelque terrain, devait y reconstruire, et,
9869au. c~s ou Il~: le po~rrmt pas, vendre ou louer sans rien distraire des (matériaux)
9870rumes: ,~w.l,; qmc~nq~e tarderait à s'~ conformer· n'aurait plus ni (taMc, ~
9871~propriete entJere)' Ill (nkr,~ (usufruit)' a réclamer, et il fut déclaré loisible
9872~ c~acun de reconstruire. dans toute cette région, sans qu'on lui demandât (de
9873JUst~fi~r) de (ta{î,lc. La rmson de cette proclamation est que, lorsqu'arriva l'amîr
9874al djouyoûch Da dr ai Djamâli, à la fin de la grande calamité, et qu'il entreprit de
9875repeupler le pays de Mi~r, il ordonna de transporter tout ce qu'il v avait a al
9876Katâ'i et à al 't\sk · d
9877t'·
9878l'l . b"
9879·
9880· b"
9881"'
9882. .
9883, . "
9884ar
9885e ma erwux: c 1a Itatwns, SI Ien que la plus grande partie
9886de cette regwn fut rasée et devint solitude; les habitations entre al Kâhirat et Misr
9887furent détruites et il ne resta plus que quelques jardins. Sur cett~ proclamatio.n
9888(tl Litt
9889·
9890·
9891(2)
9892·: rfSUr son onentat10n" ~
9893j, c'est-à-dire en tirant une ligne droite d'un kôm à l'autre.
9894,.
9895. Il Y a dans cette phrase quelque incorrection; la répétition du mot rf kôm al djàrih, doit être
9896tauttve. Oua nt à la ment" o d' l
9897'' 'd" ( 'k) Il
9898·
9899· ·
9900.
9901•
9902•
9903I n
9904a ma ar1 J sou. e e est madmJsstble, car ce quartier était au cœur
9905meme d'al F
9906t' t V · 1
9907'
9908ous. a.· otr e plan a la fin de l'ouvrage.
9909(3J Dan
9910t ·
9911' '
9912·
99135 cer ames ceremontes solennelles dont il sera parlé plus tard.
9914Mémoires, t. III.
99151. 10.
99161. ~o.
p. 98
9917•
9918178
9919P. CASANOVA.
9920..
9921du vizir al Mâmoûn, on se remit à construire la partie qui touche à al ~âhirat du
9922côté d'al machhad an Nafîsî jusqu'en dehors de bâb Zouaïlat, comme nous le dirons
9923à sa place dans ce livre, s'il plaît à Dieu; les matériaux d'al 'Askar furent transportés
9924comme il a été dit et ce devint cette plaine à laquelle on aboutit par machhad as
9925Sayyidat Nafisat et par djâmi' Ibn 'foûloûn et par ~antarat as sadd et par bâb al
9926moudjaddam (qui est) dans le mur d'al ~arâfat. C'est par cette plaine qu'on se
9927rend jusqu'à kôm al djârib. Aujourd'hui il ne reste d'habité d'al 'Askar que djabal
9928Yachkour sur lequel est construit djâmi' Ibn 'foûloûn et les environs: ( djabal) al
9929Kabch et l)adarat Ibn ~(oumaïl_tat jusqu'à khaH as saba' siUâyât, khatt ~anâtir as
9930sibâ\ jusqu'à djâmi' Ibn 'foûloûn (lJ. Quant à soû~al djâmi' qui est au sud (du djâmi')
99311. 3o.
9932et tout ce qui est derrière jusqu'à al machhad an Nafisî et al ~oubaïbât et ar rou-
9933mailat sous la ~ala'at, ceci est (non d'al 'Askar mais) seulement d'al ~atâ'i, comme
9934nous l'établirons dans les chapitres d'al ~atâ'i et de ces khatts, s'il plaît à Dieu;
9935Que de fois j'allai dans cette plaine qui est entre djâmi' Ibn 'foûloûn et kôm al
9936djâril.t, là où était al 'Askar et je me remémorai ce qu'il y avait là de dârs splendides,
9937de manzalats magnifiques, de masdjids, de soû~s, de l_tammâms, de jardins et la
9938merveilleuse bir kat n(âroûn) et le mâristân admirable et comment tout cela s'éva-
9939nouit, üJ4, au point qu'il n'en reste plus la moindre trace, et je récitais ces vers:
9940Ils ont disparu et il n'en est plus de nouvelles. Ils sont tous morts : voilà tout ce qu'on sait.
9941Si quelqu'un est capable de réflexion, qu'il comprenne: car il y a, dans (l'histoire de) ceux qui
9942[sont passés~ un enseignement.
9943Il y avait d'eux une belle lrace(2l,y.;l; où sont-ils et où est leur trace?
9944Sur tout cela il y aura de plus amples renseignements au chapitre d'al ~atri
9945et au chapitre du khatt ~anâtir as sibâ' etc., dans ce livre, s'il plaît à Dieu.
9946DES
9947P . . 3o6.
9948ÉMIRS D'ÉGYPTE QUI SÉJOURNÈRENT À AL 'ASKAR
9949DEPUIS SA FONDATION
9950JUSQU'À LA FONDATION D'AL IfATÂÏ.
9951Sache que les émirs d'Égypte ne cessèrent de séjourner à Foustâ~ Mi~r depuis
9952sa fondation, après la conquête, jusqu'à ce qu'Aboû 'Oûn construisit al 'Askar.
9953Les émirs d'Égypte qui succédèrent à Aboû 'Oûn ne séjournèrent plus qu'à al
9954(I) Ce chapitre a été traduit jusqu'ici pat· QuATRE~IÈRE, Mém. géogr., t. II, p. 452-458.
9955(2) Le mot :yS! a le sens de tdrace, tradition, exemple"·
9956MAKRÎZi.
9957179
9958'Askar, ce qu'ils ne cessèrent de faire jusqu'à ce que l'émir Aboù'l 'Abbâs Al_tmad
9959ibn 'foûloûn édifiât le ~a~r, le maïdân et al ~atrl. Il se transporta d'al 'Askar
9960au ~a~r et y habita; les émirs, ses descendants, l'habitèrent après lui jusqu 'à
9961l'extinction de leur dynastie; puis les émirs habitèrent al 'Askar jusqu'a ce que
9962la dynastie des Ikhchidites disparût par l'arrivée du Maghrib de Djauhar le ~âïd.
9963,
9964Le premier des émirs de l'Egypte qui habita al 'Askar fut :
9965§ 1. Aboû 'Oûn 'Abd al Malik ibn Yazid originaire du Djordjân; il fut préposé
9966à la prière et à l'impôt par délégation de Sâlib ibn 'Ali le 1 cr Cha'bân de l'an 133.
9967Une épidémie éclata à Mi~r et Aboû 'Oun se réfugia à ( djabal) Yachkour puis,
9968laissant pour remplaçant le chef de sa chour~at 'lkrimat ibn 'Abd Allah ibn 'Am rou
9969ibn· Kal}zam, il partit vers Damiette en l'an 1 3 5. Il laissa donc 'Ikrimat comme
9970remplaçant pour la prière et préposa 'Atâ ibn Choural,1bîl a l'impôt.
9971Les Coptes se soulevèrent à Samannoûcl; ii envoya (des troupes) contre eux et
9972les massacra.
9973Arriva le, rescrit (du khalife) investissant Sâlil) ibn 'Ali des gouvernements
99741. 10•
9975réunis de l'Egypte, de la Palestine et du Maghrib. Arrivèrent aussi les armées
9976(levées) au nom du chef des croyants as Saffâb pour l'expédition,~, du Maghrib.
9977Alors gouverna :
9978-
9979§ II. Sâlil.t ibn 'Ali, une seconde fois, pour la prière et l'impôt. Il entra le 5
9980passé de Habî' II t 3 6; il confirma 'Ikrimat à la chour~at d'al Foustâ~ et plaça a
9981sa chour~at(IJ, dans al 'Askar, Yazîd ibn Hânî al Kindi; il investit Aboû 'Oûn du
9982commandement des troupes du Maghrib. Avant lui, il fit partir des missionnaires ,
9983~kJ(
99842
9985l, pour (convertir) les habitants de l'Ifrî~îat. Aboû 'Oûn partit en Djou-
9986madâ II ( 1 3 6 ). Les vaisseaux furent expédiés, ~,
9987d'Alexandrie à Barl~at.
9988. ?r a~ Saffàl) mou~ut en Dhoû'lbidjdjat ( 1 3 6) laissant pour successeur Aboû
9989Dja far Abd Allah tbn Mou(mmmad al Man~oûr (3l, lequel confirma Sâlil) ct
9990écrivit à Aboû 'Oùn de revenir et de renvoyer les missionnaires; ils étaient déjà
9991(I) C'est-à-dire la chourtat al 'ouHà qu'il avait fondée, voir plus haut (texte arabe, t. I, p. 3o4,
9992l. 3 2 ).
9993.
9994,
9995:
99962
9997) ~oit des missionnaires musulmans pour convertir les idolàtres, soit plus spécialement des
9998enussmres chargés de faire reconnahre le nouveau khalife, -ce qui, étant donné le double caractère
9999du kh~li~e, éta.i t un rôle à la fois politique et religieux. A boù'l Mal~àsi n ( t. I, p. 3 6 6) ne parle pas de
10000ces miSSionnaires; il dit simplement qu'il fit partir Aboû 'Oûn avant lui; )>).)J.I tl.a M.N J
10001'-;J~I ~
10002JI Mlo!.
10003.
10004(
100053
10006) Deuxième khalife abbasside (Hég. t36-t58 ).
p. 99
100071. 20.
10008180
10009P. CASANOVA.
10010arrivés à Choubrout, û~
10011(Il, et Aboû cOûn était déjà arrivé a Bar~at; il y resta
10012onze jours puis revint en Egypte a la tête de son armée. Sâlib. l'envoya en Palestine
10013pour y faire la guerre(2l; il fut vainqueur et envoya à Mi~r trois mille têtes. Puis
10014Sâlil.t partit pour la Palestine, laissant pour remplaçant son fils al Fa Q.I. Il alla
10015jusqu'a Bilbaïs, puis revint, puis partit le 4 passé de RamaQ.ân de l'an 1 3 7. Il
10016rencontra Aboû cOûn à al Faramâ et ii le déclara émir d'Égypte pour la prière et
10017l'impôt, puis il s'en alla et Aboû cOûn entra à al Fous~â~, le 4 des derniers jours
10018de RamaQ.ân. Alors gouverna :
10019§ Ill. Aboû cOûn, une seconde fois, au ·nom de ~âlib. ibn cAli; puis Aboû Dja cf ar
10020( allVIan~oûr) le nomma dans ce gouvernement a titre indépendant. Aboû Dja cf ar
10021,
10022arriva a Jérusalem et écrivit à Aboû COt'm de laisser un remplaçant en Egypte et
10023de venir le trouver. Il laissa comme remplaçants : pour la prière clkrimat, pour
10024l'impôt CAtâ' et partit au milieu de Rabî' 1 1 4t. Puis' quand il fut arrivé a Jéru-
10025salem auprès d'Aboû Djacfar, celui-ci envoya (comme gouverneur) Moûsâ ibn
10026Kacb. Le gouvernement d'Aboû cOûn avait duré trois ans et six mois. Puis gou-
10027verna :
10028§ IV. Moûsâ ibn Ka ch ibn cAyyînat ibn cÂïchat Aboû cAyyînat de (la tribu de)
10029Tamîm, au nom d'Aboû Djacfar al Man~oûr. C'était un des principaux person-
10030nages (W-;, pl. de: y~ L) des cAbbâsides. Il entra en Égypte, le t4 des
10031derniers jours de Rahî' II tlt 1 (comme préposé) à la prière et à l'impôt. Il habita
10032à al cAskar. La, ses soldats allaient et venaient auprès de lui, comme ils avaient
10033l'habitude de le faire avec les émirs autrefois; puis ils s'en abstinrent si bien
10034qu'il n'y en avait plus un seul pour garder sa porte.
10035Jadis, il fut soupçonné d'être sous les ordres d'Aboû Mouslim dans le Khou-
10036râsân (JJ. Sur l'ordre d'Asad ibn cAbd Allah al Badjalî, gouverneur du Khourâsân,
10037,
10038on lui mit un mors, ~~' et ses dents furent brisées. Quand il fut en Egypte,
10039il disait : ~d'avais autrefois des dents, mais pas de pain; quand le pain est venu,
10040les dents étaient parties!"·
10041Aboû Djacfar al Man~oûr lui écrivit : ~Je t'ai révoqué sans haine; mais j'ai
10042(Il D'après Yà~oût (Dict. géogr., éd. Wüstenfeld, t. III, p. 25ft) c'est une forteresse sur le littoral
10043de l'Espagne à deux journées de Tortose (Alcala de Chisbert?) .. Mais, ici, il s'agit évidemment
10044d'une ville d'Afrique. Aboû'l ~1a~âsin (t. 1, p. 367) ne donne pas ce détail.
10045(2l Contre les révoltés, v!.,J! (Aboû'l Mal)àsin, t. 1, p. 367)·
10046.
10047(3) Aboù Mouslim fut le principal fauteur du mouvement qui amena les <Abbasides au pouvOir.
10048Sur cette aventure, cf. Aboù'l Ma~âsin (t. 1, p. 379~
10049MAKRÎZl
10050181
10051,
10052appris qu'un serviteur, ~'Ai:, appelé Moûsâ, serait tué en Egypte et j'ai craint
10053que ce ne fût toi". Or (dans cette prédiction) il s'agissait de Moûsâ ibn Mou~ cab
10054(qui devait être tué) du temps d'al Mahdi, comme il en sera parlé, s'il plaît a
10055Dieu.
10056Moûsâ ibn Kacb gouverna sept mois et fut déplacé en Dhoû'l~acdat; il laissait
10057pour remplaçants : a la tête de l'armée, le fils de son oncle maternel Ibn J:labîb,
10058pour l'impôt, Naufal ibn al Fourât. Il partit, le 6 des derniers jours du même
10059mois. Puis gouverna :
10060§ V. Moub.ammad ibn al Achcath ibn <Ou~bat al Khouzâci, au nom d'Aboû
10061Djacfar (al Man~oûr), pour la prière et l'impôt. Il arriva, le 5 passé de Dhoû'l-
10062Q.idjdjat de l'an tlt t. Cependant Aboû Dja(far avait fait dire a Naufal ibn al Fou-.
10063rât: ~Offre à Moub.ammad ibn Achcath la ferme, ~~' de l'impôt d'Égypte.
10064S'il prend cette ferme, constate-le par témoins et envoie-moi [le témoignage J(ll;
10065s'il refuse, prends la direction de l'impôt [comme avant ](2J "· Il fit donc l'offre qui
10066fut refusée; Naufal se transporta alors aux dùvr1ns (JJ,
10067\)':'~ 1_,~ 1. Alors Ibn al
10068Achacth constata l'absence des gens(4J. On lui dit : ~Ils sont chez le préposé à.
10069l'impôh. Il se repentit alors de l'avoÎl' abandonné.
10070Il leva une armée avec laquelle il fit une expédition contre le Maghrib; mais
10071il fut mis en fuite.
10072Ibn al Achcath partit le jour de l'a4~'â (5J tlt2 pour se diriger vers Alexandrie,
10073laissant pour remplaçant Moul,tainmad ibn Moucâwiyat ibn Badjîr ibn Rasân comme
10074chef de sa chour~at. Puis il fut déplacé; son gouvernement fut d'un an et un
10075mois. Puis gouverna :
10076§ VI. ljoumeïd ibn Kahtabat ibn Chabîb ibn Khâlid ibn Sa'dân a~ Tâïyî, au nom
10077d'Aboû Dja'far, pour la prière et l'impôt. Il entra à la tête de vingt mille soldats,
10078(Il Le mot : i~~l manque dans Ma~rîzl. Il me paraît devoir être rétabli d'après le texte
10079d'Ahoû'l Ma~âsin (t. 1, p. 383).
10080Sur cette intervention des khalifes dans l'administration financière de l'Égypte, cf. Mémoires de
10081la Mission archéologique française du Caire, t. VI, p. 3lt 3. .
10082·
10083(
100842
10085) ~~Lû, à ajouter d'après Aboû'l ~fa~àsin.
10086(
100873
10088) Il faut, dans le tex le de Ma~riz1, rétablir : JI, conformément au texte d'Aboû'l Ma~âsin. Le
10089contexte semble indiquer que Naufal concentra alors dans ses mains tout le service administratif.
10090Ma~rlzî a un peu Lrop abrégé le récit; il est un peuplus clair dans Aboû'l Ma~âsin, mais il reste
10091c~pendan~ quelque obscurité par l'ignorance où nous sommes des détails de l'organisation finan-
10092CJere en Egypte à cette époque.
10093·
10094(4l C'
10095' d'
10096'
10097esl-a- 1re qu on ne venait plus prendre ses .ordres.
10098(sJ C'est-à-dire le 1 o Dhoû'l~idjdjat. Cf. p. 169, note 3.
100991. 3o.
p. 100
10100182
10101P. CASANOVA.
10102le 5 passé de Ramaqân t43. Puis arriva une autre armée en Chawwâl et arriva
10103(a sa tête) 'Ali ibn Moubammad ibn 'Abd Allah ibn J::lasan ibn al J::lasan pour
10104soutenir les prétentions (au khalifat) de son père et de son oncle. I:Ioumeïd se
10105dirigea vers lui, et il se déroba. Il écrivit a ce sujet a Aboù Dja'far. Celui-ci le
10106P. 3o7.
10107déplaça en Dhoù'l~a'dat et il partit, le 8 des derniers jours de Dhoù'l~a'dat t44.
10108Puis gouverna :
10109§ VII. Yazîd ibn J::Iâtim ibn ~(abî~at ibn al Mouhallab ibn Ab où Safrat, au nom
10110d'Aboù Dja'far, pour la prière et l'impôt. Il arriva sur (les courriers de) la poste,
10111~_r-JI, au milieu de Dhoù'l~a'dat. Il plaça, comme son délégué, ~
101121, a
10113l'impôt, Mou'âwiyat ibn Marwân ibn Moùsâ ibn-Nou~aïr. C'est sous son émirat
10114que parut en Égypte la secte, ~y..) , des Banoû al J::Iasan ibn 'A li' t), que les gens
10115en parlèrent publiquement et que beaucoup proclamèrent (comme khalife) 'Alî ibn
10116Moubammad ibn 'Abd Allah. Le 1 o passé de Chawwâl 145, le masdjid ( djâmi'
10117'Am rou) fut assailli, J..,;-k, comme il sera rapporté au chapitre de ce livre qui le
10118concerne (2l, s'il plaît à Dieu. Puis les kha[îbs apportèrent la tête d'Ibrahim ibn
10119'Abd Allah ibn J::Iasan ibn al J::Iasan ibn 'Ali en Dhoû'ibidjdjat et elle fut exposée
10120dans le masdjid (3l.
10121Une lettre arriva d'Aboù Dja'far avec ordre a Yazid ibn I:Iâtim de se transférer
10122d'al 'Askar à al Fous~â~ et d'installer le diwcîn dans les églises du ~~~r ( ach
10123cham') cela en l'an 146, à cause de la (surprise de) nuit du masdjid(4l. Yazid
10124interdit le pèlerinage aux Égyptiens dans l'année 1 45; donc a-ucun d'eux ne le
10125fit, ni aucun des Syriens, à cause des troubles que soulevait dans le J::lidjâz la
10126question des Ban où l:Iasan (5).
10127Puis Yazîd fit le pèlerinage en l'an 1 47, laissant pour remplaçant 'Abd Allah
10128ibn 'Abd ar Ral}mân ibn Mou'âwiyat ibn l:IoucleïdF'l, comme chef de sa chourtat
10129\Il C'est-à-dire de ceux qui voulaient que le khalifat ou imamat fut le privilège des descendants
10130de l;lasan fils de 'AB et de Fàtimat, par suite petit-fils du Prophète.
10131\2l Éd. arabe, II, 24g, l. 15. Les partisans des descendants de 'Ali s'ernparèt·ent, la nuit, par
10132force , du trésor public, JU.I ~, qui était déposé dans le masdjid. C'est à celle même aventure
10133qu'il est fait allusion plus haut (texte arabe, 1, p. 288, l. 7) o:t le mot : (;,jo, que je n'avais
10134pas compris doit être traduit par ~assaut"· C'est le lna§çlar du verbe : (;yb employé dans le pré-
10135sent texte.
10136{3) Sans doute au moment de la khoutbat prononcés pat· les khatîbs. Nous savons que la khoutbat
10137débute par la proclamation du khalife régnant. On voit ainsi pourquoi la tète du prétendant vaincu
10138était exposée dans ce lieu.
10139{~l Le I.<.a~r est très voisin du masdjid, dont la surveillance se tl'Ouvait ainsi plus assurée.
10140\5) Voir la note 1.
10141(6) Cf. plus haut , p. 157, note 3.
10142MAKRÎZÎ.
10143183
10144et il envoya une armée pour faire une incursion chez les Abyssins, parce qu'un
10145khâric~·î (ll y avait paru. Cette armée s'empara de lui et sa tête, avec un grand
10146nombre d'autres, fut portée (à Mi~r) et expédiée à Bagdad.
10147,
10148Yazîcl réunit Bar~at à la province cl'Egypte; c'est lui qui le premier opéra cette
10149réunion; cela en l'an 1 4 8.
10150Les Coptes se soulevère~t a Sakhâ (2), en 1 5o. Il envoya contre eux une
10151armée; mais les Coptes la taillèrent en pièces et elle revint (à Mi~r) en déroute.
10152Aboû Dja'far le déplaça en Rabî' II 1 52. Son gouvernement avait été de sept
10153ans et quatre mois. Puis gouverna :
10154§ VIII. <Abd Allah ibn 'Abd ar Ral)mân ibn Mou'âwiyat ibn I:Joucleïclj, au nom
10155d'Aboû Dja'far, pour la prière, le 1 2 des derniers jours de Rabi' II. C'est lui qui, le
10156premie:', fit la khou~bat en noir, ..)L,-J4(3l. Il partit (retournant) vers Aboû
10157Dja'far, le 1 o des derniers jours de Ramaçlân 1 54, laissant pour remplaçant son
10158frère Moubammad, puis il revint a la fin de cette année et mourut en fonctions,
10159le 1 cr Safar 1 55, laissant pour remplaçant son frère Moubammacl. Son gouver-
10160nement avait été de deux ans et deux mois. Puis gouverna :
10161§ IX. Moul_lammad ibn 'Abel ar Ral)mân ibn Mou'âwiyat ibn I:Joudeïdj,
10162(d'abord) en remplacement de son frère; confirmé par Aboû Dja'far, pour la
10163priè1·e, il mourut en fonctions au milieu de Chawwâl. Son gouvernement fut de
10164huit mois et demi. Il laissait comme remplaçant Moûsâ ibn 'Alî. Puis gouverna:
10165§ X. Moûsâ ibn 'Alî'4l ibn Rabâb comme remplaçant de Moubammacl ibn
10166f:loudeïclj, puis confirmé par Aboû .Dja'far, pour la prière. Les Coptes se révol-
10167tèrent h Habîb(5l, ~·~,en t56. Il envoya contre eux une armée qui les mit
10168en déroute.
10169Il allait au masdjicl a pied, précédé du chef de sa chour~at portant la lance,
10170{tl Sur les khtll'icijis, voir plus haut (p. 1 6 4, note 3 ). Ici, on doit entendre un t'! révolté"·
10171{2) La ville la plus importante du Delta, à cette époque, -
10172l'ancienne Xoïs. Cf. A~r~LINEAII,
10173Géographie de l'Égypte à l'époque copte, p. 4to.
10174{3) Nous avons vu que le noir était la couleur des 'Abbassides. L'expression: .::.!_,-.!~ ..,...6:... n'est pas
10175tt·ès explicite : elle semble, au premier abord, signifier : ~prêcha le noir, c'est-à-dire les doctrines
10176politiques des 'Abbassides,. Mais il serait étrange que les gouverneurs eussent attendu si longtemps.
10177Peut-être faut-il en tendre ~en vêlements noirs, comme W üsn;NFELD, Statthalter, 2• partie, p. 9·
10178{~) Ou 'Oulayî (diminutif de 'AH); cf. Aboû'l Mal)âsin ( l. 1, p. 4t 7, nole) et W üstenfeld (Statthalter,
101792• partie, p. 9 ).
10180{5) Des manuscrits donnent : Balhit, ~&À?. Abott'l Ma~àsin ( t. J, p. 4q), mentionne celle révolte
10181sans désigner de localité. li s'agit, sans doute de:~' n€À21n, dont il a déjà été parlé (p. 135,
10182note 7 ).
10183l. 10.
101841.
10185~o.
p. 101
101861. 3o.
1018718lt
10188P. CASANOVA.
10189.;u~. ~uand _le c.h~f. de l~ chour~at main:enait les ~istances, ~_,~,.lit {Il, ii
10190lm disait: (t Sots miseriCordieux aux populatwns "· Il lm répondait : ((Ô émir! les
10191gens ne sont corrigés que par les traitements qu'on leur fait subin. Comme
10192traditionniste, il fit autorité (2).
10193Aboû Dja<far étant mort, le 6 passé de Dhoù'lbidjdjat de l'an 1 58, son fils
10194Moul,lammad al Mahdi fut proclamé khalife et confirma Moûsâ ibn <Ali jusqu'au
101951 7 Dhotflbidjdjat 1 6 1; son gouvernement fut de six ans et deux mois. Puis
10196gouverna:
10197§ XI. 'Isâ ibn Lou~mân ibn Mou }.lam mad al Djoumal,lî, au nom d'al Mahdi,
10198pour la priere et pour l'impôt. Il arriva, le 13 des derniers jours de Dhoù'l-
10199l,tidjdjat 1 6 1 et fut déplacé, le 1 2 des derniers jours de Djoumadâ 1 1 6 2. Il fut
10200gouverneur quatre mois. Puis gouverna :
10201§ XII. Wâ<Jib affranchi d'Aboû Dja<far, au nom d'al Mahdî, pour la prière et
10202pour l'impôt. Il arriva, le 6 des derniers jours de Djoumadâ 1. Il fut déplacé en
10203Ramaqân. Puis gouverna :
10204§ XIII. Man~oûr ibn Yazîd ibn Man~oùr ar Rou<eïnî(3l, lequel était fils de
10205l'oncle maternel d'al Mahdi, pour la prière. Il arriva, le 1 1 passé de Rama-
10206cJân 1 6 2 et fut déplacé au milieu de Dhoù'll,lidjdjat. Son séjour avait été de deux
10207mois et trois jours. P,uis gouverna :
10208§XIV. Yal,lîâ ibn Dâoûd Aboû Sâlil,l, originaire du Khourâsân, au nom d'al
10209Mahdi, pour la prière et l'impôt; il arriva en Dhoù'lbidjdjat. Son pere était turc.
10210C'était l'homme le plus violent du monde et le plus redoutable, le plus prompt
10211à verser le sang, le plus porté a punir(4J. Il défendit qu'on fermât pendant la
10212(Il C'est-à-dire, sans doute ~éloignait trop brutalement la foule"· W üstenfeld (Statthalter, 2• par-
10213tie, p. 1 o), traduit par : ff die Leu te in Reihen geordnet batte, et attt·ibue au chef de la chourtat
10214les paroles qui .sont évidemment placées par Mal_<.rlzt dans la bouche de l'émir. Il néglige, d'ailleurs ,
10215la réponse : ~ 0 émir J,, etc.
10216(2) ~
10217U"'WI ~
10218~~
102190 1S,, litt. : ~il recueillit des traditions (d'après d'autres) et on trans-
10220mit (des traditions) d'après lui"· Aboà'l Mal_Iàsin ( t. 1, p. 4 q) donne, d'après adh Dhahabl, la
10221chaîne des traditionnistes dont il est un des anneaux.
10222(3J C'est-à-dire de la tribu de Rou'eïn ou mieux Dhoà Rou'eïn (In~ DonEÏo, Généalogies , éd.
10223Wüstenfeld, p. 3o7) qui fonda à Mi~r une khigat (voir p. 149, §XV, où il faut lire: Rou'eïn au
10224lieu de Ra'în ).
10225(4J Aboô.'l Mal.Iàsin ( t. 1, p. 437), ajoute qu'il était habile administrateur et que ses mesures
10226sévères avaient pour Lut de répt·imer le brigandage.
10227MAKRÎZÎ.
10228185
10229nuit les rues et les, boutiques, s~ bien que,l'on ~ut y élever.des barrières, t~
10230(ll,
10231en roseaux pour ecarter les chiens. Il defendit aux gardiens des l,lammâms de
10232s'y tenir assis'2l. Il disait: «Si quelqu'un perd quelque chose, c'est à moi qu'en
10233incombe le remboursemenh. Quiconque entrait au l,lammâm déposait ses vête-
10234ments en disant : ~o Aboû Sâlil,l, garde-les" [et nul n'osait les prendre ]'3l. Les
10235choses restèrent en cet état pendant tout son gouvernement.
1023611 ordonna aux chérifs(41, aux fa~îhs (51 et aux gens de quelque rang(?)~~
10237üLt,.~ .. ll (6l; de coiffer de longs bonnets, ~~
10238(7), et, quand ils entraient chez le
10239sultan (8l, les lundis et jeudis, d'avoir cette coiffure sans manteaux, ~~.) 1 (91. Aboù
10240Dja'fa'r al Man~oûr, parlant de lui, disait : ~C'est un homme qui me craint
10241et il ne craint pas Dieu"· Il gouverna jusqu'a al Moul,larram de l'an 1 6u. Puis
10242arnva :
10243§ XV. Sâlim ibn Sawâdat at Tamîmî, au nom d'al Mahdi pour la prière, et,
10244avec lui, Aboù ~ati'at(to) Ismâ'il ibn lbrâhîm, pour l'impôt, le 12 passé d'al
10245Moubarram. Puis gouverna :
10246Ol Ce sens de : ~r manque dans les dictionnaires. Dozy signale le sens assez voisin de
10247~~sangle , et 11 ceinturon"·
10248\2l Une variante du texte d'Ahoô.'l Ma~àsin dit: t~dans le maslakh (vestiaire)"·
10249(3) llfl.;..:._l ~~~~~,à rétablir d'après Aboà'l Ma~àsin. Mal_<.rlzi a abrégé, à l'excès, le texte
10250qu'il avait sous les yeux.
10251( ~l Les personnages de la famille du Prophète.
10252(r.! Les jurisconsultes et généralement tous ceux qui sont versés dans la science du Coran qui est
10253la base du droit musulman.
10254(6) Abott'l Ma~àsin dit: 0~1. Les manuscrits de Mal_<.rizî diff'erent sur le mot : l.::,)~_,..ùl; les uns
10255portent : 1.::,)~1, d'autres : ~_,..JI. Il y avait évidemment quelque terme technique que les copistes
10256n'ont pas compris.
10257(7J D'après Dozy (Noms des vêtements, p. 365 etseq.), laJ.<.alansoô.wat (i_,-.0.;, pl.:~~) répond
10258au tarbotÎch moderne; d'après le même auteur ( Suppl. aux dict.), c'est un bonnet haut en forme de
10259pain de sucre que portaient les khalifes aLbasides, les vizirs, les kàdis. Remarquons que notre
10260auteur désigne par ce mot le pyramidion de cuivre qui coiffait les obélisques : i~
102614!-l) ~
10262U"'l$ (texte arabe , t. 1, p. 229, l. 3t).
10263(s) ulhl...JI ~ · Aboà'l Mal_Iàsin dit simplement:~· Ce terme de sultan appliqué à un émir
10264de ce temps paraît être un grossier anachronisme (cf. p. 76, nole 1 ). Il y a probablement là
10265encore quelque terme technique que MaJ.<.rlzl a reproduit tel quel et qu'Aboô.'l Mal:làsin a interprété.
10266Quoi qu'il en soit, il s·agit évidemment des jours d'audiei;~.ce publique où l'émir rendait la justice.
10267(
102689l, D'après Dozy (Noms des vetements, p. 5g, note 2), b) (pl. : ~.>JI) désignerait un manteau
10269en genéral. Le dictionnairè de Kazimirski dit que c'est un manteau jeté sur les épaules et sur la
10270t~te. 0~ ~erai t tenté de croire ici que c'était une sorte de capuchon couvrant le bonnet et que
10271l mterdtchon de le porte.r devait avoir pour but de mettre en évidence le bonnet.
10272(Jo) Aboà'l Ma~âsin (t. 1, p. 43g), écrit: i.46,, ~atlfat.
10273Mtimoim, t. III.
p. 102
10274186
10275P. CASANOVA.
10276§ XVI. lbrâhim ibn ~âlib ibn •AH ibn ·Abel Allah ibn •Abbâs, au nom d'al
10277Mahdi , pour la prière et pour l'impôt. Il arriva, le 11 passé d'al Moubarram 1 6 5.
10278Il édifia une dâr magnifique à al maou~if(lJ (quartier) d'al ·Askar. Dil)iat ibn
10279Mou~·ab'
102802
10281J ibn al A~bag·h ibn .Abd al (Azîz ibn Marwân se révolta clans le Sa.îd,
10282P. 32o.
10283guerroya, ~U, et se déclara khalife. lbrâhim le laissa faire et ne fit aucune
10284attention à ses agissements, si bien qu'il se rendit maître de tout le Sa.id. Al
10285Mahdi, irrité, le révoqua honteusement, le 7 passé de Dhoû'lbidjdjat 167. H
10286avait gouverné trois ans. Puis gouverna :
10287§ XVII. Moûsâ ibn Mou~·ab ibn ar Rabî' originaire d'al Mau~il (Mossoul),
10288pour la prière et l'impôt, au nom d'al Mahdî. Il arriva, le 7 passé du dit Dhoû'l-
10289l.tidjdjat et il renvoya lbrâhim. Il lui prit, ainsi qu'à ceux qui gouvernaient
10290(les provinces) pour lui, 3oo,ooo dinars, puis il le fit partir pour Bagdad.
10291Moûsâ exerça une grande rigueur dans la perception des impôts et il frappa
10292chaque faddânFll d'une redevance double de celle qu'on en percevait. Il fut
10293vénal en ses jugements. Il imposa des taxes sur les vendeurs des marchés,
10294sur les bêtes de somme. L'armée le prit en haine et lui fit la guerre. (Les tribus
10295de) ~aïs et d'al Yamânîyat(4J (les Yéménites) se soulevèrent, échangèrent des
10296correspondances avec les habitants d'al Foustât et firent un pacte contre lui.
10297Il envoya une armée pour combattre Dil)îat clans le Sa·id, et il sortit à la tête
10298de l'armée de Mi~r tout entière pour aller combattre les gens du ~lauf(
102995
10300J. Au
10301moment de la rencontre, tous les gens de Mi~r l'abandonnèrent et le livrèrent;
10302il fut tué sans qu'aucun des gens de Mi~r ne dît un mot, -
10303le 9 passé de
10304Chawwâl 1 68. Son gouvernement fut de elix mois. C'était un homme des-
10305potique et injuste. Al Laïth ibn Sa<d l'entendit un jour réciter dans sa
10306khoutbat : ~Oui! nous avons préparé pour les despotes un .feu dont les tourbillons les
10307(Il Sur ce quartier, l'auteur nous donnera plus loin des détails (texte arabe, t. 1, p. 346 ,
10308l. 3 2 ).
10309.
10310(2l ~
10311et non : ~1, comme cela est écrit dans l'édition de Boûlà~. Cf. Ibn Dore'id (Kitâb
10312al ichti6·âL éd. W üstenfeld, p. 48, l. 13 ).
10313(3) Mesure agraire toujours usitée en Égypte. Elle représente 4 2 oo, 883 mètres carrés, soit un
10314peu moins qu'un demi-hectare. Les domaines fonciers un peu importants sont toujours évalués en
10315faddâns comme, chez nous, en hectares.
10316(Ill Les tribus arabes se divisent en deux groupes : le groupe yamânile descendant de ~a~tàn, le
10317groupe de ~aïs descendant de <Ad nan, se divisant lui-même en deux tribus principales : MoU<~ar et
10318Nizàr. Cf. QuATREMÈRE, Mém. géogr., t. Il, p. 4g6.
10319(5) Aboû'l Mal.1âsin (t.J, p. 447), dit: ~aïs et les Yamàniles. Plus loin (p. 4g7) il ditque~aïset
10320Yamân habitaient le ~lauf. Sur ces événements, cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 8o et seq.) et
10321QuATRE~IÈRE, Recherfhcs sur l'l.."'gypte, p. 202 et seq.
10322MAKRÎZÎ.
10323187
10324etwelopperont(ll"· Al Laïth dit alors: ~o mon Dieu! ne nous hais point(2l,. Puis
10325gouverna :
10326§XVIII. ·Assâmat ibn ·Amrou, en remplacement de Moûsâ ibnMou~·ab. Il envoya
103271. 10.
10328contre Dil)îat une armée sous les ordres de son frère Bakkâr ibn <Amrou. Celui-ci
10329combattit avec Yoûsouf ibn Nou~aïr qui était à la tête de l'armée de Dil}îat, ils en
10330vinrent au combat singulier; Yoûsouf enfonça sa lance clans le flanc de Bakkâr
10331et Bakkâr enfonça sa lance clans le flanc de Yoûsouf; ils moururent ensemble et
10332les cleu~ armées se retirèrent en déroute, -
10333cela en Dhoû'lbidjdjat. <Assâmat fut
10334déplacé, le t3 passé de Dhoû'lbidjdjat, en vertu d'une lettre qui lui,parvint d'al
10335Façll ibn Sâlib (lui signifiant) qu'il prenait le gouvernement de l'Eg-ypte. Il le
10336dé'>ignait comme remplaçant [jusqu'a sa venue J (3J; en conséquence ille remplaça '''l
10337jusqu'à la fin d'al Moubarram 1 6g. Puis arriva :
10338§ XIX. Al Façll ibn Sâlib ibn <Ali ibn •Abel Allah ibn •Abbâs à la fin du elit mois
10339d'al Moubarram, à la tête des armées de Syrie. En ce même ai Moubarram mou-
10340rut al Mahdi. Moûsâ al Hadi, proclamé khalife, confirma al Façll. Celui-ci arriva
10341en Égypte au milieu des troubles suscités par les gens du ~auf et la révolte de
10342Dil)îat. Il entretenait des correspondances avec les gens (du pays) et ceux-ci se
10343déclaraient en sa faveur. Il envoya des troupes qui parvinrent à battre Dil}îat;
10344fait prisonnier, il fut traîné à al Fous~â~, décapité et mis _en croix en Djou-
10345madâ II t6g. Al Façll disait : ((C'est moi qui suis le plus capable de gouverner
10346l'Égypte par ma façon de régler l'affaire de Dibîat contre qui les autres furent
10347impuissants "· Puis il fut révoqué; alors il se repentit d'avoir tué Dibîat.
10348Cet al Façll est celui qui édifia le cljâmi< a al <Askar en l'an 1 6 9; la se firent ·
10349les assemblées (5J (du vendredi) .. Puis gouverna :
10350(Il Coran, XVIII, 28.
10351(
103522
10353) ~~- Aboû'l Mal,lâsin (t. 1, p. 448), dit:~ .ü:i~ trne l'en préserve pas!,. Juynboll signale
10354aussi, d'après d'autres manuscrits: ~
103554i:l~ et: ltP-o ~~-Ces variantes semblent bien indiquer
10356que le texte primitif a été mal compris des copistes. La première leçon d'Aboù'l MaJ:tâsin est la
10357plus claire; est-elle la vraie?
10358(
103593
10360) ~~.à
10361rétablir d'après Aboû'll\fa~âsin (t. I, p. 45o).
10362(Il) Le texte de Mahizi porte: ~. évidemment fautif, pour~ que donne, en effet, Aboû'l
10363Ma~àsin.
10364(>) ~
10365(;)~ ~~- L'auteur veut, sans doute, dire que ce djâmi< supplanta le djàmi• <Am rou,
10366comme djàmi< officiel. Plus tard, le djàmi< officiel fut celui d'Ai). mad ibn 'foùloùn , comme nous le
10367,·errons; puis, sous les Fatimides, celui d'al Azhar. Actuellement, c'est le djàmi< l~ousaïn. Sur le
10368djàmi< d'al <Askar, Yoir au chapitre des djàmi< (texte arabe, t. II, p. 2 64 ).
p. 103
103691. 20.
10370188
10371P. CASANOVA.
10372§ XX. 'Alî ibn Soul~ïmân ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs au nom d'al Hâdî
10373pour la priere et l'impôt. Il entra en l'an 169. Al Hâdi mourut au milieu de
10374Rabî' 1 1 7 o et Hâroûn ibn Moubammad ar Rachid fut proclamé khalife. Il
10375confirma 'Ali ibn Soulaïmân. Celui-ci signala son gouvernement par la bienfai-
10376sance, l'éloignement des mauvaises pratiques, l'interdi,ction des débauches (IJ t
10377la destruction des églises nouvellement construites en Egypte (2J. On lui offrit~
10378pour qu'il les laissât, 5o,ooo dinars; il refusa. Il faisait de nombreuses aumône~
10379en secret(3l. Il fit répandre le bruit qu'il était digne du khalifat et il y aspira.
10380Hâroûn ar Rachid, irrité, le révoqua, le 4 des derniers jours de Rabî' 1 1 7 1. Puis
10381gouverna:
10382§ XXI. Moûsâ ibn 'Isâ ibn Moûsâ ibn Moubammad ibn 'Ali ibn 'Abd Allah
10383ibn 'Abbâs au nom d'ar Rachid, pour la prière. Il autorisa les Chrétiens à
10384réédifier les églises détruites par 'Alî ibn Soulaïmân. Elles furent réédifiées Sl,lr
10385une consultation d'al Laïth ibn Sa'd et 'Abd Allah ibn Lahî'at (4l. Puis il fqt
10386déplacé, le 1 4 passé des derniers jours de Ramaqân 1 7 2. Son gouverneme~t
10387avait été d'un an et cinq mois ~t demi. Puis gouverna :
10388§XXII. Maslamat ibn Ya}:tîâ ibn ~ourrat ibn 'Oubaïd Allah al lladjalî, origi-
10389naire de Djourdjân (5J, au nom d'ar Rachid, pour la prière; puis il fut déplacé,
10390en Cha'bân 173. Il avait gouverné onze mois. Puis gouverna:
10391§ XXIII. Moul.mmmad ibn Zouhaïr al Azdi pour la priere et l'impôt, le 5
10392passé de Cha'bân. L'armée prit à partie,..)..)4, 'Oumar ibn Ghaïlân préposé à l'impôt
10393et il ne le défendit pas(6J. Il fut déplacé, après cinq mois, à la fin de Dhoû'f-
10394}:tidjdjat 173. Puis gouverna:
10395Ol Litt.: ~tdes musiques et des boissons", _,_,...4!_, ~Rtl.
10396(2l C'est-à-dire depuis la conquête. Le pacte de 'Amrou interdisait aux Chrétiens de construire de
10397nouvelles églises, interdiction qui fut, d'ailleurs, rarement observée.
10398(J) Litt.: ~tpendant la nuit" j~l J. L'aumône faite en secret est plus méritoire que faite en public,
10399au grand jour.
10400(4) Ils fournirent la preuve, nous dit Ahoû'l Ma}:tàsin ( t. 1, p. 46 2) que les églises de Mi~r avaient
10401été construites à l'époque de l'islam primitif (c'est-à-dire avant la conquête de l'Égypte). Cf. notre
10402auteur au ch~tpitre des églises (texte arabe, t. II, p. 511, 1. 3 1 ).
10403(5l Aboû'l Mal.1âsin ( t. 1, p. 466) dit qu'il était originaire du Khourâsân. Djourdjân est une ville
10404du Mazandéran.
10405(s) Ahoü'l Ma}:tâsin, plus développé, nous dit que Mou}:tammad avait délégué l'impôt à 'Oumar
10406lequel avait commis des exactions. L'armée irritée l'avait assiégé dans sa maison, sans que
10407.Mou}:tammad intervint. Le khalife, irrité de cette inaction, le révoqua (t. 1, p. 47o).
10408MAKRÎZÎ.
10409189
10410§XXIV. Dâoûd ibn Yazîd ibn J:lâtim ibn ~abî~at ibn al Mouhallab ibn Aboû
10411Safrat. n arriva en même temps qu'lbrâhim ibn Sâli}:t, ibn 'Ali (Il. Dâoûd fut
10412préposé à la prière et il envoya lbrâhîm pour faire sortir d'Egypte l'armée qui était
10413révoltée. Il entra, le 1 4 passé d'al Moul_larram 17 4. L'armée qui était nom-
10414breuse fut renvoyée vers l'Orient et l'Occident en masse. Comme elle naviguait
10415surla mer, elle fut capturée par les Roûm. Il fut déplacé, le 6 passé d'al Mou-
10416}:tarram 17 5. Son gouvernement avait été d'un an et un demi-mois. Puis gou-
10417verna :
10418§XXV. Moûsâ ibn 'Isâ ibn Moûsâ ibn Mou}:tammad ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn
10419'Abbâs(2l, pour la prière et l'impôt, au nom d'ar Rachid. Il entra, le 7 passé de
10420Safar 176 et fut déplacé dans l'avant-dernière soirée de ~afar 176. Il avait gou-
10421verné un an. Puis gouverna :
10422§ XXVI. lbrâhîm ibn Sâlil_l ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, une seconde fois, au
10423nom d'ar Rachid. Il écrivit à 'Assâmat ibn 'Am rou pour le nommer son remplaçant.
10424Puis arriva Na~r ibn Koulthoùm, son remplaçant pour l'impôt, le 1er Rabî' 1.
10425'Assâmat mourut, le 7 des derniers jours de Rabi' Il. Roûb ibn Roûb ibn Zanbâ'
10426arriva comme remplaçant d'Ibrâhim, pour la prière et l'impôt. Enfin Ibrâhîm
10427arriva au milieu de Djoumadâ 1. Il mourut, en fonctions, le 3 passé de Cha'bân.
10428Son séjour à .Mi~r avait été de deux mois, dix-huit jours. Après lui, son fils Sâlil_l
10429ibn lbrâhîm prit l'autorité conjointement avec le chef de sa chourtat Khâlid ibn
10430Yazîd. Puis gouverna:
10431§ XXVII. 'Abd Allah ibn al Mousayyab ibn Zou haïr ibn 'Amrou aq I)abbi, au
10432nom d'ar Rachid, pour la prière, le 11 des derniers jours de Rama~ân 176.)l
10433fut déplacé en Radjah 177·. Puis gouverna :
10434§ XXVIII.
10435ls}:tâ~ ibn Soulaïmân ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, au nom
10436d'ar Rachid, pour la prière et pour l'impôt, le 1er Radjah. Il fit une enquêtè
10437sur l'impôt et frappa les agriculteurs d'une augmentation qui leur fit grand
10438dommage. Les gens du J:Tauf se révoltèrent contre lui; il leur fit la guerre et
10439beaucoup des siens furent tués. Il écrivit, à ce sujet, à ar Rachid qui donna
10440à Harthamat ibn A'yan le commandement d'une armée considérable avec
10441laquelle il l'envoya ( ~n Égypte). Il descendit dans le J:lauf dont les habitants
10442(ll Lequel était préposé à l'impôt ( Aboû 'llVIa~àsin, t. 1, p. lq 2 ).
10443(2) Pour la seconde fois; cf. plus haut (S XXI) .
10444P.3
p. 104
10445l. 10.
10446190
10447P. CASANOVA.
10448allèrent à sa rencontre par ,obéissance et firent leur soumission. Il leur accorda
10449le pardon et leva l'impôt dans sa totalité. Isba~ fut déplacé en Radjah 178. Puis
10450gouverna:
10451§XXIX. Harthamat ibn A'yan, au nom d'ar Rachid, pour la prière et
10452l'impôt, à la seconde nuit passée de Cha'bân, puis il partit pour l'Ifrî~iat ,
10453le 1 2 passé de Chawwâl. Il avait séjourné à Mi~r deux mois et demi. Puis
10454gouverna:
10455§ XXX. 'Abd al Malik ibn $âlil) ibn 'Alî ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, au nom
10456d'ar Rachid , pour la prière et l'impôt, mais il n'entra pas à Mi ~r et nomma pour
10457son lieutenant 'Abd Allah ibn al Mousayyab ibn Zouhaïr ad J;>abbi. Il fut déplacé
10458à la fin de l'année 1 7 8. Puis gouverna :
10459§ XXXI. 'Oubaïd Allah ibn al Mahdi Moubammad ibn 'Abd Allah ibn Mou-
10460l)ammad ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, au nom d'ar Rachîd, pour la prière et l'impôt,
10461le lundi 12 passé d'al Moul)arram 179· Il nomma pour son lieutenant Ibn al
10462Mousayyab, puis arriva, le 11 passé de Rabi' I. Il fut déplacé en RamaQ.ân, ayant
10463gouverné neuf mois. Il partit de .Mi~r, la deuxième nuit passée de Chawwâl.
10464Ar Rachîd envoya de nouveau :
10465§XXXII. Moûsâ ibn 'lsâ et le nomma gouverneur, une troisième fois, pour la
10466prière. Son fils Yal)îâ ibn Moûsâ arriva, en qualité de son lieutenant, le 3 passé
10467de RamaQ.ân. Lui-même arriva à la fin de Dhoû'l~a 'dat. Il fut déplacé en Djou-
10468madâ Il 180. Ar Rachid nomma gouverneur:
10469§ XXXIII. 'Oubaïd Allah ibn al Mahdi, une seconde fois, pom· la prière. Dâoûd
10470ibn ~abbâeh arriva, en qualité de son lieutenant, le 7 passé de Djoumadâ Il.
10471Lui-même arriva , le 4 passé de Cha'bân. Il fut déplacé , le 3 passé de Rama-
10472Çân 181. Puis gouverna :
10473§ XXXIV. lsmâ 'îl ibn ~âlil) ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, pour la prière,
10474le 7 passé de Ramaçlân. Il nomma comme son lieutenant 'Aoun ibn Wahb al
10475Khouzâ'i, puis arriva, le 5 des derniers jours du même mois. (Sa'îd) ibn 'Oufaïr(ll
10476(Il Chroniqueur et traditionniste souvent cité par Ibn 'Abd al l~akam dans son livre de Foutoû~
10477llfi§r (ms. arabe de la Bibliothèque Nationale de Paris, Catalogue de Slane , no 1687), p. t!J 7 et
10478passim.
10479MAKRÎZÎ.
10480191
10481dit: de n'ai pas vu, sur ces bois, ~ly~IIS~ ~Ol, de plus habile à lakhou~bat
10482qu"Isma'îl ibn $âlil) "·Il fut déplacé en Djoumadâ II 182. Puis gouverna :
10483§XXXV. lsma'îl ibn 'lsâ ibn .Moûsâ ibn Moul)ammad ibn 'Alî ibn 'Abd Allah
10484ibn 'Abbâs, au nom d'ar Rachid, pour la prière. Il arriva, le 16 des derniers
10485jours de Djoumadâ II et fut déplacé en Ramaqân. Puis gouverna :
10486§XXXVI. Al Laïth ibn al Façll al Biverdî originaire de Diverd{
104872l, pour la prière
10488et l'impôt. Il arriva, le 5 passé de Chawwâl; puis il partit vers ar Rachid, le 7
10489des derniers jours de RamaQ.ân 1 8 3, avec de l'argent et des cadeaux. Il laissa ,
10490comme lieutenant, son frère al Façll ibn 'AW3l. Puis il retourna à la fin de l'année
10491et partit, une seconde fois, avec de l'argent, le 9 des derniers jours de Rama-
10492qân t85, laissant pour lieutenant Hâchim ibn 'Abd Allah ibn 'Abd ar Ral)mân
10493ibn Mou'âwiyat ibn ~oudeïdj(
104944
10495J. Il arriva (de nouveau) le tU passé d'al Moul_lar-
10496rat~l t 86. Toutes les fois qu'il avait clos (la perception de) l'impôt et terminé les
10497comptes, il partait. avec l'argent vers le chef des croyants Haroûn ar Rachid,
10498emporlant avec lui les comptes.
10499Puis les gens du I:Tauf se révoltèrent contre lui et marchèrent vers al Foustâ~.
10500Il sortit à leur rencontre à la tête de quatre mille (soldats), l'avant-dernier jour
10501de Cha'bân 186. Il laissa .comme .lieutenant (à al Fous~ân 'Abd ar Ral)mân ibn
10502Moûsâ ibn 'Alî ibn Rabâl) , pour l'armée et pour l'impôt, puis il en vint aux mains
10503avec les gens du l:fauf; son armée l'abandonna. Resté seul avec deux cents hommes
10504environ, il chargea; la foule (des révoltés) s'enfuit depuis la région d'al Djoubb
10505jusqu'à Ghaïfat. Il envoya à al Fous~â~ quatre-vingts tètes, puis y fit son entrée.
10506Les gens du l:lauf revinrent à la charge et refusèrent l'impôt. Laïth partit vers
10507ar Rachid et lui demanda d'envoyer avec lui des troupes, car il ne pourrait per-
10508cevoir l'impôt des gens des I:laufl5l qu'avec une armée. Alors Mahfouçlh ibn
10509(tl C'est- à-dire: ~la chaire où sr, prononce la khou~bab. Les dictionnaires arabes nous disent
10510que : ub~l d es deux bois, désignent la chaire où prèchait le Prophète et le bàlon sur lequel
10511il s'appuyait.
10512(2) Aboû'l Ma}:tâsin ( t. 1, p. 5tlt) écrit : Ablverdi et : Abiverd. Les dictionnaires géographiques
10513arabes adoptent aussi cette orthographe.
10514(3) Il faut lire évidemment avec Aboû'l Ma]:lâsin ( t. 1, p. 5 tft) : 'Ali ibn al FaQ-1. L'éditeur du texte
10515de Ma~r1z1 propose de lire : ~son père al Faq.l, au lieu de ~son jr(,·e,. Cette correction est beaucoup
10516moins vraisemblable. Cf. W ÜST"N ~'ELD, Statthalter, 2 ° partie, p. 2 2 , nole t.
10517(~l Cf. la nole 3 de la page t57.
10518(>l û~~l est le pluriel de : û~. Aboû'l Ma]:lâsin donne le singulier (!. 1, p. 51 5 ). Le pluriel
10519adopté par .Mal_<.rîzl s'explique si l'on se rappelle qu'il y a deux ~Iauf , l'occidental et l'oriental.
10520Il semble cependant ici qu'il ne s'agit que du dernier qui est la région de Bilbaïs. Al Djoubb er
10521Ghaïfat mentionnés plus haut sont sur la roule d'al Foustà! à Bilbaïs.
10522·
10523,
105241. 20.
105251. 3o.
p. 105
10526192
10527P. CASANOVA.
10528,
10529Soulaïmân se fit fort d'affermer, ~'
10530l'impôt de l'Egypte intégralement sans
10531fouet ni bâton; ar Rachîd le préposa à l'impôt et révoqua Laïth de la prière et
10532de l'impôt. Il envoya A}:tmad ibn ls}:ta~ (sic)(1J, pour la prière, conjointement avec
10533Ma}:tfough. Laïth avait gouverné quatre ans et sept mois. Puis gouverna :
10534§ XXXVII. Abmad ibn lsma'îl ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, au nom
10535d'ar Rachid, pour la prière et l'impôt. Il arriva, le 5 des derniers jours de
10536Djoumadâ II 187, puis il fut déplacé, le 18 passé de Cha'bân 189. Il avait gou-
10537verné deux ans et un mois et demi. Puis gouverna :
10538§ XXXVIII. 'Oubaïd Allah ibn Mou}:tammad ibn lbrâhîm ibn Mou}:tammad
10539ibn 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbâs, pour la prière. Il nomma comme son lieute-
10540nant Lahî'at ibn 'lsâ ibn Lahî'at all:Jagramî; puis il arriva au milieu de Chawwâl.
10541Il fut déplacé, le 11 des derniers jours de Cha 'bân 1 9 o. Il partit, laissant pour
10542lieutenant Hâchim ibn 'Abd Allah ·ibn 'Abd ar Ra}:tmân ibn Mou'âwiyat ibn
10543l:Ioudeïdj. Puis gouverna :
10544§ XXXIX. Al I:Jousaïn ibn Djamîl, au nom d'ar Rachid, pour la prière. Il arriva,
10545le 1 o passé de Ramagân. Puis (le Khalife) réunit entre ses mains l'impôt et la
10546prière en Radjah 1 91. Les gens du I:Jauf se révoltèrent et refusèrent de payer
10547P. 3Jo.
10548l'impôt. Aboû'n Nidâ se révolta à Aïlat à la tête d'environ mille hommes, inter-
10549cepta les routes à Aïlat, à Chou'aïb et Madiân et fit des incursions dans diverses
10550localités de Syrie. Un grand nombre (des gens de la tribu) de Djoudhâm se rallia
10551à lui et il se livra au pillage et au meurtre sur une vaste échelle. Ar Rachid
10552envoya de Bagdad une armée pour cette affaire et all:Iousaïn ibn Djamîl envoya
10553de Mi~r 'Abd al 'Azîz ibn al Wazîr ibn Sâbî al Djarawî à la tête d'une armée. Les
10554deux armées se rencontrèrent à Aïlat et 'Abd al 'Aziz fut vainqueur d'Aboû'n Nidâ.
10555L'armée d'ar Rachid se dirigea vers Bilbaïs en Chawwâlt 91. Les gens du l:Iauf se
10556soumirent à l'impôt. Ibn Djamîl fut déplacé le 1 2 passé de Rabî' Il 1 9 2. Puis
10557gouverna :
10558§ XL. Mâlik ibn Dalham ibn 'Oumaïr al Kalbî, pour la prière et l'impôt. Il
10559arriva, le 7 des derniers jours de Rabi' Il. Yal}iâ ibn Ma'âdh chef de l'armée d'ar
10560Rachîd ayant réglé l'affaire du l:Iauf arriva à al Fous~â~, le 1 odes derniers jours
10561(1) Il faut lire : Isma'Il et non : ls~al_,., comme le prouve la suite du récit. Cf. Aboû'l Ma~àsin
10562(t. 1, p. 515 ).
10563MAKRÎZÎ.
10564193
10565de Djoumadâ II et il écrivit aux gens des I,Iauf (sic) : ~~Venez pour que Mâlik
10566ibn Dalham vous donne ses instructions "· Les chefs des (tribus) yamânites et
10567~aïsites entrèrent donc; on ferma les portes sur eux; on les enchaîna et il (Ya}:tîâ)
10568les emmena, au milieu de Radjah.
10569Mâlik fut déplacé, le 4 passé de Safar 1 9 3. Puis gouverna :
10570§XLI. Al ~asan ibn at Takhtâ}:t (IJ ibn at Ta~htakân, pour la prière et l'impôt.
10571Il nomma comme son lieutenant al 'Alâ ibn 'A~im al Khaoulânî et arriva le 3
10572passé de Rabi' 1.
10573Ar Rachid mourut, laissant comme successeur son fils Mou}:tammad al Amin.
10574'
10575L'armée se révolta en Eg·ypte et une violente émeute éclata où beaucoup périrent.
10576Al J::lasan ayant envoyé (vers Bagdâd) l'argent (de l'impôt) d'Égypte, les gens
10577d'ar Ramlat (en Syrie) se jetèrent (sur l'escorte) et s'en emparèrent. Al J:lasan
10578ayant appris sa révocation partit par la route du J:Iidjâz, celle de Syrie étant
10579infestée, le 8 des derniers jours de Rabi' 1 194. Il laissait comme lieutenants
10580'Aouf ibn Wahb (
105812J, pour la prière et Mou}:tammad ibn Zîâd .ibn Taba~ al Kaïsî,
10582pour l'impôt. Puis gouverna :
10583·
10584. §XLII. I,Iâtim ibn Harthamat ibn A'yan, au nom d'al Amîn, pour la prière et
10585pour l'impôt. Il arriva à la tête de mille abnâ(3) et campa à Bilbaïs. Les gens
10586des J:Iauf en vinrent à composition avec lui sur la question de leurs impôts. Mais
10587les gens de Natoû, ~, et de Tamî, ~· (I!J, se révoltèrent et entrèrent en cam-
10588pagne, L,~. Il envoya contre eux une armée et ils furent mis en fuite.
10589I,Iâtim entra à al Foustât et, avec lui, environ cent otages, le 4 passé de
10590Chawwâl. Il fut déplacé en Djoumadâ II 19 5. Puis gouverna:
10591§XLIII. Djâbir ibn al Ach•ath ibn Ya}:tîâ at Tâyî, au nom d'al Amîn, pour la
10592prière et l'impôt, le 5 des den~iers jours de Djoumadâ Il. Il était d'humeur
10593;
105941
10595; rk;;;J!. Aboû'l Ma}:lâsin écrit : r~l, al Ba~bâl). sans donner le nom du père : at Takhtakân .
10596•
10597•
105982 Aboû'l Ma~âsin (t. 1, p. 547) écrit:~,, Wouhaïb; mais, comme le remarque Juynboll, il
10599e~rt~ plus ~a ut ( t. 1, p. 5o5) comme MaJ.<.dzî: ~
10600_,, Wahb. Wüstenfeld, sans remarquer la contra-
10601dtchon, SUit Aboû'l Mal).âsin et écrit: Wahb (Statthalter, 2• partie, p. 21) et Wouhaïh (ibid., p. 26).
1060213l w~l
10603''! . Ab "l M h' · d.
10604·
10605·
10606,
10607•
10608(:)"' 1.--l.J
10609~ •
10610ou
10611a. asm
10612It Simplement : ~~
10613..; tt à la tête de ses armées"· Les
10614abna sont, d'après Ibn lsl).aJ.<. (auteur de la Vie du Prophète) les descendants des soldats perses établis
10615dans le Yémen, au temps de Chosroès (597 après J.-C.). Cf. CAussrN DE PERCEVAL Essai t 1 p 158
10616!4l N
10617'
10618.
10619'
10620' . ' .
10621.
10622atou estmconnu. J'y verrais cependant volontiers NÀe<D des scalœ coptes, proche de Sahradjat,
10623dans le Delta. Cf. AMÉLINEAu, Géographie de l'Égypte à l'époque copte, p. 4o9· Tamî aujourd'hui Tamî
10624al Amdîd est l'ancienne Thmouis des Grecs.
10625Mémoires, t. III. ·
106261. 10.
p. 106
1062720.
1062819ft
10629P. CASANOVA.
10630douce. Lorsqu'éclata la querelle entre al Amin et al Màmoûn, as Sarrî ibn
10631al l:lakam s'éleva en faveur d'al Mâmoûn et prêcha aux populations la déchéance
10632d'al Amin; elles y consentirent et proclamèrent al Mâmoûn, le 8 des derniers
10633jours de Djoumadâ II 196. Elles chassèrent Djâbir ibn al Ach'ath. Son gouver-
10634nement avait été d'un an. Puis gouverna :
10635§ XLIV. 'Abbâd ibn Mou4ammad ibn l:layyân Aboû Na~r, au nom d'al Mâmoûn,
10636pour la prière et l'impôt, le 8 passé de Radjah, sur une lettre, 1.:-'~(tJ, de Hartha-
10637mat ibn A'yan dont il administraitles propriétés en Égypte, le 8 Radjah 196 (2l.
10638Cependant al Amîn, ayant appris ce qui se passait en Égypte, écrivit à Rabî'at ibn
10639~aïs ibn az Zoubaïr al Djar~chî, chef (de la tribu) de ~aïs dans le l:lauf, de
10640prendre le gouvernement d'Egypte. Il écrivit à un grand nombre (de ses parti-
10641sans) de lui prêter main-forte. Ils proclamèrent hautement al Amîn et rejetèrent
10642al Mâmoûn. Ils partirent pour combattre les gens d'al Foustât, 'Abbâd fit creuser
10643un fossé (pour défendre la ville). La guerre se fit et al Amîn fut tué. 'Abbâd fut
10644déplacé en Safar 198. Son gouvernement avait été d'un an et sept mois. Puis
10645gouverna:
10646§XLV. Al Moutallib ibn 'Abd Allah ibn Mâlik al Khouzâ'î, au nom d'al
10647Mâmoûn, pour la prière et l'impôt. Il arriva de la Mecque, au milieu de Rabî' 1.
10648Il y eut, de son temps, des guerres. Il fut déplacé en Chawwâl après sept mois.
10649Puis gouverna :
10650§ XLVI. Al 'Abbâs ibn Moûsâ ibn 'Isâ ibn Moûsâ ibn Mou4ammad ibn 'Alî ibn
10651'Abd Allah ibn 'Abbâs, au nom d'al Mâmoûn, pour la prière et l'impôt. Son fils
10652'Abd Allah arriva et, avec lui, al Housaïn ibn 'Oubaïd ibn Loût al Ansârî, à la
10653.
10654.
10655.
10656fin de Chawwâl. Ils emprisonnèrent(3J al Moutallib.
10657Les soldats se révoltèrent à différentes reprises. Al An~âri leur refusa leur
10658solde, re-~~~, et les menaça. Puis il s'en prit au~ sujets, ~)l, les opprima
10659et en menaça un grand nombre. Alors ils se révoltèrent, tirèrent al Moutallib de
10660(1) Même texte dans Aboû'l MaQ.âsin (t. 1, p. 56o). Il faut, sans doute, entendre que Harthamat
10661avait désigné cet 'Abbâd à al Mâmoûn comme le plus propre à le représenter en Égypte et qu'il lui
10662avait écrit à ce sujet. Cet Harthamat ibn A'yan était un des partisans le plus fervents d'al Mâmoûn
10663et un de ses conseillers les plus écoutés. On peut encore supposer que Harthamat prit l'initiative et
10664écrivit à 'Abbâd pour lui donner l'investiture.
10665(2) L'auteur, distrait, répète inutilement la dale déjà donnée.
10666(3J L'édition de Boûlâ~ porte : ~
10667faute d'impression pour : ~. Cf. Aboû'l MaQ.âsin
10668(t. 1, p. 56g).
10669MAKRÎZÎ.
10670195
10671la prison et le rétablirent, le tl!. passé d'al Mou4arram 199. Al 'Abbâs se présenta
10672alors (en Égypte); il campa à Bilbaïs et appela (la tribu de) ~(aïs à son aide. Il
10673alla trouver al Djarawi à Tinnîs, puis revint et mourut à Bilbaïs, le 1 3 des der-
10674niers jours de Djoumadâ Il. On dit qu'al Moutallib lui fit secrètement verser
10675dans ses aliments du poison dont il mourut. Il y eut des guerres et des émeutes.
10676Ce gouvernement d'al Moutallib fut d'une année et huit mois. Puis gouverna :
10677§XLVII. As Sarrî ibn al Hakam ibn Yoûsouf de la famille d'az Zoutt et du
10678.
10679..
10680pays de Balkh -l'armée s'étant réunie à lui lorsqu'il marcha contre al Moutal-
10681lib, -le t_crRamadân 200. Puis gouverna:
10682§ XLVIII. Soulaïmân ibn Ghâlib ibn Djibrîl al Badjalî, pour la prière et
10683fimpôt, sr r la proclamation de l'armée, le lJ. passé de Rabî' 1 2 o 1. Il y eut des
10684guerres. Puis il fut déplacé après cinq mois. Puis revint (au gouvernement) :
10685§ XLIX. As Sarrî ibn al l:lakam, une deuxième fois, au nom d'al Mâmoûn,
10686pour la prière et l'impôt. Son gouvernement avait déplu, ~~ (la première
10687fois )'1'. L'armée le tira de la prison, le 12 passé de Cha'bân. Ceux qui lui faisaient
10688la guerre se lassèrent. Son autorité s'accrut; il mourut, en fonctions, vers la fin de
10689Djoumadâ 1 2 o 5. Son gouvernement fut, cette fois, de trois ans, n·euf mois,
10690dix-huit jours. Puis gouverna son fils :
106911. 3o.
10692§ L. Mou4ammad ibn as Sarrî Aboû Na~r, le 1er Djoumadâ II, pour la prière
10693~t l'impôt. Or al Djarawî s'étant rendu maître de la Basse-Terre, ué.J~I ~1,
10694tl y eut entre eux deux des guerres(2J. Il mourut, le 8 passé de Cha'bân 2 o6. Son
10695P. 311.
10696gouvernement fut de quatorze mois. Puis gouverna :
10697§LI. 'Oubaïd Allah ibn as Sarrî ibn al ijakam, par proclamation de l'armée,
10698le 9 passé de Cha'bân, pour la prière et l'impôt. Il y eut entre lui et al Djarawî des
10699guerres jusqu'à ce qu'arriva 'Abd Allah ibn Tâhir. 'Oubaïd Allah se soumit à lui,
10700à la fin de Safar 2 1 1. Puis gouverna :
10701·
10702(1J L'expression de MaJ.>.rM est obscure, comme toujours, par trop de concision. Il faut entendre
10703que, la première fois, il avait été emprisonné par l'armée sur l'ordre du Khalife mécontent de
10704son gouvernement. Cf. Aboû'l MaQ.âsin ( t. 1, p. 57 4, l. 1 3 ).
10705(2) .Sur ces événements, voir les nombreux détails donnés dans le chapitre qui traite de la
10706chromque d'Alexandrie (texte arabe, t. 1, p. 172 et seq.); cf. Wüstenfeld (Statthalter, 2• partie,
10707p. 34 à 38).
10708.
p. 107
107091. 1 o.
10710196
10711P. CASANOVA.
10712§ LII. <Abd Allah ibn Tâhir ibn al Housaïn ibn Mous cab, au nom d'al Mâmoûn
10713.
10714.
10715'
10716pour la prière et l'impôt. Il entra, le mardi deuxième nuit passée de Rabr 1 2 11 .
10717Il s'établit dans son camp jusqu'a ce que <Oubaïd (tl Allah ibn as Sarrî partit pour
10718Bagdâd au milieu de Djoumadâ 1. Puis il alla vers Alexandrie, le 1er Safar 2 1 2 ,
10719laissant comme lieutenant <lsâ ibn Yazîd al Djaloûdî. Il la tint investie une dizaine
10720de jours, puis rentra en Djoumadâ II (2l.
10721Il fit agrandir al djâmi< al <atî~ (mosquée de <Amrou ). Cet agrandissement le
10722doublait exactement.
10723Il s'embarqua sur le Nil, se dirigeant vers l'Irâk, le 5 (3l des derniers jours
10724de Radjah. Son établissement en Égypte comme gouverneur fut de dix-sept mois
10725et dix jours. Puis gouverna :
10726§Lill. <lsâ ibn Yazîd al Djaloûdî(liJ, comme lieutenant d'Ibn Tâhir, pour la
10727prière, jusqu'au 17 Dhoû'l~a<dat 213. Ibn Tâhir destitué, le gouvernement de
10728,
10729l'Egypte passa a Aboû Isl;ta~ fils d'Hâroûn ar Rachîd (5l qui confirma (lsâ pour
10730la prière seulement et plaça aux finances Sâlil;t ibn Chîrâzâd qui opprima les
10731populations et augmenta leurs impôts, si bien que les habitants de la Basse-
10732Terre s'insurgèrent et firent campagne. (Isâ envoya, à la tête d'une armée, son fils
10733Mouhammad. Ils le combattirent; il fut mis en fuite et ses partisans furent tués,
10734en $afar 2 1 3. Puis gouverna :
10735§ LIV. <Oumaïr ibn al-Walîd at Tamîmî, comme lieutenant d'Aboû Isl;ta~
10736ibn ar Rachid, pour la prière, le 17 passé de Safar. Puis il partit et, avec lui,
10737(Isâ al Djaloûdi pour combattre les gens du J.:Iauf en Rabr II, laissant comme lieu-
10738tenant son fils Moul;tammad ibn <Oumaïr. Ils en vinrent aux mains et dans un des
10739engagements qui eurent lieu entre eux, <Oum aïr fut tué, le 1 6 passé de Rabt Il.
10740Son gouvernement fut de soixante jours. Puis gouverna :
10741§ LV. <Isâ al Djaloûdî, une seconde fois, sous l'autorité d'Aboû Isl;ta~, pour la
10742prière. Il combattit les gens du J.:Iauf a Minîat Matar (6l, et fut mis en fuite en
10743(Il L'édition de Boûlâ]s. porte fautivement : .)...~.c. (sic) pour : ~.
10744(2l Voir au chapitre de la chronique d'Alexandrie (texte arabe, t. 1, p. q3, l. 3o ). Ce fut la
10745fin des guerres fomentées dans le Delta par les Oumayyades d'Espagne.
10746(B) ~fautif pour: ~- Il est curieux de constater que cette faute d'impression ne se retrouve
10747pas dans certains ex.em plaires.
10748(~l cS.:. _,1J!. faute d'impression pour : cS.:.~, comme plus haut.
10749(5l C'est le frère du khalife al Mâmoûn, qui fut lui-même khalife sous le nom d'al Mou<ta~im.
10750(6) Abo11'l Mal_lâsin ( t. 1, p. 6 2 5) nous informe que c'est la même chose que Matar1at (Matarieh
10751moderne) près de <Aïn Chams (ancienne Héliopolis).
10752MAKRizt.
10753197
10754Radjah. Aboû Isl;ta~ se dirigea vers l'Égypte à la tête de quatre mille de ses Tul"cs,
10755combattit les gens du J.:Iauf en Cha<bân et entra dans la ville d'al Foustât, le
107568 des derniers jours de ce mois. Il fit mettre a mort les principaux (habitants)
10757du J:Iauf puis partit pour la Syrie, à la première lune, ~, d'al Moul;tarram 2 1 5,
10758à la tête de ses Turcs, emmenant grand nombre de prisonniers qui subirent force
10759souffrances et fatigues. Puis gouverna en Égypte :
10760§LVI. (Abdaweïh ibn Djabalat, un des abnâ (tl, pour la prière. Des gens s'étant
10761révoltés dans le I:Jauf en Cha<bân, il envoya (des troupes) contre eux, leur livra
10762des combats et fut enfin vainqueur.
10763Puis' al Afchîn J.:Iaïdar ibn Kâoûs a~ Soughdi (2) se mit en route pour l'Égypte,
10764le 3 passé de Dhoû'll;tidjdjat et, avec lui, <Ali ibn <Abd ai <Azîz al Djarawî, pour en
10765prendre l'argent. Mais (Abdaweïh ne lui paya rien et ille combaUit(3J. <Abdaweïh
10766fut de~titué et il {li) partit pour Bar~at. Puis gouverna :
10767§ LVII. <Isâ ibn Man~oûr ibn Moûsâ ibn <Isâ ar Râfi<î, qui gouverna au nom
10768d'Aboû Isl;ta~, le 1er de l'an 216, pour la prière. (Les gens de) la Basse-Terre,
10769tant Arabes que Coptes, s'insurgèrent en Djoumadâ 1, chassèrent les préfets
10770dont l'administration était mauvaise et refusèrent toute obéissance. Afchîn arriva
10771alors de Bar~at, au milieu de Djoumadâ Il. Puis il partit (en campagne) et, avec
10772lui, <lsâ, en Chawwâl. Tous deux livrèrent combat aux insurgés, firent des prison-
10773niers et tuèrent.
10774Al Afchîn poursuivit sa marche, tandis que 1sâ retournait (à Mi~r ). Al Afchîn
10775alla dans le ijauf, en tua nombre des habitants. Il y eut bien des combats. Enfin
10776l'émir des croyants <Abd Allah al Mâmoûn arriva, le 1 o passé d'al Moul;tarram 2 1 7.
10777n s'emporta contre (lsâ' déposa son drapeau' !1 !._,) J..=.. (5)' le condamna à porter
10778des vêtements blancs (6l, attribuant a lui et a ses lieutenants la révolution, 6~.
10779Il envoya les armées, assaillit les brigands, fit main basse sur les Coptes et
10780(Il Voir la note 3 de la page 193.
10781(2) cS~! ~le Sogdien, l'originaire de la Sogdiane,. L'édition de Bol1lâ~ porte à tort :cS~!,
10782a~ ~afad1 d'originaire de ~afad (ville de Syrie),: Afchin était un Turcoman. Cf. Abol1'1 Mal_lâain
10783(t. 1, p. 63o). Wüstenfeld (Statthalter, 2• partie, p. lw), écrit cependant: ~el Çafedi,.
10784(3) .W:.., fautif pour : .d:;t, que donne Aboll'l Ma}:lâsin (t. 1, p. 63o).
10785(~ l C'est-à-dire al Afch1n, comme le dit Aboû'l Mal_lâsin et comme le prouve la suite de notre
10786texte.
10787(sJ Aboû'l Ma}:lâsin (t. 1, p. 634) ajoute: <!Ü_rJ ~et le révoqua,.
10788(&) Le noir étant l'insigne des <Abbassides, c'était une marque de honte, pour un officier des 'Abbas-
10789sides, de porter des vêtements blancs.
107901. ~o .
p. 108
10791198
10792P. CASANOVA.
10793anéantit leur résistance(1J. Puis il partit, le 18 passé de $afar, après quarante-neuf
10794jours. Puis gouverna :
10795§ LVIII. Kaïdar, qui est Na~r ibn 'Abd Allah Aboû Mâlik a~ $oughdî (2l. Un
10796édit d'al Mâmoû~ lui arriva pour soumettre les gens à l'épreuve(3l, en Djoumadâii
107971. 3o.
107982 18. Le ~â(li d'Egypte était alors Hâroûn ibn 'Abd Allah az Zahrî. Il y consentit;
10799les témoins (qui assistent le ~âdi) y consentirent aussi et quiconque d'entre eux
10800s'abstint (4.) fut déchu de sa fonction de témoin. Les ~âdis, traditionnistes (5l et
10801mouezzins en firent profession et s'y maintinrent pendant dix-huit ans, jusqu'à
10802l'année 2 3 2.
10803Al Mâmoûn mourut en Radjah 2 18 et Aboû lsl)a~ al Mou'ta~im fut proclamé
10804(khalife) (6J. Une lettre de lui arriva à Kaïdar pour (l'informer de) son avène-
10805ment (7J et lui ordonner de chasser tous les Arabes qui faisaient partie du diwân,
10806de leur refuser tous appointements (sJ. Ce qu'il fit.
10807Yal)îâ ibn al Wazîr al Djarawî se révolta à la tête d'une troupe (des tribus) de
10808Lakhm etDjoudhâm.
10809Kaïdar mourut en Rabî' II 2 1 9. Puis gouverna son fils :
10810§ LIX. Al Mouqhaffar ibn Kaïdar, comme lieutenant de son père. Il marcha
10811contre Ya~îâ ibn [al] Wazîr, lui livra bataille et le fit prisonnier en Djoumadâ Il.
10812Puis l'Egypte passa à Aboû Dja'far Achinâs et son nom y fut proclamé,
10813AJ c.S.)(9l. [Al] Mouqhaffar fut déplacé en Cha'bân. Puis gouverna:
10814(Il Sur ces événements, Quatremère a donné de longs détails dans Rechetches sut l'Égypte
10815(p. 190-~12).
10816(2J Même observation que plus haut (p. 197, note 2 ). Kaïdar, comme Afchin, était un Turcoman. Ici
10817Wüstenfeld ( Statthalte't, 2• partie, p. 44) écrit encore : el-Çafedi, mais remarque (note 1) qu'Aboü'l
10818Mal)âsin écrit : el-Çogdi.
10819(~J ~1. Aboü'l Mal)âsin (t. I, p. 636), nous explique qu'il s'agissait de se prononcer sur la
10820question de la création du Coran : 0 y.JI ~
10821J~~ ~1. Au sujet de cette mesure d'al Mâmm1n,
10822Juynboll renvoie à Aboulféda (II, p. 1 54) à Reiske (p. 6 7 9) à Weil ( t. II, p. 2 6 2). Cf. DozY, Histoire
10823de l'islamisme, p. ~32.
10824(4) ~, ou : ~_,:; ( Aboü'l Mal)âsin ).
10825.
10826(s) Équivalent de:~~
10827~l..;;...o dans Aboü'i Mal)âsin (t. 1, p. 638, ligne pénultième).
10828(6l Cf. la note 5 de la page 196.
10829(7J ~,
10830ce qui peut s'entendre encore : «pour (lui demander de recevoir) le serment de fidé-
10831lité (des Égyptiens) envers lui"· Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 3o 1, l. 2 3 ).
10832(sJ Al Moü'ta~im ne voulait que des Turcs dans son administration et son armée. Voir plus loin,
10833page 2o5.
10834(9l C'est-à-dire que, suivant le nouveau système inauguré par al Mou'ta~im, l'Égypte était un apa-
10835nage d'Acbinâs qui, devenu une sorte de suzerain analogue aux seigneurs féodaux d'Europe,
10836nommait lui-même les gouverneurs directement, tandis que jusqu'alors ils étaient nommés par le
10837MAKRÎZÎ.
10838199
10839§ LX .. Moûsâ ibn Aboû'l 'Abbâs Thâbit au nom d'Achinâs, pour la prière, le
108401 er Ramaçlân 2 19. Il fut déplacé en Rabt II 2 2 u. Son gouvernement fut de
10841quatre ans et sept mois. Puis gouverna :
10842§ LXI. Mâlik ibn Kaïdar ibn 'Abd Allah a$ $oughdî (!J, au nom d'Achinâs, pour
10843la prière. Il arriva, le 7 des derniers jours de Rabî' II et fut déplacé, le 3 passé
10844de Rabî' Il 2 2 6, ayant gouverné deux ans et onze jours. Il mourut, le 1 o passé
10845de Cha'bân 2 3 3. Puis gouverna :
10846§LXII. 'Alî ibn Yal)îâ al Armanî (l'Arménien), au nom d'Achinâs, pour la
10847prière. Il arriva, le 7 passé de Rabî' Il 2 2 6.
10848Al Mou'ta$im mourut en Rabî' 1 2 2 7 et al Wâthi~ billah fut proclamé (khalife).
10849Ille maintint jusqu'au 7 Dhoû'lbidjdjat de l'an 2 2 8. Son gouvernement fut de
10850deux ans et trois mois. Puis gouverna :
10851§LXIII. clsâ ibn Man$oÛr, une seconde fois, au nom d'Achinâs, poùr la prière.
10852Il entra, le 7 passé d'al Moubarram 229. Achinâs mourut en l'an 23o. Son poste
10853fut occupé par Aïtâkh (2J qui confirma 'lsâ. Al 'iVâthi~ mourut et al Moutawakkil
10854fut proclamé (khalife). Il déplaça <lsâ au milieu de Rabî' 1 2 3 3. <Alî ibn Mahra-
10855weïh arriva, comme lieutenant de Harthamat ibn an Nadr(3l.
10856<Isâ mourut clans la ~oubbat al hawâ (li), après sa révocation, le 11 passé de
10857Rahr Il. Puis gouverna :
10858§LXIV. Harthamat ibn [an] Na gr al DjabaH, originaire d'al Djabal (5), au nom
10859d'Aïtâkh, pour la prière. Il arriva, le 6 passé de Radjah 233. Un rescrit d'al
10860Moutawakkil arriva (enjoignant) de cesser les discussions sur le Coran, le 5 passé
10861de Djoumadâ II 2 3 u.
10862Harthamat mourut, en fonctions, le 7 des derniers jours de Radjah 2 3 u.
10863Il laissa, comme remplaçant, son fils (6l ijâtim ibn Harthamat. Puis gouverna :
10864khalife. Son nom était prononcé publiquement, comme celui du khalife. Toutefois, il y a une nuance:
10865n'étant pas souverain indépendant, il n'avait pas droit à la khoutbat : aussi le texte arabe ne dit-ii
10866pas : .!Ù ~
10867mais : .!Ù a:. .
10868(IJ Cf. plus haut (p. 197, note 2 ).
10869(2J .,...l;.:.,! fautif pour · · 1..1
10870·
10871'-
10872..
10873. <:u.J .
10874(
108753J ~; Aboti'l Mal)âsin (t. I, p. 6gt) donne: Na~r,~. Wüstenfeld (Statthalter, 2< partie, p. u7,
10876note 1) adopte la leçon de Mal<.r1zî et remarque qu'il faut lire : an Nadr avec l'article.
10877(oJ Sur cette localité, voir notre auteur (texte arabe, t. Il, p. 202·). Cf. Mémoù·es de la Mission
10878arc~éologique française du Caire, t. VI, p. 55 5 et 56 7.
10879, (oJ, R~gion de la Perse. Au lieu de : ~, al DjabaB, Aboti'l l\fal)âsin donne : J~, al Dj1H,
10880c est-a-dt re du DjHistân, autre région de la Perse.
10881(6) "
10882··! {"
10883t d'"
10884.
10885~
10886wu e
10887tmpresswn pour : ~1.
10888P. 3t!i.
10889c 10.
p. 109
10890200
10891P. CASANOVA.
10892§ LXV. I:Iâtim ibn Harthamat ibn an Naqr, comme remplaçant désigné par
10893son père, pour la prière. Ii fut déplacé, le 6 passé de Ramaqân. Puis gouverna:
10894§ LXVI. <Alî ibn Yabîâ ibn (sic) al Armanî, une seconde fois, au nom d'Aï-
10895tâkh, pour la prière, le 6 passé de Ramaqân. Aïtâkh fut déplacé en al Moubarram
108962 3 5. Les biens qu'il avait en Égypte furent confisqués, ~'-!-ô~ l, et son nom
10897cessa d'être proclamé, mais on proclama à sa place celui d'ai Mounta~ir. <Alî fut
10898déplacé en Dhoû'lbidjdjat de cette année. Puis gouverna :
10899§LXVII. Isba~ ibn Yabîâ ibn Mou·âdh ibn Mouslim al Khatalî(ll, au nom d'al
10900Mounta~ir héritier présomptif de son père al Moutawakkil ·alâ Allah, pour la
10901prière et l'impôt. Il arriva, le 11 passé de Dhoû'lbidjdjat. Un rescrit d'al Mouta-
10902wakkil et d'al Mounta~ir arriva (enjoignant) de renvoyer d'Égypte dans l'lrâk
10903les 'fâlibis (2J. On les renvoya donc.
10904Isba~ mourut, après sa révocation, le 1er Rabî' II 2 3 7. Puis gouverna :
10905§LXVIII. Khoût(3J •Abd al Wâhid ibn Yahîâ ibn Mansoûr ibn Talhat ibn
10906.
10907.
10908.
10909.
10910. .
10911Zouraï~(
109124
10913l, au nom d'al Mounta~ir, pour la prière et l'impôt. Il arriva, le 9 des
10914derniers jours de Dhoû'l~a·dat 2 36. Il fut destitué (du gouvernement) de l'impôt,
10915le 9 passé de Safar 2 3 7, mais maintenu à la prière. Puis il fut remplacé à la fin
10916de $afar 2 3 8 par [l'émir ·Anbasat et arriva] (5l le lieutenant de ·Anbasat pour la
10917prière et la co-direction, A..J.,.r:Wl, de l'impôt, le 1er Rabî' I. Puis gouverna:
109181. ~o.
10919§ LXIX. ·Anbasat ibn Isba~ ibn Chamir ibn •Abs Aboû Djâbir, au nom d'al
10920Mounta~ir, pour la prière et comme associé à Ab mad ibn Khâlid a~ Sarîfînî (6J
10921le préposé à l'impôt. Il arriva, le 5 passé de Rabî' II 2 3 8. Il contraignit les préfets
10922à prévenir les crimes, à veiller sur les populations; il fut plein d'équité à leur
10923égard et fit régner la justice à un degré inouï de son temps. Il se rendait à pied
10924(l) Le texte porte : M· mais Aboü'l Mal,lâsin ( t. 1, p. 711) donne : J;Jl. et explique que ce nom
10925vient de la villa de Khatlân près de Samarl,iand.
10926l2l Les descendants d'Aboü 'fâlib qui est le père de •Alî. Ils portent, en effet, plus généralement,
10927le nom de Ali des. Aboü'l Mal,lâsin ( t. 1, p. 71 2) dit ici : des chérifs ali des" ~pl
109280~~~.
10929(3) Ce nom : b_,:... manque dans Aboü'l Mal,lâsin ( t. 1, p. 717 ).
10930l4l 13-!)j ou : 13:'j), Rouzaïl,i ( Aboü'l Mal,lâsin, t. 1, p. 717 ).
10931(ol Le texte est ici altéré; je le rétablis d'après Aboü'l Mal,lâsin (t. 1, p. 718) qui, au lieu de:
10932~~.dit:~~r.)..Ji'~..r.-o~~.
10933,
10934l6l ~:r=JI qu'il faut corriger, conformément à Aboü'l Mapâsin (t. 1, p. 723) en: ~.:raJI c est-
10935à-dire «originaire de la ville de ~arîfoô.n "· Yâ~oô.t mentionne deux villes de ce nom (Dict. géogr.'
10936éd. Wüstenfeld, t. III, p. 38lt). Sur ce personnage, cf. Tallqvist (Ibn Sa<îd- lkhschiden, P· tq
10937et IOq ).
10938MAKRÎZÎ.
10939201
10940masdjid al djâmi( (de <Amrou) avec l'armée. Il faisait crier, dans le mois de
10941~:maqân, les moments critiques :)~1
10942{LJ. On le suspectait d'être de la doctrine
10943des Khâridjîs.
10944Pendant son gouvernement, les Roûm débarquèrent à Damiette{2J, la. prirent
10945avec tout ce qu'elle contenait, tuèrent un grand nombre de gens, ravirent les
10946femmes et les enfants. Il marcha contre eux, le jour du nabr de l'an 2 3 8, à la
10947tête de son armée et d'une foule considérable, mais il ne put les atteindre.
10948On avait réuni en ses mains l'impôt à la prière, puis l'impôt lui fut retiré,
10949le 1 er Djoumadâ II 2 u
109501 et il ne garda que la prière.
10951.
10952Un resèrit arriva pour proclamer al Fatb ibn Khâ~ân en Rabî' 1 de l'an 2 U2,
10953et on le proclama.
10954, ,
10955.
10956, .
10957Cet <Anbasat fut le dernier Arabe qui gouverna l Egypte et le dermer emir
10958qui fit la .prière dans le masdjid djâmi( (de (Arnrou ). Il fut déplacé, le 1er Radjah
10959de cette année.
10960Al <Abbâs ibn (Abd Allah ibn Dînâr arriva, comme lieutenant de Yazîd ibn
10961<Abd Allah, pour (établir) le gouvernement de Yazîd. Le gouvernement de
10962·Anbasat fut de quatre ans et quatre mois. Il partit pour l'Irâk en Ramaqân 2 uu.
10963Puis gouverna :
10964§ LXX. Yazîd ibn (Abd Allah ibn Dînâr Aboû Khâlid un des affranchis,
10965J !_,.1.1 (du khalife). Al Mounta~ir le préposa à la prière. Il arriva, le 1 o des
10966derniers jours de Radjah 2U2. Il chassa les mignons, ~_,.l.l, de Mi~r, les fit
10967frapper et promener (ignominieusement), défendit les lamentations aux funé-
10968railles et fit frapper (plusieurs personnes) à ce sujet. Il partit pour Damiette en
10969guerre sainte, l~~, en al Moubarram 2 u 5 et revint en Rabî' 1. Il apprit alors le
10970débarquement des Roûm à al Faramâ et revint sur eux, mais ne les atteignit point.
10971Il abolit les paris, l.:.J~)\(
109723l, vendit les chevaux qu'on réservait au sultan (Ill et
10973il n'y eut plus de courses jusqu'en l'année 2 1.!9.
10974(ll Litt. : «les extrémités,, c'est-à-dire les deux moments où finit et où reprend, chaque jour,
10975le jeô.ne du Ramaqân. Aujourd'hui, l'usage dans le monde musulman est de les annoncer officiel,.
10976lement par un coup de canon. Le mot :yS s'applique généralement à l'aurore; ici il désigne égale-
10977ment le début de l'aurore et la fin du crépuscule; d'où le pluriel : )?·
10978l
109792l Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 21lt, l. 17 ).
10980(3) Le terme: ul.:b) désigne les défis à la course de chevaux, ce que les Anglais appellent «match"·
10981Aboû'l Mal,lâsin ( t. 1, p. 7Lt 1) complète le texte par ces mots : ~
10982~W ~l) c.s.)JI.
10983t•J ulhl-JI est ici l'équivalent de «~hef du pays,. Cf. plus haut, p. t85, note 8. Il semble, par
10984là' que l'habitude des émirs était d'avoir ce qu'on appellerait aujourd'hui une écurie de courses,
10985laquelle était recrutée par une sorte de tribut imposé à la population, d'où le terme : ulb.lwJJ ~.
10986Mémoires, t. III.
109871. 3o.
p. 110
10988202
10989'
10990P. CASANOVA.
10991Il pourchassa les Rafîçlis, ~1_,}1 (IJ, et les exporta dans l'lrâk.
10992Il construisit un mi~îâs du Nil en 2 47 ('l.J.
10993Pendant son gouvernement, des sévices furent exercés contre les <Aiîdes.
10994Al Moutawakkil mourut et son fils Moub.ammad al Mounta~ir fut reconnu
10995(khalife). Al Fa!b. ibn Khâ~ân mourut et al Mounta~ir confirma Yazîd au gou-
10996vernement de l'Egypte. Puis al Mounta~ir mourut en Rabt 1 2 48, et al Moustacîn
10997fut reconnu (khalife). Il envoya un rescrit pour l'istishâ (SJ contre une sécheresse
10998qui régnait dans l'Irâk. On fit l'istiskâ, le 17 passé de Dhoù'l~acdat. Les habitants
10999de tous les pays firent l'istùkâ le même jour. Al Moustacin fut déposé en al Mou-
11000b.arram 2 52 et al Mouctazz fut reconnu (khalife).
11001Djâbir ibn al Walîd se révolta dans le territoire d'Alexandrie. Des troubles
11002avaient éclaté dans cette région depuis Rabt Il. Mouzâb.im ibn Khâ~ân arriva
11003de l'Irâk pour prêter main-forte à Yazîd, à la tête d'une armée considérable, le
110041 3 des derniers jours de Radjah. Il en vint aux mains avec eux (les révoltés) et
11005finit par les dompter. Puis Yazîd fut déplacé: sa durée avait été de dix ans, sept
11006mois, dix jours. Puis gouverna :
11007•
11008P. 313.
11009S LXXI. Mouzâb.im ibn Khâ~ân ibn <Ourtoùdj, Aboù'lfawâris at Tourkî (le
11010Turc), le 3 passé de Rabt 1 2 53, pour la priere, au nom d'al Mouctazz. Il partit
11011pour le l:Iauf, dont il combattit les habitants et s'en retourna. Puis il partit pour
11012al Djîzat et alla à Taroùdjat dont il combattit les habitants. Il fit prisonniers
11013nombre des gens du pays et en tua beaucoup. Puis il alla au Fayyoùm; son
11014glaive frappa à tort et à travers, u:.ill:,, et, ayant multiplié ses combats contre les
11015gens des provinces, il retourna.
11016Il investit de la chourtat Ardjoûz (4) qui interdit aux femmes l'acces des bains
11017et cimetieres, emprisonna les mignons, ~j.ll, et les pleureuses, défendit de
11018dire à haute voix le b~'smi'llah (SJ, à la prie re, dans le djâmi\ en Radjah 2 53, alors
11019Mais Aboü'l Ma}_lâsin (t. 1, p. 71.!1) a ici: ~W ~
11020~choisis pour la course,. J'ignore laquelle
11021de deux lectures est la vraie, mais, personnellement, je préfère celle d'Aboü'l Ma}_lâsin.
11022(I) Partisans des sectes hérétiques outrées. Voir S. DE SAcY, Exposé de la religion des Druses, pré-
11023face.
11024i2l Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 58, l. 7).
11025(3) Prière publique analogue aux ~rogations" chrétiennes pour obtenir la pluie. Cf. page 171,
11026note 2.
11027'
11028:1.
11029(4) Aboû'l Ma}_lâsin ( t. 1, p. 77 2), écrit : j_,.:...; 1, Oukhoüz.
11030(5) ~~ indique l'énoncé de la formule complète : bismi'llahi ar ra~mâni arraMm, .Mil~
11031~)1 ~)1, qui figure en tête de toutes les sourates du Coran et que le peuple avait, comme on le
11032voit, l'habitude de prononcer en chœur, dans la mosquée, au moment de la prière.
11033MAKRÎZÎ.
11034203
11035que les .Égyp.tie~~ n'av~ie.nt ja~ais .c~ssé de dire ~e b~smi'llah à haute voix .~ep.~i~
11036l'islam Jusqu'à l mterdichon cl ArdJOUZ. Il contrmgmt le personnel du dJami a
11037maintenir les rangs et, à ce sujet, il donna charge à un individu non-arabe,
11038~~ (r"', de se tenir avec un :ouet dans .. l'arriere du masdjid, et il o~donna aux
11039gens des Q.al~at (Il ( ~, pluriel de : A..llùl) de se tourner vers la ~Iblat avant
11040l'exécution de la priere. Il interdit les coussins dont on se servait et les nattes qui
11041se trouvaient dans les madjlis du djâmic. Il ordonna que la priere tarwî~at(
110422
11043l
11044en Ramaqân fut faite cinq fois et les Égyptiens l'avaient toujours faite six fois
11045jusqu'au mois de Ramaqân 253. Il interdit le tathwîb(
110463J. Il ordonna que l'idhân
11047(appel du mouezzin) fut fait le vendredi dans l'arriere du masdjid et que la
11048priere dÙ matin fut faite à la fin de la nuit, ~.
11049Il défendit qu'on déchirât les
11050vêtements (en signe de deuil) pour un mort, ou qu'on se noircît(4J le visage et
11051qu'on se rasât les cheveux, ou que les femmes proférassent des cris; il établit des
11052châtiments à ce sujet et y déploya de la sévérité.
11053Puis Mouzâb.im mourut, le 5 passé d'al Moub.arram 2 54 et laissa pour rem-
11054plaçant son fils :
11055§ LXXII. Ahmad ibn Mouzâbim qui gouverna, eomme remplaçant de ~on pere,
11056pour la priere, jusqu'à ce qu'il mourut, le 7 passé de Rabt Il. Son gouvernement
11057fut de deux mois et un jour. Il laissa pour remplaçant :
11058§ LXXIII. Ardjoûz ibn Oûlough (5) Tourkhân at Tourkî, pour la priere. Il gou-
11059verna cinq mois et demi et partit, le 1er Dhoû'l~acdat, ayant été remplacé par
11060Abmad ibn Toûloùn au mois de Ramaqân 2 54. Il avait eu l'autorité (effective)
11061dans tout le pays, du temps de Mouzâb.ini, comme au temps de son fils Ab. mad.
11062Dieu, qu'il soit exalté! est le plus savant.
11063(I) Sur le mot : ll.h ~cercle" dans le sens de ~réunion religieuse, congrégation", cf. QuATRE-
11064MÈRE , Sultans M amlouks , t. J , p. 1 9 8.
11065(2) ~~~, pl. : t'-'~1, est le nom spécial donné aux prières faites dans les nuits de Rama~ân.
11066(3) ~#1
11067~prière surérogatoire" ou ~appel à la prière du matin"· Il y a doute sur le sens exact
11068qu'il faut lui donner ici.
11069(4l ~~faute d'impression pour: ~~.Cf. Aboü'l Ma}_lâsin (t. 1, p. 773).
11070(5) ~_,!lire:~_,!, nom turc bien connu; cf. Aboü'l Ma}_lâsin (t. 1, p. 777).
110711. 1 o.
p. 111
11072l. 20.
1107320u
11074P. CASANOVA.
11075Ac A
11076D'AL KATAI
11077. .
11078A
11079A
11080A
11081ET DE LA DYNASTIE DES BANOU TOULOUN(ll.
11082Sache que les traces d'al ~atâ'î ont disparu et il n'en reste aucune marque
11083connue. Son emplacement allait depuis la ~oubbat al hawâ dont la région a été
11084occupée par la ~ala'at al djabal jusqu'au djâmi' d'Ibn 'foûloûn. Telle était, semble-
11085t-il, la longueur d'al ~atâ'î. Quant à sa largeur, elle s'étendait depuis le com-
11086mencement d'ar roumaïlat sous la ~ala'at jusqu'a l'endroit appelé aujourd'hui
11087al arg a~ ~afrâ près du machhad ar râs connu aujourd'hui sous le nom de (mach-
11088had) Zaïn al 'Àbidin. L'étendue d'al ~atâ'î était d'un mille carré. La ~oubbat al
11089hawâ était sur la terrasse du djourf sur lequel est ~ala'at al djabal. Sous la
11090~oubbat al hawâ était le ~a$r d'Ibn '.Çoûloûn; et l'emplacement de ce ~a$r est
11091(aujourd'hui) le maïdân du sultan sous la ~ala'at et ar roumaïlat sous la ~ala'at,
11092ou est le marche des chevaux, ânes et chameaux, était un jardin. Auprès, était le
11093maïdân dans la région appelée aujourd'hui al ~oubaïbât. Le maïdân s'étendait
11094entre le ~a$r et le djâmi' qu'a construit Ibn 'foûloûn et en face du djâmi', du
11095côté du midi, était la dâr al imârat qui avait une porte dans le mur du djâmi'
11096permettant de se rendre a la ma~$0Ûrat qui contenait l'oratoire de l'émir et (de
11097là) au voisinage du mibrâb. Là aussi se trouvait dâr al baram (le harem).
11098(Il Ce chapitre a été traduit par Quatremère (Mémoires sur l'Égypte, t. II, p. 458 et seq.), mais
11099avec des abréviations nombreuses. Le même texte se retrouve, le plus souvent intégralement, dans
11100Aboü'l Mal).âsin (éd. Juynboll, t. II, p. 13, l. ult. et seq. ). Juynboll avait sous les yeux le texte de
11101Mal.<.rhî publié par Taco Roorda. La description d'al ~atâ'î a fait le sujet d'un important travail de
11102notre collègue M. Salmon dans nos Mémoù·es ( t. VII). La vie d'Al;lmad ibn 'foüloün a été l'objet
11103d'assez nombreuses études : MARCEL, Mémoire sur la mosquée de Touloun (inachevé) dans la Description
11104de l'Égypte (éd. Panckoucke), t. XVIII, 3• partie, p. 1-34; TAco RooRDA, Specimen historico-criticum
11105exhibens vitam A medis Tulonidis, Leyde, 18 2 5; CoRBET, The life and works of Ahmed ibn Tulun (Journal
11106iftheroyalasiaticSociety, an. 1891, p. 527- 562); VoLLERS, Fragmente aus demMugrib des Ibn Sa'îd
11107( Bericht über die Handschrift und das Leben des A~mad ibn Tûlûn von ibn Sa'îd nach ibn ed-Ddja) -
11108extr. de Semitistische Studien (éd. Bezold), Berlin, 1894. Ce dernier ouvrage contient l'histoire
11109d'Agmad ibn 'foüloün par ibn Dâyat intégralement transcrite par Ibn Sa'îd. On peut y joindre
11110Wüstenfeld (Statthalter, 3• partie) et STANLEY LANE PooLE, A histo1·y if Egypt in the Middle Ages,
11111Londres, 1901, p. 59 et seq.
11112Pendant l'impression de ce volume, a paru le deuxième fascicule du mémoire de M. Carl H. Becker
11113intitulé Beitrage zur Geschichte Aegyptens unter dem Islam, Strasbourg, 1 9 o 3. On y trouvera ( P· 149
11114à 198) une étude assez détaillée sur les 'foûloünides.
11115MAKRIZÎ.
11116205
11117Al Katâ'i était un ensemble de ~ou fat (tl habitées par les esclaves d'Ibn 'foûloûn,
11118ses soÎd~ts et ses gardes. Chaque ~atî'at était propriété d'une des troupes. On
11119disait : la ~atî'at des Noirs, la ~aWat des Roûm, la ~atî'at des Farrâch [qui répon-
11120dent à peu près aux djâmdârs ( agents .de police) actuels (2l]. Chaque ~atî'at était
11121affectée à la demeure d'un groupe [des gens nommés plus haut et elles (
111223J J équi-
11123d' l K'h.
11124(4J
11125valaient aux bârats
11126a . a 1rat
11127.
11128L'origine de la construction de ces ~atî'ats et leur cause vient (
111295
11130) de ce que l'émir
11131des croyants al Mou'ta$im billah Aboû Isba~ Moubammad ibn Hâroûn ar Rachid,
11132s'étant épris des Turcs et détaché des Arabes, expulsa ces derniers du diwân, ne
11133voulant plus entendre parler d'eux (6), leur refusa tous appointements et fit des
11134Turcs les soutiens de sa dynastie et les champions (litt. : ((les drapeaux") de sa
11135cause. Quiconque (d'entre eux) obtenait quelque influence sur lui, était investi
11136des gouvernements les plus riches ressortissant à la couronne(?). Celui qui était
11137investi d'un tel gouvernement y devenait un véritable vice-roi, ~,
11138y
11139exercant toute l'autorité et en recevant les revenus. Son nom était prononcé
11140.
11141,
11142dans les minbars comme l'était celui du khalife. L'Egypte était considérée
11143parmi eux comme un de ces gouvernements. Al Mou'ta~im et les khalifes qui lui
11144(Il .üb-', pl. : F désigne une pièce de terre. Le mot ~atd'i est lui-même le pluriel de ~atî'at
11145(employé immédiatement après) qui signifie ~fief,., ou, plus exactement «terre détachée (du do-
11146maine public) pour être assignée en toute propriété à un particulier,. On trouve cette expression
11147dans Ibn 'Abd al I:Jakam pour désigner certains points d'al Foustât qui, primitivement propriété
11148publique, furent donnés à des particuliers; voir le manuscrit arabe de la Bibliothèque Nationale
11149(Catalogue de Slane, n° 1687, p. 183) et A~ $ouYOÛ!Î, l)ousn al mou~d(larat, t. 1, p. 190. Cf. ce que
11150j'en dis dans Bulleti'l't de l'Institut français d'archéologie, t. 1, p. 190.
11151Aboû'l Mal;lâsin ( t. II, p. 1 4), interprète le mot ~atî'at par casernement : (;W.:,!.
11152(2) ()JI ~)\.)....~ (:)JO é~ r' à rétablir, d'après le texte d'Aboü'l .Mal;lâsin. Sur le djdmddr ()!~,
11153pl. : ~.) 1~) voir Dozy, Supplément.
11154(JJ f'' ~~ <:rl à rétablir d'après Aboù'l Mal;lâsin. Je pense qu'il faut lire : ~' et non : r' car
11155le pronom se rapporte à : ~
11156JS. Aboü'l Ma~âsin et les manuscrits donnent:~ au lieu de :
11157~
11158de l'édition de Boùlâ!.<. qui est, sans doute, une faute d'impression.
11159(4) Par conséquent, aussi aux khittats d'al Foustât, cf. plus haut (texte arabe, t. I, p. 296, in
11160fine).
11161(5J Ici .MaJ.<_rîzî intercale une longue digression que Quatremère a supprimée dans sa traduction
11162et qui fait défaut également dans le texte d'Aboû'l .Mal;lâsin.
11163(6) rt..-...1 b.i.wl, litt. : ~fit disparaître leurs norns,.
11164(7) ~
11165<:r 4)L4l.. Le verbe : ~_;... avec la préposition : <:r signifie ''dépendre de ... , être d~
11166ressort de ... , faire partie de ... ,., . Ainsi, dans Aboû'l .Mal;lâsin (éd. J uynboll, t. II, p. 7, l. 3), Il
11167est dit que le khalife chargea Al;lmad ibn 'foüloün de prendre possession des provinces faisant partie
11168de la terre d'Égypte,_y"= uO)I <:r Ji.-'!-)L4l. Jl.î~l ~
11169et que celui-ci prit possession d'Alexandrie.
11170Le mot : ~~ désigne la personne du khalife et, ici, par extension, le khalifat lui-même : il
11171répond fort bien à ce qu'on appelle, dans les monarchies modernes, la couronne.
111721. 3o.
p. 112
11173206
11174P. CASANOVA.
11175succédèrent se proposètent de disposer de ce gouvernement en faveur des Turcs,
11176a l'exemple de ce qu'avait fait ar Rachîd pour 'Abd al Malik ibn $âlib (en Égypte)
11177et al Mâmoûn pour 'fâhir ibn al J:lousaïn (dans le Khourasân ). C'est ce que fit
11178al Mou'ta~im pour les Turcs il investit Achinâs, al Wâthik investit Aïtâkh, al
11179Moutawakkil investit Boghâ (lJ et Wa~îf, al Mouhtadî investit Mâdjoûr (2l et d'autres
11180que ceux que nous venons de nommer, du gouvernement des provinces, comme
11181il est attesté dans les ouvrages historiques(3J. Bâkbâk (IIJ fut investi de l'Égypte et
11182demanda à y avoir un vicaire. Or Ab mad ibn 'foûloûn, dont le père venait de
11183mourir en 2 lw, avait vingt ans. Il était né d'une esclave qu'on appelait ~âsim
11184qui le mit au monde en l'an 2 2 o et mit au monde également son frère Moûsâ et
11185(ses sœurs) J:Iabasîat et Samânat. 'foûloûn était (du groupe) des 'foughzgouhz(5l
11186que Noûb ibn Asad gouverneur de Boukharâ avait amenés à al Mâmoûn avec tout
11187ce qu'il était chargé (d'apporter comme contribution) chaque année en arg·ent,
11188esclaves, bêtes de somme, etc.; -
11189cela en l'an 2 oo. Abmad ibn 'foûloûn reçut
11190une brillante éducation toute différente de celle que recevaient les fils des non-
11191arabes, ~
111921. Il se signala par la hauteur de ses conceptions, la distinction de
11193Ol w, lire : li,~.
11194l2l )~l..o. La lecture de ce nom est très incertaine. Des manuscrits donnent : LY'")I.;, _;~4, etc.
11195C'est sans doute le même personnage dont il est parlé dans Ibn al Athîr et dans al Mas'oûd1. Dans son
11196édition des Prairies d'Or, M. Barbier de Meynard adopte la lecture : Yardjoudj, ~~)~ ( t. VIII, p. 6
11197et ltt3); dans l'index de 'fabar1, M. de Goëje écrit: t~J~· Il faut remarquer, avec Wüstenfeld
11198(Statthalter, 3• partie, p. 5, note 1) que ce personnage ne doit pas être confondu avec : JY!'"l.o,
11199Mâdjoûr qui fut plus tard gouverneur de la Syrie. Ibn Dâyat écrit ce dernier nom : )Y!" loi, Amâdjoûr
11200(VoLLERS, Fragmente aus dem Mugrib, p. 1 2 , passim).
11201l3l De tels gouvernements étaient de véritables bénéfices, dans le sens de fiefs, tels qu'ils étaient
11202usités en Occident, au Moyen âge. La caractéristique de ces bénéfices est que le titulaire n'était pas
11203tenu à la résidence et pouvait nommer des gouverneurs à son gré. C'est ce que firent 'Abd al Malik
11204ibn ~âlil). (S XXX de ce chapitre), Achinâs (S XLIX), Aïtâkh (S Lill), al Mounta~ir (S LXVIII).
11205Comme en Occident, ce système de bénéfices et apanages eut pour effet de démembrer l'empire.
11206Les émirs indépendants se détachèrent peu à peu du pouvoir central, le combattirent au besoin
11207et le khalife n'eut plus qu'une autorité temporelle nominale tout en gardant sa situation d'imâm ou
11208chef spirituel. Nous verrons, en particulier, que l'Égypte fut réellement indépendante sous les dynas-
11209ties 'foûloûnide et lkhchîdite.
11210(o) ~!!~5 4 même incertitude sur ce nom. M. Barbier de Meynard (Prairies d'Or, t. VIII, p. 6 et lt13)
11211lit: «Baïkîâh, J~4· Weil (Gesch. der Chalijen, index) lit: «Babkîal ou Babkîab. On peut consulter
11212encore à ce sujet Juynboll (Aboü'l Ma~âsin, II, annotations, p. 81) et Freytag (Selecta ex histor.
11213Halabi,p. go).M. Vollers (Fragmenteaus dem Mugrib, p. 7,l. 15) écrit: 1!!41!!4, BâkBâk.
11214(al ~~~, lire : _rirl· C'était, au temps d'al Mas'oüdî, la plus puissante des tribus turcomanes
11215(Prairies d'Or, t. I, p. 288 ). M. Stanley Lane Poole adopte la lecture: Taghâzghan (A history of Egypt,
11216p. 6o ). Sur la lecture : Toughzghouz, voir la lettre de M. Noldeke publiée par M. de Goëje dans son
11217édition d'Ibn Ros teh et d'al Ya'J.<.oûbî ( Bibliotheca geographorum arabicm·um, t. VII, prœfatio, p. 8 ).
11218MAKRÎZÎ.
11219207
11220ses manières et son abstention de tout ce que recherchent les gens de sa classe.
11221Il fut curieux de traditions, aima le combat et partit pour 'farsoûs à di verses
11222reprises. Il rencontra les traditionnistes, suivit leurs leçons et rédigea ce qu'il
11223apprit. Il fréquenta les ?ens ~ieu~ 'et modes~es et se . forma a leurs manières.
11224Son mérite fut connu et tl devmt celebre au pres des samts personnages, W.__,~l.
11225Il se fit une place à part chez les Turcs et devint du nombre de ceux a qui on se
11226fie et sur qui l'on se repose pour les intérêts pécuniaires et les affaires secrètes.
11227Mâdjoûr lui donna sa fille en mariage : elie fut la mère de son fils 'Abbâs et de
11228sa fille Fâ~imat. Puis il demanda au vizir 'Oubaïd Allah ibn Yabîâ de le commis-
11229sionner, A~T- .0 ~,pour la frontière. La chose accordée, il partit pour 'far-
11230soûs où il séjourna. Sa mère souffrit de son éloignement et lui écrivit pour lui
11231dire son affiiction; aussi, une caravane s'étant dirigée sur Sourramanrââ, il partit
11232avec elle pour rejoindre sa mère. Il y avait dans cette caravane environ cinq cents
11233personnes. Or le khalife, en ce temps, était al Mousta'in billah Al}mad ibn al
11234Mou'ta~im :ii avait envoyé un serviteur vers le pays de Roûm pour y faire exécuter
11235des objets précieux et comme celui-ci revenait, avec tous ces objets qui faisaient
11236la charge d'un mulet, vers Tarsoüs, il faisait route avec la caravane. C'était l'ordre
11237des expéditions, ~ ~
112381, de marcher par troupes séparées. Les Arabes assaillent
11239un de leurs convois. L'alarme est donnée. Abmad ibn 'foûloûn se précipite pour les
11240combattre. 0n le suit. Il tire l'épée contre les Arabes, se jette au milieu d'eux et
11241parvient à leur reprendre tout ce qu'ils avaient enlevé et ils s'enfuient. Dans le
11242butin qu'il avait repris aux Arabes était le mulet chargé des biens du khaJife.
11243Abmad ibn 'foûloûn, par cet acte, acquit une forte considération auprès du ser-
11244viteur et grandit aux yeux de la caravane. Quand on arriva dans l'lrâk et que le
11245khalife vit ce que le serviteur lui apportait, il en eut grande satisfacLion. Le
11246serviteur lui apprit alo1·s l'attaque des Arabes, la capture qu'ils a v aient faite du
11247mulet avec ce qu'il portait et quelle avait été la conduite de Abmad ibn 'foûloûn.
11248Il lui fit donner mille dinars, le fit remercier par le serviteur, et lui ordonna
11249de venir lui en faire le récit quand il entrerait avec les Musulmans (à la cour
11250pour les audiences publiques). Ainsi fit-il et le khalife lui fit de nombreuses
11251. actions de grâce, ce qui mit le comble à sa faveur, et il lui accorda une de
11252ses esclaves appelée Miâs dont il eut son fils Khoumâraweïh (lJ, au milieu d'al
11253Moubarram 2 5o.
11254Quand al Mousta<în fut déposé et que fut proclamé al Mou'tazz, al Mousta'in
11255fut exilé a Wâsit et les Turcs choisirent Abmad ibn 'foûloûn pour l'accompagner.
11256tt ) Sur la prononciation de la terminaison:~' de certains noms propres, voir S. DE SAcY, Antho-
11257logie, p. 1 51.
11258.
11259P. 3t4.
11260l. t o.
p. 113
112611. 20.
11262208
11263P. CASANOVA.
11264Il fut donc remis a sa garde et il l'emmena. Il fut pour lui d'un commerce aimable,
11265lui permit les promenades et la chasse, préoccupé de lui épargner toute crainte à
11266son égard. Il attacha à sa personne son secrétaire Ahmad ibn Mouhammad al
11267W âsitî qui était alors écuyer de J:Iasan le châhid, d'un rare esprit de conversation {Il,
11268et dont al Mousta'în fit son familier. Puis Fatîhat, mère d'al Mou'tazz, écrivit à
11269Ahmad ibn 'foûloûn de mettre à mort al Mousta'în et elle l'investit du gou-
11270vernement de Wâsit, mais il s'y refusa et écrivit aux Turcs pour leur faire savoir
11271qu'il ne tuerait pas un khalife à qui il était lié par un serment de fidélité (2l. Cette
11272résolution augmenta son prestige auprès des Turcs et ils envoyèrent Sa'îd le
11273hâdjib et écrivirent à Al)mad ibn 'foûloûn de lui remettre al Mousta'în. L'ayant
11274reçu de lui, Sa'îd le mit à mort. Ahmad ibn Toûloûn, se dérobant à lui, retourna
112751 s
11276..
11277a ourramanraa.
11278Sur ces entrefaites, Bâkbâk était investi du gouvernement de l'Égypte et cher-
11279chait qui il pourrait y envoyer. On lui mentionna Ahmad ibn Toûloûn; il l'investit
11280de son vicariat et lui confia une armée. Il partit pour Mi~r et y entra, le mer-
11281credi 7 des derniers jours de Ramaqân 2 5 u. Il était investi (du pouvoir) sur le
11282chef-lieu, ~.iûl, à l'exclusion des provinces qui en dépendaient (3l, comme
11283Alexandrie, etc. Avec lui y entra Ahmad ibn Mouhammad al Wâsitî.
11284Les gens étaient assis (sur son passage) pour le voir. L'un d'eux demanda à
11285un écuyer d'Aboû ~abîl versé dans la science des mcd~amats (4l -
11286lequel était
11287aveugle -
11288ce qu'il trouvait dans leurs livres. Il leur dit : (\Nous trouvons cet
11289homme décrit de telle et telle façon : il exercera la souveraineté, lui et ses
11290enfants, près de quarante ans"· Il n'avait pas achevé son discours qu'Ahmad ibn
11291'foûloûn apparut et voici qu'il était bien tel qu'il l'avait dit(5l.
11292Quand Ahmad ibn 'foûloûn prit possession de l'Égypte, Ab mad ibn Mouhammad
11293al Moudabbir était préposé a l'impôt. C'était un des hommes les plus malfaisants,
11294un des plus diaboliques plumitifs. Il fit à Ahmad ibn 'foûloûn des présents dont
11295la valeur était de 1 o,ooo dinars, après qu'il fut allé à sa rencontre, lui et
11296Chal?:.îr l'Eunuque, page de Fatîhat mère d'al Mou'tazz, lequel était investi du
11297(1l ay:.WI ~6., cf. l'expression : J.:.!_,.;J~ .J'...:.b. dans Lane (Dictionnaire, vol. Il, p. 5go) et Dozy
11298(Supplément, t. 1, p. 298).
11299(2) ~
11300~) J, .,J, litt. : tf qui avait sur son cou une bî'at "· Sur la bî'at voir plus haut (p. 161,
11301note 4 ).
11302(3l ~~=:·-;b.· Voir ce que je dis de cette expression, p. 2o5, note 7·
11303(4) t""Rll, pluriel de : ~1. J'aurai l'occasion de parler de la malJ:wmat plus loin (texte
11304arabe, t. 1, p. 334, l. t3).
11305(5) L'auteur de cette anecdote est Ibn Dâyat qui dit l'avoir entendue d'al I;Iasan ibn Râfi' al Kâtib
11306un des assistants (VotLERs, Fragmente aus dem Muifrib des Ibn Sa'îd, p. A).
11307MAKRÎZÎ.
11308209
11309service de la poste. Ahmad ibn 'foûloûn vit Ibn al Moudabbir précédé de cent
11310pages ghoûrs(1l, triés avec soin, qu'il menait en troupe compacte. C'étaient des
11311hommes de belle prestance et de haute taille, d'un courage solide, vêtus de robes
11312~abâ ( ~~, pluriel de : W), avec ceintures lourdes et larges, tenant à la main
11313des fouets énormes, à l'extrémité desquels était un crochet en argent. Ils se
11314tenaient devant lui, des deux côtés de son siège, quand il donnait audience, et
11315chevauchaient devant lui quand il chevauchait, produisant ainsi dans le cœur des
11316gens une crainte profonde à son égard. Quand il envoya son présent à Ahmad ibn
11317'foûloûn, celui-ci le lui renvoya et Ibn al Moudabbir dit : ((C'est là une haute
113181. 3o.
11319(marque d') ambition; celui dont telle est l'ambition ne se reposera e~ qui que
11320ce soih (2l. Il le redouta et la pensée de le voir séjourner avec lui en Egypte lui
11321fut odieuse. Il alla trouver Chal?:.îr l'Eunuque, chef de la poste, et tous deux con-
11322vinrent d'écrire au khalife pour faire destituer Ibn 'foûloûn.
11323Quelques jours ne s'étaient pas écoulés qu'Ibn 'foûloûn envoya dire à Ibn al
11324Moudabbir : ((Que Dieu te glorifie! tu nous as adressé un présent dont il est loi-
11325sible de se passer et il ne nous (3J est pas permis de te dépouiller de tes richesses, que
11326Dieu les accroisse! C'est pourquoi nous te l'avons renvoyé en gratification pour
11327toi. Mais nous voulons que tu nous donnes, en échange, les pages que nous avons
11328vus te précédant; car nous avons plus besoin d'eux que toi." Quand cette com-
11329munication lui parvint, Ibn al Moudabbir dit : ~~Voilà une autre (ambition) plus
11330grave que la première que trahit cet homme, puisqu'il rend les cadeaux et l'argent,
11331mais demande comme présents des hommes et les recherche". Mais il ne trouva
11332rien pour se dispenser de les lui envoyer. La crainte (qu'on avait) d'Ibn al
11333Moudabbir passa à Ibn 'foûloûn et le prestige d'Ibn al Moudabbir disparut par
11334le départ des pages de ses audiences. Alors Ibn al Moudabbir écrivit à Sa Majesté, ·.
11335~' a son sujet, pour le dénigrer et pousser à sa révocation. 'Ibn 'foûloûn
11336l'apprit, mais il garda ce secret en lui et ne le dévoila pas. Or survinrent la mort
11337d'al Mou'tazz en Radjah 2 55, l'avènement d'al Mouhtadî billah Moubammad ibn
11338al 'Vâthil?:., le meurtre de Bâkbâk et le transfert de tout son pouvoir à Mâdjoûr le
11339Turc, le beau-père d'Ibn 'foûloûn (4J qui lui écrivit: ((Reçois de la part de toi-même
11340(1) )~1 0"'. Il s'agit sans doute de la tribu turcomane appelée par Mas'oô.dî : les Ghoô.ris, .ï(,l~l
11341(Prairies d'or, éd. Barbier de Meynard, t. l, p. 2 1 3).
11342-
11343(2) G!,b~l (:)""' G__,b ~'litt. : !fSUr une quelconque des extrémitésn. Le mot: G_,.b !fextrémitén
11344est employé métaphoriquement pour désigner tantôt l'aristocratie, tantôt le bas peuple, cf. Dozv,
11345Supplément.
11346::: Il ~a ut évidemment lire : F, et non : F. Cf. Taco Roorda ( Vita A medis Tulonidis, p. 56).
11347VOir plus haut, p. 2o5, note 7·
11348llfémoù·es, t. III.
p. 114
11349P. 3t5.
113501. 10.
11351210
11352P. CASANOVA.
11353t •
11354A
11355(1)
113561 •
11357( 1
11358•
11359•
11360pour 01-~eme" , et 1 aJouta a son gouvernement) les provmces qut dépendaient
11361du chef-heu de l'Egypte(2J. Ii écrivit à Isba~ ibn Dinâr qui gouvemait Alexandrie
11362qu'il remît cette ville à Abmad ibn 'foûloûn. La situation de celui-ci s'en fortifia
11363et le ressentiment et la douleur d'Ibn al Moudabbir s'en accrurent. Sa terreur
11364d'lb~ 1,oûloûn A fu~ si im~érieuse qu'elle ~'amena a le flatter et à gagner son
11365espnt. Ibn 'fouloun partit pour Alexandrie et la reçut des mains d'Isbak ibn
11366Dinâr qu'il y maintint (comme gouverneur). Abmad ibn 'Isâ ibn Chaïkh al Ch~ïbânî
11367avait le gouvernement des deux djounds(3l de Filastin et du Jourdain; à sa mort
11368~on fils :nvahilles prov~nces et s'e~ rendit m~ître. Ibn al Moudabbir ayant en voy~
11369a Bagdad 7 5 o,ooo dmars du tnbut de l'Egypte, Ibn Chaïkh s'en empara et
11370les partagea entre ses partisans. Il y avait alors le plus grand trouble dans
11371Bagdâ~ et !hn Cha.ïk~ ,convoitait la souveraineté des Syries et faisait répandre
11372le brmt qu tl v~ulaü l Egypte. Lors de la mort d'al Mouhtadi en Radjah 2 56 et
11373de la reconnaissance (comme khalife) d'al Mou'tamid billah Abmad ibn al
11374Moutawakkil, Ibn Chaïkh et ses partisans ne le proclamèrent pas et ne le recon-
11375nurent pas. Al Mou'tamid lui envoya l'investiture de l'Arménie en outre du gouver-
11376nement d~ Syrie qu'il avait déjà et lui concéda le vicariat sur ces provinces et la
11377confirmation de ses actes. Alors il proclama àl Mou'tamid. Celui-ci écrivit à Ibn
11378'foûloûn de se préparer à combattre Ibn Chaïkh et à augmenter ses troupes.
11379Il é~rivit à lb~ alA Moudabbir de lui livrer des revenus de l'Égypte ce qu'il vou- ·
11380draü. Ibn 'fouloun convoqua des recrues et enrôla, ~~
11381(4>, celles qui étaient
11382aptes. I~ acheta de.s esclaves (des pays) de Roûm et des Noirs, fit tout ce qui étail
11383nécessaire et partit avec une grande pompe et une armée considérable. Il envoya
11384so~mer I~n ~ha.ïkh de fai:e soumission au khalife et de rendre l'argent qu'il avait
11385prts. A Cehu-~1 lm ayant fatt une réponse insolente, il partit, le 6 passé de Djou-
11386mada II, laissant comme remplaçant à Mi$r son frère Moûsâ ibn 'foûloûn puis,
11387sur un écrit venu de l'Irâk, il revint sur ses pas et entra a al Fous~â~ en Cha'bân.
11388(Il
1138931
11390•'
1139111 31
11392•'
11393~
11394No
11395d'
11396' l
11397t d'
11398· h
11399C'
11400·
11401A
11402~
11403~ ~
114040.o r- ·
11405us 1sons, ega emen ,
11406un ami c er: rt
11407est un autre mOI-meme".
11408Wüstenfeld me paraît avoir mal entendu cette phrase qu'il traduit : rt Gehe deinen Weg von
11409selbst für di ch selbst ": (Statthalter, 3• partie, p. 9·)
11410.(2) ,!h~ Dâyat (VoLLERs, Fragmtmte, p. 11) emploie, au lieu de:~ rtchef-lieu", le mot:~~ qui
11411dOit sig~tfier : rt gouvernement militaire". Aboû'l Mal).âsin ( t. II, p. 7), dit que cette lettre lui vint
11412du .~h~h~e : ~
11413ue;l <r 4)l4!. Jli ~~ ~~
11414<!û~ ~)Jl. ':-'(;.:) ~~ ::.;, rs. On voit que le verbe :
11415~
11416s1gmfie 1c1 rt recevOir, prendre possessiOn de" comme dans la lettre que Ma].<.rlzi attribue à Mad-
11417joûr. Sur l'expression : e;r 4;l4!., voir plus haut (p. 2 o5, note 7 ).
11418(3) ~.litt. : rtarmée" a le sens de rtconfins militaires" assez analogues aux rtmarches" de
11419l'Occident. Sur ce mot, voir MAs'oûnî, Prairies d'or (éd. Barbier de Meynard, t. V, p. 2ol!; t. VIT,
11420p. 208, etc.).
11421(4) ~~, faute d'impression.
11422MAKRÎZÎ.
11423211
11424Cependant Mâdjoûr le Turc (tl partit de l'Irâk pour combattre Ibn Chaïkh. Les
11425partisans d'Ibn Chaïkh dont le fils était à leur tète en vinrent aux mains avec
11426lui et il les défit; le fils (d'Ibn Chaïkh) fut tué et Mâdjoûr occupa Damas. Quant
11427à Ibn Chaïkh il se réfugia dans les dépendances de l'Arménie. Mâdjoûr fut alors
11428investi de toutes les provinces de fa Syrie.
11429Ahmad ibn 'foûloûn(2l, par la multitude de ses esclaves, de ses soldats, de ses
11430armements, se trouva fort à l'étroit dans son palais qu'il ne pouvait agrandir. Il
11431alla à cheval au pied de la montagne (al Mou~attam) en Cha'bân et ordonna de
11432raser (3) les tombeaux des Juifs et des Chrétiens, fit bâtir sur ce terrain et con-
11433struisit fe ~a$r et le maïdân. Il recommanda à ses compagnons, à ses pages, aux
11434gens de sa suite d'y bâtir, pour eux-mêmes, tout autour. Ce qu'ils firent, si bien
11435que leurs maisons s'étendirent jusqu'aux constructions (4) d'al Foustât. Puis furent
11436créées les ~atî'ats et chaque ~atî'at reçut le nom de ceux qui l'habitaient. Les
11437Nubiens avaient, pour eux seuls, une ~atî'at qui portait leur nom, les Roûm de
11438même, les Farrâch de même, chaque corps de pages de même. Les officiers
11439bâtirent en divers endroits et al ~atâ'î (les ~a tf at) se couvrit de magnifiques
11440constructions que séparaient des sikkats, des zou~â~s, et parmi lesquelles s' éle-
11441vaient les plus beaux masdjids, les moulins, les bains, les fours. Des noms furent
11442donnés aux soû~s; par exemple : soû~ al 'Ayyârin (5) qui corn prenait les parfumeurs et
11443les marchands d'étoffes; soû~ al Fâmîyîn (6l qui comprenait les bouchers, fruitiers
11444et rôtisseurs, -dans les boutiques des Fâmîyîn il y avait tout ce qu'il y avait dans
11445les boutiques de leurs eon génères de la ville (d'al FoustâO, en plus grand nombre
11446et de meilleure qualité; soû~ at 'fabbâkhîn qui comprenait les changeurs(
114477l,
11448(Il C'est un autre que le beau-père d'Al)mad ibn 'foûloûn. Cf. plus haut (p. 2 o6, note 2 ).
11449(2) Ici reprend la traduction de Quatremère, ainsi que le texte d'Aboû'l Mal).âsin.
11450<3J <.!J_r, litt. : rtlabourer "·Le manuscrit 17 36 de la Bibliothèque Nationale de Paris, porte: ':-'~, ·.
11451d'où la traduction de Quatremère : rtdémolir".
11452(4J iS)li· Ce mot, masé).ar du verbe:~ a, en général, le sens abstrait. Ici il a un sens concret
11453que le pluriel français rend assez exactement.
11454(sJ ~;~1. Quatremère traduit par rt essayeurs de métaux" se fondant sans doute sur le sens de
11455)~ rt contrôle du titre des monnaies". Mais ce sens ne me paraît pas satisfaisant. Taco Roorda
11456(Vita A medis Tulonidis, p. 6 3 , note c) signale dans un manuscrit la lecture :. ~)~1 et suppose que
11457Quatremère a eu cette lecture en vue; en effet' le verbe : r a' entre autres' le sens de ((vérifier
11458des marchandises, des métaux"· Il ajoute, lui aussi, cette réflexion : ~ Equidem adhuc de vera
11459scriptione sensuque dubito,.
11460(GJ ~WI ou, d'après le manuscrit q36: 0~WI. Quatremère traduit: rtmarchands de blé,.
11461Le mot: r_,.; dont paraît être dérivé le mot: ~WI désigne l'ail, les pois, le froment et généra-
11462lement tous les grains dont on peut faire le pain.
11463• (7J G)~l. On ne s'explique guère ici la présence des changeurs; je crois qu'il vaudrait mieux
11464hre: ~)~1 rtles vendeurs de saumure,. Sur:~ rtsaumure ", cf. Dozy, Supplémtmt.
11465fJ7·
114661. !10.
p. 115
114671. 3o.
11468212
11469P. CASANOVA.
11470boulangers et confiseurs. Chaque catégorie de marchands avait un soû~ superbe
11471et fréquenté, al ~atâ'î devint une grande ville plus peuplée et plus belle qu'ach
11472Châm(1J.
11473Ibn 'foûloûn bâtit son ~a~r, l'agrandit et l'embellit et lui adjoignit un grand
11474maïdân (manège) ou l'on jouait à la paume, .;:;..»~1, et le ~a~r tout entier prit
11475le nom d'al Maïdân. Quiconque, grand et petit, voulait sortir (d'al Foustât), si on
11476lui demandait la direction qu'il prenait, disait : ~ A al Maïdân (2J ". Il fit faire au
11477maïdân des portes dont chacune avait un nom. Ce furent bâb al maïdân par
11478laquelle entrait et sortait le gros de l'armée; bâb a~ ~awâlidjat et bâb al Khâ~~at;
11479-
11480n'entrait par cette dernière que les khâ~~at (intimes) d'Ibn 'foûloûn; bâb al
11481djabal ainsi appelée parce qu'elle touchait à djabal al Mou~aHam ; bâb al ~aram (3J
11482ou n'entraient que les eunuques et les femmes; bâb ad Darmoûn (ainsi nommée)
11483parce qu'y siégeait un chambellan noir d'une taille gigantesque investi (de
11484la répression) des délits, ü~~, des pages noirs à pied exclusivement l4J et
11485appelé ad Darmoûn; bâb Da'anâdj (ainsi nommée) parce qu'y siégeait un cham-
11486bellan appelé Da'anâdj; bâb as sâdj parce qu'elle était faite de bois de sâdj; bâb
11487a~ ~alâat parce qu'elle était dans ach châri' al a\lham (la voie principale) et qu'on
11488se rendait par là à djâmi' Ibn 'foûloûn (pour la ~alâat ~(prière,). Cette dernière
11489s'appelait encore bâb as sibâ' parce qu'il s'y trouvait la figure de deux lions (saba',
11490pl. : sibâ') en plâtre. Le chemin par lequel sortait Ibn 'foûloûn et d'ou il se
11491dirigeait vers le ~a~r était très large; il le coupa d'une muraille dans laquelle
11492il fit faire trois portes avec des dimensions aussi grandes que peuvent avoir des
11493portes, contiguës l'une à l'autre, chacune sur le côté de sa voisine. Lorsqu'Ibn
11494Toûloûn montait à cheval, une armée exécutait avec lui une sortie en masse,
11495dans un ordre parfait et sans confusion. Ibn 'foûloûn sortait alors par celle des
11496trois portes qui était au milieu, seul, sans que qui que ce fût se mêlât à lui. Ces
11497portes étaient ouvertes toutes à la fois, le jour de la fête (de la rupture du jeûne)
11498(1l rWI. Le manuscrit q36 a ici : rWI 0w y.Si d'où la traduction de Quatremère: ~les plus
11499grandes villes de Syrie,, Ach Cham désigne, au moins aujourd'hui, Damas aussi bien que la Syrie.
11500Mais si l'on considère sur le terrain la médiocre étendue de la région, il est bien peu vraisem-
11501blable qu'al ~a!â'i ait été jamais aussi important que Damas.
11502Ce nom aurait-il quelque rapport avec celui de ~a§r ach chdm, rLll ~', donné, nous apprend
11503Ya\<oüt, au chateau de Babylone? Cf. notre Bulletin, t. 1, p. t83.
11504(2l C'est-à-dire qu'al Maïdan était devenu le nom d'une ville. Ma\<riz1 se sert ici presque des
11505mêmes expressions que plus haut (texte arabe, t. 1, p. 3oft, l. 33) au sujet d'al 'Askar.
11506(3l r_rU.. Aboü'i Ma~asin ( t. II, p. t6) écrit : rM.
11507(4l Le mot : hi.; me paraît s'appliquer à: Jûl.:;-.}1 ~à pied, que Quatremère supprime. La juridic-
11508tion ne s'étendait, sans doute, pas aux cavaliers.
11509MAKRÎZÎ.
11510213
11511ou le jour de la revue des troupes ou le jour des aumônes; les autres jours,
11512on ne les ouvrait que l'une après l'autre, ~fi, et à certaines heures
11513fixées.
11514Dans le ~a~r était un madjlis d'où Ibn 'foûloûn dominait, aux jours de revue
11515ou d'aumônes, afin de regarder, de cette hauteur, qui entrait et sortait. La foule
11516entrait par bâb a~ ~awâlidjat et sortait par bâb as sibâ'. Au-dessus de bâb as sibâ'
11517était un madjlis d'où Ibn 'foûloûn dominait, dans la nuit de la fête, sur al ~atâ'î,
11518afin de voir les mouvements des pages, leurs équipements et leur train de maison.
11519S'il voyait, clans la tenue de l'un d'eux, quelque lacune ou défaut, il lui faisait
11520donner de quoi vivre plus largerpent et augmenter son élégance. Il dominait de
11521là, aussi, sur le ·fleuve et sur la porte de la ville d'al Foustât et le voisinage.
11522P. 3t6.
11523C'était un magnifique endroit de plaisance.
11524Il bâtit le cljâmi' appelé al djâmi' al djaclîcl (tJ et le 'aïn (bassin d'eau vive)
11525et la si~âyat (abreuvoir) clans al Ma'âfirl2J. Il bâtit le (mascljid de) tannoûr
11526Fir'oûn sur la montagne (JJ.
11527Ses richesses s'accrurent l4J; ses écuries et haras (
115285J se multiplièrent et sa
11529renommée s'enfla, si bien que Mâcljoûr(6J le craignit et écrivit, à son sujet, à Sa
11530Majesté pour le dénigrer. Ibn al Moudabbir et Cha~îr l'Eunuque écrivirent aussi
11531à son sujet. Ibn 'foûloûn avait des espions et des informateurs qui le tenaient au
11532courant de tout ce qui se passait. Quand il apprit cela, il fit manœuvrer, .b.il:3,
11533les informateurs qu'il avait à Baghdâd auprès du vizir, si bien que celui-ci lui
11534fit parvenir les lettres d'Ibn al Moudabbir et les lettres de Cha~îr, sans qu'ils en
11535eussent connaissance. Or voici ce qu'il y était elit : ~(Ibn 'foûloûn complote de
11536régner sur l'Égypte et de s'y rendre indépendanb. Il garda le secret de ces
11537lettres, puis Cha~îr vint à mourir. Alors il écrivit à Sa Majesté pour demander
11538la révocation d'Ibn al Moudabbir (du gouvernement) des finances et la nomi-
11539nation de Hilâl. Ayant reçu réponse favorable, il fit arrêter et emprisonner Ibn
11540al Moudabbir. Puis il eut avec lui diverses affaires successives, jusqu'au départ
11541d'Ibn al Moudabbir de l'Égypte et la nomination d'Ibn 'foûloûn aux finances, et
11542(1) La mosquée neuve, par opposition à al djdmi' al 'atî~ (ou al ~adîm) l'ancienne mosquée de
11543'Amrou. Pour les détails voir le chapitre spécial (texte arabe, t. II, p. 265 ).
11544(2) Sur ce quartier, voir plus haut (texte arabe, t. 1, p. 298, l. q).
11545(3) Voir l'article spécial qui lui est consacré (texte arabe, t. II, p. 45 5, l. 2 1 ).
11546(4) Les renseignements historiques qui suivent ont été omis par Quatremère et manquent dans
11547Aboü'l MaMsin, du moins à cette place.
11548(s) Litt. : ~chevaux, éi;S.
11549(s) Celui de Syrie.
p. 116
115501. l o.
1155121ft
11552P. CASANOVA ..
11553ensemble au gouvernement de la ma'oûnat (lJ et des fron~ieres de Syrie. Il supprima
11554les ma'oûnat et les marjilf (2J qui étaient, rien que pour l'Egypte, de 1 o o,oo o dinars
11555par an. En rétribution, ~,
11556de cela, Dieu lui fit la grâce (de la découverte)
11557d'un trésor {.3) où il y avait un million de dinars dont il construisit le mâristân.
11558Il partit pour la Syrie dont il avait reçu l'investiture, prit possession de Damas
11559et de J:Iim~, assiégea Antioche qu'il prit.
11560Ses aumônes pour les pauvres et humbles (4J, les malades, les indigents et les
11561ascetes (5J se succédaient sans relâche; il y consacrait régulierement 2, o o o dinars
11562par mois, sans compter les charges imprévues (venant) des vœux ou aumônes
11563de reeonnaissance pour le renouvellement des grâces (divines), et le service
11564journalier des cuisines (affecté) aux aumônes (de vivres) dans sa demeure et
11565ai Heurs, où l'on tuait bœufs et moutons, où l'on puisait (6J pour le peuple dans
11566des marmites de terre et de grandes écuelles, pour chaque marmite ou écuelle,
11567quatre pains par malheureux, deux où l'on mettait du faloûclhacy'(?), les deux autres
11568(au hasard de) la marmite (SJ. Cela se faisait dans sa demeure et l'on annonçait
11569publiquement que qui voulait venir à la demeure de l'émir y vînt. Les portes
11570s'ouvraient; la foule entrait dans le maïdân pendant qu'Ibn 'foûloûn se tenait
11571{ll Comme dans le texte d'Ibn Dâyat dont j'ai parlé dans la note 1 de la page 21 o, on voit que ce
11572mot désigne ici le gouvernement militaire et remplace l'expression jusqu'alors usitée de: a~
11573cr prière,.
11574{2) La ma'oiînat; JU~I, pl. : w~l et le mar.fi~, &).1, pl. : &~1, désignent des contributions
11575extraordinaires : aides et subsides. Sur la ma'oûnat qui signifie exactement rr aide" (de la racine :
11576~
11577L1>) voir Dozy Sun'Plément. Nous venons de voir ce mot signifier: cr gouvernement militaire";
11578(.:)
11579, l:J..T"""
11580'
11581r.
11582.
11583ailleurs, nous le verrons signifier rrpolice, prison" par une dérivation différente de la même racme:
115840~ rraider, prêter main-forte,.
11585.
11586, .
11587Notre auteur nous a déjà dit (texte arabe, t. 1, p. 1 o3, l. 38) que ces noms hypocntes etaient
11588donnés aux impôts extraordinaires (hilâlis) perçus par Ibn al Moudabbir et qui furent rétablis plus
11589tard sous le nom de maks ( ~, pl. : ù"'.,S::. ). Cf. BEcKER, Beitriige zur Geschichte Aegyptens, p. t43.
11590{3) Sur les circonstances de cette découverte, voir le chapitre de la mosquée d'Ibn 'foûloûn (texte
11591arabe, t. II, p. 465, 1. 29 et p. 467, l. 14 et seq.).
11592{~) ri· Sur ce sens' voir DozY, Supplément.
11593' .
11594.
11595{5) ~1
11596j.dll. Le terme mystique de :y signifie proprement: rrsupporter avec res1gnat10n
11597les souffrances et la pauvreté,. On pourrait traduire: rrles résignés"; mais ici il y a, je crois, une
11598nuance de plus et il s'agit de ceux qui souffrent volontairement par ascétisme.
11599Cette expression a embarrassé Taco Ro01·da (op. cit., p. g 5 ). ·
11600{6) (;~. Ahoû'l Mal;tâsin ( t. II, p. 17) donne : (;fi rr on distribuaih.
11601{7J
11602<::~_,Jl; du persan : /S.::. }4, pâte d'amidon et de miel.
11603.
11604, ,
11605,
11606{sJ ).)..i)l ~. Aboû'l Mal;tâsin : ~L..:ü.ll, a).)..i)l ~, litt. : cr sur la marm1te et l ecuelle"·. J ~voue
11607ne pas être sûr de comprendre cette phrase et c'est par conjecture que je l'interprète ams1, en
11608donnant à la préposition : ~le sens de : cr suivant, d'après , .
11609•
11610Taco Roorda (op. cit., p. g5) écrit: )J.)..i)l (;~ crau-dessus des marmites" ce qui ne me parait
11611pas plus clair.
11612MAKRÎZÎ.
11613215
11614dans le macy'lis dont il a été parlé, considérant les pauvres et contemplant leur joie
11615de ce qu'ils mangeaient ou emportaient. Et cela le réjouissait et il louait Dieu de
11616ses grâces. Un jour, lbrâhîm ibn ~arâ~oughân (IJ qui était préposé à ses aumônes
11617lui dit : ~ Dieu fortifie l'émir! Nous voici arrêtés dans les endroits où l'aumône
11618est distribuée et l'on nous sort la main délicate dont la teinture (au henné) est
11619(artistement) dessinée et le poignet dont le bracelet (
116202J est splendide et la main
11621qui porte anneau!" (.3J. Ii lui répondit : ~ Hé l'ami P4J si quelqu'un te tend sa
11622main, donne-lui, car c'est là la classe, A.4hJ 1 (5J, modeste à laquelle Dieu,
11623qu'il soit loué et exalté! fait allusion dans son Livre, quand il dit : tt L'ignorant
11624rr les croit riches à cause de leur réserve" (6J. Aie donc garde de repousser une
11625main qui t'est tendue et donne à tous ceux qui te demandent. "
11626Quand (?J Abmad ibn 'foûloûn mourut et que son fils Khoumâraweïh lui succéda,
11627il s'établit dans le ~a~r de son pere et l'agrandit. Il s'occupa du maïdân qui
11628appartenait à son pere et en fit tout entier un jardin , il planta des sortes de
11629plantes odoriférantes et des variétés d'arbres. Il y transplanta le waclî latîf(BJ dont
11630le fruit est à la portée de l'homme debout et quelquefois à la portée de l'homme
11631assis; (c'est une) des plus belles especes de palmier. Il y fit venir toutes sortes
11632d'arbres énormes et magnifiques, toutes variétés de roses, y planta le safran,
11633revêtitles troncs des palmiers de cuivre doré d'un beau travail, intercalant entre
11634le cuivre et les troncs des palmiers des tuyaux de plomb où coulait l'eau aménagée
11635(à cet effet ).Il jaillissait des doublures, "'-~·~·d.~.:;, du tronc, ~t,, des palmiers (9J
11636{lJ Ibn Dâyat (VoLLERs, Fragmente, p. 4t) l'appelle A~râtoughân, 0t.&~l et rapporte, comme la
11637tenant de lui en personne, l'anecdote qui suit. Le texte de Ma~rhî n'est pas absolument identique
11638à celui d'Ibn Dâyat.
11639{2) a~~. litt. : crla ferrure ,. DozY, Supplément, signale le sens d'entrave assez analogue à
11640celui que nécessite notre texte et que Taco Roorda (op. cit., p. g6) a fort bien établi.
11641<3l Ce sont tous indices de luxe et de richesse.
11642{Ill lM ~, litt. : cr Ô celui-ci!,, expression familière. Dans le langage moderne d'Égypte, on dit
11643volontiers : ~~) ~. yâ ragueZ rrÔ homme! "·
11644{&J Le texte de Boûlâ~ porte : ~blll mais la vraie leçon est donnée par Ibn Dâyat (loc. cit. ).
11645Cf. Taco Roorda (op. cit., p. g6 ).
11646<6J Coran, II, 2 7 4. Cette interprétation du verset est assez singulière, car le texte du Coran vise
11647les pauvres qui n'osent pas demander et, ici , il s'agit de ceux qui osent demander.
11648{7J Reprise de la traduction de Quatremère. -
11649Le texte analogue d'Aboû'l Mal;tâsin commence à
11650la page 55.
11651{sJ ~1
11652~.::._,JI. Quatremère traduit par cr des palmiers d'excellente qualité"· Les dictionnaires
11653désignent par : ~.::._,JI rrles premières pousses de palmier, .
11654{gJ Quatremère traduit : rr du tronc de chaque palmieu. L'expression : ~L.a:; lui a paru
11655embarrassante et il l'a escamotée. Elle est, en effet, assez singulière. Nous la retrouverons plus
11656loin.
116571. 20.
p. 117
116581. 3o.
11659216
11660P. CASANOVA.
11661..
11662des fontaines d'eau' lesquelles descendaient a des .fisM,ats (l) préparées et l'eau'
11663de la, se répandait en des canaux qui arrosaient tout le jardin. Il y planta des
11664essences odoriférantes dont le semis formait un dessin préparé et des écritures,
11665le jardinier y appliquant soigneusement le sécateur pour qu'une feuille ne dépassât
11666pas l'autre. Il y planta le nénupharl2l rouge, bleu et jaune et la giroflée (3) la
11667plus admirable. On lui envoya, comme présents, du Khourâsân et autres contrées,
11668de magnifiques essences. On fit pour lui des greffes d'abricotier sur amandier
11669et autres opérations de ce genre des plus curieuses et des plus belles. Il y
11670construisit un hourdi de bois de sâdj a dessins ajourés pour servir de voliere; il
11671y fit peindre des variétés de couleurs, en fit paver le sol et plaça dans ses dou-
11672blures, A...R ~~
11673(4l, des ruisseaux aux élégantes rigoles où coulait l'eau
11674aménagée par des sâ~îats qui tournaient sur les puits les plus limpides, pour
11675arroser les arbres et le reste. On lâcha dans ce bourdj différentes especes de
11676tourterelles, ramiers et noûnîats, ü~
11677_,Ail (5), tous oiseaux magnifiques, de beau
11678ramage. Les oiseaux. buvaient et se baignaient a ces ruisseaux qui couraient dans
11679le bourdj. Il y plaça des nids en d'élégants tonnelets l6l posés dans le creux des
11680murs, afin que les oiseaux y pondissent. Il y installa des bois placés sur les côtéR
11681pour qu'ils s'y posassent, quand ils étaient dispersés, de sorte qu'ils se répon-
11682dissent mutuellement par leurs chants. Il lâcha dans le jardin les oiseaux les plus
11683magnifiques, comme les paons, les poules d'Abyssinie (?J et beaucoup d'autres du
11684A
11685meme genre.
11686Il fit dans sa maison un madjlis avec portique qu'il appela baït adh dhahab
11687(maison d'or) dont les murs étaient recouverts d'or marié à l'azur travaillé du
11688dessin le plus beau et des plus rares détails (de décoration). Il fit faire, d'une fois
11689(l) JW, pluriel de : ~
11690~bassin avec jets d'eau"· Cette disposition n'est pas très compréhen-
11691sible. Je n'y vois qu'une chose de bien nette, c'est que les troncs des palmiers servaient à élever les eaux
11692à une certaine hauteur, mais l'auteur ne nous dit pas comment était obtenue la pression nécessaire.
11693(2) ~~~,nom persan, d'où est dérivé, semble-t-il, notre mot ~nénuphar", désigne toute espèce
11694de nymphœa et ici, je crois, spécialement le lotus.
11695(3) ~~·Le manuscrit q36 donne: ~~ rrsorte de giroflée, d'après LANE, Dictionnaire. C'est
11696le sens adopté par Quatremère.
11697(4) C'est-à-dire entre le sol et le pavé. Sur cette expression, voir la note 9 de la page précédente.
11698(5) Quatremère a lu: 0 ~__,.; rroiseaux de Nubie,, Dozy (Supplément, t. II, p. 7/w) relève les
11699diverses lectures : 0.__,.;, ;:s__,.;, j__,.ï, jy:b, pour désigner une sorte d'oiseau, qu'il ne définit pas autre-
11700ment. Le mot bourdj a spécialement le sens de rrpigeonnier" (cf. notre auteur, texte arabe, t. ll,
11701p. 2 31; QuATRE~IÈRE, Sultans Mamloûks, t. II, 2• partie, p. 115) en sorte que cet oiseau est bien proba-
11702blement une espèce de pigeon.
11703(6) lJ"J.:>l.!i, pl. : ~.:>~ du grec xâ~os, cf. DozY, Supplément.
11704(7! Quatremère traduit par rr pintades,; je ne trouve pas ce sens dans les dictionnaires.
11705MAKRÎZÎ.
11706217
11707et demie la grandeur naturelle, Â-4 t, (l), des figures suries murs. Elles étaient en
11708relief, d'un bois artistement travaillé. ~Iles reproduisaient son image, celle de
11709ses femmes et des chanteuses qui chantaient à son service; elles étaient de la plus
11710belle forme et avaient les plus admirables peintures; Il fit placer sur leurs têtes
11711des couronnes d'or fin de l'ibrîz le plus dense (Sll, et des turbans (3) incrustés de
11712toutes sortes de pierreries et à leurs oreilles des pendants (4) du poids le plus
11713lourd et du travaille plus habile. Elles étaient clouées aux murailles et leurs corps
11714étaient peints' de façon a paraître vêtus' des plus admirables couleurs. Cette baït
11715P. 317·
11716( adh dhahab) était un des plus admirables édifices du monde.
11717Devant cette maison, il fit faire une vaste fis~îat qu'on remplit de vif-argent.
11718Voici pourquoi. Comme il se plaignait à son médecin de nombreuses insomnies,
11719celui-ci lui conseilla le massage (5l. Comme il y répugnait, disant : ede ne puis
11720(souffrir) que qui que ce soit porte la main sur moi,, il lui répondit : (\Fais faire
11721une bir kat l6l de vif-argent". Il fit donc faire une bir kat qui avait, dit-on, cinquante
11722coudéesl7l de long sur cinquante de large et la fit remplir de vif-argent; il y
11723dépensa des sommes considérables. Il fit poser aux quatre angles de la birkat des
11724coins (SJ de l'argent le plus pur, à ces coins des ceintures (Q) d'une soie du plus habile
11725{lJ Quatremère traduit : ~l.!i, par do ise "· Dozy indique, en effet, dans son Supplément, le sens de
11726~brasse , d'après Edrisi. Mais, ici, je ne vois pas pourquoi ne pas accepter le sens ordinaire de ~l.!i,
11727que donne, par exemple, le dictionnaire de Kaziruirski : ~mesure de la taille parfaite d'un homme
11728debout,.
11729(2! (:)':'j}l y,r-~1, c'est l'or à 2 4 carats, pur de tout alliage. Le mot : y.:r-1 vient du byzantin :
117306~pu~ov, qui a ce sens (Du CANGE, Glossarium mediœ et infimœ grœcitatis).
11731(3) Le mot: (.;).:.!,SJI du texte de Boûlâl.<. m'est inconnu. Le manuscrit q36 porte: (.;)lj_}jl, que
11732Quatremère a traduit par rrturbans,, DozY, Supplément, donne sous la racine: j~le mot: ~jy.
11733pl.: ~j~rrétoffe qu'on enroule autour de la tête,, Le mot persan: (,;)jy-5: guirzen , désigne, d'après
11734le Borhdni katî, une petite tiare du genre tadj, cf. Barbier de Meynard (MAs<oûoî, Prairies d'or, t. VIII,
11735p. 42o). Au pluriel, il ferait : (.;)j~ qui me para1t devoir être la vraie lecture. Le mot manque
11736dans le passage correspondant d'Aboû'l Mal,lâsin (t. II, p. 58).
11737(4) lJ"~I. Les dictionnaires ne donnent pour lY"fr, pl. : lJ"~I, que le sens de ~cloche"· Il
11738est donc probable que la meilleure leçon est celle du manuscrit q36 : uo~l rrboucles d'oreilles,
11739anneaux" qu'a suivie Quatremère.
11740(5) j~l rr action de palper, disent les dictionnaires. Quatremère traduit par rrmasser,, sens qui
11741parait, en effet, résulter de la suite du texte. Aboû'l Mal,lâsin donne ici: U"'~; cf. la note de
11742JuynboU (t. Il, p. 58).
11743{
117446
11745) Le mot:~, signifie: rrpièce d'eau, bassin, étang,. Ici il est pris dans le sens absolu de rr bassin"·
11746(7J Environ trente-trois mètres.
11747(sJ ~,
11748pluriel de : ~. Sur ce sens, cf. notre auteur ( tex1e arabe, t. 1, p. 2 46, l. 3 6 ). Je crois
11749que Quatremère a tort de traduire ici par rr colonnes"· Le mot : ~
11750désigne le coin servant à frapper
11751la monnaie. ~, de la même racine, a, entre autre sens , celui de rr clou "·
11752.
11753{
117549
11755) _r..ïUj, pl. de: ~)l.;j que Quatremère traduit par rrrideauu dérive du grec: ~wvâp?J ou ~wvâp10v.
11756Mémoires, t. III.
p. 118
117571. 10.
11758218
11759'
11760P. CASANOVA.
11761travail (passant) dans des anneaux d'argent. Il fit faire un lit de cuir qu'on
11762_
11763l'
11764. d
11765em
11766p I~sai: event jusq~'a ce qu'i_l fût gonflé. On le liait ensuite hermétiquement, on
11767le Jetait dans cette bn·kat de vif-argent et on liait les ceintures de soie, qui étaient
11768dans _les .:nneaux ~'arge~t,, aux coins d'argent. Il do_rmait alors sur ce lit, qui ne
11769cessai~ d etre b~rce e~ a?Ite par le mouvement du vif-argent, tant qu'il y restait
11770couche. Cette bir kat etait une des plus admirables conceptions royales dont on ait
11771ouï parler. Par les nuits de lune, c'était un spectacle enchanteur, alors que la
11772lumière de la ,lune se ~ariait à la l~mière du vif-argent. Pendant longtemps
11773les gens creuserent, apres la destructwn du ~a~r, pour prendre le vif-argent des
11774débris, u_,.U, de la birkat. On ne connaît pas de roi qui ait précédé Khoumâ-
11775raweïh dans l'exécution de quelque chose de semblable à cette birkat.
11776Il fit construire aussi dans le ~a~r une ~oubbat, qui égalait la ~oubbat al hawâ,
11777qu'il ~ppela : a~ dikkat .. C'~tait une des plus belles constructions. Il Y. fit placer
11778des rideaux qm garantissaient du chaud et du froid' qu'on abaissait a volonté'
11779qu'on relevait à sa guise. Il en tapissa le plancher de tapis de choix {Il, et il fit faire
11780pour chaque appartement,~, un tapis qui s'y adaptait. Bien souvent il s'asseyait
11781da~s c:tte ~oubbat pour dominer, de là, sur tout ce que comprenait sa demeure,
11782le Jardm et autres (dépendances). Il voyait le désert, le Nil, la montagne, toute
11783la ville.
11784Il bâtit un second maïdân plus grand que celui de son père.
11785Abmad ibn Toûloûn avait choisi une boudjrat(2l, dans son voisinage, où des
11786ho~mes qu'il, appellait les mouka~birs (3l, au nombre de douze, logeaient chaque
11787nmt, se succedant pendant la nmt quatre par quatre, disant le takbtr, le soub-
11788IJ,ân(4l, le IJ,amdoulillah(5) et le tâhlîl(6l, lisant le Coran en mélodieuses modula-
11789tions, invoquant (Dieu) par de pieuses poésies; faisant l'appel (a la prière) aux
11790moments prescrits. Quand Khoumâraweïh prit le pouvoir, il les maintint à leur
11791poste et leur continua leur office. La nuit, assis à boire avec ses femmes et les
11792chanteuses à son service, dès qu'il entendait les voix de ces hommes célébrant
11793Dieu, s'il avait le verre en main, il le posait à terre, faisait taire ses chanteuses
11794(ll <S_;..JI, pl. : ~1. Ce sens ne se trouve pas dans 'les dictionnaires. Il dérive du substantif:
11795r
11796~ce qu'il y a de plus pur, de meilleur,. Cette phrase manque dans le passage correspondant
11797d'Aboü'l Mal).âsin ( t. II, p. 6o ).
11798l2l ~~ ~pièce réservée,. Sur ce mot, voir plus haut (p. q6, note 1 ).
11799(3) C' t ' d'
11800h
11801' d
11802.
11803es -a- Ire c arge
11804e proclamer la grandeur de Dieu, par la formule du takbtr : ~Allah
11805akbar 1 (Dieu est le plus grand)" comme l'indique la suite du texte.
11806l«l La formule : AM ~~
11807~Louange à Dieu"·
11808l5l La formule : AM ~
11809~Gloire à Dieu"·
11810l6l La formule : AMI ~~ <lÛI ~ ~Il n'y a de dieu que Dieu,.
11811MAKRÎZÎ.
11812219
11813et célébrait Dieu avec eux, sans discontinuer, jusqu'à ce que cette troupe se tût,
11814sans que cela le mécontentât, sans qu'il s'irritât d'être interrompu dans les
11815délices où le plongeait la musique.
11816Il construisit aussi, dans sa demeure, la dâr as sibâ <(Il (la maison des lions) où il
11817fit faire des chambres voûtées, [~Ï, chacune contenant un lion et sa lionne. A
11818ces chambres étaient des portes qu'on ouvrait d'en haut par un mécanisme. Chaque
11819chambre avait une petite ouverture par laquelle entrait l'homme préposé au ser-
11820vice de cette chambre qu'il recouvrait de sable (2J. Sur le côté de chaque chambre
11821était une auge de marbre avec un tuyau de cuivre par où l'eau coulait. Devant
11822ces chambres était une salle spacieuse, étendue, tapissée de sable; sur le côté
11823était une grande auge de marbre où coulait l'eau d'un grand tuyau. Quand le
11824sâïs(3l d'un de ces lions voulait en nettoyer la chambre ou déposer la ration de viande
11825destinée à sa nourriture, il levait subrepticement (4J la porte en haut de la chambre
11826et appelait le lion qui sortait dans la sa He susdite. Il refermait la porte, descendait
11827par l'ouverture (du haut) dans la chambre, nettoyait les ordures, remplaçait le
11828sable par une autre couche bien propre, déposait la ration de viande en un
11829endroit affecté à cet usage, après l'avoir débarrassée des tendons (5l et l'avoir
11830coupée en morceaux(6l, lavait l'auge et la remplissait d'eau, puis, pour sortir,
11831relevait la porte par le haut. Le lion, connaissant cette pratique, rentrait au
11832moment où le sâïs levait la porte de la chambre, mangeait ce qui lui était préparé
11833de viande jusqu'à ce qu'il fut rassasié et buvait l'eau à sa soif. Cette dâr était
11834pleine de lions et, à certaines époques, on ouvrait toutes les chambres des lions
11835qui sortaient dans la salle, s'y promenaient (7), se prélassaient, jouaient et se
11836ba~taient entre eux. Ils restaient ainsi une journée tout entière jusqu'au soir,
11837pms les sâïs les appelaient et chaque lion rentrait en sa chambre, sans jamais
11838la confondre avec une autre. Parmi ces lions, il y en avait un aux yeux bleus
11839, (Il Cf: Ibn Dou].<.mâ].<. qui, en deux endroits (t. IV, p. 28, l. 21 et p. t25, l. 2ft) nolis dit que, de
11840la, venait le nom de darb as siM< (rue des lions) donné à la rue voisine.
11841l
118422l Le. texte de Boûlâ].<. porte : _N)I qu'il faut sans doute corriger en : J.o}l, conformément au
11843manuscnt 1736 (suivi par Quatremère) et à Aboû'l Mal).âsin ( t. IJ, p. 6o ).
11844l
118453l L_e mot : sâïs, qui est passé dans notre langue, désigne l'homme chargé des soins d'un animal
11846domestique (généralement le cheval).
11847(«)~ r
11848. .
11849•. ' Itt. : ~par ruse,. Quatremère traduit ~au moyen du ressort,.~ peut, en effet,
11850Sigmfier.~~~ca~isme,, cf.~~ ~ta mécanique"; mais le sens ordinaire de la locution:~
11851me parait ICI hien plus naturel.
11852·
11853(&) Je trad ·
11854· · r
11855d
11856·
11857·
11858··
11859· '
11860ms amsi, 1aute e mieux; le mot: .:.~, plunel de: zs~ ~glandes, nodosites,.
11861(6) L 1
11862lot
11863•
11864.,~ ou ~, smvant le manuscrit q 3 6 ~ce qui peut être avalé en une bouchée"·
11865(
118667J ~-Le manuscrit q36 (suivi par Quatremère) et Aboü'l Ma~âsin (t; II, p. 6o) port~nt:
11867~
11868~prenaient le soleil,.
118691. llO.
p. 119
118701. 3o.
11871P. 3t8.
11872220
11873P. CASANOVA.
11874qu'~n ~ppelait Zouraïb (petit bleu), qui s'était attaché a Khoumâraweïh et qui
11875allmt hh_rement dan~ le palais, s~ns jamais nuire à personne; on lui assignait
11876chaque JOUr sa portiOn de nourriture et, lorsque l'on dressait la table pour
11877Khoumâraweïh, Zouraï~ arrivait en même temps et se couchait devant lui.
11878Celui-ci lui jetait de sa propre main poulets sur poulets et des tranches les meil-
11879leures de chevreau et autres viandes qui étaient sur la table dont il se régalait.
11880Il avait une lionne qui n'était pas aussi familiere, qu'on tenait à part dans une
11881chambre et avec qui on l'accouplait à des époques déterminées. Quand Khoumâ-
11882raweïh dormait, Zouraï~ venait le garder et, s'il dormait sur un lit, lui, s'étendait
11883devant le lit et ne cessait de l'observer tant qu'il dormait. Si Khoumâraweïh
11884dorm~it seu~eme~t sur le sol, il restait (lJ pres de lui et surveillait quiconque
11885entrmt et a bordmt Khoumâraweïh, ne se départant pas une seconde de cette
11886attitude, et c'était bien sa volonté: [il s'y était fait et s'y était habituéJ(2l. Il portait
11887au cou un collier d'or. Nul ne pouvait s'approcher de Khoumâraweïh, pendant
11888son sommeil, a cause de la surveillance de Zouraï~ et de la garde qu'il lui
11889faisait, a tel point que, Dieu ayant voulu accomplir ses desseins sur Khoumâ-
11890raweïh, celui-ci était à Damas, tandis que Zouraï~ était loin de lui à Mi$r, afin
11891qu'il sût qu'aucune prudence ne dispense du destin (3J.
11892Il construisit aussi la dâr allfaram (harem) où il installa les meres des enfants
11893de son pere avec leurs enfants, et il mit avec elles les divorcées dont il avait eu des
11894enfants' assignant a chacune une boudjrat spacieuse dont chacune fut' a pres la
11895chute de cette dynastie, un logement pour un officier de distinction qui s'y
11896trouvait au large et en avait de reste. Il affecta a chaque boudjrat, en repas, en
11897copieuses provisions, de quoi dépasser amplement les besoins de ses habitants
11898et les domestiques attachés au harem, cuisiniers et autres, malgré leur nombre,
11899avaient encore de reste, a pres avoir été copieusement nourris, les plus gros
11900reliefs (
119014J. Il y avait des poules en quantité dont (seulement) une cuisse avait été
11902détachée ou la poitrine fendue (5J, ou encore des poulets en la même condition,
11903(l) ~-Le manuscrit q36 porte:~~ ~il s'accroupissait"; Aboii'l Ma}:lâsin: ~~il s'asseyaitn.
11904(2) Les mots entre crochets manquent dans le manuscrit q36. Ils me paraissent être une
11905glose qui affaiblit le sens de la phrase précédente. Cette dernière manque aussi dans le passage
11906correspondant d'Aboii'l Ma}:lâsin.
11907\3) ~Car, ajoute Aboû'l Ma}:lâsin, si Zouraïl< avait été là, nul n'aurait approché de Khoumâraweïh.
11908Mais ce que Dieu a voulu arrive." Khoumâraweïh fut, en effet, assassiné à Damas par ses esclaves.
11909(4) Jû}! désigne ce que les hôtes peuvent emporter avec eux, après un copieux repas. Quatremère
11910traduit par ~corbeille" ce qu'aucun dictionnaire ne justifie. Plus bas, d'ailleurs, il traduit le même
11911mot par ~portion" puis par ~desserte " .
11912{s) ~ou~
11913d'après le manuscrit q36.
11914MAKRÎZÎ.
11915221
11916avec des tranches considérables de chevreau et de viande de mouton et nombre
11917de diverses espèces (de mets), les plus exquises tranches de fâloudhedj (JJ, la plus
11918rancie quantité de loûzineclj(2l, de beignets, de ces harîsats provenant du Sa'îd
11919:u'on appelle de nos jou~s ,mâ~ot1nî~_ts et sen~hlahles friand~ses, ~vec de grands
11920pains. Le bruit se répandit a MI;r qu Ils vendaient tout ce~a; mstrmts de la cho_se,
11921les gens s'empressaient autour cl eux. Le plus que se vendaient les plus gros rehefs
11922était deux dirhems, beaucoup s.e vendaient un dirhem et beaucoup de gens se
11923régalaient de ces reliefs. Il s'y trouvait' a toute heure' quelque chose (à prendre)
11924tant c'était abondant et copieux; si hien que quelqu'un, surpris par l'arrivée d'un
11925convive, se rendait sur le champ a la porte de la dâr allfaram et y trouvait à acheter
11926de quoi combler son hôte de tout ce qu'il n'aurait pu faire lui-même ou lui pré-
11927parer, en viandes, poulets, poules, friandises à l'avenant.
11928Les écuries de Khoumâraweïh avaient également une grande extension; il fit
11929faire pour chaque espece d'animal une écurie spéciale. Pour les chevaux privés, il
11930y avait une écurie spéciale; pour les animaux (:3J des pages, des écuries en nombre;
11931pour les mulets des palanquins(4J, des écuries, pour les mulets de transport(5J
11932autres que les mulets de palanquins, des écuries; pour les chevaux de race (6) et
11933les dromadaires, des écuries; pour chaque espèce, une écurie unique par
11934l'étendue des locaux et la variété du matériel. Ii fit pour les léopards une maison
11935spéciale, pour les pantheres une maison spéciale, pour les éléphants une maison,
11936pour les girafes une maison, tout cela sans compter les écuries qui étaient à
11937al Djîzat. Car il avait des écuries dans plusieurs localités (de la province) d'al
11938Djizat, comme Nahîâ, Wasîm, Saf~ et 'fouhourmous, etc. Dans ces localités, on
11939ne semait que le trèfle a l'usage des animaux (7).
11940Le khalife avait aussi, en Égypte, des écuries autres que celles qui ont été
11941\l) Voir plus haut (p. 21u, note 7).
11942(2) Nougat d'amande. Cf. MAs'oÛDÎ, Prairies d'or (éd. Barbier de Meynard, t. VIII, p. 2 4o-
11943242 ).
11944(3) y!_,.)J!, lire : y!_,.)J.
11945(~) y~!. Quatremère traduit par ~les femmes". C'est le pluriel de : 4i)! dans le sens de
11946ffpalanquin ou litière (à l'usage des femmes)"·
11947(S) j..W!. Quatremère a lu : ~~ et traduit ~à voiturer les légumes".
11948(6) ~l.;>:J!. Quatremère traduit ~de main " , ayant, sans doute, lu : "':-':!~.
11949{7) D'après Ibn Doul<mâl< (t. IV, p. t3t et 132) Wasîm est la capitale de la province d'al Djîzat;
11950Saft et Nahîa forment une seule ville qui est Saft al laban : ~~ ki... $J ~b.t.... Il ne parle pas
11951de 1-'ouhourmous. En 1899, le Dictionnaire géographique de Boinet bey donne comme faisant partie
11952du_ district d'Embabeh (au nord de Guizeh) : Aousim, Saft al laban, Nahia et Baharmes, Ll""""'.Y&•
11953qm est.' je crois, même chose que 'fouhourmous, Ll""""'~· Le y représenterait l'article copte au
11954mascuhn , le b le même article au féminin.
119551. 1 o.
p. 120
119561. !lO.
11957222
11958P. CASANOVA.
11959mentionnées, où l'on élevait les chevaux pour les champs de courses et pour le
11960ribât(l) des expéditions militaires.
11961Les préposés de chacune des maisons susdites et de chaque écurie avaient un trai-
11962tement, '-'.Jj, annuel, les plus considérables provendes et les biens les plus abon-
11963dants. Sous Khoumâraweïh le traitement de l'armée montait à 9oo,ooo dinars
11964chaque année. Il affecta à sa cuisine qu'on appelait la cuisine al 'âmat (elu peuple),
119652 3,ooo dinars, chaque mois, sans compter la part de ses femmes, le traitement
11966de leurs domestiques et les dépenses de leur entretien.
11967Il attacha à sa personne des hommes du I:Jauf et de tous {2) les villages, gens
11968connus pour leur bravoure et leur endurance, de constitution forte et saine, de
11969forte corpu!ence. Il leur assigna des traitements et les combla de gratifications.
11970Il les détourna de leur vie de brigandage et de méfaits en les prenant à son
11971service. Il les revêtit de robes, A.~-'l, et plastrons(3l de brocard, leur fit façon-
11972ner de larges et pesantes ceintures, les fit ceindre de riches épées qu'ils por-
11973taient sur l'épaule. Quand ils marchaient devant lui et son corte ge en bon ordre (4l
11974et que les différents corps et groupes de l'armée étaient passés, ils étaient suivis
11975par les Noirs au nombre de mille avec cuirasses de fer artistement ouvré, robes
11976noires et turbans noirs; qui les regardait croyait voir .un océan noir (5) se répan-
11977dant [sur la surface de la terre] {Bl grâce à la noirceur de leur teint et à la
11978noirceur de leurs vêtements et ce devenait, par l'éclair de leurs cuirasses, la
11979richesse de leurs épées, le blanc qui brillait sur leurs têtes sous les turbans (7!,
11980un riant aspect. Quand les Noirs étaient passés, Khoumâraweïh s'avançait, se
11981(Il Ici l'auteur emploie l'expression complète : .Mil ~
11982J b4}1, litt. : tt l'attache dans le chemin
11983de Dieu"· Sur cette expression, cf. plus haut (p. 16 2 , note 2 ).
11984(2) L'édition de Boülâ~ donne : ~Lw;. auquel je ne trouve aucun sens satisfaisant. Pour plus de
11985süreté, je crois devoir suivre ici la leçon du manuscrit q36 :}Lw. Cf. Aboü'l Mal).âsin (t. Il,
11986p. 6!! et la note de Juynboll).
11987.
11988(3)
11989~_,..,...tt cuirasse,. Le manuscr~t 17~6 porte: ~liJ!., probablement pour=, ~l.i4!. tttumques:·
11990(4) Le texte ici est altéré et varie smvant les manuscnts. Quelques-uns d entre eux et Aboü l
11991Mal)âsin ajoutent: ii}~lld>~, tton les appelait al moukhtârat (l'élite),, cf. la traduct~on d~
11992Quatremère. De plus, au lieu du texte de Boülâ~, ils donnent : ~
11993'7~1 ~~bi':'~
11994":-'~.;3 ~
11995~5_,...., "'=!~ ttet quand il montait à cheval, les chambellans marchaient devant lm et
11996son cortège en bon ordre,.
11997(5) ~ 1 ~. Juynboll écrit : ~~~ ~. que j'avoue ne pas comprendre. Quatrem.ère remplace
11998cette i=ge pittoresque par une phrase vague et banale : tt La couleur, etc., offraient un coup
11999d'œil magnifique".
12000(6) uO)~l ~'~que je rétablis, d'après Aboü'l Mal).âsin (t. Il, p. 65).
12001,
12002.
12003(7) Sous le turban on porte d'ordinaire une petite calotte blanche. Quatremere Y voit un
12004casque. En effet, Aboü;l Mal).âsin emploie, dans le passage correspondant ( t. Il, p. 65) le mot persan:
12005~~ ttcasque , .
12006MAKRÎZÎ.
12007223
12008t à l'écart de son corte ge; entre le corte ge et lui, il y avait environ une
12009d mi- ortée de fleche et l'élite(l) l'entourait. Il était d'une mine parfaite, montait
12010u: ch~val parfait et il semblait un astre. Quand il p~~aissait,, ,n.ul ne ;e .dérobait
12011à l'impression qu'il était comme une montagne au mdteu. d: l elüe. Il e:alt redou-
12012table et impétueux et jetait au cœur de la foule la conviCtiOn que qmconque le
12013montrerait au doigt, parlerait ou s'approcherait de lui, serait atteint par quelque
12014and malheur. Quand il paraissait clans les circonstances que je décris, on n'en-
12015gr
12016.
12017. ,
12018l
12019. d
12020ffi (2)
12021•
12022tendait ni parole, m toux, m eternuement, pas e mom re sou e , comme SI
12023l'oiseau fût sur leurs têtes Pl. Il portait, le jour de la fête, une épée avec bau-
12024drier, ~l!l".
12025Il était sans cesse en promenades et divertissements et se rendait en des lieux
12026où son pere n'était pas allé en réjouissance, comme les Pyramides et Madînat
12027aVou~âb (4l et autres localités pour la chasse, car il en raffolait et ne pouvait
12028entendre parler de quelque lion sans qu'il partît à sa recherche ayant, avec
12029lui, des hommes portant des libd(5l qui pénétraient jusqu'au lion et l'arrachaient
12030de leurs propres mains à sa retraite, de vive force. Il restait intact et ils l'intro-
12031duisaient dans une cage de bois artistement exécutée où le lion tenait à l'aise,
12032même debout. Khoumâraweïh revenait de la chasse; la cage, avec le lion qu'elle
12033renfermait, le précédait.
12034De son temps, les courses de chevaux prirent les allures de fêtes par leur
12035grande splendeur, la chevauchée de tous les pages et de l'armée avec la multi-
12036tude de leurs armes parfaites, de leurs équipements magnifiques. Les gens
12037prenaient place pour y assister comme aux fêtes. On lâchait les chevaux à un
12038bout et ils passaient, lyttant de vitesse, se devançant les uns les autres, jusqu'à
12039ce que la course eût été gagnée (6l.
12040Al ~ouçlâ'î a dit : ((Al mançlhar (le pavillon). -
12041Il fut construit par Abmad
12042ibn 'foûloûn , pendant son gouvernement, pour la joute des chevaux. La joute
12043(Il i)la>JI. Voir la note 4 de la page précédente.
12044(
120452
12046) ~
12047est intraduisible., Le verbe : ~
12048signifie tttoussoter, faire hum, hum,. Cf. Dozv,
12049Supplément. Le meilleur équivalent m'en parait être cette hyperbole consacrée dans notre langue
12050pour indiquer le silence absolu. Quatremère ne l'a pas rendu.
12051(S) Locution proverbiale des Arabes, pour indiquer l'immobilité voulue, l'impassibilité absolue • .
12052cr. LANE' Dictionnaire' à l'article :y. lb.
12053(~) La ville de l'aigle (ou du vautour) : '7l.UJI ~~, cf. plus haut (texte arabe, t. I, p. 2 4o ).
12054(&) ~,pl. : ~y.J que Quatremère traduit par tt cottes de cuir, est une sorte de feutre, générale-
12055ment employé pour le dessous de la selle, et qui devait, ici, servir à défendre les chasseurs contre les
12056griffes du lion, j'ignore, d'ailleurs, de quelle façon. Sur ce mot, voir Quatremère lui-même
12057(Journal asiatique, IV• série, t. XV, p. 262) et Dozv, Supplément.
12058·
12059(&) Ici s'arrête la traduction de Quatremère.
120601. 3o.
p. 121
12061P. 3tg.
1206222ft
12063P. CASANOVA.
12064des chevaux était une des quatre merveilles de l'islâm qui sont : la dite joute,
12065le ramaçlân de la Mecque, la fête qui se donnait à Tarsoùs (JJ et l'assemblée de
12066Baghdâd (2l. De ces quatre, il est resté le ramaçlân de la Mecque et l'assemblée
12067de Baghdâd et deux ont disparu.,,
12068Celui qui écrit ces lignes dit : ii L'assemblée a également disparu à Baghdâd
12069depuis al ~ouçlâ'î, Houlâgoû ayant mis à mort le khalife al Mousta'~im (3l, et les
12070cérémonies de l'islâm ayant été abolies dans l'Irâk. La Mecque est restée, que
12071Dieu l'ennoblisse! mais il n'y pas là, au mois de Ramaçlân, cette merveille de
12072l'islâm dont il parle. "
12073La gloire de Khoumâraweïh étant au comble et sa puissance au faîte, le destin
12074commença de lui reprendre ce qu'il lui avait donné. Le premier coup qui le
12075frappa fut la mort de sa favorite Boùrân pour laquelle il avait édifié la maison
12076d'or, celle dont il y avait fait sculpter l'image avec la sienne, comme il a été
12077dit. Il semblait que le monde n'avait de charmes pour lui que parce qu'elle
12078était vivante, qu'il la voyait et l'approchait. Cette mort ternit sa vie et il en fut
12079visiblement brisé. Puis il procéda aux funérailles de sa fille. Il lui fit des funé-
12080raîlles qui égalerent la splendeur du khalifat et il n'est aucun objet de prix, ~,
12081aucun bibelot, A.;~, de quelque sorte et de quelque espece, qu'il ne fît emporter
12082avec elle. Parmi ces objets , était un coffret fait de quatre panneaux d'or sur-
12083montés d'une coupole d'or en treillis dont chacune des mailles tenait suspendu
12084un pendant, .b_;;, contenant une pierrerie d'un prix inestimable, -
12085et cent
12086mortiersU'l d'or.
12087Al Kouçlâ'î dit : ii Ai Mou'taçlid contracta mariage avec sa fille, c'est-à-dire la
12088fille de Khoumâraweïh, ~atr an nadâ (goutte de rosée). Aboû'l Djaïch Khoumâ-
12089raweïh la conduisit avec 'Abd Allah ibn al Kha~~â~ (5l et il apporta avec elle des
12090présents tels qu'on n'en avait jamais vu ni entendu mentionner de semblables.
12091Quand Ibn al Kha~~â~ vint au pres de lui pour prendre congé, Khoumâraweïh lui
12092(I) Je ne trouve pas de renseignements sur cette fête.
12093(2) Le mot: ~
12094étant le terme consacré pour le service religieux du vendredi, il s'agit, sans
12095doute, de la solennité exceptionnelle que devenait ce service par la présence du khalife. Aujourd'hui
12096encore cette solennité revêt, à Constantinople, un caractère remarquable d'apparat, sous le nom
12097de selamlik bien connu des voyageurs.
12098(3) La prise de Baghdâd par le mongol Houlâgod et la mort du dernier khalife eurent lieu en 656
12099de l'Hégire ( 1 2 58 de notre ère).
12100(4) uYfl, ou mieux: u,lœ comme écrit le manuscrit q36; cf. Dozv, Supplément.
12101(5) Ou Dja~~â~. Mas'oddî nous apprend qu'al I,Iasan ibn 'Abd Allah, surnommé ibn al Dja~~â~ fut
12102envoyé en 2 7 9 auprès du khalife, comme ambassadeur de Khoumâraweïh. Le khalife voulant épouser
12103~atr an nadâ , ce fut lui qui représenta Khoumâraweïh et apporta le trousseau dont il garda bonne
12104part. Pmù·ies d'01· (éd. Barbier de Meynard, t. VIII, p. 117-118).
12105MAKRÎZÎ.
12106225
12107dit: (t Reste-t-il entre toi et moi quelque compte?- Non, répondit-il. -Regarde
12108(t ton compte. -
12109Il reste un déficit pour les fournitures (de voyage). _ Qu'on
12110"'me le fasse voir ". Alors il sortit le quart d'un ~oûmâr (Il, où fig·urait (:J) l'énoncé de
12111la dépense. Or elle était de 6 o o, o o o dinars. Moul)ammad ibn 'Alî al Mâdha-
12112râiyî (J) a dit: de regardai dans le toûmâr, or il y figurait jusqu'à mille tikkats (4)
12113"'du prix total de 1 o,ooo dinars,, Il lui fit remise du tout." Al ~(ouçlâ'î ajoute:
12114de n'ai rapporté ce récit que pour établir plusieurs points, dont un est la muni-
12115ficence d'Ahoû'i Djaïch, un autre est l'abondance de biens que possédait Ibn al
12116Kha~~â~, puisqu'il dit : (tIl reste un déficit pour les fournilures" et ce déficit
12117était de ltoo ,ooo dinars; or, s'il ne le lui avait pas demandé, il ne lui en aurait pas
12118parlé. Un autre (point) est la prospérité de cette époque où, lorsqu'on demandait
12119mille tikkats d'une valeur de 1 o dinars, on les pouvait a voir en un temps très
12120court et avec la plus grande facilité; or, si l'on en demandait aujourd'hui cin-
12121quante, on le pourrait pas,, Celui qui écrit ces lignes dit: riOn ne connaît pas,
12122de nos jours, dans les marchés d'al ~(âhirat et de Mi~r, une tikkat de 1 o dinars
12123qu'on pourrait demander et trou ver immédiatement ou apres un mois, à moins
12124qu'on ne la fasse sur commande, auquel cas elle serait faite li (5l.
12125Quand Khoumâraweïh eut achevé les préparatifs de voyage de sa fille , il
12126donna ordre de construire un ~a~r à chaque tête de station où elle devait loger,
12127clans l'intervalle de Mi~r à llaghdâd. Il fit partir avec elle son frere Chaïbân ihn
12128~~mad ibn 'foùloùn, à la tête d'une troupe nombreuse, ainsi qu'Ibn al Kba~~â~, et
12129Ils la firent voyager comme un enfant dans le berceau. Arrivait-eUe à un relais,
12130elle y trou v ait un l~a~r re cou vert de tous les tapis nécessaires, ou des rideaux -
12131étaient/ tendus et où se trouvait préparé tout ce qui convient aux personnes
12132de s~~ rang quand elles prennent résidence. Elle se trou va, dans son voyag·c
12133de M1~r à Baghdâcl, malgré la long·ueur ·du trajet, comme si, dans le ~a ir
12134de son père , elle passait de salon en salon. Enfin elle arriva à Baghdâd, le
12135(1)
12136Lo L
12137L..b .
12138L'
12139.
12140'
12141.
12142) ..,...,, )
12143ou ),YO "" vtent probablement dune forme hyzanlme : TO(l<Xpwv tt tome , volume .,.
12144Dozv ' Supplément, le signale avec le sens de tt tomus regius des rois Visiuolhs,
12145(
121462
12147) ~·Le manuscrit q36 écrit:~; Aboû'l Mahâsin: cv-J.
121480
12149•
12150(3) Le texte d B '1 'k
12151.
12152·
12153.
12154·
12155'
12156' · ·
12157·
12158·
12159. .
12160·
12161e ou a. p01 te constamment: 0 l).::.lll, al Madaram. Sur la v rate lecture de ce nom,
12162VOH' S. Tallqvist (lb S''''l
12163l'h ''l
121648) J' · ·
12165·
12166.
12167,
12168n a u -
12169'' seme en, p. 11
12170.
12171~ ongme de celle fanulle, dont les membre:;
12172J.ouer~~~t un grand rôle en Égypte, est la ville de Mâdharâyâ, ~~)~Lo (YÂ~oûr, Dict. géographique,
12173ed. \\ ustenfeld, t. IV, p. 381 ). Juynboll écrit: jb}t.l tt originaire de la ville de Maridin ,,
12174.
12175Letcxte d'Aboû'l.r.1t''d't ' ' 'bD''
121761·
12177d
12178·· '''
12179·
12180·
12181d
12182.
12183,.
12184a ,1asm
121851 Ict : 1 n mar au teu e : 1bn Ali, c est sans doute une dtslraciJon
12186u coptste sousl mOuence du mot dinâr.
12187(4) iS:.; s 1 d
12188. .
12189d
12190· ur a escl'lp!Ion e celle pièce de vêtements voir Dozv Dict des vêtements · p 9 G
12191(5l Ab ''1 J\1
12192• •
12193•
12194•
12195•
12196'
12197, '
12198•
12199'
12200•
12201•
12202ou
12203fa~asm (t. JI , p. 69), ctle celte rellexwn de Ma~rlzi.
12204Mémoires, t. ][J.
122051,,
p. 122
122061. 20.
122071. 3o.
12208226
12209P. CASANOVA.
122101 cr al Moubarram 2 8 2 , puis elle fut conduite, en pompe nuptiale, au khalife al
12211Mouctagid.
12212Après cela, Khoumâraweïh fut tué à Damas.
12213,
12214La dynastie des Bânoû Toûloûn ('~oûloûnides) en Egypte dura trente-sept ans,
12215six. mois, vingt-deux jours. Cinq émirs de cette dynastie ont gouverné, dont le
12216premier est :
12217,
12218§ I. Abmad ibn Toûloûn qui g·ouverna l'Egypte au nom d'al MolÙazz, pour la
12219prière. Il entra, le jeudi 7 des derniers jours du mois de Ramagân 2 5 ~. Boghâ
12220al A~far qui est Abmad ibn Moubammad ibn <Abd Allah ibn Tabâ~abâ se révolta
12221dans la région entre Bar~at et Alexandrie en Djoumadâ 1 2 55. Il alla vers le
12222Sacîd et fut tué en combattant. Sa tête fut portée à al Foustât, le 11 des derniers
12223jours de Chacbân (IJ.
12224Ibn a~ Soûfî l'Alide qui est lbrâhîrn ibn Moubammad ibn Yabîâ ibn <Abd Allah
12225ibn Mouhammad ibn <Oumar ibn <Alî ibn Aboû Tâlib se révolta. Il entra à Esnâ (2)
12226.
12227.
12228en Dhoû'i~acdat, se livra au pillage et au meurtre. lhn Toûloûn envoya contre
12229lui une armée; cette armée fut battue en Rabr 1 2 56; il en envoya une autre qui
12230en vint aux mains avec lui à Akhmîm (3J en Rabt Il. Ibn a~ Soûfî, battu, se réfugia
12231dans les oasis et y t'esta.
12232Abmad ibn Toûloûn partit pour faire la g·uerre à clsâ ibn ach Cheïkh {li), puis
12233revint. Il commenca la construction du maïdân. Al <Abbâs et Khoumâraweïh, les
12234.
12235deux fils cl'Al)mad ibn Toûloûn, arrivèrent de l'Irâk par la route de la Mecque en
12236l'an 2 57. Une -lettre arriva de Mâdjoûe(5J prescrivant de remettre à Abmad ibn
12237Toûloûn les provinces dépendantes de son autorité (6J dans le territoire d'Egypte.
12238Alexandrie lui fut donc remise; il s'y rendit, le 8 passé du mois de Ramagân,
12239-et (y) laissa pour lieutenant Taghlagh (7l le chef des chour~ats. Puis il arriv~
12240(à al Foustân, le 1 ~ passé de Chawwâl et s'irrita contre son frère Moûsâ à qm
12241(I ) Sur ce personnage, Yoir WEIL, Gesch. des Chalifen, t. II , p. 426.
12242(2) U....l, Y ille de la Haule-Égypte, actuellement dans la proYince de Kénâ. Cf. notre auteur (tex le
12243arabe, t. 1, p. 237)·
12244(3) ~~ également dans la Haute-Égypte, actuellement dans la proYince de Guirgueh. Cf. notre
12245auteur (texte arabe, t. 1, p. 239)·
12246(4) Cf. plus haut, p. 2 1 o.
12247(>) Cf. plus haut, ibid.
12248(s) a~. Le pronom possessif doit se rapporter à Màdjoûr. Cf. plus haut, ibid., note 2.
12249(?) Corriget· : .,W., en : F• conformément au manuscrit q36 et à Aboû'l Ma~âsin (t. H'
12250P· 7)·
12251MAKRÎZÎ.
12252227
12253il ordonna de se vêtir de blanc (Il. Puis il partit de nouveau pour Alexandrie, le 8
12254des derniers jours de Cha c bân 2 59, laissant pour lieutenant son fils al <Abbâs, et
12255arriva (a al FoustâO le 8 passé de Chawwâl. Il donna ordre de construire le
12256masdjid al djâmi c sur la montagne (de Yachkour) en Safar 2 59, puis de con-
12257struire le mâristân pour les malades.
12258Une lettre arriva d'al Mouctarnid le pressant d'envoyer l'argent et il lui écrivit:
12259rr Ceci ne m'est pas possible; car les finances sont entre les mains d'un autre"· Alors
12260al Mouctamid envoya Nafîs l'eunuque pour investir Ab mad ibn Toôloûn des finances
12261et du gouvernement des feontières de Syrie. Il établit alors Aboû AyyoCtb Abmad
12262iLn Moubammad ibn Choudjf sur les finances comme son lieutenant et il assigna
12263à Takhchi ibn Balbard (2J Je service des frontieres. Puis il partit en Djoumadâ 1 2 6 ~.
12264Cependant Aboû Abmad al Mouwaffa~ (3J ordonna à Moûsâ ibn Bog·hâ (IIJ de
12265,
12266révoquer Abmad ibn Toûloûn [du gouvernement de l'Egypte ]'5l et d'en investir
12267Màdjoûr le Turc (alors) wâlî de Damas. Il écrivit a ce dernier qui s'y refusa
12268par suite de son impuissance à ri valiser avec Ibn Toûloûn. Moûsâ ibn Boghâ
12269partit donc (en campagne) et campa à ar Ra~~at. Ibn Toûloûn apprit qu'il
12270marchait contre lui. Il commença alors la construction du bi~n (forteresse) dans
12271l'île (de Raud at), qui devait servir de refug·e a son trésor et à son harem, en
12272t'an 2 63, et il poussa activement la construction de vaisseaux de guerre dont il
12273entoura l'île. Moûsâ ibn Bog·hâ séjourna à ar Ra~at dix mois , puis son pouvoir fut
12274ébranlé et il mourut en Sa far de l'année 2 6 ~ . .Mâdjoûr mourut à Damas et laissa
12275P. 3~ o .
12276pour successeur son fils <Alî ibn Mâdjoûr. Cela incita Abmad ibn Toûloûn il
12277marcher (vers la Syrie). Il écrivit à Ibn Mâdjoûr qu'il se mettait en marche vers
12278lui et lui ordonna de préparer les relais et les approvisionnements. Celui-ci lui
12279répondit en excellents termes.
12280Les habitants de .Mi~r se plaignirent à Abmad ibn Toûloûn de l'encombrement
12281du masdjid djâmic (de <Am rou), les vendredis, par son armée et ses Noirs. Il or-
12282donna donc de construire le masdjid djâinic sur la montagne de Yachkour. On
12283en commença la construction en l'an 2 6 ~ et elle fut achevée en l'an 2 6 6.
12284(l ) Cf. plus haut, p. 197, note 6. A ce sujet, Juynboll (Aboû'l Ma~<lsin, t. II, p. 7), renvoie à
12285S. DE SAcY, Chrestomathie arabe , t. II, p. q o (qui répond, dans la 2• édition, à t. Il, p. 2 6 3, note 1 o8 ).
12286(
122872
12288) Lecture incertaine, Yoir Aboû'l Ma~àsin ( t. II, p. 7, note 6 ).
12289(J) Fils du khalife al Moutawakkil, il n'eut jamais le titre de khalife, mais, par son courage, son
12290talent et aussi ses intrigues, fut en réalité le maître sous plusieurs khalifes. Il mourut en 2 78 de
12291l'Hégire. Cf. plus loin.
12292('•l Boghà l'ainé, officier turc toul-puissant à la cour de Baghdàd, mort en 248, avait légué à son
12293fils ~Ioûsà ses dignités et sa puissance.
12294.
12295(>) Il faut rétablir =.r- ~'ou: ;--.o J4~, ~'nécessité par le pronom possessif: lai qui suit.
1229629·
p. 123
12297J. 10.
12298228
12299'
12300P. CASANOVA.
12301Il partit a la tète de ses armées, le 8 des derniers jours de Cha'bân 364, lais-
12302sant comme lieutenant son fils al 'Abbâs; il lui adjoignit Ab mad ibn Moubammad
12303al Wâsi~î comme conseiller, !;-?~, et vizir. Il arriva a ar Rarnlat dont le wâlî ,
12304Moubammad ibn Râfi', vint asa rencontre et y fit proclamer son nom. Ille confirma
12305(a ce poste) et alla a Damas. 'Alî ibn Mâdjoûr vint a sa rencontre et y fit proclamer
12306son nom. Il y séjourna jusqu'a ce que son autorité y fùt affermie, puis alla a l:lim~
12307dont il prit possession. Il manda à Sîmâ le Long (tl , qui se trouvait a Antioche,
12308d'avoir à proclamer son nom. Sur son refus, ii marcha contre lui à la tête d'une
12309armée considérable, l'assiégea (:2), le combattit avec les mangonneaux, jusqu'a ce
12310qu'il pénétrât dans la ville en al Moul)arram 2 6 5. Sîmâ fut tué; ses biens et ses
12311gens furent livrés à tout venant. Il alla vers 'farsoûs où il entra en Rabî' I. Sa
12312présence fut une charge pour la ville; les vi v res y renchérirent; les habitants se
12313mutinerent contre lui et il les combattit. Il ordonna à ses soldats de fuir devant
12314les habitants de 'farsoûs afin que l'empereur, t.~l1, des Roûm, en apprenant
12315cela, fût convaincu que les armées d'Ibn 'foûloûn, malgré leur nombre et leur
12316vigueur, ne pouvaient tenir contre les habitants de 'farsoûs (3); ils fuirent
12317donc et il s'éloigna d'eux (les habitants), laissant, pour lieutenant sur la ville,
12318Takhchî.
12319La nouvelle lui arriva que son fils al 'Abbâs s'était révolté contre lui. Il en fut
12320fort ému et partit. Al 'Abbâs eut peur; il fit enchaîner al Wâsi~î et sortit avec sa
12321troupe vers al Djîzat, le 8 passé de Cha'bân 2 6 5; il y campa. Il désigna comme son
12322lieutenant son frere Rabî'at ibn Abmad en feignant de gagner Alexandrie et il alla
12323a Bar~at. Ab mad ibn 'foûloûn arriva de Syrie, le 4 passé de RamaÇân. Il envoya
12324le l~âcJi Bakkâr ibn J~outaïbat(
123254
12326l, a la tète d'une petite troupe, vers al 'Abbâs avec
12327une lettre. Ils allèrent le trouver(5J à Bar~at : il refusa de revenir. Bakkâr fut de
12328retour, le 1 cr Dhoû'll,~idjdjat. Al 'Abbâs partit pour gagner l'lfrîl~îat en Djoumadâ 1
123292 6 6. Il pilla Labdat (Leptis) , tua nombre de ses habitants; le cri de leurs femmes
12330(tl Général lure au service du khalife al Mou'ta<,lid, qui s'était fait une principauté indépendante
12331à Antioche.
12332(2) On trouvera quelques détails intéressants sur ce siège dans MAs'oûoi, Prairies d'or (éd. Barbier
12333de Meynard, t. VIII, p. 69 ).
12334.
12335(B) Ce qui devait lui enlever tou le velléité d'attaquer, à son tour, ce pays. On peut mettre en doute
12336l'intention que l'auteur prèle à Ibn 'Çoùloùn. Mas'oùdl, qui fut presque contemporain de ces événe-
12337ments, dit simplement que 'Çarsoùs, commandée par l'eunuque Yàzmân , se défendit énergiquement
12338et déjoua toutes ses attaques (Prairies d 'm·, t. Vlii, p. 7 1 ).
12339Aboù'l Ma~âsin ( t. H, p. l11) et Ibn Dâyat ( VoLLERS , F1·agmente, p. "") passent sous silence celle
12340expédition malheureuse sur 'Çarsoùs.
12341(t•) Sut· ce personnage, voirlbn Khalli~ân (éd. de lloùi;U_,, t. 1, p. 1 1 3; trad. de Slanc, t. 1, p. 263 ).
12342(5l ~JI_, )W lire : ~~ l_,)l-..L
12343MAKRÎZÎ.
12344229
12345s'éleva et l'armée d'Ibn Ag-hlab (t) et les lbât]îyat ('2) s'unirent contre lui. Il les com-
12346battit en personne et son courag-e éclata (
123473
12348) en cette circonstance. Il s'écria:
12349Quelle divine force en moi U•l quand je m'élance l5l sm· mon cheval vers le combat, alot·s que
12350[le feu de la gueree est attisé
12351Et que dans ma main est un glaive dont je fends les têtes, dont le tranchant porte la mort ,
12352.
12353[sans ari"èt, sans trê\'e.
12354Si tu demandes (G) qui je suis et mon histoire; c'est moi qui suis le lion et le ~am~âmat mâle (ïl.
12355Mon origine est la famille de Toûloùn, si tu (la) demandes. Nul homme fier de sa générosité
12356[ne l'est plus que moi.
12357Si tu avais assisté à mes allaqucs à Labdat, tandis c1ue du glaive je frappais et que les âmes (SJ
12358[s'éparpillaient,
12359Alors Lu aurais eu de moi un signalement c1ue (déjà) ont transmis, en mc devançant, les récits ,
12360[la renommée et l'histoire.
12361En ce jour, furent tués les champions de son armée et la fleur de ses compagnons.
12362(t) Les descendants d'Aghlab formaient, sous l'autorité nominale du khalife de Baghdàd, une véri-
12363table dynastie : celle des Aghlabites, qui se maintint de. 18ft à 296 de l'Hégire (8oo-9o9 de J.-C.).
12364Cf. STAnEY-LANE-PooLE, Mohammadan dynasties, p. 36.
12365(2) ~~~JI. On dési8'ne, sous ce nom, une secte kharidjite dont la doctrine est encore professée
12366pat· un groupe berbère, d'un type ethnique particulier, connu en Algérie sous le nom de Mzabites.
12367Cf. MASQUERAY, Lirres des Beni Mzab (Chronique d'Abo1Î Zakm·ia), préface; DEPONT et CoPPOLANI,
12368Conjl'éries l'eligieuses, p. 5o.
12369l3l a,~ ~, litt. : "son épreuve fut belle"'· Cette expression signifie d'ordinaire : !! Dieu lui
12370fiL une faveur ,., mais ici le sens est manifestement différent.
12371VI)
12372~):. A}.!, li tt. : "à Dieu est mon lait, c'est-à.-dire ma force, ma richesse , mon éloquence,.,, etc.
12373ce qui revient à dire : ~t les qualités dont je suis doué sont d'origine divine,.,, Sur celte expression,
12374\'Oi1·lc commentaire de M. Barbier de Meynard dans sa savante édition des Colliers d'01· de Zamakhcharî
12375(p. 79 , note 2 ).
12376(;) L'édition de Boùl;1~ porte: ly.) .. .s:Î ~~, cc qui donne un vers faux et un sens peu naturel. Le
12377manuscrit q36 donne : 1,~1 bi où le yers est,jusle, mais le sens aussi mauvais. La vraie leçon
12378se trouve dans Aboù'l Ma~âsin ( t. JI, p. 2 1) ,~1 bi. Je remarquerai , à ce propos , que beaucoup
12379de copistes ajou lent instinclivemen t 1 après le_, final (comme dans les pluriels des Yerbes), et que
12380celte faute passe souvent dans les textes imprimés. Voir, entre mille exemples, le texte d'a~ ~ouyoùtl
12381cité plus haut (p. t36, note 3).
12382(G) Le poète s'adresse à une femme (d'où le féminin : ~Lw el plus loin : ~~Lw) sans doute
12383pout· la nécèssi té du mètre.
12384(?l Ç.;JI ~b.....JI. ~am~âmat est un des noms poétiques elu slaive; quant au mot: .JS~ ((mâle,.,
12385il désigne l'acier de forte trempe. Je ne m'explique vas que Juynholi écrive : ;5~' car la rime exige
12386lefat(l.a ~ur leS ella lecture :ji ne souffre aucune difficulté. Le mot:~~~ est du féminin; en
12387lm adjotgnant un adjectif masculin par excellence, le poète fait pre me de cette préciosité si recherchée
12388des Ar·abes.
12389(sJ ~lib est la chouette, emblème de l'à me chez les Arabes. On peut aussi entendre tt les tètes,.,,
12390Mais le premier sens est peut-èlre plus énergique.
123911. 20 .
p. 124
123921. 3o.
12393230
12394P. CASANOVA.
12395Ses biens furent pillés et il s'enfuit a Bar~at en détresse. Abmad ibn Toûloûn
12396leva une troupe etl'envoya a Bar~at en Ramaqân 2 6 7, puis il partit en p.ersonne
12397à la tête d'une armée considérable qui, dit-on, montait a cent mille (hommes)
12398le 1 2 passé de Rabî' 1 2 6 8. Il séjourna a Alexandrie. Ab mad ibn Moubammad ai
12399'Vâsi~î s'enfuit, pourle rejoindre, du camp d'al 'Abbâs et lui dépeignit comme misé-
12400rable la situation d'al 'Abbâs. Il leva donc une armée qu'il mena a Barkat et q ·
12401.
12402Ul
12403en vint aux mains avec les partisans d'al 'Abhâs lesquels furent défaits et eurent
12404de nombreux tués. On s'empara d'al 'Abbâs, le 4 passé de Radjah. Abmad (ibn
12405Toûloûn) rentra a al Fous~ât' le 1 3 passé du même mois; al 'Ahbâs et les pri-
12406sonniers arrivèrent en Chawwâl. On les fit sortir (de prison), le 1 cr Dhoû'l~a'dat.
12407Or on avait construit, pour leur supplice, une estrade élevée du haut de laquelle
12408après avoir été fustigés, ils furent précipités.
12409'
12410Puis il envoya Loûloû a la tête d'une armée vers la Syrie; mais celui-ci se
12411révolta contre lui et se rangea au parti d'al Mouwaffa~ qu'il alla rejoindre. Abmad
12412partit alors, laissant comme lieutenant son fils Khoumâmweïh, en $afar 2 6 9.
12413Il campa à Damas, ayant avec lui son fils al 'Ahhâs tenu enchaîné. Les habitants
12414de _T~rsoûs se révoltèrent contre lui et il partit pour aller leur faire la guerre;
12415pms Il y renonça ayant reçu une lettre d'al Mou'tamid (le khalife) qui l'informait
12416de son arrivée, comme fugitif, auprès de lui. Il était parti de Baghdâd, comme
12417pour une partie de chasse, et se dirigeait vers ar Ra~~at. Aboû Abmad al Mouwaf-
12418fa~ apprit ce départ, tandis qu'il combattait le chef des Zendj. Il usa de ruse avec
12419lui, ~
12420~
124210l, si hien qu'il (le khalife) retourna a Sâmarâ. Al Mouwaffa~ l'y
12422pl~ça sous bonne garde et chargea lsbâ~ ibn Kandâdj (2l al Khazarî d'attaquer
12423l'Egypte. A cette nouvelle, Ibn 'foûloûn revint vers Damas, y convoqua les ~âQis
12424et jurisconsultes des districts et (leur) fit écrire une lettre pour l'Égypte, qui, lue
12425devant le peuple, déclarait qu'Aboû'l Mouw(!ffa~ avait tmhi son serment envers
12426al Mou'tamid et l'avait emprisonné dans le palais d'Abmad ibn al Kha~îb; que,
12427par ce traitement, al Mou'tamid avait souffert ce qu'on ne pourrait décrire ; qu'il
12428avait versé des larmes amères; que, lorsque le kha~îb prononçait la khou~bat du
12429Vendredi, il faisait allusion au sort d'al Mou'tamid, disant: t"t Mon Dieu! délivre-
12430le de sa séquestration et de son oppression"· Alors Bakkâr ibn ~outaïhat partit
12431(l ) Sur celle expression, voir Dozv, Supplément.
12432l\fa~rlz1 abrège fort, suivant sa coutume. En réalité, d'après 'fabàrl(Clwonique, 3•série, p. 2o37)
12433et Ibn al Athîr qui le copie (édition Tornberg, t. VIf, p. 2 7 6) c'est Isl.Hîl,i. ibn Kandâdj (ou Kandàdjlk )
12434gouverneue de Mossoul qui sut habilement s'assurer de la personne du khalife. Cf. Wüstenfeld
12435( Statthaltel', 3• partie, p. 2 1 ).
12436(
124372
12438) d~
12439Aboû'l Ma\1âsin éceit : ~~~ Tabàrl et Ibn al Athîr : ~I.N;') et~~~ Voir la note
12440précédente.
12441MAKRÎZÎ.
12442231
12443l\li~r, avec une nombreuse troupe, pour Damas. La population des Sp·ies et
12444frontières assemblée, Ibn 'foûloùn ordonna qu'on rédigeât un écrit proclamant
12445déchéance d'al Mouwaffa~ du titre d'héritier présomptif, a cause de sa rébel-
12446contre al Mou'tamid et de la séquestration où ille retenait. Il y était dit qu'al
12447ouwaffa~ était déchu de toute autorité, mis hors de toute protection et qu'il
12448était d'obligation pour le peuple de lui faire le cvïhâd (g·uerre religieuse). Toutes
12449les personnes présentes attestèrent, sauf Bakkâr ibn ~outaïbat et quelques autres.
12450Bakkâr dit: rr Il n'est pas évident pour moi qu'Aboû Abmad (al Mouwaffa~) ait agi
12451P. 3~1.
12452ainsi et je n'en ai aucune connaissance; je me refuse donc a attester et a procla-
12453mer la déchéance"· Ceci eut lieu, le 11 passé de Dhoû'l~a'dat. A cette nouvelle,
12454al Mouwaffa~ écrivit a ses gouverneurs de faire maudire en chaire Abmad ibn
12455'foûloûn. Il fut procédé à cette malédiction en ces termes: rr Mon Dieu! maudis-le
12456d'une malédiction qui ébrêche son tranchant et fasse trébucher sa fortune; rends-le
12457semblable aux abandonnés (Il. Non, tu ne favoriseras pas l'œuvre des méchants!"·
12458Al.tmad alla vers Tarsoùs et y campa. Le froid était intense; il leva le camp pour
12459aller vers 'Adhanat (2), alla à al Ma~î~at (3). Mais, le prodrome de la mort étant
12460venu le frapper, il dirigea sa marche vers l'Égypte, atteignit al Fararnâ, na vi gua
12461sur le Nil jusqu'a al Fous~ât où il entra, le 1 o des derniers jours de Djoumadâ II
124622 7 o. Il fit arrêter et conduire en prison Bakkâr ibn ~(ou taï bat. La maladie em-
12463pirant, il mourut, la nuit (veille) du dimanche 1 o passé de Dhoù'l~a'dat 2 7 o.
12464En apprenant sa mort, al Mou'tamid ressentit une profonde émotion et le pleura
12465amèrement. Il fit à son sujet cette élégie :
12466A Dieu je me plains d'un deuil qui m'a atteint comme un coup de pointe (de lance)
12467Au sujet d'un homme de génie en qui appat'aÎssait une humanité (4) supériem·e.
12468Flamme dont l'ardeur s'est éteinte, nuage abondant en pluie qui s'est dissipé!
12469Ma dynastie se plaint de sa dispal'ition. C'était l'ornement des dynasties.
12470§ Il. Après lui, prit le pouvoÏI: Aboû'l Djaïch Khoumâraweïh ibn Al)mad ibn
124711. 1 "·
12472'foûloûn. L'armée lui prêta serment, le dimanche 1 o passé de Dhoù'l~a'dat. Il
12473(1 ) (:)-':;;?WI ~ ceux qu'on laisse en arrière , qu'on abandonne sur le chemin,, cf. Coran, VH, 8t;
12474XV, Go; XXVI , 17 t; XX VIl, 58; XXIX, 3 1, 3 2; XXXVII, 1 3 5 où cette expression est appliquée
12475à la femme de Loth et a, par conséquent, un caractère de malédiction divine.
12476(
124772
12478) C'est la ville actuelle d.Adana, capitale d'un vilayel d'Anatolie qui comprend la moderne
12479Tarsoûs (Tarse), au N. O. du golfe d'Alexandrette.
12480(
124813
12482) Actuellement Missis (ancienne Mopsueslc) à l'est d'Adana.
12483•• (
124844
12485) L'édition de Boûlàl,i. donne : ~-' pour lequel les dictionnaires n'ont qu'un sens inadmissible
12486le~: ~ peur , . Les manusct·its de la Bibliothèque Nationale s'accordent à lire : ~) et la rime exige:
12487~)·J'y Yois donc le ma~dar du verbe: J~) ~être vraiment homme,.
p. 125
124881. 20.
12489232
12490P. CASANOVA.
12491ordonna de mettre a mort son f'fere al 'Abbâs qui avait refusé de lui prêter serment.
12492Il donna à 'Abd Allah ibn Abmad al Wâsiti le commandement d'une armée pour la
12493Syrie, le 6 passé de Dhoû'lbidjdjat. Il donna a Sa'd al A'asar (le Gaucher) le com-
12494mandement d'une autre armée. Il expédia des vaisseaux sur la mer pour veillet·
12495sur les rivages de Syrie. Al Wâsitî descendit à Filastîn. Il craignait que Khoumâ-
12496raweïh ne lui fit un mau vais parti, car c'est lui qui lui avait conseillé le meurtre
12497de son frere al 'Abbâs. Il écrivit à Aboû Abmacl allVIouwaffa~, lui dépeignant, en
12498termes pessimistes, la situation de Khoumâraweih et l'engageant à marcher contre
12499lui. Il partit clone de Baghclâcl, ralliant à lui Isbâ~ ibn Kandâclj (l) et Moubammad
12500ibn Aboû's Sâdj. Il campa à ar Ra~~at et prit possession de ~Gnnisrîn et d'al
12501'Awâ~im, marcha vers Cheïzar(2l, livra combat aux partisans de Khoumâraweïh
12502qu'il battit et entra à Damas. Alors Khoumâraweïh partit à la tête d'une armée
12503considérable, le 1 o passé de Sa far .2 7 1 . Il se rencontra avec Al) mad ibn al Mou-
12504waffal~ à Nahr Aboû Boutros appelé (également) at 'fawâbîn (les Moulins) dans
12505le territoire de Filastîn; ils li vrerent bataille et les partisans de Khoumârawe"tlt
12506furent défaits. Il était à la tête de soixante-dix mille hommes et Ibn al Mouwaffa~
12507d'environ quatre mille (3l. Ce dernier mit la main sur l'armée de Khoumâraweïh
12508et tout ce qui s'y trouvait; Khoumâmweïh partit pour al Fous~ât. Or, pour le
12509soutenir, une embuscade avait été dressée contre Ibn al Momvaffal~ par Sa'd al
12510A'asar lequel, ignorant la défaite de Khoumârawcih, lui livra combat, le chassa
12511du camp et le fit fuir jusqu'a douze milles (de là). Il alla vers Damas qui ne lui
12512ouvrit pas ses portes.
12513Khoumâraweih entra à al FoustâL le 3 passé de Rabî' 1, et Sa'd al A'asat·
12514alla, avec al "Vâsiti, s'emparer de Damas. Khoumârawelh partit de Mi$r, le 7 des
12515derniers jours de Hamaqân, arriva à Filas tin, revint, le 1 .2 des derniers jours
12516de Chawwâl, puis partit en Dhoù'l~a'dat .2 7.2, fit mettre a mort Sa'd al A'asar,
12517entra à Damas, le 7 passé d'al Moubarram .2 7 3, et y alla combattre Ibn Kandâdj.
12518La fortune fut contre Khoumâraweïh et ses partisans furent mis en fuite; seul, a
12519la tête d'une petite troupe, il tint ferme, mit en fuite Ibn Kandâdj, et le pour-
12520suivit jusqu'à ce que ses partisans eurent atteint Sourra man râa. Puis ils firent
12521paix et alliance. Ibn Kandâdj alla trou ver Khoumâraweïh, séjourna au milieu
12522(tl Voie plus haut (p. 23o, note 2).
12523(2) Liee : )1~.::. et non : jl_p..::., Chieâz. Celle dernihe ville est en Perse. Sue celte confusion fré-
12524quente, cf. DERENBOURG, Ousdma ibn Moun~idh (p. t4, note 5, et p. 7 2 6 ). La ville de Cheïzar est
12525une place forte de la Syt'ie, située sur l'Oronte.
12526(3) Il y a probablement une erreur dans l'un ou l'autre chiffre. On les retrouve cependant dans
12527Aboù'l l\fal)àsin ( t. II, p. 52).
12528MAKHÎZi.
12529233
12530son armée et fit proclamer son nom dans les provinces qui étaient en son pou-
12531. Khoumâraweïh écrivit a Aboù Al)mad al Mouwaffa~ pour des ouvertures de
12532Celui-ci les accueillit favorablement et écrivit, à ce sujet, une lettre que lui
12533Fâï~ (Il l'eunuque, en Radjah. Il y était exposé qu'al Mou'tamid, al Mou-
12534affak et son fils l'avaient écrite de leurs propres mains et (qu'elle conférait) a
12535Khou~âraweïh et sa descendance, pour trente ans, le gouvernement de l'Égypte
12536et des Syries. Puis Khoumâraweïh arriva (en Ég·ypte) à la fin de Radjah et
12537ordonna qu'on proclamât le nom d'Aboû Alrmad al Mouwaffa~ (2) et qu'on cessât
12538de le maudire publiquement.
12539Il plaça a la justice (3J de Mi$r Moul)ammad ibn 'Oubadat ibn l.farb.
12540Ayant appris que Moul)ammad ibn Aboû's Sâdj marchait contre ses possessions,
12541il partit contre lui en Dhoù'l~a'dat et le rencontra à Thanîyat al 'oul~âb (Il) (pres) de
12542Damas. Les partisans de Khoumâraweïh furent mis en fuite; mais lui-même tint
12543ferme et le combattit si bien qu'illui infligea la plus honteuse défaite; puis il retourna
12544à Mi$r où il entra, le 6 des derniers jours de Djoumadâ Il .2 7 6. Puis il partit pour
12545Alexandt·ie, le ft passé de Chawwâl.ll reçut la nouve1le que son nom était proclamé
12546à 'farsoùs en Djoumadâ Il .2 7 7. Il partit pour la Syrie, le 1 7 Dhoû'l~a'dat.
12547Al Mouwaffa~ mourut en 2 78. Puis al Mou'tamid mourut en Radjah .2 79 et
12548al Mou'taqid Aboû'l 'Abbâs Al_lmad ibn al Mouwaffa~ fut reconnu (khalife). Khou-
12549mât·aweïh lui envoya des présents.
12550Il arriva de Syrie, le 6 passé de Rabi' 1 .2 8 o. Un rescrit vint d'al Mou'taqid
12551conférant le gouvernement de l'Égypte à Khoumâraweïh et ses descendants pen-
12552dant trente ans, depuis l'Euphrate jusqu'à Bar~at, lui confiant la priere, l'impôt,
12553la justice et toutes les branches de l'administration, J~~~, moyennant un tribut
12554annuel de 2oo,ooo dinars pour le passé et 3oo,ooo dinars pour l'avenir. Puis
12555arriva le légat d'al Mou'tacjid pour la remise des insignes (5l: c'était douze pelisses,
12556(Il &li. La vraie lecture est probablement : ~li, Fàï~, conformément au manusc1·it 1736.
12557W üstenfeld (Statthalter, 3• partie, p. 3o) écrit : Fàli~. Aboû'l Mal)àsin ( t. II, p. 53) ne mentionne
12558pas ce personnage.
12559(2) Par la' on ,.o· t
12560Kh
12561'
12562··h "
12563· t
12564' ·
12565l' 1 ' · d'
12566d
12567·
12568,
12569.
12570,
12571· 1 que
12572ounHlrawel
12573sela1 anteneu1·ement (CC are m epen ant, ma1s que ,
12574desormats, il reconnaissait la suzeraineté d'al Mouwall"ak.
12575(
125763
12577) _..ll.b.l.l, litt. : r~les torts,, c'est-à-dire rde red1~essement des torts,, Sur cette expression,
12578cf. s .. DE SACY, Chrestomathie arabe ( 2. édition), t. 1, p. t32 et notre auteur (texte arabe, t. n, p. 20],
12579chap1tre du ministè1·e des torts, _..llbl.l .i _;hJI ).
12580('• l
12581L d'fil' d l' . 1
12582r~ e e 1 e e a1g e" sur la roule de Damas à Emesse. Dans le tex le arabe au lieu de:~.::.
12583il faut lire : L.;.;,.,.
12584'
12585· ··
12586'
12587(<>J
12588• 111 L- . 1·
12589(d'l
12590)
12591ç:-· es pe Isses
125921onneur sont devenues, en arabe, le symbole de l'investiture. Le verbe:
12593~
12594rr
125951,nv~stir (d'une fonction), a, on le voit, la même ot·igine que notre mot français. La W:...
12596arabe e!JUivaut au pallium romain, elc.
12597Mémoil·es, t. III.
125983o
125991. 3o.
p. 126
12600234
12601P. CASANOVA.
12602une épée, une tiare, une ceinture de pierreries, un esclave -
12603en Ramafl' an.
12604Al Mouctamid contracta mariage avec ~(a~r an nadâ, fille de Khoumâraweïh: en
126052 8 1. Cette année, Khoumâraweïh partit vers sa résidence de plaisance à Marîoût {IJ
12606en Cha'bân. Il alla vers le Sa'id, atteignit SîoC1~, puis rentra par l'est à al Foustât'
12607le 1 cr Dhoû'l~a'dat. Il partit pour la Syrie, le 8 passé de Cha'bân 282 et séjou~n·~
12608(d'abord) à Minîat al A~bagh (2) et Minîat Ma~ar(
126093
12610l. Puis il se mit en route et arriva
12611enfin a Damas où il fut tué clans son lit, égorgé par ses concubines et ses servi-
12612P. 3211.
12613teurs. Il fut porté clans une caisse à Mi~r. L'entrée de ce cercueil fut une céré-
12614monie solennelle. Il fut accueilli par ses concubines, les concubines de ses pages,
12615les femmes de ses officiers et les femmes d'al ~a~â'î avec les cris et toutes les
12616manifestations auxquelles on se livre dans les réunions de deuil. Les pages sor-
12617tirent, leurs robes défaites; quelques-uns avaient noirci leurs vêtements et les
12618avaient déchirés. Ce fut dans le pays une clameur immense et un cri a fendre les
12619cœurs jusqu'a ce qu'il fut enseveli. Son gouvernement avait été de douze ans et
12620dix-huit jours. Puis gouverna:
12621§III. Aboû'i 'Asâkir Djaïch ibn Khoumâraweïh ibn Abmad ibn 'foûloûn, la nuit
12622(veille) du dernier jour de Dhoû'll~acdat 2 82, à Damas. Puis il alla à Mi~r. Il
12623accumula des actes qui le rendirent odieux; il se fit prendt·e en aversion et en
12624haine par les principaux de son armée qui, par crainte de lui, se jeterent dans
12625la révolte. Comme il était sorti pour une promenade à Minîat al A~bagh, un
12626grand nombre des principaux officiers de la dynastie s'enfuirent vers al Mouc-
12627Laçlid. Ab mad ibn Toughân, qui gouvernait la frontiere, le déclara déchu.
12628'foughdj fl!J ibn Djouff le déclara déchu a Damas. Djaïch assaillit son oncle Mou-
12629\
12630<Jar ibn Ahmad ibn 'foûloûn et le tua. L'armée l'assaillit à son tour et le déclara
12631déchu. Elle convoqua les jurisconsultes et les ~âçlis qui l'affranchirent du set'-
12632ment de fidélité et l'en délierent. Sa déchéance eut lieu, le 1 o passé de Djou-
12633madâ Il 283. Il avait gouverné six mois et douze jours; il mourut, peu de jours
12634a pres, en prison. Puis gouverna:
12635(I l Le texte de BoûlàJ.<_ porte : ky. y. et le manuscrit 17 36 : byy. On peut hésiter entre : b_,.;;;,
12636Tarnoût (anc. 8epevoufJ1 ou 8epvou8YJs), ville située au sud-ouest du Della, sur la roule du Wàdi
12637Natroûn, ou: by.:.i ... , Mar1oût, au ''oisinage d'Alexandrie, dont les environs ont souvent été le ren-
12638dez-vous de chasse favori des souverains de I'Jtgyple. C'est celte dernière lecture que j'adopte comme
12639plus vraisemblable. W üstenfeld ( Statthaller, 3c partie, p. 38) lit : Tarn ut.
12640(2J Sur cette localité, Yoir plus loin le chapitre qui lui est consacré (texte arabe, t. H, p. 136
12641et seq. ). Elle était située, à cette époque, entre Ma tari eh et al Foustàt et a disparu aujourd'hui,
12642englobée dans les agrandissements du Caire.
12643(3) i\1atarieh moderne. Cf. plus haut, p. 196, note 6.
12644(4J Lire: tb au lieu de: fla·
12645MAKRÎZÎ.
12646235
12647S IV. Aboû Moûsâ Hâroûn ibn Khoumâraweïh, le jour ou Djaïch fut déchu. Une
126481. 10.
12649artie de l'armée fit opposition et écrivit à Rabî'at ibn Al)mad ibn 'foûloûn qui
12650~tait à Ale;(andrie , l'appelant et lui promettant de se révolter avec lui. Il réunit une
12651troupe considérable de gens cl'al_Boul)aïrat (province d'Alexandri.e ), ~e Berb_eres
12652·et autres, se mit en marche et vmt camper aux portes de Fous~a~ M1~r. Mms le
12653'parti (qui l'avait appelé) lu~ fit d_éfection. L:,s offici~rs mar,cherent c?~tre lui, le
12654combattirent et le firent pnsonmer, la onz1eme nmt passee de Cha ban 2 84. Il
12655fut frappé de mille deux cents coups de fouet et mourut.
12656Al Mou'tamid mourut en Rabi' Il 2 89 et son fils Moul_tammad al Mouktafi
12657billah fut reconnu (khalife).
12658Le Carma the (I) s'insurgea en Syrie en l'an 2 9 o et les officiers partirent de
12659Mi~r pour lui faire la guerre. Il les mit en fuite. Al Mouktafî envoya Moubammad
12660ibn Soulaïmân le kâtib qui descendit à I:lim~, envoya des bateaux (de guerre)
12661de la région frontiere aux rivages d'Ég·ypte ~t se rendit à Filastîn. Hâroùn sortit
12662le jour de la tarwîat f2l 2 91, expédia les vaisseaux de guerre qui rencontrerent
12663ceux de Moubammad ibn Soulaïmân à Tinnîs et eurent le dessous. Les partisans
12664de Moul)arnmad ibn Soulaïmân occuperent Tinnîs et Damiette. Hâroûn alla à
12665al cAbbâsat, lui, sa famille et ses oncles, en grande gêne et détresse. Beaucoup
12666de ses partisans se détacherent de lui et il resta à la tête d'un faible groupe. Il ne
12667songeait qu'aux frivolités. Ses deux oncles Chaïbân et 'Adî, fils d'Ahmad ibn
12668'foûloûn, s'entendirent pour le tuer; ils le surprirent au fort de l'ivresse (3) et le
12669tuerent, la nuit (veille) du dimanche 1 1 des derniers jours de Sa far 2 9 2 ; il
12670était alors âgé de vingt-deux ans et son gouvernement avait été de huit ans, huit
126711. ~o.
12672mois et quelques jours. Puis gouverna :
12673§ V. Chaïbân ibn Abmad ibn Toùloûn Aboû'i Mawâkît, le 1 o des derniers
12674.
12675.
12676jours de Safar. Il retourna à al Fous~â~. 'foughdj ibn Djouff et d'autres officiers
12677apprirent le meurtre de Hâroûn, le réprouverent et se révolterent contre Chaïbân;
12678ils s'adresserent à Moubammad ibn Soulaïmân qui les reçut favorablement; ils
12679l'inciterent à marcher sur l'Égypte. Il se mit en route, campa a al 'Abbâsat, où
12680il fut rejoint par 'foughdj à la tête d'un gTand nombre d'officiers, et ils marcherent
12681avec lui vers al Fous~â~. La plus grande partie, Lk, des partisans de Chaïbân
12682(I) Sur les Carma thes (ou ~a1·matls), partisans de la doctrine de tiamdàn ~armat, voir les diverses
12683histoires du khalifat et spécialement le mémoire de M. DE GoËJE, Les Cm·mathes du Balweïn.
12684(2) Huitièl)1e jour de Dhoû'l~idjdjat. Sur l'origine de ce nom, voir LANE, Dictionnaire, p. 11 g5,
12685col. 2.
12686(
126873
12688J Lire : ~ au lieu de : J1 (sic). Cf. Aboû'l Mal)àsin ( t. II, p. 118 ).
126893o.
p. 127
126901. 3o.
12691236
12692P. CASANOVA.
12693se rallierent à eux:. Chaïbân al~ rs prit peur et demanda l'amân. Moul_tammad ibn
12694Soulaïmân le lui accorda et il sortit à sa rencontre, la (première) nuit passé~ de
12695Rabt 1 2 9 2. Son gouvernement fut de douze jours.
12696S VI. Mouhammad ibn Soulaïmân entra le jeudi 1er Rabt 1. Il mit le feu a al
12697~aWî. Ses partisans pillèrent al Foustât, brisèrent les (portes des) prisons et
12698firent sortir ceux qui y étaient; assaillirent les maisons, profanèrent les harems,
12699déshonorèrent les citoyens, violèrent les vierges, pourchassèrent les femmes, se
12700livrèrent à toutes sortes d'infamies, expulsant les gens de leurs demeures, etc.
12701Ils expulsèrent les enfants d'Ahmad ibn 'foûloûn qui étaient au nombre de vingt;
12702ils expulsèrent leurs officiers; il ne resta plus d'eux même le souvenir. Leurs
12703demeures restèrent désertes et tout vestige d'eux s'effaça. Ils disparurent de ce
12704séjour et sur eux s'étendirent la déchéance après la gloire et l'exil et la dispersion
12705après l'affiuence des réunions, l'éclat du pouvoir et les douceurs de la vie. On
12706poussa les partisans de Chaïbân devant Mouhammad ibn Soulaïmân; ii se tenait
12707à cheval et, sous ses yeux, on les égorgea comme on égorge les moutons. Il fit
12708faire un grand massacre des nègres qui habitaient al ~atâ'î.
12709Al.tmad ibn Moul.wmmad al I:Iabîchî a dit:
12710Louange à Dieu pom la confirmation de ses bienfaits. La troupe de la vét·ité s'est gt·oupée en
12711[toute confiance puis s'est répandue.
12712Dieu est garant de la sincérité de cette conquête, elle n'est pas mensonge. Mauvaise issue du
12713[ séjom (sur la terre) à qui ment (J).
12714Conquête (venue) de Lui (Dieu)! Mou~ammad (2
12715l a conquis le monde; il a dissipé les ténèbres,
12716[l'oppression (3), les soucis.
12717Point de doute : il possède une énergie qui décide toute question; dans la vengeance est une
12718[force (4) qui dissipe le doute.
12719L'imàm (5) l'a lancé sur une vierge perfide (6) ; il a défloré sa virginité par le glaive et l'a tranchée.
12720Mou~ammad ibn Soulaïmân est le plus glorieux de ceux qui sont passés, ~!.)JI, par sa
12721[personne, le plus noble par ses ancêtres.
12722(l J C'est-à-dil'e : ~celui qui ment sul' cette terre tromera son châtiment dans l'autre vie,.
12723l2l Le texte porte: son Moul:wmmad, ~~ . c'est-à-dire le Mou~ammad du monde (présent);
12724on pourrait tt·aduirc ~le MouJ:wmmad moderne,. L'auteur rapproche ainsi le nom de son héros du
12725nom du Prophète.
12726(3l ~es deux mols : ~~ et j)Ak~l ont à la fois le sens de ténèbres ct d'oppression.
12727(Il) a~ 1..)"~1 ~,,expression du Col'an, H, q5.
12728lol Le khalife abbasside de ll~ghdàd.
12729(6) La terre d'Égypte.
12730MAKfiÎZÎ.
12731237
12732Il
12733"t de nuit avec des lions d'a ch Cha râ à face humaine (1 ); de jour, leur forêt était de
12734vovagea1
12735•
12736[lances et non de roseaux \2l.
12737La plaine regorgeait pa1·-dessus al Yahmoüm (3) , quand ils atteignirent, ainsi que les saute-
12738[ relies (4) (nouvellement) pondues, la montagne de leur marche rapide (;).
127390 (6) Aboü 'AH, tu t'es élet'é au-dessus des temps d'un deg1·é au-dessous duquel lu voyais les
12740P. 32:1-,
12741[ ( autt·es) degrés,
12742Quand les fils de 'foüloün ont prolongé leurs fautes dans les affaires et que les khatîbs ont
12743[disparu loin d'eux (7l.
12744Hàroün, son pays l'a troublé pm· (l'évocation de) ton souvenir; la peur a blanchils) (les cheveux
12745[de) Chaïb&n et ii tremblai ti
12746Combien leU!' vois-tu de frais jardins (9) el de délices cueillies par lem ruse, qui sont détruits!
12747Au matin, tu ne vois plus que leurs demeures t}ui semblent depuis longtemps des restes qui
12748[s'en vont!
12749Ahmad ibn [ Aboû] (tOJ Ya'~oùb a dit :
12750Si tu demandes quel fut l'éclat de leur règne, monte et passe dans la région du maïdân;
12751Regarde ces palais et cc qu'ils comprennent. Laisse paître (à ton h·oupeau) les flems de ce jardin.
12752Si tu cherches à t'instruire, il y a là un enseignement crui le proclame comment se succèdent les
12753[deux temps (le bon el le mauvais).
12754(IJ Lill. : ~avec [des compagnons qu'on pourrait prendre pour] des lions d'acb Charâ (lieu
12755d'Arabie peuplé de lions) s'ils n'étaient pas ''isiblement des hommes" ~
127561_,_)':! ..-J}. L'expression
12757~voyager de nuit, c.S.r"• fait allusion au lion qui rôde de nuit, d'où l'épithète de: ~voyageur de
12758nuit, c.S)L..., qui sert souvent à le désigner.
12759l2l Le texte porte: ~~, mais je pense qu'il faut lire: ~1. Le poète, continuant la comparai-
12760son, dit que ces lions habitaient une forêt de lances et non d'arbt·es ou arbustes ordinaires. On
12761pourrait lire: ~j, pluriel de:~
12762~branches" (cf. Dozy, Supplémentauxdictionnail'es)si la rime
12763ella mesure n'exigeaient pas : y~.
12764l3l La montagne Rouge, au nord-est d'al Foust<ît; voir plus haut (texte arabe, t. I, p. t25).
12765(tl) 4_;JI. Des manuscrits donnent : ~~ et : l.;.)J!. C'est: ~.)JI , qu'il faut lire. Cf. l'expression :
127664.)Jt5 jl.o ~des biens comme les sautet·elles", c'est-à-dire ~en grande multitude"· Dozy signale
12767également : ~.)JI dans le sens de : sauterelles et nole que Casiri a, sur un manuscrit de l'Escurial ,
12768lu à tort : l>· 11.
12769"' :;
12770(; J ':'l.sJI .i4?}1 0~
12771~.)JI J.t.o !_,JI. La fin de ce vers paralt altérée el je fais toutes réserves
12772sm· ma traduction.
12773.
12774(G) la-:!1 donne un vers faux. Il faut lire : l:!l.
12775(7) C'est-à-dire ont cessé de proclamer en leur nom la klwutbat (prière dite pour les souverains).
12776(s) Dans ces trois vers, l'autcut· joue sur les noms : 'AH est rapproché de la racine: 'ald ~être élevé",
12777Toûloûn de: tdla IV« prolonger"; Hàroûn de : ~1âra ~donner de l'inquiétude"; Chaïbân de : chdba H
12778~blanchit· (les cheveux)"·
12779(<J) Sur l'expression : ~Î, appliquée à un jardin (.ii..::._,) ou 4) voir le Dictionnaire de La ne.
12780(Io) Je rétablis, entre crochets, le mot : Aboû, conformément à la remarque de M. de Goëje ffUÏ
12781nous apprend que ce personnage est le géographe : A~mad ibn Aboû )'a'~oûb ibn WàcJi~ al
12782Ya'~oûbi dont il a édité le Kitdb al boulch1n dans sa Bibliotheca geographm·um arabico1'um , t. VII. Il Y
12783cite ces vers avec quelques variantes (p. t"vr ).
p. 128
127841. 10.
12785238
12786P. CASANOVA.
127870 meurtre d'Hat·oûn, tu as fauché leur racine et tu as fait blanchit· la t~te de leur émir Chaïbân (Il
12788Il ne vous a servi de rien le courage de ~aïs quand, au matin, il fut au milieu d'une armé~
12789[bmyante, de Ghassân
12790De 'Adiyat(2J le héros vaillant et de Khazt·adj. Ceux-là ne furent pas secourus pat· lem· ft·ère 'Adnan:
12791Ils s'en sont allés vet·s les maltt·es de la Pt·ophétie et de la ( vt·aie) voie, laissant le champ libre
12792[aux suppôts de Satan (3).
12793lsma'îl ibn Aboû J:.Iâchim a dit :
12794Fais une pause aux coupoles de Mb as sadj, au palais riche en pavillons et en tours
12795Et aux habitations d'une famille qui fut expulsée de sa demeure, après un long séjom·, par
12796[quelle expulsion!
12797Ils étaient des phares en l'obscurité de la nuit; le voyageur se guidait sur eux dans les chemins (4).
12798Lems visages, si tu les contemplais, paraissaient de blanc at·gent ou d'ivoit·e.
12799Ils étaient des lions dont on ne recherchait pas le territoire, en tout combat, en tout assaut.
12800(I) Toujours le même jeu de mots sur : clu1ba IV ~faire blanchit·, et Chaïbân.
12801(2) Le texte porte:~~ ~son (frère) 'Adh; je préfère, avec M. de Goëje, lire:~~-
12802(J) Pour les tmis demiers vers dont les allusions m'échappaient, j'ai dû recourir à la science de
12803M. de Goëje qui les a traduits dans son mémoire intitulé : Desctiptio Magh,·ibi que je n'avais pas à ma
12804disposition. Voici ce que m'écrit. le vénéré savant (le 5 octobre 1 go5) : ~Quant aux noms Ghassân,
12805~aïs, 'Ad1yat, Khanadj et 'Adnân, Ibn 'foûloûn a eu la fantaisie (comme plus tard, les Fatimides)
12806de donner à ses fils des noms arabes at·chaïques. J'ai cité dans une nole les passages d'Aboû'l
12807Ma}:tâsin, de MaJ.<.dzî et de Nowaïrl où ils sont nommés., Dans l'édition de Ya'l.wubî, M. de Goëje
12808dit également, en note: ~Tûlûnidœ in hoc poëmate appellati, memoranlur ab Ahu'l Mahâsin, JI, 1'1,
12809'H, Il", 1'"1', Mal.<.rîzl, 1, 1"1'1' et imprimis a Nowairîo cod. Leid. 2 l f. 7"· Aboû'l Mal)âsin mentionne,
12810en effet, Khazradj et 'Adnàn. MalŒîzi mentionne, plus haut, 'A dl. Wüstenfeld ( Statthaltct, 3• par te,
12811p. 25) donne les noms des dix-sept fils d'A}:tmad ibn 'foûloûn, j'ignore d'après quelles sources; il
12812nomme 'Adnân, 'A dl, Ghassân, mais ignore ~aïs et Khazradj.
12813Quant au demier vers, voici ce qu'il m'en écrit : ~Dans la Descr~Jtio Maghribi j'avais donné une
12814tmduction en latin du poème à l'exception du vers demier dont le sens m'était obscur et qui ne me
12815semblait pas hien cohérent avec les vers pt·écédents. Feu M. Fleischet· m'en donna dans une lettre
12816( févt·ier t 861) celle tmduction : ~Sie (die Tulunidcn) gingen schnell ( durch den Tod) hinüber zu
12817(! dem Pt·ophelen und Lehrern des wahren Religion und zersh·euten sich von den Anhiingern des
12818~rSatans" ajoutant que sa traduction ne t•endait pas exactement la f01·ce de la préposition:~· le sens
12819véritable étant ~r sie zerslreu ten si ch so dass die von ibn en früher niedergehaltenen Anhanger des
12820(!Salans nun in die Hô he ka men und die Oberhand gewannen "· C'est celte nnance que j'ai essayé
12821de rcndt·e par l'expression : ~laissant le champ libt·e "· M. de Goëje ajoute : de crois que cette
12822traduction est admissible, mais il me semble certain qu'il y manque un ou plusieurs vers entre ce
12823dernier et le pl'écédent "·
12824J'ai tenu à donner celte lettre tout au long pour montrer combien je dois de reconnaissance au
12825-vénéré savant et combien chacun des vers de ces trop obscures poésies demande, pout· être exactement
12826compris, de science et de perspicacité.
12827'4' Ces trois vers sont également cités par Aboû'l Mal~âsin ( t. H, p. tu 7), avec quelques variantes.
12828MAKRÎZÎ.
12829239
12830, contemple leurs vestiges, jette pour eux (une pierre qui soit) un signe en tous défilés,
12831[en tous ravins (Il.
12832.
12833t ue 1· e vivrai, je ne cesserai de plem·et· avec quiconque est doué d'une vue et d'un
12834eux, tan q
12835[ "l
12836"bi (2)
12837œ1 senst e .
12838Sa'îJ al ~â~~ (3J a dit :
12839S 1
12840es ont coulé, le temps compris entre une aube,~· et un point du jour,~, et elles
12841es arm
12842.
12843. d 1
12844, .
12845·
12846l' ·
12847· '4)
12848[n'ont pas coulé au po mt que la mam e a restgnatwn mt soum1s 1 •
1284911 asse la nuit, affalé, celui dont les entrailles sont brûlantes (de désespoir); il gémit comme
12850p
12851[un captif sm· sa captivité.
12852Celui-là est-il susceptible de résignation qui est plongé dans le désespoir? La nuit, il est sur un
12853[hrasier; le jour, sur un brasier.
12854Une telle succession de révolutions a anéanti sa résignation. Il a été trahi par les événements :
12855(le temps est maître en trahison.
12856Ils ont été crucifiés d'humiliation et d'infamie (5l, les chefs de la religion et de l'État (fil, par la
12857[briseuse des dos (la fatalité).
12858S'est évanouie (7l la splendeur de ce monde et la lampe qui en éclait·ait les habitants, par la dis-
12859[ parition des fils de Toûloôn, et (se sont évanouies) les étoiles étincelantes.
12860(tl Allusion à la coutume de jeter des pierres sur un point de la route en souvenir de quelque
12861mort illustre. Les piel"l'es accumulées forment des points de repère précieux dans les régions désertes.
12862(2) (.s"!-lw, litt. : (t langoureux"·
12863.
12864l3l Le texte po l'Le : 0""WI ici et : l.s.aWI plus loin (tex. le arabe, t. Il, p. u5 5, l. 3t) où Il est
12865rapporté du même poète trois vers que nous allons retrouver dans celte poésie. Aboû'l MaJ:tâsin
12866(t. II, p. 1 uS) donne, en partie, les mêmes vers. C'est d'après lui que Hamm er ( Litemturgeschichte,
12867t. IV, p. 5g8) les cite et dit que le poète Sa'id vivait en l'an 28o. Il ne se prononce pas sm· les
12868variantes : L)"WI et &':>WI. Juynholl qui, en nole de son édition d'Aboû'l Mal)àsin, cite Hammet·,
12869s'est trompé en disant que Sa'ld était mort en 28o. Le savant autrichien a écrit : ~1. i. J. 280" et
12870non (fgest. 28o,. D'ailleurs, le poète vivait après 292 puisqu'il parle, à la fin du poème, de Hàl'oÛn
12871morl à celte date.
12872(4l Je suppose que le poète veut dire qu'il n'est pas encore au bout de ses larmes, qu'il n'est
12873pas encore arrivé au point où la résignation vient calmer la souffrance et celle interprétation est
12874confit·mée plus loin par ces mots : ~r Celui-là est-il susceptible de résignation qui ... ", elc.
12875Le verbe : ~1 a, dans les dictionnait·es, le sens de ~se soumettre"· Mais La ne ( Dictionnaù·e,
12876sub vetbo) estime que le vet·be est nécessairement transitif et qu'il faut toujours sous-entendre le
12877régime quand il manque. Il interprète : ~1 dans le sens de ~rse soumellre" comme =. ~
12878~~
12879«Soumettre sa personne,. Cette opinion de Lane me para1L juste et confirme ma traductiOn.
12880l~J Litt. : (fpar l'humiliation des nez et lelll' mutilation~; la mutilation du nez, supplice inOigé
12881aux criminels, est symbole d'infamie.
12882(s) ~.)JI, 0:!.).}1 iS,.s.. Cette expression rappelle les tilt·es des souverains: saïj ad dounîtl tm',d din;
12883nd§ù· lUZ dounM wa'd dîn, elc., c'est-à-dire: ~rglaive de l'État ct de la t•eligion, auxiliaire de l'Etat et
12884de la religion,. Cf. VAN BEnCHE~I, Corpus inscr. arab. (Mémoires de la Mission archéol. ji·ançaise dtt
12885Caite, t. XIX, p. 82, t43, 763-764 el passim).
12886''' Litt. : ~ra été plié, comme la nalle ou le tapis qu'on plie et qu'on relègue dans un coin,
12887quand on ne s'en sert plus.
128881. 20.
p. 129
12889l. 3o.
128902lt0
12891P. CASANOVA.
12892Les fils de 'foûloûn dispat·us de toute patrie, c'est pour l'islamisme la plus cruelle disparition
12893,
12894.
12895,
12896.
12897. (des contrées (de la terre).
12898Ont appam et éclate au grand JOUI', a pres (tant de) glmre et de pmssance, des faits mémorables
12899·
12900(qui n'échapperont point à qui est doué de clait·voyance.
12901Abül't '1 'Abbâs Al) mad était noble, son existence était magnifique, et il ne vivait point avec
12902(la haine (tl;
12903Les nuits qui s'écoulaient, par leur beauté et leur éclat, semblaient, de son temps, être la nuit
12904(de la Décision (2l.
12905La preuve de l'excellence d'Ibn 'fo-ûloûn est une pensée qui embrasse les deux Simâk elle Gltafi· (3l.
12906Si tu voulais un témoin exact qui fit connaître la chose en son éclat,
12907(Ce serait) sur la montagne occidentale la khi Hat Yachkoûr où est un masdjid qui dispense
12908(de prolixes discours,
12909Qui atteste aux gens de sens que sa constt'Uction et que son constmcteur n'avaient rien d'avare,
12910(ni ·d'ignorant.
12911Il le construisit de briques, de bois sâ(q· et 'at·' ar (4), de marbre poli, de gypse et de piene.
12912Aux limites éloignées du monde vola (la renommée de) sa conslt·uction, solide édifice de voûtes
12913(et de mmailles :
12914Vaste en espaces, il enferme le regard qu'il domine; le zéphyr en est léger, les émanations et
12915(les sentems en sont douces.
12916Et (ce serait) Tannoût· Fir'oûn (5) sm· une éminence au haut d'une montagne élevée, sur un
12917[sommet escm·pé :
12918Il y a bâti un masdjid dont la construction domine et par lequel est guidé, pendant la nuit,
12919(celui qui s'égarerait en cheminant.
12920La clarté de son fanal et son éclat fraternisent avec Canope lorsqu'elle brille dans la nuit pour
12921(le voyagem·.
12922(tl Li tt. : tt ne passait point la nuit. sur une haine"·
12923(2) La nuit de la Décision, )~! ~, dans laquelle Moul)ammad reçut la révélation, a un car ac-
12924the béni : elle vaut mille nuits (Coran, XCVII).
12925l3l Ces derniers mols sont fort énigmatiques, mais il est évident, d'après ce qui va suiVl'e, qu'ils
12926reviennent à dire qu'Ibn 'foûloûn s'est occupé aussi bien des choses du ciel (par ses mosquées ct
12927son hôpital) que des choses de la terre (par ses travaux d'art).
12928Les deux Sim&k (Arcturus et l'Epi) représentent l'ensemble du ciel (boréal et austral); quant au
12929ghajr qui est un groupe d'étoiles de la Balance, il n'est vraiment. pas possible d'y voir un emblème
12930de la terre. Aussi se~·ais-je porté à croire que la leçon : ~
12931derre déserte" que signale Juy~boll
12932dans son édition d'Aboû'l Ma}.lâsin est la vraie. Elle répond très exactement à ce qui sera dtt de
12933la région arrosée pat· les soins d'Ibn 'foûloûn et a été adoptée par Hammer ( Literaturgeschichte, t. IV,
12934p. 5g8) qui tt·aduit: rrln Wüsten und im Rimmel hat sein .Muth, ce qui est conforme à mon inter-
12935prétation.
12936Au lieu de : ~
12937rrqui embrasse" Ahoû'l Mal.tâsin a : .iW.:st rrqui a laissé une trace"·
12938(Il ) Sur ces essences, voir Dozv, Supplément aux dictionnaù·es, aet. :~Lw et rr· La première
12939répondrait au teck indien et la seconde au genévrier.
12940(>J Ce vers et les deux suivants sont reproduits, comme je l'ai déjà dit, par l'auteur (texte
12941arabe, t. II, p. 45 5 -
12942article du masdjid lannoûr Fir'oûn ).
12943MAKRÎZÎ.
12944241
12945. )
12946. (tl ouvant servit· à la boisson, source fraîche, et une source saumiitre
12947(
12948erall une som ce
12949p
12950·fi
12951·
12952ces
12953(pour l'irrigation et la puntcatwn.
12954.1
12955l ·t à ses côtés allant et venant en 1lux et re !lux (
129562
12957) ;
12958Le Nt co.u al
12959.
12960f . nt par son entremise sourdœ les eaux de tene' -
12961depuis une
12962P
12963He tl arrosatt -
12964atsa
12965'
12966'
12967are
12968'
12969dépression (profonde l3l jusqu'à une hauteur l4l.
12970·
12971dont ·on dirait, si les génies en présentaient une pareille (5) :
12972e~ Voilà qu'ils ont
12973Consh·uctwn
12974·
12975'bl
12976·
12977·
12978hl bl 1
12979[présenté une chose 1mposs1 e, mvra1sem a :. 11
12980·
12981·l
12982. . d'·l Ma'âfir (6) tout entière et Cha'bân et al Oul)moût· et la gt·ande tnbu
12983Elle passait sm a teue
12984a
12985[de Bichr.
12986(
12987T . itoires de) tribus c1ue n'atteint pas la pluie des nuages, que n'anose pas l~ Nil, ni aucun
12988et r
12989[ rmsseau courant.
12990.
129911
12992• : l'
12993t son étendue la richesse des dotations annuelles ct mensuelles,
12994'oubhe pas e matiS an e
12995'
12996..
12997b
12998d.. teu1·s et préposés et leur charité pour les solhclleurs dans la pauvreté.
12999Ses nom reux
13000ll ec
13001.
13002d
13003.
13004Il
13005avait là, pour le mot·t qu'on enterrait, les plus beaux apprêts et, po~r le vtvant, une oucem
13006y
13007l dans le trattement et le pansement.
13008Si lu vas à la tête du djisr (7) , contemple longuement la forteresse ou bien examine-la (en te
13009(plaçant) surie djisr;
13010Tu verras un monument dont nul parmi les hommes ne serait capable dans les pays de~ nom~des
13011[ou des sedentatres.
13012Monuments qui ne s'effaceront pas, même si leurs auteurs périssent; ~?ble~se q~'i condu~t ses
13013[hénlters Jusqu a la glotre (sl.
13014Voici que le tombeau fatal a enfermé son bras- magnifique si l'on en juge pm· les deux cou.poles
13015[de pterre.
13016Et Ahoû'l Djaïch, son fils, s'est levé après sa mol'l, comme se lève le lion des halliet·s dan.s la
13017[fauve épme.
13018La destinée l'a atteint alors qu'il était dans la paix de sa d~meure et, au malin, il était dépouillé
13019'
13020[de l'autorité suprême l9l.
13021(Il Sur ces sources et les conduites d'eau, voir le chapitre des ~anâ~ir Ibn 'foûloûn ( tex.te arahe'
13022t. Il, p. 457-458). Ce vers et les cinq suivants y sont cités, voir la note précédente.
13023l2l Suivant les alternances périodiques de sa crue et de sa Laisse.
13024l3l Litt. : tt un ventre", ~.
13025l4l L'
13026d
13027- ~l.:.
13028Ltt.: rtUn
13029OSll,~.
13030(>) ~
13031~
13032~
13033l.} _,J, allusion au Coran , XVII, go.
13034(&) Voir page t5o, S XVII.
13035.
13036.
13037,
13038. ,
13039( )
13040··
13041·
13042·
13043'
13044·
13045·
13046J
13047·
13048··1 ' · t · · d'u11 endrott bten determme
130497 Le mot (ijtsl' stgmfie a la fots d1gue et pont. e crots qu 1 s agt tct
13050d'al Foustât en face de rlle de Raudat et où se trouvait un pont de bateaux; cf. plus haut (lex te
13051. .
13052.
13053·
13054'
13055li
13056'lb T 'l •
13057nstr·uisit dans l'lie de
13058arabe, t. I, p. 6t ). La forteresse dont tl est parle est ce e qu
13059n . ou oun co
13060'
13061·
13062Rau~at; voir plus haut (texte arabe, t. I, p. 3 1 9, 1. 38 ).
13063. ,
13064.
13065.
13066(s) Le mot: ~
13067s'applique à la noblesse qui vient des ancêtres, le mot :yiS a la glotre acqUise
13068par le mérite.
13069(Ol ,;..o~l, ~1 , litt.: ttde l'interdiction et de l'ordre, .
13070Mémoù·es, t. lll.
130713t
130721. 1 o.
p. 130
130731. 20.
130741. 3o.
130752lt2
13076P. CASANOVA.
13077Ainsi les nuits (s'écoulaient) pour lui dans l'aveuglement de la prospérité; hélas! ô dent de fet·!
13078[ô griffe! (Il.
13079Il a légué à Hftt·oün son fils sa couronne royale; telle père des lionceaux qui est armé de dents
13080Djaïch avant lui, occupait sa place, mais Djaïch n'eut qu'une vie courte.
13081[et qui broie (2).
13082Alors Hâroün prit possession de la royauté pour un temps, sous l'étreinte d'entraves pénibles et
13083[de difficultés
13084Et cela dma jusqu'à ce qu'il disparut, alors que le temps recélait dans ses flancs ses scorpion~
13085, .
13086,
13087.
13088,.
13089.
13090,
13091.
13092[pondant de toutes pat·ts.
13093J m rappele leur souvenu· lorsqu tls passatent et se succedatent comme s'égrène un fil de perles
13094[et de verroteries.
13095Quiconque pleure, outre ses parents, quelque hien qu'il a perdu pat· leur dispat·ition, clu'il
13096[pleme douloureusement sur l'Égypte;
13097Qu'il pleure les fils de 'foûloùn, puisque leur temps a paru et que ce fut une époc1ue bénie,
13098[un temps béni (3l,
13099Il (i!J a dit aussi :
13100Celui qui n'a pas vu la destruction du maïdân, Dieu, qu'il soit béni! ne lui a pas fait voir toute
13101[sa grandem et sa puissance!
13102Si (5l l'œil de celui qui l'a ct·éé voyait cela, si la nouvelle lui en pm·venait(6l, il L'exaltemit(7l.
13103Les yeux des hommes étaient éblouis de l'extase qu'il causait, quand le roi y conduisait son
13104[ m·mée.
13105(Il Il y a là, si je ne mc trompe, une forte ellipse. Le sens serait : [quel douloureux réveil sous]
13106la dent et la griffe de fer [de la destinée J!
13107(2) Lire :_r:.eJI au lieu de: ~1.
13108(S) Litt. : ttet qu'il fut béni en fait, 0 ..o, d'époque, et qu'il fut béni en fait de temps,. J'av01 e
13109que je ne saisis pas tt·ès Lien la pensée de l'auteur dans ces deux ycrs.
13110(Il) Aboû'l Mal).âsin attribue les vers qui suivent à Moul).ammad ibn 'fachaweïh (ou 'fasaweïh);
13111cf. la note 2 de la page 244.
13112(&) ùl} signifie d'ordinaire tt peut-ètre", mais ul, ici, est évidemment explétif et il faut laisser à
13113_,.J le sens de tt si".
13114(6) Le verbe : cS~ J[[, a ordinairement le sens de tt éloigner, tenir à l'écart, ce qui est tout à
13115fait contraire à la traduction que je donne. Mais il a aussi le sens de ttluller de vitesse, chercher
13116à dépasser"; d'où je conclus qu'il peut avoir le sens intermédiaire que ne donnent pas, il esl nai,
13117les dictionnaires ttcourit· après quelqu'un, le rejoindre,.
13118Toutefois, le sens de : ~.::.~lJ.::.ld!. étant plutôt: cr événcmen ts, ,icissitudes, que tt nouvelles" on peut
13119sc demander si le mol n'est pas à l'accusatif el ne dépendrait pas du verbe noir" qui précède en
13120sorte qu'il faudrait traduire tt s'il Yoyait cela et les vicissitudes (qui) lui sont hostiles,. Mais c'est peu
13121probable.
13122l7i
13123a_;-~1, le possessif s'applique à Dieu. La pensée de l'auteUJ·, obscure par sa concision extrême,
13124est que la toute-puissance de Dieu éclate par la disparition des œmTes humaines les plus considé-
13125rables et que c'est en voyant le néant de ses propres efforts que l'homme comprend que tt Dieu est le
13126plus grand,~~ ..ù!J,.
13127MAKRÎZÎ.
131282~3
13129sont les rois qui y venaient? Où sont ceux qui, par l'ordt·e (du souvet·ain) l'administmicnt?
13130sont ceux qui le gardaient et le défendaient de tout lion dont le lion (lui-même) craint la vue (J)?
13131destinée a appelé ceux qui y étaient et les a dispersés; le désordre du malheur y est descendu
13132[et l'a démoli.
13133temps en a fait disparaitre le tracé élégant, comme d'un livre dont l'antiquité a effacé les lignes.
13134belvédèt·es sont détruits, ses kiosques renversés., comme si le ca ta cl ys me (2) avait fondu sur
13135[lui et l'avait anéanti.
13136On a mis !ol un ouragan de feu à ses flancs et ce qui, en lui, réjouissait l'œil en est devenu horreur.
13137Combien s'y réfugiaient en ses retraites (4)! Il était peuplé de gazelles (5) à l'œil noir et languissant (6l.
13138Combien y avait-il pour elles d'abondantes fontaines! Le sort funeste y a bu et les a souillées.
13139Où est Ibn 'foôloün qui l'a édifié et qui y habitait! Le plus gt·and des rois (Dieu) l'a fmppé de
13140[mort et enseveli (7l.
13141Quel fait éclatant si nous avons des pensées saines (s)! Heureux qui est favorisé d'un sens droit
13142[et qui pense à Lui !
13143A}.tmad ibn ls}.tâ}j: al Djafr a dit :
13144Si tu veux voir l'action merveilleuse du lemps, regm·de le maïdân. Tu y apercevt·as la tristesse (9)
13145[et les soucis et toutes sortes de graves affait·es qui s'y sont succédé.
13146Celui qui sait et qui regarde y apprendt·a que le temps, en ses manifestations, est de plusieurs
13147Où est ce qui s'y trouvait d'opulence, de vie brillante, d'éclat et de henuté?
13148Où est ce musc qui s'adjoignait à l'ambre sans y êtt·e mêlé et se mariait (Jo) au safran?
13149Où sont cette soie double, ce satin s~ purs de tout lin?
13150[couleurs.
13151(tl C'est-à-dit·e des lions les plus redoutables (ceux dont la vue seule est redoutée, mème des autres
13152lions).
13153(2) ~.litt.: ttl'effondrement, l'engloutissement,.
13154(Sl ydl_,l, litt. : tt gratifier" me semble une expression bien médiocre; je lirais plus volontie1·s
13155~_,1 ttassaillir,.
13156(4l
13157li..
13158l ·· 1 d
13159··
13160··
13161f D
13162S
13163l'
13164yc
13165, p mte
13166e: 11~, c. ozv, upp ement.
13167(>) ~~, épithète appliquée aux gazelles et par comparaison aux jeunes filles.
13168• (
131696
13170~ Lit~.: tt dont le regard est languissant en sa noirceur,. Pour le sens de: G_;bJI ~.
13171Yoir LA~E,
13172D1ctwnnawe, p. 2265 (col. 1) ct pour celui de: ~1, ibid., p. 666 (col. 3).
13173(7) Formule empruntée au Coran, LXXX, 2 1.
13174• (S) ~
13175est la troisième personne du passé du verbe : e tt ètre sain " ou du verbe : ~
13176tt devenir
13177~ats~n.nable "· La première voyelle peut être, dans le mètre basî{ employé ici, brève ou longue
13178mdtfferemment.
13179(
131809
13181). Le texte porte : ~, qui n'est guère intelliffible. La leçon: ~donnée par quelques manuscrits
13182est hten préférable.
13183(Io) Le terme: ~. si on s'en tient aux différents sens donnés par· les dictionnaires, est ici assez
13184obscur. Le sens de tt boire, absorber" est le plus acceptable. Mais l'idée du poète me paralt devoir
13185plutôt se rapproch
13186d
13187Il
13188'
13189·
13190d'
13191·
13192.:
13193·
13194er
13195e ce e qu expnment
13196autres mots de la même racme, comme : ~
13197~ qUJ
13198recherche la société des femmes"·
131993t.

Provenance

Full provenance, licence and citation: part 1.

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L0 witness
The text as its witness or edition has it, original spelling; its dialect is a description and is never standardized.
L0.5 transliteration
For Egyptian texts: the transliteration with the editors' marks turned into the symbols ° * < > _ ^ (ruled 2026-09-10). For papyri: the edition's Leiden marks as the same symbols, and the editors' readings beside the scribe's as ‹scribe→editors› (ruled PAP-3).
L1 Cairene
Standardized Greco-Bohairic spelling and grammar, generated by code from the layer above under the rulings of the project.
L2 Kemetic
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English
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