Casanova – al-Maqrīzī, Description historique et topographique de l'Égypte (MIFAO 3, 1906) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · al-Maqrīzī — al-Mawāʿiẓ wa-l-iʿtibār bi-dhikr al-khiṭaṭ wa-l-āthār (Khiṭaṭ) · none · L0 witness

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Attribution: Casanova – al-Maqrīzī, Description historique et topographique de l'Égypte (MIFAO 3, 1906); public domain in Canada (death year verified: Casanova d.1926 (https://www.wikidata.org/wiki/Q12200120 d. 1926-03-23; "Casanova, Paul (1861-1926)" in https://archive.org/metadata/MIFAO3) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-khitat/MIFAO3.pdf from https://archive.org/details/MIFAO3 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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The text — part 3 of 3

4,254 lines · a line number is a link to itself
refL0 witness
p. 131
132001. 10.
13201P. CASANOVA.
13202'
13203Où sont ces esclaves chant~uses c1ui ~ul~aut de l'esti·ade (Il, modulaient les plus belles mélodies?
13204Le temps a enfermé la fam1ile de 'fouloun dans une basse-fosse que ses habitants ne sont pas
13205.. ,
13206,
13207.
13208,
13209.
13210[près de percer.
13211Le mmdan a change ses anc1ens hotes contre des loups qm hurlent en ces parages.
13212Puis al J.Iousaïn ~bn Al_tmacl al Mâclharâiyî, préposé aux finances d'Égypte,
13213ordonna la clestruchon elu maïdân (2J. Cette destruction commença au mois de
13214RamaÇân 2 9 3; les matériaux en furent vendus et il fut rasé au point qu'il sem-
13215blait n'avoir jamais existé.
13216Mouhammad ibn Tasaweïh a elit :
13217.
13218.
13219Le maïdân· est comme une veuve atteinte en un ami perdu en une nuit de fiançailles.
13220Les vents en enveloppent une demeure qui était (consacrée) au harem (3) en des rideaux de
13221[soie écrue.
13222Avec tapis de soie rouge, tentures de brocard, dans des délices et dans une délicate mollesse.
13223Et des visages beaux entre tous les visages, des joues semblables à des pedes lisses.
13224Toutes sortes de femmes aux grands yeux comme la gazelle, des yeux frottés de kol~l et d'on-
13225[ guent (4) (variant) entre un noir foncé,»-""', et un noi1· clair, ~.
13226Famille de 'foûloûn, vous étiez la parure de la terre, et le nouveau venu étale des loques de
13227[vêtements.
13228(l') lY"yJI est évidemment une faute pour : lfrJI. Un manuscrit donne : lf.;-ill rr tapis,, qui est
13229également acceptable.
13230(2) Le texte porte : 0 !.,!.)JI, qui est une faute pout· : 01~1, car les poésies qui suivent font
13231allusion à la ruine du maïdân; cf. Ahoû'l MaJ:tàsin ( t. II, p. 1 4g ). D'ailleurs, cette phrase de l'au-
13232teur devrait être transportée avant les deux poésies précédentes qui y font également allusion.
13233C'est précisément ce que fait Aboû'l MaJ:tàsin et, avec lui, un certain nombre de manuscrits, entre
13234autres le q36 de la Bibliothèque Nationale de Paris, un des meilleurs. De là vient également que
13235les vers qu'il faut attribuer à Mou~ammad ibn Tasaweïh sont ceux qui, dans la page 242, font
13236allusion au mai:dàn (cf. la note 4 de cette page) et non ceux qui suivent ici, lesquels doivent être
13237allribués à Al)mad ibn IsÇàl~. Juynboll a donc tort de croire que c'est Aboû'l MaÇàsin qui s'est trompé
13238(t. II, p. t5o, note 1).
13239lSl w..dl. n_'a pas ce sens dans les dictionnair?s, mais comme il est synon)·me du mot : t'? ~ar
13240son sens ongmal de rr garde, pudeut', réserve,, et que le terme de : ~
13241rr rideauu qui le smt,
13242évoque généralement l'idée de l)arem, je crois qu'on peut le lui attribuer ici.:
13243('• 1 Le texte, tel qu'il est donné dans l'édition de Boûlàl~, est inadmissible. Le mot à mot donne:
13244cbJ, ~-' ~ret des avares et une femme aux fortes hanches,. Comme la suite de la phrase parait
13245indiquer la variété de nuances des yeux voici ce que je conjecture. Le premier mot pourrait se
13246lire: ~'
13247rr et des (yeux) avivés de kol)h, quant au second, j'y vois le pluriel d'un mot connue :
13248(:5::>) ou c::.l) , __ dont le sens serait inconnu. Le mot : t::.l) (t frotté d'onguent, concorderait assez avec
13249la leçon : ~.Je remarque que le second mot du vers: ~
13250rr femmes aux srands yeux:, est remplacé
13251dans quelques manuscrits par : ~. C'est pourquoi je crois que le premier hémistiche doit se
13252lire:~-' j~t) ~
13253J.S: ou mieux:~-' j~t)~ J5, l'interversion des deux épithètes étant
13254plus conforme à l'analogie.
13255MAKRÎZÎ.
13256245
13257Ibn Aboû Hichâm a elit :
13258O sé' our des fils de 'foûloün désormais disparu! les vicissitudes du sort t'ont abreuvé de pluie
13259J
13260[faible et de pluie abondante.
13261O séjour, tu es devenu leur plus grande injustice , leur plus grande cruauté. Elles ont rendu
13262[égales en moi la vue et l'ouïe (l).
13263Par Dieu! as-tu connaissance de nos amis, ou bien as-tu entendu sur eux, aprks nous, elu el clue
13264[nouvelle?
13265ll a elit encore :
13266N'intenogeras-tu pas le maïdân, n'interrogeras-lu pas la montagne sm le roi passé Ibn 'foû-
13267[loùn, sm son œuvre?
13268Et sur son fils al 'Abbas?- si tu intel'l'oges (pour t'instruire). Où est donc Aboü'l Djaïch, le
13269[lion, le héros?
13270Et Djaïch et Hâroûn qui parut après lui! et Chaïbân (celui) d'hier, que l'espét·ance a trahi
13271Et pour qui fut trop lomde la pierre (2) de sa destinée. C'était un lion irrésistible à l'assaut.
13272Où est leur postérité? Où est leur entourage? Comment le pouvoit· s'est-il de leurs mains
13273[échappé et évanoui?
13274Où est l'édifice du château et du kiosque dont nous v1mes, de nott·e temps, les places si fré-
13275[ c1uentées, et bru yan tes?
13276Pendant un long intervalle de nos jo ms ils y régnèrent par leur dynastie; puis ils disparurent
13277[suivant la (loi de) disparition des dynasties l3l.
13278Nul d'entre eux n'est un êtt·e qu'on touche et c1u'on voie dans le souvenit· des temps lointains,
13279[depuis que le terme est arrivé (4l.
13280Jls sont devenus une légende pour qui est venu apl'èS eux et ils ont pl'iS, en leur l'Oyauté, un
13281[caractère fabuleux.
13282Il a dit encore :
13283Fais une pause et contemple le maïdân et le château riche en pavillons et l'iwân (
132845l.
13285Et le kiosque élevé, à la hautaine construction, lln'est-il qu'un désel't (vide) d'habitants?
13286Où sont ceux qui s'y diverlil'ent, ceux qui en prirent soin l6l longtemps, avec les senantes et les
13287[femmes?
13288(1) C'est-à-dire : rrtout ce que j'avais entendu dire de ces vicissitudes, elles me l'ont fait voir exac-
13289tement pat' cette ruine,, pal' conséquent : (t autant j'ai entendu, autant j'ai Œ "·
13290l2l ~) est la pierre qu'on soulève pour essayer ses forces.
13291l3l L'auteur joue sur le mol : JJ_,::. rr dynastie,, qui signifie étymologiquement tt succession, révo--
13292lution "·
13293l4l Expression obscure qui ne peut guère se comprendre que par le vers suivant: je l'interprète
13294comme voulant dire que leur souvenir s'est tellement effacé depuis leur disparition, qu'ils semblent
13295qu'ils n'aient jamais été des êtres réels (qu'on touche et qu'on voit).
13296(ol
13297u!.,!~l rr salle ù colonnes"· Cf. Mémoires de la Mission archéologique, t. VI (index du demi er fascicule).
13298(6) Le texte porte: ~;mais je proposerais volontiers:~ tt chantèrent" comme plus conforme
13299Ù l'idée exprimée pal' le vers et surtout pae le mot: ~~,qui s'applique spécialement aux esclaves .
13300qui savent chanter.
133011. 20.
133021. 3o.
p. 132
133031. 10.
13304246
13305P. CASANOVA.
13306On leur apportait les revenus (du pays) dans lem· dememe; ils ne redoutaient point les calamités
13307[des révolutions.
13308Ils rassemblaient tl'Oupes sur troupes, ils multipliaient et groupaient à eux les Roûm et les
13309[Nègres.
13310Vois comme (ceux-ci) ont péri après eux. Que s'y trouve-t-il hors le hibou et les corbeaux?
13311Où sont ceux qui ont creusé les somces dans son sol et se sont complus en lui et en (d'autres)
13312[constructions.
13313Ils ont planté dans ses cours toutes sortes de palmiers, des merveilles de raisins et de gt·enades,
13314Le safran avec le bahâr (l ) dans sa terre, la rose enh·e le myrte et le basilic.
13315Ils étaient, en leur temps, les rois de la terre, les plus gt·ands de toute ville et de tout pays:
13316Ils se sont éparpillés et dispersés, et les voilà là-bas sous le terreau, consumés (2) dans les
13317[linceuls. ·
13318(Il ne reste) que de jeunes gar·çons, captifs apt·ès eux, dans une demem·e de ruine et dans une
13319[demeure d'abandon,
13320S'amollissant dans lem· captivité, qui se sont dispersés el ont été chassés de leurs foyers, de
13321[lem·s patries.
13322Diiu est l'héritier de tous les vivants, après leu1· mort. A lui est la dmée, et toute chose (hot·s
13323[lui) est pét·issahle.
13324Il a dit encore :
13325Oui dans la ~oubbat al hawâ, il y a, pour qui est doué de sens, un enseignement,
13326Et (aussi) dans les châteaux disparus avec les maisons, les pierres
13327Les jardins, les salons, les plantes (3), les fleurs, et les servantes chanteuses douces et rougis-
13328[ santes,
13329Parfumées d'encens, dans la soie, les étoffes à ramages el à peintures,
13330Il y avait des rois lems esclaves, noml)['e de soldats divers (4)
13331Et des armées pt·otectrices, gm·antes de com·age et de victoire(5l,
13332De toute espèce de Noirs, Turcs, Roôm et Khazars (Gl.
13333(l ) Bahâr ou bouhâr désigne une plante aromatique. Les dictionnaires y voient généralement un
13334synonyme de : J.iL ~poivre"· Avicenne y voit le buphtalme, f3oMp0aÀr~ov; cf. plus haut (p. t6o'
13335note 2 ).
13336(2) Sur ce sens de: j.?, voit· LANt:, Dictionnaù·e, p. 255, col. 2.
13337(3) Le texte porte : ~
13338~maison.,, mais un manuscrit donne la leçon : ~, qui est incontesta-
13339blement préférable.
13340(:.) ~1, .!.lyWI, litt. : ~les pointes el bois (de lance),; sut· celte expression, voir Lane et Dozy
13341à l'article : J6'"~.
13342.
13343(>) Le texte est altéré;~.)..! doit sans doute se lit·e: ~.)J. Le vers signifierait alors ~des armées
13344qui protègent celui qui a le courage pat· la victoire,, Un manuscrit donne : ~,.sJ l:,~ tf~'
13345yit:JI_, LI"'WI ~des armées qui font périr ceux qui ont le comage et la victoire,. Mais ~_,.)J rend le
13346vers faux et je crois qu'il vaut mieux lire : _,,.:., qui se rapportet·a alors à : tf~. Je propose donc
13347de rétablir ainsi le vers : yit:JI, LI"'WI ,.:. u'""'""' tf~'.
13348(6) Sur les Khazars, voir Mas'oûdl (Prairies d'or, éd. Barbier de l\feynar·d, t. Il, p. 7 e~ seq. ).
13349MAKRÎZÎ.
13350lé l ten·e une (longue) période' puis ils sont allés à la fosse.
13351Ds ont peup
13352a
13353·
13354'
13355'
13356l ·
13357d
13358·é: '
13359• t
13360·e' de ceux d'entre eux qm ont vecu et n ont pas atssé e posl.tlle.
13361Le temps ses empat
13362. . .
13363.
13364.
13365. '
13366'
13367Ils (tl sont dans l'abandon et l'l~umJha~wn, .P~''s.onmers, en mamere d otages,
13368E
13369, une vie sereine, terms par l humtltatwn.
13370t a pres
13371b
13372· '?
13373'
13374'll d T 'lou'n comment êtes-vous devenue pom· les hommes o scurtle.
133750 famt e e . ou
13376'
13377.
13378O famille de Toüloô.n, vous étiez un conte : le conte est fi m.
13379Il a dit encore :
13380J'ai passé pat· le maïdiin pom· m'informer de lui et je l'ai interpellé : e~ Où sont les montagnes
13381[sourcilleuses :
13382'l
13383• . (2) t 'Abbils et Ahmad qui les précéda? Et où vois-tu leurs jeunes gens et leurs
13384K 1oumat
13385e
13386·
13387[ · 'll d ?
13388v1e1 ar s.
13389Et ' est la descendance de la famille de Toûloô.n après eux? 0 campement, y a-t-il en toi quelque
13390ou
13391[évocation d'eux?
13392Où sont les vêtements de soie brochée ou écrue et les joyaux? et leurs possesse ms? Ou ~i~n où
13393[sont ces (somptueuses) cuismes?
13394Et ces pastilles de musc el d'ambre qui. a~s~rbaienl longte.mps leurs so~ns,? el ces onguents (a~.
13395.
13396Le temps perfide t'a fait goùter (4l ses vtctsstludes; au ma lm tu fus abaisse. Un auLt·e que lo~-est
13397[grand \<>l, 11
13398Il a dit encore :
13399J'ai passé pm· le maïdân hier, au grand jour. J'ai vu en lùi une étendue déserte, el j:ai été sais,i.
13400J\ ai appelé : e~ 0 famille de Toûloûn! qu'avez-vous à somnoler? (6) 11 el aucune vot x (
134017
13402) ne ma
13403•
13404[répondu une parole.
13405Et j'ai épanché un œil plein de larmes abondantes, le cœur affii~é de ce q~i m'arr~vait. .
13406Et certes sm· eux, tant que je vivrai, je gémirai, sans me soucter de qm me blamermt et me
13407[ criticruet·ait.
13408l\'loul)ammad ibn Aboù Yacl~oûb le Secrétaire (Sl a raconté :
13409«Quand fut la nuit (veille) de la fête du .fitr· en 2 9 2, je me suis rappelé ce
13410que déployait, en des nuits semblables, la famille de 'foûloùn en pompe, en
13411(tl Les autres, ceux qui ont survécu.
13412l2l C'est le nom de Khoumâraweïh abrégé pour la nécessité du mètre.
13413\al t;lhl, ''oir Dozv, Supplément.
13414(4l ..!}J~, litt. :~t'a allaité,.
13415t>l Je lis avec un manuscrit : · .:.4 ~grand , , au lieu de : 0 4, du texte de Boûlâ~ qui sig~ifie:
13416cr humilié,, La première leçon d~nne un sens meilleur qui équivaut à ceci: ~ce ~ùst pas t~'. ~ut
13417est STand, c'est un autre (à savoir: Dieu)"· La seconde signifierait: ~d'autres que tot sont hum!ltes "·
13418(Gl :>~ me paralt êtt·e ici le ma~dal' du verhe : ~. Cette forme n'est pas donnée dans les
13419dictionnait·es.
13420\7) ~.litt. :~gosier,,
13421(sl Au lieu de: Mou~ammad, il faut lire: A~mad. Car c'est, comme plus llaul (p. 9.37, nole 10 ),
13422le même qu'al Ya'~oûbl édité par 1\f. de Goëje (cf. p. t"VI' de son édition).
13423l. 20.
134241. ~ o.
p. 133
134252~8
13426P. CASANOVA.
13427armes, en drapeaux et étendàrds de toutes couleurs, en éclat de vêtements
134281
13429.
13430,en mu-
13431htude de ~hevaux, t_I_,J, en sonneries de trompettes et tambours. La pensée tout
13432absorbée, Je m'endormis cette nuit (JJ et j'entendis une voix qui disait: ,, La ro au té
13433"l'art d'être roi, ~, le faste ont péri avec la disparition des fils de Toû/ • 1 '
13434L k .
13435.
13436oun."
13437e . âq1 Aboû 'Am rou 'Outhmân an Nâbouloùsî dit dans le kitdb housn a"
134384 • t
13439. .
13440" su a
13441fi'ttikhâdh al bù;n bi'lc0'azîrat, ~~4 ~
13442~~~ j ~~~ ~
13443wlïs(Lz'vre
13444de la bonne conduite dans le chot'x de la forteresse de l'île) :
13445·
13446('d'ai vu un livre d'environ douze cahiers (2) dont le contenu était une liste cl
13447po,~tes (qui écrivirent en l'honneur) du maïdân d'ALm1ad ibn 'foùloùn "·Il ajoutee~
13448"S1 les noms des poètes remplissaient douze cahiers, quelle devait être l'étendue
13449de leurs poésies?- et cependant on ne possède aujourd'hui le dz"vdn (:>)d'aucun"·
13450Aboû'l KhaHâb ibn Dibîat dit dans le ln"tâb an m"bnîs, lJ'W !r.-Jl wli:.f (Livre
13451de la lampe) (Il) :
13452•
13453. '',Al ~(a~â'î d'Abmad ibn Toùloùn fut détruih à savoir: lors de fa grande cala-
13454nute, al~. temps ~u khalife al Moustan$ir. "Tous ceux: qui y habitaient périrent,
13455alors qu Il y avmt eu au delà de cent mille maisons, délices de l'œil, encloses
13456de vergers et de jardins. Dieu est l'héritier de la terre et de tous ceux qui y
13457sont, et c'est le meilleur des héritiers!"
13458,
13459LISTE DES EMIRS
13460QUI ONT GOUVERNÉ L'ÉGYPTE DEPUIS LA RUINE D'AL KATÂ'Î
13461. .
13462JUSQU'À LA FONDATION DE IfÂHIRAT (LE CAIRE) D'AL MOU'IZZ
13463PAR ENTREMISE DU I}ÂID DJAUHAR.
13464Le premier qui gouverna l'Égypte après la chute de la dynastie des fils de
13465Toûloùn et la ruine d'al Katâ'î, fut :
13466§ 1. Moubammad ibn Soulaïmân le Secrétaire- secrétaire de Loûloû l'écuyer
13467d'Abmacl ibn 'foùloûn. Il entra à Mi$r, le jeudi 1er Rabî' 1 2 9 2, et fit proclamer
13468(Il ~
13469.;, litt. : rrdans ma nuit".
13470(
134712
13472) Les manuscrits ambes sont généralement paginés par cahiers de dix feuillets. Ce livre repré-
13473sentait donc environ 1 2 o feuillets ou 2 4o pages.
13474(3) Expression consacrée pour le recueil des œuvres poétiques d'un auleuJ'.
13475U•l Le mot: nibrâs, lJ"~• a plusieurs sens. Le titre de l'ouvrage est incomplet, car il devait,
13476suivant la coutume, contenir au moins deux mols rimant ensemble.
13477MAKRiZÎ.
134782~9
13479le minbar le nom seul du chef des croyants al Mouktafi billalt. Il pré-
13480à l'impôt Aboù 'AH al ljousaïn ibn Abmacl al Mâclharâiyî (LJ en rempla-
13481cement d'Al)mad ibn 'Ali al Mâdharâiyî. Puis vint une lettre d'al Mouktafî
13482§ II. 'lsâ ibn Moul)ammad an Noûcharî Aboû Moûsâ qui fut préposé à la prière.
13483Son lieutenant entré, le dt passé de D joumadâ 1, prit la direction des deux
13484clwurtat et de la totalité des services, J~))l. Puis 'lsâ arriva, le 7 passé de Djou-
13485madA II. Moubammad ibn Soulaïmân sortit, le 1 cr Radjah. Son séjour à Mi$r
13486avait été de quatre mois. Il fit sortir tous ceux qui restaient des 'foùloûnides.
13487Quand ils furent arrivés à Damas, Moubammad ibn 'AU al Khalîclj (:2) se détacha
13488d'eux à la tête d'une troupe considérable des officiers qui étaient mécontents de
13489quitter l'Égypte; ils le resonnurent pour leur chef et le proclamèrent émir en
13490Cha'bân. Il retourna en Egypte et an Noûcharî envoya contre lui une armée,
13491le 1 cr RamaQ.ân, c.omme il venait de pénétrer sur le territoire égyptien. An Noù-
13492charî sortit avec une armée, à la porte de la ville, le 1er Dhoù'l~a'daf, arriva à
13493al •Abbâsat (3l, puis rentra, le 1 3 passé du même mois, sortit le lendemain vers
13494al Djîzat, brûla les deux ponts(llJ et voulut gagner Alexandrie. Mais une bande
13495(des siens) l'abandonna pour Ibn al Khalîdj, lequel envoya contre lui une armée
13496et le défit; il alla clans le Sa'îd. Alors entra :
13497§ III. Moubammacl ibn Khalîclj clans al Foustât, le tlt des derniers jours de
13498Dhoû'l~a'dat; il distribua les soldes et fit les levées, ~__,_;-AJI ~~ (5J. Aboû'l A'azz (~J
13499arriva au nom d'al Mouktafî pour combattre Ibn Khalîdj; celui-ci sortit à sa
13500rencontre, le 3 passé d'al Moubarram 293, lui livra bataille et Aboû'l A'azz fut
13501défait; un nombre considérable de ses partisans fut fait prisonnier et il se retira,
13502le 8 des derniers jours de ce mois. Alors arriva de Baghclâcl par (la route de)
13503terre, Fâtik al Mou'taçlidî qui tint la campagne tandis que Damîanat arrivait
13504(t ) Sur la prononciation de ce nom, cf. plus haut (p. t45, note 3 ).
13505(
135062
13507J ~ou : ~.
13508al Khalldjl, d'après Aboô.'l Ma~âsin ( t. II, p. 153, note 4 ); Juynboll signale
13509également l'orthographe : ~,
13510al Khalandjl que Wüstenfeld a adoptée à son tour (Statthalter,
135114• partie, p. 3 ).
13512(
135133
13514) Ville toujours existante, sur la ligne de Zagazig à Ismaïlia, à l'entrée du Wàdi Toumîlat, à
13515mi-chemin du Caire et de la frontière de Syrie.
13516(
135174
13518J Voir plus haut(texle arabe, t. 1, p. 6t, 1. 33).
13519(
135205
13521J Sur celle expression, voir plus haut (p. 1 71, note 3 ).
13522(sJ ~1 ~1 ou, d'après Aboô.'l Mal)âsin ( t. II, p. 162) : ;~~~ ~1 ~ Aboô.'l Agharr,. Cf. Wüslenfeld
13523(Statthalter, 4• partie, p. 6 ).
13524Mémoim, 1. III.
135251. 1 o.
p. 134
135261. 20.
13527250
13528P. CASANOVA.
13529par les vaisseaux. Puis Fâtik campa à an Nouweïdat(ll. Ibn al Khalîdj sortit et
13530campa h la porte de la ville, et, pendant la nuit, se mit à la tête de quatre mille
13531de ses partisans pour surprendre Fâtik. Mais ils s'égarèrent en route et le jour se
13532leva avant qu'ils eussent atteint an Nouweïrîat. Fâtik, avisé de leur présence,
13533convoqua ses partisans et livra bataille à Ibn Khalîdj qui, abandonné de ses
13534partisans, lint tête avec une petite troupe, puis s'enfuit vers al Foustât
13535le
13536. ·'
135373 passé de Radjah, et se tint caché. Cependant Damîanat, étant arrivé par les
13538vaisseaux clans les frontières (maritimes), rejoig·nit 'lsâ an Noûcharî avec lequel
13539était al l:fousaïn al Mâclharâiyî et leurs fidèles, le 5 passé de ce mois. An Noû-
13540chari reprit ses fonctions antérieures à la prière et al Mâdharâiyî ses fondions
13541antérieures aux finances. An Noûcharî, informé de la retraite de Ibn Khalîdj, l'y
13542fit assaillir et le fit ~nchaîner, le 6 passé de Radjah. Le temps (du gouvernement)
13543d'Ibn al Khalîdj en Egypte fut de sept mois, vingt jours. Fâtik entra, à la tête de son
13544unnée, à al Foustât, le 1 o passé de Radjah et fit sortir Ibn al Khalîdj par mer, le
135456 passé de Cha'bân. Celui-ci, arrivé à Baghdâd, fut promené ( ig·nominieusement)
13546ainsi que ses partisans au nombre de trente; ce fut une journée mémorable.
13547On commença à démolir le maïclân des 'foùloûnides au mois de Ramaqân ('2J,
13548et l'on en vendit les matériaux.
13549Fâtik repartit pour l'Irâk au milieu de Djoumadâ I 2glt.
13550An Noûcharî ordonna de supprimer les pleureuses (3J et interdit les lamenta-
13551tions et les cris dans les funérailles. Il ordonna de fermer fe masdjid al djâmi'
13552(de 'Amrou) clans l'intervalle de deux prières, puis quelques jours après, il
13553ordonna de l'ouvrir.
13554Al Mouktafî étant mort en Dhoù'lka'clat 2 g5, les soldats se mutinèrent en
13555Jtg-ypte et firent la guerre à an Noùcharî, réclamant les gratifications de
13556(IJ Localité inconnue. Juynboll ( L. II, p. 1 63, note 4), renvoie à son Lexicon Geogmphicum ( t. III'
13557p. 2 3g, nole 8), OLI il est parlé d'une ville de ce nom dans la province de Bahnasâ. Le dictionnaire
13558de Boinet signale acluellement deux localités de ce nom (el Neweira el el Neweirat) également dans
13559la Haute- Égypte. Mais la localité mentionnée dans notre texte est nécessairement située entre al
13560Fous~ât et la Syrie.
13561(2) Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 325, 1. 12).
13562(3l ~~1. J'ai traduit plus haut (p. 202, in fine) ce mot par (tmignons" mais il semble qu'il Y
13563ail un rapport étroit entre ces personnages et les cris poussés aux funérailles. Peut-être étaient-
13564ce des hommes qui imitaient les femmes (car tel est le sens littéral de ce moL) par leurs cris et lem-s
13565lamentations.
13566Dans les idées musulmanes, tout cel appareil de douleur que déploient les foules égyptiennes
13567nulour des convois funèbres est impie, car la mort vient de Dieu el doit être accueillie sans déses-
13568poii·. Mais les mœms sont les plus fortes et les scènes de douleur réelle ou feinte, réministences de
13569l'ancienne Ég·yptc, éclatent régulièrement à la mort de tout musulman.
13570MAKRÎZÎ.
13571251
13572ment (IJ. Il battit une troupe d'entre eux. Cependant Dja'far al Mou~tadir
13573roclamé (khalife) et confirma an Noûcharî à la prière.
13574Z~âdat Allah ibn lbrâhîm ibn al Aghlab émir cl 'Ifri~îat, mis en fuite par Aboù
13575Allah le Chi 'îte, arriva en Ramaçlân 2 9 6 (
135762
13577) à al Djîzat. An Noùchar! lui inter-
13578de passer (le fleuve). Il y avait entre ses compagnons et l'armée d'Egypte des
13579Iigences. B lui permit ensuite de ~)ass~r seul. . , •
13580,
13581An Noùcharî mourut, le ll des clermers JOurs de Cha han 2 9 7, etant en fonc-
13582. Son gouvernement avait été de cinq ans et deux mois et demi, y compris
13583la période d'Ibn al Khalîdj (qui fut .de) sept mois et vingt jours.
13584Après lui, l'autorité revint à son fils Aboû'l Fath Moul)ammad ibn 'Isâ. Puis
13585§ IV. Takîn al Khazarî Aboû Man~oûr, au nom d'al Mouktaclir, pour la prière.
13586On l'y (3l proclama, le vendredi 11 passé de Chawwâl. Son délégué arriva, le 7 des
13587derniers jours de ce mois. Takîn arriva, fe 2 passé de Dhoû'll)idjcljat. Il lui fut
13588enjoint de prendre vigoureusement en main l'affaire elu Maghrib et d'en assurer
13589la protection. Il envoya clone vers Barkat une armée à la tête de laquelle était
13590Abot't'l Youmn. l:fabâsatU1l ibn Yoûsouflui livra combat avec les armées d'al Mahdi
13591·ouhaïd Allah le Fatimide, souverain de l'Ifrîkîat, se rendit maître de Barl5at et
13592marcha sur Alexandrie à la tête de plus de cent mille (hommes). Il y entra en al
13593Moul_tarram 3 o 2. Les armées arrivèrent de l'leâk pour renforcer Takîn en Sa far,
13594Arrivèrent aussi al J:Tousaïn al Mâdharâiyî et Ahmad ibn Keïghalagh à la tête d'un
13595gmnd nombre d'officiers. Les troupes se déployèrent à al Djîzat en Djoumadâ I et
13596Takîn partit (à leur tête). Cependant la bataille li v rée par l:labâsat avait fait périr
13597des milliers d'hommes, et l:fabâsat était rentré vers le Maghrib. Moûnis l'eu-
13598nuque, ~~tJl , arriva de Baghdâd à la tête de ses armées au milieu de Ramaq~n
13599et, avec lui, grand nombre des émirs (de Baghclâd); il campa dans al l:farnrâ (oJ.
13600La population subit de leur part bien des vexations.
13601.
13602(IJ ~~ Jlo. A la proclamation d'un nouveau souve1·ain, les soldats et fonctionnaires devaient
13603recevoir des largesses qui probablement se firent attendre en Égypte, d'où la révolte.
13604(2J La dynastie des Aghlabites qui reconnaissait l'autorité spirituelle des khalifes de Baghdâd mais
13605exerçait une souveraineté indépendante sur la Tunisie actuelle, Malte eL la Sicile, fut dépossédée
13606e~ 2 96 de l'Hégire (go 9 de nol re ère) par les khalifes fatimides que nous verrons plus tard conqué1·ir
13607l'Egypte. Cf. plus haut (p. 229, note 1).
13608(3) 1 -.
13609'
13610t ' d
136110
13612' l
136130
13614'
13615'
13616' "f.
13617'tt:'> ces -a- 1re: tt a a pnere " ou, peut-etre: (ta 11' I~r,.,.
13618''l Wüslenfeld (Statthalte•·, [j• partie, p. 10) lit:~~' Khoubàsat, d'après le J.(amotîs et men-
13619tionne les diverses orthographes données à ce nom (nole 2 ).
13620·
13621{
136225J Au nord d'al Fou s ~à ~, voir pl us haut (tex tc arabe, t. 1 , p. 298, l. 2l1 ).
136233~.
136241. 3o.
p. 135
13625252
13626P. CASANOVA.
13627Ibn Keïghalagh partit pour la Syrie en Ramaçlân et Takîn fut destitué, le 1 4
13628-passé de Dhoû'l~a<dat. C'est Moûnis qui le destitua. Il partit, le 7 passé de Dhoû'l-
13629P. 328.
13630l)idjdjat. MoCmis exerça le pouvoir : dans la proclamation et la khoutbat il avait
13631le titre d'oustddh (Il. Puis gouverna :
136321. 1 o.
13633§ V. Dhoukâ ar Roûmî- Abou'l I:Tasan al A<war (Je Borg·ne ), au nom d'al
13634Mou~tadir, pour la prière. Il entra, le 1 2 passé de $afar 3 o 3. Moûnis (2l partit
13635avec toutes ses troupes, le 8 passé de Rabî' II et Dhoukâ partit pour Alexandrie en
13636al Moul;tarram 3 o 4, puis revint, le 8 de Rabî' 1; puis il fit rechercher tous ceux
13637qui lui furent signalés comme entretenant des correspondances avec al Mahdi le
13638souverain de l'lfrî~îat, en emprisonna plusieurs, fit couper les mains et les pieds
13639·ae beaucoup.
13640La population de Loûbîat et Marâ~îat(
136413
13642J émigra sur Alexandrie par crainte du
13643maître de Bar~at. Celui-ci fit marcher les troupes sur Alexandrie. Mais l'accord
13644qui s'était fait entre lui et la population fut détruit par suite des injures proférées
13645(dans la doctrine fatimide) contre les Compag·nons (du Prophète), que Dieu les ait
13646en faveur! et contre le Coran (i!J. Les armées d'al Mahdi, souverain de l'Ifrî~iat,
13647arrivèrent à Loûhîat et Marâ~îat, ayant à leur Mte ~hoû'l ~~sim qui entra à
13648Alexandrie, le 8 $afar 3 o 7. Les gens s'enfuyaient d'Egypte en Syrie, par terre
13649et par mer, et la plupart périrent. Les troupes mutinées contre Dhoukâ le firent
13650partir et camper à al Djizat. Aboù'l tiousaïn Abmad al Mâdharâiyi arriva, comme
13651préposé à l'impôt, et distribua les soldes. Dhoukâ s'occupa activement de la
13652guerre et creusa un fossé devant son camp (5) à al Djizat. Mais il tomba malade
13653et mourut, le 11 passé de Rabî' 1, à al Djizat. Son émirat fut de quatre ans et
13654un mois. Puis gouverna :
13655§ VI. Takîn, une seconde fois, au nom d'al Mou~tadir. Les troupes de l'Irâk
13656arrivèrent, ayant à leur tête Mabmoûd ibn J::Iamal (6J et lbrâhîm ibn Keïg·halagh
13657(1)
13658~U....~l, titre persari, donné par euphémisme, aujourd'hui encore, aux eunuques.
13659\2l Le texte porte: I.S'".Y", faute évidente pour: ~_,-..
13660(5) Les deux districts occidentaux de l'Égypte (Lybie et Mat·marique ).
13661(4) On sait que les sectes chi<ltes professent la plus profonde honeur pour tous ceux qui ont été
13662opposés à <AH car ils le considèrent comme le premier imdm, souche de tous les imdms, et le plac~nl
13663•
13664·
13665•
13666·
13667' • f" 1 ·1·'
13668'0 thman
13669mème au-dessus de Moul,lammad. Certams reprouvent le Coran comme ayant ete a SI 1e par
13670u
13671, ·
13672Les Fatimides se prétendaient imdms descendus d'AH (leur nom vient de Fiitimat épouse de 'Ah).
13673Voir, pour plus de détails sur leur doctrine, SILVESTRE DE SAcY, Exposé de la reliffion des Druzes'
13674préface.
13675(ol ~.dit le texte; mais je emis pt·éférable de lit·e : ~;::...-.
13676(6l Ou Djamal. Cf. Aboû'l Mal,ldsin ( t. II, p. 2o5, nole 4 ).
13677MAKRÎZÎ.
13678253
13679en Rabi' 1 er et Takîn entra, le 11 passé de Cha(bân, campa à al Djîzat et creusa
13680un second fossé. La flotte maghrébine s'étant présentée, il la défit en Chawwâl.
13681Moûnis l'eunuque arriva de Baghdâd avec ses armées, le 5 passé d'al Mou-
13682harram 3 o8. Il campa à al Djîzat. Il était à la tête d'environ trois mille (hommes).
13683Ù envoya Ibn Keïghalagh vers al Achmoûneïn mais celui-ci mourut à al Bahnasâ (tl,
13684le 1 cr Dhoû'J~acclat. Les partisans d'al Mahdi occupèrent le Fayyoûm et l'ile d'al
13685Achmoûneïn. Djanî l'eunuque arriva de Baghdâd à la tête d'une armée, à la fin
13686de Dhou'lbicljdjat et campa à al Djîzat. Il y eut divers combats avec les partisans
13687d'al Mahdî au Fayyoûm et à Alexandrie. Aboù'l ~âsim ibn al Mahdî retourna à
13688Bar~at. Takîn fut destitué, le 1 3 passé de Rabî' 1 3 o 9, et Moùnis nomma gou-
13689verneur:
13690§ VII. Aboû ~âboùs Mabmoùd ibn I:Jamal qui resta à ce poste trois jours,
13691puis il le révoqua et rétablit Takîn, le 5 des derniers jours de Rahî' 1 cr, puis Je
13692destitua cinq jours après et le renvoya en Syrie h la tête de quatre mille soldats
13693immatriculés, l.:)~.,)jl ~1 (:!J. Puis gouverna:
13694§VIII. Hilâl ibn Badr, au nom d'al Mou~taclir, pour la prière. Il entra, le 6
13695passé de Rabî' II et Moùnis partit, le 1 8 passé de ce mois, et avec lui Ibn I:Jamal.
13696I. 20.
13697Mais les soldats se révoltèrent contre Hilâl et se retirèrent à Minîat al A~bagh (3);
13698avec eux était Moubammad ibn 'fâhit' préposé aux chourtats. Le pillage, le
13699meurtre, la débauche sévirent à Mi~r jusqu'à sa destitution en Rabi' II 31t et son
13700départ à la tête d'une petite troupe de ses partisans. Puis gouverna:
13701§ IX. Ab mad ibn Keïghalagh, au nom d'al Mou~tadir, pour la prière. Son fils
13702Aboû'l <Abbâs arriva, comme son délégué, le 1 cr Djoumadâ 1. Lui-même arriva,
13703ayant avec lui Moubarnmad ibn al f:lousaïn ibn 'Abd al \iVahhâb al Mâdharâiyî
13704(préposé) à l'impôt, en Radjah. Il convoqua l'armée; tous deux distribuèrent les
13705soldes et licencièrent un grand nombre de fantassins. Ceci se passait à Minîat al
13706A~hagh. Les fantassins l'ayant assailli, il s'enfuit jusqu'à Fâ~oûs (IIJ. AlMâdharâiyî
13707rentra dans la ville (de Mi~r), le 8 passé de Chawwâl et Ibn Keïghalag·h resta à
13708(Il ~1, l'ancienne 6~vptJyx.os est dans la Haute-Égypte, aux deux tiers environ de la roule du
13709Caire à al Achmoûneïn, qui est l'ancienne Êpr-tchroÀis r-teyriÀ!J.
13710(
137112
13712) Sur le sens du mot : ul,!!> appliqué à l'armée, cf. plus .haut (p. t6 2, note t ).
13713(3) Voir plus haut, p. 234, note 2.
13714("l Localité encore subsistante dans le nord-est du Della, chef-lieu d'un district dans la province
13715de Charqieh, ancienne <llaxoÎ.IO'a des Grecs, capitale du nome Àpa~{a.
p. 136
137161. 3o.
13717254
13718P. CASANOVA.
13719"
13720Fâ~oûs jusqu'à ce qu'il fut destitué a l'arrivée de l'envoyé de Takin. Puis gouverna:
13721§ X. Takîn, une troisième fois, au nom d'al Mou~tadir, pour la prière. son
13722délég~é fut lb~ Ma~djoûr jusqu'à son arrivée le jour de I'achoûrâ ( 1 0 al Mo~~lat·­
13723ram) 3 1 2. Il liCencia un grand nombre de fantassins : c'étaient des gens de sac
13724et de co_rd~: Il fit pr?clamer la mise hors la loi, A,.., .)JI ~!r, de tous ceux d'entre
13725eux qm sejournerment à al Foustât. Il fit la prière du vendredi dans la dâr al
13726irnârat à al 'Askar el fit cesser la tenue des assemblées (pour la prière) au masdïd
13727d'al 'Askar et au masdjid djâmi' l'ancien (mosquée de 'Amrou) en l'année 3 / .
13728Nul des émirs avant lui n'avait fait la prière du vendredi dans la dâr al imâr;?t ..
13729Or aiMou~tadir fut tué en Chawwâl3 2 o, et on proclama (khalife) Aboû Man-
13730$OÛr al ~(âbîr hillah qui maintint Takîn jusqu'à sa mort, le 16 Rahî' 1 321 . Son
13731corps fut transporté à Jérusalem. Son gouvernement, cette fois, fut de neuf ans,
13732deux mois, cinq jours. Son fils Moultammad ibn Takîn prit sa place. Aboû llakr
13733Moul.wmmad ibn 'Alî al Mâdharâiyî prit une autorité souveraine sur tout le
13734pays et en dirigea l'administration. Les soldats se révoltèrent contre lui, récla-
13735mant leur paie, brùlèrent ses maisons et celles de sa famille. Ibn Takîn s'étant
13736re~iré à Minîat al A§bag·h, al Mâdharâiyî lui envoya l'ordre de quitter le territoire .
13737d'Egypte. Il campa à la porte de la ville (d'al Foustâ~) et y demeura jusqu'au départ
13738d'Ibn Takîn vers la fin de RaLî' 1. Ibn Takîn gagna Damas; puis il manifesta
13739l'intention de rentrer en Égypte. Al Mâdharâiyî s'y opposa. Puis gouverna :
13740§ Xl. Mou ltammad ibn Toughdj OJ ibn Djouff al Farghânî Aboù llakr, au nom
13741d'al ~(âhîr billah, pour la prière. La lettre (de nomination) le concernant arriva,
13742l'e ? passé de Hamaqân 3 2 i , et on proclama son nom (a la prière) tandis qu'il
13743etmt à Damas, pendant trente-dem: jours, jusqu'à l'arrivée de l'ambassadeur de:
13744§ XII. Ab mad ibn Keïghalagh (notifiant) son deuxième gouvernement au
13745nom d'al ~âhir billah, le 9 passé de Chawwâl. Il désigna comme son lieutenant
13746Aboû'l Fatb ibn 'lsâ an Noûcharî. Les soldats se révoltèrent pour (réclamer) leur
13747paie contre al Mâdharâiyî préposé aux finances. Il se déroba it eux. Ils brûlèt·ent
13748(l.) Il faut lire, conformément aux meilleurs manuscrits: t1, et non:~· Cf. S. Ln'E-PooLE,
13749A hzstory of Egypt, p. 81. Ce Mou~1ammad appartenait à une famille princière de Ferghana en Perse,
13750qui portait le titre d'Jkhchid. C'est ce qui explique que, plus loin, notre auteur le désigne sous ce
13751nom. On appelle dynastie lkhch1dite la suite des gouverneurs d'Égypte qui appartiennent à ~elle
13752famille. Sur celle dynastie dont il va ètre parlé bientôt, voit·, outre Wüstenfeld (Statthalter, ft• partie),
13753le récent ouvrage de 1\f. KNuT L. TAI.LQVIsr, Ibn Sa'ld (Leyde, t8gg).
13754MAKR[Zi.
13755255
13756ses maisons et celles de sa famille. Il y eut des séditions où beaucoup furent
13757tués, jusqu'à ce que Moubammad ibn Takîn vint (1) de Palestine, le 1 3 passé de
13758Rabî' 1 3 2 7. Al Mâdharâiyî refusa· de le reconnaître comme gouverneur; mais un
13759P. 329.
13760parti se ral~ia a lui e~ l~ proclama A émir~ ?uelques-uns s'étaient' re~irés dans le
13761Sa'îd, parmtlesquels etait Ibn an Nouchan: 1ls le reconnurent pouretmr en refusant
13762de proclamer Ibn Keïghalagh; [il y eut des combats où périrent beaucoup de gens.
13763Ahmad ibn Keïghalagh arriva (2)] et cam pa a Minîat al A§bag·h, le 3 passé de
13764Hadjab. Il fut rejoint par un grand nombre de partisans de [Ibn] (J) Takîn. Ibn
13765Takîn s'enfuit de nuit et Ibn Keïghalagh entra dans la capitale, le 6 passé de ce
13766mois. Le séjour d'Ibn Takîn a al Foustâ~ avait été de cent douze jours.
13767Al Kâhir fut déposé et on proclama (khalife) Aboû'l 'Abbâs ar Hâgî billah. Ibn
13768Takîn.revint, prétendant avoir été nommé gouverneur par ar RâQÎ. L'armée alla
13769à .sa rencontre et le combattit entre llilbaïs et Fâ~oûs; elle fut battue, ill a pour-
13770suivit jusqu'à la capitale, puis il se porta vers le Sa'îd. Mais la nou~elle arriva
13771que Moubammad ibn Toughdj, nommé par ar Râgî, s'avançait vers l'Egypte. Ibn
13772Keïghalagh envoya une armée contre lui pour l'empêcher d'entrer à al Faramâ
13773(Péluse). Les vaisseaux d'Ibn Toughdj se présentèrent elevant Tinnîs, tandis que
13774son avant-garde allait par terre. Des engagements eurent lieu entre les deux
13775partis' le 1 9 Cha'bân 3 2 3 ; ils furent favorables a celui cl'Jlm Toughdj. Ses vaisseaux
13776se présentèrent devant al Foustâ~ it la fin de Cha'bân. Ibn Keïghalagh se présenta
13777(au même point) et campa au milieu de RamaQ.ân. La rencontre eut lieu, le 7 des
13778derniers jours de ce mois; Ibn Keïghalagl• se rendit a Moul,tammad ibn 'foughdj
13779sans combat. Alors gouverna :
13780§ XIII. Moul,lammad ibn Toug·hdj, une seconde fois, au nom d'ar HâcJî,
13781pour la prière et l'impôt. II entra, le 6 des derniers jours de RamaQân.
13782t. 'o . .
13783Aboù'l Fatb al FaQl ibn Dja'far ibn Moul)ammad ibn Fourât arriva avec les
13784robes d'honneur pour (l'investiture de) Moubammad ibn Toughdj. Il y eut des
13785combats avec les partisans a·Ibn Keïghalag·h a la suite desquels ceux-ci s'enfui-
13786rent vers Bar~at et passèrent à al ~âïm hiamr Allah .M?uhammad ibn al Mahdî(
137874l,
13788dans le Maghrib. Ils le poussèrent a s'emparer de l'Egypte. Il réunit donc une
13789armée qui marcha vers l'Égypte. Moul)ammad ibn Toughdj envoya ses troupes
13790vers Alexandrie et le Sa'îd.
13791(I) Litt.: ~rarriva à euu, c'est-à-dire aux Égyptiens.
13792(2) ~
13793~ ~~ ~~, ~LT- ~
13794~
13795YJ..).:.. c-.il5',, pht·nse sautée dans l'édition de Boùlà~. Je
13796la rétablis d'nprès le manuscrit 1736.
13797(3) 0~1 à rétablir, conformément, d'ailleut·s, aux manuscrits.
13798(4) Second khalife fatimide du Maght·ib(322-334=g3ll-g45).
p. 137
137991. 20.
13800256
13801P. CASANOVA.
13802Puis il arriva une lettre de Baghdâd ajoutant au nom de l'émit· Moub.ammad
13803ibn 'foughdj le titre d'al lkhchîd; il fut proclamé sous ce titre dans le minbar en
13804Ramaqân 3 2 7.
13805Mou b.ammad ibn Râï~ alla vers les Syries (l); [Al lkhchîd convoquant les levées
13806en voy a ses vaisseaux vers la Syrie]('.!), puis il partit en al Moub.arram 3 2 8, laissan~
13807comme lieutenant son frere al l:fasan ibn Toughdj. Il campa à al Faramâ, tandis
13808qu'Ibn Râï~ était à ar Ramlat (Ramleh )'3l. Al l:fasan ibn 'fâhir ibn Yabîâ al 'Alawî
13809s'entremit\4) entre eux pour la paix, si bien qu'elle fut conclue et qu'il retourna à
13810al Foustâ~, le 1 cr Djoumadâ I. Puis Ibn Râï~ s'avança hors de Damas en Cha'bân
13811et al lkhchîd envoya contre lui l'armée, puis partit, le 16 passé de Cha'bân. La
13812rencontre eut lieu au milieu de Rama~ân à al 'Arîch. Une sanglante bataille eut
13813lieu entre les deux troupes, dans laquelle l'aile gauche d'al lkhchîd fut défaite. II
13814donna alors de sa personne et les partisans d'Ibn Râï~ furent battus; un grand
13815nombre furent faits prisonniers. Il leur infligea de grandes pertes tant en tués qu'en
13816prisonniers, etlbn Râï~ fitreh·aite. Al f:lousaïn ibn 'foughdj fut tué à al Ladjdjoûn (5l.
13817Al lkhchîd entra à ar Ramlat avec cinq cents prisonniers. Des pourparlers de paix
13818furent engagés entre al lkhchîd et Ibn Râï~, et celui-ci se retira sur Damas, la
13819paix conclue. Quant a al Ikhchîd, il arriva à Mi$r, le 3 passé d'al Moubarram 3 2 9·
13820Ar Râ~î étant mort, on proclama (khalife) al Moutta~î lillah lbrâhîm en Cha'bân.
13821Il confinna al lkhchîd. Moub.ammad ibn Râï~ fut tué à Mossoul, assassiné par les
13822Banoû ]:-lamdân(
138236l, en Cha'bân 33o. Al lkhchîd expédia alors des troupes vers la
13824Syrie puis partit, le 6 passé de Chawwâl, laissant comme lieutenant son frère
13825Aboti'l Mouqhaffar 'al l)asan ibn 'foughdj. Il entra à Damas puis revint, le t3
13826passé de Djoumadâ 1 33t. Il campa dans le boustân appelé aujourd'hui al
13827Kâfoûri (région) d'al ~âhirat (7). Puis il rentra en son palais et s'occupa de faire
13828(Il ~LoWI. Ibn Ràï]>., un des plus ambitieux et des plus turbulents officiers de Baghdàd, était
13829alors gouverneur de la Mésopotamie et de la Syrie septentr·ionalc. Voir WEIL, Gescliichte der Chalifen,
13830t. II, p. 669, 67t. ct: DEFRE~IERY, .ilfém. sur les émirs al Omm·a.
13831(
138322l rWI JI ~~
13833~, ue,y.ill ~~~ <..f.:yd, ligne à rétablir d'après le manuscrit q36.
13834Au lieu de: u<:>,yill qu'il faut évidemment lire: u<:>,;-iJI, Ahoû'll\fa}:lâsin ( t.ll, p. 2 71) écrit:~~
13835rrses armées".
13836(3l Viile de Palestine à l'ouest de Jérusalem, à mi-chemin de la mute de Jaffa.
13837(4) Sur ce sens de:~, cf. QuATREliÈ.RE, Sultans mamlouks, t. 1, p. 193, note 73.
13838(!'li Aujourd'hui Khan el Ledjdjoun au sud-ouest de Nazareth.
13839(G) Les l;lamdanites, au milieu des troubles du khalifat, se taillèrent une principauté indépen-
13840'
13841dante dans la Mésopotamie. Cf. S. LANE- PooLE, Mohammadan dynasties, p. 11 1 ; WEIL, Gescliichte der
13842Chalifen, t. II, p. lt9o, 63o, etc.
13843(7) Notre auteur nous donnera plus tard des détails sur ce jardin (texte arabe, t. Il, p. 25,1.6);
13844cf. Ravaisse ( llfémoi!'es de la Mission archéologique française, t. 1, p. 4q, 4 2 3, planches 1, Il et IH).
13845MAKRÎZÎ.
13846257
13847reconnaître son fils Aboû'l ~âsim Aoûnoûdjot'tr par tous les officiers, à la fin de
13848Dhoû'l~a'dat.
13849Cependant al Moutta~î lill ah se dirigea vers la Syrie et, avec l ni, les Ban où
13850Hamdân. Al Ikhchîd partit, le 8 passé de Radjah 3 3 2 laissant comme lieutenant
13851~on fn'lre al l:lasan. Il joignit al Mouttal~î puis rentra et campa dans le boustdn
13852(Kâfoûrî) le. u passé de Djoumadâ I an ~.3 3. Al Mou~ta~î a~ a nt été, dép~sé, on pro-
13853clama (khahfe) 'Abd Allah al Moustakh, le 7 passe de DJoumada Il; Il confirma
13854al lkhchîd.
13855Al Ikhchîd envoya Djânik et Kâfoùr, a la tête des ar;nées, vers la Syrie, puis il
13856partit, le 5 passé de Chacbân 3 3 6, laissant pour lieutenant son frère al Basan. Il
13857rencontra 'Ali ibn 'Abd Allah ibn IJamdân sur le territoire de I_(innisrîn {Il, le com-
13858battit puis se relira. Il lui prit Alep. Cependant al Moustakfî fut déposé et on
13859proclama al Moutî' lillah al Faql ibn Dja'far en Chawwâl 3 3lJ. Il confirma al
13860Ikhchîcl jusqu'à sa mort qui arriva à Damas, le vendredi 8 des derniers jours de
13861Dhoû'ibicljdjat. Après lui, gouverna son fils :
13862§XIV. Aoûnoûdjoùr Aboû'i ~(âsim, en qualité de son successeur (:lJ. Il fit arrê-
13863ter Aboû Bakr Moubammad ibn <Alî ibn Moukâtil, le 3 allVloubarram 3 3 5, et il
13864mit, en sa place, Moul,!ammad ibn 'Alî al Mâdharâiyî au poste des finances.
13865L'armée arriva de Syrie, le 1 cr Safat·. Aoùnoùdjoûr resta g·ouverneur jusqu'à sa
13866mort., le 7 passé de Dhoû'i~acdat 3 u7. Il fut transporté à Jérusalem et enterré
138671 d
138681
13869aupres e son pere.
13870De _son temps, Kâfoùr fut très influent. Il lui allouait chaque année 4 o o,o o o di-
13871nars. Apres sa mort, Kâfoûr devint plus puissant.
13872Son gouvernement fut de quatorze ans, dix mois. Puis Kâfoûr établit son frère:
13873§XV. 'Alî ibn al lkhchîd Abo~'li,fasan, le t3 passé de Dhoû'i~a'dat; al Mou~r
13874lillah le confirma, pour )a guerre et l'impôt, en Égypte, en Syrie et clans les deux
13875sanctuaires (la Mecque et Médine). Son délégué, en ces fonctions, fut Kâfoûr,
13876le page de son père, et il lui alloua ee qt{'il allouait à son frère, chaque année.
13877En l'an 3 5t, les vivres renchérirent. Il y eut trouble à Alexandrie et clans al Bou-
13878haïrat (3J à cause de l'invasion des Maghribins, du renchérissement des vivres et
13879(l l Ville de Mésopotamie, aux confins de la Syt·ie.
13880(2) a~l .ti~~. L'auteur veut dire par là qu'il n'y eut pas besoin de nomination de la part du
13881khalife. Le gouvernement de l'Égypte redevenait héréditaire.
13882(3) Celte province existe toujours sous le nom de Béhéra. Elle répond au ~Iauf occidental et
13883comprend les régions cultivées à l'ouest de la branche de Rosette. Son nom (petite mer, lac, a.)~)
13884lui vient sans doute d'un des lacs qui l'avoisinent (Mar·iout, d'Aboukir, d'Edkou).
13885!tlémoii·cs, l. III.
1388633
138871. 3o.
p. 138
13888P. 33o.
138891. 10.
13890258
13891P. CASANOVA.
13892de la pénurie du blé. Le Carma the (lJ marcha sur la Syrie en l'an 3 53. Le Nil fut
13893tres has; les campagnes d'Égypte furent pillées (par les brigands), et la cherté
13894des vivres s'accrut. Le roi de Nubie marcha sur Assouân, arriva à Akhmîm tua
13895'
13896'
13897pilla et brùla. Le trouble des provinces fut intense.
13898La mésintelligence éclata entre Kâfoùr et 'Alî ibn al lkhchîd; Kàfoûr rompit
13899toutes relations avec lui. 'Alî fut atteint, a pres cela, de la maladie de son frere
13900et mourut, le 11 passé d'al Mou}:tanam 3 55. Il fut transporté a Jérusalém et l'Égypte
13901resta, quelque temps, sans émir. On ne proclamait plus que le seul nom d'al
13902, Moutî' fillah. Kâfoûr l'administrait et, avec lui, Aboû'i Façll Dja'far ibn al Fourât.
13903Puis gouverna :
13904§XVI. Kâfoûr, l'eunuque noir, affranchi d'al Ikh:hîcl, au nom d'al MouW,
13905pour la guerre, l'impôt, toute l'administration · de l'Egypte, de la Syrie et des
13906deux sanctuaires. Il ne changea point son surnom ('2J. On le proclamait et on lui
13907faisait la khouthat sous le nom de: al ouslâdh (3J. Le rescrit d'al Moutî', relatif à son
13908investiture, parut, le 4 des derniers jours d'al Mou}:tarram 355. Il se maintint
13909jusqu'à sa mort, le 1 o des derniers jours de Djoumaclâ I de l'an 3 57. Puis
13910gouverna :
13911§ XVII. A}:tmacl ibn 'Alî al Ikhchîd Aboû'i Fawâris. Il avait onze ans, le jour de
13912la mort de Kâfoûr. Il plaça al J::Iousaïn ibn 'Oubaïd Allah ibn roughdj comme
13913à son lieutenant; Aboû'l Façll Dja'far ibn al Fourât dirigea les affaires (civiles),
13914et Samaoùl U•J al lkhchîdî les armées, jusqu'à ce que Djauhar le ~âïd arriva du
13915Maghrib avec les armées d'al Mou'izz lidîn Allah, le 17 Cha'ban de l'an 358. Al
13916I:Jousaïn ibn 'Oubaïd Allah s'enfuit et Djauhar prit possession du pays, comme
13917nous le elirons, s'il plaît à Dieu.
13918(IJ Cf. p. 235, note 1.
13919(2) Le~ rrsumom" désigne ici le titre officiel. Les vizirs, émirs, etc., portaient, quand ils étaient
13920investis de fonctions, divers surnoms. Nous avons vu, par exemple, que celui d'al Ikhchid fut
13921donné à Mou~ammad ibn 'foughdj. Plus tard les vizirs prirent le surnom d'al Malik, suivi d'une
13922épithète. De nos jours encore, cette coutume a survécu : les gouverneurs de l'Égypte, depuis Méhémet
13923Ali, se trouvent, vis-à-vis du sultan ottoman, dans la situation des émirs vis-à-vis du khalife de
13924Baghdàd. Leur surnom, bien connu, est le mot : khédive, d'origine persane comme : ikhchld el :
13925oustàdh.
13926(3) Sur ce mot, voir plus haut , p. 2 52, note 1. -
13927On voit ici que la nua nee signalée entre les
13928deux expressions : ~.:. et ykh. est bien indiquée.
13929Il est probable que la proclamation ne visait que l'émir; la khoutbat, selon l'usage, visait seule:
13930ment le khalife. Plus tard elle comprit le nom du khalife et des différents princes, suivant leur degre
13931de vassalité. La proclamation se confondit alors avec la khoutbat.
13932(4) j_,....,.. L'orthogi·aphe exacte est: jl'~; cf. Ibn Doreïd (Généalogies, éd. Wüstenfeld), P· 2 59·
13933MAKRÎZÎ.
13934259
13935La proclamation,~.)...!!, au nom des Abbassides en Égypte, d~puis le commen-
13936cement de leur dynastie jusqu'a l'arrivée elu ~âïd Djauhar en Egypte avait duré
13937deux c.ent vingt-cinq ans. La dynastie des lkhchîdites y avait duré trente-quatre
13938ans, dix mois, vingt-quatre jours. Depuis la conquête de Mi~r jusqu'au trans-
13939fert du siege du gouvernement de cette ville a al J.Uhirat, il y a trois cent
13940trente-sept années et quelques mois. Dieu, qu'il soit exalté, est le ·plus savant!
13941DE
13942LA GRANDE PROSPÉRITÉ
13943QUI RÉGNA DANS LA VILLE DE MI~R.
13944Ibn YoûnousCtJ a dit, d'apres al Laïth ibn Sa'cl, que l:Jakim ibn Aboù Râchid
13945lui raconta, d'apd~s Aboù Salamat ibn. 'Abd ar Ra}:tmân que, s'étant arrêté devant
13946un boucher, il l'interrogea sur le prix (de la viande) et qu'illui répondit : ri C'est
13947cc quatre fels le ratl (2J "· Aboù Salamat lui elit alors : rr Peux-tu nous donner a ce
13948((prix de quoi nous satisfaire et te satisfaire? -
13949Certes," dit-il. Alors Ab où
13950Salamat prit de lui ..... (3) et passa dans la l~a~abat (i!J. A la fin, quand il voulut
13951le solder, ii dit: rr Envoie-moi un dinar11; puis il elit: ri Fais-en le change en fels,
13952ii puis solde-le (5),.
13953(i l I~n Khallil5.àn distingue deux personnages pri.ncipaux de ce nom : l'astronome mort en 3 g 9
13954et l'historien mort en 347 (ti·ad. de Slane, t. II, p. 365 et p. g3). Je crois qu'il s'agit ici du second.
13955(2) Le mol : ~, transcription du jollis byzantin, désigne une monnaie de cuivre de très faible
13956va lem·, d'ailleurs très variable. Voir à ce sujet SAUVAlllE, Matériaux de métr-ologie el numismatique (!oum al
13957asiatique, Vlll• série, t. X V, p. 2 57 et seq. ). -Le rat\ ou ri tl est un poids répondant à peu près à
13958la livre. Cf. SAuvAIRE, ibid., VHI• série, t. IV, p. 210 et seq.
13959(3) Il semble qu'il manque un mot. D'aillems, tout le récit parait être écourté et incompréhen-
13960sible sans restitution de mols ouhliés ou sous-entendus.
13961·
13962(Il) Le texte de Boûlâi5. porte: .Jo "passa"; alors il semble que le mot : <4=Ji doit se traduire par
13963"la gr~nde ru_e "·Le manuscrit 1 7 36 donne : j=-. "tailler"; on peul alors supposer que le bouc ber et
13964son client smvent une coutume adoptée par lous les peuples illettrés : un petit bâton appelé la
13965taille (ici un roseau: <4=Ji) est divisé en deux parties qui se rapportent et sur lesquelles on fait des
13966coches pour marquer la quanti Lé de viande foum ie. Cf. LITTR~:, Dictionnaire de la langue française au
13967mot: taille t4°.
13968(ol L'e·
13969·
139701•
13971j 1•·•
13972b.
13973b
139740
139751·
13976"""'"
13977·
13978·
13979.;_,.
13980.
13981,
13982xpresswn: Y·'-:!~~ \.li est Ien o seme.
13983n peul 1re:~ "envoie-moi" ou:~
13984rn lm a envoyé,. Dans l'un et l'autre cas, on ne voit pas qui est le sujet du verbe: J'-'" il dit,. Si on
13985suppose que c'est Aboû Sala mat qui parie, il s'adressei'ait à son servitem. Si on adopte la seconde
13986lecture, c'est le servileue qui parlerait de son maître: "il m'a envoyé un dinar, puis a dit ,. De
13987toutes les façons, le sens de celte histoire me paraît une véritable énigme.
1398833.
p. 139
139891. 20.
139901. 3o.
13991260
13992P. CASANOVA.
13993Le chérif Aboû 'Abd Allah Moubammad ibn As'ad al Djawânî le généalogiste
13994dit dans le Kitâb al noulut! 'alâ 'l khitat, .h..b.Jl ~ .b.W 1 ~ l;S (Livre des points
13995d't.sh'nctifs des khi!{als (IJ): ~d'ai entendu l'émir Tâyyîd ad daulat Tamîm ibn Mou-
13996bammad, connu sous le nom d'açl J)amqâm, dire en l'an 53 9 que le ~âQ.î Aboù'l
13997J::Iousaïn 'Ali ibn al J::Iousaïn al Khala'î lui avait raconté, d'après le ~âçlî Aboû
13998'Abd Allah ai ~ouc)â'î :ccli y avait à Mi~r al Foustâ~ trente-six mille masdjids, huit
13999~( mille châri's ou verts ('lJ, mille cent soixante-dix bammâms. Le l,Jammâm Djounâdat
14000~(à al ~(arâfat n'était accessible qu'après bien des efforts à cause de la foule, et,
14001((tous les vendredis, son encaisse était de 5 oo dirhems."
14002Le l~âqi Aboû 'Abd Allah Moubammacl ibn Salamat al Kouc)â'î dit dans le Liae
14003des khi!{als, .h..b.Jl ~lAJ, qu'on demanda, pour ~(a~r ani~adà fille cle Khoumâra-
14004'"'eïh ibn Abmacl ibn 'foCJ!oCm , mille tikkats pour 1 o,ooo dinars, chaque tikkal
14005du prix de t o dinars, el qu'on les trouva au marché en un temps très court et
14006avec la plus grande facilité {:IJ.
14007On rapporte du l~âdî Aboû 'Oubaïd que, quand il quitta le poste de ~âçli de Mi~r,
14008il y avait dans le dépôt(
140091'J t oo,ooo dinars. Fâïl~ afl'ranchi d'Abmad ibn Toûloûn
14010acheta une maison 2o,ooo dinars et en remit le prix aux vendeurs qui avaient
14011un délai de deux mois. Le délai écoulé, Fât~ entendit une immense clameUl'
14012et des pleurs. Il en demanda la cause et on lui dit : ((Ce sont ceux qui ont
14013vendu la maison (qui se lamentent)"· Bles appela et leur en demanda la cause.
14014((Nous ne pleurons, répondirent-ils , que sur ton voisinag·e (?) (5) "· Il fut confus el
14015donna ordre qu'on leur rendît le contrat, ~j(JI, leur faisant don de la somme.
14016Il se rendit chez Ahmad ibn 'foùloùn à qui il conta 1: fait et qui ratifia son ju~e­
14017rnent et applaudit a son acte. On dit que Fâil~ possédait trois cents lits, chaque
14018lit réservé a une concubine de haut prix. Dar al J:laram qui fut construite par
14019(I l Sur cet ouvrage, Yoir notre au leur ( t. 1, p. 5, 1. 16 ). Cf. plus haut (p. 11 o, nole 2 ).
14020Le même tex le est donné par Ahot1'l Mal)âsin ( t. 1, p. lt6, l. 5 et seq.) avec plus de détails et
14021des commentaires intéressants.
14022l2l d_,.l.......-o , litt. :"!Ta versées", -
14023par opposition aux impasses qui, dans les villes orientales, sont
14024plus nomh1·euses que les voies ouvertes.
14025(3) Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 319, l. to).
14026(l•i é.:._,.l.L C'est. ~sans doute : p é.:..Y' "le. dépot légal" dont parle Ibn Doul~mâtt,( t: IV, p.: t, l. 5;
14027p. 54, 1. 17; p. 8;), 1. 15) et. qu tl appelle atlleurs : <4.~
14028. l~~~ J!,.ol é.:.->"' "le depot des btens drs
14029orphelins administrés p;tr la justice, ( t. IV, p. 16, 1. 1 9 ). J en déterminerai l'emplacement dans ma
14030lopogl'aphie d'al Fous~â~.
14031(o)
14032~!))!_,..::.. signifie aussi "lon patronage "· Mais je ne vois pas de sens Lien clair à l'une ou l'autre
14033acception. Les vendeurs se plaiunent qu'ils ont perdu définitivement, à celte opération, la protec-
14034tion ou le voisinage de Fâï~. Comment la vente d'une maison entt·aîne-t-elle celle conséquence? C'est
14035ce que l'auteur néglige de nous dire.
14036MAKRÎZÎ.
14037261
14038Khoumâraweïh pour son harem avait été achetée, pourlui, par son père qui eut
14039à payer, pour la valeur (des matériaux) et le salaire des ouvriers et de l'archi-
14040tecte, 7 0 o, o o o dinars.
14041'Abd Allah ibn Ab mad ibn 'fabâ~abâ al J::Iouseïnî (descendant de 'Ali par
14042Houseïn) entra dans le djâmi' et, n'y trouvant pas de place au premier rang, se
14043Ùnt debout au second. Aboû f:laf~ ibn al Djaltâb se retourna et, le voyant, se
14044recula et fit avancer le chérif (descendant du Prophète) a sa place. Il reçut, en
14045retour de cet acte, des présents qu'il lui fiL porter et une maison qu'il acheta
14046pour lui et où il fit installer sa famille après l'avoir fournie de vêlements et de
14047bijoux. D'autres qu'al ~(ouçlâ'i rapportent qu'il lui paya 5oo dinars. Il ajoute:
14048rOndit qu'il donna à AboCt Dja'far a~'fahâwi des livres du prix de t,ooo dinars.
14049Hachî~ al Ikhchîdi avait été fait l.1âcljib (chambellan) par Aboù Bakr Moul}ammad
14050al ~Jâdharâiyî. Une année s'étant écoulée, on lui rapporta qu'il avait fait un g-ain
14051de 1 o,ooo dinars. Il s'entretint de la chose avec lui. Il lui jura par les ser-
14052ments les plus épouvantables que c'était faux. Alors Aboû Bakr al Mâdharâiyi jura
14053par les mêmes serments que lui : ((Si l'année présente s'écoule sans que tu aies
14054(' g·agné cette somme, tu n'aueas plus mon amitié (JJ "· Il ne cessa de vivre dans son
14055amitié jusqu'à ce qu'Aboù Bakr fut torturé; alors on extorqua de lui et de Rachî~
14056des sommes consi<-lérahles.
14057((On rapporte qu'al J:lasan ibn Ahoû'l Mahâdjir Moûsâ ibn Isma'îl ibn 'Abd al
14058~lamîdibn Bal.1ribn Sa'd était pt'éposé à la poste au Lemps de Al.unad ibn 'foùloûn,
14059P. 331.
14060qu'il fut mis a mort par Khoumâr·aweïh, et que la cause en fut la jalousie qu'avait
14061contre lui 'Ali ibn Ahmad al Mâdharâivî. Il excita Khoumâraweïh contre lui, disant:
14062.
14063"
14064rr Il restait a ton père d'autres biens que ceux qu'il a déclarés dans son testament
14065((et nul n'en est au courant qu'Ibn Mahâdjir; interrog-e-le "· Khoumâraweïh n'eut de
14066cesse qu'Ibn Mahâdjir ne lui eût décrit l'endroit du palais de Khoumâraweïh où
14067était l'argent, qu'il retira: cela montait à un million de dinars. Il les remit a Ahmad
14068al Mâdharâiyî qui les fit porter à son palais. De Khoumâraweih émanaient des
14069rescrits , o~_,.:;, qui lui concédaient des cadeaux et bénéfices et il les percevait
14070en sus des revenus des campagnes et des marfil~sl
140712
14072J et tous ces biens lui arrivaient,
14073mais il ne se les appropria jamais. Puis il fut tué et [son fils J (J) Aboû Bakr
14074Moubammad ibn 'Ali fut mis a la torture a l'époque d'al lkhchicl. Ses domaines
14075furent saisis et il en fut réduit à ce million de dinars avec tout ce qu'il avait, outre
14076cela, de trésors, revenus, uëG-~1, et rentes,~. Que penses-tu d'un homme dont
14077(l) ~'faute d'impression pour:~·
14078(2) Sur cette expression, Yoir plus haut , p. 214, nole 2.
14079(S) ~!_,,à rétablir d'après le manuscrit 1736.
p. 140
140801. to.
14081262
14082P. CASANOVA.
14083l~ tré~or est d'un million d~ di?a~s outr.e ce ~.ui• est ~:~pporté? [On rapporte] (IJ
14084d Abou Bakr Moubammacl 1bn Ah al Maclharatyi, qu Il raconta ceci : ~~ Aboû'l
14085~~ Djaïch Khoumâraweïh m'envoya elire de lui acheter des ceintures, 2.4.~.) 1, et des
14086((voiles, ~il (2l, pour les concubines et il donna une fête,~~~, où il s'enferma seul
14087((avec eUes. Au matin je demandai des nouvelles de lui et on me elit qu'il s'amusait
14088((fort de ce qu'il faisait et qu'il répandait les dinars sur les concubines et les pag·es,
14089~r leur faisant cette recommandation : Ce qui en tombe dans la birkat est pour Mou-
14090(( bmnmad ibn 'Alî mon secrétaire. Quand je vins et que je sus cela, je donnai ordre
14091(taux: pages de descendre dans la birkat et ils m'en rapportèrent 7o,ooo dinars,.
14092Et que penses-tu de cet argent ainsi répandu sur les g·ens et dont il s'en échappe
14093jusqu 'a la bir kat d'eau une telle somme?"
14094Ibn Sa'îd dit dans le Kitâb al moughrib ft ~wttlâ al 1naghrib,
14095'-:'J~! yl;S'
14096y_,..ill ~::. j (3J (le Livre de ce qu'il y a d'admirable dans les b~'oux de l'Occident):
14097t( Il y avait à al Fous~â~ une dcîr (maison) connue sous le nom de 'Abd al 'Azîz (4l,
14098où il se versait pour ceux: qui y habitaient quatre cents râwtats (outres) (5J d'eau
14099par jour. Contente- toi (pour juger) d'une seule maison dont les habitants
14100avaient besoin chaque jour d'une telle quantité d'eau!"·
14101Ibn al Moutawwadj dit dans le Kùâb î[aîqh al moutaglwifil wa 'tti'â4h al
14102..,.
14103moutâmmil, J.,.oWll6l.31_, J..Lü..l,ll6~1 yl;S(Livre du réveil dunégb:gent et de
14104l'appel au rtf!léchi)(GJ au sujet du rivage de Mi~r(
141057l: d'ai vu un homme qui racon-
14106tait d'après un autre qui racontait d'après quelqu'un qui avait vu les seaux
14107(J\hw 1, pluriel de : J,.b.-) qui étaient aux fenêtres donnant sur le Nil. Lem
14108nombre était de seize mille seaux en permanence, ~~.,:Yo, avec des poulies où
14109passaient des cordes par lesquelles on les descendait et on les remplissait. Voila
14110(I l p,, à rétablir d'après le manuscrit q36.
14111(2.) Sur cc sens, Yoir DozY, Supplément.
14112(lJ Corriger ainsi le texte de Boûlât(. Cf. plus haut (p. 1 1 o, nole 1 ).
14113(Il) Cf. Ibn Doul.m1â~, t. IV, p. 1 o, l. 5 et p. 56, l. 4. Au temps de cet auteur, elle avait disparu. Je
14114la place, d'après ses indications, assez approximativement, non loin de la Mosquée d'Ibn 'foûloûn,
14115dans les décombres du sud, au voisinage de l'aqueduc.
14116(5l D'après notre auteur (texte arabe, t. I, p. 464, l. 1), la contenance légale,)~' de la râwial
14117était de 24 seaux, le seau contenant 4o ratls. Comme le remarque M. Sauvaire (Jow·nal asiatique,
14118VIH• série, t. V li , p. 1 6 7) cela donne au seau une contenance d'environ 1 8 litres et à l'outre de plus
14119de 4oo litres. L'erreur doit porter sur le chiffre 4o, car 'Ayny ne donne au seau qu'une contenanc~
14120de 10 ratls de Baghdàd, soit environ 4 litres. L'outre contiendrait donc environ g6 litres, ce qu•
14121est possible.
14122\GJ Sur cet auteur, voir plus haut (tex le arabe, t. 1, p. 5, l. 17 ). Le titre y est légèrement différent:
14123j.i.utl b~l, ~WI J.;~l.
14124l7l Voi1·, plus loin, le chapitre consacré au rivage, où est rapportée celte même anecdote.
14125MAKRÎZÎ.
141262G3
14127ce qne m'a raconté quelqu'un en l:s ra.pports d.e qui j'~i plein~ confianc:." Il
14128· ute . ((A al Foustât, dans sa partie onenlale, Il y avait un ham construit par
14129aJO
14130·
14131..
14132les Roûm , très fréquenté au temps de Al) mad ibn 'foûloûn. Le narrateur dit :
14133rd'y entrai au te1~ps de K~ou~1âr~welh ibn ~l)mad ibn. 'f~ùl~ùn et j'y demand~i
14134((un praticien qm me servit; Je n en trouvm aucun qm fut hbre pour me se l'v Ir
14135((et on me dit que chaque praticien avait avec lui deux ou trois aides à leur
14136((service. Cornbt'en y a-t-tt donc dans ce ~wmmâm de pratt'ciens? demandai-je et on
14137((m'apprit qu'il y en avait soixante-dix, leurs aides étant rarement moins de trois,
14138((non compris ceux qui ayant achevé leur besogne s'en allaient." Il ajoute : ((Je
14139((partis, n'y étant pas entré, faute de gens pour me servir; j'en cherchai un autre,
14140~mais je ne pus trouver quelqu'un de libre qu'après le quatrième l,tammâm et
14141((celui qui me servit y était a titre de remplaçant, Wu., Vois donc, Dieu te
14142pm;donne! combien ce récit concorde avec ce que nous a rapporté al ~(ouQâ'î de
14143la multitude des bains, qui étaient mille cent soixante-dix, d'ou l'on reconnaît
14144fluclle quanti té de population il y a v ait à Mi~r. (Considère) avec cela, la modicité des
14145prix, le blé valant un dinar pour cinq ardebs(Jl; on en vendit même dix ardebs
14146pour un dinar au temps de At,nnad ibn 'foûloùn.
14147Ibn al Moutawwadj dit: d(hi~~at masdjid 'Abd A.llah(2l.-J'y ai vu, de mon
14148temps , les ruines d'une dâr considérable qui était, dit-on, celle de Kâfoùr al
14149lkhchîdî et on rapporte que cetle khittat s'appelait sol't~ al 'Askar. Là se trouvait le
14150masdjid az zakât (JJ; de la, dit-on, partait une ~a~ahat de soùl~(
141514
14152J ahoutissantladjâmi'
14153Ahmad ibn 'foùloûn. Un certain cheikh 'acll (5) m'a rapporté, comme la tenant de
14154son père qui était un des plus grands ~alîbs (ôJ, cette parole : ii J'ai compté, depuis
14155(1) L'ardeb Y a ut environ 2 hectolitres; cf. Sauvai•·e (Journal asiatique' vme sérir' t. VII' P·-13 5 et seq.).
14156l2l Dans ma reconstitution de Foustât, j'établis que ce masdjid répond à la mosquée actuelle
14157d'Aboù Sou'oûd et que la khi Bal en question (ou soù~ al 'Askar) répondai l à la route qui rejoint
14158celte mosquée à celle d'Ibn 'foûloûn. On arrive à cette conclusion par de nombreux passages d'Ibn
14159• Doukmà~, t. IV, p. g, 1. tg; p. t3, 1. g; p. 23, l. 16; p. 36, 1. 22 et 25; p. gt, l. 3 à 5, elc.
14160Cf. al Mou~addasî (éd. de Goëje, p. t 99, 1. 9 ).
14161l3l ~l5}1· Le manuscrit 17 3 6 donne : ~~JI et Ibn Don~mâ~: ~_;;JI ( t. IV, p. 91, l. 5 et 7; t. V,
14162p. 4 2 , 1. 2 ). J'ignore quelle est la naie lecture.
14163(•J
14164~_,.... ~.
14165C'est-à-dire une longue voie bordée de boutiques de marchands. On en voit encore
14166au Caire un exemple dans la ~a~abat Radwân, au sor lit· de la porte Zoueilet , dnns la direction de
14167ln mosquée de 'foûloùn. Des deux côtés est une interminable rnngée de boutiques.
14168(:;J J~ , pl.: J,~ désigne les greffiers ou notnires chargés d'authentiquer les acles. Cf. Dozr,
14169Supplément.
14170(GJ ek' pl.: bLe désigne un personnage t•éputé par la pm·elé de ses mœurs el dont le témoi-
14171gnage , par conséquent, est irrécusable. $ouyoùp ( Ejousn almou~u14arat, t. I, p. 292) donne une lisle
14172de personnages égyptiens ayant mérilé ce titre.
141731. 20.
p. 141
141741. 3o.
14175264
14176P. CASANOVA.
14177''le masdjid (Abd Allah jusqu'au djâmic Ibn Toûloùn, trois cent quatre-vingt-dix
14178''chaudrons de pois chiches rôtis dans la l~a~abat de ce soû~, (posés) à terre, sans
14179tt compter les mal~cads et boutiques ou se trouvaient aussi des pois chiches., Réfléchis
14180donc, que Dieu te glorifie! à ce que ce récit contient de preuve de l'importance de
14181Mi~r, car ce soûl~ était en dehors de la ville p'al F'ous~â~ et son emplacement est
14182aujourd'hui la plaine entre kôm al Djâril)(t) et djâmic Ibn rfoùloùn; or, hien quïl
14183soit avéré que les sor1l~s qui sont a l'intérieur d'une ville sont plus considérables
14184c1ue ceux qui sont à l'extérieur, cependant il y avait dans ce soûl~, pour une seule
14185sorte de denrées, une telle quantité! Combien donc penses-tu qu'il s'y trouvât de
14186toutes les sortes de denrées! Il y a v ait alors a Mi~r dix marchés, tous, ou la plu-
14187part, plus riches que ce marché.
14188Il ajoute : '' Darh as Safâfirîn (
141892l.- Il s'y trouvait zou~â~ Banî 'r Ra~~â~, où se
14190tenait une assemblée qui, lorsqu'un acte était passé chez eux (3), ne recourait
14191jamais a u~ étranger. Eux et leurs enfants étaient au nombre de quarante per-
14192sonnes environ"·
14193Ibn Zoûlâ~ (
141944
14195) a dit dans le livre: Sîrat al Mcîdharâiyîn, ~G~ltl ~
14196( Biogra-
14197phie de lajamille des JV/âdharâiyî): ti Quand l'ouslâdh Moùnis l'eunuque arriva de
14198Baghdâd à Mi~r(
141995
14200J, Aboù <Alî al I:Jousaïn ibn Ahmad al Mâdharâiyî connu sousle
14201nom d'Aboû Zanhoùe convoqua le dal~~â~ ( farinier) que nous appelons aujourd'hui
14202le ~abl,làn (meunier) disant:" L'oustàdh Moùnis arrive; orj'aiaMachtoûl (6) environ
14203'~soixante mille arclehs de blé; dès qu'il arrivera, va vers lui et procède à son appro-
14204" visionnement". Il lui porta donc ce qu'il lui fallait de fari~e blanche pendant
14205un mois. Le mois écoulé, le secrétaire de Moûnis dit au dakkàk : tt Combien te
14206"doit-on, afin qu'on te paye?". Celui-ci l'ayant mis au c~urant ,·il dit : rde ne cro~s
14207tt pas que l'oustâdh consente a être l'hôte d'Ahoû 'Alh. Il en informa Moûnis qui
14208(il Le kôm ul DjàriJ:t est celui où se trouve actuellement la mosquée Aboû Sou'oud ul DjùriJ:tl,
14209cf. Ad PACHA MounAREK, Khi{ a!, t. IV, p. 5o-51.
14210(
1421121 Le texte de Boûlàl~ porte : lY"b)l ~
14212~llij ~,; ~.)~;li-JI ':-')~.Au lieu de:~, le manuscrit
14213q36 porle: ~; il faut évidemment lire : (:)~ ou:(:.)"~? et y voir la terminaison de: ~~LW!.
14214Cela résulte de lu comparaison avec le texte d'Ibn Doul.on<i~ ( t. IV, p. 1 9, l. 3) : .... ·lJ"b}l ~
14215~llij
14216~:ftli...JI ':-')~ ~~.
14217(3) ~
14218f'.:>...;.;;. ~
142191~1. C'est-à-dire : .r Lorsque l'un d'entre eux. se muriaib, le mot : ~«acte_"
14220s'appliquant spécialement uu mariage. Ibn Dou~mâ~ (ibid., l. 5) dit : ~WI r_~ .,)J.,; bi
14221«lorsque venait à se produire puemi eux une disparition"· J'ignOt'e quelle est la meilleure leçon.
14222(o ) Né en 3o6, mort en 387. Cf. BROCKELMANN, Geschicltte der arab. Litteratur, p. 1 li9, qui ne men-
14223tionne pas la biographie citée ici pur Mu~r·lzl, ni d'autres citées par le même. Voir aussi Tallqvist
14224(Ibn Sa'id), p. 12-13.
14225\:>J Voir plus haut, p. 251-252.
14226!61 Jy:..:;:....o, village encore existant, un peu au nord de Zagazig.
14227MAKRÎZÎ.
14228265
14229dit: de mang·e le pain de l:lousaïn; que cet homme continue, jusqu'à ce qu'il
14230"ait consommé, ~Ol, sa fortune"· Le dal~~âl~ sortit et informa Aboù Zanboùr,
14231qui, sur le ch~mp, -~11~ t~·ou~er. M~û~is, se pro~tern~ à ses pieds et lui fit d~s
14232protestations cl humdrte. Celm-c1 lm dit : \(Par D1~u! Je _ne te dom~e que ce n~o1s
14233"qui vient de s'écouler; n'y retourne pas,. Il parttt et cht au da~~a~: "Procede
14234"à son approvisionnement à l'avenir et fais ce qu'il désire"· Il dit {:!J: "Je suis allé
14235" vers lui, le blé étant épuisé, et j'a vais avec moi le compte, soit lt o o dina es. Il dit :
14236"Qu'est cela? Je répondis: tt Le reste de ce blé"· Il dit : "Fais-m'en g-râce" et il
14237P. 332.
14238"l'abandonna." Réfléchis à ce que ce récit suppose de richesse chez un des secré-
14239taires de Mi~r, · puisqu'il avait dans un seul villag-e cette quantité d'espèce de blé, et
14240combien il devait avoir de superflu pour en faire un présent d'hospitalité et combien
14241peu lui souciaient l!oo dinars puisqu'il les donna à un dal~~â~ de blé. Cela ne
14242provenait que de l'abondance des vivres; mesure, d'après cela, les autres détails
14243de la vie.
14244Il dit d'AboC1 Bakr Moul,lammad ibn 'Ali al Mâdharâiyî qu'il accomplit vingt-
14245aeux pèlerinag-es eonsécutifs et qu'il dépensa dans chaque pèlerinag·e 15o,ooo
14246dinars. Il emmenait, a son départ, quatre-ving-t-dix chameaux pour la litière où
14247il montait et quatre cents pour ses bagages et provisions, et des chargements,
14248j..,ols!, comprenant des bassins de légumes, des bassins de fleurs, des chiens de
14249chasse. Il pourvoyait aux dépenses des chérifs (descendants du Prophète) et des
14250descendants des Compagnons (du Prophète). Chez lui il y avait un divân (registre
14251de pensions) à leur nom.
14252Dans cinq au tres pèlerinages il dépensa 2, 2 o o, o o o dinars. Sa concubine
14253faisait avec lui le pèlerinage : elle avait, pour elle, trente chameaux affectés
14254à sa litière et cent cinquante chariots pour ses bagages. On a calculé ce qu'il
14255donnait tous les mois à son personnel, aux personnes pieuses,~ 1 ~
142561, et aux
14257g-ens puissants,;!~~~ \.S.J~, en allocations de farine blanche : cela faisait plus
14258de 8o,ooo ra~ls.
14259C'était l'année du Carmate(3J à la Mecque. Parmi les objets qui lui furent pillés
14260(I l Peut également se lire au passif. Le verbe:~ veut dire g-énérulement: .oprendre, saisir;,.
14261Le sens nouveau que je lui donne semble conforme au contexte. Cependant on peut comprendre:
14262«jusqu'à ce que sa fortune soit prise", c'est-à-dire .ojusqu'à ce que je la confisque"· .Mais cette inter-
14263prétation me puralt moins naturelle.
14264(i l Lu sui te du récit indique que c'est le da~~à~ qui parle.
14265(31 En 3 1 7 ( 93 o), les Car mathes, sous la conduite d'Aboû 'fùhi r, pillèrent les caravanes de pèle-
14266rins, envahirent la Mecque dont ils enlevèrent lu pierre noire et le pèlerinage fut ainsi intenompu
14267plusieurs années. Cf. DE GoËJE, Mémoire su1· les Curmathes ( 2e éd.), p. 1 ob.
14268Mémoires, t. Ill.
p. 142
142691. l o.
14270266
14271P. CASANOVA.
14272il y avait deux cents ~ami$ (tl de Dabî~ (2J, chaque pièce de vêtement du prix de
14273Go dinars.
14274Il dit une fois, du temps qu'il était en disponibilité: rr Moubanunad ibn 'foughdj
14275al Ikhchîd m'a pris en or monnayé, ~'et en rentes, Li'r, de quoi faire plus de
14276Bo waïbats(
142773
14278J de dinars"· Ceux qui assistaient a cette conversation, trouvèrent cela
14279considérable mais son fils dit: ''Ce qui a été pris est plus important; et je vais le lui
14280faire constater"· Puis il dit à son père : \( 0 monseigneur, n'as-tu pas été ruiné
14281trois fois?- Certes. -N'a-t-on pas pris tes domaines de Syrie?- Oui.-
14282Quelle était leur valeur? -
14283Un million de dinars.- Et tes domaines d'Égypte?
14284-Environ même chose.- Et en rentes et or monnayé?- Antanh. Il fit faire
14285alors par un calculateur l'estimation et elle dépassait (la valeur) de 3 o ardehs
14286d'm.(4J.
14287Vois ce que comporte cette histoire d'al Mâdharâiyî, et mesure, d'après cela,
14288les autres détails de la vie d'Égypte. II était le simple secrétaire des finances et
14289telles étaient ses richesses, comme tu l'as vu.
14290Le chérif al Djawwânî a dit (
142915J : rr Aboû 'Abd Allah Moul)ammad ibn Moufassir(6l,
14292~âçlî de Mi$r, a rapporté, par ouï-dire, que du temps d'al Mâdharâiyi, on faisait les
14293gâteaux emplis de sucre et les petites galettes, l)Q_,;, appelées: otiffoun lalwu(ï). Il fit
14294faire des pistaches enveloppées de sucre blancfântd(8l, adouci de musc, et on en
142951Jt d'abord quelques-uns dont le noyau était remplacé par un noyau d'or (qu'on
14296plaça) sm· une seule assiette. On allait en foule vers cette assiette et les assistants
14297se bousculaient devant, se l'arrachant a qui mieux mieux. Dans tout ce qu'il a fait,
14298rien ne compte que la pistache en dragée.
14299(tJ ~, cc mot dont on fait venir le mot français : ''chemise,, désigne un vêtemen 1 fin de dessous.
14300Voit· Dozy, Dictionnaire des vêtements.
14301t
143022l Voir plus haut (texte arahc, ,t. I, p. 226, 1. 2o).
14303t~ J La waïbat, ~,, est le sixième de l'ardeb. Cf. Sauvaire (.Journal asiatique, VIH• série, t. Vllf,
14304p. 282 ).
14305('•l Pm· conséquent 1 8o waïbats, au lieu de 8o qu'avait dit al ~1ousaïn.
14306(oJ Cc même récit est reproduit plus loin (texte arabe, t. II, p. 453).
14307(GJ ;--L 0~ V4- .ùll ~
14308y,l. Dans le second texte ( t. II, p. 453, l. 3), il est appelé: .ùll ~
14309~~
14310y-.41 0~ .ùll ~
143110~ .ùll iJ~ ~;.iJI ù.l &bWl ~ V4-, Aboîr 'Abd Allah 1\foul~amma,d fils du ~.a?~
14312Aboû'l Faradj HibatAllah ibn Hibat Allah ibn al Mouyassar. Le manuscrit 1 736 donne egalement tet.
14313~au lieu de:~. ~ouyoûtl (flousn al mou(~a4arat, l. IT, p. 123) l'appelle: V4- .ùll ~Y:'
14314jl_,_r.iJI~ll ~ .ùll ~
14315~ et lui attribue l'invention des dr:Jgécs aux pistaches--:- ce qt~t ~ott
14316provenir d'un passage analogue à celui-ci, mal interprété. ~ouyoîrtî nous apprend qu tl ful ~ 11(Jt en
143175 :11 de l'Hégire.
14318l7J ~ Ja.-;1 «fais-y hien attention~.
14319tsJ ~WI du persan:~~; Yoir Dozy, Supplément.
14320MAKRiZÎ.
143212G7
14322.
14323l B.
143241 • l
14325lf A dl
14326A.
14327A (1)
14328'
14329l .
14330Il est rapporté, comme ouï-dire, dans a , wgra~me ces.ma t~ara~!J~
14331quOI~ .tu
14332fit
14333tt ouftoun la/wu et que, dans chacune cl elles, Il y avmt 5 dmars. Un oustadh,
143341 cc e
14335':J!
14336• r .
14337qui surveillait le banquet, dit à un ?es. con vi v es : o14{m~n lalwu; .or o.n av mt ~~Il
14338pour le banquet un c~t·tain no1~bre d.as~wttes.dec~tteespe.ce (de fna~d1se~); m~1s,
14339de celles qui contenaientles dmars, Il n y avmt qu ~ne ass:~tte,, e~ qu~nd l ousl~dl~
14340eut averti le convive par le mot: ouj{oun la/wu et lm eut des•gne l asswtte, celm-CI
14341l' d' gea v trouva l'or et s'en emp· ara Les D'ens s'attroupèrent en foule derrière
14342se a J u
14343, J
14344c
14345•
14346o
14347.
14348.
14349lui, et lui, mangeant, retirait ce qu'il avait dans la bouche, le réu~ussaü dans sa
14350main et le mettait dans son giron; les gens l'excitaient et se pressment autour de
14351lui. Voilà pourquoi aujourd'hui on dit : ouftoun lalwu.
14352.
14353, . .
14354Aboû Sac id <Abd ar Rabman ibn Abmad ibn Yoùnous (2) a dit dans l H~slotre
14355d'JJ'g!Jple : "Un de nos amis s'entretenait avec moi de l'interprétatio.n de songes
14356u'avait eus un écuyer d'Ibn cA~il al khachchâb (le marchand de bms) -extra-
14357~rdinaires et cependant vrais, tels qu'ils étaient interprétés, -
14358~t finterrog:ai
14359l'écuyer d'Ibn 'Al~îl là-dessus: de vais te mettre au courant, me dit-IL Mon pere
14360rr était dans le soûl~ al KhachchâLin et sa marchandise se vendait fort bien; puis ses
14361rr affaires déclinèrent, ~.), et il mourut. Ma mère me confia à !hn 'A~îl qui était
14362rrun ami de mon pere et j'entrai à son service, ouvrant sa boutique, la balayant,
14363rr étendant les tapis ou il devait s'asseoir. Il m'assignait un ~alaire pour m.a ~u~­
14364\( sis tance. Un J. our, mon maîtee Ibn 'A~îl vint dans la boutique. Comme Il etatt
14365•'
14366IJ) l } •
14367\( assis, arriva Ibn al cAssâl avec un homme du Rîf, demandant une pte ce' ce )OIS
14368cr pour un moulin. Il acheta donc d'Ibn cA~îl cette pièce de moulin pour 5 dinars
14369\( et j'entendis quelques-uns des gens du marché disant : ,Voilà Ibn al c1ssâl, ce lu~
14370" qui interprète les songes chez Ibn <A/dl. Quelques-uns dentee eux. vuu:ent, lu~
14371"contèrent les rêves qu'ils avaient eus, et il les leur interpréta. Alors Je lm expos~I
14372((des rêves que j'avais eus en ma nuit, et lui dis : J'ai vu hier dans 1.non son~m~d
14373"Lelle et telle chose et je lui contai la vision. -
14374A quel moment de la nu~t ~ me di~-~~,
14375"l'as-tu eue? -
14376Je me suis réveillé après ma vision à tel moment. -
14377Voda une v~swn
14378"que Je ne puis ~·nterpréter que moyennant force dinars! Comme je le pressai, ~1on
14379rnnaître Ibn cA~il elit: Fais-lui ce plais~·r; c'est un serviteur tout Jeune et pauvre, d ne
14380rr possède n'en. -Je ne prendrai pas moins de 2 o dinars, répondit-il. Alors Ibn cA~îl :
14381rr Si tu es accommodant pour nous, ~
14382~,j, Je te pèserai la somme sur ma propre
14383(lJ Nous avons vu que c'est le titre d'un ouvrage d'Ibn Zoûlàk. Ce récit est donc une seconde
14384version du premiet·, où est donnée d'une façorr plus précise l'étymologie du non~..
14385.
14386l
143872l lei, comme le prouvent les nom ct prénom, il s'agit, sans contes le, de l htsloncn.
14388(3) .:._,~, li tt. : tt bois"· Le manuscrit 1j 3 6 emploie partout : .:._,..; "pilier" qui est, sans doute, la
14389vraie leçon.
143901. 3o.
p. 143
14391268
14392P. CASANOVA.
14393(t bourse. Et il ne cessa de le faire rabattre jusqu'à ce qu'il dit: Par Dieu! je ue
14394ttprendrai pas au-dessous du prix de la pièce de bois : 5 d~·nars. -
14395Si la vision rst
14396tr vraie, d~·t Ibn 'A [dl Je t~ livreratta_Pièce grati~. -.- Il g.attœr~t au jour co:l'espondant (de
14397tr la sen~mne prochame ).l: 1, o ~ o ~mars. - Et s~ la vunon 1~ est pas vrme? _
14398La pièce
14399cc de bms. 1·estera che~' to.t .J1.tsq~t a~ y~w: co~respo:ulant, et, ,</tl n'.est p~s :Jrai. qu'il gagne
14400rr en ce y our ce que J m dû, .7e nat nen a te reclamer, et plus yamms ye n' mterpréterai
14401cede songes. -
14402D'accord, répondit Ibn 'A~îl, et l'assemblée s'en alla. Quand arriva
14403ede jour correspondant, je me rendis le matin, comme d'ordinaire, au mag-a-
14404cc sin de mon maître; je l'ouvris et l'arrosai; puis je m'allongeai sur le dos,
14405('songeant a ce qu'il m'avait dit et comment il pourrait m'arriver 1 ,ooo dinars.
14406ede me dis : peut - être le plafond de la maison va-t- il s'entr'ouvrir et faire
14407idomber cette fortune' et je me mis a faire travailler, ~1' ma pensée .. le
14408~< res~ai ainsi jusqu'a une heure avancée quand se présenta a moi une troupe
14409iid'employés de l'impôt, suivis d'une foule, disant: Vmtà la maùon d'Ibn 'Aldl!
14410it Puis ils me dirent : Viens. Je répondis : Je ne suis pas Ibn 'A[dl; je suis son
14411r. 333.
14412ti serviteur. Hs dirent alors : Non, tu es son fils, et ils m' entraînerent et mc
14413rtfirent sortir du magasin. Où (me menez-vous?), demandai-je. -
14414Au dîmân de
14415(( l' oustddh A boû 'A lî allfousafn Ibn A ~mwd -
14416ils entendaient par là Aboli Zan-
14417ct boûr. -
14418Et qu'a-l- tt à faire de moi? -
14419{}uand lu seras arrivé, tu entendras
14420tises paroles et ce qu'il veut de toi. Or, par suite d'une maladie, j'étais de corps
14421tr débile; je dis : Je ne puis marcher. Ils répondirent : Loue un âne que tu mon-
14422ttleras. Mais je n'avais pas sur moi de quoi louer un âne; je défis alors du milieu
14423ttde mon corps la tiklwt de mes chausses, la vendis pour 2 dirhems a celui
14424tt qui me loua l'âne et allai avec eux. Ils m'amenèrent a la maison d'Aboù Zatl-
14425cc boûr. Quand je fus entré, il me dit : Tu es Ibn 'A {dl? -
14426Non seigneur, Je sw·s
14427ttcommis dans son magasin. -
14428Est-ce que tu ne t'entends pas au prix des boi!}?-
14429ct Mais oui. -
14430Va donc avec ces gens et expm·tise-nous ce bois, et prends garde d'esti-
14431rrmer trop ou trop peu. J'allai donc avec eux et ils m'amenerent au bord du fleuve
14432tt vers une grande quantité de bois de tamaris, J.jl, d'acacia, .b.A.-, épais cl
14433ii autres essences excellentes pour la construction des navires. J'en fis une expci'-
14434tdise hâlive(2J, qui s'éleva au prix de 2,ooo dinars. On me dit: Examine crl
14435cc autre endroù, où 1:llj a encore du bois. J'examinai : il y en avait environ deux
14436tr fois plus que ce que. j'avais expertisé, et, comme ils rn; presserent, je n'inscrivis
14437~pas le prix elu bois (en cet endroit). Puis on me ramena vers Ahoû Zanboûr
14438ii qui me dit: As-tu e.rpertisé le bois comme je te l'avaù commandé et as-tu fini?-
14439ltl r-'~~~~ j.M., litt.: «COmme aujourd'hui~, c'est-à-dire: "au mème joui' (de la semaine ) ~.
14440l2l {;~'
14441l itt.: "inquiète, troublée par l'inquiétude , .
14442MAKRÎZÎ.
14443269
14444tt Oui.- Fat·s savoir combien lu l'as expertisé. -
144452, o o o dinars.- Regarde si lu ne
144461. 10.
14447(( te trompes pas.- C'est bien le pri.x; que j'ai (inscrit). -
14448Prends donc ce bois poul'
14449(( 2 ,o 0 0 dinars.- Mais j"e suis pauvre et ne possède pas un seul dinar. Comment en
14450tr aurais-je ce prix?- Est-ce que tu ne sauras pas le faire valoù· et le vendre? -
14451Sans
14452(( dante. -
14453Hé bien! fais-le valoir et vends-le; nous attendrons que tu en aies réalisé le
14454t: montant par 'Ventes partielles; tu nous en apporteras alors le mmitant.- Je le ferai.
14455ii Jl ordonna alors qu'on dressât un écrit m'eng-ageant vis-a-vis du clîwân pour
14456cda somme (indiquée); on le dressa, et je m'en retournai vers le rivage pour
14457rr reconnaître la quantité du bois et le recommander au gardien. Je trouvai un
14458c: groupe de gens de notre soù~ et de nos cheïkhs qui étaient cléja vemis à l'endroit
14459r: où était le bois et me dirent: Qu'as-tu fait? as-tu expertisé le bois? -
14460Oui.- Combien ·
14461tt l'as-tu expertt.sé? -
14462.2, o o o dinars. -
14463Tu fais de belle experli!}e! Cela ne vaut pas
14464tr ce prix.- On a dressé dans le dîtvân un écrit quz· m'engage et 11oici que J'ai à moi
14465tr (du boù;) d'une valeur double. -
14466Tais-toi, pe1·sonne ne t'écoutera! Or ils avaient
14467tr déjà avant moi ofTert pour cela à Aboù Zanboûr 1 ,ooo dinars. Quelques-uns
14468cc d'entrü eux dirent b d'autres : Donnez à cel individu son bénéfice el prenez la
14469tt chose à 'VOtre compte. Un dit : Donnez-lui pour son bénéfice 5o o clt.nars. Je répon-
14470nlis : Non, par Dieu! je ne prendrai pas. Ils dirent : Il a en une vision; ~f!r·ez - lui
14471cc davantage . .le répondis: Non, par Dieu! je ne prendrai pas au -dessous de 1,ooo
14472ct dinars.- Tu as 1, o o o dùwrs; fais retirer ton nom du dîuxîn, nous te donnerons, après
14473re la vrnte, 1, o o o dinnrs. -
14474Non, par Dieu! je ne le ferm· pas, tant que fe n'attrm· pa.s
14475tr zwis les 1, o o o dinars comptant. Alors ils se rendirent a leurs boutiques et à leurs
14476tt demeures et enfin me rapporterent 1 ,o o o dinars. Je dis : Je ne les prendrai
144771. 2u.
14478t:qu'après vérification rl pesée du changeur; je me rendis avec eux vers un changeur
14479cr du voisinage et ils peserent entre ses mains les 1, o o o dinars. Je les fis vérifier,
14480t; les pris et les sermi dans un coin de mon ridâ (ceinture). Puis je me rendis
14481"avec eux. au diwân et fis mettre leurs noms à la place du mien; ils soldèrent
14482ti la créance du dîwân à leur compte et je m'en retournai à l'heure de midi vers
14483(~ mon maître. Il me dit : Tu as reçu d'eux 1, o o o dinar.s? -
14484Oui, lui dis-je, par
14485cr lon intervent1.on Mnie, et je laissai les dinars devant ) ui, lui disant : Maître, prends
14486t; le prix de la pièce de bois. -
14487Non, par Dieu! dit-il, je ne prendnti rien de toi; lu es
14488" comme mon .fils. A ce moment arriva Ibn al 'Assâl; mon maître lui remit la picce
14489tt de bois et il partit. Telle est l'histoire de mon song-e et de son interprétation .. ,
14490Hé fléchis donc, que Dieu te glorifie! à ce que cela comporte de richesse i.t
14491Mi~r et de prospérité dans le dîw.ânl Ainsi il s'y trouvait d'excédant de bois pour
14492une valeur de milliers (de pièces) d'or ; ·_
14493nous, aujourd'hui , nous sommes a
14494une époque où, si on a besoin, pour quelque construction des demeures du
p. 144
144952ï0
14496P. CASANOVA.
14497sultan, de bois ou autre chose, on le prend aux gens sans payer ou pour un prix
14498infime, sans compter tout ce qu'éprouve le propriétaire de craintes et d'avanies
14499de la part des employés(
145001J. Ainsi, ayant expertisé ce bois, l'acheteur n'était pas
14501tenu de verser Ia somme au comptant; -
14502or, a notre époque, si quelque mar-
14503chandise (des propriétés) du sultan est cédée aux négociants , ils sont tenus d'en
14504apporter le prix immédiatement, si bien qu'il en est qui, l'ayant revendue pour
14505moins de la moitié de ce qu'ils l'?nt achetée, sont obligés d'en parfaire le prix
14506sur leur propre bien ou par un emprunt usuraire, f.??. Ainsi, lorsque les gens
14507du marché surent que le bois était vendu au-dessous du prix, ils ne se rendirent
14508point au dîwân pour le payer au-dessus, soit que les gens alors eussent peu
14509d'avidité ct qu'ils fussent indemnes de sentiments ignobles comme l'envie(2l,
14510soit qu'ils connussent la probité du souverain et qu'il ne reviendrait pas sur sa
14511parole; -
14512or, de notre temps, si quelqu'un, pour nuire a son ennemi, allègue
14513que la marchandise qu'il a achetée du diwân est d'un prix supérieur à celui
14514r1u'on en a tiré de lui, on accueiile ses dires et on impose (au dénoncé) en sup-
14515plément de charge, d'apres ce que son ennemi a allégué touchant la diminution
14516du prix, (de verser) une seconde somme. Certes ce sont de sottes gens que ceux
14517qui font paraître des sentiments ignobles et bas, car, po'ur ce qui est du souverain,
14518il lui reviendra en impôt ce que gagnera le commerce (3J. Ainsi encore, quand
14519Ibn 'A~îl apprit que son commis a v ait gagné, sous son nom, 1, o o o dinars, il
14520n'eut aucune convoitise à s'en emparer; bien plus, il lui fit grâce des 5 dinars.
14521Cela ne provient que de la diffusion de la bienfaisance chez les gens, de l'abon-
14522dance de leur fortune' de r aisance respecli ve de chacun et de la bonté uni ver-
14523selle des caracteres; -
14524or, par ma viel de nos jours, si quelqu'un des émirs ou
14525vizirs, pour ne pas parler des marchands, apprenait qu'un de ses serviteurs etÎt
14526reçu, en son nom, le dixieme d'une telle somme, il ferait un beau tapag·eU•J l
14527. Ainsi encore les marchands de bois étaient assez riches pour peser 1, o o o dinars
14528en un instant;- or, aujourd'hui, il serait difficile aux marchands de bois de peser
145291 oo dinars en un jour. Tout cela vient de l'immensité des richesses de la popu-
14530lation de Mi~r, de l'importance de leurs affaires et de l'étendue de leur prospérité.
14531336.
14532Al Foustâ~ était, a peu pres, le tiers de Baghdâd, et avait une étendue d'un
14533(tl On a nt, en effet (texte arabe, t. 1, p. 2 g5, 1. 1 9), que le bois était soumis à la réqu isit.ion.
14534(
145352
14536! Ce curieux récit d'Ibn Yoûnous a été reproduit jusqu'ici par Ali bey Bahrrhal dans le Bulletin de
14537l' lnstilut égyptien ( 4• série, n' 1, année 1 go 1, p. I5 3- 1 57), au cours d'un très intéressant article
14538suP les forêts en Égypte.
14539,
14540l
145413l ~ ~
14542Lo ~~ ~
14543~.>-• liLL. : ~un marché lui donne en impôt ce par quoi il est achalande.,,
14544C'est un axiome d'économie politique dont je ne rrarantis par l'absolue justesse.
14545(:l) ~~ii cvoW, litt.: ~son tumulte s'élèverai[,.
14546MAKnizi.
14547271
14548f
14549(Il au comble de la prospérité de la richesse, du bien-être et de la joie.
14550arasang·e ,
14551'
14552.
14553Les maisons de ses habitants avaient cinq étages (2) et même SIX et sept. Souve~t
14554habitaient clans une seule maison jusqu'a deux cents personnes. I:à se trouvmt
14555Df
14556'Abd al 'Azîz ibn Marwân ou l'on versait, à l'usage de ses habitants, quatre
14557clr
14558., .. cl
14559d
14560b •
14561t
14562cents outres d'eau chaque jour(3l; elle comprenait cinq maSCJL s, es mns e
14563mbre de fours où l'on I)étrissait le pain de ses habitants.
14564no
14565• A
14566•
145671 "r (
14568• . d
14569l' • ) (4) '
14570Aboù Daoùd dit dans le Kttab as sounan, uJ.--11 ~..;JI.I-J
14571Lwre es trcu thons
14572'
14573J' ·
14574·e'
14575a' ~1isr un concombre,
14576~L,t, de 1 3 empans; j'ai vu un citron
14577cc at mesur ,
14578n . ,
14579-
14580'
14581( h
14582') sur un chameau; il était cou1)é en deux pieces qui étaient devenues
14583c arge
14584.
14585(üJ d
14586semblables à deux 'adls (51. C'est ce que rapporte, au chapitre de la ~ada~at
14587es
14588grains , l'auteur du Livre de la zahât, ~~&JI ~W'.
14589. .
14590.
14591. . , ,
14592J'ajoute qu'on rapporte que cela se ~rouvmt dm~~ l~ J~rdm de;s Banou.SI?an ,~l
14593Basrî, en dehors de madînat al Fous\at, et que cetmt' l tel quon ne,vll ~a~ms
14594chose de plus admirable. 9uand l'émir des cr~ya~lts '~bd ~Bah al Ma~o~u~ tbn
14595Haroùn ar Rachid vint en Egypte, en l'an 2 1 7, tl vrt ce .1~rchn de_s Ba.nou ?ma.n ~t
14596s'en émerveilla. Il demanda à Ibrâhim ibn Sinân, combten son .1anhn lm c?utmt
14597d'impôt et il lui apprit qu'il portait an dîwân c~aq~1e année 2o,o?o dmars.
14598Al Mârnoûn lui dit alors: ï~Combien te rapporte ce Jardm?-Je ne pms le calcu-
14599(( ler· toutefois cela ne dépasse pas 1oo,ooo dinars; je te l'aflirme, pas même
14600(\ d 'u~ dirhem., Cet Ibrâhîm avait un fils appelé Ab mad ibn lbrâbîm ibn Sinân,
14601modèle ~le science et de piété. Dieu, qu'il soit exalté! est le plus savant l
14602DES
14603TRADITIONS TRANSMISES SUR LA RUINE DE L'ÉGYPTE.
14604~âsim ibn A~bâgh a donné cette tradition d'a pres Kacb al Al)bâr·: ct I~ (le ~ro­
14605~~ ph ete) a dit: ct Al Djazîrat (1~ Mésopotamie) sera inde~ ne _de la,~ume J~squ a la
14606(': ruine de l'Arménie, Mi~r (I'Egypte) indemne de la rtune Jusqu a la ru me de la
14607{IJ Environ 6 kilomètres. Cf. Sauvaire (.Journal asiatique, VIII• série, L VIII, P· 52 4 ).
14608(2) C'est ce que dit aussi Nassiri Khosrau qui voyageait en Égypte en 43g (1o4G). CL -ScnEFER,
14609Sejer ndmeh, p. 146.
14610l3J Cf. plus haut (texte arabe, p. 3 3 1, l. 11).
14611,
14612(4) Sur ce li ne el son auteur ( 2 o 2-2 7 5 de l'Hégire), voir BnocKELMANN, A mb. L1tlemtw·, L l,.p. 1 61.
14613l5l Les deux 'adls sont les deux demi-charges réparties des deux côtés du chameau el qm se fonl
14614équilibre.
14615(s) Sur la sadakat et la zakât, cf. plus haut, p. 75, note t.
14616.
14617(7J JI est difficiÏe de dire quel est le sujet de ce vel'ue : le citron? le jardin? la ville? Je crois
14618qu'il s'agit de cette dernière et qu'il faut traduire: .::...ilS_, ~alot·s qu'elle étaih.
p. 145
14619272
14620P. CASANOVA.
14621ii Mésopotamie, Koûfat indemne de la ruine jusqu'a ce qu'arrive la malbamat(l)
14622ct et le DacUrij{î[('1J n'apparaîtra qu'apres la conquête de Constantinople."
14623'
14624D'après Wahb ibn Mounabbih, il a cl it : ii La Mésopotamie sera indemne de la
14625ruine j usqu,'a la ruit~e de l'Arménie, l'Arménie indemne de la ruine jusqu'à la
14626ruine de l'Egypte, l'Egypte indemne de la ruine jusqu'à la ruine de Koûfat; la
14627grande malbamat n'arr·ivera que quand Koûfat sera ruinée, et, qua~d arrivera
14628la gTancle malhamat, Constantinople sera conquise par un homme des Banoù
14629l:lâchim (famille du Prophète). La ruine de l'Andalousie (viendra) du côté des
14630Zandj; la ruine de l'Hrî~iat du côté de l'Andalousie; la ruine de l'Égypte de l'inter-
14631ruption du Nil et des séditions militaires qui y éclateront; la ruine de l'Irâk de la
14632(tl Les premiers Musulmans, comme les premiers Chrétiens, ont vécu dans l'attente de la fin du
14633monde qu'ils croyaient fol't prochaine. On a vu pl_us haut (texte arabe, t. 1, p. 258) un échantillon des
14634discussions soulevées par celte question. Ici la mall)amat indique évidemment la deslmction des
14635diverses parties de la terre avant le jour de la Résunec!.ion. lbr1 Dàyat copié par notre auteur (texte
14636arabe, t. 1, p. 3 t4, l. 2 2) emploie le pluriel du mème mot dans un autre sens que nous explique
14637Ibn Khaldoûn dans ses Prolégomlmes et dont, au premier abord, on ne s'explique pas la corrélation
14638avec celui qui découle de notre texte. D'après ce derniet·, les mall)amats, e~l, sont les prédictions
14639politiques, et il les mel au même rang que le Djajr où, au dire des Chi'ites, 'Ail ou Dja'far son
14640descendant a consigné le récit des événements qui doivent se produire jusqu'à la fin du monde. On
14641peut y joindr·e la Djâmi'at qui était le complément du Djajr, comme le dit Hadji Khalfa (éd. Flügel,
14642t. II, p. 6o4 ). C'est bien ainsi que ce mot doit être compris dans le passage d'Ibn Dàyat : c'est pat·
14643des spéculations du même genre que le devin, t""~l ~L..:,, a vu d'avance qu'A~mad ibn 'foûloûn
14644aurait telle prestance, telle physionomie, etc. On peut en conclure que l'objet des mall)anulls a dû être,
14645tout d'abord, l'étude des événements précédant la mal~amat et, je le répète, telle fut la préoccupa-
14646tion des premiers Musulmans. lhn Yoûnous cité par ~ouyoû p ( fjousn al mou(tâqarat, t. 1, p. t63) en nous
14647apprenant que Yazld ibn Aboû ~lablb , qui mourut en 1 2 8, fut le premier qui s'occupa de vraie
14648science en Égypte, ajoute qu'avant lui on ne s'occupait que du targhlb et des mall~wmats, 0"1 Jli,
14649u.,S~ ~l) ~~ ~' r);Jl, J)AJ,t .; ~l-ll, F
14650~JI~~ ~ J,l yr,, ~
14651.}4>1 ~
14652ut) uw-ï7-!
14653t""~l, ~ri.;. Le moL: tm·ghib, ~_;;,employé ici par Ibn Yoûnous, doit avoir un sens ana-
14654logue ù celui des malbamats mais que je ne puis discute!' ici pour ne pas allonger cette note.
14655Sur ce sujet curieux, cf. Ibn Khaldoûn dans SILVESTRE DE SAcY, Chrestomathie arabe, 2' édition,
14656l. II, p. 298, note 33), dans l'édition des Prolégomènes de Quatremère (t. II, p. 177) et la tt·ad.uc-
14657tion française de de -Slane (t. H, p. 2o5 et seq.). On y trouvera quelques - unes des traditions
14658rapportées plus haut par notre auteut· sur la durée du monde.
14659La tradition de Ka'b al Al.1bàr que rapporte ici Mat<.rlzî a déjà été donnée par lui (texte arabe , 1. I,
14660p. 3o, l. 36; cf. ibid., p. 25, 1. 23).
14661(2l J~.)JI «l'imposteur", est le nom donné ù l'Antéchrist par les Musulmans qui ont, sut· la fin
14662du monde, des traditions presque identiques à celles des premiers Chrétiens. Cf. le Livre de la Créa-
14663tion et de l'Histoire d' Aboû-Zéïd Ahmed ben Sa hl el-Balkhî, publié et traduit par M. Clément Huart
14664(t. Il, p. t45-2olt; l<'l"-rfl). Il n'y est pas parlé de la mall)amat mais des révoltes et des malheurs
14665ù la fin des temps, ul.o)l ~~ .; <}!_,.Cl, ~~, elles traditions n'ont aucun rapport avec celles que
14666donne notre auteur.
14667MAKRÎZi.
14668273
14669famine et du glaive; la ruine des gens de Koûfat d'un ennemi qui viendra sur leurs
14670derrières et les tiendra en échec, ~
14671yi:S::, si bien qu'ils ne pourront boire (de
14672l'eau) de l'Euphrate une seule goutte; la ruine d'al Ba~rat ( Bassorat) du côté de
14673l'Irâk (1); la ruine (des gens) d'Obollah, d'un ennemi qui les tiendra en échec tantôt
14674par mer et tantôt par terre; la ruine d'ar Rayyi du côté cl u Daïlam; la ruine du
146751. 20.
14676Khourâsân du côté du Tibet, ~
146771; la ruine du Tibet elu côté de la Chine; la
14678ruine de la Chine du côté de l'Inde, la .ruine du Yémen par les sauterelles,~~,
14679et la tyrannie, ul..b.lw....ll; la ruine de la Mecque du coté de l'Abyssinie; la ruine
14680de Médine par la faim." Et d'après une tradition (autre) : ~r La ruine de l'Arménie
14681par des secousses et des orages; la ruine de l'Andalousie et la ruine de la Méso-
14682potamie pat' les sabots des chevaux et les séditions militaires".
14683D'après 'Abd Allah ibn a~ ~âmit, il a dit: ceLes deux rég·ions qui seront le plus
14684tôt ruinées sont al Ba~rat et l'Égypte"· Comme on lui elisait : ti Qu'est-ce qui
14685les ruinera, puisqu'il s'y trouve ce qu'il y a de meilleur en hommes et en
14686richesses?" il dit : ii Ce qui les ruinera est le combat rouge, _r~l j.A.iÜ 1, et la
14687fa!·m sèche, p~l if-· Je vois B.assorat comme un dé_sert in~nit~é(
146882
14689J. Quant,à
14690i'Egypte, son Nd tanra .,, ou ( smvant un autre texte) tl aurait dü : cc se desse-
14691chera , et cela sera sa ruine ".
14692,
14693D'après al Aoùzâ'î : ''Quand les gens des drapeaux jaunes entreront en Egypte,
14694les habitants de Syrie se creuseront des chemins, ~!.,-1, sous terre''·
14695D'après Kacb: ii L'apparition du mahdi sera signalée par des drapeaux qui arri-
14696veront du côté du Maghrib; à leur tête (sera) un homme (de la tribu) de Kindat,
14697borgne; quand les gens du Maghrib apparaîtront en Égypte, alors le ventre de la
14698terre sera meilleur (que sa face) pour les Syriens".
14699D'après Soufîân ath Thoùrî, il a elit : cc Des chameaux (3) apparaîtront du côté
14700des Berbers et alors malheur aux Égyptiens!"·
14701Ibn Lahî'at a dit, cl'apres Aboù' 1 Aswacl, ce mot d'un affranchi de Chourabbil
14702ibn I:lasanat ou de 'Amrou ibn al 'Â~i : ide l'ai entendu elire un jour, en notre
14703présence : ii Prends garde, Ég·ypte, quand tu seras frappée des quatre arcs : l'arc
147041. 3o.
14705C\ d'Andalousie, l'arc d'Abyssinie, l'at·c des Turcs, l'arc des Roùm. ,,
14706(I l (;~1; le manuscrit q36 dit: (;y*JI (da submersion" .
14707(2l 41.:.... ~W 4f;l5" ~~
14708Jt5, lill. : "(je suis) comme si j'étais à Bassorah, comme si elle était
14709un désert inanimé"·
14710(3l Le mot: &.f désigne , d'après Kazimirski (de pas rapide et large du chameau ou du cheval,
14711lorsqu'il allonge en même temps le cou"· C'est donc ici une image vive et piltOl'esque repré-
14712sentant l'arrivée des chameaux (plutôt que les chevaux) sur lesquels seront mon lés les Berbers .
14713envahisseurs.
14714llfémoi,·es' (. ne
1471535
p. 146
14716P. 33:;.
1471727h
14718P. CASANOVA.
14719K
14720. âsim ibn A~bagh a dit : ~J'ai reçu d'Abmad ibn Zouhaïr qui la rece
14721't(IJ d
14722fi
14723..
14724'b
147251\,r c
14726• f
14727.
14728Vat
14729e
14730aroun I · n ma rou , qm la recevait de Dam rat d'apres ach r.h ··b• •
14731. .
14732' ,
14733.
14734•
14735'
14736u ai am' cette tra-
14737dttwn : ~ L Egyple pénra de submersion ou d'incendie"·
14738D'apres <Abd Allah ibn Maghlâ, il aurait dit a sa fille · ~Quand tu a
14739d
14740,·
14741,
14742.
14743.
14744.
14745.
14746.
14747· ·
14748ppren ras
14749la pitse d Alexandrie, SI ton v mie, ~, l:t, est en OcclClent ne le prends
14750·
14751.
14752.
14753, .
14754..;
14755'
14756pas Jusqu· à
14757ce que Lu mes attemt l Onent (2! "·
14758•
14759Mou~âtil ibn J:layyân a rapporté d'apres <Ikrimat d'apres Ibn <Abb'
14760·
14761·•
147621
14763(JJ
14764,.
14765.
14766.
14767.
14768·
14769'
14770as .jusqu a
14771a source , qu Il a dit : ~ Dwu a fait descendre du Paradis sur la te
14772·
14773,
14774•
14775.
14776'
14777rre, cmq
14778fleuves: le Sil.w.un qm est le fleuve de l'Inde, le Djihoûn qui est le fleuve de Balkh
14779(Bacll·es ),' le Tigre et l'Euphrate qui sont les fleuves de l'Irâk, et le Nil qui est le
14780llen.ve .d'Egypte. Dieu, qu'il soit ex~lté! les a ~ait descendre d'une source unique
14781( qm est une) des ~ources d~ P~radis, de celm des degrés du Paradis qui est le
14782plus bas, sur les mies de DJibnl, sur lui soit le salut!
14783~(Il les a confiés aux montagnes et les a répandus sur la terre et a mis en e .
147841 'l ,
14785ux.
14786es e ements utiles aux hommes pour toutes les choses propres à leur exi'st
14787T Il
14788.
14789.
14790ence.
14791e e est Sa parole subhme : ~Et nous avons fait descendre du ciel de l'eau
14792,
147931, ..
14794(
14795.
14796,
14797, par
14798~:( eciSl?~ spécmle) et nous l'avons logée dans la terreU1J,. Lorsque, lors de
14799J apparthon de Gog et Magog, Dieu, qu'il soit exalté! délégua Djibrîl qui ramena
14800de .la terre le Coran tout entier, la science tout entière, la pierre du coin de la
14801Ma~ son (le tem pie ~~e la Mecque), le ma~âm Ibrâhîm, le tabernacle, o _y.l;, de
14802Motse et tout ce qu Il contenait et ces cinq fieu ves. Il ramena donc tout cela vers
14803le ciel. Telle est Sa parole : rr Et le retirer, oui nous le pouvons (5J "· Quand tout
14804cela eut été ramené de la terre, les peuples pleurèrent la disparition des trésor~
14805temporels et spirituels.,
14806. Ibn Lahrat rapporte, d'après <Ou~bat ibn <Âmir al ljagramî, d'après I.Jayyân
14807I~~ al A cya~, d'apre.s <~bd Allah ibn <Am rou, qu'il a dit : ~La première région de
14808l Eg'Ypte qm sera rumee sera la Pentapole "·
14809. Al Laïlh ibn Sa cd rapporte, d'après Yazîd ibn Aboû J:Iabîb, d'après Sâlim
148101~n ~bo1\ Sâlim, d'après <Abd Alla~ ibn <Am rou, qu'il a dit : rr Moi, je sais
14811l annee ou vous serez expulsés de I'Egypte.- Qui nous en expulsera, o Aboû
14812(J) w, abréviation très usitée de: w~.
14813(
148142
14815) C'est-à-dire, je crois : ~fuis précipitamment d'Occident en Orient, sans même prendre le temps
14816de mettre ton Yoile (précaution essentielle chez une musulmane)"·
14817(J) ~p!o litt. : ~ille fai l rem on ter,; c'est-à-dire, donne toute la liste des autorités, en remon-
14818tant jusqu'à la source.
14819(!•J Coran, XXHI, 1 8.
14820(5J C'est le complément du Yerset ci té.
14821MAKRÎZÎ.
14822275
14823Moubammad (sic)? est-ce un ennemi?- Non, mais c'est votre Nil que voila qui
14824vous en expulsera; il se tarira et il n'en restera plus une goutte, si bien qu'il y
14825aura la des amas de sable et les lions de la terre dévoreront ses poissons.~
14826DE LA RUINE D'AL FOUSTÂT.
14827. .
14828La ruine d'al Foustâ~ a eu deux causes: l'une est la grande calamité, a~!
14829~~, qui eut lieu sous le khalifat d'al Moustan~ir billah Je Fâtimide; la
14830seconde l'incendie de Mi~r sous le vizirat de Chawar ibn Moudjîr as Sacdi.
14831LA GRANDE CALAMITÉ (Il.
14832,
14833L'origine en est la cherté des vivres qui se produisit en Egypte en l'année ltlt6
14834et l'épidémie qui suivit la disette. Le khalife al Moustan~ir billah Aboû Tamim
14835Macadd ibn agh l;>hâhir li iczâz din Allah Aboû'l f:lasan <Ali envoya demander au
14836souverain des Roûm a Constantinople ('2J qu'il expédiât des grains en Égypte;
14837celui-ci fit préparer ltoo,ooo ardebs qu'il se proposait d'expédier à Mi~r, mais, son
14838heure étant arrivée, il mourut avant de l'avoir fait.. Après lui régna une femme P)
14839qui écrivit à al Moustan~ir pour lui demander d'être son allié et de lui prêter
14840main-forte avec les armées d'Égypte contre quiconque l'attaquerait. Il se refusa
14841a la satisfaire dans son désir. Irritée de cela, elle s'opposa au départ des grains
14842pour l'Égypte. Exaspéré, al Moustan~ir leva une armée à la tête de laquelle était
14843Makîn ad daulat al I:lasan ibn Mal ham et qui marcha sur Ladha~îat (Latakieh),
14844et lui fit la guerre à cause de la rupture du traité et de l'empêchement mis
14845a l'arrivée des grains en Égypte. Il la renforça par de nombreuses armées et on
14846proclama dans toute la Syrie la mise en campagne, _,..J-"-'1. Ibn Malham campa
14847dans le voisinage de Fâmîat ( Apamée) et en assiégea étroitement les habitants.
14848Il parcourut la province d'Antioche, se livrant au rapt et au pillage. Le souverain de
14849Constantinople fit sortir sur mer quatre-vingts kiJa<at(
1485011
14851) avec lesquelles Ibn Mal ham
14852eut des engagements nombreux qui lui furent défavorables. Il fut fait pt·isonnier,
14853(Il Ce chapill·e a été mis à contribution par Quatremère dans son mémoil'e sul' la Vie de Mostanser
14854(.Mémoires sur l'ÉtJypte, t. Il, p. 296 et seq. ). .
14855'
14856(2) Constantin IX Monamaque, tob2-to5lJ.
14857(3) Théodora succéda à Constantin IX Mona maque mais ne régna que vingt ct un mois ( 3o no-
14858vembre to5b-22 août to56).
14859('•) Quatremère (loc. cit., p. 3t Ï) tmduit le mot : ~
14860par ~galères,. Cf. Dozv, Supplén!enl.
1486135.
148621. 1 o.
p. 147
14863276
14864P. CASANOVA.
14865lui ainsi qu'un grand nombre (de soldats) dans le mois de Rabr Jcr de cette an ,
14866nee.
14867Al Moustan~ir billah envoya, en l'année ltlt7, Aboû 'Abd Allah al -':(ougâ'î (IJ en
14868amb:ssade a.Con~tantin0.pl~. Il vint dans cette ~i~le un ambassadeur de Toghrul
14869beg·(") le seldJouhde del Ira~ avec une lettre enJOignant au souverain de Constan-
14870tinople de permettre à l'ambassadeur (de faire) la prière au djâmi' de Constanti-
14871nople (JJ. Ille lui permit; il y entra, fit la prière du vendredi et la khoutbat au nom
148721. 20.
14873du khalife (de Baghdâd) al ~âïm billah l'Abbâside. Le ~âdi al ~(oudrî.en fit infor-
14874mer al Moustan~ir, lequel ~n~oya a l'~glise ~(oumâ~at, de Jémsalem (des agents)
14875et fit confisquer tout ce qm s y trouvmt; or 1l y avait la des trésors considérables
14876~ppartenant au~ Chrétiens. D~puis c~tte époque, il y :ut inimitié entre les Égyp-
14877tt;ns et les .R~um, lesquel~ s emparerent ~le tout le bttoral ~e la Syrie .et assié-
14878gerent al ~(ahirat comme Il en sera parle en son temps, s Il plait à D1eu! (4J.
14879En cette année, la disette sévit et l'épidémie s'accrut à Mi~r, a al Kâhirat et
14880clans leurs dépendances jusqu'en l'~n lt 54. Puis surgit la grande ri volte qui
14881entraîna la ruine de tout le pays d'Egypte. Voici comment. Al Moustan~ir étant
14882sorti, comme il en avait l'habitude chaque année, en somptueuse cavalcade,
14883~1
14884~(
148855
14886J, avec les femmes et la foule (de ses serviteurs),~' vers le terri-
14887toire d'al Djoubb(
148886
14889J hors d'al ~(âhirat, un Turc tira son épée, étant ivre, contre
14890un des esclaves de la traite(7l. Alors un grand nombre des esclaves s'attroupèrent
14891(I l C'est l'écrivain Aboû 'Abd Allah al ~ouçlà'i qui mourut en 457 d'après notre auteur (texle
14892arabe, t. I, p. 5, l. 1) ou en 454 d'après Ibn Khallit(àn (traduction de Slane, t. II, p. 2 16 ).
14893Cf. BnocKEL~IANN, Arab. LittemiUI', l. 1, p. 243.
14894(2) j.J~, lire: ~yi:b conformément au manuscrit q36. C'est l'émir turcoman fondateur de la
14895dynastie des .Seldjoukides. cr. s. LANE PooLE' Mohammadan dynasties' P· 14g.
14896•
14897(o) SUI' celte mosquée, voir· Historiens des Croisades (Recueil de l'Académie des insC1'~Jtions et belles-
14898lettres,- Historiens {f'l'ecs, t. II, p. 55g-56o, note de la page 367)· Construite par Maslamat neveu
14899du khalife Mou 'aw1yat ibn Aboû Souflàn, elle fut incendiée sous Isaac Commène. ~alàl,l ad dln la
14900fit rétablir. Nieetas l'appelle : Mmx-rov.
14901(r,J Les tribulations subies par l'église du Saint-Sépulchre que les Arabes désignent sous le nom
14902de ~oumàmat, par dérisoire transformation de ~iàmat (Résurrection) furent, en effet, parmi les
14903causes du grand mouvement des Croisades; mais Malp·izî confond ici les Grecs de Constantinople
14904(les Roûm) avec les Croisés occidentaux.
14905,(ol Litt. : ~(monté) sur les animaux de race,,
14906(6l ~
14907~le puits" appelé aussi : ~
14908~' Djoubb 'Oumaïrat est à une petite distance au
14909nord du Cail'e, près de Marg actuel. Cf. notre auteur (texte arabe, t. 1, p. 48g, article :
14910~
14911~
14912et t. II, p. 1 6 3, article : [ld.t .!6_y. ). On y tl'ouve à peu près le même récit d'après Jhn
14913Mouyassar.
14914(7J 'rJI ~' lilt.: ~les esclaves du trafic,. Le terme de:~' pl.:~' désigne spéciale-
14915ment les esclaves noirs, qu'on recrutait par des achats dans le Soûdan, par opposition aux escla,·cs
14916blancs(.!.!~~' pl.: ..!).-:'!-l~) qu'on recrutait par les razzias militaires.
14917MAKRizt
14918277
14919contre lui et le tuèrent. Exaspérés de ce meurtre, les Turcs allèrent en masse
14920trouver al Moustan~ir et lui dirent: (\Si cela s'est fait avec lon assentiment, alors
14921(nous dirons) : obéissance .et soumission; si c'est s.ans l'a~sentiment du chef des
14922croyants, nous ne le souffnrons pas"· Al Moustan~1r se degagea de toute respon-
14923sabilité et réprouva ce qui s'était passé; alors les Turcs se concertèrent pour
14924combattre les esclaves. De violents engagements eurent lieu entre eux au voisi-
14925nage de Kôm Charîk (l), où périrent de nombreux esclaves et les survivants
14926s'enfuirent. Cela affecta beaucoup la mère d'al Moustan~ir, car c'était à cause
14927d'elle que les esclaves noirs étaient si nombreux à Mi~r. Cela provenait de ce
14928qu'étant une esclave noire, elle aimait à multiplier les gens de sa race et
14929en âchetait de toute provenance. On savait sa prédilection pour celte race et on
149301. 3o.
14931amenait de ces gens à Mi~r au point qu'il y avait alors à Mi~r, elit-on, plus de
14932cinquante mille esclaves noirs. Quand eut lieu la bataille de Korn Charîk, elle
14933renforça secrètement les esclaves d'argent et d'armes. La mère d'al Moustan~ir
14934avait gouverné la dynastie (comme régente) et avait contracté de la haine pour
14935les Turcs; elle avait poussé son maître Ahoû Sa'd at Toustarî (:2J a les exterminer.
14936Les esclaves étaient devenus tout puissants, si bien qu'un d'entre eux gouvernait
14937à sa fantaisie,.)~ k. ~. Cela déplut aux Turcs au point qu'il en advint
14938ce que nous avons raconté.
14939Or quelques-uns des Turcs surprirent une partie de l'argent et des armes
14940qu'envoyait aux. esclaves la mère d'al Moustan~ir pour les en renforcer après leur
14941défaite de Kôm Charîk. Alors ils se réunirent tous ensemble, entrèrent chez al
14942Moustan~ir et lui tinrent des propos violents. Al Moustan~ir leur jura qu'il n'en
14943avait aucune connaissance et alla trouver sa mère qui nia ce qu'elle avait fait. Les
14944Turcs sortirent; le glaive fut levé et la sédition éclata à nouveau. Ai Moustan~ir
14945charg·ea Aboû'l Faradj ibn al Maghrabî de négocier la paix. entre les deux. partis.
14946Ils firent la paix à contre-cœur, ~
14947~.s:.. Les esclaves se retirèrent à Chouhrà
14948Damanhoûr(3J.
14949. Ce fut le commencement de la décadence de l'Égypte. Les scorpions de l'ini-
14950mitié ramperent entre les deux. factions ju-squ'en l'année a5g. Le parti des Tm~c s
14951devint tout puissant : ils tyrannisèrent al Moustan~ir, leurs réclamations auprès
14952de lui s'accrment, ils lui demandèrent une augmentation de leurs soldes. La
14953P. 331i.
14954situation des esclaves devint pénible, leur gêne s'accentua et leur détresse s'accrut.
14955(I ) Kôm Charlk est une locali Lé située au nord-ouest du Della. Cf. BoHŒT, Dictionnaù·e géogmphil[ltc.
14956(21 Voir sm· ce personnage Quatremère (loc. cit., p. 2g6-3oo ), qui l'appelle Aboû.Saïd:
14957(S) Localité toujours connue sous ce nom, à une petite distance au nord du Call'e. Cf. BorNET,
14958Dictionnaù·e géogmphique, et notre Bulletin, t. 1, p. q 8.
p. 148
14959l. 1 o.
14960278
14961P. CASANOVA.
14962La fortune du sultan dimirtua et son autorité, ~l:;.., s'affaiblit. La mère d'al
14963Moustan~ir envoya aux ofiiciers des esclaves (ses ag·ents) pour les exciter contre les
14964Turcs. Ils s'attroupèrent à al Djîzat. Les Turcs sortit·ent à leur rencontt·e, ayant
14965pour chef Nâ~ir ad dîn (IJ J:louseïn ibn J:lamdân; de nombreux combats eurent lieu
14966ct, dans le dernier, les Turcs eUl'ent le dessus sur les esclaves et les firent fuir
14967vers les pays du ~a(îd. Ibn J:lamdân retourna au Caire, son autorité devint consi-
14968dérable, son cœur s'affermit, son orgueil s'accrut et il méprisa le khalife. La
14969nouvelle lui étant parvenue que les esclaves s'étaient rassemblés dans Jes pays
14970du Sa<îd au nombre d'environ quinze mille cavaliers, il s'emporta et envoya les
14971chefs des Turcs vers al Moustan~ir. Celui-ci nia qu'il y eût un rassemblement
14972des esclaves; l'entretien fut violent, et ils le quittèrent nullement satisfait d'eux.
14973Cependant la mère d'al Moustan~ir envoya donner l'ordre à ceux des esclaves
14974<piÏ étaient à sa cour, \.e.J~, de tomber à l'improviste sur les Turcs. Ils les
14975assaillirent et en tuèrent un grand nombre. Ibn l:lamdân s'empressa de sortir aux
14976environs d'al ~âhirat où les Tm·cs le rejoignirent. Les esclaves qui habitaient al
14977~âhirat et Mi~r s'avancèrent contl'e eux et leur livrèrent bataille pendant plu-
14978sieurs jours. Ibn I:Jamdân jura de ne pas descendre de cheval que la question ne
14979fût tranchée ou pour ou contre lui. Les deux partis redoublèrent d'effot·ts dans
14980le combat; les Turcs l'emportèrent sur les esclaves et, par masses, les tuèrent et
14981les firent prisonniers. Ils retournèt·ent à al ~âhirat. Ibn l:lamdân poursuivit ceux
14982d'entre eux (qui étaient) dans le pays et en extermina la plupart.
14983Cependant les esclaves se maintenaient dans les pays du ~a<îd, et il y en avait
14984également une troupe considérable à Alexandrie. lbn J:Iamdân alla vers Alex-
14985andrie et les y assiégea un temps; enfin, ils demandèrent l'amân; il les fit sortir
14986et il installa dans la ville un gouverneur à sa dévotion. Toute celte année se
14987passa dans la guerre faite aux esclaves. Quand commença l'année u6o, les Turcs
14988avaient mis en lambeaux la loi, (J"" yU, d'al Moustan~ir, le dédaignaient et mépri-
14989saient son autorité. Leur traitement atteignit chaque mois ft o o, o o o dinars, alors
14990qu'auparavant il était de 28,ooo dinars, et il ne restait plus d'argent dans les
14991khizânats(2l. Ils envoyèrent lui réclamer de l'argent. Il s'excusa protestant de son
14992impuissance à les satisfaire. Ils n'acceptèrent pas ses excuses et lui dirent: ~Vends
14993(Il (:):!.)JI r:'l.;. Il faut lire : .i!,.)JI_rcl.; : Nà~ir ad daulal conformément au manuscrit t 736 et
14994au texte des autres hislot·iens.
14995(2l Sur ces khizânats, .L~ (pl. : ~~) noire auteur nous donnera plus .tard des ~ét~ils
14996circonstanciés (texte arabe, t. 1, p. ûo8-4lt5 ). Ce mot a le sens de !tCahinet, ptèce affectee a 1~
14997conservation de tels et tels objets,. De la même racine : 0y.. dérive le mot: ~..;.~j't (makhzin) qut
14998est passé dans la langue espagnole ( almacen) et dans la nôtre (magasin).
14999MAKRÎZ!.
15000279
15001tes trésors.,. Ne trouvant point d'échappatoire, il fit sortit· tout ce qu'il y avai~ de
15002trésors dans le ~a~r. Ce qu'il fit sortir pour eux, ils l'évaluèrent à la plus fatble
15003valeur et au plus bas prix, le prenant au titre de leurs soldes.
15004Ibn J:Iamdân partit en campagne, marcha vers le S~(îd pour com~attre les
15005esclaves dont la méchanceté s'était accrue, dont la malfatsance et le brtgandage
15006s'étaient àug·mentés. Il les rencontra et les attaqua à diverses reprises. L~s ~ures
15007furent défaits par eux, puis revinrent à la charge; enfin le~ esclaves' leur hvret:ent
15008un assaut furieux qui les fit fuir jusqu'à al Djîzat. Alors tls exercè'rent les ptres
15009violences à l'égard d'al Moustan~ir et l'accusèrent de favoriser en secret les
15010esclaves et de les fortifier; il le nia sur la: foi du serment. Ils s'occupèrent de
15011rétablir leurs affaires et de rallier leurs troupes débandées, puis ils partirent
15012I. ~o.
15013combattre les esclaves, et ils ne cessèrent de pousser énergiquement le combat
15014jusqu'à ce que les esclaves eussent subi une honteus~ défaite. U~ grand nomh~e
15015d'entre eux furent tués; le reste s'enfuit, et leur factwn fut abohe, leur pouv01r
15016disparut.
15017.
15018Ibn Hamdân, de retour, jeta le masque de la pudeur, maltralla ouvertement
15019le khalife et s'arroR'ea la souveraineté des pays.
15020J
15021•
15022•
15023Quand l'année 3 61 s'ouvrit, Ibn I:Jamdân s'était arrogé le pouvoir, tyranmsant
15024al Moustan~ir(ll. Son élévation pesa aux. Turcs qui, débarrassés des esclaves, se
15025tournaient vers lui. Il s'était arrogé les affaires à leur exclusion et s'était attribué
15026les richesses à leur détriment. La mésintelligence éclata entre lui et eux. Ils se
15027plaignirent de lui au vizir Kha~îr al Moulk qui les excita contre lui, rejeta sur eux la
15028faute de sa toute puissance et leur conseilla la révolte contre lui. Ils allèrent trou-
15029ver al Moustan~ir et s'entendirent avec lui à ce sujet. Il envoya alors à Ibn l:famdân
15030l'ordre de sortir de Mi~r, avec menaces en cas de refus. Il ne put refuser à caus.e
15031de l'inimitié des Turcs à son égard et de leur ralliement à al Moustan~ir. Il part~t
15032donc vers al Djîzat, et la population pilla ses maisons et les maisons de ses servi-
15033teurs. Mais, à l'ombre de la nuit, il revint subrepticement d'al Djîzat dans la
15034maison du ~âïd Tâdj al Mouloi'1k Châdî, se jeta à ses pieds qu'iltint em.hrassés,
15035lui demandant protection contre adh Dhikr et le vizir al Kha~îr, car ils étmenl t~us
15036deux les fauteurs de la conspiration. Il répondit favorablement à cette req~ete
15037et lui promit de tuer les deux. personnages en ques~ion. Ibn ~Ia~dânle qmlta.
15038Au matin, Châdî monta à cheval a la tète de ses partisans et se mit en route pour
15039(Il~
15040G4:· Le manuscrit q36 porte: r:-ï• ... tl .,.;l=t ffet al Moustan~ir le r~doulail,.
15041Le verbe:~ à la III• forme (participe: ';;'4:) a le même sens qu'à la I••: dyranmser, !ratier dme-
15042menh. Cf. Dozv, Supplément.
p. 149
15043280
15044P . . CASANOVA.
150451. :3o.
15046Beïn al ~a~i·cïn (il a aq(ahirat. A l'arrivée du vîzir al Khatîe avec son corte ge, Châdî
15047s'élança sur lui a l'improviste et le tua. Quant à adh Dhikr, il s'enfuit au ~a$r et
15048se réfugia aupres cl'allVIoustan$ir. Mais déjà arrivait avec la plus grande prompti-
15049tude Ibn l:Iamdân, prêt à l'attaque, a la tête des siens. Al Moustan$ir monta à
15050cheval, clans l'appréhension de l'attaque; les soldats et la population se groupè-
15051rent autour de lui et il se trouva a la tête d'une foule innombrable. Les champions
15052vinrent sur l'arene, et il y eut entre le khalife et Ibn I:Tamdân des engagements
15053qui aboutirent a la défaite d'Ibn l:Iamdân dont beaucoup de partisans furent
15054tués. A la tête d'une (petite) troupe, il alla dans al Boul.wïrat et il se jeta aux pieds
15055des Banoû Sîs dont il épousa une des filles.
15056Cependant la situation empirait a al ~{âhirat et à Mi~r par l'intense renchérisse-
15057ment et la pénurie des vi v res, les provinces étant ravagées par d'incessants pillages
15058et le beig·anclage. La popu)ation en vint à se nourrir de cadavres et de morts. Les
15059malfaiteurs se postaient sur les routes, tuaient ceux sur qui ils mettaient la main
15060clans les rues de Mi~r. Durant ces guerres et séditions, il périt des gens de Mi$r
15061une quantité qu'on ne saurait évaluer. Cela dura jusqu'à l'entrée de l'année 463.
15062Alors al Moustan$ir organisa son armée pour combattre Ibn l:Iamclân clans al Bou-
15063haïrai; elle marcha clone contre lui. Mais elle ne réussit pas dans son attaque contre
15064lui. Ibn I:Jamdân la détruisit toute, Ht main basse sur tout ce qu'elle avait avec
15065elle d'armes, chevaux et argent. Il en fut fortifié, intercepta les approvisionnements
15066du pays , pilla la majeure partie du Delta, ~fil ~_,JI, où il fit cesser la
15067khoutbat au nom d'al Moustan~ir, et fit proclamer le khalife al ~aïm biamr Allah
15068l'abbasside a Alexandrie' a Damiette et dans la plus gTancle partie' M~' elu Delta.
15069La famine redoubla et la mortalité s'accrut à al ~{âhirat et a Mi~r au point que, si
150701'. 337.
15071quelque habitant d'une maison mourait, il ne s'écoulait pas un jour et une nuit que
15072tous dans cette maison étaient morts, et il ne se trou v ait plus personne pour
15073l'occuper. Les soldats étendirent leurs mains pour le pillage. La position devenant
15074intenable au dernier point, tous ceux qui avaient quelque moyen cherchèrent le
15075salut de leurs personnes hors d'Égypte et partirent en Syrie et dans l'lrâk.
15076On fit sortir des k hizânats elu ~a$t' (des richesses) qui dépassent tou te description.
15077Il en est donné un aperçu dans l'histoire d'al ~âhirat au chapitre des khizânals
15078du ~a$r(
150792
15080l.
15081Cependant les soldats furent contraints par la famine qui sévissait chez eux <'t
15082(1 ) (,:)':!yaiJI ~~~"<entre les deux palais,. C'était une grande place entre les deux palais des khalifes.
15083Il en sera souvent parlé. Cf. l'étude de M. Ravaisse (Mém. de la Mission arch. française, t. 1, P· 438
15084et planche II).
15085(2) Texte arabe, t. 1, p. 4o8-465; cf. QuATRE~IÈRE, Vie de Mostanser, loc. cit., p. 366-388.
15086MAKRÎZÎ.
15087281
15088offrir la paix à Ibn I:Iamclân sous la condition qu'il reprendrait son poste, qu'on
15089lui remettrait une somme fixée, et que Châclî serait son lieutenant a al ~âhirat.
15090Il accepta, envoya des g-rains à al ~âhirat et a Mi$r, et la famine qui affiigeait la
15091population diminua un peu. Mais cela ne dura qu'un mois environ. La révolte éclata
15092contre lui. Il partit donc d'al Boubaïrat vers Mi~r qu'il assiégea et mit a sac,
15093brûlant de nombreuses maisons dans (le quartier cl') as sâbil (ll, puis il revint
15094dans al Boubaïrat.
15095A l'entrée de l'année 46 4, telle était la situation. Châdî s'étant arrogé le pouvoir
15096politique, il y eut mésintelligence entre, lui et Ibn l:lamdân, et il l'empêcha de
15097recevoir la somme qui lui a v ait été fixée, lui faisant force chicanes et ne lui en
15098faisant parvenir qu'une infime partie. Irrité de cela, Ibn ~lamdân réunit les Arabes
15099et marcha vers al Djîzat; il abusa Châclî au point que, celui-ci étant allé le trou.-
15100ver une nuit avec un grand nombre de notables, il s'empara de lui et d'eux. Il
151011. 10.
15102lâcha ses partisans qui piilerent Mi~r et y mirent le feu. L'armée d'al Moustan~ir
15103sortit d'al Kâhirat contre eux et les mit en fuite. Alors il retourna vers al Boubaïrat
15104et envoya un ambassadeur à al ~âïm biamr Allah à Baghdâcl pour (convenir de)
15105l'établissement de la khoutbat en son nom. Il lui demanda les robes d'investiture,
15106~' et les diplômes, ~)L:w.Jl. L'autorité d'al Moustan~ir s'évanouit et son
15107nom disparut. La disette sévit avec une telle acuité qu'on en mourait. Ibn l:Iamdân
15108marcha sur le pays, et nul n'avait plus assez de force pour l'arrêter. Il s'empara
15109d'al ~âhirat et tint al Moustan~ir strictement enfermé dans le ~a~r. Il lui envoya un
15110ambassadeur pour lui réclamer de l'argent. L'ambassadeur le trouva dépourvu
15111de tout ce que comporte la majesté du khalifat, au point qu'il était assis sur une
15112natte et qu'il n'était resté avec lui que trois serviteurs. Il reç.ut la missive d'Ibn
15113I:Iamdân et il dit a l'envoyé : r~ Ne suffit-il pas a Nâ~ir ad daulat'2l que je sois assis
15114dans une chambre, ~'comme celle-ci, et de la manière que voici?,. L'envoyé
15115pleura, ému de pitié pour lui, retourna vers Ibn ijamdân et lui conta ce qu'il
15116avait vu de l'abaissement d'al Moustan~ir et de son état misérable. Alo.rs il cessa
15117de le tourmenter et lui assigna un revenu mensuel de 1 o o dinars. Son pou voit·
15118s'étendit, et il régna en maître. ll porta le mépris d'al Moustan~ir à un degt'é(3l
15119excessif. Il se saisit de la personne de sa mère qu'il fit châtier cruellement, dont
15120il confisqua la fortune et dont il s'appropria force beins. Alors al Moustan~ir fut
15121abandonné de tous ses proches et enfants par suite de la famine. Les uns par-
15122tirent pour le Maghrib, d'auh·es pour la Syrie et i'Irâk.
15123(l ) J:...WI rrle rivage,. Sut· ce quartier, voir le chapilee spécial (texte arabe, t. 1, p. 363).
15124l2l Ici le texte porte correctement : Jû_,.)J! ~Li.
15125(s) Ml~, fau le d'impeession pour : ll!~.
15126Mémoires, t. lll.
1512736
p. 150
151281. 20.
15129282
15130P. CASANOVA.
15131Le chérif Moul_Iammad ibn As<ad al Djawwânî le généalogiste a dit, dans le
15132Kitâb al noukat : ((Une disette intense se déclara sous le khalifat d'al.Moustansir
15133hiJlah e~ l'an 457 et dura jusqu'à l'année 464. Une épidémie intense se répandit
15134av~c la disette etcel_a dura sep tans:!)· Le Nil contin.uait a s'étendre (suri a campagne)
15135et a descendre; mms on ne trouvait personne qm ensemençât. La peur des soldats
15136et le briga~dage des esclaves régnaient pal'tout. Les chemins étaient interceptés
15137(par les hrigands) sur terre et sur eau, a moins d'une escorte importante et
15138avec force risques (
151392J, et on passait rapidement cherchant a se devancer les uns
15140les autres (JJ. La famine s'établit par le manque des vivres, et les choses en vinrent
15141au point que la galette de pain du poids d'un ratl se vendait dans le zoukâk al
15142kanâdîl (
151434
15144J, à la criée, comme se vendent les raretés, uyh.Jl, pour 1 4 dirhe~1
15145s·, et
15146l'ardeb de blé se vendait 8o dinars. Puis cette denrée manquant, on mangea les
15147chiens et les chats; enfin la situation devint si atroce que les hommes se mangerent
15148les uns les autres. Il y avait à Mi~r des hancles de malfaiteurs qui habitaient clans
15149des maisons aux terrasses tres basses, tres rapprochées de ceux qui allaient dans les
15150chemins et circulaient. Ayant préparé des cordes de fibres,~, et des crochets,
15151des que quelqu'un passait auprès d'eux, ils l'enlevaient au. moment le plus pro-
15152pice, le frappaient à coups de hâtons, ~~~~, dépeçaient sa chair et la
15153mangeaient (5J."
15154Il dit. ((Une des femmes les plus honorahles m'a raconté ceci : ((Nous avions
15155(( pour voisine une femme qui nous montra ses cuisses où il y avait comme une
15156ir tranchée ,~L.r. Nous la questionnâmes et elle nous dit: Je suis une des m"ctùnes
15157ii de la 'Voracité des gens lors de la Calamité. Un homme me saùit. J'étazs forte et grasse.
15158(l ) Il ,n'est pas sans inlérèt de remarquer· que nous avons d'autres exemples d'une famine de sept
15159ans en Egypte: d'abord, le plus célèbre, celui que nous donne la Bible dans l'histoire de Joseph ,
15160puis celui de la stèle de Souheïl (ou Séhêl) que Brugsch nous a fait connailrc sous le titre: Die bibliscltell
15161siel-en lahre der Hungersnoth nach dem Wm·tlaut einer altiigyptischen Felsen-Inschrift.
15162(
151632
15164) ~~ ":-';s) (:_A· Au lieu de: ~1, le manuscrit q36 a: ":-'y.a.ll. II faudrait alors traduire ~avec
15165(c'est-à-dire, composée de) la cavalerie des Arabes,.
15166(
151673
15168) ~
15169~ ~
15170U~)lll J.r_,. Sur le sens de : ~
15171~passer en hâte,, voir Dozv, Supplément. Le
15172manuscr·it 173 6 au lieu de : ~j por·te : ~_;J.- Je suppose qu'il faut entendre que l'on redoutait
15173de rester en arrière et qu'on se disputait le chemin pour arriver plus vite.
15174(o ) Sur celte rue, la plus aristocratique de Mi~r ella plus célèbre, voir plus loin (texte arabe, t. Il,
15175p. to); cf. Ibn Dou~mi\~ , passim, Yà~oût à l'article: (;(jj, etc. Elle était voisine de la mosquée de
15176'Amrou et lui était perpendiculaire dans la direction de la mosquée actuelle d'ALoû Sou'oûd.
15177(oJ Le souvenir de ces atrocités survécut longtemps à al Fous~àt.ILn Dou~mâ~ nomme deux rues:
15178zou~à~ al 'Akkâm1n ~la rue des étrangleurs, et zou~à~ al ~ou tl à ~la rue des assassinés,, situées dans
15179le quartier le plus populeux, au nord-est de la mosquée de 'Anuou el, d'apr·ès al Djawwâni, allribue
15180l'origine de ces noms funèbres à celte famine (t. IV, p. t 8 ).
15181MAKRÎZÎ.
15182283
15183dl m'entratna dans une maison où il y avait des cou~eaux, des t:acesdesang, l'odew·
15184l
15185d
15186Il ·m'e'tendit sur la face me lia les mams et les pwds par des cordes de
15187((tes ca avres.
15188J'
15189'
15190.
15191((fibres à des piquets de fer, (me mit) .nue, puis dépeçct dans mes cwt~~e~ des tranch~s.
15192(( Je criai au seco,urs; nul ne me répondü. Il alluma du charbon et Y.fit 1 ultr de ma chmr,
15193J
15194t il manfl'ea en quantité, pni~ il s'enivra au point de tomber sur le côté, ne sachant
15195'J. aon
151960
15197.
15198~;l' 1rn·
15199((plus où il était. Je me mis à remuer jusq.u'à ce qu'ur~ des ptqLwls Jut c elacne; . wu
15200(t aidant à ma délivrance, je me dégagem, défis les hens et, prenant de la mats on
15201(( quelques chiffons, j'en enveloppai 1~es c'~isses, et .me tratnai jusqu'à la po1~:e d~ ,Ir~
15202((maison. Je sortis, en me tratnant, yusqu a ce que ye fusse hors de danger~ el J arrwat
15203rr chez les miens. Je leur fis connattre le repaire du criminel; ils se rendt~·ent chez le
15204r:r wâlî qui le cerna et lui .fit trancher le cou. Le panseme.nt ~·esta sur mes cutsses ~endant
15205(( un an jusqu'à ce que la plaie se fermât et elle 1·esta atnst, comme une tranche~."
15206A cause de cette disette, al Foustàt fut détruite; l'emplacement d'al Askar
15207et d'al ~aWî et la région attenante à Mi~r depuis le voisinag·e d'al ~\~râfat, où
15208sont aujourd'hui les kôms jusqu'à birkat al J::Iabach, furent aba~clonnes. Quan_d
15209l'émir al djouyoûch (généralissime) Badr al Djamâlî arriva en ,E~upte et fut m1~
15210à la tête du gouvernement, on enleva les décombres de la regwn attenante a
15211Mi$r au voisinage d'al ~âhirat là où étaient al (Askar et al l~atâ'~; ce ne fut ~lus
15212qu'un façlâ (plaine) et des kôms, entre Mi~r et al ~âhÎl:at et entre Mt~r et al ~arafat.
15213La situation d'al Fous~â~ redevint florissante au pomt qu'elle fut presque sem-
15214blable a ce qu'elle était avant la calamité.
15215L'INCENDIE DE MI~R.
15216En voici la cause. Les Francs s'emparèrent des royaumes de Syrie et occupèrent
15217le littoral, si bien que leur domination allait depuis Mala~îat (Mé,litène) ju s~u 'a
15218Bilheïs sauf la seule ville de Damas. Les fonctions de vizir en Egyp~e éla~enl
15219alors o~cupées par Châwar ibn Moudjîr as Sa'dî ct le khali:~ était al 'A~id ltJî,~
15220Allah <Abd Allah ibn Yoûsouf, de nom et pomt de fmt. Il s etait Impose de Vl\e
15221force dans les fonctions de vizir en Safar 55 8, s'était donné le titre d'am ir al
15222djouyoûch, s'était approprié les biens des descendants ,de Rouzîl~ qui .étaiei~l,
15223antérieurement les vizirs et les souverains (réels) de l'Egypte. Quand Il se Iut
15224arrogé le pouvoir, J)arghâm qui était ~âbib al hâb (IJ devint son rival; il réunit ~le
15225nombreux partisans et enleva à Châwar le vizîrat en Ramaçlân de cette ann(~ C.
15226(!J C'est-à-dire chargé du service de la por·te du palais des khalifes.
1522736 .
152281. 3o.
15229P. 338.
p. 151
152301. 10.
15231284
15232P. CASANOVA.
15233Châwar partit pou; la S)~Îe et I)ar?hâ~. s'empa;a ~u .s·ouvernement de l'Égypte.
15234Il y eut cette annee en Egypte trois VIzirs : al Adtl Ibn Rouzzî~ ibn 'falâ'î ibn
15235Rouzzî~, Châwar ibn Moudjîr et.Qarghâm. I)arghâm se rendit coupable du meurtre
15236des officiers de la dynastie, et, a cause de cela, la dynastie des Fatimides
15237s'affaiblit, ses personnages les plus considérables ayant disparu. Cependant
15238Châwar. avait implor~ le sec.ours d~ sultan Noûr ad dîn Mal.nnoùd ibn Zenguî,
15239souveram de la Syne, qm le lm accorda et envoya, avec lui, une armée
15240nombreuse en Djoumadâ 1 de l'an 55 9. A sa tête était Asad ad din Chirkoûh. Jl
15241était stipulé que', quand Châwar serait rétabli dans ses fonctions de vizir, le tiers
15242des revenus de l'Eg-ypte, en dehors des fiefs, oldh-' 1, de l'armée, serait a Noûr
15243ad dîn,, et q~e C~irkoùh resterait auprès de Châwar avec ses armées en Égypte,
15244et ne sen rebrermt que sur l'ordre de Noûr ad dîn. l)arghâm partit avec l'armée
15245(égyptienne) et lui livra bataille a Bilbeïs; il fut défait et retourna à Misr.
15246Châwar campa, avec les siens, près d'at Tâdj (Il en dehors d'al ~àhirat, et s~n
15247armée se répandit dans le pays. J)arghâm envoya (des agents) aux gens du pavs,
15248lesquels vinrent a lui dans la crainte des Turcs qui venaient avec Châw;r;
15249vinrent a lui (aussi) le corps des Reïbânîs (:lJ et le corps des Djouyoûchîs (3l. lis
15250fortifièrent al ~âhirat et repoussèrent les bataillons de Châwar dans ard at
15251Tabhâlat(
152524). Châwar campa a al Ma~s(
152535
15254) et y livra des engagements aux habit~nt~
15255d'al ~âhirat, lesquels eurent le dessus, si hien qu'il se réfugia à bir kat al ijabach
15256et campa sur ar Rasad (oJ. Puis(7) il occupa la ville de Mi$r et y séjourna quelques
15257jours. Les habitants lui furent favorables et se détournèrent de J)arghâm par suite
15258de (certaines) circonstances. Châwar campa a al Loû~ (sJ, et il y eut entre lui et
15259I)arghâm des engagements qui aboutirent a l'incendie des maisons depuis hâ~
15260(tl Pavillon de plaisance, au nord du Caire du côté de .Minlat ach ch1radj. Cf. notre auteur
15261( tex te arabe, t. 1, p. 4 8 1, 1. 2 3 ).
15262{2) Un des corps de l'armée fatimide; la l)ârat qu'il occupait au nord devint plus tard la l)ârat
15263Bahâ addin (texte arabe, t. II, p. 1 ).
15264(3) Ce corps d'armée avait été sans doute formé par quelque amir al dJouyoûch, comme Badr al
15265Djamâll, d'où le nom de : djouyotkhî.
15266l4l Non loin du Caire; cf. SILVESTRE DE SAcY, Chrestomathie ( 2• éd.), t. 1, p. 206, et .M. Ra vaisse
15267(Mémoires de la Mission m·chéologique du Caire, t. 1, p. 4 1 8), qui ont traduit notre auteur (texte arabe,
15268t. II, p. 125).
15269(oJ Le port du Caire, à celle époque; cf. RAvAISSE, ibid., p. 416.
15270L6l L'observatoire; cf. plus haut( texte arabe, t. 1, p. 125).
15271l?J Rétablir la conjonction : '.
15272JsJ Cette région a donné son nom au quartier de Bâb nl Loû~ actuel, sur la roule du Caire à
152731\J isr el A tika (al Fous~ât); cf. les plans. Voir aussi SILVESTRE DE SAcY, Chrestomathie, 2• éd., t. 1, p. 2 7 2,
15274note 8o et notre auteur (texte arabe, t. II, p. 117, 1. 1).
15275MAKRlzi.
15276285
15277Sa'dat jusqu'a bâb âl ~antarat, en dehors d'all,(âhirat(IJ; beaucoup furent tués
15278de part et d'autre. La situation de I)arg·hâm s'affaiblit, il fut défait; Châwar
15279s'empara d'all,(âhirat et fit tuer I)arghâm a la fin de Djoumadâ 11 55g. Comme il
15280ajournait Chirkoùh pour (le paiement de) ,ce que lui avait fait promettre le sultan
15281Noûr ad dîn, et lui ordonnait de quitter l'Eg·ypte, celui-ci s'y refusa, et ils se firent
15282la guerre. Oe Chirkoûh avait mandé à son neveu Salâb ad dîn Yoûsouf ibn A yyoôb
15283a Bilbeïs de lui réunir des grains et autres subsides. Châwar, ayant pris les
15284devants, attaqua les Syriens; il y eut divers engagements, tout le côté du khalidj
15285en dehors d'al ~âhirat fut incendié, ainsi qu'une partie de la bârat Zouweïlat(
152862l.
15287Châwar envova demander du secours aux. Francs; ceux-ci convoitèrent le pays,
15288oJ
15289et leur roi Maury, 'S.f, partit d'Ascalon avec ses troupes. A cette nouvelle,
15290Chirkoûh s'avança hors d'al ~âhirat après en avoir fait longtemps le siège et campa
15291à Bilheïs où se rejoignirent, pour le combattre, Châwar et le roi des Francs. lls
15292l'y assiégèrent, car, à cette époque' elle était fortifiée et munie de remparts. n
15293resta assiégé durant trois mois. Ayant appris cela, Noûr ad dîn fit des incursions
15294sur le territoire des Francs le plus proche et leur en arracha la possession; cela
15295les inquiéta, et la paix fut conclue avec Chirk01\h, stipulant son retour en Syrie.
15296Il partit en Dhoû'l~a'dat et rejoignit Noûr ad dîn. Il resta (immobile)- mais
15297son esprit gardait de l'Égypte une impression profonde -jusqu'à ce que com-
15298mençât l'année 56 2 . Alors Noûr ad dîn l'envoya en Égypte a la tête d'une puis-
15299sante armée en Rahî' 1 et ilia fit mettre en marche. Cette nouveHe étant parvenue
15300a Châwar, il manda a Maury, roi des Francs, qu'ille secourût. Celui-ci se mit en
15301marche avec la totalité des Francs, si hien qu'il campa a Bilheïs. Chàwar l'ac-
15302cueillit avec joie, ·11~!.,, et il demeura (la) jusqu'à l'arrivée cle Chirkoùh sur les
15303frontières d'Égypte, mais celui-ci, s'étant dérobé a toute rencontre, continua sa
15304marche et partit d'Atfil) (3) dans la direction du $a'îd du côté de la mer d'al ~oul­
15305zoum (mer Rouge). Châwar, ayant appris que Chirkoôh s'était rendu maître du
15306Sa'îd, fut bouleversé {Il) et s'empressa de fuir de Bilbeïs, et les Francs avec lui.
15307(J ) Sur ces portes, voir RAVAISSE, ibid., p. 42t, pl. Il. Bâb al ~antarat dont il s'agit ici est au nord
15308du Caire et ne doit pas être confondue avec une autre bâb al ~antarat au sud de Foustà! dont il sera
15309parlé dans un prochain chapitre. Cf. Mém. de la Miss. archéol. du Caire, t. VI, p. 52 4-5 51 et pl. II et III.
15310. l2l Située sur le khaltdj, sur l'emplacement de l'ancien jardin de Kâfoûr. C'était un vaste quartier;
15311aujourd'hui ce nom est donné à deux petites ruelles. M. Ravaisse s'est trompé en la plaçant près de
15312Bâb Zou weïlat. Cf. ce que j'en ai dit ( Mémoù·es de la Mission, t. VI, p. 52 7 et Bulletin de l' lnstitutjram:ais
15313d'archéologie, t. 1, p. qo ).
15314l3l Celte ville subsiste toujours. Elle est au sud du Caire, sur la rive droite du Nil. C'est l'an-
15315cienne ÀÇ3po~t-r/nroÀt;;.
15316(4l Litt.: lftomba sur sa main,, a.).,!~ bl.w.
153171. ~o.
p. 152
153181. :lo.
15319286
15320P. CASANOVA.
15321Puis il eut divers engag·ements avec Chirkoûh,jusqu'à ce qu'il fut battu a al A l-
15322moûne.ïn (IJ et qu'il partit de cette ville, apres la défaite pour aller a' Al
15323de .
153241
15325•
15326,
15327•
15328'
15329< · ·
15330exan rte
15331dont Il s empaAra. 11 y ms talla son neveu Salâl_l ad dîn et marcha vers le sa·îd.
15332Cependant Chawar marcha avec les Francs et assiégea Alexandrie de la r,
153331
15334l
15335'
15336·
15337Ch" k
15338acon a
15339p u.s, etroite. A tr ' ~Ûh de son côté arriva de ~(où$ {2l, campa pres d'al ~âhirat. qu'il
15340ass~ege~. Cha,:ar s y tra~sporta. Cependa~t les choses tournerent à la paix et
15341Ch1rkouh parht avec les swns l.lour la Syne en Chawwâl Alors Ma ,
15342·
15343·
15344my con volta
15345le pays. Il plaça, en son nom, un clu"~nat (commissaire) dans al Kâhirat d t
15346l
15347"Il
15348d ·
15349·
15350' on
15351es m~ra1 es evmrent la possessio~ des che:a~iers francs, auxquels il assigna
15352un trm~ement annuel de 1 oo,ooo dmars, pms Il partit pour ses états laissant à
15353al ~âh1rat des Francs en qui il avait toute confiance.
15354Chirkoûh partit donc pour la Syrie et les Francs exercerent sur al Kâhirat une
15355domination tyrannique, imposant aux Musulmans la plus grande h.umiliation.
15356c~r.tains ~n'ils ét~ie~t d~ l'impuis.sance du gouvernement (du khalife) a leut:
15357resister, Ils leur mfltgeatent les ptres affronts Pl. Sur ces entrefaites commenca
15358l'année 56 6. Maury ,réunit une masse considérable de toute sorte de Franc~
15359leu~ assign~ en fiefs l:Egypte et marcha ~our s'emparer( définitivement) de l'Égypte~
15360Chawar l~I ay~nt f~It de~ander la raison de ~ette expédition, il allégua que les
15361Francs lm avment Impose cette attaque sur l'Egypte et que, pour lui, il voulait
153622,o,oo,.~oo de dina~·s par l~squels il les apaiserait. Il alla camper aupres de llilbeïs
15363et l assiegea, la prit de vtve force en Sa far, réduisit les habitants en esclavage
15364et se dirigea sur al ~(âhirat. C'est alors qu'al .À<Jid en voy a a Noûr ad dîn ses lettres,
15365où se trouvaient des cheveux de ses femmes et de ses enfants : il lui deman-
15366d.ait de délirrer les Musulmans des Francs. Cependant Maury, parti de Bilbeïs,
15367vmt camper au pres de bir kat all.fabach. De toutes les provinces, les gens étaient
15368venus en masse a al ~âhirat. Châwar fit proclamer a Mi$r que nul n'y
15369demeurât. Les gens en sortirent en toute hâte, abandonnant leurs biens, leurs
15370(I) A al Bàbeïn, <.:r.?Wl, d'après Ibn al Athlr (Historiens des Croisades, édition de l'Académie des
15371i~scr~Jtio~Js- Historiens orientaux, t. 1, p. 547), Behen, d'après Guillaume de Tyr (ibid. -
15372Histo-
15373,.~ens occzdentaux, t. l, p. 925-926). Celte localité ne paralt plus exister; cependant Jomard la
15374stg.nale: sous le nom de Babeyn, à l'ouest de Daroût Achrnoûn (aujourd'hui Deï1·out Om-Nakhlat)
15375~u1, lUI-mème, est très peu éloi&né au sud-ouest d'Achmoûneïn mode me. (Description de l 'bgypte,
15376ed. Pancoucke, t. IV -des~:~·iption des ruines d'Achmoûneïn, p. t83-t8lt.) MaJ.ulzl, contrairement aux
15377autres auteurs, semble dire que ce fut Chirkoûh qui fut battu en celte bataille.
15378(
153792
15380) Ville très impol"!ante à celte époque, aujourd'hui très déchue, située sur la rive droite du Nil
15381tout près de Kéneh qui l'a remplacée aujourd'hui comme chef-lieu de la région.
15382A
15383(
153843
15385) Litt.: tdes par~ies honteuses des gens leur furent dévoiléesn U"'Wl =l~ ~l ~1. Peul-
15386eire cependant faut-Il entendre ce passage métaphoriquement et tmduire : 1t ils les dépouiilèrcnl
15387jusqu'à les réduire à l'absolue nu di lé"·
15388MAKRÎZÎ.
15389287
15390mobiliers, pour se sauver eux et leurs enfants. Ce fut un flot humain impétueux:
15391il semblait qu'ils sortaient de leurs tombeaux pour le Jugement; le pere ne se
15392souciait pas de son enfant, le frere ne s'intéressait pas a son frere. On allait
15393jusqu'à louer une monture de Mi$r à al ~(âhirat pour une somme de 2 o dinars;
15394on payait une charge Oljusqu'a 3 o dinars. On campait, à al ~âhirat, dans les mos-
15395quées, les bains, les rues, au travers des chemins. Ils étaient là, jetés pêle-
15396mêle avec leurs femmes et leurs enfants, ayant perdu tous leurs biens et s'attendant
15397à voir l'ennemi fondre sur al ~âhirat, le glaive haut, comme cela s'était passé
15398dans la ville de l3ilbeïs.
15399Châwar fit porter a Mi$r vingt mille pots, ~.J --'.J l,, de naphte et elix mille brûlots,
15400) l.; ~;le tout fut réparti dans la ville, et la flamme et la fumée de l'incendie
15401s'éleverent au ciel. Ce fut un effrayant speetacle. Le feu se continua dans les
15402habitations de Mi$r depuis le 29 Safar, pendant cinquante-quatre jours complets,
15403ainsi que le pillage organisé par les esclaves, les gens de la flotte et autres, dans
15404èes demeures pour y rechercher les (trésors) cachés.
15405Lorsque l'incendie éclata sur Mi~r, Maury abandonna birkat al f::labach pour
15406camper aux environs d'al ~(âhirat dans la région voisine de bâb al Bar~îyat et livra
15407à ses défenseurs de nombreux combats, si bien qu'ils furent profondément ébranlés,
15408faiblirent et furent sur le point d'être pris de vive force. Châwar recommença à
15409combattre les Francs et les choses tournèrent a la paix moyennant une rançon.
15410Mais, comme ils étaient occupés a lever cette rançon, voici que parvint aux Francs
15411la nouvelle de la venue d'Asad ad dîn Chirkot'th avec les armées de Syrie expé-
15412<liées par le sultan Noûr ad dîn Mal.tmoûd. Elles arrivèrent à Bilbeïs, le 7 Rabi' Il,
15413de là à Fâ~oûs; alors elles retournèrent en leurs pays dans le Sâhil (littoral de
15414Syrie). Cependant Chirkoùh campa a al Ma~s en dehors d'al ~âhirat. Puis sur-
15415vint le meurtre de Châwar et l'occupàtion de l'Égypte par Chirkoûh, et, de cc
15416moment, Mi~r al Fous~ât fut('2J cette ruine qui est aujourd'hui (appelée) Kimtm
15417Mi~r; elle tomba en décadence, ses habitants furent dispersés, leul' fortune
15418disparut et leur opulence cessa.
15419Quand Chirkoùh eut été nommé vizir d'al <A(lid, il fit comparaître les notables
15420de la population de
15421l\li~r qui, pendant les troubles, a v aient abandonné leurs
15422demeures pour se transporter à al ~âhirat; il compatit a leur malheur, blâma
15423(I l j...d.t ~Peul-être faut-il lire: J..-4 et traduire: «On louait un chamenun.
15424l2l Je soupçonne qu'il y a une lacune dans le texte. entre : yN:lA et : klb-ill. L'expression :
15425klb....i.ll ~
15426est anormale. Je lirais Yolontiers ainsi : ":-'.)4!. l~ blb-ill )ki~ ~~ « Mi~r
15427(l'Égypte) fut ruinée, et al Fous~dt devin! cette ruine,. Une certaine ressemblance entre les mots:
15428)ki et : ~
15429aurait amené le hounlon des copistes.
154301. 1 o.
p. 153
15431288
15432P. CASANOVA.
15433la décision prise par Châwar d'incendier la ville et les invita à y retourner. Ils
15434se plaignirent alors de leur pauvreté, de leur dénuement et de la destruction
15435de leurs habitations : ~~ou aller? dirent-ils, où habiter et demeurer, alors
15436que c'est dans l'état que tu vois?". Ils pleuraient et faisaient pleurer (qui les
15437entendait). Il leur fit de belles promesses et les conso~a. Alors, sur son ordre,
15438on proclama aux gens de retourner vers Mi~r; les gens y rentrèrent peu à peu,
15439reconstruisirent au voisinage du djâmi\ jusqu'aux malheurs nés de la disette de
15440récoltes et de la terrible épidémie sous le sultanat d'al Malik al <Àdil Aboû
15441Bakr ibn Ayyoùb, dans les années 5o5 et 5o6(Il,où une grande région,~\..::.,
15442de Mi~r fut ruinée. Puis les gens s'y réinstallèrent et développèrent les construc-
15443tions dans la région occidentale sur les bords du Nil quand al Mali~ a~ Sâli}:t
15444Nadjm ad clin Ayyoûb construisit la ~ala<at d'ar Rauc,lat(2l. Il y eut alors à
15445Misr nombre de belles maisons et de marchés populeux , ~. Quand éclata
15446la .disette et l'épidémie pendant le sultanat d'al Malik al <Àdil Kitbogha en
15447l'année 6 9 6, beaucoup des habitations de Mi~r furent ruinées; après quoi, les
15448gens recommencèrent à la peupler jusqu'en l'année 7lt.9; alors eut lieu ce
15449vaste anéantissement, l;..iJI, qui dépeupla la majeure partie des maisons de
15450Mi$r et les détruisit. Puis les gens se réinstallèrent après l'épidémie ; tout ce qui
15451était autour d'al djâmi< al <atîl~ et sur les borels du Nil devint prospère jusqu'à
15452l'année 776 où, l'Égypte étant frappée de sécheresse, ~r (
154533l, l'épitlémie
15454apparut après la disette, une grande partie des constructions de Mi~r fut ruinée
15455et elle ne cessa de se ruiner, morceau par morceau, jusqu'à l'année 7 9 o; alors la
15456ruine sévit sur le kha~t zou~â~ al ~anâdîl et le khat~ an Nal_tl)âsîn. Les gens se
15457(l) Il y a une faute évidente, al <Âdil ayant régné en Égypte de 5g6 à 6t5 de l'Hégire. <Abd_ al
15458Lat[f (éd. S. de Sacy, p. 3 6o et seq.) signale, aux. années 597 et 5 g8, une épouvantable fa mme
15459causée par l'insuffisance de la crue du Nil en 5g6.11 faut donc probablement lire: 5g5 et 5g6, ou :
154606o5 et 6o6, s'il s'agit d'une autre famine que celle qu'a décri le <Abd al La tif.
15461(2) La citadelle (de l'île) de RamJat. Il en sera parlé avec quelques détails plus tard (texte
15462arabe, t. Il).
15463(3) Ce sens du verbe : ~)"~' est spécial à l'Égypte, comme le dit. le Tâcij al Aroûs. En effet, c'est
15464la forme arabisée du copte : up .. rKe ~stét·ilité, famine" comme cela a déjà été reconnu par Stern
15465( Koptatik. Grammische, p. 5) qui rapproche ce mot de : Jlr, charlt(cî, nom donné, connue nous
15466l'avons vu, aux terres insuffisamment m·rosées par le Nil (texte arabe, t. 1, p. too, 1. 37)·
15467Notre auteur a déjà fait allusion à cette sécheresse, J~l, qui désola le ~~'1d en 776 _(texte
15468arabe, t. 1, p. 1 9 o, l. 11). Je suis porté à croir·e que la liste des _revenus de l'Egypte, étabh: par
15469Cha'ahàn en 777• qui a servi de hase à la grande description de l'Egypte d'Ibn Dou)j.màl,:., a du ètre
15470·
15471·
15472·
15473·
15474"LI
15475d" G · l" t l d s revenus.
15476nécessitée par celte ctrconstance qut devmt, en effet, avorr senst ement mo 1re e a
15477e .. .
15478Silvestre de Sac v a publié, d'apeès une refonte postérieure, la mème liste à la fin de son. edrtio~
15479de <Abd al La~if: Cf. Publications de la Bibliothèque Khédiviale, X. -
15480Kitâb il tu(tja il sanîya b! asmd tl
15481bildd ilmaFÎya, Le Caire, t8g8.
154821\fAKRizi.
15483289
15484mirent à démolir les maisons de Mi~r et à en vendre les matériaux jusqu'a ce
15485que ce fût réduit à l'état actuel. Ces villes nous les avons détruites lorsqu'elles ont
15486péché et nous avons assigné à leur destruction une époque (Il.
15487DE
15488,
15489,
15490A
15491"
15492CE QUI A ETE DIT SUR MADINAT FOUSTAT MISR.
15493Ibn Ridoùân a dit : ~Aujourd'hui la capitale de l'Égypte comporte quatre
15494parties: al Foustât, al ~âhirat , al Djazîrat (Rauc,lat) et al Djîzat. Cette capitale
15495est distante de l'équateur de trente degrés. La montagne al Mou~attam est à
154961. 3o.
15497l'orient, entre elle et les cimetieres de la ville (2l. Or les médecins disent que le
15498plus mauvais des emplacements (pour une ville) est celui qui a la montagne a
15499l'orient, interceptant le vent d'est. La partie la plus importante est al Fous~ât :
15500elle touche le Nil à l'ouest. Sur les bords occidentaux du Nil sont des arbres, grands
15501et petits. La partie la plus importante d'al Fous~ât est un endroit (situé) dans un
15502has-fond, dominé a l'est par le Mou~attam, au sud par le charf, au nord par la
15503région élevée du <amal fo~ (district supérieur) je veux dire al maou~if, al <Askar
15504et djâmi< Ibn 'foùloûn. Quand tu regardes al Fous~â~ du charf(3) ou de quelque
15505autre point élevé, tu la vois située dans un bas-fond. Or Hippocrate a claire-
15506ment établi que les rég·ions basses sont plus chaudes que les régions élevées et
15507que leur atmosphere en est plus mauvaise, par l'engorgement, '-.:>1 ï :.: >1, des
15508vapeurs, et parce que les régions élevées qui l'entourent y interceptent le déga-
15509gement, ~'des vents. Les zou~â~s et les châri's d'al Foustâ~ sont étroits,
15510et les consttuctions en sont élevées. Or Rufus (41, ~~), a dit : ~Lorsque j'entre
15511(l ) Coran, XVIII, 58.
15512(2) ~~~ y.li.o ~' ~'. Il y a là une erreur. Les cimetières étaient, comme nous le venons
15513plus loin, entre la montagne et la ville, là où sont, d'ailleurs, aujourd'hui encore, les cimetières
15514musulmans.
15515l3l Je crois qu'il faut lire non: ~_r.JI ~resb com.me le porte le texte arabe, mais : ô_r.JI ~le
15516charf,. La suite du texte le prouve.
15517(4) Rufus d'Éphèse, célèbr·e médecin grec, qui florissait vers le n• siècle de notre ère, très apprécié
15518des auteurs arabes; cf. la préface de l'édition de ses œuvres qui a été faite par Ch. Daremberg et
15519Em. Ruelle, Paris, lmpr. Nat., 1878. Le passage, cité ici, devait appartenir au traité de l'air et du
15520climat qui n'est connu que par l'écrivain arabe Rhazès; cf. OEuvres de Ru fus, op. cit., p. xxxvm et E.g5.
15521Ibn Riqoûân, cité ici par MaJ.<.rlzl, est bien, comme je l'avais supposé plus haut (p. 5t , note 1),
15522Aboû'll;lasan <AH ibn Riq..oûàn, médecin du khalife al l;làkim billah, mort en t.53, par conséquent
15523au moment de la plus grande splendeur de Mi~r.
15524Mémoil·es, t. III.
p. 154
15525290
15526P. CASANOVA.
15527dans une ville, que je vois ses voies étroites et ses constructions élevées ,je la fuis
15528car elle est vouée à l'épidémie"· (Par là) il entendait, que les vapeurs ne s'et~
15529dég·ag-ent pas à cause de l'étroitesse des rues {IJ et la hauteur des constructions.
15530((Une des pratiques des gens d'al Fous~â~ est de jeter tout ce qui meurt en
15531P. 3l!o.
15532leurs maisons : chats, chiens ou antres animaux domestiques de même genre,
15533dans leurs châri 's et zoul~â~s. Ils y pourrissent et cette pourriture se répand
15534dans l'atmosphere. Une autre de leurs pratiques est de jeter dans le Nil, dont
15535ils boivent l'eau, les détritus de leurs animaux (tués) et leurs charognes; l'écou-
15536lement de leurs latrines · se fait dans le Nil et quelquefois obstrue le cours de
15537l'eau : ils boivent donc cette pourriture mélangée avec l'eau. Parmi les incon-
15538vénients d'al Fous~â~ est l'importance des chauffoirs (de bains), üi.)J;_,.;...-.o,
15539d'où monte, dans l'atmosphere, une fumée excessive. Il y a aussi abondance de
15540poussière à cause de la chaleur du sol, si bien qu'aux jours d'été, tu vois l'atmo-
15541sphère trouble, qui prend a la gorge, ~4
15542~~. et salit les vêtements
15543propres en un seul jour; quiconque y passe pour une affaire, n'en revient que le
15544visage et la barbe ensevelis sous une poussière abondante. Le soir, surtout aux
15545jours d'été, une vapeur trouble, noirâtre, flotte sur la ville; la poussière sévit
15546surtout lorsque l'atmosphere est privée de vents. Si les choses sont ainsi que nous
15547les décrivons, il est évident que l'état de tout être animé v est de même. Par suite
15548de ces inconvénients, il naît dans le corps beaucoup de matières excrémenti-
15549tielles, J~ (
155502J, et de tendances à la putréfaction. Toutefois les gens d'al Foustât
15551s'acclimatent à cet état de choses et leur accoutumance les protège généralement
15552contre sa nocivité, bien qu'ils soient, en tout cas, de tous ies Égyptiens, les plus
15553prompts a tomber dans les maladies. La région d'al Foustâ~ voisine du Nil est,
15554L •o.
15555nécessairement, plus humide que celle qui est voisine du désert et les habitants
15556du charf(:!J sont dans de plus saines conditions grâce à la grande ventilation,
15557c~)l J~, de leurs maisons, de même le 'amal fô~ et al l:famrâ. Cependant
15558la boisson des gens du charf est meilleure, car (l'eau) est utilisée avant d'être
15559mélangée a la pourriture d'al Fous~ât'
155604
15561J. Quant à al ~arâfat, c'est le meilleur
15562de ces endroits, parce que le Mou~aHam empêche les vapeurs d'al Foustât de s'y
15563répandre(
155645J, tandis que, lorsque souflle le vent du nord, les vapeurs d'al Foustâ~
15565et d'al ~âhirat se portent, par masses nombreuses, vers le cha rf dont elles altèrent
15566(I l ~~ji, lire : ~j~l.
15567l2l Sur ce terme médical, cf. Avicenne, cité par Dozv, Supplément.
15568(s) Comme plus l1aut (p. 289, note 3) il vaut mieux, à mon avis, lire: ü..,..w.Jl que: (;y-WJI.
15569l~J Grâce à sa position en amont.
15570(ol Erreur grossiè1·e, conséquence de celle que j'ai signalée plus haut (p. 289, nole 2 ).
15571MAKRÎZÎ.
15572291
15573l'état. Il est visible que, dans cette ville, les régions découvertes ont un air plus
15574pur, et il en va de même pour les régions élevées; les plus mauvaises régions de
15575la capitale sont les parties d'al Fous~â~ qui entourent le djâmi' al 'atî~ jusqu'au
15576voisinage du Nil et les sâl)ils (régions du rivage). Pendant l'hiver et au début du
15577printemps, de nombreux poissons viennent de la mer et arrivent jusqu'à cette
15578ville où ils pourrissent. Une odeur abominable s'en dégage. On les vend dans al
15579Kâhirat dont les habitants, ainsi que ceux d'al F ous~â~, les mangent (l). De là,
15580;'accumulent dans leurs corps d'abondantes matières excrémentitielles putréfiées,
15581et, n'étaient leur parfaite constitution et la vigueur de leurs corps en cette saison,
15582cela engendrerait, dans leurs corps, de nombreuses maladies mortelles. Cepen-
15583dant la force de l'accoutumance, ) !r"-~1, en garantit. Souvent le Nil est à sec,
15584vers la fin du printemps et le début de l'été, du côté d'al Fous~ât (
155852
15586). Il est pourri
15587par la quantité de ce qu'on y jette et sa pourriture en arrive au point qu'il s'en
15588dégage une puanteur sensible, A.-~. Il est visible que cette eau, arrivée a
15589cet état, corrompt le tempérament des gens d'une façon sensible."
15590Il dit : ~Il est de toute évidence que les habitants de cette capitale du pays
15591d'Égypte sont plus prompts à tomber dans les maladies que tous les (autres)
15592habitants de ce pays, saufles habitants du Fayyoûm, qui est une région égale-
15593ment vouée à l'épidémie(3l. La plus mauvaise partie de la ville est la région d'al
15594Fous~ât qui est en contre-bas; c'est pourquoi règne chez ses habitants la lâcheté
15595et le manque de générosité. Il n'y a aucun d'eux qui assiste et accueille l'étranger,
15596si ce n'est exceptionnellement. Chez eux l'intrigue, ~~~, et la calomnie
15597sévissent avec intensité, et leur lâcheté en est arrivée a tel point que cinq chefs
15598mènent cent d'entre eux et plus, alors que ces chefs seraient menés par un seul
15599homme des autres pays. Chez ceux qu'on enrôle pour la guerre, appa,raît aussitôt
15600la faiblesse. Cela tient à ce que les habitants de la capitale du pays d'Egypte sont,
15601de tous les habitants de ce pays, les plus prompts à contracter les maladies et les
15602plus chétifs individus. Peut-être, est-ce pom· cette raison que les Anciens avaient
15603choisi, pour établir leur capitale, un autre site; les uns l'avaient placée a Me nf
15604(l) Encore aujourd'hui le poisson pourri, appelé fas1kh, ~, est la nourriture favorite de bien
15605des Égyptiens.
15606l2l Dans l'étroit chenal qui sépare l'He de Rauqat de la ville d'al Fousp~.
15607(3) Je n'hésite pas à li1·e: ~' au lieu de: .î4:>yii, que donne le texte et qui n'offre pas de :ens
15608raisonnable; Sur la mauvaise réputation du Fayyoûm, au point de vue hygiénique, cf. les rélleXI~ns
15609humoristiques d'Aboû 'Outhmân an Nâboulst a~ $afadt (Description du Fayyoûm -
15610Publ. de la B1bl.
15611Khédiviale, vol. XI, p. 7 à 11) et la spirituelle conférence d'A~med bey Zeki sur cet ouvrage (Bul-
15612letin de la Société Khédiviale de géographie, 5• série, p. 2 &4- 268. -
15613Le Caire, 1 899 ).
1561437.
156151. ~o.
p. 155
15616292
15617P. CASANOVA.
15618(Memphis) qui est l'ancienne mi~r(ll, d'autres a Alexandrie, d'autres en d'autres
15619si tes, comme le prouvent leurs vestiges. "
15620Ibn Sa'îd dit, d'apres le Kitâb al kamâtm, ~UJI yLi:.r ( L~·vre des cah"ces
15621de fleurs) (
156222
15623J : (\Quant à Fous~â~ Mi~r, ses constructions, anciennement, rejoi-
15624gnaient celles de la ville de 'Aïn Chams. Vint l'islam. Il y avait là une construction
15625appelée le ~a~r, autour de laquelle étaient des habitations. C'est contre ce kasr
156261. 3'0.
15627que .~a~!la '~mrou ibn al 'À§i, et il dressa sa tente ( fous~â~) là où est le masdji.d
15628al dJami qm porte son nom. Il partagea la région, une fois conquise, entre les
15629tribus. La ville fut dénommée d'apres lui e! fut appelée : Fous~â~ 'Amrou. Là se
15630succéderent, a pres lui, les gouverneurs d'Egypte et ils la choisirent pour siege
15631du gouvernement (3l. Ses constructions se doublerent; la population y afflua de
15632tous côtés : elle borna ses désirs a l'habiter ju·squ 'à ce que la dynastie des Banoû
15633Toûloûn s'y affermit, ~).Alors on bâtit, à côté, les quartiers appelés al Katâ'i
15634où était le masdjid Ibn 'foûloûn qui est aujourd'hui à côté d'al ~âhirat. C'était
15635une ville aJlongée tout le long du Nil (t,J; sur son rivag·e s'arrêtaient les bateau~
15636ap~ortant. du Nil se~tentrional et méridional toutes sortes de produits, ~!_,.LJI,
15637et Il y avmt des pavillons de plaisance.
15638(\Elle est dans le troisieme climat. La pluie n'y tombe que rarement; les pieds
15639en soulevent la poussiere qui est de laide couleur et en salit tous les murs. A
15640cause de cela, son atmosphere est mauvaise. Les marchés y sont engorgés, ~,
15641parce qu'ils sont étroits. Ses constructions sont de roseaux et de briques cuites,
15642à éta,ges superposés. Depuis la construction d'al Kâhirat la ville d'al Foustât
15643.
15644'
15645. .
15646to M.
15647. . .
15648. d
156491
15650.
156511~r est, ICI, pns ans e sens de ~~"C11pltale,. Cf. ce que je dis, à ce sujet, dans notre Bulletin,
15652t
15653t. 1, p. 152 et t84.
15654(
156552
15656) Je ne trouve aucun renseignement sur cet ouvrage dont le ti Ire est, d'aillems, incomplet.
15657Comme d'autres manuscrits portent: at tamdîm ~~"les amulettes,, j'ai proposé, dans notre Bulletin,
156581. 1, p. t54, nole t, d'y voir l'ouvrage d'Ibn 'Abd aQ.h :Qhâhir intitulé: at tamdîmfi'l !unndîm ~~"les
15659amulettes au sujet des pigeons,.
15660Dans le chapitre très important consacré par al Ma~~arl à Ibn Sa'îd, nous retrouvons, avec de
15661lrgères variantes, le même texte (Naj(t at tîb min ghou§n al Andalous ar ratîb, etc., éd. de Boûlà~,
15662a. 1279 (Hég.), t. 1, p. 5g3). Là, comme dans notre texte, le titre du livre est: al kamdim.
15663Sue Ibn Sa'id, cf. les fragments de son Moughrib édités pae M. K. Vollers en t8g4 et M. Tallqvist
15664en 1899· Né en Chawwàl 6to (février-mars t2tlt), il mourut en 673 ou en 685. Ibn 'Abd a4h
15665:Qhâhir fut son contemporain (62o-692 ).
15666(
156673
15668) .iU.bWI ~r,
15669litt.:~~" trône du sultanafll. C'était une ex~pression consacrée à l'époque de l'auteur,
15670mais impropre en celle circonstance, le Litre de sultan n'existant pas encore. Mais le mot: sultanat,
15671peut être pris dans son sens étymologique: ~~"Souveraineté,. Cf. plus haut, p. t85, note 8.
15672(Il) L'auteur, ici, ne fait pas la différence des quartiers dits nl 'Askar et des quartiers dits al
15673~apcL Les premiers seuls donnaient sur le Nil, comme on l'a vu antérieurement (édition arabe,
156741. f, p. 17 5 et 2 o 4 ). Cf. les plans d'al ~a W l. étbalis par .M. Salmon dans nos Mémoires, t. VIL
15675MAKRÎZÎ.
15676293
15677a décliné, et on y est passé en deçà de la prospérité, après y être passé au delà.
15678Entre les deux villes, il y a environ deux milles. Sur elle, le chérif al 'Ou~aïli (IJ
15679a récité ces vers :
15680Je chéris al F ous!h! d'amour et je prie (Dieu) en sa faveur que la gou lte (de pluie) ne tombe
15681[pas sur elle.
15682Est-ce que sa contrée a le moindre besoin d'eau? En tous endt·oits, elle a à ses côtés un fleuve.
15683),1. 3111 •
15684Elle apparaît, telle une fiancée dont le Mou~agam est la couronne, et son Nil forme un collier
15685[comme les perles enfilées.
15686Il dit, d'après un autre livre: ~AI Fous~â~ est la capitale,~' d'Égypte; le
15687mont al Mou~aHam en est à l'est: il est contigu aux montagnes d'émeraude"·
15688Il dit, d'apres le livre d'Ibn I:Jau~al (2J : (\Al Foustâ~ est une belle ville devant
15689laquelle le Nil se sépare (pour former le Delta): elle est grande environ comme
15690le tiers de Daghdâd et son étendue est d'environ d'un parasange. Elle est au plus
15691haut degré de prospérité et d'aisance; le bien-être le plus large règne en ses
15692demeures; ses marchés sont considérables, on s'y écrase et les transactions y sont
15693intenses; elle a une ravissante banlieue, de splendides jardins et de vertes cam-
15694pagnes pour y couler les jours. Dans al Foustâ~ sont des tribus et des khi~~ats occu-
15695pées par les Arabes qui portent leurs noms, comme à al Bou~rat et al Koûfat; elles
15696y sont cependant moins nombreuses. La terre en est salsugineuse, ~, non
15697exempte de sable. Les maisons y sont de sept, six, cinq étages, et sou vent il y
15698habite deux cents personnes. Elles sont construites principalement en briques
15699cuites. Le rez-de-chaussée des maisons n'est pas habité. Il y a là deux masdjids
15700pour l'assemblée (JJ: l'un fut construit par 'Amrou ibn al 'Â~i au milieu d'al Fous~â~,
15701rautre, sur le maou~if(
157024
15703l, fut construit par Abmad Ibn Toûloûn. En dehors d'al
15704F ous~â~ étaient des constructions nombreuses élevées par Ibn Toùloûn (sur une
157051. , o.
15706ttl Ach Charif Aboû'l l:lasan 'Ali ibn al l:lousnïn ibn J~aïdarat al 'Ou~aïli vivait dans l'ile de
15707Fous~àt (RauQ.at) vers fa fin du rv• siècle de l'Hégire. Ibn Sa'id, à qui nous devons sa bibliogra-
15708phie, publie de notables fragments de son divdn que, dit-il, il découvrit lui-même dans l'He (éd.
15709Tallqvist, p. 89 et seq. ).
1571012) On retrouvera ce texte, plus complet, dans l'édition de l\f. de Goëje, Bibliotheca geographo1·um
15711ambicorum, t. Il, p. 96. On y remarquera aussi quelques variantes: le savant éditeur les indique en
15712note. Îbn l:lau~al ne nous est connu que par ses écrits (cf. DE GoËJE, Bibliotheca geographorum arabi-
15713corwn, t. IV, prœf., v). Il a dû rédige t' son œuvre vers 36 7 de l'Hégire.
15714l3l Le masdjid pom la djoum'at (assemblée),~ ~1, est même chose que le masdjid al
15715djàmi', t-~ ~1, et par abréviation, le djàmi'. Pour le distinguer du masdjid ordinaire
15716que l'on traduit généralement. par mosquée (qui en dérive), on peut adopter, comme l'a proposé
15717M. Van Berchem, le mot :Mosquée avec un .M majuscule.
15718(L•J Ibn l:lau~al me paraît confondre le maou~if avec la montagne de Yachkom·. Le maou~if était
15719beaucoup plus au sud, du côté de bàb a~ ~afà et de kôm al Djâri~.
p. 156
15720l. 20.
15721294
15722P. CASANOVA.
15723surface) d'un mille carré, qu'habitait son armée et qu'on appelait al Katâ'!
15724comme les Aghlabites ont construit, en dehors d'al ~aïroûân, Ra~~âdat(ll. ·L'~~
15725et l'autre ville fueent détruites en notre temps, et Dieu fit succéder al Kâhirat à al
15726Katâ'i, en dehors de la ville d'al Foustât."
15727.
15728·
15729. .
15730. .
15731·Ibn Sa'îd dit : ((Lorsque je séjournai à al ~âhirat, je désirai vivement voir
15732al Fous~â~ de mes propres yeux; avec moi vint un homme de caractere énergique.
15733Je vis à Bâb Zouweïlat, tout prêts à être montés par quiconque allait à al Foustât,
15734des ânes en foule considérable et telle qu'il n'en existe de semblable, à ma c·o~­
15735naissance, dans aucun pays. Mon compagnon monta un âne et me fit signe d'en
15736monter un autre. Moi je refusai, suivant l'habitude que j'avais èontmctée, J...J i\.6...,
15737dans les _contr~es du Maghrib. Il m'apprit alors que les plus notables d'Égypte
15738n'y voyment rien de déshonorant, et je vis moi-même les jurisconsultes, les
15739m~rchands de r~ches étoffes, ~1 y~l, les seigneurs distingués qui les mon-
15740taient. Je montat donc, et, dans le temps que j'affermissais mon assiette, le loueur
15741fit un signe à son âne qui vola avec moi et souleva une poussière noirâtre dont
15742mes ye~x s'aveuglèrent et mes vêtements se souillèrent. Je vis alors ce que je
15743redoutm : par mon peu de science dans l'art de montee l'âne, par la violence
15744de sa c~urse . sui_vant une maniere que j'ignorais, par le peu de complaisance du
15745loueur, Je tom bat (:1J dans les ténèbres soulevées de ce tourbillon. Alors, je dis :
15746J'ai r~ncontr~, à Mi~t·, le pl~s cmel enfet·: la chevauchée de l'âne et la noircem· de la poussièt·e.
15747Dernere mot un louem· qm dépasse le vent (en vitesse), ignot·e la complaisance, tout à son vol (ol.
15748Je lui criai : doucement! mais il ne m'écoutait pas, si bien que je m'agenouillai comme s'age-
15749. , ,
15750.
15751.
15752[nouille celui qui trébuche.
15753Sm· moi s etendit un dms de sable où s'ensevelit la lumière du jom·.
15754rr Je payai au loueur son salaire et lui dis : ((Tu serais bien aimable de me
15755((laisser aller à pied"· Je marchai donc jusqu'à ce que je l'atteignis (4J et reconnus,
15756ûJ~' le chemin entre al ~âhirat et al Fous~â~; je le poursuivis l'espace d'en-
15757viron deux milles, et, lorsque je fus arrivé à al Fous~ât, la joie m'abandonna. Je
15758contemplai des murs délabrés et noirs, un horizon poussiéreux. J'entrai par la
15759porte sans fermeture et brisée, et pénétrai dans des décombres jetés (5J au milieu de
15760(ll Con iger : ii,)[,' du texte en : a.:>.l.i). Sur cette ville, voir Edrist (éd. Dozy et de Goëje , p. t3o ).
15761("l
15762. ··
15763d'
15764t
15765.t
157661 M kk '
15767- . ..::....u,; au res rnanuscr1 s et a
15768a .. ar1 portent:~, qui est la vraie leçon, comme le prouve
15769la smte.
15770(; J L''d. .
15771d B ·l'k
15772·
15773e Illon e ou a. porte: ~
15774qm ne peut convenir; d'autres manuscrits et al Ma~~arî
15775portent : ~
15776qui comient au sens et à la mesure du vers ( mouta~arrib ).
15777(
157784
15779) ~- Je pense que l'auteue désigne par le pronom possessif: L:t,, la lumière du jour, dont
15780il a parlé dans son dernier vers.
15781(5) Il faut sans doute lire: )_,.i..o avec Ma~~arl, et non:)_,,._..
15782MAKfiÎZÎ.
15783295
15784constructions placées de travers en des rues tortueuses, faites de briques noi-
15785râtres, de roseaux et de palmiers, à étages entassés; autour des portes un terreau
15786noir et des ordures dont l'homme propre est suffoqué et l'œil de l'homme élégant
15787offusqué. J'allai donc, attentif a bien reconnaître (Il cet état de choses, jusqu'à ce
15788que j'arrivasse dans les marchés étroits. La, j'évaluai la foule compacte des gens
15789avec les marchandises et les outres que portaient ies chameaux, avec une précision
15790que l'on ne peut obtenir que par témoignage oculaire et par évaluation (sic). Enfin
15791je me trouvai au mascljid djâmi' et j'y observai, pour ce qui est de l'étroitesse des
15792marchés qui l'entourent, le contraire de ce qu'ai décrit du djâmi' de Séville et
15793du djâmi' de Maroc. J'y entrai et j'observai un grand djâmi ', de construction
15794ancienne, sans lambris, u~y
15795_r::S:, avec des nattes mal entretenues qui couvrent
15796en partie le toul' de ses murs(2J et qui le tapissent (sur le sol). Je vis la foule,
15797hommes et femmes qui en avaient fait un passage' a force de le fouler de leurs
15798pieds, le traversant de porte en porte pour raccourcir leur chemin. Les marchands
15799y vendaient toutes sortes de sucreries, g·âteaux et autres friandises de même genl'e
15800que les gens mangeaient en nombreux endroits, sans vergogne, par l'habitude
15801qu'ils en avaient contractée. Un grand nombre de garçons portaient des vases
15802d'eau qu'ils faisaient ~irculer au milieu des mangeurs, lesquels se nourrissaient
15803de ce qu'ils leur procuraient, et jetaient dans le ~abn (JJ du djâmi' et dans les
15804coins(4J les restes de leur manger. Les araignées y multipliaient leurs toiles dans
15805les plafonds, dans les encoignures et sur les murs. Les enfants jouaient dans le
15806~abn. Les murs étaient barbouillés, en traits informes, au charbon et à la brique,
15807de diverses écritures tracées par les pauvres gens. Et cependant, malgré tout
15808cela, il y avait dans ce djâmi', en éclat, en attrait et en aisance, ce que tu
15809[tl ':-'~1. ~Ce terme s'emploie, en deoit musulman, pour désigner un jugement fondé sur
15810l'opinion que l'étal actuel d'une chose est semblable à son état passé ..... Il signifie, à la lettre ,
15811associer le pt·ésent au passé. Un jugement basé sur l'isti~~rab laisse les choses comme elles étaient. "
15812(DE SJ.ANE, Les Pl"olégonulnes d'Ibn Khaldoun, t. III, p. 7, nole 3.) D'apt·ès les exemples donnés par
15813le savant orientaliste, ce mot peut être considéré comme l'équivalent de notre terme juridique :
15814présomption. Ici, il a un sens plus vague; c'est l'action de se fair-e une opinion, de se documenter,
15815pour employe!" une expression moderne.
15816(2l , .Jûlb~ ~
15817~ )}.N ~~,litt.: ~qui tournent avec une partie de ses murs,. Cette acception
15818de: ~ )b est, je crois, inusitée.
15819(B) Les grandes mosquées égyptiennes contiennent généralement une grande cour intéri-eure, le
15820~a~n qui, d'après Mr. Van Berchem, répond à l'atrium des basiliques byzantines (Notes d'archéologie
15821arabe -
15822extrait du Journal··asiatique, 1891, }l· 20 ).
15823(~) Le mot : ~,~, pl. : ~l,j, signifie originairement ~coin, et plus lard ~chapelle, école établie
15824dans le coin d'une mosquée,. Je pense qu'ici le premier sens est préférable, bien que le second ne
15825soit pas impossible.
158261. 3o.
p. 157
15827296
15828P. CASANOVA.
15829ne trouves pas dans le djâmi' de Séville, malgré ses lambris et le jardin de son
15830~aQn. J'observai attentivement ce que j'y trouvai de délices et de charme, sans
15831en apercevoir la raison, puis j'appris que c'était une grâce mystérieuse, r,
15832conférée par le séjour des Compagnons (du Prophète) sur son emplacement, lors
15833de sa construction. J'admirai ce que j'y vis de réunions, ~,
15834où l'on professe (Il
15835la lecture du Coran, la jurisprudence, la grammaire en nombreux endroits. Je
15836demandai quelle était la source de ses revenus, et l'on m'informa que c'était
15837la dotation, uè.J~, de la zakât et autres dons semblables. Puis, on m'informa
15838P. 3h
15839que la perception en était difficile, sinon par la contrainte, s~4 (2l, et la
15840sévérité.
15841~Nous partîmes de là pour aller au rivage du Nil. Je vis un rivage d'une te.Te
15842noirâtre, malpropre, restr·eint comme espace et tortueux en sa longueur, sans un
15843mur blanc, mais toutefois, riche en bâtiments pour (la construction) des bateaux
15844et (l'emmagasinement) des diverses denrées qui arrivent de tous les points de
15845la terre et du Nil. Si je disais que je n'ai jamais vu sur aucun fleuve ce que
15846j'ai vu sur ce rivage, certes je dirais vrai. Ici, le Nil est étroit par la présence de
15847,
15848l'ile (de Rau qat) où le sultan actuel d'Egypte construisit sa citadelle (3l qui, est
15849au milieu des eaux, mais voisine de la direction d'al Foustâ~. Par la beauté de
15850ses murs blanchis et élevés, s'em~ellit le point de vue du rivage. Ibn J:lau~al a
15851mentionné le pont qui s'étend d'al Foustât à l'île; celui-ci n'est pas long; mais
15852de l'autre côté, vers la rive occidentale appelée rive d'al Djîzat, est un autl·e
15853pont qui rejoint cette rive à l'île. La plupart des gens passent, eux et leurs
15854montures, sur des bateaux, parce que ces deux. ponts ont été interdits comme
15855donnant accès dans la zone de la citadelle du sultan. Nul ne passe à cheval sur
15856le pont qui est entre al Fous~ât et l'île, par respect pour la résidence du sultan.
15857~Nous passâmes la nuit de cette journée dans une {âyyâmt, ~ ~
15858(4), élevée sur
15859le bord du Nil, et je dis :
158601. to.
15861Nous fimes à al Fous!il! là plus belle des stations, là où le Nil, se développant, lourne, Lei un
15862[collier.
15863{!) Sur ce sens du verbe:)~' voir Dozv, Supplément.
15864(2l Sur ce sens de : ~~, cf. Dozv, Supplément, qui le cite d'après ce tex le même qu'il attribue
15865à al 1\fal_{}f.arL
15866(5) Sur la citadelle de Rau~at construite par al Malik a~ ~âlil;l Nadjm ad dln Ayyot1b, cf. notre
15867auteur (édition arabe, t. II, p. t83).
15868(4l Ce mot signifie une construction élevée, litt. : !f qui s'envole, qui monte dans les airs, aussi
15869haut que les oiseaux:... Cf. Dozv, Supplément, qui, entre autres exemples, cite le même texte qu'il
15870attribue à al Ma!;.~arL
15871MAKRÎZÎ.
15872297
15873Au point du jour, les bateaux s'y étaient rassemblés comme une troupe de ~atà (JJ qui, à l'aurore,
15874[s'abat (2) sur des roses.
15875Au matin, la vague y bouillonne et se précipite; elle bouillonne en gémissant (3) et joue au nard (4l.
15876Son onde est douce (5J comme la salive de celle que j'aime. Sur elle se répand un éclat tel que
15877[l'éclat des joues.
15878Elle était comme les fleurs avant sa crue et, au matin, lorsque sa crue l'a augmentée, elle est
15879[comme les roses.
15880de elisais cela parce que je n'ai jamais goûté d'eau plus douce que son eau ,
15881et parce qu'avant la crue qui l'augmente et qui déborde sur ses rives, elle est
15882blanche, puis, lorsque se produit l'inondation du Nil, elle devient rouge.
15883~~ 'Alam ad clin Fakhr at Tourk Aïdemir 'Atî~, vizir de l'île, m'a récité ce
15884panégyrique d'al Foustâ~ et de ses habitants :
15885Quelle admirable mère qu'al Foustà!! elle éloigne de ses enfants le lait de la dureté.
15886Le Nil arrive à elle, souillé, et, quand il se mêle à ses peuples, il se purifie (fi).
15887Ils sont aimables; le nuage n'habite pas parmi eux, intimidé de les voir si aimables.
15888~de n'aijamais vu, dans aucun pays, d'habitants plus aimables que les habitants
15889t. 110.
15890d'al Foustât : ainsi: ils sont plus aimables que les habitants d'al ~âhirat, dont ils
15891sont séparés par deux milles environ. Enfin, les habitants d'al Foustât sont, à
15892un tel degré, aimables et doux dans leur parler, et aussi,~~ ~(il, flatteurs
15893et conciliants dans leur commerce, d'amitié prompte, multipliant leurs relations
15894et leurs fréquentations, qu'il serait trop long de le décrire.
15895~Pour ce qui débarque à al Foustât de ma·rchandises (venues) de la mer d'Alex-
15896andrie et de la mer du l:lidjâz, c'est au-dessus de toute description. C'est en cette
15897ville et non a al ~âhirat que cela s'accumule, et, de là, c'est dirigé sur al ~âhirat et
15898autres pays. C'est à al Foustât que sont les sucreries, savonneries et la plupart des
15899usines de même genre; car al ~âhirat a été construite spécialement pour l'armée.
15900(ll Sorte de pigeon, d'après les dictionnaires; perdrix d'Égypte, d'après Dozv, Supplément.
15901(2) Notre texte porte : '-'Y., celui d'al Mal_{~art : '-'fl; le sens reste le même.
15902(3) l;lh_ ~-La leçon d'al Ma!;.l_{art: l;~l y;b~ tt elle s'égaie par instants" me para1t meilleure.
15903(4) Le jeu de nard est semblable au trictrac. Dans ce jeu, les dames, suivant le hasard des dés,
15904tantô~ s'empilent sur les cases et tantôt s'y dispersent. Ce va-et-vient, ces alternatives de hauteur et
15905de décroissance sont, ici, comparés aux mouvements des vagues. Ailleurs, on les compare aux vicis-
15906situdes du sort; cf. MAs'oûnî, Prairies d'or, éd. Barbier de Meynard, t. VIII, p. 3t9·
15907(5) Ma!;.r1z1 écrit: 1~ (fest venue"; al Ma!,.l_{arî: lb. tt est douce11. Cette dernière leçon me paraît
15908préférable.
15909(6) Le Nil, en effet, dépose son limon sur les terres inondées et les eaux qui se retirent sont plus
15910claires.
15911(7) Litt. : tt sous cela"· J'ignore le sens précis de cette expression que ne signalent pas les diction-
15912nat res.
15913Mémoil·es, t. III.
1591438
p. 158
159151. 3o.
15916298
15917P. CASANOVA.
15918De même tout l'appareil militaire qui est à. al ~âhirat est pius considérable ue
15919celui ~ui est à. al Foustât; de même encore, ce qui est tissé, ce qui est teint, et t~ut
15920ce qm est fabriqué en objets destinés à. l'auguste Sultan.
15921rrA al Foustât, il y a beaucoup de ruines. Ai ~âhirat est plus récente, plus
15922peuplée et ~lus agglomérée, à. cause du transfert en cette ville (de la résidence)
15923du souveram et de la demeure des armées. Et maintenant l'esprit de travail et
15924d'extension a soufllé dans la ville d'al Foustât à. cause du voisinage d'al djazîrat
15925a~ Sâli~îyat(IJ. Beaucoup de militaires s;y sont transportés pour être à proximité
15926du service, et un grand nombre d'eux ont construit sur ses murs des mandharats (2J
15927qui réjouissent l'observateur." -
15928Ibn Sacîd désigne, par là, les constructions
15929élevées sur les bords du Nil, du côté d'al Foustât(3J.
15930DE L'ÉTAT ACTUEL DE MADÎNAT MISR.
15931.
15932SA DESCRIPTION.
15933, ?n a vu. p~écédemment une masse de renseignements qui prouve combien
15934etment considerables et nombreuses les constructions dans la ville de Foustât Misr
15935.
15936. . . '
15937pms quelles raisons entraînerent sa rùine. Le dernier ouvrage que j'ai vu, consa-
15938cré aux khatts de Mi$r est le Kitâb aï~â4h al moutaglta.ffil wa 'tti<â4h al moutâmmil(4J,
15939dont l'auteur est al ~âdî ar raïs Tâdj ad dîn Moubammad ibn <Abd al Wahhâb
15940ibn al Moutawwadj az Zoubaïrî, Dieu l'ait en sa miséricorde! Il s'est arrêté à
15941l'année 7 2 5 et il a énuméré des khags connus sous leur propre nom(5l, de son temps,
15942(1) Al Malik a~ $âlil). Nadjm ad dîn Ayyoûb ayant construit sa citadelle dans l'île ( djazîrat) de
15943Rau<Jat, on donne à l'île le titre royal (nisbat) de ce sultan. Le titre complet serait: al malakîyat
15944(pour al malikîyat) a§ §âli/j,tyat. Nous aurons souvent l'occasion de voir de telles nisbats appliquées à
15945des monuments, à divers objets et même à des personnes (les mamelouks).
15946(
159472
15948J Le terme manrjhamt, ~,
15949de la racine : na<Jhara, yb; ~regarder, observer, répond exacte-
15950ment à l'espagnol mirador et désigne, comme lui, les grands balcons et vérandas des belles habitations
15951des pa~s c~auds.- L'auteur joue ici sur la racine du mot: ~ce sont des constructions qui regardent
15952et celm qm (les) 1·egarde en est réjoui.
15953(~ J Cette réflexion de Ma~rîzî est reproduite par al Ma~~arî, ce qui fait penser que ce dernier
15954avait, sous les yeux, non le texte d'Ibn Sa<îd, mais la citation faite par Ma~r:îzî.
15955.
15956(GJ Cf. plus haut(texte arabe, t. 1, 1. t8).
15957(>J Comme nous le verrons plus loin, et comme cela est indiqué dans Ibn Dou~mâ~ qui semble
15958avoir suivi l'énumé1·ation d'Ibn al Moutawwadj (un des auteurs qu'il cite le plus souvent), il y a
15959MAKRÎZÎ.
15960299
15961au nombre de cinquante-deux, des bârats au nombre de douze, des zou~â~s connus
15962au nombre de quatre-vingt-six, des darbs connus au nombre de cinquante-trois ;
15963des khoûkhats connues au nombre de vingt-cinq, des soû~s connus au nombre
15964de dix-neuf, des khittats connues par les dârs au nombre de treize, des raba-
15965bats connues au nombre de quinze, des ca~abats au nombre de onze , des kôms
15966portant un nom au nombre de six, des ~aboûs au nombre de dix, des birkats au
15967nombre de cinq ,des sa~îfats au nombre de soixante-cinq, des ~aïsarîyats au nombre
15968de sept, des sucreries en activité au nombre de soixante-six, des châri cs au nombre
15969P. 31!3.
15970de six, des mabras au nombre de vingt, des djâmics où se tient la djoumcatUl,
15971tant à Mi~r même qu'en sa banlieue, à al Djazîrat (Raudat) et à al ~arâfat, au
15972nombre de quatorze, des masdjids au nombre de quatre èent quatre-vingts, des
15973madrasats au nombre de dix-sept, des zâwîats au nombre de quatre-vingts, des
15974ri bâts, tant à Mi~r qu'à. al ~arâfat, au nombre de plus de quarante, des }:tabs et
15975des wa~fs en quantité, des }:tamrnâms au nombre de plus de soixante-dix, des
15976kanîsats et deïrs de Chrétiens, tant des uns que des autres, au nombre de trente (2J.
15977La plupart des choses dont il parle ont péri et ont disparu; ce qu'il en a dit
15978sera rapporté aux articles qui leur sont consacrés dans ce livre, s'il plaît à. Dieu!
15979des kha~ts qui sont désignés par une dâr (maison) célèbre, ou par une l).ârât, ou par telle autre
15980particularité; d'au tres enfin portent le nom de la tribu qui les a fondés ou qui les habite. C'est à ces
15981derniers que s'applique l'expression: 4PI~ i)~l b~~l des khags connus par eux-mêmes,.
15982(1) C'est l'équivalent du masdjid djâmi< dont il a été déjà parlé.
15983<2l D'après la collation faite par M. Seligsohn, les manuscrits q36 et 1753 de la Bibliothèque
15984Nationale intercalent, dans cette énumération, la réflexion suivante, à propos des sucreries: o:sJ~I
15985!fr ~' ~
15986~lS" ~1 (lire: ~l...c'~) ~tM, c..... i;.- JI iy-o~ $, ~Lb..tl ~~~ ~ i~i~
15987'="'r' c.s.)..:..l i;.- .! ~~ r' ~li~, .;ü_,..)JI J6.. ~l-iJ ~
15988~ ~
15989~~, I.!J~!,Jl
159900"L4L .,;bli AMI~'="' ~
15991(:.)':!.)JI)~ ltb_r4,.o.! ~li.;l <.::J~I, ~li~,. ~J'ai connu un grand
15992nombre de ces sucreries, qui étaient en activité, jusqu'en l'année 3o6 (lire: 8o6), où commença
15993à se faire pressentir le mouvement des révolutions et des troubles. De ce moment, elles furent
15994abandonnées, par suite de la ruine de la dynastie; elles restèrent debout, puis furent détruites en
15995l'an 8 ~lt, et on en enleva les matériaux, dans le temps qu'elles ·étaient sous la direction de Ba dt·
15996ad dîn ljasan ibn Na~r Allah, le nâ<Jhir al Kha~~·"
15997Je profite de l'énumération faite ici par notre auteur pour indiquer la signification exacte de ces
15998ter,mes d'édilité que nous rencontrerons si souvent. Le khat! est une région, un quartier, englobant
15999un certain nombre de maisons; il peut se réduire à une rue. Il en est de même de la khi!tat, mot de
16000même racine et qui ne se distingue guère du premier, et de la {zârat qui, nous l'avons vu, est, au
16001Caire, ce que la khittat est à Foustât. Le zou/sâ/s est une rue de même que le darb; le premier semble
16002être plus important que le second. La khoûkhat est une poterne ou passage couvert; le soûls un
16003marché ou, plus exactement, une rue où se trouvent groupés, suivant l'habitude orientale, tous
16004ceux qui exercent un même métier; ce peut être une simple rue. La ddr est une maison de quelque
16005importance, hôtel ou palais; la ra~abat est une place. La <a~abat est une rue montante, une rampe;
1600638.
p. 159
16007l. 1 o.
16008300
16009P. CASANOVA.
16010Je dis : la ville de Mi~r est comprise entre quatre limites.
16011Sa limite orientale, actuellement, à partir de ~ala'at al dJ"abal quand t t
16012d" ·
16013·
16014'
16015u e
16016Iriges vers ~âb _al ~arâfat et que tu passes à l'intérieur du mur qui sépare al
16017~~râfat ~t MI$r, ~usque vers ~ôm al Dj~ri~, et que tu pars de kôm al Djâri~, en
16018laissant a ta drOite tous les koms de MI$r, pour aboutir à ar Ra$ad, là où com-
16019mence birkat al J::labach. C'est là la longueur de Mi~r du côté de l'est. ce •t'
16020l , ,
16021,
16022co e
16023est appe e : amal fô~.
16024Sa limite occid.ental~, à partir de ~anâtir as sibâ' hors d'al ~âhirat jusqu'à
16025~aouradat al })alfa, pms tu longes le bord du Nil jusqu'à Deïr at tîn; et cela est
16026egalement la longueur de Mi$r, du côté de l'ouest.
16027Sa limite méridionale, à partir des bords du Nil à Deïr at tîn là où finit la
16028limite occidentale, jusqu'à bir kat al J::Iabach sous ar Ra~ad, Ïà. o~ finit la limite
16029orientale : cela est la largeur de Mi~r pour le côté méridional, que les Égyptiens
16030appellent le côté de la kiblat (al djihat al ~iblîyat ).
16031.
16032Sa limite septentrionale (litt. : cc maritime", t..5 ys:), depuis ~anâtir as sibâ ', là
16033~ù :om~ence la limite occidentale jusqu'à ~ala 'at al djabal, là où commence la
16034l!mite onen tale, et cela est la largeur de Mi$r du eôté du nord qui est connu en
16035Egypte sous le nom de côté maritime (al djihat al babrîyat ).
16036L'espace compris entre ces quatre limites constitue (IJ la Mi$r actuelle. Le com-
16037~~ncement de la largeur de M~~r à l'ouest est le fleuve du Nil et la fin de sa larg·eur
16038a 1 est est le commencement cl al ~arâfat. Le commencement de sa longueur est
16039(du côté) de ~anâtir as sibâ' et la fin en est à birkat al Habach.
16040~ai~t;n.ant q,ue t.u. sais cela, (j'ajoute que) sur le cÔté ouest il y a : khaH as
16041saba SI~ayat qu avoisme le khalîdj et contre lequel sont, du côté est, le lûkr
16042A~boghâ et, du côté ouest, al Marîs et la minchâat al Mahrânî. En face de la
16043minchâat et à l'est du khalîdj sont: khaH ~antarat as sadd, khaH beïn az zou~â~eïn,
16044khag maouradat al ~alfâ et khaH al djâmi' al djadîd; à l'est du khaH al djâmi' al
16045le kôm une hutte à laquelle on accède par la 'a~abat. Le ~abotî est une voûte. La birkat est une
16046pi~ce d'eau. La sa~îfat est une rue couverte; la ~aïsarîyat une halle. Le chdri' est une grande
16047VOie, un boulevard. Le ma~ras est une sorte de caravansérail pour de pauvres gens, un asile. Le
16048mas~jid ~st la ~osq.~ée qui prend le nom de masdjid djdmi' ou simplement djdmi' lorsqu'il s'y tient
16049la 4Jo~m ,at; le ~dmt, est ~one, en quelque sorte, une mosquée cathédrale; la madrasat est un dj'dmi'
16050con.shtue en heu d enseignement, un collège religieux. La zdwîat est une sorte de madrasat plus
16051petite; beaucoup de mosquées et madrasats contiennent des zâwîats, comme nos églises contiennent
16052des chap~lles. ~e ribdf est un couvent ou une hôtellerie. Le ~abs et le way désignent, en général,
16053des dotatwns pieuses, et représentent ici, par conséquent, des immeubles affectés à quelque insti-
16054tution religieuse. Le ~ammdm est le nom bien connu du bain oriental. La kanîsat est la synagogue
16055ou l'église; le deir le couvent chrétien.
16056·
16057·
16058OJ Sur le sens de : ~
16059~~, cf. Dozy, Supplément.
16060MAKRÎZÎ.
16061301
16062djadîd est khaH al maràghat auquel sont contigus khatt al kabârat et khatt .al
16063ma'ârîdj. Au voisinage de khatt al djârni' al djadîd, du côté ba~~î(tJ, so.~t les .dârs ·
16064ayant vue sur le Nil, qui rejoignent djisr al Afram, lequel reJOint ~e1r at_ tm e~
16065ses alentours jusqu'à birkat al I:Iabach. Ce côté est actuellement celm de Mt$r qm
16066est le plus peuplé.
16067,
16068.
16069Quant au côté oriental, ii ne s'y trouve rien de peuplé que ~al a at al dJabal et
16070khaH al marâghat lequel est voisin de bâ~ al ~arâfat dans la ~irectio~ de
16071machhad as sayyidat Nafîsat. Au voisinage du khaH machhad as sayytda~ Nafts~t,
16072au sud, est al fa<Jâ (la plaine), qui était l'emplacement d'al maou~1f et d al
16073'Askar jusqu'à khatt kôm al Djâril_t, puis khaH kôm al Djâri~ ~t ce qu'i est
16074compris entre kôm al Djârib et la fin de la limite en longueur de Mt$r, au_pres de
16075bir kat al Ha bach sous ar Ha~ad. Ce sont des kôms. C'était les khittats mentwnnées
16076par al ~o~<Jâ'î. Elles furent détruites dans la grande catastro~he ~u' te~ps ~·~1
16077Moustansir et lors de l'incendie de Mi~r par Châwar, comme tl a ete cht prece-
16078demment.
16079Quant à la lat:geur de Mi~r qui va de ~anâtir as sibâ' à la ~a~ a~ at (al djabal);
16080elle est peuplée. Elle comprend birkat al ~îl as soughrâ (:lJ a~ votsm~g~ de ~haH
16081as saba' si~âyât. Au voisinage des dârs qm sont sur cette btrkat etal est, Il y a
16082khatt al kabch, puis khaH djâmi' Ibn 'foûloûn, puis khatt al ~oubaïbât, et cela
16083finit au faqâ qui est contigu à ~ala'at al djabal.
16084Quant à la largeur de Mi$r qui va des bords du Nil, où est khatt Deïr at tîn,
16085jusque sous ar Ha~ad, là où est bir kat al J::labach; _il ne ~·y trou~e, au~u~e construc-
16086tion, sauf khat~ Deïr at tîn. Quant aux autres pomts, Ils ont ete rumes lors de la
16087ruine des khittats. Il y avait là : kha~t Bani Wâîl et khatt Râchidat.
16088Quant à kh.aH as saba' si~âyât il était de l'ensemble d'al J::Iamrâ ad dounîâ(3l,
16089il en sera parlé à l'article des khaHs, s'il plaît à Dieu.
16090.
16091Les autres points (non indiqués) seront exposés au chapitre du nvage du
16092Nil.
16093(I) .lW~~· Il est impossible de donner à : (.5_;--S? le sens ordinaire chez notre auteur
16094(cf. q~elques lignes plus h~ut) de <t septentrion~h.' .car le Nil ~st à l'ouest .et non au n~rd ,du. khaH
16095en question; il faut donc lm donner son sens pnmitif de <tfluVIal", <t (relatif au ba~~' c est-a-due a~
16096fleuve)"· Je serais même fort porté à croire que : (.S_;S?, est une faute de copiste pour : c.lr
16097<t occidental".
16098.
16099(2) Ou la petite birkat al fîl. C'est probablement un autre nom de birkat ~âroûn, laquelle éta1~
16100bien dans celte région et faisait face à bir kat al fîl (la grande). Notre auteur nous donnera, a
16101diverses reprises, des détails sur ces hirkats.
16102.
16103.
16104(3) C'est une erreur : au lieu de : ~.)JI il faut lire : (.5~1; cf. plus haut, texte arabe ( t. 1,
16105p. 2 9 9 ' 1. 1 ).
16106J. !lO.
161071. 3o.
p. 160
16108302
16109P. CASANOVA.
16110DU
16111SÂIJIL '
161121
16113) DU NIL EN LA VILLE DE MISR.
16114.
16115Il a été dit précédemment que la ville de Foustât Mi~r avait été édifiée par les
16116Musulmans a l'entour du djâmi< <Amrou ibn al <Â~i et du ~a~r ach cham\ et que le
16117fleuve du Nil arrivait jusqu'à la porte occidentale du ~a~r ach cham< appelée al hâb
16118al djadîd (la porte neuve). Au moment de la conquête de l'Égypte, il n'y avait
16119entre le djâmic 'Amrou et le Nil aucune séparation, ~!.:. (2l; puis l'eau du Nil
16120laissa a découvert, devant le djâmi< et le ~a~r ach cham', un terrain sur lequel
16121'Abd al 'Azîz ibn Marwân construisit. Ce devint la propriété exclusive de Bichr
16122ibn Marwân quand if vint auprès de son frère 'Abd al 'Azîz, puis celle de Hichâm
16123ibn ·Abd al Malik quand il fut khalife; il y construisit. A la chute des Oumayyades,
16124ce territoire fut saisi (et annexé) au domaine du prince, j ~~ j (3J; puis ar
16125Rachid le constitua en fief, ~~, a as Sarri ibn al ~akam. Il passa après lui
16126aux mains de ses héritiers qui le louèrent et en perçurent le bikr(4J. En effet, les
16127·Musulmans y avaient édifié peu a peu, et le rivage du Nil, a pres que les eaux du
16128Nil eussent laissé à découvert le terrain en question, fut a l'endroit appelé aujour-
16129d'hui soû~ al macârîdj.
16130P. 344.
16131Al ~ouqâcî dit : ''Le sâtlÏl de la partie hasse de la terre (en question) était en
16132face d'al m~'~rîdj al ~adîm. Les restes d'al ma<ârîdj subsistent:. ce sont sept degr~s
16133dans le VOismage du sâbil al hîmâ, ~~, jusqu'au sâbii al hoûrî, I.S.J_~J!,
16134actuel. Le sâbil al hoùrî était alors appelé al ma'ârîdj al djadîd." Par al ma'â-
16135rîdj al djadîd il entend l'emplacement actuel du soû~ al ma<ârîdj.
16136Parmi !es khatts de Foustât Mi~r étaient les trois I:Iamrâ. La I:Iamrâ première
16137comprenait soû~ Wardân; par son ouest, elle donnait sur le Nil. Au voisinage
16138(du soû~) était la I:Iamrâ médiane dont faisait partie l'endroit appelé aujourd'hui
16139al kahârat(
161405
16141J, ~W!; elle était également sur le Nil. A côté d'al kabârat était la
16142. . (IJ, C~ mot sign~fie : ~rivage,. Mais je lui conserve sa transcription arabe parce qu'il s'applique,
16143ICI, a divers quartiers d al Foustât.
16144(2J
161451 ~'
16146b"
16147.
16148'
16149f D
16150...,...."""- rro Jet mterpose,, c. ozv, Supplément, )l.UJ ~b. rrécran,.
16151(BJ Cf. Dozv, Supplément, sub verbo.
16152(~) s
161531
16154.
16155.
16156d 1 1
16157.
16158ur a constitution e a ocatwn appelée l)ikr, voir notre auteur (texte arabe, t. I, p. 1 1 o,
16159l. 28; t. II, p. 114, l. 1o ).
16160(S) L
161611"
16162.
16163.
16164.
16165"
16166a voca Isabon est mcertame. Comme ce nom désigne une butte, je le vocalise comme : kabar,
16167)~ qui a le même sens. On peut adopter la lecture : al koubdmt, · i L...Ô1 (féminin · de : wJI .
16168l"
16169)
16170l'
16171l' • s.
16172:J .
16173) .
16174rr enorme", comme a 1ait Ilvestre de Sacy(Chrestomathie , 2•éd., t. I, p. 206 et 227, note 6).
16175MAKRÎZÎ.
16176303
16177Hamrâ extrême, du nord de la I:Iamrâ médiane jusqu'à l'endroit appelé aujour-
16178d'hui le khatt kanâtir as sibâ'. Cette I:Iamrâ extrême comprenait le khatt khalîdj
16179Mi~r depuis·k~nâti~ as sihâ' jusqu'en face de ~antarat as sadd, côté est. A l.a
16180limite de la J:Iamrâ extrême était al kahch et le mont Yachkour. Al kabch donnait
16181à l'ouest sur le Nil.
16182As sâhil al kadîm était entre soû~ al ma<ârîdj actuel- en :allant jusqu'a dâr
16183at touffâ4 de Mi~r, dans la direction de hâb Mi~r proche d'al kahârat -
16184et l'em-
16185placement du kôm qui avoisine hâh Mi~r par l'est. Mi~r ayant été détr~ite. par
16186l'incendie qu'y alluma Châwar ibn Madjîr, il se forma alors ce kôm qm prit le
16187nom de kôm al machânî~ (les potences) parce qu'on y pendait sur le sommet
16188les criminels. Puis, on construisit des maisons dessus, et jusqu'à nos jours ce kôm
161891. 1
16190a été appelé al kabârat.
16191La région entre solÎ~ al ma'ârîclj et ce kôm, quand elle était sâbil elu Nil,
16192portait le nom d'al ~âloû~, uo~W!. Al I:\.ou<;la(î elit: d'ai vu é.crit de la :U~in de
16193beaucoup de savants : al ~âloû~ avec un alîf ( â l~~g); de nos. JOUrs, tel ecrit : al
16194kaloûs
16195. -\;,;Il sans atîr. Kaloû~ sans alif designe une Jeune chamelle ou
16196.
16197·' uo_,_... ,
16198'J·
16199.
16200d
16201une jeune autruche; le pluriel est: ~oulou~, ~ilâ~ ou ~alâï~. A ~pliqué.au~ o~tar es;
16202~aloû~ désigne la femelle quand elle est petite. Peut-être ce heu fut-Il amsi appele
16203parce qu'il était en face du chameau (1J q~i était prè~ de• h~b ar rîb~n "clon't nous
16204parlons au chapitre des merveilles de MI~r. Quan.t a ~alou~ av~c i alif, c. est un
16205mot grec ( xcû .. os) dont le sens, en arabe, est : ~~bienvenue a toi": Pe~t-etre les
16206Roûm, applaudissant à celui qui montait ce chameau, prononçaient-Ils ce mot
16207comme ils en avaient l'habitude (quand ils applaudissaient) (2J."
16208Ibn al Moutawwaclj elit .: rr As sâbil al ~aclîm, en commençant au hâ~ Mi~r men-·
16209tionné plus haut"- il _veut dire le hâh qui avoisine al kabârat- " JUS~ues et~
16210compris al ma'ârîclj, était, tout entier, le lit elu fleuve, et les eaux y ,coulatent. 0~
16211elit que soû~ al ma(ârîdj était la maouraclat soû~ as samak ( clébarcaclere elu marche
16212(l ) Sur ce chameau, voir plus haut (texte arabe, t. 1, p. 3 2, l. 9 ).
16213.
16214.
16215.
16216(2) Il semble plus rationnel de rapprocher ce mot de la racine ~ala§a, ~,
16217~m se dit des eaux ~u~
16218se retirent. Ma)f.rîzî l'emploie quelques lignes plus bas. D'un autre côté, ~a régwn, d~nt parle ~a)f.rm
16219n'était nullement en face de bâb ar rî}.lân (du )f.a~r ach cham<), puisqu elle en etait assez lom' a~
16220nord. Le )f.âloû~ dont parle al ~oUIWî ne peut être que la région située à l'ouest du )f.a~r ~ch ~h~m:
16221entre le kasr et le Nil. Peut-être, par extension, ce nom a-t-il été donné à toute la par he laisseeA a
16222découvert l~ long du Nil. Cela confirmerait le rapport entre la racine : ~alll§a et le mot : ~&lo.Û§ ou .~~lou§.
16223Dans un autre passage (texte arabe, t. II, p. t43, 1. 13) notre auteur désigne un po mt vo~~m de
16224celui-ci, près de boustân Ibn Keïsân (voir quelques lignes plus bas), sous le nom de : U"'Y~~ ~u'
16225d'après d'autres manuscrits : uo_,..o_;ill. C'est ce dernier mot qu'adopte S. de Sacy dans son ~~lbon
16226·
16227·
16228'
16229J
16230·
16231l'
16232c'est ·
16233- lliJI qu Il faut
16234d'Abdel Latlf(p. 429) et qu'Il tradmt par: rrfosse , . e crois que, a encore,
16235· l)"'>-
16236lire.
p. 161
16237J. !lO.
162381. 3o.
16239304
16240P. CASANOVA.
16241aux poissons)'' -
16242il veut dire qu'e c'est ce que rapporte al ~ouçlâ'i, se fondant sur
16243le nom qui lui était donné de sâl)il al boûrî{ll, avant eelui d'al ma'âridj al djadîd.
16244Ibn al Moutawwadj dit: "On raconte que boustân al djourf qui fait faee à boustân
16245ooûQ_ Ibn Keïsân était la ~anâ 'at al'imârat. Encore de mon temps la porte en était,
16246là, etj'ai vu une clôture, Â-!-;J), qui, partant d'un pilier de la mosquée qui avoisine
16247le boûQ_ (Ibn Keïsân) par l'ouest, allait jusqu'en face du masdjid d'al 'Âdil qui est
16248à marâghat ad dawwâb (le pacage des bestiaux) actuel."
16249L'auteur, du présent ou vrag·e, Dieu l'ait en sa miséricorde! ajoute : Le boustân
16250al djourf porte encore ce nom de nos jours; il est à droite de qui va vers Mi~r par•
16251la route d'al marâghat. Il dépend du wa~f constitué à la khana~ât appelée al Mawâ-
16252~ilat (
162532
16254J dans baïn az zou~â~eïn. Quant au boûq Ibn Keïsân, il est appelé aujourd'hui
16255boûq at 'fawâchî en face de ghaït ( = boustân) al djourfmentionné plus haut. Il est
16256voisin de boustân Ibn Keïsân qui fut une ~anâ'at. Nous donnons l'histoire de cette
16257~anâ'at au chapitre des pavillons des khalifes. Boustân Ibn Keïsân est également
16258appelé de nos jours boustân at 'fawâchî; entre boustân al djourf et ce boustân at
16259'fawâchî est marâghat Mi~r par où l'on va à al kabârat et à bâb Mi~r.
16260Ibn al Moutawwadj dit : rr Des gens que j'ai connus tenaient d'autres qui le
16261tenaient d'autres, successivement jusqu'a un témoin oculaire, que ce ~aloû~ s'éten-
16262dait jusqu'aux maisons d'as sâl)il al ~adîin; il avait vu Jà les constructions qui
16263donnaient sur le fleuve du Nil : rab 's et dârs sur le fleuve; il avait compté les
16264seaux aux fenêtres qui donnaient sur Je fleuve du Nil : il y en avait seize mille en
16265permanence, avec poulies en permanence, où passaient des cordes par lesquelles
16266on les descendait et on les remplissait. Voilà ce qu~ rn 'a raconté quelqu'un en
16267les rapports de qui j'ai pleine confiance. Il dit que cela lui avait été raconté par
16268un homme en qui il avait confiance, comme remontant à des témoignages
16269oculaires par des intermédiaires de confiance (3l.,
16270Il ajoute : cc Bâb Mi~r aujourd'hui est entre le boustân qui est au sud d'al djâmi'
16271al djadîd, c'est-à-dire boustân al 'Àlimat, et kôm al machâni~, c'est-à-dire kôm al
16272kabârat. J'ai vu le mur qui la rejoignait à dâr an noubâs; tout ce qui était en dehors
16273d'elle était choûnat. Ce mur ancien qui est au sud de boustân al 'Àlimat, ne cessa
16274d'être; Jà je l'ai vu et connu, jusqu'à ce que la terre où il était, depuis bâb Mi~r
16275(I) Le boüri étant un poisson qui venait du lac de Tinnîs (cf. texte arabe, t.I, p. 181, 1. 3g) Ibn
16276al Moutawwadj en concluait que le sâ}:lil al h01lrî avait dü son nom à ce que la vente de ce poisson
16277s'y faisait jadis.
16278(
162792
16280) .iû..o!.,JI; il faut lire : .iû..o!,.tl. Cette khanaMt est décrite à la fin de l'ouvrage avec les autres
16281khâna~ats.
16282.
16283l3l Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 3 3 1, l. 1 3 ).
16284MAKRIZÎ.
16285305
16286jusqu'à maou~if al Moukârîyat (lJ dans l'ancien (quartier) al Khachchâbîn, fut ache-
16287tée par ijou~âm ad dîn 'fourantaï al Man~oûrî. Il en loua l'emplacement au public,
16288et tous ceux qui en louaient quelque parcelle détruisirent ce qui s'y trouvait
16289de construction en brique cuite (au soleil), '-:'_,.1Jl ~~, et arrachèrent les fon-
16290dations de pierre, dont ils firent leur bâtisse. Ce mur disparut donc. Puis se créa
16291as sâbil al djadîd. "L'auteur du présent ouvrage, que Dieu l'ait en sa miséricorde!
16292dit : cette porte mentionnée par Ibn al Moutawwadj était appelée bâb as sâbil.
16293Le premier creusement du sâbil Mi~r se fit en 3 3 6. Voici pourquoi. Le Nil
16294abandonnait la rive de Mi~r, si bien que les habitants étaient obligés de prendre
16295l'eau au bras du Nil d'al Djîzat, qui passe entre l'île de Mi~r appelée ar Rau~at
16296et al Djîzat; bêtes et gens devaient aller jusqu'à l'île (2l. L'oustâdh Kâfoûr al
16297lkhchîdî, qui était alors chef des émirs de la dynastie au nom d'Aoûnoûdjoûr
16298ibn al lkhchîd, creusa un khalîdj qui alla rejoindre le khalîdj Banî Wâïl, et
16299l'eau entra jusqu'à sâbil Mi~r. Puis, peu avant l'année 6oo, l'eau délaissa ,
16300~(
163013
16302l, l'ancien sâbil Mi~r, et, au moment des basses eaux(4l, il y en avait si
16303peu que la route du mi~îâs était sèche. En l'année 6 2 8, le sultan al Malik al
16304Kâmil Moubammad ibn al 'Àdil Aboû Bakr ibn Ayyoûb s'effraya de cet éloi-
16305P. 345.
16306gnement du fleuve par rapport aux habitations de Mi~r, et ii se préoccupa de
16307creuserle (lit du) fleuve depuis dâr al wikâlat à Mi~r jusqu'à ~anâ'at at toumr al
16308FâQ_ilîyat (5l, et il travailla lui-même à la chose. Tous sans exception s'unirent à
16309lui dans ce travail, et bas-peuple et émir le secondèrent de même zèle; on
16310répartit proportionnellement le terrain à creuser entre les maisons du Caire ,
16311de Mi~r, d'ar Rau~at et du mi~îâs. Le travail en dura depuis le début de Cha'bân
16312jusqu'à fin de Chawwâl, soit trois mois; enfin l'eau entoura le mi~îâs et l'île d'ar
16313Rauqat de façon permanente, tandis qu'avant, (même) au moment de la crue,
16314il n'y avait qu'une mince rigo1e à la pointe, J..;.~, d'ar Raudat. Lorsqu'elle rejoi-
16315gnit fa branche de Boûlâ~ (6l, au mois d'Abîb, ce fut à Mi~r un jour solennel.
16316(l) ~)lQI, est le pluriel de: )tG,, nom donné aux loueurs de bêtes de somme; de la même racine
16317dérive:~~ mou cre " , nom hie~ connu des voyageurs en Orient. C'est donc ~la station des mou cres"·
16318D'après Ibn Dou~mâ~, t. 1, p. 2 o et 31, il en existait une autre dans le quartier dit d'al I;ladjdjârîn
16319~les tailleurs de pierre".
16320(2l C'est-à-dire jusqu'à la rive faisant face à al Djîzat.
16321(5) Cf. la note 2 de la page 3o3.
16322(4)
16323~~.:...~!, litt. : ~ l'embrasemenb et, par suite ~le <lesséchement...
16324(5) C'est-à-dire la sanâ'at at toumr ~chantier des dattes" faite par al Fâ~il (le ~âqî); voir Ibn
16325Dou~mâ~, à l'article ~lill )1~1, t. IV, p. ltlt, l. 3.
16326(6) C'est-à-dire lorsque l'eau arriva à faire tout le tour de l'île en rejoignant la branche ma1tresse
16327à Boülâ~.
16328Mémoù·es, t. III.
163293g
16330,
p. 162
16331306
16332P. CASANOVA.
16333'
16334Quand arriva le règne d'al Malik a~ Sâli~, et qu'ii construisit la citadelle d'ar
16335Rauçlat, il voulut que l'eau fût abondante toute l'année à l'entour d'ar Rauçlat,
16336et il mit toute son attention à cet objet. Il fit couler nombre de barques chargées
16337de pierres sur la rive d'al Djîzat en face de bâb al ~antarat qui est à la sortie de
16338la ville de Mi~r et au sud de l'ile d'ar Rauçlat. Par là, l'eau fut refoulée et le fleuve .
16339dès lors, se mit à couler petit à petit et à s'accroître peu à peu sur la rive de Mi~r
16340depuis dâr al moulk jusqu'au voisinage d'al Ma~s, et traversa al minchâat al
16341Fâçlilîyat (Il.
16342Ibn al Moutawwadj dit à propos de l'emplacement d'al djâmi< al djadîd: ((Sous
16343la dynastie ~âli~ite- c'est-à-dire d'al Malik a~ Sâlil.1 Nadjm ad dîn Ayyoûb -
16344il y avait une sa blonnière, A.l.o), sur laquelle on laissait s'ébattre les bestiaux a
16345l'époque du bas Nil et du retrait de la branche du fleuve qui passait devant.
16346Quand al Malik a~ Sâli~ construisit la citadelle de l'île (d'ar Rauçlat) et qu'il se
16347mit chaque année à faire creuser cette branche par ses soldats, donnant même de
16348sa personne, et a faire jeter une partie du sable qui s'y trouvait dans cette plaine'
16349les familiers du sultan commencèrent à construire sur les bords de cette branche."
16350Il mentionne alors tel qui construisit depuis en face l'emplacement actuel d'al
16351djâmi{ al djadîd jusqu'à la madrasat al Mou<izzîyat, et il mentionne ce qui était
16352derrière ces maisons depuis boustân al <Âlimat sur lequel donne al djâmi< al
16353djadîd, etc. Après quoi, il dit: rr Il est appelé (jardin) al <Âlimat uniquement parce
16354qu'il fut concédé par al Malik a~ Sâli~ à cette câlimat (:J} qui construisit à côté
16355un pavillon à son usage. L'eau entrait par le Nil a la porte du dit pavillon. Après
16356sa mort, le jardin resta quelque temps aux mains de ses héritiers, puis ii leur
16357fut repris. "
16358Il ajoute: ((La plaine d'al djâmic al djadîd, avant la construction du djâmi\ était
16359(affectée aux) choûnats de pailles du sultan, de même tout ce qui l'avoisinait.
16360Quand le sultan al Malik an Nâ~ir Mou~ammad ibn ~alâoûn construisit al djâmi<
16361al djadîd, les constructions se multiplièrent depuis la limite de maouradat al ~alfâ
16362sur les bords du Nil jusqu'a atteindre Deïr at tin. On construisit aussi derrière
16363le djâmi < depuis la limite de bâb Mi~r, qui, autrefois, était le fleuve, comme
16364nous l'avons dit plus haut, jusqu'à la limite de ~antarat as sadd."
16365(IJ C'est-à-dire la minchâat d'al Fâqil, appelée plus tard comme nous le verrons bientôt minchâat
16366al Mahrâni.
16367(2) Ce mot, sous la forme vulgaire : •almeh, est passé en français : ~almée,. Djamâl ad dln ibn
16368Wâ~il (Hég. 6o4-697), auteur d'une importante histoire des Ayyoûbites, nous appre11d qu'une des
16369deux femmes d'al Malik a~ f?âli}_t s'appelait Bint al <Alimat c'est-à-dire : ~fille de l'almée" (Biblio-
16370thèque Nationale, manuscrit arabe, no qo3 du catalogue de Slane, f" 66 V0 et fo 75 r
163710 ). C'est donc
16372probablement de la belle-mère d'al Malik a~ ~âli}_t qu'il est ici question.
16373MAKR1ZÎ.
16374307
16375Nous avons encore vu tout cela au dernier point de prospérité. Ce fut boulever~é
16376lors des événements qui suivirent l'année 8o6. Le khag baïn az_ zou~â~eïn ~u~,
16377par l'ouest, a vue sur le khalîdj et, par l'est, sur boustân al dJourf, fut ~ume;
16378·1 '
16379reste plus que quelques maisons. Son emplacement, comme nous lavons
163801 nen
16381N'l
16382· ï
16383dit plus haut, était, aux temps anciens, reco~v~_rt par l'ea~ du 1 , pms ~ se
16384forma une berge ( djourf); ce fut baïn az zou~a~_em en question. Al~rs on y el: v~
16385de nombreuses constructions, puis ce fut la rume actuelle. De meme fut rum_e
16386khatt maouradat al ])alfâ qui autrefois était recouvert par l'eau; quand l~ Nd
16387for~·a (en se retirant) la dite berg~, que_ se fo~ma l'îl: en_ face .~'as sâl:~l. a~
16388~adîm lequel est aujourd'hui (la régwn qm va) d al kabara_t JU~cqu a _al ~na aridJ
16389et qu'al Malik an Nâ~ir Moubammad ibn ~alâoûn éleva al dJâ~I al dJadid, ce tt~
16390maouradat al balfâ fut couverte de constructions et fut rehee, par le nord, a
16391minchâat al Mahrânî, et, par le sud, aux propriétés qui s'étendent en. face. ai
16392d.•
16393·< 1 d''d'd t de là J·usqu'a Deïr at tîn. Cette maouradat al ])alfa devmt
16394Jam1 a . Ja 1 e ,
16395,
16396. .
16397, , .
16398considérable : la stationnaient les barques pour le chargement des cer:ales et
16399autres produits, la on remplissait les outres. Le fleuve s'y mai~t'e~a1t toute
16400l'
16401'
16402Plus tard il s'assécha dans la saison du printemps et de l ete, et cette
16403annee.
16404· '
16405l
16406situation s'est continuée jusqu'a nos jours. A été égaleme~t rumee tout~ ~
16407région derrière al djâmic al djadîd qui ~tait l~ fleuve (autrefois), en. face as sabtl
16408al ~adîm, et qui devint, lors du retrait de l eau, un pacage ( marag~at), po~~
16409les bestiaux; elle est appelée aujourd'hui : al marâghat. Elle part de l extremite
16410du khatt kantarat as sadd (pour aller) jusqu'au voisinage d'al kabârat; elle est
16411enserré~, .a l'.ouest, par le boustân al djourf_ me_ntion~é ~lus ~aut et ~o~bre de
16412maisons qui étaient des jardins et des magasms JUSqu a _bab ~~~~' et, a 'lest, p:r
16413boustân Ibn Keïsân qui fut une ~anâ <at et qui est au~ourd h~1 appele, bous ta~
16414at Tawâchî. Il ne reste aujourd'hui dans le khaH d al maraghat qu un pebt
16415n~~bre de demeures misérables.
16416D'AL MINCHÂAT.
16417Sache que le khalîdj de Mi~r sqrtait du fleuve du Nil et pass~i~ l~ long d_e
16418la route d'al J:lamrâ al ~ou~wâ. Sur le côté oriental de ce khahdJ, 1l Y ~val~
16419nombre de boustâns parmi lesquels un boustân connu sous le nom ,de ~oust~n ~­
16420Khachchâb. Puis ce boustân fut détruit et l'emplacement en est appele ~UJO~rd hU.1·
16421al Maris. Dans le temps qui suivit l'année 5oo de l'Hég·ire, le Nil decouvrit,
164223g.
164231. 20.
16424l. 3o.
p. 163
16425P. 346.
16426308
16427P. CASANOVA.
16428en se retirant, une terre comprise entre rnaïdân alloû~ -
16429dont il sera parlé ~i­
16430après au chapitre des bikrs (situés) hors du Caire, s'il plaît à Dieu- et boustân
16431al Khachchâb ci-dessus mentionné. Cette terre fut appelée minchâat al Fâ~il parce
16432que le ~âçlî al Fâ~il 'Abd ar Rabîm ibn 'Ali al Beïsânî y créa (l) un jardin consi-
16433dérable qui approvisionnait les gens de Mi~r de ses dattes et de ses raisins. Il
16434édifia, à côté, un djâmi' autour duquel il construisit. Aussi cette khi Hat fut-elle
16435appelée : minchâat al Fâçlil. Les constructions s'y mull.iplièrent, et Mouwaffa~ ad
16436dîn Moul;tammad ibn Aboû Bakr al Mahdawî al 'Outhmânî ad Deïbâdjî y créa un
16437jardin pour lequel il dépensa 1, o o o dinars du temps de Beïbars, alors que la
16438valeur du dinar montait à 2 8 dirhems et demi. Puis le Nil submergea le boustân
16439al Fâçlil, le djâmi' et tout ce qui se trouvait à minchâat al Fâçlil de jardins et de
16440maisons; il y fit de tels ravages qu'il n'en resta plus la moindre trace. Les ven-
16441deurs de raisins d'al ~âhirat et de Mi~r n'en continuèrent pas moins, bien des
16442années après la ruine de ce boustân al Fâçlil, à annoncer le raisin par ce cri :
16443rr Dieu pardonne à al Fâ~il, raisin! " et cela montre combien étaient nombreux
16444et beaux les raisins du boustân al Fâçlil.
16445Or le fleuve avait dévoré cette minchâat al Fâ~il après l'année 6 6 o. Al Mou-
16446waffa~ ad Deïbâdjî dont ii a été parlé remplissait les fonctions de khâtib au
16447djâmi' d'al Fâ~il qui était dans la minchâat. Lorsque Je djâmi' fut détruit par
16448l'invasion du Nil, il sollicita le ~âl;tib Bahâ ad dîn Ibn ijanâ qui était de ses
16449intime~, et le pressa si vivement qu'il entreprit la reconstruction du djâmi'
16450dans minchâat al Mahrânî. Cette minchâat al Mahrânî était située entre le Nil et
16451le khalîdj et comprenait foùhat al khalîdj (2) (faisant partie) d'al 1:1am râ al ~ou~wâ,
16452d'où le -Nil s'était retiré jadis. Cet emplacement était connu sous le nom d'al
16453kôm al al;tmar parce que l'on y fabriquait des fourneaux, iU.:il (3l, de brique
16454(Il t........;l. De la racine : -"'t........;, nachd ~créer" dérive le mot: iS~, minchdat ~création,, Ma\<.dzî
16455n~us donne ainsi l'étymologie de ce mot qu'on retrouve assez souvent dans la géographie de
16456l'Egypte et que les dictionnaires ne donnent pas.
16457Ces détails et ceux qui suivent sont répétés, presque mot pour mot, d'après Ibn al Moutawwadj,
16458par notre auteur, à l'article du djâmi' de minchâat al Mahrânî (texte arabe, t. II, p. 2g8, 1. 15-36).
16459Cet article a été traduit par QuATRE~IÈRE, Histoire des Sultans mamlouks, 1•r vol., 2• partie, p. go,
16460note 112. Cf. aussi S. DE SAcY, Chrestomathie arabe, 2• éd., t. 1, p. 233.
16461\
164622
16463) ~L'embouchure du khaHdj" &-L4L Lœ_,..;. Il faut entendre, par là, la partie comprise
16464entre l'embouchure primitive (au temps que le Nil coulait plus à l'ouest) et l'embouchure mo-
16465derne, -plus exactement les terrains qui la bordaient. C'est ainsi que la même région s'ap-
16466pelle encore aujourd'hui Foum al KhaHgh; c'est le nom d'une station du chemin de fer du Caire
16467à Hélouan.
16468(àJ C'est le pluriel de : C:ftÏ, ~amîn dérivé du grec "â.(.twos, probablement par le syriaque. Cf. Dozv,
16469Supplément.
16470.
16471MAKRÏZÎ.
16472309
16473cuite , y_,.bJ 1 (lJ. Lorsque le ~âbib Bahâ ad dîn ibn I:Ianâ demanda à al Malik
16474aqh l)hâhir Beïbars la permission de reconstruire le djâmi' en cet endroit pour
16475remplacer le djâmi' qui était à minchâat al Fâ~il, celui-ci y consentit. Ii créa donc
16476le djâmi' au khaH d'al kôm al abmar comme cela est raconté à l'article qui lui
16477est consacré dans la description des djâmi's. Là, l'émir Seïf ad dîn Balbân al
16478Mahrânî éleva une dâr où il habita et construisit un masdjid; son nom fut donné
16479à cette khittat, et on l'appela minchâat allVIahrânî. Ce fut, en effet, al Mahrânî
16480qui, le premier, y construisit après l'édification du djâmi'; on éleva des construc-
16481tions successives à minchâat al Mahrânî qui devint si peuplé qu'il y demeura,
16482dit-on, plus de quarante émirs de la cour, .:0..,~1 !ri, sans compter les vizirs,
16483les principaux secrétaires, les plus considérables ~â~is et les personnages de dis-
16484tinction, et il ne cessa d'en être ainsi, jusqu'à ce que, le Nil ayant délaissé la
16485région orientale tout fut ruiné. On v voit encore de nombreux restes de maisons.
16486'
16487~
16488A khatt al djâmi' al djadîd est contigu khaH dâr an noul;tâs qui a vue sur le
16489Nil. Dâr an noubâs est une des dârs anciennes, elle a disparu et c'est devenu un
16490khatt qui en porte le nom.
16491·
16492Al Koudâ'î a dit: rr Dâr an nouhâs (2) est un khatt de Wardân affranchi de 'Amrou
16493ibn al. 'Â~i·. Maslamat ibn Moukhallad, étant é~ir de Mi~r, écrivit à Mou'âwîyat
16494(le khalife) pour lui demander d'en faire un diwân. Mou'âwîyat écrivit à Wardân
16495pour la lui demander, et il lui donna en échange dâr Wardân qui est située dans
16496le soû~ du même nom ( soû~ Wardân ). " Rabî'at a dit : ''L'emplacement de cette
16497dâr faisait partie de la khittat d'al l:Iidjr de (la tribu de) al Azd; 'Oumar ibn Mar-
16498wân l'acheta et la construisit. Devenue propriété de ses fils, elle leur fut confis-
16499quée et vendue à l'encan, J 1~1 J, en l'année 3 o8, puis elle passa à Chamoûl (
165003
16501)
16502al Ikhchîdî qui y bâtit une ~aïsârîyat et un l;tammâm, et dâr an noubâs devint
16503~aïsârîyat Chamoùl (4) , -.
16504Ibn al Moutawwadj a dit : ~ Dâr an noul;tâs est un khatt qui prend son nom
16505'
16506(I l La brique cuite porte, encore de nos jours en Égypte, le nom de ~omrtî ~rouge,, C'est proba-
16507blement de là que venait le nom de kôm al).mar ~ kôm rouge"·
16508(2) Ma\<.dzî a ici, fort mal à propos, confondu dâr an noul).âs (dont le site n'est pas douteux,
16509puisque le nom subsiste encore) avec une dâr portant le même nom et qui était immédiatement
16510voisine du premier noyau du djâmi' 'Amrou, c'est-à-dire à plus d'un kilomètre de distance. C'est à
16511cette dernière seulement que convient la citation d'al ~ouQ.â'1 donnée ci-après. Cf. notre auteur
16512(texte arabe, t. II, p. 24g, l. 23).
16513.
16514(3) J_,....w; la véritable orthographe de ce nom paraît être: Samoûal: J$_,......, Cf. plus haut (p. 258,
16515note 4 ).
16516(4) Ibn Dou\<.mâ\<. ne mentionne pas cette \<.aïsâdyat. Une \<.aïsârîyat al lkhch1d qu'il mentionne
16517en passant ( t. IV, p. 5t, l. 2) ne paraît pas répondre, par son emplacement, à celle dont parle Rabî'at.
165181. 10,
165191. ~o.
p. 164
165201. 3o.
16521310
16522P. CASANOVA.
16523de dâr an noul)âs; c'est aujourd'hui fondou~ al Achrâf qui a deux portes : devant
16524l'une, est une ra~wbat, et la seconde est un châri' dans as sâbil al ~adîm (tJ , ..
16525A l'extrémité de cette avenue, ~, qui a vué sur le Nil est djisr al Afram. Il
16526est au bout de Mi~r, entre la madrasatal Mou'izzîyat et le ribâ~ al âthâr(2J. Il donnait,
16527d'un bout à l'autre, sur le Nil; mais aujourd'hui l'eau s'en est retirée par la baisse
16528du niveau du Nil. Son nom lui venait de l'émir 'Izz ad dîn Aïdemir al Afram a~
16529Sâlibî an Nadjmî, émir djandâr; et cela, parce que, lorsqu'il loua (de l'État) la
16530birkat ach chou'aïbîyat, comme il est rapporté dans la description des birkats
16531en ce livre(3J, il en détacha deux feddans à l'ouest, qu'il permit aux gens d'occu-
16532per à titre de bikrUtJ, ce qui f~t fait; nombre de maisons y furent construites et
16533les constructions y atteignirent le plus haut degré de fini, l:Jli:;!(5J. Les plus
16534grands personnages de la cour d'an Nâ~ir Moubammad ibn ~alâoûn, tels que
16535les vizirs et les principaux secrétaires, voulurent habiter sur ce djisr, y construi-
16536sirent avec passion, s'ingénièrent aux plus originales ornementations, .A~j,
16537recherchant les plus beaux marbres. Ils dépassèrent toute limite dans la profu-
16538sion des sommes considérables qu'ils y consacrèrent, si bien que le khaH du
16539djisr devint la plus admirable résidence de la province, ~~
16540(6!, de Mi~r. Les
16541habitants en étaient les plus raffinés de mœurs, les plus adonnés aux délices de
16542la vie, les plus comblés d'opulence. Puis ce djisr fut ruiné totalement et les mai-
16543sons en disparurent.
16544Quant au côté oriental de Mi~r, c'est là qu'est la ~ala'at al djabal à laquelle
16545nous consacrons un chapitre spécial qui comprend une foule de renseignements
16546utiles et qui est inséré dans ce livre. Vois-le(7).
16547(l) Ibn Dou)j..mâ~ distingue le khaH et le fondou~. Pour lui, dâr an noul).âs fait partie de khag
16548as sâl).il al ~adîm ( t. V, p. lto, l. 16) et le fondou~ à deux portes fait partie de khaH as sâl).il al djadîd
16549( t. V, l. 2 5); d'ailleurs, l'un et l'autre sont très voisins.
16550(
1655121
16552Ou âthâr an Nabî t< les reliques du Prophète"· Il subsiste toujours, un peu au nord de Deïr at tin.
16553(31 Texte arabe (t. II, p. 158, l. 36).
16554(
165554
165561 C'est-à-dire moyennant redevance perpétuelle. Cette institution du ~ikr sera expliquée par
16557notre auteur plus tard (texte arabe, t. II, p. 11ft, l. 1 o ). Cf. plus haut (p. 3 o 2, note ft).
16558(
1655951 Sur cette expression, voir Dozv, Supplément.
16560(GI ~1, originairement r~ elima ill est employé en Égypte dans l'acception plus restreinte de
16561t<province,, C'est sous ce nom que l'Atlas de l'expédition française de 1798 désigne chaque province
16562égyptienne. Ici, le mot : Mi~r peut désigner l'Égypte et, au lieu de province, on peut dire : pays.
16563J'incline cependant plutôt vers le premier sens.
16564(
1656571
16566L'étude de la ~ala'at al djabal (la Citadelle du Caire toujours existante) et des services admi-
16567nistratifs et militaires qui étaient installés comprend, en effet, une portion considérable du deuxième
16568volume de l'édition arabe, p. 20t-23~L Cf. la monographie que j'en ai faite dans les Mémoires de la
16569Mission archéologique française du Caire, t. VI.
16570MAKRizî.
16571311
16572L'extrémité de ~ala'at al djabal est contigu à khaH bâb al ~arâfat qui est une
16573des extrémités d'al ~atâ'î et d'al 'Askar. Le khaH bâb al ~(arâfat touche au faQ.â
16574(plaine) qui porte le nom d'al 'Askar'
165751
16576~; ~ous en avons déjà parlé. Il était à l'extré-
16577mité d'al 'Askar qui touche kôm al DJânb.
165781h 1\tAOUKIF. -Ibn Wa~îf Châh, dans son histoire d'ar Rayân ibn al Walîd qui
16579est le phar~on du prophète de Dieu Yoûsouf (Joseph), ~ur qui soie~t les prières
16580de Dieu! dit (2J : ((Sous son règne, entra dans le pays (l'Egypte) un Jeune homme
16581d'origine syrienne que ses frères, par trahison, a:aient ve~clu. ?r .les caravan~s
16582de Syrie faisaient halte au voisinage de ce qm e~t ,a~Jourd hu~, a~ ma~u~1f
16583(la halte). Le jeune homme s'y arrêta et on le vendit a l en~~n. C eta1~ You~ouf
16584ibn Y a 'koûb Isbâ~ ibn Ibrâhîm Khalîl ar Rabmân (JJ, les pr1eres de D1eu soient
16585sur' eux i Il fut acheté par Atfîr le 'azîz (4). On dit que celui qui tira Yoûsouf de
16586la prison est Mâlik ibn Da'r ibn J:Iidjr ibn Djazîlat ibn Lakhm ibn 'Adî ibn al
16587·
16588· b ·b Y '
16589b ·b K he (5)
16590Hârith ibn Mourrat ibn Oudacl ibn Zeïd 1bn YachclJOU
165911 n a rou 1 n . a .. an ·
16592. Al Koudâ'i a elit : ((Al maou~if était un façlâ propriété d'Oumm 'Abd Allah
16593bint(6J .Mas.lamat ibn Moukhallad, qui en fit donation pieuse aux Musulmans.
16594Ce devint un maoukif où se vendaient les bêtes de somme. Puis ce devint propriété
16595particulière, ~.·J'en ai déjà parlé au chapitre .d'a~h J;>hâ~ir -
16596c'est-~-dire des
16597khiHats des gens d'aQ.h J)hâhir,- car al maou~If fait parbe de ces kh1ttats.
16598Ibn al Moutawwadj a dit :
16599~~ Ba~'at khatt a~ ~afâ. -
16600Ce khaH a totaleme~t
16601disparu, et il n'en ·reste plus de trace. Il est au sud, ~(
166027
16603l, d'al Foustât: d
16604(I l C'est-à-dire qui est appelé fa~â al 'Askar- immédiatement au-dessous de la hauteur de la
16605Mosquée d'Ibn 'foûloûn.
16606(21 Cf. plus haut (texte arabe, t. 1, p. 243, l. 3 à 5 ).
16607,
16608(3) Khalîl ar Ral).mân t< intime de Dieu, est l'épithète bien connue donnée par les Musulmans a
16609Abraham.
166101 t t r
16611' U.l Atfîr est le Putiphar de la Bible : ;"1~19 (Genèse, XXXIX, 1 ). Dans no~re. texte 1 au rre :
16612,r.ibl, au lieu de : ~1. La première lettre " est tombée dans la transc~r~twn arabe, comme
16613cela est fréquent. Quant à l'expression de : 'azîz ~~gouverneur"' elle est speciale aux Musulmans
16614(Coran, XII, 3o, 31, 32, 5t).
16615.
16616, . .
16617.
166181
16619ull
16620(51 Sur cette généalogie, cf. C.wssiN DE PERCEVAL, Essaz sur l h~stmre des Arabes, t. 1, m fine, tab ea
16621·
16622(6J Lire : cV.> au lieu de : ~, distraction évidente des coprstes.
16623, .
16624,
16625, .
16626(71 De tous l~s renseignements donnés, ailleurs, par Ma)j..rîzî lui-même et des details tres precis
16627fournis par Ibn Dou)j..mâ)j.., qu'il serait trop long d'énumérer, il résulte san~ l'o~bre d'un ~ou~:
16628que le khaH en question était au nord-est d'al Foustât. :our aller du Catre a ~a Mosquee
16629t
16630'Amrou on partait de machhad as sayyidat Nafîsat (qui exrste encore) et on passait par ce khat,·
16631h était 'comme J·e l'établirai dans la reconstitution de la topographie d'al Foustâ~, auprès du mas-
16632'
16633· " d · d
16634d
16635t ·
16636t . :.: le sens de :
16637djid actuel d'Aboû Sou'oud. Si le texte est exact, rl1au rart one onner au mo · ~'
16638t<Orientab.
p. 165
16639312
16640P. CASANOVA.
16641commence au voisinage d'al ma$na' et du khaH at 'fabl)ânîn. Je l'ai vu de mon
16642P. 347.
16643te~~S encore: il y avait deux rangées de tâl)oÛns (l) pressés l'un a côté de l'autre
16644reJOignant darb a~ $afâ à kôm al Djârib; j'y ai vu habiter une foule de grands
16645personna?es de MI$r, la plupart notaires (2J. Qui passait entre ces deux rangées
16646ne pouvait entendre ce que son compagnon lui disait, tant ces tâl)oûns tournaient
16647avec force. Il y avait, entre autres, un tâb.oûn de sept meules,)~!. Tout cel'a a
16648disparu et il n'en reste aucune trace . .,
16649.
16650,n ajoute : rr Ba~'at darb a$ $afâ -
16651c'est le darb qui était a bâb Mi$r. On dit
16652qu en dehors est le soû~ de Yoûsouf (3l, sur qui soit le salut!
16653r~ C'était une po.rte avec deux mi$râ' (4J que surmontait une grande arche, et elle
16654avait ~n vaste. seml, ~·inférieur en pierre $awân. Dans le voisinage était le
16655ma$na en rumes qm ex1ste aujourd'hui; autour du ma$na' étaient des colonnes
16656de m~rb~e, form~~t un c'ercle, .. qui supportaient le sâbâ~ (passage couvert) sur-
16657monte cl un masdJid mou alla~ (~J. Tout cela fut détruit sous le gouvernement de
16658Saïf ad dîn connu sous le nom d'Ibn Salâr(6l, wâlî de Mi$r sous le règne d'adh
16659J)hâhir Beïbars. Ce darh conduit a ùarb a$ $afâ et à (khatt) at 'fab.bânîn.,
16660.
16661L'auteur du présent ouvrag·e dit:
16662La porte en question était une des portes de Madînat Mi$r; son autre porte
16663(Il L
16664t t'h '
16665.
16666'fi
16667·
16668e mo : . a. oun s1gm Je : ~mou lm" ; le kha tt at 'fal)."l)ânin est ~le quartier des meuniers,.
16669(
1667021 J,~,pluriel de: J~; cf. plus haut(p. 263, note 5).
16671(3J
16672•
16673..
16674C' t ' d'
166751
16676'k (
16677h ') ' J
16678.
16679. .......... ~ ~~ ... :.
16680es -a- Ire e sou. marc e ou oseph fut vendu. Cf. YA'~oûr, Dictionnaù·e géo-
16681gJ~phzque (ed,' Wusten.~eld: t._I:, ,P' 554, l. 10) et I}:azwini (éd. Wüstenfeld, t. II, p. 1 60 , I. 5)
16682qu.I ~arlent dun masdJid el~ve a.l en~roit ,où .fut vendu Joseph, contre bâb darh ach Cha"ârin qui
16683dmt etre même ch~se que ha? M1~r ( c est-a-d1re la porte de Mi~r appelée bâb a~ ~afâ) dont parle
16684Ibn al MoutawwadJ. Ce dermer nom n'est mentionné ni par Ma).>:riz1 ni par Ibn Dou].,:mâ].,:.
16685.Quant au mot : ba~'at il signifie ~plaine, comme jarf,d; c'est donc, suivant toute probabilité,
16686meme ~hose que .fa~â al 'Askar dont il a été parlé plus haut; cf. notre auteur (éd. arabe, t. II,
16687p. 445 a 447) qm parle de la ba~'at dans cette région.
16688(~J L . . fi
16689.
16690d
16691'
16692·
16693a SI~m Icab~n e ce mot nous est donnee par une variante d'un manuscrit qui le remplace
16694par ~ bourdJ" et. qm se retrouve dans Ibn Dou).>:mâ].,: avec le même texte ( t. IV, p. 28, I. 17 ). Comme
16695le~ ~ortes du Cm re, celle qui est décrite ici est composée de deux tours ( bourdj, badanat ou mi§rd')
16696reJOintes par une vaste voûte.
16697(5l C'
16698' d'
16699·
16700est-a- tre · :suspendu, au-dessus du sol,. Dans sa description des masdjids, Ibn Dou].,:mâ~
16701ne manq~e p~s de,signaler ceuxqui sontmou'alla~ (t. IV, p. 79 et seq.). Il s'agit, ici, probablement
16702du masdJid signale par Ya'].,:oût et Kazw1ni.
16703(
1670461 Ibn Dou].,:mâ].,: (t. IV, p. 27, 1: 16 et p. 28, l. q) l'appelle Ibn Ispasalâr. Ce nom lui est
16705également donné :a.r N~wa~ri cité par Quatren~ère (Histoire des Sultans mamlouks, t. I, 2° parti~, p. 119,
16706n~te) et ~ar Ma].,:r!Zl lm-meme dans son Kit&b as souloûk traduit par Quatremère sous le nom d'His_-
16707tou·e des Sultans mamlouks ( t. Il, 1re partie, p. 2 4 et 28 ). Ce personnage mourut en 679.
16708MAKRÎZÎ.
16709313
16710était du côté du sâbil : son emplacement actuel est bâb Mi$r près d'al kabârat(1J.
16711J'ai vu, de mon temps, les traces de darb a$ $afâ dont il vient d'être parlé et le
16712ma$na' en ruines. L'eau y coulait par une fontaine publique (2J et il était voisin
167131. 10.
16714du kôm al Djârib. La description du kôm al Djârib sera donnée, avec la descrip-
16715tion des kôms, dans ce livre, s'il plaît a Dieu (3J.
16716Quant à ce qui est contigu au kôm al Djâril) jusqu'à l'extrême limite de Mi$r
16717en longueur (à l'est), auprès de birkat al l,:labach -
16718c'est là (qu'étaient) les
16719anciennes khittats, que, de mon temps encore, j'ai vues peuplées, particuliè-
16720rement khatt an Nakhkhâlîn, khatt zou~â~ al ~anâdîl et khatt al mou$â$at. Tout
16721cela a été ditruit et les matériaux en ont été vendus, après l'année 7 9 o (4J.
16722Quant au côté sud de Mi$r, c'est khatt Deïr at tîn où il y eut des constructions,
16723pour la première fois, après l'année 6oo, lorsque le $âbib Fakhr ad dîn
16724Moubammad ibn a$ $âbib Bahâ ad dîn 'Alî ibn J:Ianâ créa le djâmi' qui est la, et
16725que les gens construisirent dans djisr al Afra m. Avant cette époque, l'extrémité
16726des constructions de madînat Mi$r était dâr al moulk dont l'emplacement actuel (5J
16727est le voisinage de la madrasat al Mou 'izzîyat (6J.
16728Quant a l'emplacement du djisr, c'était (jadis) une birkat d'eau qui était con-
16729tiguë à khatt Râchidat, là où est djâmi' Râchidat. Au sud de cette birkat, était le
16730bouslân connu sous le nom de boustân al amîr Tamîm ibn al Mou'izz appelé
16731aujourd'hui (boustân) al Ma'choû~, lequel est un w~f du ribât al âthâr. Près du
16732(boustân) al Ma'choû~ est bir kat al l,:labach.
16733Entre khatt Deïr at tîn et l'extrémité de la largeur de Mi$r, du côté sud,
16734est l'extrémité de khatt Râchidat.
16735Quant au côté nord de Mi$r, il est contigu par khatt as saba' si~âyât aux mai-
16736sons qui ont vue sur la bir kat appelée bir kat ~âroûn. C'est elle qui avoisine actuel-
16737lement l)adarat Ibn ~amîbat. Elle fait partie d'al l,:lamrâ al ~OU$Wâ. Au sud de
167381. llo.
16739•
16740(Il MaJ.,:rM semble dire qu'il n'.y avait que deux portes, et pourtant, dans le chapitre suivant, il
16741en indique quatre, dont deux, il est vrai, se confondent.
16742,
16743(2) Litt. : ~reau v coulait pour le chemin,,~· Le mot:~ e~chemin, a ici un sens
16744mystique spécial et désigne l'intention qu'a le donateur de telle ou telle construction publique de
16745plaire à Dieu, de suivre les voies de Dieu. Cette expression, particulièrement appliquée à la con-
16746struction des fontaines publiques, a fini par désigner ces fontaines mêmes. Aujourd'hui on dit partout:
16747sahîl, ~. pour ~fontaine,. M. Chauvin pense même que notre mot ~sébile, en dérive (Journal
16748asiatique, 7e série, t. VII, p. 1 59).
16749(3) Ce chapitre des kôms n'existe pas dans le texte de Ma].,:rizi, tel que nous l'avons.
16750(~) Longtemps après, semble-t-il, car Ibn Dou].,:mâ].,: qui écrivait après 793 (cf. t. IV, p. 1 o3, L 2)
16751décrit cette région avec détails sans en soupçonner la ruine.
16752(5) Lire dans le texte : ~~, au lieu de : I:JI~I.
16753(6) Sur le rivage en face de la pointe sud de Rau~at.
16754Mémoù·es, t. III.
167554o
p. 166
16756l. 3o.
16757314
16758P. CASANOVA.
16759cette birkat est le kôm appelé (kôm) al Asrâ, qui fait partie d'al <Askar; il en sera
16760parlé dans la description des kôms. La dite birkat est voisine de khatt al kabch
16761dont il est parlé au chapitre des montagnes (lJ. Il y sera fait menti~n dans 1~
16762description des khatts.
16763Le khaH al kabch touche au djâmi< Toûloûnî et le khatt du djâmi< touche à
16764al ~oubeïbât, au khatt al machhad an Nafisî, et à toute la région qui fait partie
16765d'al ~atfi jusqu'à la ~ala<at al djabal.
16766DES PORTES DE LA VILLE DE MISR.
16767.
16768Il y avait jadis à Foustât Mi~r des portes qui furent ruinées; après quoi on y
16769en construisit d'autres.
16770. BÂB A~ eyAFÂ.- Cette porte était en réalité la porte (par excellence) de la ville de
16771M1ey~, .a~ors qu'elle é~ait dans tout son éclat. De là sortaient les armées (pour les
16772expeditiOns) et partment les caravanes. Son emplacement actuel est au voisinage
16773de kôm al Djârib. Elle fut détruite à l'époque d'al Malik adh J)hâhir Beïbars(2J.
16774BÂB AS SÂf:IIL. -Qui y passait aboutissait à sâbil an Nîl al ~adîm et son empla-
16775cement est proche d'al kabârat.
16776BÂB ~IeyR. -,- ~ette porte est celle que construisit ~arâ~oûch. C'est par elle qu'on
16777passe auJourd hm pour entrer dans la ville de Mieyr par le tari~ (chemin) appelé al
16778m~râghat. Elle est voisine du kôm qui fut appelé kôm al machânîk et qui est appelé
16779auJourd'hui al kabârat. L'emplacement de cette porte était recouvert par les eaux
16780du Nil; quand elles se retirèrent du sâbil Mieyr (al ~adîm), l'emplacement appelé
16781al marâghat et l'emplacement appelé ghaït al djourf jusqu'à maouradat al balfâ
16782devinrent une plaine que n'atteignaient plus les eaux du Nil. Le sultan Salâb ad
16783dîn ibn Ayyoûb, ayant conçu le projet de construire un cercle de remparts englobant
16784al ~âhirat, Mieyr et ~ala<at al djabal, fit agrandir par les soins,~ ~'de ~arâ­
16785~oûch les remparts d'al ~âhirat depuis bâb al ~antarat(3J jusqu'à bâb ach cha<riat
16786(IJ Texte arabe, t. 1, p. 125, 1. 19. Cf. la monographie de M. Salmon, dans le tome VII de
16787nos Mémoires.
16788(2J Cf. plus haut (texte arabe, p. 347, l. 6).
16789(
167903
16791) Celle du Caire qu'il ne faut pas confondre avec celle de Mi~r dont il va être parlé quelques
16792figues plus bas. Cf. mon étude sur ces projets de $alâJ:r ad din, Mémoires de ln Mission archéologique
16793jra"tçaise du Caire, t. VI , p. 535 et seq., et pl. III.
16794MAKRÎZÎ.
16795315
16796et jusqu'à bâb al babr. Il comptait étendre le mur depuis bâb al babr jusqu'à
16797al kôm al abmar, qui est aujourd'hui le bord du khalîdj Mi~r en face khatt beïn
16798az zou~â~eïn (IJ, afin de rejoindre également al kôm al abmar à ce bâb Mieyr.
16799Cela ne lui fut pas accordé. Le mur fut interrompu près de djâmi< al Ma~s.
16800Il fit agrandir également les remparts d'al ~âhirat depuis bâb an naeyr jusqu'à la
16801~ala<at al djabal; cela ne fut pas achevé. Il étendit le mur depuis la ~ala<at al djabal
16802jusqu'à bâb al ~antarat qui est hors de Mieyr (au sud). Cette porte (bâb Mieyr) se
16803trouva sans jonction avec les remparts {2J.
16804BÂB AL ~AN'fARAT.- Cette porte, au sud de la ville de Mieyr, prenait son nom de
16805~antarat Bani W âîl qui était là. Elle est également des constructions de ~arâ~oûch .
16806(IJ C'est une grave erreur de MaJ.<_rîzi; cf. l'étude précitée p. 549- 55t et la planche III. Le kôm al
16807aJ:rmar devait être à l'extrémité sud d'al Foustât. Or celui dont il est parlé ici est à l'extrémité nord.
16808. MaJ.<_r1z1, comme cela lui arrive souvent, confond entre eux des emplacements de nom identique,
16809souvent très éloignés l'un de l'autre. Cf. plus haut (p. 3o9, note 2) ce que je dis de dâr an nouJ:râs.
16810(2J La différence que semble établir MaJ.<_rîzi entre bâb as sâ]:ril et bâb Mi~r m'a induit complète-
16811ment en erreur dans le plan que j'ai donné (étude précitée, pl. III). L'ouvrage d'Ibn Dou~mâ~ qui
16812a paru depuis et dont j'ai fait une étude approfondie m'a montré qu'en réalité c'est une seule et
16813même porte comme le prouve le voisinage d'al kabârat que Ma~rizi assigne à toutes deux. Sa situation,
16814est, comme je l'établirai sans conteste dans ma prochaine reconstitution d'al Foustât, très peu au sud
16815de l'aqueduc (qui subsiste encore) à 100 mètres environ du Nil, au point de la grande route qui
16816du Caire mène à al Foustât immédiatement voisin des décombres (kôm al kabârat ancien) tels que
16817les indique la carte de l'Expédition française d'Égypte. (E. M., vol. 1, pl. 1.) Tout ce que dit
16818Ma~rîzi du rapport de cette porte avec le rempart est confus et contradictoire. En réalité c'est à bâb
16819all.<.antarat (du sud) que devait aboutir le rempart de ~alâJ:r ad din pour fermer le cercle. Bâb Mi~r
16820en question aurait été en deçà de l'enceinte, puisque la route qui passe par cette porte aurait été
16821parallèle au rempart, et il aurait fallu, de toute façon, créer une autre porte dans le rempart avec
16822un passage tracé perpendiculairement au passage de bâb Mi~r. -
16823Toute la portion du plan que j'ai
16824établi (dans mon étude, pl. III) depuis le khal1dj jusqu'à bâb al J.<_an1arat est à modifier entiè-
16825rement.
16826~o.
p. 167
16827'
16828•
16829ADDITlONS ET CORRECTIONS.
16830Page 3, note t. Le texte correspondant doit être corrigé ainsi : ((Alors l'aphélie des planètes
16831se transporte ainsi que leur nœud ascendant au point de leur périhélie et de leur nœud descen-
16832danh. Les planètes décrivent une courbe fermée qui coupe en deux points le cercle de l'éclip-
16833tique. Ces deux points sont les nœuds ascendant et descendant. Le terme arabe : ybj.J-<?- est
16834d'origine persane. M. Sachau à qui j'avais demandé des éclaircissements sur le texte de Ma~rizi,
16835très aimablement, me répondit (Il : ((Vous avez parfaitement raison, le mot : ybj.J-<?- est arabisé
16836du persan :_ybj;5. C'est un terme technique de. l'astronomie orientale que vous trouverez assez
16837souvent employé dans les chapitres sur la rotation de la lune. Il veut dire : (( Caput et cauda
16838(( draconis in orbe lunœ" . . . La Cosmographie de I:<-azwini, éd. Wüstenfeld, donne une représen-
16839tation des cycles de la lune, p. 1 8 et parmi eux aussi le : _ybj~ ~
16840· "
16841Ainsi, quand il s'agit de la lune, le mot :_rbj>'?- désigne à la fois les deux nœuds ascendant et
16842descendant. La sphère décrite par I:<-azwini est celle qui contient les nœuds de la lune (variables
16843entre certaines limites). Lorsque le soleil et la lune se trouvent ensemble au voisinage de ces
16844points, il se produit des éclipses : le d1·agon, dont la tête et la queue sont en ces points, dévore
16845la lune ou le soleil.
16846Quant au mot :.ft_,.;, c'est le persan : JI& _,.; ((nouveau printemps", expression qui désigne
16847l'équinoxe du printemps et, par conséq_uent, le point où l'équateur de la sphère céleste coupe
16848l'écliptique. C'est le nœud ascendant du soleil.
16849Il s'est donc établi, par confusion des expressions relatives au soleil et à la lune, une sorte de
16850spécialisation. Le : ytbj.J-<?- primitivement lunaire, devient un nœud du soleil ou de la lune;
16851le : ft_,.;. primitivement solaire, devient le second nœud du soleil ou de la lune. Le texte de
16852Ma~rizi permet d'en conclure que ces mots désignent également les nœuds de n'importe quelle
16853planète.
16854Telle est également ia conclusion que M. Blochet me dit avoir tirée de la comparaison de
16855' plusieurs textes astronomiques persans (2l. ~ft_,.; désigne le point y (vernal) et : y'bj.J-<?-, le
16856point y' ou automnal. . . . . Cela va étymologiquement pour le premier qui signifie ~nouveau
16857printemps" mais cela ne répond à rien pour le second. _rb)>-'?- est, en effet, la transcription ara-
16858bisée de gauzihr dérivé du zend gaotchitra épithète de la lune dans l'Avesta et dont le sens est:
16859rr qui contient la semence du Taureau divin"· Dans les traités parsis ce mot désigne la sphère de
16860la lune, ce qui se comprend parfaitement. Je ne sais par quelle aberration mathématique, ytb )>'?-
16861en est venu à être appliqué au point y'. Je crois que ces deux mots ne désignent pas uniquement
16862les nœuds ascendant et descendant du soleil, mais également ceux de n'importe quelle planète. "
16863(IJ Lettre du 2 2 janvier tgoo.
16864t•J Lettre du 20 mars tgoo.
p. 168
16865318
16866P. CASANOVA.
16867C'est également ce qu'écrit un astronome d'Égypte que S.E. Artin pacha a hien voulu consul-
16868ter sur ce point :
16869)!~ ~~~ ~
16870~
16871_,1 0"'~1 J~ uOJ~I JI~ ji ~.,-(JI ~!.)JI &i:! y.'S~ JS")!~
16872<4w)W~_, (b~l iS~_, ~~~ iS~) ~~J~ <4?~~ ~
16873~
16874J uO)~I J~ 0"'~1
16875(b-.-'') 0 -'0-'
16876· --·-''
168770
16878.,.
16879_,
16880. ~
16881~>j-' ( ~~)
16882~j.>=?-
16883(1 L'orbite de tout astre (mobile) coupe le cercle de l'écliptique en deux points appelés en arabe
16884nœuds ascendant et descendant, et en persan, le premier: djauzahir, et le second: nauhahir,.
16885D'après un autre astronome consulté par S.E. Artin pacha, e~ le djauzahirr (sic) et le naubahirr
16886sont les deux points de rencontre de deux grands cercles (de la sphère céleste); les éclipses se
16887produisent quand le soleil et la lune sont simultanément au voisinage de ce point"·
16888Ceci posé, les mots : z::_,l et : ~~
16889que j'ai rendus par e~ apogée" et e~ périgée, doivent
16890être rendus par e~ aphélie" et
16891e~ périhélie" puisque ce sont, sur la courbe décrite par les pla-
16892nètes, le point le plus éloigné et le point le plus rapproché de l'écliptique, donc du soleil.
16893Quant à la doctrine même exposée par Ma~rid, voici ce que m'écrit M. Sylvain Lévi (IJ :
16894rr La doctrine indienne à laquelle il est fait allusion, c'est qu'au début de chaque grande
16895période les sept planètes sont en conjonction dans le signe du Bélier excepté leurs apogées et
16896leurs nœuds ( Surya-Siddhanta, 57). "
16897Ceci posé et le passage de Mahîzî ainsi éclairci, je crois qu'il n'est pas inutile d'entrer dans
16898quelques détails sur le d.fouzhar, ou, plus correctement, le dfauzahir. Hadji Khalfa (éd. Flügel,
16899t. III, p. 56 t) nous parle d'un ouvrage du cheikh J:laqr ibn al Kâgi al Borollosi (2l intitulé :
16900Bahdfat al fikar fi !wll ach chams oua'l !ramar, yi..~!_, ~~ ~ J ft! ~
16901e~ l'épanouissement des
16902esprits au sujet de la course du soleil et de la lune", qu'il divise en trois parties : la première
16903t~aitant du mouvement du soleil, la seconde du mouvement du djauzahir, la troisième du
16904mouvement de la lune, ce qui donne au djauzahir une importance exceptionnelle. Ainsi, pour
16905lui, le djauzahir est distinct du soleil et de la lune. l,{azwini (dans le passage cité plus haut)
16906nous dit que la sphère entière, ~
16907~. de la lune, se divise ellé-même en quatre sphères,
16908dont la première est la sphère du djauzahir qui est par sa partie supérieure en contact avec la
16909partie inférieure de la sphère de Mercure.
16910Mais si, nous l'avons vu, la sphère du djauzahir est celle des nœuds de la lune, à cette
16911sphère devra en correspondre une semblable pour le soleil, c'est-à-dire la sphère des points
16912équinoxiaux; l'une représentera le cycle de la rétrogradation de la lune, l'autre le cycle de la
16913précession des équinoxes, et puisque le point équinoxial du printemps est le nauh.ahir ( noü
16914bahâr), le soleil devrait aussi avoir sa sphère du naubahir symétrique en quelque sorte à celle
16915du djauzahir. C'est, en effet, la huitième sphère de Ptolémée, qu'il faisait tourner autour des pôles
16916de l'écliptique en trente six mille ans (3l. On fut ainsi amené à considérer deux sortes de nœuds :
16917le nœud lunaire ou djauzahir et le nœud solaire ou nauhahir. Quand il s'agit de désigner les
16918Pl Lettre du 6 avril 1900.
16919<
169202
16921> C'est-à-dire natif de la ville de Borollos (sur la côte d'Égypte, entre Damiette et Rosette).
16922<•> Il donnait au mouvement de précession une vitesse de 1 o par 1 oo ans. Les astronomes modernes lui
16923donnent une vitesse de 5o", 2 par an, soit environ 1° pour 72 ans.
16924-
16925MAKRÎZÎ.
16926319
16927nœuds d'une planète on donna au nœud ascendant le premier nom et au nœud descendant le
16928second.
16929.
16930Ibn Younous appelle le nœud ascendant : ~j.,.{!Ll"'l), le nœud des~endant : y_j.)JI et I.e heu
16931d
16932d
16933~· Jt
16934•
16935Du moins telle est la traduction de Caussm de Perceval (Nattees et
16936es nœU S : r)Y::. t.IC,YO •
16937extraits des manuscrits, t. VII, p. 106 in fine, 106, 107, 108). Ce savant, à la note 1 de la
16938page 1 0 6, nous dit : e~ Les nœuds s'~ppellent en ~rabe, _rb).>=?-, .fuzah~r, nom f01:mé du. mot
16939persan :ytbj>5' qui signifie: ((lieu vemmeux,, La ligne des nœuds ,a éte comparée a un dragon
16940t (lont les deux extrémités sont également redoutables. C est pour cela que les nœuds
16941ou serpen
16942A' · l d'
16943h'
16944ascendant et descendant se distinguent en arabe par les mots tête et queue."
16945ms1 e Jauza 1~,
16946comme le disent les dictionnaires persans, comprend à la fois la tête et la queue. Quand Il
16947-, 't d 1 1 e le nœud ascendant est la tête du djauzahir et le descendant en est la queue.
16948s agi
16949e a un ,
16950.
16951.
16952-
16953.
16954d A b (Il
16955L. Am. Sédillot dans l'index qui suit son Mémozre sur les mstruments astronomtqueii es
16956ra e.s
16957,
16958dit : ((ytbj.>=?- ((le lieu vénéneux, (les nœuds de la. lune), ~~)>~ ( n. u~j.>=?-) ~les. ~eux heux:
16959vénéneux, (la Tête et la Queue du Dragon). V 01r 0~~
16960"·.Les deux dj~uzah~rs lCJ nommés
16961sont équivalents à la tête du djauzahir et la queue du dJauzahtr dont parle Caussm de Perce~al.
16962Le Dragon dont il est question ne peut avoir aucune espèce de rapport. avec la c~nstellatw~
16963h . ' 1 du même nom et cependant Sédillot, par une singulière étourdene, aux articles : y.j.:.
16964or ea e
16965'
16966'
16967· ' l'
16968· l
16969~...uJI e~ la Queue du Dragon, et ~~
16970Ll"'l) ((la Tête (y) du Dragon", renvOie a artlc e :
16971(.:):!_yb»-;...
16972Mé:
16973.
16974l
16975'
16976. d
16977Quel est ce dragon mystérieux? M. Th. Henri Martin dans so~
16978mo~re sur a precesswn
16979es
16980é uinoxes (2), nous dit (p. 14 7, note 1) que dans le traité astrologtque qm nous est parvenu sous
169811! titre de : Hermetis de revolutionibus nativitatum il est parlé de la tête et de la queue du dragon,
16982' t ' d'
16983de Ra 1'ou et de Kétou planètes imaginaires des Indiens et, ailleurs (p. 2 1 2) que,
16984c es -a- 1re
16985r.
16986'
16987.
16988,
16989'
16990· · l
16991dans le Kieou-tclze des Chinois, on trouvait la méthode du Lohéou et du Kztou, c est-a-dn·e .a
16992ériode indienne de Ra/wu et de Kétou pour le calcul des éclipses. Or Râhou, dans la mythologte
16993fndienne, démon des éclipses, qui figure dans le grou~e des (( ~euf planètes" ayant ~oulu
16994dérober l'ambroisie, fut dénoncé par le soleil et la lune à Vtchnou qmle coup~ en deux; mms ses
16995lèvres ayant touché le breuvage d'immortalité, il vit toujours. La partie anténeure de son corps
16996roule dans les cieux et s'e~orce de se saisir du soleil et de la lune pour les dévorer .par ve~­
16997geance(3l. La tête de Râhou répond donc, dans l'astronomie indienne, à la tête du dJauzalm.
16998On entrevoit, par là, l'origine de l'expression : Tête du Dragon, donnée au nœud ascendant.
16999Il est probable que c'est, par symétrie, qu'on a donné au nœud descendant le nom de : Queue
17000du Dragon.
17001.
17002.
17003· l
17004Quant à l'étymologie de Caussin de Perceval et de Sédtllot : yt:!:Jj_;S
17005e~ heu véné~euu' Je. a
17006·
170071 f d'
17008celle de M Blochet ayant tous les caractères de l'évidence. D'ailleurs, Zteu
17009crots ma on ee :
17010.
17011.
17012vénéneux se dirait en persan : ~l5_).t:f:J j et non : ~_rr>l), en admettant même que ce dermer mot
17013ait pu se transformer en : _rf> j.JS: ce qui est plus que douteux.
17014(IJ Mémoires présentés par divers savants a l'Académie Royale des inscriptions et belles -lettres, 1 ,., série, t. I,
17015P·
170162 1 0
17017•
17018ll
170191
170201
17021l
17022É pliens ou de quelque
17023(2) Mémoire sur cette question : la précession des équinoxes a-t-e. e ete c~nnue ,ce~ . lJY.
17024. . .
17025b ll s-
17026l
17027H ·
17028.
17029? E t 't du t VIII 1" partie des Mémotres de l A cadenne des msc11ptwns et e e
17030autre peup e avant
17031tppm que.
17032x rm
17033.
17034,
17035lettres, 1886.
17036<•> Grande Encyclopédie, article Râhou.
p. 169
17037320
17038P. CASANOVA.
17039Il y aurait encore bien des choses à dire sur la question du djauzahir, mais ce serait donner
17040à cette note, déjà trop longue, un développement exagéré.
17041Page a, ligne 7, au lieu de : leur apogée et leur cy"oûzlwr, lire : leur aphélie et leur dJau-
17042zahir (nœud ascendant).
17043Page 8, ligne tl! , au lieu de : leurs apogées et leurs cb"oûzhar, lire : leurs aphélies et leurs
17044nœuds ascendants.
17045Page 8, ligne 2 1 et ligne 2 5 : même correction.
17046Page 8, note 2, ligne 1, au lieu de: Zopire, lire: Zopyre (Hér., liv. III, S t53-t6o).
17047Page 9 , ligne 1 5 , au lieu de : leurs apogées et leurs djoûzhar, lire : leurs aphélies et leurs
17048nœuds ascendants.
17049Page 1 o, note 2. La Queue, ~&JI, et la Tête, Ll"'~l, désignent non pas les points y et y'
17050mais les nœuds desc.endant et ascendant de lune : la Queue et la Tête du djauzahir, le dt·agon
17051des éclipses. Comme les points y et y', mais en une période beaucoup plus, courte, les nœuds
17052de la lune se déplacent sur l'écliptique.
17053Page q, in fine. Sur Abo-t.. MouQammad al l:lasan [ibn AQmad J ibn Y a '~oftb al Hamdani
17054(mort en 3 3l! Hég.) cf. BnoCKELMANN, A rab. Litteratur, t. I, p. 2 2 9.
17055Il est cité plus haut par notre auteur (texte arabe, t. 1, p. 1 8, l. 3 2) sous le nom de : al
17056l:lasan ibn AQmad al Hamdânt
17057Page 18, note 2, ligne antépénultième, au lieu de: l!.728 t/3, lire: l!.723 tj3.
17058Page 2 o, note 5. Quelques exemplaires, par suite d'une erreur dans le tirage, ont du
17059désordre dans les lettres hébraïques : ~ , :J, J , 1 •
17060Page 2 1, note 2 , voir la rectification, page 9 9 , note 3.
17061Page 2 6 , ligne 2 o , au lieu de : qu'elle, lire : quelle.
17062Page 2 7, note 3. D'après la description donnée par notre auteur (texte arabe, t. 1, p. 3 7,
17063l. 2 6) le toô.z répondrait aussi au papyrus.
17064Page 3 1, ligne 8, au lieu de : Djanadat, lire : Djounadat.
17065Page 3 1, ligne 9, au lieu de : l:ladhifat ibn 'Abd ibn Fa~im; lire : l:loudheïfat ibn 'Abd ibn
17066Fou~aïm.
17067Page 3 1, note 1. Ces mêmes détails se retrouveront, un peu plus développés, plus loin
17068(p. 9l! et seq. ).
17069Page 37, note 1, au lieu de:~ ou:~· lire:~ ou:~·
17070Page 3 8, ligne 9, au lieu de: le Jeudi des Quarante (Pentecôte), le Jeudi (Ascension), lire.:
17071le Jeudi des Quarante (Ascension), le Jeu di (Pentecôte).
17072Page a 2 , ligne 1 5 , au lieu de : MousabbiQ~, lire : MousabbiQt
17073Page a 2 , note 1. L'explication est que le mot : ~:T signifie, en arabe «presqu'He ou He"·
17074Pour bien déterminer que c'est une He véritable, les Arabes sont obligés de spécifier qu'elle est
17075au milieu du fleuve, ou de la mer.
17076Page a 2 , note 5. M. Bekker a édité un fragment de l'histoire d'al MousabbiQi dans Beitriige
17077zur Geschicltte Aelf!Jptens (Strasbourg, 1 9 o 2), p. 59 et seq.
17078Page a 3' ligne 5. Ce passage se retrouve dans le texte édité par M. BEKKER' op. cit.' P· 6 1.
17079Page u 3, ligne ultième, au lieu de: 18, lire : 8.
17080Page l!7, note 1. Le mot : ~ft est couramment employé aujourd'hui en Égypte dans le
17081sens de : «drapeau"· Il n'est pas douteux que l'interprétation de M. Galtier est la bonne.
17082MAKRÎZÎ.
17083321
17084Page l!8, ligne 5, au lieu de: Nîroûz, il vaut mieux lire : Neïroô.z. C'est la transcription
17085adoptée par M. Barbier de Meynard dans sa traduction des Prairies d'or de Mas'oftdî (par
17086exemple, t. VIII, p. 2 o 7) et elle confirme ce que je dis dans la note 1.
17087Page u8, note 1, au lieu de: u~~ et de: uN. lire: J~~ et: J~.
17088La même remarque a été faite par M. Vollers (Fragmente Ibn Sa'îd, XX-XXI). Outre u}_,b
17089= u_,4..lo et : UY"~ = u~ · il cite : J-'4.b = )~_,b, et peut-être : ul)j_,.:... = ul)j~ (d'après
17090VAN DEN BERG, Hadramout, p. 270 ). Je crois qu'on pourrait y joindre le nom de la montagne de
17091'feïlamoftn, u»., qui me paraît être pour: u.,l_,b ou , peut-être primitivement, u-'""_,b, en
17092copte: TOOy NÀMOYN (MrNGARELLI, Aegypt. cod. reliq. , ,p. 26o; GEoRGI, Frag. evangelii
17093S. lolwnnis , prœf, p. LXXXII; cf. QuATREMÈRE, Mémoires sur l' Elf!Jpte, t. 1, p. 2 9 ).
17094Page 5o, note a, ligne 5, au lieu de: 6o 1, lire : 6o7.
17095M. Sevbold a très justement fait remarquer que _la rédaction du Livre des Merveilles est
17096antérieur; à la chute_ des Oumayyades d'Espagne, soit u 2 2 de l'Hégire ( Orientalistiche Zeitung,
170971r• année, 1898, p. 1l!7, in fine). J'ai des raisons de ct·oire qu? cette rédaction doit être
17098contemporaine d'all:làkim bi amr Allah, troisième khalife fatimide d'Egypte ( 3 8 6-IJ. ~ 1 ). L'exposé
17099de ces raisons entraînant à d'assez longs développements, je le réserve pour un mémOire ulténeur.
17100Page 51, ligne 18, au lieu de : thagr, lire : thaghr.
17101.
17102Page 5t, ligne 21. Et d'or et d'argent? -- Supprimer le point d'interrogation. S~lvestre de
17103Sacy, dans la traduction du Traité des monnaies de Ma~rîzî (p. ua, note 8t), nous dtt :
17104((Le mor varak, Jj)-'• signifie proprement «feuille " : on désigne sous ce nom la monnaie
17105d'argent, de même que aïn, ~· signifie tda monnaie d'or 11.
17106Page 5 t , note t. Voir page 2 8 9 , note a.
17107Page 5l! , note 3. Dans les Archives Marocaines (Publication de la 1!fissio~ scientijiqtt~ du M~roc,
17108vol. Ill, no 2, avril19o5, p. 3ot) M. Joly don~e la traduction dun calendr~e~ agncol.e
17109marocain qui me paraît être emprunté en partie à l'Egypte, car il y est parlé ( 1 9 JUill) du Nil
17110qui entre en crue et ( t 2 septembre) du Nil qui rentre dans son lit. De plus, il y est parlé de
17111la canne à sucre (janvier et mars) et le traducteur se demande si c'est vraiment de la canne à
17112sucre qu'il s'agit.
17113Je me permettrai de remarquer, à ce propos, que M. Joly est ~uelque peu sévè~e pour «.les
17114connaissances cosmographiques en cours dans le pays "· Il est évident que dans l énumératiOn
17115dés signes du zodiaque où le soleil entre chaque mois, il s'est introduit des erreurs dues pure-
17116ment à un calam maladroit. En février, ce ne sont pas : les Gémeaux (lj~) qu'il aurait fallu
17117lire, mais: les Poissons (<.::J_,ll), et en novembre, ce n'est pas :le Taureau ()y.JI), mais le
17118Sagittaire ( Ll"'_,iJI ).
17119.
17120Page 56. Les appels de notes sont fautifs à partir de a, qu'il faut lire : 3 et ainsi de sm~e.
17121Page 58 , note 1 . Ce n'est pas exact. Cette division remonte au moins au règne du khalife
17122all:lâkim, d'après al MousabbiQÎ cité par ad Dimich~î (éd. Mehren, texte, p. 2 3 o, l. t 5;
17123traduction, p. 3 2 2 ). Le texte est : (et non : (;Yd~ ~) (:)':'~ ~
17124L ~.-..:Lo )_,5 ~
17125~-',
17126ce qui doit se traduire : «Le pays d'É~ypte . a des koftrats. (;tc.Jpct « provin~e ~) parta?ées entre
17127deux capitales (c'est- i' -dire: al Foustat capitale de la régwn sud et al~ahtrat capitale de la
17128région nord) "· La traduction de M. Mehren (Manuel de la cosmographie du Moyen âge, P· 33 2 ). :
17129«L'Égypte contient soixante districts distt·ibués parmi les habitants" est une naïveté, car éVI-
17130demment les districts sont distribués parmi les habitants; de plus, elle ne correspond pas au
17131Mémoil·es, t. Ill.
17132lu
p. 170
17133322
17134P. CASANOVA.
17135texte où il faudrait : ~:.l=LI ~, et non : ~:.l..a.o ~. La traduction réelle du texte transcrit
17136par M. Mehren serait : ~districts distribués parmi des Égyptiens", ce qui n'a pas de sens. Il
17137s'agit de la division en deux régions Nord et Sud, telle qu'on la retrouve à l'époque d'Ibn Dou~mâ~.
17138Page 59 , ligne 6, au lieu de : pour chaque feddan, de terre, etc., lire: pour chaque feddan
17139de terre, etc.
17140Page 59 , ligne 1 5, au lieu de : dans les près, lire : dans les champs de trèfle.
17141Page 61, ligne 18 et note 6, au lieu de: Wadl habît, lire: Wâdî Habîb. Dans le texte, le
17142mot: ~doit se lire : ~~- Cf. p. 14o, note 3.
17143Page 6 2 , ligne 1 7, au lieu de : boutaïn, lire : bou!aïn.
17144Page 63, note 7• au lieu de: ~,_;3, lire:~)·
17145Page 6 4 , note 6 , ligne 4 , au lieu de : des ouhaïl, lire : de souhaïl.
17146Page 7 1, lignes 2 6-2 7. Ces vers se retrouvent dans l\'lAs'oûnî, Prairies d'or, éd. Barbier de
17147.Meyna rd, t. VIII, p. 2 o 7.
17148Page 7 3, ligne 2 3, au lieu de : al Fit'ât, lire : al Fourât.
17149Page 7 7, note 3. Sur ces invocations, voir une importante note de M. Van Berchem (Cm'-
17150pus inscr. arab., p. 7 1 2, note 5 ).
17151Page 7 9 , ligne 1, au lieu de : d'usages, lire : d'usage.
17152Page 8 5, ligne 1, au lieu de : rendue, lire : rendu.
17153Page 9 3, note 4, au lieu de : buste, lire : corps.
17154Page g5, ligne 11, au lieu de: Djanâdat, lire: Djounâdat.
17155Page 96, ligne 3, au lieu de: Djanâdat, lire : Djounâdat.
17156Page 9 8 , ligne 1 8 , au lieu de : Khalid, lire : Khâlid.
17157Page 1 o4 . . A partir d'ici (page 2 86 du texte), M. Seligsohn a relevé, en marge d'un exem-
17158plaire de Ma~rM appartenant à notre Institut, les principales variantes des meilleurs manu-
17159scrits de la Bibliothèque Nationale de Paris. J'ai eu souvent à utiliser ces variantes.
17160Page 109, ligne 3, au lieu de : Bâbal, lire: Bâh al.
17161Page 1 o 9, ligne pénultième, lire : Ibn 'Abd al I;(akam.
17162Page 1 1 o , note 1, ligne ultième, au lieu de : maârib, lire : matJrîb.
17163Page 111, ligne 6, au lieu de: du remaniement(?), ~,)a, du masdjid, lire: de l'assaut
17164donné au masdjid. -
17165Voir l'explication, p. 1 8 2, note 2.
17166Page 111, note 3, ligne 4, an lieu de : Mouhà -, lire : Mou{tâ-.
17167Page 111, note 3, ligne 6, au lieu de : 1586, lire: 168.6.
17168Page 1 1 6 , ligne 1 7, au lieu de : Mousallamat ibn Moukhallid, lire
17169Maslamat ibn Mou-
17170khallad.
17171Page 116, ligne 18, au lieu de: Mousallamat, lire : Maslamat.
17172Page 1 2 8, ligne 1 5, au lieu de : Louhei'at, lire : Lahî'at.
17173Page t3 4, note 3 , an lieu de : ~oug'âî, lire : ~ougâ 'î.
17174Page 1 3 5 , ligne antépénultième, au lieu de : I;(amîd, lire : I;[oumeïd.
17175Page 13 6, ligne ultième, au lieu de : Louheï'at, lire: Lahî'at.
17176Page 1 3 6 , note 3 , ligne 7, au lieu de : la Balâdhourî, lire : al Balâdhourî.
17177Page 1 3 7, ligne antépénultième, au lieu de : Charîl;l, lire : Choureï~.
17178Page 1 3 8 , ligne 7, au lieu de : Louheïat, lire : Lahî'at; au lien de : Â '~im, lire : 'À ~im.
17179Page 1 3 8 , ligne 8, au lieu de : Charî~, lire : Choureï~.
17180MAKRÎZÎ.
17181Page 1 3 9 , ligne 1 , au lieu de : Louhe(a t, lire : Lahtat.
17182Page 1 3 9, ligne 4, in fine, au lieu de : serment al 'A~d'abat, lire : serment d'al 'A~abat.
17183Page 1 3 9, ligne 4, in fine, au lieu de : Mousallamat, lire : Maslamat.
17184Page 1 3 9 , ligne ultième, même correction.
17185323
17186Page 1 4 o, ligne 1 3, au lieu de : Khadîdj, lire : I;(oudeïdj. Dans le texte arabe, il faut rem-
17187placer : cf~ par : cf~. Cf. p. 1 57, note 3.
17188Page 1 4 1, ligne 6 , lire : Ibn 'Abd al I;[akam.
17189Page 14 2, ligne 4. Sur la vraie orthographe du mot : Chamoül, voir page 2 58, note 4.
17190Page 14 3, ligne 13, au lieu de : Khaddj, lire : I;[oudeïdj. Le texte arabe porte : cf~ qu'il
17191faut corriger en : cf~. Cf. page 1 57, note 3.
17192Page 1 4 4, ligne 1. Sur le sens du mot divân, en ce passage, voir ma note rectificative,
17193p. 1 6 2 , note 1.
17194-
17195•
17196.
17197Page 144, ligne 1 3. Sur la vraie orthographe du mot : Cham oui, voir page 2 58, note 4.
17198Page 14 5, ligne 4, au lieu de : KHI!'fAT, lire : KHI!~ AT.
17199Page 145, ligne 1 o, même correction.
17200Page 1 4 5, note 3, ligne 2, au lieu de: ~)'~Lo, lire : ~~)'~Lo.
17201Page 1 4 5 , note 5 , ligne 1, au lieu de : la relique, lire : les reliques.
17202Page 1 4 6, ligne 5, au lieu de: Hadjarî, lire : I;(adjrî.
17203.
17204.
17205.
17206Page 1 4 6, ligne 1 6. Sur le sens du mot divân, en ce passage, vmr ma note rectificative,
17207page 1 6 2 , note 1.
17208.
17209Page 146, ligne 22, au lieu de: I;[adjar, lire: I;[adjr; au lieu de: Ghasân, l1re: Ghassân.
17210Page 147, ligne 2, au lieu de: Khadîdj, lire: I;(oudeïdj.
17211Page 147, ligne 13, au lieu de : Zayâd, lire : Ziyâd.
17212Page 1 !.t 7, ligne 1 5 , au lieu de : Mousallamat, lire : Maslamat.
17213Page 1 4 9 , § XV, au lieu de : Ra 'în, lire : Rou 'eïn. Cf. page 1 8 4, note 3.
17214Page 1 4 9, note 7, ligne 2, même correction.
17215Page 1 5o , ligne 3 , au lieu de : sik~âyat, lire : si~~âyat.
17216Page 1 52, note 1, ligne 2, au lieu de : 0,~1, lire : j,~l.
17217Page 152, note 3,ligne 2, au lieu de: ~ibâ, lire: sibâ'.
17218Page 1 52, note 4, ligne 2 , au lieu de : du mots asîr, lire : du mot : y~l, asîr.
17219. .
17220Pag~ 1 54, note 2. Lire ainsi la première ligne : Le 1 2 Baoünat 3 57 répond au 6 JUin 6 4 1
17221de l'ère chrétienne et im 20 Djoumadâ II, de l'an 20. -
17222Ajouter à la dernière ligne: Sur le
17223caractère de ce cycle, voir BuTLER, Conquest of Egypt, p. 534-535.
17224Page 1 55 , ligne 3, au lieu de : retranchons, lire : diminuons.
17225Page 1 55 , ligne 4 , au lieu de : au 1 2 Baoünat, lire : du 1 2 Baoünat.
17226Page 1 55, note 1. Il est clair que Ma~rtû a confondu le jour de la fuite (h~gire) du P~ophète
17227avec l'ère de l'Hégire qui est rapportée au 1 •r Mou~arram de l'année où eut heu cette fuite. On
17228n'est pas d'accord sur le jour exact de la fuite; mais il paraît certain qu'elle s'est produite dan~
17229les premiers jours de Rabî' I (IJ, soit par conséquent, vers le milieu de septembre 6 2 2, ce qm
17230concorde avec le calcul de Ma~rîzi. Il y a donc, dans ce calcul, une erreur de 65 jours(2J.
17231<'J Cf. CAUSSIN DE PERCEVAL, Essai, t. Ill, p. 17 et seq.
17232.
17233<•J Du 1" Mou~arram de i'an 1 au 6 Rabi' 1 ( 18 septembre 6 2 2) et du 1 3 Rab t' I de l'an 2 o a ri !1 o DJOU-
17234madâ II ( 12 Baoûnat 357 ).
172354t.
p. 171
1723632ft
17237P, CASANOVA.
17238Page 1 55 , note 2 , ligne 2 , au lieu de : dix-neuf mois, lire : neuf mois; au lieu de : retran-
17239chés, lire : diminués.
17240Page 1 55, note 3, ligne 3, au lieu de : deux mois et treize jours, lire : huit mois et trois
17241JOurs.
17242Page 1 55, note 4. Le 1 2 Baoûnat est également la date que, d'après M. Brooks, donnent
17243le Chronicon orièntale et Sévère d'Achmouneïn (Byzanü:nisclw Zeitschrift, t. IV, septembre 1905,
17244p. 437)· Ce demier renseignement est dû à M. Zotenberg (Chronique de Jean, évêque de Nikiou,
17245Not. et extr. des manuscrits, t. XXIV, 1re partie, p. 55 6, note 2 ). En effet, le manuscrit
17246arabe no 3 o 1 (Catalogue de Slane), dit à la page 9 1, in fine : 0~1 CO ~:r' ~~
17247~
17248.)...i;l
17249~
17250J_;;.; 1~1 j.ï~ Ll"'_,.;~b~~! ~_, ~, ~t~:; ii.Mu J lP~H e:r. ~ ~
17251~~~ ~
17252j-'}1 J~w ~ (sic) ~.:> ~ e91 y~J_, iiJ_,y 0 ... _r..s: jWI jY--!1 J ~
17253ii~ ya..o JI i~~l.
17254On voit que la concordance de Sévère ( 4 août(?)= 12 Bouoûnat) n'est pas meilleure que celle
17255de Ma~rM, ni que celle de M. Zotenberg qui donne la concordance grégorienne du 1 8 juin,
17256oubliant qu'à cette époque, et pour cause, le calendrier romain était julien Ol. -
17257La concordance
17258des diverses sources rend donc très improbable une erreur sur le mois et détruit mon hypo-
17259thèse sur la lecture : barmoûdat au lieu de : baoùnat. Il y a là une date irréductible qui ne
17260concorde ni avec les indications des auteurs arabes, ni avec celles de Jean de Nikiou.
17261Page 1 56, ligne pénultième, au lieu de : Loaùyî, lire : Louayî.
17262Page 1 57, ligne 2 o, au lieu de : 'Atabat, lire : 'Outbat.
17263Page 1 6 3 , ligne ultième, au lieu de : al ~arth, lire : al ~ârith.
17264Page 1 6 3, no te 1. Il est très possible qu'ii s'agisse de la ville même de Bourlos (IIdpaÀos) qui
17265était un évêché à l'époque byzantine (2l.
17266Page 1 6 7, ligne pénultième, au lieu de : )~1, il faut probablement lire : )_,.o:JI. Cf. plus
17267haut, p. 135, ligne 3.
17268Page 1 6 8, note 1, ligne 1, au lieu de : Charîl,l, lire : Choureïl,l.
17269Page 17 o, note 1. La ville n'a pas disparu; on la retrouve sous le nom de Kôm Taroùgheh
17270qu'elle porte aujourd'hui.
17271Page 171, ligne 8, au lieu de : Na'îm ar Ra'înt, lire : Nou'eïm ar Rou'eïnî.
17272Page 171, ligne 17, au lieu de: Na'1m, lire: Nou'eïm.
17273Page 171, note 2; ligne 2, au lieu de : boire, lire : ((donner à boire"·
17274Page 172, ligne 1 o, au lieu de : Na'îm, lire : Nou'eïm.
17275Page 1 7 4, ligne 1 3, au lieu de : XXXIV, lire : XXXIII.
17276Page 1 7 6, ligne 17, au lieu de : Khoumârouweïh, lire : Khoumâraweïh.
17277Page q8, ligne 2, au lieu de : Zouaïlat, lire : Zouwaïlat, ou : Zouweïlat.
17278Page 1 8 1, ligne pénultième, au lieu de : Kahtabat, lire : ~aJ:.ttabat.
17279Page 1 8 6, note 3. Sur le feddân, cf. notre auteur plus haut (texte arabe, t. 1, p. 1 o 3, l. 1 6 ).
17280Page t 8 7, note 2. Dans les mots arabes : ~~, etc., séparer ~ et lire : ~
17281~, etc.
17282Page 1 9 1, note 5. Le pluriel : G~l, doit plutôt désigner une seule et même région, celle
17283qui est occupée par Y aman et par ~aïs. Mas'oûdî (Prairies d'or, éd. Barbier de Meynard, t. VII,
17284(1) Toutes les concordances de dates coptes sont viciées par la même erreur dans les notes de M. Zotenberg.
17285''> Notitia episc. (PARTHEY, Hie1·oclis Synecdemus, p. 81, n• 73g).
17286MAKRÎZÎ.
17287325
17288p. 11 8), parle des deux ~auf d'Égypte : le ~auf de Y aman et le ~auf de ~aïs, ra'" J_,.,.. (:)""
17289~
17290c;_,.,.._, ~~ c;_,.,.. (:)"".
17291Page 1 g 3, note 4, au lieu de: TamL ~,je lirais plutôt : Namà, ~ qui répondrait à Kher-
17292bet Namà moderne, L.:-.~ ( =
17293l-'~,;-=-.).
17294Page 2 o 1, ligne 2 1. Sur le mot : ~_,..t.l, voit' la note 3 de la page 2 5o.
17295Page 2 o 2 , ligne pénultième, même observation.
17296Page 2 o 6, ligne 1 1, au lieu de : 'foughzgouhz, lire : 'foughzghouz.
17297Page 2 o 6, note 4, au lieu de : Jl(~~, lire : J~~.
17298Page 2 1 2 , ligne 1 6. Le sâdj est le teck indien. Cf. page 2 4 o, note 4.
17299Page 2 2 2, note 5. Le lin feutré était considél'é par les GL'ecs et les Romains comme une
17300garantie parfaite contre la dent et la griffe des bêtes féroces. C'est donc de cuirasses de feutre
17301que s'armaient chez eux les chasseurs de lion, et nous voyons que les Arabes suivaient cet usage.
17302Voir le curieux mémoire de Papadopoulo Vretos, sm· le pilima ( TJIÀ~Jfla), dans les Mémoires pré-
17303sentés par divers savants a l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1re série, t. 1, p. 3 3 9-3 64 ).
17304Page 2 56, note 2. Il faut également cotTiger le premier mot : t...Yo_rh, en : t...:P ~·
17305Page 2 58, ligne 5 , in fine, au lieu de : à son lieutenant, lire : son lieutenant.
17306Page 2 59 , note ft , ligne 1 . Sur ce sens du mot : <4ci, voir page 2 6 3, note 4.
17307Page 2 59, note 5, ligne 1. La forme : ~
17308que j'ai supposée est inadmissible, la forme
17309· régulière étant : ~1. J'ai été entraîné à la première supposition par la prononciation vul-
17310gaire qui ne peut être de mise ici.
17311Page 2 6 5, ligne ultième, au lieu de : Carma te, lire : Carma the.
17312Page 2 7 2 , note 1 • Sur le caractère apocalyptique de la mal~amat, voir SrEINSCHNEIDER, Apo-
17313calypsen mit polemischer Tendenz, Z. D. M. G. ( t. XXVIII, p. 6 2 8, in fine).
17314Page 2 7 4 , ligne 1 7, au lieu de : Lorsque, lors de ... lire : Lors de ...
17315Page 2 7 5, notes 2 et 3, au lieu de : Monamaque, lire : Monomaque.
17316Page 2 8 1, ligne antépénultième, au lieu de : beins, lire : biens.
17317Page 2 8 8 , note 3 , ligne 3 , au lieu de : Koptatilc. Gmmmische, lire : Koptische Grammatilc.
17318Page 2 8 8 , note 3, ligne 7, au lieu de : Cha 'abân, lire : Cha 'Mn.
17319·
17320Page 2 8 9 , lignes 1 4: et 1 6 , et note 3 , ligne 2 , au lieu de : charf, lire : charaf.
17321~age 2 9 o, lignes 1, 5 et 7, in fine, même correction.
17322Page 2 9\ , note 4, ligne ultième, au lieu de : étbalis, lire : établis.
17323Page 2 9 9 , note 2 , ligne 5. L'expression : ~y.û~ J ne me semble pas correcte. Il faut, sans
17324doute, lire : ~y.û~ i~l J, ou peut-être, ltPr~ J.
17325Page 3 o o , ligne 4, in fine, au lieu de : si~âyât, lire : si~~â y àt.
17326Page 3 o 1, lignes 1 8 et 2 5 , même correction.
17327Page 3o3, ligne 9, au lieu de: Madjîr, lire : Moudjîr.
17328Page 3 o 6 , note 2 , ligne 3 , au lieu de : 'Alimat, lire : 'Âlimat.
17329Page 3o9, ligne 22, au lieu de: ~idjr, lire: ~adjr.
17330Page 3 11, ligne 13, au lieu de : ~idjr, lire: ~oudjr.
p. 172
17331...
17332TABLE DES MATIÈRES.
17333Ère de la créa ti on . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
17334Ce que l'on rapporte sur l'étendue des temps du monde passé et à venir .............. .
17335Exposé des ères adoptées par les nations avant celle des Coptes .................... .
17336Ère des Coptes ........................................................ .
17337De l'ère de Dioclétien qui désigne l'ère adoptée par les Coptes ..................... .
17338Des périodes hebdomadaires ............................................... .
17339Les fêtes des Coptes chrétiens dans le pays d'Égypte ............................ .
17340La fète de l'Annonciation ................................................. .
17341La fête de l'Olivier ..................................................... .
17342La fête de Pâques ...................................................... .
17343Le Jeudi des Quarante ................................................... .
17344La fête du Jeudi ....................................................... .
17345La fète de la Nativité .................................................... .
17346Le Baptême ........................................................... .
17347La Circoncision .................. , ..................................... .
17348Les Quarante .......................................................... .
17349Le Jeu di du Pacte ...................................................... .
17350Le Samedi de la Lumière .......................................•..........
17351Le Dimanche des Limites ................................................. .
17352La fête de l'Apparition ................................................... .
17353La fête de la Croix ...................................................... .
17354Histoire de Constantin ................................................... .
17355Le Nîroûz (Il •••••••.••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
17356De la façon dont les jours des mois coptes répondent aux travaux de l'agriculture, à la crue
17357du Nil, etc ....... · ................................... , ............... .
17358Concordance de l'année kharâdjl (fiscale) des Coptes avec l'année hilâlî (lunaire) des Arabes.
17359De Foustât Mi~r ........................................................ .
17360De l'histoire de l'emplacement d'al Foustât avant l'islam jusqu'à l'époque où les Musulmans
17361y fondèrent la ville .................................................... .
17362Du l;li~n appelé ~a~r ach cham< ............................................. .
17363Du siège du h~r par les Mus ulm ans et de la conquête de l'Égypte .................. .
17364Des diverses opinions sur l'Égypte : à savoir si elle a été conquise par accord ou par force ..
17365De ceux des Compagnons (du Prophète) qui prirent part à la conquête de l'Égypte ...... .
17366Origine du nom d'al Foustât donné à la ville de Mi~r ............................ .
17367Des khittats qui étaient dans la ville d'al Foustât ............................... .
17368Les émirs d'al Foustâ! depuis l'époque de la conquête de l'Égypte jusqu'à la fondation d'al
17369<Askar .......•......................................................
17370D'al <Askar qui fut construit hors de la ville de Foustât Mi~r ...................... · ·
17371(l) Ou Neïroûz, voir Addition1 et Correctiom.
17372PJ.OBS.
173731
17374~
17375~3
17376~9
1737733
1737835
1737937
1738038
1738138
1738239
173834o
173844o
173854o
173866.2
1738743
1738843
1738944
1739044
1739145
1739245
1739345
1739445
1739548
1739654
1739766
17398103
17399to4
17400107
17401111
17402t33
17403t39
17404t4t
17405t43
17406t54
17407q5
p. 173
17408328
17409P. CASANOVA.
17410Des émirs d'Égypte qui séjournèrent à al 'Askar depuis sa fondation jusqu'lJa fondation d'al
17411~atâ'î ..........................................•.............. : ... .
17412D'al ~atâ'î et de la dynastie des Banoû 'foûloûn .................... . ...... . .... .
17413Liste des émirs qui ont gouverné l'Égypte depuis la ruine d'al ~atâ'î jusqu'à la fondation de
17414~âhirat (le Caire) d'al Mou'izz par entremise du Uïd Djauhar ........ . .......... .
17415De la grande prospérité qui régna dans la ville de Mi~r ..... . .................... :.
17416Des traditions transmises sur la ruine de l'Égypte ............................... .
17417De la ruine d'al Foustât .................... . ............................. .
17418La grande calamité .............................................. . ....... .
17419L'incendie de Mi~r ............................................ . ......... .
17420De ce qui a été dit sur Madînat Fous~ât Mi~r ....... . .....•.....................
17421De l'état actuel de Madînat Mi~r. -
17422Sa description ............................. .
17423Du sâ]:lil du Nil en la ville de Mi~r .......................................... .
17424D'al minchâat ...... . ....... . .......... . ............................. , .. .
17425Al Maou\âf .....................•.................. . ....................
17426Des portes de la ville de Mi~r ......... . ........ . .. , ....................... .
17427PAGE.!! .
17428q8
17429~J04
17430..
17431!l48
17432259
17433#
17434271
17435275
17436275
17437283
17438!l89
17439298
174403o2
174413o7
174423tt
174433t4
17444ADDITIONS ET CORRECTIONS • • ••.••••••••••••.•••••••••••••••••••••••••••.•.••• 3q
17445..
17446..
p. 174
17447'
174481
17449\
17450j'
17451/
17452•
17453'·
p. 175
p. 176

Provenance

Full provenance, licence and citation: part 1.

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