Silvestre de Sacy – Relation de l'Égypte par Abd-Allatif (Paris 1810) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · ʿAbd al-Laṭīf al-Baghdādī — al-Ifāda wa-l-iʿtibār (account of Egypt, 1200–01) · none · L0 witness

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Attribution: Silvestre de Sacy – Relation de l'Égypte par Abd-Allatif (Paris 1810); public domain in Canada (death year verified: Silvestre de Sacy d.1838 (https://www.wikidata.org/wiki/Q507774 d. 1838-02-21) — staged at corpus/incoming/histories/historians/abd-al-latif-relation/sacy-relation-abd-allatif-1810.pdf from https://archive.org/details/bub_gb_tNivq4w3_EAC (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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refL0 witness
p. 347
39764!
39765"J*
39766M
39767=
39768i
39769i
39770i
39771«
39772:
39773|
39774I
39775I
39776i
39777318
39778RELATION DE
39779L’ÉGYPTE.
39780LIVRE L"
39781CHAPITRE
39782V|.
39783* Man. Ar. //Al
39784Fiil. imp/naU
39785,
39786ip8.
39787Ut,
39788htptagl.
39789eut.
39790t J77.
39791malade. Firouzabadi ' ne laisse aucun doute sur cette signification
39792: u Hamiya
39793» prononcé comme radkiya avec le nom d'action mahma
39794,
39795et hama avec les
39796» noms d'action kamy , hamya, himaya et hamu'a. On emploie ce verbe
39797» en
39798parlant d’un malade pour signifier,
39799lui interdire ce qui pourrait lui faire
39800» du ma! : on dit dans le sens passif ihlama et tahamma. Hamiy
39801,
39802prononcé
39803» comme ganiy
39804,
39805veut
39806dire,
39807le malade à qui l'usage des choses qui pourraient
39808» lui nuire
39809est interdit [t].
39810*> Elle est expressément donnée par Castell
39811, qui
39812l'appuie sur divers endroits d’Avicenne. On peut voir les passages cités du
39813tome I."
39814, page 270, ligne 10, et page jqj, ligne js.
39815ci-JnMif. nf.
39816<1 5>
39817Voye
39818sur la citrouille (jJuü
39819, la note<ijS> du chapitre 11 du I." livre.
39820<t6>
39821jj». daucus carota. Voyez Forskal , F!or. Ægypt. Ar. p. cix, et Mat,
39822med, kahir. à la fin de Descr. anim. p.
398231 j 4 ; Russel, thc nat. Hist, ofAleppo,
39824t. I, p. 91
39825; Vansleb, Nouvelle Relation d'Égypte,//. 101.
39826^ntjj£af.8nta.
39827<i7> M. Wahl voudrait lire ici j#ljiY'j au lieu de
39828; mais la syntaxe
39829ne le permet pas
39830: il fàudroit lire sans article
39831• M. White, dans
39832l'errata
39833de l'édition in-q.'
39834,
39835corrige
39836en supprimant b conjonction; cependant
39837le manuscrit porte
39838, et je ne vois aucune nécessité de changer cette
39839leçon.
39840<i8> Sur le bois d’aloès ou agallochum
39841,
39842voyez Ol. Celsius, Hierobotan.
398431. 1.",
39844p.
398451 37 et suiv.
39846Ci-,t„.n,f sc7 .
39847<, 9>
39848Vayci
39849,
39850pour ce qui concerne le hérisek,
39851la note <aa> du chapitre V
39852de ce I." livre.
39853/p *.
39854htptagl.
39855f*>l. 261j.
39856Ut. Ptrs. Col,
39857^"1*7 ,ia U*.
39858Atptagl.
39859<ao> Le mot çyji est toujours écrit dans Abd-allatif par un Jt
39860.
39861Castell
39862l’écrit par un j,
39863; mais je crois que l'orthographe d’Abd-alIatifest la meilleure;
39864car ce mot vient du persan
39865; et l’huile de sésame
39866se nomme en persan
39867ou
39868, mots dérivés de
39869ou
39870et de J^.y
39871,
39872Voyej
39873le
39874Dictionnaire Persan de Castell.
39875<at>
39876cjef-j signifie un pain plat en forme de galette ; et c est
39877ainsi que le
39878L?-
39879oüj^ u.jT'j/t [.]
39880*f*±
39881‘jfj v-CL
39882g-mJ
39883»V ***
39884JJmr
39885i
39886Digitized by
p. 348
39887pain est
39888fait
39889, en général
39890, en Égypte et dans
39891l'Orient. « Les pains sont en
39892» Égypte ,
39893dit Vansleb , de
39894la grandeur de ceux que l'on appelle à Rome
39895» a dama ; mais
39896ils n’ont pas
39897plus
39898d'un doigt
39899d'épaisseur. Les Égyptiens
39900LIVRE l*
39901CMACintt VI.
39902«appellent un pain de cette espèce un
39903reighif [
399043. »
39905Voye^ aussi Russell,
39906Mae. Ml' Fine,
39907the natural History of Ahppo
39908,
39909t. I." , p.
399101
399111 6.
39912Quant au mot «y—-
39913, que j’ai traduit par bassine
39914,
39915il signifie ordinairement
39916me paroît plus vraisemblable.
39917<22> On lit ici , dans l'édition in-4.'
39918,
39919VU»;
39920. C’est une faute
39921;
39922il faut lire
39923,
39924comme portent l'édition in- S.' et le manuscrit..
39925<23> Le mol khoschcnan
39926est composé
39927des mots
39928Persans
39929Ihoschc
39930, scc
39931,
39932et nân uli
39933, pain :
39934il se trouve dans nos Dictionnaires^ et dans le
39935Alirkat
39936allouai
39937il
39938est rendu en turc par <Ae
39939I jjy
39940, qui en est la traduction
39941littérale. Comme le pain des Orientaux est toujours très-peu cuit ,
39942et qu'ils
39943le mangent tout frais, ce mot indique sans doute une espèce de pain que
39944Nuk.tr. Dmr.
39945l’on
39946fait cuire davantage, et dont
39947la croûte est croquante
39948: mais
39949il doit avoir
39950J,IArMiü-r es-
39951une signification technique;
39952et je suis porté
3995311 croire qu'il veut dire la croûte
39954de pâté. Cela me paroît indiqué sur-tout par le second endroit où se trouve
39955ce mot
39956, et où
39957Abd-allatif dit que l'on a soin de bien joindre les deux ga-
39958lettes qui doivent former la croûte du pâté qu'il décrit, comme on
39959fait pour
39960le khoschcnan.
39961<24> L'une
39962et
39963l’autre édition du texte portent
39964Ijli»
39965. Dans le manuscrit
39966,
39967on
39968lit
39969"Stur
39970; et c’est la vraie leçon.
39971<aj> Le mot «ij» signifie généralement «ww, et
39972, par antonomase, l'écorce
39973connue sous le nom de cannelle. Le cannellier et son écorce sont aussi nommés
39974par les Persans et les Arabes dar sine J-s- J h
39975,
39976arbre de
39977la Chine. Suivant
39978Avicenne,
39979et sur-tout suivant Ishak ben-Amran,
39980cité par Ebn-Beïtar, on
39981doit distinguer plusieurs espèces d’écorces aromatiques connues sous le nom
39982[1]
39983La
39984gr.trjctf.1
39985delta
39986pagnoaa
39987i
39988corne
39989I
39990i péri pii
39991alla Ji on dite.
39992Utta limil pjgaoita
39993jueila eht ia Roma chiamaai a dteina ; ma non
39994J
39995esti ehtamant. u» reighif.
39996un vase quelconque de porcelaine de la Chine : ici,
39997il est certain qu’il signifie
39998un grand plat ou bassin de cuivre; mais
39999je ne saurois dire s’il s'agit d’un plat
40000â bords aplatis , ou d'une bassine â bords relevés. Cette dernière supposition
40001Digitized by
p. 349
40002LIVRE I."
40003t HAPlTWF. VJ.
40004Afait.
40005Ar.
40006Jt
40007S. G
40008.
40009».* t/j.
40010* Aric. Op. Ar.
40011tij, *41
40012•t tpi.
40013* Mua. Ar. dt
40014S. G. a* !?*•
40015Hieraltt.
40016f. /
40017,
40018p. IJ} t! ttf.
40019for.
40020irvtérf,
40021J7’9-
4002252O
40023RELATION DE l’ÉGVPTE.
40024générique de dar fini :
400251
40026le vrai dar sini [']
40027; a." le dar sini inférieur, nommé
40028aussi dar sous M;
400293.°
40030l '«rorce vraie ou vraie cannelle [jJ; 4-° l'écorce connue
40031sous le nom de cannelle de girofle [4]. Ishak distingue ces quatre espèces par
40032leurs couleurs
40033, leur saveur,
40034la forme de l’arbre qui les produit, &c.
40035; mas
40036ce détail me meneroit trop loin. Voye^ Forskal, Mat. med. Kahir. k la fin de
40037Descr. anim. p.
400381
40039<î6>
40040•jifl" coriandrum sativum. Voyez Forsltal,
40041F/or. Ægypt. Ar. p. Ixiv,
40042où
40043il faut
40044lire iu-bara au lieu de kurbara
40045;
40046Russe!, the nat. Hist. ofAlcppo
40047,
40048t.
400491 .*’, p. 92. Dans les deux éditions d'Abd-allatif, on
40050lit ijajf; mais cette
40051faute est corrigée dans Verrata de l'édition in-4.
400524
40053<27)
40054Voye\, sur le cumin
40055,
40056Ol. Celsius , Hierobotan. 1. 1.", p.
400575 td et suiv.;
40058Forskal, Mat. med. Kahir. k la fin de Descr. anim. p.
400591
40060j 4 -
40061Ca8> Les differentes espèces de cardamome sont désignées par les Arabes
40062sous les noms de dais - ly JU - I^j J~» -
40063et JU
40064, comme on peut le voir
40065dans Avicenne
40066Gaféki, cité par Ebn-Beïtar
40067k
40068, distingue deux espèces de car-
40069damome dàls
40070, l’une grande
40071, l'autre
40072petite
40073:
40074la grande, nommée aussi Je*
40075,
40076porte encore le nom de cardamome mâle ;
40077la petite se nomme JU et carda-
40078mome femelle. Forskal fait mention du bois de cinnamome JyU >y
40079, dans sa
40080Mat. med. Kahir. h la fin de Descr. anim. p.
400811 49 - Ol. Celsius a très-savamment
40082cherché
40083h prouver que le mot Hébreu B'Snn ou riSnrr signifioit
40084I agat/ochum
40085ou bois d‘alo'es ; mais 11e pourroit-on pas croire que le mot Hébreu est s)no
40086nyme du JU ou J«* des Arabes, mot qui
40087sans doute
40088est emprunté de la
40089langue même du pays d’où l'on tire le cardamome! et la terminaison plurielle
40090de ce mot en hébreu pourroit bien
40091indiquer
40092les diverses espèces de carda
40093moine.
40094J'ajoute que «i>U
40095, prononcé k
40096la manière des Egyptiens kahou a,
40097a une grande affinité avec l’hébreu
40098<2Ç>
40099jyia est ainsi ponctué dans le manuscrit, jy-t
40100: je crois qu
40101il faut
40102traduire par ornatur, elegantiis
40103exomatitr. Voyez, dans Castell,
40104la troisiem
40105signification de la première forme du verbe _jU
40106, celle de la dixième forme
40107et de plusieurs des dérivés.
40108J* iÿrr* jtjJI []
40109yj
40110(jjoJt ebsr* ^oJI
40111[»]
40112jiÿjt J* -jÿJI
40113[J]
40114Lydï dsfl
40115[4l
40116<30>
40117J-
p. 350
40118RELATION DE
40119L'ÉGYPTE.
40120< 3 °>
40121,
40122pluriel de ^ , signifie des pots , des coquemars. et ai
40123tinblabk-s. Comme je ne connois point d'autres
40124significations h
40125<
40126livre l~
40127Cm a pj Tnt» VL
40128Ci-Jnant p. agr
40129** p>6.
401303 a
401311
40132_
40133i
40134-
40135<
401367
40137—,vt autres vases
40138semblables. Comme je ne connois point d'autres
40139significations à ce mot, je
40140pense qu’il s’agit
40141ici de pâtisseries laites en forme de petits pots.
40142<}> Au lieu de jü*
40143, que fartent les deux éditions,
40144il faut lire, comme
40145dans le manuscrit
40146, y**
40147.
40148*
40149<}2>
40150opposé
40151il J*.,
40152signifie la
40153réalité, ce que l'on
40154reconnaît par
40155I expérience. Voyez la note <i ia> du chapitre 1V , et la note <ij> du chapitre V
40156de ce I." livie.
40157<)]> Sur le mot^ sir, voyez la note <.4»du chapitre IV de ce I." livre.
40158a,t„.„ r.„,
40159J ajouterai seulement ici, pour prouver que le mot sir i-ï signifie effective-
40160*****
40161ment chez les Talinudistes de ta saumure, ou du moins du jus ou bouillon de
40162poisson
40163,
40164ie passage suivant que me fournit le Sefer Aruch : ce sont les com-
40165mentateurs d'un texte de la Cémure
40166,
40167dans lequel se trouve le mot -v*
40168qui
40169s expriment
40170ainsi
40171: « Quand on confit des poissons, et qu’on
40172les presse
40173» les comprime et les étreint fortement, le jus qui en sort
40174es. ce que l’on
40175L’auteur Hébreu du Tahkémoni, dans une composition ingénieuse d’un
40176„„„
40177onguent destine à guérir
40178la blessure
40179faite par un amour malheureux, dit
40180• M
40181« Vous mettrez le tou, dans du jus de tourmens cruels
40182e, de peines déchi-
40183» rantes » , jouant sur la ressemblance des mots
40184jus et d>i*y chagrins.
40185<H> L'original porte du sihnât ïU
40186J’ai déjà parlé de la préparation faite
40187avec du poisson sale, et nommée en arabe sihnât, dan, la note 04, > du cha-
40188pitre IV de ce I." livre. On a vu, par les passages de divers écrivains Arabes oaw, _
40189que
40190, a. cites
40191que ce mot devo.t signifier une sorte d’aliment préparé avec
40192du poisson
40193salé
40194Pour ne rien
40195laisser à desirer à ce, égard, je transcrirai ici
40196ce que
40197! auteur du Diconnaiie Persan intitulé ^
40198, di, au mo, -UL
40199•
40200« Maktetto
40201: ces, un aident que l’on fai, à La, e, à Schiraz avec le poisson
40202A
40203» nommé aschteh. Cet aliment s’appelle en arabe sihnât : il es, , dii-onfchaud ubIsT""'
40204*
40205“ ”““d ***» ” D“> I* «—*. Turque*
40206DieuCle
40207'
40208pnmi ppmii parai pvt pniszo
40209"t*ï r-aips pa innn rnSnS put
40210’j
40211ùlUx L
40212£ij
40213tSjuiL
40214fi 3 J i
40215ej^
40216Si
40217i
40218Digitized by
p. 351
40219;
40220il
40221'
40222<\
40223y-*
40224RELATION
40225DE L’ÉGYPTE.
40226LIVRE L-
40227CNAftTlfe VL
40228F. t. yjo
40229ttrto.
40230nu.
40231.
40232i
40233Persan , imprimée à Scutari
40234, cet article est encore plus détaillé
40235: « Mahialih,
40236» prononcé comme aftab'eh
40237,
40238c’est la saumure f salamoura ] qu’on fait avec
40239» du
40240poisson. On prend de
40241petits poissons salés dont on
40242remplit un pot
40243» avec de
40244l'eau
40245,
40246et on
40247les y laisse jusqu’à ce qu’ils soient bien digérés
40248: en
40249» arabe , cette préparation se nomme sihnât. A Lar et
40250à
40251Schiraz , on
40252la
40253fait
40254» avec de petits poissons appelés aschn'eh. Elle est chaude et sèche au second
40255’ » degré [ij. »
40256L'auteur de ce même dictionnaire
40257, au mol cist jri.
40258, dit
40259: « Maki asckt'ek:
40260» c’est une espèce de poisson très- petit
40261, que l’on apporte du côi^Hormuz,
40262» et dont on fait de la saumure [mahiab'eh ].Ce mot composé veut direpoisson
40263" qui n est pas encore formé ; car aschteh a le même sens que mires M. » Dans
40264la traduction
40265Turque , on
40266lit
40267: « Aluht
40268aschn'eh
40269: c'est une espèce de petit
40270s> poisson que l’on fait venir du côté d’Hormuz, et dont on fait de la saumure
40271» [salamoura]
40272,
40273semblable à celle que l'on prépare dans ce pays-ci {en Turquie)
40274S"‘"'
40275” avec
40276suethUes
40277( clupea alosa
40278,
40279suivant ForskaI J
40280: le mot aschnth s'emploie
40281» dans le sens de naresideh [ce qui n’est point parvenu à son terme] [|3. »
40282J ignore laquelle des deux leçons aschteh ou aschn'eh est la meilleure.
40283Le mot .Ls» se trouve dans le Thésaurus Arabico-Syro-Latinus de Thomas
40284*
402851^ma."Cttui
40286* ^ovar‘'l > T
402871 ' nejl autre
40288chose, comme l’on
40289sait, que l’ouvrage d'Elias
40290bar-Sinaus
40291,
40292métropolitain de Nisibe
40293, auquel Thomas à JVovaria a joint une
40294traduction
40295Latine. Au chapitre 7 du xt.
40296c
40297traité dé ce vocabulaire, parmi
40298les noms des divers alimens que l’on mange avec le pain, on trouve .La»
40299,
40300en syriaque
40301fector urina et laner. H y a là deux fautes
40302:
403031.* il fâlloit écrire
40304mot
40305qui est le même que l’arabe île
40306;
403072.°
40308il fâlloit traduire murla
40309ou
40310sa/samentum. Thomas à Novaria s’est aperçu de cette seconde faute,
40311et,
40312dans
40313\ errata
40314,
40315il
40316a
40317substitué- sa/samentum
40318à filer urina:
40319et lana. Je ne
40320sais
40321Tlts. Ar. Syr.
40322Ui.f.ifj,
40323tujjj üLît *jLtL
40324[.]
40325*^!r*
40326cSjJâJL • iji.
40327jjjJJlj
40328/JJ
40329' ‘AjS
40330cSjVustS ^1 » 2jlj*i jyj a iiLae u+jju
40331^
40332[«]
40333•**W» V—
40334jl LhT, uL./*jL^
40335(jl «_>_fft
40336jjl f Ij*jL*L,
40337ts*l
40338**-*1
40339o-iL
40340jl iLd
40341fjj
40342j—Lur^"
40343j—'->*
40344(jSjÜSjI— OjL_jS y jJjLj •jyïE.
40345I
40346•
40347Digitized by Goo^e
p. 352
40348relation de l’égypte.
40349323
40350pourquoi Castell
40351*
40352, qui cite Thomas à Novaria à la racine }!ï
40353, traduit
40354par pilus lamas et futur asci l/arum.
40355Le mot .L» se
40356retrouve aussi dans le njrw ou r*»r:rr/ des Talmudisles,
40357que Buxtorf
40358K explique p.ir salsuinenlum
40359, pisciculi
40360errti saltti
40361et in vase rom-
40362pressi , à
40363fali./o odore sic
40364eticli;
40365et en cela,
40366il ne
40367fait que suivre l’auteur du
40368Stfr Aruch"
40369,
40370qui
40371, au mot irw, cite un passage du Talmud, où on
40372lit :«Siun
40373» homme a fait vœu de donner du sahana
40374,
40375il
40376lui est interdit de donner, pour
40377» s’acquitter de son vœu
40378, du
40379tarit [ thon] haché
40380; mais
40381il peut donner du sir
40382» et de
40383la saumure. » Et le même lexicographe ajoute que, suivant la glose,
40384on appelle sahana de petits poissons pétris et mis en masse [•].
40385David de Pomis traduit aussi -\Tt{ par de petits poissons salés M.
40386Ceci explique
40387ce que
40388dit
40389Ebn-Heïtar
40390,
40391que «Use
40392signifie
40393des
40394poissons
40395broyés;
40396et effectivement, au mot rvo, Buxtorf dit
40397: Piscis magni
40398et mundi
40399nomtn qui per partes vendebatur ; thynnus vil thunnus ,
40400ut quidam volunt.
40401.
40402.
40403.
40404Rambam scribil solitosfuisse eum contund.re, donccfient instar masserfarinacta,
40405et tum prohibitum fuisse, eb qubd sciri non potuerit an non piscis aliquis immundus
40406cum eo fuerit contusus.
40407Nous avons vu, en parlant du sir (note < 1 4 *> du chapitre IV), que ce
40408mot signifie quelquefois un mets fait avec du poisson, une sorte de saumure,
40409et que Djewhari cite un vers où
40410il est question d'ognon mis dans du sir, et de
40411tanad
40412,
40413poisson qui, selon Forskal, est le thon. Toutes ces choses se trouvent
40414aussi chez les écrivains Talinudistes
40415; car on vient de voir qu'ils parlent d'une
40416préparation faite avec le thon, très-approchante de celle qu’ils appellent sahana:
40417et un passage cité par l'auteur du Srfer Aruch m'apprend qu'on joignoit des
40418ognons
40419!i l’espèce de pâte de poissons nommée sahana ; c’est la suite de celui
40420que
40421j'ai
40422déj’a cité. « On appelle sahana de
40423pe.its poissons pétris et mis en
40424» masse. Si l'on met des ognons provenant de
40425l'offrande des prémices dans
40426» ces poissons,
40427il faut jeter
40428les ognons; mais on peut manger
40429les poissons
40430,
40431ss pourvu
40432toutefois que les ognons se soient conservés ên ender dans leur
40433» forme naturelle , et ne se soient pas mêlés avec les poissons [)]. »
40434UVRE L“
40435CMAPITRà VI.
40436'Lit.
40437h/f'togl.
40438c*>t. ju>t.
40439h Lu. OroU.
40440T«i
40441toi. fyiél.
40442* Sfftr Arme h ,
40443/i/l.
40444Ijf2 rtetü.
40445Ttrmah DéniJt
40446fol iSH yen*.
40447Ci-Jetant p. j/«,
40448U». O»U.
40449Tetlm.
40450et
40451Rôti.
40452Col. ÿ2+.
40453Ci- Je \ ont p jpy.
40454Sefer
40455Arueh,
40456fol.
40457iyi recto.
40458teno rmeî nax nyrxn jo mît CO
40459D'asp D'n rurra en"D-- D”^iai t» msot -
40460ox'i:a
40461amSo D':sp D’n
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p. 353
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40474CNA tirRE VI.
40475Htrcd.
40476Hitt.
40477/.
40478/.*,
40479c. 77 , «
40480/«<'. Wttset.f. ijy.
40481i i ,U\tuttp. t?t.
40482Lr-JtMMtp.jif.
40483TfitK.f. lj7
40484.
40485P*sCriptUnr Jt
40486Un, Xt
40487.
40488t, //. p. JJÿ.
40489‘ />/ MtJ. jfg.
40490P
404913*
40492X
40493T, m. Il,
40494f, il7
40495* Voyage Jarts U
40496Lr>>tnt, p.trt. tl
40497,
40498p.x'.
404991
40500k «Vil»». Ar.
40501,ig
40502324
40503RELATION DE
40504L’ÉGYPTE.
40505Le moi ïLsr
40506n’est plus aujourd’hui d’usage en Égypte, ainsi que me Pont
40507assuré plusieurs personnes de ce pays, et notamment M. Michel Sabbagh.
40508Observons, en finissant cette note
40509, que les Egyptiens ont de tout temps
40510mangé beaucoup de poisson. Hérodote nous
40511assure positivement que, de
40512son temps,
40513ils mangeoient le poisson cru séché au
40514soleil, ou conservé dans
40515la saumure.
40516<35>
40517Voyt\, relativement h
40518(a ttl/inc
40519,
40520la note <6î> du chapitre III
40521du I." livre.
40522<3Ô> M. White a imprimé dans les deux éditions du texte jJlj; cependant
40523il a traduit cnstut, et effectivement
40524le manuscrit porte j-fij
40525; c'est donc une
40526correction à faire au texte imprimé.
40527<37>
40528Voyt{ la. note <t> de ce chapitre.
40529<j8> Suivant Témimi, dté par Ebn-Beïtar, la bière nommée mérpr jj. est
40530une liqueur fermentée et enivrante. Dans la traduction Arabe de Dioscoride,
40531ce mot répond au grec mù/uu. Je conjecture que la liqueur
40532si usitée aujour-
40533d’hui en Égypte, et connue sous le nom de bou^a, est la même chose, que le
40534miyjr. «
40535Ils font grand usage,
40536dit Vansleb, d'une boisson
40537qu’ils appellent
40538ss boum. Cette boisson
40539, qui fait les délices des Maures , ressemble beaucoup
40540!t
40541» la bière d’Allemagne. On en
40542fait une grande quantité dans les faubourgs
40543» du Caire
40544et dans la haute Égypte. On la prépare avec de I orge sans hou-
40545» blon ni levain [ij. » Maillet *, qui prend cette boisson pour le £ythus des
40546anciens,
40547dit qu’elle enivre comme le vin. Prosper Alpin
40548k
40549atteste la même
40550chose. Voyc{ aussi M. Niebuhr, Description de
40551i Arabie, p. jo.
40552J’ai parié des diverses sortes de bières dans ma Chrestomathie Arabe.
40553<39>
40554, que
40555le docteur Russel écrit ^
40556, est le titra» coturnix. Voyez
40557tht nat. Hist. ofAleppc
40558,
40559t. II
40560,
40561p.
405621 9 3
40563; M. Niebuhr , Descript. de l’Arabie,
40564p. ijy. Hasselquist *
40565parle bien de
40566la caille; mais
40567il ne donne pas son nom
40568Arabe. Ebn-Beïtar k dit positivement que le
40569est
40570le même oiseau que le
40571cs^b.
40572. Ce sont donc deux noms différens de la caille.
40573I
40574Bochart
40575, Hicro^oicon
40576,
40577édit, de M. Rosenmiiller ,
40578t. II,p, f+Sttnir.
40579fO Ê "Ml-
40580;n uxp n,
40581I„p
40582tn.jnJ.,
40583fa U fmmiligruuJe u’ hrghi Jri Cam . e nrll
40584rhiamtU buss. ,k- i la Mijja J,' Mari, «aol
40585fgim nftrim
40586,
40587t
40588i
40589<I'</'1° »«X? firmn" •
40590ttmilt
40591il IIa ctrvoux di (ScTtnantit, Di queshi st ot
40592lupvto.
40593Digitized by GooJe
p. 354
40594RELATION DE
40595l’ÉGYPTE.
40596325
40597<4o>
40598iü'ix.
40599, suivant le k'amous * , est une sorte d’aliment ; c’est un mets
40600d origine étrangère []. Giggeius dit b
40601: Cibus contùsus
40602; abus qui v./ut pu!lis
40603gnus lit tfftctus. Golius
40604cite Meidani
40605c
40606: Cibus,
40607dit-il, tx carnibus. Mtid.
40608tontusis puto ,
40609et in pi/ns formatas. Ce que Golius ajoutoit comme une con-
40610jecture
40611, Castell la adopté sans restriction
40612i
40613: Cibui tx carnibus contusis, tt
40614in pilas formatas.
40615AI. Wahl
40616' a conservé le terme Arabe dans sa traduction.
40617M. Michel Sabbagh m’a assuré que ce mot signifie effectivement de la viande
40618pilée ou hachée ,
40619cuite avec du
40620borgoul. Je dirai dans un instant ce qu'on
40621entend par le mot borgoul , sur lequel on peut d’ailleurs consulter les Mémoires
40622du chevalier d'Arvieux
40623*, et PHistoire naturelle d’Alep du docteur Russell \
40624M. White a traduit resfarinacca
40625,
40626regardant «jÜj- comme synonyme de
40627._ô a.
40628J’ai employé le mot hachis, faute d'un équivalent précis.
40629LIVRE L"
40630ch am m: VI.
40631* Man. Ar. sic
40632S. C.
406331».* lyF.
406341 Thn.Umf.Ar.
40635f. //, eot. ny.
40636' Ltx. Ar. Let.
40637toi. S46.
406384 Ltx. htpi igJ.
40639ta/. 764.
40640*Tamt///t p IS‘».
40641* Th nat. Uist.
40642ùf Aleppa
40643t
40644t. 1
40645,
40646F "7 -
40647<40
40648Outre
40649les nourritures indiquées
40650ici par Abd-allatif,
40651les Égyptiens
40652font un grand usage d’un aliment qu’ils nomment htschc .d-<-
40653,
40654et
40655qu’ils
40656préparent avec du pain pétri dans du lait, suivant le témoignage de Prosper
40657Alpin. Ex pane vero lacté subacto et cxsiccato aliud cibi genus parant, chisch
40658m». Æf
40659....
40660vocatum
40661, non quidem verum chisch de quo postea ; quod cùm mu/tùm nutriat,
40662et
40663h-
40664facile concoquatur, non modo domi
40665ipsis utilissimum est , std et iter agentibus.
40666Prosper
40667Alpin distingue ce chisch ou mieux keschc du vrai keschc, dest-ü-
40668dire, de ce que les médecins appellent keschc, qui est une bouillie faite avec
40669de la farine d’orge. Je crois que
40670c’est ce qu’il décrit ainsi ailleurs
40671: Quidam
40672HU. P
40673.
40674sunt qui per totam
40675ttstatem polenta utuntur ex
40676rccenti hordeo médiocrités tosto
40677paratâ, atque farinée , ut suaveofentior fat , aquam rosaceam addunt. Le keschc
40678est ainsi décrit par le médecin Sotira, qui le nomme kiske. C’est en parlant de
40679la manière de traiter la maladie cutanée appelée asck-tlmtdina [»], qu’il dit-
40680mm nrré,
40681« La méthode
40682la plus usitée ,
40683la plus efficace de guérir cette maladie .
40684' " ' »
40685* est de frotter
40686le malade tous les deux jours ,
40687et sur-tout
40688le corps , avec ce
40689« qu ils appellent du kiske : c’est du froment à demi cuit , desséché ,
40690tiituré ,
40691'
40692» et puis mêle pendant plusieurs jours avec du lait, et exposé au soleil, pour
40693» que cette préparation se dessèche. »
40694K
40695\ oici ce que M. Michel Sabbagh ma appris
40696sur
40697la tflanière de
40698faire
40699le
40700keschc, usitée en Syrie et en F.gypte
40701:
40702, « Pour faire le keschc, on prend du froment, on le Bit bouillir jusqu’au
40703fUUl ^
40704[.]
40705I
40706i
40707â-joJI
40708£0
40709Digitized by Go
p. 355
40710LIVKF
40711i
40712(maiitu
40713326
40714RELATION DE l’£gïPTE.
40715- » degré convenable; ensuite on le met ressuyer à l’ombre,
40716jusqu'il ce qu'il
40717» soit parfaitement sec. Quand
40718il est sec, on le moud grossièrement dan»
407191 n
40720» petit moulin fi
40721t pour cela
40722, de manière que chaque grain se divise en nuis
40723»ou quatre parties. Legrain ainsi moulu >e nomme
40724borgoul. On séparé ce
40725» borgoul en
40726trois qualités. Les deux qualités les plus fines s’emploient à des
40727» usages dont nous ne pailerons pas
40728, parte qu’ib sont
40729étrangers
40730>1
40731notre
40732”
40733^
40734f
40735lualilé la P*«s
40736du borjoul sert à faire le kcschc. Si ce sont
40737» des Chrétiens qui
40738le font pour le manger dans les jours de jeûne
40739,
40740ils (ont
40741» macérer
40742le farpul dans de l’eau
40743jusqu’il ce qu’il fermente,
40744et prenne une
40745» saveur acide, agréable, approchante de celle du
40746vinaige.
40747Ils en
40748font des
40749” morceaux de
40750la grosseur d'une noix ,
40751et
40752les mettent
40753ressuyer A fombre.
40754» Quand
40755ils veulent en
40756faire usage
40757,
40758ils en prennent autant
40759qu'ils en ont
40760» besoin , et le mettent .tremper un peu dans l’eau pour qu’il s’ampllisse; puis,
40761» ils ripent dessus de l’ognon ,
40762versent de
40763l'huile d’olive par-dessus
40764,
40765et le
40766» mangent
40767ainsi. Quelques-uns mettent du ktschc ainsi préparé dans leurs
40768» étuvées ;
40769et , dans le fait
40770,
40771il en relève le goût.
40772Si
40773I on ne veut pas destiner le kcschc à l’usage des jours de jeûne, au lieu
40774ss de mettre le lorgoul tremper dans de l’eau, on le met tremper dans du lait
40775» caillé jusqu'à ce qu'il fermente et prenne une saveur acide, comme nous
40776» avons dit qu’on le fait quand on emploie l’eau au lieu du
40777lait. On en
40778fait
40779s> un
40780très
40781- fréquent usage dans notre pays
40782:
40783il est
40784rare que l’on
40785fasse une
40786s> étuvée sans
40787y
40788mettre de ce kcschc. £n Égypte,
40789011
40790l’emploie même à
40791so une boisson propie à humecter [>]. »
40792*.
40793-jsT -.-q ^jül ljOi. 1^ cbidl U
40794[*]
40795U
407961 Jl JÀb j »>-^o f
407970
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40801J-C
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40822Layjjj
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40836t/ost
40837*sl
40838Ü—ï-JL^bj jtLkil
40839,jC
40840ftA
40841^jJlb
40842>Uls
40843y!
40844Digitized by Goclgle
p. 356
40845RELATION DE
40846l’ÉGYPTE.
40847327
40848It parott , au surplus
40849, que
40850le nom de ktschc
40851se donne en divers pays à
40852des
40853alimens
40854différens. Voici ce qu'on
40855lit dans
40856le Dictionnaire Persan inti-
40857tulé
40858Burhan
40859halé
40860:
40861« Ktschc prononcé avec un fatha sur la première lettre et un dje^ma sur la
40862n seconde, suivi d'un caf.Q’ea du lait écrémé desséché; on le nomme en turc
40863» kourut. Quelques personnes disent que c’est une chose qu’on mange avec
40864» son pain
40865, et qui se prépare en faisant cuire du
40866lait caillé. Suivant d'autres
40867,
40868» c’est un aliment bien connu que
40869l’on
40870prépare avec de
40871la
40872farine de
40873fro-
40874» ment ou d'orge, et du lait de brebis.
40875Il y en a même où l’on fait entrer de
40876» la viande et du froment. O11 le mange comme le hérisih [ij. »
40877Dans la traduction Turque du même Dictionnaire imprimée à Constanti-
40878nople, cet article est conçu ainsi
40879:
40880« Ktschc prononcé comme rcschc. On appelle ainsi du lait caille desséché.
40881» Les Turcs le nomment kourut. Aujourd’hui l’on appelle k/sch du lait écrémé
40882» que l’on fait prendre par la cuisson
40883; après quoi on le passe
40884, puis on le fait
40885** sécher. Quelques personnes donnent ce nom
40886!i un aliment que
40887l’on fait
40888" avec du
40889lait
40890caillé. Les habitant de
40891la campagne
40892le nomment
40893ii
40894présent
40895>3 keschkcc. On pile du froment , on en sépare le son , on fait bouillir le grain
40896;
40897» ensuite on y met du
40898lait caillé
40899, et on le bat pour le bien mélanger. Celui
40900«qui est
40901fait avec une décoction d'orge, se nomme kcschc ; mais
40902, pour le
40903>» distinguer, on l’appelle kcschc alscha'ir, c'est-à-dire
40904, kcschc d'orge. Aujour-
40905» d'hui ,
40906la préparation que nous avons décrite sous le nom de keschkcc s’ap-
40907» pelle kcschc; en arabe, on la nomme hérisih. Quand on y ajoute de la chair
40908» d’oie, c’est un mets de prince [»j. »
40909Ceci me rappelle un passage de Strabon, où ce géographe dit « que les
40910» éj Jgj-JI
40911o’ ci* s*st!
40912tî-s-
40913tÿjuMj »UL CÇjU: j
40914s—
40915alXL V
40916Vebj-U b
40917Sjb*—
40918H
40919cJj^
40920*- 1— c~~~'
40921['3
40922CJJJ» cîj-Jj O—L tu CfLâ.
40923J tfjjà.
40924(_)b
40925tuL (^UJ.
40926ojJj j
40927L j\
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40929j!
40930fjjf »C
40931'_y ' y
40932.'-j cîbj jwC
40933—m\j u-ûc~y»
40934topjL.; ajL- j JaIs^
40935oyy* j »-jj* iUîLj
40936A u
40937lieu de
40938ci»», ,*Je
40939crois
40940qu'il faut
40941lira
40942dans cc texte
40943.
40944-
40945„
40946jJ * Qjjtp
40947Uojj uLj
409481 d ' r—
40949[,]
40950US RE I."
40951CHAPtTar. VI.
40952Mam.A* .\t. Air-
40953ftutti , à la ÜHI.
40954imperia fr.
40955Burhan
40956i.a//
40957,
40958tract. Tar.p. fjj.
40959Strai.
40960Gt*gr.
40961/- xvn. p. tijf,
40962ta rit. Almil.
40963Digitized by
p. 357
40964LIVRE I."
40965CHAPITRE VI.
40966Jahtons. Opvsf.
40967P. /, f. i»*>
40968Man.
40969Ar.
40970(/#
40971X O. n;
40972Fait. ling. Ar.
40973f
40974. 3»it
409757Jf-
40976Di* tion.
40977Esf,
40978l.st. Ar, t*m. / 1
40979f. 22J.
40980Alz
40981Atj
40982iin-
40983T/inct Cnn. ntJ.
40984» /, r
40985,?4.
409863,8
40987RELATION DE
40988l’ÉGYPTE.
40989” Égyptiens mangent une
40990sorte de
40991pain nommé
40992<*ju~ç
40993,
40994qui
40995resserre
40996le
40997„ Ventre
40998f.J.
40999>> Ce mot &*.-'><
41000est sans doute Égyptien
41001, et
41002je pense que ce
41003n’est autre chose que le mot KHK,
41004écaille, écorce, et que ces pains étoient
41005ainsi nommes, non, comme le dit Jablonski, h cause qu’ils étoient couverts
41006de boursouflures semblables à des pustules
41007, mais parte qu’ils étoient ronds
41008et plats. Ce mot existe en araire, où
41009etlof signifie du biscuit, de petits gâteaux
41010croijuans.
41011qjrs ou r*or3 se trouve aussi dans le langage Hébreu du
41012I alinud.
41013V«ye-{ Buxtorf, Lcxicon Cka!d, TalmuJ. et Rabbin, col. 1069
41014; le Sefer Aruck,
41015fol.
410161 17 recto; et David de Pomis, Tstmah David
41017,
41018fol. yü recto.
410191 irouza-
41020badi dit que LtUf” est un mot originairement Persan; ce que je ne crois pas,
41021la lettre £ ne se trouvant pas dans les mots Persans d’origine. Dans la langue
41022Égyptienne,
41023au
41024contraire, cette
41025lettre
41026existoit anciennement, comme le
41027prouve l'orthographe Hébraïque des mots rpc. n:t* t~:a et
41028Jjr». Je ciots
41029donc que
41030le mot
41031ciUf" est d’origine Égyptienne. Germanus
41032de
41033Siltsia
41034le
41035traduit en italien par
41036biscotto , ciambclla
41037, pane biscotlalo; et
41038le P. Caftes dit
41039que l'on nomme ainsi
41040il Damas un pain fait de fleur de farine, évidé en façon
41041de gimblelte, et qui est extrêmement
41042cuit; ce qui fait quil se garde long
41043temps. Voyei aussi Russell
41044,
41045tht natural History of Aleppo,
410461.
410471 .
41048, p.
410491
410501 6
41051, et
41052Piempius , sur le chapitre 8 de la section
410533 du livre t." d Avicenne. Le mot
41054Anglois cake semble venir de la même origine.
41055»
41056jJj!
41057*JU ^1» üî>*J
41058i-4=
41059J-4 (ja-a-JI
41060oatj /
41061[fijj> çjj
41062VLfc jJjjjZ,j
41063jJL» I
41064l*»i» fcÿ
41065cs'cNX»
41066* f
41067iJSCLS*
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41071/!*>*-***
41072[,] K ai
41073«I wuù J* U* * •r7"1 1*"""’
41074canùr uiw«. J* ht >*W<
41075livre H.
41076•Digitized by c;+S le
p. 358
41077• LIVRE
41078II,
41079DIVISÉ EN TROIS CHAPITRES.
41080«
41081CHAPITRE
41082I."
41083>
41084Du Nil; manière dont la Crue de cefleuve a lieu ; exposé des causes
41085Pige
41086M.
41087de cette crue, et de la marche ordinaire de cephénomène.
41088l’écrevisse, du lion et de ia vierge.
41089Il déborde alors et couvre la
41090terre de ses eaux
41091pendant quelque temps;
41092et quand elles sont
41093retirées, on laboure et on scme ril survient ensuite pendant les
41094jusqu’à ce qu'ils soient en
41095état
41096d’être coupés.
41097Dix-huit coudées sont le dernier terme de la crue convenable
41098des endroits élevés qui participent à
41099l’irrigation
41100;
41101c’est alors une
41102terme de
41103la crue, auquel
41104elle ne parvient que rarement,
41105c’est
41106quelques doigts au-delà de dix-neuf coudées <i>
41107: dans ce cas,
41108il
41109y a des endroits submergés, les eaux
41110les recouvrant trop long-
41111temps; et la saison propre aux semailles se passe sans qu’on puisse
41112p» ge ,88.
41113en profiter. La portion de terrain qui a coutume d’être ensemencée,
41114et
41115qui
41116reste inculte par
41117l’effet de cette crue excessive
41118, égale à-
41119peu-près celle qui d’ordinaire demeure sans culture faute de par-
41120ticiper à l'inondation
41121,
41122et
41123qui
41124, dans ces cas extraordinaires , se
41125Le Nil, qui arrose l’Égypte, croît à l’époque où toutes les eaux
41126diminuent
41127,
41128c’est-à-dire
41129, quand
41130le
41131soleil
41132est dans
41133les signés de
41134nuits une rosée abondante qui nourrit les grains que l’on a semés.
41135pour les besoins
41136sorte de superflu et un excédant de surérogation. Le plus haut
41137Ti
41138Digitized by
p. 359
41139LIVRE
41140II.
41141CHANTRE L"
41142RELATION DE L’ÉGYPTE.
41143trouve arrosée et mise en valeur <j>. La crue nécessaire est à son
41144maximum, quand elle atteint le commencement de la dix-huitième
41145coudée; la crue excessive est à son plus haut terme, quand elle en-
41146tame la vingtième coudée. Comme chacune de ces deux crues < 3 >
41147a un maximum où elle finit
41148, chacune a aussi son minimum auquel
41149elle commence. Le minimum de la crue nécessaire est seize coudées
41150pleines
41151:
41152ce terme s’appelle
41153l'eau du sultan; car
41154, quand une fois
41155la crue
41156est parvenue à ce point
41157,
41158la contribution des
41159terres
41160est
41161acquise <4> au profit du prince
41162: une moitié à-peu-près des terres
41163est inondée, et la récolte est suffisante pour fournir largement à
41164la subsistance < 5 > des habitans pendant tout le cours de
411651 année.
41166Quand les eaux s’élèvent au-dessus de seize coudées jusqu à dix-
41167huit, toutes les terres qui ont coutume d’être inondées participent
41168à l'inondation
41169, et la récolte suffit pour fournir pendant deux ans
41170et plus aux besoins du pays. Si
41171, au contraire
41172, la crue demeure au-
41173dessous de seize coudées
41174, la portion des terres qui est inondée est
41175insuffisante
41176;
41177la récolte ne fournit pas aux besoins de
411781 année, et
41179il y a une disette de vivres plus ou moins grande, suivant que les
41180eaux sont restées plus ou moins au-dessous de seize coudées. On
41181dit alors des terres qu’elles sont scharaki. Voici comment on peut
41182rendre raison de
41183l’étymologie de
41184ce mot. On emploie
41185le verbe
41186scharaka en parlant du
41187soleil , pour dire qu il s est lève et qu
41188il a
41189paru
41190: on
41191dit aussi scharraka pour exprimer l’action d une per-
41192sonne qui étend de
41193la viande au soleil, afin de
41194la faire sécher,
41195et de
41196là vient
41197le nom de jours de taschrik
41198, nom que
411991 on donne
41200aux trois jours <6> de la fête de l’immolation des victimes, parce
41201qu’en ces jours
41202la chair des victimes
41203est exposée au soleil
41204,
41205ce
41206qu on exprime par le mot toscharrako, c’est-à-dire
41207, elle est étendue
41208au soleil. C’est encore par une suite de la même signification que
41209ion
41210dit de
41211quelqu’un
41212qui
41213s’étrangle
41214avec de leau ou du vin,
41215Digitized by Go|gle
p. 360
41216RELATION DE l’ÉGYPTE.
4121733
412181
41219scharika ; car
41220, par un effet de
41221la suffocation
41222, et par une suite de
41223ce que
41224le gosier se trouve fermé *, ce liquide reparoît et sort en
41225dehors
41226, au
41227lieu d’être avalé. Comme donc, dans les années où
41228le Nil ne s’élève pas assez pour couvrir la terre,
41229la surface du sol
41230demeure apparente, et n'est point dérobée à la vue par l’inonda-
41231tion
41232ni cachée sous les eaux
41233,
41234on
41235a
41236dit alors en
41237parlant
41238de la
41239terre,
41240scharikal ;
41241c’est-à-dire,
41242elle
41243est demeurée apparente, elle
41244n’a point été couverte <7>, et le Nil ne
41245l’a
41246pas atteinte.
4124711 peut-
41248se faire néanmoins que cette dénomination
41249ait été prise du nom
41250du vent d’est,
41251rih scharkiyyèh
41252: car
41253le vent d’est, et celui que l’on
41254nomme en Égypte kib/iyyèh, qui est le vent du sud, sont en même
41255temps
41256le signe
41257et
41258la cause d’une mauvaise crue
41259; tandis que
41260le
41261vent
41262d’ouest,
41263et
41264celui que
41265l’on nomme
41266bahriyyèh
41267<8>
41268,
41269c’est-à-
41270dire,
41271le vent du nord
41272, sont les indices
41273et la cause d’une bonne
41274crue. Alors
41275le verbe scharika
41276,
41277employé en
41278parlant des terres de
41279l’Égypte,
41280signiffecoit que le vent d’est a été le vent dominant
41281,
41282en sorte qu’il a dissipé l’eau et découvert la terre. De là, on aura
41283donné à la terre le nom même du vent d’est, scharkiyyèh
41284,
41285dont au
41286pluriel on a
41287fait scharaki, comme de corsi on a fait carasi, et de
41288bokhti , bakhatï <9).
41289Quant au mot nil
41290,
41291c’est un nom de la forme fi! <io>, dérivé du
41292verbe nala, aoriste yenal
41293,
41294infinitif neil: ou de nala, aoriste yènoul,
41295infinitif rtaul. On dit nawwala et infinitif tanwil
41296,
41297ou nala et infi-
41298nitif naul
41299,
41300dans
41301le même sens que aata
41302,
41303c’est-à-dire, donner
41304quelque chose à quelqu’un <1 1> ; le mot ni
41305l
41306est le nom de la chose
41307donnée.
41308Il y a entre les mots neil et nil la même différence qu’entre
41309ray et riy : ray
41310,
41311qui fait la fonction de nom d’action, signifie
41312l’ac-
41313tion de paître
41314, et riy signifie
41315la chose que l’on paît. Au surplus
41316,
41317cette discussion est étrangère à notre sujet;
41318et nous n’en avons
41319parlé que parce quelle s’est présentée en passant à notre esprit.
41320Tu
41321LIVRE
41322If.
41323CHANTRE I."
41324* Pige
413251 90.
41326U
41327•
41328Digitized by
p. 361
41329LIVRE H.
41330CHAPITRE
41331l.*
41332r
41333•Page
41334'!>»•
41335Commençant
41336ie
41337£i octobre
41338»
41339i yy.
41340Commençant
41341le
41342i < décembre yG6.
41343Com. i j juin.
41344Coin. *j juillet.
41345* Com. iy août,
41346* Com.
41347j 8 *epc.
41348Pag*
41349'94-
4135033Z
41351RELATION DE
41352L’ÉGYPTE.
41353"Le terme de seize coudées est celui au-dessous duquel com-
41354mencent les mauvaises crues que l’on nomme
41355ta/rit, cest-à-dire,
41356déficit
41357,
41358par opposition aux crues excessives désignées par le mot
41359ifrat.
41360J’ai donné
41361, dans mon grand ouvrage,
41362la
41363liste des années
41364où la crue du fleuve a été soit inférieure au terme nécessaire, soit*
41365excessive, depuis le commencement de l’hégire jusqu a la présente
41366année <ii>; mais
41367ici je me bornerai, comme je m’y suis engagé,
41368à raconter ce dont
41369j’ai été témoin.
41370E11 l’année
413715 p6, le fleuve ne monta qu’à douze coudées vingt-
41372un doigts,
41373chose extrêmement rare. En
41374effet, nous n’avons pas
41375connoissance que, depuis le commencement de i’ère de l’hégire,
41376jusqu a présent
41377,
41378la crue du Nil
41379se
41380soit arrêtée à un point aussi
41381bas que
41382celui-là,
41383si
41384ce
41385n’est en
41386l’année
4138735 6, où
41388il s’en
41389fallut
41390même de quatre doigts que
41391le Nil
4139211e parvînt à cette hauteur.
41393Dans ce long espace de temps,
41394il n'est arrivé que six fois environ
41395que
41396la crue du Nil se soit arrêtée à
41397treize coudées et quelques
41398doigts
41399: 011 compte environ vingt années dans lesquelles elle n’a
41400pas passé quatorze coudées
41401et quelques doigts; au contraire,
41402il
41403est arrivé souvent que
41404le terme de la crue a été de quinze cou-
41405dées et plus, mais au-dessous de seize coudées <ij>.
41406Je vais maintenant décrire toutes
41407les circonstances de la crue
41408de cette année, je veux dire de l'an 596
41409,
41410et ensuite j’exposerai
41411tout ce que j’ai recueilli sur les causes de ce phénomène
41412, et sur
41413la marche ordinaire
41414qu’il suit. Entrons en matière.
41415C est d’ordinaire au mois d’épiphi que commence
41416la crue du
41417fleuve; elle est dans son fort dans le mois de mésori, et parvient
41418à son dernier terme en tôt 1 ou paopi b
41419; après quoi les eaux com-
41420mencent à décroître. Cette année
41421, lorsque le mois
41422d’épiphi fut
41423arrive,
41424le Nil commença à donner quelques signes d accroisse-
41425ment. Deux mois environ auparavant, on avoit observé dans les
41426bgle
41427Digitized by Gtl
p. 362
41428RELATION DE L’ÉGYPTE.
41429333
41430eaux du
41431fleuve
41432une
41433teinte verte de
41434la couleur des
41435feuilles de
41436•
41437poirée ’<i4>: cette teinte acquit progressivement plus d’intensité;
41438et l’odeur des eaux prit un caractère fétide et corrompu, analogue
41439à l’odeur des mousses aquatiques, et que
41440l’on
41441peut comparer à
41442celle du suc de poirée que l’on auroit gardé quelques jours et qui
41443se serait gâté. Je mis un peu de cette eau dans un vase dont le
41444col étoit étroit;
41445il
41446s'éleva
41447sur
41448la surface comme un
41449petit nuage
41450vert
41451: je l’enlevai avec précaution,
41452je le laissai sécher,
41453et j’y re-
41454connus très-clairement de la mousse d'eau <1 j>. Après que ce petit
41455nuage eut été enlevé,
41456l’eau demeura limpide
41457, et sans aucun mé-
41458lange de vert; mais elle conserva son goût et son odeur comme
41459auparavant. On reconnoissoit aussi dans cette eau des corpuscules
41460végétaux
41461; ces corpuscules y étoient suspendus comme les atomes
41462qui voltigent dans l'air, et ils ne se déposoient point au fond. Les
41463gens assujettis à vivre de régime <i6> évitoient d’en boire, et bu-
41464voient de l'eau des puits. J’essayai de faire bouillir l’eau du Nil,
41465espérant quelle deviendrait bonne à boire, au moyen de cette
41466précaution dont les médecins recommandent d’user pour corriger
41467les eaux qui ont éprouvé quelque altération
41468: mais son odeur et
41469sa saveur n’en devinrent que plus désagréables et plus puantes.
41470Je reconnus que cet
41471effet venoit de ce que
41472les parties végétales
41473suspendues dans cette eau s’atténuoient par l’effet de la cuisson
41474,
41475et
41476se mcloient avec
41477le liquide plus
41478intimement qu’auparavant
41479;
41480en sorte qu'il en résultait un
41481plus grand degré d'altération dans
41482l’odeur et la saveur. C’est précisément ce qui arrive lorsqu’on fait
41483cuire dans de l’eau, de la poirée, des raiforts <17^, ou d'autres lé-
41484gumes semblables; car l’action du feu. mêle (fans l’eau les parties
41485les plus subtiles de ces végétaux. Au contraire ,.les eaux que i'011
41486corrige par la cuisson
41487, et que les médecins ont eues en vue en
41488prescrivant cette précaution
41489, ce sont
41490celles dont l'altération est
41491LIVRE
41492IL
41493CHANTRK I.*”
41494Dlgitized by
p. 363
414952^4
41496relation de l'égypte.
41497due au mélange * de quelques parties terreuses
41498: dans ce cas, ces
41499c^1
41500R
41501t
41502E
41503„"-..
41504parties hétérogènes sont dégagées par l’action du feu
41505, qui atténue
41506•Pige ,y6.
41507la substance du liquide, et elles se précipitent.
41508Les eaux conservèrent cette couleur verte pendant une partie
41509Mij
41510de redjeb * et durant schaban b et ramadhan* tout entiers; mais
41511•jIZ,
41512die disparut dans
41513le courant de schowal J
41514. A ce phénomène se
41515•Aoii.
41516joignoient des vers et d'autres animaux de ceux qui vivent dans
41517les eaux stagnantes <i8>. Cette altération de la nature des eaux
41518étoit plus sensible dans leSaïd, parce que cette partie de
41519I Égypte
41520est plus voisine de l’origine du fleuve et du commencement de
41521, „Pi«mkre.
41522son
41523cours. Le
415241
415251 de tôt,
41526la crue
41527atteignit
41528le maximum de son
41529élévation pour cette année
41530, qui
41531fut de douze coudées vingt-un
41532doigts; puis les eaux commencèrent à baisser. Au mois de schowal
41533arriva un ambassadeur du souverain
41534d’Abyssinie, chargé dune-
41535lettre par laquelle ce prince notifioit la mort du patriarche
41536< * 9>
41537des Abyssins, etdemandoit qu’on en envoyât un autre à sa place.
41538Il marquoit dans cette lettre que les pluies avoient été médiocres
41539cette année dans l'Abyssinie, et que c’étoit ht cause pour laquelle
41540la crue du Nil étoit
41541si foible.
41542Nous avions recueilli très-exactement dans notre grand ouvrage
41543toutes
41544les circonstances relatives
41545à
41546létat du Nil pendant cette
41547année et les années précédentes <io>, dans
415481 espoir que nous dé
41549couvririons
41550,
41551entre
41552ces
41553circonstances
41554et
41555les évenemens
41556qui ont
41557suivi
41558, certains rapports <u> qui nous mettroient a portée de con
41559dure quels sont
41560les changemens dans l'état du Nil qui caracté-
41561risent les années de bonne ou de mauvaise crue, et que, par suite
41562de ces observations,
41563il
41564seroit
41565possible de connoitre par avance
41566quelle doit être
41567la crue de chaque année, de prendre les pré-
41568__
41569cautions convenables
41570, et d'annoncer les événemens qui doivent
41571arriver.
41572Digitized by C+gle
p. 364
41573RELATION DE l’ÉGYPTE.
41574335
41575Les Coptes du Saïd prétendent * effectivement être en
41576état de
41577déterminer d’avance et de deviner quelle sera la crue du Nil chaque
41578•
41579année. Le moyen qu’ils emploient pour cela
41580est de prendre une
41581partie d’argile d’un poids connu
41582,
41583et de la laisser exposée à
41584l’air
41585durant une certaine nuit <*i>
41586: ils
41587la pèsent le lendemain matin;
41588et par l’augmentation de poids quelle a acquise,
41589ils déterminent
41590la quantité de la crue du Nil
41591Il y a d’autres personnes qui
41592tirent des pronostics de la quantité de fruits que portent les pal-
41593miers, ou de celle du miel que fournissent
41594les abeilles.
41595Quant à moi
41596, j’ai remarqué que, quand le niveau du fleuve <a4>,
41597avant l’époque de
41598la crue,
41599est moins élevé que de coutume,
41600il
41601arrive ordinairement que la
41602crue demeure aussi au-dessous du
41603terme ordinaire
41604: ce pronostic se
41605vérifie
41606le plus communément.
41607Si la couleur verte se manifeste dans les eaux au commencement
41608de la crue ou peu auparavant <ij>
41609,
41610c’est une forte raison de con-
41611jecturer que le fleuve ifacquerra pas un volume considérable. Si
41612l’on remarque que
41613les eaux conservent long-temps cette teinte
41614verte, et que la crue ne se fasse sentir que foiblement, on peut
41615en induire avec beaucoup de vraisemblance que l’inondation ne
41616sera pas forte. Cette couleur des eaux dure-t-elle pendant tout le
41617mois
41618d’épiphi
41619,
41620elle pronostique une crue très-foible. La raison
41621de tout cela est facile à
41622sentir. Et d’abord
41623, quant à ce que
41624j’ai
41625observé en premier lieu
41626, que
41627le niveau du fleuve étant avant la
41628crue inférieur à son élévation ordinaire
41629, cela annonce une crue
41630peu considérable
41631, on sent que, pour que cet effet n’eût pas lieu
41632,
41633il faudrait que les pluies auxquelles le Nil doit son accroissement
41634périodique, fussent assez abondantes cette année-là pour ramener
41635d’abord le fleuve à son niveau accoutumé
41636, et ensuite l’élever au-
41637dessus de ce niveau de
41638toute
41639la hauteur d’une crue ordinaire.
41640Or les pluies communes de chaque année ne peuvent suffire à
p. 365
41641RELATION DE l’ÉGYPTE.
41642,
41643produire ce double effet
41644,
41645et cette abondance d eaux n est pas une
41646LIVRE
41647II.
41648,
41649c
41650i
41651cmahtiif. i.-
41652chose qui arrive communément. Supposons,
41653par exemple, que
41654la hauteur des anciennes eaux
41655soit d’une coudée;
41656il faudra une
41657crue de quinze coudées pour.que le fleuve monte au degré appelé
41658l'eau du sultan, c’est-à-dire, à seize coudées pleines. Si le niveau,
41659r*g« joo.
41660au lieu de cela, est de six coudées,
41661il ne faudra, pour atteindre
41662à la même hauteur, qu’une crue de dix coudées; et assurément
41663il
41664est plus facile d'obtenir ce dernier résultat que le premier.
41665Il faut,
41666en outre, considérer que les eaux qui forment le cours ordinaire
41667du fleuve, sont entretenues pardes sources, au lieu que celles qui
41668forment sa crue périodique sont le produit des pluies. Quand les
41669sources diminuent et donnent moins d’eau
41670,
41671c'est un signe que
41672la température de l’année est plus chaude,
41673l’air plus sec, et
41674les
41675vapeurs moins abondantes
41676: or ces mêmes causes font que
41677les
41678pluies sont moins
41679considérables.
41680Enfin
41681le maximum du volume
41682d’eau
41683<i6> que fournit la crue au j dessus du niveau primitif du
41684Nil
41685, est
41686, le plus souvent , de treize coudées de hauteur <iy>. Si le
41687niveau des anciennes eaux
41688n’est que d’une ou de deux coudées,
41689les treize coudées d’augmentation qui sont la meilleure crue, ajou-
41690.
41691téesà cette hauteur primitive, n’atteignent point à l'eau du sultan.
41692'
41693Je
41694viens au
41695pronostic
41696d’une mauvaise inondation
41697, qui peut
41698se tirer de la couleur verte de l’eau. Voici comment on doit en
41699rendre
41700raison. Les eaux de
41701l’année
41702précédente, en se
41703retirant
41704après l’inondation
41705, laissent des mares et des flaques d eau dont
41706les unes s absorbent dans la terre, les autres se couvrent de mousse
41707d eau
41708,
41709se corrompent
41710et prennent une odeur de putréfaction.
41711Quand
41712les eaux produites par de médiocres
41713pluies viennent à
41714passer sur
41715ces dépôts d’eaux stagnantes
41716,
41717elles
41718se mêlent avec
41719eux ,
41720et
41721les entraînent dans
41722le Nil. Dans ce cas
41723,
41724les eaux des
41725nouvelles pluies ne sont pas assez fortes pour dominer sur celles
41726Digitized by C+gle
p. 366
41727RELATION DE
41728l’ÉCYPTE,
41729337
41730de ces mares, et les corriger
41731: ce sont, au contraire,
41732les eaux des
41733mares qui dominent sur
41734celles des pluies
41735, et les gâtent en leur
41736communiquant leur qualité corrompue; elles ne s’écoulent aussi
41737que peu-à-peu,
41738et ne parviennent jusqu’à nous que successive-
41739ment. Plus les pluies sont foibles et rares,
41740plus longtemps on
41741voit la couleur verte affecter le cours du fleuve
41742: dans
41743le cas au
41744contraire de
41745pluies abondantes,
41746elfes lavent
41747les dépôts d’eaux
41748stagnantes; elles prennent
41749le
41750dessus sur
41751ces eaux corrompues,
41752et les
41753précipitent promptement vers
41754le
41755bas du
41756fleuve avec un
41757mélange de
41758terre
41759qu’elles entraînent à cause de leur force. Ce
41760mélange dérobe à la vue cette teinte verte, et l’on n’en distingue
41761pas la trace.
41762Ajoutez à
41763cette première considération que
41764les ri-
41765vières qui sortent des monts de la Lune <j8>, se réunissent avec
41766d’autres <19) dans un même lac qui est d’une très-vaste étendue,
41767et que c’est de ce lac que sort le Nil. Or les eaux de ce lac sont,
41768sans aucun doute
41769, des eaux stagnantes; en conséquence, elles se
41770couvrent de mousse
41771,
41772et spécialement sur
41773les
41774bords et dans
41775les
41776bas-fonds. Quand donc les pluies périodiques viennent à tomber,
41777et que leurs eaux coulent en torrens dans ce lac, elles soulèvent
41778le fond du lac,
41779et remuent
41780les
41781parties qui auparavant étoient
41782stagnantes
41783: ce qui étoit sur les bords, se trouvant balayé et en-
41784traîné vers
41785le milieu du lac
41786, gagne le courant du fleuve qui en
41787sort, et est emporté avec lui dans son
41788lit.
41789Lorsque
41790le cours du Nil offre une
41791teinte verte dans
41792le mois
41793d’épiphi
41794,
41795c’est une indication d'une mauvaise crue
41796;
41797car en ce
41798mois on
41799doit s’attendre <3o> que les eaux croissent et prennent
41800le dessus sur ces ordures. En conséquence,
41801si
41802le Nil conserve
41803cette couleur verte à l’époque <ji> où
41804il devroit croître,
41805c’est un
41806pronostic
41807que
41808l'inondation
41809sera
41810incomplète. Ces
41811corpuscules
41812végétaux que le fleuve entraîne avec
41813lui
41814, sont des fragmens de
41815LIVRE
41816II.
41817CHAPITRE
41818L**
41819Page 202. *
p. 367
41820338
41821RELATION DE
41822l’ ÉGYPTE.
41823plantes qui se sont formées dans le lac ou autour de ses bords,
41824telles que des papyrus, des joncs de diverses espèces <32)
41825, des
41826mousses d'eau
41827et autres plantes du même genre. Ces végétaux,
41828tombant en putréfaction, se divisent en petites parties et s’écoulent
41829avec le fleuve. Or, quand l'affluence des eaux dans le lac
41830n’est
41831pas
41832considérable
41833,
41834cette
41835circonstance contribue encore à
41836faire
41837charier par
41838le fleuve ces particules provenues de la destruction
41839des végétaux
41840: car, les eaux du lac étant basses,
41841le cours du Nil
41842atteint le fond du lac, et entraîne la fange et
41843les ordures qui
41844s’y
41845sont déposées <33>. Quand les eaux y sont grosses, au contraire,
41846c’est
41847la partie la plus élevée et
41848la plus limpide de ces eaux
41849qui
41850forme le cours du fleuve
41851: c’est ce qu’il faut bien remarquer. Aussi
41852cette couleur verte ne se fait-elle apercevoir dans le Nil que dans
41853les années où ce fleuve est desséché par
41854la grande chaleur;
41855et
41856P»gc 104.
41857plps ce dessèchement est grand, plus ce phénomène est sensible.
41858Dans les années
41859, au contraire
41860, où
41861le fleuve conserve un grand
41862volume d’eaux et n’éprouve point de dessèchement, on ny aper-
41863çoit point cette teinte verte
41864; car la force de son cours vient de
41865l'abondance des eaux dans
41866le lac où
41867il prend son origine
41868, et de
41869ce que son cours est par-là même bien élevé au-dessus des depots
41870fangeux de ce même
41871lac.
41872,
41873Si tous ces indices ou
41874la plupart d’entre eux se trouvent réunis
41875dans une même année
41876, on peut conjecturer
41877, avec un très-grand
41878degré de vraisemblance, que la crue du Nil sera foible
41879; et c est le
41880but d'utilité que présentent les détails dans lesquels nous venons
41881d'entrer
41882: mais ce n’est pas le seul fruit qu’on puisse en
41883tirer. Par
41884exemple
41885, ceux qui viendront après nous
41886, joignant nos observa-
41887tions aux faits dont
41888ils seront eux-mêmes témoins, parviendront
41889peut-être à découvrir <34> des rapports et des indices nouveaux
41890pour prévoir le degré d’une crue bonne ou mauvaise pour chaque
41891-J
41892Digitized by Gc|>glc
p. 368
41893RELATION DE
41894l’ÉGYPTE.
41895339
41896année. En outre, les astrologues, en observant les intervalles de
41897>
41898temps qui séparent les bonnes et les mauvaises crues, la situation
41899et les conjonctions des planètes qui accompagnent les unes et les
41900autres,
41901les thèmes astrologiques de l’Égypte, du pays des Noirs,
41902et des princes qui y exercent l’autorité souveraine,
41903et en combi-
41904nant toutes ces données, pourront, par ces observations réitérées,
41905acquérir une méthode expérimentale de déterminer d’avance
41906le
41907terme de la crue du Nil, bonne ou mauvaise.
41908Jusqu’à présent, je ne vois point que les astronomes d’Égypte
41909aient donné aucune attention à cela;
41910et je n’ai trouvé parmi eux
41911aucune méthode sur laquelle on puisse se reposer
41912, mais seule-
41913ment un pur hasard qui n’a aucun fondement <}j>.
41914C’est de cette manière cependant que l'on est parvenu à former
41915la plus grande partie des jugemens astrologiques;
41916car, ayant vu
41917que les choses qui arrivoient sur la terre étoient liées à certaines
41918positions des sphères et à certains mouvemens dans le ciel
41919, on a
41920observé le retour de ces mêmes phénomènes, et l’on a reconnu que
41921les mêmes rapports se renouveloient <36)
41922: en conséquence, on a
41923rapporté ces événeinens à ces aspects et à ces positions célestes.
41924Quand on a rencontré par la suite <37) les corps célestes produi-
41925sant
41926par leurs mouvemens
41927les mêmes
41928positions
41929et
41930les mêmes
41931aspects
41932, on en a conclu
41933le retour des mêmes événemens.
41934On rapporte, comme une observation fondée sur l’autorité des
41935anciens Égyptiens, que, quand, le
419361 2 de mésori, l’eau a atteint le
41937douzième doigt de la douzième coudée,
41938il y aura bonne inonda-
41939tion
41940; sinon
41941, la crue sera incomplète <3 8>.
41942Voici ce que
41943j’ai vu, dans un commentateur des Aphorismes
41944astronomiques.de Ptolémée <3ÿ>,
41945sur le dernier aphorisme, qui
41946commence ainsi : « Les feux qui traversent l'atmosphère , indiquent
41947»
41948le dessèchement des vapeurs
41949: s’ils se portent <4o> tous vers une
41950LIVRE
419511t.
41952CUAriTU
41953I.**
41954Page aol.
41955i
41956août.
41957Page *08.
p. 369
41958LIVRE IL
41959chaut rl L"
41960Com, iUc.
41961901, n
41962Com. Mit 910.
41963Com. o»t. 1199*
4196434o
41965relation
41966de
41967l’égypte.
41968« même partie du ciel
41969,
41970ils indiquent des vents qui souffleront de
41971» cette partie
41972; mais , s’ils sont dispersés dans toutes les parties du
41973»
41974ciel
41975,
41976ils pronostiquent la diminution des eaux
41977,
41978l’agitation de
41979»
41980l'air
41981,
41982et
41983le mouvement des armées qui iront et viendront en
41984» divers sens <4 t>. » Le commentateur dit à ce sujet
41985:
41986« Je me
41987» souviens
41988qu’en
41989l’année 290 on
41990vit en Égypte des
41991météores
41992» enflammés qui se répandirent dans l’air et en occupèrent toute
41993» l’étendue ;
41994ils causèrent une grande terreur, et allèrent toujours
41995» en augmentant. A peine une petite portion de l'année étoit-elle
41996» écoulée, que
41997l’on éprouva dans
41998ce pays une disette d’eau; le
41999» Nil ne monta qu’à treize coudées
42000: il s’éleva des troubles violens
42001» qui causèrent la ruine de la dynastie des Toulounis en Égypte.
42002» En l’année 300, les mêmes phénomènes eurent lieu dans toutes
42003»
42004les parties de l’atmosphère
42005:
42006la crue du Nil fut mauvaise, et
42007il
42008» y eut des mouvemens <4*> et des troubles dans le pays. » Ce
42009sont là, assurément, de très-forts indices; mais ils sont communs
42010à tous les pays , et non pas particuliers à l'Égypte. Nous avons/vu
42011se renouveler les mêmes observations en cette année jpd. Dans
42012le commencement de l’année, on a vu des étoiles courir dans le
42013ciel, et à
42014la fin
42015les eaux ont été très-basses; et, en cette même
42016année
42017, le souverain qui régnoit en Égypte a été détrôné par son
42018oncle Mélic-aladel, après qu’ils se furent fait la guerre <43>*
42019Digitized by Goo<
p. 370
42020RELATION DE l’ÉGYPTE.
42021LIVRE. IL
42022NOTES.
42023<i> Le texte porte littéralement, quelques doigts de vingt coudées,
42024c'est -à -
42025dire , à compte sur la vingtième coudée. L’usage a consacré cette manière
42026de
42027s’exprimer. M. White a eu tort de
42028traduire
42029, est digitorum aliquol supra
42030viainti cubitus. M. "Wahl a fait le même contre-sens.
42031«Wrttf- Ont»
42032<i> M. White n'a pas
42033saisi le sens de ce passage,
42034qu’il
42035traduit ainsi
42036'. Et
42037pars agrorum qui alias constri soient , inculta rtlinquitur, pnptcrea qubd rigata
42038sunt Usa qua alfas sicca esse soient. La traduction de M. Wahl est encore plus
42039JW. r-
42040éloignée du sens, et
42041il a confondu mal-à- propos cette phrase avec celle qui
42042suit. Je crois qu’au lieu de If jÀ
42043, il faut lire L,y
42044, une quantité approchante
42045de celle qui.
42046<3> Au lieu de ctyU yçs
42047, qu’on lit dans les deux éditions , et qui ne sauroit
42048donner un sens convenable,
42049il faut
42050lire jjyU ^
42051; et
42052c’est ce que porte le
42053manuscrit.
42054<4> On
42055lit yw dans les deux éditions du texte Arabe
42056: mais
42057il faut lire
42058jÿX—*
42059; et
42060c'est
42061ainsi qu’on
42062lit dans
42063le manuscrit original.
42064Il e>t
42065vrai que la
42066dernière
42067lettre n'y
42068porte pas de points diacritiques;
42069mais ceue
42070omission
42071n'a rien qui doive surprendre.
42072<5> Le mot UL
42073, qu’on
42074lit ici dans le texte imprimé, se trouve aussi dans
42075le manuscrit ; mais on a corrigé en marge ^y.
42076.
42077L'une
42078et
42079l'autre
42080leçon
42081est
42082également bonne, comme
42083le prouve
42084l'autorité de Djewhari, qui
42085dit
42086: « Le
42087/»/<•*. Ar.a,u
42088...
42089.
42090,
42091.
42092.
42093Bill.
42094tmpirUlt
42095.
42096» mot mawouna peut
42097s écrire avec ou
42098sans fiam^a
42099: on dit au prétérit,
42100IH6.
42101» pour
42102la première personne, maanto
42103,
42104à
42105l’aoriste aaiano,
42106et, jiour
42107» nom d'action , MA N
42108,
42109dans
42110le sens de se charger de Fapprovisionnement de
42111» quelqu'un. Ceux qui prononcent ce mot sans hamga
42112, disent MOUNTO et
42113» AMOUNO. On dit
42114: Un tel est venu me trouver, et MA MAANTO MANAHO
42115;
42116» c’est-à-dire yjc ne lui ai pasfourni une nourriture abondante. Cassai prétend que
42117» cela veut dire
42118, je n 'étais pas préparé à le recevoir : mais un Arabe nomade de
42119» la famille de Solatm assurait que cela signifioit, je n'en ai rien su, et qu'on
42120» disoit YAMANOHO pour il le sait;
42121il citoit un vers où ce mot se trouve en
42122* ce sens, et qui signifie
42123; Quandje mis me chose , je conviens que je la sais,
p. 371
42124I.
42125J
42126I
42127I
42128LJY'RE
42129M.
42130CHAPITRE I/*
42131342
42132relation de l’égypte.
42133» et je nefait pat ttmblant totttment de savoir ce que je ne tait pat. Je fais cas
42134» de l'homme qui dit un jour ce qu’il tait, et te tait sur ce qu’il ignore [<]. »
42135J’ai des doutes sur la manière dont je traduis ces vers , où je soupçonne
42136quelque faute.
42137<6>
42138J'ai ajouté
42139les mots
42140, nom que l'on donne aux trois jours de la feti de
42141l’immolation des victimes, pour faciliter l’intelligence de ce passage. D’autres
42142auteurs disent que ces jours-là étoient appelés ainsi
42143, parce qu’on ne doit pas
42144immoler les victimes avant que le soleil soit levé.
42145Voyeç le Tableau général'
42146de l’empire Othoman,
421471. 1."
42148, p. rp6 et suie. ; Marracci, Prodr. ad refut. AU.
42149part. IV, p. a4; Chardin, Voyage en Perse,
42150t. VIl,p. quel +2?; Gaiiand,
42151Recueil des rites et cérémonies du pèlerinage de
42152la Mecque,/», yy, On
42153lit
42154dans Chardin: « De la Mecque on ira à Mena, où
42155il
42156faut passer
42157les
42158trois
42159» nuits appelées
42160techrik [luisantes]
42161, qui sont les nuits onzième
42162, douzième
42163» et treizième du mois. »
42164<7> Le terme de l’original est Ûài
42165, de la racine Jù
42166.
42167.
42168<8>
42169Les mots
42170pour méridional
42171,
42172et
42173pour septentrional
42174,
42175sont des
42176expressions
42177particulières à
42178l’Egypte ;
42179et
42180c’est pour
42181cela qu’Abd-allatif les
42182explique par les dénominations plus usuelles de ojX». et JL»
42183. De ces deux
42184mots
42185et
42186ijjX.
42187, on forme les verbes J-Iïj et
42188, qui signifient aller au
42189Tam, //, f.
42190midi ou au
42191nord. Voyez ma Chrestomalhie Arabe, où
42192j’ai
42193justifié le sens
42194et smiv.
42195*
42196que je donne à ces deux mots.
42197<9>
42198Abd-allatif fait cette observation
42199, parce que cette forme de pluriel est
42200irrégulière. Le mot £>j~
42201,
42202considéré comme un nom ayant plus de quatre
42203lettres , en perd une pour former le pluriel. La même chose arrive à
42204>
42205qui fait au
42206pluriel
42207, comme du
42208singulier
42209on forme le pluriel
42210,
42211en supprimant la dernière lettre du singulier.
42212<to>
42213C’est-à-dire, un nom composé seulement des trois letnes radicales
42214^>Lii
42215fyJt iàlij .... y-Ai i-ij^l []
42216oJUva.1
42217tif LU
42218*“Âi
422194j
42220jLlj fy\
42221JL
42222Lj ^LXUI JÜ J
42223V jl
42224j»j ctiliij ZoJq L^fl
42225üe Uil is-ïilj'*&> jl ih
42226Cjj
42227c>-J Lj il Yj 4e
42228îU»
42229j
42230Ÿ
42231Digitized by Gocçle
p. 372
42232relation de
42233l’égypte.
42234343
42235sam aucune
42236lettre accessoire, dont
42237la première consonne a pour voyelle
42238un kesra, et dont la seconde a un dje-çma, comme dan& le mot jü M White
42239a eu
42240tort de
42241traduire
42242: Porrô J* es, actio
42243vert, JG
42244. Ce n’es, pas J*
42245,
42246lnais
42247Jei
42248,
42249qu.
42250est
42251le nom
42252d’action du verbe JC
42253;
42254et
42255si Abd-allatif eût voulu
42256exprimer ce sens,
42257il auroh dit^ ou bien JWIo.1 ,
42258et non pas Jü
42259°n
42260lit bien dans le manuscrit
42261, JÜ^Jü
42262j-Jf Uj
42263.
42264« -> Le verbe J*1
42265, venant de J*
42266, prendre dans ta main, signifie à
42267la
42268«ire
42269fane que quelqu'un reçoive quelque ekose dans sa main; et c'est à cause
42270ae cela qu il régit deux complémens à l'accusatif.
42271<ia>
42272AI. Langlès a fait imprimer, dans Je tome VIII des Notices et Extraits
42273des manuscrits, un état de
42274toutes les crues du Nil, depuis la conquête de
42275Egypte par les Musulmans
42276, jusqu’i l’an 9ix de l’hégire.
42277^
42278“* ”w""“ * •*'
42279r»
42280<>4>
42281II n’y a point de doute que
42282le mot Arabe^ ne
42283signifie la voirie
42284arnstpi'
42285s'"
422861 ' P°Sitivemem btta "'g™*-
42287«/ sa/g jL
42288.
42289Voyer
42290et RusÏÏlT
42291,US
42292“ tradUC"0n d“ SeC°nd
42293'ivre d“ Canon Avicenne
42294ForskaI J remarque que, dans l’Arabie
42295, on donne le nom de tolhob
42296quoiou’XkTV' V'
42297yUm ’ “ q“’°n
42298,<?S COnnOÎ ‘ ÏUSSi S0US 'e
42299de
42300leur d
42301t
42302’
42303U
42304"! T
42305m°n,agneS d“ district de Hidièh où "Oit le café
42306on
42307M^
4230811
42309Cer,ain
42310* d*
42311» fr-
42312ire up&mUth et ce mot est sans doute une dénomination générique
42313oui
42314nr?*"”“»
42315!*«. «pnnpm.. Dans !a
42316Arafie'de
42317™;
42318l¥- ***., «, «pii,.» pas
42319à
42320I article du lenlillon des marais
42321Omni- iWc
42322,
42323«
42324’ e‘
42325- Cas, k ,.U,i » , «
42326no„TF
42327’"
42328’
42329<•
42330« ™,g«,
42331- mania « fc „,M. .
42332'
42333' C *“
42334*.
42335LIVRE
4233611.
42337CHAmna I.
423381
42339’ Fier. rf{ Ar.
42340P ^ t
42341IJ4-
42342* Aiu
42343Mm-
42344*"*• Cam. me,/.
42345* H,p. 33/.
42346* The mat. H,s,.
42347V dUtppo
42348,
42349t. i ,
42350P
42351P'-
42352*Fior.Æg.Ar.
42353P• car.
42354Mam. Ar. J,
42355n»ic, à U B,U.
42356Imb Jel.fi recto.
42357«6>
42358Voyelt sur le mot up>
42359,
42360la note <, 4> du chapitre VI du I « fi
42361livre.
42362<-7> Raphanus sativus, fidjel. Forstal, Hor. Æg. Arak.
42363p. Ixix,
42364Ci*
42365p.j/j.
42366\
42367r
42368Digitized by Googjle
p. 373
42369LIVRE n.
42370CHAPITRE I."
42371*Ci JrsAKt p.}t6.
42372• A Ptt \ ef tht
42373£ajt, t. 1. f. >f9-
42374* Dr*crtpiton Je
42375l'Égyptt , terni t,
42376F
423777‘-
42378‘A'm*. Filât, Jt
42379rtçru. r. 4>.
42380* Pagt 142.
42381Papi 60 , eu Mag.
42382encysl. mit yta ,
42383t. VI, f. ,yi.
42384Vaynge
42385au*
42386mines J»
42387Mil ,
42388iraJ.
42389Fr.
42390t. III,
42391p. fi».
42392M/m. sur l'Ég.
42393t- IV ,
42394f.
42395tÿi tt
42396t92.
42397344
42398RELATION DE
42399l’ ÉGYPTE.
42400Ce raifort est connu à Paris sous le nom de rave. Voyez chap. VI du liv. L",
42401note <j> *.
42402<i8> Tout ce que dit ici Abd-allatif de l’altération de la couleur des eaux
42403du Nil et des vers qui s’y engendrent, est confirmé par R. Pococke*, Maillet
424041
42405et Vansleb
42406r
42407. Ce dernier dit « que
42408le temps où le Nil a cette couleur verte
42409» comme s'il étoit couvert de mousse d’eau, se nomme il chad raviat (lisez
42410» elkhadhrawiat
42411,
42412uJj-iü
42413) » ; et
42414il remarque ailleurs
42415* « qu’il vit l’eau du Nil
42416» dans son grand canal tout-i-fait verte
42417, comme un lac couvert de lentilles
42418n d’eau. » Je dois répéter ici ce que j’ai déjà dit dans ma Notice de l’édition
42419Arabe et Latine d’Abd-allatif donnée par M. White.
42420La cause & laquelle Abd-allatif attribue ces changement dans
42421les qualités
42422des eaux du Nil
42423, h l’époque qui précédé immédiatement sa crue et dans les
42424cotnmencemens de cette même crue, est précisément celle qui a été indiquée
42425par le chevalier Bruce , dont l'opinion est confirmée , du moins en partie, par
42426les observations deM. Sotira
42427, l'un des médecins qui ont accompagné
42428I armée
42429Françoise en Égypte,
42430et J’ai voulu examiner, dit ce médecin
42431, pourquoi ce
42432» fleuve
42433{ le Nil
42434)
42435, pendant plusieurs jours, est à-la-fbis vert et un peu vis-
42436» queux
42437; je me suis convaincu sur-le-champ , par l'inspection oculaire
42438, que
42439» c’est l'effet d’une infinité de fragment de plantes remuées et chassées des
42440» marais
42441par
42442les
42443nouvelles
42444pluies.
42445Les personnes qui boivent de cette eau
42446» malsaine ,
42447souffrent des éruptions de boutons à la peau.
42448Les habitons ont
42449«soin de ne remplir leurs citernes que plusieurs jours après que ieau est
42450» devenue rougeâtre. »
42451Je ne puis m’empêcher de transcrire ici un passage de Makrizi, relatifau
42452même sujet. « C’est une chose ordinaire , dit-il , que , dans le commencement
42453» de la crue du
42454Nil ,
42455les eaux deviennent vertes
42456:
42457les habitons de
42458I Egypte
42459» disent alors, Le NU est devenu indigeste; par où ils veulent dire que l usage
42460» de ses eaux en cet état est nuisible h la santé. Voici ce que
42461I on dit pour
42462» expliquer la couleur verte que prennent alors les eaux du Nil. Les animaux
42463» sauvages
42464,
42465et principalement
42466les éléphans , viennent se baigner dans les
42467» marais que forme le cours du Nil dans sa partie supérieure. Ces animaux y
42468» sont en très-grand nombre, et l’extrême chaleur de ces contrées les invite
42469» â se plonger dans ces eaux. Par une suite de cela, l’eau de ces dépôts se
42470» corrompt.
42471Lors donc que
42472les
42473pluies viennent k tomber dans ces
42474p:ys
42475» inéiidionaux,
42476Digitized by Goo<je
p. 374
42477RELATION DE
42478L’ÉGYPTE.
42479» méridionaux , au retour périodique de la saison pluvieuse de ces contrées ,
42480» de nombreux torrens se précipitent dans ces réservoirs d'eaux stagnantes:
42481» alors les eaux corrompues de ces marais en sortent et coulent en Égypte.
42482» A la suite de cela viennent
42483les eaux nouvelles qui forment la crue du Nil
42484» en Égypte
42485: celles-ci sont rougeâtres , à cause du limon que les torrens y
42486» ont versé, et qu’elles châtient avec elles []. »
42487J'ai
42488traduit
42489les mots
42490oJ par lt NU est devenu indigeste ou mal-
42491sain
42492;
42493et c’est Makrizi lui-même qui explique
42494ainsi
42495cette façon de parler
42496vulgaire. Cette explication d'ailleurs est conforme au sens de la racine
42497Cependant Maillet donne à cette expression, je ne sais sur quelle autorité,
42498un sens fort différent. « Les Arabes
42499,
42500dit-il, expriment les premières marques
42501o,,„. i, rÉg.
42502» de l’accroissement (du Nil) par le mot yethouhahem
42503,
42504qui, en leur langue,
42505'
42506'' f
42507' 7"'
42508» signifie émotion ou mal de coeur
42509,
42510tel qu’il en arrive aux femmes au commen-
42511» cernent de leur grossesse. » Le verbe
42512signifie effectivement avoir mal
42513à iestomac par l'effet d'un excès de nourriture
42514,
42515ou pour avoir mangé des alimens
42516indigestes ; mais cette idée n’est
42517pas jointe
42518lt celle de l’état de grossesse, et
42519je n'ai point hésité à préférer l’autorité de Makrizi k celle de Maillet.
42520M. Oedmann a fait mention de ce phénomène, qu’il rapporte d’après les
42521relations de Félix Fabri, R. Pococke et Maillet;
42522et
42523il ajoute
42524: «
42525Il se peut
42526Suâtoz*™.
42527» faire que le changement de couleur des eaux du Nil soit dû , comme le con-
42528'
42529» jecturent Pococke
42530et Maillet
42531, à des
42532particules d’une substance
42533terreuse
42534» mise en mouvement par des causes fortuites. Elle peut être due aussi à un
42535» byssus pareil à ce que nous nommons
42536( en suédois) u-atlnblomning [ c'est-à-
42537» dire
42538, fleur d'eau ] , ou à une conferva. Enfin cette apparence est peut-être
42539» produite par une multitude d’insectes , comme notre monoculus pulex ( Fauna
42540» Suecica , n.° 2047 )
42541> qui colore la surface de l’eau.... L’observation faite par
42542ulflM j—«•*
42543ïsl*
42544t *3
42545JyLo
42546j.a s 1
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42575Man. Àr. de la Bibl. imp. «.• 6S2.f0l.jj rteto.
42576Xx
42577Digitized by Googté
p. 375
42578LIVRE
4257911.
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42594Litttrg,
42595Orient,
42596tallée, t. !
42597îlWûîtof. Crnfro.
42598346
42599RELATION DE l’ÉGYPTE.
42600» Maillet, que , quand cette eau est mise
42601il reposer dans des vases ,
42602il y paraît
42603» des vers, semble très-favorable
42604il cette dernière conjecture. » Ailleurs, le
42605même auteur est porté à attribuer ce phénomène k une sorte de fermentation.
42606M. Antes semble infirmer ces témoignages ; et cependant
42607il les confirme,
42608du moins en grande partie , en s’exprimant ainsi
42609: « Quelques écrivains ont
42610» assuré,
42611et
42612d’autres ont répété d'après eux, que les eaux du Nil
42613, immé-
42614» diatement avant le commencement de la crue, sont vertes, et que, lorsque
42615» ce fleuve a atteint sa plus grande hauteur
42616, elles sont rouges. Je dois cepen-
42617» dant avouer que je n’ai jamais pu , même en donnant toute carrière à mon
42618» imagination , apercevoir aucune de ces couleurs, il est vrai néanmoins que,
42619» quand ce fleuve est au plus haut période de sa crue, les habitans du pays
42620» appellent ses eaux moye achmar ou ma achmar
42621(
42622H? ou
42623ÿ*'‘ l*)>eest-
42624» k-dire , tau rouge. Immédiatement avant le cothmencement de la crue , 1 eau
42625» est toujours très-claire et de couleur blanche, k-peu-près comme les eaux
42626» du Rhin
42627, et mêlée d’une petite quantité de particules terreuses
42628: quand
42629le
42630» fleuve grossit,
42631la quantité
42632des
42633particules terreuses augmente aussi;
42634et
42635,
42636» comme elles sont d'une couleur obscure ou d'un brun noirktre ,
42637I eau paroit
42638» aussi de la même couleur.
42639. » Depuis
42640le commencement de mars jusqu’au milieu de juin ,
42641le fleuve
42642» contient, particulièrement près de| rivages, une énorme quantité de petits
42643» vers longs d’un quart ou d’un tiers de pouce
42644: ces vers
42645, bus même en grande
42646» quantité avec l’eau
42647, ne font aucun mal. H est néanmoins, k raison de cela,
42648» plus agréable de boire alors cette eau filtrée k travers un linge ou un tamis
42649» très-fin. »
42650<t9> Le mot Arabe
42651signifie
42652métropolitain ; et effectivement
42653, cest
42654improprement qu'on appelle le métropolitain d Abyssinie patriarche, comme
42655l’observent Ludolf et Renaudot. En Abyssinie, on le nomme abouna
42656,
42657ce qui
42658signifie proprement notre père.
42659<ao> Dans les deux éditions du texte , on Gt
42660, mot qui m avoit singu-
42661lièrement embarrassé.
42662Il n’a pas moins intrigué M. Wahl, qui, en
42663lui nppli
42664quant une signification forcée et toutk- fait incompatible avec ce qui précède
42665et ce qui
42666suit, a donné ï cet endroit un sens
42667ridicule. Le manuscrit porte
42668ci j-^, pluriel de iull*; ce qui lève toute difficulté.
42669Digitized by Goo
p. 376
42670<2i>
42671II y a
42672ici, dans les
42673deux éditions, une répétition
42674inutile des mots
42675Igx* i>»i I4I j. 'y. [j
42676OMkî
42677, comme M. Wahl
42678l’a bien observé. Cette ré-
42679pétition ne se trouve point dans le manuscrit. Le mot «_w. est ainsi ponctué
42680dans l’original. Tout ce passage a, dans ma traduction , un sens bien différent
42681de celui que lui ont donné tant M. Wahl que M. White. Je crois qu’en pesant
42682ces trois traductions, sans même les comparer avec le texte, on sentira que
42683l'auteur a dû dire ce que j’ai exprimé dans la mienne. D’ailleurs, celte forme
42684de
42685plusqueparfait
42686Uf
42687,
42688et
42689les mots <_iUCJI dU à
42690,
42691qui ne peuvent
42692s’entendre de etc ouvrage-ci, prouvent qu'il s’agit de ce qu’Abd-allatif a
42693fait
42694dans son grand ouvrage,
426954
42696<22> Au lieu de ï-jjj** cLOI
42697, qu'on lit dans les deux éditions, il faut lire,
42698comme dans le manuscrit,
42699iÜ
42700.
42701<2)> Je ne puis me dispenser de rapporter ici ce qu’on
42702lit
4270311 ce sujet dans
42704la Description de l’Arabie de M. Niebuhr.
42705« Gabriel Sionita, dit-il, observe dans son Supplément à
42706la Géographie
42707», du schérif Edris, comme une chose très-remarquable, que les Égyptiens
42708» font des expériences d’après
42709lesquelles
42710ils prétendent déterminer d'avance
42711» jusqu’à quelle hauteur montera le Nil , et si l'on doit s'attendre à des temps
42712» d’abondance ou de disette. Mais cela est si aisé, que presque toutes les femmes
42713„ Égyptiennes,
42714tant Chrétiennes que Mahométanes
42715, s’en croient capables.
42716» C’est l’opinion générale en Egypte, qu’en viron la nuit du 17 au
427171 8 de juin
42718» le Nil comment* à hausser en Habbesch [en Abyssinie]
42719, ou
42720, comme l’on
42721» dit, que Combe
42722ta
42723goutte
42724( Jju nocta
42725)
42726qui cause la crue du Nil. Or, dans
42727» la nuit susdite , les femmes posent une certaine quantité de pète sur les toits
42728» de leurs maisons; et si,
42729le lendemain matin
42730,
42731elle n’est pas devenue plus
427327, pesante,
42733c’est signe que
42734la goutte n’est pas encore tomlsée cette nuit-là.
42735» Mais , si la pâte est devenue plus pesante ,
42736la goutte doit être tombée
42737;
42738et
42739» c’est
42740d’après
42741cette
42742expérience que l’on
42743prétend pouvoir déterminer de
42744» combien de pieds haussera le Nil
42745, et à quel prix seront les
42746fruits l’année
42747» suivante. Comme la température du climat d’Egypte est très-régulière
42748,
42749il
42750» se peut que dans cette saison
42751il tombe durant la nuit une forte rosée, qui
42752», augmente le poids de la pâte exposée
42753; et comme les femmes exposent leur
42754» pâte pour la première fois pendant la nuit susdite, cela les confirme dans
42755» l’opinion qu’elles se formentde la certitude de leurs expériences. Cependant,
42756Xx s
42757LIVRE
427581t.
42759cw amm !/•
42760Vty. tn Ar+hf,
42761tom
42762/
42763, p. 104 ee
42764J*fV.
p. 377
42765LIVRÉ.
42766II.
42767CHAMTMX
42768I.'
42769^48
42770RELATION
42771DE LÉCYPTE.
42772» cette année- 14
42773, les femmes de Kahira n’étoient pas d’accord sur la nuit dans
42774» laquelle la goutte étoit tombée
42775: car, comme elles doivent suivre toutes la
42776» chronologie Copte, quelques-unes avoient manqué la nuit; mais, malgré
42777» cela
42778, elles n’avoient pas laissé de découvrir la goutte.
42779Il est donc certain
42780» que l'on
42781fait encore toutes
42782les années des expériences en
42783E gypte, pour
42784» savoir quand le Nil commence 4 hausser, et que l’on en conclut que l'on
42785» peut s’attendre 4 une année abondante ou mauvaise. Mais les Mahomé-
42786» tans sensés regardent tout cela comme un simple amusement de femmes.
42787» Un d’entre eux me dit que
42788les astronomes Arabes nommoient mita
42789le
42790» temps où
42791le soleil entre dans le signe du cancer
42792;
42793et c’est peut-érre cette
42794» dénomination qui a donné occasion au peuple de faire ses vaines expé-
42795» riences. Je trouve que M. Forskal a
42796fait lui-mème des expériences
42797; et voici
42798» ses annotations sur ce sujet.
42799» La nuit du 17 de juin,
42800les habitans de Kahira attendent la goutte ou
42801» cLîu
42802. Comme
42803les mêmes mois des Mahoinétans n’arrivent pas toujours
42804» dans
42805la même
42806saison de l’année,
42807ils suivent
42808la chronologie Copte. Le
42809» peuple d'Egypte
42810croit de toute ancienneté que dans cette nuit
42811il tombe
42812» annuellement du ciel des gouttes d’eau dans le Nil,
42813et quelles causent la
42814» crue du fleuve que l’on attend deux 4
42815trois semaines après. On fait, cette
42816»nuit, du moins de deux maisons dans
42817l'une, des pronostics sur
42818la crue
42819» prochaine du Nil, et sur la fertilité qu'il y # 4 s’en promettre dans le cours
42820» de l’année.
42821Voici une manière de s’y prendre. On met dans une jatte un
42822» rot! de terre du Nil bien sèche
42823(
42824tin ) ,
42825et l’on y verse autant d’eau du
42826» Nil que pèse
42827la
42828terre. On
42829laisse reposer
42830le tout pendant
42831la nuit où Ion
42832» attend
42833la goutte.
42834Quelques-uns estiment
42835qu’il est
42836indifférent que cette
42837» composition reste dans la maison
42838, ou qu’on la mette dehors
42839,
42840tandis que
42841» d’autres sont dans l’idée qu’il faut la poser sur le toit et en plan air. Or,
42842» si la terre boit entièrement
42843l'eau, on craint une année stérile; mais plus
42844» il
42845reste d’eau
42846, plus on se flatte que la crue du Nil sera abondante. Je
42847fis
42848” cette expérience 4 mon tour pendant plusieurs nuits,
42849et
42850il
42851resta toujours
42852» de
42853l'eau.
42854Aussi ne sanrois-je croire que
42855la
42856terre du Nil puisse boire une
42857«quantité d’eau du même poids.
42858La preuve est donc par elle-même tout
42859«aussi certaine que
42860la crue annuelle du Nil.
42861Il n'y a rien de décidé sur la
42862» quantité d’eau qui reste; mais chacun prophétise 4 son gré, d après cette
42863» vaine expérience.
42864Digitized by Gc|)gle
p. 378
42865RELATION DE
42866L’ÉGYPTE.
42867349
42868» Voici une autre manière de faire le pronostic en question. On fait douze
42869» petites boîtes de papier, et i'on écrit sur chacune le nom d’un mois Copte.
42870» On met dans chaque papier un peu de froment , mais d'un poids égal. Or,
42871» si dans un des papiers ce poids
42872se trouve augmenté , on croit que la crue
42873» du Nil sera abondante dans le mois dont le nom est marqué sur ce papier.
42874» Celte expérience est encore plus absurde que
42875la première.
42876» On s’imagine aussi que de la pâte, exposée dans
42877la nuit où l'on attend
42878» la goutte,
42879se change en
42880levain,
42881mais non dans une autre nuit. Quand
42882» plusieurs personnes dans une maison veulent s’en divertir, chacune d’elles
42883» met un peu de pâte dans une assiette. On expose le tout en plein air ; et
42884» celui dont la pâte se trouve la plus levée , croit que cette année-là
42885il sera le
42886» plus heureux de la compagnie, ou du moins
42887il en badine. Je fis cette expé-
42888» rience pendant
42889plusieurs
42890nuits. Dans celle qui précéda
42891le
428921 7 de juin
42893, la
42894» pâte ne leva point
42895; mais
42896, pendant les trois nuits suivantes
42897,
42898elle fermenta
42899» ou leva , soit quelle eut été dans une chambre ou en plein air. Il étoit donc
42900» manifeste que la chaleur de quelque jour précédent en fut la cause, et non
42901» la nuit d’un miracle privilégié. »
42902On peut voir, au sujet de la goutte, Gabriel Sionita, dans son Traité de
42903nonnullis Orientalium urbibus
42904, &c. à la suite de la Geograph. Nub. chapitre JX,
42905p. 29
42906j Vansleb , Nouvelle Relation de l’Égypte
42907, p. 4.S ; Monconys , Voyages
42908,
42909tome J."
42910, page ]8p ; Maillet , Description de l’Égypte, lettre il , t.I.”,p. 70;
42911tA.i. Antes, Observations on the manners and customs ofihe Egypiutns
42912,
42913p. 67;
42914mais sur-tout Prosper Alpin, dans son Traité intitulé Medicina Ægyptiorum
42915,
42916liv. 1.", chap.
429178
42918, p. 29, où
42919il rapporte l'expérience faite sur l’augmentation
42920de poids d’une portion de limon du Nil exposée à
42921l’air dans
42922la nuit du 17
42923juin, et le pronostic qu’on en
42924tire, d'une manière absolument conforme au
42925récit d’Abd-allaiif.
42926il ajoute que cette expérience a été vérifiée par plusieurs
42927Européens dignes de foi
42928;
42929et
42930il me semble qu’elle auroit mieux mérité que
42931celles que rapporte ForsLal, d’être vérifiée par ce naturaliste.
42932Makrizi, dans sa Description historique et géographique de l’Égypte,
42933a
42934un chapitre ex professo sur
42935les divers pronostics qui étoient en usage de son
42936temps pour connoitre par avance quelle seroit chaque année la crue du Nil.
42937Plusieurs de ces pronostics sont fondés
42938sur
42939la position respective des pla-
42940nètes , à un certain jour de Tannée
42941: je les passe sous silence
42942, pour me borner
42943à ceux qui sont plus populaires. Voici ce que dit cet écrivain
42944:
p. 379
42945I*
42946RELATION DE
42947I.’ÉGYPTE.
42948________
42949„ Les Copies disent qu’il faut voir, le premier jour de fârmoudi , à quel
42950livre
42951il.
42952„
42953celui-là répond du mois Arabe , ajouter
429548 5
42955au quantième du mois
42956chapitre l.~
42957^ Ara()e ) ^[5 prendre ie sixième du total
42958; cela donnera le nombre de coudées
42959Au,
42960Ar A u » que ,e Nil atteindra cette année-lk.
42961p,n.
42962,mp/rut,
42963.
42964w Voici encore, à ce qu’on dit
42965, un moyen sûr pour connoître la hauteur
42966" il-
42967J
42968J
42969’
42970S>
42971» future de T inondation. Au jour où les Chrétiens Jacobites d'Égypte finissent
42972» le jeûne
42973( du carême
42974)
42975,
42976il faut voir combien de jours
42977il reste à courir du
42978» mois Arabe dans
42979lequel on
42980se trouve
42981, y ajouter le nombre }4
42982,
42983et en
42984» retrancher autant de fois
429851 2 que faire se pourra. Après cette soustraction
42986,
42987» s’il y a un
42988reste, ce nombre indique celui des coudées donl le Nil croîtra
42989» celte année en sus de douze coudées; mais,
42990si le nombre se divise par
429911
429922
42993» sans reste
42994, c'est signe que l’année sera mauvaise ....
42995» Un pronostic que
42996j’ai éprouvé moi-mêine pendant plusieurs années
42997,
42998» et dont
42999la
43000vérité m'a été certifiée par quelques-uns de nos scheïkhs qui
43001» m’ont assuré en avoir fàh l’expérience et l'avoir appris de gens qui
43002I avoient
43003» éprouvé et en avoient reconnu la vérité , c’est celui-ci. Voyez , le premier
43004» jour de mésori
43005, à quelle hauteur est le Nil
43006;
43007ajoutez huit coudées à celles
43008n qu’il a à cette époque
43009: la somme vous donnera la hauteur totale de la crue
43010» pour cette année.
43011» Suivant les Chrétiens de l’Egypte méridionale, le procédé suivant, con-
43012» firmé par l’expérience, donne un pronostic sûr de
43013la crue du Nil. Un jour
43014» avant
43015la fête de S. Michel, à midi, prenez une portion de terre végétale
43016*> sur laquelle a passé
43017l’eau du Nil
43018;
43019il faut que cette partie de
43020terre
43021soit du
43022» poids de seize drachmes juste. On doit la mettre dans un vase bien couvert
43023» jusqu’au matin de la fête de S. Michel
43024:
43025alors on
43026la pèse de nouveau
43027,
43028et
43029» autant de kharoubas au-dessus de seize drachmes elle se trouve avoir acquis
43030» en augmentation de poids, autant la hauteur du Nil aura de coudées cette
43031» même année , à raison (Tune coudée par chaque kharouba. »
43032( Un trouve
43033cette même expérience indiquée dans
43034les extraits de Kalkasendi , à
43035la suite
43036des Voyages de Shaw,
43037t. //,
43038Extraits, p. i+f-) “ °n Prend auwl un
43039» de farine de froment; on la pétrit avec de l’eau du Nil, dans un vase
43040e
43041» poterie fabriqué avec de la terre sur laquelle a passé
430421 eau de ce
43043fl
43044* la
43045laisse dans ce vase toute
43046la
43047nuit qui précède la fête de
43048S. Mic
43049^
43050» au matin
43051, le jour de la fête , on trouve que la pâte a levé d elle-même , c est
43052» un signe que la crue sera complète ; si , au contraire , elle n a pas levé , c est
43053Digitized by G00J
p. 380
43054RELATION DE
43055l’ÉGYPTE.
4305635
43057I
43058» le pronostic d’une crue imparfaite.
4305911
43060faut
43061encore observer le vent qu'il
43062» fait
43063le malin de cette mime fête
43064:
43065si le vent est doux , c’est le signe d'une
43066» bonne inondation
43067; et, dans le cas contraire, cela annonce une foible inon-
43068» dation
43069; sur-tout
43070si le vent qui
43071souffle est
43072le mérisi
43073,
43074il indique une crue
43075» insuffisante. Suivant ces Coptes,
43076les trois pronostics
43077ci-dessus n’ont de
43078» valeur qu’autant qu'ils concourent tous ensemble à donner le mime ré-
43079»sultat
43080:
43081s'ils ne sont pas d’accord,
43082il n’est presque pas possible d'en tirer
43083n aucune induction sur laquelle on puisse compter.
43084» Abou’lrihan Mohammed ben-Ahmed Birouni dit , dans l'ouvrage intitulé
43085» Us Vestiges qui rtslrnt des siéeUs passés
43086,
43087et son récit est confirmé par des
43088» personnes qui en ont fait l’expérience
43089, [que l’on peut connoître d’avance
43090» les productions de
43091la
43092terre qui
43093réussiront chaque année par
43094le procédé
43095» suivant ]. Prenez une
43096planche , semez
43097dessus toute sorte de graines de
43098» végétaux
43099; laissez le tout ainsi jusqu’à la nuit du 2 5 de tammouz
43100, l’un des
43101» mois des Grecs ,
43102nuit qui est
43103la dernière des jours de la grande chaleur
43104:
43105» alors exposez cette planche en plein air au lever et au coucher des astres,
43106» ayant soin qu'il n’y ait aucun corps interposé entre elle et le ciel.
43107S'il y a
43108» quelque plante qui ne doive pas réussir cette année, elle se trouvera jaune
43109» le lendemain matin
43110; toutes celles , au corttraire , qui devront réussir , demeu-
43111» reront vertes. Les Coptes observent aussi cette pratique. J’ai éprouvé mor-
43112» mime, après
43113l’avoir appris d’un cateb, que, quand
43114il tombe de la pluie,
43115» si peu que ce soit
43116, dans le mois de paopi
43117,
43118il faut voir quel est le quantième
43119» de ce mois Copte où cela arrive
43120; car le we'iba de froment vaudra cette
43121» année-là autant de drachmes qu’il y
43122a de jours écoulés du mois de paopi.
43123» La première fois que
43124j’en
43125fis l’épreuve
43126,
43127il étoit tombé une grande pluie
43128» le jeudi
431291 5 de ce mois
43130;
43131et effectivement le wtiba de froment valut cette
43132» année-là quinze drachmes. »
43133La
43134crédulité de
43135Maltrizi
43136,
43137par rapport à cette dernière observation
43138, ne
43139permet pas d’ajouter beaucoup de
43140foi à son témoignage, relativement aux
43141autres pronostics.
43142LIVRE
43143IL
43144CHAPITRE
43145I.*'
43146<i4 > Le mot fbi
43147a été rendu par ahtus dans la traduction de M. White
43148;
43149ce qui n’en exprime qu’imparfaitement le sens. M. Wahl a remarqué que les
43150Wilii. Oti.li».
43151dictionnaires n’en fournissoient pas une signification qui convînt ici
43152: il a fort eMW ’ '
43153bien jugé qu’il devoit signifier la hauteur qu’a le Nil avant le commencement
p. 381
43154I
43155LIVRE
43156U.
43157CHAUTRE I.**
43158Vey. *fe Sh**
43159,
43160traJ. Fr,Hit cMt
43161,
43162Extraits , f- 146.
43163Atari. Ar.
43164<tt la
43165Mil.
43166impériale
43167,
43168if.* Fis
43169,
43170/*>/. J4
43171\ tria et rtcte.
431723 î 2
43173RELATION DE
43174l’ÉGYPTE.
43175de sa
43176crue. C'est en effet le mot consacré dans
43177tous les écrivains
43178qui ont
43179traité de l'Égypte , pour exprimer cette idée
43180, que
43181j’ai rendue par le niveau
43182primitif du Jieuve , et que l’on peut également indiquer en disant, ta hauteur
43183det anciennes eaux. Dans
43184le manuscrit original d’Abd-allatif,
43185il y a , sur ce
43186mot, une glose que je ne dois pas omettre
43187:
43188Close. « Par le mot kâa ,
43189il faut entendre le sol du réservoir du Milyas,
43190» c'est-à-dire, de la mesure par laquelle on connoit’Ies derniers degrés de U
43191» crue du Nil , soit en déficit ,
43192soit en excès
43193: le dernier degré du déficit se
43194» nomme ihtirah, c’est-à-dire, inflammation
43195[ 0. »
43196Le mot
43197signifie donc d'abord le sol du réservoir du Miltyas, et ensuite
43198(a hauteur de l’eau dans ce réservoir avant la crue. C’est certainement ce mot
43199qui est rendu par superficies dans les Extraits de Kaliasendi. On y lit ces mots:
43200Dit 26 ejusdem ( mtnsis
43201j8*r« ) , accipitur superficiesfluminis, et ad illam men-
43202suratur fundamentum
43203Nilometri secundùm
43204quod statxiendum
43205est incremcntum.
43206Cette phrase est si obscure
43207, qu'à moins d’en voir le texte Arabe
43208,
43209il est diffi-
43210cile d’en deviner le sens:
43211Makrizi explique le mot fXs d'une manière satisfaisante dans ce passage
43212:
43213« Toute
43214la durée de la crue du Nil, depuis son commencement jusqu au
43215j> premier instant où
43216il décroît
43217,
43218ést de trois mois et vingt-cinq jours
43219; savoir
43220«[cinq jours de paoni ] , épiphi,
43221mésori,
43222tôt,
43223et
43224vingt jours de paopi.
43225Il
43226» demeure douze jours
43227stationnaire, après avoir atteint toute sa crue; puis
43228»
43229il commence à décroître.
43230Il est d’usage de proclamer sa crue régulièrement
43231« depuis le 27 paoni , après qu’on a pris son niveau. On appelle le niveau du
43232»fleuve, ce qui reste de l'année précédente le 2} de paoni [»]. »
43233«S> Le mot
43234est un diminutif de
43235'
43236’• «
43237donc prononcer
43238Yoye{ ma Chrestomathie Arabe,
43239t, III, p. 34 :
43240et ma Grammaire Araire,
43241part. l,p. 373.
43242jJU-m
43243tj—^*11 (jLoÂ*
43244(j
43245v
43246aljj ^UJt j*aLj.
43247i*o
43248' ^
43249tiôJl
43250, ,Ull
43251J»
43252Lw
43253otjaol o-* «—
43254tu
43255CO
43256J-àL
43257(jl
43258y^
43259“y’j
43260ys. Lîl u
43261tx.j ul
432620
43263I ïiUI
43264J **•>» ( Ly
43265yyj
43266\3 fiUI
43267fJJt j U
43268cl
43269^ je U
43270L ^ “* °*
43271ÙJy* ïjlô J fii>iJl *UI
43272<26}
43273Digitized by G
p. 382
43274RELATION DE l’ÉGYPTE.
43275353
43276<j6> On lit dans les deux éditions ç>JUI j j*S=> !; mais
43277il faut lire, comme
43278porte le manuscrit,
43279j «j^s=l son maximum It plus ordinairement, c’est-
43280à-dire, sauf quelques cas extraordinaires.
43281<27> On
43282lit ici dans
43283le manuscrit la note suivante
43284:
43285« C/ose. J'ai vu l’accroissement être de quinze coudées , et cela dans une
43286» année d'abondance qui succéda à une année de disette [ij. »
43287<z8> On peut
43288voir ce que
43289j’ai
43290dit sur cette dénomination, monts de h
43291Lune, dans la note <2> du chapitre I." du livre I." de cet ouvrage.
43292L’auteur de la Géographie physique de ta mer Noire , de l’intérieur de iAfrique
43293et de la Méditerranée
43294,
43295qui a discuté ce que les géographes Arabes ont dit de
43296la position de ces montagnes, rapporte, sur l’autorité d’Abou’Iféda
43297, que le
43298célèbre Nashr-eddin de Tous (qu’il nomme, suivant la bizarre manière d’énoncer
43299les noms propres Arabes
43300, adoptée par ReisLe
43301, Nasir- Oth- Thusensis) assuroit
43302avoir vu de loin ces montagnes blanches, à cause de la neige qui les couvre.
43303Abou'lféda donne cela comme un (ait rapporté par Nasir-eddin
43304, mais non
43305comme une observation
43306faite par ce savant de ses propres yeux.
43307Celte
43308faute n'est pas
43309la seule qui
43310se
43311soit glissée dans l'ouvrage dont
43312il
43313s’agit, d'ailleurs rempli d’érudition. Par exemple, l'auteur a cru que Rasmil-
43314Ardhi j>Ji\ juj
43315et Rasmil-Mamuri j^jtll juj étoient
43316les noms de quelques
43317voyageurs ou géographes Arabes.
43318S'il avoit
43319lu avec attention
43320les passages
43321qu'il cite d’Abou'lféda
43322,
43323il auroit vu que ce sont des titres de livres , ou plutôt
43324d’un seul et même livre
43325, litres qui signifient Description de ta terre et Descrip-
43326tion de la partit de la terre qui est habitée ; et
43327il ne leur auroit pas attribué des
43328voyages et des observations.
4332911 étoit encore nécessaire d'observer que l'opi-
43330nion
43331la plus commune est que ce
43332livre
43333n’est autre que
43334la
43335traduction Arabe
43336de
43337la Géographie de Ptolémée,
43338faite sous
43339le
43340khalifat de Mamoun.
43341Voye^
43342d’ilerbelot,
43343Bibliothèque
43344Orientale,
43345au mot RCSM
43346; Michaëlis
43347,
43348Abulfrdce
43349Descriptio Ægypti ,
43350p. 72, note (152); Reiske, Abilfeda Opus geograph,
43351dans le tîlagajin
43352fur t>»e nruc 5ï|îocie unb (Beogr. de Büsching, part, sr
43353,
43354p. 1S4; M. Hartmann, Edrisii Africa,
433551.' édition, p.
43356evij; M. Rommel
43357,
43358Abutfcdca Ambux Descriptio, p.
433598
43360; M. Demetrius Alcxandridès
43361, ait mauc
43362,
43363ô fût fiarif
43364ititinu Tlipotv,
433650 A OvZoïij. panii Tdlàfv, p. 78.
43366jju
43367*w.— j cUsj
43368tjOs.
433694>iî
43370, m j
43371{ 1 j
43372LIVllE
43373II.
43374CHAPiTae L"
43375CiVfMfr p 7.
43376p.ift ut.
43377far N ' crHcéxc.
43378unSetrost-etfr-.p.
43379r- ‘~i-
43380Gtagr. pbyiiqaa
43381iti la mtr Sain ,
43382p. Ht,
43383IJ), 1)1.
p. 383
43384ürsr
43385LIVRE
4338611.
43387CHAPITRE L"
43388C/pgr. p\tilqvt
43389Jt la mtr bivirt
43390,
43391T *1*
43392Tltj#fOf*j
43393êb'ii&çtf
43394//-
43395JkntaLXtÇ ....
43396T*(
43397TtpjLUtriKMf
433981 KbHunç jr
43399. ,48
43400a 144.
43401Lrr. Ar.
43402Lot.
43403t*J, 849.
43404Man.
43405Ar.
43406été
43407Diasc. à ta BU/,
43408impériale.
43409relation de l’égypte.
43410Il faut aussi corriger ce que le même auteur cite de l’ouvrage du patriarche
43411Nectaire,
43412relativement aux découvertes
43413faites dans
43414l'intérieur de l’Afrique
43415par
43416les voyageurs Portugais qui avaient parcouru beaucoup Je pays dt l'Afrique
43417équatoriale, qu'ils nomment la haute Champésie. Nectaire dit dan* ce passage
43418que des Portugais.
43419.
43420.
43421sont venus en beaucoup de contrées maritimes dé l'Abys-
43422sinie supérieure [ij. L’Abyssinie est nommée par
43423les Orientaux Habesck ; et
43424ce mot ne peut être rendu autrement en grec moderne que par Xafanm,
43425comme le mot Allemand bnbert
43426s’écrit
43427ainsi que dans cet exemple:
434280à<
43429n
43430eptpiptv s woe faben
43431fie ocrlobrcn -î Le J. aussi ne peut se
43432rendre que par
43433le
43434r.
43435C’est ainsi que
43436le mot Allemand befeb&fitiQtn
43437s'écrit
43438fanoithyv.
43439Quelquefois , dans
43440les manuscrits , on met un point au-dessus
43441du r, pour indiquer cette prononciation.
43442<aj)> Le mot de l’original est ainsi ponctué dans le manuscrit,
43443.
43444<3o>
43445Il faut prononcer clk»
43446, et non
43447pas «A*
43448, comme on
43449lit dans
43450les
43451deux éditions.
43452Il est vrai que , dans le manuscrit , le
43453» est sans points
43454: mais
43455les mots suivans jJtjïiLjJI étant mis au génitif,
43456il s’ensuit nécessairement
43457qu’ils sont régis par **iu
43458; et, par conséquent, que , dans ce mot , le
434591 n est
43460point un afiixe.
43461<3 r> Prononcez ÿl5j
43462, comme porte le manuscrit.
43463<3i>
43464Il y a dans
43465le
43466texte deux noms,
43467et jU,
43468qui tous deux dé-
43469signent des espèces de joncs. J’ai parié plus haut de l’espèce nommée jLa.
43470d’après ForsLal
43471, qui la désigne sous le nom de juncus spinosus. Le mot
43472se trouve dans Golius , cité d’Ebn-Beïtar , et comme synonyme de JJ
43473. Dans
43474la traduction Arabe de Dioscoride , le chapitre
434755 2 du livre IV
43476, qui traite du
43477jonc
43478jjîrof , commence ainsi
43479: u
43480( c’est-à-dire %im
43481}
43482. cest une
43483» plante dont il y a deux espèces, l'une que l’on nomme osyschttnus
43484,
43485&c. H »
43486On voit qu’il y a ici une faute ;
43487il fàlioit dire
43488: schanus , plante dont ily a deux
43489especes, l’une que l'on nomme leia, l'autre qu'on appelle oxyschœnus. En marge,
43490on lit cette note
43491, qui se rapporte aux mots
43492: “ ^ scheenus leia est
43493* le dis
43494, que
43495l’on nomme
43496aussi en
43497arabe simsad
43498( peut-être doit-on
43499lire
43500» simsas ) , et en persan benkik
43501; c’est celui dont on &il des nattes nommées
43502tr]Oii»Jo«TOTÎf Kvm'ianm.-..ifxv)asùf
43503|
43504[i] ZjJnt.
43505'le»’*''
43506UyUfirifaïuXafniw.
43507i
43508J»‘«C
43509” 3
43510I
43511rnr
43512Digitized by Gooj
p. 384
43513RELATION DE
43514l’ÉGYPTE.
43515355
43516» Ibadi. tO » Je ne connais nrle mot Arabe simsar ou simiad
43517,
43518ni le Persan
43519bcnkeh
43520;
43521ainsi je ne pub déterminer précisément l'espèce dont
43522il s’agit
43523ici
43524:
43525il
43526y a apparence cependant que c’est celle que Dioscoride caractérise par l’épi-
43527thète a««. Peut-être aussi s’agit-il du jonc d’eau
43528,
43529schtenus mariscus Plinii de
43530Linné , ou choin marisque.
43531il a été question ci-devant d’une espèce de nattes nommées dis
43532, sans
43533doute parce qu’elles étoient faites de ces joncs. Voyr^ la note <6> du diap. 111 o-Awr f. //*.
43534du livre I.”
43535<)}> En marge du manuscrit, on lit cette glose
43536: « Close. On voit par-Ik
43537» que l’eau du Tigre , de l’Euphrate et autres fleuves
43538, vaut mieux que celle
43539» du Nil
43540, sur-tout dans les basses eaux
43541, parce que l’eau de ces fleuves vient
43542» immédiatement de leurs sources ,
43543telle qu’elle est , et en conservant sa na-
43544» ture primitive, au lieu que le Nil coule d’un marais dont l’eau est stagnante
43545» et corrompue [»]. *
43546<34>
43547II semble qu’on
43548devroit
43549lire
43550; cependant
43551le manuscrit porte,
43552comme les deux éditions,
43553.
43554<3Î> Le mot
43555, que
43556j’ai traduit par un pur hasard, a été entendu bien
43557différemment par M. White
43558, qui a rendu ainsi la fin de cette phrase, prtrter
43559sphttran minus accura et conscriptam. Cette traduction, qui ne présente pas
43560un
43561sens
43562satisfaisant,
43563est d’ailleurs
43564inadmissible, parce que
43565,jS" ne signifie
43566pas une sphère. M. Wahl l’a rendu en allemand par (Baufclty/ tours de passe-
43567wuiit. r>«h».
43568passe
43569, de bateleur : je ne vois pas sur quoi est fondée cette traduction. Je
43570e,,8,'rw‘
43571trouve dans Djewhari deux significations du verbe Iji" pour jjf"
43572,
43573que je
43574crois devoir rapporter. Ce lexicographe dit
43575: « Cara
43576,
43577avec
43578le nom d'action
43579» catv.' , se dit d’un cheval et signifie frapper la terre avec le pied de devant
43580,
43581r, en
43582le tenant droit , et sans le replier vers
43583le ventre; on dit aussi d’une femme
43584» qui fait cela en marchant, carat , aoriste tccrou, nom d’action carw ; et l’on
43585a désigne par l’adjectifcatwâ une femme qui a les jambes menues.
43586.
43587. corat
43588,
43589i—
43590al, «aJI
43591jp
43592C*
43593J
43594KMt
43595ttùJI
43596tXÀj
43597»L cjl Ide
43598(jyçsi *—1».
43599[s]
43600L- ^*-1
43601’—4
43602(jlj Cïüj (jV
43603l
43604«iLüj OUO
43605eSjA Ul» J—ftiJl f*lj
43606Jüj cf U*
43607•
43608yLe ^*la UjL M'Jv ij*
43609y y*
43610Digitized by Google
p. 385
43611. /
43612RELATION DE l’ÉCYPTE.
43613———
43614» la boule que Pon frappe avec le maif. On auroit dû dire coraw, et le ht rem-
43615UVM
43616II.
43617n p|ac[.
43618le H ’du- supprimé. On dit au pluriel coroun et kiroun ; et encore fera»,
43619cHAvnRE l.
43620^ comme dalls cet exemple
43621: les boules que lance un jeune homme enveloppé d'un
43622» vêtement tissu de poils de lièvre. De ce mot vient le verbe cara, première per-
43623» sonne du singulier du prétérit carautou, aoriste acrou, nom d’action catv.
43624» Ce verbe, joint au mot corat, signifie jouer h la boule , la frapper, comme
43625Mao. a i\ Jt 1a
43626„ dans cet exemple
43627: les deux pieds de devant st remuount avec agilité peur st
43628'
43629» dérober au danger; on les eût pris pour les deux mains d’un joueur qui pousse ta
43630» boule sur un terrain uni [0. » La première de ces deux significations paraît
43631difficile
43632il appliquer ici
43633:
43634la seconde me semble assez convenable, et répond
43635parfaitement h l’expression Françoise un peu triviale, faire quelque chose à la
43636boule vue
43637, c’est-à-dire
43638, inconsidérément , sans assez d’attention , sans avoir
43639visé avec assez de soin
43640le but où l’on veut atteindre.
43641<^6>
43642Il
43643n’est peut-être pas hors de propos d’observer qu'il faut prononcer
43644lyJb de jJ
43645, et non pas >ÿJl de
43646(_»ll
43647.
43648<37 > On lit ici, dans le manuscrit original,
43649j
43650î ce qui est certainement
43651une faute. M. Whitea imprimé
43652j
43653, et a paraphrasé ainsi
43654: Ium hacjlli
43655via pnogressi sunt.usqutdum certatim incedentts , &
43656c
43657J’aimerois mieux lire
43658•
43659quoique je n’aie pas d’exemple de ce mot; ou bien , par une correction un peu
43660*
43661plus hardie,
43662ou
43663. Au reste,
43664il n’y a aucun doute sur le sens.
43665<î8> On
43666lit ici en marge du manuscrit cette note, tSjd
43667, c est à dire,
43668« celte observation est confirmée par l’expérience. »
43669<39> Ce livre est nommé dans le texte Arabe le Fruit. Ceil la traduction
43670bu/. Cr.
43671t. 1v,
43672exacte du titre que porte cet ouvrage en grec
43673,
43674K*pmc, dit Fa naus
43675,
43676f,
43677Km '
43678111'
43679sivefructus librorum suorum
43680, cenium aphorismis astrologicis , ad Synm,
43681Ota
43682ce que Hadji-Khalfa dit de cet ouvrage:
43683« Le Fruit, concernant les jugentens astrologiques, ouvrage de
43684to emc
43685^ j*
43686j
43687!>. CO
43688L*^ 1
43689ja. i«u* v u&ui j
43690j r*r-^'T3
43691.UJI ^ .Ij^ij \yjr^i^j
43692lit
43693^ “•***
43694JJI yO,
43695aJUI Oijl u r
43696Uiü
43697**
43698Cr~*JSS -Wlj ifl*.
43699oUjr-Jlj
43700ÔL
43701Digitized by Coolie
p. 386
43702RELATION DE
43703l’ÉGYPTE.
43704357
43705» surnommé Kahudhi
43706( c’est- à-dire
43707; comme je l’ai prouvé ailleurs *
43708, descen-
43709» dant de l’empereur Claude) , savant astronome. Ce livre porte pour titre en
43710» grec, Hécalon rémata
43711[ Êzgtcr fi/uUm], c’etl-à-dire, les cent paroles. C'en le
43712» complément des quatre livres qu'il a composés pour Syrus, son disciple,
43713» c’est-à-dire
43714, le fruit de ces livres [•]. »
43715Madji-Khalta indique divers commentaires sur ce livre, dont un de Nasir-
43716eddin Mohammed ben-Mohammed Tousi, mort en 672.
43717Ceci doit
43718servir à
43719corriger ce que
43720dit d'Herbeiot dans
43721sa Bibliothèque
43722Orientale, au mot Thamarat Ji ahkam alnogioum. Le nom de Syrus, mal
43723lu , lui a fait imaginer un personnage inconnu , nommé Saouani ou Sevtrus,
43724M. Wahl, en copiant cet
43725article dans ses notes, en
43726a
43727laissé subsister les
43728erreurs.
43729«o> On lit dans les deux éditions, yk'
43730; et c’est ainsi que porte le manus-
43731crit: mais, dans l’interligne au-dessus de ce mot, on a écrit i_*j, pour avertir
43732qu’il faut lire cwk"
43733.
43734<4i> Le texte Grec de cet aphorisme [*] est traduit ainsi par J. Jov. Pon-
43735tanus
43736: Trajectiones aeris siccitatem indicant
43737: qua si ad unam parttm fcruntur
43738,
43739ab angu/o illo ventum indicant ; sin in diversas fcruntur partes , aquarum immi-
43740nutiones, aeris turbationes et exercituum incursiones indicant.
43741Il
43742semble qu’Abd - allatif ait
43743regardé
43744les deux aphorismes 99
43745et
43746100
43747comme n’en faisant qu'un seul.
43748Le mot Grec
43749ci Mdlorltt,
43750traduit en latin par trajectiones, est rendu en
43751arabe par tiljLi
43752, pluriel de ijjrà > mot originairement Persan
43753; mais ce mot
43754répond proprement à
43755la
43756signification
43757du grec
43758ci
43759iuéltsa).
43760Djewhari
43761dit
43762:
43763« Naï i.AC , une lance courte
43764:
43765il semble que ce soit un mot Persan qui a passé
43766uPj zjTwb (jl
43767Uxâj
43768i LLj»j jJxjî
43769uf*a tujj
43770l$*h ej^jYlcjôCJî pli*
43771wbL» ëjS
43772C»1 Oi J âiter'iic dUhret
43773fyçjn'iA
43774euifCtr'
43775ISJ « «’ itic/MfCf fétfdUi , Jeunet » Sire
43776ixtrrt TÜr ymtietz
43777àrijjnt '
43778«i j
43779i/r
43780« , JI I - -9,
43781fxkfc
43782id.at
43783, Jwunn
43784ijk-ne tuâr.utnv
43785,
43786a.nastL;*na* àiçfe
43787,
43788j, çfzn t/futiene ôn/ptyutr.
43789Voyez Ct. Pttdemeei
43790de pradictionitmi astro*
43791Homicit
43792, ni tiuihm fecertnt Quadripartitum
43793,
43794grâce et latini, Utri i V:Ph . MdaHththene inter*
43795frété.
43796Fjnutrm
43797Fruettn litrmim
43798tnernm
43799, irn
43800cnn/M
43801dicta,
43802en ctmnmitme Javutni
43803Pontani.
43804Batilra
43805, fer J. Oporinum
43806[
43807i ; 5 j
43808).
43809P. **8 du
43810texte Grec, *68 de I* version Latine.
43811LIVRE
43812IL
43813'
43814CHAPrrpE L"
43815’jVof. de. Meut.
43816t. VIH, f. l<y,
43817Man. Ar. de In
43818Bit /
43819imftrinle
43820,
43821»* 7Jt-
43822Com. -ujJL l*7|.
43823**«*». rentre.
43824(ESWt./ set.
43825Man. Ar. dr tn
43826Biil.
43827imferin/e,
43828jt.' i,fi.
p. 387
43829IJVHE
43830li.
43831CHAPITRE I.**
43832»^P«. Pnthe.
43833f wpt- e j**-
43834PH* ,f9
43835‘
43836Hitipr.
43837matur.
43838/. XVUt ,
43839uct.
43840S»,
43841t. II, p. 147 .
43842Lib. // 1 sect.jf,
43843t.I. p.gt.
43844Lib. / Sarmr.
43845fw«.
43846/ ,
43847in
43848Optr. Stm.
43849t. II
43850,
43851r
43852‘jj-
43853* Lit- ftcptmgl.
43854Cm/. H,.
43855* Lit. Ar. Lmt.
43856i*/
43857JyJ*.
43858* Tiw. ling. Ar.
43859*• IV, (ml. tmjp.
43860358
43861RELATION DE L’ÉGYPTE.
43862» dans la langue Arabe; il a été employé par ceux qui ont parlé le pins pur*.
43863» ment; pluriel, naja^it. On dit aussi naZACâ ,pmer
43864;
43865et ce verbe s’emploie
43866» encore pour disputer avec quelqu'un
43867et lui dire du injures : tuttfac signifie iut
43868» homme qui dit des injures [•]. »
43869M. Wahl a singulièrement défiguré le sens de cet endroit d’Abd-aliatif.
43870Vers
43871la fin du livre II du TflfijCiOot dirla^n
43872de Ptolémée, on
43873lit le passage suivant, selon
43874la traduction de Mélanchtbon
43875:
43876Tretjectiones a
43877jdculatiortes stellarum
43878si ah uno angu/o fcrantur
43879, ah
43880to
43881ventas mox
43882secuturos
43883denuncietnt; si occurrant
43884inter se
43885, prttlia
43886suscitant ; si verh de quatuor plagis
43887prosiliant, hyemes varias, fulmina, falgetra
43888, aliaque hujusmodi adferunt ÎO.
43889Pline dit aussi
43890: Tertio loto stellarum ohservationcm esse oportet. Discurrcre ea
43891videntur interdum , ventique protinus sequuntur , in quorum parte ita prasagivere...
43892Si vo/itare plures Stella videhuntur, qui feruntur alhescentes,
43893ventes ex iis par-
43894tihus nunciabunt
43895: aut si cursilabunt, certes ; si id plurtbus partibus Jiet, incons-
43896tantes ventes effundent.
43897Pline
43898dit encore
43899:
43900Fieri videntur et discursvs stellarum , nunquam ttmer'e ,
43901ut non ex ea parte truces
43902senti cooriantur.
43903Enfin Sénèque dit pareillement
43904: Argumentum tempestalis nantit putant , cùm
43905mulia transvolant Stella,
43906Les météores dont
43907il s'agit ici sont ce que nous nommons étoile tombante
43908ou étoile qui fit.
43909<42> M. Wbite a imprimé dans les deux éditions
439101 trompé sans
43911doute par Casteli * et Golius
43912b
43913: mais le manuscrit porte
43914i et c esl a <nsi
43915que ce mot est écrit dans les manuscrits du Sikah et du Kamous
43916,
43917que j ai sous
43918les yeux. Giggéius a aussi lu ainsi
43919e
43920.
43921Ce quadriiitène paraît formé de
43922, par l'insertion d’un ^ , au lieu du y.
43923Il cause du j qui suit. On voit, en effet , qu’Abd-allatif se sert du mot lj*i»
43924,
43925dans le même sens, p. 210 de l’édition iu-q.‘
43926e
43927.
43928trj 1»
43929cdj,JI
43930[>]
43931«a
43932j
43933ç-dIj,lsajJI u
43934jj'j
43935«-si
43936u.j, |jl
43937^ ^
43938c»l
43939J^jj Jjillv
43940[ 1] Ai
43941ét Au/pv-af ejù
43942«imW dV
43943dnpar,
43944si Ah *»’ A** J«A >**«; ®
43945àm iuinenrvui
43946ii
43947lia. , ùxamaunUJ
43948ti 3 «» dtine-
43949•V», miMvt xppàtm rdXi< dcp**’ S
439506y,Ah «, dÜ •»«»>. Pag. ko.
43951i
43952Digitized by Google
p. 388
43953RELATION DE
43954L’ÉGYPTE.
43955359
43956<43> M. hile a traduit ainsi cet endroit
43957: Prttterea hoc ipso anno Malek
43958Misr successit in vices patrui sui al- Malek al-Adel ,
43959betio quod inter se gesse-
43960rant adfinem perducto. M. Wahl
43961n’a pas
43962fait le même contre -sens; mais
43963il
43964n’a pas
43965vu que Mélic-aladel étoit un nom propre. U ne falloir que con-
43966sulter
43967l’histoire, pour apprendre qu’en l'année 596 Mélic-aladel Seïf-eddin
43968Aboubecr ben-Ayyoub , frère de Saladin , s’empara de l’Égypte sur Mélic-
43969alafdhal Nour-eddin Ali son neveu ,
43970fils de Saladin. Mélic-aladel ne se donna
43971d’abord que pour tuteur de Mélic-almansour Mohammed , fils et héritier de
43972Mélic-alazix, prince en bas Age, auquel appartenoit le trône; mais bientôt
43973après
43974il ôta à ce jeune prince
43975le titre de sultan et le prit pour lui-méme.
43976L’erreur de
43977la traduction de M. White a déjà
43978été relevée dans les An-
43979nonces
43980littéraires de
43981Cottingue.
43982livre
4398311.
43984CHA PITRE L*
43985Sbtollat tXnt».
43986Coa. oct.
439871
439881 99.
43989AbiJJeda Am-
43990mal. ASasl.
43991f. IV,
43992f.
43993tfi
43994; Maurcd
43995AJUtmJtr,
43996p. Jf.
43997QSKftM-
43998*rtrfirff
43999*f *ft. m * IfS,
440001
440011
44002Digitized by
p. 389
44003LIVRE
44004II.
44005CHAPITRfc IL
44006Page
440071
440081 o.
44009•Com.oct. lit»©.
44010360
44011: EL AT ION
44012DE LÉGYPTE.
44013CHAPITRE
44014II.
44015Evénemcns de l'an JJ)/.
44016Dans cet état de choses, l’année 597
440171 s’annonça comme un
44018monstre dont
44019la fureur devoit
44020anéantir toutes
44021les ressources de
44022la vie
44023<i>
44024et tous les moyens de subsistance. On ne conservoit
44025plus aucun espoir de
44026la
44027crue du
44028Nil; et en conséquence, déjà
44029le prix des denrées s'étoit élevé
44030;
44031les
44032provinces étoient désolées
44033par la sécheresse <j>
44034:
44035les habitans
44036prévirent une
44037disette inévi-
44038table <3>
44039, et la crainte de la famine excita parmi eux des tnouve-
44040mens tumultueux. Les habitans des villages et des campagnes <4)
44041se retirèrent dans les principales villes des provinces
44042: un grand
44043nombre émigrèrent dans
44044la Syrie,
44045le Magreb,
44046le Hedjaz
44047et
44048le
44049Yémen
44050, où
44051ils se dispersèrent de côté et d’autre, comme autre-
44052fois les descendans de Saba <j>.
44053II y en' eut aussi une multitude
44054infinie qui cherchèrent une retraite dans les villes de Alisr et du
44055Caire, où iis éprouvèrent une lamine épouvantable et une affreuse
44056mortalité
44057: car, lorsque le soleil fut entré dans le signe du belier,
44058l’air se corrompit, la peste et une contagion mortelle commen
44059cèrent à se faire sentir; et les pauvres, pressés par la famine qu
44060alloit toujours croissant, mangèrent des charognes, des cadavres,
44061des
44062chiens
44063,
44064lerf excrémens et
44065la fiente des animaux.
44066Ils allèren
44067plus loin, et en vinrent jusqu’à manger de petits enfans. lljtéto
44068pas rare de surprendre des gens avec de
44069petits enfans rôtis
44070<
44071bouillis. Le commandant de la garde de
44072la ville <6> fàisoit
44073vifs ceux qui commettoient ce crime, aussi-bien que ceux q
44074mangeoient d’un
44075tel mets.
44076J ai
44077Digitized by Google
p. 390
44078RELATION DE
44079L'ÉGYPTE.
44080361
44081J’ai
44082* vu moi-même un petit enfant rôti dans un panier <7 >. On
44083l’apporta chez le prévôt, et on amena en meme temps un homme
44084et une femme qui
44085, disoit-on .étoient le père et la mère de l’enfant:
44086le prévôt les condamna à être brûlés vifs.
44087Au mois de ramadhan
44088, on trouva à Misr un cadavre dont on
44089avoit enlevé toute la chair pour la manger ,
44090et qui étoit resté les
44091jambes liées, comme un mouton que des cuisiniers lient pour le
44092faire cuire. Galien a désiré inutilement de se procurer la vue d’un
44093tel squelette,
44094et
44095il n’y a pas de moyens qu’il
44096n’ait employés pour
44097y réussir; ce spectacle n’a pas été moins recherché de tous ceux
44098qui se sont livrés à l’étude de l’anatomie <8>.
44099Lorsque les pauvres commencèrent à manger de la chair hu-
44100maine
44101,
44102l’horreur
44103et l’étonnement que causoient des repas aussi
44104extraordinaires <ÿ>, étoient tels, que ces crimes faisoient
44105la ma-
44106tière de
44107toutes les conversations
44108,
44109et que
44110l’on ne tarissoit pas à
44111ce sujet; mais dans la suite on
44112s’y accoutuma tellement, et l’on
44113conçut
44114tant de goût pour ces mets
44115détestables
44116,
44117qu’on
44118vit
44119les
44120hommes en faire leur nourriture ordinaire, en manger par régal,
44121et même en
44122faire provision
44123: on imagina diverses manières d’ap-
44124prêter
44125cette
44126chair;
44127et
44128l’usage
44129s’en
44130étant une
44131fois introduit,
44132se
44133propagea dans les provinces
44134, en sorte qu’il n’y eut aucune partie
44135de l’Égypte où l’on n’en vît des exemples. Alors
44136il ne causa plus
44137aucune
44138surprise
44139;
44140l’horreur <io> que l’on en avoit eue d’abord,
44141s’évanouit entièrement; on
44142en
44143parla et on en
44144entendit
44145parler
44146comme d’une chose indifférente et ordinaire.
44147Je vis un jour, une femme blessée à
44148la tête, que des hommes
44149du peuple
44150traînoient à travers un marché
44151:
44152ils l’avoient arrêtée
44153tandis qu’elie mangeoit d’un
44154petit enfant rôti que l’on avoit saisi
44155avec elle. Les gens qui se trouvoient dans le marché, ne faisoient
44156aucune attention à ce spectacle, et alloiem chacun à leurs affaires:
44157Z*
44158LIVRE
44159U.
44160CHAPITRE If.
44161• Page ai*.
44162rage >14.
p. 391
44163.,62
44164relation
44165de l’égypte.
44166je n’aperçus en eux aucun signe d’étonnement ou d'horreur;
44167ce
44168uvue
44169h.
44170une sur„ r j se
44171bien
44172plus grande que le crime lui-
44173CMAPimcU.
441744
44175“*v
44176,
44177môme. Cette indifférence ne provenoit, dans le vrai, que de ce
44178que la vue de ces cruautés avoit déjà frappé leurs sens un grand
44179nombre de fois
44180; en sorte quelles étoient au rang des choses dont
44181on a contracté
44182l’habitude, et qui
44183n’ont
44184plus
44185le
44186droit de
44187causer
44188une impression de surprise.
44189Deux jours auparavant
44190, j'avois vu un enfant tout près de l’âge
44191de puberté, qui avoit été trouvé rôti ; on avoit saisi avec ce cadavre
44192deux jeunes gens qui avouèrent que côtoient eux qui avoient tué
44193cet enfant
44194, i’avoient fait rôtir, et en avoient déjà mangé une partie.
44195Il arriva une nuit <i i>, peu de temps <n> après
44196I heure de la
44197prière qui se fait quand le soleil est totalement disparu de dessus
44198l'horizon
44199, qu’une jeune esclave jouoit avec un enfant nouvelle-
44200ment sevré, qui appartenoit à un riche particulier Oî>. Tandis
44201que l’enfant étoit à ses côtés
44202, une gueuse saisit linstant où cette
44203esclave avoit les yeux détournés de dessus lui
44204;
44205elle lui fendit
44206le
44207ventre
44208, et semit àen manger la chair toute crue. Bien des femmes
44209m’ont raconté que des gens se jetoient sur elles pour leui airachei
44210leurs en/ans,
44211et qu’elles
44212étoient
44213obligées d employer tous
44214leurs
44215efforts pour les sauver de ces ravisseurs.
44216Voyant un jour une femme qui tenoit un
44217petit enfant nou
44218vellement sevré et bien potelé, j’admirois cet enfant, et je recom
44219mandois à cette femme d’en avoir hien soin
44220: à cette occasion
44221,
44222elle me raconta que, tandis quelle se promenoit sur le Bonl
44223u
44224canal
44225, un homme vigoureux
44226s' étoit
44227jeté sur elle
44228,
44229et
44230avoit
44231ait
44232effort pour
44233lui
44234arracher son
44235enfant
44236;
44237qu elle n avoit pas trouvé
44238d’autre moyen pour le mettre à l’abri
44239, que de se jeter par terre
44240en
44241le tenant
44242sous elle,
44243jusqu’à ce qu’un cavalier, étant venu a
44244passer, força cet domine à s'éloigner d’elle
44245: elle ajoutoit que ce
44246Digitized by Google
p. 392
44247RELATION DE L’ÉGYPTE.
44248scélérat épioit avidement l'occasion de saisir le premier membre de ——
44249l’enfant qui viendrait à sortir de dessous elle pour le manger <1 4> ,
44250ChI'ht«e"i!.
44251et que l’enfant fut long-temps malade des tiraillemens qu’il avoit
44252Page »i<s.
44253éprouvés par les
44254efforts contraires que ce féroce ravisseur et
44255elle
44256avoient faits, l’un pour l’arracher,
44257l’autre pour le retenir.
44258On voyoit les enfans des pauvres,
44259soit en bas âge,
44260soit déjà
44261grands
44262, et qui n’avoient plus personne pour prendre soin d’eux et
44263les garder
44264,
44265répandus -dans tous
44266les quartiers de
44267la ville et dans
44268les rues
44269les plus étroites <1 j>, comme des sauterelles qui se sont
44270abattues sur la campagne. Les pauvres gens , hommes et femmes
44271,
44272guettoient ces malheureux enfans , les enlevoient et les mangeoient.
44273On ne surprenoit les coupables en flagrant délit que rarement,
44274et quand
44275ils n’étoient pas bien sur leurs gardes. C’étoient le plus
44276ordinairement des femmes que l’on
44277saisissoit avec ces preuves de
44278leur crime
44279: circonstance qui , à mon avis
44280, ne venoit que de ce que
44281les femmes ont moins de finesse que les hommes
44282, et ne peuvent
44283pas fuir et se dérober aux recherches avec autant de promptitude.
44284On brûla à Misr en peu de jours trente femmes
44285, dont
44286il n’y en
44287eut aucune qui n’avouât avoir mangé plusieurs enfans. J’en vis
44288amener une chez le prévôt
44289, ayant un enfant rôti suspendu à son
44290cou. On lui donna plus de deux cents coups de fouet, pour tirer
44291d’elle
44292l’aveu de son crime, sans pouvoir en obtenir aucune ré-
44293ponse; on eût dit même quelle avoit perdu toutes les facultés qui
44294caractérisent la nature humaine. Alors on la tira violemment pour
44295l’emmener, et elle expira sur la place <i 6>.
44296Quand on avoit brûlé un malheureux convaincu d’avoir mangé
44297p>bc
44298de la chair humaine
44299, on trouvoit son cadavre dévoré
44300le lende-
44301main matin
44302: on
44303le mangeoit d’autant plus volontiers
44304, que ses
44305chairs étant toutes rôties, on étoit dispensé de les faire cuire <i7>.
44306Cette fureur de se manger les uns les autres devint si commune
44307'
44308Z T S
44309•
44310i
44311i
44312V
44313Digitized by Google
p. 393
44314^64
44315relation de l’égypte.
44316parmi les pauvres, que la plupart <i 8> périrent de la sorte. Quei-
44317curn-u'ii
44318ques gens fiches , d’une condition honnête <
443191 9>
44320, partagèrent aussi
44321cette détestable
44322barbarie;
44323et parmi eux,
44324les uns
44325s'y virent
44326ré-
44327duits par
44328le besoin,
44329les autres le firent par gourmandise et pour
44330satisfaire leur goût. Un homme nous raconta qu’il avoit un ami
44331qui
44332fut réduit à la pauvreté par la calamité de cette année; que
44333cet ami l’invita à venir manger chez lui un jour, comme
44334il
44335avoit
44336coutume de
44337faire auparavant; que
44338s'y
44339étant rendu,
44340il y trouva
44341rassemblée une troupe de gens dont l’extérieur n'annonçoit que
44342la misère
44343: devant eux étoit une fricassée où
44344il y avoit beaucoup
44345de viande <2o>;
44346ils n’avoient point de pain pour manger avec ce
44347ragoût. Cela lui donna quelques soupçons; et étant allé aux lieux
44348d'aisance
44349,
44350il y vit un magasin rempli d’ossemens humains et de
44351chair fraîche. Saisi d’effroi
44352,
44353il se hâta de prendre la fuite.
44354Parmi ces scélérats,
44355il y en avoit qui usoient de toute sorte de
44356pièges pour surprendre les hommes et les attirer chez eux sous de
44357faux prétextes. Ce fut ce qui arriva à trois médecins du nombre
44358de ceux qui me fréquentoient. L’un m’apprit que son père étant
44359l’agcjjo.
44360sorti, n’avoit plus reparu. L’autre fut invité par une femme qui
44361lui donna deux pièces d’argent
44362, à venir avec elle chez un malade
44363qui
44364lui appartenoit
44365: cette femme l’ayant conduit dans quelques
44366chemins étroits
44367,
44368le médecin conçut des inquiétudes
44369,
44370et relusa
44371de la suivre;
44372il
44373lui
44374fit même des reproches très-durs
44375: alors, sans
44376réclamer les
44377deux pièces
44378d’argent
44379, elle
44380se
44381retira à
44382la hâte. Le
44383troisième
44384fut requis par un homme
44385de l’accompagner chez
44386un
44387malade qui demeuroit, disoit-il, dans la grande rue <n>. Tout
44388en marchant
44389, cet homme
44390faisoit l'aumône de quelques petites
44391monnoies <**>;
44392et
44393il disoit
44394[ ce
44395passage de l’Alcoran ]
44396:
44397<• C'est
44398" aujourd’hui
44399que
44400l’on
44401recevra
44402la
44403rétribution
44404,
44405et
44406un
44407salaire
44408’* double du
44409bien que
44410l’on
44411aura
44412fait
44413; que ceux qui
44414agissent
44415,
44416Digitized by Goo^e
p. 394
44417RELATION DE l’ÉGYPTE.
44418365
44419» agissent en vue d’une telle récompense <2}>. » Cela se renou- ——
44420®
44421*
44422LIVRE IL
44423vêla
44424si souvent, que
44425le médecin commença à soupçonner de sa
44426uunnsii.
44427part quelque mauvais dessein. Cependant la bonne opinion qu’il
44428avoit de cet homme
44429, l’emporta sur ses inquiétudes; en outre, le
44430désir du gain i’entraînoit
44431:
44432il se
44433laissa donc introduire dans un
44434hôtel à demi ruiné. Cet aspect augmenta sa frayeur
44435, et il s’arrêta
44436sur les degrés, tandis que l’homme qui le conduisoit prit le devant
44437et se fit ouvrir la porte. Son camarade, venant alors à sa rencontre,
44438lui dit
44439:
44440< Après avoir tardé si long-temps, amènes -tu du moins
44441» quelque bon gibier ? » Ces paroles jetèrent l'épouvante dans le
44442coeur du médecin <a4>
44443;
44444il se précipita dans une écurie par une
44445fenêtre que, pour son bonheur,
44446il rencontra par hasard. Le maître
44447de l'écurie vint à lui, et lui demanda <i;> ce qui lui étoit arrivé:
44448mais le médecin se donna bien de garde de
44449lui en faire l’aveu
44450,
44451n’osant pas non plus wg fier à lui. Alors cet homme lui dit
44452:
44453« Je
44454» connois votre aventure
44455;
44456les gens qui habitent ce logis ,
44457sur-
44458» prennent les hommes et les tuent. »
44459A Atfih
44460, on trouva chez un épicier des cruches remplies de
44461pasc
44462chair humaine, recouverte d'eau et de sel
44463: on
44464lui demanda par
44465quelle raison
44466il en
44467avoit amassé une
44468si grande quantité
44469; et sa
44470réponse fut qu’il avoit appréhendé que,
44471si la disette duroit, les
44472hommes ne devinssent trop maigres.
44473,
44474Un grand nombre de pauvres s’étoient retirés dans l’He <2fi>,
44475et s’y tenoient cachés dans des huttes de terre, d’où
44476ils épioient
44477les passans pour les enlever. On en fut averti
44478,
44479et on voulut les
44480faire mourir; mais
44481ils prirent la fuite. On trouva dans leurs huttes
44482une énorme quantité d’ossemens humains. Je tiens d’un homme
44483sûr qu’on y compta quatre cents crânes.
44484Le fait suivant, qui fut raconté par le prévôt lui-même, eut,
44485en ce temps-là,
44486t»ne grande publicité. Une femme vint un jour
44487Digitized by Google
p. 395
44488LIVRE
44489If.
44490CHAPITRE II.
44491Pige
44492114.
44493566
44494RELATION DE L ÉGYPTE.
44495trouver
44496fcet officier
44497:
44498elle avoit le visage découvert
44499<!?>, et pa-
44500roissoit saisie
44501d’un grand
44502effroi.
44503Elle
44504lui
44505dit quelle exerçoit
44506le
44507métier de sage-femme
44508; quelle avoit été invitée à se rendre <i8>,
44509pour l’exercice de sa profession, chez certaines gens, et qu’on lui
44510avoit présenté sur un plat du sicbad) < 2 c;> très-bien fait et parfaite-
44511ment bien assaisonné d’épices; quelle avoit reconnu qu’il y étoit
44512entré beaucoup de viande d’une nature différente de celle qu’on
44513emploie ordinairement pour faire le sicbadj
44514,
44515ce qui lui avoit causé
44516un extrême dégoût; qu’ayant trouvé le moyen de tirer à part une
44517petite fille, et lui ayant demandé ce que c’étoit que cette viande,
44518cet enfant
44519lui avoit
44520dit
44521,
44522« Une telle, qui
44523étoit
44524si grasse, étant
44525» venue nous faire une visite, mon père l’a tuée; elle est ici dans
44526»
44527cet endroit, dépecée par membres et suspendue;» que là-dessus
44528elle étoit entrée dans une réserve
44529,
44530et y avoit trouvé des magasins
44531de viande. Le prévôt
44532, ayant reçu sa déciafl|tion , envoya avec elle
44533des gens qui surprirent
44534la maison
44535,
44536et arrêtèrent toutes les per-
44537sonnes qui
44538s’y trouvoient
44539; mais le maître de la maison se sauva
44540;
44541et ensuite
44542il
44543fit
44544si bien,
44545qu’il obtint sa grâce en donnant secrè-
44546tement
44547trois cents pièces d’or.
44548Voici encore un exemple singulier de ces barbaries. La femme
44549d’un militaire qui
44550étoit riche et jouissoit d une grande aisance
44551,
44552étoit enceinte
44553,
44554et* son
44555mari
44556étoit absent pour son service. Elle
44557avoit pour voisins quelques
44558misérables;
44559et ayant senti
445601 odeur
44561d’une fricassée qui venoit de leur logement
44562, elle demanda à en
44563manger par un de ces appétits auxquels les femmes sont sujettes
44564dans leur grossesse. L’ayant trouvée <}o> fort agréable, elle leur
44565en
44566fit redemander
44567; mais
44568ils lui répondirent que tout étoit con-
44569sommé. Là-dessus
44570elle voulut savoir comment on
44571préparoit ce
44572mets, et
44573iis
44574lui avouèrent que
44575c’étoit de
44576la chair humaine. Elle
44577convint donc avec eux qu’ils tâcheraient d’erflever pour elle de
44578Digitized by'Goo^e
p. 396
44579RELATION DE
44580l’ÉGYPTE.
445813 67
44582petits enfans <3 1> , leur promettant de reconnoître largement leurs
44583soins. L’usage répété d’une pareille nourriture l’ayant rendue très-
44584féroce et lui ayant inspiré des inclinations semblables à celles des
44585bêtes carnassières , ses servantes, qui craignoient quelle n’auentàt
44586à leur vie, la dénoncèrent. En conséquence
44587, on
44588fit chez elle une
44589descente de justice, et l’on y trouva une quantité de chair et d’os-
44590semens qui prouvoit
44591la vérité des crimes dont elle étoit accusée.
44592On la chargea de fers et on fa mit en prison; mais on différa de lui
44593faire subir le dernier supplice, tant par égard pour son mari, que
44594pour conserver <32) l’enfant quelle portoit.
44595Si nous voulions rapporter tous les traits de ce genre que nous
44596avons ouï raconter ou vus de nos yeux, nous courrions risque
44597d’étre soupçonnés d'exagération ou taxés d’un babil superflu. Tous
44598les faits que nous avons rapportés comme en ayant été témoins
44599oculaires
44600,
44601nous sont tombés sous les yeux sans aucun dessein
44602de notre part
44603, et sans que nous ayons fréquenté exprès
44604les lieux
44605où
44606il pouvoit se passer des choses de ce genre
44607:
44608le hasard seul
44609nous en a rendus témoins
44610;
44611car
44612,
44613bien
44614loin de
44615les rechercher
44616,
44617nous
44618évitions
44619le plus
44620souvent
44621de
44622les voir,
44623tant
44624étoit grande
44625l'horreur qu’un
44626tel spectacle nous inspiroit. Ceux, au contraire,
44627qui se tenoient <3
44628dans
44629la maison du prévôt, pour assister à
44630ces scènes tragiques , en
44631voyotent des exemples de
44632toute sorte
44633tout
44634le long du jour et de
44635la
44636nuit. On
44637trouvoit dans un
44638seul
44639chaudron jusqu’à deux ou trois enfans et même plus. Un jour,
44640on trouva un grand chaudron dans lequel cuisoient dix mains,
44641comme on
44642fait cuire des
44643pieds de mouton ; une autre fois ,
44644il
44645se rencontra dans un grahtd chaudron
44646la tête d'une grande per-
44647sonne et quelques-unes de ses extrémités, que
44648l’on
44649faisoit
44650cuire
44651avec du froment. Les
44652traits pareils à ceux-là sont sans nombre.
44653Près de la djami d’Ahmed ben-Touloun
44654,
44655il y avoit des gens
44656—
44657LIVRE IL
44658CHAPITRE IL
44659Page xi6.
44660a
44661-
44662Page ai 8.
p. 397
44663LIVRE
4466411.
44665CMAPITBIt If.
44666Page a jo.
44667068
44668RELATION DE L’ÉGYPTE.
44669qui enlevoient
44670les hommes. Un
44671libraire
44672, homme âgé et chargé
44673d’embonpoint <34>, du nombre de ceux qui nous vendoient des
44674livres, tomba dans leurs filets et s’échappa à grande peine, n’ayant
44675plus qu’un souffle de vie <}5>.
44676Un des administrateurs de ladjamide Misr tomba pareillement
44677dans les pièges d’une autre bande de scélérats qui se tenoient à
44678Karafa <3 6> ; d'autres personnes étant survenues,
44679il s’échappa des
44680filets et s’enfuit en toute diligence <}7>
44681: mais
44682il y eut beaucoup
44683d’autres gens qui,
44684ayant quitté leur
44685famille
44686et étant sortis,
44687ne
44688rentrèrent jamais chez eux.
44689Une personne dont la véracité -m’est bien connue, ma assuré
44690que
44691,
44692passant dans un endroit abandonné <38>
44693,
44694elle y
44695vit une
44696femme qui avoit devant elle un corps mort tuméfié et corrompu
44697;
44698que cette femme mangeoit la chair des cuisses de ce cadavre;
44699et
44700que lui ayant reproché l’horreur d’une telle
44701action,
44702elle
44703lui
44704ré-
44705pondit que ce cadavre étolt celui de son mari. Rien nétoit plus
44706ordinaire que d’entendre ceux qui mangeoient ainsi de
44707la chair
44708humaine
44709, alléguer que c’étoit le corps de leur
44710fils, de leur mari,
44711ou de tout autre proche parent. On vit une vieille femme manger
44712un
44713petit enfant,
44714et s’excuser en disant que cétoit
44715le
44716fils de
44717sa
44718fille
44719, et non un enfant qui lui fut étranger
44720, et qu il valoit mieux
44721qu’il fût mangé par elle que par tout autre <39>-
44722Rien n’étoit plus commun que des traits de cette nature, et
44723il
44724seroit difficile de trouver dans toute
44725I etendue de
447261 tgyple
44727> m^me
44728parmi ceux qui vivent reclus dans les monastères, ou parmi les
44729femmes qui passent leur vie dans leurs appartemens, quelquun
44730qui n’ait été témoin oculaire de semblables atrocités. C est enc
44731une chose qui a été connue de tout le monde
44732, que
44733I on fouillo
44734les tombeaux pour en tirer les cadavres
44735,
44736et les manger , ou en
44737vendre les chairs.
44738Cette
44739Digitized by Goojle
p. 398
44740/
44741RELATION DE l’ÉGYPTE.
44742369
44743Cette affreuse calamité dont nous venons de faire le tableau, —
44744s’étendit à toute l’Égypte
44745:
44746il n’y eut pas un seul lieu habité où
44747«*,"«11.
44748l’usage de manger les hommes ne fût extrêmement commun. Syène
44749,
44750Kous , le Fayyoum
44751, Mahallèh
44752, Alexandrie, Damiette
44753, et toutes les
44754autres parties de l’Égypte
44755, furent témoins de ces scènes d’horreurs.
44756Un négociant de mes amis, homme sur lequel on peut compter,
44757étant venu d’Alexandrie
44758, me raconta un grand nombre de faits
44759de ce genre qui s’étoient passés sous ses yeux
44760; et ce qu’il me dit
44761de plus remarquable
44762,
44763c’est qu’il avoit vu cinq têtes d’enfans dans
44764un même chaudron, cuites avec les épices les plus exquises.
44765En voilà assez sur oe sujet , sur lequel
44766, bien que
44767je me sois
44768beaucoup étendu
44769,
44770il me semble que j’ai encore été très-court.
44771Je viens maintenant aux meurtres et aux assassinats qui furent
44772commis dans les divers cantons
44773:
44774il n’y a point de route où
44775ils
44776n’aient
44777été
44778très -*fréquens ; mais ce fut
44779sur -tout sur
44780celles
44781du
44782Fayyoum et d’Alexandrie que
44783le nombre en fut très-grand.
44784Il y
44785p»ge» } *.
44786avoit , sur la route du Fayyoum
44787, des conducteurs de barques
44788, qui
44789offraient le passage dans leurs barques à bon marché, et, quand
44790ils
44791étoient à
44792moitié chemin
44793,
44794ils égorgeoient les passagers
44795,
44796et
44797tiraient au sort leurs dépouilles. Le prévôt fit prendre quelques-
44798uns de ces misérables et les
44799fit mettre à la torture
44800; et
44801il y en eut
44802qui avouèrent sous les coups
44803, que leur part de ces vols
44804,
44805indé-
44806pendamment de celle de leurs camarades, montoit à
44807la valeur
44808de six mille pièces d’or.
44809Pour ce qui est du nombre des pauvres qui périrent d’épuiser
44810ment et de faim ,
44811il n’y a que Dieu seul qui puisse <40 le con-
44812noître
44813: ce que nous en dirons ne doit être regardé que comme
44814une légère esquisse propre à donner une idée de
44815l'affreux excès
44816auquel cette mortalité fut portée.
44817Une chose dont nous pouvons parler pour
44818l’avoir vue par
44819A à «
44820Digitized by Google
p. 399
44821\
44822LIVRE IL
44823CHAPITRE IL
44824Page 134.
44825yj0
44826relation de
44827l’égypte.
44828nous-mêmes, à Misr, au Caire et dans
44829les lieux circonvoisins
44830,
44831c'est (ju’en quelque endroit que l’on portât ses pas,
44832il n’y en avoit
44833pas un seul dans lequel
44834les pieds ou les yeux ne rencontrassent
44835ou un cadavre, ou un homme dans les angoisses de l’agonie, ou
44836même un grand nombre de personnes dans ce malhèureux
44837état.
44838On enlevoit particulièrement du Caire chaque jour depuis cent
44839jusqu’à cinq cents corps morts, pour les porter au lieu où on leur
44840rendoit les devoirs funèbres <40 . A Misr, le nombre des morts
44841étoit incalculable; on ne les enterroit pas, maison se contentoit
44842de
44843les
44844jeter hors de
44845la
44846ville
44847: sur la
44848fin même on
44849ne suffisoit
44850plus à les enlever, et
44851ils demeuroient dans les places <4*>, entre
44852les maisons et les boutiques
44853, ou même dans
448541 intérieur des habi-
44855tations; on voyoit un cadavre tombé en Lambeaux <43>> et tou£
44856auprès un rôtisseur
44857. un boulanger, ou autres gens de cette espèce.
44858Quant aux faubourgs <44>
44859et aux villages,
44860tous
44861les habitans
44862périrent, excepté un petit nombre <4J>, dont une partie quitta sa
44863résidence pour se
44864retirer ailleurs. A peine faut- il <4^> excepter
44865de
44866ce que
44867je
44868dis
44869ici
44870les
44871villes chefs -lieux des provinces
44872et les
44873plus gros villages, comme Kous, Aschmounein, Maballèh, et
44874autres semblables; encore ce qui y resta d habitans se rcduisoit
44875il à bien peu de chose
44876<47 >. Souvent un voyageur passoit dans
44877un gros village sans y trouver un seul habitant vivant
44878.
44879il voyoit
44880les maisons ouvertes
44881, et les cadavres de ceux qui y avoient fait
44882leur demeure étendus les uns vis-à-vis des autres; ceux-ci réduits
44883en pourriture, ceux-là encore
44884frais. Très-souvent
44885il se trouvoit
44886un mobilier dans une maison
44887, sans qu’il y eut personne pour le
44888prendre. Ce que je dis là m’a été raconté par plusieurs personnes
44889dont
44890les
44891récits
44892se
44893conftrmoient
44894réciproquement. L'une
44895déliés
44896disoit : « Nous sommes entrés dans un village
44897, et nous n y avons
44898» trouvé aucun être vivant
44899, ni sur la terre
44900, ni dans l’air. Ayant
44901Digitized by Goojle
p. 400
44902RELATION DE L’ÉGYPTE.
4490337
449041
44905» pénétré dans d’intérieur des maisons
44906,
44907l’état où les habitans se ——
44908» sont présentés à nos yeux, nous a offert un tableau exact de
44909aumuit.
44910» ce que Dieu dit dans ce passage de l’AIcoran
44911: Nous les avons
44912» tous moissonnés
44913et
44914exterminés
44915<48>. On voyoit
44916les habitans de
44917» chaque maison étendus morts, le mari, la femme et les enfans.
44918» De là nous sommes allés à un autre village
44919, où l’on nous a dit
44920Page «j<.
44921» qu’il y avoir précédemment quatre cents ateliers de tisserands
44922;
44923» et
44924il nous a
44925présenté
44926le même
44927spectacle de
44928désolation que
44929»
44930le
44931premier. Nous
44932voyions
44933le
44934tisserand
44935mort auprès de son
44936» métier <4ç>
44937,
44938et toute
44939sa famille privée de
44940vie autour de
44941lui.
44942» Ceci me rappela cet autre texte de l’AIcoran
44943: Un seul cri s'est
44944»
44945fait
44946entendre , et ils ont tous péri <jo>. Nous nous sommes encore
44947» transportés,
44948disoit la même personne, à un
44949autre village,
44950et
44951» nous y avons trouvé les choses dans le même état; aucun être
44952•» vivant,
44953et le village rempli de ses habitans devenus victimes
44954» de la mort. Comme nous devions y demeurer afin
44955d’en ense-
44956» mencer les
44957terres, nous fûmes obligés de louer des gens pour
44958» enlever les cadavres dont nous étions environnés et les jeter
44959» dans le Nil
44960, à raison d’une pièce d’argent par dix corps morts.
44961» Enfin
44962,
44963ajoutoit
44964cette
44965personne
44966, aux
44967habitans
44968de
44969ces
44970lieux
44971» avoient succédé les loups et les hyènes <j i>, qui se repaissoient
44972* de leurs cadavres. »
44973Voici une
44974des
44975choses
44976les
44977plus remarquables que
44978j’ai vues.
44979Comme jetois un jour avec plusieurs autres personnes dans un
44980endroit qui dominoit sur
44981le Nil,
44982il
44983passa sous nos yeux, dans
44984l’espace d’une heure
44985,
44986environ dix cadavres tuméfiés et gonflés
44987comme des outres remplies d’air. Nous les aperçûmes par hasard
44988•,
44989sans avoir dirigé notre attention vers cet objet, et sans que notre
44990vue embrassât
44991toute
44992la largeur du fleuve
44993<ja>. Le lendemain
44994,
44995étant montés dans une barque , nous vîmes sur le canal et sur
44996A » A A
44997/
44998y
44999Digitized by Google
p. 401
45000.
45001*
45002i
45003.
45004372
45005relation de l’égypte.
45006t0lls les rivages des membres de cadavres épars, semblables, pour
45007HjiriTM 11
45008me servir de la comparaison employée par le poëte Amrialkaïs,
45009aux racines des plantes
45010bulbeuses que
45011l'on a
45012tirées de la terre <J3>.
45013J’ai oui dire <$4> d’un pécheur du port de Tennis
45014, qu’il avoir vu
45015passer près de lui,
45016en un seul jour, quatre cents cadavres que
45017les eaux du fleuve entraînoient avec elles dans
45018la mer <5j>.
45019Pagt » 3 8.
45020La route d’Égypte en
45021Syrie
45022,
45023suivant
45024les rapports multipliés
45025d’un grand nombre de témoins , étoit comme un vaste champ ense-
45026mencé de cadavres humains,
45027ou plutôt comme une campagne
45028où a passé la faucille du moissonneur
45029: elle étoit devenue comme
45030une salle de festin pour les oiseaux et les bêtes féroces qui se gor-
45031geoient de leurs chairs; et
45032les chiens que ces gens avoient pris
45033avec eux pour les accompagner dans leur bannissement volon-
45034taire
45035, étoient les premiers à dévorer leurs cadavres.
45036Les habitans du Hauf <j6>
45037,
45038lorsqu’ils
45039se
45040retirèrent en Syrie
45041pour y trouver des pâturages, furent les premiers qui périrent sur
45042cette route
45043: quelque longue qu’elle soit
45044, elle fut jonchée de leurs
45045cadavres comme de sauterelles qui ont été grillées <S 7>
45046: et jusqu en
45047ce moment
45048il continue encore à en périr. L’émigration en a trans-
45049porté jusqu’à Mosul
45050, à Bagdad
45051, dans les contrées du Khorasan
45052,
45053de l’empire Grec
45054, de l’Afrique et du Yémen
45055; et
45056ils ont été dis
45057persés de toutes parts. Souvent
45058il arrivoit que, parmi cette foule
45059d’émigrans
45060, une femme s’échappoit de ses enfans
45061, et abandon
45062noit ainsi ces petits malheureux, qui étoient tourmentés <58) par
45063la faim,
45064jusqu’à ce que la mort terminât leurs souffrances.
45065Une autre horreur,
45066qui
45067devint aussi
45068fort commune,
45069fut de
45070vendre des personnes de condition
45071libre
45072: ce crime
45073fut porté si
45074loin
45075par ceux qui n’avoient aucune crainte de Dieu, que Ion
45076donnoit une jeune
45077fille
45078jolie pour un
45079petit nombre de pièces
45080d’argent
45081<J9>. On
45082m’offrit une
45083fois pour une pièce d or deux
45084Digitized by
45085I
p. 402
45086RELATION DE l’ÉGYPTE.
45087373
45088jeunes
45089filles qui touchoient à l’âge de puberté ; et une autre fois "
45090*
45091j’en vis deux <6o>
45092, dont l’une étoit encore
45093fille
45094, que
45095l’on crioit
45096caA„
45097au prix de onze pièces d’argent. Une femme vint aussi me prier
45098d’acheter, pour cinq pièces d’argent, sa propre
45099fille
45100,
45101qui étoit
45102jolie et n'étoit point encore nubile. Sur ce que je lui représentai
45103que ce trafic n’étoit pas permis
45104:
45105«< Eh bien
45106! me dit-elle , recevez-
45107»
45108la <60 en pur don. »
45109Il arrivoit souvent que des femmes ou
45110des garçons qui avoient quelque beauté se présentoient à l’envi
45111,
45112conjurant avec instances
45113ceux à qui
45114ils
45115s’adressoient
45116,
45117de les
45118acheter , ou de les vendre à d’autres. Bien des gens se permirent
45119de le faire, comme si c’eût été une chose licite <6 j>; et quelques-
45120uns de ces esclaves furent emmenés jusque dans l’Irak , au fond
45121du Khorasan
45122, ou en d’autres contrées.
45123Ce qui est assurément bien plus surprenant que tout ce que
45124nous avons raconté jusqu’ici , c'est que, malgré cet enchaînement
45125de fléaux, signes de la colère divine, les hommes continuoient à
45126adorer les idoles de leurs passions criminelles, sans aucun amen-
45127dement
45128,
45129et demeuraient plongés dans
45130la mer de
45131leurs égare-
45132mens
45133<6 j>, comme
45134s’ils
45135eussent, été sûrs
45136d’être exceptés de ces
45137calamités générales. Ainsi ils se livraient au trafic des personnes
45138de condition libre, comme à un commerce légitime et à une spé-
45139culation ordinaire
45140;
45141ils se permettoient de jouir sans scrupule des
45142femmes que la
45143misère mettoit entre
45144leurs
45145mains. Tel
45146d’entre
45147eux
45148se vantoit d’avoir violé cinquante filles encore vierges , tel
45149autre d’en avoir déshonoré soixante, le tout pour quelques petites
45150pièces de monnoie <64>.
45151Je ne dois pas omettre de faire mention de la dépopulation
45152des villes et des villages, et de l’abandon où restèrent les maisons
45153et les boutiques demeurées sans habitans
45154: ce dernier trait appar-
45155tient au tableau que j’ai entrepris de tracer.
45156II me suffira de dire
p. 403
451573^4
45158relation de l'égypte.
45159que
45160tel village qui contenoit auparavant une population de dix
45161mille âmes, ne paroissoit plus à quiconque passoit auprès qu’une
45162vaste voirie
45163: tantôt on y trouvoit quelques personnes isolées
45164,
45165tantôt on n’y voyoitaucun habitant. La plus grande partie de la
45166ville de Misr étoit dépeuplée
45167: les maisons situées sur le canal <6y>,
45168la rue de l’Étang, Maks, Haleb <66>
45169, et les lieux voisins, étoient
45170absolument déserts; tandis que précédemment il n’y avoit aucun
45171de ces faubourgs qui ne valût une ville pour le nombre des ha-
45172bitans qui s’y fouloient les uns les autres. Au Caire même
45173,
45174les
45175hôtels
45176,
45177les habitations <67) et les
45178boutiques
45179situés au cœur de
45180la ville
45181et dans
45182les
45183meilleurs quartiers, sont, pour la plupart,
45184abandonnés et dépeuplés
45185, au point que
45186,
45187dans l’endroit le plus
45188fréquenté de
45189cette
45190capitale,
45191il y a un hôtel composé de plus de
45192cinquante logemens qui sont tous demeurés vides
45193, à l'exception
45194de quatre, où l’on a logé du monde pour garder cet endroit. Les
45195habitans du Caire n’entretiennent plus aujourd’hui le feu de leurs
45196foyers et de leurs fours qu'avec les poutres des toits
45197,
45198les portes
45199et les clôtures <68>.
45200C'est cependant une chose bien digne d'admiration
45201, que parmi
45202les gens qui jusque-là avoient toujours été malheureux <éÿ>,
45203il y
45204en a qui ont
45205fait fortune
45206cette année. Les uns ont amassé des
45207richesses par le commerce <70) du blé ; d’autres
45208, en recueillant
45209de riches successions
45210: quelques autres se sont enrichis , sans que
45211personne connoisse l’origine
45212et
45213la cause de
45214leur fortune. Béni
45215soit celui qui distribue ou retient ses dons selon son bon plaisir,
45216et qui fait part de ses faveurs à toutes les créatures
45217î
45218Parlons maintenant de
45219l'état du Nil en cette année. Au mois
45220de farmoudi
45221, ses eaux baissèrent considérablement. Le Nilomètre
45222se trouva sur un
45223terrain à sec; l’eau cessa de couler au pied de
45224cet édifice du côté de Djizèh ;
45225il s’y forma une île grande et longue,
45226Digitized by Googlj
p. 404
45227RELATION DE
45228l’ÉGYPTE.
45229375
45230et Ton vit des fragmens d'anciennes constructions
45231: l’odeur et ia
45232saveur des eaux devinrent mauvaises. Ces
45233altérations parurent
45234ensuite
45235plus sensibles
45236,
45237et
45238finirent par
45239cette couleur verte de
45240mousse d’eau
45241,
45242dont nous avons parlé
45243;
45244elle
45245alloit
45246toujours en
45247croissant, et devenoit de jour en jour plus foncée
45248: elle ressem-
45249bioit à
45250celle que
45251l’on
45252avoit observée
45253l’année d’auparavant au
45254mois d’épiphi. Cette teinte verte continua toujours à augmenter
45255jusqu’à la fin de schaban
45256; à cette époque
45257, elle diminua, et finit
45258par disparaître entièrement
45259:
45260il
45261resta seulement dans
45262l’eau des
45263particules de végétaux qui y étoient éparses
45264; mais les eaux re-
45265prirent leur odeur et leur saveur naturelles. Au mois de rama-
45266dhan
45267,
45268le fleuve commença à croître
45269,
45270et son courant devint de
45271plus en plus
45272fort jusqu’au
4527316 de ce mois. Ce jour, Ebn-Abi’l-
45274reddad <7 1> prit ia hauteur du niveau dans l’étang du Nilomètre;
45275elle étoit de deux coudées. Après cela , les eaux augmentèrent
45276,
45277mais d’une manière encore moins sensible que l’année précé-
45278dente;
45279et
45280la crue continua à prendre de
45281foibles accroissemens
45282jusqu’au 8 de dhou’lkada, qui étoit le 17 de mésori <7x7. Ce jour-
45283là,
45284le fleuve
45285crut d’un
45286doigt;
45287puis
45288il demeura trois jours sans
45289prendre aucun accroissement
45290:
45291les habitans
45292alors ne doutèrent
45293plus de se voir encore livrés aux horreurs de la famine <73), et
45294se
45295résignèrent
45296à une
45297perte
45298absolue. Cependant de nouveaux
45299accroissemens, la plupart <747 d'une coudée, se succédèrent jus-
45300qu'au 3 de dhou’ihiddjèh
45301, 6. e jour du mois de tôt. Le Nil
45302, ayant
45303atteint ce jour-là ia hauteur de quinze coudées seize doigts, baissa
45304le même jour et décrût sur-le-champ; en sorte que quelques
45305cantons seulement
45306sentirent l’inondation
45307,
45308mais
45309ia
45310sentirent à
45311peine. On eût dit que ce n’étoit que le fantôme de l’inondation
45312qui les avoit visités, semblable à ces spectres que l’on s’imagine
45313voir dans un songe <7j> et qui disparaissent aussitôt.
45314LIVRE n.
45315CHAPITRE
45316il.
45317Page 14<S.
p. 405
45318LIVRE IL
45319CHANTA*
45320II.
45321Page *48.
45322376
45323relation de l’égypte.
45324Les
45325terrains
45326plats
45327profitèrent
45328seuls
45329de
45330l’inondation
45331,
45332et
45333les
45334provinces basses, comme
45335le Garbiyyèh
45336et autres semblables,
45337furent suffisamment arrosées
45338: mais
45339les
45340villages étoient
45341totale-
45342ment dépeuplés de cultivateurs et de laboureurs. On eût pu leur
45343appliquer ce texte de l’Alcoran
45344: Au matin suivant on ne voyoit plus
45345rien eteux
45346, sinon leurs habitations <76). Les gens riches ramassoient
45347leurs gens épars de côté et d’autre , et réunissoient le peu d’ouvriers
45348qui leur restoient. Les laboureurs
45349et les bœufs étoient
45350si rares
45351,
45352qu’on vendoit un bon taureau soixante-dix pièces d’or, et un peu
45353moins celui qui
45354étoit maigre.
45355Dans la plupart des cantons,
45356les eaux
45357se retiroient sans que
45358les campagnes eussent
45359été suffisamment abreuvées,
45360et avant
45361le
45362temps convenable,
45363parce
45364qu’il
45365n’y avoit personne pour arrêter
45366ces eaux et les retenir sur les terres
45367; ce qui étoit cause que ces
45368portions du sol de l’Égypte demeuroient
45369incultes., quoiqu elles
45370eussent participé à l’inondation. Beaucoup de terres qui avoient
45371reçu une inondation suffisante restèrent
45372aussi en
45373friche , parce
45374que les propriétaires auxquels elles appartenoient, ne purent, ni
45375faire
45376les avances nécessaires de semences <77>> n1
45377' fournir aux
45378frais de culture. Parmi les terrains ensemencés
45379, beaucoup furent
45380dévastés par la vermine qui mangea la semence; et des semences
45381mêmes qui échappèrent à cette cause de destruction, une grande
45382partie ne poussa que des tiges maigres qui périrent.
45383Le plus haut prix du blé, cette année, fut de cinq pièces
45384or
45385l'ardeb
45386:
45387les fèves <7 8>
45388et l’orge montèrent jusqu à quatre pièces
45389d'or
45390; à Kous et à Alexandrie, leur prix s’éleva jusqu’à six pièces
45391d’or.
45392Cest de Dieu
45393qu’il
45394faut attendre
45395le soulagement,
45396car ces
45397lui qui
45398, par sa bonté et sa libéralité, détermine les événemens
45399heureux.
45400NOTES.
45401Digitized by Googli
p. 406
45402RELATION DE
45403l’ÉGYPTE.
45404377
45405NOTES.
45406LIVRE U.
45407CHANTAS
4540811.
45409<i> Suivant le manuscrit,
45410ii
45411faut prononcer ïjJl vU-!
45412; ce que
45413je remarque, parce qu’il suit de là que le participe ou adjectif verbal <—
45414doit être pris dans le sens du futur ou du présent , et que l'on ne pourroit pas
45415traduire, tous Us moyens d'existence étant dévorés : car, suivant les grammai-
45416riens Arabes
45417, l’adjectifverbal actif, ou nom d’agent, ne peut pas gouverner un
45418• complément à
45419l’accusatif, quand
45420il a
45421le sens du
45422prétérit.
45423Voyer ma Gram-
45424' /w' "•
45425v
45426.
45427„
45428.
45429t
45430•
45431.1.
45432'«"'«•R'rv
45433maireArabe*. Quant à
45434il est à 1 accusant, comme terme circonstanciel.
45435"
45436II paroît qu’Abd-alIatif a eu en vue , en s’exprimant ainsi , la ressemblance
45437,, '(//
45438'
45439qu’il y a entre les mots jJL' sept, et
45440lion.
45441<a> Le sens propre du mot iï est
45442le défaut de pluie; mais , appliqué à
45443l’Égypte, il doit s’entendre principalement du défaut d’inondation. Djewhari
45444explique ainsi ce mot [«]
45445: « Kaht signifie stérilité
45446( ên pariant dë la terre ou
45447» d’une mauvaise année). On emploie, en pariant dé
45448la
45449pluie,
45450le verbe
45451» kakata, aoriste yakhotou, nom d’action kohoutan, priur dire quelle a manqué,
45452» qu’il n'en est pas tombé. Suivant Fatraj on étaitahita
45453,
45454aoriste yakkatou. Eli
45455» parlant des hommes , on emploie akhata
45456,
45457verbe de la quatrième forme , ou
45458» kokita, passif de
45459la première forme,
45460Avec le nom d’action kaktan
45461,
45462pour
45463» dire, ils ont éprouvé une année de séeheresse'lt de stérilité. »
45464'
45465*
45466Firouzabadi offre encore pltls de détail
45467;
45468II dit H
45469: « Kaht veut dire Paction
45470» de frapper avecforce, et le défaut de pluie. On dit
45471, en parlant d’une année,
45472» kakata conjugué comme manaa, ou kakila conjugué comme fariha
45473,
45474ou
45475» kokita comme oniya
45476, avec
45477les noms d’action kahtan, kohoutan et kahatan
45478» (c’est-à-dire,
45479elle a été ilche
45480et stérile ). En pariant des hommes (qui ont
45481» éprouvé une telle année)
45482, on dit kakit'a conjugué comme samia
45483,
45484rarement
45485» kokita et okkita. On emploie comme adjectif kakit écrit comme émir, ou
45486Uyi
45487Üj
45488LjJt
45489[.]
45490J
45491#1jÀ}\ JL.
45492OJj
45493^jf»***! IM
45494iaui&IÎ
45495^ I
45496-Lifj
45497JkjdM
45498Ua
45499£ jJLl>
45500jCUJ
45501|
45502l* J*
45503Lôjf
45504UaA JjUij
45505jaljJî Là
45506îjia^llj
45507jCU^jvLJI
45508ifcîfj
45509Ja^jt i^L-yLoî çjiSl ÀÀÎj
45510... OJtV-
45511du UjL»I jijY I ièfj
45512B b b
45513Afam. Ar. J* As
45514Bill. impdnaU
45515,
45516m,
45517uf£.
45518v
45519• »
45520*'**
45521Afam.
45522Ar.
45523tft
45524S.
45525G.
45526m." lÿj.
p. 407
45527LIVRE IL
45528CHAPITRE IL
45529BiU. Or. ma mat
45530Souad,
45531Annal.
45532Mail.
45533• i.r/9*-
45534Vertaft Jan s U
45535Paintint t pardi
45536U Ra^nt,
45537r. #*,
45538P *7J-
45539IM. p. tfa.
45540- 8
45541relation
45542de
45543l’égypte.
45544» kahit écrit commefarih
45545( sans a ), pour dire dur, violent. Le verbe ahkata,
45546» ayant pour sujet tes hommes, signifie, ils ont éprouvé une année de sécheresse;
45547» ayant [>our sujet Dieu, et pour complément la terre,
45548il signifie que Dieu a
45549r>frappé la
45550terre de ce fléau. »
45551On
45552voit par-là que JLÎf a
45553la signification neutre comme la signification
45554active. Au surplus, suivant le manuscrit, on doit prononcer ici oiéil
45555.
45556<3> ^4 est encore un mot d’une signification générale, mais qui se prend,
45557particulièrement en Égypte, pour
45558la famine occasionnée par une mauvaise
45559crue du NiL
45560Voye\
45561le texte d’Abd-aliatif, page 246 ,
45562ligne s de l'édition
45563m-+.'
45564'
45565<4>
45566I.es mots que j'ai
45567traduits par les villages elles campagnes, iontsoivad
45568alj- et
45569rif\yij
45570;
45571«t comme chacun de ces mots a communément une signi-
45572fication moins vague et plus déterminée ,
45573je ne puis me dispenser d entrer
45574à ce sujet dans quelques détails pour justifier ma traduction, Parlons d abord
45575du mot sowad. On désignq ordinairement sous ce nom cette partie de
45576I Irak
45577Arabi qui forme le territoire
45578(le Coufa
45579et
45580de Basra.
45581Reiske ,
45582dans sa
45583tras
45584duction de la Géographie d’Àbou’Iféda , a rendu ce mot plus d'une fois par
45585campania. Il observe, dans une note sur un passage des Annales du même
45586Abou’lféda
45587, que l'on entend proprement par >\y les
45588villages ambulant ou
45589campement des Arabes Bédouins
45590, et que ce nom leur a été donné à cause
45591de la couleur des lentes de ces Apbes,, faites de poil de chèvre, le plus ordi
45592mûrement noir
45593: en effet
45594, ce mot
45595signifie primitivement noirceur. Et
45596i
45597est
45598bon de remarquer, à l'appui de cette étymologie, que la couleur des tentes
45599distingue les campemens des Arabes de ceux des Iurcotnans. « Les Ara
45600» n’ont point d’autres logemens que leurs tentes, quils appellent maisons,
45601» elles sont toutes noires
45602, d’un
45603tissu de
45604poil de chèvre
45605, que
45606les femmes
45607» filent,
45608et dont elles sont
45609aussi
45610les tisserands.... Les Turcnmans campen
45611» tout de même que les Arabes
45612, avec cette différence que leurs tentes
45613» blanches. » Quelques autres écrivains , ce me semble , cherchent
456141 orign
45615^
45616ce nom dans la couleur de la terre cultivée des environs de Basra et
45617Mais
45618le mot saurad
45619,
45620outre cette application particulière aux
45621terri
45622Coufa et de Basra , se prend encore d’une manière générale pour les vi
45623âges
45624qui sont dans la dépendance d’une ville ou d’un grand bourg , et qui orment
45625son territoire immédiat. C’est ce que reconnoît l’auteur du Kamous
45626,
45627qu»n
45628Digitized by Goolle
p. 408
45629I
45630RELATION DE
45631L ÉGYPTE.
45632379
45633H dit
45634: « Sowad \
45635en parlant d'une ville,
45636signifie
45637les villages qui lui appar-
45638ia tiennent []. » C'est ce sens que j’ai suivi.
45639Passons au mot rif (jjj
45640. Il est certain que ce nom est celui d’une contrée
45641plus ou moins étendue de
45642la basse Egypte,
45643et, comme tel,
45644c’est un nom
45645propre. Dans son acception la plus générale, comme je le dirai plus loin à
45646l’occasion du Havf, qui est quelquefois compris dans le Rif, ce mot indique
45647toute la partie de ia basse Égypte qui s’étend depuis le territoire d'Alexandrie
45648jusqu’à celui de Kolzom.
45649Mais
45650,
45651si le mot sowad n’est pas
45652ici un nom propre ,
45653il en faut dire autant
45654du mot rifqui lui est joint. Et en effet, c’est un nom appellatif dont l’auteur
45655du Kamous détermine ainsi la signification
45656:
45657« Rif, ainsi prononcé , un terrain ensemencé etfertile; l'abondance du manger
45658» et du boire ; Us parties du territoire des Arabes qui sont proches de l'eau
45659,
45660ou
45661n bien, où il y a de la rerdure, des eaux
45662et des grains semés. Les verbes rafis,
45663» aoriste yarifou, ainsi que aryafa et tarayyafa, se disent de l'Arabe Bédouin
45664,
45665» et
45666signifient
45667,
45668venir dans un
45669terrain de ce genre ; en
45670parlant du bétail ,
45671ils
45672* signifient paître dans un terrain de cette qualité: rayyifeh
45673,
45674prononcé comine
45675» cayyiseh, et joint comme adjectif au mot terre, veut direfertile ; les verbes
45676» arafa et aryafa, en parlant d'un terrain, signifient, être fertile
45677[•]. »
45678Djewliari dit ia même chose
45679, quoique avec moins de détails.
45680Ayant pris le mot sow.ad comme nom appellatif,
45681j’ai dû entendre aussi par
45682rif,
45683la campagne, les plaines cultivées en général.
45684Quoique l’analogie et l’ensemble du passage d'Abd-aliatif pussent suffira
45685pour justifier ma traduction, je crois devoir encore l'appuyer d’un passage de la
45686Géographie d'Ebn-Haukal. Ce passage , tiré du manuscrit de cet ouvrage que
45687possède la bibliothèque de ('université de Leyde , se trouve .dans la Descrip-
45688tion de l'Egypte. Dans ce
45689texte, Ebn-Haukal
45690dit « qu’il ne parlera pas de
45691» tous les villages détaillés dans plus d’un livre, qui se trouvent depuis Schat-
45692» nouf, en allant à l’est
45693, jusqu'à Damiette et Tennis , et qui sont limitrophes
45694» de la province de Bafîfrèb , parce qu'ayant déjà indiqué l’étendue de cette
45695LIVRE
45696II.
45697CHAPITRE
45698II.
45699• AUn».
45700Ar. Je
45701S. G. ».* if?.
45702Ci-*prit
45703, tiare
45704A. r- »*
45705.Meut.
45706Ar. 4t
45707S. G. n* ifJ.
45708AI,ut. Ar. Je ht
45709Bill.
45710n*pt'ri*le
45711,
45712»/ 1246.
45713Carat, lilt. l.etgd.
45714Bat. p. 47*, *.*
457151704.
45716\
45717ttUIf
45718[•]
45719t>j ^ Ü*j' J—*^
45720<-»
45721U11
457221*1
45723ibl
45724‘
45725J
45726Bbk
45727x
45728l
45729Digitized by Google
p. 409
45730LIVRE
45731II.
45732CHAPITRE H.
45733Nott // tht ch. II
45734J»
45735lin. I" ,
45736ci-
45737devant p. 66.
45738Voyage en Ar.
45739'St-
45740«Kalnf.Orttw.
45741380
45742RELATION DE
45743L’ÉGYPTE.
45744» contrée
45745( sur sa carte )
45746, en donnant les distances qui séparent les grandes
45747» villes l’une de l’autre , ce serait une inutile répétition de déterminer l'étendue
45748» du territoire de chaque village en particulier, et de rapporter
45749II cet égard
45750» les diverses opinions.
45751Il ajoute
45752qu’il voudrait pouvoir en faire autant par
45753v rapport à toutes
45754les autres branches ou canaux dérivés du Nil ; mais que
45755» la chose n'étant pas possible , et d’ailleurs n’étant point exposé à cet égard
45756» à aucune répétition , il se bornera seulement à dire ce qui est le plus géné-
45757» raleinent reconnu et le plus certain , conformément au plan qu’il s’est pro-
45758» posé , de faire mention des
45759villagts dépendant de chaque bourg et de la
45760» campagne de chaque canton ,
45761et d'en donner
45762l’état détaillé , après avoir
45763» présenté d'abord (sur une carte ) le plan total des villes , des vallées cultivées
45764s> et des
45765routes [}. » Je donne en note
45766le texte, où l’on trouve les mots
45767sowad et
45768rif, qui ne peuvent y avoir aucun autre sens que celui que je leur
45769ai attribué dans Abd-aiiatif.
45770Dans un passage de Soyouti que j’ai cité ailleurs ,
45771la partie en culture du
45772territoire d'Ahnas ,
45773ville du Sald , est appelée rif; et l'on trouve dans Makrizi
45774plus d’une fois
45775<>*»-» <_»jj le rif de la haute Égypte. M. Niebuhr reconnoît
45776cet usage du mot rif.
45777Je conclus de tout ce que fai dit auparavant, que rif signifie toute l'étendue
45778des terres en culture dépendantes d’une ville ou gros bourg en Egypte
45779; el
45780sowad
45781,
45782les villages
45783, hameaux ou métairies situés sur divers points de cette
45784même étendue de
45785terres
45786cultivées.
45787Cela
45788n’exclut pas
45789l’emploi du mot rif
45790comme nom propre désignant une portion déterminée de la basse Egypte,
45791ainsi qu’on le verra plus loin.
45792Quant aux mots aXll
45793,
45794ils signifient
45795, comme Ta bien vu M. Win te
45796,
45797les villes principales,
45798les métropoles, et non pas , comme
457991 a cru M. Wahl
45800, les
45801UâVI
45802****
45803*/*
45804*4^4
45805-LLo
45806LfcjUL*
45807l—fcij*. JlC_.il ^
45808ïaU
45809uUjj
45810”*£-** j
45811Jjeèfy
45812fj JOVW Uj y^^lj J_^| U1C|
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45814*-*» 0^5
45815^ uuiy l y-»*
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45821U(T |jl iJL-iuj iL-j-
45822Mai,
45823i—
45824a,i
45825Digitizëd by Gooj
45826le
p. 410
45827RELATION DE L’ÉGYPTE.
45828381
45829pmmc" principales
45830[bit Souptprotimjm]. C'est
45831ainsi que U Mecque est
45832nommée, dans I AJcoran, la mm des cités isjSJI
45833».
45834<î>
45835C'est ia dispersion des descendans de Saba, obligés de quitter leur
45836pays à
45837cause de
45838la rupture des digues de Mareb, qui a donné
45839naissance à
45840cette expression proverbiale
45841, L~
45842^ ih 0„, M ditpmis^
45843boupcsfugitives de Saba. Cesau.res mots,
45844, sont tirés de CAIcoran.
45845On peut consulter, sur l’histoire de cette dispersion des tribus Arabes des-
45846cendues de Saba
45847A. Schultens, Histor. imper, vetust. Joctanidarum ; Reiske
45848de Arabum epoeha vetustissima Sait cl arem
45849;
45850et
45851le mémoire que
45852j'ai donné
45853dans le recued des Mémoires de l'Académie des belles- lettres ‘, sur divers
45854évenemens de
458551 histoire des Arabes avant Mahomet.
45856Voye^ aussi Golius
45857>
45858-
45859sur Ailergan.
45860/
45861<6>
45862L’officier nommé
45863ici le commandant de la garde de la
45864ville ou du guet
45865-
45866«** le même qui est nommé ailleurs Jül le
45867tvali
45868Richard Pococke
45869, qui fait mention de cet officier
45870, et qui le nomme walta
45871ie
45872^ dw Turcs - cet °*ce
45873*>»*
45874;
45875Makrizi nomme cette charge
45876c'est-à-dire, l'office de vali. « L'office
45877walt,
45878dit-il
45879est
45880ce que
45881l’on appeloit
45882autrefois
45883la garde;
45884d’autres
45885î
45886» nomment cet officier
45887le commandant de la
45888ronde. Par
45889le mot ronde
45890( ou
45891"
45892»guet), on entend se promener durant la nuit pour poursuivre les gens sus
45893‘
45894I fouie ^
45895t"
45896qU,eT
45897m' Ce"e aCti°n
45898’ «
45899Le premier qui
45900fi, fa
45901«ronde durant la
45902nuit,
45903fct Abd-allah ben-Masoud
45904;
45905et
45906ce
45907fut P2 Lire
45908- f le rL iLi
45909,U,
45910n
45911’ TT* * ftire
4591213 ronde
45913Médine.
45914Suivant
45915récit d Abou-Daoud
45916, fondé sur l’autorité d'Amasch, qui
45917fe ,enoi , de
45918« Zeid, on
45919vint trouver Abd-allah ben-Masoud
45920e, on J dit
45921• vf
45922«ho™, d», b b„b, d*. d, y„. s.
45923, ,
45924J™“
45925.d,f,od, d espionner; «.b,
45926lf^^
45927à nos yeux, nous en
45928ttrons punition. Thalébi rapporte la chose de la ma
45929» mère suivante , sur l’autorité de Zeïd ben- Wahab
45930Selon
45931r
45932•
45933» allah ben-Masoud
45934•
45935,
45936,
45937L
45938Se,on fu, > on «•*« * Abd-
45939oenMasoud
45940As- ,u quelque chose à ordonner par rapport à Wafid
45941•ÜT^
45942'
45943h b"'” <*"» * ™
45944r
45945£ , „
45946endu d espionner; njats, si quelque chose de contraire à l’ordre s’offie
45947s
45948» nos yeux , nous en tirons punition. Omar ben-Khattab, étant khalife, faisoi,
45949Digitized by Google
p. 411
45950LIVRE
45951II.
45952chah me
4595311.
45954Ci -titrant p. tjr.
45955Vfctaüaf. fcntfw-
45956e-rjpl r 3*1
45957Cal. Je arat.
45958aJminift. I: ! , ta
45959Oper. Hippecr. et
45960Cai. t iy,p- a/.
45961o8z
45962RELATION DE L’ÉGYPTE.
45963» fa ronde par Iui-mème
45964, accompagné
45965cTAslam son
45966affranchi
45967: souvent
45968il
45969» prenoit
45970aussi avec
45971lui Abd-alrahman ben-Auf [0. »
45972<7> Le texte porte une touffe. Voyez la note <j> du chapitre III du livre I."
45973<8> M. Wahl a défiguré
45974le sens de ce passage,
45975en
45976faisant dire i ALd-
45977allatif : « Il ne se trouve point dans Galien d’exemple d’un tel fait
45978( quoiqu'il
45979» ait ramassé beaucoup d’expériences ). J’en ai donc cherché quelqu’un avec le
45980» plus grand soin ; mais la peine que je me suis donnée ,
45981( pour trouver dans
45982» l’histoire des anciens temps ) un exemple
45983pareil ,
45984a été
45985aussi inutile que
45986» celle que j’ai prise dans la même vue, de feuilleter tous les autres écrivains
45987» qui ont cultivé
45988le champ des recherches anatomiques et nous ont
45989laissé
45990» leurs écrits [»]. »
45991Abd-allatif, en
45992écrivant ce qu’on
45993lit
45994ici, avoit certainement en vue ce
45995passage du livre I." des Opérations anatomiques de Galien
45996: « V ous devez vous
45997» appliquer et mettre tous vos soins , non-seulement â étudier exactement
45998» dans les livres
45999la forme de chacun des os ,
46000mais
46001encore à 1a connoître
46002» pâr vos propres yeux et par l’inspection assidue des ossemens humains.
46003» Cela
46004est
46005très-facile à Alexandrie, parce que
46006les médecins de cette
46007ville
46008» offrent
46009à leurs
46010élèves
46011la vue même des objets
46012jointe
46013à
46014I enseignement,
46015» et ne fût-ce que pour cela, vous devez tâcher d’aller à Alexandrie. Mais
46016,
46017» quand même vous ne
46018pourriez
46019pas vous y transporter
46020,
46021il ne vous
46022sera
46023» pas pour cela impossible de voir des ossemens humains. Pour moi,
46024j ai eu
46025ïIcy4jly>LJI
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4608811 * ,<1"
46089it .«motrt »i»(.
46090Digitized by Google
p. 412
46091RELATION PE
46092l’ÉGÏPTE.
46093383
46094jo souvent
46095occasion d'en voir , par
46096ia
46097ruine de quelques
46098sépultures ou de
46099» monumens funèbres. Quelquefois aussi les eaux d'un fleuve, étant venues
46100» à recouvrir un tombeau construit à
46101ia hâte et sans soin peu de mois au-
46102b paravant, l’avoient aisément détruit; alors le cadavre entier, dont les chairs
46103jo étoient tombées en pourriture
46104, mais dont les os conservoient encore leurs
46105» jonctions et leur ensemble, avoit été entraîné par le courant du fleuve, et
46106» porté à la distance d’un stade. Là , un terrain en forme de bassin , avec des
46107» bords élevés , ayant reçu les eaux , le cadavre retenu par cet obstacle y étoit
46108» demeuré déposé , de sorte qu’on l'y pouvoit voir précisément dans le même
46109» état que
46110si un médecin l’eût préparé exprès pour l’instruction d’un jeune
46111» élève. Nous avons vu aussi une fois le squelette d’un voleur, sur un monti-
46112» cuie, à quelque distance d’une route
46113: un voyageur, passant en cet endroit,
46114jo avoit été attaqué par ce voleur et l’avoit tué sur la place. Aucun des habitant
46115» de ce lieu ne s’étoit mis en peine de l’entetTer
46116: au contraire, par un effet
46117» de leur haine pour ce brigand,
46118ils s'étoient
46119fait un plaisir de laisser son
46120b cadavre en proie aux oiseaux, qui, ayant dévoré les chairs en deux jours
46121b de temps , avoient abandonné le squelette , comme pour en faire un moyen
46122b d’instruction en
46123faveur de ceux qui voudroient l’examiner. Si vous n’êtes
46124» pas encore assez heureux pour avoir de pareilles rencontres, disséquez un
46125b singe, et enlevant les chairs, considérez attentivement chacun des os. b
46126<9> Dans le manuscrit , au-dessus du mot ojjüù , on
46127lit en interligne *c
46128;
46129C’est peut-être une correction de l’auteur; et je n'hésite pas à préférer cette
46130dernière leçon.
46131LIVRE IL
46132CHArjTM U.
46133<io>
4613411 y a ici dans le manuscrit une glose marginale sur le mot
46135La voici
46136: « Le verbe istabsthaa signifie trouver dans une chose la qualité que
46137» l’on exprime par l’adjectif baschi ; cet adjectif, employé en parlant d’un
46138b aliment
46139,
46140signifie un aliment désagréable, sec et amer [>]. b Cest un extrait
46141du Kamous; du moins est-ce précisément ce qu’on
46142lit dans ce dictionnaire au
46143mot
46144.
46145Mette.
46146Ar.
46147bit
461485. C.
46149».* ifi.
46150<n> On
46151lit, dans
46152les deux éditions, JUI
46153. Le manuscrit porte JLDI; et
46154c'est ainsi qu’il faut lire.
46155<ia>
46156âliJ est un diminutif. Voye^ la note <aj> du chapitre I." de ce livre,
46157a-lnat/.#*.
46158»a>dl ^Lkll ^ £—a*J! ULj
46159tû»
46160^jill ^ -^-1
46161£*3
p. 413
46162LIVRE
46163II.
46164chapitre
46165II.
46166AMdUt.
46167Hitr.
46168A4yft.tùmf4m4.
46169T
461702*9» ' /
46171«WûKftf. Ktnbo.
46172Cfijpt. F j«*.
461733 84
46174relation de l’égypte.
46175<fp Je ne puis m’einpêcher de remarquer .que les deux traducteurs pré-
46176cédens n’ont pas bien
46177saisi le sens de ce passage. M. White, sur-tout, l'a
46178entièrement manqué
46179: mais la seule erreur que je relèverai est celle qui con-
46180cerne les mots ^-Ul
46181, queM. White a rendus ainsi
46182: cum puera...
46183calculis ludebat. Ce savant a cru que j«-L. étoit le pluriel de
46184<r/r<r:miis
46185c’est le pluriel de
46186, comme le prouve même sa forme grammaticale; et
46187ce mot veut dire riche , fortuné
46188:
46189il se retrouve plus loin joint au mot j-aL.,
46190et, en cet endroit, M. White Ta bien rendu par opu/entissimi. La construction
46191a quelque chose de peu naturel dans
46192le
46193texte
46194; ce qui a encore contribué 1
46195induire en erreur M. White.
4619611 semble qu’Abd-ailatif aurait dû dire
46197• Jd
46198«*tX> j-jwLII
46199|O.L> ijjU
46200; mais alors le pronom affixe de mX eût été
46201amphibologique,
46202<1 4>
46203II
46204est bon d’observer que le mot
46205doit être prononcé
46206jA>
46207,
46208sui-
46209vant le manuscrit. Le texte
46210signifie à la
46211lettre
46212:
46213Il avait intention de dévorer
46214tout membre de l'enfant qui viendroit à paraître. M. Wahl a mal paraphrasé
46215ce passage; et M. White ne paraît pas en avoir saisi
46216le sens littéral, en tra-
46217duisant
46218: Dixit autem , eum omnes nervos intendisse, ut putro ad escam potirelur.
46219*i~«
46220JG se rapporte à l’enfant ,
46221et non au ravisseur.
46222<i$> Je crois
46223à propos de donner
46224ici quelques
46225détails relativement aux
46226divers noms sous
46227lesquels on
46228désigne
46229les
46230rues du Caire,
46231et à
46232la
46233signifi-
46234cation propre de chacun de ces noms;
46235et je ferai usage pour cela, tant des
46236lumières que m’a fournies Makrizi
46237, que des renseignemens que
46238j ai puisés
46239dans les voyageurs ou qui m’ont été communiqués par divers Egyptiens.
46240Les grandes rues qui traversent la ville , mais qui ne sont point coupées
46241,
46242comme dans nos villes d’Europe
46243, par des mes de traverse , se nomment schan
46244tM,
46245pluriel fj ly>
46246:
46247ce mot répond h
46248la dénomination de
46249voir publique,
46250Iégal
46251e
46252, chemin royal. Ces grandes rues sont bordées
46253, des deux côtés , de bou
46254C
46255u.f"‘VuÀ‘.v
46256ticlues
46257• halles, bazars
46258, khans, de palais et de bâtimens élevés sur les halles
46259J‘
46260e‘
46261les bazars ,
46262et nommés ç_jj
46263. Sur ces grandes mes sont
46264des
46265portes qui
46266donnent
46267entrée dans
46268les mes appelées khall, harth, derb et
46269qikak.
46270Makrizi nous apprend que les mots X*
46271, pfüriel LILàI
46272, ou
46273,
46274pluri
46275> el
46276, pluriel
46277, sont synonymes; que le mot L» kkatt
46278,
46279ou
46280Bip.
46281mp/fùu,
46282khitteh
46283,
46284est plus ancien que .jU. harth ; que , déjà de son temps, la p u
46285"'Z
462861 '*' 1,1 Pwt
46287kkatts avoient pris
46288le nom de harth
46289. car
46290, peu-à-peu
46291, ajoute-t-d
46292,
46293Digitized by Google
p. 414
46294RELATION DE
46295l’ÉGYPTE.
46296385
46297ils changent de nom. Le mot khittlh indiquoit dans l’origine les differentes
46298portions de terrain qui avoient été accordées à telle ou
46299telle famille pour y
46300établir son habitation. Quant à
46301har'th ou haret,
46302il signifie plusieurs maisons
46303réunies ou contiguës. L’espace ou rue sur laquelle donnent les portes de ces
46304maisons, est proprement ce qu'on nomme har'th. Cette rue a son entrée dans
46305la grande
46306rue ou
46307par une porte.
46308II n’y a point de boutique dans
46309les
46310harihs, si ce n’est quelquefois auprès de la porte d’entrée, où l’on trouve une
46311boutique d’épicier ou un café.
46312Si la rue har'th est ouverte par les deux extrémités
46313, {De prend
46314le nom de
46315dtrb oji
46316, pluriel cJjj 3
46317car, en général, un chemin qui conduit à un autre
46318chemin , s’appelle en Egypte dtrb. Makrizi observe que plusieurs rues étoient
46319de harihs devenues dtrbs.
46320Les rues de la nature des dtrbs
46321,
46322mais qui sont si étroites qu’il ne peut pas
46323y passer deux hommes de front ou un âne chargé , se nomment jikak jl»j
46324,
46325pluriel
46326i-»jl
46327. On trouve encore dans les harihs et les dtrbs
46328,
46329des rues
46330plus
46331petites qui conduisent k droite et â gauche
46332: celles-ci s’appellent atfth
46333,
46334pluriel
46335et
46336.
46337Makrizi fait aussi mention de quelques petites nielles nommées
46338, ou au
46339singulier khouhhih
46340, qui conduisent d’un har'th à un autre harih. Il nous
46341apprend que le mot khouhhih signifie un passait étroit tntre dtux maisons; et
46342c’est aussi ce que dit l’auteur du Kamous. Khouhhih , rutile tntrt deux maisons,
46343sur laquelle il n'y a point de porte [•]. C’est de cette manière que Colius
46344* et
46345Castell
46346*' ont entendu le texte du Kamous. Giggeius avoit traduit ainsi les der-
46347niers mots , et januâ munitum est
46348mais â tort; L
46349, dans le texte du Kamous,
46350est négatif. Le sens propre du mot ü-jà. est , suivant M. Michel Sabbagh , le
46351guichet pratiqué dans un des deux battans ybijJ d’une porte cochère.
46352Le mot £ikak
46353, outre la signification que j'ai déjà indiquée, se prend
46354aussi d’une manière générale pour le pavé ou Us rues d'une ville
46355,
46356c’est-â-dire,
46357pour tout ce qui
46358est extérieur aux maisons
46359,
46360et qui
46361sert au passage et aux
46362communications. Je crois que c’est en ce sens qu’on doit l'entendre
46363ici dans
46364notre auteur
46365;
46366et j’aurois traduit sur U pavé des rues
46367,
46368si je n’avois craint de
46369donner une idée fausse des rues du Caire, qui ne sont point pavées.
46370Les grandes rues, comme je l’ai dit, sont bordées, des deux côtés, de khans,
46371v** tJx L
46372y*
46373is-ji. c*]
46374C c c
46375LIVRE
46376IL
46377CHAnmb IL
46378Alan.
46379Ar.
46380Je
46381S. C. H." Iff.
46382* Ltx. Ar. Lat.
46383<W. 77..
46384* Ltx.
46385ktftagl.
46386col. njd.
46387* Tkts. Ling. Ar.
46388t. I , col. tftf.
p. 415
46389LIVRE H.
46390OUMTK
4639111.
46392Ata*. Ar. Je !a
46393Bikl.
46394imf/rtaJt t
46395Afagitt. tneyel.
46396ma. y,
46397tôt*. V ,
46398p. ifÿ et mit.
46399HUaOaI. ©:nfn*.
46400C|9tl* /• i**>
46401relation de
46402l’égypte.
46403bazars,
46404palais, boutiques, &c. Les boutiques , doccan
46405, pluriel
46406,
46407ne son! point de niveau avec le sol de la rue, mais élevées au-dessus du sol de
46408trois
46409il quatre pieds. Au devant de chaque boutique est un banc ou estrade de
46410pierre de la même hauteur, dont la longueur répond k celle de l’ouverture
46411de
46412la boutique
46413,
46414et
46415la largeur est suffisante pour qu’un homme s’y asseye,
46416Ces banquettes ou estrades se nomment mastab'th
46417, pluriel
46418Quand le marchand veut ouvrir sa boutique
46419,
46420il monte sur cette estrade; la
46421boutique une
46422fois
46423ouverte,
46424il
46425étend
46426sur
46427l’estrade
46428une natte, un
46429tapis, un
46430coussin et des oreille* , et il s’y assied
46431:
46432s’il se présente un chaland
46433,
46434il le fait
46435asseoir près de lui
46436; ce qui est facile, l’estrade ayant en longueur l’ouverture
46437delà boutique. Ces estrades
46438, qui avancent des deux côtés de la rue sur la voie
46439publique
46440, occupent près de la moitié de
46441la largeur des mes; ce qui gêne le
46442passage. Aussi
46443, lors du séjour des François au Caire, le général en chel donna
46444ordre de
46445les détruire. Observons encore que, dans
46446les derbs, les
46447toits des
46448maisons avancent sur la rue h la hauteur de trois ou quatre toises.
46449Ces observations nous expliquent ce que dit l’auteur du Tarikk Djafari
46450,
46451que le khalife Hakein ayant fait
46452faire un tannour jyu ou lustre d argent du
46453poids de mille dirhems
46454, et ayant donné ordre qu on
46455le transportât k Mtsr
46456alatik
46457,
46458pour le placer dans
46459la grande mosquée d’Amrou
46460, on fut obligé
46461e
46462détruire les estrades
46463, et de creuser les derbs c->jj 3
46464i P°ur (îue ce
46465ustre
46466pût être transporté. Sans doute il étoit placé sur un chariot, et suspendu i
46467bâti de charpente;
46468et l’ensemble du
46469chariot et de la charpente étant
46470p
46471élevé pour passer sous l’avance formée par les toits des maisons ,
464726
46473pour passer entre les estrades des boutiques, on fut contraint de détru
46474estrades
46475et de creuser le sol des rues.
46476<t6> Le manuscrit porte 0Uai Je
46477, et non pas
46478, comme on ht dans
464791 une
46480et l'autre édition , çjUl Js
46481.
46482<i7> M. Wahl
46483a défiguré entièrement
46484ici
46485le
46486sens
46487d’Abd-allattf, qui ne
46488présentoit aucune difficulté.
46489<i8> Les pronoms affixes dans fa?
46490et
46491ne ^oiv ent sente ^
46492cl
46493des pauvres dont Abd-allatif a parlé précédemment, et qu
46494il °1’1
464951
46496°
46497riches et d'une condition honnête ^oLdlj
46498.
46499<i 9> M. White a traduit
46500j^-LII par
46501opulentissirnis
46502et dlit
46503Digitized by Goo
p. 416
46504RELATION DE
46505l’ÉCYPTE.
465063 87
46507LIVRE U.
46508CHAPITRE
4650911.
46510Alan.
46511Ar. Ai
465125. G. u* 197.
46513et M. "Wahl, à-peu-près dans le même sens , par gens à l'aise et dans te besoin
46514[ Permôgcnberc unb sDûrftigt: * ]. Il n’y a aucun doute que >*-U»
46515, pluriel de
46516, ne signifie lesgens riches .favorisés de ta fortune
46517b
46518; mais,
46519si l’on fait bien
46520attention au texte d'Abd-aliatif, on verra que
46521n’est pas en opposition
46522,
46523avec jfl-U», et qu’il n'y a aucune raison pour entendre par ce mot des gens
46524‘J. r- l*e-
46525nécessiteux, ou de
46526la
46527dernière
46528classe des citoyens.
46529—
46530,
46531pluriel de jy*-*
46532,
46533signifie proprement caché
46534, gardé dans le secret ,
46535éloigné de la
46536vue du public
46537:
46538au
46539féminin
46540signifie une fille
46541élevée honnêtement
46542et
46543loin
46544de la
46545vue des
46546hommes. jL.
46547, suivant
46548le Kamous
46549,
46550veut dire, entre autres choses,
46551la pudeur
46552.IJI
46553, et
46554, ainsi que
46555, un homme chaste
46556et réservé dans sa conduite [1].
46557Dans leGulisian de Sadi, on trouve
46558le mot jy~> employé en ce sens; ce
46559passage a été traduit ainsi par Gemius
46560: Mutti viri vitee tempérant, paupertatis
46561causa, in scelera ri/franr j>]
46562; et dans le Dictionnaire de Menmski, on lit
46563:
46564bonus
46565, probus, abstinent à
46566vetito. Ce sens convient parfaitement
46567ici
46568;
46569et
46570l’on
46571t.iv.t. jji
46572doit entendre par ,-oLItj
46573, les gens riches et d'une condition honnête.
46574<ao> M. White a imprimé
46575, dans l’une et l’autre édition,
46576jJi!
46577.
46578Dans
46579le manuscrit
46580,
46581le mot
46582est
46583écrit
46584ainsi
46585,
46586sans points
46587diacritiques sur
46588la
46589seconde lettre. Je crois qu’il faut lire jgS“
46590,
46591et non
46592. Quelques pages
46593MJJtu. Hiu.
46594plus loin, on trouve, dans le
46595manuscrit
46596et dans
46597l’imprimé,
46598l’expression
46599rSf ; ce qui fortifie ma conjecture.
46600RiSAT.
46601P
4660244*-
46603pdit.
46604Ltt. Ar. Ptn.
46605Turc.
46606et/f.
46607fitif.
46608r*
46609<ai>
46610Peut-être vaudroit-il mieux traduire dans la partie de la ville , appelée
46611Schari, c'est-à-dire, la grande rue. Voyez un autre passage de notre auteur,
46612p. lyg du texte , édition in-g?
46613<ia>
46614J'ai traduit
46615ici
46616,
46617et dans un passage qui se trouve p. 3go du texte
46618Arabe,
46619le mot jhf par quelques petites monnaies. M. White ne l’a rendu ni
46620dans l’un ni dans l’autre endroit ; et je ne sais quel sens lui a donné M. Wahl.
46621xHitn. tontw.
46622On doit prononcer, ainsi que l'indique le manuscrit, j—f, comme pluriel de
46623r J”'
46624ïfiffragment. Au surplus, je n’oserois assurer
46625si l’on 11e devroit pas plutôt
46626rendre ce mot par des morceaux de pain; ce qui donne un sens tout aussi bon.
46627ctmnm. Ar.
46628Makrizi nous assure avoir vu à Alexandrie des morceaux de pain employés
46629comme monnoie
46630, pour l’achat des denrées de peu de valeur.
46631t.lt.f. 4j,.
46632C
46633I CO
46634jfirdéi' 1
466351
46636o->1 oU>l aUj
46637C c c
46638a
46639Digitized by Google
p. 417
46640LIVRE
46641IL
46642CHAPITRE IL
46643VUtllf. ft.’nfw.
46644Afait. Ar.
46645tft ta
46646Bit!
46647importait
46648,
46649"* Wi, Jat. }?(
46650tersa.
46651TtkUiïàt. Cmfw.
46652Cj9P<-/> W*t
46653388
46654RELATION DE
46655LÉGYPTE.
46656<i3> Tout ce passage est certainement de i’Alcoran
46657: les derniers mots se
46658trouvent
46659sur. 37,
46660v.
46661(2. Je
46662n’ai pu reconnoître précisément l’endroit d'où
46663le surplus est tiré
46664: mais on trouve des passages très-analogues, aux endroits
46665suivans
46666,
46667sur. 4
46668, v, 33 ; sur. 34 , v. 37 ; et sur. 37 , v. 17.
46669<24 > L’une et l’autre édition portent
46670. M. While a omis dans sa tra-
46671duction
46672le mot
46673, qui ne donne
46674pas un sens convenable. M. Wahl a
46675paraphrasé la signification de ce mot
46676, qui est , devenir flasque et mou
46677, s'avachir,
46678en traduisant ainsi
46679: À ce mot , le médecin fut saisi d’effroi, et lesforces lui man-
46680quèrent []. Le vrai est qu’il faut lire fji
46681. Dans le manuscrit, le point du ç
46682est omis. J’ai déjà observé que les points diacritiques manquent souvent dans
46683ce manuscrit.
46684<25) Au lieu de *Jl-j
46685,
46686il
46687eût été
46688plus
46689régulier
46690d’écrire, comme dans le
46691manuscrit,
46692.
46693<a6>
46694L’île, c’est- à -dire , Vile du Ni!omette
46695,
46696ou de Rauiha. a 11 faut savoir,
46697» dit Makrizi
46698, que l’on donne aujourd'hui d’une manière absolue le nom de
46699» Raudha à file qui
46700est entre
46701la
46702ville de Misr et celle de Djirèh. Dans
46703les
46704» premiers temps de la domination Musulmane , 011
46705la nommoit
46706I lit
46707» ou Vile de Misr; ensuite
46708elle
46709fut connue sous
46710le nom de I de du Fort:
46711» maintenant on la nomme Raudha. Ce fut dans cette île que se retira Ma-
46712» koukas avec les Grecs et les Égyptiens qui
46713étoient sous son commande-
46714as ment
46715, quand Dieu eut
46716livré la citadelle au pouvoir des Musulmans. Ce
46717*> fut encore dans cette île qu’Ahmed ben-TouIoun bâtit le fort. Là étoit aussi
46718«le chantier de construction,
46719le
46720jardin nommé Mokhtar jUaeJI
46721» l’édifice connu sous le nom de Haudadj gîy / fo litière]
46722,
46723que
46724le khalife
46725» Amer-biahcam-allah avoit fait construire pour sa maîtresse chérie, qui étoit
46726» une Bédouine. Enfin ce fût là que le sultan Salèh Nedjm-eddin Ayyoubfit
46727» élever la forteresse nommée Salehiyjèh ; et c’est dans cette rie qu est encore
46728» aujourd'hui le Nilomètre. » M. Wahl a cru que tîle signifioit le Delta.
46729<2-T>
46730Abd-allatif remarque
46731cette circonstance,
46732parce quelle prouve
46733le
46734trouble où étoit
46735cette femme,
46736qui
46737osoit
46738paroitre sans
46739voile en public
46740et
46741devant le prévôt lui-même.
46742<a8> Le verbe j o-wl pourrait signifier inviter i manger; mais
46743j ai cru devoir
46744tO X«f »«fra ®«t (Mftifc
46745Ccfe
46746btt *,,( me lue H* «RI finira.
46747Digitized by G001
46748[e
p. 418
46749RELATION DE l’ÉGYPTE.
46750389
46751Je traduire ici dans le sens que nous donnons en françois au verbe appeler
46752,
46753—
46754lorsque nous disons appeler un accoucheur, appeler un médecin. C’est ainsi que
46755^*E
46756Je même mot Arabe est employé plus loin *, en pariant d’un malade qui
46757• MJviUt.Hla.
46758envoya chercher un médecin.
46759tin*'/
46760<19) Je crois que
46761le siebadj
46762est une sorte de pudding. Le mot siebadj
46763désigne, en général, toutes
46764les préparations de viande ou de poisson dans
46765lesquelles il-entre du vinaigre;
46766il est originairement persan
46767,
46768et vient de sic
46769t:L
46770, qui signifie vinaigre. Casteil définit ainsi le -LC. : Edulii genus , qttod ex
46771camibus concisis (subindeuvapassa
46772, pauciJicus, ciceresque adduntur), cum aceto
46773te mille
46774sive syrupo acido
46775conficitur. Dans son
46776Dictionnaire Persan , H
46777dit
46778LC. - uC et -LÉL
46779cibus qui vis acetosus
46780: oxyporum edulium; ex polenta triti-
46781cea, camibus et accto paratur.
46782Turc, yil
46783.
46784Le mot j-LC. n’est plus d'usage aujourd hui
46785; mais on fait avec de la viande
46786Juchée et toute sorte
46787d’épices et d’ingrédiens , une farce quç l’on nomme
46788mahschi
46789lys£
46790, et dont on remplit quelquefois des boyaux de mouton. Cette
46791farce se fait cuire dans de l'eau , de l'eau sucrée , du lait aigri , ou du vinaigre.
46792Dans ce dernier cas
46793, elle paroît une
46794sorte de siebadj. Voyez Russe!
46795,
46796tht
46797natural Hist. of Ateppo
46798,
46799tome I, page 174. Il est souvent
46800fait mention du
46801siebadj dans Avicenne.
46802Elmacin
46803, à l'année
468045 )4
46805> rapporte le fait suivant
46806; « En l’année 3 34 > il y
46807x eut une telle famine à Bagdad
46808, que l’on y mangea des charognes. Plusieurs
46809» fois on trouva des femmes qui avoient prb des enfans, en avoient fait rôtir
46810» une partie, et avoient fait cuire l’autre partie pour en faire du siebadj. On
46811» fit mourir ces femmes
46812, et on les jeta dans le Tigre. » Voye^ aussi Abou’L
46813féda, Annal. Afoilem.
46814t. II, p 444 ; Grégoire Bar^Hebrxus, Chronicon Syr.
46815p. 191 du texte Syriaque
46816, et 19 4 de la traduction Latine.
46817Lix.
46818keptagl.
46819Cal. JJJJ.
46820Diction.
46821Ptrt.
46822in Lct.
46823keptagi.
46824Hist.
46825Snrne.
46826p. i*9 .
46827<3o>
46828J'observe que ce mot est ainsi ponctué dans le manuscrit,
46829CiJli
46830; je
46831crois cependant qu’il vaut mieux prononcer wJL
46832, comme venant de
46833.
46834<30
46835II faut lire ^L-JI
46836, et non pas, comme porte le texte imprimé,
46837La leçon du manuscrit me paroît incertaine
46838: mais le copiste a certainement
46839eu intention d’écrire ^Lc*JI
46840; car
46841il a mb sur le j un fatha, qui indique que
46842ce mot est
46843il l’accusatif;
46844et le verbe
46845exige après fui un accusatif. C’eat
46846ainsi qu'un peu plus haut on lit
46847, ^Ul
46848.
p. 419
46849LIVRE
46850If.
46851CHAPITRE
46852U.
46853Ma n. Ar.Jtla
46854Bill,
46855importait ,
46856P." I*f6*
46857KMtflof. ©*nfw
46858«jçpt.
46859JM
46860IM. f.jif.
46861IJ*
46862Partir
46863,
46864F-MS-
46865Tktt. Lhtg. Âr.
46866t. i, CêS.
46867Man
46868Ar. Jt la
46869Bill,
46870importai* ,
468719*
46872iij6.
46873Alan.
46874Ar, At
46875S. G. a* tpS.
46876390
46877RELATION de
46878l’écypte.
46879<32>
46880Il
46881n’est peut-être pas hors de propos de remarquer
46882qu’il faut lire
46883dans le texte /UuJ
46884, comme porte
46885le manuscrit , et non
46886liùl , comme on lit
46887dans les deux éditions
46888, où l’on a en général omis le ham^a.
46889<33> M.
46890White
46891a
46892traduit
46893: Quod ad eum atlinet,
46894qui
46895in adibus prtftcti
46896bac facinora consignavit. Ce
46897n’est pas
46898là
46899le sens du
46900verbe (j-d
46901. Djewhari
46902l'explique ainsi CO
46903: « Le verbe ahyana signifie demeurer quelque temps dans
46904» un endroit.
46905.
46906. On dit d’un parasite, tahayyana
46907,
46908c’est-à-dire, il a attendu
46909» l’heure du repas pour entrer
46910( dans une maison }. » C’est ce sens que
46911j’ai
46912exprimé. M. Wahl
46913l’a bien rendu par fejnc 3cit ptnmutfli; mais
46914il a mal
46915entendu ce qui suit.
46916<î4>
46917II est assez singulier que M. Wahl
46918ait fait ides mots
46919des noms propres , et ait traduit
46920(3<b<cb HfiSttrcbi 23ifcin. M. White a traduit,
46921comme
46922il faut, stnex bibliopola prapinguis.
46923iyçS‘
46924libraire, est formé de^*a,
46925pluriel de
46926livre. Beaucoup de noms de métiers ou de professions
46927se
46928forment de cette sorte , ainsi que je
46929l’ai observé dans ma Grammaire Arabe.
46930L’endroit du Caire où l’on vend des livres, s’appelle
46931coutcubiyy'eh.
46932<35>
46933L’auteur emploie ici une expression proverbiale , qui n’est pas expli-
46934quée dans nos dictionnaires, si ce n'est dans celui de Giggeius. Je crois de-
46935voir copier l’explication qu’en donnent Djewhari et Firouzabadi. Le premier
46936dit [1]
46937: « Djaraa , en parlant de l’eau ,
46938signifie une gorgée. On emploie
46939le
46940» diminutif djoraia dans
46941cette expression proverbiale
46942, un
46943tel s est échappé
46944« avec la gorgée du menton
46945, dont le sens est, // a été sur te point de périr, puis
46946n il a échappé. Farra dit que ce mot signifie le dernier soupir. »
46947Dans le Kamous
46948,
46949on
46950lit M
46951: « Djaraa
46952,
46953en parlant de l’eau
46954, signifie une
46955» gorgée ... En prononçant djora
46956,
46957il veut dire ce qu on a
46958avalé. Ce mot est
46959remployé sous forme de diminutif dans ce proverbe, un
46960tel s est éihappé
46961••• Ilsa
46962o^l lil 0 LC1IL»
46963[']
46964fil
46965(jM-j
46966—
46967—
46968*
46969,m Qa
46970m
46971*—
46972<^>-^1 J*ll
46973s- La.
46974^ t»-Ul Jfi
46975lit
46976o* fXi L
46977y
46978ÙA
46979a
46980.Ul ij* uâIx.
46981ie.jM
46982Cî]
46983JlU!
46984,1»
46985^
46986f. JL>>4 jl
469871,1
46988J,
469891
46990f ijU'
46991jl
46992«_*» j ojL-
46993si’
46994M LmU>
46995Digitized by GoojJ
p. 420
46996RELATION DE
46997l’ÉGYPTE.
4699839 1
46999» avec la gorgée du menton; et alors
47000il signifie un reste de souffle, c’est-k-dire,
47001» que son ame étoit déjà dans sa bouche , ou tout près de sa bouche. »
47002Ce proverbe se trouve aussi dans Méidani
47003, qui en donne la même expli-
47004cation que l’auteur du Kamous
47005,
47006et ajoute
47007: « Cela veut dire que son ame
47008* étoit dans sa bouche, ou aussi près de sa bouche qu’une gorgée d’eau que
47009» l’on avale est proche du menton [»]• »
47010Cette expression proverbiale
47011signifie donc k
47012ta
47013lettre
47014: Il a échappé , au
47015moment où la dernière gorgée de son souffle étoit déjà près de son menton
47016,
47017et sur
47018le point de sortir de sa bouche.
47019livre
4702011.
47021CMANTIIB IL
47022Aient.
47023Ar.
47024dtt
47025S. Cé m* f6.
47026<36> On sait que Karafa est le lieu où sont les tombeaux des habitans du
47027Caire. L’imain Schafèï y est enterré. Voye^, entre autres écrivains, Jean Léon
47028Africain, Descri
47029deU' Africa, dans le
47030t. I." de la collection de Rainusio
47031,
47032foi pi C; Vansleb, Nouv. Relat. d’Egypte, p, 1jo ; M. Niebuhr, Voyage
47033en Arabie ,
47034t. J, p. pj.
47035<37> Les mot^L^s. Jj
47036, que ‘j’ai rendus par en toute diligence , sont une
47037expression proverbiale ou une formule consacrée par l’usage, dont
47038le sens
47039propre est peu certain. On
47040lit
47041ici dans le manuscrit d'Abd-ailatif une glose
47042marginale que voici [>]
47043: « Hosas signifie courir avec vitesse et précipitation. Ce
47044s> mot se trouve dans cette
47045tradition cfAbou-Horeïra
47046: Quand satan entend
47047» proclamer ta prière,
47048il tourne le dos,
47049et s'enfuit avec précipitation. »
47050L’auteur du Sihah rapporte cette même tradition, et l’explique de diverses
47051.^/4,
47052Ar
47053u
47054manières. Voici son texte [j]
47055: « Hosas signifie l'action de courir avec vitesse et
47056•
47057» en grande hâte, suivant Asmaï
47058:
47059le verbe
47060est hassa
47061, yahosso , hassan. Une
47062*> tradition d’Abou-Horeïra porte
47063: Quand satan entend proclamer la prière, il
47064» s'en va avec HOSAS. Hormnad
47065fils de Salama disoit k ce sujet
47066: Je demandai
47067jl
47068j Ojte MJj qÎ ()JjJ
47069adjJl ujjif
47070LèAj
47071*
47072jJjJl
47073[t]
47074^I 3VI
47075J
47076t çsw IM
47077«
47078yC
47079jOjJf
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47081Ci]
47082CHÜ-> Jfj LL». ^jL
47083ljOd± oëj
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47087iyjJJb
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47091JU
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47094Uî Jl»
470954^1
47096cdUjj IjXj
47097fcÔÔ-J ^
47098-rs
47099JujiL»
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47101J»!
47102yb JLL»
47103JB *-1—
47104j*j
47105*r^ fl*
47106JB
47107Jy J
47108iyt jl
47109Jy
47110I
47111'1
47112Digitized by Google
47113rca
p. 421
47114LIVRE IL
47115CHAm RE IL
47116SOMUf-Dmfa
47117r J'i-
47118P‘tg/230, figue?
47119,
47120Ju
47121ttxtt Ar.
47122/J.
47123»»*¥•*
47124P«g* 1J3 ,
47125lig,
47126t/tr». ttijj lig. i.
47127P«gt 64
47128,
47129ta
47130Mai AS. tmcydop,
47131««
47132Vlil. t. VI.
47133P- 4*9*
47134Wfcâtt- Cmfw.
47135ÇMt-sj't
47136Ltt.
47137Aeptagl,
47138tj*7‘
471393 <JZ
47140RELATION DE
47141L’fCYPTE.
47142» à Asem
47143fils d’Abou'inedjoud ce que
47144signifioil
47145le mot HOSAS,
47146et
47147il me
47148» répondit
47149: N’as-tu jamais vu un âne dresser les oreilles, remuer la queue,
47150» et
47151courir
47152! Voilà ce qu’on appelle HOSAS
47153, en
47154parlant d’un âne. Abou-
47155» Obeid disoit que , suivant d’autres , ce mot signifioit un pet ; mais , ajoutoit-
47156» il , je préféré l’explication donnée par Asem. Celte explication est la même
47157» que celle d’Asmaï, ou du moins s’en éloigne peu. »
47158On trouve cette même expression dans
47159les Extraits d’Omad-eddin Isfà-
47160hani, publiés par A. Schultens, à la suite de la Vie deSaladin parBoha-eddin,
47161page 19, et dans
47162la Vie deTamerlan d’Aluned ben-Arubschah
47163,
47164édition de
47165M. Manger,
47166t. I
47167, p. ypa.
47168<j 8> Je ne sais pourquoi M. White a
47169pris
47170pour un nom propre de
47171lieu, Charaba, ni par quelle raison M. Wahl l’a rendu par une caverne [ inctncc
47172$0 ble] ; ce mot signifie un lieu abandonné ,
47173disert, où il n'y a que des ruines,
47174O11 a vu plus haut i)> jl>, dans le même sens. On dit encore dans ce sens
47175*_>[>»
47176, mot qui ensuite a pris
47177la signification de taverne , mauvais lieu, et
47178duquel vient sans doute notre mot cabaret.
47179tes
47180<39>
47181Il faut prononcer ainsi le texte :
47182ÜiJb yl ^
47183bl
47184<4o> Le manuscrit porte
47185; ce qui doit être lu j^Ih
47186, et non , connue
47187on le voit dans les deux éditions du texte,
47188.
47189<4 1> Le terme de l’original signifie proprement te Heu ou I on fait tes ablu
47190lions , où on lave les cadavres.
47191<4a>
47192II faut effacer ici
47193, dans l’édition in-vfd
47194,
47195ies mots
47196dHj >
47197<P
471981 ' sont
47199de trop.
47200<4 î> M. White a
47201traduit,
47202erant nonnùlli eorum
47203in
47204partes concisi,
47205et moi
47206même, dans la notice que j’ai donnée, dans le Magasin encyclopédique,
47207e
47208l’édition Arabe
47209et Latine
47210d’Abd-allatif ,
47211j’ai
47212dit
47213: “
47214Il n étoit pas
47215rare
47216» trouver un cadavre coupé par morceaux , et tout auprès un rôtisseur >u
47217» boulanger, ou quelque autre marchand. » Al. Wahl a entendu aussi c «
47218dans le sens de être découpé,
47219disséqué: cependant
47220il me paroit certain qui
47221signifie
47222ici tomber en pièces , ou, comme dit Castell,
47223in partes dissoluta
47224J
47225res, ut quel madort computruerat. L’erreur de M. White, par rapport à ce mot,
47226Digitized by G001
p. 422
47227RELATION DE L’ÉGYPTE.
47228*
47229rf°nné KeU * Une au,re méP ri-
47230= « a traduit ce qui ,uit, el Jusetk etsZat
47231ZZTT- Z p““r ‘ *'
47232* £ »
47233"Zfï
47234*
47235ans M,sr
47236’
47237et ^u
47238’on y
47239faisoi[ » peu d’attention
47240, qu'on trouve»
47241CHA ',I“
47242'L
47243jv"
47244b“h“8*' *?*.«« «
47245fâisoient rôtir publiquement les’cTcUvri"
472463 ^ V°UlU
47247rôtiisews
47248Abd-aiiatif, comme
47249je
47250l’ai observé dans
47251la notice
47252déjà
47253citée
47254semble
47255cZ” iz’tr "
47256to m°r, ‘ <,oi ' <*•^ »Si^ï
47257^ s
47258ïr T’
47259;
47260zr; s^.’t
47261doute
47262être attribué à ce
47263m°rU,ité à M»r
47264doit «ns
47265de pauvres
47266«
47267“
47268ns nZ
47269* aVÛ'' *"*
47270^
47271P,ui g™d "ombre
47272I
47273vres , les gens riches ayant tou S leur résidence au Caire Au re
47274» quelconque qui soit
47275füS.^ d!°Se
47276» quelconque qui sont exposées au soleil" ol
47277**
47278dUnC ch°Se /g";*- * "
47279H-™, «u. ,ull, bo“ dl L° ™"
47280f
47281P"
47282' -
47283« rempart élevé, parce qu'ils son,
47284a.
47285... J
472861"™"' U"e WPèce de
47287» rempart élevé, parce qu'ils son,
47288S
47289"T” W qU ‘ forment une «péce de
47290"
47291» phète à Ocatd^ f J
47292"*
47293;;
47294P°,éS a“^ Da "> *» ^e du pro-
47295» mais les palmiers qui viennent sans le'* ^ 7”' dl,am,nèh srront Pour »w /
47296«pour nous. Dkstmmeh signifie ce qui 'ts!'"/' 7
47297T
47298dhahiyèh- Urvnt
47299“ “*
47300* «* vue et apparente
47301( c'est-à-dire
47302allr
47303” qU‘
47304* **“W*'. par rapport aux pays Musulmans
47305)
47306remmem
47307’ n de(i Jtt
47308• b nom *— -^
47309Ddd
47310Digitized by Google
p. 423
47311LIVRE
47312II.
47313CHAPITRE
47314lf.
47315Afan. Ar. tft la
47316Bill.
47317imp/riaU
47318,
47319Ct-Jmsutp. 34g.
47320Tamt II,
47321p. jfi.
47322Ci-t/tvani p. n.
47323Aille!Ut. Hist.
47324Ajppt. romptm/.
47325p. 246, lin.f.
47326relation de
47327l’égypte.
47328» ville , des deux côtés du canal. On voit quelle est l’origine de cette dtno-
47329» mination dans la langue usuelle
47330[.]. »
47331Pour une plus grande intelligence de ce passage
47332,
47333je transcrirai ce que dit
47334Djevhari au mot ^
47335, relativement
47336à
47337la
47338lettre de Mahomet
47339il Ocaïdar:
47340« On entend par dkamin'eh
47341les palmiers qui sont dans l’encemte du bourg.
47342» On
47343lit, dans
47344les Traditions, que le prophète écrivit à Harétha ben-Kalan
47345» et aux Arabes de la tribu de Calb , qui habitoient Doumat aldjandal
47346: Lis
47347» BAL
47348qui
47349sont DHAH1YÈH nous appartiendront
47350,
47351et
47352les NAKHL qui
47353sont
47354» DHAMINIH
47355seront à vous. DHAH1YÈH veut dire qui sont dehors dans là
47356r> campagne ; bal est
47357le nom qu'gn donne aux palmiers qui viennent sans
47358» arrosemens artificiels , et se contentent de l’humidité que leurs racines tirent
47359» de la terre
47360: DHAMINLh veut dire les palmiers qui étoient renfermés dans
47361» l'enceinte de leurs villes ou bourgs [»]. » On peut voir sur Ocaïdar, lsm.
47362Abulfeda de vita
47363et rébus gestis Mohammedis , p. taj
47364et ta6.
47365<4j>
47366L’expression «1b L. ne peut
47367point désigner
47368ici un grand nombre
47369,
47370niais bien certainement un petit nombre, indéterminé.
47371Il faut modifier, d après
47372cela, ce que
47373j’ai dit dans la note <6a> sur le chapitre IV du livre 1.
47374de cet
47375ouvrage, et dans ma Clirestomathie Arabe.,
47376<46>
47377Vopr^, sur le mot
47378|Jïtll
47379,
47380la note Cia) du chapitre
47381I.
47382du
47383litre I.
47384<47) Le texte signifie h la lettre,
47385Il n'en restoit qu autant qu il en fiut poiit
47386être dégagé de son serment, c'est-à-dire , pour qu’on
47387puisse
47388dire avec véri.e
47389qu’il y
47390restoit quelqu’un. Cette expression proverbiale se retrouve
47391ailleurs. Je vais rapporter l’explication qu’en donne Djeit han
47392.
47393U JjdJI
47394(j-xuü ijgjUil
47395jj-îbü
47396j-JL
47397*jUo
47398AjU
47399O* «—A^*UJÎ LJ. J—iûiî Q*
47400**rf«*«M Jyrn AJ ^U»! L
47401<3 J'—bj jji, f))L
47402Jy ^ *j*bJl ^
47403U L*»j
47404eJj* OJj .>UII
47405^ ^Ul
47406Jül
47407vje tiUi
47408»
47409t «Je
47410*i'
47411Jj
47412vJf vT
47413“j* °“3
4741401
47415ÏÀ.L-JI XJj cW
474161 «J* ^UJI U ü
47417KAjjM
47418(JJ11 cM)^
47419/.b«l
47420L
47421J- ->** uP
47422JJJ1
47423f*
47424Digitized by Goo
p. 424
47425I
47426RELATION DE L’ÉGYPTE.
47427395
47428« Tahiti est l'opposé de tahrim. Pour les noms d'action du rerlie h allala, m—
47429!
47430»
47431jo on dit tahlil et tahill'eh
47432, comme du verbe aqgaxa l’on fait tafi^ et taleth.
47433"jj
47434» Lorsque l'on dit , j’ai fait cela par acquit de serment, le sens est , je n'en ai
47435ai**. Ar. a, u
47436*>fait que ce qui était nécessaire pour me dégager du serment que j’avois prononcé ,
47437‘
47438» et je n’y ai pas donné beaucoup d'étendue. On
47439lit dans les Traditions
47440: Tout
47441jo Musulman qui aura perdu par la mort traie enfans,
47442n'éprouvera
47443le tourment
47444» du feu de I’enfer que par acquit de serment, c'est-à-dire
47445,
47446qu’autant qu'il est
47447» nécessaire pour que se vérifie ce que Dieu a dit dans l'Akoran
47448: H n'y en
47449Sur. i/, r. U.
47450» a "pas un d'entre vous qui ne doive descendre dans le feu ; t’est une résolution
47451» de votre Seigneur, dont l'exécution est inévitable. On a employé le mot lahlH
47452,
47453» en pariant de toute chose qui n’est pas faite avec intensité. On dit donc , je
47454» t'ai frappé par acquit. C'est ainsi, que Caab ben-Zoheïr a dit
47455, en parlant
47456» de femelles de chameaux
47457: Leurs quatre pieds ne frappent la terre que comme
47458» par acquit, c’est-à-dire, très-légèrement. Un autre poète a dit
47459: Je voyais le
47460» poulain de mon chameau n'approcher qu'avec répugnance d'une mère dont te pis
47461» n 'a voit point de lait; il en goûta à peine une seule gouttepar acquit de serment [
47462< ]. »
47463Ce passage peut servir à corriger ce qu’on
47464lit dans les scolies
47465et dans les
47466notes sur
47467le vingt-sixième vers du poème
47468o-jL de Caab ben-Zohelr.
47469Voyez Caab
47470ben-Zoheïr Carmen pnnegyricum &c.
47471p. 22
47472et
474731 j 6 . Dans ce
47474vers, Djewhari substitue
47475à OMj)
47476, qu’on
47477lit dans
47478le texte imprimé O],
47479.
47480Nous disons de même en françois
47481, faire une chose par maniéré d'acquit.
47482<48> Je trouve un passage très-analogue à celui-ci dans l'Aicoran , sur. 10,
47483v.ly, mais ce n'est pas précisément celui qu’a eu en vue Abd-allatif.
47484<49> Le texte porte à
47485la lettre
47486, dans
47487le puits
47488[ ou la fosse ] de sa
47489tisse-
47490randerie. Je trouve dans le Dictionnaire
47491Persan de Castell , au mot
47492p,n.
47493•
47494in
47495Ltt.
47496ktptagié
47497LU JL Jyu fjitt
47498CO
47499Jli» JaU «_*»
47500f
47501JC3
47502al' '>*'
47503•j-*-’j Uü»-> JJ* JL«M Lf’IÎZj
47504ftjL _>«*)
47505v^Jj*
47506"LU tsoyo
47507joju Y! Jj»il
47508^
47509^ujJI
47510iLjiUlt
47511JijYI
47512Y OJjJi fj
47513üJLi
47514Vf jLi! Um43 iVjî a_XL>
47515ïjiki
47516UfcJ
47517^
47518c-olé JjI
47519jjyü irj Ûj*J
47520JüLlS-.
47521iul j^l L jod
47522j
47523o - iU
47524VT
47525V-« «
47526Le*
47527tiej ^ ylC U)jIj VI ç&a
47528[»]
47529Il faut lire J*lj3
47530, « non <5bjj>.
47531Ddd a
47532Digitized by Google
p. 425
47533LIVRE
47534II.
47535CWAOTME
47536H.
47537Ci-Jrr**t p. 7.
47538Ntmr.
47539Ptfat.
47540J Égvftt, f. ée.
47541C«*h
47542lta-7+-
47543àtir Carmtu p*-
47544*tgjr. p. 88.
47545attattat. f ntfw.
47546•il»**
47547/• J**-
47548JM/. Dtseript.
47549Æ&Pt- P 4
47550. "
47551p. 17 . «0t. 47 tt
475524*-
47553IM. p. *7.
47554396
47555RELATION DE
47556l’ÉGYPTE.
47557l'explication de cette expression,
47558'.jiéj
47559, fabri frrrarii fivea
47560,
47561in qtta libérant
47562considenus super solo circa incudtm
47563: ira
47564et textores
47565habent, mort gratis consi-
47566dentes humi , non in scamno.
47567<jo> Ceci est tiré de l'Alcoran , sur.
47568,
47569v. 28.
47570<j i> Le sens que je donne k ce passage est fondé sur le mot
47571, dont
47572la prononciation est fixée ainsi dans le manuscrit, et que M. Wliite n’a point
47573rendu , en
47574traduisant
47575: Srd in urbem tupi cvm hyanis catcrvatim inmptrt.
47576<ja>
47577Abd-allatif donne ici au Nil , suivant Pusage des habitans de l'Egypte,
47578le nom de mer-4Jl
47579. C’est la raison pour laquelle, comme je Pai dit ailleurs,
47580ils nomment
47581la Méditerranée la mer salée ^11 jjéJI
47582. Vansleb traduit haret il
47583bahr >aII
47584ijU.
47585, par la rut de ta rivière,
47586<53>
47587C’est
47588le dernier
47589vers de
47590la Moallaka d’Amrialkaik Abd-allatif ne
47591nomme point Amriatkais
47592:
47593il
47594le désigne seulement par le surnom d Ebn-
47595Hodjr
47596;
47597et
47598c’est
47599sans doute ce qui a empêché M. White
47600et M. Wahl de
47601reconnoître le vers cité pour être emprunté de cette Moallaka.
47602<54> M. Whîte traduit aU-
47603'Je
47604par retulit mihi piscator quidam
47605: s’il
47606y avoit ici la
47607préposition ^
47608, ce
47609seroit effectivement le sens
47610;
47611mais
47612la pré-
47613position
47614^c. exige qu’on traduise, de quodam piscatore rtlalum mihi est,
47615<55> A la lettre, dans ta mer salit. Voyez ci-devant note <ya>.
47616<$ 6> Le Hauf,
47617partie de
47618la
47619basse Égypte ,
47620est considéré tantôt comme
47621opposé au Rif, tantôt comme étant compris dans le Rif et en faisant partie.
47622C’est ce qui exige que nous entrions ici dans quelques détails.
47623Ebn-Haukal,
47624cité par Abou’lféda,
47625dit « qu au
47626• dessous de Fostat toute
47627» la partie de l’Égypte située au nord
47628( ou plutôt ï lest
47629) du Nil se nomme
47630» Hauf, et que ce qui est au sud
47631( ou plutôt à l’ouest] du fleuve , se nomme
47632» Rif » ; et
47633il ajoute « que c’est dans ces deux provinces que sont
47634situés
47635» plus grand nombre des bourgs et des villages de IÉigyp ,e -
47636” p
47637ar w
47638e
47639le sens de ce passage d’Abou’Iféda , que
47640le savant Michaêlis n a pas
47641compris. Malgré l’inexactitude des désignations au nord et au sud du
47642fl
47643>
47644il n’y a aucune difficulté h déterminer la position du Hauf, puisque
47645, suivant
47646Abou’lféda , Bilbeïs en est la capitale
47647,
47648et qu’Ebn-Haulal y pis** IaktuS •
47649l’ancienne Phacusa.
47650Digitized by Goolle
47651I.
p. 426
47652-I
47653RELATION DE
47654l’ÊGYPTE.
47655397
47656Suivant Ebn-Batrik *
47657, Abbas'tyytk fait partie du Hauf.
47658Je dois profiter de cette occasion pour rétablir
47659le passage d'Ebn-Haukal
47660que je viens de
47661citer d’après Abou’lféda
47662,
47663et qui est étrangement défiguré
47664dans la traduction Angloise que M. Ouseiey a donnée de la version Persane
47665ou plutôt de l’abrégé Persan de l’ouvrage de cet écrivain. J’avois bien vu
47666que ce passage étoit extrêmement altéré, et je i’avois restitué d’après l’auto-
47667rité d’Abou’lféda, dans la notice que j’ai donnée de l’ouvrage de M. Ouseiey;
47668mais aujourd’hui je puis offrir le texte Arabe d’Ebn-Haukal, d’après un ma-
47669nuscrit de sa Géographie que possède la bibliothèque de l’université de Leyde:
47670« Fakous et Djirdjeir sont deux villes du Hauf. On appelle Hauf ce qui est
47671y> au nord du Nil et au-dessous de Fostat
47672: ce qui est au midi s’appelle Rf\je
47673m plus grand nombre des villages de l’Égypte sont dans le Haufet le RifCO* »
47674Suivant ce passage dont Abou’lféda a non-seulement exprimé
47675le sens,
47676mais copié jusqu’aux mots
47677,
47678Djirdjeir et Fakous sont placés dans le Hauf.
47679Au lieu des mots au nord et au sud du Nil, on lit, dans M. Ouseiey
47680, à la
47681gauche et à ta droite du Nit. J'ignore si cette altération est due à M. Ouseiey
47682ou k l’abréviateur Persan. Les
47683positions
47684respectives de Djirdjeir, Fakous,
47685Bilbeïs et Fostat , sont assez précisément déterminées par Ebn-HaukaI, qui dit
47686ailleurs
47687: « De Farma à Djirdjeir ,
47688il y
47689a une station. Djirdjeir est une ville.
47690»De Djirdjeir k
47691Fakous, qui
47692est aussi une ville considérable, une station;
47693» de Fakous k Bilbeïs, une station; de Bilbeïs k Fostat, une station. »
47694Abou’lféda, et Ebn-HaukaI lui-méme, dans un autre passage , déterminent
47695fort différemment l’étendue du Rif.
47696Ils disent que toutes les terres cultivées
47697au-dessus de Fostat se nomment Saïd, et celles qui sont au-dessous , Rif.
47698o*
47699M
47700J- -yJl o»
47701cè—
47702cA>*tî
47703Lj
47704k»Lls
47705rJ I
47706M. Aknbfld , qui m'a communique la copie
47707de ce passage,
47708conjecture, avec beaucoup de
47709fondement, que J-jJI
47710«t une faute de
47711copiste pour JLyJl ^Icw
47712-
47713. comme a lu Abou’I-
47714feda , et comme l'exige le mot suivant
47715.
47716J'ai suivi cette correction,
47717M. Étienne Qoatremcre, dam ses Recherches
47718critiqua et historiques sur ia langue et la
47719liitéra-
47720ture Je l’Egypte, ouvrage plein d érudition et
47721,
47722de
47723critique ,
47724et
47725qui
47726peut
47727faire espérer
47728k
47729la
47730littérature Orientale de trouver dans son au-
47731|
47732leur un digne successeur des Renaudot et des
47733:
47734d'Hcrbelot,
47735croit que
47736l’on doit traduire ainsi
47737j
47738le
47739texte
47740d'Lfon-HaukaJ
47741,
47742sans y
47743faire aucun
47744,
47745changement
47746: On
47747appelle Hauf ce qui s'étend
47748depuis la lundi du À'il , au-denous de Fostat. J'ai
47749peine à admettre cela
47750;
47751je crois que
47752la cons-
47753truction scroit vicieuse; et d'ailleurs l’autorité
47754d'Aboulfcda me paroit ici d'ut» grand poids.
47755\
47756,
47757»
47758LIVRE IL
47759|
47760CHAPITRE
47761II.
47762* Eutyth . An nul.
47763t.U,p. 494
47764.
47765«
47766Pagejq.cuMag.
47767enerel. au. Vit
47768,
47769t. VI. p. 64.
47770Cotai. Hiliarh.
47771Lugdun* - Peuen
47772.
47773r 07*. «•* '7'V-
47774V;
47775!
47776I
47777The Or. Ctegr.
47778cf Elu-Hamkol
47779,
47780r-> «37.
47781•?l
47782I
47783j
47784WJ. /. jj.
47785Digitized by Google
p. 427
47786LIVRE
47787II.
47788II.
47789Htcktrch. sur la
47790lanp.
47791*t la Itrt/r.
47792At
47793I É4. p. iâ'j,
47794«Ut. 4 .
47795Afam. Ar. At ta
47796kiU.
47797A* LiyAi
47798,
47799*' 17*4.
47800Pape fl, «u Map.
47801mndop. ait. Vt
47802,
47803< a. r
47804-HS-
47805aMiiuf,
47806Cftihj.
47807Ssçji -r »"
47808398
47809RELATION DE
47810l’ÉCVPTE.
47811Le Rif, selon Abou’lféda, s’étend depuis la limite du
47812territoire d’Alexandrie
47813jusqu’à l'extrémité orientale du Hauf {ou plutôt, comme l’observe M. Quatre-
47814mère, jusqu a /'extrémité du Hauforiental] , qui est limitrophe du commence-
47815ment du désert de Kolzom
47816; et l’on voit évidemment par-là qu’il considère le
47817Hauf comme faisant partie du Rif. Cette manière d'envisager
47818le Hauf n’est
47819pas non plus étrangère à Ebn-Haukal , qui dit en un endroit
47820: a Au-dessous de
47821» Fostat, le pays cultivé s’élargit
47822: l'étendue du pays cultivé, depuis la limite
47823» du territoire d’Alexandrie jusqu'au Hauf, qui touche au territoire habité de
47824» Kolzom ,
47825est de huit journées de chemin. » C'est précisément ce que dit
47826Abou’iféda,
47827si ce n’est qu’au lieu du territoire habité de Kolzom fjJLiJI
47828,
47829il Sit du désert de Kolzom
47830ijU. ; et c’est,
47831si je ne me tompe, une correc-
47832tion à faire dans le manuscrit d’Ebn-Haukal 0].
47833Dans ma Dissertation sur le nom des pyramides , j’ai déjà prouvé, par des
47834autorités décisives
47835, qu’il faut prononcer le nom du Hauf comme je
47836le
47837fais
47838c
47839, et non Djavf^y*.
47840, comme on le trouve fréquemment dans les manus-
47841crits Arabes. Dans le manuscrit d’Abd-ailatif,
47842il est écrit
47843; ce qui ne
47844laisse aucun doute.
47845Je soupçonne cependant que
47846, dans la suite des temps, ce nom se sera
47847altéré, et que le mot djauf
47848, qui
47849signifie un creux , un fond, un
47850terrain
47851bat
47852,
47853convenant assez bien à cette partie de l'Égypte ,
47854cette dénomination
47855aura
47856pris
47857la place de l’ancienne.
47858II
47859seroit bien étonnant sans
47860cela que les
47861copistes de Makrizi et autres historiens, qui, pour la plupart, écrivoient en
47862Égypte, se fussent mépris
47863sur l’orthographe de ce mot et l’eussent écrit si
47864souvent par un ç.
47865.
47866Au restç, on trouvera dans l’ouvrage de M. Quatremère que
47867j’ai cité,
47868des recherches très-curieuses et très-exactes sur les habitant du Hauf.
47869<57^ M. White a rendu le mot
47870par occistt , et M.Wahl par gebratfnr,
47871cest-à-dire, rôties. Ce mot paroît une expression consacrée, en parlant des
47872sauterelles
47873; mats ,
47874si nous en croyons Djewhari ,
47875il signifie également brûlées
47876J- — >,
47877<_»y^ Jt ï-JtOiC-W <*»
47878fUI ieM y fjMI
47879Je crois que dans ce passage
47880il fJU * !“*• aKC
47881Abou'lfcd»,
47882ij! çji
47883J
478841—
47885“
47886JI Jl
47887Jyi LU
47888[1]
47889Jt
47890t/ «il
47891cU-ij^ L
47892«O*
47893jursn-eb
47894/ ^U^jJI
47895r
47896Digitized by Goo;
47897le
p. 428
47898RELATION DE L’ÉGYPTE.
47899399
47900par h froid ou par l’ardeur du feu. Voici ce qu’il
47901dit
47902: « Hits *
47903signifie
47904le
47905•
47906—
47907y>froid qui brûleJ’herbe ; et hast , par un fstha , est le nom d’action du verbe
47908» hassa, yahosso , qui
47909veut dire brûler l'herbe , en parlant du froid. On dit
47910* Man. Ar. At ta
47911» aussi hassa, du froid qui tue
47912les sauterelles
47913Le verbe hassa ou has-
47914'
47915» basa , ayant pour objet de la viande, signifie ta mettre sur les charbons
47916: de
47917»
47918lit vient l’épithète mahsous , qui se dit des sauterelles qui ont été saisies et
47919» tuées par Itfeu [>]. »
47920J’ai employé dans ma traduction le mot grillées , qui se dit également de
47921faction du feu et de celle qu’un froid vif exerce sur les végétaux. J’observerai
47922seulement que, pour éloigner les sauterelles , on a quelquefois recours au feu.
47923AI. Barrow
47924, qui a été témoin , dans le midi de l'Afrique , des ravages affreux
47925Vtytte Jmu u
47926causés par les sauterelles , dit précisément
47927: « Après plusieurs essais pour s’en
47928» débarrasser,
47929les habitans ont trouvé un moyen qui du moins a sauvé leur
47930» grain
47931:
47932ils ont mis le feu à des plantes acides et âcres , dont la fumée les a
47933T' 3, ‘-
47934» chassées , non sans avoir plusieurs fois éteint
47935le feu en s’y précipitant par
47936» myriades. »
47937<j8> Le mot
47938, que M. White a traduit par lasi
47939.
47940comme si Abd-
47941allatif eût voulu dire que ces enfans étoient blessés ou étouffés dans la foule,
47942signifie se tordre, s’agiter par l'effet d'unefaim violente.
47943<J9> Le mot
47944signifie compté,
47945et de là peu nombreux
47946,
47947parce que
47948,
47949disent les scoliastes Arabes de l’Alcoran , on ne compte les pièces d'argent
47950que quand
47951le nombre est peu considérable
47952: s’il s’agit d’une grosse somme,
47953on les pèse.
47954<6o> On lit, dam les deux éditions,
47955;
47956il faut lire, comme dans le
47957manuscrit
47958,
47959__,U-
47960.
47961<6i> Le manuscrit porte l**s.
47962, et non, comme on
47963lit mal-à-propos dans
47964l’une et l’autre édition , U,**.
47965. Cette faute est indiquée dans terrata de l’édi-
47966tion in-4.’
47967<62> M. White, en traduisant cùmque non desint qui hoc licitum esse putent,
47968jrîJL
47969i**jt »Jtdl
47970>ja!I
47971cAif jj-M
47972JLûâj
47973*L> >l>ÿ
47974ur*-.v
47975-
47976Jf-
47977U».
47978!i!
47979ij—
47980jLJI um
47981la!
47982*
47983—
47984Uj
47985•À
47986Ujj
47987*
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47990t
47991I
47992(
47993Digitized by Google
p. 429
47994LIVRE
4799511.
47996CMftNTftE IL
47997Ci-fnsat f}9j.
47998Ci après p. 4>f.
47999Alan. Ar. Je la
48000Bill,
48001imp/riale
48002,
48003».* 68a
48004, fol. j6j
48005recto, et a.’ 67j
48006,
48007Ci,
48008^OO
48009RELATION DE
48010L’ÉGYPTE.
48011n’a pas tout-h-fait rendu le sens
48012: si Abd-aliatif avoit voulu exprimer cela,
48013il
48014aurait dit J-À-r! dij
48015» et non Pîs
48016•
48017<6j> J’observe sur ce passage,
48018t,° que le manuscrit porte (jj*>1
48019, comme
48020la seconde édition ,
48021et non uyjj , comme l’édition in- S.'
48022: c’est i’aoriste du
48023verbe
48024iSj*jt
48025;
480262.
48027” Qu’au lieu de yy*.*.
48028, qu'on
48029lit dans les deux éditions,
48030il faut
48031lire,
48032comme porte le manuscrit,
48033;
480343.
48035* Que M. White a mal rendu
48036le sens de ce passage, parce qu’il a cru
48037que le mot
48038signifioit ici dis
48039versets de l'Alcoran,
48040tandis qu’il veut dire
48041des effets prodigieux de la puissance et de la colère de Dieu.
48042(64)
48043Voyei la note <aa> de ce chapitre.
48044<65)
48045J'entrerai dans quelques
48046détails
48047, relativement aux maisons situées
48048sur le bord du canal, dans la note <i i> du chapitre III de ce II.* livre.
48049<66> Tous les endroits nommés ici doivent être considérés comme autant
48050de bourgs ou villages situés hors de Misr ou Fostat, et entre cette ville et le
48051Caire.
48052La rue de l'Étang étoit sans doute une partie extérieure de Fostat , qui con-
48053duisoit au grand étang voisin de cette ville, nommé Birket-alkabesck
48054« Cet étang
48055,
48056dit Makrizi
48057, que
48058l’on nommait autrefois l'étang de Magajir,
48059» iétang de Himyar, et aussi l’étang de Kas , est le plus célèbre des étangs de
48060» Misr;
48061il est situé hors de la ville de Fostat, vers le sud, entre la montagne
48062» et le Nil. Comme
48063il étoit détruit,
48064il fût renouvelé et mis en bon état par
48065» Korra ben-Schoraïc Absi
48066, gouverneur d’Égypte. 11 y planta des arbrisseaux
48067,
48068» et on l’appela les écuries de Korra ;
48069il fût aussi nommé les écuries de Kas ; et,
48070» après avoir plusieurs fois changé de nom
48071,
48072il prit celui d'étang de Habesch....
48073» Kodhaï dit
48074: L’étang de Habesch portoit autrefois le nom d’étang de Mt-
48075» gafr et de Himyar ; on le nomma ensuite les écuries de Kas
48076:
48077il appartint
48078» dans la suite h Àbou-Becr Mohammed ben-Ali Mardani , ainsi que toutes
48079»les terres en
48080culture et les jardins qu’il renferme, à l’exception du jardin
48081» qui est situé h
48082Ia partie orientale de l'étang. Je crois que ce jardin est celui
48083» qui prend son nom de Wahab ben-Sadaka
48084, et qu’on nomme Habesch
48085: car
48086» j ai vu dans un contrat relatif à cet étang , qu’il a pour aboutissant au levant
48087sle
48088Digitized by Google
p. 430
480891
48090RELATION DE
48091l’ÉGYPTE.
48092401
48093» le terrain libre qui
48094le sépare du jardin connu sous le nom de Habesch
48095; ce
48096» qui prouve que ce jardin n’en faisoit point partie. Ebn-Younous dit, dans
48097» ses Annales
48098, qu'au midi de l'étang de Habesch
48099il y a un jardin qui tire son
48100» nom de Kotada ben-Kaïs Habesclii Sadafi, qui se trouva h la conquête de
48101» l'Égypte, et que de lui ce jardin a pris le nom de Habtsch
48102, et l'a coinmu-
48103ss niqué à l’étang dont
48104il est question .... On
48105lit dans
48106les Chroniques des
48107s> Chrétiens
48108, que, l'émir Ahmed ben-TouIoun ayant condamné le patriarche
48109ss des Jacobites Michel à lui payer vingt mille pièces d’or, les Chrétiens
48110, pour
48111ss subvenir à cette amende , vendirent aux Juifs les maisons que possédoient
48112ss les
48113églises & Alexandrie,
48114le
48115terrain de Habesch hors de Misr,
48116et
48117l'église
48118ss nommée la Moallaka
48119, située dans
48120le château appelé Kasr-alscbama
48121,
48122U
48123ss Misr. Quant à moi , quoique
48124les Chroniques des Chrétiens attestent ce
48125ss fait,
48126je ne vois pas comment
48127ils auraient possédé le terrain de Habesch
48128:
48129ss peut-être cependant Mardani l’acheta-t-il
48130, pour en faire ensuite un legs.
48131ssMaks,
48132dit
48133le même Makrizi
48134,
48135est un
48136lieu ancien. Avant l'islamisme,
48137>s c'étoit un bourg nommé Om-dénin. Aujourd'hui c’est un hameau hors du
48138s* Caire,
48139sur la rive occidentale du canal
48140: quand le Caire fut bâti, ce lieu
48141ss étoit
48142le port du Caire sur
48143le
48144Nil. Le
48145khalife Moêzz-lidin-ailah Abou-
48146ss Téinim Maad y
48147fit faire le chantier de construction dont
48148j'ai parlé dans
48149>s cet ouvrage, k l’endroit où je traite des chantiers. Le khalife Hakem-biamr-
48150ss allah Abou-Ali Mansour y
48151fit construire la djami de Maks
48152, que le vulgaire
48153ss désigne aujourd'hui sous lenom de Maksi, et qui a vue sur le canal Naséri. si
48154Suivant Kodhaï
48155,
48156cité au même endroit par Makrizi , le nom de Maks
48157est une corruption de macs
48158, qui signifie imposition, droit d'entrée ou de
48159douane ; et ce lieu fut ainsi nommé, parce que c'étoit
48160lît qu'étoient établis les
48161percepteurs des droits de douane ou de mise i port.
48162Enfin
48163il est aussi fait mention de Haleb dans Makrizi
48164, qui djt
48165: « La rue
48166ss de Maleb vis. ïjL* est hors delà porte du Caire nommée porte de Vowcileh
48167;
48168ss ce lieu
48169s’appelle aujourd'hui Zikak Hah b.
48170C’étoit
48171lit qu’étoient
48172autrefois
48173ss toutes
48174les demeures
48175des soldats,
48176ss Makrizi
48177cite ensuite un
48178passage du
48179Mosch tarée ou Dictionnaire géographique des homonymes de Yakout, où
48180il est
48181parlé de quatre lieux nommés Ha/eb , et oîriN^ dit que le quatrième est un
48182hameau hors du Caire , sur la graitde route , en allant à Fostat.
48183LIVRE
48184II.
48185cu«riT>c
48186II.
48187Atan. Ar. tit lu
48188Bill,
48189imp/riett* ,
48190*/ éSi , fol. )47
48191\tuetfJ4& mto.
48192WJ. fol.
481932fi
48194ytrje.
48195<6j>
48196J’ai déjà «dit précédemment que
48197le mot
48198raba
48199,
48200pluriel
48201ou
48202li cc
48203Ltr. L”. tk.V,
482047/ P • W-
48205'
48206Digitized by Google
p. 431
48207LIVRE
48208II.
48209CHAPITRE IL
48210Terme II,
48211p. toS
48212et 142.
48213'Xrtflit fa bit
48214mergnl. lUfftat-
48215t. I.f ijf•
48216* Alan. Ar. At A*
48217WH.
48218Impériale
48219,
4822069
482212
48222, JJ. }22
48223rtetv.
48224£yj
48225>
48226s'ênifie unl SraT"^e miuIon divisée en plusieurs
48227logcmens.
48228J'avois con-
48229jecturé, d'après quelques passages de Makrizi
48230, que ce mot s'employât en
48231Égypte pour désigner des espèces d’hôtelleries ou hôtels garnis , ainsi que je
48232l’ai dit dans ma Chrestomathie Arabe. M. Lorsbadi a pensé que l’on devoit
48233entendre par j_»j un quartier d’une
48234ville
48235, ce que
48236les Romains nommoient'
48237insula
48238Makrizi , dans
48239le chapitre de sa Description historique et topogra-
48240phique de l’Égypte et du Caire
48241h où
48242il traite en particulier des palais jjsJI,
48243donne la description d’un édifice appelé J-hjll mj
48244; et il dit
48245: « Ce bâtiment,
48246» situé dans le voisinage du pont du Chambellan sur le canal Naséri, renferme
48247» plusieurs iogemens qui sont habités par des gens de plaisir qui y font des
48248» parties de débauche, parce
48249qu’il est dans une situation agréable, donnant
48250» des quatre côtés sur des vergers et des jardins [>]. »
48251Les renseignemens que j’ai pris de plusieurs Égyptiens, et notamment de
48252D. Gabriel Taouil et de M. Michel Sabbagh , ne me laissent plus aujourd’hui
48253aucun doute sur la signification propre de ce mot.
48254« Rata £->j
48255, pluriel
48256,
48257en mettant
48258sur
48259le ta un fat/ta et non un
48260» dhamma
48261,
48262est, m’écrit le premier, une grande- maison divisée en petits
48263» appartemens, commode pour louer à diverses pauvres familles, qui nont
48264» pas le moyen de louer une maison en particulier. »
48265« La différence [1] entre les matons appelées rata et celles qu on nomme
4826630 bfit , c’est, m’a répondu M. Michel Sabbagh, que les
48267béits sont situées
48268» dans les rues fermées ou harihs, qu’on les loue,
48269la porte d entrée comprise
48270»
48271( c’est-à-dire , en entier pour soi seul ) , et quelles ont une cour
48272: au lieu que
48273» les ratas sonf situés dans les grandes rues entre les bazars ; qu ils sont loués
4827433 à plusieurs locataires, parce qu’on y trouve jusqu’à dix ou quinze apparte
48275» mens , dont chacun renferme assez de pièces pour loger cinq ou même dix
48276(jlf Ç
48277‘jN lô* jHjll ÇJj
48278[>]
48279tS
48280^.U (J* J-ll
48281*—*•^11 J—»t
48282. ÏU J<U->
48283uv
48284cfc->j
48285£yjj!
48286L.I
48287[1]
48288O*
482893-.’j Y «jUl J fc^ï-dl
48290f
48291pjLJI J ’cr’J
48292I Jy JJ t“ ^
48293't>
48294,UI.
48295,yi
48296UC- >i*
48297J
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48299«—?• ^C
48300t-
48301ti*
48302lT^^ J
483031
483041
48305^-11
48306aé*™'
48307Digitized by Goo
p. 432
48308LIVRE
48309II.
48310CHAPITBfi U.
48311RELATION DÉ L’ÉGYPTE.
483124°3
48313» personnes , et forme comme une petite maison
48314; enfin
48315, qu’ils n’ont point
48316» de cour, étant construits au-dessus des boutiques et des magasins des mar-
48317» chands. »
48318Beaucoup de passages de Malm zi
48319m’ont confirmé l’exactitude de celte
48320description.
48321Kotb-eddin
48322, à
48323la fin de son Histoire de
48324la conquête du Yémen par les
48325MM.Ar.ilrU
48326Othomans , rapporte que le pacha Sinan
48327fit beaucoup de fondations pieuses
48328’
48329à la Mecque , et , entre autres choses
48330, qu’il y fit faire une grande maison
48331,
48332pour y loger trente personnes destinées à
48333réciter chacune tous les jours une
48334des trente portions de i'AIcoran à son intention.
48335<68> Le mot cjj^j est expliqué
48336!l la marge du manuscrit par ajjJI j
48337; et,
48338suivant le Kamous
48339,
48340est synonyme de JLL
48341. Ce dernier mot signifie une
48342maison faite de roseaux
48343,
48344ou que ion recouvre avec une seule pièce de bois []. Ce
48345sens ne m’a pas paru convenir au passage d’Abd-allatif.
48346Man.
48347Ar.
48348tir
48349S. G.
48350tfju
48351<6ÿ> M. White n’a pas bien rendu le sens de ce passage, parce qu’il n’a
48352pas
48353saisi
48354la vraie signification des mots
48355y !j l»
48356.
48357Voyrç, sur
48358le mot
48359)jout , la note <70) du chapitre IV du livre I." de cet ouvrage.
48360a-Jntnt/. i/».
48361<70> On a eu tort d’imprimer, dans
48362les deux éditions, •>«£*;
48363il faut
48364lire
48365•yrfU
48366, comme porte le manuscrit.
48367<7t> « Dans
48368le
48369temps,
48370dit Vansleb, que le christianisme
48371florissoit en
48372sw.w>
48373» Egypte, c’étoit à un de leurs prêtres à mesurer le Nil; et cette fonction
48374P U
48375» ne se fâisoit qu’à trou heures après midi , et après la messe. Ce rapport a
48376» du vraisemblable. Le dernier prêtre Copte qui le mesura, s’appeloit Raddat
48377»
48378( lisez Raddad )
48379, qui, pour s'être fait Mahométan, eut en récompense ce
48380» privilège, qu'aucun autre que ses descendans mâles ne mesureroit le Nil.
48381» lbn-Raddat, qui fait aujourd’hui cette fonction, vient de cette lignée;
48382il
48383» est cadi de profession.
48384» Les Mahométans, quoique d’ailleurs ennemis jurés des Coptes, gardent
48385» encore aujourd’hui quelques coutumes qui ressemblent à celles qu’ils prati-
48386» quoient dans le temps que leurs prêtres mesuroient le Nil
48387;
48388car ils ne font
48389» cette fonction qu’au temps de vêpres
48390,
48391c’est-à-dire , à
48392trois
48393heures après
48394iu
48395. .
48396Aij
48397y uswwüdf 0* o»
4839810
48399*
48400Ect 1
48401I
48402r
48403Digitized by Google
p. 433
48404RELATION DE LÉGYPTE.
48405„
48406Ceux qui
48407le mesurent doivent être cadis ou juges; ce qui est parmi
48408livre
48409il.
48410„
48411|es Mahoinétans une charge ecclésiastique
48412:
48413ils ne
48414la font qu’après s’èue
48415chapitre
48416».
48417^
48418.
48419fiéj et avoj r dit
48420ieurs prières des vêpres; ce qui a du rapport
48421!i la messe
48422» des Coptes.
48423» lhn-Raddat, ayant remarqué h
48424fa colonne
48425le nombre des doigts que
48426» le Nil a cru
48427, prend
48428trois fois de l'eau dans
48429le creux de ses mains,
48430et la
48431M jette en
48432l’air;
48433il
48434dit ensuite le chapitre de fatka
48435[la première surate de
48436» l’Alcoran ]
48437;
48438après,
48439il
48440se retire, et porte
48441la nouvelle de cet accroissement
48442» au pacha. »
48443M„, Ar. j, u
48444Makrizi
48445raconte bien différemment
48446l'origine du droit de cette
48447famille.
48448« En l'année i47
48449* ,
48450le khalife Motawakkel
48451ayant
48452fait construire le grand
48453"*
48454» Niloinèlre, que l’on nomme U Nilomètre neuf, dans
48455le temps que V ezid
48456C°m ' ra,,s t4
48457' - n |,en-Ahd-allah étoit gouverneur d’Égypte , ordonna tjue l’on ôtât aux Chré-
48458» tiens
48459la charge de prendre
48460la
48461mesure
48462du
48463fleuve.
48464Yézid ben-Abd-allah
48465» donna donc la direction du Nilomètre à Àbou'lraddad , surnommé Afoaltem
48466,
48467» et dont
48468le nom
48469entier
48470étoit Abd-nllah
48471ben-Abd-alsilam
48472btn-Abd-allah
48473» Icn-RaJdad , Moutddhin. Cet homme
48474étoit originaire de Basra; et étant
48475» venu en Égypte,
48476il s'y étoit
48477établi.
48478Il fût donc chargé de la direction du
48479» Nilomètre;
48480et Soleïman ben-Wahab, qui avoit
48481alors
484821 intendance des
48483re-
48484» venus fiscaux en Égypte , lui assigna un traitement de sept pièces d or par
48485» mois. Depuis ce temps jusqu’aujourd'hui, cette charge a toujours
48486été san
48487» interruptîon entre les mains d’ Abou’lraddad et de ses descendais. A >ou
48488Com. mùi S79.
48489» raddad mourut en 2(6 . »
48490Au nombre des fonctions d’Abou’Iraddad
48491étoit celle d oindre
48492la coo
48493du
48494Nilomètre
48495avec des
48496parfums,
48497le jour
48498de
484991 ouverture du cana
48500.
48501Msn.
48502Ar.
48503j,
48504cérémonie s’appeloit takhitk .yJi
48505.
48506Makrizi
48507,
48508décrivant
48509le cérémont
48510(
48511*:
48512^67
48513s’observoit, dû temps des khalifes Fatémis, le jour de cette fête, dit. «
48514rsq
48515» tous ceux qui , suivant la coutume , doivent avoir place dans la
48516)a
48517j
48518^
48519» khalife
48520, y sont entrés , elle part de la porte nommée la porte du Pont,
48521» dirige vers la porte du Mikyas , d’où l’on monte sur les degrés que co
48522» les eaux du Nil. Le vizir entre accompagné des majordomes
48523,
48524ils P rett
48525*> le khalife
48526, et s’avancent jusqu'au bassin. Le khalife et le ' ie\r fou
48527> ^ ^
48528» séparément,
48529la
48530prière et
48531les génuflexions. Quand le
48532khalife a ac
48533^
48534» prière, on apporte le vase dans lequel sont
48535le
48536safran
48537et
48538le musc
48539:
485401
48541» remue et les mêle dans ce vase, de sa propre main, avec un insttuw*
48542Digitized by Goo;
48543le
p. 434
48544RELATION DE
48545l’ÉGYPTE.
48546» grand-miîti'e du trésor les
48547reçoit du khalife
48548, et les donne k Abou’lraddad.
48549» Celui-ci se jette alors dans
48550le bassin,
48551sans autre vêtement que son habit
48552» de dessous
48553et
48554son
48555turban. La colonne
48556est peu éloignée des degrés du
48557» bassin. Ahou’Iraddad
48558s’y
48559tient des deux
48560pieds
48561et de
48562la main gauche,
48563et
48564» l’oint avec sa main droite. De l’autre côté sont les lecteurs du khalife, qui
48565» lisent l’Alcoran tour-à-tour
48566»
48567Ce jour se nommoit la fete de / onction jj-LsJI
48568Voye^
48569les Notices et
48570Extraits des manuscrits ,
48571t, I, p. nyj ,ctt. VIII, p. yi a jé.
48572Je remarque, à cette occasion
48573, que l’on oignoit aussi quelquefois de par-
48574fums la kibla ou le mihrab des mosquées. C’est ce que j’apprends de Soyouti,
48575dans l’ouvrage intitulé , Moyen de connaître tes origines [*]. <. Le premier
48576, dit-
48577» il, qui oignit les mosquées, ce fut Othman fils de Matoun
48578: ce qui donna
48579» lieu h cette cérémonie, ce fut qu’il
48580avoit craché dans la kibla de
48581la mos-
48582xquée. En étant extrêmement peiné,
48583il s’approcha de la kibla,
48584la lava et
48585» l’oignit. Personne, avant lui, n’eri avoit donné l’exemple £j]. »
48586La même cérémonie se pratique dans
48587l’intérieur de
48588la Caba ,
48589lorsqu’on
48590nettoie et lave ce sanctuaire après que les Musulmans y ont été admis. On
48591emploie k cette lotion des parfums de rose , de safran , et de bois de sandal.
48592Je tiens ce fait d'un hetddji ou pèlerin; et cette particularité n’a point encore
48593été observée
48594, que je sache.
48595L’origine de ces usages
48596vient sans doute de
48597la coutiune établie de tout
48598temps parmi les Araires , de parfumer les nouvelles mariées avec des aromates
48599et particulièrement avec du safran. Le mot üÿi kbalouk est consacré pour
48600j
48601lik> [0
48602LJU» yjûxjl t_,L jj*
48603CiUùv «jjt*
48604<jtJ’ fjoil (J* jjbJl jJ-LaIÎ j_,L
48605(JCJ yjiLx-Yt
48606y->jjî'
48607j»
48608I Jl
48609yoe
48610«jJU
48611j_>* £jh tjli tijxe
48612JftjUfJ
48613cil—ifj
48614Ia-S jjJI «fil
48615l«l,l ÂAJj JL 1X0
48616A.ÇS3 L^ÀjJlÔ
48617JlU objJI Jt
48618jur o*J
48619AvUj
48620juJû
48621(3
48622-JL-aTI
48623ij»
48624tKj
48625l
48626«Vj
48627'u-Jjuyj
48628oj-âil
486291jij
48630ûÿt kjy
48631-
4863211
48633(x}
48634^ Jjî
48635[jJ:
48636j
48637J Jâï sj |
48638lut À
48639* cj «—LaJI Jl 0^3 iJiôJ
48640ü* JJ ü*5
48641LIVRE
48642II.
48643CHAVrrnE II.
48644M*n. Ar. Jt U
48645Bitt.
48646imp/rialt
48647,
48648*•’ 44* sfd'
48649*7*
48650rtit9.
p. 435
486514o6
48652RELATION DE L’ÉGYPTE.
48653-
48654'
48655exprimer ces parfums
48656; et l’on dit jL. parfumer quelqu'un, et jLî se parfumer.
48657calmu'ii
48658toi-même avec
48659te khalouk. Ceci est confirmé par un passage de Nikbiben-
48660Scncu 11 Extr.
48661Aiasoud
48662, que
48663i on peut voir dans
486641 extrait que
48665j ai donné de cet écrivain
48666, et
48667r"s“r‘“
48668où
48669if faut certainement substituer khalouk
48670b halwak
48671. J’ai observé
48672dans le Bark Yémani
48673,
48674ou Histoire de la conquête du Yémen par les Otho-
48675mans, cette expression
48676o-*li
48677elle s'oignit de safran.
48678La coutume de jeter du safran ou du carthame sur
48679les nouveaux mariés
48680subsiste encore dans l’Inde. Voye^ M. Craufitrd, Sketches chnfiy relating to
48681the history
48682,
48683religion, leaming and manners of the Hindous, toine il, page p
48684;
48685le P. Vincent Marie de
48686Sainte-Catherine de Sienne,
48687il
48688Viaggio
48689ail'
48690Ind.
48691Orient, liv. III, chap.
486921 j
48693, p. 258 et 259; etleP. Paulin de Saim-Bartbéiemi,
48694Viaggio ail’ Indit Orient, liv. II , chap. 2
48695,
48696p. 203.
48697Mtr. m. j, u
48698Mais revenons aux renseignemens relatifs au Nilomètre.
486994
48700».* «i , /«/. jSi
48701« Abou’lraddad kadhi du fleure
48702,
48703c’est encore Makrizi qui nous apprend
48704» ceci,
48705devoit annoncer que
48706la crue du NiJ avoit atteint seize coudées, en
48707« suspendant sur
48708les
48709grillages du Mikyas une tenture noire, parce que le
48710» noir étoit la couleur des
48711khalifes de la maison d'Abbas. Quand le public
48712» voyoit cette tenture suspendue , on
48713s’annonçoit
48714les uns aux autres cette
48715» bonne nouvelle ,
48716et l'on se rassembloit de toutes
48717parts pour
48718se
48719réjouir.
48720«Comme cette réunion, qui avoit lieu le jour de fonction de la colonne,
48721» entrainoit
48722à beaucoup de débauches, cela fournit au poète Scliéhab-eddin
48723» Ahmed ben-alattar l'idée de faire ces vers
48724:
48725« Je
48726vis les hommes se livrer à
48727toute sorte de crimes te jour de l’onction; je
48728« leur dis
48729: I! vaudrait bien mieux observer les lois de ta pudeur. Ah ! me répon-
48730« dirent-ils, nous comptons sur le pardon
48731: Dieu ne cesse de nous
48732couvrir des
48733« voiles de sa bonté , et notre débauche n’est jamfiis plus douce que quand ce voile
48734» est étendu
48735[>]. «
48736yl
48737^S
48738ÀXm ^JwyJI Üj
48739[l]
48740y&JI (jel*
487412i2ji| ^j|
48742lais lo* ^j.1—jj|
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48763Jy—*
48764^ i»
487651
48766Digitized by Gooj
p. 436
48767LIVRE
48768fl.
48769CHAPITRE
48770II.
48771RELATION DE L’ÉGYPTE.
487724°7
48773Ces vers sont un jeu de mots sur
48774le double sens des mots yu et eLfj
48775,
48776dont le premier signifie un voilt, une tenture
48777,
48778et la chasteté , la pudeur ; et
48779le
48780second veut dire déchirer
48781les
48782voiles,
48783et se
48784livrer à
48785toute sorte de crimes con-
48786traires à la pudeur.
48787Ceci confirme le sens que j’ai donné précédemment au mot jy«
48788. Voye\
48789la note <19) de ce chapitre.
48790Ebn-Khilcan a compris Abou'Iraddad dans son Dictionnaire biographique;
48791mais
48792il n'en dit que peu de mots.
48793<7a> Le mois.de mésori commençant le 2 j juillet , le
487941 7 de ce mens répond
48795au 10 août
48796: mais le 8 de dhou’ikada $97 répond au 9 août. Je crois donc
48797qu'Abd-ailatif aurait dû dire le 16 de mésori. Le rapport qu’il établit un peu
48798plus bas entre le 6 de tôt et le 3 de dhou'lhiddjèh , exige que le 8 de dhou’i-
48799kada réponde au
488001 6 mésori.
48801<73>
48802Voyei la note <a> de ce chapitre.
48803<74>
48804Si j’ai bien entendu Abd-allatif, il veut dire que la crue se fit b diverses
48805reprises,
48806et que, parmi ces divers accroissemens , la plupart ajoutèrent une
48807coudée b la hauteur des eîux. S'il avoit voulu dire que les plus considérables
48808de ces accroissemens successifs ne passèrent pas une coudée , ii aurait employé
48809,
48810ce me semble, le mot Llyl , et non U>i£»l
48811.
48812<75> On lit dans les deux éditions JLi.
48813; mais le manuscrit porte bien
48814clairement JL* oJ»
48815. L’affixe se rapporte au fleuve , comme dans .jy J»
48816.
48817<76) Ce passage se trouve dans la 46/ surate de l’Àlcoran, v. aj.
48818<77> On litdansle manuscrit la glose suivante sur le mot
48819; « Takawi,
48820» pluriel de takwiych ; ce sont les grains ensemencés []. » Cette glose n’est
48821pas très-exacte. On appelle takavi en Égypte les avances de blé ou autres
48822grains que le Gouvernement , ses agens , les propriétaires ou engagistes , font
48823aufellah ou cultivateur qui n’a pas le moyen de fournir lui-même la semence
48824pour mettre en valeur
48825la terre qu’il doit cultiver.
48826II y a, dans les réglemens
48827de Soleïman II pour l’administration
48828de, l'Égypte
48829, un article qui concerne
48830ïjyoJI cjjJI
48831<—*ÿj £—fr tîjlàJI
48832[1]
48833i
48834(
48835Digitized by Google
p. 437
48836LIVRE
48837II.
48838CMAPITHE
4883911.
48840• A»«. Co»tes
48841Tares et Arafat
48842,
48843far
48844. 1/. Digta*
48845.
48846f. //,
48847p. 242 et
48848sur*.
48849P.tgejy.
48850^ 0 8
48851RELATION DE
48852l'ÉGYPTE.
48853les takavis \ Ces avances sont aussi en usage dans l’Inde , et y sont cornues
48854sous le même nom
48855: mais
48856il paroît quelles se font en argent , et non en grain.
48857Du moins c’est ainsi que ce mot est entendu par M. Houghion-Rouse, dam
48858un firman du Grand- Mogol Aurengzeb
48859, que ce savant a donné à
48860la fin de
48861son ouvrage
48862intitulé Dissertation coqcerning the landcd property of Bcngal.
48863II
48864y est ordonné aux intendans et receveurs des revenus fiscaux provenant des
48865impositions foncières , de faire une avance de deniers, par forme de tikawi,
48866aux cultivateurs qui n’ont pas le moyen d'avancer les frais de culture
48867: Ifthey
48868Icarn that
48869the husbandmen are unable
48870to provide the implements of husbaniry,
48871they shalf advance thon moneyfront Government, in the vay ofttkawy , and taie
48872a security. Voyez le même ouvrage, pages 306 et 321, et le Dictionnaire inti-
48873tulé A Dictionary ofMahomedan Law
48874,
48875p. 217*
48876< 7 8> On lit
48877ici
48878, dans le manuscrit, la glose suivante
48879: « L’ardeb d’Égypte
48880» équivaut à la mesure nommée carih à Bagdad. La (est, foui, est
48881a meme
48882s> chose que le babilla [<]• »
48883JjUI Jyllj
48884j*
48885M
48886chapitre
48887111.
48888Digitized by Google
p. 438
48889RELATION DE
48890l’ÉGYPTE.
488914°9
48892CHAPITRE
48893III.
48894i
48895»
48896*
48897.
48898VI
48899Êycnemens de l'année fj)S.
48900\
48901Au commencement de
48902cette année,
48903toutes choses étoient au
48904même état que nous avons dépeint en parlant de l’année précé-
48905dente
48906, et
48907il n’y survint aucun changement ou plutôt
48908le mal ne
48909fit qu’empirer jusque vers le milieu de l’année <j>.
48910II périt moins
48911de
48912pauvres; non que la cause qui les moissonnoit eût éprouvé
48913quelque diminution
48914, mais uniquement parce qu'ils étoient réduits
48915à un petit nombre.
48916L’usage de manger de la chair humaine devint moins commun
48917,
48918et l’on finit par n’en plus entendre parler.
48919II étoit aussi bien plus
48920rare que l’on volât dans les marchés les aiimens exposés en vente
48921,
48922parce que les gens sans aveu avoient presque disparu de la ville.
48923Le prix des
48924denrées baissa, jusque-là que l’ardeb (de froment)
48925se donnoit pour trois pièces d'or
48926;
48927mais
48928cette diminution avoit
48929pour cause
48930le petit nombre des consommateurs, et non l’abon-
48931dance des comestibles. La ville se trouvoit soulagée par la perte
48932d’une partie considérable de sa population
48933, et tout ce qu’elle ren-
48934fermoit étoit réduit dans la même proportion. On s'accoutumoit
48935à la cherté des vivres; et à force de supporter la famine, on en
48936avoit en quelque sorte contracté l’habitude comme celle d’un état
48937naturel.
48938On m’a assuré qu’il y avoit précédemment à Misr <2> neufcents
48939métiers à faire des 'nattes <3>, et qu’il n’en resta que quinze.
48940II n’y
48941a qu’à appliquer la même proportion aux autres professions que
48942l’on exerçoit dans cette ville, aux marchands, aux boulangers,
48943LIVRE
48944II.
48945CHAPITRÉ III.
48946Com.
48947]0
48948sept.
489491101.
48950Page 15 o.
48951Pagc*j«.
p. 439
48952LIVRE
48953II.
48954ourmiE
48955III,
48956Pjg« »54-
489574 io
48958RELATION
48959DE
48960L'ÉGYPTE.
48961épiciers, cordonniers
48962, tailleurs et autres artisans. Le nombre de
48963ceux qui exerçoient chacune de ces professions, fut réduit dans la
48964même proportion que celui des fabricans de nattes <4>, ou dans
48965une proportion encore plus forte.
48966Les poules manquèrent tout-à-fait< 5 >, à l’exception d’une très-
48967petite quantité que
48968l’on tira de la Syrie. J’ai ouï dire qu’un habi-
48969tant de l'Égypte, se voyant réduit à l'indigence, fut comme inspiré
48970de Dieu <6> d’acheter une poule qu’il
48971fit venir de Syrie, et qu’il
48972paya soixante pièces d’or
48973:
48974il la revendit au Caire huit cents pièces
48975d’or aux gens qui font métier d’élever de la volaille <?>• Quand il
48976y eut des œufs, on donnoit une pièce d’argent pour un seul ceuf:
48977ensuite on eut deux œufs, puis trois, puis quatre, pur le même
48978prix
48979,
48980et
48981ils
48982se
48983soutinrent à cette
48984valeur. Un poulet
48985se vendit
48986jusqu’à cent pièces
48987d’argent
48988, et le prix s’en soutint assez long-
48989temps à une pièce d’or et plus.
48990On chauffoit les fours avec
48991les pièces de bois que
48992I on
48993tiroit
48994des hôtels
48995: ceux qui tiennent des fours achetoient un hôtel à vil
48996prix
48997, et
48998ils en prenoient les clôtures <8> et les putres, qui leur
48999servoient pndant un certain temps à chauffer leurs fours
49000, quand
49001cette ressource étoit épuisée,
49002ils achetoient un aune hôtel.
49003Il y
49004en avoit prmi eux qui
49005, n’écoutant que la bassesse de leurs sen
49006timens
49007, s’introduisaient dans
49008les maisons durant la nuit
49009,
49010et y
49011feisoient leur provision de bots
49012,
49013sans rencontrer prsonne qui
49014S’opposât à leur brigandage. Souvent
49015il arrivoit qu un hôtel restoit
49016vide, n’y ayant plus dedans que le propriétaire; et faute de trouver
49017quelqu’un qui voulût l’acheter,
49018il en ôtoit lui-même- les s
49019tves,
49020les portes et tout le mobilier,
49021qu’il vendoit; puis
49022il abandonnoit
49023l’hôtel démoli. On en faisait autant des hôtels que Ion teno
49024i0)er
49025‘
49026.
49027'
49028de
49029Quant à la rue nommée HtlnVtyyèh <?>, à la majeure partie
49030Digitized by Goo<
p. 440
49031RELATION DE L’ÉGYPTE.
490324 11
49033la grande rue <i©>, aux palais situés sur le canal <i i>, àla rue des
49034Palefreniers <ia>, à Maks <tj> et aux autres lieux voisins,
49035il n’y
49036reste plusame qui vive: on voit les maisons renversées <i4>, et ia
49037plupart des babitans étendus morts dans leurs demeures. Malgré
49038tout, cela,
49039le Caire est encore
49040très -peuplé en comparaison de
49041Misr.
49042Pour ce qui est des villages situés autour du Caire <« p et dans
49043Jes provinces, ce n’est plus qu'une solitude affreuse. On peut faire
49044route plusieurs jours de suite, de quelque côté que l’on aille, sans
49045trouver un animal vivant ; on ne rencontre que des cadavres. U
49046en
49047faut seulement excepter
49048les
49049grandes
49050villes, comme Kous,
49051Ikbmim.Mahallèh, Damiette et Alexandrie , où
49052il reste quelques
49053habitans ; mais
49054, à l’exception de ces villes et des autres de la même
49055importance , tout le reste est sans aucune population
49056: telle ville
49057qui contenoit plusieurs milliers d'habitans, est aujourd’hui vide,
49058ou comme vide.
49059Les propriétés
49060<iti> les plus considérables que l’on donnoit à
49061loyer, sont pour la plupart totalement désertes
49062: ceux à qui elles
49063appartiennent n’ont plus d’autre parti à prendre <« 7> que de pour-
49064voir à ia sûreté de ces édifices
49065;
49066il faut , ou qu'ils condamnent les
49067portes et défendent les passages par où l’on pourroits’y introduire
49068en escaladant les murs, ou qu’ils y logent quelques gens salariés
49069pour les garder. A peine <«8> faut-il excepter de ce que je dis ici
49070les propriétés de ce genre qui sont dans
49071la
49072partie de
49073la
49074ville
49075nommée Kasabèh <iç>>
49076:
49077il y en a là quelques-unes qui sont louées
49078à très-bas prix. Je connois un hôtel dans un des quartiers les plus
49079peuplés , dont on tiroit autrefois cent cinquante pièces d’or de loyer
49080par mois , et qui n’en produit pas plus de vingt aujourd’hui. J'en
49081connois un autre dans une situation pareille
49082, dont le loyer tnon-
49083toit, par mois, à seize pièces d'or, et qui ne rapporte aujourd'hui
49084F f f s
49085UVRE
49086II.
49087CMAftTll
4908811F.
49089Page *}«.
p. 441
49090LIVRE
49091II.
49092Ct^fiTHE UL
49093ragc»j8.
490944 12
49095RELATION DE
49096L’ÉGYPTE.
49097qu’une seule pièce d’or et quelque petite chose de plus. On peut
49098estimer dans la même proportion toutes les maisons dont je ne
49099parle point.
49100•
49101Dans
49102l’espace de vingt-deux mois, à commencer de schowal
49103jusqu’à redjeb 598
49104,
49105le nombre des morts qui ont
49106reçu
49107les
49108derniers devoirs
49109, dont les noms ont été portés sur
49110les registres
49111publics, et qui ont été présentés au lieu destiné aux cérémonies
49112funèbres, s’est monté.à cent onze mille moins quelques-uns. £t
49113quelque grand que soit ce nombre
49114,
49115c’est bien peu de chose en
49116comparaison de celui des hommes qui ont péri dans leurs maisons,
49117ainsi que dans les parties
49118les plus reculées de la ville et au pied
49119des murailles. Le tout ensemble n’approche pas cependant de la
49120quantité de ceux qui sont morts à Misr et dans les lieux voisins <io>.
49121Un plusgrand nombre encore a été mangé dans ces deux villes <n>.
49122Enfin tout cela est moins que rien
49123,
49124si on le compare à la multi-
49125tude infinie de ceux que la mortalité a enlevés, ou qui ont été
49126mangés dans toutes les villes ,
49127les campagnes et les routes
49128, mais
49129principalement sur la route de Syrie. Je n'ai rencontré personne
49130venant de dehors, qui, interrogé sur l’état des routes, ne m ait
49131répondu quelles étoient comme semées de membres et d ossemens
49132humains
49133;
49134et
49135j’ai été moi-même témoin de cela sur toutes celles
49136par où
49137j’ai passé.
49138Une, grande
49139mortalité et une
49140peste
49141violente se firent sentir
49142ensuite dans le Fayyoum
49143, la province de Garbiyyèh
49144, à Damiette
49145et à Alexandrie. Ce fut à l’instant des semailles que ce fléau
49146fit
49147les plus grands ravages
49148:
49149il y eut telle circonstance <n> ou plu
49150sieurs laboureurs périrent successivement à une seule charrue. On
49151nous rapporta que
49152les cultivateurs qui ensemencèrent ne lurent
49153pas les mêmes que ceux qui avoient labouré, et que cen furent
49154encore d autres qui firent la moisson.
49155Digitized by Coolie
p. 442
49156RELATION DE l’ÉGYPTE.
491574
49158* 3
49159Nous avons vu nous-mêmes <* 3 > faire les semailles pour un des
49160principaux seigneurs
49161:
49162il envoya des gens pour
49163les faire
49164;
49165puis
49166,
49167ayant
49168reçu
49169la nouvelle
49170qu’ils
49171étoient tous morts ,
49172il en envoya
49173d’autres à
49174leur place
49175;
49176et la plupart de ces derniers moururent
49177aussi. Ces sortes d’événemens se réitérèrent ainsi
49178plusieurs fois
49179en divers cantons.
49180Des gens dignes de foi nous ont assuré qu’à Alexandrie, en un
49181seul
49182jour de
49183vendredi, l’imam avoit
49184fait les prières des funé-
49185railles sur sept cents personnes ; qu’une même succession
49186, dans
49187l’espace d’un mois
49188, avoit passé successivement à quatorze héri-
49189tiers,
49190et que plus de vingt mille habitans de cette ville l’avoient
49191quittée , s’étoient retirés à Barka et dans son territoire , s’y étoient
49192établis et avoient rendu ce pays florissant. Barka étoit une pro-
49193vince considérable
49194;
49195mais
49196elle avoit été dépeuplée du temps de
49197Yazouri <*4>
49198, par la mauvaise conduiteide cet injuste ministre.
49199Ses vexations avoient été cause que les
49200habitans avoient aban-
49201donné leur patrie
49202; unç grande partie avoient fixé leur domicile
49203à Alexandrie. La circonstance présente fut, en quelque sorte , une
49204justice rendue par la nature <a$>.
49205U arriva en ce temps une aventure
49206fort extraordinaire à un
49207médecin Juif de Misr, qui avoit des liaisons avec moi,
49208et qui
49209n’étoit pas un de ceux dont j’ai parié précédemment. Une de ses
49210pratiques <a6> , homme qui jouissoit d’une bonne réputation, et qui
49211passoit pour avoir beaucoup d’honneur <27> et de religion , et être
49212fort à son aise, vint le chercher pour aller voir un malade < 2 &>. 11
49213ne fut pas plutôt entré dans
49214la maison où on le conduisoit, que
49215cet homme ferma la porte
49216,
49217sauta sur lui,
49218lui jeta une corde au
49219cou
49220;
49221alors
49222le malade
49223lui comprima fortement
49224les
49225testicules
49226:
49227mais
49228, comme ils ne savoient ni l'un ni l’autre s’y prendre comme
49229il faiioit pour le tuer (iÿ> ,
49230le combat se prolongea
49231;
49232le médecin
49233LIVRE
49234II.
49235CNAflTIK LU,
49236Page x6o.
49237Digitized by Google
p. 443
49238LIVRE
49239If.
49240c«ArrriiB
49241III.
49242Page 16s.
4924310 AMI
49244Htft.
49245PigciC4.
492464i4
49247RELATION DE
49248I.'ÉGYPTE.
49249poussa des
49250cris qui furent entendus de plusieurs personnes, les-
49251quelles, étant entrées, tirèrent des mains de l’assassin ce vieillard
49252à demi mort et n’ayant plus qu’un souffle de vie <3o>
49253:
49254il avoit les
49255testicules
49256froissés
49257<3 1>
49258et
49259les
49260dents de devant
49261cassées. On
49262le
49263transporta chez lui sans connoissance
49264, et on conduisit l’assassin
49265chez le prévôt. Cet officier lui ayant demandé quel motif l'avait
49266porté à ce crime,
49267il répondit que
49268c’étoit la faim. Leprévôt lui
49269fit
49270donner la bastonnade
49271, et le bannit.
49272Le lundi 26 de schaban
49273, qui étoit le 2 j de paschons, de grand
49274matin
49275, on
49276ressentit un violent tremblement de
49277terre qui
49278jeta
49279l’épouvante parmi les hommes. Chacun, saisi d’effroi , sauta à bas
49280de son
49281lit
49282, et poussa des cris vers le Dieu tout-puissant. Le trem-
49283blement dura long-temps; les secousses ressembioient au mouve-
49284ment d’un
49285crible, ou à celui que
49286fait un oiseau en abaissant et
49287élevant ses ailes.
49288Il y eut en tout trois secousses violentes, qui
49289ébranlèrent
49290les bâtimens
49291,
49292firent trembler
49293les portes et craquer
49294les
49295toits et les solives
49296;
49297les édifices qui étoient en mauvais état
49298ou dans une situation élevée et très -haute, menacèrent ruine.
49299II y eut de nouvelles secousses vers midi du même jour; mais
49300elles ne furent senties que d’un petit nombre de personnes, parce
49301qu’elles furent foibies et de peu de durée. Il avoit fait cette nuit-
49302ià un froid extrême qui avoit obligé de
49303se couvrir plus que de
49304coutume
49305: à cette température succédèrent pendant le jour une
49306chaleur extrême,
49307et un vent pestilentiel <3»> excessif qui inter-
49308ceptolt la respiration et suffoquoit. Il est rare qu’on éprouve <33)
49309en Égypte un tremblement de terre aussi violent que celui-là.
49310Ensuite on apprit par les nouvelles qui se succédèrent les vîtes
49311aux autres
49312, que le tremblement de terre s’étoit fait <34 > sentir à
49313la même heure dans les contrées éloignées
49314et les villes situées à
49315une grande distance. Je regarde comme très-certain qu’au même
49316Digitized by Goo
p. 444
49317RXLATION DE l’ÉGYPTE.
493184 ! 5
49319moment une grande partie de la terre ressentit la secousse, depuis
49320Kous jusqu’à Damiette, Alexandrie
49321, la côte maritime de laSyrie,
49322oun-ru ni.
49323et la Syrie toute entière dans toute sa longueur
49324et sa largeur.
49325Beaucoup de Beux habités disparurent totalement sans
49326qu’il en
49327testât le moindre vestige, et une multitude innombrable d’hommes
49328périrent. Je ne comtois point dans toute la Syrie de ville qui ait
49329moins souffert de ce tremblement de terre
49330, que Jérusalem
49331; cette
49332ville n’éprouva que de
49333très-légers dommages. Les ravages que
49334cet événement causa furent beaucoup plus grands dans les pays
49335habités par
49336les Francs, que dons
49337les contrées occupées par les
49338Musulmans <j$>.
49339Nous avons ouï dire que
49340le tremblement se
49341lit sentir jusqu’à
49342Akhiat
49343et dans les
49344contrées
49345voisines
49346,
49347ainsi que daps
49348l’îie de
49349Chypre. Le soulèvement de la mer et l'agitation des flots n’of-
49350froient plug qu’un aspect
49351horrible et méconnoissable
49352: les eaux
49353s’entrouvrirent en
49354divers
49355endroits,
49356et se
49357divisèrent en
49358masses
49359semblables à des montagnes
49360;
49361les bâtimens se trouvèrent sur
49362la
49363terre <}6>
49364, et une grande quantité de poissons furent jetés sur le
49365rivage <37).
49366On reçut ensuite des lettres de la Syrie , de Damas et de Hamat
49367,
49368qui contenoient des détails sur le tremblement de terre. J'en ai
49369reçu personnellement deux, que je vais rapporter dans les termes
49370même dans lesquels elles étoient conçues.
49371Copie de la Lettre écrite de Hamat.
49372p«p ,et.
49373« Le lundi 26 de schaban
49374, de grand matin
49375, il y aeu un tel trem-
49376*> blement de terre, que peu s’en est fallu que la terre ue changeât
49377» de place , et que
49378les montagnes ne s'agitassent en divers sens <38>.
49379» Tout le monde s’imagina que c’étoit-ià le tremblement de terre
49380Digitized by Google
p. 445
493814i6
49382RELATION DE
49383l’ÉGYPTË.
49384-
49385„ qU i doit précéder le jugement dernier. On a ressenti deux fois
49386cmmuHL
49387»
49388le tremblement à cette date
49389: la première fois,
49390il a duré environ
49391» une heure; la seconde secousse a été moins longue, mais plus
49392»
49393forte.
49394Plusieurs
49395forteresses en ont
49396été endommagées
49397; de
49398ce
49399„ nombre est la
49400forteresse de Hamat
49401,
49402malgré la solidité de sa
49403». bâtisse: celle de Barin <39>, quelque resserrée sur elle-même
49404„
49405et quelque
49406légère quelle
49407soit, en a
49408aussi
49409été endommagée,
49410» aussi - bien que
49411celle de Baalbec
49412, nonobstant sa force
49413et sa
49414» fermeté.
49415» On n’a point reçu
49416, jusqu’à ce moment, des
49417villes éloignées
49418»> et des
49419forteresses distantes
49420d’ici
49421,
49422de nouvelles dont je puisse
49423» vous faire part.
49424» Le mardi 27 du même mois
49425,
49426vers l’heure de
49427la prière de
49428» midi,
49429il y eut un nouveau tremblement de terre, qui
49430fut senti
49431»» également de ceux qui étoient éveillés et de ceux qui dormoient,
49432» et dont l’impression se communiqua à ceux qui étoient assis
49433» comme à ceux
49434qui
49435étoient ^debout
49436: on éprouva encore une
49437>» secqusse le même jour à
49438l'heure de la prière de
49439I après-midi.
49440» Par les nouvelles que l’on a reçues ensuite de Damas
49441, on a
49442« appris que le tremblement de terre a détruit le minaret oriental
49443» de la grande mosquée, la plus grande partie de
49444I édifice nomme
49445>»
49446Callasèk <4o>,
49447l’hôpital <4 1> en entier,
49448et beaucoup de maisons
49449» qui sont tombées sur ceux qui y demeuroient , et les ont tues.
49450P>ge 1 es.
49451Copie de la Lettre reçue de Damas.
49452“ J’ai l’honneur de vous écrire la présente , pour vous instruire
49453” du tremblement de terre qui a eu lieu
49454la nuit du lundi 26
49455* schaban, au lever de l’aurore,
49456et qui a duré assez long temps
49457» Quelqu’un des nôtres dit qu’il a duré autant de temps quil en a
49458Digitized by Googli
p. 446
49459RELATION DE
49460l'ÊGYPTE.
494614‘7
49462*• mis À lire la surate de l’AIcoran
49463intitulée la Caverne <4i>. Un —
49464—
49465» des vieillards les plus âgés de Damas atteste n’en avoir jamais
49466«uf ,T«*iii
49467» ressenti un pareil. Entre autres dommages qu’il a causés dans la
49468» ville,
49469il est tombé seize créneaux de la grande djami et un des
49470minarets
49471; un autre a été fendu,
49472ainsi que le dôme en plomb,
49473•> c’est-à-dire,
49474le
49475vautour <4j>.
49476L’édifice nommé Callasih a
49477été
49478» englouti
49479,
49480la
49481terre
49482s’étant entrouverte
49483,
49484et
49485il y est mort deux
49486« hommes;
49487il a aussi péri un autre homme à la porte nommée
49488» la porte de Djiroun <4 4>
49489;
49490il s’est fait plusieurs fentes en divers
49491» endroits de la djami
49492, et grand nombre de maisons de la ville
49493» sont tombées.
49494*> On nous a rapporté les détails suivans des contrées occupées
49495*» par les Musulmans. Paneas et Sa/et ont été en partie renversées;
49496» et il n’est resté dans cette dernière ville que le fils de celui qui
49497* y commandoit. Tebnin <4 j> a eu le même sort. A Naplouse,
49498il
49499» n’y a pas une muraille sur pied ,
49500si ce n’tjt la rue des Sama-
49501« ritains <46>. On dit que Jérusalem
49502,
49503grâce à Dieu
49504,
49505n’a
49506rien
49507» souffert. Quant à Beït-djann <47>
49508»
49509il
49510n’y reste pas même les
49511» fondemens des murailles <48>, tout ayant été englouti dans la
49512» terre. La plus grande partie des villes de la province de Hauran
49513.
49514P»ge «7».
49515» a été ainsi abîmée
49516, et
49517il n’y en a aucune dont on puisse dire,
49518» Cest ici qu'cioit une telle ville. On
49519dit que la plus grande partie
49520» d’Acre
49521est
49522renversée,
49523ainsi
49524qu’un
49525tiers
49526de
49527la
49528ville de Tyr.
49529» Irka <49> et Safitha <jo> ont été englouties. Dans le mont Liban,
49530»
49531il y a un défilé situé entre deux montagnes où l’on va
49532cueillir
49533»
49534la rhubarbe verte <j i>; on dit que les deux montagnes se sont
49535» rapprochées
49536et ont englouti tous les hommes qui étoient là,
49537» au nombre de près de deux cents. Enfin on raconte beaucoup
49538» de
49539choses de ce tremblement de terre <j2>. Les quatre
49540jours
49541» suivans , on a continué à ressentir des secousses jour et nuit.
49542Digitized by Google
p. 447
49543LIVRE IL
49544CHAPITRE IIL
49545Page 17».
495464,8
49547RELATION DE
49548L ÉGYPTE.
49549„ Nous demandons à Dieu qu’ii nous fasse éprouver sa bonté et
49550»»
49551les effets de sa providence
49552;
49553car
49554ii nous
49555suffit
49556,
49557et
49558il
49559fait bon
49560» remettre ses intérêts entre ses mains. »
49561Le
49562fait suivant est un des plus remarquables entre ceux dont
49563nous avons été témoins. Plusieurs personnes du nombre de celles
49564qui me
49565fréquentoient
49566assidûment pour
49567conférer
49568avec moi
49569de
49570médecine, étant parvenues au Traité d'anatomie (de Galien),
49571avoient
49572peine à me comprendre,
49573et
49574moi
49575à me
49576faire entendre
49577d’elles <5 3>
49578, parce qu’il y a une grande différence entre une des-
49579cription verbale et
49580l’inspection même des choses. Ayant donc
49581appris qu’il y avoit à Maks une colline sur laquelle étoient accu-
49582mulés des osseinens humains en grande quantité, nous nous y ren-
49583dîmes,- et nous vîmes un monticule d’une étendue considérable
49584composé de débris de cadavres humains
49585:
49586il y en avoit plus que
49587de
49588terre,
49589et
49590l’on pouvoit estimer A vingt mille cadavres et plus
49591la quantité que
49592les yeux apercevoient.
49593Ils se
49594distinguoient en
49595diverses classes, à raison de leur plus ou moins de vétusté <j 4>-
49596En
49597considérant ces cadavres,
49598nous y avons
49599recueilli sur
49600la
49601• figure des os, leurs jointures, leurs embottures, leurs proportions
49602respectives et leurs positions, des lumières que les livres ne nous
49603auroient jamais procurées; soit parce qu on a omis d en parler , soit
49604parce que les expressions dans lesquelles on en a parlé ne pré-
49605sentent pas
49606la chose d’une manière assez précise pour que
49607s’en forme une juste idée,
49608soit enfin parce que
496091 idée
49610<
49611lu ‘ s
49612donnent est contraire à ce que nous avons reconnu par
496131 inspec
49614tion
49615: car les preuves qui tombent sous les sens
49616, sont bien
49617s
49618I
49619rieures à celles qui ne sont fondées que sur l’autorité. En e
49620et,
49621quoique Galien
49622ait apporté la plus scrupuleuse exactitude et
49623e
49624soin le plus attentif à tout
49625ce
49626qu’il a
49627fait
49628et à
49629tout ce qu
496301
49631a
49632Digitized by G00J le
p. 448
49633RELATION DE
49634l’ÉCYPTE.
496354'9
49636rapporté
49637,
49638cependant
49639le témoignage des sens
49640mérite d’être
49641cru
49642préférablement au sien; ce qui n’empêche pas qu’on ne puisse
49643c»*ht«eiii.
49644ensuite chercher <js>,
49645s’il est possible, un moyen d’expliquer ses
49646paroles de manière à y trouver un sens qui le justifie.
49647Une des remarques que nous avons faites a pour objet l'os de
49648•
49649i
49650la mâchoire inférieure. Tous
49651les anatomistes s’accordent à dire
49652que cette mâchoire est composée de deux os qui sont fermement
49653réunis vers le menton
49654: quand je dis
49655ici tous les anatomistes >
49656c’est)
49657comme si je disois Galien tout seul <j6>; car c’est lui seul qui a pra-
49658tiqué personnellement les opérations anatomiques
49659, qui en a fait
49660l’objet particulier de son étude et de ses recherches, et qui a com-
49661posé sur cette matière plusieurs ouvrages
49662, dont nous possédons
49663Page 174.
49664les principaux ; les autres n’ont point été traduits en arabe.
49665J
49666Or l’inspection de cette partie des cadavres nous a convaincus
49667que
49668l’os de
49669la mâchoire
49670inférieure
49671est
49672unique
49673;
49674qu’il n’y a ni
49675jointure ni suture. Nous en avons réitéré l’observation un grand
49676nombre de fois <j7>, sur plus de deux cents
49677têtes; nous avons
49678employé toute sorte
49679<j8> de moyens
49680pour nous
49681assurer de
49682la
49683vérité,
49684et nous
49685n’y avons jamais reconnu qu’un seul os. Nous
49686nous sommes aidés de différentes personnes
49687, qui ont répété en
49688*
49689leur particulier le même examen
49690, tant en notre absence que sous
49691nos yeux ; et elles n’y ont jamais vu
49692, comme nous
49693, qu’un seul
49694os,
49695ainsi
49696que nous
49697l’avons
49698dit. Nous avons
49699fait
49700de
49701pareilles
49702observations sur divers autres articles ; et si la providence favorise
49703notre projet, nous composerons, sur cette matière, un traité dan»
49704lequel nous rapporterons <?9> ce que nous avons vu, en le com-
49705parant avec ce que nous avons appris dans les livres de Galien.
49706J’ai encore examiné ce même os dans les anciens sépulcres dé
49707Rousir
49708, dont
49709j’ai parlé plus haut
49710; et j’ai toujours trouvé qu’il
49711ré)i
49712avoit ni jointure ni suture <6o>. On sait que, par un grand laps dé
49713Ggg x
49714li
49715Digitized by Google
p. 449
49716^20
49717RELATION DE
49718L’ÉGYPTE.
49719———
49720temps <6
497211
49722> , les sutures les plus imperceptibles et les jointures les
49723plus solides deviennent sensibles et se séparent;
49724mais, pour l’os
49725de la mâchoire inférieure dont
49726il s’agit , dans tous les cas on le
49727trouve d’une seule pièce.
49728Pige »7 «.
49729Suivant Galien, l'os sacrum et le coccyx réunis sont composés
49730de six os <6i> : pour moi
49731, j’ai trouvé que le tout ne faisoit qu’un
49732seul os
49733, et
49734, après avoir examiné la chose de toutes les manières,
49735j’ai toujours obtenu le même résultat. Ayant ensuite fait le même
49736examen sur un autre cadavre , j’ai reconnu que cette pièce osseuse
49737y
49738étoit composée de six os, comme l’a dit Galien; et la totalité
49739des cadavres que j’ai observés depuis
49740, m’a présenté constamment
49741le même phénomène, à l’exception de deux <6)> seulement, oà
49742ces parties ne formoient qu’un seul et même os; mais, dans tous,
49743j’ai trouvé ces os joints très-solidement. Au surplus,
49744je ne suis
49745pas aussi certain de ceci que de ce que
49746j'ai dit en avançant, rela-
49747tivement à l’os de la mâchoire inférieure ,
49748qu’il ne forme qu un
49749seul os.
49750Nous entrâmes ensuite dans Misr, et nous vîmes des rues et
49751des marchés qui, précédemment, avoient coutume d être obstrués
49752®
49753par la foule de ceux qui s’y pressoient : aujourd’hui tous ces lieux
49754sont vides
49755; on n’y rencontre aucun animal vivant ,
49756si ce n est
49757,
49758de temps à autre
49759, quelque passant
49760: encore
49761la solitude de ces
49762lieux inspire-t-elle de l’effroi à ceux qui les traversent ; et outre
49763cela,
49764à peine y a-t-il une petite
49765place qui ne soit couverte de
49766quelque cadavre ou d'ossemens épars. Étant venus ensuite à un
49767lieu nommé Ascordja Firaun [c’est-à-dire, tÉcuelle de Pharaon],
49768nous vîmes toutes les places engorgées de cadavres et d ossemens.
49769ces monceaux de cadavres surpassoient la hauteur des collines
49770( voisines ) ; en
49771sorte
49772qu’ils
49773les avoient recouvertes
49774,
49775et qu il y
49776en avoit plus que de
49777terre. Lorsque d’un lieu plus élevé nous
49778Digitized by Goolle
p. 450
49779RELATION DE l’ÉGYPTE.
4978042
497811
49782portâmes nos regards sur cet endroit nommé TÉcutlle, et qui est
49783un grand enfoncement <64>
49784, nous y vîmes des crânes
49785,
49786les uns
49787biancs
49788,
49789ies autres
49790noirs ,
49791d’autres d’un brun foncé ;
49792ils étoient
49793élevés par étages ,
49794et amoncelés en
49795si grande quantité
49796,
49797qu’ils
49798recouvraient
49799les
49800autres ossemens
49801: on
49802dirait
49803qu’il n’y a là que
49804des têtes sans corps; et
49805il semble que l’on voie des melons que
49806l’on aurait
49807cueillis
49808,
49809et dont on aurait fait un tas semblable aux
49810gerbes amoncelées dans l’aire <6}>. Quelques jours après je les
49811revis
49812; le
49813soleil en avoit desséché les chairs ; ils étoient devenus
49814biancs, et je les comparai à des œufs d’autruche amoncelés.
49815Quand
49816je considérai d'un côté la solitude qui régnoit dans
49817les rues et les marchés de Misr , et de l’autre ces plaines et ces
49818collines qui regorgeoient de cadavres, je me représentai une cara-
49819vane qui avoit quitté le lieu où elle a campé , et s'est transportée
49820dans un autre endroit. Au surplus, cette place n’étoit pas la seule
49821qui offrît un pareil spectacle
49822: de quelque côté que l’on allât , on
49823rencontrait un tableau pareil
49824, et souvent encore plus affreux.
49825Au mois de dhou’lhiddjèh , on trouva à Misr une femme qui
49826avoit égorgé un enfant pour le manger
49827: elle fut arrêtée et noyée.
49828Depuis que cette <66> détestable coutume étoit passée de mode
49829,
49830et qu’on avoit cessé d’en entendre parler et d’en voir des exemples,
49831on ne trouva personne qui s’en rendît coupable que cette seule
49832femme.
49833Au nombre des événemens extraordinaires qui arrivèrent pen-
49834dant l’intervalle de temps dont j’ai fait l’histoire, je dois compter
49835un enfant qui vint au monde avec deux têtes en l’année J 97 , et
49836un
49837autre qui naquit avec des cheveux blancs
49838:
49839je
49840vis celui-ci,,
49841et la couleur de sa chevelure n’étoit pas celle des cheveux d’un
49842vieillard, mais tirait un peu sur le roux. En cette même année,
49843une mule mit
49844bas un poulain mort
49845, qui demeura long-temps
49846LIVRE IL
49847uumuilL
49848Pag* 17t.
49849fagot*.
p. 451
49850•
498514^2
49852RELATION
49853t> E
49854t’ÉCYPTE.
49855jans
49856la maison du prévôt. On trouva, en l'année 598
49857, une jeune
49858Lrv BF "
498591, rebis nouvellement née qui donnoit du
49860lait;
49861il en
49862sortoit du
49863chamtrlUT.
49864.
49865.
49866bout de ses mamelles un filet très-mince
49867: on
498681 amena plusieurs
49869fois chez le prévôt; et la dernière fois qu’on l’y amena, elleavoit
49870*
49871quatre mois.
49872!
49873*
498741
49875Nous
49876allons
49877maintenant
49878rendre
49879compte
49880succinctement
49881de
49882l’état du Nil pour cette année. Les eaux étoient considérablement
49883baissées au mois de tobi
49884, et elles continuèrent encore à baisser,
49885au poiitt que les hommes et les bêtes pouvoient passer le fleuve
49886à gué en plusieurs endroits. Au mois de djoumadi second* qui ré-
49887pond à celui de iâmenot
49888,
49889la couleur verte des eaux commença a
49890paraître
49891: elle augmenta si fort dans le cours du mois de redjeb,
49892que la coiiièur, l’odeur et
49893la' saveur dès eaux en furent affectées;
49894après 'cela
49895, elle diminua,
49896et finit par disparoitre éUtièreméifuCe
49897fut en ramadhan que le fleuve atteignit le dernier degré de dimi
49898nution
49899: la terre étoit découverte, au-dessous du Mikyas, à la
49900distance’ d’efftîron hait cents coudées. Ebn-Abi Iraddad
499016-> prit
49902.i j« .»!.
49903ia
49904hauteur de l’eau au 'Mikyas. le mardi 2 y
49905de paoni
49906, 26 de
49907ramadhan
49908<68>;
49909elle
49910étoit
49911d’ufte couJée
49912et demie, au
49913lieu que
49914l’année d’auparavant elle se trouvoit de deux coudées. Dans cette
49915même année 597
49916,
49917le fleuve avoit commencé à croître
49918ce
49919j
49920là mènië’; fed l’année 598
49921,
49922le commencement de
49923la crue
49924se
49925t
49926juillet 1101. attendre jusqu’au 25
49927d’épiphi. Dans tout cet intervalle
49928e
49929n’avoit augmenté que de quatre doigts; en sorte qu on a
49930o
49931Pige j 8».
49932très-mauvaise opinion de la crue pour cette année .le
49933P
49934étoit
49935général;
49936on
49937s'imaginOit
49938qu’il
49939étoit
49940arrive
49941quelque
49942d’extraordinaire aux sotircés du Nil et dans les lieux où
49943i
49944p
49945son
499461 cours. Cependant le fleuve commença à croître dune ma
49947nière plus
49948: sensible! en sorte qu’à la fin cTépiphi
49949il étoit
49950aut
49951trois coudées. A
49952cette époque ',
49953ia crue
49954s arrêta pendant
49955Digitized by Goo-
49956le
p. 452
49957RELATION DE
49958l'ÉGYPTE.
499594 2 3
49960jours ; ce qui occasionna un
49961effroi extrême,
49962parce qu’une
49963telle
49964•
49965fi
49966/•
49967•
49968«
49969•
49970•
49971•••
49972U ^ HE II#
49973suspension dans la crue etoit contraire a ce qui arrive ordinaire-
49974cha»hm 1U.
49975ment. Mais, bientôt après, les eaux vinrent en grande abondance;
49976elles augmentèrent par de très-fortes
49977: progressions,
49978et l’on eût dit
49979que des montagnes d’eau se précipitoienl les unes sur les autres.
49980En l’espace de dix jours,
49981le fleuve s'éleva de huit coudées, dont
49982trois coudées en une seule fois, sans aucune suspension. Le 4 de
49983tôt,
49984qui
49985étoit
49986le
4998712
49988de dhoulhiddjèh
49989,
49990la crue
49991parvint
49992à son
49993dernier terme, qui
49994fut de seize coudées moins un doigt. Après
49995deux jours de stagnation à cette hauteur , leà eaux comineneèrènt
49996à décroître lentement et à s’écouler peu à peu.
49997Voilà ce que j’avois à dire des circonstances de l’horrible fléau
49998dont
49999j'ai
50000tracé l’histoire
50001:
50002je finirai donc
50003ici ce livre et l’ouvrage
50004entier.
50005Louange à Dieu
50006, le souverain maître de l’univers
500071 que Dieu
50008soit propice au
50009prince de ses envoyés,
50010à Mahomet le prophète
50011sans lettres
50012, et à ses saints et respectables descendans
50013!
50014Ce livre a été écrit par son auteur le pauvre Abd-ailatif ben-
50015Yousouf ben-Mohammed Bagdadi
50016, qui implore la bonté du Dieu
50017très-haut, au mois de ramadhan
50018, en l’année 600 , au Caire <6ÿ>.
50019Co™. sept. J ao J*
50020r
50021Digitized by Google
p. 453
500224*4
50023RELATION DE
50024L’ÉGYPTE.
50025LIVRE IL
50026«Arrru UL
50027NOTES.
50028M*m. Ar. dt U
50029Bill,
50030imfériûlt
50031,
50032*/ ii-tf.
50033<i> Après le mot V**
50034» on Et, dans l'édition in-4:, !«»-»>
50035, mot qui ne
50036signifie rien
50037,
50038et qui ne se trouve ni dans l’édition in- S‘ ni dans le manus-
50039crit.
50040II faut donc l’effacer.
50041<a> Par Misr, il faut toujours entendre Mur alatik , c'est-à-dire, Fostat,
50042que les Européens appellent improprement
50043le vieux Caire.
50044<j> j- -«-
50045est expliqué dans le Sikak de Djewhari par
50046;ft, suivant
50047le même Dictionnaire,
50048{tJ3i en persan, et en arabe
50049el 4A
50050signifient des nattes fabriquées avec des roseaux,
50051<4>
50052fabricant de nattes, est formé de jLL
50053, pluriel de
50054**<“•
50055Ci-ér.—t r »> comme plus haut j-U» libraire de o-s»
50056,
50057pluriel de
50058/iw*. Voye* ma
50059Grjnjmaire Arabe.
50060<5> La signification du mot ClIj
50061, employé
50062ici et page aj4> l'P*
50063ld‘
50064texte Arabe, ne peut souffrir aucune difficulté ; mais je la fais observer , parce
50065que je ne la trouve point indiquée dans les dictionnaires.
50066<6> Je dis comme inspiré dt Dieu,
50067parce que le mot ^
50068n indique pas,
50069comme g-f , une inspiration d'un ordre surnaturel
50070,
50071mais simplement une sug
50072Mm. Ar. Ai u
50073gestion , une idée jetée dans l'esprit CO , ainsi que le dit Djeu hari .en
50074Ç
50075>
50076‘
50077nous employons le mot inspiration dans les deux significations.
50078<7> Le mot gcLlüji , employé ici par Abd-allatif, rte se trouve poi
50079**«.***'
50080les dictionnaires. M. Wahl
50081l’a traduit par des Egyptiens, je ne sais s
50082fondement. M. White a entendu par-là aux qui élèvent des pou ets,
50083t
50084je crois que c'est en ce sens qu’il a employé le mot Latin pul arit.
50085roit penser qu’il s’agit
50086ici des hommes qui faisoient
50087métier
50088e
50089a
50090des poulets artificiellement dans des fours. Cependant ce mot ne
50091s
50092ni dans Abd-allatif, lorsqu'il décrit avec tant de détail les Proce
50093es
50094^
50095at jent
50096ration dontils'agit, ni dans Makrizi et Soyouli, aux endroits ou
500971
50098s e«
50099^
50100Le premier de ces auteurs
50101,
50102à
50103l’occasion du nouveau cadastre
50104C
50105l’Egypte,
50106Digitized by Googl
p. 454
50107RELATION DE L’ÉGYPTE.
501084 2 5
50109i’Egypte , fait par l’ordre du sultan Mohammed ben-Kélaoun en Tannée 716
50110"
50111de l’hégire , des différera genres d'impositions que le sultan supprima par suite
50112de cette opération , et des avantages qui en résultèrent pour son trésor , nous
50113apprend que
50114le Gouvernement avoit érigé en ferme le droit de faire éclore
50115artificiellement des poulets , et que les fermiers de ce droit avoient le privilège
50116exclusif d’en vendre;
50117il emploie, pour exprimer cette opération
50118, les mots
50119çjL
50120. Soyouti désigne les lieux destinés à faire éclore les poulets, sous
50121le nom defabriques semblables a des fours CO
50122; et je ne trouve dans ces écrivains
50123aucun nom destiné à exprimer ceux qui se livraient à cette profession. Il y a,
50124dans Makrizi , un article
50125particulier qui traite du marché où se tenoient les
50126marchands de volaille
50127et
50128les oiseleurs ;
50129et ceux qui vendent de
50130la
50131volaille y
50132sont uomipés
50133. Abouimahasen
50134, que j’ai aussi consulté, et qui, dans
50135l’histoire du règne du sultan Mohammed ben-Kélaoun, après
50136qu'il eut été
50137mis pour
50138la troisième fois en possession du trône,
50139fait mention des impôts
50140que ce sultan supprima
50141, parle expressément du droit d’élever des poulets
50142,
50143dont la ferme fut supprimée; mais U emploie les mêmes termes que Makrizi,
50144dans lequel il parait avoir puisé ces détails.
50145,
50146Faute d'autorités pour fixer la signification du mot
50147,
50148il est nécessaire
50149d’avoir recours à l’analogie. La forme même de ce mot indique un métier
50150,
50151une profession
50152;
50153la racine kj signifie, suivant Djewhari,
50154l'action d’un oiseau
50155gui coche safemelle, lier ks jambes d'un mouton pour l'égorger , attacher un enfant
50156dans son berceau, attacher ensemble avec une corde tes deux pieds
50157et
50158les deux
50159mains
50160d'un prisonnier
50161[«J. De ces
50162différentes significations
50163qui
50164ont
50165toutes
50166une même origine ,
50167il n’y a que la première qui puisse fournir l'explication
50168du mot
50169; et
50170il
50171est naturel de croire
50172qu’il signifie celui gui fait son métier
50173de faire accoupler des oiseaux
50174,
50175c'est-à-dire, d’élever de la volaille. Ainsi il est
50176certain qu’il s’agit ici de gens qui entretenoient des oiseaux dans des basses-
50177cours ; mais on ne peut pas assurer que ce fussent ceux-là même qui élevoient
50178les poulets artificiellement
50179: peut-être ceux dont il est question ici, n’entrete-
50180noient ils des volailles que pour faire commerce des œufs , et en fournissoient-
50181ils à ceux qui avoient des fours propres à les faire éclore.
50182^AiLillf
50183fxjj []
50184u-h»* OJj 0*11 j (J—ail MJ
50185L
50186Usa-
50187V, CO
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50189bit! bUJL
50190ïUI
50191cbÀ*
50192iLaif A\j
50193MJ
50194l)umJ
50195lil
50196r
50197o H b h
50198'
50199LIVRE
50200IL
50201CHAPITRE
50202III.
50203‘Coin, mars 1316.
50204Man. Ar. At
50205I'a
50206Bill.
50207imp/ria/r,
50208*: Ifa.fét.
50209)•
50210y tria,
50211Alan. Ar. ett ht
50212Bill,
50213impt'rialt
50214,
50215»•' 7t‘ ,!•> ut
50216rtcta.
50217Man. Ar. At ta
50218Bill.
50219impérialt,
50220eti. fit. tu
50221rtcté.
50222Alan. Ar. <// A»
50223Bill. imp. n ‘66 s .
50224tant l'ana/t
50225tt t'an ntt jt».
50226Man. Ar. At la
50227Bell,
50228imp/nali ,
50229».* utf.
50230!
502311
502321
50233Digitized by Google
p. 455
50234LIVRE
502351!.
50236(.hamut HI.
502374^6
50238RELATION DE
50239L ÉGYPTE.
50240J’ai interrogé inutilement un grand nombre de naturels ou d'habitant de
50241l’F rypte sur
50242la signification du motUjt
50243:
50244ils m’ont assuré quejes gens qui
50245font métier d’élever ou de vendre de la
50246volaille s’appellent j-UL >
50247; que l’on
50248nomme les marchands de petits poulets
50249, Jjljh , et ceux qui
50250les font éclore
50251artificiellement , JL-** . Ce dernier mot est formé ,
50252il la manière Turque, de
50253J_m
50254, nom que l’on donne aux fours où l’on
50255fait éclore les (Mulets. Je dois
50256cependant à M. Michel Sabbagh une observation qui donne lieu de croire que
50257signifioit effectivement anciennement
50258les gens qui fâisoient métier de
50259faire éclore des poulets dans des fours. Je lui avois fait part de ma conjecture,
50260et voici ce qu’il me répondit
50261:
50262« Par rapport au mot <jJ.Ü
50263, quoique j’aie interrogé beaucoup de gens
50264» b ce sujet , je n’ai
50265trouvé personne qui le connût. Je dois cependant vous
50266» instruire de ce qui suit. On appelle aujourd’hui en Égypte les gens qui
50267» travaillent à faire éclore de petits poulets dans
50268les fours, melvani. Me/va
50269» et AltIvan sont les noms de deux villages d’Égypte;
50270j ignore duquel des
50271, s» deux vient l’adjectif melvani. Si l’on a égard à
50272I analogie grammaticale ,
50273‘ » melvani doit venir de Melvan
50274{ et signifier un habitant de ce village
50275mats
50276» je crois qu’il vient plutôt de Afelva ), parce que l’industrie des hab.tans
502773 > de Melwa , et leur occupation au service des fours à poulets, ont passé en
50278» proverbe.
50279J’ai entendu dire par forme de proverbe en Égypte, en par ant
50280» de gens fort actifs
50281et ardens à leur
50282travail ou à fenrs
50283affaires
50284.
50285Vous eus
50286» comme
50287les habitons de Ale!va
50288,
50289qui sont
50290tous de la race de h amita.
50291» donne lieu de penser que kammât est , comme vous
50292I avez conject
50293,
50294» nom sous lequel on désignoit autrefois les gens qui élevoient
50295es po
50296» artificiellement
50297; mais aujourd’hui ce mot n’est plus en usage
50298[
50299].
50300o—JL
50301Jyt tjvlLJ!
50302[i]
50303«j* Je*
50304iv».!
50305Ij»
50306JUL. j qjUxJ, ; ^ jjljm J Jl\ lioJ*
50307GL-oJI £lji ^
50308£
50309?-
50310)
50311jk
503121
50313pLjj-a+1
50314(
50315I JVj
50316G, cf> JJ
50317f
50318I JJ. JI i-aJI 6»
50319J****
50320IpâuÀJ
50321j o^j uV*
50322J-Ll
503233 J^
503241
50325Ja J^J^I fiMJjjkb»
503268^
50327^ J.L. J. *^
50328!
50329Digitized by GOOJ
p. 456
50330RELATION DE
50331l’ÉGYPTE.
50332Pococke * dit qu'il n’y a qu'un seul village en Egypte dont les habitans
50333..
50334....
50335entendent l’art de faire éclore les poulets; mais
50336il ne nomme pas ce village.
50337LIVRE "
50338Le P. Sicard
50339dit la même chose, et ajoute que ce village , situé dans le Delta ,
50340• a d*ut. eftka
50341se nomme Bermé. Granger * me paraît n’avoir fait que copier, à cet égard,
50342mut
50343le P. Sicard.
50344J’en
50345dis
50346autant de Savary
50347a
50348. Le témoignage de M. Michel
50349•VH.p.es.
50350Sabbagh prouve que le fait
50351n'est pas exact, ou que les choses ont changé jaUtl"é^!p',Sar
50352depuis le P. Sicard.
50353p/tpt'0'""*"'
50354Le même M. Michel Sabbagh observe que les petits poulets se nomment
50355tfy
50356, et au pluriel uL»-_
50357. Ce mot , qui manque dans Golius et Castel!
50358,
50359se trouve dans
50360le Dictionnaire de Germanus de
50361Stlesia
50362* et dans
50363celui du
50364‘Fatrira
50365/!»/•
50366'
50367Ar. f. j|f , jm et
50368P. Canes
50369. Le mot
50370signifie aussi casser la coquille d’un auf, et le verbe
503718il -
50372fy+3 veut dire piauler.
50373A?TS"\.nï',
50374r- "*
50375<8>
50376II y a dans le texte tijj)
50377, et on lit à la marge cette glose, *i>.
50378. Voye^
50379la note <68> sur le chapitre II de ce même livre.
50380Ct-Jreant p. joj.
50381<9>
50382Hélaliyyeh est
50383le nom d'une rue hors du Caire , au sud de cette ville ;
50384elle n’existoit plus du temps de Makrizi
50385, qui en parle ainsi []
50386: « La rue Hé-
50387Mat. Ar. ,<v u
50388» laliyyeh
50389: Abd-aldhaher dit qu’on avoit cette rue à main gauche
50390, quand on
50391ù,T'/a‘>tr
50392» sortoit par la porte nommée ta porte neuve de Hakem. »
50393La situation de cette rue sera déterminée par les notes suivantes.
50394Biil.
50395impériale ,
503964êz , Jet. jj>
50397ursa.
50398<to> La grande rue, en arabe schari pjla
50399. Quoiqu’il y eût au Caire plu-
50400sieurs grandes rues auxquelles ce nom s’appiiquoit
50401,
50402ainsi que je
50403l'ai dit dans
50404la note <i$> du chapitre II de ce II.* livre,
50405il se donnoit cependant, comme
50406c.Jnat, r.
50407#
504084.
50409par antonomase, h celle dont
50410il est ici question, et sur laquelle Makrizi entre
50411dans les détails suivans
50412:
50413« Lagrande rue hors de laporte de ZoweïTek [»]. Cette grande rue se présente
50414J‘ u
50415» en face, quand on sort par la porte de Zoweïléh
50416: elle tient le milieu entre
50417isi, 'ja'j'/s
50418» le chemin h droite qui mène au canal ,
50419et le chemin k gauche qui conduit
50420» k
50421la forteresse de la montagne.
50422Cette grande rue n’éloit pas ,
50423lors de
50424la
50425» fondation du Caire , telle qu’elle est aujourd'hui
50426: elle ne futiâite qu’un assez
50427» grand nombre d’années
50428après
50429la construction de
50430cette ville
50431,
50432et sur un
50433a juJJifîl
50434[
504351 ]
50436S •>-«* ti®
50437l—
50438<
50439£jUl [0
50440Digitized by Google
p. 457
50441LIVRE
50442II.
50443CHAPITRE
50444III.
50445Com. sept.
50446i joo.
50447^ 2 g
50448relation de
50449l’égvpte.
50450» plan
50451different de
50452celui qu’on
50453observe de
50454notre temps. Ce ne fut que
50455» lorsque l’on eut beaucoup bâti en dehors de la porte de Zoweïlèh, plus
50456» tard que l’an 700 de l’hégire , que cette grande rue
50457prit
50458la forme qu’elle
50459» a
50460aujourd’hui. Quant à
50461ses commencemens
50462,
50463voici quels
50464ils furent. Le
50465» khalife Hakein-biamr-allah fit faire la porte neuve que l’on a a main gauche
50466» quand on sort par la porte de Zoweïlèh , sur les bords de l’étang de fÉlé-
50467» phant [•]. J’ai encore vu la voûte de cette porte h l’entrée de la rue Man-
50468» djabiyyih CO , dans le voisinage du marché aux oiseaux. Ensuite , quand on
50469» eut tracé les rues Yanisi'eh et Hilaliyyth , le rivage de l’étang de l'Éléphant
50470„ se trouva faire face h ces rues
50471; et
50472il y eut une suite de bâtimens non inter-
50473» rompue
50474,
50475depuis
50476la porte neuve
50477jusqu'à
50478fa place qui
50479est aujourd’hui en
50480» dehors de la chapelle de Sitt Néfisa. Les malheureux événement qui sur-
50481» vinrent sous le khalifat de Mostanser, ayant entraîné la ruine des châteaux
50482« A’Alkatdi et S Alasktr Cj],
50483le terrain de la grande rue
50484se dépeupla et
50485fut
50486» abandonné. La chose demeura en cet état jusqu’au temps du khalife Amer-
50487» biahcam-allah. Sous son khalifat , on rebâtit sur ce terrain
50488, et il se repeupla;
50489» en sorte qu’il ne resta plus aucun lieu en ruine entre le Caire et Misr. On
50490» construisit des maisons sur la grande rue , en largeur , depuis la porte neuve
50491» jusqu’à la montagne, c’est-à-dire, jusqu’au lieu où est aujourdhui
50492la for-
50493» teresse de la montagne ,
50494et on éleva une muraille pour cacher les ruines
50495» d’Alkataï et d’AJasker. Les constructions s’étendirent en longueur, depuis
50496jj la porte neuve jusqu'à
50497la porte de Misr nommée Bab-atsafa
50498[4]- Par ce
50499» moyen
50500, les gens qui venoient gagner leur vie au Caire, ou qui y étoient
50501» employés à la journée , fkisoient la dernière prière du soir au Caire, et s en
50502» retournoient ensuite chez eux à
50503Misr;
50504et
50505ils trouvoient, tout le long du
50506>j chemin , de
50507la lumière et un marché illuminé
50508, depuis la porte neuve
50509ors
50510» de la porte de Zoweïlèh , jusqu’à la porte de Misr appelée Bab-alsafa, qui
50511>j étoit située au lieu où est aujourd’hui le monceau de ruines nommé
50512» atdjarih Ci]. Ce quartier étoit toujours vivant, la nuit comme le jour.
50513Dans
50514le chapitre
50515intitulé
50516des dehors du Caire [O, Makrizt , décrivant
50517partie située au midi de la ville, répète une partie de ces détails et en ajo
50518UJI Jt M
50519zM fâ* w
50520J»li (i* 03
50521*
50522eyedl jj,
50523CO
50524*__jliilt CO
50525Digitized by G001 ;le
p. 458
50526RELATION DE L’ÉGYPTE.
505274 2 9
50528beaucoup d’autres que j’omets. Je remarque seulement qu’il fait une descrip-
50529tion des trois grandis rues [>] que l’on trouvoit de son temps hors de la porte
50530de Zoweïlèh , l’une en face de cette porte, et les deux autres
50531il gauche et à
50532droite de celle-là ; et qu’il observe précisément « que celle que l'on à en face,
50533» en sortant de la porte de Zoweïlèh , est celle que l’on connoît spécialement
50534» sous la dénomination de la grande rue [»]. »
50535<tt>
50536Il est question
50537ici des palais ou hôtels qui étoient bâtis sur les bords
50538du grand khalidj
50539,
50540ou canal nommé canal de Mise, du Caire , du Prince des
50541croyons , de Hakem, &c. Ce canal,
50542tiré du Nil au-dessous de Misr,
50543et qui
50544passe au couchant du Caire , est le sujet d'un long chapitre de Makrizi
50545, que
50546M. Langlès a publié en arabe et en françois. Dans ce chapitre, Makrizi
50547fait
50548mention, en passant, des palais qui , de son temps, bordoient ce canal
50549; et je
50550crois devoir rapporter ce passage
50551, parce que le vrai sens de fauteur me paroît
50552n’avoixpas été saisi par mon estimable collègue [j],
50553«« Dans le principe, ce canal traversoit le chemin nommé la grande rue,
50554» par lequel on vient aujourd’hui au Caire;
50555il entouroit le fossé qui ferme le
50556j» jardin connu sous le nom de jardin d'Ebn-Caisan
50557,
50558et s’étendoit
50559, comme
50560» s’étendent
50561les vestiges qui en existent encore à présent, jusqu’au bassin
50562» qui porte
50563le nom de Seif-allah fils de Hosdin
50564, gendre d‘Ehn-Ri-fiac
50565,
50566et
50567» jusqu’au jardin nommé Moschliha [lieu de délices]. On y voit des restes
50568» du belvédère où se tenoit
50569le khalife, lorsqu’on fàisoit l’ouverture du canal
50570» sur ce chemin. Les palais
50571bâtis en cet endroit sur le canal
50572n'existoient
50573» pas alors ;
50574il n'y en avoit pas la moindre apparence. Ce canal fut toujours
50575» un lieu de divertissement pour les habitans du Caire, qui se promenoient
50576;
50577JÔL1I
50578[i]
50579—' LZ* £_>* O"
50580J®
50581Uj
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50591Jl oL jL-asü
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50594.jülj IsL (jLmJs»
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50608fcj VjjM
50609^-UÎL oyi Ojjeil
50610J-Ul aui
50611ct^Ul
50612LIVRE
50613II.
50614CHAPITRE
50615111.
50616Ata». Ar. de la
50617Bit/,
50618impériale
50619,
50620n* 6S2 , J’ai, j+i
50621rerfa.
50622A’otî. ts et Ext.
50623lies ma».
50624t. VI ,
50625f. jjj et sait.
50626ikj.p. m.
50627Ma», Ar. de ta
50628Bill.
50629impériale
50630,
50631».*
50632éSi./aJ. j4»
50633recta.
p. 459
50634LIVRE
50635H.
50636CHAPITRE
50637III.
50638Com.xoâi ioio.
50639Alan. Ar. Je fs
50640l’iit.
50641impériale ,
50642».* éfx, jet. *6*
50643rtetë.
50644Mm. Ar. Je
50645/<*
50646BkU.
50647imperLite ,
50648*».* ('St , Jet. aSf
50649récrié.
50650ms.
50651Man. Ar. Je U
50652Biit.
50653imp/riate
50654,
50655»* 6jt, jot. a7
50656vert».
506574^0
50658RELATION DE
50659L'ÉGYPTE.
50660«dans des barques sur le
50661canal
50662par passe-temps,
50663jusqu’à ce que Mélic-
50664» alnaser
50665[ Mohammed ben- Kélaoun ]
50666fit creuser le canal appelé de son nom
50667» Nastri. »
50668On volt clairement, par ce passage de Makrizi
50669, que la prise d’eau du canal
50670avoit éprouvé des changemens
50671, et que les palais dont prie cet auteur, et
50672qui , de son temps , donnoient sur une certaine partie du canal , n’existoient
50673point encore à l’époque dont
50674il parle. Cela n’empêche pas que, dès
50675le temps
50676de Haiem , en l’année 4o i
50677,
50678il n’y eût des hôtels bâtis sur les bords du canal,
50679puisque ce khalife, comme le dit le même écrivain quelques lignes plus loin,
50680fit condamner les fenêtres et les portes de ces édifices qui donnoient sur le
50681canal. Le belvédère dont parle Makrizi est certainement celui qui porto» le
50682nom de JLouloua
50683*y h
50684ou
50685y**
50686» et duquel le khatidj lui-même prit
50687aussi le nom de canal de Louloua. Ce ne peut être que par inadvertance que
50688M. Langlês a supposé que,
50689par MéHc-plnartr , Makrizi a entendu parler
50690d’Ahmed ben-Touloun
50691, prince antérieur de quatre
50692siècles à
506931 ouverture du
50694canal Naséri, et qui n’a jamais porté le nom de Mélk-atnasir.
50695<ia> Le mot i-Ult signifie les palefreniers ou ceux qui ont soin des chevaux.
50696Il n’y a aucune invraisemblance à supposer que, dans ce faubourg,
50697il y eut
50698une rue consacrée au logement des palefreniers ou valets d écurie des Lh
50699es
50700,
50701puisque Makrizi nous apprend que , dans ce même faubourg, étoit ime rue
50702nommée Mansoura
50703iijlil
50704, où logeoient les esclaves noirs des kha
50705,
50706et qui fiit détruite par Saiadin
50707, qui , pour punir ces esclaves des excès auxquels
50708ils s’étoient portés et en prévenirde nouveaux, les dispersa et les re égua
50709an
50710le Saïd. Dans le même faubourg étoient aussi casernes di
50711érens cor|
50712troupes Africaines ou d’esclaves
50713, dans les rues nommées rut des
50714asmou
50715üuLJI
50716ijlfc et rue des Hosainis «,
50717'
50718•
50719,,
50720Malgré
50721cela , comme
50722je ne trouve dans Makrizi aucune menti
50723rue nommée ta rue des Palefreniers
50724,
50725je ne puis ra empêcher de soq
50726ç
50727^ ^
50728qu'il y a peut-être ici une fau te dans le manuscrit , et qu au lieu de c-
50729j
50730<
50731il faut lire z**iUI ïjU. la rue des
50732Yanisis. Cette rue , dont Makrtzi par e
50733divers endroits , étoit dans le faubourg dont il s agit.
50734l’armée
50735a La rue des Yanésis, dit-il, prend son nom dun des corps
50736e
50737^
50738» que l’on nomme ainsi , et qui tient cette dénomination de l'un des eunuq
50739» du khalife Aziz-billah; cet eunuque s’appeloit Abou'lhasan Yanès
50740a
50741Digitized by Goo*
p. 460
50742RELATION DE
50743L’ÉGYPTE.
50744'
5074543*
50746» Aziz l’avoit nommé son lieutenant pour le gouvernement du Caire en son
50747...i— ......
50748«absence
50749: après la mort d'Aziz
50750, Hakem-biamr-ailah
50751le confirma dans
50752la
50753LI' RE
50754r
50755ctuiMTnt
50756III.
50757» place de son lieutenant pour
50758le gouvernement des forteresses
50759, le revêtit
50760» d’une khila, et le
50761fit monter sur deux chevaux. Au mois de moharram 388
50762,
50763çoin,
50764jM,. wt.
50765»
50766il fut nommé gouverneur de Barka, et
50767se rendit dans cette province après
50768» avoir reçu l’bonneur d’une khila, un présent de cinq mille pièces d’or, et
50769» grand nombre de chevaux
50770et
50771d’habits. Abd-aldhaher
50772dit
50773: La
50774rue des
50775» Yanésis est hors de la porte de Zoweïlèh, &c. »
50776Ailleurs
50777, décrivant la partie des faubourgs située au sud , hors de la porte
50778de Zoweïlèh , Makrizi
50779dit
50780: « Sous le khalifàt de Hakem-biamr-ailah Abou-
50781m„, Ar. <t, u
50782» Ali Mansour,
50783fils d’Aziz Abou-Mansour Nézar, et petit-fils de Moèzz-
507844
50785-
50786l
50787ks'“
50788l/ïr
50789,
50790J4,
50791» lidin-allah Abou-Témim Maad, ce prince
50792fit faire
50793hors de la porte de
50794r"1*'
50795» Zoweïlèh une porte que l’on nomma la portt neuve. Différens corps des
50796y> serviteurs du
50797khalife y firent
50798leurs quartiers
50799; les Masmoudis U*LUI
50800,
50801les
50802» Yanésis %-iyi, les Mandjabis ou Mankhabis
50803ou
50804, y for-
50805as mèrent des rues dont nous avons parlé précédemment. »
50806La correction que je suppose que l’on
50807peut
50808faire
50809ici au texte, paroîtra
50810très-légère aux personnes qui ont
50811l’usage des manuscrits Arabes
50812; j’avoue
50813cependant que je ne la propose qu’avec une extrême défiance
50814, parce que le
50815manuscrit d’Abd-aiiatif est d’une très-grande exactitude, et que Makrizi, qui
50816n’a certainement pas parlé de toutes les rues du Caire et de ses faubourgs
50817,
50818peut bien avoir omis la rue desP alefrcniers , qui d’ailleurs ne subsistoit peutr
50819être plus de son temps.
50820J’ai toujours nommé cette porte que Hakem
50821fit faire hors de la porte de
50822Zoweïlèh , la porte neuve, parce que je trouve plusieurs fois dans les manuscrits
50823de Makrizi ujoJI <_>Ul
50824. Cependant , en bien des endroits, on lit ojoJ vUI i
50825ce qui
50826signifierait la porte de fer. On pensera peut-être que,
50827si c’étoit-là le
50828véritable nom de cette porte , Makrizi aurait dit muJI cAr ,
50829sans
50830article au
50831mot <_>b
50832. Cette observation n’est pas décisive; et, en pareil cas, dans Ma-
50833krizi et dans beaucoup d’autres écrivains, les deux noms qui sont en rapport
50834d’annexion peuvent prendre l’un et l’autre l’article. Je trouve, dans la descrip-
50835tion du Caire de M. Niebuhr, une porte nommée Bab-el-bddid [la porte de
50836V9jr. tu Aral: t
50837,
50838fer]; mais b situation de cette porte n’a aucun rapport avec celle de
50839la
50840x/i‘. r
50841porte de Zoweïlèh, que M. Niebuhr nomme peu exactement Bab-es-suili
50842tpb . D’ailleurs , depuis le temps de Hakem,
50843le Caire a éprouvé tant
50844t’
50845i
50846!
50847/
50848Digitized by Google
p. 461
50849.LIVRE
50850II.
50851CHAPITRE
50852IM.
50853C'fdeyunt p. 40*.
50854Sur. i, v. *6*.
50855Ci-deuiut p. jyj.
50856Ci-devéBt p. //.
50857Alun. Ar. de U
50858Si kl.
50859impfrittir
50860,
50861w.‘ 6S» , fol. //a
50862recru.
508634^2
50864RELATION DE LÉGYPTE.
50865de changemens , que l’on ne doit pas s’attendre à y retrouver aujourd’hui les
50866mêmes portes , à l'exception de quelques-unes des principales. La position
50867de
50868la porte de Zoweïlèh
50869et
50870celle de
50871Birkct-alfl [I étang de l'Eléphant]
50872indiquent à-peu-près celle des lieux dont parle ici Àbd-allatif.
50873<i 3>
50874Voyti ci-devant note <66> du chapitre II de ce livre.
50875< 1
508764
50877> Les mots
50878J* "jU.
50879, et non
50880, comme on lit dans les deux
50881éditions,
50882sont une formule empruntée de l’Alcoran. Beïdhawi l’explique
50883ainsi [•] : « Vide, et dont les murailles sont renversées sur les toitures. »
50884<t j>
50885Voyt{ ci-devant note <44> sur le chapitre II de ce même livre.
50886<i6>
50887Il
50888n’est question
50889ici que des maisons
50890des
50891villes , destinées
50892à
50893être
50894données à loyer.
50895<i 7> On
50896lit dans les deux éditions,
50897%
50898: ce qui est contraire à la syn-
50899taxe
50900:
50901il faut corriger, d’après le manuscrit,
50902-
50903<i8>
50904Voye
50905sur le mot de l’original
50906^»IJI ,
50907la note <ta> du chapitre 1.
50908du
50909livre I."
50910<t 9> Le mot Kasabih, dont la signification a été inconnue à M.
50911’ *
50912contribué à lui faire donner à ce passage un sens tout-à-fait étrange,
50913a
50914va nous faire connoître quel est le lieu que l’on nommoit ainsi au
50915aire
50916« Kasabih. Ce mot, suivant Ebn-Sei'da, indique la partie dune vi
50917.
50918q
50919» forme la cité proprement dite
50920, ou, suivant d autres, la partie
509211 n
50922P
50923» ce qu’on appelle Kasabih au Caire , c’est le plus grand des marc
50924ss ville.
50925J’ai entendu dire à plusieurs vieillards qui vivoient encore
50926as temps
50927, que
50928le lieu nommé Kasabih contenoit environ douze m^
50929ss tiques
50930:
50931ils paroissoient comprendre sous ce nom tout
509321 espace qu
50933^ ^
50934» depuis le commencement de l'hôtel du Mohtésib [s] , dans
50935a pat
50936ss touche aux sables
50937,
50938jusqu’à
50939la chapelle de
50940Sitt Néfisa.
50941Si
50942on
50943iuLjL» aJIâ. CO
50944Jjî o* CO
50945Dam
50946le manuscrit n.* 67 j
50947, C
50948%
50949,
50950on
50951lit
50952Jfjf ij* depuis
50953le commencement de la
50954uUiyyih. Je dirai plus bu
50955I .
50956,, nnn ou simple®™1 »***
50957.
50958J
50959Digitized by GooJle
p. 462
50960RELATION DE l’ÉCYPTE.
50961433
509625
50963» attention à ce que ce terrain renferme d’étendue, on n’aura pas de peine à
50964» croire à la vérité de ce rapport. J’ai vu moi-même tout cet espace occupé
50965» par des boutiques
50966, et rempli de toute sorte de comestibles, de liquides et
50967» de meubles; la variété des marchandises que l’on y voyoit, réjouissoit la vue
50968» et formoit un coup-d'ocil enchanteur
50969:
50970il eût été impossible de compter,
50971» je ne dis
50972[>as toutes les marchandises, mais toutes les diverses espèces de
50973ss marchandises qui s’y trouvoient rassemblées. Tous ceux
50974( des vieillards dont
50975s> j’ai parlé ) que j’ai vus dg mon temps
50976, relevoient la ville de Misr au-dessus
50977ss de toutes
50978les autres
50979, et disoient que l’on jetoit tous les jours, à Misr, dans
50980ss les voiries et sur
50981les monceaux d'immondices , pour la valeur de plus de
50982ss mille pièces d’or. Ils vouloient parler de ces vases de terre rouge dans les-
50983ss quels on met le lait et le fromage
50984, et qu’emploient les marchands de ces
50985ss denrées et les gargotiers, vases dont se servent aussi pour prendre leur nour-
50986ss riture les pauvres qui mangent dans les boutiques des gargotiers
50987; du fil
50988ss qu'emploient les marchands de fromage , et des feuilles vertes qu’ils mettent
50989ss sous le fromage dans le vase qui le contient
50990; du carton et du papier fort
50991s> dont se servent les
50992épiciers , et du
50993fil avec lequel
50994ils nouent le papier où
50995ss ils enveloppent
50996les drogues qu’ils vendent,
50997ainsi que du papier
50998fait de
50999ss bananiers h l’usage deî marchands de légumes et des gens du peuple, et
51000ss du
51001fil employé & lier le papier dans lequel on met tout ce qui sert à
51002la
51003ss nourriture, comme grains, épices et autres choses. En effet, quand on a
51004ss emporté des marchés toutes les choses dont nous venons de parler, et qu’on
51005ss a pris les marchandises qu’elles contenoient, on jette parmi les immondices
51006ss tout ce qui a servi à les porter. Ceux qui ont vu les choses
51007telles qu’elles
51008s> étoient avant ces derniers malheurs,
51009et qui réfléchiront attentivement sur
51010s> l’état d’abondance et
51011d’aisance dans lequel on vivoit , ne trouveront pas
51012s> qu’il y
51013ait de l'exagération dans ce que nous avons rapporté. Cette situa-
51014ss tion florissante du Kasabth a disparu entièrement
51015:
51016la plus grande partie
51017>s des boutiques qu’il contient sont inhabitées et vides , tandis qu'auparavant
51018,
51019ss malgré la grande étendue de cet emplacement ,
51020il étoit trop étroit pour le
51021ss nombre des marchands
51022; en sorte qu’il y en avoit beaucoup qui s’asseyoient
51023ss par terre tout
51024le long du Kasabth
51025,
51026avec des piles de pains
51027, ou autres co-
51028>s mestibles. On appeloit ceux-ci Us marchands à crouptton.
51029Petit à petit,
51030» les ofiiciers de police tâchèrent de les empêcher de se placer ainsi,
51031et les
51032s» éloignèrent des marchés , à cause de l'engorgement
51033qu’ils causoient dans
51034iii
51035Digitized by Google
p. 463
51036LIVRE
51037il.
51038«HAttl Ht
51039111.
51040Man. Ar. Je ta
51041Pii/,
51042impériale
51043,
51044*•' *7h c
51045434
51046RELATION DE L’ÉGYPTE.
51047» la voie publique
51048, et du tort qu'il, faisoient aux marchands établis dans les
51049» boutiques. Mais tout cela a disparu , et
51050il n’en reste que bien peu de chose.
51051» Il y avoit dans le Kasabeh un grand nombre de marchés, dont les uns sont
51052» abandonnés
51053,
51054et les autres subsistent encore.
51055•»
51056Je donne en note le texte de ce passage , qui contient plusieurs expressions
51057remarquables [].
51058Au lieu des mots
51059-
51060--Ü Jjt , que
51061j’ai traduits par depuis le commencement
51062de
51063l'hôtel du Mohtésib
51064, on
51065lit dans un autre manuscrit, «****£ Jjl; ce
51066qui
51067pourroit signifier depuis
51068te commencement ( de la rue nommée ) Hosàiniyytk.
51069Mais je suis plus porté h
51070croire qu’il faut lire
51071Jjl
51072, c’est-à-dire,
51073depuis
51074le commencement ( de I'édifice nommé) Hasaniyyek
51075, et queMaàrizi veut parler
51076tfdJI
51077üu-
51078Jlï
51079«Il
51080[>]
51081ü*
51082'
51083* r ‘~
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51156L.
51157Jjlyl
51158•**
51159*—
51160"
51161Digitized by GooJle
p. 464
51162RELATION DE l’ÉGYPTE.
51163435
51164S
51165ici de
51166la djami connue sous
51167le nom de sultan Hasan, et qui fût construite
51168en l'année 757
51169* par ordre du sultan Mélic-alnaser Abou'lmaali-Hasan ben-
51170Mohammed ben-Kélaoun. « Cette djami, dit Makrizi,
51171est connue sous
51172le
51173» nom de collège du sultan Hasan ; elle est située en face de la citadelle , entre
51174» la citadelle et l'étang de l'Eléphant [1]. » Léon Africain compte cet édifice,
51175qu’il nomme ilfamoso collegiofabbricato da Htstn soldant), au nombre des plus
51176beaux ornemens du quartier hors de la porte de Zoweilèh. On peut voir,
51177dans ie Voyage en Arabie de M. Niebuhr, la situation de cet édifice
51178, dont
51179on trouve des vues dans le Voyage pittoresque de la Syrie par M. Cassas.
51180<20 Le mot J est répété ici deux fois dans l’édition in-gd C’est une faute.
51181<at>
51182II est difficile de croire
51183qu’il n’y
51184ait pas
51185ici beaucoup d'exagération
51186de
51187la part d’Abd-alIatif , comme je
51188l'ai déjà observé dans la notice que j’ai
51189donnée de l’édition Arabe et Latine de M. White.
51190<za> Les deux
51191éditions portent ïbdi
51192; mais
51193il
51194faut
51195lire
51196, comme dans
51197le
51198manuscrit , iUb
51199: ce mot signifie ici à-peu-près la même chose que
5120012j
51201.
51202<aî> Je ne conçois pas quelle raison a pu engager M. White à traduire
51203ainsi le texte
51204: Nos cùm virum qutmdam nobilem bonis verbis tssemus allocuti
51205,
51206sationem ut ejus stcundaret Drus. Le verbe
51207signifie faire une chose par
51208soi - même ,
51209se mettre à faire une chose ,
51210(ire présent ou spectateur d'une
51211chose.
51212M. Wahl a
51213suivi
51214la première signification; mais, comme
51215il me paroît peu
51216vraisemblable qu’Abd - allatif , médecin
51217et homme de
51218lettres,
51219et
51220d’ailleurs
51221étranger en Egypte,
51222se
51223soit chargé de présider à la culture des terres d'un
51224riche particulier,
51225j'ai cru devoir prendre
51226ici
512271e verbe jib dans le sens d’as-
51228sister^
51229être spectateur par soi-même.
51230<a.l> Abou-Mohammed Hasan ben-Ali ben-Abd-arrahman Yazouri, sur-
51231nommé Naser- liddin et Khatir- almoulc
51232fut grand-kadhi et grand-daï en
51233Égypte sous
51234le khalifat d'Abou-Témim Maad Mostanser-billah ,
51235et
51236réunit
51237ensuite à ces charges la place de vizir. Makrizi dit qu’il fut nommé kadhi’I-
51238kodhat en l'année 44
512391
51240, et que la même année
51241il fût honoré de la place de
51242vizir,
51243et surnommé Stid-alwoTara IjÿjJI
51244• II fut arrêté et dépouillé de la
51245ç.LJÎ
51246CO
51247(JJ *.!
51248AJkiiJf
51249*lnN sLl
51250J*—ai
51251Iii
51252;
51253LIVRE
51254II.
51255CHAPITRE
51256III.
51257'Con.jinv,
51258« jJlS.
51259Alan. Ar. 8eU
51260Bill,
51261tmperlait
51262,
51263».
51264m 682, fol.
51265recto.
51266Désertj. JtW
51267Afr
51268,-ietns ta eotl.
51269elr Ram te lut , t. /,
51270Mf A
51271Tome /.pl.Xtt.
512726.' Irv. rom. III,
51273b.*' fj et 46.
51274Page fj
51275,
51276oa
51277Alogas. eacyclop,
51278ou. vttt , t. VI
51279,
51280P' 4*l.
51281TMattfl*. *tnfw.
51282F W•
51283Alan. Ar.eteU
51284Bill,
51285imp/nale
51286,
5128768* , fol. tÿf
51288verso.
51289Corn, juin 1*49.
51290Digitized by Google
p. 465
51291h 6
51292RELATION DE L'ÉGYPTE.
51293LIVRE If.
51294CHAflTRL
51295III.
51296'Cora.frtr. 10 j 8 .
512974 Man. Ar. Je
51298la
51299Biii,
51300imp/r.
513017j' . S°t
51302l'S
51303verse.
51304’ UiJ.fot. }}7
51305recto, et
51306" 794*
51307Annaf.
51308Mosl.
51309• iti.riji-
51310charge de vizir et de celle de kadhi’lkodhat en
51311\ Soyouti dit
51312la même
51313chose
51314b
51315, dans le chapitre où
51316il donne la succession des kadhis
51317; mais il ajoute
51318des particularités remarquables dans celui où
51319il rapporte
51320la succession des
51321vizirs
51322c
51323. Voici ce qu'il
51324dit
51325: « Le kadhi Abou - Mohammed Hasan ben- Ali
51326» Yazouri fut nommé vizir,
51327et réunit cette place k celle de kadhi’lkodhat;
51328if
51329» reçut les titres suivans
51330: Le défenseur de la religion, la ressource des Musul-
51331» mans , te très- illustre et très-puissant vi{ir, le prince des chefs , la couronne des
51332» élus, le kadhi des kadhis et le da'i des dais. Pendant qu’il ezerçoit la place
51333» de vizir, le khalife Mostanser voulut qu’il fit mettre son propre nom, avec
51334» celui du khalife , sur les coins monétaires ;
51335il y fit donc graver ces vers
51336:
51337» Cette
51338monnaie a
51339été frappée
51340sous
51341l'empire de la famille qui possède la
51342» vraie direction , et qui est une branche de la postérité de l'auteur des surates
51343» Tah et Yas. Mostanser-billah
51344( c’est-à-dire,
51345celui qui attend son secours de
51346» Dieu j
51347, dont le nom soit glorieux,
51348et son serviteur Naser-Uddin, En une telle
51349» année.
51350» On frappa
51351, pendant un mois environ , des pièces avec ce coin ; maisMos-
51352» tanser défendit ensuite de leur donner cours. Après cela ,
51353il ôta à Yazouti les
51354» places de vizir et de kadhi’lkodhat, au mois de moharram 45 ° CO» »
51355Tah
51356et Yas sont les noms des surates 20 et 36 de l’Alcoran. J’ai un peu
51357paraphrasé
51358le premier des vers qui forment cette légende, pour le rendre
51359intelligible. Yazouri , dans ces vers , faisoit allusion aux prétentions des khalifes
51360d’Égypte, qui se disoient descendans d’AIi , et seuls en possession de la vraie
51361religion, qu’ils nommoient la direction i£is*ll
51362.
51363Abou’Iféda fait mention de Yazouri et des événement auxquels Abd-allutif
51364fait ici allusion
51365; et
51366il observe que Yazouri étoit natif du territoire de Ramla.
51367En effet, Ya^our est le nom d’un bourg ou village de Syrie, situé entre Jaffa
51368d* tW ydl **£ yl Ü.UJ1 jjjj
51369[1]
51370s»—
51371ïLiill LàjJ ULi. tsjjjUI
51372<JfcL4 l oLà yjjJI j^Lfî
51373«è'L-ï L»«-Yt
51374LjjJI 0*- «JÛI
51375a——IL. fc.Lt
51376ïL.oJI: tflaJ ïLiill
51377kdl J*
51378«-0.I
513790
51380!
51381'—
51382J&Jst ljIXj
51383tW
513841 J
513851
51386*Jj 5 jj*o*
51387/*•*
51388yç
51389L J\j d» Jf O*
51390,
51391A, IJ». J»b J**±2»*
513920
51393^Jjl J— L/l V**J
51394Digitized by Gooj
p. 466
51395RELATION DE
51396L* £ G Y P T E.
51397437
51398etRamla, à cinq kilomètres à l’est de cette dernière ville. Voye^ Had. Reland, —
51399Palaslina illustrant
51400,
51401toine
51402II, page 867; A. Schultens, Index geogr, à
51403la
51404suite de
51405la Vie de Saladin, par Boha-eddin
51406, au mot Baçourum.
51407<aj> Le mot j»Uj est le nom d’action de la sixième forme du verbe JL» f
51408aussi est-il écrit ainsi dans l'original,
51409.
51410<i6> Le mot ùyj a été pris par M. While pour un nom
51411propre
51412;
51413il
51414a
51415traduit en conséquence , vir quidam de Zabuna. M. Wahl a cru qu'il signifioit
51416des gens de même religion; ce qu’il a exprimé par
51417les mots «in tHann non
51418feinen ©loubcnogcnofTen. A1 . Jahn a indiqué, dans le Dictionnaire joint à sa
51419Chrestomathie Arabe, trois significations du mot yyj
51420: maltz indolis camela
51421perçutiens mulgentem ; quocum negotium habes ; prttHum
51422in quo komines colli-
51423duntur. Je me suis étendu fort au long sur la signification du mot uyj dans
51424ma Chrestomathie Arabe. Parmi
51425les diverses
51426significations de ce mot que
51427j’ai indiquées , celle qui convient ici est celle de chaland, que
51428j'ai tirée d’un
51429Dictionnaire François- Arabe manuscrit. Elle m’a été confirmée par D. Gabriel
51430Taouil. a uyj
51431, m’écrit-il , signifie fort bien, ainsi que vous me le marquez,
51432» les pratiques d'un marchand, ou les gens qui achètent habituellement du
51433» même marchand , ou encore ceux qui s’adressent continuellement au même
51434n médecin, enfin ceux qui s’adressent pour un même travail au même artiste. »
51435On dit au pluriel
51436.
51437r u*-
51438Ltt.
51439Ar.
51440L*t.
51441Ckrtstom .
51442Aral,
51443tucaumoj. p.itj.
51444Tomt III , p. jjj.
51445<iy> Le mot >— est pris ici dans le sens que j’ai indiqué précédemment,
51446en parlant du mot jy~*
51447. Voye^ la note <15» du chapitre
51448II du
51449II.* livre de cWmuuf. jf7 .
51450cet ouvrage, et la note <70 du même chapitre.
51451Wn«r,, i,7.
51452<a8> Le texte d’Abd-allatif serait un peu louche
51453ici ,
51454si l’on ne voyoit
51455,
51456par
51457le mot La! qu'il emploie plus loin
51458, que
51459la personne qui avoit invité le
51460médecin k venir voir un malade, doit être distinguée du malade lui-même.
51461J'ai ajouté quelques mots dans
51462la traduction
51463, pour
51464lever toute équivoque.
51465«9>
51466J’ignore ce qui a pu engager M. White à traduire ainsi, ita tamen
51467ut nu/la
51468insequerttur gangrcena ; et
51469je ne comprends
51470pas mieux comment
51471M. Wahl a vu dans ce texte, que l’intention du malade n’étoit pas de tuer
51472le médecin [1]. Le texte ne présente, ce me semble, aucune difficulté.
51473ot-r-jt*-
51474[>]
51475Stimtf
51476,
51477><s
51478trm n jeîidj
51479sicél 4«f Cruurtmj
51480«Èjtfi&rn wJr, Uurtt Usjt.
514810
51482ij
51483'!
51484Digitized by Google
p. 467
514854 3^
51486RELATION DE L'ÉGYPTE.
51487—
51488<30> Au
51489lieu de Usj>. qu’on
51490lit
51491ici dans
51492l’édition
51493in - 4..' ,
51494il
51495fam t;„
514961 IVRE
51497II
51498i
51499*
51500t
51501»
51502iuCj
51503cHAfiTiE lit
51504comme dans le manuscrit et l'édition in- 8.•
51505,
51506lü> , de la racine ôj
51507.
51508<3*> Les mots .L«.
51509sont omis dans
51510le texte de
51511l’édition
51512in-q:,
51513entre les mots
51514et
51515; cependant ils ont été exprimés par Al. White
51516danS Sa traduction - totiatli enim tjus tollisi erant. Comment M. Wahl a-t-il
51517pu s’imaginer de traduire ainsi [.], et On le châtra sur-le-champ, et on lui
51518» arracha les deux dents de devant
51519\ »
51520*3^ Ce vent , nommé par les Turcs samm-ycl Jj ^ , est assez connu par
51521les récits des voyageurs.
51522Il me suffira d’indiquer ici ce qu’en dit M. Niebuhr
51523dans sa Description de l’Arabie.
51524<33> M. White a traduit
51525: In Ægypto perraro acciderat tanto cum
51526irnpttu
51527terra motus.
51528Il faut prononcer uaJÜ
51529, comme porte le manuscrit, et non ôivï,
51530comme paroit avoir fait M. White, et rendre ce verbe par le présent, et non
51531par un temps passé.
51532<34> On lit dans le manuscrit , o^j-4
51533, et non ejj<y£ , comme portent mal-
51534i-propos les deux éditions.
51535<35> Je pense qu’Abd-alIatif entend par les pays des Francs
51536,
51537les
51538villes
51539que les t rancs possédoient alors dans la Syrie et la Palestine, par opposition
51540aux parties de ces provinces qui étoient possédées par les Alusulmans.
51541<3ô> M. White a traduit ces mots de
51542l’original
51543Je
51544ujiUj,
51545Sar'aS?"'
51546^3r ceux'c>»
51547l‘!tori sunt naves iUisee ; et M. Wahl a adopté un sens peu dif-
51548férent, en disant
51549: Les navires se hâtèrent de regagner la terre {»]. Cependant,
51550en examinant bien attentivement
51551le texte
51552, je suis persuadé que
51553l'auteur a
51554voulu dire que la mer s’entr’ouvrit d’une manière si effrayante , qu’en quelques
51555endroits les eaux s’étant élevées comme de hautes montagnes
51556, les bâtimens
51557se trouvèrent à sec sur le fond de
51558la mer.
51559II
51560est
51561plus aisé de sentir ce qui
51562nie détermine à entendre ainsi ce passage
51563, que de le bien développer
51564: ce-
51565pendant on peut observer que
51566le mot
51567ne sauroit donner le sens que
51568Al. White a admis
51569,
51570et que la préposition Je
51571s’oppose à ce quon adopte
51572celui qu’a exprimé Al. Wahl. On
51573rendro.it assez exactement l’idée de l’ori-
51574ginal en latin, en disant, quofactum
51575est ut naves in terra jam consistèrent.
51576»tt»R
51577“** *«* ‘N
51578I M î>ir
51579«ut*
515801
51581*“*
51582I
51583i
51584i
51585»
51586Digitized by Goo<jle
p. 468
51587I
51588RELATION DE L’ÉGYPTE.
51589^39
51590<37>
51591II faut lire, comme dans le manuscrit,
51592, au lieu de
51593, que
51594portent les deux éditions.
51595<38> Ces expressions sont sans doute imitées de ce qu’on
51596lit dans i'Alco-
51597ran,
51598sur. jj,
51599v. y et /«[•].
51600<39> Je ne m’arrête pas sur les noms de lieux généralement connus. Comme
51601Barin n’est pas de ce nombre, j’observe que c’est le nom d’une ville et d’une
51602forteresse peu éloignées de Ilamat,
51603sur lesquelles on peut consulter Abou’I-
51604féda, Tabula Syrice
51605,
51606p. 107, et VJndex gtographicus de Schultens,
51607îi la suite
51608de la Vie de Saladin, par Boha-eddin, au mot Barinum.
51609t
51610<4o> M. White a conservé
51611le mot Kilasa comme un nom propre,
51612ici
51613et
51614dans
51615ia traduction de
51616la
51617lettre écrite de Damas. M. Wahl, dans
51618les deux
51619endroits , a traduit les églises ; ce qui est inadmissible. J’observe d'abord qu’il
51620faut prononcer, avec le manuscrit, Callaslh i-Së
51621; et en second lieu, que
51622la forme de ce mot indique suffisamment
51623qu’il doit
51624signifier un Heu où Ion
51625prépare la chaux , un chaufour. De ,jX_ chaux doit se former j-Cdf chaufour-
51626nier, et de celui-ci, i—Si" chaufour
51627,
51628ou Heu où
51629l’on travaille ta chaux.
51630Thévenot a donné une longue description des procédés par lesquels on
51631prépare
51632la
51633chaux
51634en
51635Perse
51636,
51637et quelques
51638détails
51639sur
51640la manière dont on
51641l’emploie h Damas et à Alep pour blanchir les murailles. Le docteur Russell
51642,
51643dans son Histoire naturelle d'Alep , remarque que près des murs d’Alep
51644,
51645au sud-ouest de
51646la ville,
51647il y a des fours h chaux qui sont dans une con-
51648tinuelle
51649activité;
51650et M.
51651Niebuhr, dans
51652son plan du Caire,
51653fait observer
51654un chaufour h
51655l’est de
51656la
51657ville,
51658entre les murs et
51659KaTtbay. Un naturel du
51660Caire m’a assuré que les lieux où l’on prépare
51661la chaux se nomment com-
51662munément en Egypte ^jJkUî Jju
51663;
51664mais qu’en Syrie on
51665les nomme i—Sf .
51666On se
51667sert
51668aussi du mot jUj. pour signifier chaufournier. Au reste,
51669il n’y a
51670point de doute sur la signification du mot i-Üï' , comme nom appellatif ;
51671mais
51672ici ce doit être un nom propre.
5167311
51674est parlé de Yétang de la Cal/asèh,
51675comme faisant partie de
51676la grande mosquée de Damas, dans le Culistan, à
51677l’occasion « d’un religieux du mont Liban
51678, qui
51679, étant venu à Damas ,
51680et
51681» étant entré dans la djami
51682,
51683fit
51684ses ablutions sur
51685le bord de l’étang de la
51686Ijy »LaJI jff prf
51687C*3
51688MSalif.
51689Prntra.
51690e«vp*- r
51691jj
516921
51693»
51694as-
51695lroy. avisant,
51696Alitw* eti VJ2J ,
51697t. ///
51698, f. Jpo.
51699nu.f.jt.
51700Thtnat. Hht.
51701tfAltppa , 2 .' /</.
517021. /. f
51703. *».
51704Vtyetgt en Ar.
517051. 1 , fl. Xi! 2.
51706AtustnJ. SnJi
51707Posar.
51708polit,
51709tic.
517101
51711.1
51712!
5171311
51714Digitized by Google
p. 469
51715LIVRE
51716H.
51717CHAPITRE III.
51718Com. jan».
5171960.
51720Com. *o4t
517211 174.
51722Vira et res gestm
51723«WaJin. p 27f;
51724An». Mal. t./V
51725,
51726F '*+
51727Com. dre.
517281 ipj.
5172944o
51730relation de
51731l’égypte.
51732» Callasih [>]. » Gentius remarque à ce sujet que, lorsque l’on construisit h
51733djami de Damas, on amassa près des murs une grande quantité de chaux,
51734ce qui fit donner
51735à cet endroit le nom de Callasih ; que, dans la suite, en
51736l’année 555, Nour-eddin Mahmoud fils de Zenghi
51737fit bâtir sur cet emplace-
51738ment un collège qui porta le même nom
51739; que ce collège ayant été brûlé en
51740l’année 570 , Saladin le
51741fit reconstruire , mats sur un plan plus petit. Dans la
51742cour de ce collège , ajoute Gentius , il y a une citerne profonde de deux à trois
51743pieds , où les Musulmans font leurs ablutions avant d’entrer dans la mosquée
51744qui a une porte de communication avec le collège. Ce fut l’imam de la mos-
51745quée Callasih qui assista Saladin dans ses derniers momens.
51746Ebn-Khilcan, dans la Vie de Saladin, s’exprime
51747ainsi
51748: « Un antre que
51749»
51750( Boha-eddin )
51751fils de Schaddad dit
51752: Saladin demeura enseveli dans la cita-
51753» delle de Damas, jusqu’à ce qu’on eut bâti un dôme [une chapelle ] pour
51754» lui au nord de la Callasih
51755,
51756qui est elle-même au nord de la djami de Damas.
51757» Cette chapelle sépulcrale a deux portes; l’une donne dans la Callasih. et
51758» l’autre sur une rue qui
51759n’est point ouverte et qui
51760est voisine du collège
51761x> Aijiiyyih. Je suis entré
51762( c’est toujours Ebn-Khilcan qui parle
51763) dans cette
51764» chapelle par
51765la porte qui donne dans
51766la Cûllcsth
51767:
51768j )
51769ai
51770lu
51771i Àlcoran
51772h l’intention de ce prince, et imploré pour lui la divine miséricorde. La
51773» nistrateur de cette chapelle m’a montré un paquet qui renfermoit les
51774» qu’il avoit portés
51775;
51776il y avoit une camisole courte, jaune, ave
51777^
51778e
51779011
51780» manches noir
51781: je me suis estimé très-heureux de les toucher,
51782aut
51783J
51784ss cité ajoute
51785: Le corps de Saladin fût enlevé du lieu où
51786il étott ensev
51787»la citadelle, et transporté dans
51788cette chapelle au jour d asc,ou
51789» moharram], un jeudi de l'année 592- On établit en ce
51790teu
51791» de l’Alcoran , et des personnes pour le desservir M- ”
51792J*» cjljJ-* jljjGC']
51793Ceit par crreuTquc, dans
51794le Gulutan, on
51795a imprimé
51796CjlkLJt u! f
51797alj-a ^pl
51798Jlï M
51799JL JUj' wl
51800(jJoJI
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51811;;
51812'
51813trUâ ***
51814' JTV
51815Aujourdnui
51816Digitized by Goog
p. 470
51817J
51818RELATION DE l’ÉGYPTE.
5181944 *
51820Aujourd’hui
51821il y a encore à Damas , ainsi que je l’ai appris de D. Gabriel
51822-
51823.
51824• «
51825Taouil
51826, natif de cette
51827ville
51828, « une rue que l’on nomme ta me de Callas'th,
51829LIVHE **
51830aunni lit.
51831» et dans cette rue un couvent connu sous le même nom t bien doté, ou
51832» l’on donne l'hospitllité aux étrangers , et où l’on enseigne diverses sciences
51833,
51834» comme la lecture
51835( de l'Alcoran)
51836et la grammaire [0- »
51837<40
51838l'ôyrç, sur
51839l’hôpital de Damas, ou morestan
51840,
51841comme l’on prononce
51842ce mot par corruption de bimaristan
51843, Thévenot, Voyage au Levant,
51844t. III, p. 67 et suiv.
51845« A Damas
51846, dit Khalil Dhahéri ,
51847est le bimaristan
51848,
51849établissement qui n’a
51850M‘*. Ar. a, u
51851«jamais eu son pareil dans le monde.
51852II est arrivé, à ma connoissance , à
51853h.-s9lTrM*‘"'.
51854» l’occasion de cet hôpital , une aventure assez bizarre que je veux rapporter.
51855» En l’année 83
518561
51857, je vins à Damas; j’avois avec moi un particulier, Persan
51858Com. «t. 14,7.
51859» d'origine, homme de talent, de goût et de beaucoup d’esprit. Il faisoit cette
51860» année-là le pèlerinage de la Mecque , et pratiquoit tous les rites de cet acte
51861» de religion qui sont
51862prescrits par les quatre
51863sectes orthodoxes ,
51864se con-
51865» formant à toutes les quatre en même temps. Quand
51866il fut entré dans cet
51867« hôpital
51868, et qu’il eut vu les alimens que l’on y distribuoit, et toutes les corn-
51869» modités et les douceurs dont on y jouissoit et qu’on ne sauroit nombrer
51870,
51871» il conçut le désir d’y demeurer , contrefit le malade , et y resta pendant trois
51872«jours. Le médecin étant venu à
51873lui pour savoir quelle
51874étoit sa maladie,
51875« et
51876lui ayant tâté
51877le pouls
51878, reconnut ce qui en étoit , et lui prescrivit de
51879«prendre ce qui lui plairoit d’alimens, de poulets fins, de confitures, de
51880i—iJUJIj
51881Jib ^ JU u
51882f-r*
51883j
51884**-*’**'
518853
51886^
51887o*
51888Le mot
51889iditt
51890, que fai traduit par » paquet,
51891est
51892le mot Turc ujéjS
51893. dont
51894(a lignification
51895propre «t une enveloppe qui sert à empaqueter des
51896hardes. Ottc expression m’avoit embarrassé
51897dans un passage de Soyouti , que j'ai cité dans
51898ma Chrcstomathic Arabe ( 1. 1/ , p. +2$}; et
51899il
51900fout réformer
51901ce que
51902j'y
51903ai
51904dit
51905à ce
51906sujet.
51907Russell
51908, dans son Histoire
51909naturelle d'Alep .
51910écrit ce mot
51911hokgt juaAu
51912a
51913à la manière
51914de*
51915Arabes , et en donne l’explication. Voyet
51916the
51917nos. Hiu. ofAleppo
51918,
51919*.* édition
51920,
519211. 1 , p. 379.
51922*—MtM cJ
51923f CO
51924jj
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51933Digitized by Google
p. 471
51934LIVRE
51935II.
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51943impériale
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51956et té.
51957Vpy. nu Lr\mnt
51958,
51959». /// , p. ip.
51960RELATION DE LÉGYPTE.
51961» sorbets ,
51962et de fruits de
51963toute espèce. Trois
51964jours
51965s'étant
51966écoulés,
51967il
51968lui
51969» écrivit une ordonnance dont le sens étoit, qu’un hôte ne doit pas rester
51970» chez celui qui
51971lui accorde l'hospitalité
51972, au-delà de trois jours ... On dit
51973» que depuis que cet hôpital a été construit, le feu ne s'y est jamais éteint. »
51974<42>
51975C’est la 18 / surate de PÀlcoran, qui est ainsi nommée, parce quelle
51976contient
51977l’histoire des sept Dormans
51978et de
51979leur
51980séjour dans une caverne.
51981M. Wahl a inutilement cherché dans ce chapitre de PAlcoran quelque chose
51982qui eût rapport avec le tremblement de
51983terre dont
51984il est ici question ;
51985il n’a
51986pris cette peine superflue que parce qu’il n’a pas saisi le sens de cet endroit,
51987qu’il a traduit ainsi
51988: « Un de mes amis comparoit ce tremblement de terre,
51989>s à raison de sa force et de sa violence, avec ce qu’on
51990lit dans la surate rnri-
51991jj tulée Etkihifli'i.
51992j>
51993<43> La grande mosquée de Damas est comptée, par les écrivains Arabes,
51994au nombre des merveilles du monde. «
51995Il y a, dit Kodbai, cité par Maliizi,
51996» trente merveilles dans tout l’univers, dont vingt en F-gyi>te , « d,x <lan:> le
51997jj reste du monde. Ces dernières sont la mosquée de Damas ,
51998I église d Edesse
51999,
52000>j le pont deSandja, le château deGomdan, l’église de Rome, &c. » Golius,
52001dans ses notes sur Alfergan
52002, ne compte que quatre
52003merveilles du monde
52004,
52005qui sont, le phare d’Alexandrie , le pont de Sandja
52006,
520071 église
52008d F.desse
52009mosquée de Damas.
52010Khatil Dhahéri
52011réduit
52012le nombre de ces
52013tnervei
52014trois
52015: ce sont, suivant lui,
52016le phare d’Alexandrie, la mosquée de
52017amas
52018les bains de Tibériade. Abou’lféda , dans sa Description de
52019la
52020) ne ,
52021l’histoire abrégée de la mosquée de Damas
52022,
52023et parle du dôme ine
52024>
52025I
52026au-dessus du mihrab ou sanctuaire. Abou'lféda dit aussi que le k
52027a
52028fils d'Abd-alméiic fit couvrir cette mosquée en plomb. T hévenot, qui
52029donné une description détaillée de cet édifice,
52030tel quil étoit de so
52031l
52032>
52033dit que, vers le bout de
52034la cour de cette mosquée,
52035il y a une petite c
52036p
52037avec son dôme couvert de plomb , qui est soutenu de plusieurs co
52038. ^
52039marbre; il ajoute que cette chapelle étoit, à ce que Ion croit,
52040e
52041du temps que cet édifice appartenoit aux Chrétiens. Je ne pense P ^
52042dôme soit celui dont parle l'auteur de la lettre rapportée par A
52043<44>
52044Djiroun est le nom d’un ancien édifice de Damas
52045,
52046et
52047il p
52048fl
52049k
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52062Digitized by Goog/e
p. 472
52063RELATION DE
52064L EGYPTE.
52065443
52066cet édifice a communiqué son nom k une porte de
52067la grande mosquée de
52068Damas
52069et & l’une des portes de la ville.
52070Suivant Masoudi, Djiroun étoit un fils de Saad
52071fils d’Ad, qui vint s'établir
52072à Damas , y construisit un édifice orné de colonnes de marbre , et lui donna
52073le nom d'Irem dhat a/imad. « Cependant
52074, ajoute Masoudi , on rapporte
52075,
52076» sur l'autorité de Caab
52077, surnommé Akhbar ( voye^ d’Herbelot , Bibliothèque
52078» Orientale
52079, au mot Ad), une tradition fort differente sur Irem dhat alimad.
52080» Ce lieu existe encore aujourd’hui, en l’année
520813 32, à Damas
52082: c’est un des
52083» bazars de cette ville, siluq,près de l'une des portes de la grande mosquée,
52084» porte qu’on appelle Djiroun. Bab-Djiroun
52085,
52086qui est un grand
52087édifice,
52088étoit
52089» le
52090palais du
52091roi dont
52092il
52093vient d'être parlé. Ce palais avoit des portes de
52094» bronze d’un
52095travail admirable. Les unes sont encore à leur place, et les
52096» autres sont employées k la mosquée. »
52097*
52098Makrizi, parlant de sept temples construits en l’honneur dfl sept planètes,
52099dit
52100: « Le troisième, consacré à Jupiter, étoit k Damas
52101;
52102il avoit été construit
52103s> par Djiroun
52104fils de Saad
52105fils d’Ad. Le lieu qu'il occupoit est aujourd’hui la
52106ss mosquée des khalifes de la famille d’Omayya. »
52107Khalil Dhahéri parle ainsi de Damas
52108: « Dans cette ville est une mosquée
52109s> qui
52110n'a point sa pareille dans tous
52111les pays Musulfhans
52112;
52113il n’y en a pas
52114ss non plus dont
52115la position soit dans un lieu plus riche en bénédictions. Les
52116ss murailles [de cette mosquée]
52117et
52118le dôme qui est au-dessus du mibrab
52119,
52120ss dans le sanctuaire, sont des restes de la bètisse des Sahéens. C’étoit pour
52121ss eux un
52122lieu de
52123prière.
52124Il passa ensuite entre
52125les mains des Grecs, qui y
52126ss pratiquèrent leur culte avec beaucoup de magnificence. Après cela, il tomba
52127ss au pouvoir des Juifs et des rois des idolâtres. Ce fin en ce lieu que fut tué
52128ss Jean fils de Zacharie ; et sa tête fut placée sur l’une des portes de la mosquée
52129,
52130ss porte qu’on appelle Bab-Djiroun. Les Chrétiens s’emparèrent ensuite de cet
52131ss édifice , et le consacrèrent k leur culte. La religion islamique étant survenue,
52132ss ce lieu passa aux Musulmans
52133, qui en
52134firent une mosquée. Ce fut sur la
52135ss porte nommée Bab-Djiroun
52136,
52137que
52138fut placée la tête de Hosaïn
52139fils d’AJi,
52140ss au même endroit où avoit été mise celle de Jean
52141fils de Zacharie,
52142ss
52143Abou'lféda dit la même chose dans sa Description de la Syrie.
52144Il n’y a point lieu de douter, d’après cela
52145, qu'une des portes de la djami
52146de Damas n’ait porté
52147le nom de porte de Djiroun. J’ajoute que ce nom a été
52148aussi celui d'une des portes de la ville. Djewhari * le dit positivement. M.Jahn,
52149Kkk*
52150LIVRE
5215111.
52152CHANTRE III.
52153Mam. Ar. <tt ta
52154PHt.
52155impériale
52156,
52157vtri».
52158Cou». HT*
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52177Digitized by Google
p. 473
52178LIVRE II.
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52180III.
52181La,
52182Ar.
52183Imx.
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52191Aféit. Ar. dt U
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52194.
521957*7
52196444
52197RELATION DE LÉGYPTE.
52198dans le Dictionnaire dressé pour sa Chrestoinathie Arabe , dit aussi
52199, et vrai-
52200semblablement sur l'autorité de M. Aryda, Maronite
52201: Djiroun , nomen porta
52202Damasci. Enfin D. Gabriel Taouil , né à Damas , m’a donné les renseignement
52203suivant
52204: « Djiroun est un vaste et ancien édifice, couvert deVoits, et renfer-
52205» niant dans son intérieur, tant à droite qu’à gauche
52206, des lieux d'aisances,
52207» au-dessous desquels passe sans cesse une partie de la rivière de Damas, pour
52208» entraîner les immondices et maintenir la propreté de ces lieux d'aisances.
52209» Tout près de lit se trouve une porte de la ville, qui conserve le nom de cet
52210» édifice , et s'appelle
52211, pour cette raison , Bub-Djiroun. Cette porte est bltie
52212» sur l’ancien ou primitif rempart de la ville
52213, qui se trouve actuellement dans
52214» l’intérieur de Damas. Au-dehors de ce rempart , on voit
52215le nouveau , bâti
52216» dans
52217le temps de la première croisade. »
52218Cet édifice
52219, qui sert aujourd’hui de latrines publiques
52220,
52221étoit sans doute
52222autrefois un baaar ou marché couvert , et celui-là même dont parle Masoudi.
52223Il
52224fut consumé par un incendie en
52225l’an
522265 59 de l’hégire
52227: du moins «ois-je
52228pouvoir conclure cela d'un passage d’Abou-Mohammed Abd-alrahman ben-
52229Ismail
52230, plus connu sous le nom d’Abou-Schama Mokaddési
52231,
52232c’est-à-dire, de
52233Jérusalem, qui, dans son Histoire de Nour-eddin et de Salah-eddin, intitulée
52234Kitab ahaudhatain Ji akhbar aldaulatdin [], dit
52235: « Au mois de dhou Ihiddjèh
52236» de cette année (559), après qu’Asad-eddin fut de retour à Damas
52237, un in-
52238r> cendie consuma Djiroun. »
52239Puis
52240il ajoute
52241les vers suivans
52242,
52243faits à
52244cette
52245occasion par un poète nommé Arkala
52246, et qui faisoient partie d’un poème
52247composé à la louange d*Asad-eddin
52248:
52249La malignité du tort s'est appesantie sur Djiroun ;
52250il a fait vider aux habi-
52251tant de ce Heu la coupe du
52252trépas. Djiroun
52253étoit un paradis;
52254il est devenu un
52255enfer dont
52256les flammes ont dévoré tous
52257les cœurs plongés dans le chagrin. Qui
52258pourrait ne pas verser des larmes sur la ruine de Djiroun
52259, qui charmait tous h s
52260yeux des habitant de Damas! Qu'il étoit beau ce château solidement bâti , qui
52261faisoit la gloire de
52262tous les autres châteaux ! Quelle épée a osé s élever contre
52263le palais de Setfeddaula (c’est une
52264allusion à ce nom, qui
52265signifie
52266I épée
52267de la religion
52268) !
52269Quelle audacieuse témérité a déclaré la guerre à ce redoutable
52270adversaire! Sesfeux qui réjouissoienl la vue ont disparu : on eût dit que c'étoienl
52271Digitized by Goo<Je
p. 474
52272RELATION
52273DE
52274l’ÊGYPTE.
5227544)
52276lesflux dt Le'ila qui brillaient aux yeux de Medjnoun : aujourd'hui règne h leur
52277place une sombrt obscurité. Que de riches sont tombés dans une affreuse pauvreté!
52278combien de pauvres se sont enrichis de leurs dépouilles! A chaque instant Djiroun
52279est ta proie d'un nouvel incendie ; plût à Dieu que je pusse savoir le sort qui lui
52280est réservé dats l'avenir ! Ces affreuses calamités sont la vengeance que U ciel
52281tire de nos iniquités :
52282voilà
52283ce que nous nous sommes attiré en buvant du vin et
52284en nous livrant à
52285ta joie
52286et aux
52287concerts. Cependant Asadeddin , le refige
52288et
52289l’espoir du pauvre , a, par sa prudence et son
52290courage,
52291repoussé tes progrès de
52292l’incendie
52293: un
52294roi a empêché,
52295en amenant en
52296ce
52297lieu des eaux courantes
52298, que
52299ses charbons ne portassent
52300le feu à ta sainte djami ,
52301et au
52302lieu
52303honoré par la
52304mort d’un illustre martyr. // puisait lui-même Veau et la portoit pour éteindre te
52305feu ; car cette porte éloit d’un grandprix à ses yeux , à cause de l’imam qui com-
52306battit à Siffn
52307( c’est-à-dire , d’Ali ) CO.
52308Thévenot
52309, qui
52310a donné une
52311description
52312fort détaillée de Damas
52313, des
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52346JL«i
52347Vtjrri. lur li bataille de Sign. Abou'lfcda,
52348Annal. Mail. lom.
52349I
52350, p. joj
52351, et Annal. Ailler.
52352p. 64. J'observequel’on doit, suivant Djcwhiri
52353O Firouzabadi
52354, prononcer ce nom de lieu Sigitt
52355ljS-n
52356,
52357et non pu Saffain, comme Ta prononcé
52358Reiske. Dan» ce dernier ver» , dont je ne sais si
52359j'ai bien rendu le sens , le poète me parait faire
52360allusion i la porte sur laquelle fut placée la tête
52361de Hosaïn
52362fils d'Ali,
52363LIVRE
52364II.
52365CHarmt* III.
52366UOOjoaI
52367ià-JI
52368tMS y* sjît cîà jj CO
52369•tJI 0
52370a—-I £jA) o^j
52371cil! Ô
52372J ca O^
52373JLaJ y— -
52374t)jje*- ifi
52375<-ij—» jW
52376Uy—^ 0‘X!S°
52377cî-J
52378t-
52379,
52380A-Jck «^xa^w»!
523810
52382efx. S* i’ J*?
52383La*le gjuoil Ljjàu V
52384t)j
52385*-*>
523863 ifj
52387yS
52388—A y-A» JÛ
52389y
52390!_•-
52391MO jl)
52392Lia*»
52393O)
523940
52395«J* uyjj
52396^yàijCf
52397t—|iij*i o—u.
52398ÜJ~
52399Jo
52400]/—fri* ci"' I*-*" t>* f
524016»
52402y
52403j* ci"' jë*3
52404Digitized by Google
p. 475
524054i6
52406RELATION DE
52407LÉCVPTE.
52408portes de celte ville et de ses mosquées , ne fuit aucune mention de la porte
52409de Djiroun
52410: mais, comme les noms qu’il assigne aux portes de
52411la
52412ville sont,
52413pour la plupart, des noms modernes donnés par les Turcs,
52414il
52415est possible
52416que fa porte de Djiroun y soit indiquée sous un autre nom plus nouveau. Ce
52417voyageur parle des portes de bronze qui ornent la grande indiquée.
52418<4$> On peut consulter, sur la position de Tebnin
52419,
52420A. Schultens, dans
52421XIndtx geogra/tkicus qui est b la suite de la Vie de Saladin
52422, au mot Tehinum.
52423au*.
52424A*
52425J,
52426L’auteur du Kamous n’indique pas la position de Tebnin
52427;
52428il
52429se contente de
52430j. g.
52431jjjg que c
52432>est une v i[]e qui a donné naissance à Ayyoub ben-Abi-Becr ben-
52433Hatlaba Tebnini. Au reste ,
52434la situation de Tebnin
52435est suffisamment
52436déter-
52437minée par les passages cités par A. Schultens.
52438<46>
52439Il
52440est singulier que
52441ni M. Wahl ni M. White n’aient reconnu que
52442yJ!
52443signifie la rue des Samaritains. Le nom seul de Naplouse prouve
52444que c’est-lï la vraie signification de ces mots.
52445<47> M. Wahl a cru que Beït-djann pouvoit être la ville de Scythopolis
52446,
52447nommée par les Arabes
52448, Bt'isan
52449.
52450Voici ce que D. Gabriel Taouil m’a appris
52451, relativement à ce nom :
52452«
52453Il y a trois villages nommés
52454Beit-djann <jL
52455, avec un fatka sur le
52456» djim. Le premier est situé dans le désert de Beïsan, au couchant;
52457il ren-
52458» ferme vingt maisons environ. Les invasions fréquentes qu y font le> Arabes
52459» du désert, obligent souvent
52460les
52461habitans à s’expatrier;
52462il
52463est éloigné de
52464» quatre heures de marche du village de Djénin
52465trèe-
52466•
52467second
52468s illage
52469,
52470» appelé
52471Beil-djann-elscham »LJI ^ o*J,
52472est
52473situé dans
52474la province de
52475s> Djoulan
52476(jVya.
52477, qui dépend de celle de Hauran o
52478'
52479au couc
52480^
52481ant
52482» de Damas , et renferme trente maisons environ. Enfin
52483le troisième ,
52484situé
52485» au couchant de Safad et
52486éloigné du second de cinq heures
52487de marche
52488» environ , contient à-peu-près cent cinquante maisons. »
52489Si ces trois villages du même nom existoient déjà du temps cTAI.d al ati
52490,
52491il est vraisemblable qu’il
52492s’agit ici du
52493troisième , qui , étant plus important
52494,
52495aura mérité une mention particulière.
52496<48> Le manuscrit porte (j-LIV,
52497;
52498et
52499c’est
52500ainsi qu’il faut lire,
52501et non
52502, comme porteuses deux éditions.
52503uv RE IL
52504CHAPITRE III.
52505Vpp. 4u Ltmnt
52506,
52507terne U , p. 6ft tl
52508tm'n. {
52509et
52510t. i/I
52511,
52512p. 44 et suh.
52513Digitized by Gooal
p. 476
52514RELATION DE
52515l’ÉGYPTE.
5251644?
52517<4ç> La position d ' Arka, ou plutôt, comme je
52518l’ai écrit, Irha, est déter-
52519minée par Abou’lféda
52520*
52521;
52522et
52523il me paroît que c’est la ville de Phénicie connue
52524sous le nom de Kfnn ou
52525,
52526et dont
52527il est
52528fait mention dans l’Itinéraire
52529d’Antonin. (Voyez Veter. Rom. ftiner. p.
525301 48 et 58}; Reland, Paltrst. illustr.
52531p. 575 ). Dans les Actes du concile du Liban,
52532tenu en 17 j6
52533, qui ont été
52534imprimés au monastère de Saint-Jean-Baptiste, dit Sc/iotvair, dans le Kesroan,
52535en 1788, sous le titre de jL-cJJI
52536i_,Lf , on trouve
52537,
52538/>. j07 , la signa-
52539ture d'Elit, métropolitain d'Jrka,
52540lijc.
52541^ Ul
52542.
52543<yo> Le nom de Sajitha se trouve joint à celui d' Oreiba dans Abou'Iféda *;
52544mais ce passage n'a pu fournir au savant Schultens
52545aucun moyen de fixer la
52546position de ces lieux.
52547D. Gabriel Taouii m’a appris que Sajitha est le nom d’un
52548village situé
52549sur la frontière du territoire de Safad et de la province de Hauran , mais qui
52550appartient
52551plutôt
52552it cette dernière province.
52553Il y a aussi
52554, comme je le tiens
52555du même D. Gabriel Taouii, un autre village du même nom dans la contrée
52556d'Acear jUâ
52557, au couchant de Damas et i quatre heures de marche de Tri-
52558poli de Syrie. Je suis porté
52559il
52560croire que c'est de celui-ci qu'il est question
52561dans la lettre rapportée par Abd-allatif.
52562<5 O On trouvera de grands détails sur la rhubarbe de Syrie ou ribas des
52563Arabes, i la fin de l’Histoire de la religion des anciens Perses, de Th. Hyde.
52564J’ajouterai seulement aux passages d'écrivains Arabes qu’il cite, ce qu'en dit
52565Ebn-Be'itar dans son Dictionnaire alphabétique des médicamens simples.
52566.
52567« Ribas. Cette plante ne se trouve ni en Espagne, ni dans le Magreb
52568;
52569» mais elle croît abondamment en Syrie et dans
52570les régions du nord
52571:
52572elle
52573» ressemble aux côtes de
52574la poirée
52575;
52576mais
52577elle est rude au toucher. » Ebn-
52578Bettar cite ensuite ce qu'en ont dit plusieurs médecins', et notamment Isaac
52579ben-Amran. Ces citations n’apprennent rien que l’on ne trouve déjà dans
52580les
52581textes rapportés par Hyde.
52582J’observe seulement que, dans ces
52583textes,
52584au lieu de >ut
52585,
52586il faut lire
52587.
52588On peut consulter sur le ribas le P. Ange de Saint-Joseph, Pharmacop,
52589Persica, p. 364
52590> et le F- Léandre de Sainte-Cécile, Palestina
52591, ovvero primo
52592Viaggio in Oriente, p. $7 (ce dernier en donne une figure, et nomme cette
52593plante planta di rabasio ) ; Rauwolf , Clusius , &c.
52594Je ne puis mieux
52595faire
52596, au
52597surplus , que de renvoyer
52598le
52599lecteur au
52600LIVRE
52601II.
52602CMAPITR6
52603111.
52604'Tai-Sjrr.p. itt,-
52605Si huhtns
52606, Index
52607grograph. mm met
52608Aria.
52609* Annal. Mcit,
52610tem. ill ,p, 6aj j
52611Fiftrptet ex Hhl.
52612unir.
52613Ahmtf.
52614Art
52615fia,
52616VHet Sm/mJ.
52617P +
52618h /ad. geagr. ad
52619fia.
52620Vitm
52621Sala*/,
52622ad meet
52623(Jrciba
52624et Sapbita.
52625Hbt.
52626ret.
52627art.
52628Ptre, pag. ju et
52629tef.
52630Man. Ar. Je ta
52631BUt.
52632impériale ,
52633».* fjt.
52634Hht.
52635tel. trier.
52636Pm./.yin,,/.
52637I
52638>
52639Digitized by Google
p. 477
52640LIVRE 11.
52641CHANTRE lit.
52642* Tomtl! , p. ut
52643et l*iv.
52644Tht moU- Hist.
52645»J Alrppo , l*M.
52646t. //, f. 1}!.
52647CMPt. / IH>
52648IM.
52649448
52650RELATION DE l’ÉGÏPTE.
52651Mémoire sur le rhrum
52652ribes Lin.
52653,
52654que M.
52655Desfoutaines a
52656inséré dans
52657les
52658Annales du Muséum d’histoire naturelle *
52659, et qui est accompagné d’une figure
52660de cette plante ,
52661dessinée d'après des individus venus de graines
52662recueillies
52663au mont Liban, et envoyées au Muséum en 1788 par M. Labillardière.
52664J’ajouterai seulement que le docteur Russell
52665,
52666ainsi qu’il nous l'apprend
52667lui-même , a cultivé cette plante à Alep , et l'y a lait venir de semences qu'il
52668avoit reçues des environs de Baalbec
52669:
52670il en a aussi envoyé en Angleterre
52671,
52672où elles ont poussé, et
52673il y en avoit deux pieds vivans en 1781.
52674<52> M. White a traduit
52675: Quorum numerus
52676tsstt fin ducentorum virvrvm
52677,
52678quanquam
52679alii eum perhibent etiam rnajortm fuisse. M. Wahl,
52680au contraire,
52681avoit cru que notre auteur vouloit dire qu'// avoit péri en
52682cette occasion deux
52683cents personnes, à moins que , comme
52684il arrive d'ordinaire, ceux qui racontoient
52685cet accident ne l'eussent enflé dans leur récit []
52686: mais , si
52687I on fait attention que
52688,
52689dans IaSj
52690, le pronom afifixe U ne peut se rapporter qu’au tremblement de
52691terre «JJjil , on verra que cette dernière phrase ne se lie point avec celle qui
52692la précède , mais termine tout ce que l’auteur de la lettre avoit à dire du trem-
52693blement de terre de ce jour-là. Aussi
52694parle-t-il ensuite des secousses qu’on
52695ressentit
52696les jours
52697suivant
52698;
52699et
52700il est bon d'observer qu il emploie
52701le verlie
52702cmUI au féminin, comme l’affixe dans Uîjix*,
52703sans, pour cela, répéter le
52704mot
52705.
52706<}}> Le
52707sens de ce
52708passage
52709a mieux
52710été
52711saisi par M. Wahl que par
52712M. White
52713:
52714ni
52715l'un
52716ni
52717l’autre cependant n’ont cru que le mot
52718<_,LT
52719désignât un ouvrage déterminé. M.. White a traduit, in autoribus anatomichj
52720tandis que l’arabe porte au singulier,
52721liber de anatomia. M. Wahl a traduit
52722d’une manière vague, un
52723traite d'anatomie [»]. Pour moi
52724, je suis convaincu
52725qu’il
52726s’agit ici du traité de Galien de anatomicis administraùonibus
52727,
52728et fat,
52729en conséquence
52730, indiqué cet ouvrage dans ma
52731traduction. Quant à ce qui
52732suit
52733, que M. White a rendu ainsi , contre l'intention bien sensible de
527341 auteur,
52735eb qu'od verba non sufficcrent ad rem quee ante oculos versaretur
52736, accurati
52737dtscri
52738bendam
52739,
52740il est singulier que ce savant n’ait pas vu qu Abd-allatif énonce ici
52741la même vérité qu’il répète un peu plus bas en d’autres termes rendus
52742par M, White,
52743est quippe oculus dux fldelior quhm aufit •
52744et quil auro*
52745IO*iiuani«Iito»ii
52746wrantlrtînltUr
52747I
52748i "*•<*'
52749*“ **
52750'J**?'
52751"
52752Wt ®«4 ( «i*t «U eft
52753|ii
52754pfltjt, j.éSct
52755I
52756[»] tto «nUotufi» »«*•
527571
52758Digitized by Googje
p. 478
52759n
52760RELATION DE
52761L’ÉGYPTE.
52762449
52763plus exact de traduire
52764: Sensitus tnim miusjidcs habilur, quam aliorum verlis
52765qua auribus ptrcipiuntur.
52766uv 1<F "
527671
52768*
52769'
52770CHAriTRft UL
52771<$4> Le fait que rapporte ici Abd-allatif, m’en rappelle un autre dont j’ai
52772déjà
52773fait mention
52774,
52775sur
52776l'autorité d’Ebn - Haukal
52777et de Masoudi, dans ma
52778Notice de
52779la traduction Angloise d’Ebn-Haukal par M. Ouseley *, et dans
52780. Ptt„
52781!f
52782,f
52783ma Chrestomathie Arabe
52784k
52785. Suivant ces écrivains,
52786la
52787ville de Tennis
52788étoit
52789autrefois un lieu où
52790l’on déposoit les corps morts que l'on y
52791entassoit par
52792f
52793'u "
52794étages les uns sur les autres,
52795et ces collines formées de cadavres humains
52796* P*n.
52797u
52798, P
52799w
52800portent le nom d’Aboulctmm ou Dhal-ahoum. Je crois devoir donner ici le
52801passage d’Ebn-Haukal , tel qu’il se trouve dans le manuscrit de la bibliothèque
52802de l’université de Leyde. « A Tennis , dit Ebn-HaukaI
52803,
52804il y a deux grandes
528054r». a,, a, u
52806» collines
52807bâties de corps morts appuyés les uns sur les autres
52808: on nomme
52809U>J' '
52810* ces deux édifices boutoun
52811,
52812et il semble qu’ils doivent être antérieurs à Moïse
52813» et à sa mission; car, du temps de Moïse,
52814les Egyptiens, conformément
52815» à leur religion , enterroient les morts
52816: les Chrétiens, qui leur succédèrent,
52817» observoient aussi la même pratique religieuse;
52818après eux, ce pays a passé
52819» aux Musulmans. Ces cadavres sont couverts de linceuls d’une toile grossière
52820» et rude au toucher
52821:
52822leurs crânes et leurs ossemens conservent encore de
52823n nos jours leur dureté [].
52824a;
52825Le monceau de cadavres dont parle ici Abd-allatif, paroît avoir beaucoup
52826d'analogie avec ces montagnes de cadavres humains de Tennis.
52827Il est singu-
52828lier que notre auteur ne dise point de quelle manière ou par quelle
52829cir-
52830constance un pareil amas de plus de vingt mille cadavres amoncelés avoit
52831été découvert et exposé à la vue des habitans des lieux voisins. On peut voir,
52832dans ma Notice de l'ouvrage de M. Ouseley, la conjecture que j’ai hasardée
52833sur ces montagnes de cadavres humains de Tennis,
52834tjl
52835;*»» fcjlfciù» O'ÙL
52836jj [0
52837J*-** Jl jA-*? tH>>“
52838uüi CJjCi yl «-Wj
52839fc)IU»JI t)liX*
52840J>! (jV I-Smj
52841fcçic »l
52842ify» J*» if
52843(f u—»i>Jl
52844>a u If ify
52845j
52846if-Jl if± if u'—*^=>1 |ê~lcj
52847lo»
52848Jl
52849Lus
52850j^'l^j
52851Au lieu de (jyjjJ » on lit* dans l'ouvrage de
52852M.Ouieley,
52853daru Masoudi
52854,
52855j]
52856et
52857cj
52858*
52859î
52860• Je conjecture qu’Ebn-Haulud
52861a écrit
52862pour^yî.
52863LU
52864i
52865Digitized by Google
p. 479
52866LIVRE
52867IL
52868CH A PI ! H K 1IL
52869Cal. de esilam
52870nature
52871,
52872e. 6 , im
52873Ofer. Hlapacr. et
52874CalJ. IV, f. si.
52875Trait/ 1emptrt
52876d'aaatamie
52877,
5287844, 1. 1, f. 6f.
52879Ci-dtraWt f. i^i.
52880Cèdcraat p.
528817'/ah* templet
52882d mitai,
52883M
52884t
52885t. /
52886, p, jj.
52887450
52888RELATION
52889DE L’ÉGYPTE.
52890<5 Î>
52891II faui lire
52892, comme porte le manuscrit, au lieu de J*»» quon
52893lit dans les deux éditions.
52894M. White a eu tort de faire un alinéa au mot tri) à oju ^
52895; mais cela vient
52896de ce qu’il n’a pas saisi le sens de cet endroit.
52897<y6> Je ne
52898sais pourquoi M. White a
52899traduit
52900Js3l par
52901l min
52902:
52903il
52904est
52905certain que ce mot veut dire ta totalité des anatomistes , comme
52906le prouve
52907l’espèce de correctif qu’ajoute Abd-allatif. Voici le passage de Galien qu’il a
52908eu en vue : Nequt maxilla inferioris os simplex est, ut cuipiam videatur; id nam-
52909que coctum in mento summo laxatur, ut id coaluisse manifeste conspiciatur[‘].
52910« La mâchoire inférieure, dit M. Sabatier, est composée, dans les jeunes
52911» sujets, de deux pièces qui s'unissent avec l'âge, de manière qu'il n'est plus
52912» possible de les séparer
52913; et alors elle ne présente plus qu’un seul os, dont
52914» la figure approche de celle d’un
52915fer à cheval
52916On considère à la
52917» mâchoire inférieure un corps et deux branches. Le corps en fait la partie
52918» antérieure, et les branches la partie postérieure. Le corps se trouve comme
52919» partagé dans son milieu par une ligne un peu saillante, qui marque l’endroit
52920» de l’union de» deux
52921pièces
52922qui composent la mâchoire dans les enfans:
52923» c’est cette ligne qu’on nomme la symphyse du menton. »
52924<S7>
52925sut le sens de cette formule *1 »ta
52926L.
52927, la note <6a> du cha-
52928pitre IV du livre I.", et la note <4j> du chapitre II de ce second livre.
52929<j8> On
52930lit, dans les deux éditions,
52931• C'est une faute ; fl faut lire,
52932comme dans le manuscrit ,
52933.
52934<J9> Le manuscrit porte Ju
52935, sans points diacritiques ; U faut lire fil
52936,
52937et non fix , comme on a imprimé dans les deux éditions.
52938<6o>
5293911 me paroît certain que
52940les mots
52941et jjï signifient
52942le» deux
52943variétés de synarthrose nommées par les anatomistes engrenure, et que Ion
52944distingue par les épithètes de profonde et de superficielle. » L engrenure a lieu,
52945»dit M.
52946Sabatier, quand
52947les os
52948se joignent ensemble par des avances
52949et
52950» des enfoncemens en manière de tenons
52951et de mortaises. On lut donne
52952C0 Oil/l'dTÎr«aii,j»Vwr«îM
52953'o,irtî,
52954I
52955**7 if' »V«'. «f tainSxu
52956•«
52957t* il
52958Aijwir
52959•
52960}£ j, tï» A«Avtmt{
52961| nnxsfùu,.
52962Digitized by Coolie
p. 480
52963* ordinairement le nom de suturr. La suture se distingue en profonde et super-
52964»Jiciellt.
52965.
52966.
52967.
52968Dans la suture profonde,
52969les avances et les enfoncemens sont
52970» très-marqués
52971: dans la suture superficielle, ils le sont moins; et l'on croiroit
52972» que l'union des deux os se
52973fait par la seule apposition de leurs surfaces.
52974» Cette seconde porte le nom d’harmonie. »
52975« La synarthrose, dit le célèbre Winslow, ou l’articulation immobile, qui
52976a est l'assemblage des os arrêtés ensemble pour demeurer fermes dans leur
52977a situation, est de deux sortes
52978; l'une par engrrnure, et l'autre en manière de
52979» c/ou ou cheville. On peut encore diviser l’engrenure en deux espèces, une
52980» profonde
52981,
52982et une plus superficielle.
52983» L’engrenure profonde se remarque dans les jointures des os larges. Les
52984» anciens l’ont appelée suture, parce qu’elle a quelque ressemblance avec une
52985» couture grossière ....
52986Lite se fait par des dentelures et des enfoncemens
52987» qui se reçoivent de côté et d’autre , à-peu-près comme la menuiserie qu’on
52988a appelle queue d'aroude ou d'hirondelle .
52989.
52990.
52991.
52992a L’engrenure superficielle est celle que l'on observe dans les os qui sont
52993» joints par des surfaces plus
52994étendues , ou dont
52995les jointures externes ne
52996n paraissent pas sensiblement dentelées. Les anciens l’ont appelée harmonie...
52997a Quoiqu’ils Paient décrite comme étant en simple ligne,
52998ils n’ont pas pris
52999a cela rigoureusement , mais à-peu-près comme dans l'assemblage des planches
53000a raboteuses d’une cloison par engrenure. Ils ont averti exprès qu'ils avoient
53001a fort bien observé de petites inégalités dans cette sorte de jointure ; et même
53002a
53003il y en a eu qui se sont servis indifféremment de ces deux termes, et ont
53004a nommé suture ce qu’ils avoient ailleurs appelé harmonie, a
53005(6t> Je iis
53006piljLi
53007, et non
53008, comme le portent les deux éditions
53009: dans
53010le manuscrit, La première lettre de ce mot est sans points diacritiques.
53011<6a> Galien , pariant de l’os sacrum , me} nS
530121,p,i Ism , dit
53013: Id autem (os
53014sacrum ) ex tribuspartibus , tanquam ex propriis quibusdam vertebris, constitutum
53015est, quitus quartum os aliud in extremo adjacet quod coccygem vocitant. Omnium
53016autem codions dissolutorum
53017, structura iis vertebrarum similis appartl [],
53018[ 1 J Ivyumt j
53019•'* rtiir fue/un , uavfp
53020mût
53021iJiut miJt/Aar,
53022«Tf nltpnr tinsunq
53023tant
53024méfie •ffvrîngjr, i «où» uxxvym.
53025Citaxvdkrmt j ùf' iyfttmc dvdmtr,
53026tl nr-
53027mfyc ipum
53028feu» -nu
53029raie un' mue
53030*>*r-
53031JÙKt{.
53032LU *
53033LIVRE tl.
53034CfMrms
53035Ut.
53036Fjptsitr.'l SH st.
53037Ai ts structure UH
53038earpihuMAÎn ,/J.
53039As tpé4,t.lt p.ff
53040" if.
53041l.ih. Ht en tutti
53042mat. e.
53043it et /j ,
53044îh Oper. Hippccr.
53045et Cal.
53046tenu. IV
53047p. if.
p. 481
53048LIVRE
53049IT.
53050CHAPITRE
53051111.
53052Trait/ ctmpJtt
53053J'arat.
53054/.*
53055/A. ,
53056t*m. !, f. tjj.
53057WA. f. nj.
53058IhA. f. né.
53059Maw.
53060Ar,
53061Jt
53062S. Ç. H/ If?.
53063Tkts. hnf. Ar.
530649. ! , <tl. JJ?,
530654jl
53066RELATION DE
53067L’ÉGYPTE.
53068U» peu plus loin , Galien , pariant du coccyx ,
53069dit
53070: In extrtmo lati aluni
53071os est, quod coccyx vocatur; ex tribus et ipsum propriis partibus constat [ij.
53072« L'os sacrum
53073, dit M. Sabatier ,
53074est la première
53075et la
53076plus grande des
53077» fausses vertèbres ... La face antérieure de cet os est assez
53078lisse. Oîi y voit
53079» quelques
53080lignes
53081saillantes et transversales qui sont
53082la trace des cartilages
53083» qui séparoient les pièces dont
53084il étoit composé dans l’enfànce.'Le nombre
53085» de ces lignes varie comme celui de ces pièces primitives.
53086Il est de quatre,
53087» quand elles sont au nombre de cinq ; de cinq
53088, quand elles sont au nombre
53089>j de six; et de six, quand elles sont au nombre de sept, ce qui arrive quelque-
53090» fois
53091, mais rarement ... Le coccyx est la seconde et
53092la plus inférieure des
53093>» deux fausses vertèbres ,
53094et la plus petite de
53095toutes
53096celles qui composent
53097» l'épine.
53098.
53099. Sa figure est à-peu-près la même que celle de l’os sacrum
53100:
53101il
53102>j est triangulaire
53103et courbé comme lui sur sa longueur. La multiplicité des
53104» portions osseuses dont
53105il est formé , met encore plus d’analogie entre eux.
53106» Elles sont, pour l’ordinaire , au nombre de trois; mais
53107il n’est pas rare d’en
53108» trouver quatre. Le coccyx
53109.
53110.
53111.
53112n’est encore que cartilagineux dans l'enfant
53113» qui vient de naître , et s’ossifie assez tard. Lorsque cela arrive, chacune des
53114js deux parties dont
53115il est composé devient le centre d’un petit os séparé des
53116» autres. Les cartilages de symphyse qui les unissent , s’ossifient aussi quelque-
53117jj fois dans un âge avancé; et alors le coccyx ne fait plus qu’un seul os.
53118j*
53119c6p
53120Lisez, comme dans le manuscrit, tfcw», et non
53121, comme on
53122lit dans les deux éditions.
53123*
53124<64> Ces mots LçJàc
53125j>3 paraissent être une glose destinée à expli-
53126quer
53127le mot ü.jXL!
53128l'icuelle : ils sont écrits à la marge du manuscrit. C etoit
53129sans doute la forme de cette concavité qui
53130lui
53131avoit
53132fait donner ce nom.
53133<®5>
53134L’auteur du Kamous dit
53135: « Bdidara
53136,
53137verbe , se dit du blé , et signifie
53138j> le mettre en monceau ; bàidar
53139est le lieu où on
53140le foule [»]• ”
53141P',ssafie
53142a été mal entendu par Giggeius , dans lequel on
53143lit
53144:
53145aTta
53146triticuin
53147vf/ hujusmodi
53148excutiendum ; annona
53149suceisa
53150simulque
53151coactr/ala.
53152^ jad
53153cibi prastantia.
53154(0 im tS Wsm n mix-nic, «nyr éwî»
53155j
53156j
53157jLittj uf fUlSt j** M
53158ta 1»
53159nutf , à. Te»Ô.» j lîu ilitot
53160|w J jll
531619t> y uijLifetr fioffjur.
53162Digitized by Go
p. 482
53163RELATION DE
53164l’ÉGTPTE.
53165453
53166<66>
53167Lisez u*
53168, comme dans le manuscrit ,
53169et non u*
53170, comme dans les
53171deux éditions.
53172LIVRE IL
53173CHANTRE
53174IIL
53175<&7> Le mot
53176est omis dans l’édition
53177in-q..' ;
53178il faut
53179le
53180rétablir, con-
53181formément au manuscrit.
53182Voyc{ b note <70 du chapitre II de ce IL* livre.
53183f.
53184<68> Le texte signifie,
53185lorsqu’il ne rtstoil que cinq nuits de paoni ,
53186lorsqu'il
53187ne restait que quatre nuits de ramadhan. La traduction de M. White , die quinto
53188posteriori bàunce , die quarto posteriori ramadhani
53189,
53190n'offre point un sens clair.
53191Abd-allatif aurait dû dire , lorsqu’il ne restait que six nuits de paoni ; car les
53192caractères du mardi et du ai 4f ramadhan répondent au
531931 8 juin
531941 202
53195,
53196et
53197non au
531981 9 du même mois , qui est le 2/ paoni. D'ailleurs
53199il a dit plus haut que
53200le 2/ paschons répondoit au 26 de schaban
53201: or, paschons ayant trente jours,
53202tandis que schaban n’en a que vingt-neuf,
53203il faut, de toute nécessité, que
53204le 26 ramadhan corresponde au 2q et non au 2/ paoni.
53205La manière de s’exprimer dont se
53206sert
53207ici Abd-allatif pour dater du 26
53208de ramadhan, est très-commune chez les écrivains Arabes
53209: jusqu’au
532101 5 du
53211mois ,
53212ils indiquent
53213le quantième par le nombre des nuits qui sont passées ;
53214et , depuis le
532151 5
53216,
53217ils l’indiquent par celui des nuits qui restent. On trouvera
53218des développement sur cette manière de dater
53219, dans ma Grammaire Arabe.
53220PtrJ n
53221tt iuh.
53222<6ç> En marge, on
53223lit le mot Jjy
53224, c’est-à-dire,
53225il a
53226lté collationné. Ce
53227mot est de
53228la même main que le corps du manuscrit
53229; et l'on peut , ce me
53230semble , en conclure que le manuscrit de
53231la bibliothèque Bodleyenne n'est
53232pas
53233l’original
53234écrit de
53235la main
53236d'Abd-allalif , mais une copie
53237faite sur cet
53238original , et que le copiste a transporté dans sa copie jusqu’à la souscription
53239de l'auteur
53240, qui se lisoit dans l’original.
53241Il
53242est très-ordinaire de trouver dans les manuscrits Arabes des notes qui
53243indiquent qu’ils ont été collationnés. Cette collation se fait quelquefois avec
53244une sorte de solennité dans une assemblée de plusieurs scheïkhs ou docteurs,
53245qui tiennent chacun un exemplaire de l’ouvrage ,
53246tandis qu’une personne lit
53247à haute voix la nouvelle copie que l’on veut collationner. C’est ce qu’assure
53248le docteur lîussell dans son Histoire naturelle d’Alep, et ce qui est confirmé
53249Th mat. m».
53250par M. Aryda
53251, Maronite, dans le premier des quatre dialogues Arabes que ‘f.rffgc
53252' "’
53253M. Jahn a insérés dans sa Chrestomathie Arabe. Parmi les manuscrits Arabes
53254an».
53255e»u|t
53256qui ont passé de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés à la Bibliothèque
53257'
53258Digitized by Google
p. 483
53259LIVRE IL
53260CHAPITRE III.
53261454
53262relation de
53263l’égypte.
53264impériale, j’en ai trouvé un, numéroté 4<$5
53265, qui contient VAlfyya ou gram-
53266maire Arabe en vers d’Ebn-Malec, avec un bon commentaire,
53267et qui a été
53268collationné deux fois, d’abord, à Baalbec,
53269sur l’exemplaire d'après lequel
53270il
53271avoit été copié,
53272et ensuite,
53273il Jérusalem,
53274sur un autre plus correct. Cette
53275seconde collation a occupé plusieurs séances; et, à la fin de chaque séance,
53276on a écrit en marge , collationné jusqu'ici pour la seconde fois, i Jérusalem,
53277Le copiste qui rend compte de ces deux collations dans deux
53278notes qui
53279se lisent à la fin du volume , nomme
53280le docteur qui
53281l’a aidé à 'collationner
53282sa copie pour la première
53283fois. Je crois même que toutes
53284les
53285corrections
53286faites lors de la première collation sont écrit|s en encre noire, et que celles
53287qui ont été le résultat de la seconde,
53288le sont en encre rouge
53289; ce qui, sans
53290doute , aura été fart à dessein
53291, pour les
53292distinguer.
53293Cette observation m’a paru mériter d’être consignée
53294ici.
53295Dans la Vie d’Abd-aliatif, que j’ai tirée de l'Histoire des médecins d'Ebn-
53296Abi-Osaïba, et qu’011 trouvera dans l’Appendix, on lit que la petite
53297histoire
53298d'Egypte en deux
53299livres , composée par Abd-allatif,
53300et qu’il a
53301intitulée Livre
53302d’instructions et de réflexions utiles, contenant les choses que fauteur a vues
53303et les événemens dont
53304il a été témoin oculaire en Égypte
53305[>], a été achevée
53306le 10 de sckaban de l'an 60y
53307, à Jérusalem. Ce livre est précisément
53308la Rela-
53309tion de TÉgypte dont nous publions
53310la traduction. Pour concilier
53311la date
53312de
53313l’année Soo au Caire ,
53314que porte notre manuscrit, avec celle de foy à
53315Jérusalem
53316,
53317qu’on
53318lit dans
53319la Vie
53320d*Abd-aflatif,
53321il 6ut supposer
53322qu’après
53323avoir composé cet ouvrage au Caire en Tan 600 , fauteur y a mis
53324la der-
53325nière main h Jérusalem en 603. Cela n’a rien de surprenant;
53326et Ebn-Abi-
53327Osaiba fait une semblable remarque, par rapport à quelques autres ouvrages
53328du même écrivain.
53329fuLJI jyl I J jl»**Vlj «ikYl qjLés»
53330L'1
53331Digitized by Gooj le
p. 484
53332!.
53333RELATION DE LÉGYPTE,
53334455
53335APPENDIX.
53336APPENDIX*
53337Les morceaux qui composent
53338cet 'Appeiidix, sont
53339: i.°la Vie
53340d’Abd-allatif,
53341extraite de l'Histoire des me'decins d’Ebn-Abi-
53342Osaïba ;
53343i. °
53344Celle «TAbou-Daoud Soleïman , connu sous le nom d‘Ebn-
53345Djoldjol
53346,
53347médecin Arabe d'Espagne
53348, dont
53349il a été parlé dans les
53350notes du
53351chapitre
5335211 du
53353livre
53354I. er de
53355la Relation de l'Égypte;
53356j.
53357° Un extrait de la Chronique Syriaque de Grégoire Abou’l-
53358faradj
53359, surnommé Bar - Hebraus
53360,
53361concernant
53362les voyages que
53363Denys de Telmahre, patriarche d’Antioche
53364,
53365fit en Égypte, sous
53366le règne du khalife Mamoun; extrait qui se lie avec la relation
53367d’Abd-allatif par la description des obélisques d’Héliopolis, celle
53368des pyramides , et les détails sur leNilomètreet sur la crue du Nil;
533694 ° Un
53370chapitre
53371des Prolégomènes historiques d’Ebn-Khal-
53372doun, qui concerne la recherche des trésors enfouis, objet dont
53373Abd-aliatif parle avec assez d’étendue dans
53374le chapitre IV du
53375,i7 .
533761
53377*
53378« tmh.
53379livre
53380l.cr
53381;
53382j.° Un autre chapitre du même ouvrage, relatif aux monu-
53383mens de
53384l'architecture des anciens peuples,
53385tels que les pyra-
53386mides
53387( Abd-allatif,
53388en considérant
53389les restes de Memphis,
53390se
53391sentoit
53392porté à excuser
53393l’opinion du vulgaire, qui attribuoit
53394la
53395construction de ces monumens gigantesques à des hommes d’une
53396taille extraordinaire, ou à la puissance d’une baguette magique.
53397Ebn-Khaldoun réfute cette opinion, et lait voir combein elle est
53398!
53399'1
53400t'
53401!
53402'
53403«
53404Digitized by Google
p. 485
53405peu fondée. Le même auteur parle ensuite de l’entreprise formée
53406àppendix.
53407paf Mamoun
53408t de démolir les pyramides d’Égypte, et d’un pareil
53409projet de Haroun Raschid, qui voulut détruire un monument des
53410Chosroès. Ce chapitre, comme on
53411le
53412voit, se lie naturellement
53413avec le chapitre IV du livre
53414l.cr d’Abd-aliatif, et avec ce que j'ai
53415nf.
53416dit dans mes notes sur la tradition qui attribue au khalife Mamoun
53417l’ouverture de la grande pyramide);
534186 .° Des
53419extraits de
53420la
53421Relation
53422de
53423l’ambassade de
53424Pierre
53425Martyr Milanois
53426,
53427qui
53428fut envoyé
53429vers
53430le
53431sultan d'Égypte par
53432Ferdinand V le Catholique
53433,
53434roi de
53435Castille
53436et d’Arragon
53437, en
53438l’année 1501; du Voyage dans la Terre-sainte, de Guillaume
53439de ËaJdensel; de celui de Barthélemi de Saiignac; enfin, de la
53440Relation du voyage à Jérusalem du prince Radzivil
53441( tous ces
53442extraits sont relatifs à
53443la culture du baumier en Égypte, et par
53444conséquent à l’un des objets traités par Abd-allatif dans le cha-
53445cwraw p. » pitre
53446II du livre
53447I.cr
53448) ;
534497.0 Un passage de l’Histoire des poètes Persans, deDoulet-
53450schah Gazi Samarcandi
53451,
53452concernant
53453la destruction des
53454livres
53455des Persans
53456, ordonnée sous la dynastie des Abbasis,
53457fait qui doit
53458être joint à ce que
53459j’ai
53460dit dans mes notes sur
53461le chapitre
53462IV,
53463du
53464livre
53465I.er
53466,
53467relativement à la destruction de la bibliothèque
53468d’Alexandrie;
53469tt smir.
53470*
534718.° Un morceau
53472sur
53473l’usage des puits en
53474maçonnerie dans
53475les constructions hydrauliques,
53476tiré du Tableau de llndoustan
53477de M. Legoux de Flaix. Quoique ce morceau se trouve dans un
53478ouvrage que tout
53479le monde peut se procurer
53480, on a pensé qu
53481ne serait pas déplacé ici
53482, parce
53483qu’il sert de commentaire a un
53484ST -**
53485article important de la Relation d’Abd-aliatif.
53486Digitized by Google
p. 486
53487RELATION DE
53488L ÉGYPTE.
53489457
53490A la suite de cet Appendix
53491,
53492on trouvera
53493le texte Arabe de la
53494préface mise par Abd-ailatif à la tête de la Relation de l’Égypte,
53495-
53496i,
53497texte que M. White a omis,
53498et ceux des
53499extraits d’Ebn-Abi-
53500Osaïba et d’Ebn
53501- Khaidoun
53502;
53503le texte Syriaque de
53504l'extrait de
53505Grégoire Bar-Hcbraus
53506;
53507enfin, le texte Persan du passage tiré de
53508Douletschah. J’ai pensé que la publication de ces
53509textes
53510seroit
53511agréable aux savans
53512,
53513et qu’en général
53514ces
53515extraits donneroient
53516un nouveau prix à ma traduction de l’ouvrage d’Abd-alIatif.
53517N.°
53518I.
53519Vie de Mowaffik-eddin Abi>-allatif
53520,
53521de Bagdad,
53522extraite
53523de l'Histoire des me'decins
53524d'
53525E
53526bn-Abi-Osaîba
53527[].
53528-A.BD-ali.atif, dont le nom entier et
53529les
53530titres sont
53531le scheikh , l'imam
53532très-distingué Mowajfik-eddin Abou- Mohammed Abd-allatif, JUs de Yousouf
53533fils de Mohammed JUs d'AU fils d’Abou-Sdid ,
53534et qui
53535est particulièrement
53536connu sous le surnom d'Ebn-a/labbad M , étoit originaire de Mosui et natif
53537de Bagdad.
5353811 acquit une grande réputation dans les sciences , et fut orné
53539de
53540talens
53541distingués
53542;
53543il
53544s’exprimoit éloquemment , et composa un grand
53545nombre d’ouvrages. Abd-allatif possédoit au plus haut degré la connoissance
53546de la grammaire et de la langue Arabe, et
53547il étoit très-instruit dans la philo-
53548sophie scolastique et
53549la médecine.
53550Il
53551s’étoit
53552sur-tout
53553fort appliqué à
53554l’art
53555de
53556la médecine pendant son séjour k Damas , et
53557s’y étoit fait beaucoup de
53558répuution dans cette science
53559; un grand nombre cfétudians et de médecins
53560venoient assidûment y prendre ses leçons [il. Son père l’avoit occupé, dans
53561sa première jeunesse, de l'étude des traditions qu’il avoit entendues de plu-
53562sieurs maîtres, notamment d’Abou’lfath Mohammed fils d’Abd-aibaki , connu
53563sous
53564le surnom A’Ebn-ahabi
53565,
53566d’AJbou-Zara Taher
53567fils de Mohammed de
53568Jérusalem,
53569et d’Abou’lkasem Yahya
53570fils de Thabet
53571, surnommé Wéhil M,
53572Yousouf, père
53573Cs3
53574d*Abd-aJIatif, s’occupoit particulièrement de
53575la science
53576M mm
53577I
53578I
53579r
53580Digitized by Google
p. 487
53581AFPE N DIX#
53582w.*
53583i.
53584Caïn. «l^c.
535851 1 <( |.
535864
53587'
535888
53589RELATION DE
53590L’ÉGYPTE.
53591des traditions
53592:
53593il excelloit dans la connoissance de l’Alcoran et de ses diffé-
53594rentes leçons,
53595et dans
53596celle de
53597la secte dont
53598il
53599fàisoit profession [q, de
53600la
53601controverse
53602,
53603et des
53604principes fondamentaux de
53605la
53606théologie dogmatique
53607et de
53608la jurisprudence
53609[7]; mais
53610il n'avoit qu’une
53611teinture [q des sciences
53612rationnelles. Soleïman
53613, oncle
53614paternel
53615d’Abd-allatif,
53616étoit un
53617habile juris-
53618consulte. Pour Abd-allatif,
53619il aimoit ardemment l’occupation et le travail;
53620il
53621ne laissoit passer aucun moment sans l’employer à lire, à composer des livres
53622ou
53623il écrite. Ce que j’ai trouvé écrit de sa main est très-considérable
53624;
53625il a lui-
53626même écrit plusieurs exemplaires de ses piopres ouvrages, et copié beaucoup
53627de livres des auteurs précédens.
53628Il étoit lié d'amitié avec mon grand-père, et
53629ils entretinrent
53630l’un avec
53631l’autre une intime société pendant leur séjour en
53632Égypte. Mon père et mon oncle paternel apprenoient auprès de lut les belles-
53633lettres, et
53634, outre cela
53635, mon oncle particulièrement étudioit avec lui les livres
53636d’Aristote; car Abd-allatif s’étoit
53637fort appliqué à IVtude des ouvrages de ce
53638philosophe, et en pénétroit bien le sens. De l’Égypte,
53639il vint
53640il Dama», où
53641il
53642demeura quelque temps, et où
53643il se rendit
53644fort
53645utile par ses eonnoissances.
53646Je le vis
53647il Damas lors du dernier séjour qu’il
53648fît en cette ville
53649: c’étott un
53650vieillard maigre, d'une taille médiocre, qui parloit bien et s exprimoit claire-
53651ment
53652, mais qui étoit plus éloquent dans ses écrits que dans la conversation.
53653Quelquefois en parlant
53654il excédoit un peu les justes bornes, à cause de la
53655bonne opinion
53656qu’il
53657avoit de lui-même.
53658Il
53659fàisoit peu de cas des gens de
53660mérite
53661ses contemporains ,
53662et de plusieurs même de ceux des siètfes anté
53663rieurs. Cétoit sur
53664les savans de
53665la Perse
53666et sur
53667leurs écrits que tombott le
53668plus souvent sa critique, et particulièrement sur Ebn-Sina [Avicenne] et ses
53669semblables.
53670Voici un extrait de sa vie,
53671écrite par lui-même et de sa propre mai
53672« Je vins au monde , dit-il , dans une maison appartenant i
53673père, et située dans ia rue de Faloududj
53674[ 9], en
536751 année
536765 57
53677» et
53678Ie
53679s *
53680^
53681sous les yeux du scheïkh ALou’lnedjib [•], sans jamais savoir ce que c et
53682que le jeu
53683et les amusemens frivoles. La plus grande
53684|>artie de mon
53685se passoit h entendre des traditions,
53686et je pris des lettres de licence
53687C
53688.
53689divers scheïkhs de Bagdad, du Kliorasan
53690, de
53691la Syrie et de
53692I Egypt
53693père me dit un jour
53694: Je
53695t’ai fait entendre tout ce qu’il y
53696avoit de p us re-
53697nommé [»] i Bagdad
53698, et je
53699t’ai fait étudier la science des traditions sous
53700e
53701docteurs les plus illustres.
53702Digitized by Google
p. 488
53703RELATION DE
53704l’ ÉGYPTE.
537054j9
53706»> Pendant que j’acqucrois ce genre de connoissance , j'apprenois h écrire;
53707j’apprenois
53708aussi par cœur l’Alcornn
53709,
53710le Fasih
53711[>j],
53712les Mtkamas
53713[14J,
53714le
53715recueil des poésies de Moténabbi [ijj et autres livres de ce genre, un abrégé
53716de jurisprudence et un abrégé de grammaire.
53717» Quand
53718je fus devenu un peu
53719plus grand
53720, mon père me conduisit
5372111
53722Kémal-eddin Abd-alrahman Anbari, qui demeuroit alors
53723il Bagdad [if). Mon
53724père
53725a voit d'anciennes liaisons avec lui, parce qu’il l'avoit connu autrefois,
53726lorsqu’il étudioit
53727la
53728jurisprudence dans le collège de Nidham-almulc. Je lus
53729devant lui la préface du Fasih
53730:
53731il débita là-dessus, de suite et sans s’arrêter,
53732une quantité de paroles dont je ne compris pas un seul mot
53733, quoique les
53734éiudians qui l'entouroienuen fussent dans une grande admiration. Puis
53735il dit
53736à mon père
53737: Je ne
53738puis supporter d'instruire des enfans
53739; conduisez votre
53740fils à mon disciple Wedjih-eddin Wasiti[< 7], qui lui donnera des leçons; quand
53741il sera plus avancé,
53742il viendra prendre les miennes. Wedjih-eddin, qui se trou-
53743voit alors placé près des enfans du Reïs-alroousa [•«], étoit un homme aveugle,
53744riche et plein d’amabilité. Il me prit entre ses deux mains , et se mit à m’ins-
53745truire du matin au soir avec toute
53746sorte de complaisances. J'assistois à
53747ses
53748leçons dans la mosquée Dhafariyyik ; c’étoit toujours à moi qu'il adressoit
53749la parole dans toutes
53750les explications
53751qu’il donnoit
53752: à
53753la fin ,
53754je
53755lisois ma
53756leçon
53757,
53758et
53759il en
53760faisoit une explication exprès pour moi. Au
53761sortir de
53762la
53763mosquée,
53764il me rappeloit, chemin
53765faisant, ce que j’avois entendu. Arrivé
53766chez lui , j’aveignois les livres dont
53767il s'occupoit pour lui-même
53768;
53769je
53770les lui
53771lisois pour qu’il les apprît par coeur, et je les apprenois moi-même avec lui.
53772Ensuite
53773il se rendoit au cours de Kémal-eddin et y répétoit sa leçon. Kémal-
53774eddin
53775la
53776lui expliquoit en ma présence
53777; j’en vins par ce moyen à apprendre
53778par cœur et à comprendre plus facilement que Wedjih-eddin. J'empioyois la
53779plus grande partie de
53780la
53781nuit à apprendre par cœur et à-répéter ce que je
53782savois. Nous passâmes ainsi quelque temps
53783; et plus j’allois en avant
53784, plus
53785ma mémoire s'omoit et s’exerçoit
53786; mon intelligence se fbrtifioit et s'éclairait;
53787enfin mon jugement se formoit et
53788se perfectionnoit.
53789J'étois assidu auprès
53790du scheïkh , et le scheïkh l’étoit auprès du scheïkh des scheïkhs [»]. La première
53791chose que j’appris par cœur, ce fût le Lama [»<>]; je ne mis que huit mois à
53792l’apprendre. J’en
53793entendois expliquer tous les
53794jours
53795la plus grande partir,
53796en assistant aux leçons des autres étudians: quand j’étois de retour chez moi,
53797je lisois
53798le commentaire de Thémanini
53799[»•],
53800celui du schérif Omar
53801fils de
53802M m m i
53803APPENDIX,
53804K." L
53805Digitized by Google
p. 489
53806appendix
53807,
53808K.-
53809J.
53810460
53811IlELATION UE l’ÉGYPTE.
53812Hamza [11], celui d’Ebn-Borhan-eddin [>>], et tous les autres commentaires
53813que je trouvois; puis je l’expliquois moi-mème à mes propres écoliers: j’en
53814vins au point de donner un commentaire de plusieurs
53815cahiers
53816sur chaque
53817chapitre de ce livre, sans même épuiser
53818la matière autant que j’aurois pu
53819le
53820faire. J’appris, après cela, XAdab alcatib
53821C*4] d'Ebn-Kotaïba
53822[»jJ, en sorte
53823que je le possédai parfaitement. La première moitié de cet ouvrage m’occupa
53824plusieurs mois
53825; quant h
53826( la seconde moitié intitulée
53827) Takwim al/itan [:<],
53828j’y employai quatorze jours , parce quelle formoit quatorze cahiers. Les livres
53829que j’appris ensuite par cœur
53830, furent le Moschkil alfaran
53831[>7] et
53832le Garib
53833alkoran [>«] du même auteur;
53834j'y consacrai fort peu de temps. Je passai après
53835cela à l’ouvrage intitulé Jdhah
53836, d’Abou-Ali
53837Faréti [?]
53838: ce livre m'occupa
53839pendant un grand nombre de mois
53840;
53841je m’appliquai avec assiduité^ en
53842lire
53843les commentaires,
53844et
53845je donnai un
53846soin tout
53847particulier à
53848l'étude de
53849cet
53850ouvrage
53851: aussi
53852j’en acquis une parfaite connoissance ,
53853et je réunis en moi-
53854même tout ce qu’ont dit les commentateurs de ce livre. Je n'employai que
53855peu de jours à étudier le Taclimth [>], à raison d’un jour par cahier. Je lus
53856les traités complets
53857et
53858les abrégés. Je m’appliquai à
53859l’étude du Moktadhtk
53860de Mobarred [ji],
53861et du traité d’Ebn-Durustouyèh
53862[i0-
53863» Au milieu de tous ces travaux ,
53864je ne négligeois point d’entendre
53865les
53866traditions, et de prendre des leçons de jurisprudence de notre scheîlh Ll>n-
53867Fodhlan
53868[33]
53869, dans
53870le bâtiment nommé Dar-aldhahab ,
53871qui
53872est le collège
53873Moallaka [34] qu’a fait bâtir FaLhr-eddaula
53874fils de Motalleb.
53875» Le scheïkh Kémal-eddin, dont j’ai parlé
53876, est auteur de cent trente traités,
53877dont la plupart ont pour objet la grammaire, et quelques-uns appartiennent
53878i
53879la science du droit, aux principes fondamentaux de la théologie dogma-
53880tique et de
53881la jurisprudence [jj], à la doctrine mystique et â la vie ascétique.
53882J’ai entendu réciter, lu et appris par cœur la plupart de ses ouvrages.
5388311 .woit
53884entrepris deux grands traités, l'un sur la langue, l'autre sur la jurisprudence
53885,
53886mais
53887il n’eut pas
53888le
53889loisir de
53890les achever.
53891J’avois étudié sous lui une
53892partie
53893de l'ouvrage de Sibawaïh [3*], et je m’étois appliqué particulièrement au Moi
53894iadhtb
53895,
53896que j'avois appris parfaitement. Après
53897la mort du scheïkh Kémal
53898eddin, j’étudiai par moi-même l’ouvrage de Sibawaïh , avec le commentaire
53899de Shrafi [,7]. J e
53900)us ensuite, sous la direction d'Ebn-Obeula Çarkhi Ci»], «n
53901grand nombre de livres; entre autres,
53902le Kilab alosoul tTEbn-alsanadj [»]•
539031- exemplairedon 1 je fis usage faisoit partie du legs faitpar Lbn-alkUassch
53904[r
53905I
53906Digitized by Goqjle
p. 490
53907RELATION
53908DE l’ÉCYPTE.
53909^6 1
53910au couvent Mamouniyy'ek. J’étudiai encore sous le même maître ie Traité du
53911partage des successions,
53912et celui de
53913la prosodie de CatebTebrizi [40,
53914l'un
53915des
53916disciples
53917affidés d’Ebn-alscliadjari UO.
53918J’ai
53919aussi entendu
53920lire à Ebn-
53921alkhasschab
53922le Mtiâni de Zaddjadj Uj]
53923;
53924il
53925le
53926lisoit
53927sous
53928la
53929direction de
53930Schohdèh
53931fille
53932d’ibari
53933C44J. Je
53934lui
53935ai pareillement entendu
53936lire
53937la
53938tradition
53939nommée Mosalsal [4(]
53940; c’est celle-ci
53941: Le miséricordieux fera miséricorde aux
53942miséricordieux ; faites miséricorde à ceux qui
53943sont sur la terre ,
53944et celui qui est
53945dans le ciel vous fera miséricorde. »
53946Abd-allarif compte aussi parmi
53947les schetLhs qu’il a eus pour maîtres , et
53948dont les leçons
53949lui ont
53950été
53951utiles, comme
53952il
53953l’a
53954dit précédemment,
53955le
53956fils
53957d’Einin-eddaula
53958Ebn-altafmidli
53959[4<];
53960il en
53961fait même un éloge magnifique:
53962mais ce n'est là qu'un
53963effet de son animosité
53964contre les savans de
53965l’Irak
53966;
53967car
53968le
53969fils d’Emin-eddaula n’avoit pas,
53970à beaucoup près, un mérite
53971aussi
53972distingué que le donne k entendre Abd-allatif.
53973u
5397411 arrivait Bagdad
53975(
53976c'est encore Abd-allatif qui parle) un homme du
53977Magreb, nommé Ebn-altatéli
53978[47]. Cet homtne étoit d’une haute taille, vêtu
53979comme un religieux, d’un extérieur imposant, mais d'une physionomie peu
53980agréable. Il portoit les livrées de la religion, et avoit l’extérieur d'un scheïkh :
53981sa figure en imposoit à ceux qui le voyoient , avant qu’ils le connussent. II
53982prétendoit être de la famille des Almoravides
53983[4 *], et avoir quitté le Magreb
53984quand Abd-almoumen [49) s’en
53985étoit rendu maître. Lorsqu’il eut
53986établi son
53987domicile à Bagdad, plusieurs des hommes les plus
53988distingués et des pre*
53989miers personnages de
53990cette
53991ville se réunirent auprès de
53992lui. Radhy - eddin
53993Kazwini [i«] et le scheïkh des scheïkhs Ebn-Sékinèh ù0 furent de ce nombre.
53994J’allai
53995aussi moi-même
53996le trouver
53997, et
53998il me
53999fit
54000lire
54001les Prolégomènes de
54002Hassab Ci»] et ceux d'Ebn-Babschadh [jj] sur la grammaire. Il avoit une mé-
54003thode singulière pour enseigner ; et les personnes qui assistoient à ses leçons
54004le croyoient très-profond
54005, quoiqu’il n’eût en général que des connoissances
54006assez superficielles
54007: mais
54008il avoit émdié à fond
54009les traités de chimie et des
54010talismans, et autres sciences de ce genre.
54011Il avoit lu tous les ouvrages de
54012Djaber Cs4j etceuxtfEbn-Wahschiyyèh [>,]. Par sa physionomie, sa manière
54013de
54014parler
54015et son
54016air imposant ,
54017il gagnoit les
54018coeurs , excepté
54019le mien , h
54020cause du désir que
54021j’avoi» de connoître
54022toutes
54023les sciences
54024[jS].
5402511 eut une
54026entrevue avec le khalife Nasir-lidin-aliah, auquel il plut beaucoup. Ensuite
54027il
54028quitta Bagdad. Alors je commençai à m’occuper
54029( des sciences que cultivoit
54030)
54031t
54032>
54033*
54034j
54035Digitized by Google
p. 491
54036APPF.NDIX
54037,
54038*.•
54039I.
54040Com. fc*r.
54041i ilj.
54042^62
54043RELATION DE L’ÉGYPTE.
54044Ebn-altatéli )
54045; je m’y
54046livrai avec une ardeur
54047sans bornes , me privant du
54048sommeil
54049et de
54050tout amusement
54051, pour étudier assidûment
54052les ouvrages de
54053Gazait
54054,
54055le Makasid ,
54056le Ahy/tr
54057,
54058le
54059M'itjih
54060,
54061le Makakk alnaikar
54062[>7] : je
54063passai de là aux écrits d’Ebn-Sina
54064,
54065tant S ses grands qu’à ses
54066petits
54067traités;
54068j'appris par cœur le Ntdjnl [j*]; je transcrivis
54069le Schtfa [jj], et j’en disentai
54070le contenu. Je pénétrai
54071le sens du K'itab ahaksil [H de Behminar, disciple
54072d’Ebn-Sina. Je
54073transcrivis un grand nombre
54074d’ouvrages de Djaber ben-
54075HayyanSoufi et d’Ebn-Wahschiyyèh; j’en acquis une connoissance parfaite,
54076et je me tnis à travailler au grand œuvre, à cet art mensonger, et à en répéter
54077les expériences illusoires et frivoles. Ce qui contribua le plus puissamment à
54078me jeter dans cette folie, ce fut le Traité du grand art d’Ebn-Sina, par lequel
54079cet auteur a mis
54080le complément à sa philosophie, complément qui
54081, dans
54082la
54083réalité,
54084n’a
54085fait qu’en diminuer le mérite.
54086» En
54087l’année $85,
54088n’y
54089ayant
54090plus personne à Bagdad qui put
54091attirer
54092mon cœur ou satisfaire mes yeux, ni résoudre les difficultés qui marrêtoient,
54093je vins à Mosui ; mais je n’y trouvai point ce que je cherchois. J y vis seule-
54094ment Kémal-eddin ben-Younous [*0, qui
54095étoit
54096très-fort dans
54097les sciences
54098mathématiques [«»], mais 11’avoit qu’une teinture légère des autres branches
54099de la philosophie. Son goût pour la chimie, et la pratique de cet art, absor-
54100boient tellement son esprit et son temps , qu’il ne faisoit aucun cas de tout le
54101reste. Beaucoup de gens se rassemblèrent près de moi
54102( pour tn entendre )
54103,
54104on m’offrit diverses places
54105: mon choix se fixa sur le collège d EbtwMohadjrr,
54106nommé Moallaka, et l’école appelée Dar-alkaM Pj], qui est au-dessous
54107de ce collège. Je demeurai un an entier à Mosui, occupé jour et nuit, sans
54108aucun intervalle de repos. Les habitant de Mosui convenoient qu ils n as oient
54109jamais trouvé dans aucun autre une mémoire aussi ornée, autant de vivacité
54110d’esprit, autant de gravité. J’entendis faire les plus grands éloges de Schéha >
54111eddir» Sohrawerdi, le philosophe
54112; on le regardoit comme un homme su; é
54113rieur à tous les savant anciens et modernes, et l'on mettoit ses ouvrages
54114ort
54115au-dessus de ceux des anciens. Je formai donc le projet d aller le trouver,
54116providence me favorisa
54117; et ayant demandé à Ebn-Younous, qui parlageo.t
541181 enthousiasme commun
54119pour
54120les
54121écrits de ce docteur, de men proc
54122quelques-uns, je tombai sur le Ttlwtkat
54123,
54124le Lamha et
54125le Maaridj
54126Y
54127trouvai de quoi me convaincre de
54128la
54129sottise
54130de mes
54131contemporain
54132reconnus même que beaucoup d’observations détachées (4ue
54133i aNO * 5
54134Digitized by Googje
p. 492
54135RELATION DE L’ÉGYPTE.
541364^3
54137et don* je n’étois pas cornent [*j], valoient cependant bien mieux que tous
54138les écrits de cet insensé. Au milieu de son discours
54139, cet écrivain employoit
54140des abiéviatious [«O;
54141et
54142il persuadoit
54143il
54144ses admirateurs, aussi sots que lui,
54145que c’étoient autant de mystères divins.
54146n Etant venu
54147il Damas ,
54148j’y trouvai un grand nombre des principaux savans
54149de Bagdad et d’autres pays
54150, que
54151la libéralité et les bienfaits de Salah-eddin y
54152avoient attirés ; entre autres, Djémal-eddin Abd-ailatif fils du scheïkli Aboul-
54153nedjib
54154['-7] , et quelques personnes qui restoient encore de la maison du Riis-
54155alroousa [««], et de celles d’Ebn-Talha Cateb [*s>], d'Ebn-Djéhir [70], du vizir
54156Elm-alattar C’O qui avoit été tué, et du vizir Ebn-Hobeïra [71]. J'eus des en-
54157tretiens avec le grammairien Kendi de Bagdad [71]; nous eûmes des disputes
54158ehsrmble. C’étoit un schcïkh
54159illustre,
54160plein de finesse d’esprit ,
54161riche,
54162et
54163jouissant d’une grande faveur auprès du sultan ; mais
54164il avoit un amour-propre
54165excessif,
54166et nuisuit à ceux qui vivoient avec lui. Dans les disputes que nous
54167eûmes ensemble , Dieu me fit la grâce de le vaincre sur beaucoup de questions.
54168Après cela,
54169je négligeai de le rechercher; et le peu de cas que je témoignai
54170faire tle lui , lui fit plus de peine qu’il n’en causoit lui- même aux autres.
54171» Pendant mon
54172séjour k Damas ,
54173je composai un
54174assez grand nombre
54175d’ouvrages. De ce nombre est le grand Carib alhadith [Recueil des termes
54176obscurs employés dans les traditions ]. J’ai réuni dans cet ouvrage le Carib
54177d’Abou-Obeïd Kasein ben-Sellam [74], celui d’Ebn-Kotaïba [zj], et celui de
54178Khattabi
54179[7e]. J’avois commencé
54180cet
54181écrit
54182k Mosuh
54183j’en
54184ai
54185fait un abrégé
54186auquel j’ai donné le titre de Modjarrad. Je composai aussi le Kitab a/wadhiha
54187fi irab alfatiba [Traité clair de l’analyse grammaticale du premier chapitre de
54188i’Alcoran], qui contient eilviron vingt cahiers; le Kitab alilifwallam [Traité
54189de l’article */]; le Kitab robba [Traité de la particule rvbba ] ; enfin, un Traité
54190sur l’essence
54191( de Dieu
54192)
54193et
54194sur les attributs
54195essentiels dont il est
54196si souvent
54197question chez les théologiens scolastiques. Mon but , en traitant cette ques-
54198tion , étoit de réfuter Kendi [77J.
54199x> Je trouvai à Damas le schelkh Abd-allah ben-a!tatéii [7I]
54200: il étoit logé
54201dans le minaret occidental. Une troupe de gens s'étoient attachés k lui, et les
54202habitans de Damas étoient divisés k son sujet en deux partis , l’un pour lui , et
54203l’autre contre lui. Le khatib Doulaï [7;] , qui tenoit un rang distingué parmi les
54204premiers de la ville et jouissoit de beaucoup de crédit, avoit pris parti contre
54205lui. Ensuite Ebn-altatéli gâta lui-même ses affaires
54206, et donna prise sur lui k ses
54207\
54208I
54209i
54210APPENDIX,
54211Digitized by Google
p. 493
54212!
54213I
54214ÀPPEND1X.
54215H.*
54216I.
54217!
54218»
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54221I
54222\
54223(
54224•»
542251
54226i
54227*
54228' i
54229464
54230RELATION DE LÉGYPTE.
54231ennemis. II se mit à disserter sur la chimie et la philosophie hermétique [«•];
54232ce qui lui attira toute sorte de reproches et de critiques.
54233J'allai le voir,
54234et il
54235m’interpella au sujet de certaines actions que je regardois comme des choses
54236sans conséquence
54237et
54238tout-it-fail indifférentes, auxquelles, au contraire,
54239il
54240attachoit beaucoup d'importance,
54241et dont
54242il me faisoit de sérieux reproches.
54243Je le questionnai de mon côté ,
54244et
54245je ne trouvai
54246rien en
54247lui qui répondit
54248ii l’idée que je m'en étois faite. Je conçus alors une mauvaise opinion de cet
54249homme et de sa doctrine. J’eus avec lui des discussions sur diverses sciences,
54250et je reconnus qu’il n’en avoit qu’une teinture légère (»]. Je lui dis un jour:
54251Si vous eussiez employé h l’étude de quelqu’une des sciences légales ou ration-
54252nelles le temps que vous avez perdu h chercher le grand œuvre, vous tiendriez
54253aujourd'hui le premier rang parmi les hommes de notre siècle, et vous seriez
54254révéré de tout le monde jusqu’à la fin de vos jours. C'est en cela
54255, et non pas
54256dans
54257l’art qui est l’objet de vos recherches , que consiste la véritable chimie.
54258Je fis ensuite de sérieuses réflexions sur la position actuelle de cet homme
54259: la
54260malheureuse fin de ses travaux me servit d’avis pour moi-même , comme dit
54261le proverbe , heureux qui s'instruit aux dépens d'autrui ; et je renonçai à cette
54262science frivole, non pas cependant d’un renoncement parfait et absolu. Lbn-
54263altatéli se rendit ensuite auprès de Salah-eddin, qui étoil alors campé devant
54264Acca , et lui porta ses plaintes de la conduite que Doulaï tenoit à son égard.
5426511 revint malade à Damas , fut conduit à l’hôpital et y mourut. Le goût erneur
54266de Damas, Motamid [»*], qui étoit lui-mème très-passionné pour le grand
54267art , s’empara des livres qu’Ebn-altatéli avoit laissés en mourant.
54268» J'allai, après cela, en pèlerinage à Jérusalem; et, de cette ville, je me
54269rendis auprès de Salah-eddin devant Acca. Je me présentai
54270a Boha eddin
54271fils de Schaddad [t j] , qui étoit alors kadhi de l’armée. H avoit entendu par er
54272de la réputation dont j’avois joui à Mosul
54273: il me reçut avec affabilité
54274, quit
54275ce qu’il faisoit pour s’occuper de moi,
54276et me dit
54277: Allons voir Omad e
54278Cateb [14], La tente d’Omad-eddin étoit voisine de celle de Bolia eddin.
54279:
54280nous y rendîmes,
54281et je
54282le trouvai occupé à
54283écrire une
54284lettre en
54285cara
54286^
54287thoulouth [s j] au diwan d’Alaziz [86]; il Pécrivoit sans faire de brouii
54288lettre, me dit-il,
54289est destinée pour votre ville.
5429011 me proposa dit
54291y^neI
54292lions qui appartiennent à
54293la théologie scolastique. Puis
54294il noüs
5429511
54296'
54297avec moi chez le kadhi Fadhel [87]. Nous entrâmes donc de suite dans
54298e
54299teu
54300ou étoit le kadhi. Je vis un homme maigre qui
54301étoit
54302tout tête et cocu
54303b
54304ècnvott,
54305'
54306Digitized by Google
p. 494
54307RELATION DE
54308l’ÉGYPTE.
543094^5
54310écrivoit, et
54311il dictoit en même temps à deux personnes; son visage et ses
54312lèvres faisoient
54313toute sorte de contorsions
54314,
54315à cause des efforts qu'il fâisoit
54316pour prononcer
54317: on eût
54318dit qu’il écrivoit de
54319tous ses membres. Le kadhi
54320Fadhel me proposa une difficulté grammaticale qui se trouve dans ce passage
54321de l'AIcoran
54322, En sortmque
54323, quand ils y seront arrivés et qut Us portes en seront
54324ouvertes, et que les gardiens préposés h sa garde leur diront [MJ; et dans cet autre.
54325Quand même ( il seroit envoyé du ciel) un Akoran par ta vertu duquel Us mon-
54326tagnes marcheroient [«»]
54327;
54328et
54329il me demanda quelle étoit la proposition hypo-
54330thétique corrélative formant
54331, dans le premier exemple, le terme conséquent
54332de la
54333proposition
54334conditionnelle exprimée par idha [quand], et, dans le
54335second, celui de
54336la
54337proposition suppositive exprimée par
54338leur [si].
54339Il me
54340proposa encore beaucoup d'autres questions
54341, sans cesser pour cela d'écrire et
54342de dicter. Après quoi
54343il me dit
54344: Retournez à Damas, et nous vous y assigne-
54345rons un traitement. Mon intention
54346,
54347lui répondis-je
54348,
54349est d’aller en Egypte.
54350Il me dit alors
54351: Le sultan est tout occupé en ce moment du chagrin de voir
54352Acca tombée entre les mains des Francs, et du massacre qui y a été fait des
54353Musulmans. N’importe,
54354lui repartis-je, je suis déterminé k aller en Egypte,
54355Alors
54356il écrivit un petit billet pour son intendant au Caire, et me le remit.
54357» Quand je fus arrivé au Caire , son intendant Ebn-Séna-almulc [y] , qui
54358étoit un vieillard d’une grande autorité et d’un mérite éminent, vint au-devant
54359de moi, m’assigna pour logement un hôtel qui venoit d'être réparé [»], et
54360me fit fournir de l’argent et du blé.
54361II alla ensuite trouver les chefs de l’admi-
54362nistration, et leur dit que j’étois l’hôte du kadhi Fadhel ; ce qui me valut une
54363multitude incroyable de présens et de dons. Tous les dix jours
54364il arrivoil des
54365dépêches du
54366kadhi
54367Fadhel, adressée* au disvan du Caire, concernant les
54368affaires de l’administration
54369; et
54370elles ne manquoient jamais de contenir un
54371article de recommandation en ma faveur. Pendant mon séjour au Caire, je
54372donnois mes leçons dans la mosquée de Loulou le chambellan.
54373» Ce qui m’avoit attiré au Caire , c’étoit
54374le désir de connoître trois per-
54375sonnes,
54376Yasin Simiyaï
54377[»»j,
54378le
54379reïs Moïse
54380fils de Maïmoun Juif [»;] ,
54381et
54382Abou'ikasem Scharii
54383[9*3. Ces trois personnes se trouvèrent dans mon voisi-
54384nage
54385[9)]. Je ne vis dans Yasin qu’un imposteur qui abusoit le monde par
54386des mensonges et des
54387tours de passe-passe
54388:
54389il vantoit Schakani [9*] comme
54390un homme habile dans la chimie, et Schakani lui rendoit la pareille, en lui
54391attribuant de profondes connoissances dans
54392la magie [97],
54393et disant de
54394lui
54395•
54396Nnn
54397APPENDIX
54398,
54399*.•
544001.
54401Digitized by Google
p. 495
54402APPENDIX,
54403*.• L
54404^66
54405relation de l’égypte.
54406qu’il faisoit des choses merveilleuses qui eussent été au-dessus du pouvoir de
54407Moïse
54408fils d’Amran ; qu’il pouvoit
54409faire paraître à sa volonté des pièces de
54410monnoie h
54411tel coin et en
54412telle quantité
54413qu'il vouloit
54414[,»];
54415qu’il pouvoit se
54416fcire une tente des eaux du Nil, et y demeurer, tandis que ses compagnons
54417se tiendraient dessous.
54418Il étoit, au surplus, dans un^ondition misérable.
54419» Moïse
54420fils de Maïmoun vint me voir. Je reconnus en lui un homme d'un
54421mérite très-supérieur , mais dominé par le désir de tenir le premier rang , et de
54422faire sa cour aux personnages puissans.
54423Il a compose un traité de médecine,
54424dans lequel
54425il a recueilli un choix des seize livres de Galien, et de cinq autres
54426livres [,»].
5442711
54428s’est imposé la loi de ne rien changer aux expressions mêmes
54429des ouvrages où
54430il
54431puisoil
54432,
54433si ce n’est peut-être une conjonction ou une
54434particule,
54435se contentant seulement de choisir
54436les
54437textes quil vouloit
54438faire
54439entrer dans cet extrait. 11 a
54440aussi composé pour les Juifs un
54441traité intitulé
54442/r Guide [«•]; et
54443il a prononcé des malédictions conue quiconque écrirait
54444ce livre autrement qu’en caractères Hébreux.
54445J’ai lu ce traité, et jai ttouvé
54446que c’est un mauvais livre, propre à pervertir les dogmes fondamentaux des
54447religions par les moyens mêmes qui semblent destinés à les affermir C'»0-
54448» Quant
54449il Abou’lkasem Scharii , voici ce qui m’arriva. J’étois un jour dans
54450la mosquée, entouré d’une nombreuse assistance, lorsqu il y entra un viei
54451a
54452mal vêtu, mais d’une belle figure et d’une physionomie agréable. Toute
54453l’as-
54454semblée lui témoigna un grand respect , et le fit mettre à la première
54455j
54456c
54457Pour moi, je continuai ce que
54458je disois. Lorsque jeus achevé,
54459et q
54460semblée se sépara , l’imam de la mosquée, s’approchant de moi, me
54461si
54462je connoissois ce
54463vieillard,
54464et m’apprit que c étoit Abouikaseï
54465Je sautai aussitôt à son cou , en lui di^nt
54466: C étoit vous que je
54467le conduisis
54468h mon
54469logis
54470; nous mangeâmes ensemble
54471, ap
54472<Pj°
54473entrâmes en conversation. Je trouvai en
54474lui tout ce quon p
54475conduite étoit celle des vrais sages
54476et des philosophes
54477, et
54478t
54479en a
54480^
54481^
54482tout l’extérieur.
5448311 se contentoit du plus étroit nécessaire , et aucu
54484monde n’attiroit ses désirs , et ne l’empèchoit de se livrer à
54485a po
54486biens d’un ordre plus relevé.
54487Il me fréquentoit assidûment
54488,
54489j,^|)0l| jqïsr
54490qu’il
54491avoit sur-tout étudié
54492les ouvrages des
54493anciens
54494et
54495ceu.
54496Farabi
54497Moi, au contraire,
54498je fàisois très-peu de cas
54499e tous^
54500vains
54501, parce que je in’imaginois que la philosophie se trouvent
54502dans les livres d’Kbn-Sina. Lorsque nous causions , je lui
54503èiots SUP
54504Digitized by Gocgle
p. 496
54505RELATION DE LEGTPTE.
545064^7
54507l’art de l'invention !••)] et le talent de la parole; mais
54508il avoit l’avantage sur
54509moi pour la force des argumens et l'excellence de la doctrine. Je ne rendois
54510appfndix,
54511point cependant les armes fM]
54512îi
54513toute son adresse, et je ne me désistois
54514point de
54515la chaleur de la dispute [«n],
54516malgré toutes
54517ses
54518subtilités.
54519Il me
54520citoit l’un après l’autre des passages d’Abou-Nasr
54521, d’Alexandre [»<] et de
54522Thémistius, pour m’apprivoiser et vaincre ma répugnance,
54523si bien qu’enfin
54524je commençai à me rendre, comme un homme qui avance un pied et retire
54525l’autre.
545261
54527» La nouvelle se répandit alors que Salah-eddin avoit conclu une trêve
54528avec les Francs. Je me
54529vis donc dans l'obligation de me rendre auprès de
54530lui. En conséquence,
54531je pris avec moi autant que
54532je pus des ouvrages des
54533anciens , et
54534je vins à Jérusalem. Je trouvai en
54535la personne de Salah-eddin
54536un grand prince dont l’aspect inspiroit en même temps le respect et l’amour,
54537qui étoit d’un accès facile, d'un esprit profond,
54538affable, et noble dans ses
54539sentimens [1*7]. Tous ceux qui l’approchoient le prenoient pour modèle, et
54540rivalisoient entre eux de bonne conduite et de
54541vertu. On voyoit en eux
54542l’accomplissement de cette parole de Dieu dans l'Alcoran
54543: Nous avons
54544ôté
54545de leurs coeurs
54546toute malice [tôt], La première nuit que
54547je
54548passai près de ce
54549prince , je trouvai autour de lui une assemblée nombreuse de savans qui dis-
54550sertoient sur diverses sciences
54551:
54552il les écoutoit avec plaisir,
54553et prenoit part h
54554leur conversation.
54555Il
54556parloit de
54557la manière de construire des murs et des
54558fossés, discutoit quelques points de jurisprudence
54559relatifs
54560!> cette matière,
54561et semoit son discours de toute sorte de pensées ingénieuses.
54562II
54563étoit alors
54564tout occupé à entourer de murs et de fossés
54565la ville de Jérusalem [«?],
54566et
54567il conduisoit par lui-même ces ouvrages
54568;
54569il portoit même les pierres sur ses
54570épaules; et tous, riches ou pauvres , forts ou foiblcs, suivoient son exemple,
54571jusqu’à Omad-eddin Cateb et au kadhi Fadhel. Le sultan montoit à cheval
54572pour se rendre
54573!t ces travaux avant le
54574lever du
54575soleil
54576,
54577et y
54578restoit jusqu’à
54579midi;
54580il revenoit à cette heure-là
54581, prenoit son repas, et se reposoit. Vers
54582l’heure de la prière de l’après-midi
54583,
54584il montoit de nouveau à cheval, et ne
54585revenoit qu’aux flambeaux ['«];
54586il employoit la plus grande partie de la nuit
54587à disposer ce qu’il devoit faire pendant le jour.
54588,
54589» Salah-eddin m’assigna par écrit un traitement de trente pièces d’or par
54590mois sur l’administration de la djami de Damas, et ses enfans y ajoutèrent
54591des pensions
54592; en sorte que j’eus un revenu assuré de cent pièces d’or
54593par
54594N n n
54595»
54596’
54597s
545981
54599Digitized by Google
p. 497
546004^8
54601RELATION
54602DE
54603L’ÉGYPTE.
54604appfndix
54605m0is ' Je retournai
54606à Damas > «
54607Ie lne mis à étudier avec une grande
54608„ .
54609|
54610'
54611application
54612et
54613à donner
54614des
54615leçons
54616dans
54617la djami.
54618Plus j’avançois dans
54619l’étude des ouvrages des anciens, plus je concevois de passion pour eux,
54620et
54621de dégoût pour Ebn-Sina. Je connus alors
54622la
54623frivolité de la chimie;
54624je sus
54625positivement comment cet art est né, quels ont été les auteurs de ses secrets
54626mensongers, et quel but ils se sont proposé en cela. Je fus donc délivré de
54627deux grandes
54628et pernicieuses erreurs
54629; et j’en
54630rendis de grandes actions de
54631grâces au Tout-puissant
54632: car la plupart des hommes ont dû leur perte aux
54633ouvrages d’Ebn-Sina et à la chimie.
54634» Dans
54635la suite, Salah-eddin, étant venu à Damas, sortit de cette ville
54636pour prendre congé de la caravane des pèlerins. A son retour, h fièvre le
54637prit
54638; un ignorant lui
54639fit mai-à-propos une saignée; ses forces reperdirent,
54640et
54641il mourut avant
54642le quatorzième jour de
54643la maladie. Les peuples furent
54644affligés comme pour
54645la perte d’un prophète
54646: c’est, à ma connoissance
54647, le
54648seul roi dont la mort ait été un sujet de deuil et de tristesse. Ce prince étoit
54649très- aimé; gens de bien ou méchans. Musulmans ou infidèles, tout le monde
54650le chérissoit. Ses enfàns et tous ses gens se dispersèrent en diverses contrées,
54651et leur dispersion
54652fut pareille à celle de
54653la race de Saba [mj. La plupart se
54654retirèrent au Caire,
54655préférant cette place, à cause de sa citadelle,
54656et de Ja
54657richesse du pays dont elle est la capitale. Pour moi je restai à Damas, dont
54658la possession demeura à
54659Mélic-alafdhal
54660,
54661fils
54662aîné de Salah-edtjin , jusqu’à
54663ce que Mélic-alaziz,
54664frère de Mélic-alafdhal,
54665vint, à la tète des troupes de
546661 Égypte
54667,
54668l’assiéger dans cette
54669ville. Mélic-alaziz ne réussit point dans son
54670dessein
54671; mais , ayant été surpris d'une violente colique
54672,
54673il se retira à Mardj-
54674Soffar [»]. J'allai
54675l’y trouver, après qu'il fut guéri de cette maladie, et
54676il me
54677permit de le suivre et m’assigna sur son trésor une somme plus que suffisante
54678pour mon entretien. Je demeurai donc
54679{ au Caire ) [")]. Le scheïkh Abou I-
54680lasem
54681venoit me voir
54682tous les jours matin
54683et soir
54684;
54685ce qui dura jusqu’à sa
54686mort. Sa maladie, qui étoit une pleurésie occasionnée par une fluxton d'hu-
54687meurs qui provenoient de la tète, ayant pris un caractère très-grave, comme
54688je lui conseillois quelques médicamens ,
54689il me répondit par ce vers
54690:
54691» Je me garderai bien de chasser les oiseaux de dessus un arbre dont je sais
54692par expérience que tesfruits sont amers.
54693” A
54694la t,ema" (ie que
54695je
54696lui
54697fis
54698s’il souffrait beaucoup, Une blessure, me
54699dit -il, ne fait point de mal J m mort.
54700Digitized by Goc
p. 498
54701RELATION DE
54702l’ÉGYPTE.
547034^9'
54704» Voici quelle
54705étoit dans ce temps-là ma manière de vivre. Je donnois
54706.
54707des leçons dans la djaini Alazhar
54708, depuis le commencement du jour jusqu’à la
54709app^ndix.
54710quatrième heure; vers le milieu du jour, d'autres auditeurs venoient prendre
54711des leçons de médecine et de diverses sciences;
54712sur le soir
54713,
54714je retournois à
54715la djami, où d’autres étudians venoient prendre des leçons
54716; pendant la nuit,
54717je travaillois seul chez moi. Je continuai de mener ce train de vie jusqu’à la
54718mort de Mélic-alaziz. C’étoit un jeune prince plein de générosité
54719, de bra-
54720voure et de modestie, qui ne savoit rien refuser. Malgré sa grande jeunesse
54721et
54722l'ardeur de son âge,
54723il avoit des mœurs
54724très-réglées, et étoit exempt de
54725toute avidité pour l’argent. »
54726Abd-aliatif,
54727après
54728les événemens dont
54729il vient
54730d’ètre
54731parlé, demeura
54732quelque temps au Caire
54733, jouissant d'un traitement ,
54734et des
54735fournitures de
54736denrées en nature qui
54737lui
54738avoient été assignées
54739par
54740les enfans du
54741sultan
54742Salah-eddin. Ce
54743fût pendant son séjour en cette ville que survinrent cette
54744horrible famine et cette affreuse mortalité qui
54745surpassent
54746tout
54747ce qu’on a
54748jamais vu en ce genre. Abd-aliatif a composé à
54749ce sujet un ouvrage
54750dans
54751lequel
54752il rapporte les faits qu’il a vus !ui-m£me, ou qui lui ont été racontés
54753par des témoins oculaires, et qui saisissent
54754d’effroi l'imagination.
54755Il
54756intitula
54757ce livre,
54758Considérations utilts et instructives, tirées des choses que j'ai vues
54759et
54760des événemens dont j'ai été témoin en Egypte ["41
54761Lorsque
54762le sultan Mélic-aladel Seïf-eddin Abou-Becr
54763fils d’Ayyoub
54764fut
54765devenu maître de l’Égypte, de la plus grande partie de la Syrie et des con-
54766trées orientales ,
54767et que les enfâns de son
54768frère Salah-eddin , dépouillés de
54769leurs états, se furent dispersés
54770, Abd-aliatifquitta l’Égypte, vint à Jérusalem,
54771et y séjourna quelque temps.
5477211 fréquentoit assidûment la djami Alaksa [uj],
54773où l’on venoit prendre ses leçons sur beaucoup de sciences
54774différentes.
54775II
54776'
54777composa en
54778cette
54779ville un grand nombre d’ouvrages. De là,
54780il vint de
54781nouveau habiter Damas, en l’an 6o4, et
54782il y prit son logement dans le col-
54783Ccm. ju n. m;,
54784iége d’Aziz.'Il se mit
54785à professer et à étudier;
54786et le nombre de ceux qui
54787venoient
54788travailler avec
54789lui
54790et étudier sous
54791sa
54792direction diverses
54793sciences,
54794étoit très-grand.
54795Il se distingua sur-tout à Damas par l’exercice de la méde-
54796cine, y composa plusieurs traités sur cet art, et se
54797fit une grande réputation
54798en ce genre. Précédemment,
54799il avoit de la célébrité comme grammairien.
54800Après avoir den®uré quelque temps à Damas ,
54801et avoir rendu de grands
54802services aux habitans de
54803cette
54804ville,
54805il la quitta pour se rendre à Alep,
54806et
54807!’
54808(
54809I
54810Digitized by Google
p. 499
54811APPENDIX,
54812I.
54813C»m. kUc.
54814i nj.
54815O
54816RELATION DE
54817L’ÉGYPTE.
54818. de
54819là dans l’Asie mineure , où
54820il résida beaucoup d’années.
54821Il étoit attaché
54822au prince Ala-eddin Daoud
54823fils de Behram, souverain d’Arzendjan [n<], et
54824jouis soit d’une grande faveur auprès de ce prince,
54825qui lui avoit assigné un
54826traitement considérable et
54827lui prodiguoit ses bienfaits [117].
54828Il composa plu-
54829sieurs ouvrages qu’il dédia à Ala-eddin. C’étoit un prince d’un grand génie,
54830modeste, généreux, qui avoit quelque teinture
54831des
54832sciences.
54833Abd-allatif
54834demeura
54835près de
54836lui jusqu’à
54837l'instant où
54838ses
54839états tombèrent au pouvoir
54840du sultan d’Arzen-alroum , Caïkobad, fils de Caïkhosrou et petit-fils deKilidj-
54841Arslan. Le sultan d’Arzendjan fut
54842fait prisonnier ,
54843et
54844l’on n’entendit plus
54845parler de
54846lui. Voici ce qu’Abd-aliatif lui-même nous apprend des circons-
54847tances postérieures de sa propre vie
54848:
54849«c Le 17 de dhou'lkada de l'an 625
54850,
54851je me rendis à Arzen-alroum
54852;
54853le
548541
548551
54856de safar de l’année suivante, je revins de là à Arzendjan
54857:
54858vers le milieu de
54859rébi premier, j’allai àKémakh [nJj; au mois de djoumada premier, à Déberki;
54860au mois de redjeb, à Malaria; et à la fin de ramadhan, je partis pour Alep.
54861Nous fîmes la prière de la fête de
54862la fin du jeûne à Bahnésa
54863,
54864et nous en-
54865trâmes à Alep le vendredi 9 de schowal. Nous trouvâmes que
54866la population
54867de cette ville étoit doublée , et que l'stbondance et la tranquillité s’y étoient
54868accrues dans la même proportion
54869; ce qui étoit un effet de la bonne conduit»
54870de
54871I atabec Schéhab-eddin [<»].
54872II
54873étoit aimé de tout le monde, à cause de
54874la justice qu’il exerçoit envers ses sujets. »
54875Abd-allatif demeura donc à Alep, où beaucoup de gens prenoient ses
54876leçons, et
54877il y composa un grand nombre d'ouvrages. Schéhab-eddin FogruI
548781 eunuque, atabec d’AIep, lui avoit assigné un traitement considérable.
54879Il y
54880vivoit uniquement [«] occupé de professer
54881l’art de la médecine et d'autres
54882sciences. Il frequentoit assidûment la djami d’AIep , pour y enseigner [ *0 les
54883traditions
54884et y donner des leçons sur la langue
54885Arabe. Tous
54886ses moment
54887étoient employés
54888, soit à écrire, soit à composer des ouvrages.
54889Pendant qu’Abd-alIatif étoit à Alep, je conçus le dessein d’aller l’y voir;
54890mais la chose ne réussit pas. Nous recevions très-souvent des lettres et des
54891messages de sa part
54892:
54893il m’envoya même quelques-uns de ses ouvrages écrits
54894de
54895sa main. Voici
54896la copie d’une
54897lettre que je lui écrivis pendant quil de-
54898meuroit à Alep
54899:
54900" Le Pauvre serviteur offre l’assurance de ses voeux, * ses compliment
54901,
54902” de ses actions de grâces et de son dévouement sans bornes, au très-elevé,
54903Digitized by Goo;
54904le
p. 500
54905é
54906RELATION
54907DE
54908l’ÉGYPTE.
54909ifj
54910\
54911» très-noble, très-illustre, très-haut
54912, très-célèbre
54913, très-grand, très-savant
54914, —
54915«très-excellent personnage Mowaffik - eddin ,
54916le
54917chef de
54918tous
54919les savans
54920A
54921» passés ou présens ,
54922en qui sont réunies toutes les sciences partagées entre
54923» les mortels , le protégé du prince des croyans. Que Dieu daigire éclairer
54924» par son ministère les sentiers de la direction, et illuminer, en nous iecon-
54925» servant, les voies de l'instruction
54926! qu'il nous fasse connoître, par l’exacti-
54927» tude de
54928ses paroles ,
54929la véritable manière de parvenir à la perfection de
54930» l’union avec la divinité [•*»]
54931! Puisse son bonheur être inaltérable , sa haute
54932» réputation aller toujours en croissant , ses ouvrages être dans tout l'univers
54933» le guide des savans et le soutien de tous les littérateurs et de tous les philo-
54934» sophes
54935! Votre serviteur vous renouvelle ses hommages et vous offre les plus
54936» excellentes salutations et
54937les plus affectueux complimens et remercimens.
54938» Il vous témoigne tout ce qu’il souffre , dans le désir qu’il ressent de contern-
54939» pler les lumières de votre
54940soleil éclatant
54941; toute la
54942vivacité de J’empresse-
54943« ment qu’il éprouve de jouir par ses yeux de la vue de votre illustre présence;
54944» et combien s’est augmenté son tourment , et s’est accrue l’impatience qui
54945» lui ravit
54946le sommeil
54947, quand
54948il a appris que l’objet de ses vaux ,
54949et celui
54950» qui est le but du pèlerinage tant désiré, étoit
54951si proche de
54952lui.
54953» Jamais
54954,
54955a
54956dit un poète,
54957le désir ne fait endurer de plus
54958vifs tourmens
54959» que quand le pays de ce que
54960l'on aime
54961est voisin
54962de
54963celui où
54964l’on fait son
54965» séjour.
54966>• Et si ce n’étoit l’espoir que
54967j’ai que notre illustre ami se dirigera vers ce
54968y> pays-ci , et que vous nous honorerez de votre
54969visite
54970, certes je me serois
54971» empressé
54972d’aller vous
54973voir,
54974et je me serois h&tède me présenter devant
54975« vous
54976:
54977j’aurois
54978été vous
54979offrir mes hommages ,
54980et je me serois procuré le
54981» bonheur de
54982voir votre visage. Heureux ceux qui jouissent du plaisir de
54983» vous contempler ,
54984et
54985mille
54986fois heureux
54987le sort de ceux qui
54988se tiennent
54989» devant vous
54990! Combien
54991ils doivent ressentir de joie, ceux qui ont l’avan-
54992v> tage d’être l’objet de vos regards
54993, de puiser k l’océan de vos liontés et de
54994» s'enivrer aux eaux de cet étang, de s'éclairer du soleil de vos sciences et de
54995j# marcher à
54996la lueur de leur astre! Je prie Dieu de m’accorder promptement
54997» le bonheur de me trouver en votre compagnie, et de me faire jouir par sa
54998» grâce et sa bonté d’une faveur qui sera une double joie pour mes yeux et
54999» mes oreilles. »
55000Je
55001citerai
55002aussi quelques passages des lettres d’Àbd-allatif à mon père.
55003Digitized by Google
p. 501
55004APPESDIX,
55005».• L
55006$ IOV. Il jt
55007.
55008«
55009472
55010RELATION
55011DE LÉGYPTE.
55012Dans une lettre qu’il lui envoya dans les premiers temps [nj],
55013il disoit k mon
55014sujet
55015: « Un petit-fils
55016est d'ordinaire plus cher qu’un fils
55017: or ce Mowaffik-
55018» eddin [>*4] est mon
55019jxrtit-fils
55020, et
55021il n’y a parmi les hommes personne qui
55022» me soit plus cher que lui. Depuis sa première enfance, j’ai toujours observé
55023„ en
55024lui
55025les marques d’un
55026excellent naturel. »
55027Il
55028ajoutoit à cela beaucoup
55029d’autîes éloges
55030; puis
55031il disoit
55032: « S’il m’étoit
55033possible dq me rendre auprès
55034» de lui pour qu’il travaillât avec moi
55035, je le ferois. » En un mot,
55036il avoit eu
55037intention de
55038venir à Damas
55039et de
55040s’y
55041établir. Cependant
55042il
55043lui vint dans
55044l’esprit de faire
55045, avant cela ,
55046le pèlerinage de la Mecque, et de prendre son
55047chemin par Bagdad, afin d'y offrir au khalife Mostanser-billah quelques-uns
55048de ses ouvrages. Mais, étant venu à Bagdad,
55049il y tomba malade, et
55050il y
55051mourut le premier jour de la semaine
550521 2 de inoharrain 629
55053:
55054il fut enterré
55055auprès de son
55056père, dans le
55057( collège
55058)
55059IVardiyj'th [>*d. Depuis qu’il avoit
55060quitté
55061cette
55062capitale,
55063il en
55064avoit été absent
55065quarante-cinq ans; Dieu
55066ly
55067ramena pour y finir ses jours [•»<].
55068Voici quelques réflexions d’Abd-allatif, que
55069je rapporterai
55070telles que je
55071les ai trouvées écrites de sa propre main,
55072« Chaque nuit , lorsque vous vous disposez à prendre votre repos , vous
55073devez vous rendre compte à vous-mème de ce que vous avez
55074fait durant la
55075journée ; remercier Dieu du bien que vous reconnoissez dans votre conduite,
55076et au contraire lui demander pardon du mal que vous y apercevez; y renoncer,
55077former
55078le plan des bonnes actions qui devront remplir votre journée le len-
55079demain , et prier Dieu de vous accorder son secours pour le» accomplir.
55080» Je vous recommande de ne point vous contenter d étudier les sciences
55081dans
55082les livres
55083, quelque sûr que vous puissiez être de la perspicacité et de
55084justesse de votre jugement. Vous devez absolument
55085, pour chaque science que
55086vous vous proposez d’apprendre, avoir recours k des maîtres
55087. quand meme
55088le maître que vous avez ne seroit qu’imparfaitement instruit, prenez toujo
55089de lui ce qu’il sait
55090, en attendant que vous en trouviez un meilleur. Avez soin
55091de vous conduire envers lui avec respect et une vraie considération
55092.
55093si vo
55094pouvez l'aider de votre bien ,
55095n’y manquez pas
55096;
55097si vous ne le pouvez
55098j as
55099,
55100reconnoissez du moins par vos paroles et vos éloges le service qu
55101il sou.
55102Quand vous lisez un livre, mettez tout votre soin k
55103le bien posséder ,
55104comprendre parfaitement le sens ; pensez
55105qu’il pourvoit arriver que
55106vînt k vous manquer , et mettez-vous en état de pouvoir vous en passer , s
55107^
55108Digitized by Goo
p. 502
55109RELATION DE
55110l’ÉGYPTE.
55111473
55112avoir aucun sujet de vous affliger de sa perte. Êtes- vous en train d’étudier un
55113livre,
55114et appliqué à en
55115saisir le sens
55116; gardez-vous bien de travailler sur un
55117autre ; consacrez à ce même livre le temps que vous voudriez employer
55118il en
55119lire un autre. Ne vous avisez jamais d’étudier deux sciences en même temps:
55120étudiez constamment une même science, un an, deux ans, plus même s’il le
55121faut; lorsque vous aurez atteint votre but, et que vous
55122la posséderez par-
55123faitement, passez à une autre. Ne croyez pas, quand vous avez acquis
55124la
55125connoissance d’une science , que cela soit suffisant ;
55126il faut encore que vous
55127entreteniez cette connoissance, afin de n’en rien perdre, et au contraire do
55128l'accroitre. La manière de l’entretenir, c’est d’en faire l’objet de sa conver-
55129sation , de
55130ses réflexions. Celui qui commence doit s'occuper d’apprendre
55131par coeur, d'étudier, de conférer avec ses camarades
55132: l'exercice de celui qui
55133sait ,
55134c’est d’enseigner
55135et de composer des ouvrages. Si vous enseignez une
55136science, ou que vous en fassiez l'objet d’une discussion, n’y mêlez point une
55137science étrangère; car chaque science forme un tout qui se suffit à lui -même,
55138qui n’a pas besoin de
55139rien emprunter
55140il une autre science. Prétendre s'aider
55141d’une science pour traiter d’une autre , c'est une preuve qu’on ne possède pas
55142dans toutes ses parties celle dont on
55143traite
55144; c’est agir comme l'homme qui
55145,
55146en parlant une langue , emprunte des expressions d’une autre langue
55147, parce
55148que la première ne lui est pas familière, ou qu’il en ignore une partie.
55149» Il faut étudier
55150les annales
55151,
55152lire
55153les
55154vies des anciens
55155personnages et
55156l’histoire des
55157nations , parce qu’au moyen de
55158cette étude
55159il semble que
55160,
55161malgré
55162la
55163brièveté de notre
55164v,ie , nous
55165ayons vécu
55166avec
55167les générations
55168passées
55169, que nous ayons été en société avec elles , et vu le bien et le mal
55170qui leur sont arrivés.
55171» Vous devez vous étudier h conformer votre conduite
55172!k celle des Musul-
55173mans des premiers temps. Lisez la vie du prophète, et appliquez-vous à bien
55174connoître tout ce qui lui
55175est arrivé
55176et toutes
55177ses actions
55178;
55179prenez-ie pour
55180votre modèle, et formez-vous, autant que vous le pourrez, sur son exemple.
55181Quand vous connoîtrez bien toute sa conduite par rapport au manger et au
55182boire, aux vètemens, au sommeil; dans
55183l’état de veille, de maladie; dans
55184l’usage de la médecine, des amusemens, des parfums; dans ses rapports avec
55185Dieu , avec ses femmes
55186et ses compagnons
55187; dans
55188sa manière d’agir envers
55189ses ennemis
55190:
55191si vous l’imitez, ne fut-ce que de loin et très-imparfaitement
55192,
55193estimez-vous très-heureux.
55194Ooo
55195APPENDIX,
55196*.• I
55197Digitized by Google
p. 503
55198AVPESDIX,
55199relation de
55200l’égypte.
55201» N’ayez jamais bonne opinion de voire ame, et qu’elle vous soit toujours
55202suspecte. Exposez vos projets à des hommes savans, et comparez-les avec la
55203doctrine de leurs écrits. Agissez avec une mûre considération
55204, sans
55205préci-
55206pitation
55207,
55208sans enthousiasme
55209: l’enthousiasme
55210fait
55211faire bien des fautes ;
55212et
55213quand on ne consulte que soi-mèine, on s’expose à beaucoup de faux pas.
55214Celui qui ne va pas , à la sueur de son front , frapper aux portes des savans
55215,
55216ne se fera jamais une réputation par ses talens quiconque n aura pas rougi
55217en recevant leurs remontrances, ne sera pas en estime dans le monde; et
55218l'on ne parvient pas au premier rang , quand on n’a pas essuyé leurs correc-
55219tions. En vain «e flatteroit-on de goûter la douceur de la science,
55220si
55221l’on n’a
55222point supporté
55223la
55224fatigue d’apprendre
55225;
55226en
55227vain espéreroit - on obtenir
55228le
55229bonheur sans se donner de la peine.
55230» Lorsque vous n’ètes point appliqué h apprendre ou à méditer sur les sujets
55231de vos études , que votre langue
55232alors s’occupe ï chanter les louanges de
55233Dieu. Que, tfcns votre sommeil sur-tout, votre esprit soit comme imbibe de
55234cette pensée; quelle soit
55235, pour
55236ainsi
55237dire, pétrie avec votre imagination;
55238que vous en parliez même en dormant. Vous arrive-t-il quelque sujet de joie
55239et de satisfaction
55240en ce qui concerne
55241les
55242biens
55243passagers de ce monde
55244,
55245pensez h la mort, h
55246la fin si prompte de ces jouissances, h toutes les peines
55247qui en troublent la possession. Vous survient-il un sujet d’affliction
55248; dues:
55249Nous sommes à Dieu, et nous retournerons vers lui C'*7]* ^ vous
55250^
55251quelque faute d'étourderie, demandez -en pardon
55252S Dieu. Ayez
552531
552541
55255la mort devant
55256les yeux
55257; que la science et la piété soient les pro
55258votre voyage en sortant de ce monde pour passer dans
55259I autre-
55260pécher contre la loi de Dieu
55261; cherchez , pour cela , un lieu où
55262i
55263ne
55264pas. Sachez que
55265les hommes sont les yeux de Dieu
55266,
55267par lesque
55268ses serviteurs; que Dieu leur montrera
55269les bonnes ccusres que s
55270cœur je
55271cachent, et les crimes qu’ils commettent en secret; que
552721 intérieur
55273l’homme est dévoilé pour lui,
55274et qu’il le dévoilera un jour i
55275a
55276.
55277le monde. Ayez donc soin que votre intérieur soit meilleur que
55278rieur; que vos actions secrètes soient plus conformes
55279.
55280ent je
55281que vous faites h la vue du
55282public. Si le monde
55283et ses biens se otgn
55284r
55285.
55286«
55287•
55288J» «a faveur « u
55289“ ous
55290vous , ne vous en affligez pas
55291; car ,
55292si vous jouissiez ae sa
55293^
55294détoumeroit de l'acquisition
55295des vertus
55296et des belles connoissances.^ ^
55297bien
55298rare qu’un homme riche
55299s’applique à
55300la
55301science
55302,
55303à moins qu
55304. Digitized by Goc
55305le
p. 504
55306RELATION DE
55307L’ÉGYPTE.
5530847?
55309reçu de la nature des sentimens nobles et élevés , ou bien qu’il
55310n’ait acquis
55311la science avant de devenir riche. Je ne veux pas dire pour cela que la for-
55312tune tourne le dos
55313<t ceux qui s’occupent d’acquérir de la science
55314: ce sont
55315eux , au contraire
55316, qui tournent le dos à la fortune
55317, parce que toute l'activité
55318de leur esprit se porte vers la science, et qu’il ne leur reste aucun goût pour
55319les biens du monde. On n’acquiert ces* biens que par la cupidité et en
55320diri-
55321geant ses pensées vers cette recherche;
55322ils ne viennent
55323point trouver celui
55324qui néglige les moyens de se les procurer. D'ailleurs, l'homme qui porte son
55325ambition vers
55326la science, a l'ame trop haute pour qu’elle s'abaisse à exercer
55327des métiers vils et des professions abjectes ,
55328il faire le commerce ,
55329îi briguer
55330par des bassesses la faveur des gens fortunés, et h leur faire la cour, comme
55331a dit un poète
55332:
553331
55334r> Quiconçue consacre tous
55335ses efforts a la
55336recherche des sciences ,
55337les estime
55338trop pour ne pas les mettre fort au-dessus du vil soin d'amasser des
55339richesses.
55340» Toutes les professions où l’on gagne des richesses, exigent qu’on
55341s’y
55342livre
55343, abstraction faite de toute autre chose ; qu’on y emploie
55344les ressources
55345de son esprit; qu’on y sacrifie son temps. Un homme occupé de l’étude et
55346du
55347désir d’apprendre ne peut
55348rien
55349faire de
55350tout cela
55351;
55352i!
55353faut donc qu’il
55354attende que
55355la fortune vienne
55356le trouver ,
55357sans qu’il fasse rien pour aller
55358au-devant d’elle
55359;
55360qu’elle
55361le recherche elle-même
55362, sans qu’il se donne pour
55363l’obtenir aucun des mouvemens que cette recherche exige
55364: mais une pareille
55365prétention de sa part seroit injuste
55366et exorbitante. Au contraire, quand un
55367homme a acquis une science solide et étendue, et qu'il s’est fait la réputa-
55368tion de savant , de toutes parts on s’empresse de l’appeler , de lui offrir des
55369places
55370;
55371la fortune elle-même vjent humblement le
55372chercher,
55373il
55374la
55375reçoit
55376:
55377combien
55378alors son visage
55379est éclatant de gloire
55380! combien son honneur et
55381sa piété sont i l'abri de tout reproche
55382! La vraie piété est une colline, une
55383odeur qui proclame ï haute voix celui qui la possède; c’est une lumière res-
55384plendissante dont l'éclat se répand sur lui et le inet en évidence
55385: elle le trahit
55386,
55387comme un marchand de musc qui ne sauroit être caché , l’odeur qui sort de
55388la précieuse marchandise dont
55389il
55390fait
55391le commerce, le décelant par-tout où
55392il se trouve, ou comme un homme qui, au milieu d’une nuit obscure, marche
55393précédé d'une torche. Et, outre ces avantages, un savant est aimé de tout le
55394monde. En quelque lieu qu’il se trouve
55395, quelle que soit sa situation ,
55396il n’y
55397a personne qui n’^rouve de l'inclination pour lui, qui ne désiré s’approcher
55398Ooo
553992
55400APPENDIX,
55401H.*
55402I.
p. 505
55403appendix ,
55404n,*
554051.
55406476
55407RELATION DE
55408L’ÉGYPTE.
55409de lui
55410, qui ne se trouve heureux de jouir de sa société
55411, qui ne s’épanouisse
55412.
55413de
55414plaisir en sa compagnie. Sachez que
55415les
55416sciences
55417paroissent
55418et
55419dispa-
55420raissent
55421;
55422tantôt elles se montrent au grand
55423jour
55424,
55425tantôt elles
55426s’éclipsent
55427:
55428elles ressemblent par ces vicissitudes aux plantes et aux sources d’eaux. On
55429les
55430voit aussi passer d’une nation à une
55431autre nation , d’un pays â un autre
55432•
55433pays. »
55434J’ai encore trouvé les paroles suivantes,
55435écrites de la main d’Abd-allatif:
55436« Attachez-vous à ce que
55437votre discours
55438ait,
55439la
55440plupart du temps, les
55441qualités que
55442voici
55443: qu’il
55444soit
55445court , exprimé en bons termes
55446, renfermant
55447un
55448sens important ou agréable
55449, avec une tournure un peu énigmatique et
55450qui laisse plus ou moins à deviner
55451;
55452qu’il ne
55453soit pas négligé comme celui
55454du commun
55455des hommes, mais, au contraire, un peu élevé au-dessus du
55456vulgaire , sans trop néanmoins
55457s’en
55458écarter.
55459» Évitez le bavardage et
55460les discours qui n’ont aucun
55461sens. Gardez-vous
55462aussi de vous
55463taire quand
55464il y
55465a
55466nécessité de
55467parler
55468et que votre
55469tour
55470est
55471venu de rompre le
55472silence ,
55473soit pour vous
55474faire rendre ce qui vous est du,
55475ou pour vous concilier l'amitié , soit enfin pour donner aux hommes un avis
55476utile et
55477les exciter â la vertu. Gardez-vous de rire en parlant [>>*), de parler
55478avec excès ou sans
55479utilité ; que vos discours soient suivis , prononcés avec
55480sang-froid et gravité, en sorte qu'on s’aperçoive que vous pensez encore plus
55481que vous ne dites , et que vos paroles sont le fruit de la réflexion [•»»] et d une
55482mûre considération.
55483» Quand vous écrivez , ayez soin de ne point employer des expressions
55484grossières
55485: en disputant, évitez les paroles dures; car cela
55486détruit toute
55487la
55488fleur du discours, le prive de son
55489utilité, Jui ôte toute sa douceur, attire
55490les haines, fait évanouir l’amitié
55491, et rend celui qui parle il charge à ceux qui
55492l’entendent , en sorte qu'on aimerait mieux qu’il gardât le silence. Cela dis
55493pose même â résister à ses paroles, lui attire des réponses âcres, et fait qu on
55494lui manque de respect.
55495» Ne vous
55496élevez pas vous-même
55497au point de vous rendre
55498insuppor
55499table; mais gardez-vous aussi de vous abaisser de manière quon vous m
55500prise
55501[i }o] et qu’on ne tienne pas compte de vous.
55502» Que tous vos discours
55503soient
55504sous une forme polémique
55505• répo
55506conformément au jugement de votre raison ,
55507et non pas aux habitudes q
55508vous avez contractées.
55509Digitized by Goc
p. 506
55510RELATION DE L’ÉGYPTE.
55511/\JJ
55512» Défaites-vous des préjugés de l’enfance , des habitudes naturelles. Que
55513votre discours
55514ait le plus ordinairement une tournure théologique; que l’on
55515y trouve toujours quelque bonne sentence
55516C* jO ou quelque passage de l’AI-
55517coran
55518, une maxime sage , un
55519vers remarquable ou un proverbe.
55520» Evitez de maltraiter
55521les hommes, de mal parler C*
55522j
55523»3 des
55524rois, de dire
55525des
55526injures
55527grossières
55528aux
55529sociétés , de vous
55530laisser
55531aller à une vivacité
55532excessive.
55533» Ayez soin de bien fournir votre mémoire de poésies proverbiales , de
55534sentences philosophiques , de pensées piquantes. »
55535Voici un échantillon de
55536ses prières
55537:
55538« O mon Dieu! préservez- nous de la
55539rébellion de
55540la nature, de
55541l’in-
55542subordination de la concupiscence; que le coursier de votre assistance soit
55543soumis
55544à nos ordres
55545; conduisez-nous [ jj] dans le chemin aplani
55546, ô Vous
55547qui
55548êtes
55549le directeur des aveugles , le guide des égarés
55550, qui faites revivre
55551par la foi les coeurs qui étoient morts, qui éclairez de la lumière d'une feu
55552vive
55553[• 34 j les ténèbres de l’égarement ; prenez- nous par la main
55554, pour nous
55555tirer du
55556précipice d’une
55557perte
55558assurée
55559;
55560arrachez-nous de
55561la fange de
55562la
55563nature corrompue
55564; purifiez-nous des souillures de ce monde abject, par une
55565sincère religion envers vous et par une vraie piété
55566: car vous êtes le souve-
55567rain maître de ce monde et de l’autre. »
55568L’hymne suivant est aussi de lui
55569;
55570« Louanges soient rendues à celui ï qui appartient toute l’existence
55571; qui
55572seul mérite, sous tous les rapports,
55573d’être adoré! Tout
55574l’univers brille de
55575l’éclat de sa gloire
55576; et
55577le soleil de sa connoissance lance ses rayons sur les
55578âmes et les éclaire de ses feux. »
55579Nous donnerons, en finissant, la liste des ouvrages d’Abd-aliatif
55580APPENDIX
55581,
55582«.*
55583I.
55584Digitized by Google
p. 507
55585ÀPPENDIX,
55586* *
55587I.
55588478
55589relation de l’égypte.
55590NOTES.
55591[» J J'Ai tiré le texte de U Vie d’Abd-allatif
55592d’un manuscrit Arabe en deux volumes, qui
55593appartient à la bibliothèque publique de l'uni-
55594versité de Lcydc. Ce manuscrit ( Calai. bibl.
55595Lugd.
55596Bat.
55597p. 444, n* Sjr, olim jp )
55598con-
55599tient deux
55600fois
55601la
55602vie
55603d’Abd - allatif
55604:
55605j’ai
55606comparé ces deux copies; ce qui m'a fourni
55607quelques variantes. J'ai admis dans ma traduc-
55608tion la leçon qui m'a paru préférable
55609: quand
55610j'ai été incertain du choix, j'ai indiqué en note
55611l'autre leçon. Kgyigle manuscrit dont
55612il s’agit,
55613t. //, fol. jt
55614verso- jp
55615recto,
55616etfol. 14J recio-
556171j 2 recto; et Reiske
55618, MiscelLtnea med. ex Arab.
55619monim. dans
55620le
55621recueil intitulé
55622Opuscula med.
55623ex monim. Ar. et Ebraor. et publié par Gruncr,
55624r
55625s*.
55626Reiske n’avoit pu découvrir , ni
55627le vrai nom
55628d’Ebrt'Abi-Osaîba,
55629ni
55630l'année
55631de
55632sa
55633mort.
55634Abou'lmahascn nous donne
55635ses noms et sur-
55636noms
55637, ainsi qu'il suit
55638: Mowafiik-eddin Abcu'f-
55639abbas Ahmed ben-h asem ben- Khalife h  hajjadji,
55640connu sous le nom
55641Ebn-Abi-Osaibia tS-b*
55642âxJà ijs
55643t
55644o^-l
55645jjf
55646I
55647S
55648•
5564911
55650a ioutc
55651qu’il mourut a Sarkhad en 66B
55652, â
556531 âge de plus
55654de soixante-dix ans. On devroit écrire Osaiiia,
55655et non
55656Osailm ; mais j'ai
55657suivi
55658l'usage
55659reçu.
55660Abou'lmahascn
55661, Man. Ar. de
55662la Bibl.
55663imp. n.* £61
55664,
55665à l'année 668.
55666[*] Ebn-edtabbüd , c’est-à-dire,
55667le fils du
55668marchand de feutres.
55669J'ignore pourquoi Abd-
55670allatif ctoit connu sous
55671ce surnom.
55672Ü]
55673\jf
55674signifie proprement lire en pré-
55675sence de fkflyu'uM
55676:
55677c'est ce que
55678fait
55679l'écolier
55680lit en présence de son maître un
55681traité
55682de grammaire, de médecine, ou autre, dont
55683le maître développe
55684le sens et résout les diffi-
55685cultés.
55686[4] Des trois personnages nommes ici,
55687il n’y
55688en a qu un seul sur lequel j'aie trouvé quelques
55689rcmcignemcns. C'est Abou ’lfath Moh.tmmedben-
55690Abd-albabi. Dhchébi , cité par Abou'lmahisen,
55691marque sa mon à
55692l'an 564. Il dit qu’il ctoit le
55693chef des docteurs quienscignoiem les traditions
55694dans l’Irak ^|
55695Lv.
55696...
55697; mais
55698il
55699le nomme
55700Ebn - albaii
55701, et non Ebn-alubi ^
55702j^Jjf . Man. Ar. de la Bibl. imp. *. éét,
55703[j] Le manuscrit porte
55704r mais
55705c'est
55706évidemment une faute; et
55707il faut lire, comme
55708je l’ai fait, oJlj.
55709[6] On
55710pourvoir
55711croire
55712qu'il
55713faut
55714lire au
55715pluriel
55716la connaissante des sectes; mais
55717je ne le pense pas. L'auteur veut dire quclou-
55718souf connoissoit à fond la secte dont
55719il faisoit
55720profession, qui étoit,
55721je crois,
55722celle d’Abou-
55723Hanifa. J’ai trouve ailleurs, et notamment dans
55724Ebn-Khilcan , la meme manière de s’exprimer.
55725[7] L’un des deux textes dT.bn-Abi-Osaïba
55726porte Jj-YIji
55727ü' “ dud
55728.
55729Je croit queda dernière leçon est
55730h meilleure; et c’est cclleque j'ai suivie. Le root
55731jVj-l
55732est un dui;l formé du pluriel J^.1
55733,
55734/rsprrérÿrs finJaM,,*** , et
55735ce duel signifie
55736/„ priuifafi,dament J, U <*<%"
55737'•cautOUj.rivnJau,
55738tüJI Jr
55739l
55740• L'àude de ce. prin-
55741cipes fondamentaux forme deux sciences dis-
55742tinctes. nuis réunies sous I» dénomination de
55743^
55744|
55745On peut consulter là-dessus le Dic-
55746tionnaire bibliographique de Hadji Khalfa. au
55747mot JL-t , et l’ouvrage intitulé tMoiI.péWdn
55748Uibnfictit ta ***»*» W *>•*«*•' f
557496\°
55750et 66 ,.
55751Reiske, dans sa traduction d Abou
55752-
55753mot LlJ
55754cus.isnre.Vojre.au», le
55755meme ouvrage
55756,
55757t. Mr f- 4e r ’
55758Une faut pas confondre la science nommee
55759aisJI fir.rr.Jx,,, «««*«.
557601ÏCC ** «“
55761Digitized by Gooile
p. 508
55762RELATION DE LÉGYPTE.
55763n'a pour objet que
55764le, principe, finJameneanx
55765J< la jnrhprnjenct caunique ùüjl Jj-I
55766. Le,
55767principe,
55768fondamentaux de
55769la jurisprudence
55770canoniq ue . comme ceux de la théologie dogroa-
55771appartiennent à
55772la tkMagit aalamqn,
55773;
55774la jurisprudence canonique, au con-
55775raire. forme une science distincte, quiapour
55776objet
55777non h prindpet finjammeanr
55778mass
55779le, conséquences pratique,
55780, 1rs rameau.
55781£L>» •
557821 Voyez le Spec. Hht. Ar. p.
557831 7 et
557841 98. )
55785Cette distinction a échappé au savant Reislte,
55786Aaual. Meut.
55787t. III, p. 4oI .
55788I8 J Le mot cj
55789a ne se trouve pas indi-
55790qué dan, nos dictionnaires, dans le sens que je
55791lu. donne ici, AAemmetuperfidel. qui .‘a a.'.,,
55792lei.rare légère Je quelque sdrute. mais celte signi-
55793fication est justifiée, tant par l'étymologie du
55794mul
55795qo'
55796par
55797la
55798suite des
55799idées de
55800divers passages de celte Vie d'Abd-allatif , où
55801cette expression se trouve employée.
55802[»J Ce mot
55803, qui est une corruption du persan
55804. jyls,
55805signifie une sorte Ae pSu ttecrâ , faite
55806J’amiJou , J, fi,.r J,farine . Je miel et d‘,.,u.
55807[o] Abou'lnedjib Abd - albhcr
55808ben-Abd-
55809allah SahratanJi
55810,
55811C1 non ScheAr-
55812çum. comme je Us dan, Abou'lmahasen
55813( Man.
55814Ar. de la Bibl. imp.
5581566,). remontoit jusqu'à
55816Abou-Becr.
55817Il portoit lesumom de PAia-eJJin.
55818Il croit né en 490, et mourut à Bagdad en j«j.
55819Il avoit professé quc'quc temps en cette capi-
55820talc, dans le college fondé par Nidham-almuic.
55821Sa vie se trouve dans Ebn-Khilcan.
55822C* * J
55823sur le sens du mot
55824ui
55825* ma
55826Chrestomathie Arabe,
55827terne U. pag, qjj.
55828[is] Je ne dissimulerai pa, que le mot JL®
55829m est suspect, cette forme de pluriel étant plu,
55830ordinairement réservée au genre féminin.
55831t'Ü Ce titre de ce livre est
55832- il i j
55833,
55834a .
55835C’est un traité de grammaire trà-célèfe,
55836et
55837attribué à divers écrivains , mais dont
55838le véri-
55839table auteur est, selon Hadji Khalfa
55840, Abou'I-
55841abbas Ahmed ben-YahyaScheïbani, surnommé
55842TKaUèa
55843. Cest
55844,
55845dit le meme
55846biblio-
55847graphe, un ouvrage d'un petit volume, mais
55848479
55849très-instructif. Ahmed Scheîbani
55850, né en l'an
55851aoo, mourut enaçi.Lc FasiA a été commenté
55852par un grand nombre de grammairien,.
55853Kiyrj,
55854Ebn-Khilcan, et Abou'lféda,
55855Annal. Matlrm.
55856t. II, p. 19a.
55857Hadji
55858Khalfa
55859indique
55860un supplément au
55861FaeiA. composé par Mowaffik-cddin Bagdadi.
55862C'est,
55863je pente,
55864Abd-allatif qui
55865est désigné
55866»us ce nom
55867;
55868et effectivement , dans le cata-
55869logue des ouvrages d'Abd-allatif, qui est i la
55870suite de sa Vie , on trouve un supplément au
55871FasiA £»jJ! Jj i (jUfea .
55872f> 4] Sur le recueil dey MJkamas ou Séances
55873de Hariri
55874,
55875vepey_ ma Chrestomathie Arabe
55876,
55877*
55878i$2 rt suiv,
55879l'i]
55880ma Chrejtonmhit Arabe, /. ffft
55881p. top et suiv.
55882!«] Suivant une autre leçon, it/uiea/m U
55883ttheikh
55884Je BagJaJ
55885jligis^
55886^
55887_
55888c’est-à-dire . le premier des ,cheikhs de Bagdad.
55889Je préférerai, volontiers cette leçon , Kéroal-
55890eddin
55891étant
55892appelé plus
55893bas s.^1
55894ttheikh tin schtikhs.
55895.
55896Ce docteur ,e nommoit Ahn'lharacal AtJ.
55897xlraAman kn-MoAammeJ
55898, ben-AbFlwafa
55899Ien.
55900Ali-SaiJ Anlari
55901. son
55902titre honorifique étoit
55903A/mal-eJJin,
55904et on
55905l'appeloit communément
55906Ehn-atanAari.
55907Le,
55908historien,
55909varient
55910sur
55911les
55912nom,
55913de sou
55914aïeul « de
55915ton
55916bisaïeul.
55917J'ai
55918suivi Ebn-Khilcan, qui fai, un grand éloge de
55919ce
55920personnage
55921illustre.
55922Kémal-eddin, né à
55923Bagdad en
5592451J. y
55925passa toute
55926sa
55927vie,
55928e, y
55929mourut en, 77.
55930Ebn-Khilcan, ctAbou'l-
55931féda , Annal. Matl. t. IV
55932, p. 4-, et «49.
55933C'7j Wedjih-eddin Abou-BecrMobarec, fil,
55934d’Abou-Talck Mobarec, et surnommé DahAan
55935uUj
55936[ c'est-à-dire,
55937le marchand J’huile), 0u
55938Lku-aUaAAau
55939,
55940étoit né à Waset en 5 j a,
55941et
55942mourut à Bagdad en dt a. Il
55943fit successivement
55944profession
55945de
55946la
55947secte de Hanbal
55948, de
55949celle
55950d'Abou-Hanifa, «enfin de celle de Schaféi.
55951Kp-rtEbn-Khilcan, « Abou'lféda,/!»». MstL
55952t- IV
55953, p. ,j7 et d8j.
55954^
559551 *-1 Ee
55956titre de Reh alrwuta doit répondre
55957APPENDIX
55958K." I
55959•'
55960I
55961Digitized by Google

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