Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · al-Maqrīzī — Kitāb al-sulūk li-maʿrifat duwal al-mulūk (Mamluk sultans) · none · L0 witness

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Attribution: Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40); public domain in Canada (death year verified: Quatremère d.1857 (LC heading 1782-1857 in https://archive.org/metadata/b22006606_0001; https://www.wikidata.org/wiki/Q289886) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf from https://archive.org/details/b22006606_0001 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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p. 1
p. 2
p. 3
p. 4
p. 5
1HISTOIRE
2DES
3SULTANS MAMLOUKS.
p. 6
4TYPOGRAPHIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES,
5IMPRIMEURS DE i/lNSTITUT DE FRANCE,
6RUE JACOB,
7N° 56 .
p. 7
8HISTOIRE
9DES
10SULTANS MAMLOUKS
11DE L'ÉGYPTE,
12ÉCRITE EN ARABE
13PAR TAKI-EDDIN-AHMED-MAKRIZI,
14TRADUITE EN FRANÇAIS,
15ET ACCOMPAGNÉE DE NOTES PHILOLOGIQUES, HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES,
16PAR
17M. QUATREMÈRE,
18MEMBRE DE l’aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.
19TOME PREMIER.
20PARIS,
21PRINTED FOR THE ORIENTAL TRANSLATION FUND
22OF GREAT BRITAIN AND IRELAND
23:
24sold by A.
25J. VALPY, A. M. LONDON;
26and BENJAMIN DUPRAT, bue du cloîtbe saint-benoît,
27n°
287,
29PARIS.
30oo-cpoo-ü-oo-
31M DCCC XXXVII.
p. 8
p. 9
32PREFACE
33Le morceau
34historique dont
35j’offre ici
36la
37traduction
38fait
39partie d’un
40ouvrage d’une grande étendue, et
41, je puis le dire, d’une haute importance.
42/
43Il retrace les événements dont l’Egypte et
44la Syrie ont été le théâtre sous
45le
46règne des
47princes Aïoubites,
48ainsi que
49sous
50la domination des deux
51dynasties
52des
53sultans Mamlouks.
54Il
55a pour titre
56:
57J, ^Ul
58ccLelivre de l’introduction, qui fait connaître l’histoire des dynasties
59des Rois. » Avant deparler de la nature de mon travail, je dois présenter ici
60quelques renseignements sur l’auteur et les nombreux ouvrages qu’a pro-
61duits sa plume féconde.
62J’ai peu de
63détails à donner sur la personne et
64les
65actions de
66Makrizi. On
67sent bien que la vie d’un homme de
68lettres,
69constamment occupé de
70la rédaction d’une foule
71d’ouvrages, ne saurait
72offrir une suite de faits tant soit peu intéressants. Déjà, des articles biogra-
73phiques, écrits par des auteurs contemporains, Abou’lmahâsenet Sakhâwi,
74ont été publiés par M.
75le baron Silvestre de Sacy (r) et par feu M. Ha-
76maker
77(2 ). On peut y joindre un
78autre morceau,
79rédigé par
80l’iiistorien
81Ahmed-Askalâni, qui avait été contemporain et ami de Makrizi (3). Il faut
82observer que ce fragment, qui n’a pas une grande étendue, a été copié
83mot pour mot par Sakhâwi. Je vais m’attacher à présenter ici le petit nom-
84bre de renseignements que j’ai recueillis, et qui, s’ilsne sont pas d’une haute
85importance,
86auront du moins
87l’avantage
88de
89compléter,
90sur quelques
91points, les détails contenus dans les deux morceaux que je viens de citer.
92Taki-eddin-Ahmed
93, surnommé
94Makrizi,
95eut,
96ainsi
97qu’il nous
98l’ap-
99(1)
100Chreslomathie arabe,
1012e
102édition, tom. I,
103Bïbliothccœ Academiœ Lugduno Batavœ
104, p. 207
105pag. 112 et suiv.
106et suiv.
107(2) Specimen catalogi codicum mss. orientalium
108( 3 ) Man. arab. 65 y, fol. 25g v°, 260 r°.
109I.
110a
p. 10
111PRÉFACE.
112Ü
113prend (i), pour
114aïeul paternel
115le scheikh Mohi-eddin-Abou-Mohammed-
116Abd-alkâder-ben-Mohammed- ben-ibrahim... Makrizi
117C’était
118un
119jurisconsulte de
120la
121secte
122de
123Hanbal
124,
125et un homme
126distingué par
127ses
128talents dans la science des traditions.
129Il avait pris à Balbek les leçons de
130Zaïnab, fille de Kendi, et à Damas celles d’Omar-ben-Kawasiah, et d’autres
131maîtres. Il professa
132les traditions, lut ou transcrivit de sa main un grand
133nombre d’ouvrages.
134Il
135fit un voyage au Caire, et fut compté au nombre
136des plus célèbres jurisconsultes
137et
138interprètes des traditions. Il mourut à
139Damas
140, le dix-huitième jour du mois de Rebi premier, l’an y33 del’hégire
141(de J. C.
142i 332 ). Sa vie fut écrite par le scheikh Taki-eddin-Ebn-Râfé (2).
143On voit que le surnom de Makrizi ^yytjü !
144,
145qui
146devait
147son
148origine au
149quartier de Makriz^L»
150, l’un des faubourgs de Balbek,
151était
152héréditaire
153dans la famille de notre auteur. Il est donc
154inutile d’admettre, pour lui,
155le surnom &Ebn-Makrizi, ainsi que l’avait proposé feu M. Langlès
156(3 ).
157Ala-eddin-Ali,
158fils d’Abd-alkâder-ben-Mohammed, et surnommé Bal-
159beki-Makrizi
160,
161fut
162le
163père
164de notre historien
165(4).
166Il mourut
167l’an
16877g
169(de
170J. C. 1377).
171Il avait épousé, l’an 765 (de
172J. C.
173i 363), Asmâ,
174fille du
175scheikh Schems-eddin-Mohammed-ben-Abd-errahman. Elle était née l’an
176747 (de J. C.
1771 340). Par conséquent, à l’époque de ce mariage
178,
179cjui était
180pour elle le second quelle eût contracté
181,
182elle avait dix-huit ans.
183C’était
184une femme de mérite,
185qui
186joignait
187à beaucoup
188de
189sens un grand zèle
190pour
191la
192religion.
193Elle
194fut mère de Makrizi, qui
195lui consacra un
196article
197biographique. Le père d’Asmâ avait cultivé
198la
199poésie avec
200succès.
201Elle
202avait eu pour oncle paternel
203le kadi Tadj-eddin-Abou’lféda-Ismaïl-ben-
204Ahmed-ben-Abd-alwahhab-Makhzoumi
205(5). Makrizi avait un
206frère plus
207jeune que lui, et nommé Nâser-eddin-Mohammed.
208. Il paraît que des amis plus zélés qu’éclairés, croyant rehausser la gloire
209de Makrizi, ou dans l’espoir de
210flatter sa vanité,
211lui
212avaient
213créé une
214(1) Solouk, tom. I, p. 859. Voyez aussi Abou’l-
215(4) Ahmed-Askalâni, Histoire d'Égypte, m. 656 ,
216mahâsen, Manhel-sâfi raan. 750, fol. 79 r°.
217f. 19
218r°
219; Makrizi, Solouk
220,
221mai). 673, f. 460 r°.
222(2) Ahmed-Askalâni, man. 657, folio 260 r°.
223(5) Makrizi, Description de l’Égypte, man. 798,
224(3 ) Notices et Extraits des Manuscrits, tom. VI,
225fol. 92
226r°.
227pag. 323 .
p. 11
228PRÉFACE.
229'i
230généalogie qui rattachait sa naissance à des familles
231illustres. Le scheïkh
232Taki-eddin-Ebn-Râfé (i), qui avait écrit la vie de l’aïeul paternel de notre
233auteur, assurait qu’il descendait d’un Ansari, c’est-à-dire d’un des auxiliaires
234de Mahomet. Il est vrai que Makrizi repoussait cette assertion, et demandait
235où l’écrivain avait puisé ce fait. Suivant d’autres, Makrizi descendait de Te-
236mim,fîlsdu khalife fatimite Moëzz. Et voici ce que rapporte à cette occasion
237Ahmed-Askalâni
238(2 )
239:
240« Un habitant de la Mecque ayant lu, sous la direc-
241te tion de
242Makrizi, un des ouvrages de cet
243auteur,
244écrivit en
245tête du
246-« volume, une généalogie qui rapportait l’origine de l’écrivain à Temim,
247« fils de Moëzz; mais Makrizi effaça de
248sa propre main
249ce qu’avait écrit
250«son imprudent
251admirateur.” Et, en effet, dans
252trois passages de
253ses
254compositions historiques, notre auteur, parlant de son aïeul
255(3), de son
256père
257(4) et de son frère
258(5), 11e fait remonter leur généalogie, et par suite
259la
260sienne, qu’à Temim,
261trisaïeul d’Abd-alkâder. On pourrait présumer
262que cet habitant de la Mecque
263, qui avait ou transcrit ou forgé la filiation
264des ancêtres de Makrizi , trouvant dans cette liste un personnage nommé
265Temim, avait cru ou voulu faire croire
266qu’011 devait reconnaître en lui
267Temim
268, fils du khalife Moëzz. Si telle fut la prétention de ce généalogiste,
269son
270assertion
271trahissait une extrême ignorance
272: car
273il était absurde de
274vouloir
275remplir,
276avec un
277si
278petit nombre de
279générations,
280les
281quatre
282siècles qui s’étaient écoulés entre
283la mort du fils de Moëzz et la naissance
284de Makrizi. On doit donc être peu étonné que celui-ci ait repoussé haute-
285ment une prétention absolument
286fausse,
287et qui, aux yeux des hommes
288instruits
289,
290aurait
291couvert de
292ridicule l’homme
293assez
294vain
295pour
296l’avoir
297adoptée sans examen. Du reste,
298il
299paraît que,
300si notre auteur se croyait
301obligé de rejeter ostensiblement une imposture trop
302grossière,
303il
304n’était
305pas cependant fâché qu’on le regardât comme issu des khalifes Fatimites,
306et que, dans
307la société de ses amis intimes,
308il souffrait volontiers qu’on
309lui attribuât cette origine
310illustre. Nâser-eddin, frère de Makrizi, racon-
311(x) Man. 657,
312fol- 260
313r°.
314(4 ) Tom. II, man. 673 ,
315fol. 111 r°.
316(a) Ibid.,
317fol. 25g v°.
318(5)
319Ibid.,
320fol. 333 r°.
321(3) Solouk, tom. I, man. 67 a, pag. 85g.
322a.
p. 12
323IV
324PRÉFACE.
325tait à l’historien Ahmed-Askalâni, qu’ayant demandé à son frère sur quel
326motif il s’appuyait pour se croire issu des khalifes Fatimites,
327il avait reçu
328de
329lui cette réponse
330:
331ce J’entrai un jour avec mon père dans
332la grande
333« mosquée de Hâkem
334; lorsque nous fûmes au milieu de cet édifice, mon
335« père me dit
336: Voilà, ô mon
337fils,
338la mosquée de ton
339aïeul Hâkem. » Si
340Makrizi, à ce qu’il paraît, n’avait pas de motifs plus graves pour étayer sa
341généalogie, on sent très-bien qu’il n’y croyait pas lui-même, et qu’il se serait
342bien gardé de soutenir devant un public éclairé, une prétention complète-
343ment inadmissible.
344Makrizi nous apprend que l’Egypte
345fut
346le pays de sa naissance, celui
347qu’habitait sa famille, où il passa son enfance, et séjourna toute sa vie (i).
348Il vint au monde dans la ville du Caire, après l’année 760 de l’hégire (de
349J. C.
3501 358) (2). Quelques écrivains fixent à l’année 769 (de
351J. C. 1867) la
352naissance de Makrizi; et même, dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas
353(3),
354cet événement est placé sous
355la date
356de
357l’année 679 (de
358J. C.
3591280),
360ce
361qui est réellement une faute, non de l’auteur, mais du copiste. Peut-être,
362dans les différents passages où cette date est relatée,
363faut-il
364lire
365sept
366au lieu de lx*J neuf. Mais Ahmed-Askalâni, qui tenait de Makrizi lui-même
367ou de
368son
369frère,
370les détails consignés dans son histoire
371, assure expres-
372sément que notre écrivain était venu au monde
373l’an 7G6 (de J.
374C.
3751 364)-
376Par conséquent, il fut le premier enfant qui naquit du mariage d’Alâ-eddin
377avec Asmâ. Probablement,
378il
379se
380distingua par des
381dispositions
382et
383des
384talents bien précoces
385: suivant ce qu’il nous apprend lui-même (4),
386il fut
387de bonne heure employé dans
388les bureaux de la chancellerie, auprès du
389kadi Bedr-eddin-Mohammed-ben-Fadl-allah-Omari,
390et copiait les lettres
391émanées du sultan.
392Il conserva ces fonctions jusque vers l’année 790 (de
393J. C.
3941 088^
395.
3961
397' yo LüJ
3981
399wXac.
400^
401ù,2
402bl
403ïjIjJUm.j
404fbï. En
405effet,
406il est
407clair que,
408dans ce passage,
409il s’est glissé une faute de copiste
410, et qu’il faut substituer
411(1) Makrizi, Description de l'Égypte, m. 673 C,
412(3 ) Man. 5g 5 A, tom. I, 2 e part., fol.
4131 3 ^ r°.
414tom. I, fol.
4151.
416(4) Man. 673 C, tom. III, fol. 20.
417(2) Ibid. ,
418fol. 3
419.
p. 13
420PRÉFACE.
421v
422à la leçon
423celle de
424quatre-vingt clix,
425ainsi que l’offrent deux
426manuscrits qui sont sous mes yeux
427(i).
428Lorsque, dans l’année 775
429(de J. C.
4301 373), la sécheresse
431et
432la famine
433désolèrent l’Égypte, l’auteur, qui était alors âgé de neuf ans, assista à la
434procession et aux prières que
435l’on
436fit dans la ville du Caire, afin d’obte-
437nir une crue du Nil plus abondante (2).
438Makrizi se trouvait à la Mecque l’an 787 de
439l’hégire (de J. C.
4401 385)
441(3 ).
442L’an 801 (de J.C. 1 398), le vingt et unième jour du mois de Redjeb (4), Ma-
443krizi fut choisi pour remplir les fonctions de mohtesib du Caire et de la partie
444septentrionale de
445l’Égypte, en remplacement de Schems-eddin-Moham-
446med-Mohâsini. Mais, soit que
447les goûts studieux de notre écrivain ne lui
448permissent pas de
449se livrer entièrement avec un
450zèle exclusif aux occu-
451pations multipliées qu’exigeait un emploi de ce genre, soit que l’envie et
452l’intrigue se fussent réunies pour le supplanter, il fut destitué
453le premier
454jour du mois de Dhou’lkadah. 11 est vrai qu’il fut réintégré dans cette place
455l’année suivante.
456A l’époque de la disette affreuse, et des malheurs de tout
457genre qui
458affligèrent
459l’Égypte,
460l’an 806
461(de
462J.
463C.
464i 4o3),
465et dans
466les années
467sui-
468vantes
469(5)
470, une des
471filles de Makrizi
472se trouvait malade. Son père ayant
473voulu acheter pour
474elle deux poulets,
475le vendeur exigea une somme de
476plus de soixante-quatorze pièces d’argent.
477L’an 81
4781 (de J. C.
479i 4o8) (6), Makrizi
480fut nommé inspecteur du wakf
481(la fondation pieuse) de Kalânesi
482à Damas. Bientôt après,
483il
484fut choisi pour remplir les fonctions de kadi de cette ville; mais il refusa
485cet honneur.
486L’an 822 (de
487J. C.
4881 4 1 9) >
489le samedi,
490troisième jour du mois de Rebi
491second, Makrizi perdit son frère (7) Nâser-eddin-Mohammed
492, qui
493était
494né le dimanche, troisième jour du mois de Djoumada second, l’an 772 (de
495J. C. 1370).
496(1) Man.
497798,
498f. 196 r°; man. 680,
499f. 180 V’.
500(2) Solouk, tom. II, man. 673, fol. 80.
501( 3 ) Man. 6 7 3 C, tom. III, fol. 64.
502(4) Solouk, tom. III, man. 674, fol. 4; Ahmed-
503Askalâni, man. 656 ,
504fol. 146 v°.
505(5 ) Solouk, tom. III,
506fol. 42 r°.
507(6) Man. 674, fol. 70 v°.
508(7) Man. 673, fol. 333 .
p. 14
509v
510.l
511PRÉFACE.
512L’an 834 (de J. C. i43o) (i), Makrizi
513fit avec
514sa famille le
515pèlerinage
516de
517la Mecque. La caravane
518fut attaquée en route par les Arabes.
519Il était
520encore dans
521cette ville
522l’an 83g (de J. C. i435)
523(2),
524et
525il
526paraît
527qu’il y
528passa quelque temps, occupé presque exclusivement des exercices de
529la
530\ ie religieuse.
531Makrizi
532, par complaisance pour son aïeul maternel, avait suivi
533les prin-
534cipes d’Abou-Hanifah. Mais à l’âge de vingt ans, après la mort de son père, il
535embrassa les dogmes de Schaféi; et depuis cette époque,
536il montra contre
537les partisans d’Abou-Hanifah une partialité qui lui a été reprochée par ses
538contemporains. Il paraît que Makrizi penchait beaucoup pour les principes
539de la secte des Ascharis
540, car dans un passage de ses ouvrages,
541il s’exprime
542ainsi
543: Nos compagnons
544les Ascliaris
545(3) Suivant
546les
547bio-
548graphes
549, Makrizi était un homme qui
550excellait dans des genres de con-
551naissances fort variés. Il était vertueux, attaché à la religion, exact, d’un
552commerce charmant, d’une conversation
553agréable.
554Il aimait les hommes
555attachés à
556la Sanncih,
557montrait un grand zèle pour étudier et
558mettre
559en pratique les traditions musulmanes. On supposait qu’il partageait
560les
561principes des partisans du sens extérieur, c’est-à-dire, probablement, de
562ceux qui s’en tenaient à la lettre des versets de l’Alcoran ou des traditions,
563sans vouloir y chercher un sens caché et allégorique
564(4). Sakhâwi
565, dans
566l’histoire des Kadis de l’Egypte (5), cite une apostille donnée par Makrizi.
567Plus loin (6),
568il transcrit une lettre écrite par cet historien. Ce dernier (7)
569rapporte quelques vers dont
570il était l’auteur. Ebn-Aïas (8) cite, comme un
571échantillon du talent de Makrizi, les deux vers qu’on va lire, et qui pro-
572bablement, ne passeront pas pour un chef-d’œuvre de poésie
573:
574JSj-H-J
575I— .»
576JLJLs
577a,*.)LL
578^
579®
5803,-:s:
581*1
582j!
583JL
584sf,
585Ij
586(1) Man. 673, fol. 404 r°.
587(2)
588Opuscules,
589fol. 76 v°, et 220 v°.
590( 3 ) Id., fol. 257 v°.
591(4 ) Ebn-Athir, dans son
592Traité de Rhétorique
593(tom. II, man. d’Asselin 539, f- 69 r°)> s’exprime
594en ces
595termes
596:
597w^aS
5982o 3
599! j-aLL
600«D’après cela, Daoud-Dâheri
601«prétendit qu’il
602fallait admettre le sens
603strict
604et
605«littéral du verset. »
606( 5 ) Man. 690, fol. 40 v°.
607( 6 ) Fol. 73
608r°.
609(7) Description de l’Ègypte, m. 798,
610f. 9$ v°.
611(8) Loc. laud.,
612fol. 139
613r°.
p. 15
614PRÉFACÉ.
615vîj
616(c Je vins devant
617le kadi de l’Amour
618, poursuivre contre une femme
619la
620« restitution de mon sang.
621« Elle me dit
622: Quelle preuve peux-tu alléguer pour justifier ta
623récla-
624« mation?
625,
626« Je lui dis
627: Ta joue témoigne que tu as mon sang.
628« Elle me répondit
629: Cette joue a été blessée. »
630Makrizi se plaît, en plusieurs endroits de ses ouvrages, à raconter des
631faits plus ou moins importants dont
632il avait été témoin,
633cc
634II nous ap-
635« prend (i) qu’il avait connu un religieux qui mourut l’an 800 de l’hégire
636«(de J. C. 1397), qui dormait quarante jours
637et quarante nuits de suite,
638«sans
639s’éveiller; puis, restait un égal nombre de jours
640et de nuits sans
641« dormir. » Ailleurs (2),
642il rend compte d’une petite anecdote qui avait eu
643lieu en sa présence. «Un jour, dit-il
644, un peu après l’année 780 (de J. C.
6451 378),
646« je passais près de
647la mosquée appelée Mesdjid-Ebn-albennd. A cette
648«époque, on ne pouvait circuler dans la grande rue du Caire sans être
649«incommodé parla foule, attendu
650le nombre immense d’hommes à pied
651« et à cheval qui
652se pressaient continuellement dans ce passage.
653Je me
654« trouvais devant les premiers bâtiments de cette mosquée, lorsqu’un
655in-
656« dividuqui marchait devant moi, dit à son compagnon
657:
658« Par Dieu! mon
659«frère, je n’ai jamais passé dans cet endroit, sans avoir vu ma chaussure
660« déchirée. » Il n’avait pas achevé de prononcer ce mot, que, dans le mo-
661« ment où
662il étendait
663le pied pour faire un pas
664, un inconnu qui
665,
666par
667«derrière,
668se
669trouvait
670pressé par la foule, marcha sur le soulier de cet
671« homme
672;
673et cette chaussure
674fut déchirée devant
675la porte de
676la mos-
677« quée.
678»
679Makrizi mourut l’an 845 de l’hégire (de J. C.
680i 440
681> le jeudi vingt-neu-
682vième jour du mois de Ramadan, à la suite d’une longue maladie
683(3 ). Son
684corps
685fut enterré dans l’enclos
686(4) des Sofis-Beïbarsis. Suivant Sa-
687(1) Man. 673 C, tom. III, fol. 171.
688(2) Ibid., fol.
689i 63 r°„
690(3 ) Suivant le récit de Sakhâwi
691, ce fut le sei-
692zième jour du mois de Ramadan qui fut l’époque
693de la mort de Makrizi.
694(4)
695Le mot housc/i^J^js*.
696ou haousch
697qui
698fait au pluriel nhwdsch
699désigne un enclos,
700,
701.
7024
7039
704,
705une cour. Ce terme, ecnt^_j=. ou
706se trouve
707déjà dans un ouvrage de Masoudi
708( Tenbih
709,
710man.
p. 16
711PRÉFACE.
712viij
713kliâvvi, notre auteur était âgé de quatre-vingts ans accomplis; mais
714cette
715assertion est peu
716exacte. En
717effet, siMakrizi, suivant l’opinion
718la
719plus
720probable, était né l’an 766 (de J. G.
7211 364)
722?
723il avait en 845 (de J. C. i440>
724non pas quatre-vingts, mais soixante-dix-neuf ans.
725de S.-Germain, 337,
726f. 160 v°), où il est expliqué
727par
728jardin. On
729lit dans
730le Bark-Yémani
731(man. ar. 827,
732fol. 34
733r°)
734:
735<0
736lij».
737tjlcLûî
738-'•ci. )j
739v
740>k
741« On les
742fit entrer dans un grand en-
743« clos qui n’avait qu’une seule porte. » Dans YHis-
744toire des kadis d’Egypte de Sakhàwi (man. 690,
745fol.
746io 3
747r°)
748:
749ji
750s'Aj.s 3 ààsJj jA
751«Il ordonna qu’on l’enterrât dans son mausolée,
752« et
753il fut placé dans l’enclos. » Dans la Descrip-
754tion de l’Egypte de Makrizi, l’auteur, parlant du
755terrain qui s’étendait hors de la porte de Nasr,
756s’exprime ainsi (m. 798,
757f. 128 r°)
758: *!jj
759^
760ï
761^
762L\9
763-
764kiS.
765!
766î
767î —..5
768Ü*
769(j-°
770.
771.
772. tjï \y)
773î
774Vs
7751
776"<à^23
777^
778“SiG y
779L
7805 Ay j-tpj
781à>
782^ t'Aa
783. _ 4 »*>
784«Derrière ce mar-
785« ché étaient plusieurs enclos, qui renfermaient
786« des pavillons de briques
787, voûtés
788L’un
789« de ces enclos comprenait quatre cents pavillons,
790«habités par des fauconniers; et ce terrain pro-
791« duisait chaque mois une somme de
792huit cents
793«pièces d’argent. Il portait le nom d’enclos d’Ah-
794« medi. » Ailleurs (folio 148
795v°)
796: J.vju
797JlySrkj
798«Il ordonna de for-
799« mer, dans cet endroit, des enclos pour les che-
800« vaux et les chameaux. «(Voyez aussi fol. 199 r°).
801On
802lit dans l’ouvrage de Khalil-Dâheri (m. 6 g 5 ,
803fol. 47 v°)
804•
805v
806ZijA !
807G !
808sj j çA^s-
809ss j
810« L’enclos au-
811«guste
812est extrêmement vaste,
813et
814renferme un
815« grand jardin et un
816large étang. » Ailleurs
817(fo-
818lio 256 t°)
819: ij* pJi t
820Vk_\3ü^
821kk. b!
822!
823î -Xt
824. k
825A.y^^ jk -0
826!
827là !
828'
829C;k.s£> î
830y
831^
832& f* k.w
833jjAaJ! « Dans chaque province de l’Égypte on voit
834«un grand nombre
835d’enclos, dont chacun ren-
836« ferme quantité de fdets,
837et
838des chasseurs
839des-
840« tinés à prendre toutes sortes d’oiseaux. » Dans
841le Inschâ (man. ar.
842i 5 ’j 3 ,
843fol.
844127
845v°)
846:
847^JaJ
848î
849« Les enclos destinés pour les oiseaux. « Dans
850l’histoire du continuateur d’Elmacin (man. 619,
851fol. 242
852r°)
853: jyAt)]
854ç~>j
8553
856s)
857«Je lui
858« bâtirai un enclos destiné pour les oiseaux. « Ce
859mot
860existe encore,
861avec
862ses diverses
863significa-
864tions, dans la langue arabe. Au rapport de Burc-
865khardt
866( Travels in Arabia, tom.
8671
868,
869pag. 84), le
870mot hosh désigne, en Égypte, une cour y et dans
871le Hedjaz, un khan. Le même écrivain
872, donnant
873ailleurs
874la description de la ville de Médine
875(t. II,
876pag.
877i 55 ), s’exprime
878en
879ces termes: «La plus
880« grande
881partie
882des
883faubourgs
884se compose
885de
886« grandes cours, avec des appartements bas, cons-
887« truits tout au
888tour, au
889rez-de-chaussée, et se-
890« parés l’un de l’autre par des jardins et des plan-
891« tâtions. Ces
892enclos portent
893le nom
894de
895hosh
896«(au
897pluriel
898hyshan),
899et
900sont
901habités
902par
903les
904« hommes de la basse classe
905, quelques bédouins
906« qui se sont fixés là,
907et tous ceux qui se livrent
908« aux travaux de l’agriculture. Chaque hosh
909con-
910« tient
911trente ou quarante
912familles.
913Ils forment
914«ainsi de petits hameaux séparés,
915qui,
916dans les
917« temps d’anarchie, se font les uns aux autres une
918« guerre acharnée. Le bétail est renfermé dans la
919« cour, au
920milieu de
921laquelle se trouve un large
922« puits. Cette enceinte n’a qu’une porte, qui est ré-
923« gulièrement
924fermée
925à
926la
927nuit.»
928M.
929Caillaud
930( Voyage à Méroé , au fleuve Blanc,
931tom.
932III,
933pag. io 5 ) dit, en parlant de
934la ville de Chendy,
935« Les maisons sont contiguës à des enclos spacieux
p. 17
936PRÉFACE.
937IX
938Makrizi
939avait composé un grand nombre d’ouvrages, plus ou moins
940importants,
941et dont une partie n’est point
942arrivée jusqu’à
943nous.
944i° Un
945grand traité, composé de six volumes, et qui renfermait l’histoire de Ma-
946homet, de sa famille.
947Il avait pour titre
948: ^
949ïJ.Ud! j
950j ,Lo3j « Le livre de la jouissance donnée aux oreilles,
951« concernant les faits,
952les événements relatifs au Prophète, ses petits-fils,
953« ses biens
954(i). » 2° Une histoire des hommes JLJ! ^ j-fi
9551
9561
957qui con-
958tenait
959des
960détails sur les tribus arabes,
961et comprenait quatre volumes,
962sans compter un volume
963d’introduction.
9643°
965Une
966histoire des hommes
967illustres qui étaient morts depuis la naissance de l’auteur. Il formait trois
968volumes, et avait pour
969titre
970:
971c)L^ fi
972. Iy f
973) j
974, 2 fiJ «Les
975« colliers de perles,
976concernant la biographie importante des hommes de
977« mérite.» 4° Un- recueil d’histoires diverses, auquel il avait donné pour titre
978:
979çfi* j
980, et dont
981il avait terminé environ soixante volumes.
9825° Une histoire de
983la ville de Fostat, sous ce titre
984:
985j«=s.
986kLkJü! ÏJLjju» ^Usd ^
987« Le
988livre du
989collier
990des pierreries des écrins ,
991con-
992« cernant l’histoire de la ville de Fostat (3).»
993G° Une histoire des khalifes
994Fatimites
995,
996qui
997avait pour
998titre
999:
1000.lilsdj jUk b
1001-Uiadt
1002hl*d
1003« Livre
1004« de
1005l’instruction
1006des hommes
1007orthodoxes ,
1008concernant
1009l’histoire
1010des
1011« khalifes. »
1012De tous les ouvrages de Makrizi, le plus considérable, sous le rapport de
1013l’étendue, devait être celui qui a pour titre
1014: La grande chronique d’Égypte:
1015U !
1016!y (5), ou
1017bJ
1018!
1019r
1020^,fU\ (4) , ou Uiil
1021« nommés hochs dont quelques-uns ont trois cents
1022« pieds d’étendue en carré. Us servent à renfermer
1023«les chameaux
1024: ils font aussi l’office de bazars,
1025« pour les caravanes.» Dans les Nouvelles Annales
1026des Voyages (mai
1027i 835
1028, pag. 194)» le mot haoutch
1029est expliqué parferme. C’est de là que s’est formé
1030l’adjectif
1031^ , qui
1032signifie bas , rustique. On
1033lit
1034dans les Prolégomènes d’Ebn Khaldoun (f. 235 r°) :
1035iiLflh!î
1036! js. LâJ
1037î
1038«Que
1039le
1040« poëte ait soin d’éviter. l’emploi des expressions
1041« basses. »
1042I.
1043(1) Abou’lmahâsen, Sakhàwi,
1044Makrizi, Des-
1045cription de l’Egypte, m. 673 C,
1046t. III,
1047f. 196 r°;
1048Opuscules,
1049fol.
10501 4 1
1051r°, 166 v°.
1052(2) Opuscules, fol. 187 r°.
1053(3 ) Abou’lmahâsen ,
1054Sakhâwi
1055, Makrizi
1056, Des-
1057cription de l’Égypte, m. 797,
1058f. 169 r°; m. 672,
1059pag. 3 .
1060(4) Makrizi, Opuscules,
1061fol. 107 v°.
1062( 5 )
1063Ibid.,
1064fol. 114 r°.
1065(6) Ibid.,
1066fol.
10671 19 r°.
1068b
p. 18
1069X
1070PRÉFACE.
1071ou
1072^jjUt v^L'S' (i), ou
1073\yJ\ ^_,UT (2), le même que j’ai
1074cité plus d’une fois sous le titre abrégé de moukaffd
1075J’ai
1076dit devait
1077être; car nous savons par
1078le témoignage d’Abou’lmahâsen et de Sakhâwi,
1079que ce
1080travail
1081, qui
1082aurait formé plus de quatre-vingts volumes
1083, ne fut
1084jamais terminé.
108511
1086paraît
1087qu’il n’en
1088exista jamais que seize volumes. Ce
1089recueil biographique, entrepris sur une vaste échelle, et disposé par ordre
1090alphabétique
1091, comprenait l’histoire de tous les princes qui avaient régné
1092en Égypte, de tous les personnages qui avaient fleuri dans cette contrée
1093et même de tous ceux qui l’avaient habitée ou visitée momentanément. C’est
1094à ce dernier titre
1095, ainsi qu’il nous l’apprend lui-même, que la vie du kha-
1096life Mamoun
1097avait trouvé place dans cette immense
1098galerie
1099(3).
1100Il paraît
1101même que l’auteur avait encore étendu, un peu arbitrairement, ce cadre
1102déjà
1103si
1104vaste; car on trouve dans ce livre la vie d’Abd-errahman, fon-
1105dateur de
1106la puissance des Onnniades en Espagne. Or, ce
1107prince n’avait
1108point
1109résidé en Égypte, et
1110n’avait
1111fait que
1112traverser rapidement cette
1113province,
1114lorsqu’il
1115fuyait vers
1116l’Occident
1117, pour échapper à la poursuite
1118acharnée des destructeurs de sa
1119famille. Les deux premiers khalifes Ab-
1120bassides,
1121Abou’labbas-Saffah
1122et
1123Mansour,
1124ont également trouvé place
1125dans cette compilation, quoiqu’ils n’eussent réellement jamais mis le pied
1126en Égypte. Mais
1127, comme cette province, ainsi que la plus grande partie
1128de
1129l’empire musulman, avait
1130été soumise aux loix des enfants d’Abbas,
1131l’auteur avait, suivant toute apparence, admis dans
1132sa collection, la vie
1133de tous
1134les khalifes issus de l’oncle de Mahomet, et dont l’autorité avait
1135été, soit réellement, soit de nom, reconnue en Égypte (4). L’ouvrage de
1136Makrizi
1137comprenait
1138non-seulement
1139les
1140personnages musulmans,
1141mais
1142encore les Chrétiens;
1143car lui-même nous apprend
1144(5) que dans
1145ce
1146re-
1147cueil, il avait exposé fort au long
1148la vie de saint Marc.
1149Nous
1150pouvons
1151parfaitement
1152juger
1153l’ensemble et
1154les détails
1155du
1156plan
1157(1) Opuscules,
1158fol. 122 r°.
1159lativement au kadi
1160Ebn-aladim.
1161Il est probable
1162(2) Man. 673 C, tom. III, fol. 124 v°.
1163que l’article biographique indiqué par Abou’lma-
1164(3 ) Opuscules,
1165fol. 1x4 r°.
1166hâsen faisait partie du Kitab-moukaffâ.
1167(4 ) Abou’lmahâsen
1168( Manhel-sâfi
1169man.
1170750,
1171(5 ) Solouh, tom. II, fo}. 33 i r°.
1172fol. 176 r°), réfute une assertion de Makrizi, re-
p. 19
1173PRÉFACE.
1174x
1175j
1176que s était
1177tracé Makrizi
1178: car nous possédons, sous
1179le n° 675 des ma-
1180nuscrits arabes de la bibliothèque du Roi, un volume du Kitab-moukaffâ.
1181Et ce livre présente un caractère qui le rend bien précieux pour nous
1182:
1183c’est que, d’un bout à l’autre, il a été écrit de la main même de l’auteur.
1184On ne saurait douter de la vérité du fait
1185; car
1186le volume dans toute son
1187étendue, est couvert de ratures, de corrections et d’additions marginales
1188et accompagné d’une
1189foule de
1190petits fragments de papier,
1191qui souvent
1192avaient déjà reçu une autre écriture, et sur lesquels Makrizi a consigné
1193des observations plus ou moins importantes. Enfin, quelques articles sont
1194restés imparfaits,
1195l’auteur
1196se promettant de les compléter à loisir. Ce vo-
1197lume comprend une
1198partie des
1199trois lettres
1200Cet
1201ouvrage,
1202ainsi
1203qu’il
1204est facile de
1205s’en convaincre
1206, n’est en
1207général qu’une vaste compi-
1208lation
1209, mais une compilation faite avec goût
1210, avec discernement. L’auteur
1211a puisé dans les meilleures sources
1212, et les articles biographiques contenus
1213dans
1214le volume qui
1215est sous nos yeux, peuvent être mis au nombre des
1216meilleurs morceaux de
1217ce
1218genre
1219;
1220l’on
1221peut
1222dire
1223que
1224les
1225historiens
1226orientaux nous en offrent peu qui réunissent au même degré l’abondance
1227des faits, et la variété des détails, souvent curieux et instructifs. Je dois finir
1228par une observation. Au rapport des bibliographes de Makrizi, son grand
1229ouvrage biographique
1230aurait dû former plus de quatre-vingts volumes.
1231Seize seulement se trouvaient terminés
1232; et cependant l’auteur avait traité
1233quelques articles, comme la vie de saint Marc, qui avaient dû trouver leur
1234place dans une des dernières
1235lettres de l’alphabet. Mais on peut
1236croire
1237que Makrizi, n’ayant pas l’espérance de conduire à son terme cette com-
1238position gigantesque
1239,
1240s’était contenté de rédiger
1241les morceaux
1242les plus
1243importants, se promettant,
1244si
1245l’âge
1246le lui permettait,
1247d’écrire cette foule
1248de
1249notices
1250d’un moindre intérêt, qui devaient
1251remplir
1252la
1253plus grande
1254partie de chacune des lettres.
1255Parmi les ouvrages de Makrizi, il n’en est pas, sans contredit, de plus im-
1256portant et de plus célèbre que sa Description de l’Égypte et du Caire. C’est là
1257que notre auteur a déployé toute son érudition historique
1258;
1259c’est là qu’il a
1260réuni au plus haut degré des renseignements pleins
1261d’intérêt
1262, des obser-
1263b.
p. 20
1264PRÉFACE.
1265xij
1266varions neuves, et remarquables à plus d’un titre; des anecdotes piquantes
1267qu’il a extraites d’une foule d’ouvrages, et que, dans
1268l’état de nos con-
1269naissances, on chercherait vainement ailleurs. Je ne m’étendrai point sur ce
1270beau monument, dont
1271le nom est connu, même des personnes étrangères
1272à la littérature orientale,
1273et auquel je me propose de faire des emprunts
1274fréquents pour enrichir mon commentaire.
1275Il
1276paraît que cet ouvrage fut
1277écrit dans l’intervalle qui s’écoula entre
1278les années 819
1279et 828 de l’hégire
1280(de
1281J. C.
1282i 4 16-1424);
1283car
1284ces deux
1285dates
1286s’y trouvent
1287désignées d’une
1288manière expresse, comme étant les deux principales époques où l’auteur con-
1289signait par écrit quelques-uns des
1290faits qu’il
1291rapporte
1292(1). Je dois
1293faire
1294observer que, suivant l’assertion de l’auteur,
1295cette description historique
1296devait se terminer par une septième partie, dans laquelle
1297il eût exposé les
1298causes qui avaient amené la dépopulation de l’Egypte (2). Mais cette sec-
1299tion ne
1300se trouve dans aucun des manuscrits que j’ai pu consulter.
1301Un historien contemporain, Sakhâwi, auquel nous devons des détails assez
1302étendus sur la vie de Makrizi
1303(3 ), 11’a pas craint d’enlever à celui-ci son plus
1304beau titre de gloire littéraire. Si on l’en croit, la Description de l’Egypte
1305ne
1306fut point réellement l’ouvrage
1307de
1308Makrizi. Ce dernier ayant
1309en
1310sa
1311possession le brouillon d’un ouvrage écrit sur cette matière par Aouhadi
1312s’appropria ce livre tout entier,
1313et se contenta d’y faire des additions de
1314peu
1315d’importance. Une
1316pareille accusation est à coup sûr, extrêmement
1317grave. Devons-nous, sur la foi d’un simple chroniqueur, admettre comme
1318certain un
1319fait qui
1320flétrirait avec justice la réputation de Makrizi, et qui
1321paraît avoir été entièrement inconnu à Ahmed-Askalâni, Abou’lmahâsen
1322,
1323et aux autres biographes de l’historien? Devons-nous croire que Sakhâwi
1324a eu à sa disposition de meilleurs mémoires
1325, qui lui ont
1326révélé
1327la fraude
1328inexcusable de Makrizi? Ou bien, faut-il voir dans cette inculpation, une
1329suite de cette malveillance qui trop souvent s’attache aux pas des hommes
1330supérieurs, et qui, ne pouvant nier
1331leurs importants travaux, s’efforce
1332(1) Man. 673 C, tom.
1333III,
1334fol.
13357; man. 797,
1336( 3 ) Hamaker,
1337Specimen
1338calalogi Bibliothccœ
1339fol. 148
1340r°.
1341Lugduno-Batcii’œ
1342pag. 217.
1343(2) Man. 797,
1344fol. 3 v°; man. 676, fol. 3 r°.
p. 21
1345PRÉFACE.
1346xuj
1347au moins de leur en dérober
1348la propriété,
1349soit entière,
1350soit
1351partielle?
1352Placés à une
1353si grande distance de l’époque qui vit fleurir Makrizi, n’ayant
1354sous les yeux qu’un petit nombre d’écrivains contemporains, ne pouvant
1355en aucune manière, apprécier les motifs qui militent pour ou contre cette
1356assertion, nous devons nous tenir dans un silence prudent, et nous garder
1357de prononcer un jugement absolu. Si Makrizi a réellement commis
1358le vol
1359littéraire qu’on lui impute, il esta coup sûr complètement inexcusable, car il
1360a joint à un plagiat honteux une fourberie insigne. En effet
1361, dans un passage
1362de la Description de l’Égypte
1363,
1364il s’exprime en ces termes (i)
1365: « Parmi les
1366« ouvrages que j’ai consultés et qui
1367traitent des édifices de l’Égypte,
1368le
1369« plus récent est celui qui
1370a pour titre
1371: JJ14
1372! kl*;! 3 Ji*4 ! hll;!
1373( Le réveil
1374« de
1375celui qui
1376est
1377plongé dans l’apathie
1378, et la prédication à
13791 usage de
1380« l’homme qui réfléchit.) Il a pour auteur le reis Tadj-eddin-Mohammed-
1381« ben-Abd-alwahhab
1382, et se termine à l’année
138372,5
1384(de J. G.
13851824). » Or
1386l’historien Ahmed-Askalâni
1387(2)
1388,
1389donnant
1390le
1391récit des
1392faits qui
1393signa-
1394lèrent
1395l’année 811 de l’hégire (de
1396,1. C. i4°8), indique
1397la mort de
1398l’é-
1399crivain Schehâb-eddin-Ahmed-ben-Hasan-ben-Tougan-Aouhadi
1400,
1401puis
1402il
1403ajoute
1404: «
1405Il était passionné pour l’histoire
1406, et composa un ouvrage comi-
1407ce dérable, qui avait pour objet les monuments de Misr et du Caire
1408«
1409SjjsU)! j. Une partie était mise au net. Ce travail renfermait quantité de
1410« faits utiles.
1411» L’historien ne parle pas
1412,
1413il
1414est vrai
1415, du plagiat révoltant
1416attribué à Makrizi
1417; mais
1418il est certain, ou du moins
1419fort
1420probable, que
1421ce dernier avait pu
1422et dû connaître le
1423travail
1424de
1425son contemporain,
1426et
1427qu’il s’est bien gardé d’en faire aucune mention.
1428D’ailleurs, en reconnaissant la profonde érudition, la sagacité, la critique
1429judicieuse de Makrizi, on ne peut s’empêcher de lui adresser un reproche
1430qu’il
1431a trop mérité
1432: c’est d’avoir souvent copié les
1433écrits de
1434ses prédé-
1435cesseurs,
1436sans avouer
1437les emprunts importants
1438et
1439multipliés
1440qu’il
1441leur
1442faisait. J’ai eu occasion, dans un autre ouvrage, de
1443citer des articles bio-
1444graphiques,
1445tirés mot pour mot du Kitab-alagâni
1446,
1447sans qu’une
1448seule
1449parole indique au lecteur la source où ces renseignements ont été puisés.
1450(1) Man. 673 C, tom.
1451II,
1452fol.
14534.
1454(2 ) Man. 65 6
1455,
1456fol. 254 r°.
p. 22
1457XIV
1458PRÉFACE.
1459il existe un ouvrage volumineux, intitulé Mesalek-alabsar
1460, dont je don-
1461nerai ailleurs une notice détaillée. La partie qui traite de l’Égypte et de
1462la
1463Syrie
1464est peut-être, je ne crains point de le dire,
1465le traité qui, dans
1466un nombre de pages assez
1467borné, renferme
1468le
1469plus de renseignements
1470curieux et instructifs sur cette contrée importante,
1471son administration,
1472l’étiquette de la cour, etc. Or, tous ces détails ont été textuellement copiés
1473par Makrizi; et cependant
1474il n’a jamais prononcé
1475le nom de l’auteur, ni
1476le titre de
1477son ouvrage. L’historien Djemâl-eddin-ben-Wâsel a fourni
1478à
1479Makrizi
1480, pour l’histoire des Aioubites
1481et
1482le commencement de
1483celle des
1484Sultans Mamlouks
1485, des renseignements nombreux qu’il a reproduits avec
1486une fidélité scrupuleuse. Et toutefois, à peine daigne-t-il , dans quelques cir-
1487constances, invoquer le témoignage de cet annaliste consciencieux et éclairé.
1488No wairi n’est pas cité davantage. Si nous avions sous les yeux quantité d’ou-
1489vrages plus ou moins étendus, qui traitaient de l’histoire d’Égypte, et dont
1490les titres nous sont donnés par d’autres écrivains, sans doute nous retrouve-
1491rions la trace des emprunts nombreux que leur a faits Makrizi. Et toutefois
1492dans la préface de la Description de VÉgypte (i), l’auteur proteste qu’il ne
1493manquera jamais de citer les écrivains auxquels il sera redevable de son éru-
1494dition. Mais en blâmant, avec toute raison, un plagiat aussi condamnable,
1495il faut au moins, sous d’autres rapports, rendre justice à notre historien,
1496et reconnaître qu’il a en
1497général parfaitement choisi ses guides, et qu’il
1498était
1499difficile de faire un usage plus judicieux des trésors littéraires qu’il
1500avait à
1501sa
1502disposition.
1503Je
1504n’hésite pas à dire que,
1505sous
1506le
1507rapport
1508de
1509l’abondance et de la variété des
1510faits, du choix
1511et de
1512la disposition des
1513matières, les ouvrages historiques de Makrizi sont bien au-dessus de ceux
1514d’Abou’lmahâsen, qui était son contemporain, son ami, qui fut son
1515bio-
1516graphe, et qui lui survécut de plusieurs années.
1517Un manuscrit, apporté d’Égypte à l’époque de
1518l’expédition
1519française,
1520et qui appartient à la bibliothèque du Roi, contient divers opuscules de
1521Makrizi, savoir
1522:
1523i° Le Traité sur les famines de VÉgypte. Ce petit ouvrage,
1524ainsi que
1525( i) Man. 676, fol. 3 r°.
p. 23
1526PRÉFACE.
1527xv
1528l’auteur nous l’apprend (i), fut composé l’an 808 de l’hégire (de J. G.
1529i 4o5).
1530A cette époque , l’Égypte était depuis deux ans en proie
1531à la sécheresse
1532la famine, et à tous
1533les genres de malheurs. Comme dans cette circons-
1534tance bien
1535des personnes
1536s’abandonnaient au désespoir, se persuadant
1537que les calamités contre lesquelles on avait à lutter étaient sans exemple
1538comme sans remède
1539, l’auteur entreprit de démontrer par des faits histo-
1540riques, que
1541l’Égypte
1542, à différentes époques,
1543avait éprouvé des maux de
1544même nature; que cette disette provenait moins de l’inclémence des sai-
1545sons, que des fautes de l’administration. Enfin,
1546il indique les moyens que
1547l’on peut prendre pour faire cesser une pareille catastrophe
1548, et en empê-
1549cher le retour. Ce traité, qui renferme des détails curieux et importants,
1550n’offre dans le manuscrit aucun titre. Mais, si je ne me trompe, c’est le même
1551ouvrage qui, dans la liste donnée par Abou’lmahâsen et Sakhâwi, est dé-
1552signé par ce titre
1553:
1554JW! SLiyw ^ *L*J) j
1555SJIj! w>!W.
1556MM.
1557Silvestre de Sacy et Hamaker ont vu dans
1558le traité indiqué par
1559ces biographes
1560, un ouvrage
1561consacré
1562à la musique. Mais je ne
1563saurais
1564partager cette opinion. D’abord, dans aucun passage des productions de
1565Makrizi,
1566et dans
1567le
1568récit
1569des historiens,
1570ses contemporains, je n’ai vu
1571un
1572seul mot qui donne à entendre que notre auteur ait jamais cultivé la
1573musique, et écrit
1574sur cette science. Je sens bien que cette raison,
1575si elle
1576était seule, ne formerait pas une preuve convaincante. Mais, i° si Makrizi
1577avait voulu composer un traité sur
1578la musique,
1579il
1580est
1581fort douteux qu’il
1582eût employé cette manière de parler assez impropre
1583: L*J( J, JW! ïàj** J.
15842
15850 Le Traité sur les famines de l’Egypte se trouverait complètement omis
1586dans la liste que nous offrent Abou’lmahâsen et Sakhâwi
1587, et le fait est d’au-
1588tant moins vraisemblable, que
1589l’on trouve dans cette liste l’indication de
1590plusieurs opuscules infiniment moins importants, et dont quelques-uns ne
1591contiennent qu’un petit nombre de pages. 3 ° Enfin, ce traité ayant pour
1592objet non-seulement de constater les fléaux que
1593la famine avait, à diffé-
1594rentes
1595époques
1596,
1597fait
1598tomber
1599sur
1600l’Egypte
1601,
1602mais
1603encore d’indiquer
1604les
1605moyens propres à prévenir le retour de pareilles catastrophes, et à main-
1606(1) Opuscules
1607fol. 18 r°, 35
1608r°.
p. 24
1609XVj
1610PRÉFACE.
1611tenir
1612le pays dans une position florissante, cette
1613intention me semble
1614bien caractérisée par
1615le
1616titre que porte ce traité, et que je traduis ainsi
1617:
1618« Livre qui traite des moyens de
1619faire cesser
1620la fatigue et
1621la
1622misère
1623,
1624et
1625« qui fait connaître ce qui constitue la richesse. »
16262° Traité des monnaies. Cet opuscule a été publié en arabe et en latin
1627par O. Tychsen. M. Silvestre de Sacy en a donné une traduction française.
16283° Traité sur les abeilles.
16294° Un traité sur l’histoire de la vallée de Hadramaout
1630:
1631Il
1632fut composé
1633l’an 83q (de J. C.
16341 435) , à l’époque où l’auteur était en re-
1635traite dans la ville de la Mecque.
16365°
1637Traits concernant
1638l’histoire de Temim-Ddri. Cet opuscule
1639a pour
1640titre
1641:
1642'îbjxl ^Uî
16436° Traité des khalifes et des rois qui ontfait le pèlerinage de la Mecque.
1644Il a pour titre
1645:
1646PiUPl ^ ^
1647J>
1648w^JJÎ.
16497° Traité dans lequel Vauteur s attache à réfuter les prétentions des des-
1650cendants d’ Omaiah, qui s’étaient arrogé la dignité de khalife, au mépris
1651des droits de
1652la famille de Mahomet. C’est celui qui a pour titre
1653:
16548° Traité concernant les
1655droits
1656et
1657les prérogatives qui appartiennent
1658exclusivement
1659cl lafamille du Prophète. Son véritable titre est donné ainsi
1660par Abou’lmahâsen
1661:
1662L fs. Jjsfl ^
16631
1664L
1665J,
1666Il fut
1667écrit au mois de Dhou’lkadah, l’an 84 1 de l’hégire (de J. C.
16681 43y) (i).
16699° Traité des substances minérales.
1670Il fut écrit au mois de Schewal de
1671la même année.
1672io° Traité des tribus arabes établies en Égypte.
1673Il fut écrit au mois de
1674Dhou’lkadah de la même année.
1675ii° Traité des rois musulmans qui avaient gouverné
1676l’Abyssinie. Cet
1677opuscule a été publié par Rinck, en arabe et en latin, mais d’une manière
1678peu correcte. Je me propose de le réimprimer.
167912° Traité de l’unité de Dieu. Il a pour titre
1680: pip
1681^JkS.
1682Il
1683fut composé l’an 84 1 (de J. C.
16841 4^7).
1685(1) Opuscules ,
1686folio 189
1687v°.
p. 25
1688PRÉFACE.
1689xvij
16901 3° Opuscule qui a pour but d'engager les hommes à mettre tout en œuvre
1691pour acquérir une réputation durable . Ce petit traité, dans notre manuscrit,
1692ne porte aucun titre. Mais, comme, vers la fin, on lit ces mots
1693: y*
1694.* j, .Uj.5
1695vU, je crois que nous avons ici
1696le traité, qui, dans
1697le
1698catalogue donné par Abou’lmahâsen,
1699est intitulé
1700' j4\ j
1701v'Ua Jî^w J,.
1702i4° Explication d’une énigme , dont l’eau était le sujet.
1703Il faut ajouter à cette collection le Traité des poids et des mesures
1704, qui a
1705été publié en arabe et en latin par feu M. O. Tychsen
1706, et en français par
1707M. Silvestre de Sacy.
1708Outre les ouvrages indiqués par Abou’lmahâsen et Sakhâwi,
1709Makrizi,
1710ainsi qu’il nous l’apprend lui-même (i), avait composé un grand traité bio-
1711graphique, sur les Vizirs de l’Islamisme; et un
1712autre, plus spécial, où
1713il
1714/
1715/
1716donnait l’histoire des Vizirs qui avaient gouverné l’Egypte. L’un ou l’autre
1717de
1718ces deux ouvrages est probablement celui que l’écrivain
1719cite ailleurs
1720sous ce titre (2 )
1721: .1^1 aWljU.1
1722J *lp!!
1723_j
1724^ib‘.
1725Makrizi (3) cite l’ouvrage qui avait pour
1726titre
1727: ^l^>‘ J,
1728ïxill
1729Ailleurs (4), il cite celui qui était intitulé
1730:
1731^.aLs. ji* v^lXS'
1732hllwüî
1733J,. L’auteur nous apprend
1734(5) que son ouvrage intitulé:
1735yUl
1736Histoire des hommes,
1737servait d’introduction au volu-
1738mineux traité qui avait pour titre
1739:
1740, etc.
1741Makrizi, ainsi
1742qu’il nous l’apprend (6), se proposait d’écrire un traité
1743spécial, dans lequel
1744il eût exposé, avec les plus grands détails, tout ce qui
1745concernait la nature des impôts de l’Égypte, depuis la conquête de cette
1746province, jusqu’à l’époque où vivait l’auteur.
1747Il paraît que la mort
174811e lui
1749permit point de réaliser ce projet.
1750Après ces détails sommaires sur la vie et les productions
1751littéraires de
1752Makrizi,
1753je
1754dois dire quelques mots sur l’ouvrage dont
1755j’ai entrepris la
1756traduction. L’auteur expose en ces termes les motifs qui présidèrent à la
1757(1) Description de l’Égypte, m. 798,
1758f. 194 rc
1759(a) Man. 797, fol. 364 v°.
1760(3) Man. 798, fol. 49 r°.
1761I.
1762(4) Man. 797,
1763fol. 169 r°.
1764(5) Opuscules, fol. 83 r°.
1765(6) Ibid.,
1766fol. 26 r°.
1767c
p. 26
1768PRÉFACE.
1769xvüj
1770composition de cet ouvrage (i). « Ayant eu, dit-il, le bonheur de terminer
1771« deux compositions historiques, dont l’une a pour
1772titre
1773: Le
1774Collier de
1775« perles des écrins ,
1776concernant
1777l’histoire de Fostat
1778«
1779^
1780, l’autre
1781: Les avis donnés aux Orthodoxes sur l’his-
1782« toire des Khalifes , JiWl
1783kU>l
1784,
1785qui contiennent
1786la
1787vie des
1788« émirs et des khalifes qui ont gouverné l’Egypte, avec le récit des événe-
1789« ments dont cette contrée a été
1790le théâtre, depuis sa conquête jusqu’à la
1791« destruction de
1792la
1793dynastie
1794des
1795Fatimites,
1796j’ai
1797cru
1798devoir traiter en
1799« détail
1800l’histoire
1801des souverains qui ont régné depuis cette époque en
1802« Égypte
1803;
1804je veux
1805dire
1806des
1807princes Curdes-Aioubites
1808,
1809et
1810des
1811Sultans-
1812« Mamlouks, Turcs et
1813Circassiens. »
1814L’ouvrage
1815se compose de trois vo-
1816lumes, formant les n°
18179 672, 673, 674., des manuscrits arabes de la biblio-
1818thèque du Roi.
1819Il comprend l’histoire de l’Égypte et de la Syrie, depuis
1820le commencement du
1821règne de Saladin jusqu’à
1822l’année 844 de
1823l’hégire
1824(de J. C.
1825] 44o) , c’est-à-dire, jusqu’à l’année qui précéda immédiatement
1826la mort de l’auteur (2).
1827J’aurais
1828dû naturellement commencer mon
1829travail
1830par
1831l’histoire des
1832Aioubites; mais,
1833d’après un plan arrêté depuis longtemps, une histoire
1834complète de cette dynastie, réunie à celle des khalifes Fatimites, devait se
1835trouver placée par forme d’introduction, en
1836tête de
1837la
1838Collection
1839des
1840Historiens des Croisades. Des circonstances indépendantes de ma volonté
1841m’ont empêché de
1842réaliser ce projet qui, j’ose
1843le croire, n’aurait pas été
1844sans utilité. Comme ma traduction était déjà sous presse, il ne m’a plus été
1845permis de revenir sur mes pas, et de publier cette première partie, que j’avais
1846cru devoir omettre, afin de ne pas répéter inutilement ce que j’aurais
1847dit
1848ailleurs. D’un autre côté, l’Histoire des Mamlouks présente une masse de
1849laits tellement considérable, que je ne saurais guère me
1850flatter de pou-
1851voir en
1852offrir une
1853traduction
1854complète.
1855Enfin
1856,
1857en
1858supposant
1859que
1860la
1861brièveté
1862de
1863la
1864vie me
1865laisse
1866le temps de terminer cette tâche,
1867il sera,
1868(1) Man. 672, pag. 3 , 4.
1869ses Opuscules (f. 122)
1870, parlant du sultan Bibars-
1871(2) Si je ne me trompe, c’est ce même ouvrage
1872Bondokdari,
1873il ajoute
1874: «J’ai raconté au long
1875la
1876que Makrizi indique sous le titre de
1877:
1878j Lit
1879« vie de ce prince, dans le livre de l’histoire des
1880j+æa Histoire des
1881rois
1882d’Égypte
1883lorsque, dans
1884« rois d’Égypte »
p. 27
1885PRÉFACE.
1886xix
1887je
1888crois, à propos de continuer les récits de Makrizi, à l’aide des autres
1889historiens qui ont suivi
1890la même méthode,
1891et de conduire cette histoire
1892jusqu’à
1893l’époque où
1894la puissance des Sultans-Mamlouks croula sous
1895les
1896armes victorieuses de Selim
1897II.
1898Je n’ai rien à dire de ma traduction. Je
1899laisse aux lecteurs instruits
1900le
1901soin dé juger et d’apprécier mon travail. J’ai pensé que j’ajouterais à l’uti-
1902lité de cet ouvrage,
1903si je l’accompagnais de notes nombreuses, qui offri-
1904ront,
1905je
1906l’espère, sur
1907la philologie,
1908l’histoire et la géographie, quelques
1909renseignements instructifs.
1910Ce fruit de mes recherches n’aurait probablement jamais vu Je jour,
1911si je
1912n’avais
1913trouvé
1914chez MM. les membres du Comité des traductions
1915orientales un
1916zèle noble
1917et éclairé, qui ne recule devant aucun
1918sacrifice
1919pécuniaire
1920, lorsqu’il
1921s’agit de propager
1922la
1923connaissance de
1924l’histoire et
1925des littératures de l’Orient.
p. 28
1926'
1927:
1928i
1929>
1930•
1931'
1932.
1933.
1934'
1935-
1936.
1937*
1938••
1939»
p. 29
1940HISTOIRE
1941DES
1942SULTANS MAMLOUKS
1943PAR MAKRIZ1
1944RÈGNE
1945DU SULTAN MELIK.-MOËZZ-IZZ-EDDIN-AIBEK,
1946LE DJASCHENKIR-TURKOMÂNI-SÀLÉHl.
1947Aïbek
1948( 2 ) était Turc
1949d’origine et de
1950naissance.
1951Il passa au service du
1952sultan 227
1953Melik-Sâleh-ISedjm-eddin-Aïoub, après avoir appartenu à l’un des enfants du Tur-
1954koman(3), d’où lui vint, chez les Mamlouks-Bahris , le surnom d’Aïbek-Turkomani.
1955(t) Manuscrit arabe 672, page 227.
1956(2) Abou’lmahasen (man. arab. 66 1, fol. 161, verso)
1957fait observer avec raison que le nom Aï-beh ,
1958est formé de deux mots turcs, dont le premier signifie la lune
1959et le second répond au mot
1960arabe émir
1961C’est ainsi que deux des concubines de Saladin portaient le nom de Aï-Khatoun,
1962(Nowaïri, man. de Leide
1963, 26 e partie, fol. 107, recto et verso).
1964( 3 ) Les enfants duTurkoman étaient deshommes quijouèrent unrôle important sous la dynastie des Àïou-
1965bites. Nour-eddin-Omar-ben-Ali-ben-Resoul le Turkoman ^
1966t
1967avait
1968été nommé, l’an 616 de l’hégire (1219 de J. C.), pour gouverner
1969le Yémen, en l’absence de
1970Melik-Masoud-Iousouf,
1971roi de cette contrée. Ce prince étant mort à
1972la Mecque, dans
1973le courant
1974I.
1975I
p. 30
19762
1977HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
1978Il monta successivement en grades, prit rang parmi les émirs Sâlehis, et obtint
1979la charge de djaschenkir,
1980(4), qu’il exerça jusqu’à la mort de Melik-Sâleli,
1981et le massacre de son
1982fils Melik-Moaddam. Sous le gouvernement de Schedjer-
1983addorr,
1984il fut nommé Atabek des armées
1985vjjGLi'l(5). Cette nouvelle
1986étant
1987de
1988cette année, Nour-eddin établit
1989sa domination sur le Yémen, envoya de nombreux présents à
1990Melik-Kâmel, père de Melik-Masoud , et lui déclara qu’il se considérait comme le délégué du sultan.
1991Sa postérité conserva la souveraineté du Yémen
1992(Makrizi, Solouk
1993t. I, pag.
1994i 52).
1995Il prit le titre de
1996Melik-Mansour. Nous le voyons, en plusieurs circonstances, envoyer des sommés d’argent considé-
1997rables à Radjih, schérif de la Mecque, afin de le mettre en état de lever des troupes pour
1998faire
1999la
2000guerre
2001au sultan d’Égypte
2002(ibid.
2003pag.
20041 58,
2005i5g). L’an 623 (1226 de
2006J. C.)
2007(ibid
2008pag.
2009161),
2010il
2011fit
2012marcher une armée pour occuper la Mecque; mais
2013le général qui commandait ces troupes fut
2014fait
2015prisonnier, et conduit au Caire. L’année suivante,
2016il alla en personne attaquer
2017la Mecque, dont
2018il se
2019rendit maître sans coup férir. Mais cette place fut bientôt reprise avec non moins de
2020facilité (ibid.
2021pag.
20221 63).
2023L’an 635 (1237 de
2024J. C.),
2025il
2026fit de nouveau
2027la conquête de
2028la Mecque
2029(ib.
2030pag.
2031170).
2032L’an 638 (1240 de J. C.),
2033le
2034sultan d’Égypte, voulant enlever
2035cette ville au prince du Yémen,
2036fit
2037partir, pour cette
2038expédition, un corps
2039de troupes sous
2040les ordres d’Ahmed,
2041fils du Turkoman
2042(J
20433
2044. ^
2045(ib ' pag ’ l87 )’
2046(4) Ce mot est, comme l’on voit, le terme persan tchaschni-ghir,jS
2047qui, en passant, avec-
2048une légère altération,
2049dans
2050le langage arabe de l’Égypte, a conservé sa signification primitive. En
2051effet, un écrivain arabe
2052(Inscha , man. arab.
20531 57 3, f° 128, r°) l’explique ainsi
2054:
2055« Le djaschenkir est
2056« l’officier préposé pour goûter, avant le sultan
2057, les mets et les boissons que l’on sert sur la table du
2058«prince, dans la crainte que l’on n’y mêle du poison. » Le sultan Bâber, dans ses mémoires historiques
2059(man. pers. de Leroi, 4,
2060fol. 198 r°), atteste expressément que le même officier qui, chez les Turks,
2061portait le
2062titre de bakawul Jjl£j
2063était désigné dans l’Inde par le nom de tchaschni-ghirjS ^L£,Us..
2064Le mot
2065a
2066pris,
2067chez
2068les
2069Arabes
2070d’Égypte,
2071la
2072forme
2073schaschni
2074Nous
2075lisons
2076dans un passage de Nowaïri
2077(26
2078e
2079partie,
2080ms. de la bibliothèque royale de
2081Leide,
2082fol. 108
2083r°)
2084:
2085iJjb j
2086il*
2087«On
2088lui présenta
2089la liqueur.
2090Il en .prit
2091«un peu pour la goûter,
2092et remit
2093le vase à un enfant.» Abou’lmahasen (ms.
2094661,
2095fol.
2096157
2097v°)
2098après
2099avoir
2100dit
2101que
2102Melik-Sàleh- Aïoub
2103avait
2104choisi
2105Aibek
2106pour
2107son
2108djaschenkir,
2109ajoute
2110:
2111iSLjj
2112t U
2113îifcî «Pour cette raison, lorsque le prince lui conféra le titre
2114« d’émir, il lui donna, pour armoiries, la figure d’une petite table.» Car, si je ne me trompe, lemotksJ »:s.
2115répond à celui de
2116ou
2117qui
2118, en persan , désigne une petite table. Ce terme existe encore
2119aujourd’hui: car, au rapport de M. Rich [Narrative of a résidence in Koordistan
2120,
2121t.
2122I,
2123p.
2124126),
2125khuantchee indique «une table oblongue, sur laquelle on pose les plats.»
2126(5) Le mot Atabek
2127,
2128composé des deux expressions turques ata , Ij
2129! ,père, et bek,
2130,
2131seigneur, désignait, dans l’origine, le tuteur d’un prince
2132,
2133le régent du royaume.
2134Il devint ensuite un
2135titre cpie l’on conférait à des émirs d’un rang distingué. Mirkhond (IV e partie, fol. 87 r0
2136^ parlant du
2137célèbre Nizam-almulk, s’exprime en ces termes
2138:
2139« Le sultan lui donna les
2140titres d'Atabek,
2141lj î
2142«et d 'Ata-khodjah, ia-ljîLljt
2143: car ces surnoms,
2144et d’autres semblables, étaient,
2145à
2146cette époque,
2147«affectés à des émirs. » On sait que plusieurs de ces personnages éminents ayant usurpé la puissance
2148suprême, conservèrent, au faîte des grandeurs, le
2149titre qu’ils avaient porté dans l’origine, et dont
p. 31
21503
2151an 648 (iü 5 o).
2152I. MELIK-MOÊZZ-A ÎBEK.
2153arrivée à Bagdad, le khalife Mostasem-billali expédia en Égypte une lettre dans
2154laquelle
2155il désapprouvait la conduite des émirs et leur disait
2156:
2157« S’il n’existe pas
2158« un homme parmi vous , faites-le-moi savoir, et je vous enverrai un homme. » Sur
2159ces entrefaites, on apprit que Melik-Nâser (6) s’était emparé de Damas. Aussitôt,
2160les émirs Bahris ayant tenu conseil, convinrent unanimement d’élever à la dignité
2161de sultan l’émir Izz-ecldin-Àïbek, général des armées, et lui donnèrent le titre de
2162Melik-Moëzz.
2163Il jouissait parmi eux d’une haute réputation, comme réunissant
2164au zèle pour la religion
2165et à la générosité une prudence consommée. Les émirs
2166le firent monter à cheval,
2167le samedi, dernier jour du mois de Rebi-second.
2168Chacun d’eux alternativement portait devant lui le Gdschiah, iuiUJ! (7). Le cor-
2169la forme plus modeste semblait déguiser l’ambition de ces hommes que leur épée
2170et leur bonheur
2171avaient élevés au thrône. On connaît plusieurs dynasties dont les princes n’ont pris d’autre titre que
2172celui d'Atabek. Au rapport d’Abou’lmahasen (man. arab. 66i, fol. 16 v°) Melik-Gazi, fds de Zenghi,
2173fut le premier d’entre les Atabeks qui fit flotter un drapeau au-dessus de sa tête. Ses prédécesseurs
2174n’avaient pas osé adopter cet attribut de souveraineté, dans la crainte de déplaire aux princes Seldjou-
2175cides. Ce mot passa en Egypte avec la dynastie des Aïoubites, et devint un titre qui désignait le premier
2176officier du royaume. Nous lisons dans un ouvrage de Makrizi (Kitab-assolouk ,
2177t.
21781
2179, man. arab. 672,
2180pag.
2181i 3 g), que Melik-Afdal-Ali
2182,
2183fils de Saladin, après avoir été prince de Damas, passa en Égypte,
2184et remplit
2185les fonctions d’Atabek auprès de Mansour,
2186fils
2187d’Àziz. Khâlil-Daheri (man. arab. 69 5 ,
2188fol.
218923 o v°) s’exprime en
2190ces termes
2191: « L’Atabek des armées
2192est le même que
2193le
2194« grand émir, et porte encore le titre de bekler-beki ^So
2195» Abou’lmahasen
2196(Manhel-safi
2197,
2198t.
2199III,
2200man. arab. 749, fol. 140 r°) fait mention delà dignité d’Atabek des armées
2201Le même
2202écrivain, dans son histoire de VÉgypte (man. arab. 663 ,
2203fol.
2204182,
2205v°), nous donne
2206les détails sui-
2207vants
2208:
2209« L’Atabek des armées,
2210l’émir Scheïkhoun-Omari
2211fut
2212le premier Atabek qui porta
2213le titre
2214«d'émir-kébir, yy&\ j.y ^
2215! (grand émir). Depuis ce temps, la charge d’Atabek
2216aAjIjYÎ
2217devint
2218et
2219« est encore une dignité IsLbj, qui se confère par le don d’une khilah (robe d’honneur). Jusqu’alors,
2220« l’usage voulait que
2221celui d’entre
2222les émirs qui
2223était le plus ancien prît le
2224titre d’émir-kébir, sans
2225« porter un costume distinctif Ü*lâ., et l’on voyait à la fois plusieurs de ces officiers porter le surnom
2226« d’émir-kébir. Mais lorsque l’émir Scheïkhoun, ayant été nommé Atabek des arméesj.fL»**} ! LSi Ij
2227t
2228« eut adopté le titre d’émir-kébir, l’ancien usage tomba en désuétude
2229; et cette charge devint une des
2230«principales que pouvaient ambitionner
2231les émirs. « Pierre Martyr
2232(Legatio babylonica
2233fol. 85 v°)
2234s’exprime
2235en ces
2236termes
2237:
2238« Émir-chébir,
2239is est magistratus primas post soldanum. » Dans
2240l’histoire
2241arménienne des Orpélians
2242(Mémoires sur l’Arménie
2243t.
2244II', p. 164), le mot Atabek est écrit wpiu^uit{,
2245et la charge d’Atabek est désignée par ^p ^puj^n^pitAu.
2246(6) Melik-Nâser-Sâlah-eddin-Iousouf, fils de Melik-Aziz, et arrière-petit-fils de Saladin, avait hérité
2247de son père la principauté d’Alep et ses dépendances. Convoitant la conquête de toute la Syrie, qui,
2248dans ses rêves ambitieux, devait le conduire à la possession de l’empire de l’Égypte,
2249il commença par
2250réunir à ses États la forteresse de Hems; et, dans le cours de l’année 648 (de J.
2251C.
2252i 25 o),
2253il
2254s’était
2255rendu maître de la ville de Damas.
2256(7) Le mot gdschiah iLi,Lè, pour être bien compris, exige de moi des détails étendus.
2257Il
2258signifie
2259I.
p. 32
2260HISTOIRE DES SULTANS M AM LO UK S.
22614
2262lége
2263se rendit au château de la montagne , et les émirs se placèrent à table avec
2264le nouveau souverain. On ordonna par une proclamation de décorer les villes
2265du Caire et de Fostat; ce qui fut exécuté.
2266quelquefois
2267un
2268cercle,
2269une
2270réunion,
2271ceux
2272rjui entourent habituellement un homme. On
2273lit dans
2274une
2275tradition
2276rapportée par Bokhari
2277(Sahih
2278,
2279t.
2280I, man.
2281arab.
2282242,
2283fol.
2284i63 v°)
2285: dois JsO U
2286dj>! iLiAs 3,
2287« Lorsqu’il entra chez lui,
2288il le trouva au milieu d’une réunion de sa famille. »
2289Dans
2290le Kitab-alagdni
2291(t.
2292I,
2293fol. 90 v°), on
2294lit, en parlant du khalife 'Hescham-ben-Abd-almelik:
2295y»!
2296j
2297Sa
2298«11
2299était
2300sorti, accompagné
2301de
2302ses parents,
2303de
2304ses
2305« serviteurs, de ses familiers et de ses courtisans. » Plus bas (fol. 91 v°)
2306:
2307ja\
2308«
2309Il ordonna d’emmener ses parents,
2310sa famille, ses domestiques, et ceux qui
2311«composaient
2312sa
2313société
2314habituelle. » Dans
2315les Prolégomènes historiques d’Ebn-Khaldoun
2316(fol. 80
2317recto)
2318,
2319il
2320est
2321fait mention de grandes mosquées
2322qui
2323peuvent
2324contenir
2325une
2326foule nombreuse
2327,
2328L±A*J
2329!
2330ï
2331Lw»
2332Dans un autre
2333sens, le mot
2334désigne une couverture plus ou moins riche que l’on mettait
2335par-dessus la selle du cheval. Dans une histoire d’Égypte, il est fait mention (man. arab. 689, fol. 22 r°)
2336de chevaux qui portaient des couvertures d’or wsàô
2337Plus bas
2338(fol. 2S v°),
2339il
2340est parlé de
2341couvertures de soie jaunej.â^d
2342comment:ateur turc du Gulistdn de Sadi explique
2343le mot
2344par
2345ce
2346rlu ’- recouvre la selle. C’était toujours un esclave qui portait ce
2347meuble. De là vienV que Sadi emploie cette expression (Rosarium
2348pag.
23491 52)
2350:
2351« Si je ne suis pas homme à monter sur des chevaux, je courrai devant vous
2352, portant le gdschiah »
2353(c’est-à-dire,
2354«je serai votre esclave.») De
2355là s’est formée l’expression 3>j ^
2356On
2357lit dans
2358le Djihan-huschaï (man.
2359persan
2360de Ducaurroy,
236136,
2362fol.
236320
2364v°)
2365: ^Q^y jt
2366Ç~~“J j
23674 jl
2368À-Jkl*
2369«Si
2370Rustem
2371eût
2372vécu de son
2373temps,
2374il
2375n’aurait
2376fait
2377autre
2378chose
2379«que
2380porter son gdschiah ».
2381(c’est-à-dire
2382le
2383servir'). Dans
2384le
2385Tarihhi- fVassaf
2386(fol.
238716 1
2388recto):
2389jJJwCjjljcü
2390jD 3jb
2391y
2392«Pour ce qui concerne
2393le
2394« service
2395personnel
2396des
2397princes
2398,
2399ils
2400ne
2401choisissent
2402d’autre
2403fonction
2404que
2405celle
2406de
2407porter
2408le
2409« gdschiah . »
2410Dans
2411l'Akbar-nâmeh
2412d’Abou’lfazl
2413(man.
2414persan
2415de
2416l’Arsenal
241719,
2418fol.
2419260
2420v°
2421)
2422:
2423jî
2424“Les grands de
2425la nation portaient auprès de
2426lui
2427le gd-
2428« sch iah
2429» De là viennent les expressions ^
2430ù-dJs
2431porter le gdschiah,
2432î a
2433^
2434^ P
2435ou
2436« avoir le gdschiah sur l’épaule (c’est-à-dire servir),
2437et
2438à3oLt celui qui porte
2439le gd-
2440schiah (c’est-à-dire Yesclave). On
2441lit dans un vers cité par Devletschah
2442( Tezkiret-asclichoara
2443man.
2444pers. 25o, fol. 162 r°)
2445:
2446y
2447>XjS
2448ji.
2449{)
2450« Ce
2451ciel du soleil de
2452la générosité, ce Baïsengar, qui est tel, que naturellement le soleil et Saturne
2453« ont pris pour lui le gdschiah sur leur épaule (c’est-à-dire sont ses esclaves). » Dans le Matla-assaadeïn
2454(man. pers. de l’Arsenal 24, fol. 98 r°) on lit:
2455,Îj !,5
2456j
2457}
2458^
2459jJibi.
2460«Il porte
2461à son
2462oreille
2463l’anneau de
2464l’esclavage,
2465et sur son épaule le gdschiah de
2466la domesticité.»
2467Dans un autre
2468passage
2469(fol.
2470255
2471v°)
2472:
2473y\j
2474y
2475!
p. 33
2476>
2477an
2478G4 -S
2479(i 25 o).
2480L MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
2481J
2482Le dimanche suivant, on reçut la nouvelle que Melik-Moughith s’était emparé
2483de Karak et de Schaubak; et que la forteresse de Soubaïbali LwJ
24841
2485(8) était tombée
2486^.'o « Mirza-Abou’lkasem-Bâber, ce prince si grand
2487«que les rois les plus fiers etles monarques distributeurs de couronnes portaient avec empressement su i
2488«leurs épaules
24891egdschiah de l’affection pour lui» (c’est-à-dire, se faisaient gloire d être ses seivitems,
2490ses vassaux). Dans
24911e Habib-assiiar de Khondémir (t.
2492II, fol. 225 v°)
2493: SijJy
2494$y
2495«Ils
2496s’empressent
2497de
2498rechercher
2499le
2500titre
2501de
2502ses
2503courtisans.
2504»
2505(Tom.
2506III,
2507fol.
2508208
2509verso
2510;
2511•
2512ïAlOt
2513y
2514aJLA».
2515Plus bas
2516(fol. 242
2517v
2518)
2519:
2520^
25211 *XO
2522çp
2523ïOl
2524j\
2525^ b—
2526jJ&ilSo!
2527çiii
2528\j
2529jbjJLÂ-l 0
2530Ces braves qui, sous le rapport de
2531«la force et de la-puissance, se croyaient supérieurs à Rustem-Destàn; qui, pour ce qui concerne le courage
2532« et l’audace, supposaient qu’Esfandiar, au corps d’airain, aurait porté devant eux 1egnschiah. » Ailleurs
2533(f. 246 v°)
2534:
2535y 20 IjsLw
2536L*.» <u£,L&
2537«Il se dévoua au service du prince.» Ailleurs
2538(fol. 259 v°)
2539:
2540^yx> b.»
2541Et enfin
2542(fol
25432 C>6 vH
2544)
2545:
2546S JJi3
2547! (yJ'
2548y
2549Dans le Tarikhi-Wassaf\ f. 60 v°)
2550y? ‘'Ol.U
2551« L’esclave du monde.» Dans le Tankhi-guzideh
2552(m. de Bruix, 9, f. 208 v°)
2553: y>
2554y
2555l
2556*y ^ ~c’
2557^
25581
2559\^y
2560^ ^
2561^
2562î
2563« Il se livra un combat tel, que si Rustem eût été vivant,
2564il aurait reconnu la supériorité d’une pareille
2565«bravoure.» Dans XAnvari-So/iaïli
2566(éd. de Calcutta,
2567fol.
25685 v°)
2569:
2570CS ÿ Jû
2571y
2572Plus
2573bas
2574(fol.
257535
2576v°)
2577: o4xJÎ
2578yj^J
25793 y
25803 -ko
2581kJ^Lû.
2582Dans
2583l’histoire
2584de
2585Mirkhond
2586(V
2587e partie,
2588fol. 62 v°):
2589yjl
2590y
2591j! x-Alc
2592J.Ȕ
2593« Les habitants de Helleh se sou-
2594« mirent enfin à
2595lui.» Dans une
2596histoire des Mongols de
2597l’Inde (man. pers.
259874,
2599t.
2600Il,
2601fol.
26023 o v°)
2603:
2604y,j$y iJIasLLÎ <cJ2,L&. Et plus bas (fol. 58 v°):
2605y jl CUtl-el
2606tÉ
2607y.ASy
2608«Un monarque
2609si
2610puissant, que l’empereur des Grecs
2611recherchait
2612avec ardeur
2613le
2614« titre de son vassal.
2615»
2616Le mot (LAli
2617se
2618trouve
2619souvent
2620employé
2621chez
2622les
2623écrivains
2624arabes.
2625Plusieurs
2626auteurs nous
2627en donnent l’explication en ces termes (Makrizi, Description de l’Êgypte, man. arab. 798, fol. iy 5 v°;
2628Mesalek-alabscir , man.
2629arab.
2630583 ,
2631fol.
2632169
2633v°; Inscha, man.
2634arab.
26351 5 7 3 ,
2636fol.
2637121
2638v°)
2639:
2640« Le mot
2641« gdschiah L-Û.L- désigne une couverture de selle, qui
2642était formée de cuir
2643et tellement brodée en
2644« or, qu’elle semblait une pièce d’orfèvrerie. Elle était portée devant le sultan, par un des écuyers qui
2645«s’avançait à
2646pied, au
2647milieu du cortège. Dans
2648les marches pompeuses,
2649c’était
2650un
2651des
2652grands
2653«
2654yx>
2655qui le tenait; à l’extrémité de cet
2656ornement, à droite et
2657à gauche,
2658était
2659attaché
2660«le Djeftnh
2661ïb&sr^l. » C’était, comme l’on voit, un des insignes de
2662la souveraineté;
2663et, dans les
2664occasions les plus solennelles, lorsque le monarque devait paraître avec tout l’appareil du pouvoir, et
2665de manière à commander un respect universel, c’était un des principaux personnages de l’État qui
2666portait devant lui ce signe de l’autorité. Lorsque
2667le sultan Bibars-Bondokdari associa au thrône son
2668fils Melik-Saïd;
2669il
2670le
2671fit monter à cheval, environné de toute la pompe de la royauté. Lui-même,
p. 34
2672t
26736
2674HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
2675au pouvoir de Melik-Saïd. Bientôt après, tes émirs s étant réunis, se dirent entre
2676eux
2677: « Nous ne pouvons nous dispenser d’adjoindre à Melik-Moëzz un membre
2678marchant à pied, auprès
2679de
2680l’étrier du jeune
2681prince, portait
2682le Gâschiah. Ensuite,
2683les émirs
2684le
2685prirent successivement.
2686Ils firent ainsi leur entrée au Caire, à pied, en portant le Gâschiah (Nowaïri,
2687Vie de Bibars
2688,
2689man.
2690d’Asselin, fol. 24
2691v°). Melik-Kâmel, ayant
2692désigné pour son successeur son
2693fils Melik-Sâleh, lui
2694fit
2695traverser le Caire, avec
2696tout l’appareil de
2697la
2698royauté. Les émirs portaient
2699alternativement le Gâschiah.
2700Ebn-Athir [Kâmel,
2701t. VII, p. 187),
2702décrivant l’inauguration de Melik-Moëzz-Aïbek
2703, remarque
2704expressément que
2705les émirs
2706portaient, à tour de rôle, le Gâschiah devant
2707lui. Le sultan Ahmed,
2708quittant l’Égypte, pour se retirer à Karak, choisit dans le trésor lesobjets les plus précieux, et entre
2709autres, le Gâschiah d’or (Abou’lmahasen , Histoire d’Égypte, man. arab. 663, fol. 140 v°). Mais bien-
2710tôt après, Ismaïl
2711, frère d Ahmed, étant monté sur le trône, écrivit au prince déchu dedui renvoyer le
2712Gâschiah
2713et autres insignes de la souveraineté {ibid.
2714fol. 14 1
2715v°). Melik-Sâleh-Sâfth^ ayant reçu
2716le
2717titre de sultan, l’an 762 de l’hégire (i35i de J.
2718C.), on porta devant lui le Gâschiah. Les émirs
2719et
2720les personnages les plus distingués marchaient devant lui
2721: l’émir Taz et l’émir Mankli-Boga tenaient
2722le mors de son cheval (ib. fol. 173 v°J. A l’époque où Toman-Bey fut élu sultan d’Égypte, on chercha
2723inutilement dans
2724l’arsenal
2725les Gâschiah
2726d’or
2727JJ
2728t
2729I et les autres insignes de
2730la royauté
2731(man. arab. 689, fol. 702 v°).
2732Ce
2733n’était pas seulement
2734le
2735sultan d’Égypte qui
2736avait
2737le
2738droit de
2739faire
2740porter devant
2741lui
2742le
2743Gâschiah. Tous
2744les princes de Syrie
2745et
2746autres qui
2747appartenaient
2748à
2749la
2750famille de Saladin
2751, et
2752qui
2753étaient
2754censés exercer une
2755souveraineté
2756absolue dans
2757leurs petits États, se montraient en public
2758avec cette marque d’une autorité indépendante. Lorsque Melik-Sâleh-Aïoub prit possession de Da-
2759mas, Melik-Djewad portait le Gâschiah devant lui (Makrizi, Solouk , t. I, p. 173). Melik-Aschraf se
2760rendant à Alep, apporta avec lui le diplôme
2761qui conférait la souveraineté de cette ville à Melik-
2762Aziz. Mohammed,
2763fils de Daher-Gazi-Aziz, qui
2764était alors âgé de dix ans, sortit à la rencontre du
2765prince,, qui
2766le
2767revêtit des robes d’honneur
2768, envoyées par Melik-Kâmel
2769,
2770et porta
2771le Gâschiah
2772devant lui. Après
2773avoir séjourné quelques jours à Alep,
2774il prit le chemin de Harran
2775(ibid.,
2776p.
2777137).
2778Melik-Mansour, prince de Hamah, étant arrivé à la cour du
2779sultan Kelaoun, ce prince
2780le combla
2781d’honneurs et de
2782bienfaits, lui assigna pour logement
2783l’édifice appelé Kabsch
2784;
2785par son ordre, on
2786le
2787fit marcher en pompe, accompagné du Gâschiah
2788et des drapeaux, emblèmes de la souveraineté
2789(Mesalek-alabsar , man. arab. 642, fol. 121 v°). Melik-Modaffar ayant été nommé prince de Hamah,
2790à la place de son père, on lui apporta, entre autres marques de sa dignité, le diplôme d’investiture
2791jJüü, la robe d’honneur
2792*
2793l’épée, le Gâschiah, etc. (Ebn-Athir, Kâmel,
2794t. VII, p. 385, 386).
2795Melik-Afdal-Mohammed, fils de l’historien Aboulféda, succédant à son père, comme prince de Hamah,
2796on porta le Gâschiah devant lui (Hasan-ben-Omar, man. arab. 688, fol. 194 v°. Continuateur d’El-
2797macin, man. arab. 619, fol. 217 v°). L’an 6a5 de l’hégire (1227 de J. C.), Melik-Kâmel envoya le
2798Scheikh-aschschoïoukh Ebn-Hamouieh pour porter des robes d’honneur à son neveu Melik-Nâscr-
2799Daoud, souverain de Damas. L’ambassadeur porta le Gâschiah devant le prince; après quoi, ce devoir
2800fut rempli par Aziz etSâleli, oncles paternels de Daoud (Makrizi, Solouk,
28011. 1, p. i44)> Melik-Moudjahid,
2802souverain du Yémen, ayant reçu une Khilah de la part du sultan Mohammed-ben-Kelaoun, on porta
2803le Gâschiah devant lui (Continuateur d’EImacin, man. arab. 619, fol. 2o3 v°). Mais le même prince,
2804faisant le pèlerinage de la Mecque, les émirs égyptiens s’opposèrent à ce qu’il parût accompagné de
p. 35
2805an 648 (i25o).
2806I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
28077
2808«de la famille royale, afin que son autorité soit universellement reconnue, et que
2809«les princes de sa maison se soumettent à lui sans répugnance. » D’un consen-
2810cet insigne de la royauté (Abou’lmahasen
2811, man. arab. 663, fol. i38 v°). On conçoit sans peine que
2812ces officiers, jaloux de maintenir les prérogatives de leur
2813maître, ne voulaient pas souffrir qu’un
2814autre que lui se montrât avec les marques de la souveraineté dans une ville soumise à la puissance du
2815sultan d’Égypte. Quelquefois des personnages d’un rang élevé, dévorés d’ambition, et profitant de
2816la faiblesse de leur maître, osaient s’arroger un privilège qui devait appartenir exclusivement au sou-
2817verain. Nous lisons dans l’histoire des Seldjoucides, écrite par Bondari (man. arab. 767 A, fol. g3 v°),
2818qu’un vizir parut solennellement en public, faisant porter devant lui le Gâschiah et des épées nues.
2819Ce n’était pas seulement sous le règne des sultans d’Égypte que
2820le Gâschiah fut un des insignes de
2821la puissance suprême; cet usage
2822existait bien antérieurement. On
2823lit dans
2824l’ouvrage d’Ebn-Athir
2825(Kâmel
2826t. V, p. 14), que l’an 52g de l’hégire (ii 34 de J. G.), le sultan Seldjoucide Masoud, ayant fait
2827sortir en public le khalife , escorté de toute la pompe royale
2828, porta lui-même le Gâschiah devant ce
2829prince. Melik-schah, ayant vaincu et fait prisonnier le khan de Samarkand, voulut
2830, pour honorer son
2831captif, marcher à pied
2832, près de son étrier, et porter sur son
2833épaule
2834le Gâschiah.
2835, emblème de la
2836souveraineté (Bondari, man. arab. 767 A, fol. 40 r°).
2837Il paraît que
2838cet ornement n’était ni pesant,
2839ni d’un gros volume, car nous voyons dans une circonstance, un personnage mettre le Gâschiah sous
2840son aisselle (Fakhr-eddin-Razi , man. arab. 895, fol.
2841i 3 i r°). C’est, je crois, d’après cette signification
2842du mot Li,L&
2843qu’il faut expliquer un passage d’Imad-eddin-Isfahani
2844( Conquête de Jérusalem, man.
2845arab. 714,
2846fol. 5, v°), où 011 lit, en parlant des chrétiens,
2847Li.lt
2848si je ne me trompe,
2849l’auteur a voulu dire que les croisés ambitionnaient le droit de porter le Gâschiah de la mort, c’est-à-
2850dire, de se soumettre à son empire, qu’ils brûlaient de mourir pour
2851la défense de leur religion. Le
2852verbe wJaâ. serait pris
2853ici dans le sens qu’il a dans un passage du même historien, où on lit (fol.
285447 v°)
2855: LjjJ
2856! wüaà.
2857« 11 ambitionna ce rang. »
2858Je ne parlerai point ici des autres insignes de la souveraineté, attendu qu’il en sera fait mention
2859dans le cours de cette histoire. Mais
2860il est une expression qui s’est trouvée employée dans cette note,
2861et sur laquelle je dois donner quelques détails. Je veux parler du mot Lia. anneau, pendant d’oreille,
2862qui se prend comme emblème de la servitude; d’où viennent les locutions
2863:
2864Lia. ou
2865esclave,
2866Lia. service, esclavage,
2867et
2868j
2869Lia. ou
2870se soumettre à quel-
2871qu’un, se rendre son esclave.
2872On
2873lit
2874dans
2875le
2876Tarikhi- Jp'assaf (manuscr.
2877de
2878la
2879Bibliothèque
2880du
2881Roi,
2882fol.
2883i3
2884verso)
2885:
2886Lia.
2887JL
2888« La planète de Saturne est comme un Indien, esclave. » Plus loin
2889(f. 60 v°)
2890:
2891Lia. « Le soleil est son esclave. » Dans la continuation de l’histoire de Raschid-
2892eddin (man. pers. 68 A,
2893fol. 479 v°)
2894: pb (Jéj?jS jlls^AL <ula.^tj3y ^ «Je porte, comme
2895«à l’ordinaire, à mon oreille, l’anneau du service du Kaân »
2896(c’est-à-dire
2897« Je suis son esclave. »)
2898Dans le Hahib-assiiar de Khondémir
2899(t. III,
2900fol. 260 r°)
2901:
2902SJ-.LS'
2903ûLU!j
2904^C^fla.
2905L-La.
2906« Ayant mis à son oreille l’anneau de la servitude et de l’obéissance. » Dans XAnvari-Sohaïli (éd. de
2907Calcutta, fol. 5 v°)
2908:
2909Lia. «Ayant mis l’anneau 'de son service à
2910«1 oreille de son âme (c est-à-dire :« se soumettant à lui de tout son cœur »). Dans le Mcitla-assaadeïn
p. 36
29118
2912HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
2913tement unanime,
2914ils portèrent au trône, comme collègue de Melik-Moëzz, Melik-
2915A.scliraf-Moudaffer-eddin-Mousa, fds de Melik-Mser-Iousouf, qui était âgé d’en-
2916(fol.
29173 o 8
2918v°)
2919:
2920lü-La.. Dans
2921l’histoire des poètes persans de Dev-
2922letschah (man. pers. a 5 o, fol. 120 r°)
2923:
2924« Les rois se sou-
2925«mirentà lui.» Dans [’Akbar-nâmeh(m. de l’Arsenal 19, f. 2o3 r°) :j.aLii
2926iiLv.
2927>»UL»
2928Jssl
2929«A
2930la
2931vue
2932de
2933ces
2934merveilles,
2935les
2936« hommes qui s’occupent des objets extérieurs
2937, comme ceux qui pensent aux choses solides, commen-
2938te cèrent àse soumettre. » Plus bas (fol. 239 v°)
2939:
2940wOlj!
2941àïLs.
2942»ÎJ5^T_a
2943ixJuS
2944«Les rebelles
2945des
2946parties
2947les plus
2948reculées
2949de l’Hindoustan
2950se
2951soumirent volon-
2952té tairement. » Ailleurs (fol. 248 r°)
2953: AlGI
2954vJUO
2955LsiLs.,
2956(f. 280 v°)
2957:
2958v OL,jù
2959AaO ^.Lkd
2960b5 !j
2961LiLs.
2962« Il l’admettra parmi les serviteurs de la sublime cour. » Ibid. :
2963Jj.iuCj
2964Et
2965enfin
2966(fol. 290
2967v°)
2968:
2969ààLs. j!
2970j-Xj
2971hMj ïL^-i jlljC
2972« Mon père fut un des serviteurs de la cour. »
2973Dans le Bostân de Sadi (édit, de Calcutta, p. 89 et
2974i 32)
2975:
2976^ LiLs.^1
2977« O toi
2978«l’esclave de la sagesse du monde. » Dans le Gulistan du même auteur
2979(Rosarium politicum , ed. Gentio,
2980p. 60), on lit ces vers
2981:
2982ïjji ^j\j_L.3 j\
2983&Ji!La.
2984A
2985a&Ls. Jjt,
2986<u LC
2987d>
2988t
2989àiaJ ^
2990\
2991s.L_J
2992« Un esclave
2993,
2994si tu ne le traites pas bien, s’échappera. Agis avec tant de bonté et de douceur, qu’un
2995« étranger vienne volontairement se rendre ton esclave. » Ailleurs (pag. n8,ed. Semel.)
2996:
2997xaLs.
2998pjl-iL-j
2999I «Je
3000suis
3001leur
3002serviteur.»
3003Enfin, dans le Secander-nâmeh
3004de Nizami (éd. de Calcutta
3005p. 198)
3006, on
3007lit
3008: JL
3009^iLs.
3010^alj
3011> ce
3012clue
3013commentateur explique en ces termes
3014:
3015Lw
3016$ A.O
3017-
3018Lé.w
3019îS^j ^ d*? d
3020^
3021Çj
3022Lo
3023^
3024J
3025^
3026^
3027^ j
3028^
3029C’est-à-dire
3030:
3031« Comme je soumets
3032la pierre par
3033le moyen du
3034fer. » Ces
3035locutions
3036, où
3037le pendant
3038d’oreille est employé comme symbole de l’esclavage, rappellent la loi qui existait chez les Israélites
3039(Exod. cap. XXI, v. 6), et, en vertu de laquelle, lorsqu’un esclave voulait rester perpétuellement au
3040service de son maître, celui-ci le conduisait devant le tabernacle,
3041et lui perçait l’oreille.
3042C’est ainsi
3043que Juvénal
3044(Sat. I, v. 104)
3045dit, en parlant d’un affranchi:
3046Natus ad Euphratem
3047; molles quod in aure feneslræ
3048Arguerint, licet ipse neget.
3049On peut consulter, sur ce sujet, la note de M. Rosenmüller (Scholia in Exodum
3050,
3051pag. 358—36 o).
3052(8) Le manuscrit qui est sous mes yeux offre ces mots
3053t
3054<ula
3055; et la même leçon se trouve
3056aussi dans
3057d’autres passages
3058(tom.
3059I,
3060p.
30612o3,
3062it. 225 ). Mais je
3063n’ai
3064pas
3065hésité à
3066lire Soubaïbah
3067L-LvcJI. En effet, dans une Vie du sultan Ribars (man. arab. 8 o 3 , fol. 14
3068r°), on trouve ces mots
3069:
p. 37
3070I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
3071AN 648 (l 25 o).
30729
3073viron six ans;
3074il fut décidé que Moëzz-Aïbek serait chargé de tous les soins de
3075l’administration. Lejeune sultan fut mis en possession de sa dignité, le troisième
3076jour du mois de Djoumada-premier.
3077Il
3078s’assit à table,
3079et reçut l’hommage des
3080émirs,
3081le jeudi, cinquième jour du même mois. Tous
3082les ordres, tous
3083les
3084di-
3085plômes, étaient censés émaner des deux sultans Aschraf et Moëzz. Mais le premier
3086n’avait de la souveraineté que le nom; tandis que Moëzz-Aïbek jouissait de toute
3087la plénitude du pouvoir.
3088Dans la ville de Gazab, se trouvait alors un corps de troupes, commandé par
3089l’émir Rokn-eddin-Khass-Turk.
3090Ces
3091soldats,
3092à
3093leur retour à Sâléhieh
3094,
3095s’étant
3096concertés avec un grand nombre d’émirs, élevèrent au trône Melik-Moughitli-
3097Omar, fds d’Adel
3098le jeune, et prince de Karak.
3099Ils firent la Khotba/i au nom de
3100ce nouveau souverain, dans la ville de Sâléhieh, le vendredi, quatrième jour du
3101mois de Djoumada-second. Dès que la nouvelle de cet événement se fut répandue,
3102on
3103fit proclamer dans les villes du Caire et de Misr, le dimanche, sixième jour
3104I ^CL « Il s’empara de Soubaïbah et de son
3105territoire.
3106« Il prit également la ville de Banias et ses dépendances. » Nous lisons dans l’histoire de Nowaïri (man.
3107arab. de
3108la bibliothèque royale de Leide,
3109fol.
3110146 v°) que Melik-Aziz
3111se trouvait dans
31121 a, ville de
3113Soubaïbah. Et
3114le même
3115écrivain nous apprend [ibid.
3116fol.
3117i 5 a r°) que
3118la forteresse de Soubaïbah
3119dut
3120sa fondation au même prince,
3121c’est-à-dire,
3122à Melik-Aziz-Fakhr-eddin-Othman,
3123fils
3124de
3125Melik-Adel. L’an 645
3126de l’hégire (1247 de
3127J.
3128C.), cette
3129forteresse tomba
3130au pouvoir de
3131Melik-
3132Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub
3133( ibid
3134fol.
3135181
3136r°).
3137L’an
3138648
3139(i 25 o
3140de
3141J.
3142C.),
3143elle
3144fut occupée
3145par
3146Melik-Saïd, fils de Melik-Aziz-Othman
3147{ibid. fol. 190 verso). L’an 812 (1409 de
3148J. C.), Melik-Nâser-
3149Feredj mit en liberté les prisonniers qui étaient détenus dans
3150la forteresse de Soubaïbah (Ahmed-
3151Askalani,
3152t. II, man. arab. 65 7, fol. 2 recto). L’an 814 (1411
3153de
3154J.
3155C.), plusieurs émirs furent en-
3156fermés dans la même place
3157(ib.
3158fol. 22 v°). Abou’lféda, dans sa Description de la Syrie
3159(Descriptio
3160Syriœ , pag. 19, 96), place Banias et Soubaïbah à une journée et demie de Damas, à l’ouest-sud de
3161cette ville. Si l’on en croit cet écrivain
3162, Soubaïbah n’est autre chose que la citadelle de Banias. Son
3163assertion est confirmée par Khalil-Dâheri (man. arab. 6g 5 , fol. 92
3164r°), qui, parle de
3165cette ville en
3166ces termes :« La ville de Soubaïbah, autrement nommée Banias,
3167a une
3168citadelle
3169très-forte.
3170C’est
3171«une jolie ville, sur le territoire de laquelle on sème du riz, que l’on transporte à Damas et ailleurs.
3172«Elle est la capitale d’un district pJil, dont une partie porte le nom de koulak,
3173ïJj^r-!.
3174Il contient
3175«deux cents villages. Cette ville est comprise dans
3176la province de Damas. » Ce témoignage paraît en
3177contradiction avec ceux que je viens de citer, et dans lesquels ces deux places se trouvent désignées
3178comme séparées l’une de
3179l’autre. On pourrait
3180concilier
3181ces assertions en supposant que, dans
3182le
3183récit
3184d’Abou’lféda
3185,
3186le mot
3187ne doit pas être pris à la
3188lettre,
3189et indique seulement que Sou-
3190baïbah était la ville la plus forte du
3191territoire de
3192Banias. Je
3193n’ai pas besoin de faire observer que
3194Banias est la Paneas ou Cesarea Pkilippi des anciens. Du reste, si l’on veut connaître des détails sur
3195les ruines de cette ville, on peut consulter avec fruit les relations de Bremond
3196(Viaggi nell’ Egitto,
3197pag. 270-272, et Burckhardt
3198( Travels in Syria, pag. 37 etsuiv.).
3199I.
3200•2
p. 38
3201ÎO
3202HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3203228 du même mois, que le pays appartenait au khalife Abbasside Mostasem-billah
3204et que Melik-Moëzz-Izz-eddin-Aïbek
3205était son délégué. Le lendemain, les troupes
3206lurent invitées
3207à sortir de la ville;
3208et l’on renouvela le serment de fidélité qui
3209avait déjà été prêté aux deux sultans Melik-Aschraf-Mousa et Melik-Moëzz-Aïbek.
3210On décida que
3211les noms des deux princes seraient écrits conjointement sur les
3212actes et les diplômes, et gravés sur la monnaie; et que la khotbah serait faite au
3213nom des deux princes collectivement. Scherf-eddin-abou-Said-Hibet-Allab-ben-
3214Saëd-Fàïzi, surnommé Asad, fut élevé au rang de vizir.
3215Sur
3216ces
3217entrefaites,
3218les
3219deux eunuques, Schehab-eddin-Reschid famé,
3220et
3221Schehab-eddin
3222le jeune,
3223avaient
3224quitté
3225la
3226ville de Sâlébieb, accompagnés de
3227Rokn-eddin-Kbass-Turk, et de Akiscli l’inspecteur,
3228s
3229(9). Schehab-eddin le
3230jeune ayant
3231été
3232arrêté,
3233fut
3234conduit au
3235Caire,
3236et mis
3237en
3238prison.
3239Les
3240autres
3241échappèrent par la fuite. Cependant on envoya aux troupes qui étaient restées à
3242Sâléhieh une amnistie pleine et entière, une gratification et des robes d’honneur.
3243Le jeudi, dixième jour du même mois,
3244les deux souverains, Aschraf et Moëzz,
3245se mirent en marche, accompagnés des drapeaux affectés aux sultans,
3246et par-
3247coururent les rues du Caire. Moëzz remplissait auprès d’Aschraf les fonctions de
3248chambellan
3249( 10 ), et chacun des émirs portait alternativement le gdschiali.
3250(9) Le mot
3251,
3252signifie
3253inspecteur, surintendant. On
3254lit dans
3255la vie de Bibars
3256par Nowaïri
3257(man.
3258arab.
3259d’Asselin,
3260fol.
326191 v°)
3262:
3263s
3264« Le
3265surintendant du
3266« royaume avait rang immédiatement au-dessous du vizir. » Dans l’ouvrage biographique d’Ebn-Khal-
3267likan (man. arab. 73 o, fol. 328 v°)
3268:
3269<c£Llr
3270.s
32719,^0 àIjus.
3272« Il le nomma surintendant de tous ses
3273''États.
3274» Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (man. arab. 71 4,
3275fol.
3276191 r°)
3277: ü-Xii
3278!
3279j?Ü4 ! jp,
3280•
3281« Je
3282vis auprès de lui
3283le surintendant des
3284cuisines et
3285celui du
3286palais. »
3287Dans
3288l’histoire d’Abou’lmahasen (man. arab. 661,
3289fol. 41 v°)
3290:
3291\âjJL#
3292IsLls-H
3293« Le
3294"khalife
3295le plaça comme surintendant du trésor. » Le mot
3296'—
3297désigne la place d’inspecteur, de
3298surintendant. On
3299lit dans l’ouvrage d’Ebn-Khallikan
3300(fol. 33 o r°)
3301:
3302y
33031
3304fjj «Il
3305le
3306«nomma
3307surintendant du bureau.»
3308Ailleurs
3309(fol. 43 o
3310v°)
3311:
3312s
3313«La
3314place
3315« d’inspecteur
3316des
3317provisions. »
3318Et
3319enfin
3320( ibid
3321)
3322:
3323«La
3324place d’inspecteur
3325du
3326« trésor. »
3327y
3328(10) Le verbe
3329se prend en arabe dans deux acceptions. En parlant d’un prince,
3330il signifie:
3331Le tenir renfermé ,
3332le séquestrer de la société des hommes, le soustraire à tous
3333les
3334regards. On
3335lit
3336dans l’histoire de Nowaïri (man. arab. de la bibliothèque royale de Leide, 26e partie, fol.
333714 v°)
3338:
3339s.xa
3340bîl ^U!
3341a*!* j
3342Jæ
3343itj
3344«Il alla jusqu’à le tenir renfermé,
3345et
p. 39
3346I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
3347AN 648 (l 25 o).
3348I I
3349Cependant les troupes de Melik-Nâser s’étaient avancées jusqu’à Gazah. L’émir
3350Fâres-eddin-Aklaï
3351,
3352le d/emdar,
3353(11), qui
3354avait
3355le commandement
3356des
3357Mamlouks-Baliris
3358,
3359sortit du
3360Caire,
3361à
3362la tête de deux
3363mille cavales,
3364le jeudi,
3365cinquième jour du mois de Redjeb, et se dirigea vers Gazah. Arrivé près de cette
3366ville,
3367il attaqua l’armée de Melik-Nâser, et la mit en déroute.
3368Le jeudi, vingt-sixième jour du même mois, tous
3369les membres du gouverne-
3370ment résolurent, d’un commun accord, de transférer le corps de Melik-Sâleh,
3371de son
3372palais, situé dans
3373l’île de Raudah, au tombeau qui
3374lui avait
3375été élevé,
3376dans le
3377voisinage des
3378collèges de Sâleh (12), entre les deux châteaux. En consé-
3379« l’empêcher
3380de paraître en public,
3381excepté dans sa compagnie.» Plus bas
3382(fol. 168 v°)
3383: ,3 iuâ'
3384A4* L-JsaMjÎjJ!
3385« 11
3386le tint renfermé dans la maison Kotbidh, chez
3387sa tante
3388paternelle. » Et
3389ailleurs
3390(fol. 200 v°)
3391:
3392pjLa
3393j
3394A3
3395ï34t
3396SA* 3
3397^
3398„ Pendant tout ce temps Melik-Aschraf était dérobé à
3399la vue des hommes. Son nom
3400seul
3401«figurait,
3402et non
3403sa personne.» Dans l’histoire d’Ahmed-Askalani
3404(man.
3405arab. 656,
3406fol. 40 r°)
3407:
3408y
3409sjkoo
3410« L’autorité s’exercait sous son nom, tandis
3411qu’il
3412était caché
3413à
3414« tous les yeux. » Le même verbe signifie Exercer auprès d’un prince les fonctions de chambellan. On
3415lit dans
3416le Kitab-alagâni (t.
3417III
3418,
3419fol. 383 v°)
3420:
3421wXJ.-IÎ Aa& ïA*;
3422A3j
3423... A^a-lok...
3424« Son chambellan
3425.
3426.
3427. qui exerça
3428les mêmes
3429fonctions
3430auprès d’Abd-almelik-ben-Merwan.
3431» Les
3432mêmes détails se retrouvent plus bas (fol. 385 r°).
3433Quelquefois le verbe
3434y
3435signifie Exclure quelqu'un
3436, lui refuser l’entrée auprès du prince. Nous
3437lisons dans
3438le Kitab-alagâni (tom.
3439III,
3440fol. 4^6 v°)
3441:
3442y
34434*5- «Le
3444chambellan
3445lui
3446refusa
3447O
3448*•
34499
3450« l’entrée. » Plus loin (ib.)
3451:
34523Îyü
3453I 3*3 \j
3454« J’ai vu les généraux que l’on empêchait d’entrer. »
3455Et enfin (fol. 4?8 r°):
3456«Refuserez-vous d’admettre Ali-ben-Hescham?
3457(11) L’auteur de l’ouvrage intitulé Inscha (man. arab.
3458i 573,
3459fol. ia3i r°), parlant des Mamlouks
3460appelés Djemclars bjÎA^^!
3461, dit qu’ils étaient
3462, pour le rang et les fonctions, au-dessous de ceux qui
3463portaient le nom de khassekis, lÂ-ols^t. LemotjÎA^ est l’abréviation du terme persan Djameh-dar
3464jÎ3
3465A.* La.
3466(maître
3467de
3468la garde-robe). Voyez M.
3469le baron
3470Silvestre de
3471Sacy,
3472Chrestomathie arabe,
3473tom. I, pag. i35
3474; tom. II, pag. 180, 186. Le mot djemdar, employé pour désigner un émir d’un rang
3475élevé, se trouve plusieurs fois dans la Description de l'Hindoustan
3476, qui fait partie du Mesalek-alabsar.
3477Ce terme existe encore aujourd’hui
3478: car nous lisons dans le Voyage de M. Stocqueler
3479( Fifteen rnonths
3480pilgrimage, tom. I, p. 254), que, dans les États de l’Imam de Mascate, le titre Jemaclar désigne un
3481commandant.
3482Il en est de même dans le Beloutchistan (Pottinger’s Travels , pag. 14.)
3483(12) Makrizi décrit en ces termes
3484le
3485collège Sâléhi ILk^La)!
3486a4!
3487et le mausolée qui en était
3488voisin. Au rapport de
3489cet
3490historien
3491(Description de l’Égypte, man. arab.
3492798,
3493fol. 323 v°)
3494: «Le
3495« Mecireseh Sâléhieh était situé au Caire, dans la rue qui règne entre les deux palais. Son emplacement
3496«faisait partie du grand palais oriental. Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub, fils de Kâmel, y fit construire
34972.
p. 40
3498HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
34991 2
3500quence, le vendredi suivant, la foule se porta au palais de Raudah; on enleva le
3501corps du sultan
3502, sur lequel on
3503fit la prière, immédiatement après l’office du ven-
3504dredi. Les sdklats étaient tous vêtus de blanc, et
3505les Mamlouks avaient coupé
3506leurs cheveux. On célébra les obsèques du prince, qui fut enterré la nuit même.
3507Le samedi, les deux souverains, Aschraf et Moëzz, descendirent du château de la
3508montagne,
3509et se rendirent au tombeau de Sâleli LALJ! SjjJI, accompagnés de
3510tous les Mamlouks-Babris
3511, des djemdars,
3512des émirs, des kadis, et des
3513principaux personnages de l’État. On
3514fit fermer les marchés du Caire et de Fostat.
3515Une pompe funèbre fut célébrée entre les deux châteaux, au son des tambours
3516de basque. Jusqu’au lundi suivant, tout le monde se présenta pour prendre part
3517â la cérémonie. On plaça près du tombeau les drapeaux, emblèmes de la royauté,
3518le coffre
35191
3520(i3) du prince, son arc et son carquois
3521(i/j). Des lecteurs y
3522furent installés
3523, avec ordre de réciter l’Alcoran.
3524« ces deux collèges. On commença à démolir cette portion du palais,
3525! le
35261 3 e jour du mois Dhou’lhidjdjàh
3527«de l’année 639 (1241 de J. C.). Les fondements furent jetés
3528le 14 e jour de Rebi-a/ûû-,
3529l’an 640
3530«(1242
3531de
3532J.
3533C.). L’année suivante,
3534le
3535sultan ordonna que quatre leçons
3536seraient
3537faites
3538dans
3539ce
3540«collège,
3541par quatre jurisconsultes
3542attachés aux quatre sectes
3543orthodoxes;
3544et
3545ce
3546fut
3547la première
3548«fois
3549que
3550l’on vit,
3551en
3552Égypte, quatre
3553chaires
3554réunies dans
3555un même
3556local.
3557Le premier
3558«d’entre
3559les
3560Hanbalis,
3561qui
3562professa
3563dans
3564ce
3565collège,
3566fut
3567le
3568Kadi-alkodat
3569Schems-eddin-abou-
3570« Bekr-Mohammed-ben-Emad-Mokaddesi. » «Le
3571tombeau
3572de
3573Sâlth,
3574,
3575dit
3576ce même
3577«écrivain
3578libid.
3579fol.
3580324
3581r°),
3582est
3583situé
3584dans
3585le voisinage du
3586collège
3587appelé
3588Medreseh-Sdlé/ue/i.
3589«L’emplacement
3590qu’il occupe était primitivement
3591l’édifice
3592’is-là habité par
3593le scheikh des Mâlekis.
3594..11
3595fut construit aux
3596frais d’Ismet-eddin-Schedjer-addorr-Omm-Khalil
3597, qui
3598le
3599fit élever pour son
3600«maître
3601et
3602son
3603époux, Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïonb,
3604lorsque
3605ce prince mourut, au moment
3606«où
3607il
3608était en présence
3609des Francs,
3610dans
3611les environs de
3612Mansourah,
3613le
3614i 5 e
3615jour du mois
3616de
3617«Schaban, de l’année 647 (1249 de J. C.). Schedjer-addorr, craignant d’encourager les Francs, cacha la
3618«mort du prince, et ne la
3619fit connaître qu’à deux personnages, l’émir Fakhr-eddin-Iousouf,
3620fils du
3621« Scheikh-aschschoïoukh , et l’eunuque
3622Djemal-eddin-Mouhsin. Tous deux gardèrent, à cet
3623«égard, un profond secret. Les affaires étaient administrées comme à
3624l’ordinaire. Schedjer-addorr
3625«expédiait des lettres, desrescrits, des diplômes, qui portaient une apostille Lsî&e de
3626la main d’un
3627« esclave appelé Soliaïl, et personne ne doutait que ce ne fût l’écriture du sultan. Bientôt après, Schedjer-
3628« addorr annonça que la maladie du prince se prolongeait et qu’il ne pouvait recevoir personne. Nul
3629«n’osa parler de la mort du sultan, jusqu’à l’époque où Schedjer-addorr eût fait venir, de Hisn-Keïfa,
3630«Melik-Moaddam-Touranschah, fils de Sâleh. Cependant cette princesse ayant embarqué sur un bateau
3631«le corps de son mari, le fit transporter de Mansourah au château de Raudah, situé vis-à-vis de la ville
3632«de Misr.
3633Il
3634fut déposé dans un des bâtiments
3635dont se composait ce palais. La chose avait
3636«été exécutée dans le plus grand secret, et quelques personnes seulement avaient été mises dans la
3637« confidence.
3638»
3639(i 3 ) Le mot
3640, au pluriel -y*?
3641, désigne un
3642coffre. On
3643lit dans la vie du sultan Bibars (man.
p. 41
36441 . MELIK-MOÈZZ-AÏBEK.
3645AN 648
3646(l 25 o).
364713
3648Cette même année,
3649Bedr-eddin-abou’lmahasen-Iousouf-ben-Hasan-Sindjari
3650fut destitué des fonctions de kadi du Caire, et remplacé par Imad-eddin-abou’l-
3651kâsem-ben-Moukanscha-Hamawi. Après
3652la mort d’Afdal-eddin-Kounedji
3653,
3654il
3655fut
3656nommé kadi de Fostat, et Sadr-eddin-Mauboub-Djezeri fut choisi pour kadi de la
3657arab. 8 o3 ,
3658fol.
365921
3660v°)
3661:
3662aA*
3663j-fj
3664J ^ALJ!
3665«
366611 acheta cent
3667«Mamlouks pour porteries armes,
3668les coffres
3669et autres
3670objets.
3671» Dans l’histoire d’Ahmed-Askalani
3672(inan. arab. 656 ,
3673fol.
3674i 3 o r°)
3675: ^AJ!
3676jfÉ 0b-
3677aJ
3678! «Il
3679«se
3680fit apporter un grand
3681coffre contenant
3682les
3683obligations des sommes qui
3684lui étaient dues par un
3685«grand nombre de personnes.» Dans une histoire d’Égypte (man. arab. 68g,
3686fol. 25 v°)
3687: •JX.Éa
3688j
3689« Ensuite venaient les coffres et les caisses, avec leurs couvertures
3690« de soie. » Dans l’histoire de Makrizi (Kitab-assolouk ,
3691t. II, man. arab. 673, fol. 75
3692):
3693j
3694^
3695« Vingt-cinq
3696coffres pleins
3697d’étoffes. » Dans
3698l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan
3699(man. arab. 730,
3700fol.
37015 o 4 v°):
3702L^i Asr^
3703« Il m’apporta un coffre qui renfermait un
3704«habit.» Dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. arab. 5 g 5 , A.
3705fol.
370682)
3707: ^7-*! _j
3708LjLLU! « Devant elle étaient la caisse et les coffres qui appartenaient au sultan. » Ailleurs (fol. 106)
3709:
3710« Un coffre renfermant des étoffes. » Et enfin (fol. 200)
3711: ksr*}
3712.
3713vJUsF^
3714j~~
37151^3 « On enleva de dessous sa tète un coffre plein d’étoffes. » Voyez aussi Abou’lmahasen, cip. Chresto-
3716matliie arabe,
3717t. II, p. 189, et la note de M. Silvestre de Sacy,
3718t. I, p.
3719i 35
3720. Dans un passage du Manhel-
3721safi d’ Abou’lmahasen, ce mot est écrit A7UÜ;. On y lit (t. III,
3722fol. 207 v°)
3723:
3724aAAj «Un coffre
3725«d’étoffes.
3726» Le terme
3727n’était pas employé exclusivement en Égypte, car, dans les lettres arabes,
3728publiées par Sousa
3729(Documentas arabicos para a historia Portuguesa, pag. 52 ), on lit
3730: ’ÀsFf
3731~y.3rJ
3732bî
3733«Qu’il ne
3734sorte pas un
3735coffre de
3736la douane.
3737» Du mot taF?
3738s’était formé
3739, qui
3740signifiait
3741: renfermé dans des coffres. Dans un passage de YHistoire d’Egypte d’Abou’lmahasen (man.
3742arab. 663 ,
3743fol. 162 v°), je trouve cette phrase
3744: ast
37455^
3746«Des robes d’étoffes enfermées
3747«dans des coffres. » Le mot As-®? étant employé dans le passage de notre historien, pour indiquer un
3748des
3749insignes
3750de
3751la
3752souveraineté,
3753désignait, probablement, ou
3754le coffre qui renfermait
3755les habits
3756royaux, ou plutôt celui dans lecpiel étaient déposées les archives de l’État , les pièces diplomatiques, etc.
3757(14) Le mot tarkasch
3758est le terme persan tarkesch
3759qui désigne un carquois. Il pre-
3760nait, au pluriel, la forme
3761Je lis dans un passage de notre historien {Kitab-assolouk ,
3762t.
3763II,
3764f. 23 g r°)
3765:
3766,
3767t
37681
3769y
3770\j^a=>. t « Faites venir vos carquois qui renferment des
3771« arcs et des flèches. » Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalani (t. II, man. arab. 65 q,
3772f. 189 v°), on lit
3773:
3774ajL»
3775« Cent carquois.
3776» Ce terme a passé dans les langues de l’Europe, où
3777il a formé
3778le mot
3779Tapxdciov ou xap^aciov des écrivains de la Byzantine (v. du Cange,
3780Glossarium mediœ et infimœ grœ-
3781cîtatis, tom.
3782Il, col.
3783i 534 . Meursii, Glossarium græco-barbarum
3784, pag. 55 o), le mot latin Turcasia
3785(du Cange, Glossarium mediœ
3786et infimœ
3787latinitatis, tom.
3788III,
3789col.
37901222,
3791éd. de
37921678, Glossarium
3793manuale ad scriptores mediœ et infimœ latinitatis
3794,
3795tom. VI, pag. 684), l’italien Tureasso. Dans quel-
p. 42
3796HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
3797l4
3798même ville, à l’époque où Ebn-alkotb fut transféré au Caire pour y remplir les
3799mêmes fonctions.
3800A. la fin du mois de Redjeb, Bedr-eddin-Sindjari fut réintégré dans la place de kadi
3801du Caire, et Ebn-alkotb dans celle de kadi de Fostat. Le quatrième jour de Scbaban,
3802Fâres-eddin-Aktaï revint de Gazah au Caire. Le cinquième jour du même mois, on
3803arrêta et on mit en prison l’émir Zeïn-eddin
3804, Emir-djandar-Sâlehi (i5) ^ julçs.^1
3805ques ouvrages
3806français du moyen âge, et en
3807particulier dans la Relation du Voyage de Bertrandon
3808delà Brocquière (pag.
38095 o4
3810et passim), on
3811lit constamment Tarquais, pour désigner un carquois ; et
3812ce dernier mot
3813est évidemment une altération du premier.
3814(i 5 ) Le mot djandarj
3815!
3816L=>-
3817, qui est d’origine persane, et qui fait au pluriel djanclariah, bj
3818t Jo L9.
3819se rencontre
3820plusieurs
3821fois dans
3822l’Histoire de la Conquête de Jérusalem. On y lit (man. arab. 7x4,
3823fol. 16 v°)
3824: ^AüÜtj bjljdls-fi^2^.1
3825« 11 fit venir les djandars et les sapeurs. » Ailleurs (fol. 79 r°)
3826:
3827b
3828j
3829! «Xj
3830yj,
3831L.y=s.
3832« Nous vînmes, accompagnés de nos courtisans intimes et des djandars. »
3833Plus loin
3834(fol. 244 r°)
3835:
3836« Le chef des djandars nâseris.
3837» On le
3838trouve
3839également chez les écrivains pei'sans. On
3840lit dans le
3841Tarikhi- Wassaf (manuscrit, fol. 169 r°)
3842:
3843«AjI$j j
3844t jJl». « On le regardait comme un cljandar, et un chef d’armée. » Dans le Bostân
3845de Sadi (édit, de Calcutta, pag. 220)
3846:
3847« Du rang de djandar,
3848il tombera
3849«à celui de gardien d’ânes.» Et dans le commentaire, le mot
3850est expliqué par
3851L&lSTJ j
3852, c’est-à-dire
3853: les fonctions
3854cl’écuyer
3855et de garde. Dans
3856le
3857dictionnaire persan
3858intitulé
3859Borhani-kati (édit, de Calcutta, pag. 267), le motjî«xil=>.
3860est rendu
3861par
3862tXâS
3863gardien
3864, et par
3865écuyer. Dans l’ouvrage arabe
3866qui a pour titre Inscha (man.
3867arab.
3868i 573,
3869fol.
3870127
3871v°), on litjl.x4^, et dans les Prolégomènes d’Ebn-Khaldoun
3872(fol. 88 v°), on trouve, au
3873pluriel
3874Le premier de
3875ces deux ouvrages nous offre
3876les
3877détails suivants
3878:
3879« Emir-djandar,
3880Ce titre est composé de deux mots, dont l’un djan,
3881en turc (en persan), désigne
3882«.Yâme,
3883et
3884l’autre
3885signifie
3886celui qui prend,
3887De manière que le nom entier doit se
3888«traduire par
3889,
3890celui qui tient l’âme. Dans l’origine, le Djandar était l’officier qui de-
3891« mandait la permission d’introduire les émirs auprès du prince,
3892lorsqu’ils avaient à remplir leurs
3893«fonctions, et qui entrait devant eux toutes les fois qu’ils allaient rendre hommage au sultan dans la
3894«salle d’audience. Il précédait les employés delà poste >X>jJ
38951 , avec le Dewadar et le gardien de la porte.
3896«H a également
3897sous
3898ses
3899ordres
3900les Bercl-dars
3901et
3902les Djandars
3903ÜUjtxbs:*! _j
3904Lorsque
3905«le sultan veut faire périr un homme quelconque, l’exécution a lieu en présence de YEmir-Djandar.
3906Il
3907«a sous
3908sa juridiction le zerd-khanah
3909, qui
3910est une maison de détention d’un rang plus
3911«élevé que la prison
3912ordinaire. Quelquefois, on
3913choisissait pour remplir ce poste un commandant
3914«
3915, quelquefois un Êmir-Tablkhaneh. Aujourd’hui , cette place a beaucoup perdu de son irnpor-
3916« tance, car on la donne à des émirs de dix
3917, ou à des officiers d’un rang inférieur. » Ebn-
3918Khaldoun
3919(Prolégomènes
3920fol. 88 v°) parlant de la dynastie africaine des Benou-Merin, s’exprime en
p. 43
3921I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
39221
3923AN
39246/( 8 (l 25 o).
3925et Sadr-Eddin, kadide la ville d’Amid, qui avait été un des principaux per-
3926sonnages de l’État, sous le règne de Melik-Sâleh.
3927Le dix-neuvième jour de, Schaban
3928, en vertu d’une résolution adoptée unanime-
3929ment par tous les membres du gouvernement, on procéda à la démolition de la
3930ville de Damiette. On
3931fit partir du Caire, pour
3932cet effet, un grand nombre de
3933carriers , de maçons
3934, et d’ouvriers de tout genre. Les murailles furent abattues
3935, et
3936la
3937ville entièrement
3938rasée. La grande mosquée échappa seule
3939à
3940la destruction.
3941Quelques-uns des plus pauvres habitants se construisirent des cabanes de roseaux
3942sur le bord du Nil, au midi du terrain qu’occupait la ville, et tracèrent
3943ainsi
3944le plan d’une nouvelle enceinte LAL», sur l’emplacement de laquelle s’est
3945élevée la Damiette de nos jours.
3946Le vingt-sixième jour du même mois, on arrêta l’émir Djemal-eddin-Nedjebi
3947;
3948et le lendemain, Akesch-Adjemi fut également conduit en prison.
3949Cependant, Melik-Nâser, souverain delà Syrie, à l’instigation de l’émir Schems-
3950eddin-Loulou-Amini, résolut d’entreprendre la conquête de l’Égypte.
3951Il partit de
3952Damas, à la tête de ses troupes, le dimanche, quinzième jour du mois de Ramadan.
3953Il
3954avait avec lui Melik-Sâleh-Ismaïl ,
3955fds d’Adel-abou-Bekr,
3956fds d’Aïoub, Melik-
3957Ascbraf-Mousa, fds de Mansour, Ibrahim,
3958fds de Scliirkouh, Melik-Moaddam-
3959Touranschab,
3960fds du sultan Salah-eddin
3961le grand, Nosret-eddin
3962, frère de Tou-
3963ranschah, Melik-Dâher-Schadi, fds de Nâser-Daoud, et son frère Melik-Amdjed-
3964Hasan
3965, Melik-Amdjed-Abbas, fds d’Adel , et plusieurs autres princes. Cette nouvelle
3966porta l’effroi dans le gouvernement de l’Égypte. On donna ordre de rassembler
3967les Arabes du Saïd. Le second jour de Schewal, au moment où l’on apprit
3968l’ar-
3969rivée de Melik-Nâser à Gazali,
3970l’on
3971fit arrêter plusieurs émirs qui étaient soup-
3972çonnés de favoriser secrètement les prétentions de ce prince.
3973ces termes
3974: «La garde de la porte du prince, et le soin de le soustraire à l’importunité du public, sont
3975«confiés à un dignitaire qui porte le titre de Mezwdr
3976Ce mot désigne le chef des Djanclars
3977«ij J Lard çXi.*, qui sont placés constamment à
3978la porte du sultan
3979, pour accomplir ses ordres,
3980faire
3981« subir
3982les châtiments
3983qu’il a décrétés, exécuter ses arrêts sévères, et garder ceux qui sont détenus
3984«dans les prisons. » L’auteur de l’ouvrage intitulé Mesalek-alabsar (man. arab. 583 , fol. 179 r°), après
3985avoir donné sur les fonctions de
39861
3987'Émir-Djandcir les détails que l’auteur de Xlnscha lui a probablement
3988empruntés, ajoute
3989: «Si le sultan veut faire appliquer
3990à la torture ou mettre à mort un homme,
3991«c’est XEmir-Djandar qui est chargé de l’exécution de la sentence. Aussi, dans les voyages du prince,
3992«il est soir et matin occupé à faire la garde autour de lui, accompagné de son cortège ordinaire.
3993» On
3994peut voir sur ce mot M. Silvestre de Sacy, Chrestomat/iie arabe, tom. II, pag. 178.
p. 44
3995j6
3996HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3997Le lendemain, la nouvelle s’étant confirmée, on se prépara sérieusement à la
3998guerre, et l’on fit revenir les chevaux qui étaient au vert
3999, £*j
4000!
4001!
4002^
4003I
4004( 1 6).
400516. Le mot ^-Oj qui, dans son acception primitive, désigne
4006le printemps,
4007s’emploie, surtout en
4008Egypte, pour
4009signifier un champ couvert d’orge, de trèfle, et autres plantes, encore en herbe, et
4010dans lequel on laissait les chevaux paître en liberté, afin que l’usage de cette nourriture rafraîchissante
4011et pleine de suc les délassât de leurs fatigues
4012, et leur donnât de nouvelles forces. On
4013lit dans l’histoire
4014d’Ahmed-Askalani (man.
4015arab.
401665 6,
4017fol. i63
4018v°), en parlant des
4019chevaux du
4020sultan
4021: l^sdJaj j~d
4022« 11 ordonna de les ramener des pâturages de Djizeh. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir
4023(manuscrit, tom. VU,
4024pag. 204)
4025:
4026^ja
4027,
4028djjJi jLiaa.l_!
4029«
403011 commanda de faire venir
4031«du pâturage les animaux destinés à être montés. « Dans la vie de Bibars (man. arab. 8o3, fol. 62 r°):
4032idt- ibjS'jA ^.w^l
4033!
4034^»ld l^it
4035« On était alors à l’époque où l’herbe est verte, et
4036«où les chevaux de l’Islamisme sont attachés dans les champs.
4037>> Dans
4038l'Histoire d’Égypte d’Abou’lma-
4039hasen (man. arab. 663, fol. 184 v°)
4040:
4041«On ne trouva point
4042« de chevaux, attendu que ces animaux étaient alors au vert. « Dans le Mcinhel-safi du même auteur
4043(tom.
4044111 , man. arab. 749, fol.
4045i 52 v°)
4046:
4047^j
4048)\
4049U
4050« Il ne vit point
4051«le pâturage, et n’alla point à Djizeh, sur l’autre rive du Nil. » Plus loin (ibid.), on lit
4052: ^jUaLJ! djla
4053j)\ ^Ji
4054Âcj ^Jt Jjp
4055! « Le sultan lui dit
4056: Descends aujourd’hüi, et passe le fleuve, pour te
4057« rendre au pâturage. » Ailleurs
4058(ib
4059v°)
4060: ULd
4061<sj
4062!j
4063I id-
4064’.J)
4065«
40661 1 se dirigea vers le pâturage
4067«et y séjourna plusieurs jours.» Et enfin (fol. 201
4068r°)
4069:
4070^CA*
4071" H passa sur la rive de
4072«Djizeh
4073, pour aller chercher le pâturage. » Dans le Commentaire de Soïouti sur le Mogni (man. arab.
40741238, fol. 100 r°), on lit, en parlant du petit d’une autruche
4075: gOjJ!
4076!_^a> « Lui qui mangeait
4077«l’herbe tendre. » Dans VHistoire d'Égypte d’Ahmed-Askalani (t. II,
4078fol. 100 r°)
4079:
4080^UaLd!
4081aLzL
4082« Le sultan était dans les pâturages de
4083ses chevaux. » Ailleurs
4084(fol.
40851 1 8 r°)
4086: J
4087V>>‘
4088iLi. A4*
4089t «Tarbaï
4090se rendit auprès de
4091ses chevaux qui
4092étaient au vert
4093à Djizeh.
4094»
4095Et enfin
4096(fol.
4097128
4098r°):
4099(J*)
4100ç^~»j
4101^UaLJî
4102« Le sultan se rendit à Wasim,
4103«dans
4104le canton
4105de Djizeh, à l’époque où les animaux sont au vert. » De
4106là on
4107a formé
4108le verbe
4109/ » /
4110,
4111çjj
4112à la seconde forme, qui signifie
4113mettre un cheval au vert. Dans
4114la
4115Description de
4116l'Egypte de
4117Makrizi (man. arab. 798,
4118fol.
4119188
4120v°), on
4121lit
4122: ^djA Çj*
4123jv^djdî ^
4124« Ils avaient des champs
4125«de trèfle, pour mettre
4126leurs animaux au vert.
4127» Et plus bas
4128(id.
4129ibid.)
4130: ^Jî ^LLLJÎ
4131L°a4&
4132^
4133^
4134" Lorsque le sultan allait visiter ses chevaux qui
4135étaient
4136«au vert,
4137à l’époque où leur temps
4138était
4139fini.
4140» Dans
4141l'Histoire cl’Égypte d’Abou’lmahasen
4142(man.
4143arab. 663, fol 60 v°), on trouve ces mots
4144: As». îj
4145« Qu’ils laissent leurs chevaux au
4146«vert l’espace d’un mois. » Dans la continuation de l’histoire d’Elmacin (man. arab. 619,
4147fol. 52 v°)
4148:
4149^3
4150j
4151ÇjJ
4152^
4153“
4154*^e mettrai mes chevaux au vert; puis je reviendrai vous
4155« trouver à l’époque de l’hiver.
4156» Ces faits sont parfaitement confirmés par le témoignage des voyageurs
p. 45
4157AN 648
4158(ia 5 o).
4159I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
416017
4161Le lundi, huitième jour de ce mois, l’émir Hosam-eddin-abou-Ali partit du
4162Caire. On était alors en hiver.
4163•
4164Le neuvième, l’émir Fâres-eddin-Aktaï le djemdar, chef des Mamlouks-Bahris,
4165se mit en marche, à la tête du principal corps d’armée, composé de Turcs. Le
4166reste de l’armée
4167partit le onzième jour du même mois,
4168et la réunion eut lieu
4169dans la ville de Sâléhieh.
4170Le samedi,
4171i3 du même mois
4172, Melik-Moëzz-Aïhek nomma pour gouverner
4173l’Égypte en son absence, l’émir Ala-eddin-Bondokdari.
417411 donnait des audiences
4175continuelles dansles collèges de Sàleh
4176accompagné des déléguésde
4177la maison de justice J
4178w>îy,afin dérégler les affaires, et déjuger les procès.
4179Le samedi, 20 du même mois, on proclama la prohibition de la vente du vin
4180et l’abolition de l’impôt unique tbjij! i^î ( 17 ).
4181européens qui
4182, à
4183différentes époques , ont parcouru l’Egypte. Pierre Martyr, dans le récit de son
4184ambassade
4185( Legatio Babylonica ,
4186Basilœ
4187i 533
4188,
4189fol. 89 v°), après avoir raconté
4190l’excursion qu’il
4191avait faite aux Pyramides, continue en ces termes
4192:
4193« En traversant les prairies qui bordent le Nil
4194,
4195« nous rencontrâmes
4196des troupeaux immenses
4197de
4198chevaux
4199et de chameaux,
4200et
4201des
4202tentes
4203de
4204« Mamlouks,
4205disposées en forme de camps. Nous apprîmes de notre drogman que,
4206dans
4207l’Egypte,
4208«
4209c’est aux mois de janvier et de février que
4210l’on met les animaux au vert;
4211et que les
4212tentes
4213qui
4214«
4215de tous
4216côtés frappaient notre vue
4217, étaient destinées
4218à servir, pendant la nuit, de retraite aux
4219«
4220esclaves chargés du soin de ces divers animaux.
4221»
4222Puis
4223il ajoute
4224:
4225« Je fus curieux de connaître
4226«
4227la méthode que l’on employait pour nourrir ces animaux, de manière à ce qu’ils ne pussent avec
4228«
4229leurs pieds gâter
4230le pâturage. Et voici
4231ce que j’appris. Aussitôt que chaque Mamlouk,
4232avec ses
4233« chevaux et ses chameaux, a occupé l’espace de terrain qui lui est assigné , chaque esclave attache
4234«
4235ces animaux par
4236les jambes de
4237derrière
4238à
4239des poteaux formés de
4240pièces de
4241bois passées au
4242«
4243feu, de manière à ce que l’animal puisse à peine, en étendant le cou,
4244prendre
4245l’herbe avec
4246ses
4247«
4248dents. Dès que cette herbe se trouve consommée, on arrache les poteaux, et on les transporte un
4249« peu plus loin. Chaque jour,
4250on fait
4251ainsi avancer
4252les animaux, jusqu’à
4253ce que l’on
4254arrive aux
4255«
4256dernières
4257limites du pâturage;
4258car,
4259les diverses parties de ces champs, après avoir été mesurées,
4260«
4261sont assignées par le sultan à chaque Mamlouk,
4262en proportion du rang
4263qu’il occupe. « Suivant
4264le témoignage de Prosper Alpin [Reram Ægyptiacarum ,
4265lib.
4266I,
4267t. I, p. 6 et 7), dans l’Égypte, au
4268mois de novembre, on coupe le trèfle, que l’on réunit en bottes,
4269et que
4270l’on donne aux chevaux,
4271pendant quelques jours, afin de conserver la santé de ces animaux. M.
4272le comte de Chabrol
4273( Essai
4274sur les mœurs
4275de l’Egypte, p. 4 a 5 )
4276atteste également que, dans
4277la
4278saison du printemps, on fait
4279manger aux chevaux de l’orge en herbe.
4280(17) Les
4281mots
4282ibj.iL
4283se
4284trouvent, avec
4285le même
4286sens,
4287dans un passage
4288de
4289l’histoire de
4290Nowaïri. On y lit (26
4291e partie, man. arabe de Leide, fol. 120 v°)
4292: « que dans la ville de Hamah
4293,
4294« un homme appelé Ibrahim-ben-alfrandjiah était le fermier de l’impôt particulier»^
4295!jJ
4296t <ü J Lib
42971J^j
4298tbjijî
4299^
4300'd Lrsr-’jib I
4301Le terme
4302signifie souvent un impôt. L’ouvrage de Khalil-
4303Dâheri (man. arab. 695, fol. 222 v°) nous offre cette phrase
4304:
4305J-Las'-
43060
4307« Le produit
4308I.
43093
p. 46
4310i8
4311HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
4312En même temps, on apprit par de nombreux rapports que Melik-Nâser était
4313arrivé à Daroum.
4314•
4315Le 29 du même mois, Melik-Moëzz
4316fit revêtir d’une robe d’honneur Melik-
4317230 Mansour-Mahmoud, et son frère Melik-Saïd-Abd-almelik. Ces deux princes,
4318fils
4319de Melik-Sâleh-Ismaïl, avaient été mis en prison par ordre du sultan Melik-Sâleh-
4320Nedjtn-eddin. On leur fit parcourir les rues du Caire, afin de persuader au peuple
4321que leur père Melik-Sâleh favorisait le parti de Moëzz contre Melik-Nâser, en
4322at-
4323tendant que le sort des armes prononçât entre
4324les deux rivaux.
4325Le mardi, premier jour du mois de Dhou’lkadali
4326, on
4327fit proclamer dans la
4328ville du Caire que Melik-Moëzz et les Mamlouks-Bahris .avaient conclu un traité
4329de paix avec Melik-Mougliith-Omar,
4330fils
4331d’Adel, prince de Karak. Le
4332fait était
4333entièrement faux. Mais on se proposait, par cette imposture, d’arrêter la marche
4334de Melik-Nâser.
4335Le jeudi, troisième jour du même mois, Melik-Moëzz descendit du château
4336de
4337la montagne, à
4338la
4339tête des
4340troupes qui
4341étaient restées auprès de lui, et se
4342rendit à Sâléhieh, où se trouvaient réunis les différents corps d’armée qu’il avait
4343«des impôts du territoire de Damiette.»
4344Ailleurs
4345(ibid
4346fol.
4347209)
4348: bjlil*
4349« Les droits qu’on levait à Teraneh et à Manfalout. » Dans le livre intitulé Inscha (man. arab. 1073,
4350fol.
4351i 35 v°) on lit
4352: Ij-sÇ j
43531y j Isë-l
4354! y
4355I
4356(lis. à.&ysy>)
4357«La charge
4358appelée
4359Naclar - aldjihat
4360a
4361pour
4362attributions
4363essentielles
4364la
4365perception
4366des
4367droits
4368«qu’on lève sur
4369les marchands,
4370tant
4371par
4372terre que par mer.» Dans un passage de Manhel-safi,
4373d’Abou’lmahasen (tom. III, man.
4374arab. 749,
4375fol. 119 r°)
4376:
4377j
4378''-'W?' <3
4379“B
4380â' 1
4381« employé dans la perception des droits de douane et autres impôts. » Dans un autre endroit du même
4382ouvrage (fol. 87 v°)
4383:
4384Jb
4385«Il remplit plusieurs emplois de finances,
4386«à Karak et à Damas.» Dans l’histoire de Makrizi (man. arab._672, pag. 706)
4387:
4388i 3s-
4389v—J-kd
4390y «On supprima un grand nombre de droits levés sur les marchands. » Et plus loin (ibid.)
4391:
4392L^l
4393«C’était
4394le plus considérable des droits que levait le fisc.» Et
4395dans
4396un autre endroit du même ouvrage (tom. II, man. arab. 678, fol. 485 r°)
4397: _j
4398ft ^
4399<ula
4400v
4401«Il s’empara de tout ce qui lui était dévolu, et qui consistait en trois
4402« impôts.
4403» Le mot
4404, en passant dans la langue persane
4405, a conservé le sens de biens , richesses.
4406On
4407lit dans
4408le Habib-assiar (tom. III, fol. 3 o 5 v°)
4409:
4410j!
4411j
4412“B s
4413s’occupèrent à constater le montant de ses meubles et de ses biens. » Plus loin
4414(fol.
44153 o8 v°)
4416: w’L^
4417j
4418« Ils saisirent les biens et les propriétés des maris. » Ailleurs
4419(f. 3og r
4420)
4421:
4422« Des biens des émirs et des principaux personnages de 1 Etat. » Et enfin
4423(fol. 358 v°)
4424: vJUàL
4425j
4426jULCj
4427jî
4428«La plus grande partie des biens
4429« des innocents fut livrée au pillage. »
p. 47
4430an 648
4431(ia5o).
4432I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
4433envoyés en avant.
4434Il laissa dans le château de la montagne Melik-Aschraf-Mousâ.
4435Les troupes égyptiennes restèrent campées à Sâléhieh, jusqu’au lundi, septième
4436jour du mois. Cependant Melik-Nâser,
4437à
4438la tète de son armée,
4439s’était avancé
4440jusqu’à Kera
4441(18), bourg situé dans les environs d’Abbaseh. Les deux partis
4442se trouvèrent alors à peu de distance l’un de l’autre. Tout le monde était persuadé
4443que Melik-Nâser obtiendrait infailliblement
4444la victoire sur les Bahris
4445, attendu
4446que ses forces étaient supérieures en nombre, et que,
4447d’ailleurs, la plus grande
4448partie des
4449troupes égyptiennes penchait secrètement en sa faveur. Nâser avait
4450auprès de sa personne un grand nombre de Mainlouks, qui avaient été attachés
4451à son père Melik-Moëzz;
4452c’étaient des Turcs
4453qui inclinaient pour le parti des
4454Mamlouks, parce qu’ils voyaient en eux des compatriotes, et parce qu’ils détes-
4455taient l’émir Scliems-eddin - Loulou
4456qui était le chef de l’administration.
4457Au moment où Nâser vint camper à Kera
4458\jSS) Sjjg,»,
4459près de Kbaschbi
4460( J 9)>
4461(18)
4462Il est fait mention du bourg de Kera
4463dans un passage de la Vie de Bibars , par Nowaïri
4464(man.
4465d’Asselin,
4466fol. 57
4467v°. Mémoire sur les Nabatéens
4468pag.
446927),
4470et dans Y Histoire du prétendu
4471Hasan-ben-Ibrahim (man. arab. non catalogué, fol.
44721 16 r°). Notre historien, dans plusieurs endroits
4473nomme ce même lieu. On lit également dans le Rdmel d’Ebn-Athir (tom. VII, pag. 2o5)
4474:
4475—J
4476! j
4477«Kera est un lieu voisin d’Abbaseh et deSédir. «
4478(ig) Le manuscrit que j’ai sous les yeux offre ces mots
4479:
4480^
4481Lj^s. J’avais sup-
4482posé qu’il
4483fallait lire
4484et traduire près du puits. En
4485effet,
4486le mot
4487qui fait au pluriel
4488ou
4489»L~cs.î,
4490désigne un puits creusé dans
4491le
4492sable.
4493Il se trouve dans un poème manuscrit
4494d’Amrou’lkaïs (man. d’Asselin, fol 11 v°), et le commentateur l’explique par
4495Dans des
4496SL
4497vers du poète Zohaïr (ibid. fol
449868 r°), le pluriel
4499est rendu par
4500Meïdani
4501(Pro-
4502verb. 6018) parlant du mot
4503, l’explique ainsi
4504<LjJb
4505“ Un puits creusé
4506« dans
4507le sable
4508, et qui est peu profond. » Nous lisons dans la Géographie d’Edrisi (man.
4509d’Asselin
4510fol. 79 v°)
4511:
4512jb-Lsè ^1*^.1
4513«L’eau que l’on y consomme provient de puits creusés
4514«dans
4515le sable.» Dans l’ouvrage intitulé Kiiab-alîktifa (man.
4516arab 653,
4517fol. 49
4518r°)
4519, on trouve
4520ces
4521mots
4522:
4523<u~olsülj
4524L» «Tout l’espace compris entre Adhib
4525et Kadesieh est
4526«rempli de
4527puits creusés dans le
4528sable.» Plus
4529loin
4530(ibid. ) on
4531lit
4532:
4533s
4534~jÀ*JÎ
4535*L*cs.Ij
4536LJy «Nous
4537«allâmes camper
4538près
4539des puits
4540d’Adhib. » Au
4541rapport d’Imad-eddin-Isfahani
4542(man.
4543arab.
45447x4,
4545fol. 291 r°), les Francs, après s’être emparés de la ville de Daroum, au midi de la Palestine, établirent
4546leur camp
4547sur
4548le bord
4549d’une source appelée Hisi
4550J
4551Jliü
4552»L>. Plus loin, l’auteur ajoute
4553(fol. 292 v°)
4554:
4555«Ils passèrent près de la source de Hisi. » L’auteur du Lexique
4556géographique arabe (manuscrit, pag. 18)
4557, parlant de la ville et de la province d’Arabie qui portent le
45583.
p. 48
455920
4560HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
4561au milieu des sables, Moëzz-Aïbek partit de Sâléhieh, à la tête des troupes égyp-
4562tiennes, et vint se placer vis-à-vis de son ennemi, au lieu nommé Sernout byu-.
4563nom de Ahsâ,
4564î, s’exprime ainsi
4565: « Ahsâ est le pluriel du mot L«o-
4566(lis.
4567Celui-ci désigne
4568z
4569« l’eau qui a été absorbée par une terre sablonneuse, où elle s’enfonce jusqu’à ce qu’elle rencontre des
4570« substances dures, qui ne lui permettent pas de pénétrer plus
4571loin. Les Arabes creusent des puits
4572« dans le sable
4573, et en tirent ces eaux qui se trouvent en abondance dans le désert. » Le même écrivain
4574fait également observer
4575( ibid.) que le mot nhsiah
4576} qui est le nom d’un lieu du Yémen (Y. Ta-
4577beristancnses Annales
4578, tom.
45791 ,
4580pag. 56), est également un
4581pluriel du terme arabe
4582.. Enfin,
4583il
4584fait
4585mention
4586(pag.
4587ig 5 ) de plusieurs sources nommées Hisa
4588,
4589qui
4590appartenaient
4591aux
4592Renou-Fezarah , et qui étaient situées dans un lieu appelé Dhou-hisâ
4593jb. Toutes ces autorités
4594me semblaient confirmer pleinement ma conjecture. Toutefois
4595, d’autres faits viennent la contredire;
4596et
4597il paraît qu’il faut lire
4598ici khaschbi
4599En effet,
4600le Kâtnel d’Ebn-Athir (manuscrit,
4601t. VII,
4602pag. 29), offre
4603ces mots
4604:
4605s
4606ji/b
4607«Us vinrent camper au
4608lieu nommé
4609«Khaschbi,
4610situé
4611sur
4612la
4613limite
4614des
4615sables.» Dans
4616l’histoire
4617de Nowaïri
4618(26
4619e
4620partie;
4621man.
4622de
4623Leide,
4624fol. 191
4625v°,
4626et 200 v°) on
4627lit
4628:
4629>
4630jj.2.) Ij
4631;
4632et
4633nous
4634lisons
4635dans
4636l’histoire d’Ebn-Khallikan (man. arab. y 3 o, fol. 334 v°) que le vizir Safi-eddin retournant en Egypte,
4637«ses partisans vinrent à sa rencontre jusqu’au lieu appelé Rhaschba
4638, situé non loin d’Abbaseh »
4639IwCjJJ Vjjlsrlt
4640iüyJ-1
4641j ^J| àjliJJ
4642à.} Isr-0
4643!
4644(lisez ^JLs^l). Quant au mot Raml
4645qui
4646se trouve souvent chez
4647notre historien
4648et
4649ailleurs,
4650il
4651désigne
4652cette vaste plaine de sable qui
4653s’étend
4654à l’orient de
4655l’Égypte vers l’Arabie
4656et
4657la
4658Palestine. On
4659lit
4660dans
4661l’ouvrage
4662d’Ebn-Athir
4663(tom. VII
4664, pag. 2)
4665:
4666j l~Oj
4667«Les
4668sables qui
4669régnent entre
4670la
4671ville
4672« d’Alarisch
4673et l’Égypte.» Makrizi (Kitab-assolouh ,
4674t.
4675I, man.
4676arab. 672, pag.
4677184) nous
4678offre ces
4679mots
4680: « Us entrèrent en Égypte; et, après avoir pénétré dans les sables
4681,
4682ils arrivèrent à la ville
4683« de Belbeïs. »
4684Il atteste (pag. 2o3)
4685, aussi bien qu’Ebn-Athir (tom. VII, pag. 324), que Sâléhieh était
4686à l’entrée des sables
4687Quant au lieu nommé Sédir
4688I
4689, sur lequel M. le baron Silvestre de
4690Sac.y a donné jadis des détails intéressants (Mémoire sur la version arabe des livres de Moïse, p. 71),
4691et dont j’ai eu moi-même occasion de
4692parler
4693ailleurs
4694(.Mémoires sur l’Egypte ,
4695t.
4696I, pag.
469761, 62),
4698il se trouve plusieurs fois nommé chez les historiens arabes. Au rapport de Nowaïri {Vie de Bibars
4699,
4700man. d’Asselin,
4701fol. 57 v°), Bibars arriva près de la source qui était dans la vallée de Sédir, et vint
4702camper à Kera. Ebn-Àthir atteste
4703(Kâmel , tom. VII
4704, pag. 206) que « Kera est situé près d’Abbaseh et
4705« de Sédir. » Imad-eddin-Isfahani (ap. Kitab-arraoudataïn, man. arab 707 A, fol. 144 v°) raconte « que
4706«Saladin étant venu camper en dehors
4707de Belbeïs,
4708les personnes de
4709sa suite prirent les
4710devants
4711«pour gagner Sédir jj -X-J î
4712, et s’arrêtèrent au
4713lieu nommé MoubarrazjjAi\. » Dans des vers com-
4714posés par le même historien (ibid. fol. 141 v°), on lit
4715:
4716J
4717^
4718lÎt,
4719^ j) wX-v.*j
4720I
4721î
4722t
4723«j î
4724^
4725« Nous allâmes gagner Sédir. Là se trouvait un jardin composé de sidr (lotier) et d’arbres de Talah,
4726« serrés les uns contre les autres. »
p. 49
4727AN 648
4728(l25o).
472921
4730I. MELIK-MOËZZ-ÀÏBEK.
4731Le jeudi, dixième jour du mois, Moëzz se prépara au combat, et INâser, de son
4732côté (20) , rangea ses troupes en bataille. Les deux partis en vinrent aux mains à la
4733septième heure du jour. Il arriva dans cette circonstance un fait singulier, et dont
4734on a vu bien peu d’exemples. L’armée égyptienne, battue d’abord, reprit l’avantage,
4735et défit celle des Syriens. L’aile droite et l’aile gauche de ceux-ci attaquèrent avec
4736une extrême impétuosité les corps qui leur étaient opposés. La gauche des Egyp-
4737tiens fut rompue et mise en pleine déroute. Les plus braves d’entre les Syriens
4738s’acharnèrent à
4739la
4740poursuite de l’ennemi,
4741sans
4742s’occuper de ce qui
4743se passait
4744derrière
4745eux.
4746Pendant ce temps,
4747la droite des
4748Syriens avait
4749été
4750défaite.
4751Les
4752deux centres
4753tinrent ferme et continuèrent
4754le combat. Les fuyards de
4755l’armée
4756égyptienne prirent
4757la route du Saïd; et tous leurs bagages furent pillés par l’en-
4758Puisque j’ai
4759parlé des sables qui font partie de l’isthme de Suez, on me permettra, je crois, de
4760consigner ici un fait qui, par sa singularité, m’a paru mériter une mention spéciale. Un voyageur
4761anglais, Veryard
4762, qui a parcouru l’Égypte et une partie de l’Orient, à la fin du XVII
4763e siècle
4764, parlant
4765de son séjour à Suez
4766, continue en ces termes
4767( An account ofdivers choice remarks, London
4768,
47691701,
4770pag. 302)
4771:
4772« De
4773là, nous
4774finies une excursion d’environ
4775cinq lieues, dans l’intérieur de l’isthme,
4776« pour voir une pyramide qui, pour toutes ses dimensions, peut
4777le disputer à la plus grande de
4778«
4779celles qui sont
4780situées au voisinage du
4781Caire. D’un côté,
4782elle
4783offre également des
4784degrés, par
4785«
4786lesquels nous montâmes au sommet, sur lequel nous trouvâmes un obélisque qui a environ quatre
4787«
4788pieds en carré à sa base, dix-huit pieds de hauteur,
4789et qui est
4790couvert d’hiéroglyphes.
479111
4792paraît
4793«
4794être d’une seule pierre. J’ai peine à concevoir comment on a pu élever une pareille masse à une
4795« hauteur si prodigieuse. Car, autant que je puis croire
4796, nos plus habiles architectes modernes ne
4797«
4798sauraient exécuter un
4799travail
4800de ce genre. Au pied
4801de
4802la
4803pyramide
4804,
4805à
4806la lueur d’une torche
4807« nous entrâmes par un passage étroit, dans une grande chambre voûtée, dans laquelle nous vîmes
4808«
4809trois tombes
4810, qui s’élèvent du sol à la hauteur d’environ quatre pieds
4811, et dont deux sont couvertes
4812«
4813d’hiéroglyphes. De
4814là,
4815en
4816escaladant vingt-trois
4817degrés,
4818nous
4819arrivâmes dans une autre salle,
4820'< voûtée comme la première, mais un peu moins vaste. Nous y remarquâmes six niches pratiquées
4821« dans le mur, et au milieu, un siège de pierre, qui est supposé avoir soutenu une statue, dont
4822les
4823«
4824fragments sont encore dispersés au-dessus et au-dessous de cette place. Cette pyramide forme un
4825« monument d’antiquité bien remarquable,
4826et fut probablemont le tombeau de quelque personnage
4827« d’un haut rang, quoique
4828les histoires anciennes
4829et modei’nes gardent à ce
4830sujet le
4831plus profond
4832«
4833silence.
4834« Ce récit présente un problème
4835difficile à résoudre.
4836Si
4837la
4838narration du voyageur n’est
4839qu’une imposture, comment supposer qu’un homme
4840qui, sur d’autres points,
4841se montre exact
4842et
4843véridique, aura,
4844sans aucun
4845intérêt quelconque, imaginé un mensonge grossier, dont
4846la
4847fausseté
4848pouvait être facilement démontrée par quelque observateur que
4849le hasard ou l’amour de la science
4850aurait conduit en Égypte. Et,
4851d’un autre côté,
4852si un monument aussi gigantesque existe réellement
4853à quelques lieues de Suez, comment a-t-il échappé aux investigations de tant d’hommes plus ou
4854moins habiles qui, depuis cette époque, ont parcouru la même contrée.
4855(20)
4856J’ai lu
4857v_î£i.4!
4858v
4859.ôjj au lieu des mots
4860L».£ l^i
4861que présente
4862le
4863manuscrit.
p. 50
4864HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
486522
4866nemi. Au moment où
4867ils passèrent devant le Caire, on
4868fit, dans cette ville, la Khot-
4869bah au nom de Melik-Nâser, et on lui prépara des provisions de bouche
4870L»lS^i d (21)»
4871Ce prince ignorait complètement ce qui se passait;
4872il était resté campé à Kera,
4873(21) Le mot
4874se prend souvent chez les écrivains arabes, dans le sens de provisions. On
4875lit
4876dgns
4877l’ Histoire
4878cl’Égypte
4879d’Abou’lmahasen
4880(man.
4881arab.
4882661,
4883fol.
488436
4885r° )
4886:
4887glsr'b
4888C->b»Ls^l j
4889«Il leur envoya des robes d’honneur, de l’argent et des provisions. » Dans la
4890Vie de Bibars de Nowaïri (man. arab. d’Asselin,
4891fol. 4 v°)
4892: ,3
4893s
4894^1
4895«UaLJÎ
4896j d
4897yojj j
4898«Le sultan écrivit
4899« aux gouverneurs pour leur enjoindre de le recevoir avec les plus grands égards
4900, et de préparer des
4901«provisions pour
4902lui et pour les gens de sa suite, sur les chemins, depuis Damas jusqu’au Caire.
4903»
4904Dans une autre partie de l’histoire de Nowaïri (man. arabe de Leide, fol. 80 v°)
4905:
4906d jjli.
4907i.x»
4908« Schawer disposa pour lui et pour tous ceux qui l’accompagnaient des pro-
4909avisions abondantes. » Ailleurs (fol.
49101 56 v°)
4911{j* ijs\^\ oL«Ls^l d CUydî
4912«On lui
4913fournissait chaque jour, des magasins du prince, des provisions abondantes.» Plus
4914loin
4915(fol. 192 r°j
4916:
4917\
4918jjllO AjLs çj> JS" d
4919«Il lui assigna, pour chaque jour, cent
4920«pièces
4921d’or
4922et
4923des
4924provisions abondantes.» Dans
4925l’histoire de
4926Makrizi (Kitab - assolouk
4927man.
4928arab. 672, pag. 143): "ïpsliJî
4929^ ôLAsbîl) J^LCd ïüilj
4930« Kâmel partant d’Alexan-
4931«drie, avec des
4932provisions, vint à sa rencontre jusqu’au
4933Caire.» Dans un autre volume du même
4934ouvrage (man. arab. 673, fol. 94 v°)
4935: JjU-4!
4936,3
4937j^-jÙÜÎ ^
4938” On enyoya des provisions consistant en orge
4939et en farine, que
4940l’on
4941fit déposer dans
4942«les lieux de
4943station qui se
4944trouvaient sur la route de
4945la Mecque.» Enfin, dans la Description de
4946l’Égypte , du même écrivain (article de la Terre de Louk
4947, man. arab. 798 fol. 109 v0 )
4948:
4949j*
4950t
4951I
4952j
4953« 11 ordonna de les combler d’honneurs, et de leur préparer des provisions. »
4954Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. arab. de Saint-Germain des Prés, 118 bis, fol. 47 r°) :idl
4955diyj
4956^Ȕ
4957^
4958dd-ûla'iî!
4959« On lui porta des provisions de tout
4960«genre, savoir
4961tout ce qui pouvait
4962faire honneur à un homme
4963tel que lui.» Plus loin
4964(fol. 82 v°)
4965:
4966. _
4967^
4968^ j
4969J L. ^
4970JS” ^
4971wjbjlsbÜ
4972«On leur présenta des provisions de toute
4973«espèce.
4974» Et enfin (fol. 34 1 v°)
4975:
4976aJI
4977« On
4978lui porta des provisions. » Dans un passage
4979de la Vie de Mahmoud
4980écrite par Otbi (man. arab. de Ducaurroy 27,
4981fol. 39 r°), on
4982lit
4983: ^
4984J-vdj
4985j oL»LSb5î «Il leur fournit constamment des provisions, et tout ce qui pouvait flatter leurs
4986« désirs.» En marge du manuscrit se trouve cette note
4987: ^JjUI
4988^'j*
4989,
4990j.A.41 j
49913 iJî
4992U j
4993« Le mot îkâtnah est ici employé dans
4994«une signification technique.
499511 désigne les provisions destinées aux voyageurs qui arrivent dans un
4996«endroit, et
4997les aliments,
4998les boissons
4999et autres
5000objets qui peuvent leur être nécessaires pendant
5001« leur séjour. »
p. 51
5002I. MELIK- MOËZZ-AÏBEK.
5003an 648
5004(ia 5 o).
5005avec ses drapeaux
5006,
5007ses trésors et ses serviteurs. La
5008droite de l’armée syrienne
5009ayant été rompue, ainsi que nous l’avons dit, une foule de soldats tomba
5010sous
5011le fer des Égyptiens au milieu des sables; et le nombre des prisonniers dépassa
5012encore celui des morts. Toutefois, la victoire
5013se déclarait pour Nâser. Ce prince
5014resta ferme à la tête du centre
5015; et, vis-à-vis de lui, Moëzz-Aïbek conservait aussi
5016sa position. Cependant les émirs de
5017la cour de Nâser, craignant,
5018si ce prince 231
5019obtenait un avantage
5020décisif, qu’il ne
5021méditât leur perte, se concertèrent poul-
5022ie trahir,
5023et passèrent avec
5024leurs corps de troupes sous les drapeaux de Melik-
5025Moézz. Voici les noms de quelques-uns de ces transfuges
5026: l’émir Djemâl-eddin-
5027ldgodi-Azizi, l’émir Djemâl-eddin-Akous-Hosami, l’émir Bedr-eddin-Bektout-Dâ-
5028heri, l’émir
5029Soleïman-Azizi. Cette défection
5030affaiblit d’une manière
5031sensible
5032le
5033parti de Nâser
5034(22 ). Melik-Moëzz, à la tête de ses troupes, fondit sur les drapeaux
5035de Nâser, croyant y trouver ce prince. Mais
5036celui-ci, dès
5037qu’il
5038s’était vu aban-
5039donné d’une partie de ses émirs, avait quitté ses drapeaux , accompagné d’un corps
5040de troupes peu nombreux. Moëzz-Aïbek se vit trompé dans ses espérances
5041, et se
5042disposa à regagner son camp. Les Syriens, reprenant courage, se mirent à la pour-
5043suite de ce prince, lui tuèrent du monde, et enlevèrent beaucoup de butin. Les
5044émirs Betmeris, charmés de voir le sultan dans cette position critique, se pré-
5045parèrent
5046à
5047l’attaquer,
5048espérant
5049le
5050faire
5051prisonnier. Mais leurs soldats s’étaient
5052débandés pour
5053aller au pillage. Moëzz
5054fondit sur eux, et éprouva de
5055leur part
5056une vive résistance. Contraint de reculer,
5057il
5058se disposa à prendre la fuite, et à se
5059diriger vers Schaubak.
5060Cependant Nâser, revenu de sa frayeur, était rentré sous ses drapeaux, escorté
5061d’un nombre d’émirs Azizis et autres. Moëzz, accompagné de Fares-Aktaï, et d’én-
5062viron
5063trois cents Mamlouks-Bahris
5064, s’approcha de son ennemi dans l’intention
5065de
5066l’attaquer. En
5067ce moment, plusieurs des serviteurs de Nâser le trahirent
5068, et
5069allèrent
5070se réunir à Moëzz et aux Bahris.
5071Nâser, découragé par
5072cette défection,
5073prit la fuite du côté de la Syrie, n’ayant autour de lui que ses courtisans intimes
5074et
5075ses pages. Ses drapeaux tombèrent au pouvoir des Bahris, qui brisèrent ses
5076caisses et pillèrent ses trésors. Moëzz se mit en marche pour attaquer les corps
5077dont se composait l’armée de Syrie.
5078Il chargea successivement et mit en désordre
5079les bandes commandées par l’émir Schems-eddin-Loulou
5080,
5081l’émir Hosam-eddin-
5082Kaïmeri
5083,
5084l’émir Daïa-eddin-Kaïmeri, Tadj-almolouk,
5085fils de Moaddam,
5086l’émir
5087(22) Le texte porte
5088Oj !-=».; j’ai cru devoir lire_^oU!
p. 52
5089a4
5090HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
5091Schems-eddin-Hamidi, Bedr-eddin-Zerzari et autres. Moaddam-Touranschali
5092, fds
5093de
5094Salali-eddin
5095, fut fait prisonnier ainsi que son frère Nosret-eddin-Mohammed,
5096Melik-Sâleh-Emad-eddin-Ismaïl, fds
5097d’Adel, Melik-Aschraf,
5098prince
5099de Hems,
5100Melik-Zahed , l’émir Schehab-eddin-Kaïmeri
5101(23), l’émir Hosam-eddin-Tarantaï-
5102Azizi, l’émir Daïa-eddin-Kaïmeri
5103; l’émir Scbems-eddin-Loulou
5104, chef du gouver-
5105nement de la province d’Alep, les principaux personnages de cette même province,
5106et une foule d’autres personnes. Parmi les morts, on distinguait les émirs Schems-
5107eddin-Hamidi, et Bedr-eddin-Zerzari.
5108L’émir Hosam-eddin-abou-Ali-Hadhbeni commandait l’aile gauche des troupes
5109égyptiennes. Au moment où cette partie de l’armée fut rompue et complètement
5110défaite, les soldats de l’émir se débandèrent. Lui-même tomba de cheval, et cou-
5111*232
5112rait risque d’être pris,
5113s’il ne s’était trouvé auprès de lui des personnes qui l’aidè-
5114rent à remonter à cheval
5115;
5116il alla rejoindre Melik-Moëzz. Ce prince ayant prononcé
5117une sentence de mort contre l’émir Scbems-eddin-Loulou
5118, mille épées se levè-
5119rent contre ce général et le mirent en pièces.
5120L’éfnir Daïa-eddin-Kaïmeri eut la
5121tête
5122tranchée. On amena Melik-Sàleh-Ismaïl
5123, qui était à cheval. Melik-Moëzz le
5124salua, le
5125fit placer à ses côtés, et dit à l’émir Hosam-eddin-abou-Ali
5126: « Pourquoi
5127«ne salues-tu pas ton maître Melik-Sâleli ? » L’émir,
5128s’approchant, embrassa
5129le
5130prince et le
5131salua. Melik-Moaddam
5132sortit accompagné de son fils Tadj-almolouk.
5133Le schérif reçut un coup' violent sur le visage. On voulait le massacrer; mais on
5134finit par lui
5135faire grâce. Les
5136troupes de Syrie, complètement débandées, mar-
5137chèrent durant
5138trois jours
5139au
5140travers
5141des sables. Melik-Nâser prit
5142la route de
5143Damas, accompagné
5144de
5145Naufal-Zobaïdi
5146et
5147d’Ali-Saadi.
5148Quant à
5149la partie
5150de
5151l’armée syrienne qui avait battu
5152l’aile gauche des Égyptiens, étant arrivée près
5153d’Abbaseh, elle campa en cet endroit, et y dressa la tente destinée pour le sultan.
5154On distinguait dans cette troupe, parmi un grand nombre d’émirs de
5155la cour de
5156(a 3 ) Les membres de la famille carde Kaïmerieh
5157î, qui habitaient Damas, et qui tiraient sans
5158doute leur nom d’un chef appelé Kaïiner, sont souvent indiqués dans VHistoire d’Egypte
5159, et désignés
5160comme des personnages
5161d’un rang distingué.
5162Suivant le témoignage de Nowaïri
5163( man. de
5164Leide
516526
5166e partie,
5167fol. 186 v°), Melik-Sàleh-Nedjm-eddin-Aïoub, dans
5168les derniers avis
5169qu’il donna à son
5170fils, lui recommanda les Kaïmeris comme des êtres sur la
5171fidélité desquels
5172il pouvait compter plei-
5173nement. Le même écrivain (fol. 187 r°) fait mention de Daïa-eddin-Kaïmeri, et Seïf-eddin-Kaïmeri.
5174Plus bas
5175(fol. 190
5176r°)
5177il parle des émirs Kaïmeris
5178de l’émir Sârem-eddin-Kaïmeri,
5179et de Nâser-eddin-Kaïmeri
5180(ibid.
5181v°). Dans
5182le Mcinhel-scifi. d’Abou’lmahasen (lom.
5183IV, man. 750,
5184fol. 146 v°)
5185il est
5186fait mention de Nâser-eddin-ebn-Kaïmeri.
5187Il ne faut pas confondre cette famille
5188avec celle de Kaïmâz
5189, dont je parlerai ailleurs.
p. 53
5190an
5191648
5192(i 25 o).
5193I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
5194s 5
5195Nâser, l’émir Djemâl-eddin-Bën-lagmour, vice-roi de Damas, LhLJî
5196,
5197olj. Tous
5198ces officiers étaient convaincus que la puissance des Égyptiens se trouvait complè-
5199tement anéantie, qu’ils allaient voir Melik-Nâser, et qu’ils accompagneraient ce
5200prince lorsqu’il ferait son entrée au Caire. Tandis qu’ils se livraient à ces illusions,
5201ils reçurent
5202la nouvelle que Nâser
5203avait pris
5204la
5205fuite, que les émirs avaient été
5206massacrés, et que des princes
5207et autres personnages importants étaient tombés
5208au pouvoir de l’ennemi. Quelques-uns d’entre eux-
5209(
52102 4) proposèrent de marcher
5211sur le Caire, et de s’emparer de cette ville. D’autres furent d’avis de reprendre la
5212route de la Syrie, et cette opinion finit par réunir tous les suffrages.
5213Cependant celles des troupes égyptiennes qui avaient été mises en déroute au
5214commencement du combat, étaient arrivées au
5215Caire le lendemain, vendredi
5216onzième jour du
5217mois. Les habitants, en voyant les fuyards, ne doutèrent pas
5218que la victoire ne se fût complètement décidée en faveur de Melik-Nâser, et que
5219les Mamlouks-Bahris ne
5220fussent perdus sans
5221ressource. Dans le château de
5222la
5223Montagne se trouvaient alors plusieurs personnages importants, renfermés dans
5224un cachot. C’étaient l’émir Nâser-eddin-ismaïl-Ben-Iagmour, qui avait été Xoslâdâr
5225jbb.wî
5226(2 5)
5227(le majordome) de Melik-Sâleh-Ismaïl ; Amin-eddaulah-Aboul’hasan-
5228(24) Le texte porte
5229:
5230LbLL ^3 ^
5231; je lis
5232:
5233.
5234.
5235.
5236ïijLh ^
52379
5238.
5239£
5240£
5241£
5242(25) Le mot ostâdâr ou ostâd-dârj
5243t jJ î .îljLj, oUjbûbUvî, oujbb-d, oujîXûJ, qui signifie
5244grand-maître de la maison , majordome
5245,
5246est dérivé du mot persan ostâd
5247,
5248maître , homme
5249habile
5250, qui se rencontre déjà dans le Schah-nâmeh, où on
5251lit (tom.
5252I, pag. 3 oo)
5253:
5254m*—Cj
5255^yùjb^
5256^
5257** — .w
5258«Ta tête n’a point été mûrie par l’expérience.
5259»
5260Ce mot a passé dans la langue arabe. Tebrizi, dans son commentaire sur les poésies de Motanebbi
5261(man. arab.
52621481,
5263fol. 11 v°), remarque avec raison que le mot ûbûd est d’origine étrangère, qu’il
5264signifiait dans l’origine un artisan habile : il ajoute que, de son temps
5265, on l’employait aussi pour dé-
5266signer un eunuque. Le grade à'ostâdâr ou ostâd-dâr existait chez tous
5267les monarques de
52681 Orient.
5269On
5270lit dans la Vie du sultan Djeldl-eddin-Mankberni,
5271écrite par Mohammed-Nisawi, les détails sui-
5272vants (man. arabe 849,
5273fol. 242)
5274: «Chez
5275les princes du Khawârizm,
5276l’ostâd-dâr recevait, en
5277di-
5278« verses espèces
5279de fonds,
5280soit
5281en
5282argent
5283tiré du
5284trésor,
5285soit en
5286assignation
5287sur
5288les
5289différentes
5290«provinces, une somme
5291fixe, qui
5292était répartie et distribuée par lui, pour
5293la dépense de
5294la bou-
5295«langerie, des
5296cuisines,
5297des écuries, les gages
5298et
5299les pensions des
5300serviteurs du prince
5301‘ÿ~
5302, bxd|
5303«et autres objets au moyen de cédules
5304revêtues de toutes les signatures. 11 devait en effet
5305«prendre celles du vizir, du moustaoufi (trésorier), de l’intendant
5306de l’inspecteur, de l’officier
5307«chargé du recensement des troupes
5308et des
5309substituts
5310de ces
5311dignitaires;
5312ce
5313qui formait
5314« en tout douze signatures. Ces formalités étaient nécessaires
5315pour ce qui concernait
5316les serviteurs
5317(< du prince, mais non pas pour ce qui avait rapport aux dépenses du palais.» Suivant l’auteur du
5318I.
53194
p. 54
5320HISTOIRE DES SULTANS M A M LOUKS.
532126
5322Ben-Gazal,
5323le médecin, surnommé Sarneri
5324(le Samaritain),
5325autrefois
5326vizir du
5327même Melik-Sâleh
5328;
5329l’émir Seïf-eddin-Kaïmâzi (26),
5330et
5331d’autres
5332encore. Tous
5333Mesalck-alabsar (man.
5334588,
5335fol.
5336179
5337r°et
5338v°),
5339et Makrizi
5340(man.
5341arab.
5342798,
5343fol. 193 r°):«Chez
5344« les sultans mamlouks de l’Égypte,
5345l'ostâddr ou oslâddr suprême LJUJ \j bUwt avait la surintendance
5346«de tous
5347les
5348palais,
5349réglait tout ce
5350qui avait rapport à la cuisine, aux boissons, aux
5351serviteurs,
5352« aux pages.
535311 marchait à la suite du sultan
5354, dans scs voyages et dans ses courses.
5355Il avait sous sa dé-
5356« pendance les pages
5357et le portier du prince. Il exerçait aussi sa juridiction sur les djaschenkirs,
5358«quoique
5359le chef de
5360ces derniers eût un rang
5361égal au
5362sien,
5363et fût, comme
5364lui, commandant de
5365«deux cents hommes.
536611 avait tout pouvoir, une pleine autorité, pour réclamer l’argent, les vête-
5367« ments, et autres objets qui étaient nécessaires pour les personnes attachées aux palais. Tel fut le
5368«rang de Yostâddr jusqu’au règne du sultan Dâher-Barkok. A cette époque
5369ce prince ayant choisi
5370«pour
5371ostâddr l’émir Djemâl-eddin-Mahmoud-ben-Ali
5372, joignit à
5373ses
5374attributions
5375l’administration
5376« des finances de l’empire , et réunit sous sa juridiction ce qui constituait les charges du vizir et de l’ins-
5377«pecleur du domaine particulier
5378Ces deux dignitaires devaient se rendre auprès de lui
5379“ et n’agir que d’après ses avis. Les fonctions d'ostâddr acquirent alors une haute importance. Cet
5380«officier fut absolument ce qu’avait été
5381le vizir du temps des khalifes. Surtout si l’on se rappelle la
5382,, position de l’émir Djemâl-eddin-Iousouf, qui exerça la charge &ostâddr sous le règne de Nâser-Feredj,
5383“fils de Barkok, on reconnaîtra
5384qu’il avait toute l’autorité d’un grand vizir, puisqu’il commandait
5385« avec un plein pouvoir, et exerçait sa juridiction sur toutes les branches de l’administration. Aujour-
5386« d’hui, ajoute Makrizi, tous ceux qui
5387sont revêtus de
5388cette dignité jouissent des mêmes préroga-
5389« tives. » Je dois faire observer que , dans ce récit, tout ce qui concerne les attributions de Yostddâr,
5390à l’exception des
5391faits qui ont rapport au sultan Barkok, appartient à l’auteur du Mesalck-alabsar,
5392que Makrizi copie sans changer un seul mot. Khalil-Dâheri s’exprime en ces termes (man. arab. 6g5,
5393fol. 220 r° et v°)
5394: «L'ostâddr suprême LJlxJljtaLkot a sous sa juridiction tous
5395les cantons dévolus
5396« au trésor particulier du sultan
5397, et dont les revenus sont destinés à payer la solde des Mamlouks du
5398«prince;
5399et,
5400dans
5401la plupart
5402des
5403provinces,
5404il
5405exerce des
5406droits de plusieurs
5407genres. Autrefois,
5408«la charge
5409à'ostâddr
5410était environnée de
5411la plus grande pompe;
5412et un de ces dignitaires ayant été
5413« arrêté et soumis à une enquête, sur ce qui concernait l’emploi des revenus dont
5414il avait le maniement,
5415«on lui fit restituer une somme de 5oo,croo pièces d’or, sans compter les meubles et autres objets.»
5416Suivant l’auteur de l’ouvrage
5417intitulé Inscha (man.
5418arab.
5419i 573,
5420fol.
5421126 r°
5422et v°), «le mot istedâr
5423«
5424est composé de deux termes persans
5425: l’un, isted
5426,
5427signifie l’action de prendre ickbM
5428;
5429«l’autre, dar j\ï
5430, désigne celui qui tient
5431En sorte que le mot entier
5432doit se traduire par
5433« celui qui
5434est préposé à
5435la perception de l'argent, JU!
5436^[^4! (lisez
5437wVà.^5). En effet, cet
5438«officier est chargé de la perception des revenus de l’État. Ce mot se présente aussi sous la forme
5439« sitiddr
54401
54411 JO-,
5442; quelques écrivains ont, par erreur, ajouté un élif au commencement du mot, et un
5443«autre après le ta, de manière qu’ils prononcent ostâd-addâr j
5444î jJ
5445I
5446, ou ostdd-ddrj
54471 3 .ilXw!,
5448« parce qu’ils supposent que le mot^ Î3 désigne une habitation, et que ostdd répond à seul
5449maître,
5450« seigneur.» L’auteur ajoute :« Celui qui exerce ces fonctions
5451est un chef
5452qui a sous
5453lui
5454des
5455« subordonnés ^Lo'l, choisis parmi les émirs de Tabl-khanah, et de dix. Les uns ont l’inspection sur
5456«les vivres, d’autres sur les propriétés territoriales
5457d’autres, enfin, sur les objets vendus
p. 55
5458I. MELIK-MOEZZ-ÀIBEK.
545927
5460AN 648
5461(l 25 o).
5462étaient prisonniers depuis le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. Lorsqu’ils
5463eurent appris la nouvelle qui venait de se répandre,
5464ils sortirent de leur cachot,
5465«ou achetés. Leur chef est distingué par
5466le
5467titre à'Istedâr suprême aJ!x3
5468I jljLl. Lorsque Dâher-
5469«Barkok parvint à la dignité de sultan, ce prince ayant acheté un grand nombre de Mandouks, créa
5470«pour eux un bureau auquel
5471il affecta des cantons, dont le revenu devait être employé pour
5472la solde
5473«et la provision
5474d’orge attribuées à ces Mamlouks. Ce bureau reçut
5475le nom de bureau particulier
5476et fut mis sous la juridiction de Ylstedâr suprême. On y joignit aussi l’inspection sur
5477«les vivres, les propriétés territoriales et autres objets, ainsi que les gages des serviteurs du pri nce
5478«Sous le règne de Nâser-Feredj, on joignit à
5479ses attributions
5480le gouvernement de la partie septen-
5481trionale
5482de
5483l’Égypte
5484aol-o
5485avec
5486tous
5487les
5488fiefs
5489qu’elle contient;
5490il
5491a un
5492associé
5493«
5494choisi parmi' les gens de loi
5495un inspecteur qui, conjointement avec
5496lui, sur-
5497« veille l’emploi des fonds et des récoltes
5498, et des serviteurs pris parmi les moubaschers (intendants)
5499«qui gardent l’argent. Le diplôme d’investiture conféré à ce fonctionnaire est écrit sur un papier qui
5500«a
5501les deux
5502tiers d’une feuille.» Le mot ostâdâr ou ostâd-ddr fait, au pluriel, oslâdâriah ï-qtaLk-l
5503ou ostdd-dâriah. On lit dans la Fie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain 118
5504bis, fol. 246 v°)
5505J!
5506«Il ordonna aux ostâddârs. » L’auteur du Inscha nous fait connaître un autre
5507ostâdâr, attaché également au service du sultan
5508,
5509et qu’il
5510désigne par le nom de ostâdâr-assohbah
5511tabkvî (l’ostâdàr de la société), et dont il décrit ainsi les attributions (man. 1578, fol. 128 r°)
5512:
5513«C’est lui qui préside à la confection des ragoûts
5514qui demande au vizir
5515«ce qui est nécessaire pour la table
5516:
5517il a sous sa juridiction les
5518chefs de
5519la cuisine
5520I
5521«leurs aides, leurs garçons
5522, et les ustensiles de leur profession. C’estlui qui se concerte avec le prince
5523«pour tout ce qui a rapport aux mets. Le plus souvent il a avec lui un intendant
5524y
5525qui surveille
5526« les cuisiniers. » Il y avait aussi des ostâdârs attachés au service des grands personnages de l’État.
5527On désignait par le mot ostâdâriah Ljbbk*!
5528, ou ostâdiât-addârj LO! à-OÜkJ
5529, la charge de
5530tâdâr. On
5531lit dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab.
5532661,
5533fol. iov°, 11
5534r°)
5535: «Sous
5536«l’année
5537535
5538de l’hégire (ii4o de
5539J.
5540C.)
5541,
5542le
5543khalife abasside Mouktafi - billah
5544fit
5545passer, de
5546la
5547« charge d’ostâdâr à celle de vizir, Modaffar-Ben-Mohammed. » Et l’écrivain ajoute: «C’est la première
5548«fois qu’il est
5549fait mention du titre d'ostâdâr. » Le même auteur, dans
5550le Manhel-safi
5551(t.
5552IV, man.
5553arab.
5554y 5 o,
5555fol. 6 v°)
5556parle d’un personnage qui remplit les fonctions üostâdâr
5557jJLh
5558, et
5559plus bas (fol. 39 r°)
5560:
5561« Il le nomma ostâdâr. » Dans YHistoire de Noradin et de Sa -
5562ladin (man. arab. 707 A, fol. io 5 v°), on
5563lit
5564: ïj)jx)
5565î ^ ! »>J ! loLkJ
5566« La surintendance du palais au-
5567«guste. » Je dois avertir, en finissant, que les détails grammaticaux donnés par l’auteur du Inscha ,
5568me paraissent peu exacts, et je crois qu’il vaut mieux regarder le mot ostâdâr comme formé d’une
5569manière irrégulière, par la réunion du mot persan ostâd (maître), et du terme arabe clârj b (maison).
5570(26) La famille de Kaïmâzj
5571établie à Damas, est souvent nommée dans YHistoire de l’Êgypte
5572et de la Syrie. L’écrivain Imad-eddin-Isfahâni
5573fait mention de l’émir Sârem-eddin Kaïmâz-Nedjmi
5574(man. arab. 714, fol. 120 r°,
55751.42 r°, 189 v°, 192 v°, 209 r°, 245 r“, 265 r°). On
5576lit dans l’histoire de
5577Nowaïri (26
5578e
5579partie,
5580fol. 168
5581r°) que le sultan Melik-Aschraf avait acheté
5582la maison de Kaïmâz-
5583Nedjmi. Abou’lmahâsen
5584(Manhel-safi, tom. IV, man. arab. 750,
5585foi. 114 r°) parle d’un collège situe à
5586Damas, et appelé Kaimâziak
5587Dans Y Histoire d'Égypte, du même, écrivain (man. arab. 661,
55884
5589-
p. 56
5590•28
5591HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
5592et firent éclater leur joie et leur
5593satisfaction.
5594Ils voulaient s’emparer de la cita-
5595delle; mais l’émir Seïf-eddin-Kaïmâzi refusa de les seconder, et les abandonna. Il
5596alla se placer à la porte de la maison de Moëzz-Aïbek, attendu que sa famille s’y trou-
5597vait renfermée.
5598Il défendit cette maison et força le peuple à se retirer, sans y avoir
5599fait aucun
5600dégât. Le reste de la population proclama la victoire de Nâser. On
5601fit la
5602prière au nom de
5603ce prince, dans le château de la Montagne, à Fostat, et dans
5604toutes
5605les
5606villes où
5607s’était répandue la nouvelle de ses succès. Dans la principale
5608mosquée du
5609Caire
5610se
5611trouvait le scheïkh Izz-eddin,
5612fils d’Abd-asselam ;
5613il
5614se
5615leva sur ses pieds, prononça deux sermons
5616(
5617L: ) très-courts, et
5618fit la prière du
5619vendredi;
5620d’autres
5621firent celle de midi. A peine
5622l’office
5623était-il terminé, que
5624l’on reçut des nouvelles authentiques qui annonçaient la victoire de Melik-Moézz,
5625et
5626la
5627fuite
5628de
5629Nâser.
5630Les
5631tambours furent
5632frappés en
5633signe de
5634réjouissance.
5635Bientôt après, on vit arriver un détachement qui amenait Nosret-eddin
5636, fils du
5637sultan Salâh-eddin-Iousouf, et le renferma dans le château de la Montagne. On
5638arrêta TNâser-eddin-Ben-Iagmour, l’ancien vizir Amin-eddaulali et leurs compa-
5639gnons, et on
5640les
5641fît rentrer dans leur cachot. A
5642la fin du jour, on proclama au
5643Caire et à Fostat un ordre de décorer ces deux villes.
5644Cependant Melik-Moëzz
5645, après avoir, ainsi que je l’ai rapporté, fait mettre à
5646mort plusieurs émirs (27), se dirigea vers la ville d’Abbaseh. Mais, ayant aperçu
5647la tente de Melik-Nâser,
5648il conçut des inquiétudes, et prit la route d’Alâkimeh
56491 (28) pour se rendre à Belbeïs, s’imaginant qu’une révolution avait éclaté au
5650Caire. La nouvelle de sa marche étant parvenue à ceux qui se trouvèrent dans la
5651tente,
5652ils la renversèrent durant la nuit, et partirent pour la Syrie. Melik-Moëzz
5653apprit cet événement tandis qu’il était campé à Belbeïs; aussitôt, délivré de toute
5654crainte,
5655il se remit en marche, et
5656prit le chemin du Caire. Il fit son entrée dans
5657cette ville le samedi, douzième jour du mois Dhou’lkadah.On conduisait devant
5658lui, avec les prisonniers
5659, leurs drapeaux renversés, leurs tambours crevés
5660, leurs
5661chevaux et toutes leurs richesses. Le sultan étant arrivé dans l’espace qui règne
5662entre les deux palais, les Mamlouks s’exercèrent à jouer de la lance et se livrèrent
5663des combats simulés. Moëzz suivait le cortège, ayant à ses côtés l’émir Hosam-
5664fol. 24 r°), sous le règne du khalife Faïz,
5665il est
5666fait mention de Tadj-almolouk-Kaïtncâz, qui était un
5667des principaux émirs du royaume.
5668(27) Le texte porte:
5669JLS ^y> tjsS çS&j
5670; j’ai lu
5671:
5672(28) On peut voir, sur ce lieu, Makrizi (man. 797, fol. 144 r°, 293 v°), et Relation cle l'Ègypte
5673,
5674par Abd-allatif (pag. 606).
p. 57
5675I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
5676an 648
5677(ia 5 o).
567829
5679eddin-abou-Ali , et devant lui Melik-Sâleh-Ismaïl
5680, qui était gardé à vue. Lorsque
5681l’on
5682fut arrivé devant le tombeau de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin
5683,
5684les Mamlouks-
5685Bahris entourèrent Sâleh-Ismaïl, et
5686s’écrièrent
5687: « O seigneur, où sont tes yeux ?
5688« Tu vois ton ennemi Ismaïl. » De
5689là on
5690se rendit au château de
5691la Montagne;
5692Sâleh-Ismaïl y fut mis en prison, ainsi que les autres princes
5693, et les prisonniers
5694syriens furent jetés dans des cachots. Au moment où Melik-Moëzz
5695entrait dans
5696la forteresse
5697, Melik-Aschraf-Mousâ vint à sa rencontre, et le félicita de sa victoire.
5698L’émir Fâres-eddin-Aktai, s’adressant à Melik-Aschraf, lui dit
5699:
5700« Tout ce qui est
5701« arrivé est une suite de votre bonne fortune, et nous n’avons eu en vue que l’affer-
5702« missementde votre règne. » Il désirait la conservation d’Aschraf, dans la crainte
5703que Moëzz ne régnât seul avec une autorité absolue. Cette journée fut une des
5704plus marquantes qu’aient offertes l’bistoiredu Caire. Celte ville, Fostat, le château
5705de la Montagne et celui de
5706l’île de Raudah, furent décorés (29) durant plusieurs
5707jours.
5708(29) Le verbe ^j qui se trouve souvent chez notre auteur, signifie
5709: Décorer une ville de tapis,
5710d'ornements
5711de
5712tout genre ,
5713et de
5714tout
5715ce
5716qui annonce
5717des réjouissances
5718publiques. On
5719lit dans
5720l’histoire de Nowaïri (26
5721e partie, man. arab. de Leide', fol. 5 i
5722r°)
5723: SjæUÜ
5724! j
5725Au rapport
5726d’Ebn-Aïas (man. arab. 5 g 5 A,
5727t. II,
5728fol. 25 o r“ et v°), lorsque Soliman
5729II monta sur le trône des
5730Ottomans,
5731la
5732ville du Caire
5733fut, durant
5734trois jours,
5735le
5736théâtre
5737des
5738fêtes
5739et
5740des divertissements
5741Dans l’histoire
5742d’Ahmed- Askalâni
5743(t.
5744II, man.
5745arab. 6 Sq,
5746fol. 5
5747r°) on
5748lit
5749: jJUt l^oj
5750;
5751et
5752ailleurs
5753(fol.
5754r°)
5755:
5756ïy&lïM. Nous lisons dans
5757le même ouvrage (fol. 2Ôo r°), que des am-
5758bassadeurs de Schah-rokh étant arrivés à la cour d’Égypte,
5759l’an 844 de l’hégire (1440 de
5760J.
5761C.),
5762la
5763ville du Caire fut, à cette occasion
5764, le théâtre de réjouissances qui régnaient dans toutes les rues, avec
5765un degré de magnificence supérieure à celle que l’on déployait au moment du départ du voile destiné
5766pour la Mecque. Les fêtes devaient durer un mois et plus, mais
5767, tout à coup
5768, le sultan les fit cesser.
5769Au rapport d’Abou’lmahâsen [Manhel-safi, tom. IV, fol. 85 v°), à l’époque de la convalescence d’Abd-
5770alkerim, surnommé Kerim-eddin
5771le Grand,
5772la
5773ville du Caire
5774fut décorée comme pour une
5775fête
5776VjJsUJ!
5777. Et le mot Zinah
5778désigne les fêtes de toute espèce qui ont lieu dans les occasions
5779solennelles. Ce
5780terme
5781a
5782été plus ou moins
5783altéré par les voyageurs modernes. Shaw
5784écrit Zcenah
5785( Voyages en plusieurs provinces de la Barbarie, pag. 35 2); Bremond
5786( Viaggi nell’ Egitto, pag. 252 ),
5787Aizine, et ailleurs (pag. 84) Eizine ; Coppin [Bouclier de FEurope, pag. 210), Ezine; Vansleb
5788(Rela-
5789tion de l’Egypte, pag. 335 ), Ziné; Thevenot
5790( Voyages du Levant, tom. III, pag. 119), Zinéh.
5791Ce mot, sous la forme
5792a passé dans la langue turque. On
5793lit dans YHistoire de la Conquête
5794de FÉgypte (édit, de Constantinople,
5795fol. 44 v°)
5796:
5797jjA"
5798•
5799•
5800•
5801•
5802«Le sultan Sélim ordonna de décorer
5803la ville et
5804les bazars. »
580511 existe en persan un mot
5806qui, pour la signification
5807, a les plus grands rapports avec celui de Zinah ÜLoj, je veux dire Azin
5808t.
5809On
5810lit dans le Schah-nâmeh (tom. I, pag. 283, édit, de Calcutta)
5811: C
5812<jj
5813^..0
58141
5815lj
5816« On para toute la ville d’un bout à l’autre. » Dans
58171 e Habib-assiiar (tom.
5818III,
5819fol. 346 v°)
5820:
p. 58
58213o
5822HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
5823Le lundi, quatorzième jour de ce mois, l’émir Nâser-eddin-Ismaïl-Ben-Iagmour,
5824qui avait été ostâdâr (majordome) de Sâleh-Ismaïl , Bekdjesa, prince du Kbawa-
5825rizm, Amin-eddaulah-Abou’lbasan
5826, le Samaritain, ancien vizir, furent étranglés à
5827la porte du cbâleau de
5828la Montagne, ainsi que Moudjir-Ben-Hamdan
5829, l’un des
5830234
5831habitants de Damas. On trouva chez Amin-eddaulab
5832, en argent, objets précieux
5833et pierreries, des richesses considérables, telles quelles n existent ordinairement
5834que chez les
5835khalifes. Ce que
5836l’on découvrit, sans compter ce qui était déposé
5837dans des mains
5838sûres
5839, s’élevait
5840à une
5841valeur de
58423,000,000 de
5843pièces
5844d’or. La
5845bibliothèque
5846renfermait dix mille volumes
5847,
5848tous
5849remarquables comme chefs-
5850d’œuvre de calligraphie
5851, et des ouvrages d’un grand prix.
5852Le dimanche, vingt-septième jour du mois de Dhou’Jkadah, on
5853fit mettre à
5854mort, dans le château de la Montagne, Melik-Sâleh-Imad-eddin-Ismaïl, fils de Melik-
5855Adel
5856et petit-fils d’Aïoub.
585711 était âgé d’environ cinquante ans. L’historien Ebn-
5858Wâsel rapporte, à
5859cette occasion, un
5860fait qui offre, comme
5861il
5862le dit, le rappro-
5863chement le
5864plus étrange. Melik-Djewâd-Maudoud
5865étant
5866détenu en
5867prison par
5868ordre de Melik-Sâleh-lsmad, celui-ci envoya des émissaires qui
5869étranglèrent le
5870prince, puis le laissèrent, croyant qu’il était mort; mais
5871il ne tarda pas à reprendre
5872l’usage de ses sens. Une femme l’ayant vu en cet état, avertit les bourreaux, qui
5873revinrent sur leurs pas
5874et
5875étranglèrent, de nouveau Maudoud
5876, jusqu’à ce qu’il
5877expira. Or, dans
5878la nuit indiquée ci-dessus, Melik-Sâleh-lsmaïl fut conduit hors
5879du château
5880par ordre de Moëzz-Aïbek.
5881Les
5882émissaires
5883chargés
5884de l’exécution
5885portaient une
5886lumière
5887qu’ils éteignirent: après quoi
5888ils étranglèrent le prince,
5889et se retirèrent
5890, pensant qu’il était expiré. Au bout de quelque temps
5891il revint
5892à
5893lui; mais une femme
5894qui
5895l’aperçut avertit
5896les exécuteurs, qui,
5897rebroussant
5898chemin
5899, l’étranglèrent une seconde fois, et ne le quittèrent pas qu’il ne fût mort.
590011 fut enterré dans le même endroit.
5901Il avait eu pour mère une femme grecque.
5902C’était un prince plein de fierté, de courage et de mérite, qui était universelle-
5903ment obéi
5904, et jouissait de la plus haute considération.
5905Le vingt-huitième jour de ce mois, Melik-Moëzz renvoyaàDamas tous ceux de
5906l’armée de Nâser qui avaient pénétré dans la ville du Caire. Ils étaient au nombre
5907d’environ
5908trois mille. On
5909les
5910fit monter sur des ânes, eux
5911et leurs serviteurs.
5912I ïj)
5913“ Ees habitants de la ville s’occupèrent à la décorer. » Et plus
5914bas
5915(fol. 347 v°)
5916: AL:.~o ^ol
5917«On décora toutes les boutiques et le bazar.
5918>>
p. 59
5919I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
59203i
5921AN 648
5922(l25o).
5923Il n’y en eut que six environ qui obtinrent le privilège de faire la route à cheval.
5924Cette même année, Melik-Nâser reçut de
5925la part du kan
5926, roi des
5927Tatars, un
5928écrit qui contenait ( 3o) une formule d’amnistie;
5929il le portait habituellement dans
5930sa
5931ceinture
5932(3i).
5933Il envoya au monarque mongol des
5934présents
5935considérables.
5936Lorsque Houlagou
5937entreprit
5938son expédition
5939et opéra ses brillantes conquêtes,
5940Nâser eut
5941l’air de négliger ce prince et ne lui adressa aucun don. Cette conduite
5942blessa vivement le souverain mongol, qui ne manquait pas, en toute occasion,
5943de blâmer avec amertume
5944le
5945retard que mettait Nâser
5946à
5947lui envoyer, suivant
5948l’usage, des présents et des objets de prix.
5949Cependant les Mamlouks commettaient en Égypte
5950de nombreux désordres.
5951Ils attaquaient les habitants, les égorgeaient, pillaient leurs richesses, enlevaient
5952les femmes. Ils
5953se portèrent à des excès
5954tels, que
5955les Francs,
5956s’ils avaient été
5957maîtres du pays, n’en auraient pas fait autant.
5958Le vingt-septième jour du mois de Dhou’lhidjdjah
5959,
5960l’émir Fâres-eddin-Aktaï
5961partit du
5962Caire à la tête de trois mille hommes
5963,
5964se dirigeant vers Gazah
5965,
5966et se
5967rendit maître de
5968cette ville.
5969Le dimanche, quatrième jour du mois de Redjeb, correspondant au cinquième
5970jour de Babeli (Paophi) de l’an 967 (32 )del’ère des martyrs (i 25 i de J. C.), Athanase,
5971( 3 0) Le texte porte
5972:
5973; je
5974lis
5975: L*çi>.
5976(3 1)
5977Le texte porte
5978: <CU= La.
5979Le mot L^La.
5980, qui fait au pluriel ^dja., désigne une ceinture.
5981On
5982lit dans la Description de l’Egypte, de Makrizi
5983(article des marchés, man. arab. 798,
5984fol. 93 r»)
5985:
5986pjwXàd
5987LaioLilj
5988t _ jjr*)
5989î
5990^jàdjad! « On entend par le mot ^djsdî ce que
5991i’on nommait
5992«jadis iüiaL» (ceinture). » Dans
5993l’ouvrage
5994intitulé
5995Mesalek-alabsar (man. 583 ,
5996fol.
5997i 85 v°), on lit
5998:
5999v
6000!u«La. «Une ceinture
6001d’or. « Ailleurs
6002(fol.
6003167 v°)
6004:
6005JÜ-I
6006I
6007(j^d_»a.
6008Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. arab. 798,
6009fol.
6010188 v°)
6011:
6012(jüd_?a
6013SsU
6014!
6015«Les
6016émirs commandants portaient des
6017ceintures
6018d’or.»
6019Khalil-Dâheri (man.
6020arab.
6021695,
6022fol. 248 r°) indique, parmi les objets précieux que renfermait
6023le trésor du sultan,
6024v
6025^d^a.
6026«des
6027ceintures
6028d’or.»
6029Makrizi,
6030parlant
6031des
6032Mamlouks,
6033dit (man.
6034arab.
6035798,
6036fol.
6037189
6038r°)
6039: jjbw
6040^
6041j 'Lâs
6042«Leurs ceintures, pour la plupart, sont
6043« d’argent: quelques-uns les faisaient faire en or. » On lit dans
6044l'Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
6045(tom. II
6046, man. arab. 657,
6047fol. 117 r°)
6048: ^d^ad!
6049,J, ïjWd
6050^
6051«Il gagnait sa vie en
6052« faisantle commei’ce de ceintures. » Et ailleurs (fol. 127 r°)
6053: ^jod^a
6054^Jla-j jjlo
6055« On
6056«voyait sur leurs reins, des portraits d’hommes disposés en forme de
6057ceintures.» Le mot
6058désignait un vendeur de ceintures (Makrizi, (man. 798, fol. 93 r°).
6059(32)
6060J’ai suppléé le nombre
6061, qui manque dans
6062le manuscrit.
p. 60
6063HISTOIRE DES SULTANS MÀMLOUKS.
60643 2
6065fils de Kaïs-Abou’lmakârem, fut nommé patriarche, et remplit ces fonctions l’espace
6066de onze années et cinquante-cinq jours. 11 mourut le dimanche premier jour de
6067235
6068Koïhak,
6069l’an
6070978 de
6071l’ère des
6072martyrs, correspondant au troisième jour de
6073Moliarram, de l’an 660 de l’hégire (1261
6074de
6075J.
6076C.). Après son décès,
6077le
6078trône
6079patriarcal resta vacant l’espace de trente-cinq jours.
6080Cette même année l’empereur, roi des Francs d’Allemagne, mourut en Sicile (33 ),
6081et eut son
6082fils pour successeur. A cette époque, Nâser-Iousouf régnait à Damas
6083,
6084ayant
6085sous
6086sa domination
6087la Syrie
6088et
6089l’Orient. L’Égypte était soumise à Melik-
6090Moëzz-Izz-eddin-Aïbek, et la prière se faisait conjointement au nom de ce prince
6091et au nom de Melik-Aschraf-Mousâ. L’administration des affaires était
6092, en grande
6093partie, confiée
6094à
6095trois émirs d’entre les Mamlouks-Bahris
6096, savoir: Fâres-eddin-
6097Aktaï, Rokn-eddin-Bihars-Bondokdari
6098, et Seïf-eddin-Belban-Reschidi.
6099Cette année vit mourir, entre autres personnages distingués, Melik-Moaddam-
6100Gaïath-eddin-Touranschah, qui était fils de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin, et fut égorgé
6101le
6102lundi
6103,
6104vingt-neuvième
6105jour
6106de Moharram
6107;
6108l’émir
6109Schems-eddin-Loulou-
6110Amini (34), général des troupes d’Alep, qui périt également du dernier supplice, le
6111jeudi dixième jour deDhou’lkadah; Reschid-eddin-Abou-Moliammed-Abd-alwahab-
6112Ben-Taber, de la ville d’Alexandrie et de la secte de Malek, qui n’était âgé que de
6113quarante-neufans (35 ); le Hujïd Schems-eddin-Abou’lhadjadj-lousouf-Ben-Khalil,
6114de la ville de Damas, mourut à Alep
6115, à l’âge de quatre-vingt-treize ans
6116(36 ).
6117—77-
6118L’émir Fâres-eddin-Aktaï s’empara du Sahel (la Phénicie)
6119, de la ville de Nabolos
6120649 (Naplouse),
6121et poussa ses conquêtes jusqu’au Schariah
6122(37). Ensuite,
6123il
6124(33 ) L’empereur Frédéric II mourut cette année, non pas en Sicile, mais à Fiorentino, dans la Pouille.
6125(, 34 ) Abou’lmahâsen (man. arab. 661,
6126fol. 162 r°) et Hasan-Ben-Omar (man. arab. 688, fol. 3 r°),
6127qui parlent de
6128la mort de ce général, s’accordent à le représenter comme un homme d’un mérite
6129eminent, chez (pii
6130le zèle pour la religion
6131était joint à la fermeté, la prudence
6132, l’habileté, et à des
6133vertus de tout genre, qui lui avaient concilié un respect et une considération universels. Au rapport
6134d’Abou’lmahâsen,
6135il montrait, en toute occasion, un profond mépris pour les Mamlouks, et
6136il avait
6137coutume de
6138dire
6139: « Dix Mamlouks valent à peine un Curde. » Et, comme on l’a vu,
6140il périt sous les
6141coups des Mamlouks-Bahris.
6142(35 ) Yoy. Hasan-Ben-Omar
6143(loc . laucl.)
6144(36 ) Au rapport du même historien (fol. 3
6145v°), Schems-eddin-abou’lhadjadj-Iousouf jouissait, dans
6146la ville d’Alep, d’une haute considération.
6147Il avait voyagé dans l’Irak et à Isfahan. Il écrivit beaucoup
6148d’ouvrages; et, jusqu’à sa mort, de nombreux disciples s’empressaient de venir entendre ses leçons.
6149(37) Le mot schariah
6150désigne la rivière du Jourdain, t’est ce qu’attestent expressément
6151Makrizi lui-même, dans un
6152passage que
6153l’on
6154trouvera plus
6155bas; Abou’lféda
6156( Descriptio
6157Syrice
6158pag. 147, 148); Nowaïri qui, dans la Vie du sultan Bibars (manuscrit d’Asselin, fol. 3 i
6159v°), s’exprime
p. 61
6160I. MELIK-MOËZZ-AIBEK.
616133
6162kh 649
6163(ia 5 i).
6164reprit la route du
6165Caire. Cependant Melik-Mser
6166fit
6167partir de Damas un corps
6168d’armée avec ordre
6169d’aller occuper Gazah. Ces troupes vinrent camper à Tell-
6170Adjoul
6171Jj*. De son
6172côté,
6173Moëzz-Aïbek
6174se mit en
6175marche, accompagné
6176d’Ascliraf-Mousâ, de Fâres-Aktaï et de tous les Mamlouks-Bahris (38), et vint se
6177poster à
6178Saléhieh.
6179Les
6180troupes
6181égyptiennes
6182occupaient
6183le
6184canton
6185de
6186Sânili
6187jaj
6188\ (39),
6189dans le voisinage d’Abbaseh
6190, et les troupes de Syrie résidaient
6191près de Sittin
6192^
6193Des négociations s’établirent entre les deux partis. A
6194cette époque
6195le vizir Asad-Faizi imagina, à l’égard
6196des sujets de l’Empire, des
6197vexations nombreuses.
6198Cette année, Moëzz-Aïbek donna ordre d’évacuer
6199le château de Raudah;
6200et
6201tout
6202ce qui
6203s’y
6204trouvait de Mamlouks, de
6205soldats de
6206garnison
6207‘L-^ys-
6208(4°)
6209et
6210autres,
6211alla
6212s’établir ailleurs. Le kadi-alkodat Imad-eddin - Abou’lkâsem,
6213sur-
6214nommé Ebn-Kisb-Hamawi ,
6215fut
6216destitué des fonctions de kadi de Fostat, et ses
6217attributions
6218furent réunies
6219à celles du
6220kadi-alkodat Bedr-eddin-Sindjâri. Vers
6221ce même temps l’émir Hosam-eddin-Abou-Ali
6222, voulant faire le voyage du Hedjaz,
6223laissa à Sânih
6224JLJ b son corps
6225de troupes
6226(4i) sous
6227la conduite de son
6228Z
6229en ces termes
6230: Üxj^AJI
6231L’auteur d’une Histoire d’Égypte
6232,
6233dont le manuscrit,
6234qui appartenait à M. Marcel, est aujourd’hui dans ma bibliothèque, nous donne
6235les détails suivants
6236(sous l’année 5o6)
6237:
6238I
6239j
6240ïj*L»c&\
6241^JjAxj Jjj
6242*
6243«Ils marchèrent
6244'< vers Arden. Baudouin vint camper à Sanbarah. Ils étaient séparés par le Schariah (le Jourdain). » Au
6245rapport de Burckhardt [Travels in Syria, pag. 4 3), le Jourdain, au sud du lac de Tibériade, et jusqu’à
6246son embouchure dans la mer Morte
6247, porte le nom de Sherya. Pockocke
6248( Descript . of the East,
6249t. II
6250p. 73)
6251écrit Shriaah.
6252f38)
6253J’ai lu
6254au lieu de
6255qu’offre le manuscrit.
6256(3p) Comme ce canton de Sânih ^JLw ne m’est point connu d’ailleurs, j’avais soupçonné que par-
6257tout où ce nom se trouve,
6258il fallait lire ^L~J!
6259\ «Le canton des lacs salés. » (V. Makrizi
6260, m. 797,
6261fol. 181 v°.) Mais le nom sânih ^JLJ!, que notre auteur a déjà employé plus haut (p. 2o3), se trouve
6262C_
6263écrit de la manière la plus distincte dans plusieurs passages de l’historien Djemâl-eddin-Ebn-Wâsel
6264(m. non catalogué,
6265f. 375 v°, 38o r°)
6266, et de l’auteur du Mesalek-alabsar (man. arab. 642, fol. 94 r°).
6267(40) Le mot
6268, au pluriel
6269désigne un soldai destiné à garder une place. O11
6270lit dans
6271l’ouvrage de Khalil-Dâheri (man. arab. 695,
6272fol. 76 r°)
6273:
6274(JjLJ j
6275j
6276!
6277Çj
62783
6279.
6280» j «Chaque tour renfermait des drapeaux, des tymbales, des trompettes, et une garnison.
6281»
6282Ailleurs
6283(fol. 63 v°)
6284: <Lwj.a.
6285«11 s’y trouvait une garnison.
6286» Plus bas
6287(fol. 118 r°)
6288:
6289Uâî
6290«Le séjour de la garnison. » Et enfin
6291(fol. 277
6292r°)
6293:
6294iAs.
6295LjSLc A
6296«mesure qu’ils débarquaient sur une côte, ils y trouvaient un corps de troupes. »
6297I.
62985
p. 62
6299HISTOIRE DES SULTANS M AM LOUK S
630034
6301lieutenant.
6302Il remonta le Nil jusqu’à Kous
6303, et de là s’embarqua sur la mer pour se
6304rendre à la Mecque. Bientôt après, le bruit se répandit qu’un négociateur, nommé
6305/
6306o*
6307os
6308(4i) Le mot
6309tolb w-lb, qui
6310fait au pluriel atlab
6311>
6312>bLLî, exige, pour
6313être, bien compris, que
6314j’entre
6315ici dans quelques
6316détails. Au 'rapport
6317de Makrizi
6318(Description
6319de VÉgypte,
6320chapitre
6321des
6322impôts, man.
6323arab.
6324797)
6325:
6326j,
6327pic-
6328aJ
6329j.*J
6330!
6331ajil)
6332v
6333JJd
6334iV'J
6335"'3
6336v_5^.
6337J "Le mot
6338tolb,
6339dans
6340la langue
6341des
6342«Gozzs, désigne un émir commandant, qui
6343a un drapeau roulé,
6344ainsi qu’une trompette que l’on
6345« sonne; et sous ses ordres, un nombre de deux cents, cent ou soixante et dix cavaliers. » Mais
6346, plus
6347souvent, ce mot signifie un corps de troupes
6348plus ou moins nombreux, commandé par un officier
6349supérieur. On
6350lit dans
6351YHistoire de
6352la conquête de Jérusalem (man. arab. 714,
6353fol.
6354i 4
6355r°)
6356: wôj
6357P
6358aj Ü.LÎ j
6359aJILj!
6360« Il rangea en bataille ses braves et ses phalanges. « Plus bas (ibid.)
6361: v-^LL
6362JS” .Ü
6363c.
6364**
6365jliM
6366<-_-Jl.Lj «Tous
6367les corps se levèrent pour courir à la vengeance.»
6368Ailleurs
6369(fol.
6370i 3 i
6371v°)
6372: wôj
6373JlJajbî!
6374Lilyj
6375«Il
6376disposa
6377huit
6378bataillons composés de
6379braves.»
6380Et
6381enfin
6382(ibid.)
6383:
6384LojL? ^JjLs. v_JL JÉ y,
6385!
6386« Il choisit sur chaque corps vingt cavaliers. » Dans
6387la Vie de
6388Saladin, par Beha-eddin (pag. 14)
6389:
6390<.
6391;^lLh5 î sJUôjJ
6392« Les corps furent rangés. » Dans l’ouvrage in-
6393titulé Mesalek-alabsar (man. arab. 583
6394,
6395fol. n 3 v°)
6396: JojJ w-Éb
6397LLL
6398!
6399J.*!!
6400yj
6401Li
6402v
6403sJI 0lc
6404« Les Mongols se partagèrent en onze corps, dont chacun contenait plus de mille
6405«cavaliers.» Dans
6406l’histoire de Makrizi
6407(Kitab-assolouk
6408,
6409t.
6410I, man. arab. 672, pag.
6411160)
6412:
6413aA^.«*..?-
6414'
6415J-L JA
6416ajL»
6417^J! IjLoj « Les Tatars étaient arrivés à Sindjar, au
6418« nombre de cent bataillons , dont chacun comprenait cinq cents cavaliers. » Ailleurs (p.
64191 099)
6420Jltf?- j
6421y
6422« Il choisit dans son corps un nombre de chevaux, de chameaux et
6423«de dromadaires. » Dans l’histoire de Nowaïri (man. arab. 683 , fol. 6 )
6424:
6425AL A
6426!
6427«Les corps
6428«furent
6429rangés.» Dans une
6430autre
6431partie du même
6432ouvrage
6433(man.
6434arab.
6435de
6436Leide,
643726 e
6438partie,
6439fol. 184
6440r°)
6441: AjjjjJI wAL Ao-Us
6442«Il fut attaqué vivement par le corps des templiers. » Dans une
6443histoire d’Égvpte, dont le manuscrit m’appartient, on lit (fol. 39 v°)
6444:y&
6445,3 <-W
6446«Il arriva
6447«à la
6448tète d’un corps nombreux. » Plus bas
6449(fol. 40
6450r°)
6451: LjukA
6452A-i ^iJ!
6453Ü.J2J
6454î
6455« Le corps dans
6456«lequel se trouvait Ketboga. » Et enfin
6457(fol. 63 v°)
6458: p^)ALL)
6459IjjLw
6460«Ils s’avancèrent à la tête de
6461« leurs bataillons. » Dans
6462l'Histoire du prétendu Hasan-Ben-Ibrahim (manuscrit de la Bibliothèque
6463du Roi,
6464fol. 60)
6465: yj^ Ajl^*^- wAL JA v__^lL ÜjL> 3, ULsî
6466« Us marchaient, formant cent corps
6467« de troupes, dont chacun se composait de cinq cents cavaliers. » Dans une autre histoire,
6468qui
6469fait
6470partie de celle d’Ebn-Aïas (man. arab., 689, fol. 21 v°, 22 r°)
6471: ^UsLJî
6472v
6473-AL
6474« Le corps du
6475«sultan se mit en marche.» Et plus loin
6476(fol. 22 v°J
6477:
6478»
6479^ALI «Les corps commandés par les
6480«émirs.» Dans la Vie du sultan Kelaoun (man.
6481de Saint-Germain
6482des Prés
6483118
6484bis,
6485fol. 343
6486r°)
6487:
6488J.çÇsj-’j
6489aJ^Ls. j, ïJiA j
6490a^j
6491I
6492çjhs.\
6493A-s.LL ~ÿ-
6494.
6495.
6496. ^LLLJt
6497U
6498« Lorsque le sultan partit,
6499«la troupe qui formait son cortège se mit en marche, offrant au plus haut point tout ce que peuvent
p. 63
650035
6501A* 649
6502I. MELIK-MOËZZ- AÏBEK.
6503Bâderâïi, arrivait , chargé par le khalife de rétablir la paix entre NâseretMoëzz.Mais
6504il tardait avenir, et l’on tenait, à ce sujet, des propos divers; l’émir Schehâb-eddin-
6505Gâzi-Ben-Aïaz, surnommé Ebn-Almimad, un de ceux qui avaient été envoyés à la suite
6506de l’émir Djemâl-eddin-Mousâ-Ben-Iagmour, fit, à cette occasion
6507, les vers suivants
6508:
6509« Le souvenir du temps consacré au plaisir, que nous avons passé à Tell-Adjoul,
6510« nous rappelle le temps de la dévotion.
6511« Nous cherchons un musulman qui nous rapporte des traditions authentiques,
6512« choisies parmi
6513celles du prophète (4^). »
6514Sur ces entrefaites
6515, la ville de
6516la Mecque éprouva une grande disette. Parmi
6517les
6518personnages
6519distingués qui moururent dans
6520le
6521cours de
6522celte année,
6523on
6524distingue
6525: i° le kacli-alkodat de Bagdad, Kemâl-eddin-Abou’lfadl-Abd-erralimân-
6526Ben- Abd-esselam-Damegâni , de
6527la
6528secte d’Abou-Hanifah
6529(43);
65302 °
6531Belia-eddin-
6532« avoir d’imposant, le nombre des hommes, la pompe, le faste,
6533la magnificence. « Ailleurs,
6534dans
6535le
6536même ouvrage,
6537on
6538lit
6539: «Us tombèrent sur un
6540corps d’Arméniens
6541^
6542composé
6543« d’environ cinq cents
6544cavaliers. « De là est venu
6545le verbe wdb
6546qui signifie
6547: disposer, ranger en
6548bataille
6549les
6550différents corps de
6551troupes. On lit dans une histoire déjà citée (man. 689
6552,
6553fol. 82
6554r°)
6555:
6556^
65579
6558K
6559IJJa
6560v
6561JlL
6562« Il disposa un bataillon. » Dans YHistoire de la conquête de Jérusalem (man. arab. 714,
6563fol. 143 r°)
6564:
6565ÎjJLL
6566« Us partagèrent les cavaliers en différents corps. » Dans l’histoire d’Ebn-
6567Aïas (man. arab. 5q 5 A, fol.
65683 o8
6569)
6570:
6571v
6572L^lis
6573«U forma un corps semblable à ceux
6574« que commandaient les émirs. » Le nom d’action yJk se trouve dans un passage de l’histoire de
6575Makrizi
6576(Kitab-assolouk ,
6577tom.
6578III, man. arab. 674,
6579fol. 114
6580v°)
6581:
6582jf
6583.UaLJî j!~>
6584^sJt
6585JJ.9 ^ «Le sultan se mit en marche, avec un petit nombre de troupes, qui n’étaient
6586« nullement partagées en corps réguliers. » Le participe
6587signifie celui dont les troupes sont dans
6588un
6589ordre
6590parfait. On
6591lit dans
6592la Vie de
6593Bibars, par Nowaïri
6594(man.
6595arab.
6596d’Àsselin,
6597fol. 85
6598r°)
6599:
6600Cl.Ls
6601liés.
6602,
6603)\j>\
6604\ j JlhUl
6605«Le sultan partit,
6606et arriva
6607le matin aux portes
6608« d’Akka, avec ses troupes bien rangées. » Et plus loin (fol. 87 r°)
6609: LLL> (JjU-
6610^LkvJ
6611!
6612« Le sultan se
6613«mit en marche en ordre de bataille.» Et dans Y Histoire cl’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom.
6614II, man.
6615arab. 657,
6616fol. 238 r°)
6617: ,»UL)
6618! hLk J5 j. kJlL «Us se formèrent en bataillons, et pénétrèrent dans la
6619«Syrie. » Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain des Prés 118
6620bis) , on
6621lit
6622:
6623!
6624« Us se trouvèrent en ordre de bataille. »
6625(42)
6626J-J
6627jL-»j $
6628^£^5
6629wVayJI jUj
6630ij
6631(43 ) Au rapport de l’historien Hasan-Ben-Omar (man. arab. 688 , fol. 4 r°), le kadi Kemâl-eddin...
6632Damegâni appartenait à une famille distinguée, où le mérite, la science étaient héréditaires, et dont
6633les membres avaient exercé avec honneur les fonctions de kadi. Il commença par professer dans le
6634collège Mostanseriah,
6635et le Meschhed de l’Imam Abou-Uanifah. Ensuite,
6636il fut nommé suppléant
66375.
p. 64
663836
6639HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
6640AN
664165o
6642Abou’lhasan-Ali-Ben-Hibet-Allah, de
6643la ville de Djizeli et de la secte de Schafeï
6644^«^(prédicateur) du Caire, qui était regardé comme l’homme le plus savant
6645de son temps; il était âgé de quatre-vingt-dix ans (44) 5 3° le Sdlieb Djemàl-eddin-
6646Abou’lhosaïn-Iahia-Ben-Isâ,
6647vizir de
6648la
6649Syrie et poète, âgé
6650de cinquante-sept
6651ans (45)
6652; 4° Raschid-eddin-Abou-Mohammed-Abd-addâher-Ben-Naschwan (46)
6653l’un des principaux lecteurso 1 l^àJ
6654I
6655(47); 5° Alem-eddin-Kaïsar-Ben-Abi’Ikâsem,
6656surnommé Teasif wsL~lx)' ,fakih (jurisconsulte), de la secte d’Abou-Hanifab,
6657à
6658Damas. C’était un
6659des hommes
6660les
6661plus
6662habiles dans
6663les
6664sciences mathéma-
6665tiques
6666(48).
6667Cette année, l’émir Hosam-eddin-Ali arriva du Hedjaz, et vint descendre dans
6668le camp placé à Saléhièh, dans le canton de Sânih ^JLJI jaj 1. Bientôt après,
6669le
6670scheïkh
6671INedjm-eddin-Abd-Allah-Ben -Mohammed -Bâderâïi
6672arriva
6673de
6674Bagdad,
6675comme ambassadeur du khalife,
6676et chargé de
6677la mission
6678de réconcilier Melik-
6679Moëzz
6680et
6681Melik-INâser. Le kâdi Bedr-eddin-Kliedr-ben-Hasan-Sindjâri
6682vint
6683de
6684Kalia avec un nombreux cortège à
6685la
6686rencontre du négociateur, et eut avec lui
6687des conférences sur l’objet de son ambassade. Nâser exigeait que
6688la Kholbah fût
6689faite en son nom dans toute l’Égypte. Moëzz refusa de souscrire à cette condition
6690;
6691il voulait avoir sous sa dépendance, outre l’Égypte,
6692le pays qui
6693s’étend depuis
6694Gazah jusqu’au défilé de Kabak ^3 Lïc.
6695Sur ces
6696entrefaites, on
6697reçut la nouvelle que Mangou-Khan
6698, empereur des
6699Tatars
6700, avait envoyé son frère Houlagou pour faire la conquête de l’Irak; que ce
6701de plusieurs juges de Bagdad. Promu au rang de kadi-alkodat
6702,
6703il conserva ce poste jusqu’à sa mort,
6704et mérita l’estime et le respect de tout le monde.
6705( 44 ) Hasan-Ben-Omar
6706parle également de
6707la mort de ce personnage
6708(loc . laud.), dont
6709il
6710fait un
6711éloge pompeux. Abou’lmahàsen (fol. 162 v°) ajoute
6712: « Il vivait dans la société des princes. A l’époque
6713« de son pèlerinage à la Mecque,
6714il accepta un présent que lui envoya
6715le souverain du Yémen
6716; et ce
6717«motif indisposa contre lui Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub.
671811 mourut à Misr (Fostat) au mois de
6719« Dhou’lhidjdjah, et fut enterré dans le quartier de Karafah. »
6720(45 ) Voyez Hasan-Ben-Omar (fol. 4 r° et v°) et Aboulféda
6721(.Annales Moslemici, tom. IV, 52
6722, 528).
6723Abou’Imahâsen (man. 661,
6724fol. 168, 164
6725r°) place sa mort sous l’année 65 o.
6726( 46 ) Hasan-Ben-Omar (fol. 4 v°), qui place à la même époque la mort de ce personnage, lui attribue,
6727entre plusieurs genres de mérite, une connaissance approfondie de
6728la langue arabe.
6729(47)
6730C’est ainsi que je lis, au lieu de
6731présente le manuscrit.
6732(48) Au rapport de Hasan-Ben-Omar (fol. 4 r°), Alem-eddin-Kaïsar avait suivi les leçons des plus
6733savants hommes de la Syrie et de l’Égypte.
6734Il se distinguait surtout par une connaissance profonde*
6735de la musique.
6736Il mourut à Damas, à l’âge de soixante-quinze ans. (Voyez aussi Aboulféda, Annales
6737Moslemici, tom. IV, pag.
6738528).
p. 65
6739I. MELIK-MOÈZZ-AÏBEK.
6740an 65a
6741(i»5a).
674231
6743prince ayant envahi la contrée des Ismaéliens, l’avait pillée, saccagée, exterminé
6744ou emmené en esclavage toute la population
6745; qu’il avait étendu ses courses jus-
6746qu’à Diar-Bekir et Méïafârekin
6747; que ses soldats ayant fait une incursion sur les terri-
6748toires de Ras-aïn et deSeroudj
6749(49), avaient massacré plus de dix mille hommes,
6750et fait un égal nombre
6751de prisonniers;
6752que, rencontrant une caravane qui
6753se
6754rendait de Harran à Bagdad, ils lui avaient enlevé des richesses immenses, entre
6755autres six cents charges de sucre, fabriqué en Égypte, et six cent mille pièces d’or;
6756qu’ils avaient égorgé les vieillards
6757, les vieilles femmes
6758, et emmené comme esclaves
6759les femmes
6760et les enfants; que
6761les habitants de l’Orient, effrayés de cette inva-
6762sion, s’étaient enfuis précipitamment
6763et avaient
6764traversé l’Euphrate.
6765Sur ces
6766entrefaites, Melik-Moëzz
6767fit supprimer dans
6768la Khotbah
6769le nom de
6770Melik- Aschraf,
6771et
6772resta
6773seul
6774avec
6775le
6776titre de
6777sultan.
6778Il emprisonna Aschraf,
6779s’empara de tous les trésors
6780, et mit en œuvre toutes sortes de moyens pour se
6781procurer de l’argent. Le vizir Asad-Scherf-eddin-Hibet-allah-Faïzi imagina à cet
6782égard des expédients jusqu’alors inconnus.
6783Il établit des impôts sur les marchands
6784et les propriétaires, fixa des contributions et des redevances qu’il désigna par les
6785noms de droits du sultan LjLÜuJI
6786opérationsfinancières ÜJly
6787t jJ!
6788Il
6789leva sur les peuples
6790tributaires des capitations doubles du
6791taux ordinaire.
679211
6793inventa un cadastre
6794et une évaluation des biens
6795, et quantité d’autres
6796mesures vexatoires.
6797Melik-Moëzz
6798éleva
6799son Mamlouk,
6800l’émir
6801Seïf-eddin-Koutouz,
6802au
6803rang de
6804vice-roi de l’Égypte
6805àJüLJ! w-oli
6806, et donna à plusieurs de ses Mamlouks le
6807grade
6808à'émir.
6809Les Bahris acquirent une grande influence,
6810et
6811leur
6812perversité
6813s’accrut dans la même proportion. Leur chef, Fâres-eddin-Aktaï, le djemdar
6814L\^,
6815était leur appui.
6816C’était à lui
6817qu’ils avaient recours dans leurs besoins, et
6818il se
6819concertait avec Melik-Moëzz sur
6820les détails de l’administration. Bientôt
6821après,
6822Aktaï reçut, à titre de
6823fief,
6824le canton d’Alexandrie, et la cession
6825lui en fut faite
6826par un diplôme en bonne forme. Cependant, l’insolence des Bahris était portée
6827à l’excès. Leur insubordination et leur révolte allaient chaque jour en croissant. Au
6828moment où l’année finit, Melik-Moëzz, à la tête des armées d’Égypte, était campé
6829à Sânih ^JUî, et les troupes de Syrie à Gazah. Melik-Nâser résidait à Damas,
6830et Melik-Moughith-Omar à Rarak. Le Nil était alors dans sa crue, et atteignit une
6831hauteur de dix-huit coudées et dix-sept doigts. On mura la porte dufleuveysfi\
6832près de Maks.
6833(49) Abou’lmahâsen (man. arab. 66i r fol.
68341 63 r°f
p. 66
683538
6836HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
6837Cette même année,
6838la
6839ville d’Alep fut
6840ravagée par un incendie terrible, qui,
6841comme on
6842en
6843acquit la certitude, fut allumé par les Francs; et
6844il dévora des
6845richesses incalculables et six cents maisons. Cette même année,
6846la caravane de
6847l’Irak
6848Fit le pèlerinage de
6849la Mecque.
6850Parmi les hommes distingués que cette année vit mourir, on comptait
6851: i° le
6852savant Radi-eddin-Abou’lfadaïl-Hasan-Ben-Mohammed-Omaii-Sagâni, de la secte
6853d’Abou-Hanifab, célèbre grammairien.
6854Il périt à Bagdad, et fut enterré à la Mecque.
6855Il était âgé de soixante et treize ans (5o); 2 0 Fakhr-alkodat-Abou’lfatah-Nasr-allah-
6856Ben-Hibet-allah-Kenâni, qui avait été secrétaire et vizir de Nâser-Dâoud. C’était
6857un homme lettré et habile calligraphe
6858; 3° Scliems-eddin-Abou-Abd-allah-Moham-
6859med-ben-Saad-Ansâri
6860, natif de Jérusalem
6861, jurisconsulte, de la secte de Schafeï,
6862habile dans la science des traditions, lecteur, grammairien, homme
6863instruit, et
6864calligraphe distingué;
6865il mourut à Damas, âgé de soixante et dix-neuf ans
6866(5 1 )
6867*238
68684° L’oracle de l’Irak
6869jJLw, Moutemen-Abou’lkâsem-Iahia-Ben-lNasr-Temimi
6870marchand
6871et
6872voyageur,
6873âgé de
6874quatre-vingt- cinq
6875ans.
6876Il
6877avait professé,
6878en
6879Égypte
6880et
6881ailleurs,
6882la
6883science
6884des
6885traditions;
68865° Le Nakib
6887des
6888schérifs
6889(5a),
6890Kadi-alasker
6891, professeur du collège Scherifiali , à Fostat, le scliérif Schems-eddin-
6892Ahou-Abd-allah-Mohammed-ben-Hasan-Tawi-Hosainï-Ormawi
6893;
6894il
6895mourut
6896,
6897au
6898rapport des schérifs (53), le treizième jour de Scliewal de l’an 65o (
68991
69005a de J.
6901C.).
6902Il
6903était profondément versé dans la jurisprudence, les sciences fondamentales,
6904la polémique.
6905Il était âgé de plus de soixante et dix ans (54)-
6906A?
6907L’année
690865 1
6909vit conclure
6910la paix entre Melik-Moëzz-Aïbek et Melik-Nâser,
691165 1
6912(50) Hasan-Ben-üinar (man. arab. 688 ,
6913fui. 4 v").
6914(51) Au rapport de Hasan-Ben-Omar
6915(fol.
69165
6917r°),
6918ce personnage avait
6919été élevé dans
6920la ville de
6921Gaznali, et avait fixé son séjour à Bagdad
6922, où
6923il avait pris des leçons, ainsi qu’à la Mecque. Homme
6924éminemment
6925religieux,
6926profondément versé dans
6927la jurisprudence, la science
6928des
6929traditions,
6930la
6931connaissance de la langue arabe,
6932il composa sur la grammaire des ouvrages volumineux et extrême-
6933ment instructifs. Suivant
6934le
6935récit d’Abou’lmahâsen (man. 661, fol. i63 r° et v°),
6936cet homme célèbre
6937était né dans la ville de Lahor , le onzième jour du mois de Safar, l’an .677 de l’hégire (1 181 de J. C.).
6938Il
6939écrivit entre autres ouvrages , un traité grammatical intitulé Madjrna-albahreïn
6940[la réunion des deux mers), qui formait douze volumes. L’ouvrage qui avait pour titre w>L*)t
6941v
6942«L3"
6943Kitab-alabab-alzakher
6944(la masse
6945d’eau
6946enflée)
6947se
6948composait
6949de vingt volumes. L’auteur
6950mourut à Bagdad le vendredi, dix-neuvième jour du mois de Schaban.
6951(52)
6952Je lis
6953i^l
6954, au lieu de
6955wbî! Lïj.
6956(53) Le texte porte
6957:
6958y
6959lio
6960; j’ai lu
6961:
6962.
6963.
6964. Lj'Aa. L
6965(54) Hasan-Ben-Omar (fol. 5
6966v°),
6967et Abou’lmahâsen
6968(fol. i63 v°), qui parlent de ce personnage,
p. 67
6969I. MEL1K-M0EZZ-AIBEK.
6970an 65i
6971(ia53).
6972I. MEL1K-MOEZZ-AIBEK.
69733q
6974prince de Damas, grâce à la médiation de Nedjm-eddin-Bâderâïi.
6975Il s’était rendu
6976au Caire, accompagné d’Izz-eddin-Ezdemur, et du secrétaire de la chancellerie de
6977Bagdad, Nidam-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed, fds de Maulâ-Halebi,
6978afin de
6979négocier ce traité;
6980et
6981ils ne cessèrent point leurs démarches,
6982jusqu’à ce
6983qu’ils
6984eussent réussi dans leur entreprise. On convint que les Égyptiens posséderaient
6985le pays qui s’étend jusqu’au Jourdain, et que tout ce qui est au delà appartien-
6986drait à Melik-Nâser ; que
6987le partage assigné aux Égyptiens comprendrait Gazah
6988,
6989Jérusalem, Naplouse, et
6990le Sâhei tout entier (la Phénicie); que Moëzz rendrait la
6991liberté à tous les partisans de Nâser qui étaient tombés entre ses mains. Chacun
6992des princes jura l’observation du traité, et ce serment fut confirmé par des actes
6993en
6994bonne forme. Melik-Moëzz,
6995à
6996la tête de son
6997armée,
6998reprit le chemin
6999de
7000l’Égypte, et rentra au château de la Montagne le mardi, septième jour du mois
7001de Safar. Bâderâïi séjourna au Caire. Moëzz mit en liberté Melik-Moaddam-Tou-
7002ranschali, fils du sultan Sâîah-eddin-lousouf, son frère Nosret-eddin, et les autr es
7003princes et émirs
7004qui étaient ses prisonniers.
7005Il les
7006fit venir dans
7007la maison du
7008vizirat, afin qu’ils fussent témoins du serment qu’il allait prêter comme allié de
7009Melik-Nâser. Après quoi,
7010il fit remettre à Melik-Moaddam un présent magnifique.
7011Nidam-eddin
7012,
7013fils de Maulâ, et son associé Izz-eddin-Ezdemur, reçurent chacun
7014une somme de 10,000 pièces
7015d’or.
7016Cependant les Mamlouks-Bahris
7017, prenant chaque jour plus d’ascendant, mon-
7018traient en même temps un surcroît d’audace et d’insolence. Ils en vinrent au point
7019de complote]
70201 la mort de Moëzz. Bientôt après, les Egyptiens s’emparèrent de
7021la
7022forteresse de Schaubak
7023: en sorte que Melik-Moughith 11e conserva plus que la ville
7024de Karak,
7025Balka, et une partie de la province de
7026Gaur.
7027Cette même année,
7028o 9
7029Moëzz supprima
7030le traitement y^L que touchait l’émir Hosam-eddin
7031,
7032fils d’Abou-
7033Ali. Cet officier, après être resté confiné dans sa maison, obtint de Moëzz la per-
7034mission de se rendre en Syrie. Melik-Nâser l’accueillit avec honneur, l’attacha à
7035son service, et lui donna le commandement de cent cavaliers.
7036attestent
7037qu’il avait été secrétaire des deux princes Melik-Sâleh-Ismaïl
7038et Melik-Nàser-Dâoud.
7039Il
7040se
7041livrait à la poésie,
7042et les deux historiens nous donnent des échantillons de son
7043talent. Voici les
7044deux vers que cite Abou’lmahâsen
7045:
7046*Ui3î
7047* i J.*jj ^
7048sg,
7049l_À-j
7050djJdî
7051J.=S.
7052jA
7053taü)
7054a
7055Lj !j
7056CJo vJ^jA
7057« Ta présence nous a apporté le bonheur, et à nos ennemis la destruction.
7058« Tu arrives, semblable à une pluie qui vient rafraîchir des contrées sur lesquelles régnait
7059la soif.
7060»
p. 68
70614o
7062HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
7063Cependant, les Arabes du Saïd et delà partie septentrionale de l’Égypte (55)
7064se soulevèrent, et commirent de nombreux brigandages, tant par terre que par
7065eau, en
7066sorte que les marchands et
7067les voyageurs
7068n’osaient plus
7069se mettre en
7070route. Le schérif Hisn-eddin-Thaaleb, fils de Xémir-Kébir Nedjm-eddin-Ali, le prin-
7071cipal personnage
7072des Arabes de
7073la famille de Thaaleb-Ben-Iakoub, prit les
7074armes , en disant
7075: « C’est à nous que le pays appartient. » Les révoltés empêchèrent
7076les soldats de lever les impôts. Ils disaient, ainsi que leur chef
7077: «Nous sommes
7078«plus dignes que
7079les Mamlouks de commander dans
7080cette contrée;
7081c’est bien
7082«assez pour nous d’avoir servi les
7083fils d’Aioub, qui
7084étaient des révoltés
7085et des
7086« usurpateurs de la souveraineté. » Ils refusaient avec mépris de se soumettre aux
7087Turcs,
7088qui n’étaient,
7089disaient-ils, que des esclaves de révoltés.
7090Ils écrivirent à
7091Nâser, prince de Damas, pour le presser de marcher vers l’Égypte. Les Arabes
7092étaient à cette époque nombreux, riches en argent et en chevaux; ils se réunirent
7093auprès de l’émir Hisn-eddin-Thaaleb, qui habitait le canton de Dehrout-Sarbân
7094Ils vinrent
7095en
7096foule de l’extrémité du
7097Saïd, et des
7098frontières du
7099Bobaïrali et du Fayoum, pour prêter à cet émir serment de fidélité. Leur armée
7100se composait de douze mille cavaliers
7101et d’une infanterie innombrable. Moëzz
7102fit marcher contre eux Fâres-eddin-Aktaï
7103, le djemclar, et l’émir Fâres-eddin-Aktaï
7104Mostareb
7105,
7106, à la tête de cinq mille cavaliers. Ces généraux s’avançant vers le
7107canton de Dehrout ï^ao, l’émir Hisn-eddin-Thaaleb marcha à leur rencontre. Les
7108deux partis en vinrent aux mains
7109, et le combat dura depuis le point dujourjusqu a
7110midi. L’émir Hisn-eddin étant tombé de son cheval
7111t^jb
7112(56),
7113ses com-
7114pagnons se rangèrent autour de lui. Les Turcs les attaquèrent avec courage, et
7115quatre cents Arabes ou Nègres
7116furent tués autour de leur chef. Enfin
7117, on le fit
7118remonter à cheval. Mais, comme
7119il vit que
7120les Arabes s’étaient débandés,
7121il ne
7122(55) Le texte porte
7123:
7124b
7125; j’ai cru devoir lire
7126:
7127îj.
7128O/***•
7129**
7130(56) Le verbe
7131*.k.ij
7132signifie
7133être
7134renversé,
7135tomber. On
7136lit dans un
7137passage de notre historien
7138(man. arab. 67
7139, pag.
71403 16 )
7141:
7142jislaj. Les mêmes mots se trouvent répétés dans la Vie du
7143sultan
7144Kelaoun (man. de
7145Saint -Germain
7146118
7147bis,
7148fol.
71494
7150r°). Dans
7151l’histoire
7152d’Ahmed-Askalân 1
7153(fol. 81 v°), on
7154lit également
7155:
7156sj
7157Dans
7158le même ouvrage
7159(t. II, man. 65 ^,
7160fol.
7161^2),
7162' O
7163et dans une
7164foule d’autres 'passages,
7165signifie
7166renverser, faire tomber. On
7167lit dans
7168Y Histoire
7169rf Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab. 671 , fol. 32 v°)
7170: bu^
7171^
7172ïjlêib « Il
7173le précipita en bas
7174«de son chameau.» Dans l’histoire d’Ebn-Aïas (man. arab.
71755g5 A,
7176t.
717711, fol. 56)
7178:
7179ÿjj.kùs
7180« Ils le jetèrent en bas de son cheval.
7181»
p. 69
7182I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
7183an 65i (i253).
71844i
7185vit d’autre parti que
7186la retraite. Les Turcs poursuivirent les fuyards, égorgeant
7187ou faisant prisonniers tous ceux qu’ils pouvaient atteindre, jusqu’au moment où
7188la nuit vint arrêter leurs efforts.
7189Ils enlevèrent un riche butin, et emmenèrent
7190une
7191si grande quantité de femmes,
7192d’enfants, de chevaux, de chameaux, qu’il
7193leur eût été impossible d’en faire le compte. Les vainqueurs retournèrent à leur
7194camp, qui
7195était placé près de Belbeïs. De là,
7196ils marchèrent contre
7197les Arabes
7198des tribus de Senbes
7199et de Lewatah, qui formaient la population des provinces
7200de Garbiali et de Menoufiah,
7201et qui^ s’étaient réunis en armes dans les cantons
7202de Sakha et de Senhour. Ils les défirent, égorgèrent les hommes, et emmenèrent
7203les femmes en captivité. Depuis cette époque, les Arabes d’Égypte se trouvèrent
7204dispersés,
7205et perdirent entièrement leur puissance (5y). Le schérif Hisn-eddin
7206ayant rejoint ce qui
7207lui restait de partisans, députa vers Melik-Moëzz pour de-
7208mander une amnistie. Le sultan l’accorda sans difficulté, et promit de conférer
7209à l’émir, ainsi qu’à ses compagnons, des bénéfices militaires, de manière
7210qu’ils
7211feraient partie de l’armée,
7212et combattraient contre les ennemis de l’État. Hisn-
7213eddin, trompé par son orgueil, s’imagina que les Turcs ne pourraient se passer
7214de son secours, dans leurs guerres contre Melik-Nâser.
7215Il se rendit à Belbeïs, à
7216la tête de ses soldats, et sans aucune inquiétude. Au moment où
7217il approchait de
7218la tente du sultan,
7219il descendit de cheval, afin
7220d’entrer dans
7221la salle où
7222était ce
7223prince. Mais aussitôt,
7224il fut arrêté avec tous ceux qui l’accompagnaient, et qui
7225étaient au nombre d’environ deux mille
7226cavaliers, et
7227six cents
7228fantassins. On
7229dressa des potences dans
7230l’espace qui s’étend depuis Belbeïs jusqu’au Caire, et
7231ces
7232malheureux
7233furent
7234tous
7235étranglés. Le
7236schérif Hisn-eddin
7237fut
7238envoyé
7239à
7240Alexandrie pour y être détenu en prison, et confié à l’émir Schems-eddin-Mo- 240
7241hammed-Ben-Bâkhil
7242, gouverneur de cette place. Moëzz donna ordre d’augmenter
7243la contribution
7244'ÀxJaS (58) qu’on levait sur les Arabes, d’exiger d’eux un présent
7245(5?) p
72465J-?- —Hj A.?-
7247; mot à mot
7248: leur charbon fut éteint.
7249(58) Le mot
7250désigne
7251: Une contribution ,
7252soit
7253celle que
7254l’on impose
7255dans une
7256occasion
7257extraordinaire et unique, soit celle qui est levée annuellement. On lit dans Y Histoire de la Conquête
7258de Jérusalem (man. arab. 7 14 , fol. 247 v°)
7259:
7260I
7261b « La contribution qu’ils avaient fixée. »
7262Et plus loin
7263(fol. 253
7264r°)
7265:
7266àjuk'j
7267« Une contribution très-onéreuse.» Dans
7268la Vie du sultan
7269Kelaoun (man. de Saint-Germain , 118 bis,
7270fol. 112 r°)
7271: Ix.Xl ^.b
7272«Ils fixeront pour eux-
7273« mêmes une contribution. »
7274Plus bas
7275(fol. i63
7276v°)
7277: 2L*
7278aJL
72794,xJa9 jfjàJ
7280JL, «II
7281«demanda que
7282l’on
7283fixât une contribution qu’il
7284acquitterait chaque année. » Et enfin (fol. i65 r°)
7285:
72868 La ^y
7287ïlcs-*-*
7288« Payer
7289d’avance une
7290année de
7291cette
7292contribution.
7293» Dans
p. 70
72944 2
7295HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
7296de chevaux
7297(09) plus nombreux qu’auparavant, et de les
7298traiter avec rigueur
7299et dureté. Ces nomades furent réduits à une extrême humiliation;
7300leur nombre
7301l’histoire de Nowaïri (man. de Leide, fol. 97 v°):
7302JjsÎ
7303Jjl»
7304«Us s’engagèrent à payer une contribution
7305égale à
7306celle des habitants de Jérusalem. » Dans la Vie
7307de Bibars
7308,
7309du même écrivain (man. d’Asselin,
7310fol. 75 r“)
7311: «Il exigeait des villes des Ismaéliens les
7312«contributions
7313yAkï)!
7314qui
7315consistaient en douze
7316cents pièces
7317d’or, et cent mesures de froment.»
7318Dans
7319V Histoire des Aïoubites ,
7320par Schems-eddin (man.
7321arab. non
7322catalogué, fol.
732319)
7324Isdail!
7325« L’émir les
7326mettait
7327en
7328liberté,
7329et exigeait
7330d’eux une rançon. » Dans
7331l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan (man. arab. 780,
7332fol. 347 v°)
7333:
7334;ir
7335y
7336j
7337J
73381
7339«Il leva les contributions qui avaient été imposées aux Berbers. » Dans l’ouvrage histo-
7340rique de Makrizi
7341(Solouh
7342tom. I, pag. 704)
7343: ï.*~kiJ! kLsA
7344« Il partit pour lever la contribution. »
7345Et dans une Histoire d’Égypte
7346[de mon
7347manuscrit,
7348fol.
734911
7350r°)
7351: ^JlykàH J-yS^
7352« Elle payera les
7353«deux contributions.» Le verbe ^ka
7354signifie
7355: Imposer un
7356tribut,
7357une
7358contribution. On
7359lit dans
7360V Histoire des Patriarches d’Alexandrie (tom. II, man. arab.
7361i 4 °, pag. 3 1 8)
7362:
7363Xsli'
7364ly$,~i.>!
7365Ixkâ
7366jLo
7367s
7368«Ils s’imposèrent eux-mêmes
7369à
7370trois mille
7371pièces d’or.» Dans
7372le Kâmel d’Ebn-Athir
7373(manuscrit, tom. IV, fol. 148 r°) j
7374)3
7375v
7376â.3
7377J-2*-
7378“On imPosa sur les habitants
7379« de la ville une contribution de soixante mille pièces d’or. » Dans la Pie de Bibars, par Nowaïri (man.
7380d’Asselin, fol. 81 v°)
7381: ay L
7382'4 IJ
7383J.s
7384ij^xk'à «On imposa une contribution à sa fille. » Dans la
7385Vie du sultan Kelaoun
7386( loc .
7387laud.)
7388: kukâ
7389.& ^xküi. Le même verbe, à la
7390troisième forme
7391}
7392prend
7393aussi la même signification. On
7394lit dans
7395l’histoire de Nowaïri (man. arab. 645 ,
7396fol. 9
7397r°)
7398:
7399i-iys4
7400ykUà klksAî
7401^ J~jî « Il députa vers
7402le conseil du khalife, et imposa
7403«une contribution qui lui fut payée. «Plus bas [ib. v°)
7404:
7405L» j
7406I JV^
7407j\ls 2
7408&5 î
7409« Il demanda que l’on imposât sur le canton de Reï et ceux du voisinage une
7410« contribution de sept cent mille pièces d’or. » De là vient le mot XxkUu, pris dans le sens de tribut
7411,
7412contribution.
7413O11
7414lit dans la Vie du sultan Mahmoud, écrite par Otbi (man. arab. de Ducaurroy 27,
7415fol.
7416i 83 v°)
7417: Àxklïl! JU
7418J-ck!
7419<! H manqua à payer le montant de la contribution. » Dans la
7420Vie de Noradin et de Saladin (man. arab. 707 A, fol. 54 )
7421: "ÿ Ly
7422c/
74233
7424Lo
7425«La contribution qui leur était payée par la ville de Damas se montait à huit cent mille
7426« pièces d’or. » Dans
7427l'Histoire des Seldjoucides de Bondari (m. ar. 767 A ,
7428f. 97 r° et v°)
7429: k J ^
7430Uai s_àJ!
7431lyL» ï*kliU
7432.
7433.
7434. LJljyÜI J'yAM
7435JA J LAkLJ! «Le trésor du
7436«sultan
7437levait chaque
7438année,
7439sur
7440la
7441province
7442de
7443Schirwan, une
7444contribution
7445qui
7446s’élevait
7447à
7448« quarante mille pièces d’or. »
7449( 5g) Le mot kaoud l>ÿ désigne
7450: Un présent ou une contribution que payaient les Arabes ,
7451et qui
7452consistait en chevaux, chameaux ,
7453etc. On lit dans l’ouvrage de Makrizi
7454(.Solouh
7455,
7456tom.
7457I, pag. 674)
7458:
7459J^j « Il amena le présent. » Ailleurs (pag. 691)
7460: ibU I J-*
7461« Il envoya le présent
7462« suivant l’usage. » Plus bas (pag. 698)
7463jLe. J
7464!
7465JÜ !
7466« Il envoya le présent qui se corn-
p. 71
7467AN 65
7468( 1253 ).
7469I. MELIK-MOËZZ- AÏBEK.
747043
7471diminua, et
7472ils
7473se trouvèrent dès lors dans
7474la position où
7475ils sont de nos jours.
7476Cette même année, l’émir Seïf-eddin-Aktaï
7477s’allia, par un mariage, avec Melik-
7478Modaffer, souverain de Hamali.
7479Il envoya pour chercher la
7480fdîe de
7481ce prince,
7482Fakhr-eddin-Mohammed, fils du Art^eûBeha-eddin-Ali-ben-Hannâ, à une époque
7483où celui-ci n’avait point encore été promu au vizirat, mais où cette place lui était
7484destinée. La jeune mariée fut amenée à Damas avec la pompe la plus magnifique.
7485Aktaï demanda à Moëzz la permission d’habiter avec son épouse
7486le château de
7487la Montagne.
7488Cette proposition déplut vivement au sultan,
7489qui, depuis
7490cette
7491époque, chercha un prétexte pour faire périr Aktaï. Ce dernier était à charge au
7492prince (6o), qui n’avait plus sur les Bahris ni pouvoir, ni autorité,
7493ni droit de
7494commandement ou de répression. Aucun d’eux ne daignait obéir à ses ordres
7495;
7496s’il assignait un présent à quelqu’un,
7497il
7498se voyait hors
7499d’état de tenir sa pro-
7500messe
7501:
7502si au contraire c’était un des
7503Bahris au bénéfice de qui
7504la gratification
7505fût accordée, il se faisait donner plusieurs fois la valeur de ce qu’il devait recevoir.
7506Tous se réunissaient au
7507logis de Fâres-eddin-Aktaï,
7508qui se trouva à
7509la tête de
7510toute
7511l’administration.
7512C’était
7513à
7514lui
7515qu’étaient adressées
7516les lettres écrites par
7517Melik-INâser et autres. Personne n’eût osé ouvrir une lettre
7518, ou
7519traiter de quelque
7520objet, ou terminer une affaire,
7521si ce n’est en présence d’Aklaï, qui en imposait
7522parla multitude de ses adhérents
7523(6i). Cette même année, des pèlerins
7524« posait de douze chevaux. » Ailleurs (pag. y 35 )
7525: Ikw
7526J‘jüJ
7527I
7528jLo «Il envoyait son présent
7529„ chaque année; (pag. 1096)
7530:
7531^
7532L
7533&.X.Ojj Ç 'ÉS
7534•
7535•
7536•
75372
7538«H
7539«amena
7540le présent ...
7541Il conduisait avec lui cent chevaux de grand prix, sans compter les dro-
7542« madaires et autres animaux;» (pag. 1102)
7543:
7544ïjs&
7545<us iSy
7546«Il amena un présent, qui
7547«comprenait un grand nombre de chevaux; » (pag. 1167)
7548:
7549(jUït aA j Sùjb
7550ç
7551És
7552« Il
7553« amena son tribut où se trouvaient soixante et douze^chevaux;» (tom. II, fol.
7554i 3 v°)
7555Djb
7556^
7557“H amena un présent considérable composé de chameaux et de chevaux.
7558» Dans
7559YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (man. arab. 656 ,
7560fol. 9 v°)
7561: ,»LkJi wob
7562àjs
7563j J-d j ^«3 j
7564*7* J
7565aj LaiJ
7566! ^J!
7567«On
7568vit arriver
7569le
7570présent de
7571« Mendjek, vice-roi de Syrie
7572:
7573il était extrêmement considérable, et renfermait des lions, une hyène,
7574« un cerf, et d’autres animaux. » De
7575là s’est formé le verbe
7576qui signifie
7577: Livrer le présent ou le
7578tribut désigné par le mot
7579On
7580lit dans
7581l’histoire
7582de Makrizi
7583(Solouk , tom.
7584I,
7585pag.
75862o5)
7587: Sjê
7588A-kw
7589Ajbo
7590« H livra, chaque année, par forme de présent, cent chevaux.
7591>»
7592(60) Je
7593lis
7594au lieu de Jjù.
7595(61) Le mot khodjdasch
7596autrement ^,1
7597ou khoschdasch
7598J OU ^
7599yO î
7600j
76016 .
p. 72
7602HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
760344
7604arrivèrent en
7605grand nombre, par
7606terre
7607et par mer. La station au mont Arafat
7608devait avoir lieu
7609le vendredi
7610(62). Bientôt après
7611le schérif Djamaz-Ben-Hasan
7612et qui prend au pluriel les formes
7613ou iLil AwjjA, ou L^IaJUa, n’est autre chose que le
7614terme persan khodjah-tasch
7615Il désigne, dans
7616le langage de l’Égypte, Un Marnlouk
7617qui avait été avec un autre au service d’un personnage important ;
7618et cette circonstance perpétuait
7619entre ces hommes des
7620liens de confraternité,
7621d’amitié, et de dévouement,
7622réciproques.
7623Je
7624vais
7625citer
7626des exemples des
7627différentes manières
7628dont ce mot
7629est
7630écrit. On
7631lit dans le Manhel-safi
7632d’Abou’lmahâsen
7633(tom. III, man.
7634arab. 749,
7635fol, 211 v°)
7636: ^UsLJ!
7637Âj
7638Âx> ^
7639^ü>Îas- J
7640pi ûjtf «Il se regardait lui-même comme étranger dans le palais du sultan
7641, attendu
7642«qu’il n’avait pas été camarade de ce prince.» Plus loin (f. 212 r°j
7643:
7644\ÿ
7645! A» «Cet homme
7646«est mon parent et mon camarade. » Dans un autre endroit du même ouvrage (tom. IV, man. 760,
7647fol. 8 v°)
7648:
7649IxJb
7650j js> «Lui et son camarade Ilboga-Ameri. » Ailleurs (fol. 171
7651r°)
7652:
76534âAi,ÎA£ï-
7654«Un Marnlouk de
7655ses camarades.»
7656Ailleurs
7657(fol.
7658i 45
7659r°)
7660:
7661! AS-
7662A*cjj
7663» Il rejoignit à Alep ses camarades.» Et enfin (fol. 222 r°)
7664:
7665àwIaS- ^1
7666tilw «Il se réfugia auprès de son camarade l’émir Argoun-schah.
7667» Dans la Vie du sultan Bibars (man.
7668arab.
76698o3 ,
7670fol.
7671i 3
7672r°)
7673:
7674<0
7675a^âÎAç^S. y
7676^jLLLJ! JL» «Le
7677sultan
7678engagea
7679« quelques-uns de ses camarades à rendre témoignage pour lui.» Dans la Vie du sultan Mohammed-
7680ben-Kelaoun (man. arab. de Saint-Germain 97,
7681fol. 85 r°)
7682:
7683î Aç^â.
7684«Quelques-uns
7685« des émirs ses camarades.
7686» Et plus bas
7687(ibid.)
7688:
7689Ij
7690« O camarade.»
7691« Ton
7692« camarade. » Dans
7693l’ Histoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab. 66 7, fol. 74 r°)
7694:
7695! A^A ijjtô
7696<• Attendu qu’il était leur camarade. » Dans le même ouvrage (man. arab. 663 , fol. 7 6)
7697:
7698î
7699i:
7700jÂkl!
7701«L’émir Afrem était le camarade et l’ami
7702inLime de Modaffer-
7703« Bibars. » Plus loin (fol. i3i)
7704: p»Aâ& y
7705^
7706a^La
77074.*i» «Ses camarades s’opposèrent
7708« à ce qu’il les quittât.» Dans le Kitab-assolouk de Makrizi (tom. I, pag. 607)
7709:
7710j
7711<iô!
7712C’était son camarade, car ils avaient été l’un et l’autre Mamlouks de Sâleh-
7713« Ali. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. arab. 5 g 5 , A, tom. II, fol.
771476)
7715:
7716wolj ^
7717i*L\y.Éd>. «Le gouverneur d’Alep
7718était son camarade.» Dans une
7719histoire du même pays (de mon
7720manuscrit, fol. 55 v°)
7721:
7722U! j
7723jJLi.y « 11 est mon camarade, et moi je suis son Marnlouk. »
7724Dans l’histoire de Nowaïri (man. de Leide, 26e partie, fol. 208 v°): àA^ÎAw^i. -!r
7725« La chose arriva aux oreilles des émirs ses camarades.» Dans la Vie de Bibars, du même écrivain (man.
7726ar. d’Asselin , f. 23 v°)
7727: tïyyy
7728v>Jæ-
7729Ai-jà.
7730AaJjJI OjjJ
7731«Un soldat de la
7732« milice venant à mourir, ses camarades s’emparaient de ce qu’il possédait. » De là vient, au féminin, le
7733mot khoschdaschah
7734<Li>U
7735signifiant
7736: Une camarade
7737, une compagne d’esclavage. Dans l’Histoire
7738d’Égypte d’Abou’lmahàsen (man. arab. 661,
7739fol.
7740i 56 v°), on
7741lit
7742:
7743çg^.L 1 a£.:S
7744L^j bS j aJ
7745!
7746«W-
7747j
7748« Les émirs Sâléhis défendirent contre eux Schedjer-addorr,
7749«dont
7750ils prenaient vivement les intérêts, attendu qu’elle avait été leur camarade. » En
7751effet, cette
7752princesse, avant
7753de devenir l’épouse de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub , avait été esclave de
7754ce
7755sultan. De là on a formé également le substantif khodjdaschiah
7756I Aa-^S.
7757, signifiant
7758: La position
p. 73
7759an 65i (ia53).
77601 . MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
776145
7762s’empara de
7763la
7764ville de
7765la Mecque, où
7766il séjourna jusqu’à
7767la
7768fin du mois de
7769Dhou’lhidjdjah.
7770Parmi les personnages marquants qui moururent dans le cours de cette année,
7771on
7772distinguait
7773:
7774i°
7775le
7776schérif Abou-Saïd-Hasan-ben-Ali-ben-Katadah-ben-Edris-
7777Hasani, émir de la Mecque.
7778Il eut pour successeurs dans cette dignité son
7779fils
7780Abou-Nemi,etson frère Edris; a° Melik-Sâleh-Ahmed-ben-Dâher-Gazi-ben-Nâser-
7781Iousouf-ben-Aïoub
7782, prince d’Aïntab
7783: il était âgé de cinquante et un ans; 3° Kemâl-
7784eddin'Abou-Mohammed-Abd-alwahid-ben-Abd-alkerim-Ansâri-Zamelkâni
7785, de la
7786secte
7787de
7788Schaféï
7789(63),
7790natif de Damas,
7791et
7792qui mourut dans cette ville (64);
7793d’un homme qui a été conjointement avec un autre , au
7794service d’un même maître. On
7795lit dans
7796la
7797Vie de Bibars (man. arab.
77988 o 3 ,
7799fol. 116 r°)
7800:
7801j
7802^LkUJîj IA»
7803« Le sultan avait avec cet homme des liens solides de confraternité et d’amitié. »
7804(62) Le texte porte ÜL^k^I
7805;
7806il faut
7807lire
7808:
7809làâJ
7810t
7811ou àVF*'-
7812Le mot wakfeli ‘isiàj, qui signifie, en général, une station
7813désigne, lorsqu’il s’agit du pèlerinage
7814de la Mecque, la station qui a lieu au mont Arafat. On lit dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
7815(tom. II, man. arab. 657, fol. 112 v°)
7816:
7817Ailleurs
7818(fol. 144 v°)
7819:
7820üsJ
7821üjjb LaJL
7822{jyï
7823bJ t
7824« La fête
7825eut lieu
7826(à la Mecque) le lundi, et au Caire
7827le
7828« dimanche. » Plus bas (fol. 255 r°)
7829: Lysr*!
7830'iséj) I (Voy. Burckhardt, Travels in Arabia, tom.
7831II
7832pag.
783346,
783448 >
783576)- Le verbe
7836<,
7837&3j
7838signifie faire la station au mont Arafat. On
7839lit chez l’historien
7840Askalâni (fol.
784125g r°)
7842: 0^«Jt ÜJJ
7843\jjSJ j
7844« Us firent
7845la station
7846le vendredi,
7847et
7848«jetèrent
7849les cailloux la nuit du samedi.» Le mot
7850^
7851en est le nom d’action. On
7852lit
7853(ibid.)
7854:
7855ïijxi
7856I
7857Le participe
7858v
7859àal
7860se rencontre dans un passage du Manhel-safi d’Abou’lma-
7861hâsen
7862(t. IV, man. arab.
7863q 5 o,
7864fol. 182 r°), où on
7865lit
7866: ïij.30 wàâtj
7867«Il
7868était en train de faire la
7869«station au mont Arafat.» Le mot
7870aas>j, employé pour désigner,
7871en
7872général,
7873la
7874fête du second
7875Baïram
7876, se rencontre dans un ouvrage turc d’Ali-schir. On y
7877lit
7878(Koulliati-Newaïi (t. II , fol. 767 r°)
7879:
7880<<C
7881’était
7882la
7883fête des victimes. » Et l’auteur
7884était alors dans
7885la
7886ville
7887de
7888Meschhed.
7889(63 ) Suivant le témoignage de l’historien Hasan-ben-Omar (man. arab. 688, fol. 6 v°)
7890,
7891ce per-
7892sonnage était surnommé
7893, non pas Zamelkâni, mais Ebn-Zamelkâni^ KLjJ
7894!
7895I. L’écrivain ajoute
7896que cet homme, dont il fait un pompeux éloge, était surtout habile dans la rhétorique et l’éloquence
7897^l~JI j
7898<3; qu’il avait rempli les fonctions de professeur
7899dans
7900la ville de
7901Balbek , celles de kadi à Sarkhad
7902, et qu’il faisait d’excellents vers.
7903(64)
7904Hasan-ben-Omar
7905(/oc . laud.) et Abou’lmahâsen (man. arab. 661,
7906fol. 164 v°) ajoutent à cette
7907liste le scheïkh Saad-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Mouwaïad-ben-Hamwaïh
7908, surnommé
7909Djouwaini
7910^sr-^i
7911, parce qu’il était natif du canton de Djouwaïn, dans
7912le Khorasan. C était un
7913homme savant, austère, zélé pour les pratiques de la vie religieuse, et profondément attaché aux
p. 74
7914HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
791546
79164° Djemâl-eddin-Abou’lkâsem-Abd-errahman-ben-Meki, natif de
7917la ville d’Alexan-
7918drie. C’était le petit-fds
7919du Hâfid Abou-Tâher-Selefî, et
7920il était l'oracle de son
7921siècle (65) sous le rapport des traditions (66).
7922A cette époque, Fâres-eddin-Aktaï, le djemdar, se trouvait au faîte des honneurs.
7923Les Mamlouks-Bahris le
7924reconnaissaient pour leur
7925chef,
7926et
7927se livraient
7928à de
7929dogmes des sofis.
7930Il voyagea en Syrie, en Égypte,
7931fit
7932le pèlerinage de la Mecque, et établit sa rési-
7933dence à Damas. Après avoir mené en Syrie la vie d’un fakir,
7934il retourna dans l’Orient, eut des entre-
7935vues avec l’empereur mongol, qui conçut de
7936lui une haute opinion,
7937et lui
7938fit présent de sommes
7939considérables.
794011 convertit à l’islamisme un grand nombre de Mongols. Retiré dans sa patrie,
7941il y
7942fit
7943construire un monastère ïLiülA, et tout auprès un tombeau wy. Ce
7944fut
7945là
7946qu’il mourut dans
7947les
7948exercices de la vie religieuse.
7949(65) Le texte porte
7950: ->L~^t Jl&
7951aJI
7952A3j. Dans un passage d’Abou’lmahâsen [Manhel-safi ,
7953tom. IV, man. y 5 o, fol. 87 v°) on
7954lit absolument les mêmes mots
7955:
7956I jis- aJI ^aM. Plus bas
7957(fol. 91
7958r°)
7959: îoIlJ ^3
7960Dans l’histoire d’Ebn-Khallikan (man. arab. 730, fol. 265 r°)
7961:
7962â>L.~.^l
7963^
7964Dans l’ouvrage d’Ahmed-Askalâni
7965(tom.
7966II, man.
7967arab.
796865 j,
7969fol. 170 r°)
7970:
7971|J- Le mot .iL-J qui signifie en général Yattribution, désigne, lors-
7972qu’il
7973s’agit de traditions musulmanes
7974: L’action d’indiquer par quelle bouche a passé chaque tradi-
7975tion, en remontantjusqu’à Mahomet. On lit dans le Tarifât : ALjAsdl JjyV, ^
7976I
7977àL.w))
7978!
7979AM
7980Lii.cs.. D’après
7981cela,
7982si je ne me trompe,
7983ces mots j,L aJ!
7984signifient
7985:
7986«
798711 possédait au plus haut point le talent de citer les traditions et d’indiquer leurs
7988« sources, et les témoignages sur lesquels se fondait leur authenticité. » De là s’est formé l’adjectif
7989,
7990signifiant
7991:
7992Celui qui connaît les traditions
7993, et indique leurs sources. On
7994lit dans YHistoire d’Égypte
7995d’Abou’lmahàsen (man. 661, fol 5 r°)
7996:
7997\j
7998jJ
7999!
8000^ « 11 était, sous le rapport des traditions,
8001«l’oracle de l’Égypte.» Plus
8002loin
8003(fol.
8004i3
8005v°)
8006:
8007JJ.—^
8008«L’oracle de l’Espagne.» Dans
8009le
8010Manhel-safi du même écrivain
8011(t. IV, fol. 37 v°)
8012:
8013^.AÜÎ. Ailleurs
8014(fol. 68 r°)
8015:
8016A*ol
8017I j
8018Lj _xJ
8019!
8020« 11 fut, après son père, l’oracle de l’Égypte.» Dans Y Histoire des hadis de
8021Sakhawi (man. arab. 690,
8022fol.
80234 v°)
8024:
8025aj'jJ!j icJiK « Il
8026fut élevé sous la
8027tutelle de sa mère,
8028*
8029« qui était une femme versée dans la science des traditions. » Le mot jJ~w est souvent employé comme
8030équivalent de
8031On
8032lit chez un écrivain arabe (man. arab. 1407, fol. 14 r°)
8033; JjJ,
8034l s
8035; et
8036la scholie explique le mot JjL_ en ces termes
8037: aL«
8038^
8039«C’est l’action de
8040«rapporter une tradition à celui de qui
8041elle émane.
8042» Dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man.
8043arab. 689, fol. 32 v°)
8044:
8045AL*.
8046aJ
8047« Il était un oracle en
8048fait de traditions. » Dans le
8049Manhel-safi d’Abou’lmahâsen (t. IV, fol. Zq v°)
8050: JlLJ!
8051ïjJIj
8052«Il égala son père, pour
8053» sa vaste connaissance des traditions. » Et plus bas (fol. 180 v°)
8054:
8055aJ
8056t
8057" É fut l’oracle
8058«de son siècle, en fait de traditions. »
p. 75
8059an 65a
8060( 1254 ).
8061I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
806247
8063graves désordres. Toutes les fois que cet officier montait à cheval pour se rendre
8064de sa maison au château , il avait devant lui une troupe de Mamlouks tout prêts
8065à exécuter ses ordres; et lui, recevait sans répugnance ces marques de respect.
8066Ses partisans enlevaient, de leurs propres mains, les richesses, les femmes, les
8067enfants
8068des particuliers, sans que personne pût les empêcher.
8069Ils pénétraient 241
8070dans
8071les
8072bains,
8073et en arrachaient les femmes par
8074violence.
8075Moézz
8076recueillait
8077Targent. Toutefois, ce prince
8078était fatigué de
8079la conduite d’Aktaï. Quelques-uns
8080de ses Mamlouks ayant concerté avec lui l’assassinat de cet officier, le mercredi,
8081troisième jour du mois de Scliaban, à l’heure de midi, Moëzz fit dire à Aktaï de
8082venir
8083le trouver au château de
8084la Montagne, attendu qu’il voulait le consulter
8085sur une affaire.
8086Aktaï
8087partit aussitôt, sans aucune pompe
8088et sans inquiétude.
8089Lorsqu’il eut franchi
8090la porte du château,
8091et
8092qu’il se dirigeait vers
8093la
8094salle des
8095colonnes
8096ï*ls
8097(67), on ferma
8098la porte,
8099et on empêcha
8100ses Mamlouks
8101d’entrer avec lui. A peine était-il arrivé dans le vestibule
8102, qu’il fut assailli
8103(66) Cette année, la hauteur primitive du Nil fut de cinq coudées huit doigts
8104; et la crue s’éleva à
8105dix-sept coudées dix-sept doigts (Abou’lmahâsen, fol.
8106i 65 r°).
8107(67) Le mot kaah tels désigne une salle.
8108Il
8109se trouve continuellement, avec cette signification,
8110dans la Description de
8111l’Égypte de Makrizi. Ainsi, dans sa notice sur le Château de la Montagne
8112(man. arab. 798, fol. 178 r°), on lit
8113:
8114olc-ls
8115.
8116.
8117.
8118« 11 bâtit des salles ornées de marbre. «
8119Ailleurs (man. 797,
8120fol. 377
8121r°)
8122: 'ij~f Üsl?
8123j^sô\
8124^ ^ « Dans l’enceinte du palais
8125« occidental , était comprise une grande salle. « Plus loin (fol. 388 v°), il parle d’une tente qui contenait
8126quatre
8127salles ol^ls
8128Dans
8129l’histoire de Nowaïri (man.
8130de Leide, 26 e
8131partie,
8132fol.
813349 v°)
8134:
8135ois '.3 ^
8136ii&La
8137«Il entra dans une des salles du
8138palais. »
8139Ailleurs
8140(fol. 68 v°)
8141:
8142AjlLsél ïs la 3
8143« il s’asseyait dans la mosquée Atik (la mosquée d’Amrou),
8144« dans la salle destinée au Khatib (prédicateur). » Et enfin
8145(fol. 169 v°)
8146:
8147A*1sb àslaj.5&
8148!
8149&,» 1^.3
8150« 11 fit bâtir, dans le château de la Montagne , une salle où
8151il venait tenir
8152« des conférences avec les jurisconsultes et les hommes vertueux. » Dans YHistoire d'Égypte d’Ebn-
8153Aïas (tom.
8154Il, man. 5 q 5 A, fol. ia 5 )
8155:
8156« H fit rebâtir la salle du Mekiâs.
8157>.
8158Ce mot
8159fait au
8160pluriel olsli ou ^L$. On
8161lit dans
8162l’ouvrage de Khalil-Dâheri (man. arab. 695,
8163fol. 245 v°)
8164:
8165LaX,wO
8166« Les salles destinées exclusivement pour leur habitation.
8167»
8168Ce terme existe encore aujourd’hui, avec la même signification. Voy. llussel
8169(History of Aleppo,
8170t.
81711 ,
8172pag. 3 i). Dans un passage de la Description de l'Égypte de Makrizi (man. arab. 673 C,
8173t. I, p. 49),
8174est employé pour désigner le lit d’un canal. On y lit
8175: A^la O-Jah
8176« Elle fit paver le
8177lit de ce
8178« courant d’eau. »
p. 76
817948
8180HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
8181par Koutouz, Béhadur et Sandjar-Gatmi
8182, qui avaient été apostés pour le tuer, et
8183qui le frappèrent de leurs épées jusqu’à ce qu’il expirât (68). Cependant le bruit
8184de sa mort se répandit dans le château et dans la ville du Caire. Ses partisans, au
8185nombre d’environ sept cents cavaliers, se présentèrent sous les murs du château.
8186Ils étaient persuadés que leur chef n’avait point été tué, mais seulement arrêté,
8187et qu’ils
8188obtiendraient de Moëzz sa
8189liberté. On
8190distinguait parmi eux Bibars-
8191Bondokdari, Kelaoun- Alfi
8192, Sonkor-asclikar,
8193Baiseri, Tenkez
8194et Beramek. Au
8195moment où
8196ils ne
8197s’y attendaient pas, Moëzz leur
8198fit jeter la tête d’Aktaï
8199qui
8200tomba devant eux. A
8201cette vue, tous
8202ces Mamlouks perdant courage,
8203se dis-
8204persèrent (69). Ils profitèrent de la nuit pour sortir du Caire , et mirent le feu à la
8205(68) Le nom de Fâres-eddin-Aktaï ^Ikil
8206est écrit chez les historiens
8207de plusieurs
8208manières.
8209Dans le manuscrit de Y Histoire AÉgypte d’Abou’lmahâsen (man. 661), on lit presque partout Akliâ
8210Lhsî. Mais, dans
8211le Manhel-safi du même auteur (tom.
82121 , man. 747,
8213fol. 209 r° et v°), ce mot est
8214écrit Aktaï; et les détails dans lesquels entre le biographe ne permettent pas de douter que ce ne soit
8215là
8216la véritable orthographe
8217: ce qui
8218est d’ailleurs confirmé par le témoignage de Makrizi et d’autres
8219écrivains.
8220(6g) Le texte porte
8221:
8222J-d ^ kiw. Le verbe doit
8223être lu au passif kiw. On peut voir, sur ce
8224sujet,
8225les observations de Hariri (Dorret-algavvas (man. arab. de Ducaurroy 45 ,
8226fol.
82273 g
8228r°). Cette
8229expression signifie tantôt perdre courage ,
8230rester interdit, et tantôt se repentir. Dans YHistoire de la
8231Conquête de Jérusalem
8232, par Imad-eddin-Isfahâni (man. 714, fol. 58 r°), on
8233lit
8234:
8235£ Jj ^ kiw
8236,
8237ainsi
8238que dans un passage de la Vie de Mahmoud par Otbi (man. ar. de Ducaurroy 27,
8239fol. 18 r°), et une
8240glose marginale explique cette locution par
8241« Il se repentit.» Dans le Kitab-assolouk de Makrizi
8242(man. arab. 672, pag. 646)
8243: 8^5 !
8244Jîj) ^ y
8245kiw
8246«Il resta interdit, et sentit que sa ruine
8247« approchait. » Dans l’Alcoran
8248(Surat. VII, v. 148)
8249:
8250kiw U
8251; et Zamakhschari explique ces
8252mots par le verbe
8253ç
8254JJ (Kaschschaf, tom. II, fol. 25 v°). Le verbe s’emploie également à la quatrième
8255forme. On lit dans le Sirat-arresoul (man. arab. 629,
8256fol. 109 r°)
8257: ^yü!
8258kiwi «Ce
8259«fait excita leur repentir. «Dans l’histoire d’Ebn-Djouzi (man. arab. 640,
8260fol. 20 r°)
8261:
8262kiwi
8263« Mohammed-Amin tomba dans le découragement. » Dans les poésies d’Omar-ben-Fâred
8264ci
8265(man. arab. 1479, f°L ^9 v°), on
8266lit
8267: ^Aj 3
8268kiwi
8269« La tristesse me jette dans le désespoir. »
8270_
8271"
8272'
8273ci
8274Et l’auteur du Commentaire donne cette explication 'yfsd _j
8275j
8276»lk=kl_j Jj 8Aj
8277kiwi. «Les
8278« mots £ AJ ^3 -kiwi signifient
8279: Ha bronché, il s’est trompé,
8280il s’est repenti, il est resté interdit . » Meïdâni,
8281dans son Recueil de proverbes arabes
8282(Proverb . 2167), s’exprime en ces termes
8283:
82848 Aj 3 kiw. Ces
8285mots
8286se disent proverbialement
8287d’un homme
8288qui
8289se
8290repent. Suivant
8291Akhfasch,
8292on
8293doit
8294dire
8295:
p. 77
8296an 652 (ia54)-
8297I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
829849
8299porte
8300des marchands
8301de
8302trèfle
8303^kiJàJI
8304v_jb
8305qui,
8306depuis
8307cette
8308époque,
8309a
8310conservé
8311le nom de Bcib-mahrouk
8312s
8313>LJî, c’est-à-dire porte brûlée (70).
8314Quelques-uns
8315d’entre
8316eux
8317se
8318rendirent
8319à
8320Karak
8321,
8322auprès
8323de
8324Melik-Mou-
8325ghitli;
8326d’autres
8327allèrent
8328à Damas,
8329trouver
8330Melik-]Nâser ;
8331d’autres
8332enfin
8333s’éta-
8334blirent dans
8335les
8336villes de
8337la province
8338de
8339Gaur,
8340à Balka,
8341à Karak,
8342à Schau-
8343bak, à Jérusalem, commettant des brigandages sur les roules, et se procurant
8344leur subsistance à
8345la pointe de leur épée. Douze des Mamlouks-Bahris
8346s’étant
8347engagés dans
8348le désert appelé Tih~ben i-lsraïl
8349aJ
8350, y errèrent à l’aven-
8351ture pendant
8352cinq
8353jours. Le
8354sixième,
8355ils aperçurent
8356de
8357loin
8358des débris vers
8359lesquels
8360ils
8361se
8362dirigèrent.
8363Ils
8364trouvèrent une grande
8365ville
8366(71) qui
8367avait
8368des
8369murailles et des portes bien solides, toutes construites de marbre
8370vert.
8371Ils par-
8372coururent
8373l’intérieur de
8374cette
8375cité, dont
8376le sable avait couvert
8377les rues
8378et
8379les
8380«s»Xj
8381(J, .Liuo. Au rapport d’Abou-Amrou, on ne doit pas employer kiwi à
8382la quatrième forme,
8383/
8384«lorsque l’agent n’est pas nommé
8385(c’est-à-dire au passif). Thcâleb est également de cet avis. Suivant
8386« Fera et Zadjadj
8387, on dit indifféremment kiw et
83882S JJ
8389kiwi, c’est-à-dire
8390: « 11 s’est repenti.» Mais,
8391« de l’avis du premier de ces écrivains, la forme kiw s’emploie plus fréquemment
8392,
8393et est meilleure.
8394«Suivant le témoignage d’Abou’lkâsem-Zadjadji
8395, la locution
8396kiw n’était point en usage
8397« avant l’Alcoran, les anciens Arabes ne la connaissaient point; et on la chercherait inutilement dans
8398«leurs poésies. Et une preuve atteste la vérité de cette assertion. Lorsque les poètes de l’Islamisme
8399« eurent connaissance de cette locution,
8400et voulurent s’en servir,
8401ils ne surent pas la véritable ma-
8402«nière de l’employer, attendu qu’elle ne leur était nullement familière. Le poète Abou-Nawas a dit
8403:
8404J W-* ^kiil ijÉi j
8405« Combien de
8406fois l’ivresse m’a ôté l’usage de mon esprit ».
8407« Abou-
8408/
8409« Nawas était un homme savant et habile. Toutefois il s’était trompé dans cette occasion. En
8410effet,
8411P
8412P
8413fi
8414„
8415O
8416P
8417>
8418«
8419#
8420#
8421m ?
8422#
8423*
8424O
8425« la forme
8426ne peut venir que d’un verbe actif. On ne peut pas dire
8427, ni
8428; mais
8429z
8430z
8431« on
8432doit employer la forme
8433^
84342
8435, s
8436et
8437,.3*
8438Au rapport d’Abou-Hâtem
8439, on peut dire
8440:
8441« SJo ^
8442kiw «Il
8443s’est
8444repenti.» Mais
8445c’est
8446là une erreur semblable à
8447celle d’Abou-Nawas. »
8448Meïdâni ajoute les observations suivantes
8449: « Le mot «Xj main, se trouve employé ici, attendu que
8450«l’homme qui se repent se mord les mains, et les frappe l’une contre l’autre en signe de tristesse,
8451« suivant ces expressions
8452: du jour où l’homme injuste se mordra les mains ; et celle-ci
8453: Il agitait ses
8454« mains de chagrin de la dépense qu’il avaitfaite. Et l’abattement des mains est devenu ici un symbole
8455« du repentir. »
8456(70) Makrizi
8457, dans sa Description de l’Égypte (man. arab. 797, fol. 3 1 5 r° et v°), répète absolument
8458les mêmes détails.
8459(71)
8460Makrizi, dans
8461sa Description de l’Égypte (man.
8462797,
8463fol.
8464169 v°), a reproduit les mêmes
8465détails. J’ai, dans un autre ouvrage, offert la traduction de ce morceau. Je n’ai pas besoin d’insister
8466ici pour faire comprendre que les ruines dont
8467il est question appartenaient à la ville de Petra.
8468I-
84697
p. 78
84705o
8471HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
8472maisons. Les vases et les vêtements, lorsqu’on les touchait, se décomposaient et
8473tombaient en poussière. On trouva dans des vases, qui avaient appartenu à un
8474marchand d étoffes, neuf pièces d’or, sur chacune desquelles était gravée la figure
8475d’une
8476gazelle entourée d’une
8477inscription en
8478lettres
8479hébraïques. Les Mamlouks
8480ayant creusé dans un endroit rencontrèrent un pavé qu’ils enlevèrent; au-dessous
8481était une eau plus fraîche que la neige,
8482et dont ils burent à longs
8483traits. Ayant
8484marche toute la nuit, ils rencontrèrent une troupe d’Arabes qui les conduisirent
8485à Karak. Là
8486ils présentèrent les pièces d’or à des changeurs, et l’un d’eux leur
8487dit
8488: « Cette monnaie a été frappée du temps de Moïse. » S’étant informés du nom
8489de la ville, ils apprirent que
8490c’était la cité verte
8491qui avait été bâtie à
8492242
8493l’époque où les enfants d’Israël erraient dans le désert; qu’elle avait éprouvé un
8494déluge de
8495sable, qui
8496tantôt augmentait
8497et tantôt diminuait,
8498et quelle
8499n’était
8500jamais rencontrée que par des voyageurs égarés dans le désert. On changea les
8501pièces d’or au cours de cent pièces d’argent pour chacune.
8502Cependant, parmi
8503les Mamlouks, Kaschtemur-Adjemi, Scharbasch-Adjemi,
8504Sandjâr-Havouk, Rokn-Farekâni, Sonkor-Djobaïli, Sonkor-Habischi Alkebir (le
8505grand), et Habisclii Assaghir(\e petit), qui avait rempli les fonctions de chambellan,
8506Saïkal, Gatmi, Belbân-Nedjmi
8507, Bekmesch-Masoudi, Abou-Aïbah, Némisi, Fakhr-
8508eddin-Mâma, Aïdemur-^crar/ar-Roumi, Sonkor-Rokni, Hosam, parent de Senkez,
8509Idgâdi-Fâresi, Belbân-Zohairi
8510, Sandjâr-Bedri, Ezdemur-Saifi, Ezdemur-Bawaschki,
8511mamlouk de Resclhd alkebir (le grand), Aïntâbi, Mostakâri, Sonkor-Bediwi, Aibek-
8512Schekâri, Idgâdi-Fitneh, Seïd-eddin-Aschal, Kholâni, Sandjar-Sekâri
8513, Matrouhi,
8514Aïbek-Fâresi, Aïas-Mokri, partirent accompagnés d’un grand nombre d’autres Mam-
8515louks d’un rang
8516inférieur qui étaient cljemdars
8517Sâléhis.
8518Ceux-ci
8519avaient pour
8520chefs l’émir Alem-eddin-Sandjâr-Baschkirdi, le plus habile et le plus intelligent
8521d’entre eux, et l’émir Schems-eddin-Sonkor-Djobaïli, qui passait pour le plus bel-
8522liqueux et le plus actifde tous VjlkdJLj
8523^^
85241 (72 ). Ils se rendirent auprès du
8525(7 1) Le mot arabe scbatir
8526qui a également
8527passé dans la
8528langue persane, se prend dans
8529deux significations. D’abord,
8530il désigne un brigand, un voleur. On
8531lit dans le Kitab-alagani (t. IV,
8532fol. 109 v°)
8533: jlhiJ
8534I
8535« 11 était associé avec les brigands. » Dans l’ouvrage biographique
8536d’Ebn-Khallikan (man. arab. 73o,
8537fol.
85382.26 v°), et dans Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man.
8539arab. 65 g,
8540fol.
8541i 45 v°), on trouve ces mots
8542:
8543«Il était brigand, et
8544volait
8545« sur les grands chemins. » De là s’est formé le verbejiaAo
8546, qui signifie
8547: se livrer au brigandage. On
8548lit dans le Kitab-alagani (Joe. laud.) :jU=.âJ!
8549J*A4V.J ^
8550« Il se livrait au brigandage, et
p. 79
8551an 652 (1254).
8552I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
85535i
8554sultan Ala-eddin
8555, prince du pays de Roum (l’Asie Mineure). Moëzz-Aïbek, ayant
8556appris de grand matin que
8557les Mamlouks-Bahris
8558avaient quitté
8559le
8560Caire,
8561fit
8562arrêter ceux qui étaient restés dans la ville, en punit de mort quelques-uns, et
8563jeta
8564les autres en prison.
8565Il
8566fit
8567saisir
8568leurs propriétés,
8569leurs
8570richesses, leurs
8571femmes, leurs serviteurs, s’empara de l’argent et des objets précieux (73), et des
8572« était Associé avec les voleurs.» Suivant
8573le
8574témoignage d’un voyageur portugais
8575, Tenreiro, qui
8576parcourait l’Orient dans le 16 e siècle
8577(ltlnerario
8578,
8579édit, de 1762, pag. 387),
8580les Bohémiens portent
8581en arabe le nom de Xatres. Et cette dénomination leur a sans doute été appliquée en raison des habi-
8582tudes de brigandage que ces vagabonds conservent dans tous les pays qu’ils habitent. Dans un passage
8583de
8584l ’ Anthologie arabe de Soïouti (man. arab. i568,
8585fol. 210
8586r°) cet écrivain emploie le motjb Là
8587dans le sens de criminel condamné à la mort. Parlant des Bohémiens qui remplissaient en Égypte les
8588fonctions de bourreaux,
8589il compte parmi les droits attribués à ces hommeSj Lk-Aj
8590î
8591v
8592J..w «La dé-
8593«pouille des criminels. » Ce qu’il explique ainsi
8594:
8595^ àds L>
8596«Lorsqu’un homme
8597était
8598étranglé,
8599tous
8600les
8601habits
8602qu’il
8603avait
8604sur
8605le
8606corps appartenaient
8607aux
8608« bourreaux. »
8609Le mot jJsli,, employé dans un autre sens,
8610désigne un homme habile ,
8611actif. Dans un passage
8612du Bostan de Sadi
8613(édit, de Calcutta, pag. 82), le mot jJslA. est expliqué par
8614Dans une
8615histoire de la ville de Kaïrowan (man.
8616arab. 762, fol. 60
8617v°), on
8618lit
8619:
8620J! ^JsLdJî U!
8621«Je suis un homme
8622habile, un vaurien; consulte, à cet égard,
8623les
8624« musiciens qui touchent
8625le mieux la
8626lyre
8627et le luth. »
8628Dans
8629la Vie du sultan Kelaoun (man.
8630de
8631Saint-Germain
8632118
8633bis) :jLLaJ!
8634« Les hommes sûrs et habiles.
8635» De là s’est formé
8636le substantif schetarah ly ÜiÂ
8637, qui signifie habileté , adresse. On
8638lit dans le Mesalek-alabsar (man.
8639arab. 583,
8640fol. 108 r°)
8641:
8642àià. j AjjLki.
8643\
8644^aJÎ —
8645«Saladin témoigna son
8646«étonnement de l’adresse de cet homme,
8647et de la rapidité de
8648ses mouvements. » Dans
8649le Roman
8650d'Antar (manuscrit,
8651t. 111,
8652fol. 108 r°), on lit
8653:
8654A3
8655«
865611 a montré son adresse. » Plus
8657loin
8658(fol.
86591 58)
8660: VjlkÂJi j
8661<J> “b
8662était accompagné de quarante
8663« esclaves, tous distingués par leurs talents pour l’équitation et leur adresse. » Et enfin
8664(fol. 278 v°)
8665:
8666ij 1-LaJ
8667i j
8668ïjji!
86691
8670plsu J
8671« 11 connaissait leur force et leur adresse. » Dans YHistoire des Mongols
8672de Raschid-eddin (man. pers. 68 À, fol. 357 v°), on lit
8673:
8674^!a5Î «L’audace et l’adresse.»
8675Le motj.kLb désigne encore: un coureur a pied, un messager. (Chardin, Voyages en Perse, tom. Il,
8676pag. 46, 47, 90. Fraser, Journey into Khorasan, pag.
86771 15, 297, 298. Mémoires du chevalier d Arvieux,
8678tom.
8679II
8680, pag. 539 et suiv. etc.) Dans le Voyage de Moquet (pag. 179) ce mo *: es *- écrit
8681Citere.
8682(73) Le mot hautah
8683signifie
8684: garde ,
8685surveillance
8686, et par suite
8687« Les précautions que
86881 011
8689« prend pour s’assurer d’une personne ou d’un objet qui se trouve sous la main de
86901 autorité.
8691» O11
8692lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (t. IV, fol. 82 v°)
8693: aL-sLax
8694« 11 fut chargé
8695«de saisir ses biens. » Plus loin (fol.
8696i3o
8697r°)
8698:
8699sJ!^*3j «Pendant
8700« la nuit, on
8701fit garder à vue les maisons de tous ces personnages. « Dans la Vie de Bibars (man. 8o3,
87027
8703-
p. 80
87045-2
8705HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
8706greniers
8707(74) qui leur appartenaient
8708^ 11^1 ^\. La confis-
8709cation des biens de Fâres-Aktaï
8710lui procura des sommes immenses. On
8711fit pro-
8712clamer dans les villes du Caire et de Fostat des menaces terribles contre ceux qui
8713fol.
8714ix
8715v°)
8716:
8717Lb^s. vJUs-*
8718vjXljt Uvb
8719«Cette propriété
8720était
8721saisie par
8722le
8723divan.
8724»
8725Dans
8726l’histoire
8727d’Ahmed-Askalâni
8728(t.
8729II, man.
8730arab. 657,
8731fol. i33
8732r°)
8733: ïbj=r^
8734alwjî
8735jifi ^J
87363
8737(J-* “W l’envoya dans
8738le Saïd, afin de s’assurer de la succession d’Omar.» Abou’lmahâsen
8739Hist. d’Égypte (m. 662, f. 40) s’exprime ainsi :
8740b ùJî ^Jl ïb^sr
87415
8742!
8743« Il l’envoya sous
8744« bonne garde en Égypte. Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (art.
8745àj ,L*w.9):
8746il \y= î ji L~
8747ibjsrfi « On saisit toutes ses richesses. » Et les mêmes mots se trouvent répétés dans
8748le Kitab-assolouh du même auteur (tom. 111,
8749fol.
87501 5). Le verbe bL*. à la quatrième et à la huitième
8751forme, ayant après lui
8752la préposition ^J.s> ou
8753>,
8754>
8755signifie
8756: s’assurer d’une chose , la saisir, la confis-
8757quer. On
8758lit
8759dans
8760l’histoire d’Ahmed-Askalâni (tom.
8761II,
8762fol.
8763141 v°)
8764:
87652jÎaj b,o^i
8766«O11 saisit sa
8767«maison. » Dans X Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 662,
8768fol. 40)
8769:
8770jbjJ! ^1
8771I
8772J.*;
8773«Il l’envoya en Égypte, après qu’on eut saisi tous ses biens. » Dans
8774la Description de l’Égypte par Makrizi (art.
8775iiM ^3 j b)
8776:
8777j <0^1
8778^
8779“ On saisit
8780«tous ses biens et ses effets. » Dans l’histoire d’Ahmed-Askalâni (tom.
8781Il,
8782fol. 23 v°)
8783:
8784bbad
8785^
8786« Il s’assura de leurs richesses. » Dans le Manliel-sdfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV, fol. 55 r°)
8787:
8788bLo>.î «Il saisit ses propriétés.» Plus loin
8789(fol. 146 r°)
8790:
87912
8792t^bLa-î. Dans
8793XHistoire d’Égypte du même auteur (man. 662,
8794fol. 38)
8795:
8796<Ü.& IbLar®
8797I j b jJ
8798t ^J!
8799«Il
8800«l’envoya, sous bonne garde, en Égypte. » Dans
8801l’histoire d’Ebn-Aias (man. arab. 5q5 A, tom. II,
8802fol.
880368)
8804:
88053
8806J^
8807j
8808!
8809“fi saisit tous
8810les chevaux qui
8811se
8812trouvaient
8813« dans la province de Scharkiah. ».
8814(74) Le mot schounah àojA, au
8815pluriel schouwcn
8816dans
8817le langage arabe de
8818l’Égypte,
8819désigne un
8820grenier. On
8821lit dans l’ouvrage de Khalil-Dâheri (man.
8822arab. 696,
8823fol. 61
8824r°)
8825:
8826LxLbLJI «Les greniers du sultan. » Ailleurs (fol. 248 v°)
8827:
8828‘•IjJshMj
8829«ydJl. Et plus loin (Ib. et 249)
8830on trouve la définition de
8831ces deux mots
8832: w>lb^.bîl j JbLd!
8833^*^0
8834L»
8835« On entend par le mot schouwen l’endroit où l’on dépose tout ce que l’on emploie habituellement
8836« de grains
8837, de bois, de paille , et autres objets semblables
8838; et le mot Ahra désigne les lieux destinés
8839“à tenir en réserve des
8840grains de toute
8841espèce, et que l’on n’ouvre qu’au moment où la nécessité
8842« l’exige. » On lit dans XHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 5q5 A
8843, tom. II,
8844fol.
88451 48
8846)
8847: ^j^
88483
8849.
8850«11 ordonna de livrer les greniers aux flammes. » Plus bas (fol. i5o)
8851:
8852|
8853fi
p. 81
885453
8855aN 652 (1254).
8856I. MEL 1K-M 0 ËZZ-AÏBEK.
8857cacheraient un Mamlouk-Bahri. Dès ce moment, Melik-Moëzz se trouva vérita-
8858blement
8859le maître.
8860Il réunit au domaine du sultan la ville
8861d’Alexandrie.
886211
8863di-
8864minua une partie des droits et des contributions vexatoires qu’il avait récemment
8865établies.
8866Cependant,
8867les Mamlouks-Bahris, parmi lesquels se trouvaient Rokn-eddin-
8868Bibars-Bondokdâri, Seïf-eddm-Belbân-Reschidi, Izz-eddin-Ezdemur-Saïfi, Schems-
8869eddin-Sonkor-aschkar, Seïf-eddin-Scheker, Seïf-eddin-Kelaoun
8870,
8871et Bedr-eddin-
8872Baïseri, étant arrivés à Gazali, écrivirent à Melik-Nâser
8873qu’ils étaient disposés à
8874entrer à son service. Ce prince ayant accueilli leurs propositions,
8875ils firent des
8876courses sur les terres des Francs, dans le Sahel (la Phénicie), et portèrent partout
8877le carnage et la dévastation. Lorsqu’ils furent arrivés à peu de distance de Damas,
8878Melik-Nâser
8879sortit à
8880leur rencontre,
8881les
8882revêtit
8883de
8884robes d’honneur,
8885et leur
8886distribua de magnifiques présents.
8887Ils pressaient ce prince de tenter la conquête
8888de l’Egypte; mais Nâser
888911 e répondait
8890à leurs sollicitations que par des paroles
8891évasives.
8892Sur ces entrefaites, Moëzz, qui redoutait l’audace de ces Mamlouks, écrivit à
8893Nâser, pour lui inspirer des soupçons contre eux, et lui faire croire
8894qu’il avait
8895tout à craindre de leurs inclinations perverses. Nâser, de son côté, redemanda à
8896Moëzz les villes du Sahel, dont il s’était emparé, à cause des Bahris, attendu qu’elles
8897faisaient partie de leurs
8898fiefs. Moëzz les restitua à Nâser; celui-ci assura à chacun
8899le bénéfice militaire qui lui appartenait
8900,
8901et en
8902confirma
8903la
8904donation par
8905des
8906diplômes délivrés en son nom aux Bahris.
8907En même temps, Moëzz écrivit au sultan du pays de Roum que les Bahris
8908j
8909«Ils se rendirent aux greniers de froment, situés à
8910Fostat et à Boulait.» Et
8911enfin
8912(fol. 167)
8913: LjÜiLJI
8914î
8915îi" «L’écrivain chargé
8916d’enregistrer l’orge dans
8917les
8918« greniers du sultan. » Le pluriel
8919se trouve aussi dans l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan
8920(man. 730,
8921fol. 277
8922r°). Ce mot n’a point été inconnu aux voyageurs européens. Dans l’ouvrage de
8923Prosper-Alpin
8924(Historia Ægypti naturalis, pag. 21), 011
8925lit
8926:
8927« Horreum Sone nuncupatum.
8928» Dans
8929le
8930Traité des revenus de l’Egypte de Séquezzi
8931(Relations véritables et curieuses de Vile de Madagascar,
89322 e partie, pag. 87), ce mot est écrit sorna
8933(souna). Le même
8934terme se
8935trouve également dans la
8936Relation de Yansleb (pag.
8937i 3 o), où il est écrit scione. Dans celle du P. Sicard
8938(Mémoires des Missions,
8939tom. II, pag. 161, 162)
8940, on
8941lit chouné. Et ce missionnaire en parle en ces termes
8942: « Je me rendis à
8943« la chouné
8944,
8945c’est-à-dire au magasin public du froment et des légumes. Les chounés sont de grandes
8946«cours fermées, où les grains sont exposés en divers monceaux,
8947et entassés à l’air. Des enfants à
8948« gage y font sentinelle
8949le long du jour contre une armée d’oiseaux que ces grains attirent de toutes
8950« parts
8951,
8952etc. »
p. 82
8953HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
895454
8955étaient des hommes mal famés, méprisables
8956i
8957(75), qui ne se
8958montraient jamais fidèles à leurs serments, et refusaient de se soumettre à l’au-
8959torité d’aucun maître.
8960Il ajoutait
8961: «Si vous leur donnez une amnistie,
8962ils vous
8963«tromperont. Si vous leur demandez un serment, ils y manqueront. Si vous leur
8964«témoignez de la confiance,
8965ils y répondront par la perfidie. Prenez donc bien
8966«vos précautions à leur égard. En effet, ce sont des hommes fourbes
8967, artificieux
8968,
8969«menteurs; et je crains qu’ils ne trament contre vous quelque complot.» Cette
8970lettre porta l’inquiétude dans lame du sultan de Roum.
8971Il manda les Mamlouks
8972,
8973qui étaient au nombre de cent trente cavaliers, et leur dit
8974: « Émirs, quel motif
8975« avez-vous eu de vous plaindre de votre maître ? » L’émir Alem-eddin-Sandjâr-
8976Baschkirdi, s’avançant hors des rangs,
8977dit au prince
8978; «Notre seigneur, quel est,
8979«suivant vous, notre maître?» Le sultan dit: «C’est Melik-Moëzz, souverain de
8980« l’Égypte. » L’émir répondit
8981: « Que dieu protège les jours de notre seigneur
8982le
8983«sultan.
8984Si Melik-Moëzz a dit dans sa lettre qu’il est notre maître, certes
8985il s’est
8986« trompé.
8987Il
8988n’était
8989autre que notre
8990collègue.
8991C’est nous qui
8992lui avons déféré
8993« l’autorité, tandis que nous avions au milieu de nous des hommes plus âgés, d’un
8994« rang plus distingué, plus belliqueux,
8995et plus dignes de l’empire. Pour récom-
8996« pense,
8997il a fait égorger, emprisonner, ou noyer une partie des nôtres. Aussi, pour
8998«échapper à sa fureur, nous avons pris la fuite, et nous sommes répandus dans
8999«différentes
9000contrées. Et, quant à nous autres,
9001c’est auprès de vous que nous
9002«sommes venus chercher un asile. » Cette réponse plut au sultan
9003, qui admit les
9004Mamlouks à son service.
9005Cette même année,
9006la paix fut conclue entre Melik-Nâser et les Francs, pos-
9007sesseurs
9008d’Akka
9009, pour un
9010espace de deux ans
9011six mois
9012et quarante jours ,
9013à
9014(75 ) Le mot
9015pluriel atraf s
9016, qui signifie, en général,
9017les extrémités,
9018désigne quelquefois
9019des hommes vils
9020ou des hommes d’une condition inférieure. On
9021lit dans les Addilcimenta ad historiam
9022‘£
9023Arahum (pag. 81 )
9024: ij»aJ!
9025J.s
9026I
9027^ ^ « Il était au nombre des hommes de la basse classe,
9028«dans
9029la
9030ville de Basrah. » Dans
9031le Kdtnel d’Ebn-Athir (tom. VII, pag.
9032333):
9033«Un homme de
9034la plus basse classe. « Dans le Manliel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV, man.
9035arab. 750 , fol. 5 r°)
9036:
9037iJL A7^4 1 ^XLfl ^55
9038y
9039^
9040« Il était du nombre des
9041«hommes d’une condition inférieure, que Melik-Mouwaïad-Scheïkh avait élevés en honneur.» Et
9042dans
9043l’histoire de Nowaïri (man.
9044arab. de Leide,
9045fol.
904619
9047r°)
9048: «Lo'iü _j
9049j
9050AÜJ!
9051y
9052« Ils évitaient la société des jurisconsultes, des savants, des
9053«littérateurs,
9054des hommes
9055habiles;
9056et ne recherchaient,
9057dans chaque
9058ville, que
9059la
9060société
9061des
9062« hommes de la plus basse classe.
9063»
p. 83
906455
9065an 65 a
9066(1254).
9067I. MELIK-MOËZZ- AÏBEK.
9068partir du
9069premier jour de
9070Moharram. On convint
9071que
9072les Francs
9073auraient
9074pour tributaire
9075(76) le pays qui s’étend depuis le scheriah
9076I
9077, c’est-à-dire le
9078Jourdain. Les deux partis jurèrent l’observation de ce
9079traité. Cependant, Melik-
9080Moëzz concéda à l’émir Ala-eddin-ïdgâdi-Fehri la ville de Damiette, en sus des
9081autres fiefs qu’il possédait déjà. Le produit de cette place s’élevait alors à trente
9082mille pièces d’or. Bientôt après, ce prince sortit du château de la montagne à la
9083tête de ses troupes,
9084et
9085vint camper
9086à Bârideh
9087ib.LJ!
9088(77), dans
9089le voisinage
9090(76) Le mot garam ou gor/n
9091, çjd ou p.& en arabe, signifie souvent une taxe , un tribut. Dans un
9092vers transcrit par Khalil-Dâheri , on
9093lit ces mots
9094(fol. 278
9095r°)
9096:
9097Y
9098I
9099aJ
9100]j)jS
9101«Dites-lui
9102qu’il paye,
9103pour
9104l’Egypte,
9105un
9106tribut
9107sans
9108difficulté.
9109» Le
9110mot garam
9111est employé
9112avec la même signification à Tunis (Maggill, Voyage à Tunis
9113,
9114pag.
911535 ); à Alger
9116(Nachrichten über
9117die Algierschen staal, tom. III, pag. 24
9118; Pananti, Relation cVun séjour à Alger, pag. 278; Mémoires
9119du chevalier d’Arvieux , tom. V, pag. 267), et à Maroc (Journey to Mequinez, pag. 70; Relations des
9120voyages à Maroc , pag. 73, 123
9121; Pidou de Saint-Olon,
9122Relation de Maroc, pag.
912319; Relation de
9124l’affaire
9125de Larache
9126,
9127pag.
9128101,
9129346, 366 ). Voyez
9130aussi Sousa
9131( Vesligios
9132etc.,
9133pag.
9134101),
9135et
9136Cobarruvias
9137( Tesoro
9138,
9139etc.,
9140folio
91414
9142'
91433 o). Le mot rnagram
9144a aussi en
9145arabe le sens de
9146contri-
9147bution, impôt. On
9148lit dans les Prolégomènes d’Ebn-Khaldoun
9149(fol. 53
9150r°)
9151:
9152plsijî
9153«Ce qui concerne
9154les impôts et les contributions. » Plus loin (ibid.):
9155plsij! ^
9156I)i~» j «Car les impôts et les contributions sont un signe de vexation et de faiblesse. » Ailleurs (ib.)
9157:
9158U!
9159p»
9160^Ja
9161pLsUl
9162“H s payaient des impôts aux
9163rois du temps des-
9164« quels ils vivaient.» Et enfin (fol. 55 v°)
9165: Upc»
9166Ajji-cklj L «Ce
9167qu’ils en-
9168« lèvent aux hommes par voie de pillage ou d’impôt,
9169» Dans
9170le Kitab-assolouk de Makrizi (tom.
9171Il,
9172fol.
917334 o
9174v°)
9175^a
9176vJkô-X».
9177pLij! JLkib
9178«On proclama
9179« l’abolition des droits qui avaient été établis sur les barques pour servir à la construction des ponts. »
9180Le mot gârem pl& signifie quelquefois
9181: Celui qui paye un tribut, une contribution. On lit dans les
9182Prolégomènes, d’Ebn-Khaldoun (fol. 53 r°)
9183:
9184jJ jJ
9185I L-ks
9186! U
9187îJidl' «Les tribus qui payent un impôt, lorsqu’elles ont consenti à l’acquitter, se sont soumises à
9188« l’humiliation. » Le verbe p&
9189, à la quatrième forme, signifie
9190: Soumettre quelqu'un à un tribut , à
9191une contribution. On lit dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom.
9192II,
9193fol. 56 r°)
9194jO
9195<Lo
9196|
9197»
9198<5-
9199^
9200)jfS
9201« Il
9202le condamna
9203à payer une somme
9204considérable. » Dans
9205l’ouvrage biographique d’Ebn-
9206Khallikan(f. 443 , v°)
9207:
9208»
9209süï
9210.
9211<b~. A,»j.iî «Il
92121’ imposa à six millions de pièces d’argent. »
9213(77) Le nom de cette ville
9214est écrit de plusieurs manières. Tantôt on
9215lit Wârideh itajhJî
9216(voy.
9217Mémoires géographiques sur l’Égypte,
9218t.
9219I, p. 53 ); et plus souvent Wârredeh
9220!. Khalil-Dâheri
9221(f. 238 v») indiquant les relais de la poste aux pigeons, tels qu’ils étaient placés sur le chemin de la
9222Syrie
9223,
9224indique Belbeïs
9225,
9226Sâléhieh
9227,
9228Katïa et Warrâdeh. Lorsque
9229l’on transportait
9230des charges de
9231neige, de la Syrie au Caire (ibid.,
9232fol. 240 r°)
9233, on se rendait d’Alarisch à Warrâdeh. Le même nom
p. 84
923456
9235HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
9236d’Abbaseh L-LjJI.
9237Il craignait les entreprises des Bahris, qui étaient alors postés
9238près d’Aoudja U.jjJI (78 ).
9239Cette même année, Melik-Moëzz exila dans
9240les contrées soumises à Lascaris
9241(l’empire grec) Aschraf-Mousa, fds de Nâser-Iousouf. A cette époque,
9242le scheïkh
9243Nedjm-eddin, fds d’Abd-esselam
9244, professa dans
9245le collège Sâléhi. Sur ces
9246entre-
9247faites, on vit arriver à Damas le schérif Izz-eddin-Abou’lfotouh-Mountadah
9248, fds
9249d’Abou-Tâleb.
9250.
9251. Hosaïni. Il amenait avec luila princesse
9252Melikah-Kliatoun,
9253244
9254fdle du
9255sultan Ala-eddin-Kaïkobad ,
9256souverain du pays
9257de Roum;
9258elle devait
9259épouser Melik-Nâser-Iousouf. Elle fut présentée à ce prince (79), qui
9260l’accueillit
9261avec
9262la plus liante
9263distinction
9264, et déploya dans
9265le
9266festin nuptial une extrême
9267magnificence. Vers ce même temps, un feu qui parut dans la ville d’Aden, porta
9268l’effroi dans tous les cœurs. Melik-Mansour choisit pour kadi de la ville de Hamah
9269Schems-eddin-Ibrahim-ben-Hibet-Allali-Barezi.
9270Il succédait à Mohii-Hamzah-ben-
9271Mohammed. Cette année vit mourir le roi des Tatars, Sartak-Khan fds (arrière-petit-
9272fils) de Djenghiz-Khan
9273, après un règne d’un an et quelques mois.
9274Il eut pour suc-
9275cesseur Berekeh-Khan
9276, fds de Batou-Khan
9277, petit-fils de Dousclii-Khan , et arrière-
9278petit-fils de Djenghiz-Khan. Le nouveau prince embrassa l’islamisme,
9279fit fleurir
9280dans ses Étals la religion musulmane, fonda des collèges, et combla d’honneurs les
9281théologiens. Son épouse, nommée Djedjek adopta les mêmes principes religieux, et
9282se retrouve encore dans le même ouvrage (fol. 242 v°)
9283, en parlant de la poste -XJj.J ! qui partait du
9284château de la montagne et se dirigeait vers la Syrie. On
9285lit dans
9286l’histoire de Nowaïri (26
9287e
9288partie,
9289man. de Leide,
9290fol. 160 r°)
9291: «Après
9292la mort de Melik-Kâmel, Melik-Nâser-Daoud s’étant emparé
9293«de Gazah
9294et de la côte de Syrie
9295poussa ses incursions jusqu’à Warrâdeh,
9296et renversa
9297le
9298« colombier qui se trouvait dans cette ville. » Makrizi nous apprend (Description de l’Egypte, man. 797,
9299fol. 181 v°) que Warrâdeh ï-d^Jî était à dix-huit milles d’Alarisch. Un lieu nommé Omm-albdrid, est
9300indiqué dans un passage de Nowaïri. On y lit (fol. 201
9301r°)
9302: IwLxJî
9303w\4* j^U! ç\ J* Jjp
9304«11 vint
9305«camper à Omm-albarid, non loin d’Abbaseh.» On pourrait
9306croire que
9307la
9308leçon
9309est fautive,
9310et
9311qu’il faut lire
9312:
9313v
9314j.x)
9315î
9316, Omm-alarab. Car Makrizi
9317(loc . laud.) place un lieu de ce nom près d’Ab-
9318baseh et de Warrâdeh. Mais Omm-albârid se trouve indiqué ailleurs. Aboulmahâsen (man. ar. 661,
9319fol.
9320i 5 g v°)
9321fait mention d’un lieu nommé Bir-alkâdi
9322(le puits du kadi), situé entre
9323Warrâdeh et Alarisch
9324, qui devait former la frontière de la Syrie et de l’Égypte.
9325(78) Imad-eddin-Isfahâni
9326fait mention (man. 714,
9327fol. 265 v°) de la rivière d’Aoudja L^*J!
9328qui
9329n’était pas éloignée
9330de la
9331ville
9332d’Arsouf.
9333Il en est également parlé dans
9334l’histoire de Novaïri
9335(26
9336e partie
9337, man. de Leide,
9338fol.
9339171
9340r°).
9341(79)
9342Je lis
9343: aJI 'JL&js
9344, au lieu de vJUSyL
p. 85
9345ait 65 ^
9346(1254).
9347I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
9348$7
9349lit
9350disposer, pour son
9351usage, une mosquée formée d’une tente. Elle employa,
9352pour
9353cet
9354effet,
9355le
9356ministère
9357du
9358scheikh
9359Nedjm-eddin-Kebra.
9360Medj-eddin-Abou’lbarakat-Abd-asselam-ben-Abd-aïlali ... de la ville de Harran
9361de la secte des Hanbalis, mourut cette année, à lage de soixante et deux ans (80);
9362Kemâl-eddin-Abou-Sâlem-Mohammed-ben-Alimed.
9363. .de
9364la
9365ville de Nisibin, de
9366la secte de Schafeï, Khatib (prédicateur) de Damas, mourut à Alep, au moment
9367où
9368il venait de faire le voyage du Caire (8r).
9369Cette même année (82), la Mecque fut prise sans combat par le schérif Radjib-
9370ben-Djemaz-ben-Hasan. Au mois de Rebi cnval (Rebi premier), son
9371fils Gânem
9372s’empara de
9373la même
9374ville, sans coup
9375férir. Au mois
9376de Scbewal,
9377le schérif
9378Abou-Nemi,
9379et le schérif Edris, prirent les armes,
9380attaquèrent Gânem,
9381et
9382se
9383mirent en possession de
9384la Mecque. Mais, le vingt-cinquième jour du mois de
9385Dhou’lkadah, Bârez-ben-Ali-ben-Bertas, arriva du Yémen, attaqua et vainquit les
9386deux schérifs, et présida aux cérémonies du pèlerinage.
9387L’émir
9388Izz-eddin-Aïbek-Afram-Sâléhi
9389s’étant
9390retiré dans
9391le Saïd,
9392réunit
9393les
9394XîT
9395Arabes,
9396et annonça hautement le
9397dessein
9398de
9399se
9400soustraire à l’obéissance
9401de
9402''
9403>
9404)
9405>
9406Melik-Moëzz. Celui-ci envoya des troupes sous
9407les ordres du vizir Asad-Scherf-
9408eddin-Haibizi,
9409qui parvint
9410à
9411pacifier
9412la
9413province.
9414Cependant
9415Melik-IVâser
9416fit
9417marcher contre l’Egypte un corps d’armée, dans lequel se trouvaient les Mamiouks-
9418Bahris, savoir
9419: l’émir Seïf-eddin-Belbân-Raschidi , Izz-eddin-Ezdemur, Scbems-
9420eddin-Sonkor-Roumi, Schems-eddin-Sonkor-aschkar, Bedr-eddin-Beïsari
9421, Seïf-
9422eddin-Kelaoun
9423, Seïf-eddin-Belbàn-Masoudi
9424, Rokn-eddin-Bibars-Bondokdari
9425, et
9426plusieurs
9427autres Mamlouks, qui
9428avaient appartenu
9429à Fâres-Aktaï.
9430Celte même
9431(80) Au rapport d’Abou’Imahàsen (man. 661,
9432fol.
9433i 65 r°) ce personnage
9434était né vers
9435l’an 570
9436(1174 de J. C.).
943711 avait, dans sa jeunesse, étudié la jurisprudence sous son oncle paternel le Khatib
9438(prédicateur)
9439Izz-eddin.
9440Il
9441excellait dans
9442cette
9443science
9444aussi bien que dans
9445celle des
9446traditions,
9447il avait beaucoup voyagé, et rempli, à plusieurs
9448reprises, les fonctions
9449de professeur.
945011 mourut
9451dans la ville de Harran, sa patrie, le jour de la rupture du jeûne
9452çj).
9453(81) Au rapport de Hasan-ben-Omar (man. 688, fol. 7 v°, 8 r°), cet homme, qui excellait dans la
9454jurisprudence
9455et d’autres sciences,
9456qui
9457écrivait également
9458bien en prose et en vers,
9459avait fait
9460le
9461voyage'de Nisabour, et parcouru diverses contrées.
946211 avait ensuite fixé sa résidence à Damas, où
9463il
9464remplit
9465les fonctions de prédicateur, dans
9466la grande mosquée de
9467cette
9468ville.
9469De là
9470il
9471retourna
9472à
9473Nisibin,
9474sa patrie, où
9475il
9476fut promu au rang de kadi;
9477et enfin,
9478il se rendit à Alep, où
9479il séjourna
9480jusqu’à sa mort.
9481^82) Au rapport d’Abou’lmahâsen
9482, cette année
9483, la hauteur primitive du Nil fut de quatre coudées,
9484six doigts; et la crue s’éleva à dix-sept coudées, douze doigts.
9485I.
94868
p. 86
948758
9488HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
9489année, Melik-Moëzz fit arrêter l’émir Ala-eddin-Idgâdi-Azizi, Fâres-Aktaï-Azizi et
9490Fâres-Aktaï l’Atabek. Le premier
9491fut mis à mort par ordre du
9492sultan, Akesch-
9493Rokni parvint à s’échapper.
9494Melik-Moëzz ordonna, par un édit, que les femmes ne sortissent pas de leurs
9495maisons, et qu’aucun homme ne parût en
9496public sans robe de dessus
9497U.
9498Abou’lbosaïn-Djezzar fit, à cette occasion
9499, les vers suivants
9500:
9501«Melik Moëzz
9502s’est montré sévère envers ses sujets, et les a astreints aux lois
9503«que l’honneur réclame;
9504« 11
9505a préservé leurs femmes de toute insulte,
9506et les a revêtus eux-mêmes des
9507«caleçons, symbole de la noblesse
9508t
9509(83).
9510>83) Le mot fotoiuveh
9511ïj*9
9512signifie, d’abord,
9513la jeunesse ,
9514et ensuite,
9515la générosité. Mais
9516ici,
9517comme dans beaucoup d’autres passages,
9518il doit se prendre dans un sens
9519particulier, probablement
9520celui de prééminence, excellence
9521, noblesse. On lit dans l’ouvrage de notre historien (man.
9522arab. 672,
9523pag. 110):
9524îLjtàj
95251
9526j
9527ÂjLisr^
9528ïj*.â)!
95291
9530«Les rois des
9531«différentes
9532contrées burent, en l’honneur du khalife Nàser,
9533la coupe, symbole de
9534la noblesse, et
9535«revêtirent les caleçons, marques de la noblesse. « Plus loin (pag.
9536140)': VjXâJI
9537^p,J
9538«
9539Il
9540revêtit
9541les caleçons, symboles de
9542la prééminence.
9543» Ailleurs (pag. 3oi)
9544:
9545« 11
9546revêtit
9547les
9548« habits, signes de la noblesse. » Et enfin (pag. 3o4)
9549: VyJU!
9550.
9551.
9552. 1^1
9553S As
9554« Il revêtit plusieurs
9555« émirs.
9556. .des habits, symboles de la noblesse.» Suivant l’auteur de la Vie du sultan Melik-Aschraf
9557(de mon manuscrit,
9558f. 92 r° et v°, et 9 3 r°) «Le scheïkh Abd-alhamid arriva en ambassade, de la part
9559« d’Ala-eddin-Hakkâri
9560, l’un des plus puissants princes curdes. Celui-ci priait le sultan de lui envoyer
9561« l’habit, marque de la noblesse
9562^>L3, et de lui permettre d’en revêtir ses émirs, les membres
9563« des tribus, et les habitants de toutes ces montagnes. En effet, disait-il, tous ont pour
9564la noblesse
9565« et ses vêtements le plus grand amour ,.chacun d’entre eux ne jure que par les droits de la noblesse
9566:
9567« et parmi ceux qui ont fait ce serment,
9568il n’en est presque pas qui prononce jamais un mensonge. »
9569« Il priait le sultan, lorsqu’il leur aurait accordé la noblesse'ifi^s , de leur envoyer l’habit, qui consistait
9570«en une tunique
9571une robe ^J-J, etc. Le sultan
9572fit mettre ces vêtements dans un coffre fermé
9573«par une serrure d’argent. Ils étaient de
9574satin, parfumés d’ambre
9575et de musc,
9576et attachés par un
9577«cordon ïCj‘ de soie. Abd-alhamid reçut l’autorisation de revêtir le prince de ces habits. La
9578lettre
9579« qui accompagnait ce présent commençait par ces mots
9580:
9581J!
9582j;iJ!
9583Ajsr
95841
9585!
9586«tbJ! VLJ
9587v
9588£yAj
9589« Louange à Dieu, qui a uni les généalogies de la noblesse aux plus augustes
9590«prérogatives de la prophétie. » Enfin, on
9591lit, plus bas, en
9592parlant du sultan
9593(fol. 96 v°, 97 r°):
9594«
9595^ ^
9596I
9597-filb
9598p
95991
9600t
9601I
9602î
9603'
9604L
9605^
9606A
9607'
9608°
9609v
9610J L.***^. ^
9611\ j
9612« Celui qui a hérité du prince des croyants, Ali,
9613fils d’Abou-Tâleb
9614, l’honneur de la
9615« noblesse, la gloire d’une généalogie illustre. » Ces passages semblent prouver, je crois, que
9616les mots
9617ïfiis.) I ^L)
9618, ïjXâJI^.0 et d’autres du même genre, ne désignent pas simplement des habits magni-
9619fiques, une coupe magnifique
9620etc.; mais que
9621le terme ï A3
9622indique d’une manière spéciale Les pré-
p. 87
9623an 653
9624(ia55).
96251. MEï.l K-MOËZZ- A ÏBEK.
96265q
9627Cette même année, Nàser-Daoud,
9628fils de Moaddam-Isa, se rendit à Bagdad,
9629pour réclamer les pierreries qu’il avait déposées entre les mains du khalife, et dont
9630la valeur s’élevait à cent mille pièces d’or. Voyant qu’on retardait de jour en jour
9631cette restitution, il prit la route du Hédjaz, et alla chercher des intercesseurs qui
9632sollicitassent auprès du khalife
9633la remise du dépôt. Mais, lorsqu’il lut de retour
9634dans l’Irak, on lui rendit, en échange de ses pierreries, une somme insignifiante,
9635et on le renvoya en Syrie.
9636rogatives de celui qui appartenait par quelque lien à la famille de Mahomet. Et
9637, en effet , nous voyons
9638dans plusieurs passages le mot ‘ifèi employé, pour ainsi dire
9639, comme synonyme de
9640(prophétie).
9641Dans
9642le
9643Hahib-assiiar de Khondemir (tom.
9644II,
9645fol.
964646 r°)j Mohammed,
9647le neuvième Imam,
9648est
9649appelé
9650«Le
9651rejeton
9652du
9653parterre
9654de
9655la
9656noblesse.»
9657Et
9658ailleurs (tome
9659S1I,
9660fol. 366
9661r°), on
9662lit
9663:
9664vJb’j.-S ï&sf5
9665ÿjs. «Le vizir de la prophétie, le sultan du
9666«trône de
9667la
9668noblesse.»
966911
9670paraît donc
9671cpie
9672ce mot
9673correspond,
9674en quelque manière,
9675à
9676celui
9677de
9678vilaïet
9679sainteté.
9680D’ailleurs
9681nous
9682apprenons du
9683continuateur
9684d’Elmaein
9685(manuscrit
9686arabe 619,
9687folio
96887
9689verso) «que le sultan Bibars-Bondokdari
9690désirait ardemment recevoir
9691le vê-
9692« tement de la noblesse Oja&JI ^a>LJ
9693, et que le khalife Abasside le
9694lui accorda avant son départ. »
9695Suivant
9696l’assertion du même
9697écrivain,
9698la
9699noblesse
9700'ifè9
9701passa immédiatement
9702du
9703khalife
9704Ali
9705à
9706Selmân-Fârsi, et après quelques degrés intermédiaires, au fameux Abou-Moslem
9707,
9708etc. Au rapport
9709de l’historien de la famille d’Ali (Omdat-attalib
9710, manuscrit arab. 636,
9711fol. 101
9712r°)
9713: « Le nakib Tadj-
9714« eddin-Mohammed était chargé exclusivement de conférer le vêtement de la noblesse
9715«
9716Tous les membres de sa
9717famille
9718le regardaient comme leur chef, et lui obéissaient avec une
9719« soumission sans bornes; cette prérogative était dévolue à la branche de Maiali
9720depuis
9721le règne
9722«du
9723khalife
9724Nâser-li-din-allah. »
9725L’auteur
9726ajoute
9727(ibid.
9728v°). en
9729parlant du même
9730Tadj-eddin
9731:
9732.v)
9733I
9734'
97353 ^
9736.9.^ î
9737^ -X-J 3 ji
9738c.
9739àiy,
9740^^>La)
9741AaJÎ
9742«L était
9743«lui qui, sans aucune contradiction, avait
9744le privilège de conférer le khirkah (l’habit) des sofis.
9745Il
9746«ne pouvait
9747être donné que par
9748lui ou par l’un de ceux qui lui étaient attachés. » Ces passages,
9749rapprochés les uns des autres, pourraient faire croire que parles mots 'ifèsô
9750I ^oU
9751,
9752il faut entendre
9753le vêtement des sofis, dont ces sectaires prétendaient faire remonter l’origine jusqu’à Ali,
9754fils d’Abi-
9755Tâleb. Mais, dans les textes cités, ces deux genres d’habits sont évidemment distingués l’un de l’autre.
9756On peut donc admettre, si je ne me trompe, que le mot 'if.3 désignait
9757, d’une manière spéciale, «l’ex-
9758cellence, la noblesse, les prérogatives éminentes, qui étaient l’attribut de la famille du Prophète
9759, et
9760«auxquelles participaient,
9761en quelque degré, ceux qui
9762s’affiliaient avec cette auguste race, soit à
9763« titre d’amis, soit à titre de clients.»
9764Il paraît que ceux qui avaient obtèuu cet honneur se servaient
9765de vêtements, de vases, et autres objets qui, par leur forme, leur couleur,
9766se distinguaient essen-
9767tiellement des ustensiles du même genre, appartenant à des personnes
9768de
9769toute autre classe. On
9770voit, par les passages rapportés ci-dessus, que le droit de concéder le titre et les
9771insignes de
9772cette
9773association appartenait exclusivement aux différentes branches de la famille de Mahomet, tant aux
9774descendants d’Ali qu’à ceuxd’Abbas, ou aux
9775princes qui, comme
9776les
9777sultans
9778d’Égypte,
9779étaient
9780censés avoir reçu immédiatement du khalife Abasside, des pleins pouvoirs, et les prérogatives les
9781plus complètes et les plus éminentes.
p. 88
97826o
9783HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
9784AN
9785654
9786Celte même année
9787(84), Abou-Nemi et Edris, accompagnés de Djemaz, mar-
9788chèrent vers la Mecque, attaquèrent Mobârez-Ebn-Bertas
9789, et se rendirent maitres
9790de
9791la ville.
9792Parmi
9793les hommes marquants qui moururent dans
9794le cours de cette année,
9795on distinguait
9796:
9797i° l’émir Scherf-eddin-Iousouf-ben-Abi’lfawâris.
9798.
9799. Kaïmeri, qui
9800mourut à Naplous
9801, et
9802fut enterré à Damas; 2 0 le nakib des schérifs d’Alep (85),
9803le schérif Izz-eddin-Abou’lfolouh-Mourtadâ-ben-Abi-Tâleb
9804.
9805.
9806., mourut à Alep, à
9807l’âge
9808de
9809soixante
9810et
9811quatorze ans
9812(86);
98133° Nidam-eddin-Abou-Abd-allah-Mo-
9814hammed-ben-Moliammed.
9815. .Balkhi, de la secte des Hanefis, natif de Bagdad, qui
9816mourut à Alep, à l’âge de soixante et dix-neuf ans
9817(87 ); 4° Daia-eddin-Abou-Mo-
9818hammed-Djafar-ben-Iahia.
9819. .de
9820la secte de Schaféï
9821(88 ), mourut dans la même
9822ville, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans.
9823Le sclieïkh Nedjm-eddin-Abd-allah-ben-Mohammed-Baderâïi arriva en Egypte,
9824chargé par le khalife Mostasem-billah de renouveler le traité de paix conclu pré-
9825cédemment entre Nâser et Moëzz. Le sultan envoya, à la rencontre du négociateur,
9826(84) Au rapport d’Abou’lmahâsen
9827, cette année, la hauteur primitive du Nil était de cinq coudées,
9828douze doigts; et la crue s’éleva à dix-huit coudées.
9829(85 ) Je lis
9830:
9831v
9832, au lieu de
9833: <Li>
9834.
9835(86) Au rapport de Hasan- ben-Omar (fol. 8 v°), ce schérif avait fait relever le monument
9836bâti en l’honneur de son père,
9837sur la montagne de Djouschen
9838,
9839située
9840à
9841l’occident
9842d’Alep. Ce fut là qu’il mourut et fut enterré. Son aïeul Abou-Ibrahim avait été l’objet des louanges
9843du poète Abou’lala, qui, dans une pièce de vers, en parla en ces termes
9844:
9845« Les grandes qualités de Mohammed sont telles, que les pensées et les idées les plus délicates ne
9846« sauraient
9847les exprimer;
9848«Ses paroles nous charment, comme les amants sont charmés des accords des musiciennes aux
9849«sons harmonieux;
9850«O perle, tu viens d’une mer, dont les
9851flots roulent avec impétuosité;
9852« O Abou-lbrahim,
9853les vers sont
9854trop
9855faibles pour
9856te peindre; car ton portrait se trouve dans
9857« l’Alcoran
9858;
9859« Les Musulmans ont vu en toi une foi vive
9860, qui a été pour eux une source de bonne direction et
9861« de lumières. «
9862*
9863(87)
9864J’ai lu 79 au lieu de 99, que donne le manuscrit. J’ai suivi en cela
9865l’autorité de Hasan-ben-
9866Omar. Au rapport du même historien, Nidam-eddin avait rempli les fonctions de jurisconsulte dans
9867le Khorasan.
9868(88) Suivant le témoignage de Hasan-ben-Omar, ce personnage avait beaucoup de talent pour
9869la
9870poésie. L’historien cite, comme échantillon, ces deux vers
9871:
9872« Si un homme prétend avoir une position qui le fasse sortir des voies de la religion
9873« Que chacun évite la société de cet homme ; car elle ne peut que nuire , sans offrir aucune utilité. »
p. 89
9874a>
9875654
9876(ia 56).
9877I. MEL 1 K-M0 EZZ-AIBEK.
9878Borhan-eddin-Khedr-Sindjâri
9879, qui se rendit à Katiah, accompagné d’un nombre
9880de jurisconsultes distingués, et amena avec lui l’ambassadeur. On convint, pour-
9881conditions de la paix
9882, que Melik-Moëzz posséderait, outre l’Égypte,
9883la partie du
9884Sahel de
9885la Syrie
9886qui
9887avait appartenu à Melik-Sàleh-Nedjm-eddin-Aïoub
9888; que
9889Melik-Nâser ne donnerait asile à aucun des Mamlouks-Babris. Ceux-ci, en consé-
9890quence,
9891se
9892retirèrent à Karak auprès de Melik-Moughitb. Ce
9893fut
9894le kadi des
9895kadis Bedr-eddin-Sindjâri qui présida à la conclusion du traité. Quand tout fut
9896terminé,
9897Baderâïi
9898partit de l’Égvpte.
9899Melik-Nâser
9900quitta
9901Tell-Adjoul pour
9902re-
9903tourner à Damas. De son côté, Moézz abandonna la ville d’Abbaseh, où
9904il avait
9905séjourné trois années consécutives, et rentra au cliâteau de la Montagne.
9906L’émir Schems-eddin-Sonkor-akra partit pour Bagdad
9907, accompagné du scheïkh 246
9908Nedjm-eddin-Baderâïi
9909, comme ambassadeur auprès du khalife. Ils étaient chargés
9910de demander pour Melik-Moëzz,
9911un
9912diplôme
9913d’investiture
9914jJij'
9915,
9916des
9917robes
9918d’honneur
9919et des drapeaux, à l’imitation de ce qui
9920s’était
9921fait pour
9922les
9923princes qui avaient avant lui régné sur l’Égypte. Le négociateur arriva à Bagdad.
9924En même temps, Moëzz députa vers Melik-Mansour,
9925fils de Moudaffer, souverain
9926de Hamah,
9927et vers Bedr-eddin-Loulou
9928, prince de Mausel;
9929il demandait pour
9930lui-mëme la fdle de chacun de ces princes. Cette démarche déplut à son épouse
9931Schedjer-addor, qui fut vivement indisposée contre lui. De son côté Moëzz avait
9932conçu contre elle des sentiments de haine. Enfin
9933, les deux époux
9934se trouvant
9935divisés par une
9936inimitié irréconciliable,
9937la princesse commença à comploter la
9938mort de son mari.
9939Le cinquième jour du
9940mois
9941de Djoumada second, on
9942vit paraître dans
9943le
9944Hedjaz un feu, qui se montra durant un mois entier à l’orient de Médine, dans
9945le canton de
9946la vallée de Schadâ
9947Lkd, jpîj
9948(89), vis-à-vis
9949la montagne d’Ohod,
9950en sorte qu’il remplissait toutes les vallées du voisinage.
9951Il en sortait des jets de
9952flamme qui dévoraient jusqu’aux pierres. La
9953ville de Médine éprouva, par suite
9954de ce phénomène, un tremblement de terre. Cinq jours avant son apparition
9955, le
9956lundi
9957, premier jour du mois
9958, on entendit des bruits effrayants
9959, qui ne cessèrent
9960ni jour ni nuit, jusqu’au vendredi suivant, que le phénomène se manifesta. Dans
9961la vallée de Schadâ, la terre s’entr’ouvrit, et laissa échapper un immense torrent
9962de flammes qui s’étendait à la distance de quatre parasanges, sur une largeur de
9963(89)
9964Abou’lmahâsen' atteste
9965(man. 661,
9966fol. 161
9967r°) que
9968le torrent qui
9969traversait ce ravin
9970cessa
9971dès lors de couler. 11 ajoute, sur l’autorité d’un témoin oculaire, qüe la plaine appelée Harrah
9972qui
9973était
9974sur le passage des pèlerins de l’Irak,
9975fut entièrement obstruée.
p. 90
99766 a
9977HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
9978quatre
9979milles,
9980et
9981l’épaisseur d’une
9982toise
9983et demie.
9984Il en
9985sortait des pierres
9986li-
9987quéfiées, auxquelles succédèrent des charbons noircis. Sa lumière était si brillante,
9988que
9989toutes
9990les
9991maisons
9992de Médine
9993s’en trouvaient éclairées pendant
9994la nuit,
9995comme
9996si chacune
9997avait renfermé une lampe allumée. La lueur s’apercevait
9998jusqu’à la Mecque. Les habitants de Médine allèrent se réfugier auprès du
9999tom-
10000beau de
10001l’apôtre de Dieu,
10002lui adressèrent
10003leurs supplications,
10004et implorèrent
10005la miséricorde
10006de Dieu.
10007Ils s’empressèrent
10008d’affranchir
10009leurs
10010esclaves,
10011et de
10012distribuer d’abondantes
10013aumônes. Un
10014poète
10015ht,
10016à
10017cette
10018occasion,
10019les
10020vers
10021suivants
10022:
10023«O
10024toi, qui écartes
10025le mal, en pardonnant à nos
10026fautes, ô Dieu! un
10027fléau
10028«terrible nous environne de toutes parts;
10029«INons venons nous plaindre à toi d’accidents que nous ne pouvons supporter,
10030«et que certes nous méritons bien
10031;
10032«Des tremblements de terre qui renversent les êtres les plus forts et les plus
10033«robustes. Et comment un rocélevé
10034pourrait-il résister à dépareilles secousses?
10035«On voyait une mer de feu, sur laquelle voguaient des vaisseaux, c’est-à-dire
10036«les collines, qui avaient été jusqu’alors profondément enfoncées dans le sol;
10037«On apercevait des jets de flamme, semblables à une citadelle, lancés rapide-
10038«ment, comme une pluie qui tombe à gouttes pressées.
10039«Leurs langues allaient dire aux sept planètes qu’elles avaient rencontré l’eau
10040« sous la terre (90).
10041«Par suite de ce phénomène, l’air a été enveloppé d’une fumée si épaisse, que
10042«le soleil est devenu entièrement noir.
10043«O prodige qui est un des miracles de l’apôtre de Dieu, et qui est compris par
10044« les hommes intelligents
10045!
10046«Sois
10047indulgent, donne, montre de
10048la générosité, de
10049la munificence, par-
10050« donne; mais la douceur poussée à l’excès est une faute.»
10051Quelques Arabes, qui se
10052trouvaient à cette époque dans le canton de Bosrâ
10053?
10054qui
10055fait partie de la Syrie, assurèrent qu’à la lueur de ce feu ils apercevaient les
10056vertèbres du cou de leurs chameaux obsr*-° (91).
10057(90) Sur l’expression
10058: langues de feu,
10059011 peut voir Isaïe
10060. ch. V, v. 34. Actes des Apôtres
10061ch.
10062Il
10063v. 3 , Yirgile a dit (Æneid. II
10064, v. 648)
10065: LambereJlamma comas.
10066(91) Pour entendre ce passage,
10067il faut se rappeler que, suivant une parole attribuée à Mahomet,
10068parmi les signes précurseurs du jugement dernier,
10069il
10070faut placer l’apparition d’un feu, qui
10071doit se
10072montrer dans le Hedjaz, et répandre au loin une clarté si vive que, dans les environs de la ville de
10073Bosrâ, située au sud-est de Damas, on pourra, en pleine nuit, apercevoir distinctement le cou des
10074chameaux (Nowaïri, Hasan-ben-lbrahim, fol.
10075i 3 o v°).
p. 91
1007663
10077AN
10078G 54
10079(ia56).
10080I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
10081La
10082nuit du
10083vendredi, premier jour du mois de Ramadan,
10084la mosquée de
10085Vapôtre de dieu, à Médine, fut consumée par un incendie qu’alluma la lampe du
10086gardien
10087La flamme dévora toute
10088la toiture et une partie des colonnes. Le
10089toit de la chapelle auguste LbyÜ!
10090fut entièrement brûlé
10091(92).
10092Cette même
10093année, une inondation submergea Bagdad, et
10094fit périr un grand nombre
10095d’ha-
10096bitants (93). Des barques voguaient dans les rues de cette ville. A cette époque,
10097Houlagou, fils deToulou-Khan, et petit-filsde Djengliiz-Khan, acquitune puissance
10098redoutable; son nom devint célèbre,
10099et
10100il conquit, dans l’Orient, quantité de
10101places fortes. Sur ces entrefaites, un général des armées Tatares, ayant pénétré
10102dans le pays de Roum, le sultan Gaïath-eddin-Kaïkhosrev se retira devant lui,
10103et
10104périt dans
10105sa
10106fuite.
10107Il
10108eut
10109ses
10110trois
10111fils pour
10112successeurs. Cependant,
10113les
10114Tatars s’emparèrent de Kaiserieh (Césarée)
10115et de tout
10116le
10117terrain
10118qui l’entoure.
10119Enfin,
10120ils se virent maîtres, dans la contrée de Roum, d’un pays qui s’étendait
10121l’espace d’un mois de marche.
10122Bientôt après, le vizir de Bagdad, Mouwaïed-eddin-ben-Alkâmi, reçut la visite
10123d’espions envoyés par Houlagou,
10124et qui
10125s’abouchèrent avec lui.
10126Ils
10127firent des
10128promesses magnifiques à plusieurs des émirs de Bagdad. Pendant ce temps, le
10129khalife, entièrement livré au jeu
10130et à la dissipation, ne
10131faisait nulle attention
10132à-
10133ce qui se passai!
10134. Sur ces entrefaites, Tadj-eddin-Abou-Mohammed-Abd-alwahhab-
10135ben-Khalf fut nommé aux fonctions de
10136kadi des kadis, en remplacement de
10137Bedr-eddin-Iousouf-Sindjûri. Dans
10138le même temps, Edris
10139se
10140rendit auprès de
10141Râdjih, et Abou-Nemi s’empara de la Mecque. Râdjib arrivant dans celte ville,
10142accompagné d’Edris, conclut la paix entre celui-ci et Abou-Nemi. La caravane des
10143pèlerins de l’Irak arriva à la Mecque; et ce fut la dernière qui vint de cette contrée.
10144(92) Les
10145poètes du temps
10146firent, à l’occasion de cet événement,
10147des vers
10148plus ou moins
10149har-
10150monieux. En voici deux que rapportent Hasan-ben-Omar et Abou’lmahâsen, et qui prouvent moins
10151le talent de l’auteur, que son fanatisme aveugle et plein d’aigreur
10152:
10153" Le sanctuaire du prophète a été livré aux flammes,
10154cet événement n’annonce point une cata-
10155strophe effrayante, et n’a rien de flétrissant;
10156« Mais, les mains des Ralidis (des Schiites) ayant touché cet édifice, le feu l’a purifié.
10157«
10158(g3)
10159Cette année,
10160la hauteur primitive du Nil
10161fut de quatre coudées, seize doigts; et la crue de
10162dix-huit coudées
10163, trois doigts.
10164Cette année vit mourir, entre autres personnages distingués
10165:
10166i° Zeki-eddin-Abou-Mohammed-Abd-aladim-ben-alwâhed
10167,
10168plus connu
10169sous
10170le nom
10171d’Ebn-
10172Àbou’lisba
101731
10174î
10175! Misri.
10176Il naquit en Égypte, l’an 585 (1189 de J. C.), ou, suivant d’autres,
10177l’an 58q de l’hégire (ng3 de
10178J. C.l.
1017911 se distingua par ses connaissances dans la jurisprudence,
10180la
10181langue arabe,
10182la littérature.
1018311 fut surtout un excellent poète, et se fit une réputation brillante par
p. 92
1018464
10185HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
10186AN
10187655
10188Cette année vit croître la haine qui régnait entre Melik-Moëzz-Aïbek et Schedjer-
10189-addorr. Moëzz songeait à faire périr cette princesse. Un astrologue
10190,
10191qu’il avait à
10192sa cour, lui avait annoncé qu’il périrait par suite des complots d’une femme; et
10193ce fut Schedjer-addorr qui devait réaliser cette prédiction. Moëzz, indisposé contre
10194elle, avait envoyé demander en mariage
10195la
10196fille du prince de Mausel. Sur ces
10197entrefaites,
10198et tandis qu’il
10199résidait dans le lieu nommé Omm-albârid (94),
10200il
10201fit
10202arrêter un grand nombre de Mamlouks-Bahris, et les dirigea vers le château de la
10203Montagne, où
10204ils devaient
10205être mis en prison. Parmi eux se trouvait Idekin-
10206Sâléhi. Lorsque cette troupe arriva sous le balcon
10207où s’asseyait d’ordinaire
10208Schedjer-addorr, Idekin
10209se douta que cette princesse s’y trouvait; alors, faisant
10210un
10211salut de la tête
10212(9 $),
10213il dit en langue turque
10214: «C’est
10215le mamlouk
10216«Idekin, le Baschrnakdnr. Au nom de Dieu, princesse
10217(96), nous ignorons
10218un grand nombre d’ouvrages.
10219Il mourut dans sa patrie, à l’âge de soixante et cinq ans (man. ar. 688,
10220fol. 10
10221r° et v°; man 661,
10222fol.
10223166 v°).
102242 0 Le sclieïkh
10225, l’historien, Schems-eddin-Abou’lmodaffar-Iousouf-ben-Karâgoli
10226ben-Abd-
10227allah-Bagdâdi-Dimaschki.
10228Il
10229était
10230attaché
10231à
10232la secte
10233d’Abou-Hanifah
10234, et petit-fils
10235du
10236Hdfid
10237Abou’lfaradj-ben-Djouzi. Son père,
10238Hosam-eddin-Karâgoli
10239était au nombre des Mamlouks du vizir
10240Aoun-eddin-Iahia-ben-Hobaïrah
10241, qui le traitait comme son fils,
10242lui donna la liberté, et
10243le
10244fit élever
10245et instruire. Schems-eddin naquit à Bagdad, l’an 582 (1186 de J.
10246C.),
10247et fut élevé par les soins de
10248son
10249aïeul maternel Abou’lfaradj-Ebn-Djouzi
10250, jusqu’à
10251la mort de ce dernier,
10252qui
10253arriva
10254l’an 597
10255(i2oo de J.
10256C.).
10257Il se distingua par ses
10258talents
10259dans un grand nombre de
10260sciences, prêcha
10261Jàcj
10262à
10263Bagdad,
10264et dans
10265plusieurs autres
10266villes. De là
10267il se
10268rendit à Damas,
10269où
10270il
10271établit sa demeure.
10272Il
10273obtint une grande considération auprès des princes, surtout auprès de Melik-Moaddam-Isa
10274, à la cour
10275duquel
10276il jouissait de la plus haute faveur.
10277Il voyagea dans différentes contrées, où il étudia la science
10278des traditions, et se livra à la prédication. Il avait une éloquence douce, qui produisait sur l’esprit des
10279auditeurs une vive impression. Enfin
10280,
10281il avait su gagner une approbation universelle.
10282Il composa plu-
10283sieurs ouvrages utiles, parmi lesquels on distingue l’histoire intitulée Mirdt-azzenidn
10284le miroir du temps),
10285l’un des meilleurs livres qui aient été
10286écrits sur
10287cette matière.
10288Il mourut au
10289mois de Dhou’lhidjdjah de cette année (Abou’lmahâsen, fol
10290166 v°, 167 r° Nowaïri, man. de Leide).
10291(94) Le texte porte
10292^>!
10293y j; je crois qu’il
10294faut lire
10295:
10296^2,.
10297(q 5 ) Le verbe
10298Aà.
10299, qui signifie proprement servir,
10300se prend quelquefois dans le sens de donner,
10301par un
10302acte de politesse , un témoignage de soumission. On
10303lit dans Y Histoire d’Egj'pte d’Abou’lma-
10304hâsen (man. arab. 671,
10305fol. 18)
10306: >0^
10307^
10308_»
10309« soumission, en abaissant cinq fois sa main vers la terre. »
10310«Il salua, et montra sa
10311(96)
10312Le mot
10313qui
10314, suivant
10315le témoignage de Khalil-Dâheri
10316, doit être écrit hhawend
10317,
10318signifie maître , seigneur. Au féminin
10319, ou
10320011
10321l’emploie sans aucun changement, ou on y ajoute
10322le
10323S
10324final. Dans
10325la Vie de Noradin et de Saladin par Abou-Schâmah (man. arab 707 A
10326, fol. 3 o)
10327, on
10328lit
10329:
p. 93
1033065
10331»
10332an 655
10333(1257).
10334I. MELIK-MOÈZZ-AÏBEK.
10335«absolument
10336quelle
10337faute
10338a pu motiver notre arrestation. Seulement,
10339lorsque
10340«Moëzz a
10341fait demander en mariage la fdle du prince de Mausel, nous avons
10342, à
10343-XjjA.
10344Ij «Seigneur, de quelle utilité pourrons-nous être?» Voyez la Description
10345cle
10346L’Égypte de Makrizi (chapitre des Ponts, et passim). Dans un endroit du même ouvrage (toin.
10347II,
10348fol. 177 v°) Melik-Adel s’adressant à Saladin, son frère,
10349lui dit: .XJjA-b «Seigneur;» Et dans
10350l’ou-
10351vrage historique du même auteur
10352( Solouk , tom.
103531
10354, pag. 466), des sujets, adressant la parole au sultan,
10355lui
10356disent:
10357-XjjA-b
10358« Seigneur.» Dans Y Histoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 663 ,
10359fol.
1036014
10361r°,
1036227 v°),
10363le même mot
10364est employé avec le même sens. Dans l’histoire
10365écrite par Ahmed-Askalàni
10366(tom. II,
10367fol. 55 v°), on
10368lit
10369: jbjA. b
10370^UaLJJ j-jK" J 13 «Son secrétaire dit au sultan
10371: ô seigneur.
10372«Dans l’ouvrage du continuateur d’Elmacin (man.
10373arab.
10374619,
10375fol. 237
10376r°)
10377:
10378-XjjcL
10379Ij
10380j ^ J 13
10381«11
10382dit
10383: non, par Dieu, ô seigneur. » (Voyez aussi
10384fol. 261
10385v°, 262 r° et passim.). Dans un passage
10386du Manhel-sàfi d’Abou’lmahâsen (m. ar. 75o, f.Tq 5 recto) les mots
10387(seigneur) sont adressés
10388à un kadi. Et même, suivant Ebn-Wàsel
10389(f. 382 r°), le sultan Aïbek dit à l’émir Hosâm-eddin -Xj^A-Ij.
10390Le mot kliond ou khavend _Vjjà*.
10391, ou avec la forme féminine, khavendah ïAJjA., c’est-à-dire dame
10392maîtresse, était un titre par lequel on désignait l’épouse ou les épouses du sultan d’Égypte. On lit chez le
10393continuateur d’Elmacin
10394(f. 232 v°)
10395: V Jjj.Aj.~ao
10396^&>Xj
10397'< Les femmes des princes d’Égypte
10398« sont désignées par le nom khavendah
10399. » Dans l’histoire de Hasan-ben-Omar (m. ar. 688,
10400f. 3 v°)
10401: ï J-J
10402JjJI
10403«La princesse Schedjer-addorr. Dans YHistoire des
10404kadis d’Égypte de Sakhâwi (man.
10405arab. 690,
10406fol. 2 v°)
10407: ’Àj-X»?-^!
10408J
10409«Son épouse,
10410la princesse Ahmediah. » Et
10411plus
10412loin
10413(fol. 84
10414r°)
10415: -b
10416I JÔjA. vJàjjLo j
10417AXÔ
10418!
10419^Ȕ
10420AàJjbs-
104211)
10422t
10423«Le soin de marier le sultan fut remis à son esclave, de qui
10424il avait eu une
10425fille.
10426«Elle
10427devint
10428ensuite
10429principale épouse,
10430après
10431la mort de Schekerbaï-Ahmediah. » Khalil-Dâheri
10432(man.
10433arab.
104346 g 5 ,
10435fol. 246 v°, 246
10436r°),
10437s’exprime en
10438ces termes
10439: wjljôjsrH
10440a^j-Xa)! 'ÔbJ
10441t
10442^jLLbb)
10443<bs.
10444jJ
10445i^aJ ^ bt
10446-Xj
10447-kâ)
10448I
10449-Xcs-f
10450Axjj!
10451<j5Lj «Suivant
10452» l’ancien usage
10453, les khavends (princesses) sont au nombre de quatre. Aucune femme ne peut prendre
10454«ce
10455titre, à moins quelle ne soit épouse du sultan.» Le même écrivain dit
10456ailleurs (fol. 77
10457verso)
10458:
10459! _Xj
10460jJjd.
10461«JUA.1
10462« La sœur de
10463son
10464épouse
10465était khavend des khavends (princesse
10466« suprême). » Ailleurs (fol. 46 v°, 47
10467r°)
10468,
10469il
10470fait mention de
10471la grande khavend ^C,jSS\
10472-Xj_»A.
10473, de la
10474seconde, de la troisième, de la quatrième
10475: a*j|^3
10476!
10477-Xj^A. bÜbJI
10478J.)jZ. buliJî jjjA.. Dans YHistoire
10479d’Égypte d’Ebn-Aïas
10480(man. arab.
104815 g 5 A, tom. II,
10482fol. 8), on lit
10483: l^L.9
10484-XjjAr^
10485« Cela
10486«n’était arrivé
10487à aucune princesse
10488avant
10489elle.» Ailleurs (fol.
1049073)
10491: ^b
10492J-J jJjérJ
10493Ébj ^iJt
10494-X:s.b!
10495^ij
10496|J «Ce qui
10497arriva
10498à
10499la
10500princesse Asl-baï, n’était arrivé,
10501avant
10502«elle, à aucune princesse.
10503» Et plus loin (fol. 226)
10504: ^LbLJt
10505A=>-jj
10506-XjjA. «La princesse, épouse du
10507« sultan. » Dans
10508l’histoire d’Ahmed-Askalâni (tom.
10509Il, man. 65 y,
10510fol. 178 r°)
10511:
10512-XjuA. j=±{&
10513l*J
10514« Hagar-khavend
10515,
10516fille de Mankli-Boga, et épouse de Barkok. » Et Abou’lma-
10517hâsen
10518(Manhel-sâfi
10519tom.
10520IV, man. arab. 760,
10521fol. 55 r°),
10522fait mention d’Abd-errahman, frère de
10523cette princesse ,xi_jA.^^La. Dans Y Histoire d’Égypte de Makrizi
10524(Solouk
10525tom. II
10526, man. 678,
10527f. 38 r°)
10528:
10529« L’émir Ilboga épousa khavend (la princesse)
10530v°)
10531: îSjbo -Xj^ck
10532j
10533I.
10534,ULUt
10535.! «L
10536J
10537j
10538A^-jj)
10539.XJ^îS'f
10540Lx-lj
10541I
10542« Toulouniah, épouse du sultan Hasan. » Plus bas
10543(f. 61
105449
p. 94
1054566
10546HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
10547«cause de vous, désapprouvé cette démarche. En effet, nous devons tout à votre
10548«bienveillance et à celle de feu votre époux. Moëzz, blessé de nos reproches, a
10549« princesse Sarah, sœur du sultan.» Ailleurs (fol. 66 r°): ^LLLJl
10550^>!
10551«La princesse Berekeh,
10552« mère du sultan. » Plus loin (fol. 6g v°)
10553: ^jUaLJ 1
10554<Lrs.jj
10555.
10556.
10557.
10558« La princesse... épouse du sultan. »
10559Et (fol. ij 6 r°)
10560:
10561M j~* -5
105625
10563î
10564j
10565«On transporta le trousseau
10566« de la princesse, fdle de l’émir Taschtemur chez
10567le grand émir Barkok.
10568» Dans la Description de
10569l’Egypte du même historien (manuscrit arab. 798,
10570fol.
1057147
10572recto),
10573«il
10574est
10575fait mention
10576d’une place
10577«du Caire appelée Rahbat-alkhavend
10578(la place de
10579la princesse). Elle devait son nom
10580«à
10581la princesse Erdekin
10582,
10583fille
10584de Nogaïah le silahdâr (l’écuyer),
10585et qui fut successivement épouse
10586«de Melik-Aschraf-ben-Kelaoun
10587, et de Melik-Nâser-Mohammed, frère de ce sultan.» Cette princesse
10588« avait également donné son nom à une maison appelée Dâr-khavend f)
10589j
10590I 3 (la maison de laprin-
10591« cesse) située dans la même ville
10592( ib
10593fol. 58 v°).» Abou’lmahâsen, dans son Histoire d’Égypte (man.
10594arab. 663,
10595fol. 3 v°), s’exprime ainsi
10596:
10597«Les princesses sortirent, le
10598« visage
10599découvert. » Enfin, dans
10600l’ouvrage intitulé Inschâ (man. arab.
106011673,
10602fol. 160 v°), on
10603lit
10604:
10605s^L> LuUj
106061>J
10607,
10608!
10609*L~..s
10610«Les princesses, épouses des rois,
10611« sont désignées aujourd’hui par le nom de khavenddt.
10612» 11 faut observer que Nowaïri, dans sa grande
10613histoire
10614(man.
10615arab. de Leide, 26 e
10616partie,
10617fol.
10618i58
10619r°,
10620169
10621r°),
10622lorsqu’il représente des sujets,
10623adressant la parole au sultan
10624, emploie, au lieu de khond ou khavend
10625, le mot akhoncl JojaJ
10626;
10627et cette remarque, comme on va le voir, n’est pas sans quelque importance. Me voici amené naturel-
10628lement à parler d’un terme bien connu, sur lequel
10629il convient de donner quelques détails.
10630Parmi tous les titres,
10631plus ou moins pompeux, plus ou moins emphatiques,
10632que les monarques
10633ottomans ont adoptés pour relever leur grandeur, ou qui leur ont été décernés par la flatterie,
10634il en
10635est un, que
10636connaissent parfaitement
10637tous ceux qui ont
10638tant soit peu étudié l’histoire de l’Orient,
10639mais dont l’origine n’a point encore été fixée, ce me semble, d’une manière indubitable. On sent que
10640je veux parler du mot Klionkàr
10641Comme ce terme, dans sa forme actuelle,
10642s’explique assez
10643bien, à l’aide de la langue persane, et paraît signifier celui qui répand le sang, on a supposé que ce
10644devait être là sa véritable acception; et que
10645les princes turcs, en adoptant une pareille dénomina-
10646tion, avaient eu pour but de s’annoncer au monde comme des guerriers terribles, comme des souverains
10647implacables dans leurs vengeances. M. le baron Silvestre de Sacy qui, tout récemment, dans le Journal
10648asiatique , a soumis ce point de critique à une discussion savante et approfondie, n’a pas eu de peine à
10649prouver que l’explication dont je viens de faire mention , 11’avait réellement rien de solide. E t en effet,
10650des raisons convaincantes s’opposent à ce que l’on adopte cette opinion.
10651i° Le motjKi^i. dans l’ac-
10652ception de sanguinaire ,
10653est-il réellement un terme persan? Je ne me souviens pas d’en avoir vu des
10654exemples. On trouve dans le même sens, les mots
10655> j
10656^
10657’ Inai s non pas j&jâ.. En
10658second lieu,
10659il est peu probable qu’un souverain se soit donné à lui-même un titre plus convenable
10660à un bourreau qu’au monarque d’une grande nation. Que
10661l’on parcoure
10662l’histoire de l’Orient, à
10663toutes les époques,
10664depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, que l’on examine la longue
10665série
10666des titres divers adoptés par
10667les
10668rois des différentes
10669nations qui jouèrent successivement ou
10670simultanément, sur la scène politique, un rôle plus ou moins brillant, plus ou moins important, et
10671l’on ne trouvera
10672rien qui ressemble à ce nom
10673si étrange,
10674et
10675si barbare. On y rencontre
10676les mots
10677üLi,
10678, j
10679,
10680c’est-à-dire Yami de
10681la
10682ville,
10683,
10684khalife ,
10685Ï.UJ.A
10686, Radjah, Khan, Khakân,
10687et
p. 95
10688an 655
10689(ia 5 7 ).
10690I. MELIK-MOEZZ-AIBEK.
1069167
10692«conçu de la haine contre nous, et nous a traités comme vous voyez. » Schedjer-
10693addorr lui
10694fit signe avec un mouchoir, pour
10695lui
10696faire comprendre qu’elle
10697aviRt
10698d’autres
10699qu’il
10700serait facile de rassembler,
10701et qui tous,
10702en exprimant des
10703idées de grandeur,
10704de
10705puissance, de bonté, n’offrent rien qui rappelle l’image de la tyrannie,
10706le symbole d’une
10707férocité
10708brutale. Je
10709sais bien qu’un
10710khalife
10711,
10712fondateur de
10713la dynastie des Abassides
10714, porta
10715le surnom de
10716Saffah
10717c’est-à-dire celui qui répand [le sang)-, mais ce ne
10718fut pas ce prince qui adopta lui-
10719même cet affreux sobriquet.
10720Il lui fut décerné par
10721ses contemporains,
10722qui voulurent
10723conserver et
10724transmettre à la postérité
10725le souvenir
10726des cruautés odieuses par lesquelles ce parent de Mahomet
10727s’était frayé
10728la route à la puissance suprèmé. Que,
10729dans des
10730temps bien rapprochés de nous,
10731le
10732terrible pacha de Saint-Jean
10733d’Acre,
10734ait reçu d’une population épouvantée le surnom affreux de
10735Djezzar
10736, c’est-à-dire de bouclier ,
10737et ait lui-même accueilli avec plaisir un sobriquet parfaite-
10738ment justifié par des actes
10739répétés de
10740la cruauté
10741la plus atroce,
10742le
10743fait,
10744quoiqu’il semble peu pro-
10745bable,
10746n’en est pas moins
10747réel. Mais ce qui peut
10748se concevoir dans un gouverneur de province,
10749dominé par la soif du sang, par des passions ignobles et brutales, ne saurait
10750s’expliquer, lorsqu’il
10751s’agit du souverain
10752d’un empire immense, environné
10753d’une puissance imposante,
10754jouissant d’une
10755autorité absolue, et qui n’a nul besoin d’annoncer au monde qu’il peut, quand il lui plaît, réprimer
10756les entreprises de ses ennemis,
10757porter la guerre dans
10758leur pays, déployer la sévérité des
10759lois pour
10760punir les crimes, ou prévenir les révoltes. 3° Le mot Khonkar j
10761, dans sa forme actuelle, ne
10762se trouve que chez des écrivains d’un
10763âge assez récent. Je le rencontre une fois dans
10764l'histoire des
10765Tatars d’Abou’lgâzi (pag. 118). Mais en général, les historiens qui en font usage, l’emploient sous
10766la formej
10767, en supprimant le j
10768;
10769ce qui dépose peu en faveur de
10770l’origine persane, indiquée
10771plus haut. Dans une
10772histoire
10773des Mongols
10774de l’Inde,
10775écrite au
10776XVIII
10777e
10778siècle (man.
10779pers.
10780de
10781la
10782Bibliothèque du roi, 74,
10783t. II, f° 21 v° 22 r°),
10784il est fait mention du Khonkar dé Roum
10785j
10786&lâ..
10787L’historien
10788Ebn-Aïas,
10789qui
10790écrivait
10791en Égypte, postérieurement à l’invasion de
10792cette contrée par
10793les armes ottomanes, emploie aussi la forme khonkarj
10794, sans j. On y
10795lit (man. arab. 5g5 A,
10796t. II,
10797fol. 187)
10798ÿ jj>
10799^Jb U «Lorsque ces nouvelles parvinrent aux oreilles du khonkar.
10800»
10801Plus bas
10802( ibid., fol.
10803j 88)
10804:
10805«Ils écrivirent au khonkar à son sujet. » Ailleurs [ib.,
10806fol.
10807189)
10808:
10809^
10810«Le khonkar,
10811fils d’Othman. » (Voyez ibid.,
10812fol.
10813199, 217.) Mais par-
10814tout ailleurs,
10815et surtout chez
10816les chroniqueurs les plus anciens, le mot est écrit khondkar j&Jj 'jP-
10817, ouj&AÜ.. On lit dans Y Histoire d’Égypte de Makrizi le khonclkar-.... [Kitab-assolouk,
10818t. III,
10819man. arab. 674, fol. 118
10820r°) le khondkar
10821, prince du pays de Roum (l’Asie-Mineure)
10822:
10823.
10824.
10825çjj
10826J!
10827[ibid., t. II, man. arab. 673, fol. 221 v"). Dans le Bark- Yetrfâni (man. arab. 827
10828fol. 10 v°):
10829Legrand khondkar ph&hM
10830Les historiens persans s’accordent, àcet égard, avec les écrivains
10831arabes. Dans la vie de Schah-Abbas le grand (man. de M. Silvestre de Sacv,
10832fol. 110), on trouve ces
10833expressions
10834:
10835jj
10836UcL
10837«Sultan Soleiman, khondkar du pays de Roum. » Plus
10838bas
10839[ibid.,
10840fol.
10841125)
10842:
10843ïlffj-XJ
10844Jî_j=s.î
10845vJuLis.
10846«11 manda par
10847écrit
10848à
10849la cour du
10850« khondkar,
10851le
10852véritable état des
10853choses.
10854>> Ailleurs
10855[ibid., fol.
10856147)
10857:
10858woW j!
10859iéilj
10860«Il obtint du khondkar de Roum le rang de Pascha. » Enfin, nous apprenons de l’ou-
10861vrage généalogique, intitulé Moëzz-alensab
10862<,
10863(man. persan 67), qu’une princesse, de la
108649
10865-
p. 96
1086668
10867HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS,
10868eiitendu
10869son
10870discours. Lorsque
10871ces Mamlouks eurent été enfermés dans leur
10872Ccffcliot
10873(97)? Idekin leur dit
10874: «Si Moézz nous a emprisonnés, nous lui
10875race de Timour, nommée Bagdad-schah-Khatoun portait le surnom de khondkarj
10876t
10877. Ce passage
10878prouve deux points
10879: d’abord
10880, que ce
10881titre n’était point réservé exclusivement pour
10882le chef de
10883la
10884maison Ottomane, puisqu’il pouvait être donné à une princesse qui n’avait aucun rapport de parenté
10885avec cette illustre famille. Il suffirait d’ailleurs, au défaut de fout autre témoignage, pour démontrer
10886la fausseté du sens que l’on a longtemps attribué à ce surnom
10887: car, la princesse dont il s’agit, et sur
10888laquelle l’histoire 11e nous donne que peu de détails, était, suivant toute apparence, d’une humeur
10889pacifique; et 11’aurait nullement ambitionné un titre qui
10890lui eût attribué des inclinations
10891féroces, le
10892goût de la guerre
10893et de l’effusion du sang. Chez les auteurs arméniens, on trouve le mot khondkar
10894écrit de diverses manières, mais qui produisent toutes un sens analogue. Enfin, un historien arabe,
10895que j’ai cité dans les notes de XHistoire des Mongols , nous offre le mot khond-khan ^
10896Là.
10897.
10898Il ne saurait donc rester de doute sur la véritable orthographe de ce nom. Maintenant,
10899il s’agit de
10900déterminer quelle est l’origine de ce titre
10901, dont la forme a quelque chose d’anomal. M. Silvestre de
10902Sacy, dans le mémoire que j’ai cité plus haut,
10903s’attache à prouver que Khondkar doit être considéré
10904comme une altération du mot persan,
10905Khodavendkar, c’est-à-dire seigneur. Cette étymologie
10906paraît extrêmement probable. Et j’avoue que, depuis plusieurs années, j’avais conçu la même idée,
10907dont je me proposais d’offrir le développement, dans une discussion approfondie. Mais, après de
10908nouvelles réflexions, j’ai cru devoir renoncer à cette hypothèse. Et voici les raisons qui m’ont
10909fait
10910changer de sentiment. D’abord,
10911il est difficile de croire que les Turks aient emprunté à une langue
10912étrangère le titre qui devait désigner leur souverain, et n’aient pas trouvé dans leur idiome un mot
10913assez expressif pour indiquer le rang du monarque dont
10914ils recevaient
10915les lois. En second lieu,
10916le
10917mot j&JOjck
10918s’éloigne beaucoup
10919de j
10920î -Xi.
10921Les Persans,
10922je
10923le
10924sais,
10925ont adopté
10926dans leur
10927langage
10928le mot Khavend
10929OJjck, que
10930l’on
10931prononce Khond,
10932et
10933qui entre dans
10934la
10935composition
10936des noms propres
10937Khavend-schah, Mir-Khond ou Mir-Khavend,
10938et Khond-émir ou Khavend-
10939émir.
10940Les lexicographes persans
10941donnent au
10942mot Khavend
10943, comme
10944à
10945celui
10946de
10947Khoda-
10948vend Jjjî^xâ.,
10949le
10950sens de seigneur. La chose est parfaitement
10951vraie.
10952Mais
10953l’est-il également que
10954JÔji.
10955soit une altération de
10956c’est ce que je 11e saurais
10957croire. En
10958effet, que des
10959étran-
10960gers aient
10961ainsi corrompu les mots
10962persans qu’ils admettaient dans leur idiome, cela n’aurait rien
10963d’étonnant. Mais
10964il est peu vraisemblable que les Persans eux-mêmes aient altéré à
10965plaisir,
10966et sans
10967nécessité
10968, les mots de leur langage. D’ailleurs,
10969c’est un
10970fait certain que
10971le
10972terme
10973a été
10974constamment en usage dans
10975la Perse;
10976tandis
10977que
10978celui
10979de
10980n’a guère
10981été employé,
10982et
10983se
10984trouve presque exclusivement relégué dans la composition de quelques noms propres. On pourrait
10985donc soupçonner que ce dernier mot n’appartient pas originairement à la langue persane. Et un fait
10986vient à l’appui de
10987cette conjecture. Je n’ai trouvé le terme JjyL
10988dans aucun auteur persan,
10989tant
10990soit peu
10991ancien.
10992Je ne
10993le rencontre pas même chez
10994les écrivains de
10995l’histoire Mongole. On ne
10996commence à remarquer sa présence que chez les auteurs qui sont postérieurs à l’invasion de Timour.
10997Ne serait-il pas naturel
10998d’admettre que ce sont les Turcs orientaux qui ont apporté ce nom dans la
10999Perse
11000, où il n’a pu s’introduire qu’avec beaucoup de peine. Je sais bien que, dans un temps antérieur
11001à cette époque,
11002nous trouvons le mot
11003w\j^=L employé dans la Syrie et dans l’Égypte,
11004à la cour de
11005Saladin. Ainsi, on pourrait,
11006à
11007la rigueur,
11008attribuer
11009l’introduction de ce mot aux Seldjoucides et
p. 97
11010an 655 (ia57 ).
11011I. MELIK-MOÈZZ-AÏBEKv
1101269
11013«préparons
11014la mort.
11015» Scliedjer-addorr envoya Nasr-Âzizi chargé d’un
11016présent 248
11017pour Melik-INâser-Iousouf.
11018Elle
11019fît dire à ce prince
11020:
11021«J’ai
11022dessein, après avoir
11023autres dynasties turques, qui dominèrent
11024si longtemps sur une bonne partie de l’Orient. D’ailleurs,
11025d’autres
11026faits semblent confirmer
11027l'origine étrangère du mot
11028Nous
11029le retrouvons
11030avec une
11031forme un peu altérée,
11032dans celui de Akhond
11033ou Akhavend
11034,
11035qui signifie maître. On
11036lit dans Y Akbar-nâmeh (man. pers. de l’Arsenal 19, fol.
110371 4
11038r°)
11039:
11040jl «Ils se
11041«plaignirent de ce maître.» Plus bas on lit
11042:
11043.JkoLju^j
11044iùj)
11045^
11046j^j!
11047JjIj
11048J3.1.J j~,
11049«Étant
11050attaché au
11051prince par le
11052titre de maître,
11053il s’enorgueillira de
11054ce
11055poste.
11056»
11057Ailleurs
11058(fol.
11059i63
11060r°)
11061: vJUwî-î
11062AA
11063!
11064^C
11065, jjj.
11066.
11067i
11068^
11069UV «Maulana
11070« Rouh-allah, qui avait l’honneur
11071d’être
11072attaché comme maître à
11073la personne de ce prince. » Au-
11074jourd’hui encore, ce mot
11075existe dans les
11076contrées orientales de
11077la Perse. Au rapport deM. Burnes
11078( Travels into Bokhara ,
11079t. ï,
11080p. 200),
11081le terme Akhoond désigne Un instituteur. Mais
11082il paraît qu’il
11083a,
11084dans d’autres provinces, une
11085signification plus étendue;
11086car, dans
11087la relation du voyage au
11088Beloutchistan,
11089de M. Pottinger (pag.
11090335,
11091336), Akhoond désigne Un chef de canton ,
11092une sorte
11093de
11094maire. Comme ce mot s’est conservé
11095sans altération,
11096tandis que celui de AJjd.
11097a
11098disparu de
11099la Perse, on pourrait croire que
11100la première forme est la forme primitive.
11101Or,
11102il
11103est impossible
11104de supposer que
11105les Persans aient corrompu
11106le terme Ajjtj-i. au point de le changer en
11107D’un autre côté, nous voyons,
11108chez les Mamlouks de l’Égypte,
11109les mots
11110et jjjà.! employés
11111concurremment ,
11112et avec
11113la même
11114signification.
11115Or, on
11116sait que cette
11117inconstance dans
11118l’ortho-
11119graphe des mots est un des caractères distinctifs de la langue turque. On peut donc supposer que le
11120mot
11121ou jJjck appartient à cet idiome;
11122et qu’apporté dans la Perse par les Seidjoucides, et
11123oublié ensuite,
11124il ne s’y sera naturalisé qu’à l’époque des conquêtes de Timour. On voit quelquefois
11125,
11126comme je l’ai dit, ce terme employé en Syrie et en Égypte, dès
11127le règne des princes de la famille de
11128Saladin. Mais comme on
11129le rencontre surtout depuis
11130l’époque
11131des Sultans Mamlouks, on pourrait
11132présumer que ce sont ces princes ou les autres esclaves turks qui l’ont apporté immédiatement des
11133contrées
11134situées au nord de
11135la mer Noire et de la mer Caspienne. Si
11136le
11137titre
11138paraît bien
11139modeste,
11140lorsqu’il désigne un monarque
11141aussi puissant que
11142le Grand -Seigneur,
11143on
11144pourra
11145se
11146rappeler
11147que,
11148suivant
11149l’assertion
11150d’un
11151historien
11152arabe,
11153dont
11154j’ai
11155cité
11156ailleurs
11157le témoignage,
11158les
11159sultans
11160turks,
11161et
11162Bajazet lui-même,
11163loin
11164de
11165briguer des
11166titres pompeux,
11167se
11168contentaient
11169des surnoms
11170les
11171plus
11172simples,
11173qu’aurait repoussés avec dédain l’orgueil
11174des autres
11175potentats de
11176l’Orient.
11177On ne m’objectera pas sans doute que le mot
11178ou Asjd. ne se trouve plus aujourd’hui dans
11179le langage des Turcs de Constantinople. On
11180sait que beaucoup d’autres termes,
11181qui appartenaient
11182à l’idiome primitif des Turcs,
11183ont également disparu du dialecte que
11184l’on parle
11185sur les rives du
11186Bosphore. Beaucoup de ces termes se sont, dit-on, conservés dans l’Asie Mineure. Peut-être doit-on
11187attribuer à une cause particulière la perte du mot jjjckl ou jJji.. Comme on se persuada, dans un
11188âge plus récent, qu’il n’offrait qu’une
11189altération du terme
11190, on repoussa un mot que l’on
11191regardait comme corrompu
11192, et l’on employa de préférence celui que
11193l’on regardait comme le terme
11194original. An surplus, cette
11195discussion ne présente,
11196à vrai
11197dire, qu’une
11198sorte de dispute de mots
11199:
p. 98
11200HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
112017°
11202« fait périr Moëzz de vous épouser et de vous assurer le trône d’Égypte.» Nâser,
11203craignant que cette proposition ne
11204cachât quelque perfidie,
11205n’y
11206fit aucune
11207ré-
11208ponse. Cependant Bedr-eddin-Loulou, prince de Mausel, écrivit à Moëzz, pour
11209l’engager à se méfier de Schedjer-addorr, attendu qu’elle entretenait des intel-
11210ligences secrètes avec Melik-Nâser. Cette révélation achevant de mettre la division
11211entre les deux époux, Moëzz songea à faire sortir la princesse du château de la
11212Montagne, et
11213à la confiner dans
11214la maison du
11215vizirat.
11216Jusque-là,
11217cette femme
11218avait conduit, avec une autorité absolue, les affaires du royaume, et n’en com-
11219muniquait aucune à son
11220mari. Elle ne lui permettait pas d’avoir aucune entre-
11221vue avec la mère de son
11222fils Ali, et l’avait forcé de répudier cette femme. Enfin
11223elle avait refusé de lui faire connaître où se trouvaient les trésors de Melik-Sâleh.
11224Moëzz avait séjourné quelques jours dans les belvédères de Louk; mais, per-
11225suadé par
11226les serments d’un
11227émissaire que lui avait envoyé son épouse,
11228il se
11229prépara à remonter au château (98). Schedjer-addorr avait aposté cinq assassins,
11230parmi lesquels
11231étaient Mohsin-Djaudjeri, un eunuque ^oU., nommé
11232INasr-Azizi,
11233car, quelle que soit l’idée que l’on se forme du mot jjjâ., qu’on lui donne une origine persane ou
11234turque,
11235il n’en restera pas moins démontré que le titre Khondkar
11236signifie Seigneur, maître.
11237-
11238*
11239(97) Le mot djub
11240, qui signifie proprement une fosse
11241,
11242désigne par suite un cachot. Nous
11243verrons ailleurs d’autres exemples de cette signification.
11244(98) Suivant le récit du scheïkh Kotb-eddin,
11245cité par Abou’lmahàsen (man.
11246ar. 661,
11247fol.
11248i 56
11249r°),
11250Schedjer-addorr,
11251qui
11252avait conçu
11253contre Moëzz une jalousie profonde,
11254savait
11255d’ailleurs que
11256ce
11257prince, irrité de
11258la tyrannie qu’elle exerçait à son égard,
11259avait résolu de l’éloigner,
11260et même de la
11261faire périr. Elle se décida à prévenir ces desseins, en faisant assassiner son mari. Elle manda auprès
11262d’elle Safi-eddin-Marzouk, lui demanda conseil, et lui promit la place de vizir. Loin d’accepter cette
11263offre,
11264il blâma formellement le projet formé par Schedjer-addorr, et la pressa d’y renoncer. Mais cette
11265princesse, persistant dans sa résolution, fit venir un mamlouk, qui était au service de l’eunuque Mohsin-
11266Sâléhi, lui proposa de se mettre à la tète du complot et lui
11267fit les promesses les plus magnifiques, s il
11268voulait consentir à assassiner Moëzz. Ensuite, elle manda quelques-uns de ses serviteurs, avec lesquels
11269elle concerta son plan. Le mardi, vingt-troisième jour du mois de Rebi^premier, Moëzz ayant joué à
11270la paume avec les personnes de son cortège, monta, vers le soir, au château, et entra dans le bain. A
11271peine avait-il dépouillé ses habits, que Mohsin-Djaudjeri se précipita sur lui accompagné de
11272ses
11273esclaves
11274: ils percèrent ce prince de traits et l’étranglèrent. Schedjer-addorr manda Ebn-Merzouk, de
11275la part de Moëzz.
11276II monta sur son âne
11277et arriva au château, où
11278il entra par la porte secrète.
11279Il vit
11280Schedjer-addorr qui était assise
11281, et devant laquelle était étendu le corps de son mari. Elle lui raconta
11282ce qui s’était passé;
11283et ce récit produisit sur Ebn-Merzouk une horreur profonde. Consulté par
11284la
11285princesse,
11286il lui répondit
11287: «Je 11e sais que dire
11288: vous vous êtes jetée vous-même dans un péril grave,
11289« auquel vous ne pouvez échapper.)» Schedjer-addorr manda alors l’émir Djemâl-eddin-Idgadi , et Izz-
11290eddin-Aïbek-Halebi. Elle offrit à chacun d’eux
11291la dignité de sultan; mais tous deux refusèrent. Au
p. 99
11292I. MELJK-MOËZZ-AÎBEK.
11293an 655
11294(1257).
1129571
11296et un Mamlouk, appelé Sandjar. Le mardi, vingt-quatrième jour du mois de
11297Rebi premier, Moëzz partit du meïdan (l’hippodrome), placé sur le terrain de Louk,
11298et monta au château de la Montagne, où
11299il arriva à la
11300fin du jour.
11301Il était déjà
11302nuit, lorsqu’il entra dans le bain. Aussitôt, la porte fut fermée sur lui par Mohsin-
11303Djaudjeri, qui était accompagné d’un page extrêmement robuste, et de plusieurs
11304autres
11305émissaires.
11306Ils
11307se précipitèrent sur Moëzz
11308: les uns
11309le
11310saisirent par
11311les
11312testicules
11313, d’autres le prirent à la gorge. Il appelait à son secours Schedjer-addorr,
11314qui dit aux assassins de renoncer à leur projet (99). Mais Mobsin lui adressa des
11315paroles dures,
11316et
11317lui
11318dit: «Si nous l’épargnons maintenant,
11319il n’épargnera
11320ni
11321« vous ni nous. » Le sultan périt sous les coups de ces furieux (100). Cette nuit
11322même, Schedjer-addorr envoya à l’émir Izz-eddin-Aïbek-Hâlebi Alkebir (le grand),
11323le doigt et l’anneau de Moëzz,
11324et lui
11325fit dire
11326: «Mets-toi en possession de l’au-
11327«torité. » Mais il n’osa faire une démarche aussi hardie. O11 répandit le bruit que
11328Moëzz
11329était mort subitement,
11330pendant
11331la
11332nuit,
11333et
11334l’on
11335introduisit des pleu-
11336reuses
11337(101)
11338dans
11339le château. Cependant,
11340les Mamlouks de Moëzz refusèrent
11341d’ajouter foi à cette nouvelle. L’émir Alem-eddin-Sandjar-Gatmi, qui était, à cette
11342époque, le plus puissant
11343et le plus redoutable d’entre les Bahris, partit en hâte,
11344à la tête des Mamlouks, et pénétra dans le palais du sultan (102). Ils se saisirent
11345point du jour, la nouvelle de cette catastrophe s’étant répandue, excita dans toute la ville une extrême
11346confusion.
11347(99) Suivant un autre récit, transcrit par Abou’lmahâsen, Schedjer-addorr frappa son mari à coups
11348de pantoufles de bois jusqu’à ce qu’il expira.
11349(100) Le texte porte
11350: ücl?- j; je lis
11351j.
11352(101) Au lieu de
11353que porte le manuscrit, je crois qu’il faut lire
11354t, lespleureuses.
11355(102) Suivant le récit d’Abou’lmahâsen, Schedjer-addorr voyant les émirs et les Mamlouks arriver
11356au château, et ne sachant quel parti prendre
11357, envoya un message vers Melik-Mansour-Nour-eddin-
11358Ali, fds de Moëzz,
11359et lui fit dire, comme de la part de son père, de se rendre sur le bord du Nil
11360, à
11361la tête d’une partie des émirs,
11362afin de faire équipper les galères qui devaient partir pour Damiette.
11363Elle
11364espérait par là diminuer
11365la foule qui se pressait à la porte du château
11366,
11367et avoir
11368le temps de
11369réaliser
11370ses
11371projets; mais elle fut trompée dans son attente. Cependant
11372le trouble et
11373la confusion
11374régnaient dans la ville. Les troupes se dirigèrent vers le château, qu’elles bloquèrent de toutes parts.
11375Les Mamlouks de Moëzz-Aïbek pénétrèrent dans cette forteresse, accompagnés de l’émir Beha-^eddin-
11376Bogdi-Aschrafi
11377, commandant de
11378la Halhah. L’émir Izz-eddin-Halebi aspirait à
11379la souveraineté, et
11380était secondé par plusieurs émirs Sâléhis. Mais
11381il ne put réussir. Cependant, ceux qui se trouvaient
11382dans le château mandèrent le vizir Scherf-eddin-Faïzi
11383, et se concertèrent pour mettre sur
11384le trône
11385Melik-Mansour-Nour-eddin, fils d’Aïbek. Le jeudi, quinzième jour du même mois, une sédition terrible
11386ayant éclaté dans la ville, et les troupes marchant vers le château, ceux qui se trouvaient dans cette
p. 100
11387HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
1138872
11389des esclaves, des femmes, les appliquèrent à la torture, et en arrachèrent l’aveu
11390de
11391ce qui
11392s’était
11393passé. Bientôt après,
11394ils arrêtèrent Schedjer-addorr, Mohsin-
11395Djaudjeri, Nâser-eddin-Halawah
11396, et Sadr-albaz. INasr-Azizi s’échappa, et se retira
11397en
11398Syrie. Les Mamlouks de Moëzz voulaient massacrer Schedjer-addorr; mais
11399elle fut protégée par les Mamlouks-Sâléliis
11400, et on l’enferma dans
11401la Tour rouge
11402Lorsque le fils de Moëzz eut été placé sur le trône, Schedjer-addorr fut
11403conduite en présence de la mère de ce prince, le vendredi, vingt-septième jour
11404du mois; et les jeunes esclaves la frappèrent si violemment à coups de semelles de
11405bois
11406qu’elle mourut le lendemain. Son corps, revêtu d’un caleçon
11407et
11408d’une chemise, fut précipité du haut du mur du château dans le fossé.
1140911 y resta
11410quelques
11411jours. Un homme du
11412peuple
11413enleva
11414les bandes
11415qui
11416attachaient
11417le
11418caleçon. Enfin, après plusieurs jours de délai, lorsque
11419le cadavre exhalait déjà
11420une odeur fétide, on songea à l’ensevelir. On
11421le porta dans une corbeille, au
11422tombeau
11423destiné pour cetle
11424princesse, et qui
11425était situé dans
11426le voisinage du
11427Meschlied-Nefisi. Cette femme altière, lorsqu’elle sévit tombée au pouvoir de ses
11428ennemis, anéantit une énorme quantité de pierreries et de perles quelle broya
11429dans un mortier. Mohsin-Djaudjeri fut pendu à la porte du
11430château. Quarante
11431eunuques
11432furent fendus en deux (io3) sous
11433les murs de
11434cette forteresse, puis
11435•
11436forteresse résolurent de décerner
11437le
11438titre de sultan
11439à l’émir Alem-eddin-Sindjar-Halebi
11440, qui
11441était
11442Atabek de Melik-Moëzz. On lui fit prêter serment de fidélité par les troupes et par les émirs Sâléhis,
11443quoique, pour la plupart, ils répugnassent à cet acte. L’émir Izz-eddin refusa d’abord; mais ensuite,
11444craignant pour sa vie,
11445il prêta le serment. Tout paraissait pacifié; mais ce calme ne fut pas de longue
11446durée.
11447(io 3 ) Le verbe ia-uj signifie
11448: Mettre un homme à mort, en luifendant le corps en deux. Ce sup-
11449plice cruel a toujours été en usage dans l’Orient. On
11450lit dans le Kitab-alagâni (tom. II,
11451fol. 45 r°)
11452:
11453Axhïs
11454w>
11455« Hareth frappa avec son épée le milieu du corps
11456«du page, et
11457le coupa en deux. Dans
11458l'Histoire de Kaïrowan (man.
11459arab. 752,
11460fol. 70
11461r°)
11462.
11463y
11464>
11465j
11466>«_^s.Lno iabjJ
11467* Le gou-
11468«verneur ordonna que
11469le commandant du château fût coupé en deux
11470.
11471.
11472. Une
11473partie du corps
11474«tomba d’un côté, et l’autre partie de l’autre côté.» Dans l’ouvrage historique de Makrizi
11475(Solouk
11476(t. II,
11477fol. 237 v°, 353 r®)
11478:
11479<L»Jb da-j. Au
11480rapport du même écrivain
11481(ib.,
11482f. 445 v°),
11483et d’Abou’lmahâsen (man. 667 fol. 29 v°, 3 o r°) « Le sultan d’Égypte Borsebaï attaqué d’une maladie
11484« dangereuse, et qu’aucun remède n’avait pu soulager, s’en prit à ses deux médecins, dont
11485il avait
11486«infructueusement
11487suivi
11488les ordonnances, et ordonna de leur ouvrir le corps en deux. Un de ces
11489«infortunés se résigna à son triste
11490sort,
11491et
11492subit
11493la mort
11494sans
11495se plaindre. L’autre, ayant voulu
11496« opposer à l’exécution de cet arrêt inique une résistance énergique, périt lentement, par un supplice
p. 101
11497AN 655 (ia5 7 ).
11498I. MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
11499^
11500attachés à des potences placées depuis
11501le château jusqu’à
11502la porte de Zawilah.
11503On
11504arrêta
11505le
11506sâlieb
11507Beha-eddin-ben-Hinna
11508,
11509attendu
11510qu’il
11511avait
11512été
11513vizir
11514de
11515Schedjer-addorr, et on lui
11516fit souscrire un engagement de soixante mille pièces
11517d’or. Melik-Moëzz avait régné sept ans moins trente-trois jours.
11518Il était âgé d’en-
11519viron soixante ans. C’était un prince prudent , brave
11520, enclin à répandre le sang
11521;
11522il
11523fit égorger ou étrangler un grand nombre de personnes innocentes, unique-
11524ment pour se faire redouter de tous ses sujets.
1152511 imagina des exactions et des
11526actes de tyrannie qui furent continués par ses successeurs.
11527Il eut pour vizir
11528le
11529sâlieb Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-alaaz. Ensuite, il le destitua, et choisit,
11530pour le remplacer,
11531lé kadi Asad et Scherf-eddin-Hibet-allali-ben-Sâëd-Faïzi. Ce
11532dernier
11533prit sur
11534lui un extrême ascendant, et inventa les vexations
11535les plus
11536odieuses.
11537Il choisit pour son suppléant
11538v-^oLi
11539, dans les fonctions du vizirat,
11540le
11541kadi Zem-eddin-Iakoub-ben-Zobaïr. Comme ce dernier savait la langue turque
11542,
11543il
11544était chargé d’observer les réunions des émirs du royaume, et de rapporter au
11545vizir ce qu’on disait de lui.
11546« des plus cruels, et fut mutilé d’une manière affreuse
11547Schiltberger
11548(Reise in den
11549Orient
11550pag.
11551102,) rapporte [que le sultan d’Égypte, successeur de Waracldoch (Barkok), ayant été
11552fait prisonnier,
11553fut
11554scié en deux. Le voyageur
11555Frescobaldi, qui parcourait
11556l’Égypte à
11557la
11558fin du
11559XIV
11560e siècle, nous donne, sur ce supplice, les détails suivants
11561( Viaggio in Egiilo e in
11562Terra sauta,
11563pag.
11564171)
11565: «Le criminel entièrement nu, fut placé sur un chameau,
11566lié à des morceaux de bois,
11567«disposés en forme de croix; et ses bras étaient attachés
11568si haut, qu’il paraissait comme suspendu.
11569«Le bourreau arriva, armé d’un grand sabre nu; piqua un peu
11570le patient: puis,
11571aussitôt,
11572il lui
11573« appliqua, au-dessus du nombril, un
11574si grand coup de sabre,
11575qu’il
11576lui fendit le corps en deux. Les
11577«bras et la partie supérieure du corps restèrent pendus. Les cuisses et le reste du tronc demeurèrent
11578« sur
11579le chameau. Les intestins seuls tombèrent à
11580terre.
11581« Le
11582voyageur Baumgarten
11583( Peregrinatio
11584in Ægyptum
11585, Arabiam, etc., pag. 86), parle d’un Maronite qui, ayant été fendu en deux, survécut
11586encore trois heures. Ce genre de supplice est très-fréquent dans la Perse
11587; mais avec cette différence,
11588que l’on se contente d’ouvrir le corps du criminel, sans le fendre entièrement (Chardin, Voyages en
11589Perse, tom. I, pag. 243, tom. II, pag. 3oi).
11590En persan, l’action de faire subir ce supplice, est exprimée par les mots
11591:
11592On lit
11593dansle Djihan-kuschaï (man. pers. de Ducaurroy, 36,
11594f. 12 r°)
11595: Jjùj
11596Jo
11597îj
11598]j !j.
11599«On
11600«fendit par le milieu du corps ses autres amis. » Et chez le continuateur de Raschid-eddin
11601(f. 494 r°
11602et v°)
11603:
11604jJJ
11605Dans le Schah-nâmeli (tom.
11606I, pag. 394), il est fait mention d’une femme
11607qui fut condamnée, par ordre du
11608roi Kaïkaous, à être sciée par le milieu du corps. On
11609dit aussi
11610simplement, et dansle même sens,
11611On lit dans l’histoire de Raschid-eddin (f. 296 v°):
11612jjùjf
11613a.Lo
11614îjjî « On le coupa en deux, sur le bord du Tigre.»
11615I.
11616IO
p. 102
1161774
11618HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
11619«~f C-f t-^C^MUK-WW Ot-OC'MtCtK'M tïDt‘t>t'MCt.t-r>(K>0< C-CM C<-M C^C-{ C^t-C C{-0<'M>MC.t-M C-C-C^C
11620©-OC-OChOC ©-€><• ©-CM
11621RÈGNE
11622DU SULTAN MELIR-MANSOUR-NOUR-EDDIN-ALI,
11623FILS DE MELIK-MOËZZ-AÏBEK.
116244N
11625CEprince fut élevé au rang de sultan par les émirs, dans le château de la Montagne,
11626655 le jeudi vingt-sixième jour de Rebi premier, l’an 655 (de J. C., 1257 ).
11627Il était âgé
11628d’environ quinze ans. Les émirs lui jurèrent fidélité et lui firent prêter serment
11629par toute l’année. Le seul émir Izz-eddin-Aïbek-Halebi
11630, plus connu sous le nom
11631d’Aibek le Grand, hésita d’abord à suivre l’impulsion
11632, attendu qu’il aurait voulu
11633s’emparer de l’autorité. Mais enfin il céda, parce qu’il craignait pour sa vie. L’émir
11634Koutouz monta à cheval, accompagné des autres émirs.
11635Il arrêta l’émir Sandjar-
11636Halebi,
11637le vendredi dixième jour de Rebi second,
11638et
11639le
11640fit mettre en prison.
11641De son côté, l’émir Aibek alkebir (le Grand) se mit en marche à la tète des émirs
11642Saléhis,
11643et avec
11644des
11645dispositions peu pacifiques. Mais
11646il tomba de cheval, en
11647dehors de
11648la porte de Zawilab.
11649Il
11650était
11651déjà mort, lorsqu’on
11652le
11653transporta au
11654château.
11655L’émir
11656Seïf-eddin-Koutouz
11657fut maintenu dans
11658le
11659rang
11660de
11661vice-roi
116621ÜÜLJÎ
11663et de chef de l’administration de l’empire. L’émir Fâres-eddin-Aktaï-
11664Mostareb
11665( 104 ) Salélii fut nommé Atabek des armées, en remplacement de l’émir
11666Alem-eddin-Sandjar-Halebi. Le vizir Scherf-eddin-Faïzi continua à
11667remplir les
11668250 mêmes fonctions. Les deux émirs , Seïf-eddin-Bourna-Saïrafi, et Nâser-eddin-Mo-
11669hammed-ben-Atrousch, le Kurde, Emir-Djanclar, rapportèrent que le vizir avait dit
11670:
11671«L’empire ne
11672saurait être bien gouverné par des enfants
11673: Nous n’avons rien de
11674(104) Au rapport d’Abou’lmahâsen (Mcinliel-sâfi, tom. I,man.
11675747?
11676fol- 209 v°), l’émir Fàres-
11677eddin-Aktai,
11678fils
11679d’Abd-allah, et surnommé Nedjmi
11680, qui mourut l’an de l’hégire 672 (de
11681J. C. 127B) avait d’abord été mamlouk de Nedjm-eddin-Mohammed-ben-Yémen.
1168211 passa ensuite au
11683service du sultan Nedjm-eddin-Aïoub. De là lui vint le surnom de Mostareb
11684»
11685c’est-à-dire
11686:
11687«Celui qui est devenu Arabe. »
p. 103
11688II. MELIK-M ANSOUR.
11689an 655
11690(1257).
116917 5
11692et mieux à faire que de donner
11693le trône à Nâser. » La mère de Mansour, soupçon-
11694nant que
11695le
11696vizir entretenait des
11697intelligences
11698avec
11699INâser,
11700le
11701fit
11702arrêter
11703et
11704conduire dans l’intérieur du palais, où on le força de signer un acte, par lequel
11705il se reconnaissait débiteur de cent mille pièces d’or. On lui donna pour succes-
11706seur dans la place de vizir, le kadi-alkoclat Bedr-eddin-Iousouf-ben-Hasan-Sindjâri.
11707Il joignit ce titre à celui de kadi
11708, qui venait de
11709lui être rendu. On
11710confisqua
11711les biens de Faïzi, et on arrêta, à cause de lui, un grand nombre de personnes.
11712Cependant, Sindjâri ayant demandé qu’on le déchargeât des fonctions de vizir,
11713quitta cette place, au mois de Rebi second; et il eut pour successeur le kadi-alkodat
11714Tadj-eddin-Abd-alwabbab-ben-Kbalaf-Alaï, plus connu sous le nom d’Ebn-Bint-
11715alaazz. Le quinzième jour du mois de Djoumada second, la lune s’éclipsa, et prit
11716une teinte extrêmement rouge. Le soleil était de la même couleur, et resta ainsi
11717durant plusieurs jours, ne présentant qu’un
11718éclat pâle
11719et décoloré.
11720Cependant
11721les Mamlouks-Bahris, qui se
11722trouvaient dans
11723le pays deRoum,
11724ayant appris
11725la mort de Melik-Moëzz,
11726se mirent
11727en
11728marche,
11729tant par terre
11730que par mer,
11731et arrivèrent
11732au Caire.
11733Ils ne tardèrent pas
11734à voir de mauvais
11735œil le trône occupé par Melik-Mansour, attendu
11736que
11737ce jeune
11738prince passait,
11739dans le château, la plus grande partie de son temps à jouer avec des pigeons, à
11740faire combattre
11741des
11742coqs ou
11743des
11744béliers,
11745à monter des ânes
11746fringants,
11747et
11748à
11749s’exercer
11750à lancer
11751des pierres. Au
11752mois de
11753Djoumada premier,
11754Sarem-eddin-
11755Ahmar-Aïnouh-Sâléhi
11756, accompagné
11757de
11758plusieurs
11759complices,
11760pénétra dans
11761le
11762lieu où
11763était détenu le vizir Faïzi et le massacra. Le corps
11764fut enlevé dans une
11765couverture. Suivant le témoignage d’Ebn-Wâsel, le kadi Borban-eddin
11766, frère du
11767Sâheb Beha-eddin-ben-Hinna, donnait à cet égard les détails suivants
11768: « J’entrai
11769auprès de Scherf-eddin-Faïzi, qui
11770était alors en prison.
11771Il me pria de
11772solliciter
11773sa mise en liberté, s’engageant à payer chaque jour une somme de mille pièces
11774d’or. Je lui demandai comment
11775il pourrait suffire à une pareille dépense.
11776Il me
11777répondit
11778: Je puis la supporter pendant une année; et
11779, dans cet intervalle, Dieu
11780viendra à mon secours. » Les Mamlouks de
11781Melik-Moëzz, loin
11782d’accepter cette
11783proposition, se hâtèrent d’ordonner sa mort, et le firent étrangler. Son corps fut
11784porté au quartier de Karâfah, où
11785il reçut la sépulture.
11786Sur ces entrefaites, la division éclata entre Melik-Nâser et les Mamlouks-Bahris
11787qui se trouvaient à sa cour.
11788Ils quittèrent ce prince, au mois de Schewal, et se
11789rendirent
11790auprès
11791de Melik-Moughitb
11792,
11793seigneur
11794de
11795Karak.
11796L’émir
11797Seïf-eddin-
11798Koutouz,
11799ayant
11800fait
11801marcher
11802des
11803troupes
11804vers
11805la
11806ville de Sâléhieh,
11807attaqua
1180810.
p. 104
11809HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
1181076
11811l’ennemi, le samedi, quinzième jour du mois de Dhou’lkadah. Les émirs
11812Seïf-
11813eddin Kelaoun, Seïf-eddin-Belban-Reschidi, furent faits prisonniers. L’émir Seif-
11814eddin-Belban-Asclirafi périt dans
11815le combat. Les troupes de Karak prirent
11816la
11817fuite
11818, accompagnées de Bibars-Bondokdari,
11819qui monta
11820ensuite
11821sur
11822le
11823trône
11824d’Egypte.
11825L’armée
11826égyptienne
11827étant de retour
11828au
11829Caire,
11830l’émir
11831Scherf-eddin
11832251
11833Kiran
11834Moëzzi,
11835XOstcidar (majordome) du
11836sultan,
11837se rendit caution de
11838l’émir
11839Kelaoun, et le fît mettre en liberté. Celui-ci, après avoir séjourné peu de temps
11840au Caire, se cacha dans le quartier appelé Hosaïniah , chez Seïf-eddin-Katlidja-
11841Roumi,qui
11842lui fournit des
11843provisions de voyage,
11844et
11845il parvint
11846à regagner
11847la
11848ville de Karak.
11849Cependant
11850, le khalife envoya à Nâser-Iousouf, souverain de Damas, une khilah ,
11851un diplôme d’investiture
11852et un
11853collier.
11854Melik-Mougliith, que
11855les Mamlouks-
11856Bahris pressaient d’entreprendre
11857la conquête de
11858l’Egypte,
11859écrivit à un grand
11860nombre
11861d’émirs,
11862et
11863leur
11864adressa de magnifiques
11865promesses.
11866Sur
11867ces
11868entre-
11869faites
11870, Houlagou
11871,
11872fils de Touli, et
11873petit-fils de
11874Djenghiz-Klian
11875, faisant chaque
11876jour de nouveaux progrès, marcha vers Bagdad.
1187711 députa vers le khalife, pour
11878inviter ce prince à lui payer un tribut
11879^
11880wJLhj (ioo). L’effroi s’étant
11881répandu dans
11882la ville,
11883les habitants en sortirent en foule et se dispersèrent de
11884différents côtés. Houlagou vint camper vis-à-vis le palais du khalife, s’empara des
11885dehors de Bagdad, et massacra un grand nombre de personnes.
11886Cette même année, on vit arriver à Damas les Fakirs-Haïdaris. Ils portaient sur
11887(io5) Le mot Diafah XsL-ca, qui signifie en général Xhospitalité, désigne quelquefois unfestin, attendu
11888qu’un repas accompagne toujours la réception d’un hôte. On lit dans XHistoire d’Egypte d’Ahmed-As-
11889kalâni
11890(t. II,
11891f. 180 r
118921
11893’)
11894:
11895jJ
11896«Le sultan lui donna un festin sur
11897« les bords du canal de Zaferan. « Plus bas
11898(fol. 192 r°)
11899: ïàL-ca
11900jJ
11901iDans l’ouvrage historique
11902de Makrizi (Solouk ,
11903t. I, pag. 748)
11904:
11905J
11906«11 lui fit préparer un festin somptueux.»
11907Le même mot désigne également un présent, un don,
11908soit volontaire, soit forcé. On
11909lit dans l’ou-
11910vrage d’Ahmed-Askalâni (tom.
11911I, man. 65 6,
11912fol. 25o r°)
11913:
11914ïsLJI
11915Ls^ ^
11916aJæ
11917pjüîl «Il stipula
11918qu’il n’exigerait point des marchands le présent qu’ils étaient tenus de payera
11919«leur arrivée.» Dans
11920le même livre
11921(t. II,
11922fol. 90 r°)
11923:
11924bîL>
11925ï)Js
11926«Ilim-
11927«posa
11928sur chaque bourg une
11929contribution,
11930désignée par
11931le nom de Diâfah . » Plus
11932loin
11933(ihid.)
11934:
11935w\^.l «11 leva la contribution suivant l’usage.
11936» Ailleurs
11937(f. 142 r°)
11938:
11939•••
11940«Il arriva un ambassadeur qui apportait un présent.» Plus bas
11941(fol. 149 v°)
11942:
11943! j IjLv^JÎ
11944«Ils leur apportaient des dons et des présents.» Et dans l’histoire de Makrizi
11945(,Solouk , tom. III,
11946fol.
11947i5 v°)
11948: »p.U
11949I
11950! «Chacun
11951se
11952présenta devant eux,
11953« apportant des dons magnifiques de tout genre. »
p. 105
11954II. MELIK-MANSOUR.
1195577
11956an 655 (1257).
11957leurs têtes des bonnets appelés tartour jA>\JL (106); ils avaient
11958la barbe rasée, à
11959l’exception de la moustache
11960: car leur scheïkh (supérieur) Haïdar, ayant
11961été fait
11962prisonnier par les Ismaéliens
11963, ces sectaires lui avaient coupé la barbe
11964, et
11965laissé la moustache
11966; et ses disciples se firent un devoir d’imiter leur maître. Ils
11967se bâtirent un monastère hjj
11968, en dehors de Damas,
11969et de là
11970se rendirent en
11971Égypte.
11972Il mourut, dans le
11973cours de cette année (107), plusieurs personnages
11974marquants, savoir
11975:
11976i° Nedjm-eddin-Abou-Mohammed-Abd-alIah-ben-Mohammed
11977.
11978.
11979.
11980. Bâderâïi'^tj^Ut , natifde Bagdad, de la secte de Schaféï, ambassadeur du kha-
11981life, et kadi de Bagdad. Il était âgé de soixante et un ans (108); 2
119820 Izz-eddin-Abou-
11983Hâmed-ben-Abd-alhamid-ben-Hibet-allah
11984Medaïni,
11985auteur
11986de
11987l’ouvrage
11988intitulé jjLJI
11989Jà'iî
11990^XJUU^
11991« Le ciel qui tourne, concernant les proverbes
11992courants;» 3 ° Le souverain du pays de Roum, Ala-eddin-Kaikobad
11993, cjui eut pour
11994successeur son frère Izz-eddin Kaïkaous. Ce dernier ayant perdu la ville de Koniah,
11995qui fut conquise par les Tatars, alla se réfugier dans la ville d’Alâïa Ld&e.
11996Cette année, la famine et une
11997maladie dangereuse, bj désolèrent toutes
11998les
11999AN
12000contrées de l’Orient. A Damas
12001, à Alep et en Égypte, les prix des denrées devinrent 656
12002(106)
12003Le mot tartourjjLjL
12004, qui fait au pluriel tarâtiryL\Jo , désigne une sorte de bonnet. On
12005lit
12006dans YHistoire des hommes illustres de la ville de Kaïrowan (man. arab.
12007752,
12008fol.
1200988 v°)
12010: jjLjL)\
12011« Le bonnet était sur ma tête. » Dans l’ouvrage géographique d’Abou-Obaïd-Bekri (man.
12012arab. 58o, pag. 238)
12013: ^jiaidî
120141§JI& Lai4î j.Js\j.D\
12015«
12016Il porte des bonnets dorés sur
12017« lesquels sont des turbans de coton.
12018» Dans l’ouvrage historique de Makrizi (Solouk
12019,
12020tom. I
12021, p. 806)
12022:
12023j
12024«Un maschal et un
12025tartour. » Plus loin
12026(pag. 958)
12027: jjLjL)
12028!
12029« Des turbans à côtes, qui avaient la forme d’un tartour. » Ailleurs (pag. 980) :jA>\jL)\
12030«Leur costume de tête était des tartours rouges placés sous des turbans. »
12031Dans un autre endroit (tom. II, fol. 176 v°)
12032\jLjL
12033J
12034« On
12035fit promener
12036« ignominieusement une femme qui avait sur
12037la
12038tête un tartour rouge. » Dans
12039le voyage de Pagès
12040( Voyage autour du monde, tom.
12041I,
12042pag.
12043386),
12044on
12045lit
12046:
12047« Tantoura désigne une
12048coiffure en cône
12049« d’argent que portent les femmes Druses.
12050» Mais au mot tantoura
12051il faut substituer celui de tartoura.
12052(107) Cette année, la hauteur primitive du Nil fut de quatre coudées, vingt-cinq doigts;
12053et
12054la
12055crue s’éleva à dix-sept coudées et dix-sept doigts.
12056(108) En effet, il était né l’an 5g4 (de J. C. 1197). Au rapport de Hasan-ben-Omar (fol. n
12057r°), et
12058d’Abou’lmahâsen(f. 172 v°),
12059il avait rempli les fonctions de professeur dans le collège Nidamiah
12060, à
12061Bagdad.
12062Il fut plusieurs fois envoyé en ambassade de la part du khalife, auprès des princes de l’Egypte
12063et de la Syrie. Arrivé à Damas,
12064il y fit construire un collège, dont les bâtiments se faisaient remarquer
12065par leur grandeur et leur élévation, et il fut le premier qui professa dans la grande salle de cet édifice.
12066Melik-.Nâser, les principaux personnages de l’État et les savants
12067les plus distingués assistèrent à ses
12068leçons. Ayant repris
12069la route de Bagdad,
12070il fut promu, dans cette ville, au rang de kadi-alkodat.
p. 106
12071HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
1207278
12073exorbitants
12074(109). A Alep,
12075le makouk (110) de froment se vendait cent pièces
12076d’argent,
12077celui d’orge soixante, un melon vert coûtait trente dirhems. Et tous
12078les objets étaient dans la même proportion.
12079Le quatrième jour de Ramadan vit tomber un des obélisques JL**» de Pharaon,
12080qui se trouvait à Aïn-scliems; on en retira environ 200 kmtar de cuivre (1 1 1). Le
12081sommet seul produisit dix mille pièces d’or. Le sixième jour de Safar, Houlagou,
12082s’étant rendu maître de la ville de Bagdad,
12083fit périr le khalife Mostasem-billah
12084qui avait occupé le trône l’espace de quinze années sept mois et six jours. Sa mort
12085anéantit la famille
12086des
12087fils d’Abbas;
12088et
12089les Musulmans restèrent
12090sans
12091khalife
12092jusqu’à l’année 65g. Ainsi se vérifia une tradition rapportée par Djemil-ben-Abi-
12093252 Thâbet
12094, suivant laquelle l’apôtre de Dieu
12095se leva un jour et dit
12096: « Arabes
12097« de la tribu delvoraïsch, l’autorité ne cessera pas de vous appartenir, jusqu’au
12098« moment où vous vous livrerez à desactes coupables, qui amèneront pour vous
12099« la perte de vos prérogatives. Dans ce cas, Dieu choisira, pour vous opprimer,
12100«les plus méchants des hommes;
12101et
12102ils
12103vous dépouilleront comme 011 écorce
12104« une branche d’arbre. » Une partie des habitants de Bagdad fut égorgée, le reste
12105se dispersa dans diverses contrées. Les vainqueurs renversèrent les djamis
12106,
12107les
12108mosquées, les rneschhed
12109; et
12110le sang coula par torrents dans
12111les rues. Ces
12112exces
12113se prolongèrent durant quarante jours. Houlagou ayant donné l’ordre de compter
12114les morts, le nombre s’éleva à environ deux millions. La ville se trouva dans
12115la
12116situation la plus triste. Cependant, les Tatars s’emparèrent d’Arbel, et Bedr-eddin-
12117Loulou, prince de Mausel, se soumit à leur autorité.
12118Cette même année, une
12119maladie
12120pestilentielle bj
12121fit, en
12122Syrie, de
12123grands
12124ravages.
12125Il mourait, à Alep, douze
12126cents personnes par jour. Un grand nombre
12127d’habitants de Damas fut victime de ce fléau. Le ritl de Tanuir-Hindi (tamarin) se
12128vendit jusqu’à soixante pièces d’argent. Melik-Nâser, souverain de Damas, envoya
12129comme ambassadeur auprès de Houlagou
12130, son fils Melik-Aziz, accompagné d’un
12131grand nombre d’émirs,
12132et chargé de présents. Le jeune prince étant arrivé
12133à
12134la
12135(109) On peut voir, sur ce qui concerne cette famine, l’historien Djemâl-eddin-ben-Wasel (ma-
12136nuscrit non catalogué,
12137fol. 386).
12138(110)
12139Voyez, sur cette mesure, Makrizi
12140: Tractatus de legalibus Arabum ponderibus et mensuris,
12141pag. 34, 36, 41, 44.
12142(ni) Notre auteur, dans sa Description de l’Égypte, à l’article de la
12143ville d’Aïn-schems (man.
12144arab. 797, fol. 184 r°)
12145, raconte le même fait. Voyez aussi M. Silvestre de Sacy
12146(Relation de l'Égypte,
12147par Abd-allatif, pag. 228).
p. 107
12148an 656 (ia58).
12149II. MELIK-MANSOUR.
1215079
12151cour du monarque mongol, lui offrit tous les objets dont
12152il était porteur,
12153et le
12154pria, au nom de son père, de lui accorder son secours, afin
12155qu’il pût enlever
12156l’Égypte aux Mamlouks. Houlagou donna ordre que
12157le prince, à son retour, fût
12158escorté d’un corps de troupes composé d’environ vingt mille cavaliers. Dès que
12159cette nouvelle parvint à Damas, les Mamlouks-Bahris qui s’y trouvaient aban-
12160donnèrent cette
12161ville, et se retirèrent à Karak, auprès de Meiik-Mougbitb, qu’ils
12162pressèrent de tenter
12163la conquête de
12164l’Égypte. Ce prince, en
12165effet,
12166rassembla
12167ses troupes et se mit en campagne.
12168L’émir Koutouz, de son côté,
12169se prépara à
12170la guerre, et partit du château de la Montagne, à la tête de l’armée égyptienne.
12171Lorsqu’il fut arrivé à Sâléhieh, ceux des
12172émirs qui avaient
12173écrit
12174secrètement à
12175Melik-Moughith
12176, désertèrent et allèrent
12177le joindre. Koutouz ayant attaqué l’en-
12178nemi, les troupes de Melik-Moughith furent mises en déroute, et lui-même, à la
12179tête d’un faible détachement, reprit la route de Karak. Les Mamlouks-Bahris se
12180dirigèrent du côté de la ville de Tour^Ul (iia)et se liguèrent avec les Schelir-
12181zouris, qui venaient de l’Orient. Le reste de l’armée vaincue, ainsi que ses bagages,
12182tomba au pouvoir des Égyptiens, qui retournèrent vers le château de la Montagne,
12183conduisant avec eux une foule de prisonniers. Koutouz était irrité contre beau-
12184coup
12185d’émirs,
12186parce
12187qu’ils
12188montraient
12189des
12190dispositions
12191favorables
12192à
12193Melik-
12194Moughith;
12195il
12196fît
12197arrêter
12198les
12199émirs
12200Izz-eddin-Aïbek-Boumi-Sâlélii
12201,
12202Seïf-eddin-
12203Bekri-Salelii-Kâfouri-Aschrafi, Bedr-eddin-Bektout-Ascbrafi
12204, Bedr-eddin-Belgan-
12205Aschrafi
12206, ainsi que plusieurs autres.
12207Il leur fit trancher
12208la tête
12209, le vingt-sixième
12210jour du mois de Rebi premier, et confisqua tous leurs biens.
12211Cependant, des soldats de l’armée de Houlagou, nommés les Schehrzouris (1 13 ),
12212(112) Le mot tour^^s, qui se retrouve dans les langues syriaque et chaldaïque, et qui désigne une
12213montagne, répond au terme hébreu tsour lis rocher. Le mont Sinaï est ainsi nommé comme étant
12214la montagne par excellence, celle du haut de laquelle Dieu donna ses lois aux Israélites. C’est du mot
12215tour qu’est venue la dénomination de mont Taurus. Et les anciens, en adoptant ce nom
12216, ont fait un
12217pléonasme semblable à celui qui est en usage chez
12218les Siciliens, lorsqu’ils désignent le mont Ethna
12219par le nom de monte-Gibello
12220, qui veut dire le mont Montagne. Les Arabes, comme je
12221l’ai dit, se
12222servent du motj^b pour indiquer une montagne quelconque. Masoudi (Tenbih, man. de Saint-Ger-
12223main, 337, fol. 84) nomme Ljjjjb
12224« Le mont des Oliviers; »
12225«Le mont Sinaï. » Plus bas,
12226il
12227dit
12228:
12229Je parlerai plus bas de la ville de Tour.
12230(1 13) Les Schehrzouris, ainsi que leur nom l’indique, étaient des Curdes, habitants de la ville de
12231Schehrzour, et qui, ayant fui leur patrie, pour échapper aux armes des Mongols, se réfugièrent en
12232Syrie , en Égypte
12233, et jusque dans le Magreb (l’Afrique). Ebn-Khaldoun, dans son histoire (manuscrit
12234de la Bibliothèque du Roi
12235, tom. VI, fol. 3oo v°), atteste, en effet, que des Curdes, à l’époque de
p. 108
122368o
12237HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
12238désertèrent ses drapeaux et se réfugièrent à Damas.
12239Ils
12240étaient au nombre d’en-
12241viron
12242trois mille, et avaient avec eux leurs femmes et leurs enfants. Melik-Nâser,
12243charmé de leur arrivée et voulant augmenter ses forces,
12244les prit à son service.
12245Leur insolence allait chaque jour en
12246croissant, et leurs prétentions devenaient
12247excessives. Nâser,
12248redoutant leur audace, s’efforça de
12249les gagner par ses bien-
12250faits; mais il ne fit qu’augmenter leur insubordination. Enfin, ils abandonnèrent
12251253
12252ce prince, et se retirèrent à Karak, auprès de Melik-Moughith. Celui-ci les reçut
12253avec plaisir, et
12254se flatta de pouvoir, avec leurs secours, conquérir Damas. Melik-
12255Nâser,
12256effrayé,
12257et
12258redoutant
12259les
12260émirs
12261Kaïmeris, qui se trouvaient dans
12262sa
12263capitale,
12264était dévoré
12265d’inquiétudes,
12266et ne savait à quoi
12267se résoudre.
12268Cette même année, au mois de Redjeb, mourut Abou-Iahia-ben-Abd-alhakk...
12269émir des Benou-Merin.
12270Il
12271eut pour successeur son
12272fils Amrou, qui trouva un
12273compétiteur dans son oncle paternel Iakoub, fils d’Abd-alliakk. Abou-Iahia avait
12274fait de grandes conquêtes et fondé un empire (1 i/j).
12275Il partagea les provinces du
12276Magreb entre les diverses tribus des Benou-Merin, et professait les principes
12277de
12278l’émir Abou-Zakaria,
12279fils d’Abou-Hafs, souverain
12280de
12281Tunis. Abou-lahia fut
12282le
12283.premier qui s’entoura de
12284la pompe
12285royale.
12286Maître
12287absolu du Magreb-aksa,
12288il
12289s’empara de
12290la
12291ville de
12292Fez. Les Benou-Abd-alwahid régnaient sur le Magreb-
12293aousat, et les Benou-Abi-Hafs
12294, sur
12295la
12296ville de Tunis, dans
12297la province d’Afri-
12298kiah. A cette époque, la puissance des Almouwahids,
12299fils d’Abd-almoumin était
12300sur le penchant de sa ruine (i i5).
12301Les
12302fils de Hasan
12303étant entrés dans la Mecque,
12304firent prisonnier Edris.
12305Us
12306séjournèrent dans cette ville l’espace de six jours; mais Abou-Nemi les força de
12307l’évacuer sans qu’il y eût de part ni d’autre une goutte de sang répandue (i 16).
12308la prise de Bagdad par Iloulagou, avaient quitté la ville de Schehrzour, et étaient venus se mettre au
12309service des souverains du Magreb.
12310(n 4)
12311Je lis
12312:
12313^ls!
12314; au lieu de
12315(x i 5 )
12316Cette année
12317, la hauteur primitive du Nil
12318fut de quatre coudées dix-neuf doigts,
12319et la crue
12320s’éleva à dix-sept coudées cinq doigts.
12321(116) Cette
12322année vit mourir quelques hommes d’un grand mérite,
12323tels
12324que: i° Aoun-eddin-
12325ben-Adjemi
12326^ ^jJ!
12327qui avait
12328un des PrinciPaux personnages de la cour de
12329Melik-Nâser. Son père, nommé Beha-eddin,
12330avait
12331occupé dans
12332la
12333ville d’Alep un rang des plus
12334distingués, et rempli entre autres fonctions celle d’administrateur
12335des fondations
12336pieuses. Aoun-
12337eddin joignait à des qualités brillantes une belle figure, et le talent de la poésie.
123382° Nidam-eddin-ben-Maulâ,
12339l’un des écrivains de la chancellerie du sultan Melik-Nâser.
123403 ° Le
12341scheïkh Zeki-eddin-ben-Abd-aladim
12342, qui mourut en Égypte , était scheïkh (supérieur) de
12343la. maison
p. 109
12344II. MELIK-MANSOUR.
1234581
12346an 657 (i^Sg).
12347Cette année, les Tatars attaquèrent
12348sans succès la ville de Mardin
12349; forcés de
12350lever le siège, ils allèrent bloquer Méïâfârekin. La disette se
12351fit sentir dans cette
12352consacrée à l’étude des traditions
12353j Î.5, qui avait été élevée au Caire par le sultan Melik-
12354Kâmel
12355, entre les deux palais. 11 fut aussi professeur dans la mosquée Dâferi. C’était un des docteurs
12356les plus
12357distingués
12358dans la science des
12359traditions, et
12360des plus connus comme
12361hâjîcl, c’est-à-dire,
12362comme sachant l’Alcoran par coeur. Il composa, entre autres ouvrages, un abrégé du Sahili de Mou-
12363sallam, et des Sunen d’Abou-Daoud.
12364Il se livrait également à la poésie. Il mourut au Caire à l’âge de
12365soixante et quinze ans, le samedi, troisième ou quatrième jour du mois de Dhou’lkadah. La prière
12366fut faite sur son corps, le dimanche, après-midi, dans le collège Kâmelieh, au Caire; puis, au pied
12367du château, et enfin, vers le soir, près du tombeau placé au pied du mont Mokattam
12368:
12369il
12370était né à
12371Fostat
12372, le premier jour du mois de Schaban de l’année 58 1 (de J. C.
123731 185). 4° Le scheïkh Abou-Abd-
12374allah-Kâsem, qui mourut à Alep
12375, était profondément versé dans la connaissance de la langue arabe
12376,
12377et lecteur célèbre.’ Il avait un rare talent pour l’explication de l’Alcoran, et avait composé un beau
12378commentaire sur le poëme intitulé
12379: Schdtebieh ÜLJsliJ
12380!
12381ï
12382S. 5° Le hâfiel Sadr-eddin-Mohammed-
12383ben-Bekri, qui mourut à Damas, prétendait descendre de Mohammed,
12384fils du khalife Abou-Bekr.
123856° Le scheïkh Saad-eddin, fils du scheïkh Mouhi-eddin. C’était un homme d’un grand mérite, et qui
12386possédait à un haut degré le talent de la poésie. 7
123870 L’émir Seïf-eddin-Ali-ben-Sâbik-eddin
12388, surnommé
12389Mouschidcl jJLtl, parce qu’il était à la tète des bureaux de l’administration. Il tenait un rang distingué
12390à la cour de Melik-Nâser. Il était parent de l’émir Djemâl-eddin-ben-Iagmour, et fils du frère de l’émir
12391Fakhr-eddin Otliman, ostâdâr de Melik-Kâmel. Il se distinguait, comme poète, par un beau talent.
12392On cite de lui ces vers adressés à son souverain
12393:
12394«Le prince, dans ses dons,
12395est comparable à une mer; si ce n’est que les flots épanchés de ses
12396« mains sont plus doux.
12397« Lorsqu’un étranger arrive vers lui,
12398il prodigue envers son hôte les bienfaits les plus nobles.
12399« O prince, puissent vos ennemis être tous suspendus aux troncs des palmiers.
12400« Puisse cette année, qui se renouvelle, vous amener tout ce qui est l’objet de vos vœux et de vos
12401« espérances. »
12402«Vivez, pour combler l’attente de tous les hommes, pour opérer de pareils
12403bienfaits, tant que
12404«brillera l’étoile du matin. «
12405Il était né à Fostat , au mois de Schewal de l’an 602 (de J. C.
124061 2o5)
12407, et mourut à Damas, le dixième
12408jour du mois de Moharram.
124098° Le scheïkh Djemâl-eddin-abou-Zakariâ-Iahia-ben-Iousouf joignait à la dévotion la plus austère
12410des connaissances variées et profondes.
12411Il se distingua surtout par son talent pour la poésie.
12412Il chanta,
12413dans une multitude innombrable de poèmes,
12414les louanges du Prophète. On assure que les pièces de
12415vers qu’il composa sur cette matière pourraient former environ vingt volumes.
124169
124170 Le sâheb Mouhi-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed, fils du kadi-alkndat Nedjm-eddin-Abou’Iha-
12418san-Ahmed, natif de la ville d’Alep, et surnommé Ebn-aladim
12419pJ A*)
12420!
12421C’était un homme d’un
12422mérite distingué, d’un grand savoir, dont la maison était le rendez-vous de tous les personnages de
12423talent. 11 mourut à Alep
12424, à l’âge de soixante et six ans.
12425io° Nidam-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed, plus connu sous le nom d’Ebn-Maulâ-Halebi , chef
12426f.
12427II
p. 110
1242882
12429HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
12430place
12431à un
12432tel
12433point, que les
12434habitants
12435furent réduits
12436à manger
12437le
12438cuir des
12439sandales.
12440de la chancellerie d’Alep. Il se distinguait par la réunion des qualités les plus brillantes, et jouissait
12441d’un grand crédit auprès de Melik-Nâser.
12442ii° Beha-eddin-Abou’lfadl-Zohaïr-Mekki-Misri,
12443plus connu
12444sous
12445le nom
12446de
12447Beha-Zohaïr
12448j.A\ l$J!. Voué au service de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub
12449, à l’époque où ce prince gouvernait
12450au nom de son père Melik-Kâmel,
12451il le suivit en Orient, et s’attacha à sa personne. Melik-Sàleh ayant
12452été fait prisonnier et enfermé dans la citadelle de Karak, Beha-eddin établit sa résidence à Naplouse,
12453afin de veiller aux intérêts de son maître. Celui-ci recouvra enfin sa liberté. Beha-eddin rentra à son
12454sei’vice,
12455et l’accompagna en Egypte.
1245611
12457acquit auprès de son souverain un
12458crédit sans bornes, fut
12459dépositaire de tous ses secrets
12460, et remplit à sa cour les fonctions de chef de la chancellerie. Il mourut
12461en Égypte à l’âge de soixante et quinze ans, le dimanche, quatrième jour du mois de Dhou’lkadah;
12462il fut enterré
12463le lendemain, à l’issue de la prière de midi, dans
12464le tombeau qu’on
12465lui avait élevé,
12466dans le quartier du grand Karâfah , près du mausolée de l’Imam Schaféi.
12467Il était né à Wadi-Nakhlah
12468près de la Mecque, l’an 58 1
12469(de J. C.
12470i
12471» 85)
12472, et avait été élevé à Kous,
12473ville du Saïd.
1247411
12475joignait à de nombreux talents celui delà poésie, et le recueil de ses vers jouissait d’une haute réputation.
1247612° Le kadi Sadr-eddin-Abou-Mohammed-Abd-errahim, natif deBalbek, et qui remplit dans sa
12477patrie les fonctions judiciaires. On cite de lui ces vers
12478:
12479« O
12480ami,
12481toi que
12482le
12483pouvoir a rendu injuste, ne trompe plus désormais les vœux de celui qui
12484« espère te posséder.
12485« Tu ne pouvais jadis rester un moment loin de nous. Aujourd’hui, on t’a fait connaître l’absence,
12486n qui t’a distrait de notre souvenir
12487:
12488« O séparation, qui nous a désunis; quelle vengeance tu mérites de la part d’un ami.
12489« N’augmente point désormais ses douleurs; car, aujourd’hui, tu as, en ce genre, atteint tout ce
12490« que tu pouvais espérer.
12491»
12492i3° Le scheïkh Abou-lshak-lbrahim-ben-lahia-Osiouti mourut au Caire, le soir du septième jour
12493du mois de Dhou’lkadah, et fut enterré au pied du mont Mokattam.
12494Il était né vers l’année
12495(de
12496J. C. 1174)- H se distinguait par une connaissance profonde des principes de l’Imam Schaféi. Doué
12497du plus noble
12498caractère,
12499il ne
12500laissait pas, quoique pauvre, de pratiquer l’aumône avec une rare
12501générosité.
12502i4° Scherf-eddin-Abou’ttaïb-Ahmed-ben-Mohammed-Mauseli, plus connu sous
12503le nom d’Ebn-
12504Halâwi
12505H joignait à la plus belle figure les manières les plus aimables et les qualités
12506les plus distinguées. Doué d’un rare talent pour la poésie,
12507il voyagea dans différentes contrées, et
12508chanta les louanges des khalifes et des rois. 11 s’attacha au service de Bedr-eddin-Loulou, prince de
12509Mausel, et porta dans cette cour le costume militaire. Ses poésies sont remarquables par la grâce et
12510la douceur
12511: il mourut à l’âge de cinquante-trois ans (Nowaïri
12512, manuscrit de Leide, Schehâb-eddin
12513,
12514ou plutôt Djemâl-eddin-ben-Wasel,
12515fol. 386 et suiv.; Hasan-ben-Omar, man. 688,
12516fol. i3 et suiv.;
12517Abou’lmahâsen, man. 66i, fol. 173 et suiv.; Abulfedœ Annales, pag. 564, 566).
12518Les
12519historiens Djemâl-eddin-Ebn-Wâsel
12520(man. non
12521catalogué,
12522fol.
12523386
12524v°); Hasan-ben-Omar
12525(man. 688, fol. i3 v°); et Abou’lféda,
12526(.Annales tom. IV, pag. 566), fixent à l’année 656 (de J. C. 1258)
12527la mort du chroniqueur Schems-eddin, surnommé Sebt-Ebn-Djouzi, tandis que, sur
125281 autorité de
p. 111
1252983
12530AN 65 7 (1259).
12531ri. MELIK-MANSOUR.
12532Melik-Moughith partit de Karak , à
12533la tête de ses troupes
12534,
12535et
12536se dirigea vers
12537Damas. Melik-Nâser marcha à sa rencontre, et, l’ayant joint près de Ariha (Jéricho),
12538il lui livra bataille. Melik-Moughith,
12539vaincu, regagna précipitamment
12540la
12541ville
12542de Karak. Melik-Nâser étant arrivé à Jérusalem,
12543s’y arrêta quelques jours. De là,
12544il se rendit à Zirâ
12545, campa sur le bord de l’étang (i 17 ), et y séjourna six mois.
12546Cependant des négociations étaient entamées entre lui et Melik-Moughith. Enfin
12547,
12548la paix fut conclue, sous la condition que Moughith
12549rendrait
12550à Nâser le corps
12551entier des Mamlouks-Bahris ,
12552et
12553éloignerait
12554de
12555sa personne
12556les Schehrzouris.
12557Ceux-ci, ayant en effet quitté Karak, se retirèrent dans les provinces maritimes
12558LWLJi
12559:>ÜJî.
12560L’émir Rokn-eddin
12561- Bibars-Bondokdari
12562écrivit
12563à Melik-Nâser,
12564pour lui demander une amnistie. Dès
12565qu’il eut reçu le serment de
12566ce prince,
12567il
12568se rendit auprès de lui, sur les bords de l’étang de
12569Zirâ.
12570Il
12571était accompagné
12572de
12573Bedr-eddin -Baisari
12574,
12575Itmesch-Masoudi,
12576Taïbars-Yéziri, Belban-Roumi,
12577le
12578dewâdâr
12579, Akousch-Roumi, Ladjin-Derfil, le dewâdâr, Kestgadi-asserf, Idgamisch,
12580Aïbek-Scheïkhi
12581, Belban-Herani, Ras-Turk-Kebir, Sandjar-Masoudi,
12582Aïas-Nâseri,
12583Sandjar-Hami
12584, Aïbek-Alaï, Taman
12585,
12586Ladjin-Schakiri
12587, Sultan-Akdekezi
12588,
12589Belban-
12590Aksisi et Tzz-eddin-Bibars. Melik-Nâser reçut Bibars avec la plus haute distinction
12591,
12592lui concéda, à titre de fief, la moitié des villes de Nabolos (Naplouse), de Djabin
12593^Juli et de leur
12594territoire; il lui donna le commandement de cent vingt
12595cavaliers. Moughith renvoya à Nâser le reste des Bahris. Ce prince, ayant quitté 254
12596Zirâ, pour retourner à Damas
12597, fit arrêter et mettre en prison ces Mamlouks.
12598Melik-Aziz, fils de Melik-Nâser, arriva de la cour de Houlagou, apportant une
12599lettre conçue en ces termes
12600: « Nous faisons savoir à Melik-Nâser, prince d’Alep,
12601«que, par
12602la force de
12603l’épée du Dieu très-haut, nous avons conquis Bagdad,
12604« exterminé les guerriers de cette ville, détruit les édifices, et fait prisonniers les
12605«habitants,
12606suivant
12607cette maxime que Dieu
12608a consignée dans
12609le livre sacré
12610:
12611«Lorsque les Rois entrent dans un bourg,
12612ils y portent le ravage, et réduisent
12613Nowaïri et d’Abou’lmahâsen
12614, j’ai rapporté cet événement à l’année 654 (de J. C. 1256 ). (Voy. p. 56 .)
12615(117)
12616L’étang de Zirâ était à deux journées de la ville de Karak, du côté du nord
12617:
12618\yj 'iSy
12619(Djemâl-eddin-ben-Wâsel,
12620fol. 38g
12621v°. Kârnel, tom. VII,
12622pag.
12623286).
12624Nous lisons dans la Fie de Bibars (man. arab. 8 o 3
12625,
12626fol. 93 v°), que ce prince, se rendant à Karak,
12627tomba de cheval, près de l’étang de Zirâ
12628: \yj IÉ
12629y
12630-OjA Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-As-
12631kalâni , sous l’année 8 1 4 de l’hégire (de J. C. 1411),
12632il est fait mention d’un combat qui eut lieu entre
12633les pèlerins de Damas
12634et les Arabes, dans les environs de Zirâ
12635<s~a.Lo (m. ar. 65 7 ,
12636fol. 25 v°);
12637Abou’lféda
12638( Tabula Syriæ, pag. 91), place
12639l’étang de Zirâ \yj
12640‘OZy
12641(et non pas Zizâ !y>j),
12642à une
12643journée , au midi de la ville d’Ammân.
p. 112
1264484
12645HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
12646« au dernier degré de l’humiliation les plus distingués d’entre les habitants.» Nous
12647« avons fait comparaître devant nous le khalife, et lui avons adressé des questions
12648« auxquelles
12649il a répondu par des mensonges. Mais
12650il a eu bientôt à se repentir
12651« de
12652sa conduite
12653,
12654et a bien
12655mérité la mort que nous lui avons
12656fait subir. Cet
12657« homme
12658pervers ne se
12659plaisait qu’à entasser des richesses
12660, qu’à amasser des
12661« objets précieux
12662, sans s’occuper en aucune manière de ses sujets. Sa réputation
12663«était répandue au
12664loin;
12665et
12666il occupait
12667le rang
12668le plus
12669élevé. Que Dieu nous
12670« garde de la perfection
12671et du faîte de la grandeur.
12672«Dès qu’une chose est
12673arrivée à sa plus haute limite,
12674elle commence à dé-
12675« croître ( 1
126761 8)
12677:
12678« Lorsque tu entends dire
12679: Elle est parfaite, crains une catastrophe.
12680« Si tu es dans
12681la prospérité
12682, conserve-la avec soin ;
12683« Car les crimes entraînent la perte du bonheur.
12684« Combien d’hommes ont passé la nuit au sein de la félicité,
12685« Sans se douter que la mort allait fondre sur eux à l’improviste.
12686« Dès que
12687tu auras pris lecture de ma lettre , hâte-toi de soumettre au Roi des
12688«Rois (i 19), souverain du monde, ta personne, tes sujets, tes guerriers et tes ri-
12689«chesses. Par cette conduite, tu éviteras sa colère, et mériteras ses bienfaits, ainsi
12690« que le Dieu très-haut l’a dit dans son livre auguste
12691: « Oui
12692, l’homme ne recueillera
12693«que le prix de ses efforts;
12694et Dieu, qui verra son zèle, ne manquera pas de le
12695«récompenser avec une extrême munificence (120).» Garde-toi bien, comme tu
12696«l’as fait précédemment, d’emprisonner nos ambassadeurs (1 21). Mais, observe
12697« envers eux les lois de la justice et congédie-les avec des témoignages de bien-
12698«veillance. Nous avons appris que des marchands Syriens et autres, se sont ré-
12699«fugiés dans un Karavanseraï avec leurs femmes et leurs richesses. Mais,
12700s’ils
12701«se retirent sur les montagnes, nous
12702les ferons écrouler;
12703s’ils
12704se cachent sous
12705« la terre
12706, nous la bouleverserons.
12707(118)
12708Ceci rappelle le vers de Corneille
12709:
12710Et monté sur le faîte
12711,
12712il aspire à descendre.
12713(1 19) Le texte porte
12714:
12715tjj ïliulaLi.. Je lis
12716:
12717ïULlali.
12718« Le Roi des Rois
12719, de la face
12720« de la terre. »
12721(120) Coran, Surat. lui, v. 40 et suiv.
12722(121) Le verbe
12723signifie emprisonner. Onlit dans l’histoire d’Ahmed-Askalâni (t. II, f. 141 v°) :
12724ïjdjélj
12725>3 O-?* “b fut emprisonné dans la tour du
12726château.
12727» Dans
12728l’histoire de Makrizi
12729(t. I, p. 674)
12730: £*lï)b
12731L^a. Ailleurs
12732(t. II,
12733f. 107
12734r°, 108 r°)
12735:
12736Üxlïi
12737"H fut em-
12738« prisonné dans le château de la Montagne.
12739»
p. 113
12740il. MELIK-MANSOUR.
1274185
12742an 657
12743( 12 5<)).
12744«Où
12745se sauver? car aucun fugitif ne saurait trouver un
12746asile.
12747«Les deux éléments,
12748la terre et l’eau, m’appartiennent.
12749«Notre force redoutable nous a soumis les lions
12750:
12751«Les émirs et les vizirs sont sous notre dépendance.»
12752Nâser, effrayé d’un pareil message, envoya son épouse à Karak. Les habitants
12753de Damas ayant appris que les Talars avaient déjà traverse l’Euphrate, furent
12754frappés de
12755terreur. Un grand nombre d’entre eux prit
12756le chemin de
127571 Égypte;
12758mais, comme on était alors en hiver, beaucoup de ces fugitifs périrent en route;
12759et les autres
12760, pour la plupart, furent dépouillés de tout ce qu’ils portaient. Nâser
12761n’eut pas plutôt appris que Houlagou était en marche pour entrer en Syrie, qu’il
12762dépêcha en Égypte le sdheb Kemâl-eddin-Omar-ben-Adim , afin de demander le
12763secours des troupes de cette contrée. Ce négociateur étant arrivé au
12764Caire, on
12765convoqua une réunion au
12766château, en
12767présence de Melik-Mansour. Le
12768kadi-
12769alkodat Bedr-eddin-Hasan-Sindjâri
12770et
12771le
12772scheïkh
12773Izz-eddin-ben-Àbd-asselam 255
12774assistaient
12775à
12776cette conférence. On leur demanda
12777si l’on pouvait légitimement
12778prendre les biens du peuple pour les employer aux dépenses que l’armée exigeait.
12779Ebn-Abd-asselam répondit
12780: «S’il ne reste plus d’argent dans le trésor;
12781si vous
12782«avez sacrifié vos ceintures dorées et vos autres ornements; si, dans votre cos-
12783«tume, vous ne vous distinguez du peuple que
12784par votre armure;
12785si chaque
12786«officier ne possède plus autre chose que
12787le cheval
12788qu’il monte, alors on peut
12789« licitement prendre une partie des biens de la multitude pour repousser l’ennemi
12790:
12791«bien plus, si l’ennemi se présente, tout homme, sans exception, est tenu, pour
12792«l’écarter, d’exposer sa vie et
12793ses richesses.» L’assemblée
12794se sépara
12795sans avoir
12796rien résolu. Cependant l’émir Koutouz saisit cette occasion pour décrier Melik-
12797Mansour
12798: «Il nous faut absolument, disait-il, un sultan belliqueux, qui puisse
12799«se mesurer avec l’ennemi
12800: et Mansour est un enfant, hors d’état de gouverner
12801«un
12802empire.» En
12803effet, ce jeune prince
12804se
12805livrait
12806à un grand nombre d’actes
12807répréhensibles,
12808et ne s’occupait que de ses amusements.
12809C’était
12810sa mère qui
12811régnait en son nom ; et les affaires étaient en désordre.
12812L’émir Seif-eddin-Koutouz, qui aspirait au rang de sultan
12813, attendit le moment
12814où les émirs allaient à
12815la chasse. Profitant de l’absence des émirs Alem-eddin-
12816Sandjar-Gatmi, et Seïf-eddin-Béhadur,
12817il se saisit de Melik-Mansour, de son frère
12818Kakan et de leur mère(i 22 ), et les mit en prison dans une tour du château de la
12819Montagne. Mansour avait régné deux ans, huit mois et trois jours.
12820(122)
12821J’ai suppléé ces motSj_?~aUÎ
12822, qui manquent dans le manuscrit.
p. 114
1282386
12824HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
12825RÈGNE
12826DE MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
12827an
12828L’émir Seïf-eddin-Koutouz s’assit sur le trône, dans le château de la Montagne,
12829^7 le samedi, vingt-quatrième jour du mois de Dhou’lkadali
12830, l’an 657 (de J. G. iaôg).
12831Ce fut le troisième prince turc qui gouverna l’Egypte. Le vingt-cinquième jour
12832du même mois,
12833il
12834choisit pour
12835vizir
12836Zeïn-eddin-Iakoub-ben-Abd-arrafî,
12837après
12838avoir destitué Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-alaazz. Cependant,
12839les émirs
12840ayant appris cet événement, se rendirent au château de la Montagne,
12841et repro-
12842chèrent vivement à Koutouz l’arrestation de Melik-Mansour, et l’usurpation du
12843trône. Koutouz, redoutant leur colère, s’excusa auprès d’eux, alléguant que les
12844Tatars marchaient vers la Syrie et l’Égypte; que, d’un autre côté, on avait à re-
12845douter les entreprises de Melik-Nâser, prince de Damas. «Je n’ai eu d’autre in-
12846« tention, leur dit-il, que de réunir toutes nos forces pour combattre les Tatars.
12847«Or, un roi seul pouvait atteindre ce but. Du reste, aussitôt que nous aurons
12848«vaincu l’ennemi, vous rentrerez dans vos droits, et vous élèverez au trône qui
12849«vous voudrez. » Les émirs s’étant séparés, Koutouz s’attacha à les gagner indi-
12850viduellement, et se vit bientôt paisible possesseur de l’autorité.
12851Il fit partir pour
12852Damiette, Mansour, son frère et sa mère, et les ht renfermer dans une tour dont
12853il avait ordonné la construction
12854, et qui avait reçu le nom de tour de la chaîne
12855‘iLJLJ! çj). Ensuite,
12856il les déporta dans- les états de Lascaris (l’empire grec).
12857Il fit
12858arrêter et mettre en prison les émirs Alem-eddin-Sandjar-Gatmi-Moaddami, Izz-
12859256
12860eddin-Aïdemur-Nedjibi assaghir (le petit), Scherf-eddin-Kiran-Moëzzi, Seïf-eddin-
12861Béhadur, Schems-eddin-Kara-sonkor, Izz-eddin-Aïbek-Nedjmi assaghir
12862(le
12863petit), Seif-eddin-Addoud, oncle maternel de Melik-Mansour, l’eunuque Hosam-
12864eddin-Belal-Moughithi
12865, le djemdar. S’étant fait prêter serment de fidélité par les
12866émirs
12867et les troupes,
12868il maintint dans le rang à'atabek l’émir Fâres-eddin-Aktaï-
12869Saghir-Sâléhi
12870, surnommé Mostareb v_^sü*4î
12871, et lui remit , ainsi qu’au sâheb (vizir),
p. 115
12872III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
12873an 657 (1259).
1287487
12875l’organisation de l’armée,
12876le soin
12877d’enrôler des
12878soldats,
12879et tous
12880les
12881détails de
12882l’administration. Lui-même s’occupa avec ardeur de compléter ses troupes et de
12883se préparer à la guerre.
12884Cependant, on reçut la nouvelle qu’un corps auxiliaire, envoyé par Houlagou
12885à Melik-Nâser, marchait vers Damas. Koutouz, qui redoutait Nâser, lui écrivit une
12886lettre pleine de soumission, dans laquelle il protestait avec serment qu’il n’avait
12887nul dessein de lui résister et de lui disputer le trône
12888; qu’il se considérait comme
12889gouverneur de l’Egypte en son nom; puis
12890il ajoutait
12891: «Dès que tu arriveras dans
12892« ce pays
12893, je te placerai sur le trône ; si tu veux accepter mes services
12894, je viendrai
12895« à la tête de mon armée te secourir contre ceux qui s’avancent aujourd’hui vers
12896« toi. Si ma présence te cause quelque inquiétude, je t’enverrai mes troupes sous
12897« la conduite du général que tu choisiras. » Cette lettre calma tout à fait les craintes
12898de Melik-Nâser.
12899Cependant, Houlagou partit en personne de Bagdad, et entra dans la province
12900de Diar-Bekr,
12901se dirigeant
12902vers Alep. Après avoir campé près d’Amid,
12903il vint
12904assiéger Harran
12905, qui était soumise à Nâser-Iousouf, la battit avec des machines
12906de guerre, et s’en rendit maître. Une partie de son armée traversa l’Euphrate, et
12907ravagea
12908les
12909contrées
12910voisines.
12911Les habitants
12912d’Alep,
12913déterminés
12914à
12915fuir,
12916éva-
12917cuèrent la place précipitamment. Le gouverneur de cette ville, Melik-Moaddam-
12918Touranschah,
12919fds de
12920Melik-Nâser-Iousouf (Saladin),
12921se
12922mit
12923en
12924état de
12925dé-
12926fense,
12927et
12928rassembla
12929la population des provinces voisines.
12930Les Tatars,
12931s’étant
12932approchés d’Alep, taillèrent en pièces une bonne partie de la garnison qui était
12933sortie pour
12934les
12935combattre. Après
12936quoi,
12937ils s’éloignèrent en
12938hâte.
12939Nâser tout
12940troublé, songea d’abord à résister à Houlagou, et vint camper à Berzah (128).
12941Il
12942écrivit
12943à
12944Melik-Moughith,
12945prince
12946de
12947Karak,
12948et
12949à
12950Melik-Modaffer-Koutouz
12951pour leur demander du
12952secours. Mais, dans
12953cet
12954intervalle,
12955la
12956faiblesse et
12957la
12958lâcheté prirent le dessus dans
12959l’esprit de ce prince
12960: d’un autre côté,
12961ses émirs
12962et
12963ses
12964soldats
12965redoutaient vivement
12966les
12967forces
12968de
12969Houlagou
12970:
12971enfin
12972,
12973l’émir
12974(12 3 ) Ce lieu, qui n’est aujourd’hui qu’un village, est situé au nord de Damas. C’est ce qu’atteste
12975l’historien Schehâb-eddin, ou
12976plutôt le kadi Djemâl-eddin-Ebn-Wâsel (manuscrit non catalogué,
12977fol. 391 r°, Kdmel, tom. VII, pag. 290), et son témoignage est confirmé par celui d’une Histoire de
12978Damas
12979, (man. arab. 823, fol, 5 i v°); Abou’lmahâsen (man. 667, fol. 2 r°), se contente de dire que
12980Berzah est situé aux environs de Damas. Mais ailleurs (m. 661,
12981f. 177 v°),
12982il place ce lieu au nord
12983de la ville. Pockocke
12984fait mention de Berzeh [Description of the East, tom. II, pag.
12985i 5o),
12986aussi bien
12987que l’auteur d’un voyage d’Alep à Damas [A journeyfrom Alcppo to Damaseus
12988pag. 53 ).
p. 116
1298988
12990HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
12991Seïf-eddin-Hâfidi
12992, agissant auprès de
12993Nâser, lui
12994exagérait la puissance du mo-
12995narque mongol,
12996lui
12997conseillait de ne pas tenter le sort des combats, mais de
12998désarmer son
12999ennemi en
13000se
13001soumettant à lui volontairement. L’émir
13002Rokn-
13003eddin-Bibars-Bondokdari s’emporta contre
13004cet
13005émir, jusqu’à
13006le frapper
13007et
13008l’ac-
13009cabler de reproches. « Vous serez, lui dit-il
13010, la cause de la ruine des Musulmans. »
13011Après quoi,
13012il le quitta,
13013et se
13014retira dans sa tente. Cependant Zein-eddin-Hâfidi
13015se
13016rendit
13017auprès de Melik-Nâser,
13018et se plaignit vivement de la manière dont
13019l’avait traité l’émir Bibars. Dès que la nuit fut arrivée, une partie des Mamlouks
13020257
13021entra brusquement dans l’endroit où logeait Nâser, avec l’intention de massacrer
13022le prince, et de placer un autre sur le trône. Nâser était alors dans un jardin.
13023Il
13024prit
13025la fuite
13026, accompagné de son frère Melik-Dâlier, et se retira dans la citadelle
13027de Damas.
13028Les émirs Kaïmerfs, l’émir Djemâl-eddin-ben-Iagmour,
13029et
13030les prin-
13031cipaux personnages de l’Etat s’étant rendus à la citadelle, conseillèrent à Nâser de
13032retourner à son camp. Ce que le prince exécuta. Au moment où
13033il sortait, Bibars
13034monta à cheval et prit la route de Gazah. L’émir Nour-eddin-Bedlan
13035, commandant
13036des Scliehrzouris, se trouvait alors dans cette ville.
13037Il
13038sortit à la rencontre de
13039Bibars et le reçut chez lui. En même temps,
13040il dépêcha Ala-eddin-Taïbars-Wéziri
13041vers Melik-Modaffer-Koutouz, afin de recevoir le serment de ce prince.
13042Sur ces entrefaites
13043, Nâser ayant appris que Houlagou était maître de
13044la forte-
13045resse de Harran ainsi que des provinces voisines, et qu’il se disposait à conquérir
13046Alep
13047, tomba dans
13048le découragement, et
13049fit partir pour l’Egypte son épouse
13050, son
13051fils et ses trésors. Les femmes des émirs
13052et
13053la plus grande partie des habitants
13054prirent la même route. Toute l’armée se débanda; et Nâser n’eut plus autour de
13055lui qu’un corps d’émirs.
13056Houlagou, étant venu mettre
13057le
13058siège devant Birah,
13059s’empara de
13060cette
13061for-
13062teresse; il y trouva Melik-Saïd,
13063fils d’Aziz, qui y était détenu en prison depuis
13064neuf ans, et lui donna le gouvernement de Soubaïbab et de Banias. Delà, Hou-
13065lagou vint camper sous les murs d’Alep. Les
13066habitants de Damas
13067et des villes
13068voisines, se bâtèrent de prendre la fuite, après avoir vendu leurs biens au plus
13069bas prix. On était alors au cœur de l’hiver; et une grande partie de ces
13070fugitifs
13071périt sur les chemins. Melik-Moughith
13072fit partir ceux des Mamlouks-Bahris qui
13073étaient restés auprès de lui, après les avoir fait enchaîner et placer sur des cha-
13074meaux. Ils étaient au nombre d’environ cinquante, parmi lesquels on distinguait
13075l’émir Sonkor-asclikar. Quatre Bahris se rendirent en Égypte, savoir
13076: Kelaoun-
13077Alfi
13078, Beklasch-Fakhri, Emir-silah, Bektasch-Nedjmi
13079, et Hâdj-Taïbars-W éziri.
p. 117
13080III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
13081an 657
13082( 12 5g).
1308389
13084Cette année, de nombreux tremblements de terre se firent sentir en Égypte,
13085le douzième jour du mois de Djoumada second. On leva une contribution sur les
13086propriétés du Caire et de Misr (Fostat) ( 124). Au mois de Schaban, on arrêta un
13087individu, appelé Kourâni, autpiel on
13088fit subir une violente bastonnade, parce
13089qu’il avait émis des opinions hétérodoxes. Mais
13090, ayant renouvelé
13091sa profession
13092de foi musulmane, entre les mains du scheïkh Izz-eddin-ben-Abd-asselam
13093,
13094il fut
13095mis en liberté, et établit sa demeure sur la Montagne rouge.
13096Cette même année, à l’instigation de Khodjah Nâsir-eddin-Mohammed-Tousi
13097on construisit un
13098observatoire dans la ville de Maragali. C’était une maison des-
13099tinée pour les jurisconsultes
13100, les philosophes et les médecins. On y voyait une
13101grande partie des livres enlevés de Bagdad; et des fondations pieuses fournissaient
13102à l’entretien des personnes attachées à cet édifice.
13103Cette même année
13104, Iakoub-ben-Abd-alhakk, roi des Benou-Merin
13105, resta maître
13106absolu de la ville de Fez et de la totalité du Magreb-aksa. lzz-eddin-Kaïkaous
13107,
13108et
13109Rokn-eddin-Kilidj-Arslan
13110, fils de Kaïkliosrev, et petit-fils de Kaïkobad, partirent
13111de Koniah pour se rendre à la cour de Houlagou
13112; et
13113, après avoir séjourné quelque
13114temps auprès de ce prince,
13115ils retournèrent dans leurs États.
13116Dans ce même temps,
13117le treizième jour du mois de Schaban, mourut Bedr-
13118eddin-Loulou, Xatabek
13119, prince de Mausel;
13120il était âgé de quatre-vingts ans, et avait
13121régné l’espace d’environ cinquante années.
13122Il eut pour successeur son fils Sâleh-
13123Ismaïl. Son autre
13124fils Ala-eddin-Ali abandonna son frère
13125, et se retira en Syrie.
13126258
13127(124) Le texte porte
13128:^ j ypslaJ
13129Le verbe
13130à la deuxième forme, signifie
13131: Cadastrer des maisons ou autres propriétés, afin de
13132les soumettre à une imposition. On lit dans
13133la Vie de Bibars par Nowaïri (man. d’Asselin,
13134fol. 2 r°)
13135:
13136Aà.î j
13137j
13138« L’action de cadastrer les propriétés et de les évaluer, afin
13139«d’en
13140exiger
13141la dîme.» Dans une autre
13142histoire du même prince (man.
13143arab.
131448 o3 ,
13145fol.
1314611
13147r°)
13148:
131491 ^ 'dfi -A0
13150\ —O .0
131511
13152<0
13153lüJ
131541 Jj»t
13155jjs « Il imposa sur les habitants
13156« du Caire
13157et de
13158Fostat une
13159contribution d’une pièce
13160d’or,
13161et
13162arrêta que
13163les propriétés seraient
13164« cadastrées et évaluées.» Dans l’ouvrage que je traduis (tom. I, pag. 269), on lit
13165:
13166LfyÜj wVâ.1 j
13167j. Dans
131681 Histoire des Patriarches d’Alexandrie
13169(t. II, man. arab. 140, p. 328)
13170:
13171j
13172arr® ta que
13173l’on cadastrerait les maisons de Fostat,
13174«et qu’on en lèverait le loyer. » Et enfin
13175, dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab. 663 ,
13176fol. 19 v°)
13177: bj
13178JLo
13179« On demandait que le cadastre fût supprimé sur
13180« le territoire d’Alexandrie. »
13181I.
1318212
p. 118
131839°
13184HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
13185Celte même année vit mourir i° Le schérif Mounif-ben-Schahnali-Hosaini, émir
13186de Médine; i° Sadr-eddin-Abou’lfatah-Asad-ben-Nadja-Tenoukhi, natif de Damas,
13187de la secte de Hanbal, inspecteur de la mosquée des Ommiades, âgé de soixante
13188ans; 3° Nedjm-eddin-Abou’lfatah-Modaffer-ben-Mohammed-Ansâri, natif de Damas,
13189et de la secte de Scbaféï, mohtesib de Damas, et vdkil (agent) du trésor; 4° Yadib
13190(le
13191lettre) Belia-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Mekki,
13192natif de Damas.
1319311 était âgé de soixante et six ans.
13194an
13195Au mois de Moharram
13196, Houlagou vint camper sous les murs d’Alep.
1319711 députa
13198658 vers Melik-Moaddam
13199, gouverneur de cette ville, pour le sommer de livrer la place
13200lui offrant
13201, à ce prix
13202, une amnistie pleine et entière pour lui et ses sujets. Moaddam
13203refusa
13204d’accepter ces conditions (i25), et s’obstina à tenter
13205le sort des armes.
13206Les Tatars, après sept jours d’attaque, emportèrent Alep d’assaut, y firent un
13207affreux carnage,
13208réduisirent en captivité les femmes et
13209les enfants,
13210et pillèrent
13211toutes les richesses. Durant cinq jours,
13212la vie des habitants fut abandonnée à la
13213lurie du vainqueur. Les rues étaient encombrées de morts, et les troupes des
13214Tatars marchaient partout sur des cadavres. On assure que le nombre des femmes
13215et
13216des
13217enfants
13218réduits en
13219esclavage, s’éleva
13220à plus de cent mille. La citadelle
13221d’Alep, continuant à se défendre,
13222fut prise
13223le dixième jour du mois de Safar.
13224Houlagou
13225la
13226lit raser, ainsi que la totalité des remparts de
13227la
13228ville,
13229les djamis ,
13230les mosquées et les jardins :en sorte que cette capitale n’offrait plus qu’un espace
13231désert. Melik-Moaddam étant venu se livrer au vainqueur, celui-ci, en considération
13232de son grand âge, ne lui fit éprouver aucun mauvais traitement. Mais, Moaddam
13233mourut au bout de quelques jours. Neuf Mamlouks-Bahris étaient détenus dans
13234les prisons d’Alep; Houlagou leur rendit la liberté et les combla d’honneurs. On
13235distinguait parmi eux Sonkor-aschkar(i 26) Seif-eddin-Tenkez, Seif-eddin-Beramak,
13236Bedr-eddin-Bekmesch-Masoudi, Ladjin djemdar-Sâléhi, Kidgadi-assaghir (le petit).
13237(1 25 ) Le
13238texte porte
13239:
13240Je
13241lis
13242:
13243Du
13244reste, on peut voir sur la prise d’Alep,
13245et
13246sur les événements qui suivirent cette catastrophe,
13247les récits de Novaïri (man. de
13248Leide,
13249fol. 194
13250et suiv.); Abou’lmahâsen (man. 661,
13251f. 178 et suiv.); Djemâl-eddin-ben-Wàsel) man. non catalogué,
13252fol.
132533 g3 );
13254le prétendu Hasan-ben-1brahim (man. non catalogué,
13255fol.
13256i 5 o et suiv.); Abou’lféda {An-
13257nales
13258, pag. 572 et suiv.), etc.
13259(126) On a déjà vu dans le cours de cette histoire,
13260et l’on verra souvent dans la suite du
13261récit,
132629
13263des noms d’émirs
13264et
13265autres personnages, dans la composition desquels entre le mot sonkor JiL*.
13266Tels sont ceux de Kara-Sonkor (sonkor noir)
13267, Ak-Sonkor (sonkor-blanc) , Sonkor- aschkar (sonkor-
13268roux), etc. On me permettra, je pense, d’entrer, à cet égard, dans quelques détails.
p. 119
13269III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
13270an 658 (1260).
132719
13272l
13273Dès cju'on reçut à Damas la nouvelle de la prise de la citadelle d’Alep, toute la
13274ville fut dans la consternation. Melik-Nâser avait imposé des contributions sur les
13275Parmi les différents oiseaux de
13276proie que l’on employait à
13277la chasse,
13278il en est un qui tenait
13279le
13280premier rang dans la fauconnerie des princes orientaux. Je veux parler du sonkor ou schonkar. Les
13281historiens et les voyageurs varient un peu sur
13282la manière dont
13283ils écrivent ce nom. Les Arabes, tels
13284que Kazwini
13285( Acljaib-almakhloukat
13286man.
13287arab. 898,
13288fol. 265 r» et v°
13289; traduction persane, man.
13290d’Anquetil
1329174, fol. 268 v°), Khalil-Dâheri (man. arab. 695,
13292fol. 253 v°)
13293; Nowairi '{Vie de Bibars
13294fol. 24 r°); Makrizi
13295{Kitab-assolouk
13296, tom.
13297I,
13298pag.
13299982; tom. II,
13300fol. 149
13301v°); Ebn-Ferat
13302(man.
13303arabe de Vienne,
13304t. VI, p. 22), Abou’lmahâsen (man. arab. 663 ,
13305fol. 104
13306r°), etc., écrivent cons-
13307>,
13308.
13309.
13310.0.
13311tamment sonkor jSÙ-,
13312,
13313et au
13314pluriel sanâkir
13315Raschid-eddin
13316écrit,
13317tantôt schonkour j^sùz,
13318(man. persan 68 A, fol.
13319116 v° 261), tantôt, à
13320la manière des Tartares, schongour
13321(ibid.,
13322fol. 202, 248), tantôt schonkar j\sVL
13323{ibicl.,
13324fol. 453 A v°, 479 r°)- Cette dernière orthographe
13325est
13326celle qu’ont suivie Mirkhond (V e partie, man. d’Otter,
13327fol. 54
13328r°); Abd-errazzak (man.
13329de
13330l’Ar-
13331senal 24,
13332fol. 100 v°, 265
13333r°, 271 r°) qui, cependant, écrit quelquefois schongdrj
13334làlk.
13335{ib.,
13336f. 44 r°,
1333792 v°,
13338i 3 o v°, i3i r° et v°). Dans le Zctfer-nâmeh
13339on lit, tantôt schonkâr
13340(de mon manuscrit,
13341fol. 326 r°), ou schounkâr
13342j
13343Uù
13344{ibid., r° et v9
13345)
13346, tantôt schoungdrj LsüyL {ibicl.,
13347fol. 363 r°); Pallas
13348{Voyages dans plusieurs provinces de
13349l’ernpire de Russie
13350tom.
13351III, pag.
1335216, Samlungen hislorischer
13353nachrichten
13354etc.;
13355tom.
133561 ,
13357pag. 147),
13358écrit
13359schonkar. Dans
13360le vocabulaire Ouigour
13361{ap. Langlès,
13362alphabet Mantchou , 3 e édit., pag. 23 , et dans YHistoire des Tatars (pag. 100, 2o5), on
13363lit scliongar,
13364que Strahlenberg prononce tzungar {Der nord und ostliche Theil von Europa and Asia
13365,
13366p. 353 ).
13367La forme sonkorÿù~,
13368se trouve
13369aussi
13370chez les écrivains persans. On
13371lit dans le Tarikhi-Wassâj
13372(manuscrit,
13373fol. 3 o 6), que
13374des ambassadeurs de Toktaï, souverain du Kaptchak, avaient apporté
13375vingt et un sonkorsÿù.^. Ailleurs, ce mot est écrit sonkour
13376On
13377lit dans l’histoire de Raschid-
13378eddin (fol. 3 xi v°)
13379:
13380j jjiL» j
13381j) IjIjjsIj «Un présent composé d’éperviers, de
13382«sonkours, de faucons
13383et autres
13384objets.»
13385L’auteur du Tarikhi-Wassâf rapporte que le prince du
13386Kaptchak
13387envoya
13388à Gazan-Khan
13389des sonkours au vol rapide jUai!
13390(fol. 3 o 4 v°).
13391Ailleurs,
13392cet écrivain,
13393dans son
13394style emphatique
13395(fol. 288
13396v°), désigne la nuit par le mot karâ-
13397sonkourjjSk", \j's (sonkour noir) , et lejour par le mot âk-sonkour
13398! (le sonkour blanc). Enfin,
13399Raschid-eddin écrit songour
13400(fol.
13401i 65 v°).
13402Avant d’examiner quels sont les noms du schongar en mantchou et en chinois,
13403il est nécessaire
13404de donner quelques détails sur cet oiseau.
13405Il
13406est certain qu’il a toujours été mis au premier rang de
13407ceux que les princes de l’Orient employaient à
13408la chasse. «Si l’on en croit l’opinion commune, dit
13409«Khalil-Dâheri (man.
13410arab.
134116g 5 ,
13412fol. 253 v°, 254
13413r°), l’aigle est
13414le roi
13415des oiseaux; mais, dans
13416la
13417« réalité, ce titre appartient au sonkor, qui est vraiment Yémir des oiseaux; en effet, si, lorsqu’il est
13418« rassasié, il aperçoit une pièce de gibier,
13419il ne manque pas de fondre dessus, contre l’ordinaire des
13420« autres oiseaux de proie/;. « Le sonkor, dit Kazwini (man. arab. 898,
13421fol. 265 r° et v°; man. persan
13422«d’Anquetil 74,
13423fol. 263 v°), est un oiseau de proie de la taille du faucon; mais
13424il a les pieds plus
13425« charnus, et la jambe de
13426la grosseur de celle d’un enfant. On
13427le trouve dans
13428le Turkestan, et
13429il ne
13430«vit que dans les
13431contrées les plus froides. Lorsqu’on
13432le lâche sur des oiseaux,
13433il commence par
13434«s’élever au-dessus d’eux; ensuite
13435il plane tout autour en décrivant un cercle, de manière qu’il re-
p. 120
1343692
13437histoire des sultans mamlouks.
13438habitants, et fait des levées pour aller combattre les Tatars. Son armée se montait
13439à près de cent mille hommes, qui se composaient d’Arabes et de Persans. Mais, au
13440« vient au point d’où il est parti. Cependant, les oiseaux renfermés dans ce cercle se rassemblent vers
13441«le centre, et aucun d’eux n’ose en sortir, fussent-ils au nombre de mille. Le sonkor descend peu à
13442« peu,
13443et les oiseaux descendent avec lui, jusqu’à ce qu’ils arrivent à terre; aussitôt les fauconniers
13444« les prennent, sans qu’il en échappe un seul.
13445« J’avais toujours cru que le schongar était le gerfaut;
13446et j’ai vu avec plaisir que mon opinion était appuyée du témoignage de Pallas
13447(Samlungen historischer
13448nachrichten über die mongolischen vôlkerschaften, tom.
13449I, p. 147; Voyages dans plusieurs provinces
13450de l’empire de Russie,
13451t. III, p.
1345216). Ce judicieux observateur dit expressément que le gerfaut mâle
13453est appelé par les Baschkirs schonkar, et la femelle itœlié. Les Russes le nomment krelschet (V. aussi
13454Abou’lgàzi [Histoire généalogique des Tatars,
13455p. 100, 2o5). C’est
13456le même
13457oiseau que Marco-Polo
13458appelle grifon, grifa/que, grifaucon
13459(Relation des pays orientaux
13460col. 5 i, 54 , 75,
1346178,
13462162). Suivant
13463l’opinion de M. Langlès
13464( Ambassades réciproques d’un
13465j'oi de Perse,
13466etc., p. 49 > note 3 ; Alphabet
13467mantchou,
13468p. 23 ), c’est celui que les Chinois désignent sous le nom de song-eul,
13469et les Mantchoux
13470sous ceux de soung-el, et atchike-hia-chelmen. Mais je ne puis être de cet avis. D’abord, je ferai re-
13471marquer que
13472le mot soung-el, quoique inséré dans le dictionnaire du père Amyot
13473, ne se trouve pas
13474dans le t. XXX du grand dictionnaire mantchou , expliqué dans la même langue. On y lit seulement que
13475l’oiseau appelé alchiké-hia-chelmen
13476,
13477s’appelle en chinois soung-el. En second lieu, la femelle, qui se
13478nomme simplement hia-chelmen, est annoncée comme un oiseau un peu gros. Or, le mâle étant encore
13479plus petit, ainsi que l’indique l’épithète de atchike, cette description ne saurait convenir à un oiseau
13480de la taille du gerfaut. Enfin, dans le vocabulaire Ouigour, envoyé par le père Amyot, le mot schongar
13481est rendu en chinois, non pas par soung-eul, mais par haï-tsing. Or, ce mot, ainsi que nous l’ap-
13482prennent
13483le lexicographe mantchou (tome XXX),
13484et le père Amyot, dans
13485ses notes sur l’éloge de
13486Moukclen
13487(Eloge de la
13488ville
13489de Moukden, pag. 265)
13490, désigne le même oiseau que
13491les Mantchoux
13492nomment schonkon.
13493« Cet oiseau, dit le Dictionnaire mantchou (tome XXX, p. 9)
13494, ressemble un peu à
13495«
13496l’Itoulhen
13497c’est-à-dire à l’épervier. 11 est très-adroit, et vole avec beaucoup de rapidité.
13498Il prend
13499« à
13500la chasse tous les oiseaux du genre de l’oie sauvage.
13501» Cette description, comme l’on voit, est
13502presque mot pour mot la même que celle qui se trouve dans le dictionnaire du père Amyot
13503(Diction-
13504naire
13505tartare- mantchou,
13506tom.
13507II,
13508p.
13509i 55 ).
13510Ce savant
13511missionnaire, dans
13512ses notes sur l’éloge de
13513Moukden, donne sur cet oiseau des détails plus étendus (p. 265, 2 66)
13514:
13515« Le schonkon
13516dit-il, vient
13517« du Sahahen-oula, aux environs duquel
13518il se tient une grande partie de l’année.
13519Il a
13520le bec
13521et
13522les
13523« serres comme les oiseaux de proie;
13524il a le corps petit, mais
13525il est d’une force extraordinaire. 11
13526fait
13527« la guerre aux oies, aux cygnes, aux lièvres, et à quantité d’autres animaux plus gros que
13528lui. Le
13529« schonkon, dit
13530la géographie
13531de Moukden,
13532est de tous les tamirn, celui
13533qui a le plus de force et
13534« d adresse pour la guerre. Quoique son corps soit petit, il est d’une force prodigieuse, et prend des
13535« oiseaux beaucoup plus gros que lui. Ses serres et son bec sont très-pointus et très-forts. Cet oiseau
13536« se tient aux environs des fleuves Sahalien-oula, Ousouri-oula, et autres. » Le Dictionnaire mantchou
13537(t. XXX, p. 9) donne la notice de deux autres oiseaux de la même espèce.
13538« Le premier, qui se nomme
13539« schaman-schonkon,
13540c’est-à-dire schonkon blanc , est
13541plus
13542gros que le schonkon ordinaire, et a les
13543« plumes du dos d’une blancheur éclatante. Le second , appelé tschakiri-schonkon , a la tête parsemée
13544« de taches blanches, et les plumes du dos et des ailes mélangées de blanc et de noir. » On voit que le
p. 121
13545III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
13546an 658 (1260).
1354793
13548moment de la catastrophe d’Alep, ces troupes
13549se débandèrent. Chacun aban-
13550donnait ses meubles, les vendait au plus bas prix
13551, et fuyait en toute bâte. Melik-
13552schonkon
13553des Mantchoux ,
13554et
13555le
13556hai-tsing des Chinois sont identiquement le même
13557oiseau que
13558le
13559schongar des Tartares. Quant au mot soung-eul, je
13560crois qu’il désigne l’oiseau de proie appelé sakr
13561parles Orientaux, et auquel les Français ont conservé son nom dans celui de (sacre).
13562Quant à la patrie du schongar ou schonkcir,
13563i 1 est certain que cet oiseau habite les contrées septentrio-
13564nales de l’Asie. Marco-Polo rapporte (Relations despays orientaux
13565,
13566col. 5 1 ) « que dans les îles de la mer
13567« Glaciale, on trouvait quantité àe griffons, que les chrétiens transportaient enTartarie. » Daï-Ming,
13568envoyant à Schah-rokh sept couples de schongar [Matla-assaadeïn, m. pers.'de l’Arsenal 2 4,
13569f. ioor0
13570,
13571Ambassades réciproques d’un roi de Perse, etc., p. 56), atteste « que cet oiseau ne se trouvait pas à
13572la
13573« Chine, mais qu’il n’en manquait pas
13574, attendu qu’il en recevait continuellement un certain nombre,
13575« qui lui étaient envoyés en présent des pays au delà de la mer.» M. Foucher d’Obsonville [Essais phi-
13576losophiques sur les mœurs de divers animaux étrangers, p. 55)
13577,
13578dit « que les gerfauts se propagent
13579« dans les branches du Caucase qui s’étendent au nord du Tibet.
13580» Enfin, au rapport de Pallas (Sam-
13581lungen
13582historischer nachrichten
13583,
13584etc.,
13585p.
13586147))
13587«le
13588gerfaut
13589( schonkar
13590et
13591le
13592faucon de passage
13593«
13594(naatschin ) ne se trouvent point dans les plaines habitées par les Kalmouks. Mais les chefs de ce
13595«peuple tâchent d’en acheter des Baschkirs
13596( Voyages dans plusieurs provinces de l’empire de Russie,
13597« tom. III , p. 16)
13598, dont les montagnes sont ordinairement la retraite favorite de ces oiseaux précieux.
13599« Les Baschkirs les prennent avec des filets à trappe, au-dessus desquels
13600ils suspendent des plumes
13601« flottantes à des ficelles tendues d’un arbre à l’autre. Des pigeons attachés sur la terre servent d’appât.
13602« Les gerfauts que l’on y prend sont envoyés à la cour de Russie (Pallas, Voyages, etc.,
13603t.
13604III, p. 17). »
13605Le schonkar étant un oiseau rare et précieux, qui ne se trouve pas dans les pays méridionaux, on ne
13606doit pas
13607être surpris
13608qu’il
13609ait de
13610tout temps
13611été un
13612des présents auxquels
13613les princes orientaux
13614attachaient le plus de prix, et qui leur était souvent offert
13615, ou par leurs vassaux ou par leurs égaux.
13616Les Kirghis
13617s’étant soumis à Tchenghiz-Khan lui envoyèrent un schongar de couleur blanche (Ras-
13618chid-eddin,
13619fol. 116 v°, Histoire généalogique des Tatars
13620, p. 100, 2o5).
13621« Des marchands de la même
13622« nation, s’étant rendus à la cour de Koubilaï, présentèrent à ce prince un aigle blanc et un schongar
13623«blanc,
13624qui avait les
13625pattes et le
13626bec rouges
13627(Raschid-eddin,
13628fol.
13629261
13630v°; Mirkhond, Ve partie,
13631« f. 54 r°). » L’auteur de l’ouvrage intitulé
13632: De l’estât et de la gouvernance du grant Caan de Cathay,
13633(man. français
13634q 5oo C,
13635fol.
13636142
13637r° et
13638v°)., après avoir parlé de la
13639suzeraineté que le grand Kaân
13640exerçait sur les autres princes mogols, ajoute
13641:
13642« Ces
13643trois empereurs envoient tous les ans lieupars
13644« tous vifs, camelz, gerffaulx, et très grant plenté d’autres précieux joyaux au dit Caan leur seigneur.
13645« Car
13646ilz le recongnoissent leur seigneur et leur souverain.
13647» L’an 658 de l’hégire
13648(de
13649J.
13650C. 1260)
13651(Raschid-eddin, fol. 248 r°), à l’époque où Koubilaï fut élevé sur le trône des Mogols, Dourtchi
13652, l’un
13653des principaux émirs, fit dire à Arik-bouka « que ses projets étant connus de Koubilaï,
13654il devait, pour
13655« dissiper les soupçons de ce prince, lui envoyer une ambassade, présidée par un noian du premier
13656«rang, pour lui présenter un schongar
13657et un autre animal. » Arik-bouka, ayant
13658suivi ce conseil,
13659envoya à Koubilaï des députés qui lui offrirent cinq schongars. L’an 702 de l’hégire (de J. C. i3o 2)
13660(Raschid-eddin, fol. 202 r°)
13661, Naïan
13662, l’un des descendants de Djoudji, envoya à Gazan-Khan deux de
13663ses principaux émirs, qui lui présentèrent un schongar et d’autres objets précieux. Trois ans après,
13664Oldjaïtou
13665reçut un de ces oiseaux de la part de Timour-Kaân
13666(ibid.,
13667fol. 4^3 A
13668v°). L’an 716 (de
13669J. C.
13670ï 3 i 6)
13671, des ambassadeurs de ce prince, apportant à Oldjaïtou un faucon et un schongar, furent
p. 122
13672HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
1367394
13674Nâser partit de Berzah
13675le vendredi, quinzième jour du mois de Safar, accom-
13676pagné du peu de
13677soldats qui
13678lui
13679restaient,
13680prit
13681la route de Gazah,
13682laissant
13683arrêtés et mis en prison par ordre d’Isen-boga
13684(ibicl.
13685,
13686fol. 479 r°)- B’an 793 (de J. C.
13687i 3 go), des am-
13688bassadeurs de Toktamisch, khan du Kaptchak, présentèrent à Tamerlan un schongar, et neuf chevaux
13689d’une vitesse surprenante
13690(Histoire de Timur-bcck
13691, tom. II, p.
1369275). Les deux princes Mohammed-
13693Sultan et Abou-Bekr offrirent au même conquérant un schonkar [Zafer-nâmeh
13694fol. 326 r°
13695et v°).
13696Plus tard
13697(ib .,
13698fol. 363 r°) un ambassadeur d’Idekou, prince du Kaptchak, présenta à Tamerlan un
13699oiseau
13700de
13701la même
13702espèce.
13703Clavijo
13704[Vida
13705del gran
13706Tamorlan ,
13707deuxième
13708édition page
13709120),
13710fait
13711aussi mention
13712des
13713gerfauts qui furent présentés
13714à ce prince. En l’année 812
13715(de
13716J. C. 1409),
13717lorsque
13718Schali-rokh
13719fut
13720de
13721retour du Ma-waran-nahar [Matla-assaadeïn
13722fol.
1372344
13724r°),
13725il
13726reçut
13727une ambassade de
13728la part de Foulad-khan et des émirs Idekou-Béhadur et lsi, qui gouvernaient le
13729Kaptchak et le pays des Uzbeks. Les députés lui offrirent des présents magnifiques, et entre autres un
13730schongar et plusieurs animaux utiles pour la chasse. L’an 820 (de J.C. 1417) {ib.,
13731fol. 92 v°, Ambas-
13732sades réciproques, etc., p. 49)
13733> Schah-rokh reçut un oiseau de cette espèce de la part de Daï-ming,
13734empereur de la Chine. Deux ans après (man. de l’Arsenal 24,
13735f. 100 r°, Ambassades réciproques, etc.,
13736pag. 56 ), ce prince, envoyant à Schah-rokh une ambassade, joignit à ses présents sept couples de
13737schongars, qu’il avait dressés lui-même. Le même monarque
13738(f.
13739i 3o v°, i 3 i r°) en envoya dix. Plus loin
13740(f.
13741i 3 i v°), il est fait mention d’un schongar bleu. L’an 859 (de J. C.
13742i 455 ) (m. de l’Arsenal 24, f. 265 r°),
13743le sultan Abou-Saïd envoya à Mirza-Abou’lkâsem-Bâber, entre autres présents, de beaux chevaux, et
13744quelques couples de schongars. L’an 861
13745(de
13746J.
13747C.
13748x
137495 6 )
13750, Abou’lkâsem-Bâber étant à la chasse, un
13751schongar blanc qu’il affectionnait beaucoup se rompit une serre; ce qui lui causa un extrême chagrin
13752(.Matla-assaadein
13753fol. 271 r°). Moustafa-khan
13754, un des princes Uzbeks, ayant conclu un traité avec le
13755sultan Abou’lgâzi-Hosaïn
13756,
13757lui envoya en présent le schonkar dont
13758il se servait habituellement (Mir-
13759khond, ou plutôt Khondemir,
13760t. VII,
13761f. 7 r°). M. Foucher d’Obsonville atteste que les gerfauts étaient
13762offerts en présent ou en tribut aux empereurs de Delhi (Essais philosophiques sur les mœurs de divers
13763animaux étrangers
13764, p. 55 ).
13765Lorsque
13766l’an 1024
13767de l’hégire
13768(de
13769J. C.
13770i 6 i 5 ),
13771le czar de Russie envoya une ambassade au roi
13772Schah-Abbas, au nombre des présents étaient quelques couples de schonkars. Et l’historien persan
13773ajoute que
13774cet oiseau ne se trouve dans aucun pays du monde, excepté en Russie. Schah-Abbas
13775donna un couple de ces oiseaux à Khan-Alem, ambassadeur de Selim, souverain de l’Indoustan
13776( Vie
13777de Schah-Abbas
13778f. 2i3 r°). Et Chardin parle d’un oiseau de proie qui vient de la Moscovie, et qui,
13779certainement,
13780n’est autre que
13781le
13782schonkar ou
13783gerfaut
13784( Voyages
13785en
13786Perse,
13787tom.
13788II,
13789pag.
1379032 ).
13791L’an 662 (de J. C. 1263), le sultan Bibars reçut une ambassade de
13792la part de Charles
13793, frère de saint
13794Louis. Les députés apportaient, entre autres présents, un certain nombre de sonkors gris
13795:
13796ïAt
13797j.3 L^Jî (Nowaïri, Vie de Bibars
13798f. 24
13799r°; Ebn-Ferat, man. de Vienne, tom. VI, pag. 22).
13800L’an 684 de
13801l’hégire (de J. C.
138021285),
13803le sultan d’Égypte Kelaoun reçut en
13804présent des Génois, six
13805sonkors et un chien blanc
13806qui,
13807suivant quelques historiens, était plus gros qu’un lion (Ebn-Ferat,
13808man. de Vienne, tom. VIII
13809, pag. 36 ).
13810Au rapport de Makrizi
13811( Kitab-assolouk , man. arab. 672, pag. 982, g83) et d’Abou’lmahâsen (man.
13812arab. 663 , fol. 104 r°), « le sultan d’Égypte Mohammed-ben-Kelaoun aimait passionnément la chasse
13813,
13814«et faisait venir de tous côtés des sakrs (sacres), des sonkors, des faucons
13815, des éperviers,
13816et d’autres
13817« oiseaux de proie. Sous le règne de ce prince, les sonkors devinrent si communs en Égypte, que chaque
p. 123
13818III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
13819an 658 (1260).
138209 5
13821Damas sans défense. La population
13822était rangée autour des
13823murs. Le prix du
13824louage d’un chameau s’élevait à sept cents pièces d’argent. On était alors en hiver.
13825Dès que l’on eut vu partir Melik-Nâser, les habitants de Damas perdirent courage,
13826et s’enfuirent précipitamment et en désordre. On eût cru que le jour de la résur-
13827rection était arrivé (1 27). Melik-Mser avait régné , tant à Àlep qu’à Damas
13828, l’espace
13829«émii- en avait dix, plus ou moins. Il établit des fauconniers dont plusieurs étaient en possession de
13830« fiefs importants, et recevaient une quantité considérable de viande, de fourrage
13831, d’habits et autres
13832«objets.
13833Lorsque Mohammed mourut,
13834les
13835sonkors
13836destinés
13837spécialement pour
13838l’usage du sultan
13839«montaient à cent vingt. Jamais ses
13840prédécesseurs
13841n’en avaient possédé,
13842à beaucoup
13843près, un
13844si
13845«grand nombre. Kelaoun
13846n’avait qu’un
13847seul sonkor; dans
13848les marches
13849solennelles son fauconnier
13850«était à cheval, portant cet oiseau sur le poing. L’émir Hosam-eddin-Tarantaï, partant pour aller
13851« assiéger Sonkor-alaschkar, dans
13852la ville de Sahioun,
13853sollicita
13854la permission de mener avec
13855lui
13856le
13857« sonkor comme un objet rare et magnifique, promettant du reste de ne pas s’en servir à
13858la chasse
13859«et de ne le lâcher sur aucune pièce de gibier. »
13860L’historien Àbou’lféda nous apprend
13861(Abulfedœ Annales
13862tom. V,
13863p. 3o6) «que,
13864lorsqu’il
13865lit un
13866« voyage en Égypte, au moment où il arrivait dans la ville de Seriâkous, située près du Caire,
13867il
13868vit
13869« venir à sa rencontre l’émir Seïf-eddin-Kedjri, grand veneurj
13870I5w,
13871, qui lui apportait un sonkor. »
13872Le même
13873écrivain
13874(ibid
13875pag.
13876376) rapporte
13877qu’il reçut du sultan Mohammed-ben-Kelaoun un
13878présent composé de sonkors et de sakrs. Ueiske, qui a commenté si doctement l’histoire d’Abou’l-
13879féda, a été fort embarrassé sur la manière de rendre
13880le motjiLw. Tantôt, il suppose (pag. 423) que
13881ce terme désigne l’oiseau de proie appelé sacre; tantôt (pag. 307)
13882il croit qu’il faut entendre par
13883là
13884unfaucon ou un milan; tantôt enfin [ib.), il conjecture que ce mot signifie une conserveformée de sucre.
13885L’an 786 (de J. C. i384)
13886( Kitab-assolouk
13887man. arab. 673, fol. 149 v"), des ambassadeurs de Tok-
13888tamiseh, khan du Kaptchak,
13889offrirent au sultan d’Égypte
13890sept
13891sonkors, avec beaucoup
13892d’autres
13893présents. Parmi
13894les présents que Timour ou Tamerlan envoya au
13895sultan
13896d’Égypte,
13897l’an
138988o5
13899de
13900l’hégire (de
13901J. C. 1402), on voyait un éléphant, une once, un épervier, un sakr et un sonkor.
13902Au rapport de Pétis de la Croix
13903(Histoire de Tiniur-beck
13904, tom.
13905II
13906, p. 75, note ci), «les Russes et les
13907«Tartares de Crimée étaient autrefois tenus d’envoyer tous les ans au Grand-Seigneur un schongar
13908« orné d’un certain nombre de diamants. » Enfin
13909, dans YHistoire des Mongols, qu’a publiée M. Schmidt
13910[Geschicte der Ost Mongolen, pag. 74), on voit un aigle envoyé en présent, comme marque de sou-
13911mission. Peut-être cet aigle était-il un sc/ionkar.
13912(127) Comme le jour de la résurrection doit-être pour tous les hommes un jour redoutable, ce
13913mot, chez les peuples de l’Orient, est devenu
13914le terme caractéristique qui exprime, au plus haut
13915point, le trouble, l’effroi, la consternation. On
13916lit dans Y Histoire d’Egypte d’Abou’lmahâsen (m. 661,
13917fol.
13918171
13919r°)
13920:
13921Sb
13922L»LàJ!
13923«La consternation régnait dans Bagdad. « Dans le
13924même ouvrage (man. 663, fol. 145 r°
13925)
13926:
13927àZoL'à çf&J «Il était consterné de ce fait. » Ailleurs
13928(man. 671, fol. 180)
13929:
13930|
13931pTLsrM
13932Li
13933« Hakem, ayant appris la
13934«chose,
13935fut consterné et méprisé de ses
13936sujets. « Dans
13937le Manhel-sâfi du même historien (tom. II,
13938man. 748, article de Timour)
13939: Lxa.!j
13940y
13941« Il fut consterné et retourna sur
13942ses
13943pas. »
13944Plus loin (tom. III, man. 749» cirticle d'Adel)
13945: k^biiJî
139464*ls.
13947«
13948Il vit lever sur lui le jour de la
p. 124
1394996
13950HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
13951de vingt-trois ans et sept mois;
13952il avait commandé à Damas l’espace de dix ans,
13953moins cinquante jours. Melik-Ascliraf-Mousa, fds de Mansour, prince de Hems,
13954vint joindre Houlagou. Melik-Mansour,
13955fds de Modaffer,
13956et prince de Hamah,
13957se
13958rendit en
13959Égypte, avec ses femmes
13960et ses enfants. Toute la population de
13961Hems et de Hamah prit la fuite (128).
13962Cependant, Houlagou,
13963seize jours après
13964la conquête d’Alep,
13965se dirigea vers
13966Damas.
13967L’émir Zeïn-eddin-Soleïman ,
13968lils
13969d’Ali, petit-fds d’Amer-Mouwaiiad, et
13970surnommé Zein-Hâfidi, prit les rênes du pouvoir, et ferma les portes de la ville.
13971«résurrection. » Dans VHistoire des rois d‘Abyssinie
13972écrite par Makrizi (pag. 18)
13973: sy LjLj tww»li
13974«son oncle fut consterné.» Dans
13975l’histoire du prétendu Hasan-ben-Ibrahim
13976(man. non
13977catalogué,
13978fol. 108)
13979:
13980^.c,
13981«Les troupes furent consternées, et firent
13982« des imprécations contre Sâleh. » Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom.
13983II, man.
13984657,
13985fol. 5 v°)
13986:
13987«Jol-Xt
13988! iuL's
13989« Ses ennemis furent consternés. » Dans
13990l’Histoire de la Conquête de
13991Jérusalem (man. 714, fol.
139921 3 v°)
13993:
13994! iLLi?
13995«Le comte fut consterné. » Plus loin (f. 4or°):
13996L»LàJ! çjLi a^LüJ!
13997«Avant
13998le jour de
13999la résurrection
14000arrivait une catastrophe analogue.»
14001Ailleurs
14002(fol. 65 v0
14003)
14004: p&sL'à
14005^
14006«Puissiez-vous perdre votre sécurité, et voir
14007«lever pour vous le jour de la résurrection!
14008»
14009/
14010s
14011Le mot hascliar
14012qui a le même sens que 1*U9, s’emploie aussi pour exprimer la même idée.
14013Dans un passage de l’historien que je viens de
14014citer (man. 714, fol. 203 v°), on
14015lit
14016:
14017*xà)
14018LaLâ. Dans des vers composés à la louange du général fatimite Djauher, et cités par Makrizi
14019(.Description de l’Égypte, m. 797, f. 3i 1 r°), et Abou’lmahâsen (m. 67 1, f. 120 r°), on lit
14020^y
14021«Un jour plus redoutable que celui de la résurrection. »
14022Le mot persan reslkhiz
14023qui désigne également la résurrection , se prend aussi dans le sens
14024de catastrophe ou de
14025consternation. On
14026lit dans le Schah-nâmeh (tom. I,
14027pag. 83)
14028:
140291
14030« U fit tomber la consternation sur les rebelles. » Plus loin (p. 221)
14031:
14032«Je
14033ferai tomber une catastrophe sur
14034les Touraniens. »
14035Ailleurs
14036(pag. 270) :y
14037j!
14038"h amenait la catastrophe des génies. » Ailleurs (pag. 374)
14039’•
14040jê
14041ww.! ïJl»! « Vous diriez que le jour de la résurrection est peut-être arrivé. «Et enfin (p. 391Y-jX*
14042wvi.
14043« On dirait que c’est là précisément la nuit de
14044la résurrection. » Dans le
14045Zafer-ndmeh (de mon manuscrit,
14046fol.
1404729°)
14048v°)
14049: wwlà. y
14050j 5
14051^ "d J
14052« Dans toute l’aile droite et l’aile gauche, un désordre complet se manifesta. » Plus loin
14053(f. 334 v°)
14054:
14055y
14056« La consternation se répandit dans cette ville. » Et enfin (fol. 38i
14057v°)
14058:
14059Jw
14060Sy. «Quel trouble régna partout. »
14061(128)
14062J’ai lu
14063: ïL?- j
14064J-&7
140655-
14066» au beu de
14067qu’offre le texte.
p. 125
14068III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
14069an 658
14070(xa6o).
14071III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
1407297
14073Ayant réuni tout ce qui restait d’habitants
14074,
14075il convint avec eux de livrer Damas
14076à Houlagou. La place fut remise à Fakhr-eddin-Merdegai, au fds du commandant
14077d’Arzen, et au schérif Ali. Tous trois avaient été envoyés, comme négociateurs,
14078auprès de Melik-Nâser, de la part de Houlagou, qui
14079était alors campé à Berzah.
14080Ils se hâtèrent de mander cet événement au prince mongol. Celui-ci
14081fit partir
14082aussitôt un
14083corps de Tatars, auxquels
14084il recommanda les habitants de Damas,
14085leur défendant de prendre à personne une pièce d’argent, ou une valeur plus
14086considérable. Le dimanche, dix-neuvième jour du mois de Safar, les députés de
14087Houlagou
14088arrivèrent
14089à Damas, accompagnés du kadi
14090Mouhi-eddin-ben-Zeki.
14091Celui-ci était parti de cette ville, et s’était rendu à Alep, auprès de Houlagou, qui
14092l’avait revêtu d’une robe d’honneur, lui avait conféré
14093le titre de kadi de la Syrie
14094tout entière, et l’avait renvoyé à Damas, avec le gouverneur de cette place. Les
14095habitants ayant banni toute inquiétude, se réunirent le lendemain dans la prin-
14096cipale mosquée. Ebn-Zeki, revêtu de la khilah
14097qu’il tenait de Houlagou, ayant
14098convoqué les jurisconsultes et autres, fit devant eux la lecture du diplôme d’in-
14099vestiture Adi-V que lui avait délivré le souverain mongol. On lut également les
14100ordres
14101yijUUp
14102par lesquels
14103ce prince
14104garantissait
14105l’amnistie aux habitants de
14106Damas. Ceux-ci, toutefois, tremblaient et étaient en proie à la plus vive frayeur.
14107Le seizième jour de Rebi premier, les lieutenants de Houlagou arrivèrent à la
14108tête d’un nombreux corps de Tatars, et accompagnés par Kitboga-noïan (129)
14109On fit la lecture de l’acte d’amnistie. Bientôt après, un diplôme, émané du prince,
14110conféra au kadi Kemâl-eddin-Omar-Teflisi le titre de suppléant
14111v
14112oü (1 3o) du
14113(129)
14114J’ai
14115lu
14116au lieu de
14117que présente le manuscrit. Du
14118reste,
14119le nom de ce général
14120mongol est écrit de plusieurs manières. On
14121lit
14122tantôt Kitboga
14123, tantôt Kitbouka ou Kitbouta
14124éiyps
14125ou 13
14126, et enfin Kitoubouka la
14127y
14128j'kS.
14129(130) Abou’lmahâsen (Munhel-sâfi , tom. IV,
14130fol. 93 v°, 94 r°), nous donne à ce sujet les détails
14131suivants
14132: « Dans les premiers temps de l’Islamisme, l’administration de la justice
14133, en Égypte,
14134«fut confiée à quelques-uns des compagnons du Prophète <bLs"^É
14135et des
14136tabi
14137jusqu’à
14138« l’époque où prit naissance la secte du grand Imam Abou-Hanifah. Dès ce moment, l’administration
14139« de la justice
14140en Égypte, ainsi que dans toutes les contrées, tant orientales qu’occidentales,
14141«fut remise aux kadis Hânefis. Les Fatimites s’étant emparés de l’Égypte, y anéantirent les diverses
14142«sectes
14143musulmanes,
14144firent triompher
14145les opinions des Schiites,
14146et nommèrent pour
14147kadis ceux
14148«d’entre leurs coreligionnaires
14149qu’ils jugeaient à propos de choisir. Lorsque cette dynastie tomba
14150« sous les coups des
14151fils d’Aïoub,
14152ceux-ci qui
14153étaient Curdes
14154d’origine,
14155et attachés
14156à la secte de
14157«Schaféï, choisirent pour kadi un homme qui partageait
14158les mêmes dogmes. A cette époque,
14159le
14160« Caire était prodigieusement déchu de sa splendeur, et presque désert. Les villages et les bourgs de
14161L
141621 3
p. 126
1416398
14164HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
14165kadi
14166des
14167kadis Sadr-eddin-Ahmed-ben-Seni-eddaulah,
14168de manière
14169à
14170ce
14171qu’il
14172remplit
14173les fonctions de kadi-alkodat dans les
14174"villes de
14175la
14176Syrie, à Mausel,
14177à
14178Mâredin
14179et à Méïâfârekin. Le même acte lui donnait aussi l’inspection des mos-
14180quées, et de toutes les fondations pieuses. Cet ordre fut lu publiquement dans
14181le Meïdân-akhdar (la place verte).
14182Cependant, les Tatars envahirent toute la Syrie, et pénétrèrent jusqu’aux en-
14183virons de Gazah, à Beït-Djebraïl, Khalil (Hébron), l’étang de Zirâ, et
14184la ville de
14185Sait. Partout ils égorgèrent ou emmenèrent en captivité la population, et enle-
14186vèrent tout ce qu’ils purent trouver de butin. Après quoi,
14187ils reprirent la route
14188de Damas, où
14189ils vendirent les troupeaux
14190et
14191les
14192autres objets tombés en
14193leur
14194pouvoir.
14195Les Chrétiens
14196qui
14197se
14198trouvaient à Damas commencèrent
14199à prendre un
14200as-
14201cendant marqué
14202sur
14203les Musulmans. Ayant obtenu de Houlagou un diplôme
14204qui leur garantissait une protection expresse, et le
14205libre exercice de leur
14206religion
14207,
14208ils buvaient du vin publiquement dans le mois de Ramadan
14209,
14210et en
14211260 versaient au milieu des rues sur les habits des Musulmans , et sur les portes des
14212mosquées. Lorsqu’ils passaient
14213, portant la croix
14214, ils contraignaient les marchands
14215de se lever, et maltraitaient ceux qui refusaient de
14216le faire
14217: ils parcouraient les
14218rues, accompagnés de
14219la croix, et se rendaient à l’église de Marie, où
14220ils pro-
14221nonçaient des sermons consacrés à l’éloge de leur religion, et ils disaient ouver-
14222tement
14223: «La foi véritable, la foi du Messie triomphe aujourd’hui. » Les Musulmans
14224indignés, allèrent porter leurs plaintes au gouverneur établi par Houlagou; mais
14225cet
14226officier
14227les
14228traita avec mépris,
14229et plusieurs d’entre eux reçurent, par ses
14230ordres, la bastonnade.
1423111 comblait d’honneurs les prêtres chrétiens, fréquentait
14232leurs églises, et protégeait hautement leur religion. Zeïn-Hâfidi ayant levé sur
14233la population des sommes immenses, les employa à acheter des étoffes, dont il fit
14234«son territoire étaient, en grande partie, ruinés. D’une autre part, les Francs, depuis un laps de
14235« temps considérable
14236, occupaient Jérusalem et le plus grand nombre des villes maritimes de la Syrie.
14237« Salah-eddin-Iousouf ayant pris le
14238titre de sultan
14239, comme
14240délégué de Nour-eddin
14241,
14242s’occupa de
14243« régler les affaires de l’Égypte,
14244fit des conquêtes prodigieuses, et parvint au faîte de la puissance.
14245« Il eut pour successeurs plusieurs princes de sa famille; mais cette dynastie fut renversée, et rem-
14246« placée par les Sultans-Turcs. Melik-Dâher-Bibars étant monté sur le trône, imagina, dans le cours
14247«de l’année 664 (ia65 de
14248J. C.) ou de l’année précédente,
14249d’établir en Égypte quatre kadis. Les
14250«magistrats de la secte de Schaféï avaient été exclusivement en possession de rendre
14251la justice en
14252«Égypte, l’espace de cent années, depuis l’an 564 (1168 de J. C.), époque du règne de Melik-Mansour-
14253« Asad-eddin-Schirkouh.
14254« Je donnerai, plus bas, sur cette matière, des détails plus circonstanciés.
p. 127
14255an 658
14256(1260).
14257III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
1425899
14259présenta Kitboga, qui gouvernait la ville au nom de Houlagou, à Baïdera, aux émirs
14260et aux généraux Tatars.
14261Il leur envoyait chaque jour des objets de tout genre.
14262Cependant, Kitboga
14263et Baïdera se rendirent
14264à Merdj-Bargout. Melik-Âschraf,
14265prince de Hems,
14266arriva du camp de Houlagou
14267, apportant un
14268diplôme qui
14269le
14270nommait vice-roi de Damas et de toute la Syrie. Kitboga s’empressa d’obéir à cet
14271ordre; et c’était chez lui que se tenaient les conseils, et tout ce qui avait trait au
14272gouvernement.
14273Quelques
14274jours
14275après,
14276l’émir Bedr-eddin-Mohammed-ben-Karmdjah
14277,
14278gou-
14279verneur de la citadelle de Damas
14280, de concert avec l’émir Djelâl-eddin-ben-Saïrafi,
14281prit les armes,
14282et ferma les portes de
14283cette forteresse. Kitboga-noïan, à
14284la tête
14285des troupes Tatares, vint mettre le siège devant la place
14286, le sixième jour du mois
14287de Rebi
14288second.
14289Cependant, Dieu
14290fit tomber du
14291ciel de
14292la pluie, de la grêle
14293accompagnées d’un vent violent, d’éclairs, de tonnerres,
14294et d’un tremblement
14295de terre qui renversa quantité de lieux habités. Toute la population passa la nuit
14296dans des transes mortelles, redoutant à la fois les fléaux dont les menaçaient le
14297ciel et la terre. Les attaques contre la citadelle étaient infructueuses. Le siège se
14298prolongea jusqu’au vingt-deuxième jour du mois de Djoumada premier. Les
14299Tatars avaient dressé devant cette place plus de vingt machines de guerre, qui
14300jouaient
14301sans interruption,
14302et renversèrent une
14303partie des
14304fortifications. Les
14305assiégés demandèrent alors à capituler. Les Tatars étant entrés dans
14306la place,
14307livrèrent au pillage tout ce qui s’y trouvait de précieux , mirent le feu en plusieurs
14308endroits, démolirent un grand nombre de tours,
14309et détruisirent toutes
14310les ma-
14311chines et
14312les munitions de guerre. De là ils se dirigèrent vers Balbek, dont
14313ils
14314ruinèrent la citadelle. Un autre corps prit la route de Gazah, saccagea la ville de
14315Banias, et porta dans toute la contrée le carnage, la dévastation et le pillage.
14316Le samedi, vingt-deuxième jour du mois de Rebi premier, l’émir Rokn-eddin-
14317Bibars-Bondokdari arriva au Caire. Melik-Modaffer-Koutouz sortit à sa rencontre,
14318lui assigna pour logement la maison du vizirat , et lui concéda
14319, à titre de bénéfice
14320militaire, la ville de Kalioub.
14321Sur ces entrefaites, Houlagou s’empara de Mâredin, égorgea les émirs de cette
14322ville
14323, et renversa
14324les murs de la citadelle.
14325Melik-Nâser était arrivé à Kalia. Koutouz, effrayé de l’approche de ce prince,
14326vint camper à Sâléhieh, à
14327la tête de ses troupes. INâser se vit abandonné d’une
14328partie de ses émirs et des officiers Schehrzouris, qui allèrent se ranger sous les
14329drapeaux de Koutouz. Quelques-uns d’entre eux, tels que Hosam-eddin-Tarantaï,
14330i3.
p. 128
14331IOO
14332HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
14333Bedr-eddin-Taïdemur-alakhout, Bedr-eddin-Aïdemur, le dewadar, et Idgâdi-Hadji
14334se fixèrent à Belbeïs. Nâser, voyant ses affaires en désordre, et ses partisans
14335se
14336débander journellement,
14337quitta
14338la
14339ville de
14340Katia,
14341et
14342vint camper
14343à
14344Balka.
14345Routouz,
14346de
14347son
14348côté,
14349rentra
14350au
14351château
14352de
14353la Montagne.
1435411
14355fit arrêter
14356et
14357enfermer dans
14358cette
14359forteresse l’émir Djemâl-eddin-Mousa-ben-Iagmour. Tous
14360ceux d’entre
14361les pages et
14362les secrétaires de Nâser, qui étaient venus se joindre à
14363lui, furent exposés à des vexations rigoureuses, et dépouillés de leurs biens.
1436411
14365contraignit
14366l’épouse de
14367Melik- Nâser
14368à montrer
14369tout
14370ce
14371qu’elle
14372possédait de
14373pierreries,
14374et dont
14375il enleva une
14376énorme quantité.
14377Il
14378extorqua
14379des
14380sommes
14381immenses aux femmes des émirs Kaïmeris; et quelques-unes d’entre elles furent
14382mises à la torture.
14383Quant à ce qui concerne Melik-Nâser, un de ses pages, nommé Hosain-Kurdi
14384le tabardàr (i
143851 ) , se
14386saisit de ce prince, ainsi que de son
14387fils Melik-Aziz, de
14388son frère Gâzi
14389, d’Ismaïl-ben-Schadi , et de toutes
14390les personnes de
14391sa
14392suite.
14393Il
14394envoya
14395ces prisonniers
14396à Houlagou.
14397Celui-ci, sur ces
14398entrefaites, quitta Alep,
14399pour retourner vers les contrées de l’Orient.
14400Il nomma Ritboga-noïan pour com-
14401mander en son nom dans la ville d’Alep
14402, et établit Baïdera gouverneur de Damas.
14403Il emmena
14404avec
14405lui
14406sept
14407émirs Bahris, parmi lesquels se trouvaient Sonkor-
14408aschkar, Tenkez, Beramek et Bekmesch.
14409(i 3 i) Le mot
14410tabardàr j\bjÉb
14411, qui
14412est persan d’origine,
14413signifie porte-hache. Le terme tabar
14414jÀs
14415se
14416trouve dans un
14417passage de
14418V Histoire d'Égypte d’Ebn-Aïas, où
14419on
14420lit (man. arab. 689,
14421fol. 22 v°)
14422:
14423SJo
14424,J,
14425« 11
14426tenait à la main une bâche. » Dans l’histoire de Nowaïri (26
14427e
14428partie,
14429fol. 194 v°), et dans celle du prétendu Hasan-ben-lbrahim (man. non catalogué,
14430fol.
144311 53
14432r°),
14433il est
14434également fait mention du curde Hosaïn, tabardàr de Melik-Nâser, souverain de Damas. L’auteur
14435de l’ouvrage intitulé Inscliâ (man. arab.
14436i 573,
14437fol. 122 r°), parlant des tabardârs, s’exprime en
14438ces
14439termes
14440: «Les tabardârs
14441sont des enfants de milice
14442commandés par un émir.
14443« Dans les marches du prince,
14444ils sont autour de lui, se tenant à sa droite et à sa gauche, tout prêts
14445«à frapper un ennemi qui oserait, sans permission, s’approcher du monarque. Ils sont au nombre
14446« de dix. » Plus loin (fol. 128
14447v°)
14448, le même écrivain nous donne les détails suivants
14449: « Uémir- tabar
14450«
14451I commande les tabardârs , et a le même rang que
14452l’officier appelé Râs-annaubah
14453« bjJ ! . »
14454Je dois réparer ici une omission qui m’a échappé. Dans une page précédente (pag. 64),
14455il est
14456fait
14457mention d’un officier qui portait
14458le
14459titre de Baschmak-dâr
14460I AÜhJtJLj .
14461Suivant
14462l’auteur du
14463Inschâ
14464(man.
144651673,
14466fol. 129
14467r°), ce mot s’écrivait également Badjmak-dâr
14468j
14469\
14470Il dérive du terme
14471turc baschmak
14472sandale. «On désignait par le mot Baschmak-dâr un
14473officier
14474qui
14475avait
14476la
14477« charge de porter les sandales du sultan. L’usage voulait qu’il y en eût deux qui se relayassent dans
14478« cette fonction. »
p. 129
14479III. MELIK-MODÂFFER-KOUTOUZ.
14480loi
14481as G 58 (1260).
14482Bientôt après des ambassadeurs de Houlagou arrivèrent en Egypte apportant
14483une lettre conçue en ces termes
14484:
14485«De la part du Roi des Rois de l’Orient et de l’Occident, le kaân suprême
14486:
14487«En votre nom, ô Dieu, qui avez étendu
14488la
14489terre et élevé les cieux
14490; Melik-
14491« Modaffer-Koutouz est de la race de ces Mamlouks, qui ont fui dans cette contrée
14492«pour échapper
14493à nos
14494glaives,
14495qui jouissent
14496des
14497bienfaits de
14498ce prince,
14499et
14500«égorgent les sujets soumis à son autorité. Que Melik-Modaffer-Koutouz sache,
14501«aussi
14502bien que tous ses émirs,
14503et
14504les peuples de son
14505empire, qui habitent
14506«l’Egypte et les contrées voisines, que nous sommes les soldats de Dieu sur
14507la
14508«terre; qu’il nous a créés dans sa colère, et livré entre nos mains tous ceux qui
14509.-« sont
14510l’objet de son courroux
14511; ce qui s’est passé dans les autres contrées doit
14512«être pour vous un sujet de réflexion
14513, et vous détourner de penser à nous faire
14514«la guerre. Instruisez-vous par l’exemple des autres et remettez-nous votre sort,
14515«avant
14516que
14517le
14518voile
14519se déchire,
14520et que,
14521livrés
14522au
14523repentir, vous
14524ne voyiez
14525«tomber sur vous
14526la peine de vos fautes
14527: car, nous ne nous laisserons point
14528«toucher par
14529les pleurs;
14530et nous serons
14531insensibles aux
14532plaintes. Vous
14533avez
14534«appris que nous avons conquis une vaste étendue de pays; que nous avons
14535« purifié la terre des désordres qui la souillaient; et que nous avons égorgé la plus
14536«grande partie des habitants. C’est à vous de fuir, et à nous de vous poursuivre;
14537«et quelle
14538terre vous offrira un asile? quelle route pourra vous sauver? quelle
14539«contrée vous conservera la vie? Vous n’avez aucun moyen d’échapper à nos
14540«glaives, de vous soustraire à la terreur de nos armes. Nos chevaux sont extrê-
14541«mement légers à la course; nos flèches sont perçantes; nos épées sont pareilles
14542«à la foudre; nos cœurs sont durs comme des montagnes;
14543le nombre de nos
14544«soldats égale celui des grains de sable; les forteresses ne peuvent tenir devant
14545«nous;
14546les armées ne sauraient nous résister avec succès. Les prières que vous
14547«adresseriez à Dieu contre nous ne seraient point écoutées. En
14548effet, vous vous
14549«enrichissez par des moyens illicites; vous ne tenez aucune parole; vous violez
14550«les promesses et les serments les plus solennels. La révolte et la désobéissance
14551«régnent au milieu de vous; sachez donc que vous allez voir tomber sur vous
14552«l’humiliation et l’opprobre. Aujourd’hui, vous allez recevoir un châtiment igno-
14553«minieux, en punition de l’orgueil insensé qui vous animait sur la terre, et des
14554«excès auxquels vous vous livriez. Ceux qui ont commis l’injustice vont savoir
14555«quel sort les attend; ceux qui oseront nous faire la guerre, auront à
14556s’en
14557re-
14558« pentir ; ceux qui rechercheront notre protection seront seuls en sûreté. Si vous
p. 130
14559I 02
14560HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
14561«vous soumettez à
14562nos ordres,
14563et aux conditions que nous
14564vous proposons,
14565« vous partagerez tout ce qui est à nous et contre nous. Si vous résistez
14566, vous
14567«périrez
14568: n’allez pas vous causer la mort à vous-mêmes
14569: celui qui est averti doit
14570«être sur ses gardes. Vous
14571êtes persuadés que nous sommes des
14572infidèles
14573: et
14574«nous, nous vous
14575regardons comme des êtres criminels. Et ce Dieu, dont les
14576«ordres sont irrévocables, dont les
14577arrêts sont parfaitement sages, nous a fait
14578«triompher de vous; vos armées les plus fortes sont à nos yeux comme un petit
14579«nombre d’hommes; vos personnages les plus marquants sont devant nous des
14580« êtres méprisables. Vos rois n’ont à attendre de nous que l’opprobre. Ne délibérez
14581«pas
14582longuement
14583: hâtez-vous
14584de nous rendre réponse, avant que
14585la
14586guerre
14587«allume
14588ses feux, et lance sur vous
14589ses
14590étincelles
14591: alors, vous ne
14592trouveriez
14593«plus d’asile, de force, de protecteur, d’appui. Vous éprouveriez de notre part
14594«les catastrophes les plus terribles, et vous laisseriez bientôt vos contrées désertes.
14595«En vous adressant ce message, nous avons
14596agi noblement envers vous; nous
14597« avons cherché
14598, par nos avis , à vous réveiller de votre assoupissement. Main-
14599« tenant vous êtes les seuls ennemis contre lesquels nous devions marcher. Que
14600«le salut soit sur nous, sur vous, et sur tous ceux qui
14601suivent la
14602direction
14603di-
14604«vine, qui redoutent les suites de
14605la mort, et qui se soumettent aux ordres du
14606«roi suprême.
14607«Dis à l’Egypte
14608: Voilà Holaoun
14609(i 32) qui arrive, escorté d’épées nues,
14610et de
14611«glaives acérés.
14612«Il va réduire à l’humiliation les personnages éminents de cette contrée (i33).
14613« 11 enverra les enfants rejoindre les vieillards.»
14614Koutouz (
146151 34) ayant réuni les émirs , tous furent d’avis de faire périr les ambas-
14616sadeurs,
14617et de se
14618diriger vers
14619Sâléhieh. En conséquence,
14620les députés
14621furent
14622arrêtés et mis en prison. Le sultan s’occupa de faire prêter serment de
14623fidélité
14624à
14625ceux
14626d’entre
14627les émirs
14628qu’il avait choisis,
14629et donna
14630l’ordre du départ.
14631Les
14632émirs n’entreprenaient cette expédition qu’avec répugnance, parce qu’ils crai-
14633(i3î)
14634C’est
14635de cette manière que plusieurs
14636historiens
14637arabes écrivent
14638le nom de Houlagou. De
14639même dans l’histoire de Haïthon
14640(Histoire orientale, col. 43, 44» 4$, 46, etc.) , on lit Haolon, et Olaon
14641dans une lettre que le pape écrit à ce prince (Mosheim, Historia ecclesiastica
14642Tartarorum , append.
14643pag. 66) , etc.
14644(133) Je lis üJàl , au lieu de £J!M.
14645(134) Je lisjJaâ, au lieu dej-b-
p. 131
14646an
14647658
14648(1260).
14649III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
14650io3
14651gnaient d’en venir aux mains avec les Tatars. Le lundi, quinzième jour du mois
14652de Schaban
14653, Melik-Modaffer, à la tète de toutes
14654les troupes de
14655l’Égypte, d’une 263
14656partie des forces de la Syrie, des Arabes, des Turcomans, etc., sortit du château
14657de la Montagne, et prit la roule de Sâléhieh. Avant son départ,
14658il fit comparaître
14659devant lui les ambassadeurs tatars, qui étaient au nombre de quatre. Un d’eux
14660fut coupé en deux dans le marché des chevaux, au pied du château de la Mon-
14661tagne; un autre, hors de
14662la porte de Zawilah; le troisième, hors de la porte de
14663Nasr; et le quatrième, dans le lieu nommé Ridaniah LoIaj^ÎI (i 35). On suspendit
14664leurs têtes à la porte de Zawilah; et ce furent les premières têtes de Tatars qui
14665furent attachées
14666dans
14667cet
14668endroit. Parmi
14669ces députés se
14670trouvait un
14671enfant,
14672auquel le sultan
14673fit grâce, et qu’il reçut au nombre de
14674ses Mamlouks. On pro-
14675clama dans les villes de Misr et du Caire et dans les environs, que chacun prît
14676les armes pour défendre la cause de Dieu, et soutenir la religion du Prophète. Les
14677gouverneurs eurent ordre d’exciter les soldats à partir. Tous ceux qui se cache-
14678raient et viendraient à être découverts, devaient recevoir des coups de fouet.
14679Le sultan vint camper à Sâléhieh, où toutes ses forces se trouvèrent réunies
14680:
14681ayant convoqué les émirs,
14682il leur proposa de poursuivre l’expédition
14683; mais tous
14684s’y opposèrent, et refusèrent obstinément de marcher. Koutouz, irrité, leur dit:
14685«Émirs des Musulmans, voilà longtemps que vous mangez
14686les
14687richesses du
14688«trésor; et maintenant, vous répugnez à marcher contre l’ennemi. Eh bien! je
14689«vais me mettre en marche; ceux qui sont zélés pour la défense de la religion
14690«n’ont
14691qu’à m’accompagner. Quant à ceux qui pensent autrement, ils peuvent
14692«retourner chez eux. Dieu voit tout ce qui se passe;
14693et le péché des femmes des
14694« Musulmans retombera sur la tête de ceux qui auront refusé de partir.» Ceux des
14695émirs que
14696le sultan avait choisis (i36), et auxquels il avait
14697fait prêter serment,
14698s’étant, d’un commun accord, engagés à faire partie de l’expédition, les autres
14699ne purent se dispenser de suivre leur exemple. L’assemblée se sépara. Dès que la
14700nuit fut arrivée
14701, le sultan
14702fit battre ses tambours
14703, et dit hautement
14704: « J’irai seul
14705«attaquer
14706les Tatars.» Les émirs voyant que le prince
14707était décidé à partir se
14708mirent en marche malgré leur répugnance. L’émir Rokn-eddin-Bibars-Bondokdari
14709(i35) On désignait par ce nom un jardin qui avait appartenu à un esclavon appelé Ridan.
14710Cet
14711homme était attaché au service du khalife fatimite Aziz, et portait le dais sur la tête de ce prince.
1471211
14713fut mis à mort , le mardi, dixième jour du mois de Dhou’lhidjdjah , l’an 398 (de J. C. 1002) (Makrizi
14714Description de l’Égypte, man. ar. 798, fol. 128 r°).
14715(x 36) Je lis
14716, au lieu de
p. 132
14717HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
14718104
14719eut ordre de se porter en avant, à la tête d’un corps de troupes, afin de reconnaître
14720les mouvements des Tatars.
14721Il
14722se présenta devant
14723la
14724ville de Gazah, qui
14725était
14726occupée par une garnison de ce peuple. L’ennemi, apprenant l’arrivée de Bibars,
14727évacua la place
14728, dont l’émir prit possession. Le sultan
14729, suivi de toutes ses forces
14730,
14731vint camper à Gazah, où
14732il
14733s’arrêta un jour.
14734Il prit
14735la route du
14736Sahel,
14737et
14738se
14739dirigea vers la ville d’Akka. Les Francs, qui étaient alors maîtres de cette place,
14740sortirent avec des présents à la rencontre de Koutouz, et lui offrirent de l’accom-
14741pagner comme auxiliaires.
14742Il les remercia, et leur
14743fit promettre d’observer dans
14744cette guerre une stricte neutralité.
14745Il leur jura que
14746,
14747si un de leurs cavaliers ou
14748de leurs fantassins, suivait l’armée des Musulmans, avec l’intention de lui nuire,
14749il reviendrait sur ses pas et les attaquerait, avant de marcher contre les Tatars.
14750Ayant ensuite convoqué les émirs,
14751il les exhorta à ne pas craindre de se mesurer
14752avec l’ennemi.
14753Il leur remit devant les yeux le carnage, le pillage, les incendies,
14754qui avaient désolé les diverses provinces
14755, et les engagea à prévenir le retour de
14756264
14757pareils excès. 11 les exhorta à délivrer
14758la Syrie des mains des Tatars, à défendre
14759courageusement l’Islamisme
14760et
14761les Musulmans, et
14762à
14763éviter les châtiments que
14764Dieu ferait tomber sur eux. Tous fondirent en larmes, et jurèrent unanimement
14765de faire tous
14766leurs efforts pour vaincre les Tatars, et les chasser des provinces
14767qu’ils avaient conquises. L’émir Rokn-eddin-Bibars-Bondokdari
14768s’etant avance,
14769par ordre du sultan
14770, à la tête d’un corps de troupes
14771, rencontra
14772les coureurs des
14773Tatars.
1477411 se hâta d’écrire au sultan, pour l’informer de cet événement, et com-
14775mença à escarmoucher avec l’ennemi, tantôt avançant, tantôt reculant; Koutouz
14776le joignit près d’Aïn-Djalout.
14777Kitboga et Baïdera, les deux gouverneurs choisis par Houlagou, n’eurent pas
14778plutôt appris
14779la marche de l’armée égyptienne,
14780qu’ils
14781se hâtèrent de rassembler
14782tous les Tatars qui étaient dispersés dans la Syrie, et se mirent en marche, pour
14783aller combattre les Musulmans. Les coureurs égyptiens ayant rencontré ceux des
14784Tatars les mirent en déroute. Le vendredi, vingt-cinquième jour de Ramadan,
14785les deux partis
14786se trouvèrent en
14787présence.
14788Les Musulmans
14789ne
14790se
14791disposaient
14792qu’avec une crainte extrême à se mesurer avec les Tatars. Le soleil venait de se
14793lever. La vallée était remplie de troupes
14794: de toutes parts on entendait les cris des
14795laboureurs des villages, et le son continu des tambours du sultan et des émirs. Les
14796Tatars montèrent alors à cheval et la bataille s’engagea. Une des ailes de l’armée
14797du sultan fut mise en désordre et rompue. En ce moment, Melik-Modaffer, ôtant
14798son casque de dessus sa tête, le jeta à terre,
14799et s’écria de toute sa force
14800: O Isla-
p. 133
14801an 658 (1260).
14802III. MELIK-MODA FFER-KOUTOUZ.
14803ïo 5
14804rnisme ! Il se précipita en personne sur l’ennemi , escorté de ceux qui l’entouraient,
14805et combattit avec une extrême
14806intrépidité. Dieu seconda ses efforts. Kitboga
14807général des Tatars,
14808fut tué dans l’action. Après lui, périt Melik-Saïd-Hosaïn
14809, qui
14810servait dans l’armée des Tatars. Dieu
14811fit fuir le reste de leurs troupes devant les
14812Musulmans (i3y), qui les poursuivirent l’épée dans
14813les reins, massacrèrent un
14814grand nombre d’hommes, et firent une multitude de prisonniers. L’émir Bibars
14815se distingua par son courage sous les yeux du sultan. Le jeune homme, qui faisait
14816partie des envoyés Tatars , et que le sultan avait épargné et incorporé parmi
14817ses
14818Mamlouks,
14819se trouvait à
14820cheval,
14821derrière
14822ce
14823prince, au moment du combat.
14824Lorsqu’il vit la bataille engagée,
14825il plaça sur son arc une flèche, qu’il dirigeait
14826contre le sultan. Mais, frappé par un de ceux qui étaient à côté de lui,
14827il fut saisi
14828et massacré sur la place. Suivant un autre récit,
14829il décocha en effet la flèche qui
14830atteignit le cheval du prince,
14831et le renversa à terre. Koutouz se trouvait ainsi à
14832(137) Le texte porte ces mots
14833:
14834AÎI
14835L’expression
14836qui répond à celle dej_»^iiJÎ
14837se prend, en arabe, dans deux sens.
14838Tantôt elle signifie, comme les mots latins terga dare ,fuir devant un ennemi. On
14839lit dans
14840le Sirat-
14841arresoul [man. arab. 629,
14842fol. 119): biLSd
14843«Nous avons fui devant eux.
14844> Dans l’iiistoire
14845d’Ebn-Khaldoun (man. de la Bibliothèque du Roi,
14846tom. VII,
14847fol. 96
14848r°)
14849:
14850Jj9 Î
14851« Leurs rangs furent rompus, et ils prirent la fuite. « Ailleurs (f. 144 v°)
14852:
14853LT
14854!j J.*J
14855«Ils fuirent devant l’ennemi. » Et plus loin (fol. 23 g v°)
14856:
14857. _
14858î
14859« Ils prirent
14860« la fuite, et tournèrent le dos
14861<à l’ennemi. » Tantôt cette expression signifie, en parlant de Dieu
14862: Faire
14863fuir un des adversaires devant Vautre, comme dans ce passage du meme historien (t. VII
14864,
14865f.
148661 55 v°)
14867:
14868^Ld!
14869«Dieu
14870les
14871fit fuir devant
14872les Musulmans.» Dans un passage du Roman
14873d’Antar (tom. III, fol. ig 5 r“), les mots
14874ïlh&l signifient
14875: Il lui tourna le dos.
14876Dans la langue hébraïque, l’expression spÿ
14877ou “jlÿ H3D ou “yy “jsn signifie fuir
14878;
14879et d’autres
14880fois ïpÿ ina signifie faire/«i>(Exod. chap. xxm,
14881v. 27
14882; Psaume xvm
14883,
14884v.
1488541).
14886En langue persanne, les mots
14887w-v«io signifient
14888: Tourner le dos , s’enfuir (Voy. Gulistan, ed.
14889Semel. pag.
1489029). Dans
14891le Matla-assaadeïn
14892(fol. 214
14893v°), on
14894lit
14895: IjZOlyaLi
14896joL
14897w'.èo «L’émir Lokman Berlas
14898ayant
14899fui devant
14900le
14901prince.» Plus loin
14902(fol.
149033^7
14904r°)
14905: jL&
14906jj JOL
14907«Ayant tous à la fois tourné le dos, ils prirent la fuite.» Ailleurs (f. 3 o 5 r°),
14908on trouve cette expression
14909: Jj.il.}
14910« Ils eurent recours à la fuite. » Les mots
14911signifient également
14912: Tourner le
14913dos
14914;
14915comme dans
14916ce passage de Khondémir
14917(Habib
14918assiiar, tom. III, fol. 261
14919r°)
14920: Jjjl j
149212J>^I
14922f
14923«Tournant le
14924« dos au champ de bataille
14925,
14926il prit le parti de la fuite. »
14927L
1492814

Provenance

L0 witness

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Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40) — archive.org text layer
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attribution
Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40); public domain in Canada (death year verified: Quatremère d.1857 (LC heading 1782-1857 in https://archive.org/metadata/b22006606_0001; https://www.wikidata.org/wiki/Q289886) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf from https://archive.org/details/b22006606_0001 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.
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Cite as:

Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40) — archive.org text layer. text layer of corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf (archive.org OCR; tools/build_repository.py histories()). Layers as published by the Kemetic project (Yousef Hanna), 2026: Coptic · Cairene · Kemetic, /doc/history/historians-arabic-medieval/al-maqrizi-kitab-al-suluk-li-ma-rifat-duwal-al-muluk-mamluk-sultans/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.text-layer/. Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40); public domain in Canada (death year verified: Quatremère d.1857 (LC heading 1782-1857 in https://archive.org/metadata/b22006606_0001; https://www.wikidata.org/wiki/Q289886) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf from https://archive.org/details/b22006606_0001 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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