Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · al-Maqrīzī — Kitāb al-sulūk li-maʿrifat duwal al-mulūk (Mamluk sultans) · none · L0 witness

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Attribution: Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40); public domain in Canada (death year verified: Quatremère d.1857 (LC heading 1782-1857 in https://archive.org/metadata/b22006606_0001; https://www.wikidata.org/wiki/Q289886) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf from https://archive.org/details/b22006606_0001 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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refL0 witness
p. 249
29099IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
29100221
29101an 661 (ia63).
29102de continuer les pensions que l’on faisait aux pauvres. Il remit le droit qu’on levait
29103sur la population d’Alexandrie
29104, et qüi était d’un quart de pièce d’or sur chaque
29105kintar de tout ce qui se vendait.
29106Il joua à la paume; après quoi
29107il
29108fit revêtir les
29109émirs de robes d’honneur, donna àl’atabek une gratification de trois cents pièces
29110d’or, et distribua à chaque émir un présent proportionné à son rang. Puis, il monta
29111à cheval, pour aller visiter un scheïkh universellement respecté, qui se nommait 303
29112Mohammed-ben-Mansour-Aiâri
29113Le scheïkh ne voulut point admettre le
29114prince chezlui;
29115il consentit toutefois à lui parler, sous la condition que le sultan
29116resterait dans le jardin
29117, tandis que le scheïkh se tiendrait dans sa salle haute.
29118De là, Bibars alla visiter le scheïkh Schâtebi. Bientôt après, deux hommes
29119,
29120habitants de
29121la place
29122d’Alexandrie,
29123et dont
29124l’un
29125se nommait Ebn-Bouri
29126,
29127et
29128l’autre, Moukarram-ben-Zaïiat
29129,
29130se présentèrent devant le prince, apportant avec
29131eux des
29132écrits
29133qui contenaient les moyens de recouvrer des sommes per-
29134dues. Le mardi , sixième jour du mois
29135, le sultan manda l’alabek, le sâheb (visir)
29136,
29137les kadis,
29138les jurisconsultes, et
29139fit lire devant eux les pièces indiquées. A cha-
29140que mesure vexatoire qui
29141lui était proposée,
29142il la repoussait, et témoignait hau-
29143tement combien
29144il désapprouvait la conduite de ces deux individus. Lorsque la
29145lecture fut terminée,
29146il s’exprima en
29147ces termes
29148:
29149« Sachez que
29150j’ai sacrifié pour
29151« plaire au Dieu très-haut, une valeur de six cent mille pièces d’or, que m’auraient
29152«produite le cadastre, l’évaluation des propriétés, des fantassins, des
29153esclaves
29154« mâles et femelles, et l’appréciation des palmiers. Et Dieu m’a dédommagé am-
29155« plement, par un accroissement de puissance. De plus
29156, m’étant fait apporter les
29157« registres des percepteurs, j’ai reconnu que leur recette avait augmenté, depuis
29158« l’abolition des taxes
29159injustes. Quiconque renonce à quelque chose pour
29160l’a-
29161« mour de Dieu, en reçoit infailliblement la récompense. »
29162Il oi’donna qu’Ebn-
29163Bouri fût promené ignominieusement dans
29164la ville. Le septième jour du même
29165mois, les courriers de
29166la poste, qui arrivaient de Birah et d’Alep, apportèrent la
29167nouvelle que des Mongols et des Behculurs (guerriers) au nombre de treize cents
29168cavaliers,
29169se rendaient à la Porte Sublime ^JUJ!
29170et venaient se soumettre
29171au sultan. Ce prince expédia l’ordre de recevoir ces étrangers avec bienveillance.
29172Le jeudi, huitième jour du mois, le sultan tint une audience dans la maison
29173destinée à rendre
29174la justice, et enjoignit de purifier la ville, par l’expulsion des
29175courtisanes franques.
29176Le douzième jour du même mois,
29177le sultan quitta Alexandrie, et prit la route
29178du Caire. Arrivé à Teroudjeh,
29179il convoqua les Arabes de ce canton, et leur or-
p. 250
29180ll'i
29181HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
29182donna de disputer, en sa présence,
29183le prix de la course. Les Arabes se rassem-
29184blèrent au nombre de mille cavaliers, auxquels se réunit une partie des cava-
29185liers de l’armée. Le sultan se plaça sur une colline, fixa lui-même l’espace qui devait
29186être parcouru, et fit planter des piques , surmontées de pièces de soie ^JLL|et d’é-
29187toffe rayée
29188qui renfermaient les sommes destinées pour les prix. Les chevaux
29189se rangèrent dans la carrière. Chacun des cavaliers, lorsqu’il avait devancé ses
29190ri-
29191vaux
29192, recevait la somme qui lui avait été assignée. Après quoi
29193, le sultan retourna
29194au château de
29195la Montagne. A son arrivée,
29196il nomma aux fonctions de kadi de
29197la place d’Alexandrie, le jurisconsulte Borhan-eddin-lbraliim-ben-Mohammed-ben-
29198Ali-Bouscbi
29199, de la secte de Mâlek. C’était un homme religieux, d’une dévotion
29200austère, qui avait choisi pour sa retraite habituelle une des mosquées de Fostat.
29201La charge de khatib (prédicateur) fut donnée à Zeïn-eddin-Abou’lfaradj-Moham-
29202med, fds du
29203kadi Mouwaffek,
29204fds d’Abou’lfaradj
29205,
29206natif d’Alexandrie, qui avait
29207j usqu’alors rempli dans cette ville les fonctions de juge
29208Le dernier jour du mois de Dhou’lkadah, le sultan descendit au Caire. L’émir
29209Seif-eddin-Kelaoun-Alefi
29210s’en
29211retourna, accompagné des émirs Hosâm-eddin-
29212alhadj-Idagdi-Rokni ,
29213et Hosâm-eddin,
29214fils de Bérékeh-Khan. Le mercredi,
29215cin-
29216quième jour du mois de Dhou’lhidjdjah, Hosâm-eddin, fds de Bérékeh-Khan étant
29217venu à mourir, le sultan assista à ses obsèques, et les suivit à pied, avec toute
29218la foule.
29219Le sixième jour du même mois, on
29220vit arriver les Tatars qui venaient se sou-
29221mettre.
29222Les principaux
29223d’entre eux
29224étaient Keremoun, Amtaghiah,
29225Nokiali,
29226Djerek, Kaïan, Nâsaghiah, Taischour, Bentou, Soblii, Djaudjelan, Adj-Karkâ, Ad-
29227kerek, Kerai, Salaghiah, Motakaddem, et Daragan. Le sultan sortit à leur ren-
29228contre. Dès qu’ils l’aperçurent, ils descendirent de cheval, et baisèrent la terre
29229devant le monarque, qui resta en selle. Ce prince, après les avoir comblés d’hon-
29230neurs, reprit la route du château. Le huitième jour du même mois
29231, le sultan fit
29232revêtir ces étrangers de robes d’honneur. Ensuite il alla visiter le tombeau du fils
29233de Bérékeh-Khan.
29234Bientôt après on
29235reçut
29236la nouvelle
29237qu’il
29238arrivait un autre
29239corps de Tatars. Le
29240sultan se prépara à les recevoir d’une manière distinguée,
29241et sortit à cheval, pour aller au-devant d’eux. Une troisième troupe ne tarda pas
29242à venir. Ces nouveaux hôtes furent accueillis comme
29243l’avaient été les premiers.
29244Les principaux d’entre eux obtinrent le grade d’émir. Le sultan les ayant invités
29245à embrasser l’islamisme,
29246ils
29247acceptèrent
29248la
29249proposition, et se
29250firent tous
29251cir-
29252concire.
p. 251
29253IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
29254aa3
29255an 661 (1263).
29256Sur ces entrefaites
29257, l’émir Behâ-eddin
29258, emir-akhor frappa violemment un des
29259courtiers du marché aux chevaux
29260; et cet homme expira
29261, après avoir été trans-
29262porté dans sa maison. Ce fait excita au plus haut point la colère du sultan. Uemir-
29263akhor, épouvanté, alla chercher un asile dans la maison de l’émir Kelaoun, et s’y
29264tint caché. Kelaoun se rendit chez l’atabek, pour traiter l’affaire. Il remit lui-même
29265aux enfants du mort cinq mille pièces d’argent, cent ardebs de froment
29266et un
29267habillement complet. A ce prix,
29268ils abandonnèrent l’accusation, et certifièrent
29269que la mort de leur père avait eu pour unique cause la destinée et la volonté di-
29270vine. L’atabek s’étant présenté chez
29271le sultan,
29272lui rendit compte de ce qui s’était
29273passé. Ce prince entra dans une violente colère. L’atabek
29274lui dit
29275:
29276« Vous
29277êtes
29278« irrité; et cependant la loi est pour nous. Que le meurtre ait eu lieu par mé-
29279« garde, ou avec préméditation
29280, les parents du mort ont renoncé à toute pour-
29281« suite. » Tous
29282les émirs implorant la grâce du coupable
29283,
29284le sultan se rendit à
29285leurs instances. Bientôt après, on fabriqua, par ordre de ce prince, une mos-
29286quée djami, composée d’étoffes taillées ïLiL, et qui était destinée à être dressée à
29287la droite de la tente du sultan. On y adapta des mihrab et des portes. Et l’on y
29288plaça un maksourah, destiné pour le monarque.
29289Cette même année, on reconstruisit
29290la maison de justice
29291située au
29292pied du château de la Montagne. Le sultan y tenait une séance, les lundi et jeudi
29293de chaque semaine, pour passer les troupes en revue. Bientôt après
29294il arriva un
29295présent, envoyé du Yemen.
29296Cette même année
29297, le sultan ordonna de créer quatre kadis
29298, qui devaient être
29299les substituts
29300du kadi-alkoddt Tadj-eddin-ben-Bint-alaazz. Celui-ci nomma,
29301en
29302effet, pour remplir ces fonctions, un Hânefi, un Mâleki
29303; mais
29304il ne trouva
29305point parmi les Hanbalis un homme
29306qu’il pût choisir; et
29307il se contenta de dé-
29308signer un hanbali, pour rédiger les contrats jiL. Bientôt après
29309le
29310sultan en-
29311voya vers les principaux personnages de
29312l’Irak, des Arabes de Khafadjah, avec
29313des robes d’honneur ^U.. Il écrivit au souverain de Schiraz et à d’autres princes,
29314pour les exciter à entreprendre
29315la guerre contre Houlagou. Plusieurs émirs de
29316la tribu de Khafadjah furent revêtus des habits, symboles de la noblesse
29317t , et
29318l’émir Izz-eddin reçut ordre de
29319les accompagner à Schiraz. Le sultan expédia
29320par mer un grand nombre de maçons, de charpentiers, de scieurs, de porte-
29321faix , avec quantité de pièces de bois et d’autres matériaux
29322, pour réparer la mos-
29323quée du Prophète
29324On fabriqua, suivant l’usage, un voile ïj*S ( ioo) des-
29325(roo) Le mot kisoueh
29326, est souvent employé pour désigner
29327le voile de la kabah. On
29328lit dans
p. 252
29329HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
29330224
29331tinépour la kabah.
2933211 fut placé sur des mules, et promené dans les rues du Caire
29333et de Fostat.
29334Il était accompagné des familiers du sultan
29335, des principaux person-
29336nages de l’État,
29337des
29338kadis, des jurisconsultes, des
29339fakirs,
29340des
29341lecteurs, des
29342305
29343khatibs, des imams. Ce voile partit pour la Mecque, dans la seconde dizaine du
29344mois de Schewal. Zeïn-eddin-ben-Bouri fut chargé de présider à la reconstruc-
29345tion de la mosquée sacrée.
29346Cette même année, le Français
29347(saint Louis) , roi des Francs, rassembla
29348ses armées, avec l’intention de tenter la conquête de Damiette
29349: ses officiers lui
29350conseillèrent d’aller plutôt attaquer Tunis, lui représentant que la prise de cette
29351dernière place faciliterait celle de Damiette. Le prince arriva en effet devant Tu-
29352nis;
29353il
29354était sur
29355le point de s’en rendre maître, lorsque Dieu envoya dans son
29356armée une maladie dangereuse
29357, qui emporta le roi
29358, et un grand nombre de ses
29359principaux officiers. Les autres retournèrent dans leur pays.
29360Cette année
29361vit mourir
29362i° Yémir-kebir Moudjir-eddin-Abou’lhaïdjâ-ben-Isâ-
29363ben-Khaschken, le Curde
29364, qui périt à Damas ; 2
293650 Izz-eddin-Abou-Moliammed-Abd-
29366errazzâk-ben-Rizk-allah-Rasani
29367(c’est-à-dire natif de
29368la ville de Ras-Aïn)
29369de
29370la secte de Hanbal, scheïkh (docteur) des provinces du Djézirah.
29371Il mourut
29372dans la
29373ville de
29374Sindjâr, à lage de soixante-douze ans;
293753 ° Ilm-eddin-Abou-Mo-
29376hammed-Kâsem-ben-Ahmed-Mursi-Lorki.
29377Il mourut à Damas, âgé de
29378soixante
29379ans.
29380Il était regardé comme le chef des lecteurs.
29381Le premier jour de l’année 662
29382, le sultan tint une audience dans la maison de
29383la justice. On lui présenta un papier cacheté, qu’apportait un esclave noir,
29384et
29385qui contenait une dénonciation Lè )j*
29386contre Schems-eddin, scheïkh des Han-
29387balis. Suivant l’accusateur, le scheïkh haïssait le sultan, et désirait voir finir son
29388règne, attendu que ce prince
29389, en fondant un collège, dans le voisinage du tom-
29390beau de Sâleh, n’y avait point donné place aux Hanbalis, et n’avait nommé au-
29391l ’Histoire cl’Êgypte d’Ahmed-Askalâni
29392(t. I, man. 656,
29393fol. 187
29394r°)
29395:
29396! j
29397Jl-i 1
29398vJl^ d
29399J;
29400« Il exerça les
29401fonctions de wakil (agent) du trésor,
29402et
29403fut chargé de
29404la fabrication du kisoueh.
29405»
29406Ailleurs (tom. II, man. 657,
29407fol. 20 r°)
29408:
29409jYd j
29410v
29411«Il présida, comme
29412«inspecteur, aux fondations pieuses,
29413et à
29414la fabrication du kisoueh.» Plus loin
29415(f. 56
29416r°)
29417:
29418ÜJuJ !
29419«Relativement au kisoueh (voile) qui fut fabriqué cette année.
29420»
29421Et enfin
29422(fol. 76 r°)
29423:
29424I
29425ojs.
29426« Le kadi.
29427.
29428« présenta le kisoueh (le rideau) qu’il avait fait faire, et qui était de la plus grande beauté. » Le mot
29429kisoueh est encore employé aujourd’hui avec la même signification. On peut voir sur ce sujet, \ansleb
29430[Relation de l’Égypte, p. 345, 34g); M. Estève [Finances de l'Égypte,
29431p. 83, 85); M.
29432le comte de
29433Chabrol [Essai sur les mœurs de l’Égypte, p. 470) ; M. Martin [Expédition de l’Égypte,
29434t. I, p. 33g), etc.
p. 253
29435an 662
29436(1264).
29437IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
29438225
29439cun
29440d’eux aux fonctions de kadi. On
29441alléguait encore d’autres
29442griefs. La lettre
29443ayant été envoyée au scheïkh, il protesta qu’elle ne renfermait rien de vrai. Puis
29444il ajouta
29445: « Cet esclave était à mon service, et je l’ai congédié. » Le sultan lui dit:
29446« Quand tu tiendrais contre moi des discours injurieux, je te le permettrais. «
29447Après quoi
29448,
29449il fit donner à l’esclave cent coups de bâton.
29450Au mois de Moharram, on proclama dans
29451les
29452villes du Caire
29453et de Fostat,
29454qu’aucune femme ne portât de turban, et 11e se revêtît du costume des liommes;
29455que
29456si une femme,
29457trois jours
29458après
29459cette
29460publication, contrevenait
29461à
29462l’or-
29463donnance, on
29464lui enlèverait
29465les habits quelle aurait sur le corps. L’eunuque
29466Schodja-eddin-Mourscbid-Hamawi , ayant
29467été mandé au
29468château de
29469la
29470Montagne, le sultan lui reprocha que son maître, le prince de Hamah, ne
29471s’oc-
29472cupait que de
29473ses amusements.
29474Il
29475régla avec
29476lui
29477que
29478les troupes seraient
29479as-
29480treintes à placer des corps avancés
29481(101), el- a ten i r leur armure au com-
29482(101) Le mot yezek
29483qui fait au pluriel Lij-x, désigne
29484: Des gardes avancées, des coureurs.
29485On
29486lit dans
29487le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. VI, pag. 66 )
29488:
29489A9
29490« Des Francs, en grand nombre, étaient sortis de Jérusalem, afin de servir d’éclaireurs. «
29491Plus loin (pag. 89)
29492: ^
29493jS.)
294941
29495LiU
29496,111
29497« Ses compagnons, qu’il avait placés
29498« devant les Francs comme une garde avancée. » Et plus bas
29499(pag. 99)
29500:
29501^ AXjilLj àSjj
29502«Ses éclaireurs et ses coureurs ne cessaient d’observer
29503les
29504Francs.
29505» Dans l’Histoire de
29506la Conquête de Jérusalem (man. 714,
29507fol. 2x3 v°)
29508: ^j
29509Sis HÉyJ
295101 j
29511v
29512jjx)
29513! ^
29514^
29515« Il voulut chasser devant eux les Arabes
29516et les coureurs qui se trouvaient
29517là. » Dans l’histoire de
29518Nowaïri (26
29519e partie, man. de Leide,
29520f.
29521201 r°)
29522:
29523^iJ! ibliù
29524aj lar-0 1
29525jy*o
29526A/3 «Ses compagnons
29527qu’il avait placés comme vedettes, vis-à-vis des Francs, près de
29528la
29529«ville de Tyr. » Et plus loin (fol. 204 r°)
29530:
29531^.Ix'Lsj ^LkLJf Lfjx
29532«Il marcha contre les
29533«vedettes du sultan, et les attaqua. » Dans une Histoire d’Égypte (de mon manuscrit,
29534fol. 87 v°)
29535:
29536i*UJ!
29537J!
29538« Les gardes avancées restèrent
29539, pour surveiller la forteresse. » Et
29540(ibid.):
29541j'aaJ î
29542« Les coureurs des Tatars.
29543» Plus loin
29544(fol. 88)
29545: -lÉy)
29546!
29547Lslf
29548i « Ceux
29549« qui étaient là pour former
29550la garde avancée. » Et enfin (f. 97 r°)
29551:
29552iSjj
29553«Ses cou-
29554rt reurs arrivèrent dans cette contrée. »
29555Il est un autre mot que les historiens emploient quelquefois comme équivalent de celui de
29556Je veux parler du terme djâlisch
29557J La..
29558Il désigne proprement un drapeau. On
29559lit dans les Pro-
29560légomènes d’Ebn-Khaldoun (fol. g 5
29561r°)
29562: h
29563î
29564î
29565i
29566à U
29567i
29568j^.***^
29569|
29570^
29571’ J)
29572^
29573J
295741
29575.i~aâ.
29576(3 j
29577ÏA».tj
29578« Quant
29579«à ce qui concerne les Turcs qui régnent aujourd’hui dans l’Orient,
29580ils prennent, avant
29581tout, un
29582« grand drapeau, dont
29583la tète est surmontée d’une touffe de
29584crins. Ils le
29585désignent par
29586les noms de
29587« djâlisch
29588et
29589de
29590djitr.
29591Cet
29592étendard accompagne toujours l’armée.» Ebn-Aïas, dans son Histoire
29593L
2959429
p. 254
29595226
29596HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
29597plet.
29598Il lui remit un diplôme,
29599et le
29600fit partir pour Hamah. Bientôt après, on vit
29601arriver l’émir Djemâl-eddin-Iaschker,
29602fils du dewaddr Moudjâhid, dewadâr du
29603(l’Égypte (ni. 689, f. 20 r°), nous donne les détails suivants
29604:
29605lit
29606ïAc
29607L*jJ
29608(jiüLsét
29609LAiuJt ûbU! ^J|
29610« Jadis les sultans d’Égypte, lorsqu’ils
29611« se préparaient à faire un voyage en Syrie, étaient dans l’usage de suspendre le djâlisch (le drapeau)
29612« quarante jours avant leur départ. » Plus loin (fol. 22 v°, man. 5g5 A, tora. II, fol. 99 v°), le même
29613historien nous apprend que le sultan Gauri, partant pour une expédition contre les Turcs , changea
29614sur plusieurs points, les usages adoptés par
29615ses prédécesseurs
29616:
29617(j£vJlsé!
29618<ù!
296191
29620^
296211
29622^y I9
29623SS.) I..J
29624I
29625v
29626^ .Cli 1
29627? ^ L*S"
29628Li
296291
29630Jjo j) j ^LilJt
29631(jL.)Wl
29632'ILi) «Entre autres choses,
29633«il ne
29634fit pas, à l’exemple des rois ses prédécesseurs, suspendre
29635le djâlisch à l’édifice appelé tabl-
29636« hhanât. Car, ils y attachaient ce drapeau, puis, passaient les troupes en revue, et leur accordaient
29637« la gratification telle qu’elle avait lieu lors des voyages. Le djâlisch restait suspendu jusqu’au départ
29638« du sultan
29639, quand même ce départ n’aurait eu lieu qu’au bout de deux mois. » On lit dans l’histoire
29640de Makrizi
29641(Solouk
29642,
29643tom. II,
29644fol. 106)
29645:
29646Jjlaô ^LLU!
29647jA «Par son
29648«ordre,
29649le djâlisch (drapeau) du sultan fut suspendu au tabl-khanât » Et Abou’lmahâsen (man. 663,
29650fol. 216) s’exprime en ces termes
29651«On suspendit le djâlisch du départ. «Lorsque
29652le
29653sultan
29654se mettait
29655en campagne, ce drapeau accompagnait constamment
29656l’armée. On
29657lit dans
29658l’histoire de Makrizi
29659('loc . laud.,
29660fol. 106)
29661: ^>îiJ
29662!
29663^jàhseh partit, et prit
29664« la route de la Syrie. » Comme le drapeau, suivant l’usage, était toujours en tête de l’armée, le mot
29665la. signifiait
29666, par extension , l’avant-garde des troupes. On lit dans YHistoire d’Égypte d Ahmed-
29667Askalâni (tom. II, man. 65 y, fol. 56 v°)
29668:
29669ÜxJJsM. Dans l’histoire de Nowaïri (m. 683,
29670fol.
2967114),
29672et dans celle de Makrizi
29673(Solouk
29674,
29675tom. I, pag.
296764*5),
29677le mot ^vJla-
29678est
29679expliqué par
29680-liJî
29681(Lajliü
29682« Les troupes en avant du centre.
29683» Dans l’histoire d’Ebn-Aïas (tom.
29684II,
29685fol.
2968625)
29687:
29688’àjJ! ^Jt
29689^iJLa. J
29690« L’avant-garde de son armée arriva devant la ville de Birah. » Dans
29691Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (m. 714,
29692fol. 264 v°)
29693:
29694^
29695sJ>
29696(JW
29697-
29698« Les Turcs qui formaient l’avant-garde, fondirent sur eux, montés
29699sur des chevaux.
29700»
29701Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. I, m. 656,
29702fol. 161
29703v°)
29704: ^jUaL*JI
297051
29706î
29707«L’avant-garde du sultan en vint aux mains avec celle du gouverneur de la
29708« Syrie. » Dans le même ouvrage (tom.
29709II, man. 657,
29710fol.
2971124 v°)
29712: 4.^3-üô
29713iAc
29714«Il apprit que l’avant-garde qui
29715le précédait l’avait trahi.» Et
29716(ibul.)
29717:
29718« Les émirs de l’avant-garde. » Dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahàsen
29719(t. III,
29720f. 162 v°)
29721{-y?
29722OU ^ <u JÜûlj
29723j jÜWi J,
29724*
29725^ ’i&Uw ça
29726.
29727.
29728. ^
29729li. « Il désigna l’émir
29730« Schahin, avec d’autres émirs, pour se tenir à l’avant-garde, et leur ordonna de précéder l’armee,
29731« ainsi que fait toujours une avant-garde. » Dans le même ouvrage (tom. IV, fol. 4 r0
29732)
29733:
29734j.ck.1 Ay\
29735LctvJL^.
29736« Il plaça l’émir Touga, avec plusieurs autres émirs, à
297371 avant-garde. »
29738Dans la Fie de Bibars (man. 8o3,
29739fol.
297407
29741r°)
29742: ïcl?-
29743Ajo»
29744j, \iuJl2». ^a>LkJ!
29745wAl-i!
29746^LîaLJl
29747î
29748« Le sultan Melik-Dâher le précédait , formant l’avant-garde
29749, et ayant avec lui une partie
29750« de l’armée. » Et plus loin
29751(ibid
29752v°)
29753: j+a*
29754J
29755Li*JL=». yos*.
29756« Il formait l’avant-garde de
p. 255
29757IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
29758an 662
29759(1264).
29760IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
29761.
29762227
29763khalife de Bagdad
29764; quoiqu’il eût tardé de Tenir, le sultan le reçut avec bienveil-
29765lance, et lui conféra une charge d’émir de tabl-khanâh.
29766«l’armée d’Égypte. » De là s’est formé
29767l’adjectif
29768désignant
29769: Celui qui est à l’avant-gnrde.
29770On lit dans YHistoire des Seldjoucides de Bondari (man. 767 A,
29771f. 170 r°)
29772:
29773aI^st^
29774(3
29775«Pour fondre sur ceux d’entre eux qui formaient l’avant-garde.
29776» Dans YHistoire
29777de la Conquête de Jérusalem (man. 714, fol. 14 v°)
29778:
29779s Jk
29780^y> ïUlCH
29781! L^vJlsr^
29782« fit sortir de chaque corps
29783les soldats d’avant-garde, qui tiraient de
29784l’arc, et qui étaient pleins de
29785«capacité.» Ailleurs (fol. 102 r°)
29786:
29787LiuJWH «Les
29788soldats de l’avant-garde
29789se rangèrent en
29790«bataille. » Et enfin
29791(fol. 209 v°)
29792: àbla.
29793U.o VUjJÎ
29794«Nos archers, qui formaient
29795«l’avant-garde, caracolaient autour d’eux. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. VI, pag. io5)
29796: ^\jU
29797À~i.JUsr^t «Les
29798soldats de l’avant-garde les rencontrèrent.» Le mot
29799est quelquefois écrit
29800On lit dans l’histoire d’Abou’lmahâsen (man. 663,
29801f. 162
29802r°)
29803: vJUÜÎ
29804(3^^'*'’
29805“ Un vent violent s’étant élevé, renversa à terre
29806le drapeau d’Argoun.
29807»
29808Dans le lnschâ (fol. 66 v°)
29809:
29810jblÀ'Jî (^kJLd.)
29811Î_jA2»j
29812« Ils rencontrèrent à Gazah l’avant-
29813« garde des Tatars. » Dans l’histoire d’Abou’lféda [Annales, tom. V, pag. 58), au lieu de
29814,
29815il
29816faut lire
29817, et traduire
29818: « Les troupes en avant du centre.
29819» Dans l’histoire de Makrizi
29820( Solouk
29821,
29822tom. I, p. 1117)
29823:
29824AÀJI.À vJU&Jî SAs~xL
29825«Un vent violent s’étant
29826«élevé, renversa
29827à
29828terre
29829le drapeau.
29830» J’ai
29831cité, dans
29832le cours de cette note, un passage d’Ebn-
29833Khaldoun, où
29834il est
29835fait mention du mot ^JLa.. Je crois devoir donner la suite de ce morceau
29836:
29837wX^O
29838|%2) A.,£. ^UaL~J
29839S
29840A& 3s ... 3 1
29841AJ
29842î
29843t
29844I
29845AJ^!^
29846'
29847.J
29848I
29849^ ^ îj
29850^
29851^3
29852î b | ^
29853Â j bJ
29854t
29855gy
29856q
29857'
29858La Aov. b
29859^3"^
29860^
29861-"3'
29862_j
29863A’ yb Î^J I
29864b
29865».
29866ù
29867L"s j
29868î
29869i Jk3
298703
29871_j L^o
29872jlhLJ!
29873(_y=bk
29874Ajli ajU^xH «Au-dessus de la tête du
29875sultan
29876flotte un autre drapeau, que l’on
29877« désigne par les mots de isabah et de schatfah. C’est lui qui forme l’attribut de la souveraineté. En-
29878« suite viennent (je
29879lis Ast*-’ ou
29880-î A*Aj) les étendards, que l’on nomme sanâdjik, et dont le singulier
29881« est sandjak. Ce mot, dans la langue des Turcs , désigne en général un drapeau. Quant aux tymbales,
29882« qu’ils nomment kousât, ils attachent beaucoup de prix à en réunir un grand nombre.
29883Ils permettent
29884« à chaque émir et à chaque général d’armée d’avoir autant de tymbales qu’il en veut
29885; mais l’étendard
29886«appelé isabah
29887est exclusivement réservé pour le sultan. » On peut voir sur le mot ajLsc-, ce que
29888j’ai
29889dit plus haut (pag.
29890i35). Quant au mot schatfah A&kÂ,je le retrouve également dans
29891d’autres
29892passages. On
29893lit dans l’histoire de Makrizi
29894(Solouk
29895,
29896tom.
29897II,
29898fol. 83 r°)
29899:
29900üi-ki.
29901a«,!^
29902^jUaLJI
29903J.*sH «Il
29904fit flotter au-dessus de sa
29905tête un étendard, comme on en porte un
29906«au-dessus de la tête du sultan. » Plus loin (fol. 459 r°)
29907:
29908^hk
29909«Jbki' J-wjl “h envoya trois
29910«robes d’honneur et un étendard.» Toutefois,
29911il faut observer que le mot liki. ne désignait pas la
29912totalité du drapeau, mais
29913la pièce d’étoffe qui en forme la partie essentielle. On
29914lit dans l’ouvrage
29915intitulé lnschâ (fol. 129 r°)
29916: AÂkiJIjS
29917jjpk***^ « Le drapeau se compose d’une pique sur-
2991829
29919-
p. 256
29920228
29921HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
29922Le
29923dimanche, cinquième jour du mois
29924de
29925Safar,
29926les hommes
29927savants
29928se
29929réunirent dans
29930le college
29931Dâhérieh (102), situé entre les deux palais, et
29932dont la construction venait d’être terminée. Les lecteurs étaient présents, et les
29933personnes attachées
29934à
29935chacune
29936des
29937sectes
29938se
29939placèrent
29940dans
29941la
29942salle
29943,
29944qui leur était destinée. Lé sadr Medjd-eddin-Abd-errahman
29945, fds du sâheb Kemâl-
29946eddin-Ehn-Adim
29947, fut chargé de professer les dogmes des Hanefis. Le rang de
29948« montée d’une pièce d’étoffe. » Et dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689,
29949f. 54 r°)
29950:
29951JjIj
29952a jijA.
29953^L>j
29954« Us tenaient des piques, surmontées de banderolles de soie de diverses
29955« couleurs.» Quant à cette
29956touffe de crins j*.L> ÂLæL qui, suivant le témoignage d’Ebn-Khaldoun
29957pendait au haut du drapeau
29958, et que l’on remarque déjà sur
29959les monuments de Nakhschi-
29960Roustam (Ker Porter, Travels in Georgia, Persia, tom. I, pl. 20, 22);
29961c’est le même genre d’orne-
29962ment que, dans
29963la langue persane, on désigne parle mot de pertchem
29964pcsjj. Ce terme se trouve
29965continuellement chez les écrivains
29966persans;
29967il serait donc superflu d’en citer des exemples. Je me
29968contenterai de produire
29969ce passage du Zafer-nâmeh
29970(fol. 226
29971v°)
29972:
299734^:4. L*
29974« Il
29975suspendit leurs tètes à ses piques dégouttantes de sang.» Au rapport de
29976l’auteur du Borhani-hati (éd. de Calcutta, pag. 189)
29977:
29978« On entend par le mot
29979un objet noir
29980« et rond
29981, que l’on attache à l’extrémité d’une pique ou d’un drapeau. On le nomme aussi kotâs
29982« C’est la queue d’une espèce de vache marine
29983: on l’attache également au cou des chevaux. Quelques
29984«personnes donnent
29985à cette vache
29986le nom de
29987Suivant
29988d’autres,
29989c’est une espèce de vache
29990« sauvage
29991qui
29992habite
29993les montagnes
29994situées
29995entre
29996le Khata
29997et
29998l’Indoustan. » Le même
29999écrivain
300009
30001(pag. 676), à l’article du mot
30002nous donne précisément les mêmes détails. La seconde de ses
30003explications est la seule véritable. En effet
30004, le mot kotâs
30005désigne, non pas une vache marine,
30006mais
30007\<t yak ou hos grunniens, décrit par Pallas (Neue Nordische beytràge, tom. I, pag.
300081 et suiv). Ce
30009mot est écrit
30010, et quelquefois
30011Dans le Matla-assaadeïn
30012(f. 123 v°) , il est fait mention
30013du bœuf kotâs
30014Jf. On
30015lit dans le Heft-iklim (man. de Bruix 17,
30016fol. 563 v°)
30017: « Parmi les pro-
30018« ductions merveilleuses du pays de Khoten
30019, est le koutâsch
30020qui se trouve en grand nombre
30021« dans les montagnes de cette contrée. Il est extrêmement redoutable pour les autres animaux
30022: car,
30023«soit qu’il frappe de la corne,
30024soit qu’il regimbe, soit qu’il renverse sous ses pieds, soit qu’il lèche,
30025«il donne
30026la mort.» La queue du kotâs
30027s’employait souvent, ou comme un fouet, ou comme un
30028chasse-mouche. On lit dans le Zafer-nâmeh
30029(fol. 141
30030r°)
30031:
30032L>
30033. Ivj
30034hà.
30035«Il poussait, dans toutes
30036les directions,
30037à
30038l’aide du
30039« kotâs de la crainte et de la vigilance, son cheval noir, qui ressemblait à la foudre, et qui avait la
30040A
30041«rapidité de
30042l’éclair.
30043» Et
30044dans la Vie de Timour,
30045écrite par lui-même (fol. i3
30046v°)
30047:
30048te
30049^wUa'à
30050« Je chasse les mouches avec un kotâs. »
30051(102)
30052Makrizi, dans sa Description de l’Égypte (man.
30053798,
30054fol.
30055327, 328), nous donne,
30056sur ce
30057collège
30058, des détails intéressants.
p. 257
30059IV. MELIK-DAHER-B1B ARS.
300602U9
30061AN 66
30062(1264).
30063professeur pour
30064les Schafeïs fut donné au scheïkh Taki-eddin-Mobammed-ben-
30065Hasan; celui de lecteur de l’Alcoran
30066, au fakih Kemâl-eddin-Mahalli; l’exposition
30067des
30068traditions du Prophète au scheïkh Abd-elmoumin-ben-Khalf-Dimiâti.
30069Cha-
30070cun d’eux fit une leçon
30071; après quoi on
30072servit un repas. Le poète Djemâl-eddin-
30073Abou-Hosaïn-Djezzâr, récita, à cette occasion, les vers suivants:
30074« C’est ainsi que des collèges sont bâtis par
30075les soins
30076d’un prince
30077qui aime
30078« l’architecture, et qui mérite au plus haut point la récompense et la louange.
30079« Le sultan Dâher a exécuté aujourd’hui une entreprise, qui lui a mérité de
30080« voir ses vœux remplis, dans ce monde
30081et dans l’autre. On voit ici la réunion
30082« de tous les genres de beauté, qui,
30083ailleurs, sont dispersés; tout y charme
30084le
30085« cœur et les yeux des hommes.
30086« Depuis que cet édifice s’est élevé près du tombeau du martyr (Hosaïn), lame
30087« illustre de ce héros a été comblée de joie et de plaisir.
30088« Les délices éternelles du paradis étaient destinées à ce prince.
30089Il a voulu au-
30090« jourd’hui avancer pour lui la jouissance de ce bonheur. »
30091Plusieurs poètes récitèrent, en celte circonstance, des vers nombreux, et fu-
30092rent revêtus de robes d’honneur. Le sultan plaça dans ce collège une magnifique
30093bibliothèque, et
30094fit bâtir à côté une école gratuite
30095(io3). Chaque orphelin
30096(io3) Le mot sebil
30097signifie
30098: Unefondation pieuse, un objet qui,
30099en vue de Dieu, est livré
30100sans frais à l’usage du public. On lit dans l’histoire de Makrizi
30101( Solouh
30102,
30103tom.
30104II,
30105fol. 34 v°)
30106:
30107Jî «Une
30108école
30109gratuite.» Dans
30110l’Histoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen
30111(man.
3011266 3,
30113fol.
301141 6 3)
30115:
30116ijj* ! js.x: J^JJ
30117I
30118« On fabriqua des coffres, pour laver les morts,
30119« gratuitement, sans salaire. » Dans l’histoire de Makrizi
30120(Solouk
30121,
30122tom. I, p. 1169; tom. II ,
30123f- 446 v°):
30124h
30125\j -\sd
30126«Ils préparèrent
30127gratuitement
30128des
30129cercueils.»
30130Dans
30131l’ouvrage
30132déjà
30133cité
30134d’Abou’lmahâsen (man.
30135663,
30136fol.
301371 5o)
30138:
30139!
30140JwWüW V
30141<( Une
30142école
30143gratuite,
30144où
30145l’on
30146« montrait à lire aux orphelins. » Dans le Manhel-sâfi du même écrivain (tom. IV, m. j5o,
30147f. 45 r°):
30148N
30149J
30150J!
30151IL?-
30152« Du nombre des écrivains gratuits attachés à la mosquée
30153« d’Ebn-Touloun. » De là vient le mot
30154»L»
30155signifiant
30156: Une fontaine où
30157l’on va chercher de
30158l'eau gratuitement. On lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 673 C, tom. III,
30159f. 161)
30160:
30161«O
30162v
30163‘Uloî «Il
30164fit construire une fontaine, où tout
30165le
30166«monde allait boire gratuitement, et qu’il substitua au bassin.» Dans un passage d’Abou’lmahâsen
30167(man. 663,
30168fol. i5o v°), on lit
30169:
30170»L»
30171Dansle.-Êostarc de Sadi (pag. 142, éd. de Calcutta), on
30172trouve ce vers
30173:
30174t
30175wvO J
30176J
30177!
30178l
301791
30180J
301811 Ç Litw àf
30182Çj
30183t 3
30184« Je me souviens qu’une année le porteur d’eau du Nil n’avait pas distribué gratuitement son eau dans
30185«l’Egypte. » Dans
30186le commentaire qui accompagne cet ouvrage,
30187le mot
30188est rendu par
30189v
30190àS.
p. 258
30191a3o
30192HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
30193musulman admis dans cet établissement, devait recevoir sa nourriture journa-
30194lière, et annuellement deux habits, l’un dans l’hiver, et l’autre dans l’été.
30195Bientôt après, les pèlerins apportèrent la nouvelle que la prière avait été faite
30196à la Mecque, au nom du
30197sultan; que
30198le sadr Djemâl-eddin-Hosaiin-Mauseli
30199secrétaire de la chancellerie, et qui avait été envoyé dans
30200cette ville,
30201s’était fait
30202livrer la clef de
30203la Kabah
30204, et avait adapté à cet édifice la serrure qu’il avait ap-
30205portée; que, durant trois jours, l’entrée de la Kabah avait été ouverte indistinc-
30206tement et gratuitement à tout le monde.
30207A l’audience que le sultan donna dans le château de la Montagne, on lut l’acte
30208qui constituait comme fondation pieuse
30209le khân élevé dans la ville de
30210Jé-
30211, fondation pieuse , don. » Ce terme existe encore aujourd’hui avec
30212la même
30213signification. On
30214lit dans la relation de Thevenot
30215( Voyage au Levant, tom. II
30216, pag. 564)
30217: « Sibil est un lieu où il y a de
30218« l’eau pour chacun
30219, pour l’amour de Dieu. » Le même écrivain (pag. 566) parle d’une
30220sibil d’eau
30221amère, et d’autres
30222sibil qui se trouvent à peu de distance de Gaza (pag. 667, 5 yo). Bremond
30223( Viaggi
30224nell' Egitto, pag. i85, 186, 3o4) parle d’un puits nommé sibil el-beyacar, creusé par ordre d’un aga;
30225de sibil d’eau salée, douce ou amère, (fui se trouvent dans les mêmes cantons. Jouvin (le Voyageur
30226d'Europe, pag. 67) parle de la citerne dont il vient d'être fait mention, et la désigne sous le nom de
30227sibil elbiracat. Suivant le témoignage de Burckhardt (Travels in Arabia, tom.
30228II, p. iox)
30229:
30230« Le sebyl
30231« est un petit bâtiment ouvert
30232, placé souvent auprès des fontaines, et où les voyageurs peuvent faire
30233< leur
30234prière
30235et
30236se reposer. « On peut voir
30237aussi , sur ce mot , M. Jomard
30238(Description du Caire,
30239pag. 93) , et M. Mangin (Histoire de l’Égypte, tom. II
30240, pag. 83).
30241De là s’est formé le verbe JjL, qui signifie
30242: Abandonner gratuitement à l’usage du public. On
30243lit
30244dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (Kâmel, tom. VII, pag. 4 1 )
30245: (-y0
30246•
30247•
30248•
30249s-^3^
30250«^*Xb Jlw j
30251v
30252« On remplit d’eau de rose un grand nombre de bassins ...
30253et on
30254« livra le tout à la multitude. » Dans
30255l'Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714,
30256f. 161
30257v°)
30258:
30259t
30260^5
30261« Elles
30262s’étaient livrées
30263elles-mêmes. » Et
30264(ibid.)
30265:
30266« Ces femmes en sortant avaient pour but de prostituer leur corps. » Plus loin (f. 265 v°)
30267:
30268,3
30269hlZw
30270« Nous livrâmes, de toute manière, leurs remparts à la mort. » Et
30271enfin (fol. 3o6 r°)
30272:
30273ÇfjJ
30274•
30275•
30276•
30277vJUsv*3
30278« Les greniers furent ouverts ...
30279il
30280«enleva leurs serrures,
30281et les abandonna au public.» Dans
30282la
30283Vie du sultan Kclaoun
30284(fol.
3028524 v°)
30286:
30287gJ* Jpl
30288« L’action de rendre les chemins
30289libres pour
30290le pèlerinage. » Dans
30291la
30292Vie de
30293Bibars par Nowaïri
30294(fol. 42
30295r°)
30296:
30297v
30298vJî^wJ!
30299JjL*
30300« Il ouvrit à
30301tout
30302le monde
30303«l’entrée de la maison auguste.» Et (ibid.)
30304:
30305v
30306,3 Jbbül ^
30307t « Il ajouta chaque année une quantité de grains , afin de rendre plus facile le voyage
30308«à la maison auguste. » Dans l’ouvrage
30309intitulé Inschâ
30310(fol. 3i4 r°)
30311:
30312-v-J!
30313^,1)1)
30314« Je permettrai aux pèlerins de visiter la maison sacrée. »
p. 259
30315IV. MELIK-DAHER-BIB ARS.
30316AN 662 (l264)-
30317a3i
30318rusalem. Le
30319kacLi-alkodat Tadj-eddin-ben-Bint-alaazz
30320était présent à
30321cette
30322lec-
30323ture. On
30324fit plusieurs copies de cette pièce. On assigna également une destina-
30325tion du meme genre
30326à deux écuries
30327situées au bas du château
30328,
30329et dont l’une
30330portait le nom de Djauher-Noubi. En même temps , on reçut la nouvelle que
30331dans la ville de Khalil (Hébron), on avait rétabli le repas et les distributions des-
30332tinés pour les habitants et les voyageurs. Cet usage avait été interrompu depuis
30333un grand nombre d’années.
30334Le sultan se rendit à Wasim, et de
30335là, dans la province de Garbiah.
30336Il se pro-
30337menait seul,
30338et incognito
30339, afin de prendre des informations sur l’émir Ebn-Ho-
30340mam, gouverneur du Garbiah,
30341ainsi que sur la conduite des lieutenants, des
30342pages, et des agents de cet officier. N’ayant recueilli que de mauvais renseigne-
30343ments,
30344il
30345fit arrêter Ebn-Homam
30346, et lui donna un successeur. Ayant reçu des
30347plaintes au sujet des vexations qu’exerçait un mobascher chrétien,
30348il le
30349fit étran-
30350gler, attendu que cet homme avait tenu
30351des discours qui méritaient un pareil
30352châtiment. Après être entré dans Damiette,
30353il retourna à Oschmoum et se dirigea
30354par la route de Menzaleh , vers la province de Scharkiah.
30355Cependant les Francs
30356firent demander au sultan la permission de mettre en
30357culture les terres qu’ils possédaient en Syrie, et d’y semer une quantité de grain.
30358On conclut avec eux une trêve de quelques jours, et on les autorisa à faire ce
30359qu’ils réclamaient.
30360Le vendredi, vingt et unième jour de ce mois, mourut Melik-Aschraf-Modaf-
30361fer-eddin-Mousa, fils de Melik-Mansour, prince de Hems
30362; comme
30363il ne laissait ni
30364fils, ni frère, ni héritier désigné par lui, l’émir Bedr-eddin-Bilbek-Alaï, par ordre
30365du sultan, prit possession de la ville
30366, le vingt-septième jour de ce mois. Toute la
30367population prêta serment de fidélité à Melik-Modaffer ( lisez Dâher). Le même émir
30368se fit livrer également la ville de Rahbah, où le sultan envoya une somme de vingt
30369mille pièces d’or. L’émir Djemâl-eddin-Djâki fut nommé gouverneur de Harran
30370,
30371et un autre émir eut le commandement de Rakkah. Cependant, on reçut la nou-
30372velle que le souverain de l’ile de Dahlak, et celui de l’île de Sewaken, s’emparaient
30373des biens des marchands qui venaient à mourir. Le sultan
30374fit partir un des
30375offi-
30376ciers de la halkah
30377, avec un ambassadeur, pour témoigner à ces princes qu’il dé-
30378sapprouvait leur conduite. Cette année,
30379le trèfle
30380j
30381que mangèrent
30382les
30383che-
30384vaux du sultan, et les chameaux des différents parcs ouS.lL* de l’Égypte, s’éleva
30385à la valeur de cinquante mille pièces d’or.
30386Cette même année, on
30387éprouva en Égypte un
30388renchérissement des denrées.
p. 260
30389HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
303902J2
30391Vardeb de froment se vendait environ cent pièces d’argent; le sultan ayant or-
30392donné de taxer^ju-J (io4) les
30393différents objets, cette mesure ne
30394fit qu’accroître
30395le mal. Le pain manqua totalement; Xardeb de froment s’éleva au prix de cent
30396cinq pièces d’argent; Xardeb d’orge à soixante-dix pièces
30397: trois ntl de pain coû-
30398taient un dirhem
30399;
30400et un ritl de viande, un dirhem un
30401tiers. Dans la ville d’A-
30402lexandrie, le prix de Xardeb de froment monta jusqu’à trois cent vingt dirhems.
30403La misère
30404allant toujours en augmentant, on en vint à manger les
30405feuilles de
30406raves «j^iJ
30407, de choux
30408, et d’autres plantes. Les habitants
30409, se dispersant dans les
30410campagnes
30411, dévoraient les racines des fèves vertes. Le vendredi
30412, septième
30413jour du mois de Rebi second, le sultan s’étant rendu dans la maison de la justice
30414JjLsJljb, abolit la taxe des denrées.
30415Il
30416fit enjoindre aux inspecteurs des greniers
30417de
30418vendre, chaque jour, aux pauvres, une quantité de cinq cents ardebs de
30419grains.
30420Il leur était ordonné de ne vendre à la fois que deux waibah au plus, afin
30421que les acheteurs ne pussent faire d’approvisionnements. Cette mesure ayant été
30422annoncée par une proclamation, les pauvres
30423se réunirent au pied du château;
30424les hâdjebs (chambellans) descendirent, vinrent inscrire les noms de ceux qui se
30425trouvaient présents. Après quoi, chacun des hadjebs se dirigeant vers un quar-
30426tier, ils prirent note de tous les pauvres qui étaient restés au Caire et à Fostat,
30427et en
30428rapportèrent un dénombrement, qui contenait plusieurs milliers d’indi-
30429vidus. Le sultan s’écria
30430: « Par Dieu,
30431si j’avais une quantité de grains
30432suffisante
30433« pour nourrir tous
30434ces malheureux
30435, je la leur distribuerais en entier.
30436» Il se ré-
30437serva plusieurs milliers de pauvres.
30438Il en assigna un pareil nombre aux lieute-
30439nants de son
30440fils
30441, Melik-Saïd. Par son ordre, on dressa à la chancellerie militaire
30442djO des états de répartition, qui donnaient à chaque émir un nombre de
30443pauvres proportionné à celui des soldats qui étaient sous ses ordres. Les djundis
30444, les mufredis
30445de la halkah
30446, les commandants, les bahris eurent à leur
30447/
30448/ /
30449( 104 ) Le verbe^Ju», à la deuxième forme, signifie
30450: Taxer une denrée, en fixer le prix d’une ma-
30451nière arbitraire. On
30452lit dans la Description de VÉgypte de Makrizi (m. 798, fol. 179
30453^**«*dl JJîjLs
30454«On examina ce qui
30455concernait
30456les prix des denrées;
30457et on
30458renonça
30459à
30460les
30461« fixer arbitrairement. » Dans
30462la Vie de Bibars par Nowaïri
30463(f. 22 v°)
30464: IJJs
30465^UaL^J!
30466« Le sultan ordonna de fixer le prix des denrées.
30467Il espérait par
30468«là soulager la population. Mais cette mesure ne
30469fit qu’augmenter
30470la détresse;
30471et
30472le pain manqua
30473« entièrement. « Plus loin
30474(fol. 23 r°)
30475:
30476JLk>
30477!
30478U Jjl
30479« La première mesure que l’on
30480«proposa fut l’abolition de la taxe des denrées.» Dans l’histoire de notre écrivain
30481(Solouk ,
30482t.
30483III,
30484f. 48 v°)
30485:
30486« On fixa la valeur du mithhal d’or à cent dirhems.
30487»
p. 261
30488IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
30489233
30490AN 662 (1264).
30491charge un nombre plus ou moins grand de ces malheureux. On fit une classe à part
30492desTurcomans,et une des Curdes. Chaque pauvre dut recevoir de quoi suffire à ses
30493besoins pendant trois mois. Quant aux marchands, et aux hommes riches, des 308
30494différentes classes, on remit à chacun
30495d’eux, suivant son
30496état, un nombre de
30497pauvres plus ou moins grand. Le sultan donna l’ordre que l’on distribuât chaque
30498jour aux religieux des divers monastères Idjjh
30499î quatre cents ardebs de grains,
30500tirés des greniers royaux
30501, sans compter le pain que l’on fabriquait dans la mos-
30502quée d’Ahmed-ben-Touloun. Ce prince dit ensuite
30503: « Nous avons rassemblé au-
30504jourd'hui cette foule de malheureux
30505, et déjà la moitié du jour est écoulée
30506: que
30507« l’on donne à chacun d’eux une demi-pièce d’argent, afin qu’il se procure du pain
30508;
30509« et les mesures que nous avons arrêtées auront leur exécution
30510, à partir de de-
30511« main. » On distribua, de cette manière, une somme
30512considérable.
30513Le sâheb
30514(vizir) se chargea d’un grand nombre d’aveugles; l’atabek, d’une multitude de
30515Turcomans; enfin, parmi les familiers du sultan
30516, les personnes attachées à son
30517service, les hddjebs (chambellans), les émirs, les gouverneurs, les hommes en place,
30518**les hauts fonctionnaires, les hommes riches
30519,
30520il ne s’en trouva pas un
30521seul qui ne
30522prît à ses
30523frais un nombre plus ou moins grand de pauvres. Le sultan dit alors à
30524l’émir Sârem-eddin-Masoudi, wâli du Caire
30525: « Charge-toi de cent pauvres
30526, que
30527« tu nourriras, pour l’amour de Dieu. » L’émir répondit qu’il avait
30528déjà réalisé
30529ce que demandait le prince
30530, et pris à perpétuité le soin de ces malheureux.
30531« Hé
30532« bien
30533, dit le sultan
30534, tu as fait la chose de toi-même, adopte ces cent pauvres en
30535« ma considération. » Ce qui fut exécuté. Bientôt on commença à ouvrir les ma-
30536gasins, à distribuer des aumônes. Le prix des grains diminua
30537, et ne fut plus que
30538de vingt dirliems par ardeb.
30539Le jour où le sultan donna audience
30540, dans la maison de la Justice
30541, on lui ap-
30542porta un placet ü? adressé par les fermiers de l’hôtel de la monnaie;
30543ils repré-
30544sentaient que la fabrication du dirhem était arrêtée, et demandaient la suppres-
30545sion des dirhems nâseris; ils faisaient observer que le prix de leur fermage s’élevait
30546à deux cent cinquante mille pièces d’argent. Le
30547sultan leur accorda, sur
30548cette
30549somme, une diminution de cinquante mille
30550pièces
30551d’argent; puis,
30552il ajouta:
30553« Nous ne voulons pas léser les intérêts pécuniaires de nos sujets.» Le vingtième
30554jour du mois de Rebi second, on éprouva un fort tremblement de
30555terre, qui
30556renversa quantité de
30557lieux
30558habités. Le vingt-troisième jour du même mois
30559, le
30560sultan accorda aux filles de l’émir Hosam-eddin-Ladj in , le djoukenddr, la remise
30561des
30562droits
30563qu’elles devaient au fisc sur la succession de leur père, qui était mort
30564!•
305653o
p. 262
30566HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
30567a34
30568à Damas, le quatorzième jour de Moharram; cet héritage s’élevait à quatre cent
30569mille pièces d’argent monnayé, sans compter
30570les
30571propriétés
30572territoriales,
30573les
30574grains,
30575les chevaux. Un
30576acte, constatant
30577cette faveur, fut envoyé en Syrie. Le
30578sultan voulait faire entendre à ses émirs que
30579s’ils mouraient à son service, après
30580s’être montrés fidèles à leurs serments, il veillerait sur les intérêts de leurs enfants,
30581auxquels
30582il assurerait la propriété des hiens laissés par leur père. L’émir Schehâb-
30583eddin-Kaïmeri,
30584qui gouvernait
30585au nom du sultan
30586les conquêtes faites dans
30587la
30588province du Sahel (la Phénicie), étant venu à mourir, son
30589fils fut mis en pos-
30590session de son héritage, qui se composait de cent eunuques. L’émir Schodja-eddin,
30591gouverneur de Sermin, ayant
30592été
30593fait prisonnier par les Francs, ses propriétés
30594territoriales furent abandonnées à ses frères et à ses pages. En agissant ainsi , le
30595sultan avait pour but de s’attacher tous les cœurs.
30596Cette même année, on reçut la nouvelle que Hailhom, roi d’Arménie, ayant
30597309
30598rassemblé des troupes, marchait vers la ville d’Héraclée,
30599et
30600était venu camper
30601devant la forteresse de Sarfand
30602X.9j~e. Des courriers, expédiés du château de la
30603Montagne, arrivèrent à Hamah et à Hems, où
30604ils apportèrent l’ordre de marcher*
30605vers Alep. Les troupes se mirent en route, tombèrent sur l’armée arménienne,
30606massacrèrent ou firent prisonniers un grand nombre d’ennemis. Les Arméniens,
30607forcés de prendre la fuite, implorèrent le secours des Tatars, qui étaient cam-
30608pés dans le pays de Roum, et qui s’avancèrent au nombre de sept cents cava-
30609liers. A peine
30610étaient-ils arrivés sous les murs de Harem, que
30611la neige
30612, qui tom-
30613bait en abondance,
30614les
30615contraignit de rebrousser chemin, après
30616qu’ils
30617eurent
30618perdu beaucoup de monde.
30619Dans le même temps, on apprit que
30620le canal d’Alexandrie s’était obstrué; que
30621son embouchure était comblée par des amas de terre
30622; et que, par suite de cette
30623circonstance, la ville d’Alexandrie éprouvait une disette d’eau. Le sultan envoya
30624aussitôt l’émir Izz-eddin, emir-djanddr, qui fît recreuser le canal. D’un autre côté,
30625l’émir Djemâl-eddin-Mousa-ben-Iagmour ,
30626Vostadiir ,
30627reçut la mission de
30628faire
30629creuser
30630le
30631canal de
30632l’île des Benou-Nasr, attendu que ce canton
30633ne recevait
30634qu’une irrigation insuffisante.
30635Au mois
30636de Djoumadâ premier,
30637l’émir
30638Seïf-eddin-Belban-Zeini , emir-alam
30639Jæ
30640(io5)
30641, partit pour la Syrie, avec ordre de régler ce qui concernait les for-
30642(io 5 ) Dans un passage de
30643l ’Histoire des Seldjoucides de Bondari
30644(f. 122 v°), le mot
30645dé-
30646signe un porte-drapeciu.
p. 263
30647IV. MEL 1 K-DAHER-BIBARS.
306482 35
30649AN 662
30650( 1264 ).
30651teresses
30652, de passer en revue les troupes de Hamah et d’Alep, et les habitants des
30653places frontières
30654; d’enjoindre aux émirs de tenir au complet le nombre de leurs
30655soldats et la quantité de leurs bagages
30656, et de repousser les excuses que l’on
30657allé-
30658guait, pour ne pas prendre part à la guerre. On lui remit plusieurs rescrits^ffij',
30659contenant ce qu’il avait à faire
30660; il devait faire porter de Damas à Birah
30661, un trésor
30662considérable, afin de pourvoir aux dépenses de cette place. Dans le même temps,
30663plusieurs Arabes, de la tribu de Kliafadjah, quittèrent la cour. Ils étaient venus
30664apporter des lettres de ceux de leurs compatriotes qui habitaient
30665l’Irak. Ceux-ci
30666annonçaient qu’ils avaient fait des incursions sur les terres des Tatars, et poussé
30667leurs courses
30668jusqu’aux
30669portes de Bagdad (106).
30670Ils donnaient également
30671des
30672nouvelles des événements qui se passaient à Schiraz. On fit réponse à ces Arabes,
30673et on les combla de témoignages de bienveillance.
30674Ce même mois, des ambassadeurs, envoyés vers
30675le prince Bérékeb,
30676se mi-
30677rent en route. Parmi les Tatars arrivés en Égypte,
30678il y en eut beaucoup
30679qui, à
30680l’instigation du sultan
30681, embrassèrent l’islamisme. Il en fut de même des Francs
30682qui
30683s’étaient soumis volontairement,
30684et
30685des émirs nubiens,
30686qui
30687avaient
30688été
30689envoyés parleur
30690roi. L’émir Bedr-eddin ,
30691le
30692trésorier, leur distribua, dans un
30693seul jour, cent quatre-vingts chevaux. Au mois de Djoumadâ second, on arrêta
30694deux espions
30695apostés par
30696les Tatars.
30697A
30698cette même époque,
30699on
30700termina
30701la
30702construction de (107) la tour que
30703le sultan
30704avait
30705fait construire à Kârâ
30706tjlâ,
30707et
30708l’on s’occupa d’en bâtir une plus grande, qui devait servir à protéger les routes
30709contre les incursions des Francs. Sur ces entrefaites, le roi d’Arménie (108), ayant
30710dessein de porter la guerre en Syrie, avait fait préparer mille manteaux tatars (109)
30711La, et mille serdkoudj (bonnets) ^3(^(1 10), dont il revêtit des Arméniens, afin
30712(106) Je n’ai pas hésité à lire
30713v
30714>b
30715, au lieu de
30716ÏLç
30717wjU.
30718(107) Je lis^ac^, au lieu de
30719(108) Je
30720lis
30721au lieu de
30722v^XJLï.
30723(109)
30724C’est ainsi que je lis, au lieu de ,j^o.
30725(1 10) Le mot
30726se retrouve dans un autre passage de notre historien. On y lit
30727(,Solouk
30728,
30729t.
307301
30731,
30732p. 47 2 )
30733*^*7^.
30734A j
30735!.}!
30736«Il demandait
30737« trente serâkoudj, afin que, lorsqu’il enverrait des espions pour surveiller les mouvements de l’ennemi,
30738«ces émissaires prissent ce costume. » Dans la Vie de Bibars de Nowaïri (folio 66 recto)
30739:
30740!^*wJ
30741jbt-db
30742!
30743« Ils prirent des serâkoudj
30744, afin de ressembler à des Tatars. » Et (ib.)
30745:
30746.
30747àj
30748!
30749-wlsr^l l^uJ!
30750«Il fit prendre à ses compagnons mille serâkoudj.» Dans l’histoire de Schehâb-
30751eddin, ou plutôt de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (man. non catalogué, fol. 438 v°)
30752:
30753w
30754«11
307553 o.
p. 264
30756HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
307571 36
30758de faire croire que c’était un corps auxiliaire, envoyé parles Tatars. Dès qu’on eut
30759reçu cette nouvelle, les courriers de la poste furent expédiés vers Damas, apportant
30760un ordre que les troupes de cette ville se dirigeassent vers Hems
30761; que celles de
30762Hamali entrassent en campagne
30763, et que les Arabes de Syrie s’abstinssent, cette
30764année, de se rendre dans le désert. Les armées s’étant mises en marche, firent
30765des courses de tous
30766les côtés. Les Arméniens furent complètement battus. Les
30767troupes vinrent camper sous les murs d’Antioche, tuèrent ou firent prisonniers
30768beaucoup d’ennemis, et enlevèrent un riche butin. Un autre corps pénétra dans
30769le Sahel
30770, pour attaquer
30771les Francs, s’avança jusqu’aux portes d’Akkâ, et com-
30772mença à relever la
30773ville de Schakif-Tiroun
30774qui
30775était en ruine, de-
30776puis l’année 658. Dès que les travaux de construction furent terminés, on
30777fit
30778transporter dans
30779cette place un arsenal ïUU.^j et des vivres. Le sultan envoya
30780aux troupes du Sdhel une somme de deux
30781cent
30782mille
30783pièces
30784d’argent, qui fut
30785partagée entre
30786les soldats. Sur ces entrefaites, un courrier de
30787la poste annonça
30788que plusieurs émirs de l’Irak, venant de Schirâz, ainsi que des émirs de la tribu
30789de Kafadjah
30790,
30791étaient arrivés, et se rendaient à la cour du sultan.
30792Le premier jour du mois de Redjeb, on présenta au prince un placet 'Làà (ni).
30793«jeta son serdkoudj. » Suivant
30794l’auteur du Borhani-hati (pag. 499),
30795le mot seragoudj
30796ou
30797c
30798désigne
30799: Une coiffure defemme qui, d’un côté , tombe sur lefront, enveloppe les cheveux, et
30800pend jusque sur l’épaule gauche. On sent bien que, dans le passage de Makrizi,
30801il ne
30802saurait être
30803question d’un pareil genre de parure, et que
30804le mot
30805doit signifier un simple bonnet. Voyez
30806ci-dessus, p. 21 5.
30807b
30808(1 n) Le mot kissah 'ifs
30809,
30810signifie
30811: Une requête , un placet. Il se trouve, avec ce sens, dans plu-
30812sieurs passages de la Vie de Saladin par Behâ-eddin (pag.
3081310, 23 ). Dans l’ouvrage biographique
30814d’Ebn-Khallikan (fol. 354 v°)
30815, on lit
30816: 'ifs
30817çSj
30818« Un homme présenta un placet
30819«à Fakhr-almoulk. » Dans l’Histoire
30820d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 663,
30821fol. 35
30822r°)
30823:
30824t
30825I
30826« Il prenait de la main de chacun le placet qu’il avait à présenter. » Dans la Description
30827de l’Égypte de Makrizi (art.
30828&XÎ
30829!
30830^1 jti)
30831:
30832jid!
30833JL~j Lrâ
30834« Il écrivit un placet
30835«dans lequel
30836il implorait sa grâce.» Ailleurs (man. 798,
30837fol. 179 v°,
30838art.
30839: àJU
30840v
30841j\ï
30842ifs «On lut devant lui le placet des fermiers de la monnaie.» Plus loin (f. 180 r°)
30843;
30844(J*
308452*? xds-
30846“ On lui lisait quelques placets. » Ailleurs
30847(fol. 3 v 0
30848)
30849:
30850^*3 1^31
30851t
30852j «11 examinait les requêtes des plaideurs et leurs griefs. » Dans l’histoire du même écrivain
30853(,Solouk
30854tom.
30855I, pag. 496)
30856: aJ)
30857-Xà. ! «Il prit plusieurs placets qui lui furent pré-
30858« sentés. » Dans X Histoire de la Conquête de Jérusalem
30859(fol. 90 v°)
30860:
30861!
30862« Il de-
30863« manda qu’on lui présentât les placets de ceux qui avaient des réclamations à faire. » Dans X Histoire
30864d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II,
30865fol.
308663 a v°)
30867:
30868jJLc j.*J| yjlf
30869«Le secrétaire de la
p. 265
30870IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
30871as 662 (1264).
30872237
30873annonçant que
30874, près de la porte du Meschhed-Hosaïni, se trouvait une mosquée,
30875et à côté
30876d’elle un
30877lieu dépendant du palais,
30878et qui avait été vendu pour une
30879somme de
30880six mille dirhems, payés
30881à
30882la
30883chancellerie.
30884Le sultan
30885ordonna de
30886rendre cet argent, d’employer tout le terrain à
30887la construction d’une mosquée,
30888et de commencer immédiatement les travaux. Bientôt apres
30889, un soldat se pré-
30890senta, accompagné d’un orphelin, dont il déclarait avoir été chargé par un tes-
30891tament
30892<dî (11 2). Le sultan
30893dit au kadi-alkôdât
30894: «Lorsqu’un soldat de
30895la
30896« milice vient à mourir, ses camarades
30897s emparent de sa succession, et loiphe-
30898« lin est placé parmi les pages
30899Si l’orphelin meurt, son
30900bien passe
30901à
30902« l’individu qui a pris soin de lui; ou l’orphelin, en grandissant (1
309033), ne trouve
30904« plus rien , et ne sauraitproduire aucune preuve, pour revendiquer son bien
30905; ou
30906« celui qui s’est chargé de son enfance étant mort le premier, l’avoir de l’orphe-
30907« lin se trouve absorbé dans
30908la masse de l’héritage.
30909Il ne convient pas qu’un de
30910« ceux à qui un enfant a été confié puisse se prévaloir de dispositions particu-
30911« lières. La loi doit être
30912la même pour tous.
30913Il faut que les biens des orphelins
30914« soient l’objet d’une surveillance exacte, et que
30915les administrateurs de
30916la jus-
30917« tice
30918(1 1 4) président à l’emploi des fonds.»
30919On manda les délégués des émirs, les nakibs de l’armée, et on leur recoin-
30920« chancellerie secrète lui fit lecture des placets. » Dans l’histoire du continuateur d’Elmacin (f. 23 5 v°)
30921:
30922! vj£U! ^3
30923« On reçut un grand nombre de placets concernant Melik-
30924« Afdal. « Dans l’ouvrage intitulé lnscliâ (fol. 106 v°, 292 r°)
30925:
309268 làj
30927bî
30928U
30929àJULxd
30930ïj !i' j laits!
30931Ï.XJ
30932« Dans les placets, on relate tantôt
30933la mort de celui à
30934« qui appartenait
30935la propriété, tantôt
30936la perte qu’il a
30937faite de cette propriété par un événement
30938«quelconque. » De là venait le nom d’un officier, qui portait le titre de kissâh-dâr j J
30939, et dont
30940les fonctions consistaient à recevoir, tous les jours de la semaine, les placets, requêtes et réclamations
30941de tout genre. Il les faisait porter le vendredi, à l'audience du sultan,
30942si ce prince devait en donner
30943une
30944, et
30945il recevait les réponses. Cette charge avait une haute importance.
30946(112) Le mot ^3$ est ainsi expliqué par Meïdani
30947(Proverb
30948385o)
30949: JM
30950aJI
30951« Celui que l’on charge de l’exécution de ses dispositions testamentaires.» On
30952lit dans l’histoire
30953de Masoudi
30954(Moroudj
309551. 1, fol. 12 v°)
30956: ïjJj
30957“ C’était Seth qu’il avait chargé
30958« du soin de son enfant. » Dans l’histoire de Makrizi
30959(Solouk
30960tom. I, pag. 610)
30961:
3096211* JS”
30963Ùja jm
30964« Chacun de nous avait chargé l’autre de veiller, après sa mort, au soin
30965« de ses enfants. »
30966(n3) Je lis
30967au lieu de ^^35.
p. 266
30968HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
30969a38
30970manda de se conformer à ce règlement, et
30971telle est, en
30972effet, la marche que l’on
30973suit encore aujourd’hui.
30974Le troisième jour du même mois, on vit
30975arriver des députés qui
30976venaient
30977de Schiraz. Ils avaient pour chef l’émir Seïf-eddin-Beklemek; avec eux se trouvait
30978Seïf-eddin-Aktebar-Khawarizmi, qui avait été djemdar
30979, au service de Djelâl-eddin-
30980Khawarizm-schah
30981, plusieurs pages de l’atabek Saad, savoir
30982: Schems eddin-Son-
30983kordjah, et les personnes de sa suite. Dans la même réunion se trouvaient aussi
30984Moudliir-eddin-Wischah-ben-Schehri , l’émir Hosam-eddin-Hosaïn-ben-Mallâh
30985émir de l’Irak, ainsi qu’un grand nombre d’émirs des Arabes de Kbafadjah. Le
30986sultan sortit en personne à
30987leur rencontre, conféra à Seïf-eddin-Beklemek
30988le
30989grade d’émir de tabl-khanah
30990,
30991et combla de bienfaits tous ceux qui composaient
30992cette réunion.
30993Au mois de Schaban
30994, le sultan ordonna aux émirs
30995, aux officiers de la milice
30996et
30997aux Mamlouks, de tenir leur équipement au complet (n5). Tous se mirent
30998en devoir d’exécuter avec le plus grand zèle les intentions du prince. La foule se
30999pressait dans le marché des armes. Le prix du fer augmenta, aussi bien que
31000le
31001salaire des forgerons
31002, et des ouvriers qui fabriquent les différentes pièces d’ar-
31003mure; on
31004n’avait plus d’autre occupation. Les
31005soldats employaient exclusive-
31006ment leur revenu à l’achat des armes. Chacun se livrait à quelque exercice guer-
31007rier, tel que le jeu de la lance et autres; et l’on se familiarisait avec la pratique
31008de l’équitation. Sur ces entrefaites, une lettre adressée par l’émir de Médine, an-
31009(n 5 ) Le mot ï-X*
31010, dans ce passage, et dans un autre (man. pag.
310113 o 5 ), que j’ai traduit ci-dessus,
31012désigne
31013: Un équipement guerrier. Quand ce terme est mis au pluriel
31014il signifie, en général
31015:
31016Des munitions de guerre, tout ce qui peut servir a la défense ou à l'attaque. On
31017lit dans XHistoire de
31018la Conquête de Jérusalem
31019(f. 14 vp
31020)
31021:
31022J
31023«Il rassembla les hommes, et distribua
31024«les munitions.»
31025Ailleurs
31026(fol.
31027204
31028r°),
31029l’écrivain, rendant compte de
31030l’incendie d’un
31031bélier de
31032guerre, ajoute
31033:
310343 «En fouillant les cendres, on en tira
31035« tout ce qu’elles contenaient de munitions.» Plus loin
31036(fol. 233 r°)
31037: lao!j j l~Jzi
31038.
31039. .jv& ^ LLLJ
31040ik-j
31041«Le sultan équipa un bâtiment, et le fournit abondamment de munitions
31042« et de machines. » Ailleurs (fol. 270 v°)
31043:
31044j
31045« La destruction des chevaux,
31046W
31047»
31048« des munitions et des armes. » Et (ibid. v°)
31049: !LK)Lj O -XA9 5 -X*J|
31050« Les munitions manquèrent com-
31051«plétement.» Et enfin
31052(fol. 297 v°)
31053:
31054U
31055« Il en tira tout ce qui
31056s’y
31057« trouvait de richesses et de munitions. »
p. 267
31058AN 662 (1264).
31059IV. MELIK-DAHER-B 1 BARS.
3106023g
31061nonça qu’il s’était mis en marche, avec le voile
31062de la Kabah
31063, et qu’il l’avait
31064suspendu à cet édifice.
31065Au mois de Ramadan, on acheva la fabrication du rideau destiné pour le tom-
31066beau du Prophète. On désigna, pour l’accompagner, l’eunuque Djemâl-eddin-
31067Mohsin-Sâléhi
31068; et l’on s’occupa de
31069faire partir en même temps de la
31070cire, des
31071aromates
31072, des parfums et de l’huile.
31073Un courrier, expédié à l’émir Nâser-eddin-Kaïmeri
31074, lui apporta l’ordre de faire 311
31075des courses sur le territoire de Kaisariéh
31076et d’Atlilith
31077En effet,
31078il
31079pénétra jusqu’aux portes de cette dernière ville, pilla, égorgea, et enleva un grand
31080nombre de prisonniers. De là, s’avançant vers Kaisariéh,
31081il y
31082fit les mêmes ra-
31083vages. Les Francs qui étaient en marche, pour aller attaquer Jaffa, furent saisis
31084de frayeur, et retournèrent précipitamment sur leurs pas.
31085Le sultan, suivant son usage, fit distribuer aux cuisines du Cairè et de Misr,
31086de nombreuses aumônes, destinées pour les pauvres. Chaque nuit du mois de
31087Ramadan ,
31088il dépensait une somme considérable, employée en achat de pain et de
31089viande cuite. Suivant sa coutume, et à l’imitation des princes qui l’avaient pré-
31090cédé
31091,
31092il affranchit trente personnes
31093, sans compter ceux de ses Mamlouks
31094, aux-
31095quels
31096il accorda la liberté.
31097Sur ces entrefaites, on reçut la nouvelle que les Francs avaient fait sur les Mu-
31098sulmans une prise considérable. Le sultan écrivit aux gouverneurs de la Syrie
31099pour leur ordonner de
31100faire tous leurs
31101efforts pour recouvrer ce qui avait été
31102perdu. Mais bientôt après, on sut par une lettre de l’émir Nâser-eddin-Kaïmeri,
31103que les Francs avaient rendu toute leur capture, qui se composait d’un grand
31104nombre d’hommes,
31105et de quantité d’animaux. Au moment où cette restitution
31106eut lieu, les acclamations des hommes
31107et des femmes, et les pleurs des enfants,
31108formèrent un concert de voix qui aurait, pour ainsi dire, attendri les pierres
31109elles-mêmes.
31110Un courtier, arrivé de Birah, apporta la nouvelle que Sârem-eddin-Bektasch-
31111Zâliidi avait à plusieurs reprises,
31112fait des courses jusqu’aux portes de Kalaat-ar-
31113roum
31114J! a*1£ (le château des Romains). En même temps, on reçut une lettre du
31115roi Charles, frère du Français
31116(saint Louis) roi des Francs. Cette dépêche était
31117accompagnée d’un présent,
31118et d’une
31119lettre de
31120Yostaddr
31121(le majordome) de ce
31122prince.
31123Il annonçait que son maître avait ordonné de
31124faire reconnaître dans ses
31125États
31126l’autorité de Melik-Dâher. « Il veut, ajoutait-il, que je me regarde comme
31127« délégué du sultan
31128, ainsi que je le suis de mon souverain. »
p. 268
31129HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
31130a4o
31131Le vendredi,
31132vingt-cinquième jour du même mois, on
31133lut dans
31134la grande
31135mosquée de Fostat, une lettre qui supprimait les
31136droits levés sur la charge du
31137wâli de cette ville,
31138et qui se montaient à
31139la somme de cent quatre mille pièces
31140d’argent. On reçut la nouvelle que Lascaris (Michel-Paléôlogue) avait retenu les
31141ambassadeurs envoyés , avec un présent , vers le prince Bérékeh
31142, et les avait em-
31143pêchés de continuer leur voyage; en sorte que les objets dont ils étaient porteurs
31144avaient
31145péri pour
31146la
31147plupart. Le sultan ayant
31148fait venir
31149les patriarches
31150et
31151les
31152évêques, leur demanda ce que méritait un homme qui avait violé ses serments,
31153et lés engagements souscrits par Lascaris. Tous répondirent qu’un pareil homme
31154devait être excommunié. Le sultan, après leur avoir fait donner une déclaration
31155par écrit, leur présenta les actes mêmes des serments prêtés par Lascaris. Puis,
31156il leur dit
31157: «Ce prince, en retenant mes ambassadeurs, a violé ses engagements,
31158«et a montré qu’il recherchait
31159l’alliance de Houlagou. » Puis,
31160il
31161dépêcha vers
31162l’empereur un moine, philosophe grec, un prêtre et un évêque, pour signifier à
31163ce monarque son excommunication. Le sultan lui adressa en même temps une
31164lettre extrêmement dure.
31165Il écrivit aussi au prince Bérékeh, et
31166fit remettre cette
31167dépêche à l’émir Fâres-eddin-Akousch-Masoudi
31168, qui avait été chargé de se rendre
31169comme ambassadeur auprès de Bérékeh,
31170et de
31171lui
31172porter le
31173présent. Dès que
31174Lascaris eut reçu le message du sultan,
31175il mit en liberté les ambassadeurs qui se
31176dirigèrent vers
31177la cour de Bérékeh. Sur ces entrefaites, un courrier expédié de
31178la Syrie, apporta la nouvelle que des Tatars, des Turcs, des habitants de Bagdad,
31179en très-grand nombre, étaient entrés sur les terres de l’empire, pour venir faire
31180leur soumission. Le sultan ayant convoqué les émirs, leur
31181fit part de cet événe-
31182312 ment, et leur dit
31183: «Je crains que l’arrivée de ces hommes, qui viennent de tous
31184«côtés, ne cache quelque projet dangereux. Sortons à leur rencontre;
31185s’ils arri-
31186«vent avec des intentions d’obéissance, nous les traiterons comme
31187il convient;
31188« sinon, nous serons prêts à tout événement. Ceux qui composent mon armée re-
31189«cevront de moi tous les objets qui leur seront nécessaires. Je ne vë^x être que
31190«comme l’un d’entre vous
31191: je me contenterai d’un
31192cheval. Tout ce que
31193j’ai de
31194«chevaux, de mulets, d’argent, vous appartient, et à ceux qui combattront pour
31195«la cause de Dieu.» Les émirs
31196conseillèrent au
31197prince de donner
31198le
31199titre
31200de
31201sultan à son
31202fils, qui résiderait en Égypte durant l’absence de son père. En effet,
31203le jeudi, treizième jour du mois de Schewal,
31204le sultan
31205fit monter à cheval son
31206fils, Melik-Saïd, accompagné de tout l’appareil de
31207la
31208souveraineté. Lui-même
31209marchait à pied,
31210à côté
31211de
31212l’étrier du jeune
31213prince,
31214et
31215portait devant
31216lui
31217le
p. 269
31218IV. MELIK-DAHER BIBARS.
31219an 662(1264)*
31220IV- M E LI K-D A H E R-BIB À R S.
31221gâschiah. Les émirs l’ayant pris de ses mains, il rentra dans son palais. Les émirs
31222et tous ceux qui composaient l’armée, accompagnèrent le prince jusqu’à la porte
31223de Nasr, entrèrent dans les rues du Caire, à pied, et portant le gâschiah. La ville
31224fut ornée de la manière la plus brillante. Les émirs, à l’envi l’un de l’autre, dres-
31225sèrent des pavillons ^L3 . L’émir Izz-eddin-Aïdemur-Halebi
31226, monté sur un cheval,
31227s’avançait à côté du prince, dont
31228il devait être l’atabek. Des tapis de satin ^JlLi
31229et d’étoffe attâbi
31230jbi (1 16), étaient étendus sous les pieds du cheval. Le prince
31231rentra au
31232château
31233de la Montagne.
31234Il
31235n’y eut pas un émir qui ne
31236fit couvrir
31237la route de pièces d’étoffes de soie. On en recueillit plusieurs charges, que
31238les
31239mamlouks du
31240sultan
31241partagèrent entre eux. Le
31242kadi
31243Molii-eddin-ben-Abd-al-
31244kâder rédigea l’acte jJüV, qui conférait à Melik-Saïd le titre d’héritier présomptif
31245du sultan. Le lundi, dix-septième jour du même mois, on convoqua les émirs,
31246les kadis, les jurisconsultes, et l’on fît devant eux lecture de l’acte d’inauguration.
31247Après quoi, on songea à la circoncision de Melik-Saïd. Tous les soldats reçurent
31248ordre de se disposer à passer une revue, avec leurs armes et leurs instruments
31249de guerre. Sur ces entrefaites , des Tatars arrivant
31250, pour faire leur soumission
31251les émirs de Khafadjah furent désignés pour les accompagner.
31252Dans ce même temps
31253, 011 vit paraître du côté de l’orient, une comète, dont la
31254chevelure se dirigeait vers l’occident. Elle se levait un peu avant le point du jour,
31255et s’avançait petit à petit, jusqu’à ce qu’elle se montrait dans un point fort élevé.
31256Sa queue jetait une lueur très-vive; elle ne quittait pas la constellation de hakah
31257Ixan près de laquelle onia voyait constamment, du côté de l’orient, à la distance d’en-
31258viron la longueur d’une grande pique. Elle se montra depuis la fin du mois de Ra-
31259madan jusqu’au premier jour du mois de Dhou’lkadah. Avant son lever, elle répan-
31260(116) Le mot
31261désignait une étoffe de soie. En
31262effet, on
31263lit dans la Géographie d’Ebn-
31264Haukal (manuscrit, pag.
31265120)
31266:
31267j
31268^
31269j.jL* j
31270j
31271« en exporte Xattâbi, les étoffes peintes, et tous les genres d’étoffes de soie et de laine. » Mais il paraît
31272que ce mot était une épithète qui
31273signifiait
31274: Marqué de raies de couleurs différentes. Ebn-Beïtar
31275(man. 1071,
31276f. 78 V0
31277, 79), donnant la description d’une variété de melon, s’exprime ainsi
31278iaiasr-* «Il est d’une petite espèce, rayé de rouge et de jaune
31279:
31280«comme les étoffes attâbi. » Dans
31281la Vie du sultan Kelaoun (fol. 249 r°),
31282il est fait mention de
31283tapis
31284d’attâbi,
31285Hasan-ben-Omar (m. 688,
31286f. 3 o r°), parle d’un âne, qui était de couleur at-
31287tâbi:
31288j
31289L?-. Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
31290(f. 3 g r° et v°), on
31291lit que parmi
31292les présents que Saladin envoya d’Égypte à Noradin se trouvait une ânesse rayée
31293: Ljdi-
31294ïj'-?- (pro "
31295bablement une femelle de zèbre).
31296I.
312973 i
p. 270
31298HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
31299dait dans l’air une masse considérable de rayons lumineux. A la fin du mois de Ra-
31300madan, et dans les premiers jours de Schewal
31301, on vit , durant plusieurs nuits
31302, après
31303.
31304la dernière période du soir, paraître , vers le nord-ouest, des lignes brillantes, qui
31305ressemblaient à des doigts, et qui se trouvaient dans la partie la plus élevée du
31306ciel. Le quatrième jour de Scbewal, un peu avant le coucher du soleil, cet astre
31307se colora d’une teinte rouge, perdit son
31308éclat,
31309et resta complètement éclipsé,
31310jusqu’à ce qu’il disparut sous l’horizon. A l’extrémité du soir, la lune éprouva un
31311accident semblable.
31312On apporta du quartier de Maks,
31313situé hors du Caire, un enfant mort, qui
31314avait deux têtes, quatre yeux, quatre pieds, quatre mains. Cet enfant avait été
31315313
31316trouvé sur le quai de Maks.
31317On fit mettre à mort Melik-Moughith-Fatah-eddin-Omar, fils de Melik-Adel
31318, et
31319prince de
31320Karak. On reçut
31321la nouvelle que
31322les ambassadeurs envoyés vers le
31323prince Bérékeh étaient arrivés à leur destination; qu’ils avaient reçu l’accueil le
31324plus distingué,
31325et obtenu ensuite la permission de partir.
31326Le premier jour du mois de Dhou’lkadah, au lever du
31327soleil, le sultan passa
31328ses troupes en revue. Elles étaient en nombre immense; chaque émir s’avançait
31329à la tête de son corps, revêtu d’une cuirasse. On conduisait les chevaux de main,
31330qui étaient parés comme pour la guerre. Suivant les ordres du sultan, personne,
31331ce jour-là, ne devait porter d’autre costume que
31332le costume
31333militaire. Le mo-
31334narque se tint constamment assis sur l’estrade placée à côté de
31335la Maison de la
31336justice. L’armée défilait dans tout l’appareil guerrier, et la chancellerie militaire
31337était devant le prince. Les soldats s’avançaient, cinq par cinq, puis dix par dix;
31338et enfin, comme ils étouffaient dans la foule et sous le poids de leurs armures de
31339fer, on les fit marcher en nombre illimité. Il périt dans cette occasion quantité de
31340personnes, entre autres Aibek, mamlouk de l’émir-Izz-eddin-Aïdemur-Halebi. Son
31341corps fut enterré, puis exhumé, et déposé dans un autre tombeau. Le kadi Mohi-
31342eddin-ben-Abd-alkâder,
31343fit, à cette occasion,
31344les vers suivants
31345:
31346« Si l’on a transporté Aïbek hors de son tombeau
31347, ce n’a point été par suite
31348« de quelque accident
31349, ou par châtiment ;
31350«Mais
31351il est mort le jour d’une revue; et la revue (celle du jugement dernier)
31352«doit toujours être accompagnée delà résurrection.»
31353Le sultan avait voulu que la marche des troupes se terminât dans un jour, afin
31354qu’on
31355ne
31356pût
31357pas
31358dire
31359qu’un
31360soldat
31361eût rien
31362emprunté
31363à
31364un
31365autre.
31366Les
31367soldats passés en revue entraient par la porte de Karâfah, se dirigeaient du côté
p. 271
31368IV. MELIK-DAHER-BIBÀRS.
31369AN 662
31370(1264).
31371243
31372du château de
31373la Montagne,
31374par
31375la porte de Nasr,
31376vers
31377la tente qui avait été
31378dressée sur ce
31379terrain. A l’approche du coucher du
31380soleil,
31381le
31382sultan monta à
31383cheval, vêtu seulement d’un manteau de couleur blanche, et passa au milieu des
31384troupes qui
31385étaient sous les armes.
31386Il n’avait avec lui qu’un
31387petit nombre de
31388Silahdârs, et de ses familiers. Arrivé à la tente,
31389il mit pied à terre, et assigna à
31390chacun son poste. Après quoi
31391, il rentra dans le château, au moment du coucher
31392du soleil. Bientôt, toute
31393la foule
31394se livra à de nombreux divertissements. On
31395para les chevaux de housses
31396(1 17) et de caparaçons de guerre
31397Lij.sr’î
31398d’écharpes
31399,
31400de
31401croissants
31402aL»! d’or et d’argent, de satin et de hatâmi
31403Le sultan descendit du château, accompagné de ses chevaux de main.
31404Toute cette fête présentait un spectacle dont la beauté éblouissait les yeux. On
31405avait employé, pour former les écharpes
31406, des drapeaux de satin jaune
31407, pour
31408une valeur de dix mille pièces
31409d’or;
31410et
31411l’on en fabriqua
31412ensuite une quantité
31413incalculable. Le sultan se rendit au meïdân de la fête
31414, précédé par ses chevaux
31415de main.
3141611 promit de donner à chaque émir qui atteindrait le kabak
31417(118),
31418(117) Le mot taschhir
31419se retrouve, avec
31420le même sens, dans un passage de notre auteur
31421(Solouk, tom. I, pag. 370)
31422Loi
31423tj-*?-
31424« Il promit à celui qui atteindrait le but
31425« un cheval avec son harnais. » Dans la Vie de Melik-Aschraf (de mon manuscr., f° 85 v°) :^UJÎ
31426^Jylj «Les housses et les différentes sortes d’étoffes de soie, tissues en or. «
31427(118) Abou’lmahâsen (man. 662, fol. 4 i) nous donne sur le mot kabak
31428les détails suivants
31429:
31430i
31431sjXta Aü/O y
314321
31433) A
31434Î^&bîj
31435! yZ lb ^Lbl**JI
31436V
31437jLwmJL
31438pi
31439yAj
31440&.&ys}
31441!
31442^
314432
31444,
31445J ®
31446y
31447!
31448l
31449^yA
31450_J
31451|
31452iAû.b
31453pJ
31454AJ
31455^
31456I
31457y^b y
31458&&y2.) î
31459j' 3
31460&*vy9
31461« Le sultan
31462fit dresser, hors du Caire
31463, près de la porte de Nasr, un kabak dont voici la description.
31464« On plante en terre un mât élevé, au haut duquel on place une courge d’or ou d’argent , dans l’in-
31465« térieur de laquelle est un pigeon. Des hommes habiles à tirer de l’arc se présentent dans la lice, et
31466« décochent leurs flèches contre
31467le mât
31468, tout en faisant courir
31469leurs chevaux.
31470Celui qui
31471atteint
31472la
31473«courge et l’oiseau, reçoit une robe d’honneur, proportionnée à son rang; après quoi,
31474il emporte
31475«la courge. » Makrizi
31476( Description de l’Égypte, article de (JfAM
31477nous donne, sur ce sujet^
31478Jüî
31479p^)Li
31480'J v^TLa
31481« On désigne
31482«par le mot kabak une poutre fort élevée, que l’on dresse dans une plaine, et
31483qui est surmontée
31484«d’un cercle de bois. Des archers se placent devant cette poutre, ét décochent des flèches vers
31485le
31486« milieu du cercle, afin que, passant au travers, elles aillent atteindre un but
31487: ces flèches doivent y
314883 l.
p. 272
31489a44
31490HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
31491un de ses chevaux avec son harnais^aliô. Chaque mufredi, mamlouk ou djundi,
31492reçut une robe d’honneur. Ce prince continua sa marche, accompagné des émirs,
31493des mufredis, des Bahris, des Dâheris, des soldats de la halkah , et des djundis.
31494Dès le matin, la foule entra armée de piques. A l’heure de la prière,
31495le sultan
31496descendit pour accomplir cet acte religieux, et donner ensuite le festin d’usage.
31497Après quoi, tous les assistants montèrent à cheval, revêtus de leurs armures. Le
31498sultan, de son côté, monta à cheval, pour aller s’exercer à tirer de l’arc, et distri-
31499bua un grand nombre de présents
31500et de vêtements d’honneur. Dans le courant
31501de ce mois,
31502les ambassadeurs du prince Bérékeli arrivèrent à la cour. Ils furent
31503éblouis en voyant le nombre des troupes du sultan, leur beau costume, le zèle
31504du monarque,
31505la parure des chevaux, et la magnificence des cavaliers. Placés à
31506côté du sultan,
31507ils contemplaient les évolutions des soldats, et leur habileté à
31508tirer des flèches. Cette fête se prolongea durant plusieurs jours.
31509Le neuvième jour de ce mois, le sultan distribua des robes d’honneur aux rois,
31510aux émirs, aux Bahris, aux chambellans
31511>
31512>W- , aux membres de la halkah, aux
31513hommes de loi pAy*J|
31514(119), aux vizirs, aux kadis, et aux membres de
31515fa-
31516« passer suivant les règles de l’art. Ce jeu porte
31517, en langue turque,
31518le nom de kabak. » Makrizi, dans
31519son ouvrage historique
31520, emploie plusieurs fois ce même mot. On
31521lit (Solouk
31522t.
31523I, pag. 378)
31524:
31525^Jül.
31526Et (ibid.): 3JÜÎ 3 jyj- Et
31527enfin (pag. 474): 3^
31528. On lit dans
31529l’ouvrage intitulé llm-alforousiah (la science de l’équitation) (m. ar. 1127,
31530fol. 5o
31531r°)
31532: 3?*^
31533pi «On joue au kebak\ ensuite on place dans sa courge un pigeon. »
31534Il
31535paraît que ce jeu a toujours été en usage dans l’Égypte, car Vansleb
31536(Relation de l’Egypte, pag. 338)
31537dit que le mot kara
31538désigne une courge, qui servait de but aux gens du pacha.
31539(119) Le mot ernamah
31540désigne
31541: Le gros turban que portent les gens de loi; et par suite les
31542termes
31543«LoL,.*!!
31544•.
31545>j
31546, ou
31547v
31548ou
31549, ou
31550p^sO, s’emploient indistinctement, pour
31551signifier
31552: Un magistrat, un homme de loi. On lit dans le Kâmel d’Ebn-Athir
31553(t. V, p. 53)
31554: -Vs-! p^-*
31555p^K"
31556v
31557âJ
31558\
31559«On en comptait onze mille, qui tous étaient gens de
31560loi. « Dans le
31561Mesalck-alabsar (man. 583, fol. 174 r°)
31562:
31563!_j
31564ïhiaàSt
31565ïjj xf
31566! pj
31567! jj S «Les porteurs de
31568« turbans arrondis, tels que kadis, vizirs. » Suivant ce que rapporte Sakhâwi, dans son Histoire des
31569kadis d’Egypte, un sultan, voulant conférer à un de ses sujets la dignité de kadi, lui
31570dit ces mots
31571(man. 690,
31572f. 100 r°)
31573:
31574jS «Aie soin, demain, de faire
31575agrandir ton
31576turban. » Dans
31577le Kâmel, ou plutôt dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
31578(tom. VII, pag. 162)
31579:
31580^
31581juaLj
31582A.ajJ
31583!
31584pj
31585tjj*
31586! Jjî 3
31587« Il était primitivement homme de loi; en.
31588« suite on
31589l’obligea de quitter le turban
31590,
31591et de prendre la coiffure appelée scherbousch. » Plus
31592loin
31593(pag. 167)
31594:
31595« A son festin se trouvaient les émirs,
31596et les
31597« principaux d’entre les gens de loi. » Dans l’histoire de notre auteur
31598(Solouk
31599,
31600t.
31601I, p. 612)
31602: J
p. 273
31603an 662
31604(1264).
31605IV. MELIK-D AHER-BIBÀRS.
316062^5
31607milles illustres
31608Tous se présentèrent devant le prince, revêtus de leur
31609fthilah. Les divertissements durèrent jusqu a la fin du jour. Les ambassadeurs
31610demandèrent
31611si les troupes
31612qu’ils avaient sous les yeux composaient la totalité
31613des forces de l’Egypte et de la Syrie. On leur répondit que c’était seulement l’armée
31614d’Égypte, sans compter les garnisons des places frontières, Alexandrie, Damiette,
31615Raschid, Kous, les soldats détachés pour des expéditions, et ceux qui se trou-
31616vaient dans leurs propriétés. Les députés, en recevant ces détails, témoignèrent
31617la plus vive surprise.
31618Le dixième jour du même mois, le sultan donna, dans le château de la Mon-
31619tagne, un grand festin auquel
31620assista Melik-Saïd, accompagné des fds des rois et
31621de ceux des émirs. A
31622l’issue du
31623repas, Melik-Saïd fut circoncis
31624: puis
31625le fds de
31626l’émir Izz-eddin-Halebi l’atabek, le
31627fds de l’émir Schems-eddin-Sonkor-aschkar-
31628Roumi, celui de l’émir Seïf-eddin-Tenkez
31629, de Hosâm-eddin
31630, fds de Bérékeh-khan,
31631le fds de Melik-Moudjahid, fds du prince de Mausel
31632: puis les trois fds de Melik-
31633Mougliilh,
31634souverain
31635de
31636Karak,
31637le
31638fds
31639de
31640Faklir-eddin-Hemsi,
31641et un grand
31642dût»
31643£,.3y
31644« On écrivit pour lui un diplôme,
31645tel qu’on n’en écrivait point de pareil
31646«pour un homme de loi. » Et
31647(ibid.)
31648:
31649v
31650>U£j"î
31651tj)j3
31652«H avait
31653la préséance sur
31654« tous les gens de loi qui se trouvaient parmi les écrivains. » Dans
31655le Inschd
31656(fol.
316571 12
31658v°)
31659:
31660j
31661}
31662t « Si le vizir est un homme de loi. » Plus bas
31663(fol.
316641
316654 v°)
31666:
31667L^i t
31668î
31669j
31670LJjjJI
31671I
31672« Ce genre d’acte était réservé ex-
31673« clusivement pour les gens de loi qui remplissaient des fonctions religieuses ou administratives. On
31674« ne le délivrait point aux hommes d’épée. » Plus loin
31675(f.
31676i 32 r°)
31677:
31678L
316791
31680I
31681! «Les fonctions de mohtesib étaient jadis données unique-
31682« ment à des gens de loi. Par la suite, on y nomma des hommes d’épée. « Et enfin
31683(f.
31684i 33 r°)
31685:
31686jLo
31687J
31688! Sw. ^
31689v* 'J*
31690« On désignait pour cette inspection ceux d’entre les gens de
31691«loi qui avaient la capacité nécessaire. » Dans la langue persane, le mot
31692J-al signifie les gens
31693de loi
31694( Zafer-nâmeh
31695,
31696fol. 3 r°) . Le terme
316975 répond à
31698et désigne un homme de loi. On
31699lit dans le Boston de Sadi (pag. 20)
31700:
31701J-sF*
31702- ^ ! jJJj
31703Il ne rougira pas devant les gens
31704« de loi. « Et laglose explique
31705par
31706j
31707j j!t'
31708. Dans un passage de Mirkhond
31709(V
31710e partie, fol. 63 r°)
31711:
317122^
31713'jL* j
31714(lis.
31715CljLa’à j l'd j Cld-iL.
31716«Lesseïds, les imams, les kadis,les gens de loi, les courtisans intimes
31717, et les princi-
31718«paux émirs.
31719» Puisque j’ai nommé le mot scherbousch
31720je dois en donner la définition. Au
31721rapport de Makrizi
31722(Description de l’Égypte, article des marchés)
31723:
317243
31725« Le mot scherbousch désigne une coiffure qui ressemble
31726« à une couronne, qui est à peu près de forme triangulaire , et que l’on pose sur la tète sans turban. «
31727Il est probable que ce terme est une altération du mot serpousch
p. 274
31728246
31729HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
31730nombre d’enfants des émirs. Avant la cérémonie, on avait eu soin de faire dis-
31731tribuer des vêtements neufs à quantité d’orphelins et d’enfants pauvres du Caire
31732et de Misr. On les réunit ce jour-là au château, et on les fit circoncire. Le sultan
31733défendit aux émirs
31734et
31735à ses courtisans d’offrir
31736le présent qui, suivant l’usage,
31737devait être remis aux princes dans cette occasion solennelle. En sorte que nul
31738des personnes à la cour ne donna la moindre chose. A peine la cérémonie était-
31739elle terminée, que le sultan se dirigea vers Terraneli, puis vers la vallée de Habib,
31740et vint loger dans les monastères. De là
31741il se rendit à Teroudjeh, puis à Hamâ-
31742mat, et enfin à Akabah. Là
31743il forma une enceinte circulaire
31744££1». (120) pour la
31745chasse. A cette époque arriva la fête des victimes^-
317461
31747!
31748Le sultan envoya des
31749troupes pour arrêter les Arabes qui, suivant ce qu’il avait appris, se livraient à
31750de nombreux brigandages. Il fit comparaître devant lui les Hawarah et les Arabes
31751de Selim, et les obligea de souscrire des actes, par lesquels ils s’engageaient à cul-
31752tiver le pays, et à n’accorder aucun asile aux malfaiteurs. Le sultan prit ensuite
31753la route de la place d’Alexandrie.
31754Il distribua aux mufredis , aux émirs, et aux
31755personnes attachées à sa personne, sans distinction
31756, de l’argent et des étoffes. Il
31757joua à la paume dans le meïdcin
31758,
31759visita le scheïkh Schâtebi, et se dirigea vers le
31760Caire. Arrivé dans la ville de Teroudjeh,
31761il désigna Seïf-eddin-Ata-allah-ben-Azar,
31762comme chef des Arabes de Barkah
31763:
31764il lui enjoignit de lever la dîme Ütëj des trou-
31765peaux, celle des champs et des fruits, suivant
31766l’ordre de Dieu. L’émir s’étant
31767engagé à remplir ces conditions, reçut du sultan un drapeau et des tymbales;
31768il
31769s’éloigna pour aller veiller à la défense du pays, et exiger des Arabes de Barkah,
31770le tribut d’aumône 's&j et les dîmes. Le sultan étant rentré au château de la Mon-
31771tagne, vit arriver le gouverneur de Tekrit à la tête d’une troupe nombreuse
31772; il fit
31773partir l’émirAmin-eddin-Mousa-ben-Turcomâni, qui avait avec lui un grand nombre
31774d’archers
31775et
31776autres
31777soldats, un
31778trésor,
31779quantité de robes d’honneur, une foule
31780d’émirs arabes de Rarak
31781,
31782et des Bcihris de
31783cette ville , un vaste amas de grains
31784et d’autres provisions. Ces troupes
31785se dirigèrent vers Khaïbar, dont la citadelle
31786tomba en leur pouvoir.
31787Cette même année, on vit flotter sur le canal du Caire les cadavres d’hommes
31788assassinés. Plusieurs personnes disparurent, sans qu’on pût découvrir la cause
31789de leur mort. Enfin
31790, au bout d’un mois
31791, on recueillit les détails suivants
31792: Une
31793( 120 ) Le mot
31794halkali lïla. désigne
31795ce que dans la langue persane on nomme
31796tchergah *5^=».
31797,
31798c’est-à-dire, le cercle plus ou moins étendu que formaient les chasseurs, et dans lequel ils enfermaient
31799ordinairement une immense quantité de gibier.
p. 275
31800IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
31801an 662 (1264).
31802IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
31803247
31804femme d’une grande beauté, nommée Gaziah, sortait journellement, dans une
31805parure recherchée, étayant avec elle une vieille femme. Lorsqu’un inconnu s’ap-
31806prochait et lui faisait des propositions galantes, la vieille disait à cet homme
31807: «Ma
31808«maîtresse ne peut aller chez personne; mais ceux qui ont des vues sur elle,
31809«n’ont qu’à venir à notre logement.» Dès que
31810le malheureux
31811était entre dans
31812cette maison, des hommes apostés se jetaient sur lui, l’égorgeaient, et enlevaient
31813tout ce qu’il avait sur lui. Cette femme changeait continuellement de demeure.
31814Tandis qu’elle habitait en dehors de la porte de Schariah
31815yb, sur les
31816bords du canal, la vieille alla un jour trouver une coiffeuse ikiL» célèbre du Caire,
31817et l’invita à venir pour un mariage
31818(1 2 1). La coiffeuse partit avec cette femme »
31819portant, suivant l’usage, quantité de bijoux, et accompagnée d’une jeune fdle qui
31820était à son service. Lorsqu’elles furent arrivées à la maison,
31821la coiffeuse entra,
31822et la jeune esclave s’en retourna. Les hommes apostés massacrèrent la coiffeuse, et
31823volèrent tout ce qu’elle avait apporté. Cependant la jeune fdle s’étant présentée
31824au logis indiqué pour demander sa maîtresse , on lui dit qu’on ne l’avait pas vue.
31825Elle se
31826rendit alors chez
31827le wali, et
31828lui raconta le fait.
31829Cet officier étant entré
31830brusquement dans la maison qui lui avait été désignée, surprit la vieille, la jeune
31831femme, les arrêta,
31832et les appliqua à la torture.
31833Elles avouèrent leurs crimes, et
31834furent mises en prison. Un homme étant venu s’informer du sort de
31835ces deux
31836femmes, fut saisi et torturé. Il dénonça son associé, qui était le propriétaire des
31837fours où l’on cuisait la brique, et qui fut immédiatement mis à la question. On
31838sut, par leurs aveux que, dès
31839qu’ils avaient tué un homme,
31840ils jetaient le corps
31841$
31842c,
31843t
31844(iai) Le motfarah ^^3
31845signifie une noce. On lit dans l’histoire de Makrizi
31846(Solouk
318471. 1 , p. 824)
31848:
31849,3
31850« Il célébra une noce dans sa maison. » Plus loin (pag. 1097)
31851:
31852! ,3
31853j
31854« Surtout dans les fêtes et les noces que le sultan célébrait
31855« pour ses enfants. « Dans XHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II,
31856fol. i36r°):Lo^ d
31857|
31858« Il célébra pour lui une noce splendide. » Dans le Roman d’Antar{t. III. fol. 101 r°)
31859: (3
31860,3
31861AkL
31862«Il pensait que les enfants de Abs étaient occupés à la
31863«noce de Scbas. « Dans les Opuscules de Makrizi
31864(fol. 129 r°), on
31865lit
31866:
31867«On
31868célébra
31869« les fêtes.
31870O
31871Je dois faire observer que dans le kartas on trouve le mot pluriel vJLjWysù employé dans deux
31872/
31873sens. D’abord
31874il désigne desfêtesy comme dans ce passage (pag. 206)
31875:
31876wdy
31877« On célébra
31878«les
31879fêtes.» En second
31880lieu, des instruments de musique. On
31881lit (pag. 256]
31882:
31883yyü yd
31884j
31885« Il ordonna de battre les tambours et les autres instruments de musique. »
p. 276
31886HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
31887248
31888dans la fournaise, afin de calciner les os. Ils indiquèrent des caves qui existaient
31889dans
31890la maison, et qui étaient remplies de cadavres. Tous les coupables furent
31891cloués sur des pièces de bois. Au bout de deux jours, la jeune femme fut mise en
31892liberté; mais elle ne tarda pas à mourir.
31893Cette même année, le sultan assigna
31894un grand nombre de villages, situés
31895en Syrie et près de Jérusalem, afin que leur produit fût employé à fournir du
31896pain, des sandales, et une somme de pièces de cuivre aux pèlerins qui feraient
31897à pied le voyage de Jérusalem. Il fit bâtir dans cette ville un khân, un four et un
31898moulin. L’inspection de ces diverses fondations fut confiée à l’émir Djemâl-eddin-
31899Mohammed-ben-Nahar.
31900Cette même année , Lascaris (Michel-Paléologue)
31901, empereur de Constantinople,
31902fit
31903arrêter Izz-eddin-Kaïkaous
31904,
31905fils de Kaïkhosrev,
31906et
31907petit-fils
31908de
31909Kaïkobad,
31910souverain du pays de Roum; ce prince était en guerre avec son frère, qui le défit
31911complètement
31912et
31913le
31914força
31915de
31916fuir. Le vainqueur, nommé
31917Rokn-eddin-Kilidj-
31918Arslan resta maître des États de son frère. Izz-eddin se retira auprès de Lascaris,
31919qui lui accorda un asile, et le reçut dans son palais, ainsi que tous les émirs de
31920sa suite. Durant quelque temps,
31921il s’annonça comme leur protecteur; mais, étant
31922informé que ces fugitifs avaient formé le projet de l’assassiner, et de s’emparer de
31923son royaume,
31924il les fit arrêter, mit en prison Izz-eddin, et fit aveugler, au moyen
31925d’un fer chaud, tous les compagnons de ce prince.
31926Cette même année vit mourir à Damas le kadi-ctlkodal de cette ville, Imâd-eddin-
31927Abou’lfadâïl-ben-Kliarestâni, de
31928la secte de Schaféi.
31929Il avait été destitué de son
31930emploi; mais
31931il avait conservé la place de khatib de la principale mosquée, et de
31932professeur de traditions dans le collège Aschrafiah. Il était âgé de cinquante-cinq ans.
31933FIN DE LA PREMIÈRE
31934PARTIE DU TOME PREMIER.
p. 277
31935e-e-
31936te 6C6CM-WM
31937M>ec-t< t-t-tr*t>< t e OOC-C (S»
31938ADDITIONS ET CORRECTIONS.
31939Page
319409.
31941Je dois
31942ajouter
31943ici quelques mots relativement à la ville de Soubaïbah.
31944L’auteur du
31945Mesalek-alabsar (man. 583,
31946fol. 214 r°), dit que la ville de Banias, capitale du canton de Djaulan
31947renferme la forteresse de Soubaïbah. Suivant l’auteur du Inschâ (f. 88 r°)
31948: «La forteresse
31949«de Soubaïbah, qui dépend de la ville de Banias, est une place extrêmement forte. Elle a un gou-
31950verneur particulier qui est à la nomination du vice- roi de Damas. « Plus loin
31951(fol. 148
31952r°), l’écri-
31953vain
31954fait mention du gouvernement de Banias
31955et de celui de la
31956forteresse de Soubaïbah. Enfin,
31957ailleurs
31958(fol. 289 v°),
31959il s’exprime en ces termes
31960:
31961« Quant à ce qui concerne
31962le gouverneur de
31963la
31964«forteresse de Soubaïbah
31965v_^jU,
31966s’il a le rang de commandant
31967les
31968lettres qui
31969«lui sont adressées, offrent les formules
31970(elle est émanée), et ^Jl*3î (l’ordre auguste);
31971s’il
31972« a celui d’émir de tabl-khânah, on emploie la formule
31973et
31974(l’ordre élevé). Le
31975titre
31976« qui lui est donné est celui de à.wjj.3r-M <L_*_wo i.xl£
31977v
31978Gouverneur de la forteresse de Soubaïbah,
31979«.la bien gardée . » On lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 798, fol. 201 v°) que, dans
31980«l’année 688 de l’hégire (de J. C. 1289), le gouverneur de Soubaïbah envoya quarante
31981et quelques
31982«pigeons, destinés à porter des dépêches, et accompagnés des hommes qui devaient avoir soin du
31983« colombier.» Dans un traité conclu entre le sultan Kelaoun et le roi de la petite Arménie (man. de
31984Saint-Germain 118&A), il est fait mention du gouvernement de Soubaïbah
31985Et dans un
31986traité du même prince avec les Francs de Saint-Jean d’Acre, on lit
31987: « Banias et ses- dépendances, la
31988« forteresse de Soubaïbah
31989üxl'i
31990, avec ses lacs et les terres de sa juridiction. »
31991Page 36. Le texte porte
31992: le rocher de Kabak
31993^Jj~a3l Là*
31994; mais, comme
31995ce nom, à ma connais-
31996sance, ne se trouve point ailleurs, je crois qu’il y a ici une faute de copiste, et qu’il faut lire Amak
31997L'Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni, (tom. II,
31998fol. 116 v°)
31999, nous offre ces mots
32000:
32001tj-6 «R s’empara du lieu nommé Amak
32002,
32003qui dépend du canton d’Alep. »
32004Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
32005(Kamel
32006,
32007tom. VII, pag. 60)
32008:
32009Lj
32010î
32011**
32012>
320133 ,J
32014j joLaj)\ çj) J
32015J.J J j
32016aJj J!
32017jL^il J
32018«Les Khowarizmiens envoyèrent des partis dans toute la province d’Alep. Ils poussèrent leurs
32019« courses jusqu’à la ville d’Azaz, Tel-Bâscher, Bordj-arrisâs (la tour de plomb), la montagne de Si-
32020«méon, et le territoire d’Amak. » Au rapport d’Abou’lmahàsen (Manhel-sâfi, tom. IV, manuscr.
32021y 5 o,
32022fol. 2o 5 r°)
32023: «Le lieu nommé Djubb-alomian
32024(le puits des
32025aveugles) est situé dans le
32026« canton à’Amak
32027entre Kosaïr
32028et Antioche. »
32029Page 40. Le manuscrit unique, qui est sous mes yeux, porte
32030v
32031Juy*. Mais cette leçon est
32032fautive, et
32033il faut y substituer
32034s__jj.*3! As-4 tnedjd-alarab, c’est-à-dire
32035: Celui qui était la gloire des
32036Arabes. En effet , nous lisons dans le Traité des Arabes de
32037l’Égypte, composé par Makrizi [Opuscules
32038f. 202 r°)
32039:
320403 î
32041^
32042t
32043ÿ;
32044|
32045«Le
32046schérif Hisn-eddin-Thaleb,
32047fils du
32048grand émir Nedjm-Ali ....
32049Medjd-alarab-Thaleb-Djafari.»
32050Plus loin
32051(f. 2o8v°, 209 r°), il est fait mention du grand émir Hisn-eddaulah-Medjd-alarab (gloire des
p. 278
3205225o
32053additions et corrections.
32054Arabes) , Thaleb
32055Enfin , un autre Arabe
32056[ibid., fol. 209 r°, 2 1 o r°)
32057, Fàres-eddin
32058, portait le
32059surnom analogue de Izz-alarab
32060Je., c’est-à-dire
32061la puissance des Arabes.
32062Page 46. Le mot AL* doit quelquefois s’expliquer d’une manière différente. Comme dans son sens
32063primitif il désigne
32064: La partie supérieure de
32065la pente d'une montagne,
32066il se prend, par extension,
32067pour ce
32068qu'ily a de plus élevé, soit parmi les personnes, soit parmi les choses. On
32069lit dans le Makh-
32070zcn-alinschâ de Hosaïn-Kâschefi (man.
32071pers.
32072qZ,
32073fol. 37 r°)
32074:
32075)J4l
32076Al~J! Ab**J!
32077« Le seigneur
32078«illustre et approuvé de Dieu.» Plus loin
32079(f. 41
32080v°)
32081:
32082^J, Alw
32083Ai~>
32084« Ses discours
32085« sont excellents, et lui-méme
32086se distingue par un mérite éminent. » Et
32087[ibid.)
32088:
32089Alw «La
32090« sommité des êtres élevés. » Plus loin
32091(f. 49 v°), l’auteur parlant des traditions émanées de Mahomet,
32092les appelle
32093: ^Jleî Alw
32094J
32095v^«jOL».|
32096« Les traditions sublimes du plus parfait des êtres élevés. »
32097Ebn-Khaldoun dit, dans un sens analogue [Prolégomènes, fol. 162 v°)
32098: ^JLsuj
320992^ A3
32100^1*J| AJL«
32101« La sommité de la science
32102faillit être anéantie. »
32103Page 83. J’ai admis la leçon Zirâ Jjj, sur l’autorité du Lexique géographique arabe; mais je crois
32104qu’il faut préférer Zizâ
32105. En
32106effet
32107, ce nom
32108est écrit ainsi dans l’exemplaire authographe de la
32109géographie d’Abou’lféda. En outre
32110, dans le Mesalek-alabsar (m. 642, f. 102 v°,
321111 13 v°) et ailleurs, on
32112lit visiblement Jjj. D’ailleurs ,
32113la Notice de fempire [Notilia dignitatum imperii, éd. Labbe, p. 3y)
32114nous apprend qu’un corps de cavaliers Dalmates était campé à Ziza. Or, cette dernière ville est évi-
32115demment la même que celle dont Makrizi et les autres historiens arabes font mention.
32116Page i35. Dans deux passages de Makrizi
32117, où il est question des femmes
32118, j’ai eu tort de traduire
32119le mot L) b*ae
32120par drapeau; car,
32121il désigne un genre de coiffure. On lit dans
32122le Traité de rhétorique
32123d’Ebn-Athir (tom. II, man. d’Asselin 539, ^ 99 v °)
32124:
32125^.^jl
32126« Elles
32127« se parent de coiffures qui ressemblent
32128, pour le volume, à des bosses de chameaux. »
32129Page
321301 4 7
32131• Le mot kasabah
32132ne désigne pas la ville entière du Caire, mais la grande rue qui,
32133suivant le rapport de Makrizi (man. 798, fol. 88 v°), s’étendait depuis le quartier nommé Hosaïniah
32134jusqu’au Mesclihed-nefisi
32135A$.£4!, et comprenait douze mille boutiques. Ce nom
32136existe encore aujourd’hui.
32137Ibid.
32138Le
32139texte
32140porte
32141:
32142<s«jc®
32143^LLLJî ^«1=».
32144, ce qui signifie :« Le sultan
32145, pour observer
32146«les lois de l’étiquette, s’assit à côté de lui. » Le verbe
32147<. O
32148J à la cinquième forme, doit se traduire
32149par
32150: Montrer pour quelqu’un les égards que l’étiquette ou la politesse réclame. On lit dans les Opus-
32151cules de Makrizi (fol. 127 v°)
32152: ^ILLJ!
32153lolj
32154(^jJ!
32155£Aj
32156p)
32157« Il ne fit pas la prière pour
32158« le souverain du Yémen, afin de témoigner son respect pour le sultan. » Dans le Traité de Rhétorique
32159d’Ebn-Athir (tom. I, man. d’Asselin 104,
32160fol. 3i v°)
32161: bSb "^1 à.J.sr4
32162^
32163A**
32164« Ils lui témoignaient leurs égards
32165, en ne quittant point son audience sans sa permission. » Plus loin
32166(fol. io3 v°)
32167: aJJI
32168v
32169ol>
32170v
32171ôbj ^1
32172« Qu’il observe les règles que Dieu prescrit. » Ailleurs (f. 90 r°):
32173v
32174olj
32175.Upl
32176<SJ
32177«Le destin montre pour lui les égards que témoignent les
32178«hommes qui ont pour
32179d’autres le plus d’éloignement.» Dans
32180le Inschâ (man.
32181fol. 321
32182r»)
32183àjw
32184. OUI ^ ÔJ^I
32185à)
32186v
32187Asf, U
32188à) ^JJ
32189l^&AoJ
32190^
32191«Si
32192ce
32193n’est que
32194«l’un est plus âgé que l’autre; et qu’on observe, en lui parlant, les égards qui lui sont dûs.» Dans
32195l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan
32196(fol. 210
32197v°)
32198: jLo U
32199J*
32200^UaLJt
32201lis J* « L’officier ne voulut pas, par politesse, que l’on prononçât son nom, attendu qu’il
p. 279
32202ADDITIONS ET CORRECTIONS.
32203a 5 l
32204«était le même que celui du sultan. « Makrizi, dans sa Description ciel'Egypte (article de XAudience clés
32205khalifes, man. 797, fol. 3 i 8 r°), dit:
32206ï -'-J
32207^
322084*^ j LôU> pl~o
32209.
32210.
32211.
32212ïLis&J |
32213Ls
32214j
32215y
32216l
32217<?*-'
32218!
32219<^y^***A
322201 “
322211
32222- Ce kadi-
32223« alkodat
32224.
32225.
32226. faisait le salut prescrit par l’étiquette, et dont voici la forme. Il élevait sa main droite,
32227« faisait un signe avec son chapelet , et disait d’une voix haute et intelligible
32228: Que le salut soit sur le
32229«prince des croyants, ainsi que la miséricorde et les bénédictions de Dieu. »
32230Quelquefois
32231le verbe
32232v
32233OÎ, à
32234la cinquième forme, signifie
32235: Être
32236instruit,
32237être corrigé; comme
32238dans ce passage du Commentaire de Safadi, sur la lettre d’Ebn-Zeïdoun (m. d’Asselin 3 g 4 ,
32239f. 38 r°):
32240j
32241«Celui qui cherche, en cela, mon intérêt et mon instruction. »
32242wOl à la première forme , a aussi le sens de montrer des égards, de la politesse. On lit dans l’histoire
32243d’Ebn-Khaldoun, (tom. VIII,
32244fol. 3 o 4 v°)
32245: i.**
32246Ij
32247îOjil « Il lui donna, par politesse, une
32248« audience pour lui seul. » Peut-être faut-il lire
32249: Lô'0.
32250Page
322511 89. Le nom de la tribu arabe
32252, dont il est ici question
32253, doit s’écrire , non pas Aid AjL*J t ou
32254Abed
32255mais Aïdli
32256jjlxjl. En effet,
32257Makrizi nous apprend
32258( Opuscules ,
32259fol.
32260204 v°), que
32261les
32262Arabes-^ir/Æ, qui forment une branche de
32263la grande tribu de Djedham
32264occupent
32265l’espace
32266compris entre le Caire et la forteresse d’Akabah- Allah.
32267Page 210. Dans plusieurs passages du manuscrit qui est sous mes yeux, j’ai lu Berki^
32268comme
32269nom ou surnom de l’émir Schems-eddin-Akousch. Mais
32270la véritable leçon est Burunli
32271En
32272effet, voici ce que dit, à ce sujet,
32273l’historien Abou’lmahâsen
32274(Manhel-sâfi
32275tom. II, manuscr. 748,
32276fol. 3 r°)
32277: «L’émir Schems-eddin-Àkousch-ben-Abd-allah-Azizi est connu sous
32278le surnom de Bu-
32279« runli
32280ou Burunlu j\jy. Ces deux mots
32281, qui appartiennent à la langue turque, désignent un
32282«homme qui a un grand nez
32283v
32284» La faute que je signale
32285ici
32286se reproduit dans un certain
32287nombre de passages où
32288le lecteur
32289doit partout
32290substituer
32291à Berki,
32292le surnom
32293Burunli. Dans un
32294autre endroit (pag. 108), le texte
32295portait:
32296A' JA'
32297, et j’ai traduit
32298le
32299Turc-l’Azizi;
32300mais
32301il
32302fallait écrire Burunli-Azizi.
32303Page 21 1. Le verbe
32304signifie, je crois
32305: Se réserver un canton pour y lever des droits. De là
32306vient le substantif himaïah, qui désigne ce genre de contribution. On
32307lit dans les Opuscules de Ma-
32308krizi (fol. 29 r°)
32309:
32310j
32311j
32312Â=LÎ
32313« Us aspiraient à lever les droits, les
32314« présents, et les contributions qu’ils se réservaient. « Dans l’ouvrage de Khalil-Dâheri
32315(f. 260 r°)
32316:
32317j CLjIjLj.s:-!!
32318« La charge d’ostadâr des contributions réservées et des biens
32319«affermés.» Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II,
32320fol. n 5 v°)
32321:
32322fff*".
32323<LoLiaL*J! «Tout l’argent provenant des droits que
32324s’était réservés le sultan,
32325et
32326«qu’avait
32327recueilli Mouwaïad.
32328» Dans
32329les Prolégomènes d’Ebn-Khaldoun
32330(fol. 87
32331r°)
32332:
32333ji
32334j
32335vJk>LjLvar^l
32336« Tout ce qui a rapport aux contributions et aux exactions. »
32337Ibid. Le
32338texte porte
32339hj\S 5y;
32340mais, comme immédiatement
32341après
32342il
32343est question
32344de
32345gar-
32346diens de panthères, je crois qu’il faut lire AOj ! 2>js des fauconniers. Et cette conjecture est confirmée
32347parle texte de Nowaïri. Le mot bâzdârj
32348qui fait au pluriel AjjÎJSjlj (Makrizi, Solouk , tom, I,
32349pag. 982, 983); et bazddr \\$j)
32350, dont le pluriel est ijj]sy
32351( Manliel-sâfi, tom. II, fol. 5 v°) ou
32352(Khalil-Dâheri,
32353folio
323542.55
32355r°;
32356Inschâ,
32357fol. 127 v°; Makrizi,
32358Description
32359de
32360l’Égypte, man.
32361798,
32362fol. 128 r°), désignent un fauconnier.
3236332 .
p. 280
32364ADDITIONS ET CORRECTIONS.
32365262
32366Page 217. Djemâl-eddin-ben-Wâsel, écrivain judicieux, et contemporain de Bibars, nous donne
32367,
32368sur le voyage de
32369ce prince à Alexandrie, des détails circonstanciés, que Makrizi s’est contenté de
32370rapporter par
32371extrait. Suivant l’écrivain
32372(man. non catalogué,
32373fol. 422
32374r° et v°), Bibars,
32375s’étant
32376enfoncé dans le désert, se livra au plaisir de la
32377chasse. Puis
32378il ajoute:
32379« Le
32380sultan,
32381au
32382milieu de
32383« ces amusements
32384, ne laissait pas de se livrer aux soins de l’administration. Toutes ses nuits étaient
32385«consacrées à l’examen
32386des
32387affaires
32388qui concernaient
32389l’islamisme,
32390et
32391à
32392la lecture
32393des
32394dépêches
32395« apportées par la poste.
32396Si un courrier arrivait au lever du soleil
32397,
32398il
32399était congédié avec une ré-
32400« ponse,
32401dès la troisième heure du jour;
32402s’il arrivait à la troisième heure,
32403il était expédié à midi.
32404« Tel était l’ordre que le prince suivait invariablement à toutes les époques. Les courriers recevaient
32405« de
32406lui des robes d’honneur,
32407et
32408autres présents.
32409Il
32410traitait de la même manière
32411les
32412émirs
32413qui
32414« l’accompagnaient à la chasse
32415. Lorsque
32416le sultan eut satisfait
32417le penchant
32418qu’il
32419« avait pour cet exercice,
32420il se dirigea vers Alexandrie. Le Sâlieb
32421( vizir) Behâ-eddin
32422l’y avait
32423de-
32424« vancé,
32425et s’était plu à répandre ses bienfaits sur la population.
32426Il avait distribué à
32427ses
32428frais, une
32429« immense
32430quantité de
32431sucreries au
32432gouverneur,
32433à
32434l’inspecteur de
32435la
32436place,
32437et aux
32438principaux
32439« habitants.
3244011 n’avait pas voulu recevoir d’eux un
32441seul verre d’eau;
32442et
32443lui
32444seul
32445s’était chargé
32446de
32447« toutes les dépenses. Occupé du recouvrement des contributions, et de l’administration des affaires,
32448«
32449il avait montré au plus haut point, dans l’exercice de ses fonctions, des sentiments religieux, du
32450«désintéressement, et des vues pacifiques.
32451Il
32452recueillit en argent des sommes
32453considérables,
32454et,
32455« entre autres objets, quatre-vingt-quinze mille pièces d’argent,
32456quatre-vingt-quinze mille paquets
32457« d’étoffes de différents genres, de
32458robes du Yémen
32459,
32460d’étoffes
32461fines de Venise
32462-XkJ
32463!
32464,
32465de
32466« drap ^T
32467s- rouge
32468et autres; peut-être ne s’en
32469est-il jamais trouvé autant dans les magasins des
32470« plus
32471grands
32472rois
32473:
32474le
32475tout
32476était estimé
32477à
32478cent
32479mille
32480pièces
32481d’or.
3248211
32483recueillit
32484,
32485en numéraire
32486« des sommes incalculables. Et toutefois, personne n’eut à réclamer contre aucune injustice. Aucun
32487« de ceux avec qui
32488le vizir eut
32489à
32490traiter ne
32491reçut un coup de fouet
32492, 11’éprouva une
32493insulte. Les
32494« Francs, malgré leur avarice
32495, malgré l’habitude où
32496ils étaient de
32497se plaindre,
32498témoignaient leur
32499« reconnaissance à cet officier,
32500et faisaient des vœux pour
32501lui. Tout ce qui
32502concernait
32503la
32504ville, sa
32505« position, ses intérêts,
32506les remparts, les fossés
32507, les pauvres,
32508les œuvres pieuses, attira son atten-
32509« tion
32510,
32511et tous les règlements qu’il
32512fit dans cette
32513occasion,
32514étaient de nature à faire bénir
32515le nom
32516« de son maître.
32517« Dès que
32518le sultan fut
32519arrivé dans le voisinage d’Alexandrie,
32520la ville fut décorée de la manière
32521« la plus pompeuse
32522: partout on éleva des tours;
32523les habitants s’empressèrent d’étaler tout ce qu’ils
32524« avaient chez eux,
32525d’armures guerrières ,
32526arcs, cuirasses, casques, palissades, balistes,
32527cottes de
32528« mailles, pour en parer les rues et les places. Car c’est là le genre d’ornement qui convient le mieux
32529« à une place forte. Je vis,
32530ajoute l’historien, une tour magnifiquement garnie d’armes
32531et de ma-
32532« chines;
32533ayant demandé par qui
32534elle
32535avait été construite
32536, on me répondit
32537: elle appartient
32538à un
32539« teinturier de la classe du peuple, et qui a dépensé pour ces armes une somme de deux mille pièces
32540« d'or. En outre,
32541il
32542a chez lui plusieurs soldats
32543qu’il nourrit à ses
32544frais, et qu’il prépare à
32545faire la
32546« guerre aux infidèles. Enfin, on voit chez lui des fourbisseurs et autres artisans, auxquels
32547il paye
32548« des gages,
32549et qui
32550sont chargés de l’entretien de ces armes. Or,
32551ce marchand est un homme à peu
32552« près inconnu
32553,
32554et qui appartient à la plus basse classe du peuple. »
32555Page 219. Suivant les
32556renseignements que je
32557dois à mon savant confrère
32558et ami M. Amédée
32559Jaubert, le mot
32560ou
32561içs?3j), désigne encore aujourd’hui, chez
32562les Turcs
32563: Une pièce d’étoffe
32564quelconque destinée à envelopper des paquets. Ce terme existe aussi dans le langage arabe usité
32565en
32566Egypte; car
32567Jcs-4
32568?
32569désigne un paquet (Voy. Vocabulaire français-arabe, par M. Marcel, pag. 44 *)-
p. 281
32570ADDITIONS ET CORRECTIONS.
325712^3
32572Page 224. Je dois
32573faire observer que la date de l’expédition de saint Louis contre Tunis , et de
32574la mort de ce prince, telle qu’elle est donnée ici
32575,
32576est complètement
32577fautive.
32578Page 225 . Je ne dois pas dissimuler que, parmi les ouvrages qui sont sous mes yeux, plusieurs
32579offrent, au lieu de
32580, la leçon
32581: ce qui donne également un fort bon sens. En effet, le
32582mot
32583bereh, signifie bagage. On
32584lit dans
32585le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. IV,
32586fol. 176 v°)
32587: L*
32588v^5'y) j
32589j JL»
32590\
32591« On prit tout ce qui était resté en arrière ,
32592.
32593.
32594. argent, ani-
32595«maux, bagages. » Et plus loin (fol. 191 r°)
32596:
32597j iJU
32598« On vendit ses biens et ses bagages.
32599»
32600Dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (m. 663 ,
32601f. 47 v°):
32602«Les
32603« étoffes
32604, les bagages
32605, et tout ce qui était nécessaire pour les chevaux. » Plus loin (f. 197 v°)
32606: vjuïs-
32607Jjli
326083
32609j
32610“ Elle
32611fit le pèlerinage avec une extrême magnificence,
32612« faisant porter des meubles somptueux et un énorme bagage. » Dans le Manhel-sâfi du même écri-
32613vain (tom. III, man. 749, fol.
32614i 52 v°)
32615: JjL*
32616j
32617J
32618JL* j SJjlj
32619ïjÿ
32620<0
32621«11 avait une extrême opulence, des
32622trésors
32623considérables,
32624des armes nombreuses,
32625et d’énormes
32626"bagages. » Dans YHistoire d'Égypte d’Ebn-Aïas
32627(t. Il,
32628fol. 33 )
32629:
32630IjjSi^x} !
32631».
32632a^j
32633l.*
32634« Tout ce qui avait été pillé, bagages et armes. « Ailleurs (fol. 55 )
32635: dfy j
32636w\Â.Î
32637J « On prit son arsenal
32638, ses mamlouks, ses bagages
32639, ses étoffes
32640; et
32641il sortit de
32642«sa maison.» Plus loin
32643(fol.
32644121)
32645: jilJU lyJ&’j àS’y
32646v ^ «On
32647pilla
32648ses bagages, et tout
32649ce qu’il
32650« possédait. » Fol. 140
32651:
32652sjfy ^ U .X4&
32653»11 ne nous resta ni bagages, ni armes.»
32654Fol. 288
32655:
32656y
32657^.Ll
32658(>
32659^*)f)
32660« Les Arabes pillèrent la queue de ses bagages. » Ailleurs
32661(man. 689, fol. 3 i v°)
32662: {Jjf.j
32663I»l3 l J.3 ^jliaLJI
32664«Le sultan lui avait donné des bagages
32665« et des provisions. » Fol. 44 r°
32666: aJy<L O-kAÎ 3
32667y
32668Ss « Ses bagages avaient été pillés, et ses
32669« chevaux enlevés.
32670» Fol. 49 r°
32671:
32672j àÉy
32673«On pilla ses bagages et ses étoffes. »
32674Page 227. On lit dans un passage de l’histoire d’Ebn-Khaldoun (t. VIII,
32675f. 4 10 v°)
32676: ïAj) ^
32677<Xs&
32678« Il enveloppa pour eux son drapeau, que l’on désigne par le nom de schâliscli.
32679»
32680Dans YHistoire d Alep (man. 728,
32681f.
326821 52 v°) A.JJUÜ !
32683I
32684« 11 envoya les soldats de l’avant-garde.
32685»
32686Pag. 243. Au lieu du mot
32687on
32688lit
32689:
32690^=*.1^3, dans la Vie de Bibars, par Nowaïri (fol. 24 v°).
32691Ibid. Le mot
32692employé comme désignant un genre d’ornement , se
32693trouve aussi dans la
32694Vie
32695de Bibars, par Nowaïri (fol. 24 v°)
32696:
32697àla^î. Dans
32698le Roman d’Antar (tom. IV, fol. 23 v°), on
32699lit
32700: ^
32701J!
32702ïia'ilt
32703,
32704« On plaça
32705les croissants sur
32706le bout des lances. » Ce mot rap-
32707pelle ces croissants D^'inur , qui servaient de parure aux femmes (Isaïe
32708, III, 18), et dont les Madia-
32709nites ornaient le cou de leurs chameaux {Juges , VIII ,21, 26).
32710Ibid. Au
32711lieu du mot ^^Ljars., M. Marcel croit qu’il faut
32712lire
32713:
32714, et voici la note qu’il a
32715bien voulu me commmniquer
32716:
32717« Je crois me rappeler que
32718khetlarn ,
32719signifiait au Caire, un
32720«frontail ,
32721c’est-à-dire, un ornement de
32722la têtière du harnais, composé d’anneaux , ou de petites
32723« plaques métalliques ,
32724qui font un cliquetis quand
32725le cheval remue la tête. On
32726place aussi de ces
32727« écailles sonores à la partie antérieure de la bride, et on en suspend à la gourmette. »
p. 282
32728ERRATA.
32729i4,lign.
3273034 , çJS a
32731, liSCZ
32732• 3JÙ.
3273316,
3273423 ,
32735lisez
32736p. 5 ,
3273718,
32738lisez
327392 7 >
3274016, Ç>AÜ-j, lisez çjJù:
3274134 ,
3274210,
32743, lisez
32744•
3274535 ,
3274626,
327471
32748,
32749lisez
3275042,
3275136 , ^!, lisez
32752io3 ,
3275335 ,
32754lisez
32755io 5 .
3275625 , ~TJ, Usez tpy.
32757i 47 »
327583 o,
32759!
327603.
32761!^JaJ
32762!
32763,
32764lisez
32765i 53 ,
3276632 , U.O, lisez^ Lj J .
32767i 54 ,
3276823 ,
32769, lisez
32770i57,
32771]. dernière, este/ «y?., lisez
32772(ap.
32773160, lign.
3277418,
32775,» .Xsr'-"' 1 , lisez
32776161,
32777* 9 ,, L&Uaal, lisez CL^Uaâl.
32778164,
32779aJU
32780,J.a9
32781, lisez aJ*
32782187,
3278322,
32784lisez
32785187,
327863 o, Ails-
327871
32788!, lisez Ailcs^l.
32789198 »
3279020,
32791lisez
32792208,
3279338 , vl>î^lftà.î, lisez
32794214,
32795IO, peut-têre, lisez peut-être.
p. 283
32796HISTOIRE
32797DES
32798SULTANS MAMLOUKS
32799DE L’ÉGYPTE,
32800ÉCRITE EN ARABE
32801PAR TAKI-EDDIN-AHMED-MAKRIZI,
32802TRADUITE EN FRANÇAIS,
32803ET ACCOMPAGNÉE DE NOTES PHILOLOGIQUES, HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES,
32804PAR
32805M. QUATREMÈRE,
32806MEMBRE DE l’aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.
32807TOME PREMIER.
32808DEUXIÈME PARTIE.
32809PARIS,
32810PRINTED FOR THE ORIENTAL TRANSLATION FUND
32811OF GREAT BRITAIN AND IRELAND
32812:
32813SOLD BY A.
32814J. VALPY, A. M. LONDON;
32815and BENJAMIN DUPRAT, rue du cloître saint-benoît,
32816n° 7,
32817PARIS.
32818M DCCC XL.
p. 284
32819y
32820:
32821.
32822'
32823»
32824'
32825-
p. 285
32826HISTOIRE
32827DES
32828SULTANS MAMLOUKS
32829,
32830PAR MAKRIZI
32831DEUXIÈME PARTIE.
32832>
32833r-
32834Bi
32835».
32836SUITE DU
32837RÈGNE
32838DU SULTAN MELIK-DÂHER-ROKN-EDDIN-BIBARS-
32839(,ou BEÎBARS) BONDOKDÂRI.
32840Au mois de Moharrem
32841, Melik-Dâlier partit du château de la Montagne pour
32842NA“
32843prendre
32844le plaisir de la chasse. Après avoir séjourné dans la ville de Wasim,
32845il ^63
32846se rendit à Abbassah, où
32847il s’exerça à tirer l’arquebuse
32848Là, plusieurs per-
32849sonnes vinrent se faire reconnaître du sultan; de ce nombre était l’émir Fakhr-
32850eddin-Othman
32851,
32852fils de Melik-Moughith, prince de Karak. Cependant, on reçut
328533 1 g
32854la nouvelle que
32855les Tatars étaient venus mettre le siège devant Birali. Aussitôt,
32856le sultan fit partir, sur les chevaux de la poste,
32857l’émir Bedr-eddin, le khazindar
32858L
32859(deuxième partie.)
32860I
p. 286
328612
32862HISTOIRE DES SULTANS M AM LOUKS.
32863(le trésorier), avec ordre de mettre en campagne quatre mille cavaliers, choisis
32864parmi les troupes de
32865la Syrie. Lui-même, quittant le lieu où
32866il était, se rendit
32867au château de
32868la Montagne, et y séjourna une seule
32869nuit. Les chevaux
32870étaient
32871alors au vert. Le sultan désigna, pour commander ses armées, l’émir Izz-eddin-
32872Igan, surnommé Semm-alarab
32873(le poison des Arabes.)II lui adjoignit les
32874émirs Faklir-eddin-Hemsi,Bedr-eddin-Bilik-Idmori, Ala-eddin-Kestegodi-Schemsi
32875et quelques
32876autres; sous
32877ses
32878ordres
32879étaient
32880des
32881soldats
32882de
32883la
32884halkah
32885, au
32886nombre de quatre mille cavaliers. Ce corps partit en hâte de la ville du Caire, le
32887quatrième jour du mois de Rebi-premier. D’après les ordres du prince, les émirs
32888Djemâl-eddin-Mahmoudi, Djemâl-eddin-Idgodi-Hâdjebi, accompagnés également
32889de quatre mille soldats, se mirent en marche, deux jours après le départ de
32890l’é-
32891mir Izz-eddin-Igan
32892, et vinrent camper en dehors du Caire.
32893Le dixième jour du même mois,
32894ils continuèrent leur route. Le sultan, ayant
32895voulu se trouver en personne à cette expédition, partit du Caire,
32896le cinquième
32897jour du
32898mois de Rebi-second, à la têle d’une armée nombreuse. La
32899mortalité
32900s’étant mise parmi les bêtes de somme, en
32901fit périr un grand nombre; et
32902les ri-
32903chesses qu’elles portaient restaient sur la route. Le sultan ne ralentissait pas sa
32904marche. Lorsqu’on
32905se plaignait à lui de la disette des bêtes de charge,
32906il répon-
32907dait
32908: « Je ne m’occupe point ici des chameaux; je ne songe qu’à la défense de
32909« l’islamisme. »
32910Étant venu camper à Gazali, le vingtième jour du mois,
32911il apprit que l’ennemi
32912avait dressé contre la ville de-Birah dix-sept machines de guerre.
32913Il eut soin de
32914cacher cette nouvelle, et n’en donna connaissance qu’à l’émir Scliems-eddin-Son-
32915kor-Roumi,
32916et à
32917l’émir Seif-eddin-Kelaoun.
32918Il écrivit à l’émir Igan
32919: « Puisque
32920« vous n’êtes point encore arrivé à Birali, je vais m’y rendre en personne
32921, à
32922la
32923« tête d’une troupe légère. »
32924Il partit en effet de Gazah,
32925et vint camper près de
32926Saïda. Étant allé à la chasse,
32927il tomba de cheval, et se meurtrit le visage. Mais
32928il
32929brava la douleur, et continua sa marche.
32930Il vit arriver auprès de lui le châtelain
32931de Jafa
32932, qui lui offrit des présents. Il arriva à Bana le vingt-sixième jour du même
32933mois; tandis qu’il était à prendre un bain dans sa tente,
32934la poste arriva de Da-
329357
32936mas. Le prince, sans attendre un instant, sans se donner le temps de couvrir sa
32937nudité, se
32938fit lire la lettre. Elle disait qu’on avait reçu une dépêche portée par
32939un pigeon üLkj
32940, et envoyée par Melik-Mansour, souverain de Hamah
32941, annon-
32942çant que ce prince était arrivé à Birah, avec les troupes
32943, et accompagné de l’émir
32944Izz-eddin-Igan et de quelques autres émirs, le lundi précédent; que les Tatars, à
p. 287
329453
32946an 663 (i2Ô4).
32947IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
32948la vue de l’armée du sultan
32949, avaient pris la fuite
32950, détruit leurs machines, et sub-
32951mergé leurs barques. Entre l’époque où cette dépêche avait été écrite à Birah, et
32952le moment de son arrivée à Bana,
32953il s’était écoulé quatre jours. Bientôt après,
32954des lettres adressées par les émirs, confirmèrent ces nouvelles, qui furent trans-
32955mises au Caire et ailleurs. L’émir Sârem-eddin-Bektasch-Zâliedi mourut devant
32956Birah, laissant une fortune immense et une fille unique. Le sultan ordonna que
32957l’héritage lui fut adjugé tout entier, sans que personne en pût revendiquer
32958la
32959moindre part. Il enjoignit de rebâtir, dans la ville de Birah, tout ce que l’ennemi
32960avait détruit. Il y fit transporter de l’Egypte et de la Syrie, des machines de guerre,
32961des armes
32962, et déposer dans la place tout ce qui pouvait être utile à la population,
32963pour soutenir un siège de dix ans (i). Il écrivit aux émirs et au prince de Hamah,
32964pour leur ordonner de rester à Birah, jusqu’à ce que le fossé fût complètement
32965débarrassé (a) des pierres que l’ennemi y avait amoncelées. En conséquence
32966, et
32967durant quelque temps, les émirs transportaient eux-mêmes les pierres sur leurs
32968épaules. Ils en informèrent le
32969sultan. Ce prince, lorsqu’il
32970reçut cette dépêche,
32971était debout sur le rempart de Kaisariéh
32972, travaillant en personne à la démolition
32973de ce mur, et tenant un instrument tranchant ÜsLLâ (3). Il s’était fait une blessure
32974à la main (4), cequine l’empêcha pas d’écrire une réponse, conçueen ces termes:
32975« Grâce à Dieu
32976, nous ne nous distinguons point de vous par l’oisiveté et
32977le
32978« repos
32979; et l’on ne peut pas dire que vous soyez dans la détresse, tandis que nous
32980« nous trouvons dans l’aisance. Chacun de nous est nuit et jour occupé à faire
32981« la guerre, à transporter des pierres, et à surveiller les démarches des infidèles.
32982« Nous partageons tous également ces travaux". » Le sultan écrivit au Caire, pour faire
32983venir deux cent mille pièces d’argent et deux cent robes d’honneur.
32984Il demanda
32985à Damas cent mille pièces d’argent et cent robes. Le tout fut, par son ordre
32986, en-
32987voyé à Birah. Le prince manda à l’émir Igan de
32988faire venir en sa présence
32989les
32990habitants de
32991la forteresse de Birah, et de revêtir d’une robe chaque membre de
32992cette population
32993, émir, subordonné, soldat, homme du peuple, et de donner à
32994chacun une gratification en argent, et de n’oublier personne, pas même les gardiens
32995(1) Je lis
32996au lieu de
32997(2) Je
32998lis
32999v
33000àixJ, au lieu de
33001(3) Le mot Üellai désignant un pic ou un autre instrument tranchant
33002se trouve dans un passage
33003de la Conquête de Jérusalem (man. arab. 714, fol. 286 v°), où on lit
33004: wjLsLL-3
33005I
33006« Il employa l’acier, pour fabriquer des pics. »
33007(4) Je
33008lis ïJj
33009JJ, au lieu de
33010.
33011I.
p. 288
330124
33013HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33014et les hommes préposés à l'éclairage (5)^31
33015Tout cela fut ponctuellement
33016exécuté. Bientôt après
33017,
33018le sultan envoya en Égypte un ordre qui enjoignait de
33019( 5 ) Suivant le témoignage de Makrizi (Description de VÉgypte
33020,
33021tom.
33022I,
33023inan. 797,
33024fol.
330254 o 5
33026r°),
33027ce mot »^Jî
33028sT
33029désigne les hommes appelés autrement ï'ifrlw. M.
33030Silvestre de Sacy a parlé
33031des Maschaëlis (Chrestomathie arabe, tom. I, pag. 201, 202); je dois aussi entrer, à cet égard, clans
33032quelques détails.
33033L’histoire
33034d’Égypte,
33035à l’époque des deux dynasties des Sultans mamlouks,
33036fait mention d’une
33037classe d’hommes appelés Maschaëlis
33038sur l’origine desquelles écrivains orientaux ne nous
33039donnent aucun
33040détail,
33041et qui remplissaient exclusivement les professions les plus
33042ignobles. Eux
33043seuls étaient chargés de curer les puits, les bains, les
33044fossés, les latrines; et, en cette qualité,
33045ils
33046payaient au fisc une redevance (Makrizi, Description de l’Égypte,
33047t.
33048I
33049, m. 797,
33050fol. 63 v°
33051; Âbou’lma-
33052hâsen, man. 663 ,
33053fol. 83 ). Au rapport de Soïouti (m. ar.
33054i 568 ,
33055fol. 209 v°), un kadi de Postât, dont
33056la mule était morte,
33057fit venir les Maschaëlis
33058pour emporter l’animal, et
33059le jeter hors de la
33060ville. Ils exerçaient
33061les affreuses fonctions de bourreaux;
33062et leurs talents, en ce genre, ont mérité
33063le triste avantage d’être continuellement cités par les historiens de l’Égypte (Makrizi, m. 673, f. 4691’°;
33064Abou’Imahâsen, m. 667,
33065f. 83 v°
33066; Ebn-Aïas, m. 696 A
33067,
33068t. Il
33069,
33070f.
330711 54 v°, 169 v°, 162 v°, 188, 189 r°
33072;
33073Mille et une Nuits,
33074t. II, p. 182,
33075i 83 ). On lit dans l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (m. ar. 687,
33076f. 66 r°):
33077'
33078a7^’j
33079Lsj
33080iJUj
33081«On leur coupa
33082le cou,
33083et
33084leurs
33085têtes furent pro-
33086« menées par les Maschaëlis.» Au rapport d’Ahmed-Askalâni (tom. II, man. arab. 667, fol.
330871 5 5 v°),
33088« un émir ayant été condamné à avoir la langue coupée, un Maschaëli, chargé d’exécuter l’arrêt, le
33089« fit avec peu de rigueur
33090:
33091<0
33092Nonseulement ils exécutaient les sen-
33093tences capitales; mais, lorsqu’un homme était condamné à se voir promené ignominieusement dans
33094les rues, cloué sur une planche que portait un chameau,
33095les Maschaëlis marchaient devant le cri-
33096minel, en criant
33097:
33098Voilà la juste punition de ceux qui se récoltent contre
33099l'autorité du sultan (Ebn-
33100Aïas, Histoire d’Égypte, manuscr. ar. 5 g 5 A, Jt.
33101II, fol. 25 ). Ils faisaient le métier de crieurs publics
33102(man. 673,
33103fol. 38 i
33104r°, 456 v°, man. 5 g 5 A, tom. II, fol.
33105io 3 v°, 146 v°, 248 v°). Nous les voyons,
33106dans une circonstance, chargés de parcourir
33107la ville durant la nuit, et de
33108faire entendre, à haute
33109voix, une défense adressée à tous les habitants de sortir de leurs maisons avant le jour (m. 5 q 5 A, t. II,
33110f.
331111 4). C’étaient eux qui
33112, lorsqu’un traité de paix avait été signé, en proclamaient l’annonce dans tous
33113les quartiers de la capitale; et ce
33114fait a droit d’étonner. Car, la paix doit être pour toute une po-
33115pulation un événement heureux qui répand partout
33116la joie
33117et le bonheur; comment pouvait-on
33118choisir, pour annoncer une pareille nouvelle, les hommes qui, dans
33119la société, occupaient
33120le rang
33121le plus infime
33122, la position
33123la plus dégradante.
33124D’après
33125ces fonctions que remplissaient
33126les Maschaëlis, et qui
33127sont complètement analogues
33128à
33129celles qu’exercent encore aujourd’hui dans l’Orient
33130les Bohémiens, j’avais toujours pensé que
33131les
33132deux noms désignaient une seule et même classe d’individus; et une circonstance essentielle vient,
33133si je ne me trompe, confirmer mon
33134opinion. Les Maschaëlis
33135tiraient leur nom d’un instrument
33136appelé rnaschal
33137dont
33138ils se servaient exclusivement. Au rapport de Vansleb
33139(Relation de
33140l’Égypte
33141, pag.
3314235 o,
331433
331441 ) ,
33145le mot maschal désigne un fanal de campagne, que
33146l’on porte
33147la nuit,
33148pour éclairer une caravane. M. Villoteau (Mémoires sur la musique de l’Egypte
33149pag. 709)
33150, dit que
p. 289
33151IV. MELIK-DAHER-B 1 BARS.
331525
33153an 663 (1264)-
33154*
33155proscrire l’usage de la bière^1 (6), de supprimer entièrement cette liqueur, de dé-
33156truire les maisons destinées à la vendre, de briser les instruments qui servaient à
33157c’est une espèce de réchaud. On lit rnachallah dans
33158l ’Histoire de la régénération de la Grèce, de M. Pou-
33159queville (t. II, p.
33160245). Je vois cet instrument indiqué dans un passage de Khalil-Daheri
33161(f. 294 v°),
33162où nous lisons « qu’un émir, ayant mérité la colère du sultan, on lui mit la tète dans un maschal, et on
33163le promena ainsi dans les rues du Caire. » On
33164lit dans une Histoire d’Égypte (man. ar. 689,
33165f. 69 r°)
33166:
33167JjtlAdî j
33168Jw>! A3
33169« Devant lui étaient les lanternes et les maschal.
33170» Suivant le récit d’Abd-
33171errazzak [Matla-assaadeïn ,
33172fol. 75 v°), lors de la prise d’Isfahan, par les troupes de Schah-rokh,
33173l’armée alluma sur les remparts un grand nombre de maschal
33174:
33175j~>y
33176j‘==z.é5
33177îO£
33178J L-J
33179j Los»
33180. Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (t. VIII,
33181f. 24 r°):
33182« Devant eux étaient des flambeaux et des maschal
33183, que portaient
33184«des cavaliers.» Dans le
33185Voyage d’Ebn-Batoutah (man. de la
33186Bibliothèque du Roi,
33187fol.
3318812
33189v°)
33190:
33191Sby
33192« On allume le maschal. » Plus loin
33193(fol. 32 r°)
33194:
33195^>Ld
33196j
33197«Les
33198« flambeaux et les maschal étaient portés devant les litières.
33199» Ailleurs
33200(f. 39 r°)
33201:
332021§jJü
33203Üljjb «Devant elles étaient les maschal
33204, portes sur de longues piques. » Et (ibid.) dans
33205la description d’un enterrement: J^La4 (
33206L^-sLalj l^Abk ÎjJJjI Ss «On portait devant et derrière
33207« des maschal allumés. » Or, j’ai appris d’un de mes confrères, M. Pouqueville, que le maschal est
33208encore
33209aujourd’hui, dans
33210toute
33211la Turquie, l’attribut distinctif des Bohémiens,
33212et fait une partie
33213essentielle de leur mobilier. C’est une sorte de réchaud, auquel on adapte un long manche, et que
33214l’on emplit de bois résineux, pour servir à l’éclairage public. Les Bohémiens l’emploient aussi comme
33215un piège pour prendre des oiseaux. Enfin,
33216il devient, dans certains cas, un instrument de supplice.
33217Après
33218l’avoir
33219fait
33220rougir,
33221on
33222l’enfonce sur la
33223tète du
33224criminel, autour
33225de laquelle on
33226le
33227serre
33228fortement.
33229Ce rapprochement
33230caractéristique,
33231forme,
33232si je
33233ne me
33234trompe, une preuve bien
33235forte pour
33236l’opinion que j’ai émise relativement à l’identité des Maschaëlis^et des Bohémiens. Peut-être l’habi-
33237tude qu’ont ces hommes de porter habituellement un fanal ou réchaud,
33238a-t-elle donné naissance à
33239la dénomination noutvar
33240qu’ils portent dans la Syrie (Burckhardt, Travels in Syria, p. 240; Schultz,
33241Der leitungen des hœchsten
33242t. IV, p. 283, 299; V, p. 5, 53, 225, 236, 25 i), et
33243qui dérive de
33244la
33245même racine que les mots signifiant le feu et la lumière.
33246Comme dans l’Orient rien ne change, rien ne se modifie,
33247il est à croire que les professions viles,
33248exercées aujourd’hui parles Bohémiens,
33249étaient remplies par eux, dans
33250des temps plus reculés.
33251Ainsi, en parcourant l’histoire de l’Orient, nous trouvons, à la cour de chaque khalife, de chaque
33252souverain, un bourreau en titre, désigné par les noms de saïiaj
33253v
33254jL
33255, djallad
33256On peut pré-
33257sumer que cet homme, chargé d’exécuter les sentences de la justice, et plus souvent de satisfaire la
33258vengeance ou la cruauté d’un tyran
33259, était pris , comme de nos jours
33260, parmi les Bohémiens.
33261D’un
33262autre
33263côté,
33264il
33265existait
33266en Égypte, à l’époque de
33267la
33268dynastie
33269des
33270Fathimites, une race
33271d’hommes appelés Rémadis hf L>j
33272, qui montraient
33273les mêmes goûts,
33274les mêmes inclinations, que
33275l’on observe chez les Bohémiens. Nous apprenons de l’historien des Patriarches d’Alexandrie que?
33276dans une circonstance, les Rémadis avaient volé les poutres qui formaient la charpente d’une église
33277du Caire (manuscrit arabe,
33278140, pag.
3327992). Pendant une fête qui eut
33280lieu dans
33281cette capitale,
33282les
33283Rémadis, au rapport de Makrizi
33284( Description de l'Égypte,
33285tom.
332861
33287, man.
33288797,
33289fol. 164 v°
33290, par-
p. 290
332916
33292HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33293sa fabrication
33294,
33295et de rayer entièrement des registres financiers les droits prove-
33296venant de cette denrée. Ceux qui avaient un revenu assigné sur cet objet, devaient
33297recevoir, en
33298échange, un dédommagement, pris sur des fonds dont la percep-
33299tion était licite. Tout cela fut exécuté. Ceux qui touchaient des sommes assignées
33300sur la bière, reçurent d’autres allocations.
33301Le sultan , après le départ des différents corps d’armée
33302, quitta la ville d’Aoudja
33303et se mit en marche pour aller chasser dans la forêt d’Orsouf (y).
33304Il manda aux
33305émirs que ceux qui voudraient prendre
33306le divertissement de la chasse, n’avaienl
33307qu’à se présenter. En effet, cette forêt était remplie d’animaux sauvages. Le prince
33308318 poursuivit sa route jusqu’auprès d’Orsouf et de Kaisariéh; et, après avoir contem-
33309plé ces deux places ,
33310il regagna sa tente. Il trouva que les bois destinés pour les
33311machines étaient déjà arrivés, avec
33312l’arsenal
33313Il donna ordre de dresser
33314et de fabriquer un grand nombre de machines. Lui-même,
33315assis au milieu des
33316ouvr iers
33317, les excitait au travail. Dans l’espace d’un jour , on éleva quatre grandes
33318machines, sans compter les petites.
33319Le sultan écrivit aux gouverneurs des diverses forteresses, pour demander des
33320machines de guerre, des ouvriers, des tailleurs de pierre. Les soldats reçurent
33321ordre de fabriquer des
33322échelles. Le prince alla camper dans
33323le
33324voisinage des
33325sources d’Asawir
33326qui font partie de la vallée de Arali et Ararah ^
33327couraient
33328les rues de la ville , montrant des figures , des ombres chinoises , faisant toutes sortes de
33329boufonneries et de
33330récits grotesques,
33331qui
33332réjouissaient extrêmement
33333la multitude,
33334et même
33335les
33336hommes élevés en dignité.
33337Comme, parmi les tribus arabes, je n’en trouve aucune qui
33338ait porté le nom de Rémadis 2oL<>j
33339,
33340comme, d’ailleurs, le métier de bateleur est un de ceux que les Bohémiens exercent, dans l’Orient,
33341d’une manière exclusive, on peut,
33342si je ne me trompe, regarder les Rémadis comme faisant partie
33343de ce singulier peuple. Aujourd’hui, encore, au Caire, les Rémadis font le métier de chiffonniers.
33344Les Aimés
33345, ou danseuses publiques, sont encore, aujourd’hui, des Bohémiennes. Je crois donc
33346pouvoir présumer que cette joueuse de tymbales, si célèbre, dont parle Makrizi, et qui avait donné
33347son nom à un terrain voisin du Caire, appartenait à la même nation.
33348(6) Le mot mezr ^y> désigne une bière faite avec du froment. C’est ce qu’atteste Maknzi, qui
33349s’exprime en ces termes ( Description de l’Égypte ,
33350t. 1, man. 797,
33351f. 3oi v°)
33352:
33353I jji !
33354! « Ils boivent la bière blanche extraite du froment. « Dans l’ouvrage intitulé Halbat-
33355alkoumaït (man. ar. i566.
33356fol.
33357l\ v°), le mot^y.* est expliqué par
33358«Levin de froment.
33359»
33360Dans YAnthologie arabe de Soïouti (man.
33361ar. i568, fol. 210 r°), le terme jfy» indique celui qui fa-
33362brique ou qui vend cette sorte de bière.
33363(7) Je lis
333641
333652a l&, au lieu de 2jL& et de 2a L&
33366, qu’on
33367lit à
33368la ligne suivante. On peut voir,
33369sur la ville d’Orsouf, Abulfeda, Tabula Syrien, pag. 81.
p. 291
33370IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
333717
33372an 663 (1264).
33373tjZjs. j tj\* ^!j. Après la dernière heure du soir, toutes les troupes, en vertu du
33374commandement qu’elles avaient reçu,
33375s’armèrent complètement. Le prince
33376se
33377mit en marche
33378, à l’extrémité de la nuit, et se dirigea vers Kaisariéh. Il arriva sous
33379les murs de celte place, le matin du jeudi, neuvième jour de Djoumada-premier
33380surprit
33381les habitants qui ne s’attendaient point à cette attaque, et donna à ses
33382troupes le signal du combat. Aussitôt, les soldats se jetèrent dans le fossé. Us pri-
33383rent les piquets de fer destinés pour les chevaux, ainsi que
33384les brides, et
33385s’en
33386servant comme d’échelles,
33387ils montèrent de toutes parts. En même temps, des
33388machines de guerre battaient la place. Les musulmans, après avoir mis
33389le
33390feu
33391aux portes, pénétrèrent dans la ville. Les habitants se réfugièrent dans la citadelle,
33392qui portait le nom de Khadrâ
33393(la verte), et était une des plus belles et
33394des plus fortes places de guerre. Les Francs y avaient transporté des colonnes de
33395granit, qu’ils avaient placées en
33396travers dans
33397le corps des murs, de manière
33398à
33399ce qu’ils n’eussent rien à craindre de la sappe, et ne pussent pas tomber, lorsqu’ils
33400seraient minés. Les attaques
33401et les assauts
33402se succédaient sans interruption. La
33403place était battue continuellement par le jeu des machines, des balistes et une
33404grêle de flèches. Cependant un corps de troupes
33405, détaché de l’armée du sultan
33406,
33407se porta vers Baïsan,
33408sous
33409la conduite de
33410l’émir Schehab-eddin-Kaïmeri. Une
33411troupe d’Arabes et de Turcomans s’avança jusqu’aux portes d’Akka, et fit prison-
33412niers un grand nombre de Francs. Le siège de la citadelle de Kaisariéh se conti-
33413nuait avec vigueur. Le sultan avait établi son poste au sommet d’une église, située
33414vis-à-vis cette place, afin d’empêcher les Francs de monter au haut des remparts
33415de la forteresse. Quelquefois
33416il se mettait en marche, monté sur une de ses ba-
33417listes que des roues faisaient mouvoir, et s’avançait jusqu’au mur, afin d’inspec-
33418ter par lui-même l’état des mines. Un jour, s’étant armé d’un bouclier,
33419il combat-
33420tit avec courage, et ne quitta
33421la place qu’au moment où son bouclier
33422fut criblé
33423de flèches. Enfin,
33424le jeudi, quinzième jour du mois de Djoumada-premier,
33425les
33426Francs offrirent de rendre la citadelle, avec tout ce qu’elle renfermait. Bientôt les
33427musulmans escaladèrent les remparts, brûlèrent les portes, entrèrent en foule
33428par le haut et le bas des murs. De là, on appela les musulmans à la prière du matin.
33429Le sultan monta vers la citadelle, accompagné des émirs.
33430Il partagea la ville (8)
33431(8) Notre auteur, à l’exemple
33432de
33433plusieurs autres historiens arabes, emploie souvent le verbe
33434/
33435/(
33436dans
33437le sens de partager
33438les murs d’une place de guerre , en
33439assigner une portion à chacun
33440des émirs, afin de hâter les travaux de démolition. Si je ne me trompe, c’est ainsi qu’il faut entendre
33441le verbe dividere, dans ce vers de Virgile
33442(Æneid., lib.
33443II
33444,
33445v. 234)
33446:
33447Dividimus muros et inœuia paudimus urbis.
p. 292
334488
33449HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33450entre les émirs
33451, les mamlouks, les soldats de la halkah, et l’on commença aus-
33452sitôt à détruire
33453la
33454place. Le
33455prince
33456descendit,
33457tenant en main
33458une
33459pioche,
33460et travailla en personne à la démolition. Elle était presque consommée, lorsque
33461le sultan
33462fit partir les deux émirs Sonkor-Roumi et Seïf-eddin-Mostarab, à la tête
33463d’un corps de troupes. Ils ruinèrent une place qui appartenait aux Francs, située
33464319
33465Pr^s de Melouhah
33466, dans le voisinage de Damas, et qui était extrêmement
33467forte (g).
33468Ils la rasèrent en entier.
33469Le vingt-sixième jour du même mois, le sultan envoya un détachement vers
33470Athlith
33471Par son ordre, les émirs Sonkor, 1esilahddr, Izz-eddin-Hamawi , et
33472Sonkor-Alfi, marchèrent du côté de Haïfa LL».. Au moment de leur arrivée, les
33473Francs abandonnèrent la place,
33474et
33475se réfugièrent sur leurs vaisseaux. Les émirs
33476entrèrent dans
33477la ville, après avoir massacré un grand nombre de Francs et
33478fait
33479beaucoup de prisonniers. Dans l’espace d’un seul jour,
33480ils ruinèrent la
33481ville et
33482la citadelle,
33483et brûlèrent les portes. Après quoi, ils retournèrent sains et saufs
33484,
33485emmenant avec eux des captifs
33486, des
33487têtes et un riche
33488butin. Le sultan s’étant
33489transporté à Athlith, donna ordre de démanteler complètement cette ville, et de
33490couper les arbres. Ils furent tous abattus , et les bâtiments démolis , dans l’espace
33491d’un seul jour. Le sultan regagna sa lente, qui
33492était placée
33493à Kaisariéh,
33494et
33495fit
33496compléter
33497la démolition de cette
33498ville
33499, en sorte qu’il n’en resta pas le moindre
33500vestige. Cependant, on vit arriver des machines de guerre qui venaient de Sou-
33501baibah, et un arsenal envoyé de Damas. En même temps, plusieurs Francs vinrent
33502présenter leur hommage au sultan,
33503qui
33504les
33505accueillit avec distinction,
33506et leur
33507concéda des propriétés territoriales.
33508[je vingt-neuvième jour du même mois, ce prince partit de Kaisariéh, et se mit
33509en marche, sans que personne sût vers quel point il se dirigeait.
33510Il vint camper
33511sous les murs d’Orsouf, le premier jour du mois de Djoumada-second.
33512Il y
33513fit
33514transporter les pièces de bois qui étaient amoncelées dans les environs, et
33515for-
33516maient comme de vastes montagnes.
33517Il
33518les employa à fabriquer des palissades
33519Il
33520fit creuser deux mines qui s’étendaient depuis le fosse delà ville jusqu à
33521celui de
33522la citadelle, et qui
33523furent recouvertes d’un toit de planches. La garde
33524de l’une de ces mines fut confiée à plusieurs émirs
33525, savoir
33526: Sonkor-Roumi, Bedr-
33527eddin-Baïsari, Bedr-eddin
33528le khazindar (le
33529trésorier), et Schems-eddin-Aldekiz-
33530Karki
33531,
33532et autres. La seconde mine fut
33533confiée aux
33534émirs Seïf-eddin-Kelaoun
33535,
33536Alem-eddin-Halwa-a/Æeôô’ , Seïf-eddin-Kermoun
33537,
33538et
33539autres.
33540On
33541pratiqua
33542un
33543(9 ) Le texte porte a.oL
33544je lis
33545, comme dans
335461 ouvrage de Nowairi.
p. 293
33547IV. MELIK-DAHER BIBARS.
335489
33549a if 663
33550(1264).
33551chemin qui, des deux fossés, pénétrait jusqu’à la citadelle; on amoncela dans
33552le
33553fossé une énorme quantité de bois
33554; mais les Francs
33555, à l’aide d’un stratagème, ré-
33556duisirent en cendres toute cette masse. Bientôt, par ordre du sultan, on prati-
33557qua des excavations, depuis l’entrée des deux mines jusqu’à la mer. On creusa
33558sous terre plusieurs autres mines, de manière à ce quelles fussent recouvertes
33559par le mur du fossé de l’ennemi. On
33560ouvrit dans
33561le mur plusieurs portes, par
33562lesquelles on jetait la terre qui tombait dans les mines, elle sol de celles-ci se
33563trouva de niveau avec celui du fossé. Des géomètres que l’on avait appelés, réglè-
33564rent les travaux
33565, dont la direction fut confiée à l’émir Izz-eddin-Aïbek-Fakhri. Ils
33566furent poussés avec une extrême activité. Le sultan se livrait en personne à un
33567travail assidu
33568, s’occupant tantôt à creuser la terre, tantôt à traîner les machines,
33569à jeter la terre, à transporter des pierres, afin d’exciter, par son exemple, le zèle
33570des
33571autres. On
33572le
33573voyait
33574marcher
33575seul
33576, armé
33577d’un
33578bouclier
33579,
33580tantôt
33581dans
33582la mine,
33583tantôt sur les portes que
33584l’on venait d’ouvrir, tantôt sur
33585le bord de
33586la mer, d’où
33587il lançait des traits sur les vaisseaux des Francs,
33588tirant
33589les cordes
33590des machines
33591, montant par dessus les palissades, et de là décochant des flèches.
33592Dans un seul jour,
33593il en lança jusqu’à trois cents. Étant un jour à visiter la mine,
33594il s’assit à son extrémité supérieure, derrière une embrasure
33595, et était occupé à
33596tirer des flèches;
33597les Francs
33598sortirent de
33599la
33600place, armés de lances garnies de
33601crocs, afin d’enlever ce prince.
33602Il tint ferme, et combattit de près. Il avait auprès 320
33603de lui les émirs Sonkor-Roumi , Baïsari, Bedr-eddin,
33604le khazindar (le trésorier).
33605C’était Sonkor qui lui remettait les pierres. Le sultan tua de sa main deux cava-
33606liers Francs; les autres tournèrent bride dans un désordre complet. Bibars, durant
33607le siège, se plaisait à circuler seul, entre
33608les armées, sans que personne osât le
33609regarder ou le désigner du doigt. Parmi les personnes qui assistèrent à cette expédi-
33610tion, on comptait un grand nombre de religieux
33611, d’anachorètes
33612, de jurisconsultes,
33613de fakirs
33614, d’hommes de toutes les classes. On ne vit dans le camp ni vin
33615, ni aucun
33616genre d’actions honteuses. Des femmes vertueuses venaient au milieu du combat,
33617donner à boire aux soldats, et traînaient elles-mêmes les machines. Le sultan as-
33618signa à plusieurs personnages d’une vertu éminente, une gratification qui se com-
33619posait de moutons
33620et autres
33621objets. Le scheïkh
33622Ali-Bakka reçut une somme en
33623argent. On
33624n’entendit jamais
33625dire qu’aucun
33626des grands
33627officiers attachés
33628à la
33629personne du sultan, eût manqué, pour une affaire quelconque, de combattre à
33630son tour, qu’un émir eût envoyé ses pages se battre à sa place, et se fût livré au
33631repos; mais tout
33632le monde
33633travaillait sans distinction. Enfin,
33634les machines de
33635L {deuxieme partie.)
336362
p. 294
33637ÎO
33638HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33639guerre firent tomber une (io) partie des murailles. En même temps,,on acheva les
33640mines creusées aux deux côtés du
33641fossé, et dans lesquelles on ouvrit de larges
33642portes.
33643Le jeudi (n), huitième jour du mois de Redjeb, on livra l’assaut à la citadelle
33644d’Orsouf, et la place fut prise; ce jour-là même, le bastillon venait de s’écrouler,
33645et les Francs n’eurent pas
33646le temps de se reconnaître, que déjà les Musulmans
33647avaient escaladé le rempart et pénétré dans la place. Les drapeaux de l’islamisme
33648furent arborés sur le bastillon
33649, et autour d’eux se pressèrent les combattants. On
33650mit le feu aux portes. Cependant les Francs continuaient à se défendre.
33651Le sultan remit son drapeau à l’émir Sonkor-Roumi
33652, et lui recommanda d’as-
33653surer aux Francs la vie
33654sauve. A cette vue, l’ennemi cessa de combattre. L’éten-
33655dard fut confié à l’émir Alem-eddin-Sandjar-Mesrouri, le hacljeb, connu sous
33656le
33657nom de Khaïat bUsél. On
33658lui jeta du haut du mur plusieurs cordes,
33659qu’il s’at-
33660tacha autour du corps, tenant à sa main le drapeau. On le hissa ainsi jusque sur
33661le rempart, et
33662il pénétra dans la place. Après avoir enlevé
33663les épées des Francs
33664il les
33665fit garotter eux-mêmes avec des cordes, et conduire en présence du sultan,
33666au travers des rangs des émirs. Les prisonniers étaient au nombre de plusieurs
33667milliers. Par ordre du prince,
33668la
33669place
33670fut abandonnée au pillage. Elle renfer-
33671mait des quantités considérables de grains, de munitions, d’argent, sans compter
33672un grand nombre de chevaux et de mulets. Le sultan ne toucha à aucun de ces
33673objets;
33674il se contenta d’en racheter quelques-uns aux soldats qui les avaient pris.
33675On trouva dans la ville un grand nombre de prisonniers musulmans
33676, chargés de
33677fers. On
33678les mit en liberté, et les Francs furent enchaînés à leur place. Un corps
33679de troupes
33680fut désigné pour conduire les prisonniers Francs. Le sultan partagea
33681entre
33682les émirs les tours d’Orsouf, et ordonna que
33683les Francs captifs
33684seraient
33685chargés delà démolition
33686, qui fut exécutée par leurs mains.
33687bientôt après,
33688il enjoignit d’inspecter
33689le territoire de Kaisariéh
33690et d’en déter-
33691miner le produit; ce qui fut constaté par des cédules en bonne forme. Ensuite
33692on manda le kadi de Damas
33693, accompagné de ses adl aJ^A* (greffiers)
33694et du wakil
33695(agent) du trésor;
33696il reçut l’ordre d’assigner à chacun des émirs qui avaient pris
33697part à cette guerre,
33698une portion
33699des
33700terres
33701conquises. Chaque
33702donation
33703fut
33704consignée dans un acte particulier,
33705et cela sans qu’aucun de ceux qui se trou-
33706(icô Je
33707ç
33708A3) ^ ClJji\, au lieu de
33709, que présente le texte.
33710(n) Dans le texte de Nowaïri, on
33711lit
33712le lundi.
p. 295
33713V. M EL1K-DAHER-BIBARS.
33714aic 663
33715(1264).
337161
33717vaient ainsi gratifiés en eût la moindre connaissance. Dès que ces
33718lettres furent
33719rédigées, on en fit la lecture à ceux qu’elles concernaient; et en outre, la cession
33720de ces propriétés fut confirmée par un acte général, conçu en ces termes
33721: «Ren-
33722« dons grâce à Dieu de son assistance non interrompue, de son secours puissant,
33723« par suite desquels la religion de l’islamisme marche en triomphe, couverte de ses
33724« vêtements les plus magnifiques (1 a), de ses conquêtes, dont les avantages, dont
33725« l’extrême importance
33726font
33727sentir à
33728tous les hommes de quelle utilité est un
33729« maître. Que la bénédiction repose sur notre seigneur Mohammed
33730, qui a poui -
33731« suivi les infidèles, les a frappés ouvertement de son épée tranchante, et leur a
33732« appris à qui étaient réservées les récompenses de l’autre monde; que les parents
33733« et les compagnons du Prophète jouissent d’une bénédiction
33734qui se perpétue
33735« les matins et les soirs.
33736« Le plus grand des bienfaits est celui qui arrive au moment où régnait le dé-
33737sespoir, où une funeste apathie
33738paralysait
33739les efforts des
33740vois,
33741réduisait
33742les
33743« hommes à une entière inertie. Quel acte éclatant de la protection divine, que celui
33744«qui a consolidé
33745la religion de Mohammed,
33746ouvert
33747la porte à des conquêtes
33748« imposantes, mis en déroute deux ennemis acharnés,
33749les Tatars et les Francs
33750,
33751« porté la guerre dans les deux contrées, sur les deux rivages que baignent l’eau
33752« douce et l’eau salée (i3), qui a enhardi les armées de l’islamisme à humilier les
33753« Francs en pénétrant dans le cœur de leur pays, en attaquant jusqu’au centre
33754« de leur territoire les places les plus fortes, en traînant vers les retraites de l’es-
33755« clavage ceux qui ont échappé à la faim dévorante du glaive insatiable. Les uns
33756«s occupent à enlever aux Francs
33757leurs
33758forteresses, à
33759démolir leurs châteaux;
33760«d’autres,
33761à relever et
33762à fortifier mieux que jamais les places de l’Orient, qui
33763« avaient été détruites par
33764les Tatars; d’autres, dans
33765le Hedjâz, ont enlevé
33766de
33767«force des
33768citadelles redoutables,
33769escaladé de hautes
33770montagnes.
33771Ils
33772se
33773sont
33774«montres a
33775la fois destructeurs et réparateurs, terribles et indulgents. Et
33776tout
33777« cela
33778, grâce à l’homme que Dieu a suscité, qu’il a armé d’une épée nue et bien
33779«tranchante;
33780le vent de
33781la
33782protection divine a emporté impétueusement son
33783« étrier, de manière qu’il a jour et nuit marché dans le chemin de la victoire; la
33784« fortune
33785l’a créé roi
33786: car
33787l’ayant vu sur son
33788terrain, elle a
33789dit en faisant son
33790( 12
33791)
33792Il faut lire
33793ïUI
33794au lieu de
33795, que présente le manuscrit.
33796(13) Ces mots font allusion à un passage de l’Alcoran
33797(Surat
33798XXV, v.
3379955). Ebn-Batoutah (man,
33800'bl. 36 v°), dit en parlant de la ville de Basrah
33801:
33802>
33803vJUo^.
338041.
p. 296
33805HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33806I 2
33807« éloge
33808:
33809« Ce n’est point
33810là un homme; c’est le sultan Melik-Dâher-Rokn-eddou-
33811« nia-ou-eddin
33812(le pilier du monde et de la religion) Abou’lfatali-Bibars
33813, dont
33814« les glaives
33815, grâce à Dieu
33816, sont les clefs des royaumes
33817; ses étendards sont comme
33818« des collines, et les lances qui les surmontent ressemblent à des feux qui doivent
33819« diriger les hommes. C’est lui qui prend les villes, et qui les donne avec tout ce
33820« quelles renferment
33821; lorsqu’il reçoit un bienfait de Dieu,
33822il en témoigne sa recon-
33823« naissance
33824; lorsqu’il a le pouvoir, il pardonne, il accorde la paix, et est secondé
33825« de l’appui du destin; dès que la protection divine lui accorde des conquêtes
33826,
33827«
33828il se bâte de les distribuer à ceux qui sont présents, afin de signaler sa noble
33829322
33830(< munificence. Il se dit
33831: « un don appartient a celui qui se trouve auprès de nous. »
33832<c Quand Dieu
33833, pour le recompenser,
33834livre en
33835ses mains
33836des
33837forteresses
33838,
33839il
33840« abandonne les remparts à la démolition
33841, le sang des ennemis au glaive acéré,
33842«leurs cous aux chaînes,
33843et
33844les champs labourables à
33845ses compagnons,
33846à ses
33847« défenseurs.
33848Il se réserve seulement à lui-même les récompenses que les anges
33849«inscrivent sur leurs livres, comme appartenant à son épée;
33850et ce que conser-
33851« veront les replis des ouvrages historiques, qui, en mémoire des conquêtes due
33852«à la protection de Dieu, sépareront avec triomphe du nom de ce prince.»
33853(vers) « C’est un héros dont les présents sont des provinces entières; qui donne
33854«des villes, et ne tient aucun compte des villages. Nous avions entendu parler
33855«d’hommes généreux, mais ce prince nous a
33856fait voir, de nos yeux, le double
33857«de ce que
33858les autres avaient
33859fait,
33860et que la tradition nous avait transmis.
33861«Si des hommes libéraux ont
33862fait
33863le bien par raisonnement;
33864lui
33865le
33866fait par
33867«un mouvement spontané.»
33868«Ainsi donc, ce prince a réalisé tant de conquêtes
33869, par lesquelles Dieu s’est plu
33870«à le payer et à le récompenser avec magnificence. Or,
33871il a des auxiliaires qui
33872«brillent comme
33873les
33874étoiles, qui
33875atteignent leur but comme
33876les arrêts de
33877la
33878« Providence
33879; qui sont aussi unis entre eux que les grains des colliers; qui, aussi
33880«pressés que les gouttes de pluie, s’empressent à l’envi de montrer leur obéis-
33881«sance. Ce prince n’a pas voulu
33882s’isoler d’eux, en
33883se réservant d’une manière
33884«exclusive les
33885faveurs de
33886la fortune;
33887s’attribuer à lui
33888seul un don que leurs
33889«glaives ont recueilli, que leurs nobles pensées ont conquis.
33890Il a cru devoir les
33891« préférer à lui-même; leur répartir les rayons émanés de la lumière de son soleil
33892«et laisser à leurs enfants, et aux enfants de leurs enfants, des biens qui sub-
33893«sisteront jusqu’à la fin des temps, qui se perpétueront dans
33894l’éternité
33895; de ma-
33896«nière que les fils puissent vivre de ses bienfaits, ainsi qu’ont vécu leurs pères;
p. 297
33897Aîf 663
33898( 1264 ).
33899IV. MELIK-1) AHER-BIBARS.
33900l3
33901«la meilleure des libéralités est celle qui embrasse tout
33902; la plus excellente, celle
33903«qui demeure éternellement.»
33904«Un ordre auguste, qui s’étend aux fds et aux descendants, qui brille comme
33905« les étoiles les plus éclatantes , a déterminé que ceux d’entre les émirs et les cour-
33906te tisans intimes, qui sont ici désignés, et dont les noms sont relatés dans cet écrit,
33907« recevront, en propriété, les villes et les villages dont nous allons donner l’énu-
33908« mération
33909; savoir
33910:
33911« L’atabek Fâres-eddin-Aktaï-Sâléhi aura en
33912totalité le territoire d’Atil
33913«L’émir Djemâl-eddin-Idagdi-Azizi , la moitié de Zeïta Ljj.
33914« L’émir Bedr-eddin-Baïsari-Temimi, la moitié deTour-Kerm ^ ^k.
33915«L’émir Scherf-eddin-Àldekiz-Karaki
33916, le quart de Zeïta.
33917«L’émir Seïf-eddin-Kilidj-Bagdadi, le quart de Zeïta.
33918«L’émir Rokn-eddin-Beïbars-Khass-turk- Kebir-SkXéh'i
33919,
33920le
33921territoire
33922entier
33923« d’Afrâsin
33924«L’émir Ala-eddin-Aïdekin-Bondokdâri
33925, le territoire entier de Nâmeh
33926«L’émir lzz-eddin-Aïdemur-Halebi
33927, la moitié de Kalansouali
33928«L’émir Seïf-eddin-Kelaoun-Alfi-Sâléhi, la moitié de Taïbat-alism
33929a
33930l.
33931«L’émir Izz-eddin-Igan-Rokni-Sâlébi
33932, surnommé Semm-almaout
33933(le
33934« poison mortel) la moitié de Taïbat-alism.
33935« L’émirDjemâl-eddin-Nedjibi, naïb-saltanah (vice-roi) de la Syrie ^LdJ
33936! aJoL, yjU
33937«tout le canton deOmm-alfabm
33938^!, qui fait partie du territoire de Kaisariéh.
33939323
33940«L’émir Alem-eddin-Sandjar-Halebi-Sâléhi
33941, tout le canton de Taban ^Lï (ou
33942«Bathân ^Uj).
33943«L’émir Djemâl-eddin-Akousch-Moliammedi-Sâléhi, la moitié du territoire de
33944«Bourin
33945•
33946«L’émir Fakhr-eddin-Taïbâ-Himsi, la moitié de Bourin.
33947« L’émir Djemâl-eddin-Idagdi-Hâdjebi-Nâseri, la moitié de Tebrin
33948(ouTirin
33949«L’émir Bedr-eddin-Bilik-Aïdemuri-Sâléhi , la moitié de Tebrin.
33950« L’émir Nâser-eddin-Kaïmeri, la moitié deBourdj-ahmar^^s.'iJ
33951!
33952(la tour rouge).
33953«L’émir Seïf-eddin-Belban-Zeïni-Sâléhi
33954, l’autre moitié de Bourdj-ahmar.
33955«L’émir Fakhr-eddin-Othman
33956,
33957fds de Melik-Mougbith
33958,
33959le
33960tiers de Djelmah
33961« aJUw (ou aJU).
33962« L’émir Schems-eddin-Sellar-Bagdadi
33963, un tiers de Djelmah
33964(* 4 )-
33965( 14 )
33966J’ai ajouté ce nom, d’après l’ouvrage de Nowaïri.
p. 298
33967HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
33968*4
33969«L’émir Sârem-eddin-Soragan-Tatari , l’autre tiers du même
33970lieu.
33971« L’émir Seïf-eddin-Anbamesch-Sadi ,
33972la moitié de Tama
33973L^j*
33974( ou Bamâ Uf ou
33975« lama U^j) (i5).
33976«L’émir Scliems-eddin-Aksonkor, le silah-ddr Dâheri, la moitié de Tama.
33977«L’émir Melik-Moudaffer-Alâ-eddin , frère du prince de Sindjar ,
33978la moitié de
33979« Dennabah.
33980«L’émir Bedr-eddin-Mobammed
33981, fds de l’émir Hosam-eddin-Bérékeh-Kban
33982,
33983le
33984«terrain entier de Deïr-alosfour,^<L=*Jî yy (ou Deïr-alosour
33985yp).
33986«L’émir Izz-eddin-Aïbek-Afram,
33987émir- djandar ,
33988la
33989moitié
33990de Schouwaïkab
33991«L’émir Seif-eddin-Keremoun-Aga-Tatari , la moitié du même territoire.
33992«L’émir Bedr-eddin-Waziri
33993, la moitié de Tars ^yy=> (ou Tabros
33994«L’émir Rokn-eddin-Mankoures , le daouadar
33995,
33996l’autre moitié.
33997«L’émir Seif-eddin-Kaschtemur-Adjemi
33998, tout le territoire de Alar^îi*.
33999«L’émir Ala-eddin, frère du daouadar , la moitié de Arar^c (ou Arara
34000\j&y).
34001«L’émir Seïf-eddin-Bidjak-Bagdadi, l’autre moitié.
34002«L’émir
34003Seïf-eddin-Kedjic-Bagdadi
34004,
34005la moitié de Karoun
34006(ou
34007Faroun
34008(<
34009(J-?*/)'
34010«L’émir Alem-eddin-Sindjar-Azkesclii
34011, l’autre moitié.
34012«L’émir Alem-eddin-Taroudj-Amidi , Sebabia (ou Estaba
34013) en
34014entier.
34015«L’émir Hosam-eddin-Itmescli
34016,
34017fils d’Atlas-Khan
34018, Saïda en entier, Ix.
34019«L’émir Alem-eddin-Kaïdagdi-Dâlieri
34020, Yémir Medtis
34021, Saïr-Fouka liyüî^oJL
34022«L’émir Izz-eddin-Aïbek-Hamawi-Dâlieri, la moitié d’Artakh
34023«L’émir Schems-eddin-Sonkor-Alfi, l’autre moitié.
34024«L’émir Alem-eddin-Taïbars-Dâheri, la moitié de lafkh-garbiah (l’occidentale).
34025«L’émir Izz-eddin, l’Atabek-Fakhri
34026, tout le territoire de Kosaïr^ailf.
34027«L’émir Alem-eddin-Sandjar-Saïrafi-Dâheri, tout le territoire de Akhsass ^LaâJ.
34028«L’émir Rokn-eddin-Beïbars-Magrebi , la moitié de Fakin ^ïa.
34029«L’émir Scliodja-eddin-Togril-Schebli
34030, Yémir Mihmandar, la moitié de Kafr-raï
34031« L’émir Ala-eddin-Kaïdagdi-Djeïschi , commandant des émirs Bahris
34032, l’autre
34033« moitié de Kafr-raï.
34034«L’émir Scherf-eddin-ben-Abi’lkâsem
34035, la moitié de Kesfa
34036(i5) Je crois que cette dernière leçon est la véritable, attendu que ce nom, en langue syriaque,
34037désigne la mer.
p. 299
34038IV. MELIK-U AHER-BIBARS.
34039AN 663
34040(1264).
340411 0
34042«L’émir Beha-eddin-Iakoub-Schehrzouri
34043, l’autre moitié du même territoire.
34044«L’émir Djemâl-eddin-Mousa-ben-Iagmour,
34045Xostadar-alaliah
34046(le majordome
34047« supérieur), la moitié de Berdikali ï£op.
34048«L’émir Alem-eddin-Sandjar-Halebi-Gazawi
34049, l’autre moitié.
34050324
34051«L’émir Alem-eddin-Sandjar, naïb (substitut) de
34052Xémir-djandar
34053,
34054la moitié de
34055«Khanoutâ LjÿU.
34056, qui fait partie du territoire d’Orsouf.
34057«L’émir Seïf-eddin-Beïdagan-Rokni, la totalité du canton de Afrad-nesifa
34058s\js\
34059« UL«Ô, qui dépend de Kaisariéh.
34060«L’émir Izz-eddin-Aïdemur-Dâheri
34061, naïb
34062(gouverneur) de Karak,
34063le
34064tiers de
34065«Djeblah
34066, qui dépend d’Orsouf.
34067«L’émir Bedr-eddin-Bektasch-Fakbri, Xémir-silâh, le tiers de Djeldjouliah
34068.
34069«L’émir Djemâl-eddin-Akousch
34070, le silah-cldr-Roumi,
34071le tiers deDjeblab.
34072«L’émir Schems-eddin-Sonkor-Djali-Dâheri
34073, l’autre tiers.
34074«L’émir Alem-eddin-Kestagdi-Schemsi
34075, un
34076tiers de Djeldjouliah.
34077«L’émir Bedr-eddin-Bektout-Medjka-Roumi
34078, le troisième tiers. »
34079Cet acte général ayant été
34080rédigé d’une manière complètement légale, on en
34081tira plusieurs copies, dont chacune fut remise à un des émirs. Le kadi de Damas,
34082après avoir été revêtu d’une robe d’honneur, reprit le chemin de cette ville. On
34083transporta
34084des machines de
34085guerre dans
34086les places
34087fortes,
34088telles que
34089Karak
34090,
34091Adjeloun et autres.
34092Le sultan
34093, après avoir complété
34094la démolition d’Orsouf, partit de
34095ce lieu
34096le
34097mardi, vingt-troisième jour du mois de Redjeb, et se rendit
34098à Gazali, puis en
34099Égypte. Melik-Saïd et l’Atabek Izz-eddin-Halebi
34100, le naïb-alsaltanah (vice-roi) sor-
34101tirent au-devant du sultan, et
34102le rencontrèrent près de Birket-alhadj. Ce prince
34103fit son entrée au Caire le jeudi, onzième jour de Schaban, faisant conduire de-
34104vant lui les prisonniers Francs (16). Étant sorti parla porte de Zawilah,
34105il monta
34106au château de la Montagne, où
34107il prit quelque repos. Il
34108fit lui-même l’inspection
34109des trésors amassés par
34110les soins de l’émir Izz-eddin-Halebi
34111et du sâheb (vizir)
34112Beha-eddin-ben-Hinna. Par ses ordres, il n’y eut pas un émir, un vizir, un com-
34113mandant
34114, un mofredi ^c,SjL>
34115un courtisan, un bezdar ( fauconnier) , un berddar
34116(maître de la garde-robe), une des personnes de la suite du prince, qui ne reçut
34117une robe d’honneur. Le sultan combla de témoignages de sabienveillance les ambas-
34118(16)
34119L’auteur de la Vie de Bibars (man. arab. 8 o 3 ,
34120fol. 71 v°) ajoute que ces prisonniers portaient
34121leurs drapeaux renversés
34122, et qu’à leurs cous étaient suspendues des croix brisées.
p. 300
34123HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3412416
34125sadeurs de Bérékeh.
34126Il écrivit au souverain du Yemen et à l’empereur, pour leur
34127annoncer
34128ses
34129victoires. Après quoi
34130,
34131il
34132fit distribuer aux pauvres des sommes
34133d’argent considérables
34134, ainsi que des grains
34135et des
34136vêtements.
34137Cependant
34138de
34139nombreux incendies avaient eu lieu au Caire et à Fostat, durant le voyage du
34140sultan. La rumeur publique en accusait les chrétiens. Ces accidents
34141causaient
34142partout un profond effroi, et dans plusieurs
34143des lieux qui avaient été
34144la proie
34145des flammes, on avait trouvé du naplite et du soufre. Le sultan ayant fait venir
34146en sa présence les chrétiens et
34147les juifs, leur adressa de
34148vifs reproches sur une
34149conduite qui annulait tous
34150les engagements pris avec eux. Après quoi,
34151il
34152les
34153condamna à
34154être brûlés
34155vifs. Un nombre considérable de ces malheureux était
34156réuni au pied du château. On avait apporté le bois et les roseaux UW| (17). L’ordre
34157était donné, et ils allaient être précipités dans
34158les flammes; dans cette extrémité,
34159ils eurent recours à
34160la clémence du sultan,
34161et implorèrent leur pardon. L’émir
34162Fâres-eddin-Aktaï
34163, l’atabek, s’avançant, intercéda en leur faveur.
34164Ils obtinrent
34165la vie sauve, moyennant qu’ils s’engagèrent à restituer tout ce qui avait été brûlé,
34166et à payer au trésor une somme de
341675oo,ooo pièces d’or (18). A ce prix, on leur
34168rendit la liberté. Le patriarche se chargea de répartir cette contribution. Tous les
34169(17) Le mot halfd * Laie»., signifie jonc, roseau. Ou lit dans un vers du Yetininh (m. a. 1370,'f. 66 r°)
34170:
34171Î; U
34172vJUiT J
34173« Je
34174suis semblable
34175à celui
34176qui dépose du feu parmi
34177les
34178roseaux. »
34179Ailleurs
34180(fol. 458 v°)
34181:
34182^ Lii=S
34183t
34184‘LalsrljU
34185« Le feu de roseaux s’éteint promptement. » Dans
34186l’ Histoire des Seldjoucides d’Imad-eddin-Isfahâni (man. de S. Germain 327,
34187fol.
3418837 r°)
34189: jli
34190l^La
34191«.lâbv
34192^J, ^.wJî «Le feu des
34193glaives tomba sur les roseaux de
34194leurs cous.» Dans
34195le Kitab-
34196aliktifâ (man. arab. 653 , fol. g 5 r°)
34197:
34198j
34199Làb*. U!
34200« Lorsque poussent les joncs et les ro-
34201« seaux. » Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wasel
34202(fol. 10
34203r°)
34204: l_a_b>. ^
34205LU»
34206(»Ub>.)« On alluma tout autour le feu dans des roseaux qui se trouvaient
34207là.
34208» Dans
34209l’histoire de Masoudi
34210(Moroudj,
34211t. I.
34212f. 56
34213r°)
34214: ^Libs^l j
34215« Les lieux où croissent
34216« les roseaux et les joncs. » Dans les Vocabulaires coptes (Kircher, Lingua Ægyptiaca restituta , p.
34217i 38 ,
34218man. copte 44, fol. 83
34219v°), le mot
34220Labs. répond au terme égyptien KAU
34221, jonc. On
34222le trouve, avec
34223la même signidcation, dans plusieurs passages de X Agriculture nabatéenne (man.
34224arab. 913 ,
34225fol. 82,
3422685
34227, etc.). Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (art. Des impôts, m. ar. 797), on lit
34228: Labs,
34229!
34230Vpl .5 «Une terre couverte de joncs et inculte.» Le même écrivain nous apprend (art. Des terres,
34231f. 761’°),
34232qu’une espèce de canne à sucre se nommait lialfah, ou plutôt khalfah Libi. M. Falbe {Recherches sur
34233Carthage, pag. 14, explique làbs. par roseaux.
3423411 ne faut pas confondre ce mot avec celui dehafeh,
34235qui est aussi employé en Égypte, où
34236il désigne
34237le
34238sainjoin épineux (Mengin, Histoire d'Egypte ,
34239tom. II, pag. 210, 349). On
34240lit dans un ouvrage de M. Wilkinson ( Topography ofThebes, pag. 171)
34241:
34242« Halfeh a coarse wild grass; the poa cynosyroïdes. » Makrizi (f. 74 r°, 75 v°), écrit
34243: Lâbi. et
34244(18) Le texte porte cinquante mille
34245s—âJ
34246î
34247; mais Nowaïri
34248,
34249et l’auteur de la Fie de Bibars
34250(man. 8o3, fol. 72 r°), offrent
34251v—àj
34252I
34253; ce qui m’a paru plus vraisemblable.
p. 301
34254AN 663
34255(1264).
34256IV. MELIK-DA HER-BIBARS.
3425717
34258accusés promirent de ne jamais se livrer à aucun acte coupable,
34259et à ne jamais 325
34260s’écarter des devoirs auxquels
34261ils s’étaient soumis.
34262L’émir Zâmel-ben-Ali était perpétuellement en querelles avec l’émir Isâ-ben-
34263Moliannâ... Lorsque l’armée égyptienne marcha en
34264Syrie, sous
34265la conduite de
34266l’émir Taibars, Zâmel fut ar rêté sur le territoire d’Alep, enfermé dans la forteresse
34267d’Adjeloun, puis transporté au Caire, où
34268il fut mis en prison.
3426911 recouvra en-
34270suite sa liberté, et fut admis à jouer avec le sultan dans le rneïdan (l’hippodrome).
34271Cependant
34272l’émir
34273Scherf-eddin-Isâ-ben-Mohannâ
34274, Ahmed-ben-Hadji
34275et
34276l’émir
34277Haroun s’étant rendus
34278à
34279la cour, le sultan les réconcilia avec Zâmel, auquel
34280il
34281restitua son apanage
34282et
34283le
34284titre
34285d’émir. Tous ayant obtenu
34286la permission de
34287partir
34288, se mirent immédiatement en marche. Tandis qu’ils traversaient les sables
34289Zâmel, prenant les devants,
34290alla fondre sur les tentes d’Isâ, et y porta le
34291lavage.
34292Il arrêta des courrier s que le sultan envoyait à Schiraz, enleva leurs dé-
34293pêches, qu’il alla remettre à Houlagou, et sollicita ce prince de recommencer
34294la
34295guerre.
34296Il reçut du monarque mongol des propriétés territoriales dans l’Irak. Après
34297avoir fait des courses dans le Hedjâz, et porté partout le meurtre et le pillage
34298,
34299il
34300revint en Syrie. Ses apanages avaient été donnés par
34301le sultan à son frère Abou-
34302Bekr. Zâmel se trouvant réduit à une grande
34303détresse,
34304écrivit au sultan, pour
34305implorer sa clémence. Le
34306prince
34307lui enjoignit de se rendre à la cour dans un
34308temps fixé, lui déclarant que s’il
34309laissait passer ce terme,
34310il n’avait à attendre ni
34311pardon, ni amnistie. Zâmel
34312étant arrivé après l’époque convenue, fut arrêté, et
34313mis en prison dans le château de la Montagne.
34314Le vingt-cinquième jour du même mois, le sultan étant venu
34315siéger dans la
34316maison de la justice (J_\*J!jta), manda Tadj-eddin-Kortoubi et lui
34317dit
34318: «Je suis
34319« ennuyé de t’entendre dire que tu sais des choses importantes pour les intérêts
34320« du trésor des Musulmans; rapporte-moi maintenant tout ce dont tuas connais-
34321« sance. » Tadj-eddin lui parla contre le kadi des kadis
34322, et le prince de Souaken
34323.
34324Il ajouta, relativement aux émirs qui étaient morts récemment, que leurs héri-
34325tiers s’étaient arrogés une part supérieure à celle qu’ils étaient en droit de réclamer.
34326Le prince s’etant fait apporter une arbalète^Lj
34327, et la montrant à ceux qui se trou-
34328vaient dans
34329la salle, dit hautement :« Lorsque des hommes osent affronter de
34330« pareilles machines de guerre, trouvera-t-on leurs apanages trop considérables,
34331« ou bien enviera-t-on a leurs heritiers, comme excessive, la part qui doit leur
34332« revenir?» Le sultan, apres avoir adressé des reproches au dénonciateur, l’en-
34333voya en prison. On discuta ensuite des objets qui concernaient l’armée. Lorsque
34334I. {deuxième partie.)
343353'
p. 302
34336*8
34337HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
34338les soldats, dit-on, sont en campagne (19)
34339et aux prises avec l’ennemi,
34340ils ne
34341peuvent avoir avec eux aucun schühed (témoin). Un d’entre eux appelle comme
34342témoins ses compagnons (au moment de sa
34343mort) (20). Mais, au
34344retour de
34345la
34346guerre, ce témoignage n’est point admis comme légal, ce qui fait que la fortune
34347de plusieurs individus se trouve perdue. Le sultan décida de cette manière
34348: « Il
34349« faut que chaque émir désigne, dans les rangs de ses soldats, des hommes pleins
34350« de religion et de probité
34351, dont la parole puisse faire autorité; que chaque com-
34352« mandant, chaque corps de troupes, choisisse des hommes honnêtes et vertueux,
34353« qui puissent être crus sur parole. De cette manière, les intérêts des particuliers
34354« se trouveront à couvert. » Cette décision causa une grande joie aux émirs. Le
34355326
34356kadi-alkodat s’occupa immédiatement à désigner, parmi les soldats, des hommes
34357probes et capables.
34358Le vingt-neuvième jour du même mois, le sultan, donnant audience dans la
34359maison de la justice
34360,
34361un individu se présenta et se plaignit que ceux qui occu-
34362paient des propriétés appartenant à la chancellerie ne pouvaient pas les quitter.
34363Le sultan désapprouva la chose,
34364et décida que chaque habitant aurait
34365le droit
34366d’évacuer une maison, dès que le terme du loyer serait expiré.
34367Bientôt après
34368, on vit arriver des ambassadeurs envoyés par l’empereur et par
34369Lascaris (Michel Paléologue). Les uns et les autres apportèrent des présents.
34370Le septième jour du mois de Ramadan, les troupes revinrent de Birah, sous
34371la conduite des émirs Djemâl-eddin-Mohammedi et Izz-eddin-ïgan. On reçut un
34372présent de la part du roi des Kurdjes (la Géorgie).
34373(19) Le mot beïkarjSs-i
34374, qui a passé dans la langue arabe, n’est autre que le terme persan peïkar
34375jl£_j. Il signifie guerre
34376, combat, campagne. On
34377lit dans un passage de notre historien (man. 672,
34378pag. 709)
34379:
34380îj LC-î
34381çSj
34382^ dLw «Il
34383lui demanda à combien de
34384batailles
34385il
34386avait
34387«assisté, combien
34388il avait vu de campagnes.» (Voyez aussi
34389ibid.,
34390p. 98.) Dans le Mesalek-alabsar
34391(man. ar. 642,
34392f. 63 v°) .-jlC-Jt
34393« Attendu la longueur de cette guerre.
34394» Dans YHistoire
34395clc la conquête de Jérusalem (man. 714,
34396f- 270 r°)
343971 J <jb
34398t
34399J.3 «La longueur de
34400«cette campagne avait ruiné l’armée.» Dans le Kdmcl d’Ebn-Athir (tom. VI, pag. 116)
34401:
34402^
34403JLL j3 j.S^L«*3
34404I
34405« Les troupes, pour
34406la plupart, avaient
34407fait une longue campagne.
34408»
34409Ailleurs (pag. 236 )
34410:
34411ajJu
34412j
34413« Il vit qu’il avait devant lui une longue cam-
34414« pagne.
34415» Plus loin (pag. 264)
34416: SjlSCo J LL
34417Sè
34418i «L’armée était depuis longtemps en cam-
34419« pagne. » Ce mot fait au pluriel
34420O11
34421lit dans un passage du continuateur d’Elmacin (m. 619,
34422fol. io 5 v°)
34423w\.)jLx-di
34424ta!
34425« Lorsque
34426les
34427émirs reviendront
34428de leurs
34429« expéditions, de leurs campagnes. »
34430(20)
34431.J’ai ajouté ces mots, d’après l’historien de
34432la Fie de Bibars (man. 8 o 3 ).
p. 303
34433an 663 (1264).
34434IV. MELIK-ÜAHER BIBARS.
34435'
3443619
34437On
34438apprit que,
34439vers
34440le
34441milieu du même mois, Izz-eddin-Sekenderi
34442, naïb
34443(gouverneur) de Rahbah,
34444s’était emparé de Karkisia; que l’on avait massacré
34445tout ce qui se trouvait dans cette place de Tatars et de Kurdjes; que le nombre
34446des prisonniers
34447s’élevait à plus de quatre-vingts.
34448Dans ce même mois, le prince ordonna de rassembler des barques, pour les
34449couler à fond dans le canal d’Oscbmoum. Le second jour du mois de Schewal,
34450le sultan se rendit en personne à Oscbmoum. Il partagea entre les émirs l’étendue
34451de
34452ce bras
34453du fleuve. Lui-même
34454travaillait,
34455et portait
34456sur son épaule,
34457à
34458la
34459vue de tout le monde, un panier
34460lia
34461plein de
34462terre. Animé par
34463cet exemple
34464,
34465chacun rivalisait de zèle pour creuser
34466le
34467terrain. Le prince ne quittait pas
34468les
34469travaux un
34470seul jour;
34471il montait sur les barques, et, en sa présence, on en
34472coulait d’autres à fond. Dans l’espace de huit jours, l’ouvrage fut achevé, et le
34473creusement complètement exécuté dans le canal d’Oschmoum, et dans le canton
34474qui avoisine
34475Djerdjer. Le
34476sultan se dirigea d’abord vers Menzalet-ebn-Haroun
34477,
34478puis retourna au château de la Montagne.
34479Le vingt-unième jour de ce mois, on abolit
34480la garde de jour^L^J!
34481(21)
34482qui
34483avait lieu au Caire et à Fostat, et qui produisait une somme considérable.
34484Cette suppression fut annoncée par un acte en bonne forme. On remit aux ha-
34485bitants des cantons de Dakhaliah et Mortahiah une somme de 24,000 pièces d’ar-
34486gent,
34487qu’ils devaient payer pour le traitement des walis.
34488Schodja-eddin-ben-Daïah, le hâdjeb , partit, avec le titre d’ambassadeur, pour
34489se rendre auprès du prince Bérékeh. Il portait avec lui trois tableaux, représen-
34490tant les cérémonies du pèlerinage^ (22) qu’il avait exécutées au nom de ce sou-
34491verain, et qui étaient tracées sur du papier doré; de l’eau du puits de Zemzem,
34492de l’huile de baume et d’autres objets.
34493A la fin de ce mois, le sultan
34494fut attaqué de la fièvre; ce fut à l’aumône
34495qu’il
34496eut recours pour obtenir sa guérison, et il
34497fit distribuer aux pauvres des sommes
34498considérables.
34499Au mois de Dhou’lhidjah , on
34500vit
34501arriver le moine Kernanos (peut-être Ger-
34502manos), chargé d’une lettre de l’empereur Lascaris (Michel Paléologue).
34503L’émir Djemâl-eddin-Aïdagdi-Azizi
34504détestait le
34505kadi-alkodcit Tadj-eddin-Abd-
34506alwahliab-ben-Bint-alaazz, et ne cessait de le dénoncer et de le décrier auprès du
34507(21) Makrizi, Description de l’Égypte , man. 682, fol. 5g v°.
34508(22) Burckhardt, Arabia,
345091. 1, p. 176.
345103.
p. 304
3451120
34512HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
34513sultan, alléguant son extrême sévérité dans ses j ugements, et la lenteur qu’il mettait
34514dans la décision des affaires qui n’étaient pas conformes à ses sentiments. Cependant
34515le sultan vint tenir son audience dans la maison de la justice, le lundi, douzième jour
34516du mois de Dhou’lhidjah. Les fdles de Melik-Nâser lui présentèrent un placel
34517dans
34518lequel
34519elles
34520exposaient que
34521les
34522héritiers de Nâser avaient
34523acheté une
34524maison du kadi-alkodat Bedr-eddin-Sindjari
34525; qu’après la mort de ce magistrat
34526ses héritiers avaient prétendu que cette propriété était un wakf (une fondation
345271
34528pieuse). A peine cette pièce était-elle lue, que l’émir Aïdagdi recommença ses
34529invectives
34530et ses
34531diatribes contre les jurisconsultes. Le sultan
34532dit au kadi Tadj-
34533eddin
34534:
34535« Voilà donc comme agissent les kadis? » Tadj-eddin répondit
34536: « Certes,
34537« notre maître, chaque brebis est pendue par son talon. » Le sultan ayant de-
34538mandé ce qui se pratiquait, le kadi répondit
34539: « Lorsqu’il est bien constaté qu’un
34540« bien est un wakf, on en redemande la valeur aux héritiers. » « Mais,
34541dit
34542le
34543« sultan,
34544si ces héritiers n’ont rien? » « Alors, dit le kadi, le wakf revient à son
34545« état primitif, et l’on n’en fait pas restituer le prix. » Le prince, en entendant ce
34546discours, entra dans une violente colère. La conversation
34547n’était pas terminée,
34548lorsqu’il arriva un envoyé qui venait de la part de l’émir de Médine, et qui dit
34549:
34550« O notre maître le sultan! j’ai prié
34551le kadi de me remettre le quart de la valeur
34552« d’un wakf qui est en sa possession
34553, parce que le prince de Médine voulait en
34554« distribuer le revenu aux pauvres de cette
34555ville; mais
34556il m’a refusé.» Le sultan
34557ayant demandé
34558si
34559la chose était véritable
34560, le kadi en convint. « Hé bien
34561, dit le
34562« sultan
34563, c’est moi qui avais donné cet ordre
34564; comment as-tu osé me désobéir?»
34565Tadj-eddin répondit
34566: «Sachez, notre maître, que cet argent m’a été confié. Ne
34567« connaissant point cet homme, je ne pouvais lui remettre cette somme, que
34568je
34569« ne déposerai qu’entre les mains d’une personne en qui je serai sûr de trouver
34570« des sentiments religieux et une probité dignes de
34571toute confiance. Si le sultan
34572« désire cet argent, je suis prêt à lé déposer entre ses mains. »
34573« Ainsi donc
34574,
34575dit
34576« le prince, tu veux
34577te délivrer de cette responsabilité et m’en charger?» Le kadi
34578convint que
34579tel était son dessein. « Eli bien, dit Bibars, ne remets l’argent qu’à
34580« celui que
34581tu choisiras. »
34582Cependant un des émirs s’avança
34583, et dit
34584: «J’ai certifié, en présence de ce kadi,
34585« la validité et la réalité d’une propriété territoriale, mais
34586il a refusé de recevoir
34587« mon témoignage. » Le sultan ayant demandé si le fait était réel, le kadi répondit
34588:
34589« Personne n’est venu déposer devant moi, de manière à ce que je puisse constater
34590« la chose. » « Mais
34591, dit l’émir,
34592si tu n’as pas voulu admettre mes assertions, quel
p. 305
34593IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
34594a sr 663
34595(1264).
3459621
34597« témoin voulais-tu?» Le sultan ayant demandé quel motif avait pu faire rejeter
34598la déposition
34599de l’émir,
34600le kadi déclara
34601qu’il n’avait pas besoin de
34602s’expliquer
34603sur cet objet. L’émir Idagdi ditalors
34604: « Kadi, continue de juger d’après les dogmes
34605« de Schaféï, et nous allons établir un kadi pour chacune des sectes orthodoxes. »
34606Cet avis fut goûté du sultan
34607, qui
34608, bientôt après, leva la séance.
34609Le lundi, dix-neuvième jour de ce mois, le sultan désigna le kadi Sadr-eddin-
34610Soleïman-ben-Abi’lizz-Adhreï
34611, \ehanefi, professeur du collège Sâlébieb; le kadi
34612Scherf-eddin-Omar-ben-Abd-AUah
34613.
34614.
34615. Sobki, le mâleki; le kadi Schems-eddin-
34616Mohammed-ben-Ibrabim
34617, le hanbali
34618, pour kadi-alkodat de l’Egypte.
34619Il leur con-
34620féra le droit de se choisir des naïb (suppléants) dans
34621toute
34622l’étendue de cette
34623contrée.
34624Ils furent adjoints au kadi-alkoclat Tadj-eddin-ben-Bint-alaaz, qui resta
34625spécialement chargé de l’inspection des biens des orphelins, et de la décision des
34626procès relatifs au trésor. Chacun de ces magistrats reçut un diplôme d’investiture
34627jJüj
34628et une robe d’honneur. A dater de cette époque,
34629il y eut en Égypte quatre
34630kadi-alkodat
34631, dont chacun jugeait d’après les principes de sa secte. Chacun d’eux
34632portait
34633le tarhah
34634(s3)
34635les jours
34636où
34637il
34638allait présenter
34639ses hommages au
34640(23
34641)
34642I.e mot tarhah <kjJs, sur lequel feu M. Silvestre de Sacy a donné quelques détails
34643( Chresto -
34644mathie arabe ,
346452
34646e édition, tom.
34647II,
34648pag. 267), désignait
34649le genre
34650de coiffure,
34651autrement nommé
34652taïlesan
34653On
34654lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi
34655(article du
34656Vizirah , m.
34657682,
34658f. 246 V 0
34659), en parlant du vizir
34660: jkjiJu
34661«Il prenait le taïlesan
34662« empesé, que
34663l’on désigne aujourd’hui par
34664le mot
34665de
34666tarhah.» Ailleurs (man. 798,
34667fol.
34668198 r°)
34669:
34670j -y—d
34671^ «Un scluisch (turban) noir, et un tarhah de même couleur. » Dans
34672l’ Histoire d’Égypte d’Ebn-kadi-Schohbah (man. 687, fol. 68
34673r")
34674:
34675.
34676.
34677.
34678«Usa
34679^
34680t
34681«A sa gauche était le kadi-alkodat d’Égypte, coiffé du tarhah.
34682» Plus loin
34683(f. 100 r°J
34684:
34685Aa^iaJl ^kAj
34686.
34687.
34688.
34689L^aLi
34690« Les deux kadis d’Égypte portaient le tarhah. » Dans une Histoire
34691d Égypte (de mon manuscrit
34692fol.
34693106
34694r°)
34695:
34696<kj..L a^Î,
34697« Le kadi se présenta,
34698« ayant la tête coiffée d un tarhah. » Dans une note marginale du Mirât-azzeman (le miroir du temps)
34699d hbn-Djouzi (man. 641, fol. 268 v°)
34700, on
34701lit
34702: ^klJÜI
34703Aas-j-hit «Le tarhah
34704est identique avec
34705le
34706« taïlesan. » Dans Y Histoire d’Égypte de Makrizi (tom.
34707I, pag. 987)
34708:
34709i ^ Aadi^! ,kJî IsA~!
34710Les femmes introduisirent l’usage du voile et du tarhah.
34711» Plus loin (pag. 1000)
34712:
34713aA>L^&
34714« Sur son turban était un tarhah noir. » Ailleurs (tom. H, fol. 47 v°)
34715: a^L^æ. J.&
34716« On lui ût mettre un tarhah par dessus son turban. « Dans le Mcsqlek-alabsar (m. 583 ,
34717f.
34718176 v°)
34719:
34720Aa^D
34721i
34722ïLkJi
34723El «Le kadi-alkodat de la secte de Schaféï est dans l’usage
34724« de porter le tarhah. » Plus loin
34725(f. 186 v°)
34726:
34727*
34728!
34729kyh j -j—
34730I
34731k «Un schasch (turban) noir
34732« et un tarhah noir. » Dans l’histoire de Nowaïri (man.
3473361,5,
34734fol. 65 r°>:
34735Aol y.j
34736La aAc
34737k^b j
34738« Il portait un kaba (manteau) noir, un turban noir, et un tarhah de même couleur. »
34739Dans une autre partie du même ouvrage (man. d’Asselin 44 ^, fol. 96 r°), l’auteur, décrivant
34740l’avé-
34741nement au tronc de Melik-Saïd-Bérékeh-Khan,
34742fils de Bibars, s’exprime en ces termes
34743:
p. 306
3474422
34745HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
34746328
34747sultan. Medjd-eddin-Abd-errahman
34748, fds du sâheb (vizir) Djelâl-eddin-Omar-ben-
34749Adim, fut nommé aux fonctions de khatib (prédicateur) du Caire.
34750Le vingt-quatrième jour du mois de Dhou’lhidjah, l’émir Schems-eddin-Sonkor-
34751Roumi fut arrêté et mis en prison. Le khalife Hâkem-bi-amr-Alîah reçut l’ordre
34752de n’avoir de conférence avec personne. Dès ce moment,
34753il fut séquestré, et sans
34754relation avec qui que ce
34755fût.
34756L’émir
34757Nour-eddin-Ali-ben-Moudjalli,
34758le hakkâri
34759,
34760fut nommé
34761gouverneur
34762d’Alep
34763, en remplacement de Aïdekin-Schéhâbi. Une nuit,
34764le sultan, complète-
34765ment déguisé, descendit du château de
34766la Montagne, et parcourut
34767les rues du
34768Caire
34769, afin d’observer ce qui se passait.
34770Il vit un des commandants, qui
34771, ayant
34772saisi une femme
34773, l’avait lui-même dépouillée de son caleçon, sans que personne
34774osât s’y opposer. Dès
34775le matin
34776, le prince
34777fit couper les mains de plusieurs naïb
34778(substituts) des walis, khaftr
34779(gardiens), et propriétaires des maisons ^
34780du Caire.
34781Bientôt après
34782, Isâ-ben-Mohannâ fut nommé par le sultan émir des arabes de la
34783tribu de Fadl. S’étant mis aussitôt en marche
34784,
34785il chassa les Tatars de Birali et de
34786Harran. Le kân Houlakou,
34787fils de Toulou-kan,
34788et petit-fils de Djenghiz-khan
34789,
34790mourut d’une attaque d’épilepsie
34791le neuvième jour du mois de Rebi-pre-
34792mier, dans les environs du canton
34793de Maragah.
34794Il était âgé de plus de soixante
34795ans, et en avait régné
34796dix.
34797Il eut pour successeur son
34798fils Abaga. Celui-ci ayant
34799envoyé un corps de troupes pour combattre le prince Bérékeh-khan, cette armée
34800éprouva une défaite honteuse.
34801l'UajJî
34802"2! ïo^UL}
34803W_,kJ L) jJ
34804! _j
34805«
34806Il donna
34807« aux grands et aux principaux officiers de l’État des tarhah. Avant cette époque], ce genre de parure
34808« n’était jamais donné par le prince qu’au kadi-alkodat. » De là s’est formé
34809le verbe ^ykï qui signifie
34810prendre pour coiffure
34811le tarhah. On
34812lit dans un passage de Nowaïri (26
34813e partie, man. de Leyde,
34814fol. 122
34815r“)
34816:
34817pi*
34818"21
34819’ôIjJI
34820j ^LJLU!
34821! j
34822j
34823« Il adopta le tarhah
34824, et rejeta \e tailesan. L’usage voulait qu’on ne donnât
34825le tarhah
34826« qu’à ceux dont le mérite était connu et célèbre. « Suivant Ebn-kadi-Scliohbah (m. 64?,
34827f. 257 r°j,
34828il fut décidé que le kadi Hanefi, dans
34829les marches
34830solennelles,
34831porterait le üo^k, comme
34832le kadi
34833Schaféï. Plus loin
34834(fol. 269 v°)
34835, on
34836lit
34837ka.^k
34838« Un tarhah de soie. »
34839D’après plusieurs des passages cités dans
34840cet article, on a pu voir que
34841le tarhah désignait
34842« la
34843« mousseline qui entoure le turban, et qui était arrangée d’une manière particulière. « Ce mot existe
34844encore, aujourd’hui, avec la même signification. Nous lisons dans YEssai sur les mœurs de l’Egypte
34845,
34846par M.
34847le comte de Chabrol
34848(pag.
3484941 3)
34850: «Le tarhah est une pièce de mousseline,
34851qui retombe
34852« derrière la tête. » Et plus loin
34853(p. 4*9)
34854•’ « C’est un grand voile qui couvre la tête et les épaules. »
p. 307
34855IV. MELIK-DAHER-BIB ARS.
34856an 664 (ia 65 ).
34857Cette année vit périr
34858:
34859i°
34860l’émir Djemàl-eddin-Mousâ-ben-Iagmoui-làrouki
34861qui avait rempli les fonctions de naïb-cissaltanah (vice-roi) d’Egypte et de Damas,
34862puis avait
34863été destitué. Il mourut à Koseïr, ville d’Égypte,
34864à l’âge de soixante-
34865quatre ans
34866r
34867;
348682 0 Nedjm-eddin-Abou’lmodaffar-Fatah-ben-Mousâ-Kasari-Magrebi
34869,
34870kadi de Soïout, mourut dans cette ville.
34871Dans le mois de Moharrem, l’émir Seïf-eddin-Kelaoun (24) conclut son mariage
34872avec la fdle de l’émir Seïf-eddin-Kermoun
34873,
34874le Tatar, nouvellement arrivé
34875j.àtjJ!. ^4
34876Le sultan descendit du château de la Montagne, et fit dresser une tentej„AaO dans
34877le marché des chevaux J.^1
34878Ie jour où l’émir Kelaoun vint célébrer ses
34879noces (a5). Il se chargea de tout ce qui concernait les repas, et s’assit lui-même
34880à table.
3488111 n’y eut pas un des émirs qui n’envoyât à Kelaoun des chevaux et des
34882paquets d’étoffes
34883. Le
34884sultan
34885lui envoya, par forme de présent, des
34886robes ^1*3 ^
34887l*_j
34888, des
34889chevaux et dix mamlouks. Kelaoun accepta le reste du
34890présent, mais
34891il demanda qu’on
34892le dispensât de recevoir les mamlouks; «car,
34893« dit-il
34894, ces hommes-là sont mes camarades, ayant été comme moi au service du
34895«
34896sultan. » Le prince approuva ses refus.
34897Ce même mois
34898, on adressa
34899à Damas
34900trois
34901lettres
34902d’investiture jJlJü', dont
34903l’une nommait Schems-eddin-Abd-allah-Mohammed-ben-Ata, le hanefi, kadi-al-
34904kodat ; la seconde, Zeïn-eddin-Abou-Mohammed-Abd-elselam-ben-Omar-Zewawi,
34905kadi-alkodat des Malekis; et la troisième désignait Schems-eddin-Abd-errahman, 329
34906fds duscheïkh Abou-Omar-Moliammed, kadi-alkodat des Hanbalis. Schems-eddin-
34907Abmed-ben-Kballikân
34908était kadi-alkodat pour
34909la secte de Schaféï. De cette ma-
34910nière, on eut à Damas quatre kadis, ainsi que la chose avait lieu en Égypte. Mais
34911lorsqu’arrivèrent les diplômes de ces trois magistrats, le mdleki et le hanbali re-
34912(24) Dans la suite de cette histoire, j’aurai souvent occasion de parler de Seïf-eddin-Kelaoun.
34913qui doit jouer, ainsi que sa famille
34914, un grand rôle dans le gouvernement de l’Égypte. Quant à ce qui
34915concerne le nom de ce personnage
34916, je dois faire observer, que
34917, suivant le témoignage de l’auteur du
34918Nozhat alkoloub (man. pers.
34919i 3 q, p. 297), le mot
349205 en langue mongole, désignait un canard.
34921(25 ) Le verbe
34922avec la préposition
34923ou
34924v
34925>
34926, signifie Entrer auprès d'une femme que l’on
34927vient d’épouser, afin de consommer son mariage, et par suite se marier. Le nom d’action Jfi-.
34928dé-
34929signe la consommation du mariage , et par suite la noce. On
34930lit dans
34931l’ Histoire d’Égypte d’Ebn-Kadi-
34932Schohbah (m. ar. 643,
34933f. 3 v°)
34934: v^fLbs
34935jJI
34936« Le mariage se célébrera dans cet endroit.
34937»
34938Plus
34939loin
34940(folio
34941188
34942recto)
34943:
34944}UaL*Jl
34945J
34946« H
34947épousa
34948la sœur du sultan.
34949» Dans les
34950voyages d’Ebn-Batoutah (manuscrit, fol. 123 v°)
34951:
34952oL* « Elle vit mourir
34953« deux maris
34954, avant la célébration des noces. »
p. 308
34955HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
349562 4
34957fusèrent
34958la
34959place
34960qui
34961leur
34962était donnée;
349631e hanefi
34964seul accepta. Bientôt, une
34965lettre du sultan enjoignit de contraindre
34966les deux récalcitrants. On les menaça
34967,
34968s’ils persistaient dans leur refus, de saisir tous leurs revenus.
34969Ils cédèrent; mais,
34970dès le matin
34971, le mdleki déclara qu’il renonçait au rang de kadi et à ses pensions.
34972Un ordre du sultan lui enjoignit d’accepter.
3497311 y consentit; mais lui et le hanbali
34974refusèrent de toucher
34975le traitement LCU. attaché à la place de kadi. Un littéra-
34976teur de Damas, en voyant cette réunion de quatre kadis, dont chacun portait le
34977surnom de Schems-eddin
34978,
34979fit les vers suivants
34980:
34981«Les habitants de Damas sont embarrassés du nombre de leurs juges
34982:
34983car
34984« chacun d’eux est un soleil
34985, et tout le monde est dans l’obscurité. »
34986Un autre dit à cette occasion
34987:
34988«Dans
34989la
34990ville de Damas, dans une même année, un phénomène vient de
34991« paraître.
34992« Chaque
34993fois qu’un soleil a été promu au rang de kadi, les ténèbres
34994se sont
34995« accrues. »
34996Ces magistrats prirent possession de leur dignité
34997le sixième jour du mois de
34998Djoumada-premier, et continuèrent leurs fonctions. Le même mois, on vit arriver
34999des ambassadeurs de l’empereur, d’Alfonse, du souverain du Yemen. Ils étaient
35000porteurs de présents destinés pour
35001le gouverneur en chef des forteresses des
35002Ismaéliens. On préleva sur ces objets les droits ordinaires
35003(26); Le huitième jour
35004du mois de Safar, une bataille eut lieu entre l’émir Alem-eddin-Sandjar-Basch-
35005(26)
35006L’historien de la Vie de Bibars (man. 8 o 3 , fol. 79 v°, 80 r°), nous donne sur cet événement
35007des détails plus circonstanciés, que je crois devoir traduire
35008: « On vit arriver des ambassadeurs envoyés
35009« par l’empereur, par Alfonse, et le souverain du Yemen. Les vaisseaux sur lesquels
35010ils s’étaient em-
35011« barques, étaient chargés de présents
35012, destinés pour les Ismaéliens. Cette démarche avait pour but
35013« de désarmer ces
35014sectaires, de conjurer leurs mauvais
35015desseins,
35016et de
35017les engager à mettre dans
35018« le fourreau leurs poignards empoisonnés. A cette époque, les Ismaéliens étaient puissants, redoutés.
35019« Leurs forteresses étaient dans un état florissant. Ils avaient pour souverain Ràschid-eddin-Sinan-
35020« ben-Soleïman-Basri, qui
35021se
35022distinguait par un grand
35023mérite littéraire,
35024écrivait élégamment en
35025« prose comme en vers, et dont les opuscules étaient célèbres et loues universellement. Lorsque les
35026« présents furent arrivés,
35027le sultan résolut d’humilier les Ismaéliens
35028, de faire voir le peu de cas qu’il
35029«faisait d’eux, et de montrer à leurs députés
35030, aussi bien qu’aux ambassadeurs des princes étrangers,
35031« que ces sectaires n’étaient à ses yeux que des sujets, dont
35032il se mettait peu en peine de gagner
35033la
35034«bienveillance.
3503511 ordonna que les présents destinés pour eux fussent soumis à payer intégralement
35036« les droits de
35037la douane,
35038et qu’on agit, à cet égard, comme on l’aurait fait envers les hommes les
35039« moins distingués et les moins redoutables. »
p. 309
35040IY. MELIK-DAHER-BIBARS.
35041A.N 664
35042( 1265 ).
3504325
35044kirdi , le naïb (gouverneur) de Hems
35045, et le Prince
35046, souverain des Francs de Tara-
35047bolos (Tripoli). Ceux-ci furent mis en déroute
35048( 27 ).
35049Ce même mois, un ordre expédié pour Damas, enjoignit de construire des
35050barques, qui
35051, à peine terminées, furent transportées à Birah
35052(28 ).
35053Bientôt après, le sultan se dirigea vers Alexandrie, et s’occupa activement de
35054faire creuser
35055le canal de cette
35056ville. Le prince, en personne, prenait part
35057au
35058travail;
35059il était secondé par
35060les émirs et le reste de la population. On parvint à
35061enlever les sables qui s’étaient amoncelés sur le rivage, entre Altakidi
35062et
35063l’ouverture du canal. Le sultan passa ensuite le fleuve près d’Abiar; dans cet en-
35064droit,
35065il
35066fit couler bas un grand nombre de barques, par-dessus lesquelles on
35067jetta quantité de pierres, après quoi
35068il retourna au cliâteau de
35069la Montagne. Ce
35070prince, à la tête de ses troupes, travailla, en personne, à creuser le lit du fleuve
35071de l’Égypte, entre l’île de Baudali et Manschah, dans le voisinage de la berge de
35072Raudali; ensuite,
35073il
35074fit partir le Mahtnel (le voile destiné pour la Kabali), revêtit
35075d’une robe d’honneur l’émir qui devait faire le voyage du Hedjaz, savoir
35076: Djemâl-
35077eddin, naïb de la maison de la justice
35078w-oU . Il lui remit une somme de
35079dix mille pièces d’argent, qui devaient être employées à rebâtir le sanctuaire de
35080l’apôtre de Dieu. L’on y joignit les grains nécessaires pour la nourriture journa-
35081lière des
35082ouvriers. Au mois de Djoumada-premier, Fakhr-eddin-Ebn-Djelban
35083arriva du pays des Francs
35084, ramenant avec lui un grand nombre de prisonniers,
35085qu’il
35086avait rachetés avec
35087les fonds provenant du wakf,
35088et qui
35089lui avaient été 330
35090(27) L’auteur de la Fie de Bibars (man. 8o3 ,
35091fol. 80 v°), et Nowaïri
35092(fol. 71
35093r°), décrivent
35094cet
35095événement avec un peu plus de détails. Suivant eux« Au mois de Safar, l'émir Alem-eddin-Baschkirdi
35096« naïb (gouverneur) de Hems, fut informé que le prince
35097souverain de la ville de Tarabolos
35098« (Tripoli), levait des troupes, avait demandé du secours aux rois des Francs
35099, ainsi qu’aux ordres
35100« de chevalerie
35101et se disposait à faire une invasion sur le territoire de Hems. Prenant aussitôt
35102« ses mesures
35103,
35104il aposta des espions
35105, pour observer les démarches de l’ennemi. A peine
35106le prince
35107«avait- il quitté Tripoli, que l’émir, informé de sa marche, le prévint, et arriva au gué dont il s’em-
35108« para. Le prince, voyant ce poste occupé par les musulmans, rebroussa chemin, et se dirigea d’un
35109« autre côté. Alem-eddin , à la tête de ses troupes, passa la rivière, et se mit à la poursuite de l’ennemi,
35110«lui tuant beaucoup de monde, faisant des prisonniers, et enlevant un grand butin , jusqu’au mo-
35111« ment où le prince fût rentré sur son territoire. L’armée musulmane retourna victorieuse, et la nou-
35112« velle en fut envoyée au sidtan, qui rendit à Dieu des actions de grâce. »
35113(28) Suivant l’écrivain de la Vie de Bibars (man.
351148 o 3 , fol. 81
35115r°),
35116« Le sultan donna l’ordre de
35117« jeter un pont sur l’Euphrate , devant la ville de Rahbah;
35118et ce projet causa aux Tatars de
35119vives
35120« inquiétudes. »
35121I. {deuxième partie.)
351224
p. 310
35123HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3512426
35125remis de
35126la part de l’émir Djelal-eddin-Nedjibi, naïb (gouverneur) de Damas,
35127Parmi ces captifs se trouvaient des femmes
35128et des enfants; les premières furent
35129envoyées à Damas,
35130afin que
35131le kadi leur procurât des
35132mariages sortables. Ce
35133même mois
35134l’émir Djemâl-eddin-ben-Nahar,
35135le mihmandar (Sâlébi)
35136, reçut la
35137mission de faire construire un pont sur
35138la rivière du Jourdain
35139Le naïb
35140(gouverneur) de Damas eût ordre de
35141faire conduire tous
35142les matériaux néces-
35143saires pour l’exécution de ce projet (29). Dans le même temps, on termina la
35144construction de la maison neuve, bâtie près de la porte secrète ^*J!
35145du châ-
35146teau de
35147la Montagne, au-dessus du marché des chevaux; on y donna un
35148repas
35149aux émirs.
35150Au mois de Djoumada-second, lemir Akouscb-Safiri, accompagné de quarante
35151(29) Nowaïri (fol. 3i v°) nous donne, à ce sujet, des détails plus circonstanciés
35152: « Au mois de
35153« Djoumada-premier, de l’année 664
35154, le sultan ordonna de construire un pont sur le Jourdain. Cette
35155«rivière,
35156qui traverse la partie de
35157la Syrie nommée Guur ^»LÜ!
35158, est désignée par
35159le nom de
35160« schariah ’ixijt*)
35161Ce pont fut établi dans
35162le voisinage de Damiah L/d-i
35163, entre ce lieu et
35164tjjy3 - H
35165« arriva
35166, dans cette occasion
35167, un événement singulier,
35168tel que
35169l’on n’avait jamais rien entendu de
35170« pareil. Le sultan avait confié la direction des travaux à l’émir Djemâl-eddin-ben-Nahar, et lui avait
35171« enjoint de faire construire cinq archesjJsL's. Les gouverneurs des cantons voisins, et entre autres
35172« l’émir Bedr-eddin-Mohammed-ben-Rahal
35173, gouverneur de Nabolos
35174( Naplouse )
35175,
35176s’étaient
35177réunis
35178,
35179« avaient fait apporter tous
35180les matériaux nécessaires, et amené avec eux des
35181ouvriers. L’ouvrage
35182« fut exécuté d’après le plan indiqué par le sultan. Lorsque tout fut terminé,
35183et que
35184les travailleurs
35185« se furent dispersés, un des piliers du pont parut ébranlé. Le sultan, vivement inquiet, adressa des
35186« reproches à ceux qu’il avait chargés de ce soin , et leur enjoignit de réparer le mal. La chose pré-
35187«sentait
35188de grandes
35189difficultés,
35190attendu
35191la crue
35192des eaux et
35193la force du courant. On resta
35194ainsi
35195« quelques jours, et l’on désespérait complètement de la réussite. Dans
35196la nuit qui précéda
35197le dix-
35198« septième jour du mois de Rebi-premier, de l’an 666 , les eaux du Jourdain se trouvèrent compléte-
35199« ment
35200interceptées, en sorte
35201qu’il
35202n’en resta pas une goutte dans
35203le
35204lit du fleuve. O11 se hâta de
35205« mettre à profit
35206cet événement,
35207et l’on alluma un grand nombre de feux et de maschals. Les pi-
35208« liers du pont furent réparés, consolidés, et l’on exécuta les travaux, qui jusqu’alors avaient été im-
35209« possibles. Des hommes à cheval, envoyés pour explorer la cause de ce phénomène, reconnurent, sur
35210«la rive occidentale du Jourdain, un kabar élevé, qui dominait ce fleuve. On entend par le mot kabar
35211«j LS" une butte, semblable à une montagne, mais qui n’en est réellement pas une, puisque les eaux
35212« peuvent l’entraîner comme une masse de
35213terre. Cette butte étant tombée dans le lit de la nviere
35214,
35215«l’avait entièrement obstrué;
35216et les eaux, ne trouvant plus d’écoulement, avaient contourne
35217cette
35218« digue, et s’étaient rejetées vers le canton de Gaur. Le courant se trouva ainsi interrompu depuis
35219le
35220« milieu de la nuit, jusqu’à la quatrième heure du jour. Bientôt, les eaux, reprenant leur cours, em-
35221« portèrent cette butte
35222,
35223s’élevèrent à la hauteur d’une pique, et entraînèrent
35224les outils des ouvriers.
35225« mais le pont étant bien consolidé n’éprouva aucune avarie. Ce monument, ajoute Nowaïri, subsiste
35226« encore de nos jours. »
p. 311
35227IV. MELIK-DAHER-BIBÀRS.
35228an
35229664
35230(
35231i a65).
3523227
35233employés de
35234la douane Ujjp
35235se mit en marche, pour aller lever la dîme
35236Ü&j chez les Arabes du Magreb. Arrivé sur leur territoire, il perçut la dîme, telle
35237que Dieu
35238l’a établie, et leva les autres impôts.
35239Le troisième jour du mois de Redjeb, le sultan
35240, animé d’un zèle ardent pour
35241faire la guerre aux infidèles
35242, envoya des ordres dans tous les cantons de l’Egypte,
35243afin de renvoyer les soldats qui se trouvaient dans leurs apanages; comme
35244ils
35245tardaient à venir, le sultan envoya de tous côtés ses iladj-dar c.>
35246(3o). Les
35247walis furent pendus par les mains pendant trois jours, en punition de ce qu’ils
35248n’avaient pas montré assez d’empressement pour
35249faire venir les soldats; ceux-ci
35250se trouvant tous réunis, le sultan
35251sortit de la ville,
35252le premier jour du mois de
35253Schaban
35254; le surlendemain,
35255il se mit en marche et se dirigea vers Gazah.Les émirs
35256Idogdi-Azizi et Seïf-eddin-Kelaoun vinrent camper dans la ville d’Aoudja, àla tête
35257d’une partie de l’armée. Le sultan se rendit à Khalil (Hébron), puis à Kuds (Jé-
35258rusalem),
35259il interdit aux peuples tributaires 1*JJ|
35260J.&! l’entrée du monument de
35261Khalil. Avant cette époque, ils pouvaient le visiter, moyennant une somme qu’on
35262exigeait d’eux; cette permission leur fut retirée, et ils ne l’ont pas recouvrée de-
35263puis. Le prince arriva près d’Aïn-Djalout. Les troupes qui étaient déjà campées à
35264Hems, firent une incursion sur le
35265territoire des Francs, assiégèrent et prirent le
35266château des Curdes
35267la forteresse d’Arka \sj&
35268, celle de Kolaïat oUiüJI
35269et ruinèrent ces différentes places. Le sultan ayant reçu la nouvelle de
35270ces suc-
35271cès
35272, envoya
35273les émirs
35274xAla-eddin-Bondokdari
35275et lzz-eddin-Igan
35276,
35277à
35278la
35279tête d’un
35280corps de troupes, avec ordre de marcher du
35281côté de Sour(Tyr), Ces généraux
35282pénétrèrent sur les
35283terres des Francs,
35284et enlevèrent un grand nombre de
35285pri-
35286sonniers
35287et un
35288riche butin. L’émir Jtamesch
35289s’était
35290dirigé
35291vers Saïdâ. Le
35292sul-
35293tan
35294prit la route d’Akkâ. Il détacha du côté de Karn ^.iJî les émirs Bedr-eddin-
35295Aïdemuri et Bedr-eddin-Baïsari. L’émir Fakr-eddin-Hemsi eût ordre de se porter
35296vers la montagne de Amilah ïLL& J^. Les Francs se trouvèrent attaqués de toutes
35297parts. Les Musulmans recueillirent un butin
35298si considérable, qu’il ne se trouvait
35299(3 o) Le mot jl
35300,
35301si je ne me trompe, désigne un maître d’escrime. En
35302effet, le mot
35303signifie, je crois, l'escrime. On
35304lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen
35305(t.
35306II, man. 748, fol. 2 r°)
35307:
35308j
35309j
35310v
35311jUHJL
35312“Il était passionné pour l’art de tirer des flèches, pour l’es-
35313,
35314"
35315'
35316'i
35317'
35318« crime et la lutte. » Le verbe
35319à la troisième forme, signifie tâter un ennemi, chercher à le prendre
35320au dépourvu. On lit dans le Divan des poètes de Hodheïl
35321(fol. 70
35322r°)
35323:
35324As;*,
35325’iî
35326«Il le harcela huit ou neuf fois, sans pouvoir le surprendre.
353274-
p. 312
353289.8
35329HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
35330plus personne qui voulût acheter un bœuf ou un
35331buffle. Ces courses hostiles
35332s etendirent depuis Tripoli jusqu’à Orsouf. L’armée du sultan vint camper de-
35333vant Sour(Tyr); ce prince resta dans les environs d’Akkâ, et l’émir Nâser-eddin-
35334Kaïmeri
35335s’était porté près d’Athlith.
35336Les habitants d’Akkâ prièrent l’atabek de s’entremettre pour leur obtenir
35337la
35338paix. Le sultan, tout occupé de la
35339ville de Safad,
35340fit revenir
35341les troupes
35342qu’il
35343avait envoyées dans
35344diverses directions. L’émir Bektasch-Fakhri, émir silah
35345,
35346se
35347mit en marche
35348, conduisant avec lui la tente^JlsO du sultan
35349, et vint camper de-
35350vant Safad.
35351II fut suivi de l’émir Bondokdar et de l’émir Izz-eddin-Igan
35352, à la tête
35353d’un corps d’armée. Tous mirent
35354le siège devant la place. Le sultan resta devant
35355Akkâ jusqu’au moment où
35356il eût été rejoint par ses troupes, et qu’il eût fait éta-
35357blir un grand nombre de machines de guerre; alors
35358il se mit en mouvement, suivi
35359de
35360ses
35361soldats complètement armés,
35362s’avança jusqu’aux
35363environs de
35364la
35365porte
35366d’Akkâ, et s’arrêta sur la colline de Fodoul
35367Jj
35368; ensuite,
35369il se rendit à Aïn-
35370Djalout; puis,
35371vint camper devant Safad,
35372le lundi, huitième jour du mois de
35373Ramadan
35374, et forma le siège de cette ville. Dans ce moment
35375, il vit arriver des am-
35376bassadeurs envoyés par le prince de Sour (Tyr), les Ismaéliens h jl
35377, le prince
35378de Beirout,
35379celui dé lafa,
35380et celui deSahioun. Le sultan présidait en personne
35381aux opérations du siège. Des machines, expédiées de Damas, arrivèrent au pont
35382de Jacob
35383, qui était le poste que
35384le prince avait choisi devant Safad.
35385Les chameaux s’étant trouvés hors
35386d’état de conduire ces machines, des soldats
35387et des émirs s’avancèrent pour les porter sur leurs cous. Le sultan, en personne,
35388arriva sur les lieux, entouré de ses principaux courtisans, et s’occupa, en secon-
35389dant les bœufs, à traîner des pièces de bois. Les autres travailleurs, lorsqu’ils se
35390trouvaient fatigués, se reposaient, puis retournaient à l’ouvrage; le sultan seul ne
35391se lassait point, et n’interrompait pas un instant sa tâche. Enfin, les machines
35392furent dressées le vingt-sixième jour du mois
35393, et commencèrent à tirer sur la ville.
35394Le sultan se tenait constamment auprès de ces machines, tandis qu’elles jouaient.
35395Cependant, les troupes de l’Égypte et de
35396la Syrie arrivèrent successivement, et
35397occupèrent
35398les quartiers qui leur étaient assignés. La nuit qui précéda la fête de
35399la rupture du jeûne, l’émir Bedr-eddin-Aïdemuri s’étant avancé pour
35400offrir au
35401prince
35402ses
35403félicitations, relativement à la solemnité de ce jour, une pierre
35404lui
35405tomba sur
35406la
35407tête. Le
35408sultan défendit que personne dans
35409le camp
35410ne
35411visitât
35412ses amis, à l’occasion de la fête , et ne quittât son poste
35413, dans la crainte que l’en-
35414nemi ne profitât de la circonstance pour surprendre l’armée. Le jour de
35415la rup-
p. 313
35416IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
35417an 664 (1266).
3541829
35419ture du jeûne, on proclama que tout homme qui boirait ou apporterait du vin
35420serait
35421étranglé.
35422Le second jour du
35423mois, on attaqua la ville de Safad.
35424Les
35425artificiers
35426commencèrent à
35427lancer
35428le naphte;
35429le sultan promit aux
35430tailleurs
35431de
35432pierres
35433que celui
35434d’entre eux qui arracherait
35435la première pierre de
35436la place,
35437recevrait trois cents pièces d’or; que le second
35438, le troisième et les autres, jusqu’au
35439dixième, obtiendraient la même gratification.
35440Il recommanda aux personnes de
35441sa suite de ne pas songer à son service particulier.
35442Il
35443s’engagea un combat
35444ter-
35445rible, dans lequel beaucoup de guerriers obtinrent la palme du martyre. Lors-
35446qu’un Musulman avait
35447été tué, son compagnon
35448le
35449tirait de côté, et prenait sa
35450place.
35451Cependant on
35452ouvrit un grand nombre de mines,
35453et
35454les
35455mineurs
35456s’y
35457introduisirent; le sultan y pénétra avec eux, et distribua ce jour-là une somme
35458d’argent considérable
35459et de nombreuses robes.
35460Il fit dresser une tente, dans la-
35461quelle se trouvaient des médecins
35462des chirurgiens
35463, des breuvages et
35464des aliments. C’était laque l’on amenait ceux d’entre les Arabes, les fakih,
35465les
35466fakirs ou autres
35467, qui avaient reçu quelque blessure. Le huitième jour du même
35468mois, les attaques recommencèrent;
35469le quatorzième jour, on livra un assaut qui
35470se prolongea depuis la nuit jusques vers midi. Les troupes, épuisées de fatigue,
35471s’étaient dispersées ; à cette vue
35472, le sultan
35473, profondément irrité , ordonna à ses fa-
35474miliers de marcher vers lestentes(3i),et défaire, à coups de massue, lever les émirs
3547533
35476et les soldats. Lui-même gourmanda
35477les émirs, et leur dit
35478: «Quoi! lorsque les
35479« Musulmans sont ainsi en péril
35480, vous vous reposez! levez-vous.» Puis,
35481il en
35482fit
35483arrêter plus de quarante, qui furent chargés de chaînes, et enfermés dans l’arsenal
35484ïljla..5ÿ. Mais, bientôt
35485, se laissant fléchir,
35486il leur rendit
35487la liberté, et leur enjoi-
35488(3i) Le mot
35489est
35490' e pluriel de
35491, qui désigne une
35492tente. On
35493lit dans
35494les Voyages
35495d’Ebn-Batoutah (manuscrit, fol. 21 r°)
35496: ^.Uî ,jJb
35497« On placera une tente, où tout
35498« le monde sera à l’ombre. « Dans le Roman d'Antar (tom. IV,
35499fol.
355005i
35501r°)
35502:
35503^.LLî
35504« H
35505fit paraître la tente, et ordonna à ses pages de la dresser. » Et plus bas
35506(lb . v°)
35507:
35508w>Lj
35509«La
35510porte de la tente.» Dans
35511l’histoire d’Ahmed-Askalâni (tom.
35512II,
35513fol.
355141 54 r°)
35515:
35516yvÆj
35517“fi défendit de vendre dans
35518« l’intérieur de la mosquée sacrée, et d’y dresser des
35519tentes. » Le mot
35520, comme
35521il est
35522facile
35523de le voir, n’est autre chose que le terme persan
35524ou ^LjL*
35525, qui signifie une tente, et qui,
35526en passant dans un autre idiome, a subi le changement assez commun du
35527en y>. C’est ainsi que
35528le mot persan serd
35529froid, adopté par les Arabes, a pris chez eux la forme
p. 314
355303o
35531HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
35532gnit de reprendre leurs postes. On battit les tambours, et les
35533attaques recom-
35534mencèrent. Enfin, les Francs demandèrent une capitulation;
35535elle leur
35536fut pro-
35537mise, sous la condition qu’ils n’emporteraient de la place ni armes, ni cuirasse,
35538ni aucun ustensile d’argent; qu’ils ne détruiraient, ni par le feu, ni parla hache,
35539aucun des objets de défense que renfermait la place. Des négociations s’engagèrent
35540sur ce
35541sujet et se prolongèrent jusqu’au vendredi, dix-huitième jour du mois.
35542Alors les drapeaux de l’islamisme furent arborés sur les remparts;
35543cette prise de
35544possession
35545fut un moment de
35546fêle. Le sultan, à cheval,
35547s’était placé devant la
35548porte de Safad; tous les Francs sortirent de la place, et furent amenés devant le
35549prince, qui ordonna de les fouiller. On trouva sur eux, au mépris de
35550la
35551capi-
35552tulation, des armes et des objets en argent; on découvrit aussi parmi eux, quan-
35553tité de prisonniers musulmans qu’ils emmenaient, en prétendant
35554qu’ils étaient
35555chrétiens. On leur enleva ce qu’ils portaient, on
35556les
35557fit descendre de leurs che-
35558vaux, et on les renferma dans une tente, où on leur donna des gardiens. Les Mu-
35559sulmans
35560prirent possession de
35561la place.
35562Le
35563sultan nomma, pour commander
35564dans la citadelle, l’émir Medjd-eddin-Touri
35565, et donna à l’émir Izz-eddin-Alaï,
35566le
35567gouvernement de la ville.
35568Dès le matin, les troupes se présentèrent devant le sultan, qui loua leur zèle,
35569s’excusa de la rigueur qu’il avait montrée envers quelques individus: « Je n’avais,
35570« leur dit-il
35571, d’autre but que de stimuler, et de hâter cette importante conquête.»
35572Puis
35573il ajouta
35574: «A compter d’aujourd’hui, nous serons amis. » Par son ordre,
35575ils montèrent à cheval
35576; puis on amena
35577les chevaliers
35578francs
35579,
35580et tous ceux que
35581l’on avait fait sortir de Safad, et on leur trancha
35582la
35583tê^e sur une colline voisine
35584de
35585la
35586ville. Deux d’entre eux, seulement, échappèrent à
35587la mort. L’un
35588était
35589le
35590négociateur, qui avait voulu rester auprès du sultan, et avait embrassé l’islamisme;
35591le prince
35592lui
35593avait donné un apanage,
35594et l’avait admis dans sa
35595société
35596intime.
35597Le second reçut
35598la vie sauve, afin qu’il pût rendre compte aux Francs de
35599ce
35600qu’il ayait vu. Le
35601sultan monta à la
35602citadelle,
35603et distribua aux émirs les muni-
35604tions
35605des
35606Francs,
35607les esclaves femelles,
35608les Mamlouks;
35609il y
35610fit transporter un
35611arsenal complet ïU là.
35612Lui-même portait les armes sur ses épaules, jusques dans
35613l’intérieur de
35614la place. Tout le monde suivant son exemple, l’arsenal
35615entier
35616se
35617trouva transporté dans l’espace d’une heure.
35618Il fit venir de Damas des hommes
35619qui devaient résider à Safad.
35620Il fixa à quatre-vingt mille pièces d’argent par mois
35621la solde de la garnison de la citadelle.
35622Il
35623fit construire une mosquée djami dans
p. 315
35624IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
356253i
35626AN 664 (1266).
35627le château, et une autre dans
35628le faubourg (3a).
35629Il assigna au scheïkh Ali-Medj-
35630noun les trois quarts du revenu,
35631et le dernier quart au scheïkh Elias. Le pro-
35632duit d’un village fut destiné pour l’entretien du tombeau de Khâled-ben-Walid
35633situé à Hems.
35634Le vingt-septième jour du même mois, le sultan partit de Safad,pour se ren-
35635dre à Damas;
35636il vint descendre dans le lieu nommé Hasourah
35637ordonna
35638qu’aucun soldat n’entrât à Damas, et que l’armée restât dans
35639la même position,
35640jusqu’à l’époque de l’expédition de
35641Sis. Pour
35642lui,
35643il entra dans Damas, accompa-
35644gné d’une troupe
35645légère. Ayant appris que plusieurs soldats s’étaient introduits 333
35646dans
35647la
35648ville,
35649il
35650les en
35651fit
35652sortir,
35653chargés de chaînes. Melik-Mansour
35654, prince de
35655Hamah
35656, reçut le commandement de l’armée qui devait agir contre l’ennemi
35657,
35658et
35659dans les rangs de laquelle se trouvaient les émirs Izz-eddin-Igan
35660et Kelaoun. On
35661se mit en marche le cinquième jour du mois de Dhou ’lkadah, et l’on se dirigea
35662vers Sis. Le troisième jour de ce mois
35663, mourut Keremoun-Agâ (33). Le huitième
35664jour, le sultan distribua des robes d’honneur
35665,
35666aux émirs de Damas, aux
35667kadis de cette ville, et aux autres fonctionnaires. Portant son attention sur ce qui
35668concernait la principale mosquée,
35669il défendit aux pauvres de séjourner la nuit
35670dans
35671cet édifice, et en
35672fit retirer tous les coffres qui
35673s’y trouvaient déposés
35674, et
35675qui appartenaient à diverses personnes. Le dixième jour du même mois, l’ata-
35676bek, accompagné de l’émir Djemâl-eddin-Nedjibi, naïb (gouverneur) de Damas,
35677tint une
35678séance dans
35679l’édifice
35680appellé Dâr-assaadah jbbuJîjta
35681( la maison du
35682bonheur)
35683, afin d’examiner les griefs des particuliers
35684, et d’apostiller les
35685placets.
35686Le sultan
35687, de son côté, partit pour la chasse,
35688et forma plusieurs enceintes
35689(pour enfermer le gibier). Arrivé àDjeroud (34), puis à Awamiah iLd^i (35),
35690il
35691fit
35692partir pour l’Égypte un individu qui venait d’arriver à Damas, et qui prétendait
35693être Mobarek, fils de l’imam Mostasem; mais
35694il
35695n’était reconnu pour tel ni par
35696Djelal-eddin
35697,
35698fils du dawadar, ni par l’eunuque Mokhtar,
35699et
35700il
35701fut convaincu
35702(3a) J’ai suppléé ici une partie de la phrase
35703: d’après le récit de Nowaïri,
35704il est clair que, dans
35705le
35706manuscrit de notre auteur, le copiste a passé une ligne.
35707(33) Suivant la narration de Nowaïri (fol. 32), l’émir Keremoun-Agâ mourut à Damas, à son re-
35708tour de la prise de Safad. Le sultan assista à ses funérailles.
35709(34) Je lis
35710au lieu
35711(35)
35712Je crois
35713qu’il faut lire
35714Damiah.
p. 316
3571532
35716HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.'
35717d’imposture. Peu de temps après, un autre individu, qui prétendait appartenir
35718à la famille des khalifes, fut également envoyé en Égypte.
35719Ce même mois,
35720le sultan s’empara des
35721villes de Hounin
35722Hanin
35723et
35724Ramlah.
35725Il les fit rebâtir, y établit le siège d’une juridiction
35726, et y plaça un gou-
35727verneur. A la même époque,
35728il supprima la ferme
35729du hascliischah (la pâte
35730de chanvre), et ordonna de punir ceux qui mangeaient cette drogue.
3573111 reçut une
35732ambassade de
35733la part des Hospitaliers, qui le priaient de maintenir la paix, re-
35734lativement
35735à
35736la
35737partie de
35738leur territoire qui avoisinait Hems
35739et
35740les
35741villes des
35742Ismaéliens
35743Le sultan répondit
35744:
35745« Je
35746n’y consens pas,
35747à moins que
35748« vous ne renonciez
35749à
35750la
35751contribution qui vous
35752est payée par
35753la principauté
35754« de Hamah, et qui se monte à quatre mille pièces d’or;
35755à celle que vous levez
35756« sur le canton
35757de Boukobaïs ^jôp
35758qui
35759est de huit cents
35760pièces
35761d’or
35762;
35763à
35764« celle que vous percevez sur
35765les villes des Ismaéliens, en deux payements, sa-
35766« voir
35767: douze cents pièces d’or et cent mudd (boisseaux) de froment
35768et
35769d’orge. »
35770Les Hospitaliers, ayant consenti à subir
35771cette perte, obtinrent un renouvelle-
35772ment de trêve; mais
35773il
35774fut stipulé que le sultan pourrait la rompre quand
35775il
35776le
35777voudrait, moyennant qu’il leur signifierait cette rupture quelque temps d’avance.
35778Cependant, on
35779reçut
35780la nouvelle que les Francs d’Akkâ ayant trouvé quatre
35781Musulmans sur le terrain descheïha
35782(3b), les avaient étranglés. Aussitôt,
35783en vertu des ordres du sultan,
35784les troupes entrèrent en armes sur
35785le territoire
35786des Francs, égorgèrent plus de deux cents hommes, et se retirèrent, emmenant
35787un très-grand nombre de bœufs et de buffles.
35788On
35789apprit, par une lettre du gouverneur de Kous, que cet officier était arrivé
35790dans
35791la
35792ville d’Aïdhab, et avait envoyé des troupes du côté de Sawaken; que le
35793prince de cette ville, ayant pris la fuite, l’armée était rentrée à Kous; que tout
35794le pays était pacifié,
35795et qu’une garnison occupait Sawaken, au nom du
35796sultan.
35797Le lundi, quinzième jour du mois de Dhou’lhidj ah , l’émir Izz-eddin-Halebi
35798naïb-assaltanah (vice-roi) de l’Égypte, accompagné du sdlieb ( vizir) Beha-eddin
35799et des kadis,
35800tint, suivant l’usage, une séance dans
35801la maison de la justice. Un
35802homme, qui tenait à la main un placet
35803, perça
35804la foule;
35805arrivé devant l’émir,
35806il se
35807(36) Peut-être faut-il
35808lire Scheïhan
35809Suivant
35810le témoignage du Lexique géographique
35811arabe (pag. 34i)
35812: «Scheïhan
35813est le nom d’une montagne qui domine toutes les montagnes situées
35814« autour de Jérusalem. »
p. 317
3581533
35816àN 664 (1266).
35817IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
35818précipita sur lui, armé d’un poignard qu’il avait
35819tiré de dessous ses habits, et le
35820frappa à
35821la gorge; l’émir lui ayant saisi le poignard
35822, se blessa la main. Ce furieux
35823le foula sous ses pieds, et se coucha sur son dos. Étant tombé,
35824il voulut porter à
35825l’émir un second coup
35826, ou frapper le sdheb. Mais , en levant le bras
35827, son poignard 334
35828atteignit au cœur l’émir Sârem-eddin-Kaïmaz-Masoudi
35829, qui mourut à
35830l’instant
35831même. Fakhr-eddin
35832, wdliàe Djizeh, qui se trouvait présent
35833, saisit cet homme, et
35834le renversa.
35835Il alla tomber sur le kadi-alkodat
35836;
35837et bientôt, percé de coups d’épée,
35838il expira sur
35839la place. On transporta l’émir Izz-eddin-Halebi à sa maison
35840, située
35841dans l’enceinte du
35842château. Les chirurgiens
35843(37) ayant été mandés
35844, con-
35845statèrent que la blessure avait pénétré entre l’œsophage et la
35846trachée-artère. On
35847sut que
35848l’assassin
35849était un des djandar; que cet homme, déjà attaqué de folie,
35850s’étant adonné à l’usage du haschischah (la pâte de chanvre), sa démence avait
35851pris de nouvelles forces. On manda
35852cette nouvelle au
35853sultan.
35854Il l’apprit au mo-
35855ment où
35856il revenait de son
35857séjour à Damas. Vivement
35858affligé d’un
35859pareil acci-
35860dent,
35861il
35862s’écria :« Par
35863Dieu!
35864je
35865supporterais patiemment
35866la mort de mon
35867fils
35868«Bérékeh, mais non pas celle de Halebi.
35869» L’atabek
35870lui
35871dit
35872:
35873« Seigneur,
35874vous
35875«venez de porter la joie dans nos cœurs
35876, lorsque vous avez dit que vous vou-
35877« driez sauver
35878la vie d’un de vos esclaves, aux dépens de celle de votre
35879fils, de
35880«celui qui est désigné comme votre héritier. » Bientôt, une dépêche, apportée
35881parle mamlouk de Halebi, annonça que cet émir était guéri. Le
35882sultan
35883fit pré-
35884sent au messager d’une robe et de mille pièces d’or. Son compagnon de voyage
35885,
35886reçut trois mille pièces d’argent. Le prince combla de bienfaits les héritiers de
35887Sârem-eddin-Masoudi
35888Cependant, Melik-Mansour et les troupes qui l’accompagnaient, étant arrivés
35889à Derb-Besak
35890(ou
35891Derbcsak
35892pénétrèrent dans
35893les
35894défilés
35895X.>j jJ!
35896(38 ). Le takafour (roi)
35897Haïthoum,
35898fils de Constantin
35899, roi d’Arménie,
35900», * fi
35901(37) Le mot ^
35902signifie un coiffeur , un barbier , remplissant
35903les fonctions de chirurgien. On
35904lit
35905dans un passage d’Ebn-Khallikan (inan. 730, fol. 240 v°) que, dans une circonstance où
35906il s’agissait
35907pareillement de guérir une blessure
35908, ^j
35909-1
359101 « On fit venir le barbier. » On voit dans un passage
35911de Makrizi (Solouh
35912tom. II,
35913fol. 36 o v°),« qu’un barbier
35914fut appelé pour circoncire un indi-
35915vidu. » Aujourd’hui encore, dans l’Orient, ce sont les barbiers par les mains de qui
35916la circoncision
35917est pratiquée.
35918(38) On peut voir sur
35919ce
35920défilé, et toute la contrée qui l’avoisine,
35921le mémoire
35922intéressant de
35923M.
35924Will. Ainsworth
35925: Notes upon the comparative geography
35926dans
35927le Journal of the royal geogra-
35928phical Society of London, tom. VIII, part.
35929II, pag.
35930i 85 et suiv.
359311
35932.
35933(deuxième partie.)
359345
p. 318
35935HISTOIRE DES SULTANS MAMI.OUKS.
3593634
35937avait fait élever des tours sur la crête des montagnes (39). Après quoi , il avait em-
35938l)i‘asse
35939la vie religieuse, et cede le trône a son
35940fils Lifon. Celui-ci se prépara à la
35941guerre, et se mit à la tête de ses troupes. Les deux armées étant venues aux mains,
35942Lifon, roi de Sis, fut fait prisonnier. Son frère et son oncle paternel furent tués.
35943Son autre oncle prit la fuite; et Iefds de ce dernier fut au nombre des prisonniers.
35944Le reste des princes, qui étaient au nombre de douze,
35945se dispersa. Les Armé-
35946niens perdirent dans
35947cette action leurs plus braves guerriers, leurs
35948meilleurs
35949soldats. L’armée musulmane poursuivit
35950les fuyards, massacrant ou faisant pri-
35951sonniers tous ceux qu’elle atteignait
35952, et portant partout l’incendie. Elle s’empara
35953d’une place très-forte, qui 'appartenait aux Templiers. Tous les hommes furent
35954égorgés; les femmes captives furent partagées entre
35955les
35956soldats. On
35957livra
35958la
35959ci-
35960tadelle aux
35961flammes, avec tous les
35962trésors
35963qu’elle renfermait. Les vainqueurs,
35964ayant pénétré dans la ville de Sis, la ruinèrent de fond en comble.
35965Ils passèrent
35966dans ce canton quelques jours, portant partout le carnage, l’incendie, et enle-
35967vant un grand nombre de prisonniers. Ensuite, l’émir Ougan (Igan) se dirigea
35968vers
35969le pays de Roum,
35970et l’émir Kelaoun vers Masisah, Adnali, Aïas
35971, et Tarsous.
35972Tous deux
35973égorgèrent
35974la
35975population,
35976enlevèrent
35977des
35978prisonniers,
35979ruinèrent
35980quantité de places fortes,
35981et livrèrent
35982tout aux flammes. Le prince de Hamali
35983était resté à Sis. Les deux émirs allèrent le rejoindre, amenant avec eux un bu-
35984335
35985tin immense. On offrait un bœuf pour deux dirliems
35986, sans trouver d’acheteurs.
35987Le sultan reçut la nouvelle de ces succès, au moment où
35988il était à la chasse, près
35989de Djeroud
35990djjzs. (4°)- H
35991gratifia
35992le courrier d’une somme de mille
35993dinars,
35994et
35995d’un grade d’émir de Tablkhanâh. Puis,
35996il reprit
35997la
35998route de Damas; et, après
35999avoir
36000fait ses préparatifs,
36001il partit pour aller à la rencontre de son armée, le trei-
36002zième jour du mois de Dhou’lhidjah. Arrivé
36003à Kârâ
36004\j la , on se plaignit à lui que
36005les habitants de cette
36006ville exerçaient, contre les habitants des campagnes, de
36007nombreuses vexations, et que tous ceux qui tombaient entre leurs mains étaient
36008vendus
36009par eux aux
36010Francs, dans
36011la
36012ville
36013d’Akkâ. Le
36014sultan
36015ordonna
36016à
36017ses
36018troupes de
36019piller
36020cette population; ce qui fut
36021exécuté. Les principaux
36022d’entre
36023les habitants furent massacrés, les femmes et les enfants réduits en captivité (40-
36024(39) Au lieu de b J.3
36025,
36026il faut lire
36027Si.
36028( 4 0)
36029J’ai lu
36030au lieu dej_^p., que présente
36031le manuscrit. Au rapport de l’auteur du Lexique
36032géographique arabe (pag. 160 )
36033,
36034« Djeroud est un bourg du district de Maloulâ
36035dans la Goutah
36036« de Damas. » Dans l’histoire de Nowaïri, on
36037lit
36038(4
360391 ) Nowaïri nous
36040donne, sur
36041cet événement,
36042des détails
36043plus
36044circonstanciés. Au
36045rapport
36046de
p. 319
360471Y. MELIK-DAHER-BIBARS.
3604835
36049AN (564 (1266).
36050Cependant, on \it arriver les troupes chargées de l’expédition contre Sis. Elles
36051présentèrent au
36052sultan
36053la part du butin cpii
36054lui appartenait, et qu’il distribua
36055l’historien
36056(f. 73 v°, 74 r°)
36057: « Le sultan, étant parti de Damas, pour aller à la rencontre des troupes
36058«qui
36059revenaient
36060de
36061l’expédition
36062contre
36063Sis,
36064passa
36065près
36066de Kârâ,
36067le
36068sixième jour du mois de
36069« Dhou’lhidjah, et ordonna de mettre cette ville au pillage. Voici le motif qui provoqua cette mesure
36070« rigoureuse. Un palefrenier
36071, qui était au service de l’eunuque
36072Mourschid, cominan-
36073« dant des troupes de Hamah
36074, revenant de la cour du sultan, avec son maître, et étant arrivé dans
36075«le lieu nommé jj-jÜI, tomba malade,
36076et passa
36077la nuit dans
36078cet endroit. L’eunuque ignorait
36079cet
36080« événement. Deux des habitants de Kârâ allèrent trouver cet homme, et l’attirèrent chez eux, pour
36081« lui donner l’hospitalité.
3608211 séjourna auprès d’eux durant trois jours, et recouvra la
36083santé. Alors,
36084«ses deux hôtes
36085l’emmenèrent pendant
36086la
36087nuit, et
36088le conduisirent au château
36089des Curdes
36090OÎ^ll, où
36091ils
36092le vendirent pour une somme
36093de quarante dinars
36094souris. Cette même année, un
36095«marchand de Damas,
36096s’étant rendu au château des Curdes, pour payer
36097la rançon
36098des prison-
36099«niers
36100, racheta, entre
36101autres,
36102ce palefrenier,
36103qu’il conduisit à Damas, où
36104il
36105lui rendit
36106la
36107liberté.
36108« Cet homme se mit au service d’un soldat, et fut du nombre de ceux qui accompagnaient
36109le sultan
36110« dans sa marche. Lorsqu’il fut arrivé dans la ville de Kârâ,
36111le palefrenier se présenta à l’audience
36112« de l’émir Fâres-eddin
36113, l’atabek
36114, et lui rendit compte de son aventure. L’émir
36115lui ayant demandé
36116« s’il connaissait celui qui l’avait vendu
36117,
36118il répondit affirmativement. On le
36119fit partir, accompagné de
36120« plusieurs djandâr.
3612111 rencontra un des deux hommes qui l’avaient trompé, l’arrêta, et le conduisit
36122«en présence de l’atabek, qui se hâta de communiquer l’affaire au sultan. Ce prince fit comparaître
36123«les deux adversaires,
36124et les confronta l’un avec l’autre. L’habitant de Kârâ nia le
36125fait. Le pale-
36126« frenier certifia qu’il reconnaîtrait la maison
36127,
36128et tout ce qu’elle renfermait. L’habitant de Kârâ
36129se
36130« vit contraint d’avouer la chose
36131; puis
36132il ajouta
36133: «Je ne suis pas seul à commettre de pareils actes
36134:
36135« tous les habitants de la ville y prennent part ». Des moines de Kârâ, s’étaient rendus à la tente du
36136« sultan, apportant des provisions
36137: le prince les
36138fit arrêter; puis, montant à cheval,
36139il se transporta,
36140« en personne
36141, au monastère, situé en dehors de la porte de Kârâ,
36142fit massacrer ceux qui s’y trou-
36143» vaient renfermés, et livra l’édifice au pillage. Étant revenu sur ses pas , il ordonna à ses troupes de
36144« se mettre en marche, et marcha vers la colline, située hors de Kârâ, du côté du nord. Ayant mandé
36145« Abou’lizz, reM(chef) de
36146la ville,
36147il lui dit
36148: «Nous avons dessein d’aller à la chasse.
36149» Les habitants
36150« eurent ordre de sortir. Une partie d’entre eux s’avança en dehors de la place.
36151Lorsqu’ils furent à
36152« une assez grande distance, le sultan ordonna de leur trancher latète; ce qui fut exécuté. 11 n’échappa
36153«au carnage que ceux qui prirent la fuite, et
36154allèrent se cacher dans les maisons et dans les puits.
36155« Plusieurs s’étant cantonnés dans les tours, obtinrent la vie sauve, et furent retenus prisonniers. Ils
36156« étaient au nombre de mille soixante et dix, tant hommes que femmes et enfants. Quelques uns se
36157« réfugièrent auprès d’Abou’lizz,
36158reïs de la
36159ville
36160:
36161le sultan lui accorda leur liberté. Bientôt après,
36162« les moines qui avaient apporté des provisions, furent, par ordre du sultan, fendus par le milieu
36163«du
36164corps.
36165L’armée
36166reçut
36167l’ordre
36168de
36169mettre
36170la ville au
36171pillage;
36172ce qui
36173fut exécuté. L’église fut
36174« convertie en mosquée. On amena dans cette
36175ville un grand nombre de Turcomans
36176et
36177d’autres
36178«habitants;
36179ensorte
36180qu’elle se trouva repeuplée. On y plaça un
36181khatib (prédicateur)
36182et unkadi.
36183«Avant cette époque, elle était entièrement habitée par des Chrétiens. Un motif particulier engagea
36184»le sultan à conserver
36185le
36186reïs de cette place. Lorsque Melik-Dâher poursuivait
36187les Tatars, après le
361885.
p. 320
3618936
36190HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
36191toute entière aux
36192soldais. Le roi de Sis et les autres prisonniers furent comblés
36193par lui de témoignages de bienveillance. Le sultan retourna à Damas,
36194le vingt-
36195quatrième jour du
36196mois, ayant devant
36197lui le
36198roi de
36199Sis.
36200Il
36201revêlit
36202de khilah
36203(robes) les émirs, les princes et
36204les soldats. Damas se trouva
36205remplie d’objets
36206précieux, et l’on y vendit une immense quantité de pierreries, de chevaux, de
36207farine et de soie. Le sultan ne s’attribua rien de tout cela. Le prince de Hamali
36208reprit
36209la route de
36210ses états, après
36211avoir
36212été comblé par Bibars de marques de
36213munificence, et avoir reçu quantité de chevaux, d’objets de
36214prix et de robes.
36215Sur ces entrefaites,
36216il arriva des ambassadeurs, envoyés par Abaga
36217, fils de Houla-
36218gou, pour offrir des présents et demander la paix.
36219Cette même année
36220, on donna ordre de rassembler les hommes attaqués d’infir-
36221mités graves (4a)
36222On les réunit dans
362231e Khan-cissebil J_wJt
36224«U., si-
36225tué au Caire,
36226en dehors de la
36227porte appellée Bab-alfotouh
36228,
36229>b (la porte
36230des victoires). De là, ils furent transférés dans la ville de Fayoum, et on leur assi-
36231gna une place
36232, dont
36233le produit devait fournir à leur entretien
36234; mais
36235ils n’y res-
36236tèrent pas,
36237et ne
36238tardèrent pas à se disperser. Beaucoup d’entre eux
36239revinrent
36240au Caire. Le sultan, plein de zèle pour l’abolition des abus,
36241fit partout répandre
36242le vin et supprima
36243, dans toute l’étendue de l’Egypte
36244, tous les genres de désordres
36245les cabarets, les lieux de débauche. Dans tous les cantons de l’empire ces établisse-
36246ments criminels disparurentà la fois. Le kadiNâser-eddin-Abmed-ben-Moliammed..,
36247kadi d’Alexandrie, au moment où il vit arriver les ordres du prince, et où le gouver-
36248neur
36249> abolit ces abus réprouvés parla religion, composa les vers suivants
36250:
36251« combat d’Aïn-Djalout
36252, et
36253qu’il passait près de Kârâ, le rets
36254sortit à sa rencontre, et le reçut chez
36255« lui. Le prince, pour
36256lui témoigner sa reconnaissance,
36257le combla de témoignages de bienveillance.
36258» Les enfants des habitants de Kârâ furent vendus, puis élevés parmi les Mamlouks, et apprirent
36259à
36260«parler la langue turque. Plusieurs d’entre eux furent enrôlés parmi
36261les soldats, obtinrent le grade
36262« d’émirs, furent nommés gouverneurs de grandes provinces, remplirent, en Égypte, des places impor-
36263« tantes, et acquirent des richesses considérables. » La ville de Kârâ L,ls était située au nord de Damas,
36264sur la route qui conduit à Hems. Khalil-Dâheri (man. 695,
36265fol. 238 v°), énumérant les relais disposés
36266pour les pigeons chargés de porter
36267les lettres, dit:
36268« De Damas à Balbek et à Kârâ, puis
36269à Hems.
36270»
36271Le même auteur
36272(fol.
36273v°), parlant des
36274relais établis pour le transport de la neige,
36275dit
36276:
36277« De
36278« Kastal
36279on se rend à Kârâ, puis à Gasoulah
36280'<Uy*«xJI. » Le Matla-assacicleïn (t. I
36281,
36282f. 21 1 v°),
36283écrit ïjl&, et Abou’lféda
36284( Tabula Syriæ
36285pag. 17)
36286ï\ LS.
36287(42) Le mot
36288A» le
36289désigne Une maladie qui , comme la lèpre ,
36290etc., peut se communiquer par
36291le
36292contact. On
36293lit dans l’ouvrage
36294intitulé lnschâ (man.
362951073, fol.
36296i 33 r°), en
36297parlant d’un
36298hôpital
36299:
36300aj
36301! Jo
36302'i!
36303« On n’v
36304traite point de malades
36305attaqués
36306d affections
36307« cutanées, par crainte de la contagion. «
p. 321
36308an 665 (1266).
36309IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
36310Zq
36311« Le diable n’avait plus parmi nous de moyen d’action
36312,
36313si ce
36314n’est dans
36315les
36316« états de l’émir, qui lui offraient un asile.
36317« Tu
36318l’as privé à
36319la
36320fois du vin et du haschisch ( le chanvre),
36321c’est comme
36322si
36323« tu
36324lui avais enlevé l’eau et le pâturage.»
36325Abou’lhosaïn-Djezzar ,
36326dit sur le même sujet
36327:
36328« La coupe a perdu son écume; la bouche n’a plus de salive.
36329« Le vieillard pleure aujourd’hui sur la jeunesse qui
36330l’a
36331fui. »
36332Cette même année, on vit arriver Ali, fds du khalife Mostasem, qui avait jus-
36333qu’alors été prisonnier chez les Tatars (43).
36334Au mois de
36335Moharrem,
36336le
36337sultan
36338fit
36339partir
36340les
36341deux
36342émirs,
36343Seïf-eddin-
36344Bektemur-Saki , et Schehâb-eddin-Bourana
36345, à la
36346tête d’un corps de troupes et de 665
36347soldats montagnards ils. JL=s.j
36348(44)- H revinrent à Safad
36349, après avoir coupé
36350les
36351roseaux sur
36352le territoire des Francs. Ceux-ci, ayant reçu des îles de Chypre un
36353(43) Au rapport d’Abou'lmahâsen (m. 661,
36354f. 217 r°),
36355la hauteur primitive du Nil était de quatre
36356coudées, vingt-sept doigts
36357; et la crue s’éleva à dix-huit coudées
36358, douze doigts.
36359(44) Le mot
36360se trouve
36361, avec
36362cette
36363signification,
36364dans plusieurs
36365passages. On
36366lit
36367dans
36368Y Histoire d’Égypte d’Ebn-kadi-Schohbah (man. arab. 643,
36369f. 5i
36370r°)
36371: îLlysbij
36372.
36373>jx)
36374! ^ja
36375« 11 réunit un grand nombre d’Arabes et de montagnards.
36376»
36377Plus
36378loin
36379(fol.
3638064
36381r°)
36382: ^a
36383pF*
36384àsjî
36385LLs-d «Une troupe de montagnards fondit sur le bourg de Zabdâni. » Dans
36386le
36387Manhel-sdfi d’Abou’lmahâsen (tom. V,
36388f. 28 r°)
36389:
36390j
36391. 5 £11*.)
36392J-ad ^a
36393sxa
36394« 11 avait
36395« avec lui des montagnards
36396, qui faisaient partie de la population de Balbek et de Bekâ.
36397« Et ailleurs
36398(fol. 3i v°)
36399^a
36400^JLasdt ^a
36401^jtA
36402“ Les montagnards
36403qu’il
36404« avait faits prisonniers, et qui avaient servi sous le prince de Djobaïl. »On lit dans YHistoire de Jéru-
36405salem (man.
36406ar. 713, pag. 389)
36407: J-Asb ! ^
36408jJÜ
36409!
36410^a
36411J les.j.)
36412!
36413J
36414v _ 9
36415J
36416« Afin de distribuer cet argent aux hommes qui avaient été choisis pour cette expédition, et qui ve-
36417« liaient des montagnes de Kuds (Jérusalem) et de Khalil (Hébron).» Plus bas
36418( ibid.'j
36419:
36420jç=s.
36421^.bb
36422^
36423« H mit en campagne des hommes pris dans
36424la montagne de Nabolos.
36425»
36426Ailleurs
36427(pag. 3gi)
36428:
3642914 ^«bb
36430^,lw>
36431I yv.J
36432.
36433.
36434.
36435b ^çs.
36436çjj
36437)
36438I ^ bL-J
36439^
36440J.A.J
36441p.^4
36442!
36443^ja
36444ç,^.a
36445«
3644611 se rendit à la montagne de Nabolos
36447.
36448.
36449.
36450« afin de faire arrêter les Benou-Ismaïl
36451, scheïkhs de cette montagne, pour les punir de
36452la négligence
36453« avec laquelle
36454ils avaient exécuté
36455les ordres du sultan, dans
36456le pays de Boum.» Plus loin
36457( ibid.)
36458:
36459YL»
36460wVAljj
36461w\üJI
36462^Ȕ
36463.
36464.
36465.
36466çjss. ^jb js.
36467S j_*û9
36468« L’émir
36469« des Arabes de Djerm
36470voulait exercer de nouvelles vexations contre les
36471Fellahs de
36472la montagne
36473« de Jérusalem
36474, et leur extorquer de l’argent.
36475» Et enfin (pag. 392)
36476:
36477^ja Jbs.jJ
36478î
36479^9»
36480_j
36481« Faire marcher à la guerre des habitants des montagnes de Jérusalem
36482, de
36483« Khalil, et autres. »
p. 322
3648438
36485HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
36486%
36487secours d’environ quinze cents
36488cavaliers,
36489firent des courses dans le canton de
36490Tabariah. A cette nouvelle, l’armée marcha du côté d’Akkâ, attaqua les Francs et
36491en tua un grand nombre. Le reste se
36492retira en désordre dans la ville d’Akkâ, et
36493célébra les funérailles de ceux qui avaient péri dans l’action. Le second jour du
36494mois,
36495le sultan
36496partit de Damas, à
36497la
36498tête de ses troupes, et se rendit à Farar
36499( ou y_yü! ).
36500De
36501là,
36502escorté d’un détachement,
36503il
36504se
36505dirigea
36506vers
36507Ziza.
36508Étant tombé de cheval, le huitième jour du mois
36509,
36510il s’arrêta dans ce
36511lieu durant
36512quelques jours
36513, jusqu’à ce qu’il
36514fût bien remis de cet accident.
36515Il
36516se plut à ré-
36517pandre
36518ses
36519largesses
36520sur tous
36521ses soldats et ses émirs, à qui
36522il fournit, sur
36523le
36524produit des grains de Karak, tout ce qui
36525était nécessaire pour leur
36526entretien.'
36527Les courtisans intimes et les secrétaires eurent part à celte libéralité
36528, et on leur
36529distribua des sommes d’argent considérables. Les émirs de
36530Gazali furent aussi
36531mandés et comblés de présents.
36532L’émir Izz-eddin-Aïdemur, naïb
36533( gouverneur )
36534de Karak, ayant été appelé auprès du prince, reçut mille pièces d’or, et fut revêtu
36535d’une khilah
36536( robe ). D’autres robes furent envoyées aux habitants de Karak. Le
36537sultan continua sa marche, placé dans une litière, qui était portée sur le cou
36538des émirs et des courtisans intimes. Arrivé à Gazali,
36539il en repartit,
36540et
36541se rendit
36542à Belbeïs. Là, son
36543fils Bérékeh vint à sa rencontre,
36544le troisième jour du mois de
36545Safar, accompagné de l’émir Izz-eddin-Halebi.
36546La
36547ville du
36548Caire
36549fut
36550parée en
36551signe de
36552réjouissance. Le
36553premier jour du mois
36554de
36555Rebi-premier ,
36556le
36557sultan
36558monta à cheval;
36559et
36560le rétablissement de
36561sa santé
36562fut annoncé publiquement,
36563par le son des lambours. Le
36564sultan arriva à la porte de Nasr, y séjourna jusqu’au
36565cinquième jour du mois, et monta alors au château de la Montagne.
36566Il
36567reçut un
36568ambassadeur, envoyé par le takajour Haithoum, roi de Sis, pour intercéder en
36569faveur de son
36570fils. Le sultan, cédant à ces instances, rendit la liberté au jeune
36571prince, lui
36572fit ôter ses chaînes,
36573le vingt-deuxième jour du même mois, lui
36574ac-
36575corda, pour lui et ses états, une trêve d’un an; après quoi,
36576il le fit monter à che-
36577val, et l’amena avec lui au lieu nommé Birket-aldjubb Ç^sr'i XÏy
36578, pour tirer l’ar-
36579quebuse. Le dernier jour du mois de Rebi-premier,
36580le sultan envoya Xatabek
36581et le sdheb (vizir) Fakhr-eddin-Mohammed,
36582fils du sciheb Beha-eddin-ben-FIinnâ
36583pour chercher dans
36584le quartier nommé Hosainiah
36585un
36586terrain
36587sur
36588le-
36589quel on pût
36590élever une mosquée
36591djami. Tous deux s’accordèrent à
36592choisir
36593le
36594lieu qui avait servi de parc
36595pour les chameaux du sultan (45). Mais le prince
36596(45)
36597Makrizi, dans un autre ouvrage (Description de VÉgypte, man. 682 , fol. 449 r°b rapportant
p. 323
36598IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
36599an 665
36600(1266).
3660139
36602dit
36603:
36604« Je ne vois rien de mieux que de placer une mosquée dans mon meïdan
36605«(hippodrome), qui a servi de théâtre
36606à mes divertissements.
36607» Le
36608huitième
36609jour du mois de Rebi-second,
36610le sultan monta à cheval, accompagné du salieb
36611Belia-eddin
36612, ainsi que des kadis,
36613et se rendit au meïdan de Karakousch.
36614Il dési-
36615gna l’emplacement sur lequel devait être construite la mosquée, et décida que le
36616l'este du
36617terrain serait un wakf, assigné exclusivement à cet édifice. Ensuite,
36618il
36619retourna au collège qu’il venait de faire construire dans l’intervalle qui sépare les
36620deux palais. Par ses ordres,
36621il
36622s’y était réuni un grand nombre de fakih (juris-
36623consultes)
36624et de lecteurs (de l’alcoran
36625). Le prince leur adressa la parole en ces
36626termes
36627: «Voici le lieu que j’ai consacré au Dieu Très-Haut; lorsque je viendrai à
36628« mourir, ne m’enterrez point
36629ici; et gardez-vous de rien changer à la disposi-
36630« tion de cet édifice.
36631» Puis,
36632il monta au château. Là,
36633il reçut une dépêche de
36634Mansour, prince de Hamah, qui demandait la permission de se rendre en Égypte,
3663533
36636afin de
36637s’assurer par lui-même de
36638la convalescence du
36639sultan. En ayant reçu
36640l’autorisation,
36641il arriva le vingt-septième jour du mois. Bibars s’avança à sa ren-
36642contre jusqu’à Abbasseh; et lui envoya, pour lui et pour tous ceux qui l’accom-
36643pagnaient des
36644robes d’honneur v_jbjUo. Ensuite,
36645il retourna au château de la
36646Montagne. Mansour, ayant demandé et obtenu la permission de
36647faire le voyage
36648d’Alexandrie,
36649se
36650dirigea vers
36651cette
36652ville, accompagné de
36653l’émir Sonkor-djah-
36654Dâlieri. Partout
36655, jusqu’à son retour,
36656il trouva toutes les provisions qui lui étaient
36657nécessaires. Le vendredi
36658, dix-huitième jour du mois de Rebi-second, on
36659fit
36660la
36661prière dans la mosquée
36662Azliar,
36663située au Caire. La chose
36664n’avait pas
36665eu
36666lieu,
36667depuis l’époque où Sadr-eddin-Abd-elmelik-ben-Derbasch
36668avait
36669été promu aux
36670fonctions de kadi d’Égypte, par ordre du sultan Salab-eddin-Iousouf-ben-Aïoub.
36671L’émir Izz-eddin-Aïdemur-Halebi, étant venu habiter dans le voisinage de cet édi-
36672fice, reprit un grand nombre de wakfs, qui appartenaient à la mosquée,
36673et que
36674plusieurs personnes s’étaient appropriés.
36675Il donna lui-même une somme d’argent
36676considérable, et engagea
36677le sultan à contribuer aux
36678frais de
36679l’entreprise.
36680Il
36681ht
36682rebâtir les piliers et les murs qui étaient dégradés,
36683fit reblanchir et repaver tout
36684l’édifice; réparer la toiture,
36685et placer partout des tapis. Par son
36686ordre, on éleva
36687un nouveau maksourah,
36688et on y construisit un menber ( une chaire). Une con-
36689testation s’éleva alors sur
36690la question de savoir
36691s’il était licite ou non de faire la
36692prière dans cette mosquée. Plusieurs jurisconsultes se prononcèrent pour l’affir-
36693le même fait, développe un peu la réponse de Bibars. Suivant l’historien
36694,
36695« le sultan
36696déclara cpfil ne
36697« consentirait jamais à placer une mosquée sur un terrain qu’avaient occupé des chameaux.
36698»
p. 324
36699HISTOIRE DES SULTANS MA M LOUKS.
367004o
36701mative; mais le kadi-a/kodat, Tadj-eddin-ben-Bint-alaazz, et d’autres personnages
36702refusèrent leur assentiment. Sur
36703les plaintes de Halebi,
36704le
36705sultan
36706conféra
36707lui-
36708même sur cette affaire avec
36709le kadi-alkodat
36710;
36711mais celui-ci persista dans son op-
36712position. Cependant, l’émir ayant obtenu un fetva (une décision juridique) de
36713ceux qui permettaient la chose,
36714fit faire dans
36715la mosquée la prière du vendredi.
3671611 invita le sultan à y assister; mais ce prince déclara qu’il n’y paraîtrait pas,
36717à
36718moins que
36719le kadi-alkodat ne
36720consentit
36721à
36722s’y rendre. L’atabek,
36723le sâheb (vizir)
36724Beba-eddin,
36725et
36726quantité
36727d’émirs
36728et
36729de jurisconsultes
36730assistèrent à
36731cette
36732céré-
36733monie. Le
36734sultan
36735ne
36736s’y montra pas, non plus que le kadi-alkodat. L’émir Bedr-
36737eddin-Bilik,
36738le khazindar (trésorier),
36739fit pratiquer dans cette mosquée un mak-
36740sourah (chambre grillée), dans
36741lequel fut établi un mouderris (professeur)
36742et
36743plusieurs fakih (jurisconsultes) de
36744la
36745secte
36746de Schaféï.
36747II y plaça également un
36748mohaddith, chargé d’expliquer les traditions du Prophète ,
36749et
36750l’ouvrage
36751intitulé
36752Rakaïk
36753ainsi que sept lecteurs, qui devaient réciter le livre auguste du
36754Koran. On assigna, pour cet objet, des wakfs , dont
36755le revenu devait suffire
36756à
36757ces dépenses.
36758Au mois de Djoumada-second
36759, on vit arriver des ambassadeurs, envoyés par
36760les
36761Ismaéliens
36762VjcjJ!
36763,
36764et
36765qui
36766apportaient une somme
36767d’or considérable.
36768«Voilà, dirent-ils,
36769la contribution que nous étions dans l’usage de payer aux
36770« Francs. Nous venons
36771la remettre au trésor, afin qu’elle soit consacrée aux dé-
36772« penses
36773des défenseurs de
36774la
36775religion. » Avant
36776cette époque,
36777les chefs des
36778Is-
36779maéliens
36780JUv)
36781se
36782faisaient payer des tributs par les rois, les kha-
36783lifes,
36784et recevaient chaque année une contribution des souverains de
367851 Egypte.
36786Mais, depuis ce moment, ils envoyèrent régulièrement leur tribut à Melik-Dâber,
36787comme au monarque le plus zélé pour la défense de
36788la cause de Dieu.
36789Ce même mois, on rebâtit la forteresse de Kâkoun .jÿÜ, qui devait remplacer
36790celles de Kaisariéh et d’Orsouf.
36791L’église des Chrétiens fut convertie en mosquée
36792djami. Beaucoup de personnes s’établirent dans cette ville, qui devint florissante
36793et pourvue de nombreux marchés. Dans le même temps
36794,
36795le
36796sultan
36797s occupa de
36798lever la dîme
36799dans toutes les parties de son empire.
36800Il perçut, dans
36801le Ma-
36802greb,
36803la dîme des troupeaux
36804et
36805des grains. A Sawaken
36806, et dans les
36807îles qui en
36808dépendent, la même perception eût lieu. L’émir Schakal-ben-Mohammed fut en-
36809voyé dans le Hedjaz, pour réclamer de Djemaz, émir de Medine, le paiement du
36810adad
36811Ne recevant que des paroles évasives,
36812il se rendit auprès des Benou-
36813Khâled, pour les engager à se joindre à lui contre
36814les Arabes de Djemaz. Puis,
p. 325
36815IV, MELIK-DAHER-BIBARS.
36816aw 665
36817(1266).
368184 *
36819effrayé de sa mission (46),
36820il écrivit au sultan, le priant d’envoyer un homme qui
36821pût le remplacer dans les fonctions de lever les taxes prescrites parla religion (47).
36822Le vingt-septième jour du même mois, le sultan partit pour la Syrie, accompagné
36823d’un nombre considérable d’émirs, et laissa en arrière la plus grande partie de ses
36824troupes.
3682511 avait avec lui Melik-Mansour, souverain de Hamab. Arrivé à Gazah,
36826il
36827congédia le prince, qui retourna dans ses états, après avoir visité, comme pèlerin,
36828la ville de Jérusalem. Le sultan, durant son séjour à Gazah, reçut des ambassa-
36829deurs envoyés par les Francs
36830, et qui lui amenaient
36831, avec des présents
36832, un grand
36833nombre de prisonniers musulmans. Bibars
36834fit revêtir ces captifs, et leur rendit la
36835liberté. De là,
36836il se dirigea vers Safad. Sur ces entrefaites, il apprit que les Tatars
36837avaient fait une tentative sur Rahbah
36838, mais que
36839les habitants de cette
36840ville les
36841avaient mis en fuite, après leur avoir tué ou pris un grand nombre d’hommes. Le
36842sultan séjourna
36843à Damas durant cinq jours
36844, puis reprit
36845la route de Safad,
36846le
36847vingt-quatrième jour du
36848mois.
36849Il partagea entre ses émirs
36850les travaux du fossé,
36851et s’en réserva une part considérable pour lui, ses mamlouks, et les hommes atta-
36852chés à son service.
36853Il travaillait en personne
36854; à son exemple , les émirs et toute la
36855foule s’occupaient avec ardeur et à l’envi les uns des autres, aux travaux de cons-
36856truction
36857, à transporter des pierres
36858, à amonceler de la terre. Des ambassadeurs
36859envoyés par les Francs pour demander la paix , furent témoins de l’empressement
36860que
36861tout le monde mettait à
36862cette
36863entreprise.
36864Cependant, le sultan préparait une expédition secrète.
36865Il
36866se mit en marche,
36867tandis que les Francs étaient dans une entière sécurité.
36868Ils
36869n’eurent avis de son
36870projet, qu’au moment où
36871il était déjà arrivé aux portes d’Akkâ,
36872faisant
36873main-
36874basse sur tous les Chrétiens. De
36875toutes parts on
36876lui apportait des têtes
36877; comme
36878la chaleur se faisait vivement sentir, on plaça au bout d’une pique une pièce
36879d’étoffe
36880, sous laquelle
36881il se mettait à l’ombre. Après avoir
36882ainsi passé
36883la nuit,
36884et
36885le matin du jour suivant,
36886il reprit la route de Safad.
36887Des ambassadeurs de Sis arrivèrent, et apportèrent un présent. Les députés
36888des Francs virent les têtes que l’on portait au bout des piques.
36889(46)
36890Je lis
36891au lieu de
36892.
36893qla..
36894(47) Si l’on en croit deux historiens arabes (man. non catalogué
36895,
36896f.
368971 92 r°, et ni. 8 o 3 , f. 96 r° et v°),
36898ce fut, au contraire, l’émir des Arabes de Médine, qui, redoutant la colère de Bibars,
36899écrivit à ce
36900prince, pour lui apprendre qu’il se soumettait à payer les taxes prescrites par
36901la
36902religion,
36903et à les
36904faire acquitter par les Arabes qui lui étaient soumis.
36905Il envoya au sultan un présent composé de che-
36906vaux précieux.
36907L (deuxième partie.)
369086
p. 326
3690942
36910HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
36911On
36912fit avancer les ennemis, faits prisonniers dans cette expédition, et on leur
36913trancha la tête. Le sultan, ayant mandé les ambassadeurs des Francs, leur dit
36914:
36915« Celte incursion
36916a eu lieu par représailles des courses que vous avez faites sur
36917«le territoire de Schakif. » Ensuite,
36918il
36919les renvoya, sans leur avoir accordé la
36920paix.
36921Il monta à cheval
36922, le vingt-unième jour de Schaban, partit de Safad, et prit
36923la route d’Akkâ. Les Francs n’eurent connaissance de sa marche (48), qu’au moment
36924où
36925il se trouvait aux portes de la ville.
36926Il plaça devant les jardins, les édifices et
36927les puits,
36928des maçons, des
36929tailleurs de pierres, des hommes du peuple, avec
36930ordre de tout ruiner.
36931Ils se partagèrent les travaux, et commencèrent à démolir
36932les bâtiments
36933, à couper les arbres. Le sultan montait la garde
36934vjjTÿJt J.v& du côté
36935d’Akkâ, et resta, durant quatre jours, à cheval, une pique à
36936la main, jusqu’au
36937moment où tous les édifices furent complètement renversés ou livrés aux flammes,
36938et tous
36939les arbres abattus.
36940Après quoi
36941,
36942il
36943reprit
36944la
36945route
36946de
36947Safad. Là
36948, des
36949ambassadeurs de Sis, et d’autres de Beïrout, étant venus
36950le trouver, obtinrent
36951de lui les points qui étaient l’objet de leur mission.
36952839
36953Au mois de Ramadan, des députés de la ville de Sour (Tyr) arrivèrent à la cour,
36954et demandèrent la confirmation de la trêve. Le sultan y consentit, et leur signa
36955un traité qui assurait une trêve de dix ans
36956à Sour et à son territoire, qui com-
36957prenait quatre-vingt-dix-neuf bourgs. Mais auparavant,
36958ils furent astreints, en
36959réparation du meurtre de Sâbek-Schaliin
36960, à payer à
36961ses enfants une somme de
369621 5,ooo dinars souri (de Tyr. ) Ils en acquittèrent la moitié, et on ne songea point
36963à exiger
36964le
36965reste.
36966Les Francs rendirent également un nombre
36967de prisonniers
36968Magrebis.
36969Des ambassadeurs, envoyés par les Hospitaliers, vinrent demander au sultan un
36970traité qui protégeât le château des Curdes et Markab. Le prince y consentit,
36971et
36972leur accorda une trêve qui devait durer dix ans, dix mois, dix jours et dix heures.
36973Cet
36974acte supprima
36975les
36976contributions
36977que payaient
36978aux Hospitaliers
36979les villes
36980des Ismaéliens, les places de Hamah, Schaïzer, Afamiah et Bou-Kobaïs, ainsi que
36981la redevance
36982qu’ils percevaient du
36983territoire de Aintab
36984,
36985et qui
36986consistait en
369875oo dirhems souri (de Tyr)
36988(49) deux makkouk
36989de froment, et six dirhems
36990v-ü
36991î jj pL L*â, au lieu de
36992JJ
36993(48) Je
36994lis ^Jj
36995(49) La monnaie de Tyr est souvent nommée par les historiens arabes. On
36996lit, dans un passage
36997de notre auteur (pag.
36998374 )
36999:
37000jLp
37001i.A& jjs «On l’imposa, pour
37002« chaque année, à vingt mille dinars souri. » Dans la
37003Vie de Bibars, deNowaïri (fol. 75 r°)
37004:
p. 327
37005IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
37006an 665
37007( 1266 ).
3700843
37009pour chaquefeddan de terre. Le schérif Mâlek-ben-Mounif arriva de Médine,
37010pour se plaindre du schérif Djemaz, émir de cette ville.
37011Il alléguait que les pré-
37012rogatives de
37013l
37014’émirah avaient été partagées également entre son père et celui de
37015Djemaz. Un ordre, adressé à celubci, lui enjoignit de restituer à Bedr-eddin la moi-
37016tié des droits attachés au rang d’émir. Bedr-eddin reçut un acte d’investiture qui
37017lui assurait sa dignité; on lui remit en même temps la moitié des wakj, apparte-
37018nant à la ville du prophète, et
37019situés dans la Syrie
37020et dans l’Égypte. Djemaz se
37021soumit aux ordres du sultan.
37022Au mois de Dhou’lhidjah
37023,
37024le
37025puits du réservoir de
37026Jérusalem se trouva à
37027sec, en sorte que
37028la population éprouva une extrême disette d’eau. Un homme
37029étant descendu dans le puits, reconnut qu’un conduit était bouché. On avertit
37030l’émir Âla-eddin-alhâdj-Rokni, gouverneur de Jérusalem, qui
37031fit venir des ma-
37032çons, et examina l’état des constructions souterraines. Ils pénétrèrent dans un ca-
37033nal, qui les conduisitjusques sous la saklirah
37034î . Là, ils trouvèrent une porte
37035cintrée jiabu (5o) qui était bouchée. Lorsqu’ils l’eurent ouverte,
37036il en
37037sortit une
37038telle masse d’eau
37039, qu’ils faillirent être noyés. Le gouverneur écrivit ces détails au
37040sultan. Suivant ce qu’il lui manda
37041, l’eau ayant diminué dans le bassin hl'Ld ! , les
37042ouvriers y descendirent et trouvèrent une digue, dans laquelle les tailleurs de pier-
37043res
37044, après un travail de vingt jours
37045, pratiquèrent une brèche ; ensuite ils rencon-
37046trèrent un toit bien cimenté kiliu (5i). Ils y firent une ouverture, qui avait une
37047jkj-i
37048>.—aJ
37049] jLz. «Quinze mille
37050dinars souri. » Quelquefois, le mot
37051est mis seul, au
37052lieu de
37053.LlO
37054, comme dans ce passage de Y Histoire d’Alep (man. ar. 728, fol. 190 r°)
37055: àilkî
37056UflJ
37057î
37058j
37059v
37060sJî ÏjL^j
37061« Il le relâcha, pour une somme de cent cinquante mille
37062souri. »
37063Il paraît que cette monnaie avait une bien faible valeur, car nous lisons dans la Vie de Bibars (m. 8 o3 ,
37064fol. 99 v°),
37065« que mille dinars d’Égypte équivalaient à vingt-cinq mille dinars souri
37066s
37067sdl djjj&J
37068jLo
37069v—aJi
37070j
37071h
37072ÿo. » Mais peut-être, l’auteur où le copiste a-t-il
37073pris
37074le dinar pour
37075le dirhem.
37076( 5 0) Le mot^ila.» signifie cintré, voûté. On lit dans le Moroudj de Masoudi
37077( tom.
37078I,
37079f. 63 v°)
37080:
37081jL l_3
37082« Des ponts
37083cintrés.» Ibid.
37084: 'SjJaÂiù
37085« Ses rues et ses
37086ruelles étaient
37087« cintrées. » Dans
37088la
37089Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 37 r°), on
37090lit aussi
37091: t^iaisU b b
37092Dans
37093l’Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. I, man. 656 , fol. 41 v°)
37094: ï^Jalsu
37095_\is
37096« 11
37097« forma là voûte du pont avec des pierres cintrées. » Dans une Histoire de Damas (m. 823,
37098f. 7 r°
37099)
37100:
37101La la X&
37102u Là étaient des voûtes de plomb. »
37103(5 1) Le verbe Jaila, qui a donné naissance à notre mot calfater,
37104signifie cimenter. Dans la Vie de
37105Bibars de Nowaïri, on trouve, comme chez notre auteur
37106: iaili» wüw
37107Jus-y
37108. On lit dans la Des-
371096 .
p. 328
3711044
37111HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
37112longueur de cent vingt coudées, de
37113la mesure employée pour les travaux de
37114construction; aussitôt, l’eau sortit en abondance,
37115et remplit
37116le conduit.
37117Cette même année,
37118le sultan
37119fit élever un pont sur
37120le canal, appelé Bahr-
37121Abi’lmounedja, dans le canton de Beïsous. Ce fut l’émir Izz-eddin-Aïbek-Afrem
37122,
37123qui présida à cette construction; et ce pont fut un des plus vastes que l’on con-
37124nût.
37125Bientôt
37126après,
37127le prince
37128fit rebâtir à Damas, le palais appelé Kasr-ablak
37129Jjb'itîj^süî (5a) (le cliâleau blanc),
37130situé dans
37131le Meïdan-akhdar
37132cription
37133de
37134l’Égypte de
37135Makrizi
37136( art. des Ponts
37137man. ar. 682.
37138)
37139:
37140(Jit*
37141U"* ^
37142«Quelquefois on cimentait ce pont, dans la crainte de voir submerger le quartier de Maks.
37143(52) Nowaïri, qui raconte également
37144( Vie de Bibars ,
37145fol. 33 v°) la construction du Kasr-ablak
37146,
37147nous donne, à ce sujet,
37148les détails
37149suivants: «L’an 665,
37150le
37151sultan Melik-Dâher donna ordre de
37152« bâtir
37153Lâoî
37154le Kasr-ablak
37155, situé dans le Meïdan-akhdar , en dehors de Damas. Il fut construit tel
37156« qu’il est aujourd’hui. Il arriva, dans cette occasion, un fait remarquable, cjui a été raconté par un
37157« de ceux qui prenaient part aux travaux. On achevait la construction de l’arcade VjJaxiH
37158, qui cou-
37159« ronne la salle d’audience
37160et
37161il ne restait plus qu’à placer une seule pierre, de couleur
37162» noire. Elle avait été taillée et disposée pour le lieu qu’elle devait occuper. On l’élevait à l’aide de
37163« cordes; mais, l’une d’elles s’étant rompue, la pierre tomba sur
37164le pavé de la salle,
37165et se brisa en
37166« morceaux. L’architecte fut vivement affligé de cet accident. Étant entré, pour satisfaire un besoin
37167«naturel, dans
37168les latrines
37169de
37170l’ancien palais
37171il remarqua, sur un des bancs
37172«
37173une pierre noire, toute taillée. En la mesurant,
37174il reconnut qu’elle avait absolument les
37175« dimensions de la pierre qui venait de se briser.
37176Il demanda à l’émir Djemâl-eddin-Nedjibi la per-
37177« mission d’enlever la pierre, et de la placer au sommet de la voûte. Ayant obtenu cette autorisation,
37178«
37179il arracha la pierre, la
37180fit hisser au haut de l’arcade, où on la scella,
37181et où elle s’adapta parfaite-
37182« ment, comme
37183si elle avait été disposée exprès. La pierre brisée fut remise à la place de l’autre, sur
37184« le banc des latrines.
37185»
37186L’auteur du Mesalek-alabsar (man. 583, fol. 21 1 r°), nous donne sur cet édifice les détails qu’on
37187va lire
37188: « Le palais, appelé Kasr-ablak, fut construit par ordre de Melik-Dâher-Bibars-Bondokdâri.
37189« Le mur extérieur est, depuis le haut jusqu’en bas, composé de pierres noires et jaunes, disposées
37190« de manière qu’une assise
37191d’une couleur, est suivie d’une
37192assise de couleur différente. Le
37193« travail a été exécuté avec un art et une symétrie admirables. Pour arriver dans ce palais, on entre
37194« d’abord dans un édifice
37195placé sur un pont établi au-dessus de la rivière. On pénètre dans une
37196« salle
37197extérieure, qui domine sur
37198le Meïdan méridional,
37199et qui
37200fut reconstruite par ordre
37201« d’Akousch-Afrem,
37202à l’époque où
37203il
37204était naïb (gouverneur) de Damas. De là, on entre dans
37205le
37206« palais par un vestibule étendu j.J.aO, qui comprend plusieurs chambres 'JlaLs-lS d’une magnificence
37207«royale. Le plancher, les murailles, en haut comme en bas, sont formés de marbres de diverses
37208« couleurs , recouverts d’or, d’azur, de mosaïques dorées. Des plates bandesjj
37209! de marbre régnent
37210«jusqu’au toît; Dans le grand palais se trouvent deux salles placées vis-à-vis l’une de
37211l’autre. Les
37212« balcons de la salle orientale ont vue sur
37213le Meïdan-akhdar, et ceux de
37214la
37215salle
37216occidentale do-
37217« minent la rivière
37218, qui déploie ses eaux comme une nappe d’argent. Là, s’élèvent des pavillons d’une
37219« grande hauteur, du
37220toît
37221desquels, dans les quatre directions, on découvre la ville entière, la vallée
p. 329
37222IV. MELIK-DAHER-EIBARS.
3722345
37224ak 665
37225(1266).
37226(L’hippodrome
37227vert.) Les travaux
37228furent
37229exécutés sous
37230l’inspection
37231de
37232l’émir
37233Akousch-Nedjibi , naïb (gouverneur) de Damas. L’édifice, construit en marbre
37234blanc et noir, présentait de vastes dimensions
37235, et était, de tous côtés, environné
37236de jardins
37237et de courants d’eau. Jamais on
37238n’avait élevé dans cette
37239ville
37240rien
37241d’aussi
37242magnifique. Ce palais resta
37243sur pied
37244et continua
37245d’être
37246une résidence
37247royale
37248, jusqu’au moment où
37249il fut démoli par ordre de Timour-lenk,
37250l’an 8o3,
37251à l’époque où ce conquérant livra aux flammes et à la dévastation la ville de Da-
37252mas. Cette même année, Mangou-Timour,
37253fils de Tagan,
37254fils de Batou-khan,
37255fils
37256de Douschi-khan
37257,
37258fils de Djinghiz-khan,
37259s’assit sur
37260le trône du Kabdjak,dans 340
37261la ville
37262de Saraï
37263comme
37264successeur de feu Bérékeh-klian
37265,
37266fils
37267de Saïn-
37268khan, (Batou-khan)
37269fils de Douschi-khan. Bérékeh montra toujours un vif atta-
37270chement pour l’islamisme; il fut un des plus grands monarques qui aient régné
37271sur les Tatars, et choisit pour sa capitale
37272la ville de Saraï.
37273Le kadi-alkoclat Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Khalf-Alaï, plus connu sous
37274le
37275nom d’Ebn-Bint-alaazz, mourut
37276le
37277vingt-septième jour du mois de Redjeb
37278, à
37279l’âge de cinquante-et-un ans. Il eut pour successeur, dans les fonctions de kadi du
37280Caire et de
37281la partie septentrionale de l’Égypte
37282, Taki-eddin-Mohammed-ben-Ho-
37283saïn-ben-Rezin , de la secte de Schaféï. Mohii-eddin-Abd-allah-ben-Scherf-eddin-
37284Mohammed, surnommé Ebn-Aïn-eddaulah, fut promu au rang de kadi de Misr
37285(Fostat), le jeudi, neuvième jour du mois de Schaban
37286, en vertu
37287d’un diplôme
37288qui lui
37289fut adressé
37290, peu de temps après la mort de Tadj-eddin-Ebn-Bint-
37291alaaz, et qui le maintenait dans les fonctions de kadi de Fostat et de
37292la contrée
37293méridionale.
37294Cette même année, l’émir Halebi fit le pèlerinage (de la Mecque), et distribua
37295en aumônes des sommes considérables qui lui avaient été remises pour cet objet
37296par
37297le sultan Melik-Dâher. Le sâheb
37298(vizir) Mohii-eddin
37299,
37300fils du sdheb Behâ-
37301eddin-ben-Hinnâ,
37302fit également le pèlerinage.
37303Cette année vit mourir l’émir Mser-eddin-Hosaïn-ben-Aziz-Kaïmeri
37304, naïb as-
37305saltanah (gouverneur) du Sahel (la côte de la Syrie) (53); Schehab-eddin-Kâsem-
37306«de Goutah
37307et
37308la rivière. Ce palais renferme des appartements royaux, des
37309écuries
37310dignes d’un
37311« sultan, des bains, et tout ce qui peut servir à l’usage des princes. » Nous voyons dans l’histoire que
37312ce
37313palais était
37314la résidence
37315des
37316souverains ou des vice-rois de Syrie. Lorsque Timour
37317se rendit
37318maître de Damas, ce fut dans cet édifice qu’il établit son séjour (Abd-errazzak,
37319t.
37320I, de mon manuscrit,
37321folio 210 recto).
37322(53) Au rapport de Nowaïri (fol. 36 r°), du prétendu Hasan-ben-lbrahim
37323(fol. 194 v°), d’Àbou’l
37324-
p. 330
3732546
37326HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
37327Abd-errahman-ben-Ismaël-ben-Othman
37328, surnommé Abou-Schâmah-Moukaddesi
37329(natifde Jérusalem), le schaféï (54) mourut à Damas, à 1 âge de soixante-six ans (55).
37330mahâsen (fol. 217
37331r° et v°), « cet officier était un
37332des principaux émirs, un de ceux qui occupaient
37333«auprès du prince le rang le plus éminent. C’était lui, qui au moment de la mort tragique de Tou-
37334«ranschah,
37335lils de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub
37336,
37337avait
37338livré
37339la Syrie à Melik-Nâser-Iousouf,
37340«souverain d’Alep. Distingué par ses rares qualités, son courage intrépide, sa
37341générosité,
37342il com-
37343«(manda les armées de la Syrie,
37344sous
37345les règnes de Melik-Sâleh et de Melik-Nâser. Sous
37346ce dernier
37347« règne,
37348il était plus obéi que le sultan lui-même
37349: tous les Curdes lui étaient dévoués, et exécutaient
37350« fidèlement ses ordres
37351: Melik-Dâher lui conféra un bénéfice militaire ^Üaâ’î dans le Sahel, et l’éleva
37352«au-dessus de
37353tous
37354les émirs de cette province. C’était
37355lui qui
37356avait fait construire,
37357à Damas,
37358le
37359« collège Kaïmeriah, destiné aux Schaféïs, et
37360situé près du minaret JkôU de
37361Firouz.
37362Il dépensa,
37363« disait-on, pour cet objet, une somme de quarante mille dirhems.
37364Il mourut, le dimanche, trei-
37365« zièmc jour du mois de Rebi-premier, dans
37366la province où
37367il commandait. Plein de fierté,
37368il se
37369« plaisait à rivaliser avec les sultans, pour la magnificence de son cortège, le nombre de ses chevaux,
37370« de ses mamlouks, et des gens de sa suite. »
37371(54) Au rapport du prétendu Hasan-ben-Ibrahim
37372(man. non catalogué, fol. 194 r° et v°),
37373«le
37374« scheïkh Schehûb-eddin-Abou’lkâsem-Abd-errahman-ben-Ismaïl-beivIbrahim
37375, plus connu sous
37376le
37377«nom d’Abou-Schâmah
37378ji
37379! fut scheïkh
37380(docteur) de la maison
37381des
37382traditions
37383« Aschrafiah, et professeur dans le collège Rokniah.
37384Il composa plusieurs ouvrages
37385utiles,
37386parmi
37387«lesquels 011 distingue
37388:
37389i° Un abrégé de l’histoire de Damas; %° Un commentaire sur le
37390livre inti-
37391tulé Schatibiah L—JsUÜ!
37392; 3° L’ouvrage qui
37393a pour titre îj.~^ )j
37394(la Résurrection
37395et
37396le
37397«Voyage nocturne);
37398celui qui
37399a pour
37400titre
37401j îjj^Jî
374021
37403, 4
37404^
37405^
37406(le
37407«Livre des deux jardins, concernant l’histoire des deux règnes, celui de Noradin et de Saladin).
37408Il
37409«y ajouta une continuation.
37410Il vint au monde, le vendredi, vingt-troisième jour du mois de Rebi-
37411« second,
37412l’an 599.
3741311 prit des leçons de jurisprudence xJLsù' sous
37414Fakhr-eddin-ben-Asâker, Ebn-
37415« Abd-esselam, le scheïkh Seïf-eddin-Amidi, et
37416le scheïkh Mouwaffik-eddin-Ebn-Kodamah
37417;
37418et on
37419« assure qu’il parvint, dans cette science, au rang de Moudjtehid.
37420Il s’exercait aussi à faire des vers.
37421«Enfin, personne, de son temps, ne l’égala, pour la variété des connaissances, le zèle religieux, la
37422«fidélité et l’intégrité.
37423Il avait
37424lu l’Alcoran sous le scheïkh Alem-eddin-Sakhawi,
37425qu’il accompagna
37426« pendant quelque temps. Il prit aussi de lui des leçons de langue arabe. Il périt victime du complot
37427« de certaines personnes, qui apostèrent contre lui un assassin.
37428Il demeurait alors près des moulins
37429«destinés à écraser
37430la soude
37431«IkiTbM
37432On
37433l’accusait d’un fait dont
37434il paraissait innocent;
37435« et des professeurs de traditions wO-Xs-*!
37436J.&Î et autres personnages ont attesté qu’il avait suc-
37437« combé sous une
37438injustice.
3743911 ne
37440cessa de poursuivre ses
37441travaux historiques
37442, jusqu’à ce qu’il fût
37443« arrivé au mois de Redjeb de cette année. Suivant ce que l’on rapporte,
37444il avait déjà
37445été attaqué
37446« une fois, dans sa maison. Ses assassins étaient entrés chez lui, et l’avaient frappé violemment, dans
37447« l’intention de le tuer. Comme il avait survécu à cet accident, on l’engageait à se plaindre en justice;
37448« mais il refusa
37449, et répéta ces vers
37450:
37451« J’ai répondu à ceux qui me disaient
37452: Pourquoi ne te plains-tu pas? L’attentat dont je suis la
37453« victime est terrible , atroce.
p. 331
37454IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
37455an 666 (1267).
3745647
37457Au mois de Safar, on reçut, de
37458la
37459"ville du prophète
37460(Médine) le
37461an
37462montant de la zekah
37463ïtejJî (l’aumône des revenus ), et de la dîme
37464savoir
37465: 666
37466«Dieu nous a préparé un défenseur, qui soutiendra nos droits,
37467et nous vengera si nous mettons
37468« notre confiance en Dieu , c’est assez. Nous trouverons en lui un protecteur suffisant. »
37469« Les assassins s’introduisirent chez lui une seconde fois, et l’égorgèrent, le mardi, dix-neuvième
37470«jour du mois de Ramadan. Il fut enterré le jour même, dans le cimetière de la porte appelée Bab-
37471« aljaradis ^OÎ^àJt
37472(la porte
37473des jardins). H eut pour successeur dans
37474les fonctions de
37475« scheïhh du collège Aschrafiah , Mohii-eddin-Nouwawi. »
37476Aboul’mahâsen [Manhel-sâfi , tom. IY, man.
37477j 5 o,
37478f.
37479r°
37480et v°), ajoute à la
37481liste des ouvrages
37482d’Abou-Schâmah ceux qui suivent
37483: « i° Un commentaire sur les vers composés à la louange du Pro-
37484« phète Sj
37485jjLâiül par Sakhawi, en un volume; i° Une explication du livre
37486intitulé Alhadilh-
37487« almouktafa (la tradition suivie), concernant la mission de Mahomet
37488:
37489«
37490_jLLæ4Î
374913° Un livre intitulé
37492: La lumière de celui qui marche la nuit, concernant la con-
37493« naissance du créateur
37494: ^jU! Üày# ^3
37495; 4° Un traité sur les sciences fondamentales,
37496«qui ont rapport aux actions du Prophète:
37497JUsLj
37498Jj.o'i!!
37499^Is- ,3
37500; 5° Un
37501« traité destiné à
37502la réfutation des opinions erronées et des innovations:
37503« vjLoljsAî j
37504; 6° Le livre de l’interrogation
37505:
37506*. A*
375071
37508}
37509; 7
375100
37511« La réfutation des prétentions des
37512«
37513fils d’Obaïd (les Fatimites)
37514:
37515JLs.
37516a
37517ktS
37518;
375198° Les
37520faits isolés qui
37521ont rapport aux lec-
37522« teurs (de l’Alcoran)
37523: *îj.ü)î
37524! J)y#
37525; 9
375260 Une introduction à la grammaire
375273
37528; enfin
37529,
37530il
37531«avait mis en vers
37532le
37533traité de grammaire, rédigé par Zamakhschari
37534,
37535sous
37536le
37537titre de Moufassal
37538« jAaa.1!.
37539» Abou’lmahâsen ajoute qu’Abou-Schâmah
37540avait composé deux abrégés de
37541l’histoire de
37542Damas, l’un en quinze volumes, et l’autre en cinq. Abou-Schâmah , dans un de ses ouvrages (man.
37543ar. 707 A,
37544f. 36
37545r°),
37546cite son histoire de Damas.
3754711 nous apprend en outre (fol. 1 r° et v"), « Que
37548cet ouvrage
37549était un abrégé du plus grand traité historique qui
37550ait été écrit chez
37551les Musulmans,
37552de l’histoire
37553de Damas,
37554qui
37555avait
37556pour auteur
37557Abou’lkâsem-Ali-ben-Hasan-Asâkeri
37558(autrement
37559nommé Ebn-Asâker ), et qui se composait de huit cents parties, réunies en quatre-vingts volumes.
37560»
37561Mais
37562il prend soin de nous avertir que dans cet extrait, il ne s’était pas attaché à copier servilement
37563son modèle, mais
37564qu’il avait perfectionné l’ouvrage
37565, et l’avait enrichi d’une foule d’additions
37566utiles.
37567Abou-Schâmah
37568(f. 107 r°) cite
37569le traité dont j’ai fait mention plus haut, et dans lequel
37570il s’efforcait
37571de prouver la fausseté des
37572titres que produisaient les khalifes Fatimites
37573, pour faire remonter leur
37574généalogie jusqu’à Ali, fils d’Abou-Taleb. Des productions littéraires d’Abou-Schâmah, nous n’avons
37575sous les yeux que
37576le Kitab-arrnoudataïn , dont la Bibliothèque du Roi possède un exemplaire ma-
37577nuscrit (man. ar. 707 A), et qui renferme, ainsi qu’on l’a vu
37578, une histoire détaillée de Noradin et de
37579Saladin. C’est une compilation, mais une compilation bien faite,
37580qui offre, sur la vie de Ges deux
37581grands princes, une narration bien développée, bien authentique. Cet ouvrage mérite d’autant plus
37582d’être consulté, que l’on y trouve, outre des extraits de Belia-eddin, Ebn-Athir, et autres écrivains
37583bien connus,
37584de longs fragments tirés de plusieurs livres importants,
37585qui ne sont point sous nos
37586yeux
37587, et qui n’existent dans aucune collection de l’Europe.
37588(55) Cette année la hauteur primitive du Nil fut de cinq coudées, quatorze doigts. La crue s’éleva
37589à seize coudées
37590, quatorze doigts.
p. 332
3759148
37592HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
37593cent quatre-vingts chameaux et une somme de 10,000 dirhems.Le sultan trouva
37594que c était trop peu de chose, et ordonna de tout renvoyer. Cependant, les Benou-
37595Sakhr
37596, les Benou-Hâm et les Benou-Anezeh
37597, qui
37598faisaient partie des arabes du
37599Hedjàz, arrivèrent à la cour, et s’engagèrent à fournir la zekah des troupeaux et des
37600chameaux. Le sultan
37601fit partir avec eux deux
37602(inspecteurs) pour lever cette
37603contribution. Ce meme mois, les travaux de construction de Safad furent répar-
37604tis entre les émirs. Le sultan se réserva pour lui-même une portion considérable
37605d ouvrage. Ce lut
376061 émir Seïf-eddin-Zeïni qui fut chargé de rebâtir la citadelle et
37607ses tours.
37608Il y fit pratiquer des portes secrètes, qui débouchaient dans
37609le fossé.
37610Lorsque tout fut terminé, on grava sur les murs cette inscription
37611:
37612« Nous avons
37613écrit dans
37614les Psaumes, après des avis salutaires, que la
37615terre
37616« sera
376171 héritage de mes vertueux serviteurs
37618; ce sont eux qui forment la troupe
37619« de Dieu, et cette troupe prospérera constamment. Cette citadelle a été rebâtie
37620« fortifiée, achevée, embellie
37621, par le sultan Melik-Dâher-Abou’lfatah-Bibars, après
37622« que ce prince a délivré cette place des mains des Francs maudits, et l’a remise
37623«au pouvoir des Musulmans, qu’il
37624l’a transportée du domaine
37625des Templiers
37626«
37627AjjjjJt à celui des vrais croyants; qu’il
37628l’a fait revenir à son état primitif, à la
37629« foi véritable , et a causé ainsi aux infidèles une perte et un
37630chagrin bien
37631sen-
37632341
37633« sibles
37634; que, par suite de ses efforts, de ses combats,
37635il a substitué la vraie religion
37636« à l’erreur, la proclamatien de la prière
37637au son
37638des cloches,
37639l’Alcoran
37640à
37641« l’Evangile.
37642Il a présidé en personne aux travaux, jusque là que lui
37643et ses cour-
37644« tisans intimes ont porté sur leurs têtes la terre et les pierres des
37645fossés. Que
37646« tout prince de l’islamisme qui possédera cette forteresse, que tout défenseur de
37647« la religion qui habitera cette place, accorde à ce monarque la part de récom-
37648« pense qui lui est due
37649, et ne manque pas d’implorer sur lui
37650, en secret comme
37651« en public, la miséricorde divine. Car chacun se disait
37652: «Puisse Dieu relever
37653« cette citadelle, après avoir dit
37654: Puisse Dieu en hâter la prise. » Les vrais croyants
37655« doivent triompher jusqu’au jour du dernier jugement. »
37656Ce même mois, le sultan écrivit au roi Mangou-Timour, successeur de Bérékeh,
37657pour lui faire un compliment de condoléance
37658àjj.*dî,
37659et l’exciter à commencer
37660la guerre (56) contre le
37661fils de Houlagou. Bientôt après
37662, ce prince donna l’ordre
37663de
37664rebâtir la mosquée de Khalil J-iÿ
376655
37666! (Hébron). L’émir Djemâl-eddin-ben-Nahar
37667se rendit sur les lieux pour surveiller les travaux, et les conduisit à leur terme.
37668(56) Je lis
37669au lieu deji-^lî.
p. 333
37670an 666 (i 267).
37671IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
376724q
37673Sur ces entrefaites
37674, le sultan partit de Safad, prit la route du Caire, et rentra sain
37675et sauf au
37676château de
37677la Montagne.
37678Il reçut des ambassadeurs envoyés par
37679le
37680souverain du Yémen
37681, et qui lui présentèrent vingt chevaux équipés comme pour
37682la guerre, plusieurs
37683éléphants, une ânesse sauvage, de couleur âHaltabi àLU&
37684^llî, ainsi qu’un grand nombre de choses curieuses
37685et d’objets précieux. On fit
37686remettre au prince du Yémen une khilah (robe), un drapeau
37687et un présent,
37688dans lequel se trouvait une tunique, choisie parmi les vêtements du sultan, et
37689que le prince avait demandée comme un gage de
37690sûreté
37691personnelle. On
37692lui
37693adressa en même temps une cuirasse
37694et d’autres pièces d’armure
37695; et on lui
37696fit dire
37697:
37698« Nous vous avons envoyé à
37699la fois un costume de paix et un costume
37700de guerre; ce dernier se compose de vêtements que nous avons portés sur les
37701champs de bataille.» Dans la lettre écrite à ce prince, on
37702lui donnait
37703le titre de
37704« Son Altesse auguste et royale, le sultan (57 ) ^LhLJt
37705Et Bibars
37706y traça de sa main le mot « le Mamlouk »
37707Mî (58). Bientôt après
37708, le sultan
37709,
37710passant devant Sedir, dans le voisinage d’Abbaseh, ce lieu lui plut, et
37711il
37712fit choix
37713(A7) Le mot makam
37714ainsi que nous l’apprend
37715l’auteur du Diwan-alirtschâ (manuscr.
377161 57 ^,
37717fol.
37718i 5 g v°),
37719était un
37720titre qui se donnait exclusivement à
37721des souverains
37722:
37723j.s>
37724LoLârh
37725On
37726lit dans l’histoire de Makrizi
37727(.Solouk, tom. II,
37728f. 336 r°)
37729:
37730« Le prince Ibrahim,
37731tils du sultan.» Plus bas (fol. 4 12 r°)
37732: ^LLLuJî jJj
37733« Le prince Djemal-eddin,
37734fils du sultan. » J’aurai occasion de revenir sur cette partie de l’étiquette
37735égyptienne.
37736( 58 )
37737Les mêmes mots se trouvent répétés dans
37738l’histoire de Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 37 r°)
37739:
37740Les
37741sultans d’Égypte, de l’une et de l’autre dynastie des Mamlouks,
37742lorsqu’ils écrivaient à un autre
37743souverain
37744, ou à un personnage qui leur inspirait ou une haute considération,
37745ou de
37746la
37747crainte
37748, ne
37749manquaient pas de se donner à eux-mêmes le titre de Mamlouk. Nous verrons plus bas
37750( Makrizi,
37751Solouk, tom. I, pag. 3 g 6 ), Nowaïri
37752, (man. d’Asselin, fol. 106 r°), que le sultan Melik-Mansour-Ke-
37753jaoun,au moment de son avènement au trône, faisant écrire à l’émir Schems-eddin-Sonkor-aschkar,
37754pour lui notifier
37755ce
37756fait,
37757prit, dans sa lettre,
37758le titre de Mamlouk. Il disait à son ancien camarade
37759:
37760^,-kJ il!!
37761v
37762^
37763L» j ioltO
37764s
37765à; Us j AjLjl
37766>
37767iJJ ^
37768\ «Le Mamlouk fait
37769«connaître
37770les faits curieux qui le concernent, ses souhaits bien mérités, et tous les bienfaits que
37771« Dieu a fait éclater en sa faveur.
37772» Plus
37773loin
37774:
37775La soumission uni-
37776« verselle à l’obéissance du Mamlouk. » Et enfin
37777: ^CLfî
37778î j IkLLJî
37779v
37780» Le
37781« Mamlouk a paru en public avec les attributs de la dignité de sultan, la pompe de la royauté.
37782» Sui-
37783vant l’auteur du Diwan-aliascha (m.
37784i 573 ,
37785f. 224 r°)
37786, on lisait dans une lettre d’un sultan d’Égypte
37787:
37788w2.jj.iuJ
37789!
37790« Le Mamlouk se prosterne devant le sanctuaire auguste,
37791« objet de sa vénération. » Khalil-Dâheri (man. 6g 5 , fol. 210 r° et v°) fait connaître quelle était, à cet
37792égard, l’étiquette de la cour d’Égypte, à quelle place de la lettre, en quel caractère plus ou moins fin,
37793I. {deuxième partie.)
377947
p. 334
3779530
37796HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
37797d’un terrain, sur lequel on bâtit par son ordre un bourg, qui fut nommé Dâheriah
37798et où l’on éleva une mosquée djami.
37799Tandis qu’il était à
37800la chasse,
37801il reçut la nouvelle que les Tatars s’avançaient
37802en armes contre Alep.
37803Il rentra au château de la Montagne, et donna ordre de
37804faire sortir les tentes. Plusieurs de ceux dont les tentes ne furent pas trouvées
37805en bon
37806état furent réprimandés et promenés ignominieusement
37807(5g). Les
37808courriers de la poste furent expédiés en Syrie, pour faire mettre
37809les troupes en
37810mouvement. Lorsqu’ils
37811furent arrivés près de Banias,
37812le messager montra
37813des
37814lettres cachetées
37815, qui étaient adressées aux
37816émirs
37817Alem-eddin-Hemsi
37818et Bedr-
37819eddin-Atabeki , et qui leur enjoignait d’aller faire le siège de Schakif. Les Francs ne
37820se doutaient de rien lorsque l’armée parut sous les murs de la place. Le troisième
37821jour du mois de Djoumada-second, le
37822sultan quitta son campement, placé de-
37823vant
37824la Bdb-annasr j^aJî
37825(la porte de
37826la victoire),
37827et
37828se rendit
37829à
37830Gazah.
37831Ayant appris que plusieurs d’entre
37832les porteurs avaient
37833fait du dégât dans un
37834champ
37835,
37836il leur
37837fit couper le nez. L’émir Alem-Sandjar-Hamawi ayant traversé une
37838plaine ensemencée,
37839le sultan
37840le
37841fit
37842descendre de son
37843cheval
37844,
37845et
37846remit
37847au
37848propriétaire du champ la selle
37849et la bride de
37850l’animal. De
37851là,
37852il se dirigea vers
37853Aoudja
37854Le vingtième jour du mois,
37855il
37856quitta cette ville, et prit
37857la route
37858le mot Mamlouk devait être tracé
37859, probablement suivant le rang de la personne à laquelle la dépêche
37860était adressée.
37861(5g) Le verbe
37862,
37863à la seconde forme,
37864signifie, je crois, Promener ignominieusement. On
37865lit
37866dans l’histoire de Nowaïri (26
37867e part., man. de Leyde,
37868f. 5i v°)
37869:
37870jB> j
37871çJ.5
37872J-&
37873« L’envoyé fut conduit en Égypte, promené ignominieusement sur un chameau.
37874» Dans
37875Y Histoire d’Égypte d’Àhmed-Askalâni (tout.
37876I
37877, man. arab. 656, fol. 35 r°)
37878:
37879j
37880« Ils furent frappés à coups de fouets, puis promenés dans
37881la ville. » Plus loin
37882( ibid.)
37883:
37884yJJsl
37885« Ayant été découverte, elle fut promenée dans la ville. » Ailleurs (fol. 40 v°)
37886:
37887^,9. j
37888«Il reçut cent coups de bâton, et fut promené ignominieusement.» Ailleurs
37889(f. 42 r°)
37890:
37891yss>
37892a II
37893fut frappé et promené. « Ailleurs (fol. i63 r°)
37894:
37895psr-V.
37896« On promena dans
37897la
37898ville un individu, qui remplissait les
37899fonctions d’astrologue auprès du
37900«gouverneur de la Syrie.» Dans un même ouvrage
37901(t. II, man. 607, fol.
3790273v°)
37903:
37904^,0. çï
37905j U& « Un rcscrit du prince ordonna d’arrêter cet homme, et de le promener
37906« ignominieusement. Ce qui fut fait
37907; après quoi
37908il fut mis en prison.
37909» Et enfin (f.
379101 27 r°)
37911:
37912I
37913Çj.&U3 Lj
37914js.
37915j
37916s II ordonna de leur couper les manches, et de les promener
37917« à pied dans les rues du Caire.
37918*
p. 335
37919IV. M E L I K-DA H EB-B I BA R S.
379205i
37921am 666
37922(1267).
37923de Iafâ, dont
37924il forma le siège
37925, et qu’il emporta le jour même. La citadelle tomba
37926également en son
37927pouvoir. Il
37928fit sortir tous
37929les habitants de cette place,
37930et la
37931détruisit complètement; les bois et les marbres furent embarqués et transportés
37932jusqu’au Caire. Là, les bois furent employés pour former la maksourcih delà mosquée
37933Dâheri , située dans le quartier de Hosaïniah
37934; et avec les marbres, on construisit
37935le mihrab. Le sultan
37936fit élever dans ce canton plusieurs mosquées d/ami.
3793711 abolit
37938dans cette ville, ainsi que dans celle de Ludd, quantité d’usages condamnables.
37939Il plaça sur
37940les rivages des khafir
37941(gardiens),
37942les obligea à veiller à l’en-
37943tretien de ces cantons.
37944Il décida que le produit des contributions levées sur ces
37945parages,
37946ne
37947serait point mêlé avec des fonds d’une
37948autre nature;
37949et le consa-
37950cra exclusivement pour la dépense de sa table.
37951Il
37952fit présent d’un village à l’é-
37953mir Ala-eddin-Hadj-Taïbars.
37954Il en donna un autre à l’émir Alem-eddin-Sandjar-
37955Hamawi,
37956et les mit tous deux en possession
37957de
37958cette propriété.
3795911
37960établit
37961les
37962Turcomans dans les provinces du Sahel (la côte maritime), pour défendre ce
37963pays contre l’ennemi;
37964il leur imposa un
37965tribut de chevaux
37966et de munitions.
37967Il
37968eût ainsi, sans aucun
37969frais, une armée à sa disposition. Ce même mois, le sul-
37970tan donna l’ordre de rebâtir la ville de Khalil ( Hébron ), et voulut que le repas
37971qui
37972s’y donnait eût lieu à quelque distance de
37973la mosquée.
37974Ensuite,
37975il
37976fit marcher
37977ses troupes vers la ville de Schakif (Schakif-Arnoun ).
37978Après quoi,
37979il partit en personne,
37980et vint camper devant
37981cette
37982place,
37983le mer-
37984credi, dix-neuvième jour de Redjeb. Des fakih
37985( jurisconsultes ) et
37986des fakirs
37987vinrent prendre part à cette guerre. On dressa vingt-six machines
37988, et on pressa
37989les attaques, en sorte que la ville fut prise le dimanche, dernier jour du mois.
37990On en
37991fit sortir les femmes et les enfants des Francs
37992,
37993et on
37994les envoya à Sour
37995( Tyr). Quant aux hommes,
37996ils furent tous mis dans les fers,
37997et livrés aux sol-
37998dats. On démolit une citadelle qu’avaient élevée les Francs. L’autre reçut pour
37999gouverneur l’émir Sârem-eddin-Kaïmaz-Kafouri. On y établit une garnison com-
38000posée de djundis et de fantassins; et l’on y plaça un kadi et un khatib (prédica-
38001teur). Ce
38002fut l’émir Seïf-eddin-Belban-Zeïni
38003, qui fut chargé de surveiller la re-
38004construction de cette place. Ce même mois, on
38005reçut des
38006lettres qui venaient
38007du pays des Kurdjes
38008( la Géorgie ).
38009Au mois de Scliaban
38010, un ambassadeur du prince de Beïrout, apporta un pré-
38011sent, et ramena des marchands
38012qui avaient été pris sur mer, depuis plusieurs
38013années. Le sultan n’avait cessé de négocier, jusqu’à ce
38014qu’il vint
38015à bout de re-
380167
38017-
p. 336
38018HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS
380195a
38020tirer des mains de l’ennemi ces individus et leurs richesses. Le dixième jour de
38021ce mois, Bibars partit de Schakif, et se rendit dans
38022le voisinage de Banias. 11
38023fit
38024transporter ses bagages à Damas.
38025Il envoya dans une direction, l’émir Izz-eddin-
38026Ougan
38027( Igan ), à la tête d’un corps de troupes, et vers un autre point, un déta-
38028chement sous les
38029ordres de l’émir Bedr-eddin-Aïdemuri. Les armées gardaient
38030ainsi tous
38031les
38032passages. Le
38033sultan
38034se dirigea vers Tarabolos (Tripoli),
38035et
38036vint
38037camper sous les murs de cette place
38038, au milieu du mois.
38039Il fatigua les habitants
38040par des escarmouches; s’empara d’une tour, située dans le voisinage, et fit tran-
38041cher
38042la
38043tête
38044des Francs qui
38045en formaient
38046la garnison. Les troupes
38047firent des
38048courses dans ces montagnes, attaquèrent les habitants, et
38049recueillirent un im-
38050mense butin. Us forcèrent, l’épée à la main
38051, plusieurs cavernes, et vinrent pré-
38052senter au sultan
38053les prisonniers et
38054le butin. Ce prince donna ordre de trancher
38055la tête de
38056ces captifs, de couper
38057les
38058arbres, de démolir
38059les églises.
38060Il distribua
38061le butin
38062entre les
38063soldats. Après quoi,
38064il décampa, le vingt-quatrième jour du
38065mois. Le prince de Safila LaLs (bJL») et d’Antarsous vint à sa rencontre, pour
38066lui présenter son hommage, et
38067lui amena trois cents prisonniers qui étaient en
38068son pouvoir. Le sultan le remercia, et ne toucha point à ses domaines. Arrivé à
38069Hems (60),
38070il
38071supprima l’usage du vin
38072, et d’autres abus condamnables. Delà,
38073il se rendit à Hamâh, personne ne savait de quel côté
38074il allait se diriger.
38075Il par-
38076tagea son armée en trois corps; l’un fut mis sous les ordres de l’émir Bedr-eddin,
38077le khazindar ( trésorier ) ; un
38078sous
38079le commandement de l’émir Izz-eddin-lgau.
38080Le sultan
38081se mit à la
38082tête du troisième. Le khazindar prit la route de Souwai-
38083diali (61)
38084Igan marcha vers Derb-besak
38085L’un
38086et l’autre mas-
38087sacrèrent ou
38088firent
38089prisonniers
38090un grand nombre
38091d’ennemis. Le
38092sultan
38093vint
38094camper à Afamiah (62);
38095et bientôt, toutes
38096les troupes se réunirent devant An-
38097tioche (63 ). Le premier jour du mois de Ramadan , dès le matin
38098, Bibars commença
38099(60)
38100Au rapport de Nowaïri
38101(fol. 76 r°),
38102il
38103fit rebâtir
38104la mosquée de cette ville.
38105(61) V. Abuljedæ Tabula Syriœ.
38106(62) De
38107là,
38108dit Nowaïri,
38109il se rendit au pont, situé au-dessous de Schogr et de Bakas
38110)!
38111(63) Au rapport de Nowaïri, l’émir Scliems-eddin-Ak-sonkor,
38112l’ustdd-dâr, s’étant avancé à la tête
38113des éclaireurs
38114, rencontra un corps de troupes, de la garnison d’Antioche. Les deux partis
38115étant venus aux mains, un soldat, nommé Folan-eddin-Modafferi
38116, qui appartenait à l’émir Ak-sonkor,
38117se
38118précipita sur
38119le connétable
38120,
38121le
38122fit prisonnier, elle présenta au sultan, qui reçut
38123ce
38124soldat avec bienveillance, et lui conféra le titre d’émir. Ce prince, ayant reconnu que le connétable
p. 337
38125IY. MELIK-DAHER-BIBARS.
3812653
38127an 666 (1267).
38128les attaques,
38129et
38130la ville se trouva bloquée de tous les côtés. Le troisième jour^
38131l’armée était complètement établie sous ses tentes. Le sultan, durant trois jours,
38132députa vers
38133les Francs, pour les engagera se soumettre,
38134et leur annoncer
38135l’as-
38136saut. Les habitants n’ayant point accepté ses propositions, les attaques commen-
38137cèrent avec une extrême vigueur. Les Musulmans
38138escaladèrent les remparts du
38139côté de la montagne, dans le voisinage de la citadelle, et descendirent dans
38140la
38141ville. Les habitants se réfugièrent dans
38142la forteresse. Les vainqueurs, répandus
38143dans
38144la ville,
38145égorgeaient,
38146pillaient, et faisaient des prisonniers. Aucun homme
38147n’échappa
38148au
38149carnage.
38150La
38151population
38152se
38153composait de
38154plus de
38155cent
38156mille
38157hommes. Les émirs gardaient
38158les portes, afin d’empêcher que personne ne se
38159sauvât par
38160la fuite. La citadelle renfermait huit mille combattants, sans comp-
38161ter les femmes et les enfants.
38162Ils demandèrent et obtinrent une capitulation. Le
38163sultan monta vers eux,
38164faisant
38165porter avec
38166lui
38167des
38168cordes.
38169Les
38170prisonniers
38171furent garottés, les mains
38172derrière le dos
38173(64), et répartis
38174entre les émirs. Les
38175secrétaires
38176inscrivaient
38177leurs noms en
38178présence du sultan. La ville d’Antioche
38179avait appartenu jusqu’alors au prince Boëmond, fds de Boëmond, qui possédait
38180également Tarabolos (Tripoli),
38181et faisait sa résidence dans cette dernière place.
38182La nouvelle de ce succès fut envoyée dans les différentes provinces (65). Le sultan
38183confia le commandement de la forteresse à l’émir Bedr-eddin-Bilik, le khazindar
38184( trésorier) et à l’émir
38185Baïsari.
38186Il se fit apporter le butin,
38187afin d’en faire le par-
38188tage. Ensuite,
38189il monta à cheval et
38190s’éloigna du camp, emportant avec
38191lui
38192la
38193part de butin qui lui appartenait, ainsi qu’à ses mamlouks, et à ses courtisants
38194intimes
38195: « Par Dieu, dit-il, je n’ai rien caché de tout ce qui m’a été présenté, et
38196« je n’ai pas
38197souffert qu’un de mes mamlouks
38198osât
38199rien
38200soustraire. x\yant été
38201était un homme plein de sens, l’engagea à rentrer dans la ville, et à négocier avec les habitants,
38202li
38203voulait, suivant son usage, employer la douceur avant de recourir à la force. Le connétable ayant
38204fait venir son fils, qu’il laissa en otage, entra dans la place, et fit des propositions de paix.
38205Il ramena
38206avec lui un nombre de prêtres et de moines. Les négociations durèrent trois jours, pendant lesquels
38207ces chrétiens ne montrèrent qu’une fermeté intraitable,
38208et la crainte de déplaire à leur souverain,
38209le prince (Boëmond). Le matin du jour où l’attaque devait commencer, le sultan en prévint les négo-
38210ciateurs, et attendit jusqu’à ce que les prêtres et les moines fussent rentrés dans
38211la ville.
38212(64 )
38213J’ai lu jLsél, au lieu de JLs-H
38214; et jyhT, au lieu de
38215.
38216(65) Bibars écrivit, en même temps, une lettre menaçante, adressée au prince Boëmond, et dont
38217je donnerai dans l’appendice le texte et la
38218traduction. Le fut, disent les historiens, cette lettre qui
38219donna à Boëmond la première nouvelle de la prise d’Antioche.
p. 338
38220HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3822154
38222« informé qu’un page, appartenant à un mamlouk, avait dérobé un objet de peu
38223et de valeur,
38224je
38225l’ai
38226puni sévèrement.
38227Il
38228faut que chacun de vous
38229se dégage de
38230* toute responsabilité. Je vais faire jurer les émirs
38231et les commandants, qui, de
38232(f leur côté, demanderont le serment de leurs soldats, et des personnes attachées
38233et à leur service. « Chacun apporta l’argent monnayé, les bijoux d’or et d’argent,
38234que l’on amoncela, de manière à former des collines (66). Tout fut partagé entre
38235les vainqueurs.
38236Il
38237fallut beaucoup de temps pour
38238peser
38239tous
38240ces
38241objets. On
38242partagea les pièces de monnaie en
38243les mesurant dans des
38244vases. Les jeunes gens
38245furent répartis entre tous les assistants; et il ne se trouva pas un page, qui n’eût
38246à son tour un page pour le servir. On se partagea les femmes, les jeunes filles,
38247et les enfants. Un enfant en bas âge se vendait douze dirhems,
38248et une jeune
38249bile,
38250cinq. Le sultan
38251resta pendant deux
38252jours, présidant en
38253personne
38254à
38255la
38256344
38257distribution (67). Comme on
38258n’avait pas mis une grande exactitude à rapporter
38259le butin, le prince s’en alla tout en colère. Les émirs s’excusaient auprès de lui,
38260et lui promettaient de
38261redoubler de vigilance et de zèle pour la défense de
38262la
38263religion, jusqu’à ce qu’il fût remonté
38264à cheval, et qu’il n’eût rien laissé sans en
38265faire la distribution. Ensuite,
38266il se dirigea vers la citadelle, la livra aux flammes,
38267et enveloppa dans cet incendie la ville d’Antioche tout entière. On enleva une
38268masse énorme de fer des portes
38269, et du plomb des
38270églises. On établit des mar-
38271chés en dehors de
38272la
38273place,
38274et
38275les marchands
38276s’y
38277rendirent de
38278toutes parts.
38279Dans le voisinage
38280d’Antioche,
38281étaient situées quantité de forteresses, dont
38282les
38283habitants demandèrent à capituler. L’émir Bilik-Aschrafi se rendit sur les lieux,
38284prit possession de ces
38285places, le onzième jour du mois, et
38286fit prisonniers tous
38287les hommes qui
38288s’y trouvaient.
38289Le takafour, roi de
38290Sis, ne cessait de demander
38291la
38292liberté de son
38293fils Lifon
38294,
38295pour
38296la rançon duquel
38297il
38298offrait des sommes considérables, et plusieurs forte-
38299resses. Les Tatars, à l’époque où
38300ils avaient conquis
38301la
38302ville d’Àlep sur Melik-
38303Nàser,
38304avaient
38305fait
38306prisonnier l’émir Schems-eddin-Sonkor-aschkar. Le
38307sultan
38308exigea que
38309le
38310roi de
38311Sis, en échange de son
38312fils, ramenât Sonkor, et restituât
38313les
38314forteresses dont
38315il
38316s’était emparé,
38317et qui avaient
38318fait partie de la principauté
38319d’Alep. Le roi demanda un délai d’une année, afin d’avoir le temps d’envoyer un
38320(66)
38321Je lis
38322wm' ..0
38323, au lieu de
38324Lj'hb.
38325(67) Au rapport de Nowaïri, Bibars mit en liberté le connétable, ainsi que sa femme et ses proches.
38326Cet officier ayant témoigne
38327le désir de se rendre à Sis, le sultan lui en accorda la permission.
p. 339
38328an 666(1267).
38329IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
3833055
38331messager à ïordou (la cour). Ce délai expiré,
38332il fit dire au sultan qu’il avait trouvé
38333Sonkor, et obtenu sa liberté. En même temps, Bibars reçut de cet émir une lettre
38334écrite en chiffres
38335Cependant, le roi de Sis voulant rétracter la promesse qu’il
38336avait faite de rendre les forteresses, le sultan lui écrivit en ces termes
38337: «Puisque
38338« tu montres tant d’insensibilité pour ton fils, ton héritier présomptif, j’en mon-
38339« trerai également pour un ami, avec lequel je ne suis uni par aucun lien de parenté.
38340« C’est à toi, et non pas à moi, que l’on doit reprocher ce manque de parole. Nous
38341« allons suivre de près notre
38342lettre. Du reste,
38343fais
38344à l’égard de Sonkor-aschkar
38345« tout ce qu’il te plaira. » Le roi, ayant reçu cette dépêche, datée d’Antioclie,
38346fut
38347vivement effrayé. La paix fut conclue, sous
38348la condition que le roi rendrait Be-
38349hesna, Derb-besak, et les autres villes du territoire de l’Islamisme, dont
38350il s’était
38351emparé. Qu’il restituerait toutes ces places avec toutes les provisions qu’elles ren-
38352fermaient, et dans l’état où elles se trouvaient lorsqu’il en avait
38353fait la conquête;
38354Qu’il mettrait en liberté Sonkor-aschkar
38355; que le sultan
38356, de son côté
38357, mettrait en
38358liberté le fds et le neveu du roi, ainsi que leurs pages; que des otages seraient
38359envoyés au sultan, et résideraient auprès de lui jusqu’au moment où
38360il aurait pris
38361possession des forteresses. L’acte du
38362traité fut transcrit dans
38363la ville d’Antioche.
38364L’émir dewadar,
38365et
38366le sadr Fatah-eddin-ben-Kaïserâni
38367, kdteb-adderj ^
38368jJ !
38369»
38370(le secrétaire du cabinet) (68), se mirent en marche, pour aller recevoir le ser-
38371ment du
38372roi. L’émir Bedr-eddin-Bedjkâ-Roumi fut dépêché, sur les chevaux de
38373la poste, le treizième jour du mois de Ramadan
38374, afin de faire venir d’Égypte
38375le
38376roi Lifon. Arrivé au Caire,
38377il en repartit le deuxième jour qui suivit son entrée,
38378emmenant avec lui le prince.
3837911 rentra à Damas, le lundi, vingt-sixième jour du
38380même mois. Treize jours seulement
38381s’étaient écoulés,
38382entre
38383son
38384départ
38385d’An-
38386tioche et son
38387retour à Damas. Le
3838827, le takafour Haïthoum jura l’observation
38389du
38390traité. Tout étant ainsi conclu
38391,
38392le
38393sultan partit
38394d’Antioche,
38395et
38396se
38397rendit
38398à
38399Schaïzer. De là, prenant la route du désert,
38400et
38401se livrant au divertissement de
38402la chasse,
38403il se dirigea vers Hems.
3840411 entra dans
38405la ville de Hamâh, accompagné
38406de trois personnes seulement, savoir
38407: l’émir Baisari
38408,
38409l’émir Bedr-eddin,
38410le kha-
38411zindar ( le trésorier ) et l’émir Hosam-eddin le dewadar. L’armée tout entière vint
38412camper près de Hamâh. Le sultau quitta Hems
38413, et prit la route de Damas, où
38414il
38415(68) On peut voir les détails que j’ai donnés, sur le sens de
38416cette expression, dans les notes qui
38417accompagnent la Ire partie de ce volume, pag. 176, 176.
p. 340
3841856
38419HISTOIRE DES SliLTANS MAMLOUKS.
38420fil son entrée,
38421le vingt-sixième jour du mois,
38422faisant conduire devant
38423lui
38424les
38425prisonniers. Le prince de Sis vint lui faire sa cour, et fut reçu avec une extrême
38426bienveillance. Le troisième jour de Schaban
38427, d’après l’ordre du sultan
38428,
38429il jura
38430l’observation du
38431traité,
38432sur
38433le même exemplaire qui
38434avait reçu
38435le serment de
38436son père.
38437Il accomplit cet
38438acte debout, et
38439la
38440tête
38441découverte.
38442Il partit ensuite
38443pour retourner dans ses états, le onzième jour du mois, monté sur les chevaux
38444de
38445la poste, et accompagné de l’émir Bedjkâ, qui
38446le mit en possession du trône.
38447Les otages promis arrivèrent auprès du sultan, qui les combla de témoignages de
38448bienveillance et de considération.
38449Ils résidèrent à la cour, jusqu’au moment où
38450les délégués du sultan eurent obtenu
38451des habitants de Sis
38452la remise des places
38453fortes.
38454Les
38455otages
38456furent
38457alors
38458rendus,
38459et
38460emportèrent
38461les présents qui leur
38462avaient été faits. Lorsque Lifon arriva à Sis, Sonkor-aschkar fut mis en liberté,
38463et
38464envoyé au sultan. Ce prince, quittant sa chasse,
38465sortit à
38466la rencontre de l’émir,
38467dont l’arrivée n’était connue de personne, et qui prenait soin de se cacher. Il l’a-
38468mena avec lui
38469, et le logea dans sa tente j^JLo
38470, où
38471ils passèrent la nuit ensemble.
38472Le lendemain matin, tout
38473le monde étant rassemblé pour offrir ses hommages
38474au sultan, ce prince sortit, accompagné de Sonkor-aschkar, dont
38475la vue excita
38476une surprise
38477universelle. Bibars
38478lui
38479fit remettre
38480de
38481l’argent,
38482des khilah (des
38483robes) des
38484ceintures,
38485des chevaux, des
38486mules,
38487des
38488chameaux,
38489des
38490mamlouks, et tout ce qui pouvait
38491lui
38492être nécessaire. Les émirs, de leur côté,
38493gnages de
38494bienveillance,
38495et
38496lui
38497fit
38498bâtir une maison, dans l’enceinte du
38499châ-
38500teau de la Montagne; à son arrivée au Caire,
38501il lui conféra le grade d’émir, et l’ad-
38502mit au rang
38503de
38504ses plus intimes
38505favoris. Le treizième jour de
38506ce mois, l’émir
38507Schems-eddin-Ak-sonkor-Fârekani
38508, Yostàddr
38509( majordome) du
38510sultan,
38511conquit
38512sur les Francs la forteresse de Bagras. Toute
38513la population avait pris la
38514fuite,
38515et
38516il n’y restait plus qu’une vieille femme; mais la place était abondamment fournie
38517de provisions et de munitions. Ce même jour, des envoyés d’Akkâ arrivèrent
38518apportant un présent. On tomba d’accord que la ville de Haïfa, avec trois villages,
38519appartiendrait aux Francs; que la ville d’Akkâ, et le reste de son
38520territoire, serait
38521partagé par moitié, ainsi que les environs du Karmel; que, pour ce qui concer-
38522nait Saïda
38523, la plaine resterait sous la domination des Francs, tandis que les par-
38524ties montueuses
38525seraient cédées au sultan; que la trêve durerait dix années,
38526et
38527que les otages, de part et d’autre, seraient mis en
38528liberté. Le sultan envoya au
p. 341
38529IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
38530a» 666
38531(1267).
385325 ?
38533prince d’Akkà un présent, dans lequel étaient compris vingt prisonniers, appar-
38534tenant
38535à
38536la population
38537d’Antioche.
38538Le kadi
38539Molni-eddin-ben-Abd-aldâber,
38540et
38541l’émir Djemâl-eddin-ben-Saib
38542, se rendirent auprès du commandant d’Akkà, pour
38543recevoir son serment.
38544Ils firent leur entrée dans
38545cette ville,
38546le vingtième joui'
38547du mois de Schewal. Le sultan leur avait expressément recommandé
38548, lorsqu’ils
38549prendraient
38550place ou adresseraient
38551la parole, de ne
38552se prêter à rien d’humi-
38553liant. Ayant obtenu audience,
38554ils furent admis devant
38555le
38556prince, qui était assis
38557sur un trône.
38558Ils
38559refusèrent de s’asseoir
38560, jusqu’à ce qu’on eut posé deux trônes
38561sur
38562lesquels
38563ils
38564se
38565placèrent
38566vis-à-vis
38567de
38568lui. Le
38569vizir étendit
38570la main
38571pour
38572prendre la lettre; mais
38573ils ne voulurent pas la lui remettre, et exigèrent que
38574le
38575prince allongeât la main, et reçut lui-même la dépêche. Comme on ne put pas 346
38576s’accorder sur plusieurs
38577objets,
38578les deux négociateurs
38579se retirèrent, et
38580le
38581ser-
38582ment n’eut pas
38583lieu.
38584Le dix-huitième jour du mois de Dhou’lkadah, le sultan quitta Damas, et prit
38585la route du Caire. Melik-Saïdvint à sa rencontre jusqu’à Omm-albârideh
38586, ’ôjUI
38587autrement nommée Saïdiah
38588Ce fut là qu’il célébra la fête avec le sultan.
38589Celui-ci rentra au château de la Montagne, le onzième jour de Dhou’lhidjah
38590, et se
38591chargea, pour toute la population, des frais de la zinah aôjJ! (décoration). Cette
38592même année vit mourir le sultan Rokn-eddin-Kilidj-Arslan, souverain du pays de
38593Roum
38594(1 Asie-Mineure). 11 eut pour successeur son fds Gaïath-eddin-Kai-khosrev,
38595qui était âgé de quatre ans. L’administration du royaume fut confiée àMoin-eddin-
38596Soleïman
38597,
38598le benvànah
38599(69). Rokn-eddin mourut, étranglé avec la corde
38600d un arc; car le
38601fils de Moïn-eddin
38602le benvànah
38603s’était concerté avec les Tatars
38604établis auprès de lui, pour faire périr ce prince, qui fut étranglé par leurs mains.
38605Cette année, ou suivant un autre récit, l’an 668 (de J.
38606C.
386071269) (70), le khan
38608Mangou-Timour,
38609fils de Tagan, souverain des Tatars des pays septentrionaux,
38610déclara
38611la guerre
38612à
38613Lascaris (Michel-Paléologue), empereur de Constantinople.
38614Une armée tatare, envoyée par Mangou-Timour,
38615fit une incursion sur les
38616terres
38617(69) Le mot ïbîjjJ
38618est la transcription arabe du terme persan perwâneh
38619qui signifie un
38620chambellan. On lit dans 1 histoire du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (f. 220)
38621: was.Ls-8 ÿLsw
38622Mais, chez les turcs Seldjoueides de l’ Asie-Mineure, ce mot désignait le principal ministre.
38623(70) Le texte de notre auteur est ici visiblement altéré. On y
38624lit
38625:
38626Ji_b
38627(^.*7" J
38628^ cette phrase insignifiante
38629, je crois devoir substituer ces
38630mots
38631:
38632J
38633^
38634^ L^j
38635. En effet, c’est sous
386361 année 668 (de J. C. 1269), que cette expédition est placée par Abou’lféda
38637(Annales
38638t. V, p. 26).
38639L (deuxième partie.)
38640g
p. 342
3864158
38642HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
38643de l’empereur grec, et enleva Izz-eddin-Kaï-Kobad
38644, fils de Kai-Kosrev, qui, comme
38645on l’a vu, était prisonnier dans une forteresse. Ce prince fut amené, avec sa famille,
38646et présenté à Mangou-Timour, qui le combla d’honneurs, et lui donna une épouse.
38647Kaï-Kobad
38648séjourna
38649à
38650la cour
38651de
38652ce monarque jusqu’à
38653sa
38654mort,
38655qui
38656arriva
38657l’an 667 (de
38658J.
38659C. G68). Son fds Masoud, ainsi qu’on
38660le verra plus bas,
38661reprit la
38662route de ses états héréditaires, et monta sur le trône (71).
38663(71) Au rapport d’Abou’lmahâsen (fol. 218 v°), la hauteur primitive du Nil fut, cette année, de
38664quatre coudées et vingt doigts. La crue s’éleva à dix-huit coudées.
38665Nowaïri place
38666, parmi les événements de cette année
38667(f. 37 v°)
38668, l’histoire d’un anachorète chrétien
38669sur lequel
38670il donne
38671les détails suivants
38672: «Cet homme, qui
38673faisait partie des chrétiens de l’Égypte
38674avait été
38675d’abord un des écrivains de l’arsenal naval
38676«•tio'i!! L& Lbo.
38677Ensuite,
38678il embrassa la vie
38679monastique, et se retira dans la montagne de Halwan. On prétendait qu’il trouva dans une caverne
38680de cette montagne un trésor qu’y avait déposé Hâkem Xobaïcli (le fatimite). Cet homme faisait de
38681i nombreuses aumônes aux pauvres de toute l’Egypte. Le sultan, instruit de ces libéralités, manda
38682l’anachorète, et le somma de lui livrer le trésor.
38683Il répondit
38684: «Je ne vous le remettrai pas de la
38685main à la main
38686: ne vous flattez pas de cette espérance ; mais il vous arrivera d’une manière indirecte.
38687: Si un particulier
38688, condamné par vous à une amende
38689, n’a pas le moyen de l’acquitter,
38690je
38691l’aiderai,
38692en lui fournissant la somme qu’il devra vous payer. » Le sultan, sur les instances qui
38693lui furent
38694faites, ordonna la mise en liberté de cet homme. A l’époque de la catastrophe qu’éprouvèrent les
38695chrétiens, et dont le récit a été donné plus haut, l’anachorète
38696se rendait chez
38697le Mouschidd-al-
38698moustakfiradj
38699jJU/s
38700(le percepteur des amendes)
38701; et
38702là,
38703si
38704quelqu’un, chrétien
38705et
38706juif.
38707«se
38708trouvait hors d’état de payer la taxe à laquelle
38709il était imposé,
38710il en acquittait le montant.
38711Il
38712« pénétrait dans les cachots
38713, et délivrait les prisonniers détenus pour dettes, en se chargeant de payer
38714«pour
38715eux. Ses
38716dons
38717avaient quelque chose de prodigieux. Ayant
38718fait un voyage dans
38719le Saïd
38720,
38721il
38722« acquitta la plus grande partie des taxes imposées sur les tributaires. De là,
38723il se rendit à Alexandrie,
38724«où
38725il étonna les habitants par l’abondance de ses aumônes. Des jurisconsultes adressèrent au sidtan
38726« des décisions
38727Ül-3 pour demander la mort de cet homme.
38728Ils alléguaient pour prétexte, la crainte
38729«d’une émeute.
38730Cet avis se trouvant d’accord avec
38731les intentions de
38732Bibars, ce prince
38733fit compa-
38734«raître devant
38735lui l’anachorète, l’an 666 (de J. C. 1267), et
38736le somma de lui livrer son
38737trésor, de
38738«lui en apprendre l’origine, et de quelle manière
38739il était tombé entre ses
38740mains. Le chrétien refusa
38741« de rien révéler, et ne répondit que par des paroles évasives. Le sultan, perdant l’espérance d’obtenir
38742« aucun renseignement, fit appliquer cet homme à la torture, jusqu’à ce qu’il expira. Le cadavre fut
38743« emporté du château, et jeté devant la porte de Karafah. On assure que l’argent qui, dans l’espace
38744«de quelques années, et par suite des libéralités de cet homme entra dans
38745le
38746trésor,
38747s’élevait à
38748la
38749«somme de six cent mille dinars, suivant le compte tenu par
38750les Sarraf
38751qui
38752étaient
38753« chargés de recevoir l’argent
38754, et d’en délivrer à chacun des quittances
38755: et cela, sans compter
38756« ce qu’il distribuait lui-même, en secret. » Le même historien (f. 38 r°) rapporte une mesure finan-
38757cière,
38758adoptée par Bibars,
38759et
38760qui présentait, sinon une injustice criante, du moins une sévérité
38761peut-être excessive
38762:
38763« Tandis que le sultan était campé devant la ville de Schakif,
38764il avait ordonné
p. 343
38765IV. MELIK-DAHER-B 1 BARS.
38766an 667(1268).
38767IV. MEL 1 K-DAHEB-B 1 BARS.
387685g
38769Le premier jour du mois
38770de Moharrem
38771,
38772le
38773sultan monta
38774à cheval,
38775pour
38776visiter la mosquée qu’il
38777faisait construire en dehors du Caire
38778: après quoi,
38779il alla
38780< de mettre le séquestre
38781sur les jardins, les villages, les terres, que possédaient lés habitants
38782« de Damas
38783,
38784soit à
38785titre de propriété particulière
38786,
38787soit comme
38788fondations pieuses
38789;
38790„ C’est nous, disait- il
38791, qui avons conquis ces provinces à la pointe de l’épée
38792, et les avons enlevées
38793« aux Tatars. » L’année précédente, il avait songé à réaliser ce projet, et avait tenu, pour cet objet
38794«une assemblée, à laquelle
38795il
38796assista en personne, avec les kadis,
38797et
38798les fakih (jurisconsultes). Le
38799« kadi Schems-eddin-ben-Ala, lehanbali, déclara que cette proposition était illicite, et qu’il n’était pas
38800« permis de discuter un pareil
38801sujet. Après quoi,
38802il se leva tout en colère. Le sultan, interdit, n’osa
38803«point passer outre. Cependant, une
38804forte
38805gelée 'îbjl;
38806ravagea
38807les jardins de Damas,
38808et en
38809« grilla presque tous les arbres. Les habitants se figurèrent que cet accident engagerait le sultan à les
38810« laisser en repos; mais ils furent trompés dans leur attente. Ce prince, étant arrivé à Damas, et se
38811«préparant à retourner en Égypte,
38812tint,
38813dans
38814la maison de
38815la
38816justice J J.*J
38817! j
38818ta , une conférence
38819«
38820à laquelle assistèrent les kadis,
38821les faldh
38822et
38823les habitants de la ville.
38824Il remit sur le lapis
38825« l’affaire des jardins, et produisit des décisions
38826émanées des jurisconsultes
38827hanefis, qui re~
38828« connaissaient la légalité de cette mesure. Le sâlieh
38829(vizir) Fakhr-eddin-Mohammed
38830,
38831fils du
38832sâheh
38833«Beha-eddin entra en négociation avec le sultan,
38834et
38835il fut arrêté que les propriétaires des jardins
38836«seraient taxés à une somme d’un million de dirhems. Les habitants refusèrent de se soumettre
38837à
38838«cette
38839décision,
38840et
38841déclarèrent
38842qu’ils
38843étaient hors
38844d’état
38845d’acquitter
38846cette contribution,
38847argent
38848«comptant
38849Us demandèrent que la taxe
38850fut divisée en plusieurs années;
38851ce que
38852le sultan
38853«ne voulut point
38854accorder. La
38855chose
38856traîna en
38857longueur, jusqu’au moment où
38858ce prince
38859quitta
38860« Damas. Lorsqu’il fut arrivé à la station de Ladjoun
38861le sâheh Fakhr-eddin, l’atabek,
38862«et
38863les émirs lui ayant reparlé de cette
38864affaire,
38865il fut arrêté que
38866les
38867habitants payeraient argent
38868«comptant une somme de quatre cent
38869mille dirhems; qu’on leur
38870tiendrait compte de ce qui avait
38871« été levé en nature Jx» par les délégués du sultan
38872; que le reste de la contribution serait perçu en
38873« plusieurs termes, à raison de deux cent mille dirhems par année. Cette décision fut consignée dans
38874« un acte authentique
38875> qui fut lu sur le menber (la chaire) de Damas. »
38876Parmi les hommes marquants que cette année vit mourir, Abou’lmahâsen (fol. 218 r° et v°) et le
38877prétendu Hasan-ben-Ibrahim (man. non catalogué,
38878fol.
38879198
38880r°
38881et v°), comptent
38882:
38883« i°
38884le Rets
38885« Kemâl-eddin-Abou-Iousouf-Ahmed-ben-Abd-alaziz
38886.
38887.
38888.
38889Haïebi, plus connu sous
38890le nom d
38891'Ebn-
38892« aladjemi
38893î.
38894C’était un poète et un administrateur
38895savant,
38896habile,
38897également
38898« distingué sous le rapport de l’écriture et de la rédaction. Il avait été secrétaire au service de Melik-
38899« Nâser-Salah-eddin-Iousouf
38900, et avait tenu dans ces fonctions,
38901le rang le plus éminent.
38902Il
38903était âgé
38904«de quarante-six ans lorsqu’il mourut, dans les environs de Sour (Tyr), dans les derniers jours du
38905« mois de Dhôu’lhidjah. Son corps
38906fut
38907transporté
38908à Damas,
38909et enterré en dehors de
38910cette
38911ville;
38912« 20 Afif-eddin-Abou’Ihasan-Ali-ben- Adlan
38913.
38914.
38915.
38916Mauseli,
38917le
38918grammairien,
38919le
38920biographe
38921«C’était un homme éminent, plein de connaissances
38922littéraires
38923, et poète
38924distingué.
38925Il mourut au
38926« Caire, le vendredi, neuvième jour de Schewal
38927, et fut enterré le lendemain , au pied du mont Mo-
38928«kattam.
38929Il était né à Mausel (Mosul) l’an 583 (de J. C.
389301 187). Parmi ses vers, on cite les suivants
38931:
38932« Ne t’étonne pas
38933si tu vois échapper ce qui est l’objet de tes désirs
38934r familiarise ton esprit avec
38935le
38936« malheur et la fatigue
38937;
389388
38939.
p. 344
38940Go
38941HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
38942faire l’ouverture du canal d’Abou’lmounedja
38943; puis
38944, il rentra au château. Ce prince
38945montra, à celte même époque, un goût très-vif pour
38946l’exercice de l’arc
38947et
38948les
38949autres pratiques guerrières.
38950Il fit construire un mastabeh Lhw (une estrade) (72)
38951dans le meïdan (l’hippodrome) de la fête xjJÎ
38952, placé en dehors de la porte
38953du Caire appelée bab-annasr
38954(la porte de la victoire). C’était là qu’il se
38955rendait chaque jour, à l’heure de midi, pour s’amuser à lancer des flèches.
38956Il ne
38957quittait
38958le meïdan qu’à
38959la
38960fin de
38961la
38962soirée.
38963Il
38964excitait
38965tout
38966le monde à tirer de
38967l’arc, et à se faire, en ce genre, des défis ^l»,. H n’y avait aucun émir ou Mam-
38968« Si la pauvreté règne aujourd’hui constamment dans ce monde, ne t’en étonne pas
38969: car les hommes
38970« généreux sont morts, et aucun de ces êtres nobles n’a laissé de postérité. »
38971« 3° Le poète
38972Ebn-alkhaschkeri
38973Nomani
38974(natif de la ville de Noma-
38975« niali).
38976Il périt, parles ordres d’Àla-eddin
38977, le chef de l’administration
38978de Bagdad.
38979« Il était convaincu parla voix publique de plusieurs faits criminels. Ainsi, il n’hésitait pas à mettre ses
38980< vers au-dessus du livre auguste de l’Aicoran. Le ministre se rendant à Wâsit, et passant par Noma-
38981«niah,
38982Ebn-alkhaschkeri
38983vint
38984le trouver,
38985et lui récita des vers qu’il avait composés
38986à sa louange.
38987Pendant la lecture, le crieur
38988appela à la prière. Ala-eddin engagea l’auteur à se taire; mais
38989«il répondit: «O mon
38990seigneur, veuillez écouter une production
38991nouvelle,
38992et
38993laisser
38994là celle qui
38995compte une antiquité de bien des années.
38996» Ala-eddin resta convaincu de
38997la vérité des bruits re-
38998« pandus. Toutefois,
38999il ne
39000fit point paraître son mécontentement, et traita l’auteur avec gaîté, jus-
39001« qu’à ce qu’il eût bien connu ses véritables sentiments. Au moment de partir,
39002il
39003dit à un de ceux
39004« qui l’accompagnaient
39005:
39006« Ne manque pas, durant la route, de tirer le poète à l’écart, et de l’égorger. »
39007« Cet homme marchait à côté d’Ebn-alkhaschkeri, et s’écarta avec lui du cortège. Alors, il dit à quelques
39008« personnes qui se trouvaient avec lui, comme en plaisantant
39009: « Faites descendre cet homme de son
39010«cheval. «
39011Ils l’en précipitèrent, malgré ses injures, et ses malédictions. Ensuite, on le dépouilla de
39012« ses vêtements; puis un des assistants lui porta un coup d’épée sur le cou, et lui trancha la tète.
39013»
39014(72) On
39015lit dans la relation de Thévenot (Voyages dans le Levant, tom.
39016III,
39017p. 98)
39018: «Un mastabé
39019« est une espèce d’estrade
39020, c’est-à-dire que le pavé est relevé de deux ou trois pieds de terre ; et c’est
39021« là que logent les passants.
39022» Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (t. II, man. 65j,
39023f.
3902417 r°),
39025on trouve ces mots
39026:
39027y
39028« H bâtit au-dessus de leur tète des mastabeh .» La Description
39029de l’Égypte, de Makrizi (tom. I, man. 797,
39030fol. 26 v°), offre ces détails
39031:
39032.
39033.
39034. J-**
39035Üjjs4
39036! Liu*,.*
39037“ G Ht élever des mastabeh, pavés de verre,
39038et sur chacun desquels
39039« on voyait une merveille.» Le même historien (man. 682,
39040fol. 36 1 v°) nous apprend que le sultan
39041Mohammed-ben-Kelaoun avait fait bâtir un mastabeh pour l’homme qui prenait soin de nourrir les
39042oiseaux de proie destinés pour la chasse
39043:
39044lalo
39045J! xJwft- On
39046lit dans
39047le
39048Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom.
39049I, fol. 48 r°)
39050:
39051t
39052-'-*3
39053« Il s’assit sur le mastabeh
39054« destiné pour celui qui nourrissait les oiseaux de proie. » Nous apprenons du continuateur d’Elmacin
39055«(man. ar. 619,
39056f. 200 v°), que les mots
39057: Liwf
39058!
39059«La secrétairerie du mastabeh» désignaient:
39060Les fonctions de secrétaire du substitut du wâli
39061:
39062» ï/ÜjJ
39063I blJ l>\sS ^a Liwfl LblSà
p. 345
39064an 667
39065(1268}.
39066IV. MELIK-DAHER-B 1 B ARS.
3906761
39068louk
39069, dont cet exercice ne fût la principale occupation
39070; et des hommes de toutes
39071les
39072classes se livraient constamment au jeu de
39073la lance
39074et à celui de
39075l’arc. Ce
39076même mois, des ambassadeurs arrivèrent de toutes les contrées, pour
39077féliciter
39078le sultan sur les brillants succès cpie Dieu avait accordés à ses armes.
39079Le jeudi, neuvième jour de Safar, Melik-Saïd-Bérékeh s’assit sur le trône royal
39080^XUt Z-dy. Les émirs se présentèrent devant
39081lui,
39082et baisèrent humblement la
39083terre. Devant ce prince, étaient assis l’émir Izz-eddin-Halebi, l’atabek,
39084le snheb
39085(vizir) Belia-eddin, les secrétaires de la chancellerie .Liô'iÜ
39086les kadis
39087, les
39088schâhed
39089t (témoins).
3909011 reçut le serment de fidélité des émirs et de tous les
39091corps de troupes.
39092Le treizième jour de ce mois, Melik-Saïd se mit en marche, avec le même cor-
39093tège qui accompagnait son père, et alla tenir une séance dans le Iwcin^la salle d’au-
39094dience)
39095j^l. On fitdevantlui la lecture des divers placets ^^aàJî. Le 21 dumois,
39096on lut dans cette salle l’acte authentique jJüLV qui conférait à ce prince le rang de
39097sultan. Dès ce moment, il continua de venir, à la place de son père, siéger dans
39098*147
39099cet édifice, pour juger les procès, apostiller les requêtes,
39100et prononcer
39101la mise
39102en liberté des captifs.
39103Il s’y rendait chaque
39104fois en grande pompe. Le sultan
39105lui
39106donna pour suppléant
39107>
39108olj l’émir Bedr-eddin-Bilik, le khazindar (le trésorier), en
39109remplacement de l’émir Izz-eddin-Halebi.
39110Le douzième jour de Djoumadâ second,
39111le sultan
39112se mit en marche pour la
39113Syrie, accompagné de
39114l’émir
39115Izz-eddin-Halebi,
39116des principaux émirs,
39117et d’un
39118corps de troupes.
39119Il laissa la plus grande partie de l’armée auprès de Melik-Saïd.
39120Arrivé à Gazah,
39121il distribua à ses soldats une gratification. De
39122là,
39123il vint camper
39124devant Orsouf, à cause des nombreux pâturages qui environnaient cette
39125ville.
39126Là,
39127il reçut une lettre du roi de Sis, qui annonçait l’arrivée d’un ambasssadeur,
39128envoyé par Abaga,
39129fils de Houlagou, et qui devait se rendre auprès du sultan.
39130L’émir Nâser-eddin-ben-Saïram, mouschid
39131(inspecteur) d’Alep, reçut l’ordre
39132de
39133se rendre à Sis,
39134afin qu’on
39135lui remit cet ambassadeur, et de prendre toutes
39136les précautions
39137nécessaires pour
39138qu’il ne pût parler
39139à personne.
39140Il l’amena à
39141Damas, où
39142il fut reçu sans aucune pompe, et on lui assigna pour logement la
39143citadelle. Dès que le sultan en eût appris la nouvelle,
39144il monta à cheval, partit
39145d’Orsouf, où il laissa ses bagages, et se mit en marche, escorté des émirs. Arrivé
39146à Damas,
39147il donna audience à l’ambassadeur. Dans
39148la lettre dont cet envové
39149était porteur, on
39150lisait entre autres
39151choses :« Le roi Abaga, parti des contrées
p. 346
391526 a
39153HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
39154«orientales, a conquis
39155le monde entier. Nul n’a pu lui
39156résister;
39157tous ceux qui
39158«l’ont tenté, ont péri de mort naturelle ou violente. Quant à toi, que tu montes
39159«au ciel ou que tu descendes vers la terre, tu ne saurais nous échapper; tu n’as
39160«rien de mieux à faire que de conclure avec nous une paix durable. » L’ambas-
39161sadeur devait dire de vive voix au sultan
39162: «Toi qui es un esclave
39163qui as
39164«été vendu dans la ville de Siwas, comment oses-tu braver les rois, souverains
39165« de la terre. » On
39166fit réponse à la
39167lettre, et on congédia l’envoyé.
39168Le premier jour du mois de Scliaban, l’émir Izz-eddin-Halebi mourut à Damas.
39169Ce même jour,
39170le sultan sortit de cette ville, dit adieu à tous les émirs, et les
39171fit
39172partir pour l’Egypte.
39173Il ne resta auprès de lui, de tous les principaux émirs, que
39174l’émir-atabek, Mohammedi-Aïdemuri , Ebn-Allas-khan, et Akousch-Roumi. Escorté
39175de ces
39176officiers,
39177le prince
39178se rendit à
39179la forteresse de Soubaïbah
39180(73 ), puis à
39181Schakif. Étant monté dans la citadelle,
39182il expédia de là un ordre écrit pour faire
39183transporter les bagages à Kliarbat-allosous
39184bjà., place située près d’Orsouf.
39185Ils v furentamenés par l’émir Ak-sonkor-Fârekani, Xostadâr. Le sultan se transporta
39186vers celte même ville, où
39187il séjourna plusieurs jours. Ayant formé le projet de se
39188rendre en Égypte,
39189il dissimula son dessein.
39190Il fit dire aux gouverneurs d’écrire à
39191Melik-Saïd, et de suivre en tous points ses réponses.
39192Il régla que toutes les dé-
39193pêches arrivées par la poste seraient lues en sa présence; et qu’on lui apporterait
39194des feuilles en blanc, sur lesquelles
39195il écrirait ses réponses.
39196Le quatorzième jour du mois, le sultan feignit une indisposition, et manda les
39197médecins dans sa tente. Tout semblait à l’extérieur occupé de sa maladie. Dès le
39198matin
39199, les émirs entrèrent auprès de lui, et le trouvèrent ayant le corps ramassé,
39200dans l’attitude d’un homme qui
39201souffre.
39202Il écrivit à Damas, pour faire venir des
39203breuvages médicinaux.
39204Il recommanda aux deux émirs Bedr-eddin-Aïdemuri
39205et
39206Seif-eddin-Bektout-Djermek-Nâseri de se transporter à Alep
39207, sur les chevaux de la
39208poste, accompagné d'un beridi
39209(courrier de la poste). Ils devaient se mettre
39210348
39211en marche la nuit du samedi, seizième jour du mois. Le sultan leur avait recom-
39212mandé de se rendre, au moment de leur départ, derrière latente,
39213afin
39214qu’il pût
39215leur donner
39216, de vive
39217voix
39218, ses instructions.
39219Il désigna l’émir Aksonkor-«.y.raX7
39220(l’écbanson) comme devant prendre
39221la route de l’Égypte, sur
39222les chevaux de la
39223poste. 11 lui remit son carquois
39224et lui enjoignit de se placer derrière la tente
39225des d/emdars
39226qui, elle-même,
39227était
39228derrière le dehliz (la tente
39229royale). L’émir
39230[•;?>) Je
39231lis ï~w.J! üàdâ, au lieu de I—
39232!
39233S.xl'9.
p. 347
39234an 667 (1268).
39235IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
3923663
39237s’étant venu poster au
39238lieu
39239indiqué,
39240le sultan
39241se revêtit d’un manteau déchiré
39242yby
39243,
39244se coiffa d’un schasch
39245vieux
39246et enfumé.
39247Il voulait sortis-
39248, sans
39249être reconnu par les gardes. Ayant trouvé un vêtement de nuit çÿ
39250qui appar-
39251tenait à un des mamlouks, il appella un eunuque, du nombre de ceux qui étaient
39252attachés à son service
39253intime, et lui dit
39254:
39255« Je vais sortir, emportant ce costume,
39256« marche devant moi;
39257si quelqu’un
39258te demandes qui je suis, réponds
39259:
39260C’est un
39261« portier LjUI
39262qui s’est chargé
39263des vêtements d’un
39264page
39265Celui-ci
39266« se trouvant malade, ne peut venir cette nuit faire son service; et son esciave
39267« lui porte son habit. » A l’aide de ce stratagème, le sultan sortit, sans que per-
39268sonne
39269le remarquât.
39270Il avait eu
39271soin de
39272dire, en confidence, à l’émir Scbems-
39273eddin-Fârekani, qu’il se proposait de faire une absence de quelques jours. Dès
39274qu’il fût hors de la tente,
39275il se dirigea du côté où
39276il avait donné rendez-vous à
39277l’émir
39278Aksonkor-av,raÂé ( l’échanson
39279). On
39280avait placé
39281là quatre chevaux,
39282qu’il
39283avait
39284fait conduire par
39285l’émir Belia-eddin,
39286émir-aklior
39287qui
39288s’était posté avec
39289eux dans un
39290endroit indiqué. Aksonkor
39291prit
39292les chevaux,
39293puis renvoya vers
39294le sultan Y émir-akhor, qui avait conduit ces animaux. Ensuite,
39295il atteignit Aïde-
39296muri et son compagnon de route. Bientôt, le sultan les rejoignit et se mit à cou-
39297rir avec eux, sans qu’il le reconnussent. Ils marchaient ainsi depuis longtemps,
39298lorsque Bibars demanda à Aïdemuri
39299s’il le reconnaissait. L’émir répondit
39300affir-
39301mativement,
39302et voulait descendre de cheval, pour baiser la terre. Le prince s’y
39303opposa. Puis
39304il dit à Djermek
39305: « Et toi, me reconnais-tu? L’émir lui répondit
39306:
39307« Pourquoi cela, seigneur?
39308b » Le sultan lui enjoignit de ne
39309rien dire.
39310Ils
39311avaient avec eux l’émir Alem-eddin-Schakir, commandant
39312des héridis ajjo^J!
39313(courriers de
39314la
39315poste).
39316Leur cortège
39317se composait
39318de
39319cinq
39320personnes,
39321ac-
39322compagnées de quatre chevaux de main
39323, choisis parmi ceux qui appar-
39324tenaient exclusivement au sultan. On continua de marcher dans
39325la direction de
39326l’Egypte, et on arriva, vers le milieu de
39327la nuit,
39328à Kosaïr-maïni,
39329Le sultan entra dans la maison du wdli
39330dont
39331il voulait prendre
39332le cheval.
39333Cet officier, à la tête d’environ cinquante fantassins, s’avança pour le repousser
39334(74) et lui dit
39335: « Ce bourg est la propriété du sultan
39336, personne n’a le droit
39337(74) Le verbe
39338signifie conturbatus fuit et tumultuatus fuit. Avec la préposition
39339il doit
39340se traduire par insurrexit in aliquem, irnpetum fecit in eurn. On
39341lit dans YHistoire d’Egypte d’Ebn-
39342Aias (tom. II, fol.
393431 38 )
39344: a)_^ ^
39345«Il tira son épée,
39346et se précipita sur ceux
39347« qui l’entouraient. » Et plus loin (fol. 591)
39348:
39349« Il se jeta sur les janissaires.
39350>>
p. 348
39351HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
3935264
39353«d’y prendre un cheval. Passez votre chemin, sinon, vous allez périr par nos
39354« mains (^ 5 ). » Ils s’éloignèrent, et poursuivirent leur route. Arrivés à Beïsan, ils
39355se rendirent à la maison du wdli
39356( 76). Le sultan dit à (Aïdemuri)
39357: « D’ordinaire
39358« tout le monde se rassemble à ma porte, et, aujourd’hui, me voilà sur la porte
39359cf de ce wdli, qui ne daigne pas
39360faire attention à moi. Telles sont les vicissitudes
39361« du monde.»
39362Le sultan ayant demandé au wdli un vase plein
39363d’eau,
39364il
39365ré-
39366pondit
39367: « Je n’en
39368ai point,
39369si tu as soif, sors
39370, et va boire. » Aïdemuri alla cher-
39371cher une bouteille
39372et le prince se désaltéra. Ils partirent aussitôt, et arrivèrent
39373au point du jour, à Djehneïn ^1^.. Us ne trouvèrent au relais de
39374la poste que
39375des chevaux boiteux et couverts de
39376plaies. Le sultan en monta un
39377, sur lequel
39378il
39379pouvait à peine se tenir, tant les plaies de l’animal exhalaient une odeur infecte.
39380Lorsqu’ils descendirent à Tell-aladjoul
39381Ji, chacun d’eux fut obligé de tenir
39382son cheval. A Alarisch
39383, le sultan, accompagné de l’émir Djermek, resta de-
39384bout au milieu des préposés à la distribution de l’orge
39385üü. 11 dit à cet émir
39386:
39387349
39388« Où est maintenant le sultan? où
39389est
39390l’ostâdar,
39391l’émir djemdâr, et toute cette
39392« foule qui vient te faire la cour? C’est ainsi que les souverains quittent le trône;
39393« et le dieu Très-Haut est seul
39394éternel.
39395» Des quatre chevaux de maip qui
39396ac-
39397compagnaient les voyageurs,
39398il n’en
39399restait plus qu’un, que le sultan conduisait
39400par
39401la bride, et qui
39402le mena jusqu’à
39403Sâlehieh.
39404Ils arrivèrent au château de la
39405Montagne,
39406le mardi, dans les premières heures de la nuit. Les gardiens les obli-
39407gèrent de s’arrêter, jusqu’à ce qu’ils eussent consulté le wdli. Le sultan descendit
39408près de
39409la porte de l’écurie J.Ja-'iî!
39410et demanda Vémir-akkor.
3941111 avait en-
39412Le mot 'LLjüs signifie trouble , sédition. On lit clans le Manhel-sâfi d’Aboul’mahâsen (t. II,
39413f. 33 A. v°):
39414'LLj3>
39415«Il s’éleva une sédition.
39416»»
39417Ailleurs (tom. V, fol. 199 v°)
39418:
39419Lj
39420i.~Jo
39421^J.5.
39422L _ 4U.
39423« Lorsqu’Adel eût vu
39424la sédition,
39425il
39426craignit pour sa
39427vie. » Le verbe
39428à
39429la
39430deuxième forme, signifie troubler, agiter. On lit dans le Dorret-algavvas de Hariri,
39431(f. 11 v°)
39432:
39433^
39434^.âJ!
39435"
39436dit j’ai troublé une chose,
39437et elle est
39438<i troublée. Cela dérive du mot
39439cjui signifie
39440: Être mêlé dans des projets pervers.
39441>•
39442(75) Le texte porte
39443j. Dans le manuscrit de Nowaïri, on lit
39444« Nous allons vous
39445« combattre. «
39446(76) Nowaïri ajuote
39447: «Us
39448lui dirent
39449: Nous
39450désirons des chevaux
39451de
39452poste;
39453il
39454leur répondit
39455:
39456« descendez, et prenez-en. Us descendirent en effet; et le sultan
39457s’assit aux pieds du wdli, qui était
39458« alors couché. »
p. 349
39459AN
39460667
39461(1268).
39462IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
3946365
39464joint au zimam des palais
39465(77) de passer constamment la nuit derrière la
39466porte secrète J*J! ^b.Il frappa à cette porte, en indiquant les signes
39467dont
39468il
39469(77) Abou’Imahâsen (man. 661,
39470fol.
39471208 r°), parlant des divers
39472titres usités en Égypte,
39473et à
39474la
39475fin desquels se trouvait le mot persan
39476,1.5
39477, qui, dit-il
39478, signifie
39479celui qui possède
39480ajoute
39481:
39482« ce
39483«n’est pas, comme le croit le vulgaire en Égypte,
39484le motjta qui désigne une maison. C’est ainsi,
39485«qu’en parlant du zimam
39486, ils le nomment zimam-aladoar
39487(le zimam des palais),
39488tandis
39489« que régulièrement, il faudrait écrire zimam-dar (celui qui tient la bride)
39490:
39491Jl Jp- J
39492V/ Ly
39493jÎAÎ!
39494Makrizi,
39495parlant des chambrées
39496où l’on élevait des jeunes gens destinés pour
39497le service militaire (m. 682,
39498fol. 248 r°), dit
39499: Lwju j b>L»j ajL» J£)
39500«Il établit, pour chaque centaine de ces jeunes gens,
39501«un zimam
39502et un nakib . » Et
39503(ibid .)
39504:
39505LojJ I
395067* “H
39507les envoya avec
39508le principal
39509« zimam .
39510» Dans YHistoire d'Égypte d’Ebn-Aïas (tom. Il,
39511f. 85), on
39512lit
39513:
39514i
39515s
39516î
39517« L’émir Abd-allatif, le zimam.
39518» Dans l’ouvrage de Khalil-Dàheri (man. arab. 6g5,
39519fol. 247 r°), on
39520_
39521ȣ
39522ïJ-o Isè^bJî «Le zimam des palais augustes était un eunuque, ainsi nommé parce que
39523c’était
39524lui
39525« qui
39526avait
39527la haute main
39528sur tout ce qui concernait
39529ces
39530palais. » L’auteur de
39531l’ouvrage
39532intitulé
39533Diwan-alinschd (man.
39534i 573,
39535fol.
39536127
39537r°),
39538voulant expliquer l’expression
39539, en donne une
39540étymologie qui me paraît complètement inadmissible. Suivant cet écrivain
39541:
39542aLoI
39543^
39544^ *b^JI
39545jta J
39546j*
39547j
39548obilso
39549^Xi^l w-J^Ls^.
39550jS)
39551j jjlâ
39552w>L_J
39553^Lô't J J wilibadlj ol-bysrl I
39554à L*I**«J ^
39555I
39556î
39557^***,/^ ^
39558’r'^ O'
39559« Le mot zimam
39560, que
39561l’on écrivait primi-
39562« tivement zenân-ddr, est composé de deux
39563termes persans. Zenan désigne
39564les femmes
39565,
39566et dâr le
39567« gardien ; de manière que zendn-dar doit se traduire par gardien des femmes. Le vulgaire s’imagine
39568« que le mot zimam signifie général. On donne ce
39569titre au principal eunuque.
39570C’est
39571lui qui confère
39572« avec le souverain, pour tout ce qui concerne les femmes ou les enfants des princes, qui fait venir
39573« les objets dont les uns et les autres peuvent avoir besoin, et qui prend
39574les ordres du monarque
39575,
39576« pour le mariage des princesses ou des esclaves affranchies.
39577Il a
39578des subordonnés, qui font partie
39579« des eunuques placés à la porte du rideau. Ils sont entièrement sous sa dépendance, et remplissent
39580« les fonctions qu’il leur confie. » Le mot zimamiah
39581désigne Yemploi du zimam. On
39582lit dans
39583l’histoire d’Ebn-Aïas (tom. II,
39584fol.
3958585)
39586: ïpli,
39587üiJbj
39588« L’office du Zimamiah était
39589« alors vacant. » Dans le Manhel-sâfi d’Abou’Imahâsen (tom. V, fol. 62 r°)
39590I ^ A> !£«
39591j
39592« Il
39593« remplit à sa place les fonctions de zimam. » J’ai déjà insinué que l’étymologie donnée par l’auteur
39594du Diwan-alinschd me semblait complètement fausse
39595; car le mot zimam a peu de rapport avec celui
39596de zenân. D’ailleurs, le premier de ces deux titres ne s’appliquait pas exclusivement à un eunuque
39597chargé du soin des femmes
39598: nous avons vu qu’on le donnait également à une espèce de surveillant
39599qui soignait l’éducation des jeunes pages. On lit dans le Fakihat-alkholafâà'ŸÀm-kvahschah (p. 202):
39600j
39601« Le fonctionnaire
39602chargé
39603des
39604apostilles, et
39605le zimam. » Dans
39606le même ouvrage
39607I. (deuxième partie)
39608q
39609trouve les détails suivants
39610vjr*~
39611•W
39612I
p. 350
3961366
39614HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
39615était convenu avec le zimam. Celui-ci ouvrit aussitôt la porte, et le sultan entra
39616avec
39617ses compagnons de voyage.
39618Il
39619séjournèrent dans ce château, le mardi,
39620le
39621mercredi et le jeudi, vingt-unième jour du mois de Schaban. Personne, à l’ex-
39622ception du zimam , ne savait
39623l’arrivée du
39624sultan. Ce
39625prince
39626prenait
39627plaisir
39628à
39629voir les émirs faire courir leurs chevaux. Lorsque
39630le jeudi, suivant l’usage, on
39631présenta un cheval à Melik-Said, Yémir-akhor en amena un autre pour le sultan.
39632Au moment où Melik-Said sortait du
39633palais pour monter à cheval,
39634il aperçut le
39635sultan qui venait à lui. Saisi de respect,
39636il s’empressa de baiser la terre. Le sultan
39637monta à cheval, et sortit à l’improviste. Il faisait alors un temps sombre. Les émirs,
39638mécontens de ces procédés insolites, portèrent la main à la garde de leurs épées,
39639et vinrent observer de près le visage du sultan. Ce prince séjourna au château le
39640reste du jeudi, et le vendredi. Le samedi,
39641il joua à la paume. Le dimanche,
39642il
39643se
39644rendit à Misr (Fostat), où
39645il vit lancer à l’eau des galères
39646iiyDI. Après cjuoi, mon-
39647tant sur des barques
39648(Jjjj î^a.
39649,
39650il retourna au
39651château. La nuit du
39652lundi, vingt-
39653cinquième jour du mois de Schaban,
39654il
39655partit du château, sur les chevaux de la
39656poste jj^JI, et regagna son campement de Kharbat-allosous
39657'Ùjâ.. Voilà
39658l^pag. 64)
39659:
39660^»L4 f
39661Aâdà.
39662çL»j
39663« Le zimam de l’imam, du khalife, vit en songe.»
39664Et plus bas
39665(Ib.)
39666: ^»LoJ>Jt
39667«Le zimam
39668se mit à rire. » Ce que dit Abou’lmahâsen
39669, relative-
39670ment au motj b fL)
39671, ne me paraît pas devoir être admis;
39672et je
39673crois que
39674dans cette expression,
39675le terme j b n’est point le mot persan, mais le mot arabe qui désigne un palais. On peut, je pense,
39676supposer avec assez de vraisemblance, que
39677le mot
39678,»bj qui signifie frein , bride, a
39679signifié par ex-
39680tension, celui qui tient les rênes , un directeur. On lit dans le Mesalek-alabsar (m. ar. 1372,
39681f. 87 v°)
39682:
39683Lobj Jjj» j
396848 -Ls. ^5. j b Loi
39685,La
39686«
39687Il était, pour son peuple, un imam, un
39688guide dans
39689les
39690« affaires sérieuses comme dans celles qui étaient frivoles.
39691» Dans le Yétimah (man. 1870,
39692f. 365 r°)
39693:
39694L^obj
39695.
39696.
39697. ^
39698« 11 fut son guide. » Dans d’autres
39699contrées que l’Égypte , le terme
39700désigne
39701une branche d’administration. On
39702lit
39703dans
39704les Voyages d’Ebn-Batoutah (manuscrit,
39705fol.
39706i 34
39707r°)
39708:
39709Üo^C^dl
39710UJ!
39711I
39712«
39713Ils étaient douze mille employés dans l’administration mi-
39714.. litaire.
39715»
39716Imad-eddin-Isfahâni
39717( Histoire des Seldjoucides ,
39718fol. 53 r°), indique ^ 1^0 w-v^Lo
39719.bp! «Le chef du bureau du zimarn. » Dans un ouvrage de Masoudi, ce mot est plusieurs fois au
39720pluriel.
39721O11 y
39722lit (Tenbih , man. de Saint-Germ., 337, f°k 190
39723v°)
39724: pjlse'Mj «bj^l
39725Plus
39726loin
39727(ib.)
39728: Hj^l
39729j3 1
39730«Il
39731confirma Rebi dans
39732la charge
39733de chef des bureaux des
39734« zimam.
39735» Et enfin (ibid.)
39736: ÜUj'iM
39737y> jJi
39738«
39739Il mit Mousa à la tête du bureau des zimam.
39740><
39741De là s’est formé le terme ^>Loj qui désigne celui qui est employé a desfondions de ce genre. Dans
39742les voyages d’Ebn-Batoutah le mot
39743est rendu par
39744I ou
39745(f. 90 r° et
397461 14 ?")
39747On y
39748lit
39749:
39750,*»
39751j
p. 351
39752IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
39753G
39754an 667
39755(1268).
3975667
39757ce qui s’était passé dans l’armée de Syrie, en l’absence du sultan. Le matin qui
39758suivit
39759le départ du prince, l’émir Schems-eddin-Fârekâni
39760fit accroire aux émirs
39761que le sultan, par suite d’une indisposition grave, ne pouvait recevoir personne.
39762Ayant fait venir les
39763médecins,
39764il leur demanda quels remèdes
39765il convenait d’em-
39766ployer à l’égard d’un malade qui se plaignait de mal de tête, d’engourdissement,
39767de langueur et d’une soif ardente. Il leur donna à entendre que
39768c’était le sultan
39769qui éprouvait ces symptômes. Ils indiquèrent les médicaments qui convenaient
39770en pareille circonstance; sur les ordres de l’émir, les scherbedaris
39771pré-
39772parèrent et apportèrent 4e breuvage désigné. Fârekâni entrait en personne dans
39773la tente, afin que l’armée ne conservât aucun doute sur la réalité des faits. Dans
39774la nuit du vendredi, vingt-neuvième jour de ce mois, le sultan
39775étant
39776arrivé
39777au
39778voisinage du
39779dehliz jJUjJI,
39780enjoignit à Aïdemuri et à Djermek de se rendre à
39781leurs tentes. Pour
39782lui, prenant dans sa main le sac de
39783cuir s_>î^. du courrier,
39784et jetant une serviette
39785sur son épaule (78),
39786il s’avança à pied jusqu’au poste
39787des gardes. L’un d’entre eux s’opposa à
39788son passage,
39789et
39790le
39791saisit
39792au
39793collet. Le
39794sultan se débarrassa de ses mains et entra dans
39795le dehliz ,
39796où
39797il passa la
39798nuit.
39799Dès
39800le matin,
39801il manda les émirs,
39802et les assura
39803qu’il
39804avait été gravement
39805in-
39806disposé. On célébra par des réjouissances publiques la convalescence du prince.
39807Pendant l’absence du sultan, toutes les affaires qui concernaient l’armée étaient
39808expédiées régulièrement
39809, et personne ne
39810savait la vérité des
39811faits, à
39812l’exception
39813deYatabek
39814de Vostâddr
39815, du dewâdâr
39816et des principaux djemdars. Dans
39817cet in-
39818tervalle, on recevait des dépêches auxquelles on répondait exactement, suivant
39819les ordres donnés par
39820le sultan. Tout marchait comme
39821si
39822ce prince avait
39823été
39824présent, et aucune affaire ne resta en arrière. Le prince, dans ce voyage mysté-
39825rieux, avait eu pour but d’inspecter ce qui se passait dans ses états, et de voir
39826par lui-même de quelle manière son
39827fils Melik-Saïd gouvernait l’Égypte. Ayant
39828réussi dans son dessein,
39829il ordonna par un édit de supprimer, dans les villes de
39830Fostat et du Caire, ainsique dans leur territoire, l’usage du
39831vin
39832, les désordres
39833de
39834divers
39835genres
39836et
39837les
39838courtisanes
39839:
39840toute
39841la
39842contrée
39843se
39844Trouva
39845délivrée
39846de la présence du vice. On
39847pilla les cabarets obW
398485
39849! (79) où
39850se tenaient habi-
39851(78) Je lis
39852au lieu de iJi£.
39853(79) Le texte porte «JIjUIs'H c’est-à-dire les khans, les caravansérails; mais je crois qu’il faut lire
39854les cabarets. Les commentateurs de Hariri
39855(maham
39856XII), expliquent lilsT! par
39857J
39858maison d’un marchand de vins. On
39859lit dans
39860le
39861Kitab-alagdni (tom. IV,
39862fol. 16)
39863: O 'jksT
398649
39865-
p. 352
3986668
39867HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
39868tuellement les hommes débauchés (80); on
39869saisit
39870les biens (8i)des prostituées
39871il!, et on les retint en prison jusqu’à ce qu’elles se mariassent; des hommes
39872vicieux furent en grand nombre condamnés à
39873l’exil (8a). Des ordres du même
39874genre avaient été envoyés dans les différentes provinces
39875; on
39876abolit
39877la contribu-
39878tion qui se levait sur ce honteux
39879trafic,
39880et les fermiers de cet impôt reçurent
39881en échange des fonds affectés sur une branche de revenu
39882licite.
39883Cependant on reçut la nouvelle qu’un tremblement de
39884terre avait éclaté dans
39885la province de Sis (la petite Arménie) et détruit de fond en comble la forteresse
39886de Sarfandkar
39887(83 ), ainsi que plusieurs autres places; uuiné un grand nombre
39888de cantons, et
39889fait périr un si grand nombre d’hommes, que la rivière avait roulé
39890des flots de sang. On apprit aussi que les Francs avaient répandu le bruit de la
39891mort du sultan. Sur ces entrefaites, un ambassadeur, envoyé par eux, vint de-
39892mander une trêve. Quatre Mamlouks du sultan ayant pris la fuite, s’étaient retirés
39893dans la ville d’Akka; Bibars les ayant
39894fait réclamer,
39895les Francs refusèrent de les
39896rendre, à moins qu’on ne leur donnât un dédommagement. Le sultan témoigna
39897un vif mécontentement qu’il exprima par des reproches sévères. Les Mamlouks lui
39898furent remis, quoiqu’ils eussent embrassé la religion chrétienne ; Bibars Fit arrêter
39899les ambassadeurs des Francs, qui, par ses ordres, furent chargés de chaînes.
39900Il
39901écrivit aux gouverneurs des différentes places que
39902la paix
39903était rompue. L’émir
39904Akouscli-Schemschi
39905fit une expédition sur
39906le
39907territoire des Francs, égorgea ou
39908emmena
39909en
39910captivité beaucoup de monde. Le sultan, de son côté, se mit
39911en
39912marche le vingtième jour du mois de Ramadan, se dirigea du côté de Sour (Tyr),
399131 -yà ^—
39914j ^£-01
39915UAI
39916« Le mot hnnât est le pluriel de hânah qui désigne
39917« le lieu où l’on vend du vin. » Dans le même ouvrage (tom. III, fol. 35 r")
39918: XjIsAÎ
39919« Il se
39920« rendit au cabaret.» Ailleurs (tom.
39921I,
39922fol. 334 r°)
39923:
39924^
39925« Plusieurs fois, j’avais
39926« bu dans son cabaret. » Dans la Chronique cl’Otbi (f. 244 v°)
39927:
39928« Les cabarets furent
39929« supprimés. » La glose marginale explique
39930^jla.
39931par jk^srH
39932Dans
39933le Kitab-arraoudatain
39934(man. 707 A,
39935f.
39936i 36 r°)
39937:
39938-X-vd !j hj
39939j
39940^kLL-J!
39941Oj'-^àb
399425
39943j
39944_j «Le sultan trouva que le camp de Mausel
39945(Mosul) ressemblait
39946à
39947« un cabaret, tant on y voyait de vin
39948, de lyres, de
39949luths, de cymballes,
39950de musiciens
39951et de musi-
39952« ciennes. »
39953(80) Je
39954lis k$j
39955LAâ'ifb
39956Jj»! ôU
39957au lieu de k^j
39958(81)
39959Je
39960lis J LA, au lieu de J!_^k
39961(82) Je lis
39962, au lieu de
39963( 83 )
39964Je lis avec Nowaïri
39965. kkxjj
39966au lieu de
39967JJij
39968que présente le manuscrit.
p. 353
39969IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
39970A.N
39971667
39972(1268).
3997369
39974tua ou enleva quantité d’ennemis, après quoi
39975il regagna son camp. Au bout de
39976quelque temps,
39977il
39978fit
39979partir un corps de troupes pour enlever
39980les
39981récoltes
39982et
39983intercepter les convois qui pouvaient arriver à Sour.
39984Le vingt-sixième jour du même mois, les
39985officiers du sultan prirent posses-
39986sion de Balatonos
39987(84)? qui
39988est une forteresse considérable;
39989le même
39990jour, des
39991troupes
39992parties de Birali
39993prirent
39994la route de Karkar jsjï , brûlèrent
39995tout sur leur passage
39996et
39997enlevèrent un grand butin. Elles s’emparèrent d’une
39998place, située entre cette ville et Kakhta hsr^, en massacrèrent la garnison
39999,
40000et
40001y
40002recueillirent un butin prodigieux, sur lequel ils prélevèrent le cinquième pour
40003le
40004fisc.
40005Cependant la division éclata à la Mecque, entre le schérif INedjm-eddin-Abou-
40006Nemi et son oncle paternel, le scliérif Belia-eddin-Edris, émir de cette ville; mais
40007bientôt ils se réconcilièrent. Le sultan leur assigna, à l’un et à l’autre, un revenu
40008annuel de mille pièces d’argent Vpb
40009*
40010àJÎ
40011, sous la condition que l’on
40012n’exigerait
40013de
40014personne,
40015à
40016la Mecque,
40017aucun
40018droit
40019;
40020que
40021tout
40022le
40023monde,
40024sans
40025exception,
40026serait admis
40027à visiter
40028la maison sainte
40029I
40030;
40031que
40032les
40033marchands
40034n’éprouveraient aucune vexation
40035; que la khotbah
40036serait
40037faite au nom du sultan,
40038sur
40039le territoire sacré p.sr'1
40040et les lieux consacrés parla
40041religion
40042Ii4 !
40043; que la
40044monnaie
40045serait
40046également
40047frappée
40048au nom de
40049ce prince. Les
40050deux
40051schérifs
40052reçurent un diplôme
40053, qui leur garantissait le titre d'émir, et on remit à leurs
40054(84 ) L’auteur delà Vie de
40055Bibars (man. 8o3
40056,
40057fol. 124 v°),
40058et le prétendu Hasan-ben-Ibrahim
40059( fol. 200 v°), donnent sur ces événements des détails plus étendus.
40060« Modaffer-eddin (ou Izz-eddin),
40061« Othman,
40062fils de Mankoures, prince de Sahioun
40063s’était emparé de la ville de Balatonos, à
40064« l’époque des conquêtes des Tatars. Melik-Dâher étant monté sur le
40065trône, réclama
40066cette place.
40067« Le possesseur éludait
40068la demande
40069et donnait des réponses évasives. La négociation se prolongea
40070« sans amener aucun résultat satisfaisant. Le sultan écrivit alors aux. Turcomans
40071, et leur enjoignit
40072» de
40073faire des courses sur le territoire de la ville.
40074Ils obéirent et portèrent partout
40075le ravage
40076et
40077la
40078« désolation. Othman, se voyant aux prises avec ces féroces ennemis, députa vers le sultan son fils
40079«
40080et le kadi de la ville.
40081Il demanda qu’on lui accordât, à titre d’aumônes, un bourg, dont
40082le revenu
40083« pût le faire vivre
40084, lui et sa famille. On lui assigna le bourg nommé Hama
40085I
40086, situé sur le terri-
40087« toire de Schaïzar. Le sultan
40088lui en concéda la possession par un acte écrit
40089, revêtu de son serment.
40090« Alors Othman livra
40091la
40092ville. » Au rapport de Hasan-ben-lbrahim
40093,
40094le sultan accorda à Othman
40095,
40096en échange de Balatonos
40097, plusieurs villes du
40098territoire de Sahioun.
40099» Suivant un autre récit
40100,
40101il eut
40102en partage cinq bourgs
40103, dont le revenu produisait trente mille dirhems. Parmi
40104les émirs de Syrie
40105qui, en l’année 678
40106(de
40107J.
40108C.
401091279), reconnurent pour sultan l’émir Sonkor-aschkar, on compta
40110le gouverneur wob de Sahioun
40111, de Burziah
40112, de Balatonos (Nowaïri
40113,
40114Vie de Kelaoun,
40115f. 108
40116r°).
p. 354
40117HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
4011870
40119délégués
40120,
40121les biens
40122v
40123^L'à^ bJ I appartenant à la
40124ville sainte,
40125et qui se
40126trou-
40127vaient en Égypte et en Syrie.
40128Le schérif Schems-eddin, kadi, khatib (prédicateur) et vizir de Médine Lj-xU
40129étant
40130arrivé à
40131la cour,
40132en
40133qualité
40134d’ambassadeur de l’émir Izz-eddin-
40135Djemaz, émir de
40136cette ville,
40137le
40138sultan lui rendit
40139les chameaux
40140qui avaient été
40141enlevés aux schérifs de Médine par Ahmed-ben-Hadji , et qui étaient au nombre
40142d’environ trois mille.
40143Il
40144le chargea de les
40145faire remettre aux propriétaires de ces
40146animaux.
40147Ce même mois, on
40148vit arriver l’eunuque
40149Kemâl-eddin-Molisin-Sâlehi,
40150scheïkh
40151(supérieur)
40152des
40153serviteurs du tombeau du prophète
40154Le
40155sultan
40156le combla d’honneurs, lui
40157fit dresser une
40158tente
40159d’étoffes ‘LLL> à la porte
40160du
40161dehliz,
40162et
40163lui
40164donna en
40165présent plus de deux cent
40166mille dirhems (85).
40167L’eunuque,
40168le kadi et les chameaux partirent avec la caravane de Syrie, et l’on
40169envoya, en même temps,
40170les
40171voiles destinés pour la Mecque et pour Médine.
40172Sur ces entrefaites, un ambassadeur, député par
40173les Francs de
40174Beïrout,
40175vint
40176offrir à Bibars un présent, et plusieurs prisonniers musulmans, qui furent mis
40177en liberté à la porte du dehliz. Le prince consentit à accorder une trêve.
40178Bientôt après, l’émir Scherf-eddin-Isa-ben-Mohannâ se présenta dans le dehliz,
40179accompagné d’une troupe d’émirs arabes. Le sultan
40180lui
40181fit accroire qu’il médi-
40182tait une expédition dans
40183l’Irak, et lui enjoignit de se
40184tenir prêt, afin de partir
40185aussitôt
40186qu’il
40187serait appelé.
40188L’émir,
40189sur
40190l’ordre du
40191sultan, reprit
40192la route du
40193canton
40194qu’il habitait; mais
40195le prince avait formé secrètement un autre projet,
40196celui de faire le voyage du Hedjâz.
40197Sur ces entrefaites,
40198il donna à Nâser-eddin-Mohammed, fils de l’émir Izz-eddin-
40199Aidemur-Halebi,
40200le titre d'émir de quarante cavaliers. Les émirs Kelaoun, Ougan
40201(Igan),
40202Baisari
40203,
40204et
40205Bektasch-Fakhri ,
40206l'émir silah, reçurent
40207l’ordre
40208d’aller
40209en
40210personne prendre possession des biens de Halebi,au nom des héritiers du mort;
40211mais le sultan ne s’appropria rien de cette immense succession.
40212Au commencement du mois de Schewal, ce prince, qui était bien décidé à
40213entreprendre le voyage du Hedjâz, distribua à toute son armée des gratifications
40214pécuniaires (86). Un corps de troupes, commandé par l’émir Akousch-Roumi,
40215le si/ah-dar,
40216fut destiné à escorter le sultan. Le reste des troupes
40217, sous la con-
40218(85) Je lis
40219<jJ jLa.1, au lieu deiljU.
4022086) Je
40221lis
40222au lieu de
40223jJpLi'I.
p. 355
40224IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
40225AN
40226667 (1268).
40227IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
4022871
40229duite de Ternir Ak-sonkor-Fârekâni , Yoslâdar, ayant reçu l’ordre de se rendre à
40230Damas, vint camper en dehors de cetle ville
40231, et y établit sa résidence. Bientôt,
40232le sultan partit pour le pèlerinage, ayant avec lui l’émir Bedr-eddin , le khazindar
40233(trésorier)
40234le
40235kculi-alkodat Sadr-eddin-Soleïman
40236le
40237hânefi ,
40238Fakr-eddin-ben-
40239Lokhman, Tadj-eddin-ben-alathjr^l ^
40240, et environ trois cents mamlouks, ou
40241soldats de la halkah. A la
40242tête de ce cortège,
40243il s’avança vers Karak, comme
40244s’il
40245n’avait eu d’autre intention que de chasser. Personne n’osait dire que
40246le prince
40247avait dessein de se rendre dans
40248le Hedjâz. En
40249effet, l’émir Djemâl-eddin-ben-
40250Daïah IdjJÎ, le hâdjeb (chambellan), ayant écrit au sultan
40251: « Je désire faire avec 352
40252vous le voyage du Hedjâz,» Bibars lui
40253fit couper la langue; et, depuis ce moment,
40254personne ne se permit un seul mot sur ce sujet. Le sultan étant parti de Fawar
40255le jeudi, vingt-cinquième jour du mois, arriva à Karak le premier jour de
40256Dhou’lkadah.
4025711 avait pris
40258ses mesures dans le plus grand secret,
40259et sans
40260rien
40261communiquer à personne;
40262il
40263avait envoyé le biscuit
40264(87), la farine,
40265les
40266outres, les boissons, ainsi que les Arabes qui devaient l’accompagner,
40267et ceux
40268qui devaient
40269stationner dans
40270les
40271lieux
40272de
40273balte. Personne
40274n’avait
40275vent
40276de
40277tous
40278ces
40279préparatifs. En
40280arrivant à Karak,
40281le
40282sultan
40283trouva que
40284ses
40285ordres
40286avaient
40287été parfaitement
40288exécutés.
40289Il
40290fit distribuer aux soldats
40291qui l’accompa-
40292gnaient une
40293quantité
40294d’orge
40295suffisante. Les
40296bagages
40297se mirent en marche
40298le
40299quatrième jour du mois. Le sultan les suivit de près,
40300étant parti le
40301six, accom-
40302pagné de tout son cortège.
40303Il vint descendre à Schaubak, en recommandant que
40304Ton gardât, sur ce qui le concernait, un
40305silence absolu
40306;
40307il se remit en marche
40308le onzième
40309jour du mois. La poste
40310partit pour
40311l’Egypte. Des
40312lettres, confiées
40313à des
40314Arabes, furent apportées au sultan
40315, par la route de Karak, et il expédia de
40316là
40317les réponses.
40318Il arriva à Médine le vingt-cinquième jour du
40319mois. Les deux
40320émirs de cette ville, Djemaz et Mâlek, loin de faire aucune résistance,
40321prirent
40322aussitôt
40323la
40324fuite. Le
40325sultan quitta
40326cette
40327place
40328le 27, prit
40329le vêtement
40330appelé
40331ihram, et fit son entrée à la Mecque, le quinzième jour du mois de Dhou’lhidjah.
40332Il avait eu
40333soin de remettre à ses principaux courtisans une somme d’argent,
40334afin qu’ils pussent en faire des aumônes secrètes. Lui-même distribua de nom-
40335breux vêtements aux habitants des deux villes saintes. Il se montrait comme un
40336simple particulier, n’ayant auprès de lui personne pour le soustraire à des visites
40337(87)
40338O11 lit dans un passage de notre auteur (man. 672, pag. m5)
40339:
40340iUJI JvJ
40341« On porta les grains aux meuniers, pour qu’ils fabriquassent du biscuit. »
p. 356
403427 2
40343HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
40344importunes, et n’ayant d’autre garde que Dieu;
40345il
40346était toujours
40347seul, occupé a
40348faire sa prière, ou le tour de la kabah, ou
40349les courses religieuses;
40350il lava de ses
40351mains la maison sainte, au milieu de la foule. Si un pèlerin lui jetait son ihram,
40352il le lavait, puis le lui rendait. Assis sur la porte de la kabah,
40353il prenait parla main
40354ceux qui se présentaient, et
40355les aidait
40356à monter jusqu’à cet
40357édifice. Un homme
40358du peuple, pour monter plus aisément, s’étant pendu à son ihram,
40359le déchira
40360et
40361faillit renverser à terre le sultan. Ce prince voyait tout cela avec plaisir.
40362Il
40363attacha de sa main le voile de la kahah, et fut secondé par ses principaux cour-
40364tisans
40365;
40366il visita tous les hommes religieux qui habitaient les deux villes sacrées. Le
40367/W/f-«/>h?£/«£Sadr-eddin-Soleïman-ben-Abd-alhakk le hâneji, accompagna le sultan
40368pendant tout le voyage. Ce prince le consultait, et s’instruisait auprès de lui des
40369dogmes de la
40370religion
40371; mais, en même temps,
40372il ne négligeait pas
40373les soins de
40374l’administration
40375;
40376et
40377les
40378secrétaires de la chancellerie expédiaient en son nom
40379des dépêches pour chaque
40380affaire.
40381Il écrivit au souverain du Yémen, pour lui
40382témoigner son mécontentement de quelques-unes de
40383ses démarches;
40384il
40385disait
40386dans sa lettre
40387:
40388« J’ai tracé ces lignes dans la ville sainte de la Mecque, où je suis
40389« arrivé en dix-sept pas (c’est-à-dire, en autant de journées de marche); »
40390il ajou-
40391tait
40392: « Le véritable monarque est celui qui combat pour les intérêts de Dieu avec
40393« tout le zèle que cette cause mérite, et qui sacrifie sa vie elle-même pour le sou-
40394te tien de
40395la
40396religion.
40397Si
40398lu
40399es vraiment roi, pars, va affronter les
40400Tatars.
40401» Le
40402sultan combla de marques de bienveillance les deux émirs de
40403la Mecque, l’émir
40404de lanbo
40405, celui de Khalis
40406, et les principaux personnages du Hedjâz. Les
40407deux émirs de la Mecque reçurent de
40408lui des diplômes
40409en bonne forme. Tous
40410deux ayant demandé un naïb (gouverneur) qui pût les appuyer d’une manière
40411efficace,
40412le
40413sultan
40414désigna comme naïb
40415de
40416la Mecque
40417l’émir Schems-eddin-
40418Merwan, émir-djandar.
40419Il
40420voulut que cet
40421officier eût sous
40422sa juridiction
40423tout
40424ce qui concernait les deux émirs,
40425et
40426exerçât une autorité pleine et entière;
40427il
40428accorda aux émirs de
40429la Mecque un accroissement annuel de revenu en argent
40430et en grains, afin que tout
40431le monde fût admis gratuitement à visiter la maison
40432sainte (88). Lorsqu’il eût accompli toutes les pratiques du pèlerinage,
40433il partit de
40434(88) On
40435lit dans le texte
40436Le verbe JI— à la seconde conjugaison,
40437signifie
40438: Accorder une chose gratuitement. Un autre passage du même historien (t. I, p. ^ 7. 1 ) offre ces
40439mots
40440:
40441lyD s 1
40442J
40443! «jbj
40444,,,! « Afin d’accorder gratuitement aux pèlerins le privilège
p. 357
40445AN 667 (1268).
40446IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
4044773
40448la Mecque le treizième jour du mois, et arriva, le
4044920
40450à Médine, où
40451il passa la
40452nuit. Le lendemain,
40453il
40454se remit en route, accompagné d’un cortège peu nom-
40455breux, pressa sa marche, et arriva à Karak , le matin du lundi, dernier jour du
40456mois. Personne n’était prévenu de sa marche; on ne l’apprit qu’au moment où
40457il
40458se trouvait près du tombeau de Djafar-TaïarjLÜt
40459, qui venait de mourir. Là, toute
40460la foule rencontra le prince.
40461Il
40462fit son
40463entrée dans la ville de Karak, vêtu d’un
40464abâh
40465VLc.
40466(89),
40467et monté sur un chameau.
40468Il n’y séjourna qu’une
40469nuit,
40470et en
40471partit dès le lendemain (90).
40472Cette année
40473vit mourir
40474:
40475i° Nour-eddin-Abou’lhosaïn-Ali-ben-Abd-allah-ben-
40476Ibrahim, le grammairien, connu sous le nom de Sibouaïh-ben-Magrebi (Sibouaih
40477du Magreb), qui mourut au Caire,
40478à l’âge de
40479soixante-sept ans.
40480Il
40481est auteur
40482d’excellentes
40483poésies;
40484‘i°
40485le scheïkh (chef)
40486des médecins
40487de Damas,
40488Scherf-
40489eddin-Abou’lhosaïn-Ali-ben-Iousouf-ben-Haiderah - Rahbi
40490; on
40491a de
40492lui de
40493fort
40494beaux
40495vers (91);
404963 °
40497Izz-eddin-Aïdemur-HaJebi,
40498le naïb-assaltanet
40499SjJéLJI
40500*
40501oLj
40502«de visiter la maison sacrée.
40503« Dans la Vie de Bibars de Nowaïri,
40504011
40505lit (fol. 42 r°)
40506: d-w—J! JA*
40507« Il accorda gratuitement à tout le monde l’entrée de la maison auguste. »
40508(89) On
40509lit dans un vers d’un poëte que cite le Dorret-algawas , de Hariri (f.
40510i 3 r°)
40511: îsLjJÎ
40512* L’action de revêtir un abah . » Dans le Kitab-alagâni (tom.
40513III,
40514f. 9 v°)
40515:
40516/O
40517« On plaça pour lui un abah,
40518sur lequel
40519il s’assit.
40520» Sur ce genre de vêtement, que portent les
40521Arabes, on peut consulter Russell
40522( The history of Alcppo,
40523t.
40524II, p. 21); Darvieux
40525( Mémoires
40526t.
40527111
40528,
40529pag.
405309, 289, 291); un Voyage en Orient,
40531fait en 1621 (pag. 345); Ferrières-Sauvebocuf [Voyages,
40532tom. II, pag. 9Ô);M. Mengin
40533(Histoire cf Égypte ,
40534t. H, pag. i74);Niebuhr [Description de l'Arabie,
40535pag. 893); Pagès [Voyage autour du Monde, tom. I, pag. 298)
40536, etc.
40537(90) dette année
40538, au rapport d’Abou’lmahâsen
40539( man. 661,
40540fol. 218 v°)
40541, la hauteur primitive du
40542Nil fut de quatre coudées, vingt doigts. La crue s’éleva à dix-huit coudées. Au rapport du prétendu
40543Hasan-ben-Ibrahim (fol. 201
40544r°)
40545dans les derniers
40546jours du mois Dhou’lhidjah de
40547cette année
40548,
40549il
40550souffla en Égypte un vent impétueux
40551, qui submergea dans le Nil deux cents barques
40552, et causa la
40553mort d’un grand nombre d’hommes. Ce vent fut suivi d’une pluie extrêmement forte. On éprouva
40554en Syrie une gelée qui fit périr les fruits.
40555(91) Au rapport du prétendu Hasan-ben-Ibrahim
40556( man. non. catalogué, fol. 201
40557r°)
40558, ce médecin
40559était professeur du collège appelé Dakhwariah hj h,â- -\Jî.
40560Il avait été nommé à cette place en con-
40561sidération de son mérite cminent
40562, par le testament du fondateur. Le même historien lui attribue les
40563vers suivants
40564:
405650
40566(lis.
40567àjls-? ^3U
40568!
40569"’i!
40570y:sé)
40571Li .xJ
40572! jg.s
40573^xJI
40574»UjJI
40575çi
40576Sf,
40577« Les enfants du monde sont conduits par une force irrésistible à la mort
40578; ceux qui restent ignh-
40579« rent le destin
40580de ceux qui ne sont plus;
40581I. (deuxième partie.)
40582IO
p. 358
40583HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
4058474
40585(vice-roi).
40586Il mourut à Damas, à
40587l’âge de
40588soixante
40589et quelques années (92);
405904°
40591l’émir
40592Asad-eddin-Soleïman-ben-Daoud-Hadhabani.
40593Il
40594avait, par
40595esprit
40596de
40597désintéressement religieux, quitté
40598le service du prince.
40599C’était un homme de
40600mérite, qui faisait bien les vers; 5° Medj-eddin-Abou-Mohammed-Abd-elmoudjid-
40601ben-Abou’lfaradj, qui mourut à Damas.
40602—
40603Le premier jour du mois de Moharrem, le sultan
40604fit, dans la ville de Karak,
40605b68 la prière du vendredi. Puis
40606il se mit en marche, accompagné de cent cavaliers,
40607dont chacun avait un cheval de main
40608, et prit la route de Damas. Tout le monde,
40609en Egypte et en Syrie, ignorait ce que faisait le sultan, et ne savait
40610si
40611ce prince
40612était dans la Syrie, dans le Hedjâz, ou ailleurs. Et par suile du respect et de
40613la
40614crainte qu’il imposait, nul 11’osait dire un mot sur cette matière. Lorsque le sultan
40615fut arrivé dans le voisinage de Damas, il fit partir pour cette ville, sur un des che-
40616vaux de poste, un de ses principaux courtisans, chargé d’une lettre par laquelle le
40617prince annonçait qu’il était revenu sain et sauf, après avoir accompli le pèlerinage.
40618L’émir Djemal-eddin-Nedjibi
40619, naïb (gouverneur) de Damas, avait convoqué
40620les
40621émirs et d’autres personnes pour entendre
40622la lecture des lettres; au milieu de
40623« On croirait voir des moutons
40624:
40625car, une partie d’entre eux ne se doute pas que l’on a déjà verse
40626< le sang des autres.
40627»
40628(92) Le grand émir Izz-eddin-Aïdemur-ben-Abd-allah-Halebi-Sâlehi était un des principaux émirs,
40629un de ceux qui avaient possédé au plus haut degré la faveur des souverains. Il conserva son crédit à
40630la cour de Bibars. Ce prince avait en lui une extrême confiance
40631, et le choisissait constamment pour
40632remplir, en son absence
40633, les fonctions de naïb (vice-roi) en Égypte.
40634Il l’avait, cette année
40635, amené
40636avec lui en Syrie. Cet émir, quoique peu instruit
40637, jouit pendant toute sa carrière d’une
40638prospérité
40639constante. Au rapport de Nowaïri
40640, lorsque Bibars sortit de Damas pour aller recevoir l’ambassa-
40641deur d’Abaga
40642, khan des Mongols
40643,
40644il avait auprès de lui Aidemur. Celui-ci
40645, voyant que
40646le prince
40647s’arrêtait plus longtemps qu’il n’avait cru, demanda un congé et retourna à Damas, pour inspecter
40648ses propriétés. Le sultan
40649, lors de son retour dans cette ville
40650,
40651fit à l’émir des présents considérables.
40652Bientôt après
40653,
40654il alla visiter un fakir qui habitait sur la montagne de Sâlehieh. Il avait avec lui l’émir
40655Izz-eddin,
40656qui s’arrêta pour renouveller son ablution. Le scheïkh dit au sultan
40657: « cet homme-là ne
40658sortira pas de Damas, et mourra sous peu de jours.
40659» L’émir, qui était alors plein de
40660force
40661, tomba
40662malade
40663le second jour qui
40664suivit cette entrevue
40665, et mourut dans
40666la
40667citadelle de Damas
40668,
40669le jeudi
40670septième jour du mois de Schaban.
40671Il fut enterré dans le mausolée situé au voisinage de la mosquée
40672de l’émir Isâ-ben-Iagmour. Le
40673sultan assista
40674à ses
40675funérailles, qui eurent lieu dans
40676la principale
40677mosquée de Damas. Aidemur possédait une fortune immense.
4067811 laissa après lui
40679, en propriétés ter-
40680ritoriales
40681, en argent monnoyé
40682,
40683chevaux
40684, mulets
40685, chameaux et objets précieux de tout genre
40686, une
40687valeur incalculable.
40688Il avait
40689, en mourant
40690, désigné le sultan pour son exécuteur testamentaire
40691; et le
40692prince
40693, comme on
40694l’a vu
40695, répondit à
40696cette preuve de confiance, en assurant aux enfants de l’émir
40697la possession pleine et entière des biens de leur père.
p. 359
40698an 668 (1269).
40699IV. MELIK-DAHER-B 1 B ARS.
40700y 5
40701cette lecture, on apprit que le sultan
40702était dans
40703le meïdan (l’hippodrôme). Tous
40704les émirs s’empressèrent de se rendre auprès de lui. Le prince était seul, et avait
40705remis son cheval à un des crieurs du marché aux chevaux. Le naïb baisa la terre
40706devant
40707lui.
40708Dans
40709ce moment, arriva l’émir Ak-sonkor, Yostddar, accompagné
40710des émirs
40711égyptiens. Le
40712sultan
40713prit
40714quelque
40715nourriture, puis
40716se
40717leva pour
40718aller se reposer
40719; tout le monde se retira. Mais bientôt,
40720le prince monta à cheval,
40721suivi d’un cortège peu nombreux, et prit la route d’Alep. Les émirs de Damas 354
40722étant venus pour présenter leur hommage, ne trouvèrent plus personne
40723: lorsque
40724le sultan
40725fit son
40726entrée
40727dans Alep, les émirs étaient réunis dans une marche
40728publique et solennelle. Il s’avança vers eux, sans être reconnu de personne. Enfin,
40729l’un d’entre eux ayant jugé que c’était le prince, tous s’empressèrent de descendre
40730de cheval et de baiser la terre. Le sultan entra dans la maison du naïb-assaltanah
40731(gouverneur), et alla examiner l’état de la citadelle.
40732Il quitta Alep, sans avoir été
40733reconnu de personne, et fut de retour à Damas le treizième jour du
40734mois. Il y
40735joua à la paume; puis,
40736il monta à cheval, au milieu de
40737la
40738nuit, et se rendit à
40739Kouds (Jérusalem). Ensuite, il visita Khalil (Hébron), où
40740il distribua d’abondantes
40741aumônes. Les troupes égyptiennes étaient parties de Damas, sous la conduite de
40742l’émir Ak-sonkor-Fârekâni, et étaient venues camper à Tell-aladjoul
40743Le
40744sultan, de son
40745côté,
40746quitta Jérusalem,
40747et
40748se rendit à
40749Tell-aladjoul. Tous
40750ces
40751voyages eurent lieu dans l’espace de vingt jours, pendant lesquels
40752il ne changea
40753pas le turban qu’il avait porté durant le pèlerinage.
40754Il quitta Tell-aladjoul, à la tête
40755de l’armée, le vingt-unième jour du mois, et se dirigea vers le Caire. Melik-Saïd
40756vint à sa rencontre jusqu’à Sâlehieh, et les deux princes arrivèrent ensemble au
40757château de la Montagne. Le sultan y séjourna jusqu’au douzième jour du mois de
40758Safar.
4075911 en partit, accompagné des émirs et des commandants
40760, monta
40761avec eux sur des barques, et prit la route de Tarraneh; puis,
40762il s’enfonça dans le
40763désert, et ordonna aux chasseurs de se former en cercle -AàW. On amena au deh/iz
40764(la tente royale) trois cents gazelles et quinze autruches. Le sultan donna, pour
40765chaque gazelle, un baglelak jjlibo (93) de petit gris; et, pour chaque autruche,
40766(g 3 ) Le mot JjUaLb
40767,
40768qui
40769est quelquefois écrit
40770,
40771et qui
40772fait
40773au pluriel
40774ou
40775, désigne une sorte de veste. On
40776lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (article des
40777Marchés
40778, man. 682, fol. 334 v°)
40779:
40780y
40781àjxs^ jgiJI LïJ!
40782j-oUt
40783Ad *3
40784Jæ-"
40785d
40786k _
407873XJà J-3
40788« Sous
40789le règne de Melik-Nâser-Mohammed,
40790l’émir
40791* Selar mit en vogue le genre de veste, appelé selari
40792, que l’on désignait auparavant par le mot de
40793IO.
p. 360
40794HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
4079576
40796un cheval précieux, tout sellé et bridé. Il fit son entrée dans Alexandrie, le vingt-
40797unième jour du
40798mois.
40799Il avait
40800été précédé dans cette ville par le sâheb (vizir)
40801Beha-eddin-ben-Hinna, qui s’était occupé à
40802recueillir de l’argent et des
40803étoffes.
40804Le sultan revêtit les émirs de khilah (vestes d’honneur)et leur envoya des habits
40805(94)»
40806et des gratifications pécuniaires Aàij.
40807Il joua à la paume, en dehors
40808de la ville; puis
40809il
40810prit la route de Hammâmat o JL^Î. Il vint camper dans
40811le
40812lieu nommé Liounah A, JJ'
40813, qu’il acheta du
40814wakil (l’agent) du
40815trésor. Là ayant
40816appris que
40817les Tatars s’étaient mis en campagne, de concert avec
40818les Francs du
40819Sahel
40820,
40821il retourna au château de
40822la Montagne. Cependant, on reçut
40823la nouvelle
40824que les Tatars avaient fait une incursion sur le territoire de Sadjour^JJI
40825, ville
40826située non loin d’Alep. Le sultan
40827fit partir un corps de troupes sous la conduite
40828de
40829l’émir Ala-eddin-Bondokdâri
40830,
40831et recommanda
40832à cet
40833officier de se
40834tenir
40835sur
40836la frontière de Syrie, et d’ètre toujours prêt à marcher.
40837Il quitta le château de la
40838Montagne, la nuit du lundi, vingt-unième jour du mois de Rebi-premier, accom-
40839pagné d’un petit nombre de personnes.
40840Il
40841arriva d’abord à Gazali, puis
40842fit son
40843entrée à Damas, le septième jour de Rebi-second. Le cortège du prince avait, sur
40844la route, extrêmement souffert du
40845froid. Le
40846sultan
40847vint camper en dehors de
40848Damas. Là,
40849il apprit que les Tatars, au premier bruit de sa marche, s’étaient hâtés
40850de prendre la
40851fuite; car, par l’effet d’une inspiration divine, tout le monde était
40852persuadé que la seule présence du sultan équivalait à celle de troupes nombreuses,
40853« bagloutak. » Et plus bas (fol.
40854'335 v°)
40855: ^JjUabb. Dans le Mesalek-alabsar (man. 583, fol. 176
40856v°)
40857:
40858jJJ-UIjU!
40859«On revêt les
40860bagletak sous les robes appelées ferdjiah.
40861»
40862Dans
40863le Manhel-sdfi d’Abou’lmahâsen (tom
40864II,
40865fol. 28 A, v°)
40866:
40867wllalw
40868« Il jeta sur le musicien son bagletak
40869, qui était blanc, et fait de coton de Balbek. » Dans
40870le même passage, on
40871trouve le pluriel
40872Dans
40873l'Histoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen (man.
40874ar. 27 1
40875, f.
40876x 33 r°)
40877-.
40878JT ^‘LLlab
40879« Elle avait déposé chez un juif, un bagletak ,
40880« qui était formé tout entier de pierreries. » Plus loin
40881(ibid.)
40882:
40883iyÉ&
40884jlLUJI J,
40885« bagletak offrait plus de dix perles.
40886»
40887(94) Le mot
40888qui fait au plui’iel
40889l*j
40890signifie, probablement, une pièce
40891d'étoffe. On
40892lit
40893dans un passage de notre historien (man. 672, pag.
40894846)
40895:
40896* tj-J
40897| ^ y^> 1
40898« 11 assigna à la femme de chacun des émirs une pièce d’étoffe. Ailleurs (pag. 1229)
40899: J",
40900ixï
40901«Ils envoyèrent aux émirs des présents de chevaux et
40902« des pièces d’étoffe. » Dans
40903l’ Histoire d’Égypte d’Aboul’mahâsen (man.
40904663,
40905fol. 96 v°)
40906:
40907-~-J
40908« Trente pièces d’étoffe.» Dans
40909la Vie de Bibars de Nowaïri
40910(fol. 42
40911v°)
40912: J
40913!J t
40914t
40915j «Il envoya des sommes d’argent, et des pièces d’étoffe. » Et plus loin (ibid.)
40916:
40917wjUàJj
40918pwt
40919« 11 leur donna des vêtements et des gratifications pécuniaires. »
p. 361
40920IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
40921an 668
40922(1269).
4092377
40924et suffisait pour vaincre les ennemis; que son nom avait la vertu de repousser
40925partout
40926les
40927infidèles. On
40928apprit que
40929des Francs, réunis
40930en
40931corps
40932d’armée,
40933étaient partis de l’occident (95 ), et avaient député vers Abaga,
40934fils de Houlagou,
40935pour lui annoncer
40936qu’ils venaient sur de nombreux vaisseaux,
40937afin se trouver
40938dans
40939les parages de
40940Sis, au rendez-vous
40941qu’il
40942leur avait donné. Mais Dieu
40943fit
40944souffler un vent violent, qui détruisit un grand nombre de
40945ces
40946bâtiments;
40947et 355
40948l’on n’entendit plus parler des autres vaisseaux, ni des hommes qui les mon-
40949taient. En même temps, on reçut la nouvelle que l’armée des Francs d’Akkâ en
40950était sortie, et avait campé au dehors de
40951la
40952ville; que de là, les Francs s’étaient
40953mis en marche, enhardis par les secours qu’ils avaient reçus de l’occident; qu’un
40954corps d’entre eux s’avançait contre les troupes postées
40955à
40956Djineïn, et un autre
40957contre celles qui occupaient Safad. Le sultan quitta Damas, sous prétexte d’aller
40958chasser
40959dans
40960la
40961prairie de Bargout
40962Des courriers
40963expédiés
40964par
40965lui
40966eurent ordre de
40967lui apporter
40968des munitions de guerre,
40969et de
40970faire mettre
40971en
40972mouvement toutes
40973les troupes de
40974la
40975Syrie.
40976Elles
40977se trouvèrent complètement
40978réunies auprès du prince, dans la prairie de Bargout, le matin du mardi, vingt-
40979unième jour du mois. A leur tête,
40980il se dirigea vers le pont de Jacob
40981,
40982où
40983il arriva à la fin du jour.
40984Il en
40985repartit la nuit même
40986,
40987et se
40988trouva de grand
40989matin à l’entrée de la prairie
40990Il avait fait prévenir les troupes qui occupaient
40991Ain-Djalout hjJW
40992,
40993et celles
40994qui
40995étaient campées
40996à Safad, qu’une attaque
40997aurait lieu le vingt-deuxième jour du mois, et leur avait recommandé lorsqu’elles
40998verraient venir à elles les Francs, de prendre la
40999fuite. Le sultan se plaça en em-
41000buscade. Au moment où les Francs se présentèrent pour attaquer les troupes de
41001Safad, l’émir Igan marcha à leur rencontre, suivi de l’émir Djemâl-eddin-Hâdji
41002et accompagné des émirs de la Syrie. Bientôt arriva l’émir Itmescli-Sadi, l’émir
41003Kidagdi, émir-medjlis
41004, qui avaient sous leurs
41005ordres
41006les commandants de
41007la
41008halkah. Les émirs de Syrie combattirent avec la valeur la plus brillante. Le sultan
41009suivait de près les commandants de la halkah; mais, lorsqu’il
41010les rejoignit, déjà
41011l’ennemi
41012était en déroute. Les cavaliers des Francs étaient renversés avec leurs
41013chevaux sur le sol de la prairie, et l’on
41014fit prisonniers un grand nombre de leurs
41015chefs. Les Musulmans ne perdirent, dans
41016ce combat, que
41017l’émir Fakhr-eddrn-
41018Tounbai-Faïzi.
41019( 9 J ) Suivant le témoignage de INowaïri [Vie de Bibars
41020,
41021fol. 82 r°)
41022,
41023ces
41024Francs
41025étaient envoyés
41026par le roi d’Aragon.
p. 362
41027HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
4102878
41029Les nouvelles de ce succès furent envoyées dans
41030les
41031diverses
41032provinces. Le
41033sultan retourna à Safad, faisant porter devant lui les têtes des ennemis restés sur
41034le champ de bataille. De là
41035il se dirigea vers Damas, où
41036il
41037fit son entrée le vingt-
41038sixième jour du mois, précédé par les prisonniers et par ceux qui portaient les
41039têtes.
41040Il
41041fit revêtir les émirs de robes d’honneur, après quoi il se rendit à Hamah
41042;
41043ensuite,
41044il prit la route de Kefertab, sans que personne connût quels étaient ses
41045desseins.
41046Il divisa ses troupes en plusieurs corps,
41047laissa ses bagages; puis pre-
41048nant avec
41049lui
41050la meilleure partie de son armée,
41051il s’avança du côté de Markab.
41052Les pluies qui tombaient en abondance opposant à sa marche des obstacles in-
41053surmontables,
41054il retourna vers Hamah,
41055et campa dix-neuf jours sous
41056les murs
41057de celte place.
41058Il reprit ensuite la route de Markab. Arrivé dans
41059le voisinage des
41060villes des Ismaéliens,
41061il se vit de nouveau arrêlé par les pluies ainsi que par les
41062neiges, et fut contraint de revenir sur ses pas.
41063Il
41064se remit en campagne le
41065troi-
41066sième jour du
41067mois de Djoumadâ-second
41068,
41069à
41070la
41071tête de deux cents cavaliers,
41072qui
41073étaient
41074sans
41075armes
41076(96),
41077et
41078fit
41079une
41080incursion
41081vers
41082le
41083château
41084des
41085Curdes
41086Accompagné d’environ quarante cavaliers,
41087il
41088gravit
41089la mon-
41090tagne sur laquelle s’élève cette forteresse. Les Francs réunis en grand nombre et
41091armés de toutes pièces
41092(97), sortirent pour l’attaquer. Il en tua une partie,
41093(96)
41094Le texte porte
41095y
41096Dans l’ouvrage de Nowaïri (fol. 83 r°), on
41097lit
41098:
41099Cette
41100leçon, qui me paraît la plus naturelle, indique, je crois, que ces cavaliers n’avaient avec eux aucune
41101sorte de bagages, et ne portaient absolument que leurs armes. En effet, la Vie de Bibars (man. 8o3 ,
41102fol
41103i 3
41104i
41105r°), offre ces mots ^yjAj> y
41106J
41107igfi
41108<l ^ans aucune armure défensive. »
41109(97) Le verbe
41110signifie souvent se revêtir d’une cuirasse, et la quatrième forme
41111signifie
41112:
41113faire que d’autres prennent la même armure
41114;
41115et le participe passif
41116doit se traduire par couvert
41117d'une cuirasse. On
41118lit dans
41119l’ Histoire d’Égypte de Bedr-eddin-Aïntabi (m.
41120ar. 684,
41121f. 4 5 v°j
41122:
41123_j
41124«
41125Il prit sa cuirasse,
41126et ordonna à ses mamlouks de prendre leur armure.
41127« Dans
41128Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 661,
41129f. 199 r°)
41130: jJwjJI
41131« L’armée prit son armure. »
41132Dans
41133la Vie de Bibars de Nowaïri
41134(fol. 85
41135v°)
41136:
41137« Les
41138troupes étaient couvertes de
41139« leur armure.
41140» Dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom.
41141Il, man. 748, fol.
4114274 r°)
41143^v~x)î
41144« L’émir Kousoun
41145fit armer ses mamlouks. » Et ailleurs (fol. 100 r°)
41146:
41147Dansl 'Histoire d’Jlep de Kemâl-eddin (man.
41148arab. 728,
41149fol. 99 v°)
41150:
41151& yy
41152« Avec tous ses soldats, qui étaient revêtus de leur armure, et prêts à combattre.
41153»
41154Dans
41155la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 83 r°)
41156:
41157t y IcX^-
41158a)
41159a
41160I* sortit contre lui un
41161« corps de Francs couverts de leur armure. » Dans le Manhel-sâfi (tom.
41162II
41163,
41164fol. 33 v°)
41165:
41166^
41167y y» «Parmi eux,
41168étaient
41169plusieurs
41170des
41171enfants de Hosaïn,
41172couverts de
41173leur
p. 363
41174IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
4117579
41176an
41177668
41178(1269).
41179mit le reste en fuite, et le poursuivit jusqu’au bord des fossés. Là, pour témoi-
41180gner le mépris qu’il faisait de l’ennemi,
41181il s’écria
41182: « Laissez les Francs
41183faire une
41184«sortie. Nous ne sommes que quarante cavaliers qui ont pour toute armure des
41185« vestes blanches
41186U>f. « Ensuite, il regagna son camp. Les chevaux dévastèrent
41187les prairies et les champs du voisinage. Tous les personnages éminents
41188,
41189tels que
41190le prince de Hamah et celui de Sahioun, se rendirent auprès du sultan.
41191Nedjm-eddin-Hasan-ben-Schagrat ÏI^juÜÎ, souverain des
41192forteresses des Ismaë- 356
41193liens, ne vint point en personne, mais
41194il envoya un député pour réclamer une
41195diminution sur le tribut que les Ismaéliens étaient tenus de payer annuellement
41196au trésor, en remplacement de celui qu’ils avaient précédemment payé aux Francs.
41197Sârem-eddin-Moubarek-ben-Rida, gouverneur de la forteresse de Olaïkah SüLbJÎ
41198avait depuis longtemps encouru
41199le mécontentement du
41200sultan.
41201Le prince de
41202Sahioun s’entremit comme négociateur pour lui obtenir la paix, et l’engagea à se
41203rendre à la cour. Le sultan lui conféra le commandement absolu des
41204villes occu-
41205pées par les Ismaéliens
41206jJ! jbb, lui remit un labl-khanah et ôta à Nedjm-eddin,
41207ainsi qu’à son fds, le titre de chefs des Ismaéliens. Sârem-eddin se mit en marche
41208le vingt-septième jour du mois, accompagné d’un nombreux cortège. Suivant un
41209autre récit, ce fut Melik-Mansour, prince de Hamah, qui prit en main les intérêts
41210de Sârem-eddin, intercéda pour lui auprès du sultan, et en obtint la grâce de cet
41211officier. Celui-ci se rendit à la cour du prince, apportant un présent considérable,
41212«armure.» Plus loin
41213(fol. 41 r°)
41214:
41215iiÇJlç/a
41216n H monta à cheval, accompagné
41217« de ses mamlouks
41218, qui étaient couverts de leur armure. » Dans VHistoire
41219cl’Égypte d’Ahmed-Askalâni
41220(tom. Il, man. 657 , L 22 7 r°)
41221:
41222-IjAÎ ^ Ï&L?- w>L)
41223« Plusieurs émirs passèrent la nuit,
41224« couverts de leur armure. » Dans
41225l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (man. ar. 643,
41226fol. 21 r°)
41227: A&L?-
41228wjLil!
41229^
41230« Plusieurs de ses
41231serviteurs portaient une cuirasse sous
41232« leurs vêtements. » Plus bas (fol. 79 r°)
41233:
41234*\jj
41235« Derrière lui, marchaient
41236« les émirs
41237et les soldats
41238, couverts de leurs cuirasses.
41239» Dans les poésies d’Abou’Iala (manuscr. de
41240Scheidius, page 460),
41241le mot ^,U désigne une cuirasse. Le terme
41242a la même signification.
41243On lit dans l’histoire de Bedr-eddin-Aintabi (man. 684,
41244fol.
41245i 53 v°)
41246:
41247j ^r'j^
41248« Il avait
41249« avec lui des cuirasses et des armes. » Dans l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (man, 687, fol. 5o r°)
41250:
41251L-jaJ çùtXÏS’
41252« Il trouva chez eux de nombreuses cuirasses. » Imad-eddin-Isfahâni (m. 714,
41253fol. 37 v°) dit, en parlant d’un guerrier
41254.-
41255^
41256« Caché sous sa cuirasse. » Le verbe
41257(jU
41258!
41259signifie quelquefois
41260barder,
41261couvrir d’un caparaçon. On
41262lit dans
41263le Manhel-sdfi d’Abou’lmahâsen
41264(t. Il, fol.
412651 37 r°)
41266: wAj
41267j JA»JI âLA)I yjXJj'
41268«Les éléphants étaient couverts
41269* d’armures et de caparaçons. »
p. 364
412708o
41271HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
41272v îeçut un accueil distingue,
41273et obtint un diplôme
41274qui lui conférait la pos-
41275session de
41276toutes
41277les forteresses
41278des Ismaéliens
41279,
41280savoir
41281:
41282le
41283château
41284de
41285Kalif
41286celui de Khawabi
41287Mounikah ïüL4l , Olaïkah *iLl*J!, Kadamous
41288et Rasafah i3LsjJI.il devait y commander comme délégué
41289du sultan.
41290On lui restitua toutes
41291les propriétés territoriales qu’il avait en Syrie, mais
41292il fut
41293stipule que
41294la ville de Masiaf avec ses dépendances appartiendrait en propre au
41295sultan. On
41296fit partir avec Sârem-eddin
41297le gouverneur qui devait occuper Masiaf
41298,
41299et qui était
413001 émir Izz-eddin-Adimi. Lorsque ces deux officiers furent arrivés devant
41301cette ville, les habitants refusèrent de
41302la remettre à Sârem-eddin,
41303en
41304disant
41305:
41306« l\ous ne la livrerons qu’au délégué w*jlj du sultan. » Adimi ayant déclaré qu’il
41307était
41308le gouverneur envoyé par le prince, on
41309lui ouvrit les portes. Sârem-eddin
41310se précipita sur les habitants, en massacra un grand nombre, et se mit en posses-
41311sion delà forteresse, vers le milieu du mois de Redjeb. Nedjm-eddin et son fils
41312n’eurent d’autre parti à prendre que celui de la soumission. Ils demandèrent et
41313obtinrent
41314la permission de se rendre auprès du sultan (98). Nedjm-eddin-Hasan
41315fit
41316en
41317effet
41318ce
41319voyage.
41320Il
41321était
41322alors âgé
41323de
41324quatre-vingt-dix
41325ans. Le
41326sultan
41327se laissa fléchir en sa
41328faveur, le désigna pour gouverner le pays, conjointement
41329avec Sârem-eddin-ben-Rida
41330, et lui enjoignit de payer chaque année une contribu-
41331tion de vingt mille pièces d’argent.
41332Il partit, laissant à la cour son
41333fils Schems-
41334eddin.
41335Sârem-eddin-Moubarek-ben-Rida
41336fut imposé
41337à une somme annuelle
41338de
41339deux mille dinars. Ainsi, les Ismaéliens se virent forcés de payer un tribut, tandis
41340que, naguère,
41341ils levaient des contributions sur les différents souverains de ces
41342contrées.
41343Le sultan ayant décampé de devant le château des Curdes, se rendit à Damas
41344où
41345il
41346fit son entrée
41347le vingt-huitième jour du mois. Là
41348il reçut
41349la nouvelle que
41350le roi de France
41351(^*LjiJî, accompagné de plusieurs princes Francs,
41352s’était mis
41353en mer,
41354et qu’on
41355ignorait de quel côté
41356il devait
41357se
41358diriger. Le sultan s’occupa
41359avec ardeur de mettre les places fortes en état de défense
41360, et de
41361faire construire
41362des
41363vaisseaux. Puis
41364il partit pour l’Egypte, où
41365il
41366arriva le second jour du mois
41367de Scliewal. Ce jour-là même on termina les travaux de la mosquée dâhen
41368, cons-
41369truite dans
41370le quartier de Hosaïniah
41371, en dehors du Caire (99). Le sultan fixa les
41372wâkf (propriétés) qui devaient appartenir à cet édifice, et lui assigna
41373le loyer jj^
41374(98) Je lis jj-ia.x-8, au lieu de
41375(99! Voyez Makrizi, Description de l'Égypte
41376man. 682, fol. 449 v °
p. 365
41377IV. MEL1K-DAHER-BIBARS
413788
41379an 668
41380(1269).
41381du reste du meïdctn (l’hippodrome).
41382Il y plaça un khctlib (piedicaleui) apparte-
41383nant à la secte Hanefi.
41384Ce même jour,
41385il
41386fit partir pour les pays des Francs plusieurs ambassadeurs
41387chargés de présents. Cette même annee, le scherif Edris-ben-Katadah fut tue dans
41388la ville de Khalis
41389, après
41390avoir occupé
41391seul,
41392durant quarante jours,
41393le
41394gouvernement de la Mecque. Abou-Nemi,
41395fils de son
41396frère,
41397resta seul en pos- 357
41398session du rang d’émir de cette ville.
41399Cette année mourut l’eunuque ^iLU! Djemâl-eddin-Mouhsin-Sâlebi-INedjmi
41400scheikh (chef) des
41401serviteurs
41402attachés à
41403la mosquée du prophète.
41404Cette
41405même époque vit finir la dynastie des descendants d’Abd-elmoumin, qui
41406s’étei-
41407gnit en la personne de Wâtliek-Abou’lala-Edris, plus connu sous le nom d’Abou-
41408Dabous-ben-Abd-allah-ben-Iakoub , égorgé au mois de Moharrem, par les Benou-
41409Merin. Ceux-ci étaient une tribu berbère appelée Hamamah
41410Ils habitaient
41411au midi de la ville de Tâzah (i 00). S’étant révoltés contre les Almouwahid, les fils
41412d’Abd-elmoumin, se livrèrent à des incursions répétées, jusqu’à ce qu’ils s’em-
41413parèrent de la ville de Fez ^J_j, vers l’an 63o. Le premier d’entre eux qui acquit
41414une réputation brillante, fut Abou-Bekr-ben-Abd-alhakk-ben-Mahiou, qui mourut
41415l’an 653. Il eut pour successeur Iakoub-ben-Abd-alhakk. Celui-ci
41416, voyant croître
41417ses forces, mit le siège devant Maroc
41418, où résidait Abou-Dabous. Il s’em-
41419para de cette ville, et anéantit la puissance des descendants d’Abd-elmoumin.
41420Cette année vit périr
41421t°
41422le kâdi-alkodat de Damas, Mohii-eddin-Abou’lfadl-
41423Iahia-ben-Mohii-eddin-Abou’lmaali, surnommé Ebn-alzeki
41424, le Koreïsch,
41425l’ommiade, de
41426la secte de Schaféi, qui mourut au Caire à
41427l’âge de soixante-et-
41428douze ans; 2 0 le sâheb (vizir) Zeïn-eddin-Abou-Iousouf-Iakoub-ben-Abd-errafî, le
41429Koraïsch, le Zobairi, qui mourut au Caire, âgé de quatre-vingt-deux ans, après
41430avoir été destitué, et appliqué à la torture
41431( 1 o 1 ). Il était fort bon poète ; 3° Zein-
41432(100) Je lis
41433au lieu de ïjb‘
414343.
41435/
41436'
41437/
41438....
41439,
41440‘
41441(101) Le verbe
41442à la huitième conjugaison, signifie appliquer un homme a la torture,
41443et
41444désigne le tourment , la torture. On
41445lit dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. III, fol. 2g5 v°)
41446:
41447ïj Jo
41448Ai.
41449I j U.&
41450«Il appliqua Ali à la torture, et le força de payer mille bourses.
41451>>
41452Ailleurs (tom. VI, fol. 253 r°)
41453: JoL\&!
41454dWd
41455«
41456Il remit aux ennemis de cet homme
41457le
41458«soin de le tourmenter. » Ailleurs
41459(fol. 267
41460r°)
41461:
41462<sJk
41463-
414645 j bW'-d jd «Il ordonna de l’appliquer à la
41465« torture, et de
41466le faire périr. » Plus loin (fol. 307 r°)
41467:
41468ilard
41469« Il le tourmenta par
41470I.
41471(deuxième partie.)
41472I
41473l
p. 366
4147482
41475HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
41476eddin-Abou’labbas-Ahmed-ben-Abd-aldaïm-ben-Nimet-Mokaddesi (natif de Jéru-
41477salem), le hanbali, qui était regardé comme le principal interprète des traditions
41478aJ!
41479As.
41480Il mourut à Damas, âgé de quatre-vingt-treize ans; 4°
41481le
41482wali ^5! (le saint), le savant Daoud-alaëzzjs^l qui mourut dans
41483le
41484canton
41485de
41486Tefahna L^Lj, le vendredi, vingt-septième jour du mois de Djoumada-second
41487, et
41488fut enterré
41489dans
41490le même endroit. Son tombeau
41491est célèbre,
41492et
41493l’on
41494regarde
41495comme un acte méritoire d’y aller en pèlerinage. Cet homme se distinguait par
41496de nombreuses vertus, et par des dons surnaturels
41497qui ont acquis une
41498grande réputation
41499, et dont le récit a été recueilli dans un volume; 5° le saint ^31
41500le savant ,
41501Taki -eddin - Abou’lmekârem - Abd-elselam - ben - Soltan -ben-Madjeri
41502j; .,=*141, de la tribu de Hawârah.
41503Il mourut le dimanche, huitième jour du mois de
41504Dhou’lbidjab, dans le canton de Ralib (Kalioub).
41505«J'à .
41506Il était orné de quantité de
41507« toutes sortes de supplices. » Plus bas
41508(fol. 3ig v°)
41509: aJU a-LsA*! JU
41510«
4151111
41512le condamna
41513« à payer une somme d’argent, et, pour
41514cet effet, l’appliqua à
41515la
41516torture.
41517»
41518Ailleurs
41519( tom. VII,
41520fol. a38
41521r°)
41522:
41523^£-33
41524j ajLJ
41525«.lai
41526aJLs*-"! j, aJIp
41527«Il
41528le
41529fit arrêter, et
41530« l’appliqua à
41531la torture
41532: après quoi,
41533il
41534lui
41535lit couper la langue; et le malheureux
41536périt dans ce
41537« supplice. » Ailleurs (fol. 272 v°)
41538:
41539j
41540j aJ.c
41541^jafs «Il le fit arrêter, l’appliqua à
41542la tor-
41543« ture, et le
41544fit mettre à mort. » Ailleurs (tom.
41545VIII,
41546fol. 3ig
41547r°)
41548:
415491
41550j
41551« Il
41552le
41553fit arrêter, l’appliqua à
41554la torture, et confisqua
41555ses biens.
41556» Plus loin
41557(fol. 323 v°)
41558:
41559.-Asé-*
41560I j
41561«Il
41562le condamna à une amende, et l’appliqua à la torture. » Ailleurs (fol. 324 r°)
41563:
41564.'0
41565« Il le condamna à une amende , et l’appliqua à la torture
41566;
41567« ce malheureux expira dans les tourments.
41568» Et enfin (fol. 379 r°)
41569: JjLàJ! J^9
41570« Il l’ap-
41571« pliqua à la torture, avant de le faire mettre à mort.» Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
41572(tom. II, man. 657,
41573f.
41574i 57 r°)
41575:
41576« Pour ce motif,
41577«
41578il fut torturé, à
41579la Mecque, par Abou’lfadl. » Dans YHistoire de Jérusalem (man. ar. 713,
41580p. 3 1 3)
41581:
41582j
41583j ï)p»U)î
41584v_^,-Up «Il fut mandé au Caire, et appliqué à la torture.
41585« On lui défendit de résider à Jérusalem.
41586« Plus loin (pag. 3i8 )
41587:
41588aJL.
41589(jLL_L~J!
41590j
41591,
41592« Le sultan, irrité contre lui , le tourmenta par la bastonnade et la prison. » Plus
41593?
41594loin (pag. 355)
41595:
41596«Par ordre du sultan,
41597il fut puni de la bastonnade. »
41598Et enfin (pag. 38o)
41599:
41600^ aJ.* jjiaA. Dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahàsen (tom. IV,
41601f. 55 v°)
41602:
41603J
41604" H
41605fut torturé,
41606et couvert d’ignominie.»
41607Ailleurs (tom. V,
41608fol. 146
41609r°)
41610:
41611j
41612« Il
41613fut appliqué à la torture, et condamné à une amende. » Plus loin (tom. IV,
41614fol. 49 r°)
41615:
41616a)
41617Dans un passage de l’historien Ebn-Djouzi (man. arab. 640,
41618fol. 199
41619r°)
41620,
41621le mot
41622---xisr-'
416230 est employé pour désigner la persécution qu’ éprouvèrent
41624les Musulmans , que l’on
41625-voulait
41626forcer de reconnaître que l’Alcoran n’était point un livre incréé. On y lit
41627:
41628yj,
41629A-xx-M Ad
41630t\ i-5 « Ahmed-ben-Hanbal se tintcaché dans sa maison
41631, tout le temps de la persécution. »
p. 367
41632AN 669 (1270).
41633IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
4163483
41635dons surnaturels. Il avait eu pour maître dans la vie spirituelle
41636, le scheïkh
41637Abou’lfatah-Wâseti,
41638et
41639le scheïkh Ahmed -ben-Abi’lhasan-Refaï. Son
41640tombeau,
41641placé à Kalib,est le but de pèlerinages qui sont regardés comme méritoires ( 102 ).
41642Au mois de Moharrem, on
41643reçut une lettre
41644écrite par
41645Bisou-Nogaï, proche
41646an
41647parent de Bérékeh
41648,
41649souverain
41650des
41651Tatars,
41652et
41653le
41654principal commandant des ^9
41655troupes de ce prince.
41656Il annonçait qu’il avait embrassé la religion de l’Islamisme.
41657o58
41658On lui répondit par des félicitations et des louanges.
41659Cependant, on apprit que le roi de France
41660, accompagné de plusieurs
41661princes Francs, s’était dirigé vers Tunis, et attaquait les habitants de cette ville.
41662Le
41663sultan
41664écrivit
41665au
41666souverain de
41667Tunis, pour
41668lui annoncer
41669cjue
41670les armées
41671( x 02) Abou’lmahâsen (man. 661, fol. 219 r° et v°) ajoute à la nomenclature des hommes distingues
41672que cette année vit mourir le nom d’un personnage justement célèbre
41673, le médecin Momvafik-eddin-
41674Abou’labbas-Ahmed-ben-Kâsem-ben-Khalifah-Khazredji, plus connu sous la dénomination d’Ebn-
41675Abi-Osaïbah !L_***oî
41676! «Il est, dit l’historien, auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels
41677«on remarque celui qui a pour titre Tabakât-alatibbâ aLIL^M
41678vJ^LiuIs
41679(les classes des médecins).
41680« 11 mourut dans la ville de Sarkhad, au mois de Djoumada-premier, à l’âge de plus de soixante-et-
41681« dix ans. C’était un homme savant, bien versé dans la connaissance de la médecine, de la littérature.
41682« de l’histoire. On cite de lui des vers nombreux. Tel
41683est le poëme consacré à chanter les louanges
41684«du sdheb (vizir) Amin-eddaulah, et qui commence en ces termes
41685:
41686« Mon cœur est captif de leur amour, et va partout où se dirige leur marche.
41687«Il soupire pour
41688le lieu nommé
41689Oraïb
41690\
41691^Uj.xJ
41692!
41693et
41694ses habitants,
41695avec une passion
41696qui semble
41697« appartenir à l’enfer.
41698«H aime la brise qui souffle le matin, et qui est chargée des parfums qu’exhalent ces beautés.
41699«Pour moi, après avoir été près d’elles, je me contente aujourd’hui de
41700leur ombre
41701qui
41702vient
41703« quelquefois me visiter en songe.
41704«Il est une jeune fille, dont les lèvres brunes sont plus douces que le miel, mais dont
41705le fruit est
41706« amer; elle est injuste envers ceux qui l’aiment, et ne leur accorde aucun quartier,,
41707«Elle m’a
41708quitté impitoyablement, et sa fuite a laissé dans mon cœur un
41709feu vif qui le dévore
41710« constamment.
41711«Par elle, mes paupières sont condamnées à une veille perpétuelle. Que signifie cette rupture,
41712« cette antipathie? »
41713« Ce poëme, qui est d’une grande étendue, est tout entier sur ce ton.
41714»
41715On peut voir, sur ce qui concerne Ebn-Abi-Osaibah, Reiske
41716( Observcitiones medicœ ex Araburn
41717monumentis, p. 4 1 et suiv.)
41718; Freind (Historia medicinœ, pag. 480, it. Appendix, n° 1); M. Silvestrede
41719Sacy (Relation de l’Égypte, pag. 478)- Le prétendu Hasan-ben-Ibrahim (fol. 2o3 r°) place également
41720dans l’année 668 (de J. C. 1269) la mort d’Ebn-Abi-Osaïbah. Il désigne l’ouvrage de ce dernier par le
41721titre
41722de
41723xj
41724,\j
41725Histoire des
41726médecins.
41727Il
41728ajoute que ce
41729livre,
41730qui
41731se composait de
41732deux
41733(
41734petits volumes, avait été légué au we.fc/^e^d’Abou-Arwah.
417351
41736I.
p. 368
41737HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
4173884
41739allaient se mettre en marche pour le secourir contre les Francs. En même temps,
41740il
41741fit
41742dire aux
41743Arabes de Barkah
41744et des provinces du Magreb, de courir au
41745secours de Tunis. Il leur recommanda de creuser des puits sur la route que les
41746troupes devaient suivre.
41747Il se mettait en devoir de faire partir l’armée, lorsqu’on
41748reçut des
41749nouvelles qui apprenaient que
41750le roi de France
41751était mort,
41752ainsi que son fils et une partie de son armée, que les Arabes auxiliaires étaient
41753arrivés à Tunis, que les
41754puits étaient creusés, et qu’enfin les Francs avaient dé-
41755campé de devant Tunis, le cinquième jour de Safar.
41756Le septième jour de ce mois, le sultan se rendit à Askalon
41757, afin de démolir ce
41758qui restait de cette ville, dans la crainte qu’elle ne fût occupée par les Francs ( i o3).
41759Il
41760s’établit sur cet emplacement, et travailla en personne à détruire tout ce qui
41761subsistait encore de
41762la citadelle
41763et des murailles. Tout fut bientôt rasé jusqu’à
41764terre. Le prince
41765fut de retour au château de
41766la Montagne, le huitième jour du
41767mois de Rebi-premier.
41768Le vingt-unième jourdu même mois,mourutMelik-Moudjir-Haïthoum(Haithon),
41769fils de Constantin, roi deSis(io4)- Le dixième jourdu mois de Djoumada-second,
41770le sultan partit du Caire, accompagné de son fils Melik-Said, et se dirigea vers la
41771Syrie.
41772Il
41773fit son entrée à Damas,
41774le huitième jour de Redjeb. Delà,
41775il s’avança
41776vers Tarabolos (Tripoli), égorgeant ou faisant prisonniers tous ceux qui se trou-
41777vaient sur sa route.
41778Il poussa des courses jusqu a Safitlia (io5), et prit cette place
41779sur les
41780Francs,
41781qui furent forcés d’évacuer
41782la
41783ville, au nombre de sept cents
41784hommes, sans compter les femmes et les enfants (106). Le sultan s’empara succes-
41785(103) Nov^ïri (fol. 43 v°) ajoute qu’il détruisit cette ville, au point de faire disparaître toutes les
41786traces des édifices, et qu’il donna ordre de jeter les pierres dans le port.
41787(104) Au rapport de Nowaïri (fol. 43
41788v°),
41789le vingt-septième jour du mois de Rebi-premier, on
41790reçut une lettre écrite par Lifon
41791, roi de Sis , et dans laquelle
41792il annonçait que le prince Haithon
41793, son
41794père,
41795avait,
41796le vingtième jour du mois de Teschrin-premier, embrassé
41797la vie monastique;
41798qu’il
41799s’était retiré dans un couvent, et avait renoncé à toutes les choses du monde; que le mardi, vingt-
41800huitième jour du même mois, correspondant au vingt-unième jour de Rebi-premier, vers le coucher
41801du soleil, ce prince avait cessé de vivre. Le nouveau roi se recommandait aux bontés du sultan. La
41802réponse qui lui
41803fut adressée contenait un compliment de condoléance sur la mort de son père, des
41804félicitations sur son avènement au trône, et tout ce qui pouvait servir à le tranquilliser.
41805(10 5 ) Je
41806lis liiLo, au lieu de LiLe.
41807(106) Au rapport de Nowaïri (fol. 82 v°), le sultan ayant poussé ses courses jusque sous les murs
41808de Safitha, les habitants de cette place demandèrent à capituler
41809; mais bientôt après, ils violèrent le
41810traité. Le
41811sultan décampa, laissant devant la
41812ville un
41813corps de
41814troupes. Le commandeur
p. 369
41815IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
4181685
41817AN 669 (1270).
41818sivement des
41819forts et des tours qui se trouvaient dans le voisinage du château
41820des Curdes
41821Le neuvième jour du mois
41822,
41823il alla mettre le siège devant
41824cette dernière
41825ville. Là, il fut joint par le prince de Hamah, celui de Sahioun
41826, et
41827Nedjm-eddin
41828, chef de la secte des Ismaéliens. A la fin du même mois, il fit dresser
41829contre
41830la place plusieurs machines de guerre;
41831et la citadelle
41832fut emportée de
41833vive force, le seizième jour de Schaban. Les habitants de la ville ayant demandé
41834une capitulation,
41835le sultan y consentit, sous la condition qu’ils partiraient pour
41836leur pays. Les Francs évacuèrent la place, le vingt-quatrième jour du mois. L’émir
41837Sârem-eddin-Kâferi
41838fut laissé dans le château des Curdes, avec le
41839titre de riaïb
41840(gouverneur), et reçut l’ordre de rebâtir ce qui avait été ruiné.
41841Le prince d’Antarsous envoya demander la paix. Elle lui fut accordée, pour
41842la
41843ville
41844d’Antarsous
41845seulement, à l’exclusion de
41846Safitha
41847et de son
41848territoire. Le
41849sultan
41850reprit aux Francs tout ce
41851qu’ils avaient envahi, sous le règne de Melik-
41852Nâser.
4185311 exigea
41854qu’ils renonçassent à tout ce qu’ils percevaient de droits ^jÿss.
41855et de partages de revenus oULsL«, sur
41856les contrées soumises à l’Islamisme.
41857Il
41858statua que le territoire de Markab et ses différentes branches de revenus appar-
41859tiendraient par moitié au sultan et aux Hospitaliers
41860; que l’on ne ferait dans
41861la
41862ville de Markab aucune construction nouvelle. La paix
41863fut conclue à ces condi-
41864tions; et les Francs évacuèrent plusieurs forteresses, dont le sultan pritpossession.
41865Le dix-septième jour de Ramadan, ce prince
41866vint mettre
41867le
41868siège devant
41869la
41870forteresse d’Akkar
41871Il fit dresser plusieurs machines de guerre, et commença
41872les attaques. L’émir Rokn-eddin-Mankoures
41873, le dewadâr,
41874fut tué par une pierre
41875lancée d’une machine,
41876et qui l’atteignit, tandis qu’il
41877priait dans sa
41878tente. Le
41879vingt-neuvième jour du mois,
41880les Francs demandèrent à capituler,
41881et
41882les dra-
41883peaux du sultan
41884furent arborés
41885sur les tours. La garnison évacua
41886la place,
41887le
41888dernier jour du mois, et le sultan y célébra la
41889fête solennelle des Musulmans.
41890De
41891là,
41892il regagna son camp, placé à Merdj ^41, d’où
41893il
41894écrivit au prince de Ta-
41895rabolos, pour lui donner des avis, et lui recommander une extrême prudence.
41896Le quatrième jour de Schewal,
41897il se mit en marche, à la tête de ses troupes,
41898d’Antartous députa vers
41899le sultan, pour implorer sa clémence en faveur des frères Templiers ren-
41900fermés dans Safitha.
4190111 promettait de les engager à rendre la ville. Cette condition ayant été acceptée
41902du sultan, les Francs, sommés par lui, évacuèrent ta place, au nombre de sept cents hommes, sans
41903compter les femmes et les enfants.
41904Ils furent amenés en présence du prince,
41905qui était
41906alors campe
41907devant le château des Curdes. Il les mit en liberté, et les
41908fit accompagner, par une escorte, jusqu'à
41909ce qu’ils fussent arrivés en lieu de sûreté.
p. 370
4191086
41911HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
41912qui étaient armées
41913à
41914la légère,
41915et sans bagages.
41916Il
41917se dirigeait vers Tarabolos
41918(Tripoli) lorsqu’il reçut
41919la nouvelle que le roi d’Angleterre était arrivé à Akka,
41920dans les derniers jours du mois de Ramadan, ayant avec lui trois cents cavaliers,
41921huit navires
41922(107), des galères
41923et autres bâtiments, formant un total
41924de trente embarcations, sans compter ce qui était arrivé précédemment, sous la
41925conduite de Yostadâr (majordome) du prince ; que le r oi avait l’intention de faire le
41926pèlerinage de Jérusalem. Le sultan ayantcru devoir modifier ses projets, vint camper
41927dans le voisinage de Tarabolos,
41928et députa vers les habitants l’atabek
41929et
41930Yénnr-
41931dawaddr. Ces deux officiers s’abouchèrent avec le prince de cette ville; et, après
41932divers événements, les Francs demandèrent la
41933paix,
41934et obtinrent une trêve de
4193510"
41936Le mot botsah LJai désigne un genre de navire. On
41937lit dans VHistoire d’Alep
41938(mari. 728,
41939fol
41940218 v°;
41941:
41942jjï
41943l~Jai
41944^ j-èr" “Les Francs envoyèrent de nombreux
41945« vaisseaux. pour assiéger la tour des mouches. » Plus bas (ibid.)
41946:
41947.y
41948^b~© 0h- bl;
41949.. Us élevèrent une tour sur les mâts des navires. » Ailleurs
41950(f. 219 r°)
41951:
41952I
41953bÿj bJaJI
41954« Ils placèrent dans le vaisseau
41955quantité de matières inflammables. « Dans
41956le Kdmel d’Ebn-Athir
41957itom. VI, pag. 34)
41958:
41959(J*
41960« La flotte des
419611. Musulmans s’étant mise en route, rencontra un vaisseau qui renfermait environ trois cents Francs. »
41962Plus loin (pag. 96):
41963’ij*S
41964«Il rencontra un grand vaisseau, appartenant
41965« aux Francs. » Et enfin (p. m) :jLS*
41966(
41967j&bll avait avec lui six grands vaisseaux.
41968»
41969Dans Y Histoire de la conquête de Jérusalem par Imad-eddin-Isfahâni (man.
41970714, fol.
41971i 34 v°)
41972: bil!
41973k.M
41974k...î ï,Cj
41975A& «Ils jetèrent sur les flots de la mer les tapis des vaisseaux. » Ailleurs (f. i58r°):
41976liab ^4 b,
41977“ ^es navires
41978transportaient
41979les vivres et
41980les
41981provisions.
41982» Plus loin
41983ibid.
41984v°)
41985;
41986*
41987«Un grand
41988navire qui contenait des vivres et des
41989munitions.» Voyez aussi
41990f. 233 r°. Dans l’histoire de Nowaïri (26
41991e partie, m. de Leyde,
41992f. 102 v°)
41993:
41994" (
41995(ÿ
41996... kq IxlId ^b-
41997Plus loin (ibid.)
41998:
41999jÉb
42000«Il
42001se rendit maître de deux
42002aiavires. » Ailleurs
42003(f. i3o v°)
42004: ïjyS ('bJaj)
42005^
42006bly&
42007« Ils construisirent
42008«une tour de bois, qui était élevée sur un grand navire. » Plus loin
42009(fol. 204 r°)
42010: iLÜw
42011^J!
42012(Â.-ky «Us prirent un navire de la flotte. » Et (ibid.)
42013: aJLj (<L*iaj)
42014« Us équi-
42015« pèrent un second navire. » Et enfin
42016:
42017(^JaJ!) ^hJî
42018« Les vaisseaux musulmans. » Dans
42019Y Histoire d’Égypte de Hasan-ben-Omar (man. 688, fol. 76 v°)
42020:
42021Jai j
42022^ w bJ
42023' ^
42024' Tout ce
42025« qu’ils amenèrent, de galères et de navires. » Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (article du
42026Belvédère de Maks, m. 682,
42027fol. 269 r°
42028)
42029: jzèd-
42030j
42031âJ
42032! kfeà '<^bc. L-i;
42033« Il s’em-
42034«para d’un grand navire, qui portait quinze cents hommes. » Dans une Histoire cl’Égypte (de mon
42035manuscrit,
42036fol. 71 O
42037=^
42038J*!
42039J*
42040« 11 arriva au Port de
42041« Beïrout une flotte nombreuse
42042, qui se composait de trente navires.
42043»
p. 371
42044IV. MELIK-DÀH ER-BIBARS.
42045AS 669 (1270).
420468 ?
42047dix années. L’émir Faklir-eddin-ben-Djelban et le kadi Scliems-eddin-Akhnâni
42048schâhid (témoin) du trésor, furent envoyés, avec une somme de trois mille dinars
42049égyptiens, pour racheter les prisonniers. Le sultan regagna son camp; puis,
42050il se
42051rendit au château
42052des Curdes,
42053surveilla
42054les travaux de construction,
42055et
42056régla
42057tout ce qui concernait l’administration de ce canton.
42058Le onzième jour du mois, Bibars s’empara de la forteresse d’Olaïkah
42059une
42060des places occupées par les Ismaéliens.
42061Il y plaça une garnison; après quoi,
42062il
42063reprit le chemin de Damas, où
42064il fit son entrée le quinzième jour du mois.
42065Il en
42066repartit le a4 ,
42067et vint camper à Safad. De là,
42068il
42069fit transporter des machines de
42070guerre du
42071côté de Koraïn
42072(108). Bientôt,
42073il
42074se rendit sous
42075les murs de
42076cette place, dont
42077il forma le
42078siège,
42079et
42080s’en rendit maître
42081le second jour du
42082mois de Dhou’lkadah.
42083Il se mit en marche, et arriva vers le point du jour aux
42084portes d’Akka, accompagné d’un corps de troupes
42085>
42086JLLo. Voyant que les Francs
42087ne faisaient aucun mouvement,
42088il regagna son campement de Koraïn.
42089Le vingt-quatrième jour de Dhou’lkadah,
42090il ordonna la démolition de
42091cette
42092forteresse. Il se rendit ensuite dans le vSisinage d’Akka , et vint camper à Ladjoun
42093Il avait précédemment expédié en Égypte un ordre de mettre en mer
42094des galères pour faire une descente dans l’île de Chypre. Ces bâtiments partirent
42095au mois de Schewal; mais, arrivés dans le voisinage de Chypre, ils se brisèrent
42096tous sur des rochers. Les habitants, instruits de ce désastre, firent prisonniers
42097tous les équipages de ces navires (109). Le
42098roi de Chypre écrivit au sultan une
42099(108) Au rapport de Nowaïri(fol. 85 r°), Koraïn
42100appartenait aux Hospitaliers arméniens
42101qui ne possédaient dans le Sahel (la côte maritime) aucun autre poste. C’était une place extrêmement
42102forte, et qui incommodait extrêmement la ville de Safad. Le sultan étant venu mettre le siège devant
42103Koraïn, se disposait à lancer une flèche contre la citadelle, lorsqu’il vit passer un pigeon, qu’il tira
42104et tua. L’oiseau était porteur d’une lettre , écrite par un espion que les Francs entretenaient dans le
42105camp, et elle contenait des détails sur le sultan. Ce prince dit aux députés qui se trouvaient devant
42106lui
42107:
42108« Prenez cet oiseau
42109, et faites lecture de cette lettre aux Francs, car je vois avec plaisir que l’on
42110« vous donne de mes nouvelles. » Le premier jour du mois de Dhou’lkadah , le sultan se rendit maître
42111du faubourg; le lendemain
42112il emporta le bastillon. Bientôt la sape fut attachée aux murs. Le sultan
42113avait promis aux tailleurs de pierre de leur donner mille dirhems, pour chaque pierre qu’ils arra-
42114cheraient. Les attaques continuaient avec une extrême vigueur. Enfin, les assiégés demandèrent une
42115capitulation.
42116Il fut réglé qu’ils sortiraient delà place, et se retireraient où ils voudraient, sans em-
42117porter ni argent ni armes.
42118(109)
42119Cet événement est raconté avec plus de détails par Makrizi (man. 682, fol. 386 v.), Nowaïri
42120(fol. 45 r°), le prétendu Hasan-ben-Ibrahim et Abou’lmahâsen. Suivant ces historiens, le sultan avait
p. 372
4212188
42122HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
42123lettre pleine de menaces,
42124et dans laquelle
42125il lui disait :«Des galères égyptiennes,
42126« au nombre de onze, faisant voile vers l’ile de Chypre, pour l’envahir, ont été
42127« brisées par le vent, et sont tombées en mon pouvoir. » Le sultan, à la lecture
42128de cette dépêche, s’écria
42129: « Louange à Dieu! Depuis que je suis sur le trône, mon
42130«drapeau
42131n’avait essuyé aucun échec. Je craignais donc d’éprouver l’influence
42132« du mauvais regard
42133SjLs). Hé bien! ce revers me met à l’abri d’un autre. »
42134II
42135expédia au Caire un ordre de construire vingt galères,
42136et de
42137faire revenir cinq
42138autres bâtiments qui se trouvaient à Kous. Puis,
42139il adressa au prince de Chypre
42140une lettre pleine de reproches et de menaces terribles.
42141Sur ces entrefaites,
42142il arriva des ambassadeurs
42143, envoyés par le prince de Sour
42144(Tyr), pour demander la paix. On tomba d’accord que les Francs conserveraient
42145seulement quinze villes du
42146territoire de Sour, que cinq autres, qui étaient les
42147plus considérables, appartiendraient au sultan
42148: que, pour
42149le
42150reste, le revenu
42151serait partagé par moitié. Le traité ainsi conçu
42152fut confirmé par le serment des
42153donné l’ordre d’équiper dix-sept galères pour allertaire une expédition dans l’île de Chypre. Le prin-
42154cipal pilote Ebn-Hassoun conseilla de peindre en noir les navires, afin de leur donner une entière
42155ressemblance avec ceux des Francs, et d’y placer des drapeaux ornés de croix; de manière que
42156les
42157Chrétiens croyant voir une flotte de leurs coréligionnaires fussent pris à l’improviste. Ce conseil fut
42158suivi
42159; mais la chose
42160fut regardée comme de mauvais augure. Le sultan avait reçu la nouvelle que
42161le roi de Chypre venait d’arriver à Akka avec sa flotte
42162: et
42163il se proposait de mettre à profit l’absence
42164de ce prince. Les galères étant arrivées à la vue de
42165l’île, devant le port de Lemisoun, furent surprises
42166par la nuit. La première galère croyant entrer dans le port, alla donner sur des écueils, où elle se brisa.
42167Les autres bâtiments, arrivant à la file, éprouvèrent le même sort. Un vent violent, qui vint à souffler
42168les repoussait loin du port, et les jetait les uns sur les autres. Onze galères furent brisées; et tout ce
42169qu’elles portaient, d’équipage et d’artisans, tomba entre les mains de l’ennemi, au nombre de plus
42170de dix-huifcents hommes. Le principal pilote Ebn-Hassoun échappa, avec le reste des galères, qui
42171regagnèrent leurs
42172stations
42173navales. Les
42174officiers
42175et
42176les archers
42177étaient demeurés au pouvoir de
42178l’ennemi
42179: les Francs les échangèrent contre des prisonniers de leur religion. On n’avait pu s’entendre
42180relativement aux rets (pilotes) qui étaient au nombre de six, parmi lesquels étaient celui d’Alexandrie
42181et celui de Damiette. Le sultan, voulant les racheter, envoya, pour cet effet à Tyr, l’émir Fakhr-
42182eddin-Mokri ,
42183le hâdjeb
42184(chambellan). Mais les Francs demandaient un prix exorbitant. Ces pri-
42185sonniers avaient été transférés à Akka, où on les gardait avec un soin extrême,
42186et où
42187ils étaient
42188enfermés dans une prison fortifiée. Le sultan recommanda à l’émir Seïf-eddin, l’un des commandants
42189de Safad, de mettre tout en œuvre pour les enlever. Cet émir séduisit, à force d’argent, les soldats
42190préposés
42191à leur garde,
42192qui
42193leur portèrent des limes et des
42194scies. Les
42195prisonniers
42196s’échappèrent
42197des cachots de
42198la citadelle, à l’aide d’une barque. Des chevaux étaient
42199disposés pour eux.
42200Ils
42201les
42202montèrent, et se rendirent au Caire. Personne, dans la ville d’Akka, ne se doutait de leur évasion.
42203Cet événement causa dans cette place une violente émeute.
p. 373
42204IV. MEL 1 K-DAHER-BIBARS
42205AN 669
42206(127OJ.
4220789
42208deux partis. Le sultan prit alors
42209la route du
42210Caire,
42211et rentra au cliâteau
42212de la
42213Montagne,
42214le douzième jour du mois de Dhou’lhidjah.
42215Il apprit que les Schehr- 360
42216zouris
42217avaient
42218tramé
42219le complot de placer
42220sur le trône Melik-Aziz-Othman
42221fils de Melik-Mougliith
42222, prince de Karak,
42223et qui
42224avait été mis par le sultan au
42225nombre des émirs de l’Égypte.
42226Il fut arrêté,
42227ainsi qu’un grand nombre d’émirs,
42228parmi lesquels on distinguait
42229l’émir Beha-eddin-Iakoub.
42230Plusieurs émirs
42231,
42232qui
42233avaient formé le projet d’assassiner
42234le
42235sultan
42236,
42237tandis qu’il était dans la ville de
42238Schakif,
42239furent également mis en
42240prison. De
42241ce nombre
42242étaient
42243l’émir Alem-
42244eddin - Sandjar- Halebi
42245,
42246Akouscli-Mobammedi ,
42247Idagdi-Hâdjebi ,
42248Igan - Semru-
42249almaout
42250,
42251Sonkor-Sah
42252, Bidagan-Rokni
42253,
42254Tartah-Amidi
42255;
42256ils
42257furent enfermés
42258au
42259château de la Montagne. L’émir Ak-sonkor-Fârekâni partit à la tête des troupes,
42260pour se rendre en Syrie.
42261Sur ces entrefaites, on
42262vit
42263arriver un
42264présent, envoyé par
42265le
42266souverain du
42267Yémen,
42268et dans lequel
42269se trouvaient des objets précieux, un ours noir et un
42270éléphant. Ce même mois,
42271le sultan se transporta fréquemment à Misr (Fostat)
42272pour surveiller
42273la construction
42274des galères, qui bientôt se trouvèrent en nom-
42275bre double de
42276celles qui avaient été brisées.
42277Le vingt-septième jour de
42278ce mois,
42279le
42280sultan ordonna de répandre levin,
42281et supprima la ferme qui
42282existait sur
42283cet
42284article,
42285et qui
42286produisait annuelle-
42287ment six mille dinars. Cette décision
42288fut consignée dans un
42289rescrit
42290dont
42291on
42292fit la lecture sur les menber (les chaires ). Le même jour, le sultan
42293fit dans
42294le meïdcui (l’hippodrome)
42295, une distribution de robes d’honneur. Dix-sept cents
42296individus reçurent
42297le prix de
42298chevaux;
42299et douze cents de ces animaux furent
42300donnés en
42301présent.
42302Le
42303prince
42304resta
42305assis, jusqu’à
42306ce
42307que
42308la
42309répartition
42310fut
42311achevée. Puis,
42312il séjourna quelques jours dans l’arsenal de Fostat,
42313afin de voir
42314lancer à l’eau les galères
42315( 1 10). On reçut
42316la nouvelle que les Francs avaient fait
42317une incursion sur le
42318territoire de Schagour
42319,
42320s’étaient emparé
42321de
42322cette
42323place,
42324avaient porté partout
42325la dévastation,
42326et
42327livré
42328les grains aux flammes.
42329signifie lancer un batiment à
42330l’eau. On
42331lit dans la
42332Vie de Bibars de Nowaïri
42333(fol. 4 1
42334r°)
42335:
42336«
42337Il
42338se
42339« rendit à Fostat, pour faire lancer à l’eau
42340les galères. » Dans la Description de l’Egypte de Makrizi
42341(chap. De l’ouverture du canal, man. 797, fol. 389 v°
42342)
42343: àj Jj
42344t
42345« Les barques
42346« furent lancées à l’eau en
42347sa présence.
42348» Le
42349verbe
42350s’emploie
42351aussi dans le même sens. On
42352lit dans l’ouvrage cité (man. 682, fol. 387
42353xo)
42354en sa présence, quatre grands vaisseaux.
42355>>
42356I. {deuxième partie.)
4235712
42358« On lança à l’eau,
42359(110) Je lis
42360, au lieu de
42361>
42362jUUÜ!
42363verbe
p. 374
423649°
42365HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
42366Bienlôt après, Schems-eddin-Alimed-ben-Mohammed-Ebn-Khallikan
42367, qui
42368remplissait à Damas
42369les
42370fonctions de kadi
42371des
42372Schafeïs
42373,
42374fut
42375destitué
42376;
42377et
42378Izz-
42379eddin-Abou’lmafâkhir-Mohammed-ben-Abd-alkâdir
42380, connu sous
42381le nom d’Ebn-
42382alsaig, fut réintégré dans cette place.
42383Sur ces entrefaites, une inondation extraordinaire envahit la
42384ville de Damas,
42385emporta un grand nombre
42386de personnes
42387,
42388déracina
42389les
42390arbres
42391,
42392combla
42393les
42394rivières , et renversa
42395les maisons.
42396L’eau s’éleva à une
42397telle hauteur qu’elle des-
42398cendit par-dessus les créneaux du rempart. On était alors dans l’été (i
423991 1).
42400Le rang de kadi des Malekis, en
42401Egypte,
42402fut
42403conféré à Nefis-eddin-Abou’l-
42404berekat-Mohammed-ben-Moukhlis-Daia-eddin.
42405Cette année, aucun habitant de
42406l’Egypte ne
42407fit le pèlerinage,
42408ni par mer ni par
42409terre. Au mois de Schaban
42410, une
42411forte
42412inondation
42413surprit
42414la
42415ville de
42416la Mecque
42417,
42418et
42419pénétra
42420jusques
42421dans
42422la
42423Kabah(
424241 12).
42425( 111 ) Nowuïri (fol. 44 v °> 45 r°) et Hasan-ben- Ibrahim (f. 2o5 v°), donnent, sur cet événement,
42426des détails plus étendus
42427:
42428« Le douzième jour de Schewal, qui était la fête de la Pentecôte des Juifs,
42429" à
42430la huitième heure du jour, une crue d’eau extraordinaire atteignit la ville de Damas, s’éleva au-
42431dessus des murs, à
42432la hauteur d’une pique, et, dans quelques endroits, à onze coudées.
42433Elle pé-
42434“ netra par la porte de taradis, après avoir renversé
42435le pont établi en ce lieu, ainsi que ceux de la
42436porte d Abou-Selamah
42437, et de la porte de Tourna. L’eau arriva au collège Felekiah, et s’y amoncela
42438«jusqu’à la hauteur d’une toise. Au bout de trois heures, elle commença à diminuer. Cette inondation
42439« lut produite par des nuages orageux
42440qui s’amassèrent sur
42441les montagnes de Balbek,
42442le samedi,
42443« onzième jour de Schewal
42444, et d’où le tonnerre se faisait entendre avec un fracas épouvantable. La
42445« vallée voisine était couverte d’une neige épaisse. La pluie , en tombant sur cette neige, la fit fondre ;
42446« et le dimanche, une masse d’eau se précipita du côté de la source de Fidjah, entraînant avec soi
42447« des pierres énormes. De vieux noyers furent déracinés. Le torrent arriva à Damas, renversa quantité
42448« de maisons du quartier d’Okaïbah
42449détruisit les murailles du meïdan (l’hippodrome), sur-
42450« prit un grand nombre de Grecs et de Persans qui étaient venus en pèlerinage,
42451et campaient dans
42452« le meïdan.
42453Ils furent noyés tous jusqu’au dernier, ainsi que leurs chameaux, et leurs autres mon-
42454« tures.
42455Il périt une quantité prodigieuse d’animaux de tout genre. Une argile jaune remplit le
42456lit des
42457«rivières. Des arbres furent entièrement déracinés. Le sultan étant arrivé à Damas, quelques jours
42458après cette catastrophe, n’y trouva point d’eau courante, et aucun bain qui fut en état de servir.
42459« Les habitants étaient réduits à boire l’eau des citernes et des puits. L’inondation causa, dit-on, la
42460« mort de dix mille personnes. Des moulins furent emportés avec leurs meules.
42461»
42462( 1 12 ) Au rapport d’Abou’lmahâsen (fol. 221 r°), la hauteur primitive du Nil fut de six coudées et
42463vingt-et-un doigts;
42464la crue s’éleva à seize coudées douze doigts.
42465Cette même année, on construisit,
42466par ordre du
42467sultan, une mosquée djami, au lieu nommé
42468Monsckat-ulmehrani, sur les bords du Nil. Elle est séparée de Misr (Fostat) par le canal de Hàkem.
42469Des que
42470les travaux furent terminés, on célébra la khotbah dans cet édifice, le vendredi,
42471vingt-
42472huitième jour du mois de Rebi-second (Nowairi,
42473fol.
42474r°; Hasan-ben-Ibrahim
42475,
42476f. 2o5
42477v°). Makrizi
p. 375
42478an 669
42479(1270).
42480IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
424819‘
42482Cette année
42483vit mourir
42484i°
42485l’émir
42486Alem-eddin-Sandjar-Saïrafi
42487,
42488qui décéda
42489à
42490Damas,
42491le
42492sixième jour du
42493mois de
42494Safar.
424952 0 Le
42496kach-alkodat des Malekis,
42497(man. 682,
42498f. 448 r° et v°) nous donne, sur l’emplacement de cette mosquée, des détails historiques
42499que je vais transcrire
42500:
42501« Au rapport d’ Ebn-Moutawadj
42502, le kadi Fâdel possédait un vaste jardin, situé
42503« entre
42504le nu-ïdan de Louk et le jardin de Khaschschnb, qui fut emporté par les eaux du Nil. 11 four-
42505« nissait de ses
42506fruits et de ses
42507raisins le Caire
42508et Fostat.
42509Les vendeurs, en criant leurs raisins, ne
42510«manquaient pas de dire :« Que Dieu
42511fasse miséricorde à Fâdel; raisins, raisins.» Les choses se
42512«passaient ainsi, longtemps après que
42513le terrain eût été rongé par les eaux. Le propriétaire avait
42514« bâti dans
42515le voisinage du jardin une mosquée djami, autour de laquelle s’étaient élevés d’autres
42516« édifices
42517; et ce quartier avait pris le nom de Monschcil-fâdel
42518ï!_ÛaLj (le nouveau quartier de
42519« Fâdel). Le dernier khatib (prédicateur) de cette mosquée fut Mouwaffik-eddin-Mahdoui-Dibâdji.
42520«Celui-ci, dans les premiers temps du règne de Melik-Dâher avait
42521fait
42522bâtir, près de cet édifice,
42523« une maison, et planter un jardin couvert d’arbres magnifiques. Ces travaux lui avaient coûte une
42524«somme de mille dinars égyptiens, dont le change était, à cette époque, de vingt-huit dirhems et
42525«demi pour chaque dinar. Cependant le fleuve envahit la mosquée, la maison
42526, le quartier, et détruisit
42527« tout, de manière qu’il n’en resta pas le moindre vestige. Le khatib Mouwaffik-eddin demeurait dans
42528«le
42529voisinage du sâheb
42530(vizir)
42531Beha-eddin-Ali-ben-Mohammed-ben-Hinnâ.
4253211
42533allait
42534souvent
42535lui
42536«rendre visite, ainsi qu’à son
42537fils Mohii-eddin.
42538Il se présenta devant eux avec une contenance hu-
42539« miliée, et leur dit
42540: « Je suis l’esclave de ce palais, et ma mosquée est en ruines. » Le sâheb , touché
42541« de compassion, lui dit:
42542« Je ferai ce que vous désirez, Dieu pourvoira à tout.
42543» Après
42544avoir ré-
42545« fléchi ,
42546il choisit le terrain sur lequel s’élève aujourd’hui la mosquée, et qui portait alors le nom de
42547« Koum-ahmar
42548i
42549(le tertre rouge), attendu qu’il
42550était occupé par des fourneaux où l’on
42551«fabriquait des briques. Le sâheb Fâkhr-eddin-Mohammed
42552,
42553fils du sâheb Beha-eddin- Ali avait fait
42554« construire, vis-à-vis de cette colline, un belvédère SjJâL», qui devint la demeure du fils du prince
42555« de Mausel (Mosul), et passa ensuite aux héritiers de Melik-Ala-eddin,
42556fils du prince de cette ville.
42557« Fâkhr-eddin l’habita longtemps sous le règne de Melik-Moëzz; se trouvant incommodé de la fumée
42558«des fours qui
42559étaient
42560établis sur cette colline,
42561il
42562s’en plaignit à son beau-père,
42563le
42564vizir Scherf-
42565« eddin-Bakiet-allah-ben-Sâed-Faïzi. On ordonna de procéder à une estimation du
42566terrain compris
42567« entre le jardin de Mahli et le fleuve; et cet emplacement fut acheté par le vizir. Après la mort de
42568«son
42569fils Fâkhr-eddin,
42570le vizir ayant conseillé au sultan de bâtir une mosquée dans cet endroit,
42571le
42572« fit consentir à acheter cet espace de terre. Le prince
42573fit élever l’édifice, auquel
42574il concéda, par un
42575«acte daté du mois de Ramadan de l’an 671 (de J.
42576C. 1272), la propriété de tout le
42577terrain. Lins-
42578« pection de la mosquée fut assurée aux fils et aux descendants du vizir
42579: à l’extinction de la famille,
42580« cette charge devait
42581appartenir au kadi-alkodat des
42582Hânefis. Le premier
42583qui exerça dans
42584cette
42585«mosquée
42586les
42587fonctions de
42588khatib (prédicateur), fut le fakih
42589(jurisconsulte) Mouwaffik-eddin-Mo-
42590« hammed-ben-Abi-Bekr-Mahdoui.
4259111
42592les remplit jusqu’à
42593sa mort, qui arriva le mercredi, vingt-
42594« troisième jour du mois de Schewal
42595,
42596l’an 685 (de J. C.
425971286). On a cessé de
42598faire dans cet
42599édifice
42600« l’office du vendredi, attendu la dépopulation du terrain environnant, qui n’est plus habité que par
42601«un petit nombre de personnes, tandis qu’autrefois ,
42602tout ce quartier
42603était couvert de nombreuses
42604« maisons. Schems-eddin-Mohammed avait formé
42605le projet de transporter
42606ailleurs cette mosquée,
42607« mais la mort le prévint, et l’empêcha de réaliser ce plan.
42608»
4260912 .

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