Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40) — archive.org text layer

History/Historians – Arabic medieval · al-Maqrīzī — Kitāb al-sulūk li-maʿrifat duwal al-mulūk (Mamluk sultans) · none · L0 witness

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Attribution: Quatremère – al-Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, t. I (Paris 1837–40); public domain in Canada (death year verified: Quatremère d.1857 (LC heading 1782-1857 in https://archive.org/metadata/b22006606_0001; https://www.wikidata.org/wiki/Q289886) — staged at corpus/incoming/histories/historians/al-maqrizi-suluk/quatremere-sultans-mamlouks-t1-1837.pdf from https://archive.org/details/b22006606_0001 (HIST-1, 2026-09-29)); OCR text by the Kemetic project, Yousef Hanna 2026.

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p. 134
14929io6
14930HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
14931pied; Fakhr-eddin-Mama, descendant de son cheval, le Fit monter à sa place, et,
14932lorsque l’on eut amené un des chevaux de main , il se remit lui-même en selle.
14933L’armée égyptienne poursuivit les Tatars jusque dans le voisinage de Baïsan.
14934Là, ils firent volte-face, et engagèrent un combat plus acharné que
14935le premier.
14936Mais, grâce à Dieu, ils furent mis en déroute, et perdirent, avec leurs chefs, un
14937grand nombre de leurs soldats. Les Musulmans avaient été violemment ébranlés.
14938Le sultan, à trois reprises, cria d’une voix forte, de manière à être entendu de
14939265
14940la plus grande partie de l’armée
14941: « O Islamisme! ô Dieu, protégez votre serviteur
14942«Koutouz, et faites-le triompher des Tatars! » Lorsque ceux-ci eurent été vaincus
14943pour la seconde fois , le sultan mit pied à terre , frotta son visage sur la poussière,
14944la baisa humblement , et fit une prière
14945, accompagnée de deux rikah
14946,
14947pour rendre
14948grâce à Dieu de la victoire. Après quoi il remonta à cheval. Les troupes arrivèrent
14949chargées de butin. La nouvelle de la défaite des Tatars parvint à Damas, le di-
14950manche, vingt-septième jour du mois. La tête de Kitboga, leur général, fut portée
14951au Caire.
14952Zeïn-Hâfidi, et les gouverneurs Tatars, quittèrent précipitamment la ville de
14953Damas , accompagnés des personnes de leur suite ; mais les habitants des villages
14954les attaquèrent
14955et
14956pillèrent tout leur bagage. Damas
14957avait été au pouvoir des
14958Tatars l’espace de sept mois et dix jours.
14959Le même dimanche , le sultan vint camper à Taberiah. De là , il écrivit aux habi-
14960tants de Damas, pour leur notifier la victoire dont Dieu l’avait gratifié , et la défaite
14961des Tatars. C’était la première lettre qu’il eût adressée à la population de cette ville.
14962Dès qu’on eut reçu celte dépêche, les habitants s’abandonnèrent aux transports de
14963la joie la plus vive. Ils se précipitèrent sur les maisons des Chrétiens, les livrèrent
14964au pillage, et détruisirent tout ce qu’ils purent démolir.
14965Ils renversèrent l’église
14966des Jacobites, ainsi que celle de Marie, et mirent le feu à celle-ci, en sorte qu’il
14967n’en resta plus qu’un monceau de ruines.
14968Ils égorgèrent un grand nombre de
14969Chrétiens, et réduisirent les autres en esclavage. Ils se vengeaient ainsi de ce que,
14970durant la domination des Tatars, les Chrétiens avaient songé plus d’une
14971fois
14972à
14973faire main basse sur les Musulmans, avaient détruit des mosquées, des minarets,
14974qui se trouvaient dans le voisinage de leurs églises.
14975Ils frappaient publiquement
14976leurs cloches, marchaient en pompe avec
14977la croix, buvaient du
14978vin dans
14979les
14980rues, et en répandaient sur les Musulmans.
14981Le vingt-deuxième jour du même mois, les habitants de Damas pillèrent les
p. 135
14982III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
14983an 658
14984( 1260 ).
14985J 07
14986maisons
14987des Juifs,
14988sans y laisser
14989la moindre chose. Les boutiques
14990qu’ils
14991pos-
14992sédaient dans
14993les marchés
14994furent changées en monceaux de décombres.
14995Ce-
14996pendant des soldats de la milice ayant pris les armes
14997, empêchèrent la multitude
14998de livrer aux flammes les synagogues et les maisons des Juifs. En même temps»
14999les habitants de Damas attaquèrent plusieurs Musulmans qui avaient embrassé le
15000parti
15001des Tatars,
15002les massacrèrent, démolirent
15003les maisons qui
15004se trouvaient
15005dans le voisinage des églises, et égorgèrent un grand nombre de Mogols. Toute
15006la ville offrait un spectacle affreux.
15007Le vingt-neuvième jour du même mois , au point du jour, l’émir Djemâheddin-
15008Mohammedi-Sâléhi
15009arriva
15010à Damas, apportant un diplôme du
15011sultan Melik-
15012Modaffer-Koutouz.
15013Cet acte, qui
15014fut lu publiquement, dans la maison appelée
15015Dàr-assaadâh ibUJtjta (la maison du bonheur), avait pour objet d’accorder aux
15016habitants une amnistie, et de calmer leurs inquiétudes. Le mercredi,
15017dernier
15018jour du mois de Ramadan, Melik-Modaffer, à la tête de ses troupes, arriva sous
15019les murs de Damas , et y établit son camp. Après avoir séjourné dans cet endroit
15020jusqu’au deuxième jour de Schewal , il fit son entrée dans la ville, et choisit pour
15021sa demeure la citadelle. L’émir Rokn-eddin-Bibars , envoyé par le prince du côté
15022de Hems, massacra ou
15023fit prisonniers un grand nombre de Tatars,
15024et rentra
15025victorieux à Damas. Melik-Modaffer conquit toutes les villes de la Syrie, depuis
15026les
15027bords de l’Euphrate jusqu’à la
15028frontière de l’Egypte.
15029Il conféra aux
15030émirs
15031Sâléhis et Moëzzis
15032( 1 38)
15033, ainsi qu’à ses officiers, des fiefs en Syrie.
15034Il nomma au
15035gouvernement de Damas l’émir Alem-eddin-Sandjar-Halebi, et lui adjoignit l’émir 266
15036Moudjir-eddin-Abou’lhaïdja , le curde.
15037Melik-Aschraf-Mousa
15038, prince de Hems, et qui avait commandé en Syrie, au
15039nom de Houlagou , ayant fait demander une amnistie, elle lui fut aussitôt accordée.
15040Melik-Modaffar-Ala-eddin-Ali ,
15041fils de Bedr-eddin-Loulou
15042, prince de Sindjâr, fut
15043envoyé à Alep, en qualité de gouverneur, et
15044le territoire de cette ville fut, par
15045ordonnance du sultan
15046, partagé en plusieurs
15047fiefs. Melik-Mansour
15048fut confirmé
15049dans la possession des villes de Hamah et de Barin. On lui rendit celle de Maarrah,
15050qui, depuis l’année 635, était au pouvoir des habitants d'Alep; mais on lui prit la
15051( x 38)
15052Je dois, une fois pour toutes, exposer en peu de mots, ce qui concerne ce genre de sur-
15053noms. Ces adjectifs, terminés par la lettre i, indiquent que celui qui les portait avait été ou était au
15054service de tel ou
15055tel prince. Ainsi le mot Sâléhi désignait un serviteur de Melik-Sâleh; Moëzzi, un
15056serviteur de Melik-Moëzz; Azizi
15057un serviteur de Melik-Aziz;
15058et ainsi des autres.
15059l4.
p. 136
15060io8
15061HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
15062ville de Salamiali, qui fut donnée à l’émir Scherf-eddin-Isa-ben-Mohaïina
15063, émir
15064des Arabes. L’émir Schems-eddin-Akouscli
15065,
15066le
15067turc,
15068l’Azizi,
15069fut nommé com-
15070mandant du Sahel et de Gazah; et on
15071laissa auprès de lui un grand nombre
15072d’Azizis. Cet officier avait abandonné le parti de Nâser-Iousouf, et s’était rendu
15073au Caire, où
15074le sultan l’avait reçu avec la plus haute distinction. Ayant accom-
15075pagné ce prince dans son expédition, il s’était trouvé au combat d’Aïn-Djalout;
15076on fit étrangler Hosaïn-Kurdi, le taharclâr, pour le punir d’avoir trahi Melik-ISâser.
15077Cependant, plusieurs des Odjdkis
15078( 1 3c))
15079, (pages) Mamlouks du sultan,
15080secondés par une partie de la populace de Damas, se jetèrent sur les Chrétiens,
15081et pillèrent leurs maisons. On en étrangla une trentaine. Les Chrétiens de cette
15082ville ayant été imposés, par ordre du sultan, à une contribution de cent cinquante
15083mille pièces d’argent, ils recueillirent cette somme, qui fut présentée au prince,
15084par l’entremise de l’émir Fâres-eddin-Aktaï-Mostareb, atabek des armées.
15085Les Tatars, se voyant poursuivis jusqu’à Hems, abandonnèrent leurs bagages
15086et tous leurs effets, relâchèrent leurs prisonniers,
15087et se dirigèrent vers la route
15088(i 3 g) Le mot odjâhi
15089un page, se retrouve dans un passage du Manliel-sâfi d’Abou’lma-
15090luisen (t. IV,
15091f. 85 v°), où on
15092lit
15093: Là La.
15094J-cs. !j ^ j j
15095j
15096ajUs^JI
150971
15098« Les possesseurs de charges, les djemdars d’un rang inférieur, et tout le monde jusqu’aux pages. »
15099Voyez aussi Khalil-Dâheri,
15100folio
15101253 recto; Makrizi, manuscrit
15102798,
15103folio
15104ig 5
15105recto.
15106Ailleurs,
15107on
15108lit oschdki ^àlAj!. Dans
15109la
15110Vie de Bibars, par Nowaïri (man. d’Asselin,
15111fol.
1511223
15113v°)
15114:
15115LàlAjî
15116t
15117«
15118Il
15119faisait
15120de l’orphelin son page.» Dans
15121la
15122suite de YHistoire
15123d’Égypte du même
15124écrivain (man. 683 ,
15125fol.
1512620)
15127: LàLij^î j
15128^l^ladl
15129«Ils
15130furent pris par
15131les
15132pages
15133et
15134les
15135«esclaves.»
15136O11 rencontre aussi la forme
15137On
15138lit dans
15139YHistoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen
15140(man. 661,
15141fol.
15142181
15143r°)
15144: LàLijJI ^
15145t
151461 jjLkt
15147!
15148s
15149pL^j
15150p)
15151« Modaffer ne rencontra pas un seul
15152«de ses pages. » Et plus loin (ibid.)
15153: <Uî LàlwjJI iJUsèahL'i «Les pages se réunirent auprès de lui.»
15154On pourrait être tenté de croire que la leçon ^àLa-jl
15155est
15156la meilleure,
15157et qu’il faut dériver ce mot
15158du terme turc odjak
15159î, chambre, foyer. Mais j’aime mieux admettre l’opinion contraire, et donner
15160au mot
15161ou
15162une
15163origine persane. En effet, le terme wiscliâk
15164désigne un page.
15165C’est
15166ce
15167qu’atteste
15168l’auteur du Borhani-kati
15169(éd. de Calcutta, pag.
15170937),
15171et que confirment de
15172nombreux exemples. Dans
15173le Tarikhi- JVassdf (manuscrit,
15174fol. 14 r°)
15175: ^LàlAj est expliqué,
15176à
15177la
15178marge, par
15179des pages. Plus
15180loin
15181(fol. 214
15182r°),
15183011
15184lit:
15185j
15186«Les
15187« femmes et les pages du prince.» (Voyez aussi
15188fol. 367 verso). Dans le Dji/ian-kuschaï
15189(f. 107
15190r°)
15191:
15192-Vol.)
15193ijj!
15194«Les pages du
15195prince
15196enlevèrent
15197ses chevaux.» Dans
15198l’histoire de Mirkhond (IV
15199e partie,
15200fol. 98 v°)
15201:
15202çjs*.
15203j ^jlàLlj j As-b-J «Les armes,
15204«les pages,
15205et les
15206filles du Harem. » Dans
15207le Zafer-ndmeh (fol. 197
15208r°)
15209: j-yà-
15210.
15211.
15212. ^làLu>j
15213«Les
15214« pages à la marche légère. » Dans le Bostan de Sadi (éd. de Calcutta, p.
152151 04), on
15216lit :j\ÿ ^
15217« Les pages orgueilleux. »
p. 137
15218an 658 (1260}.
15219ÎII. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
15220109
15221du
15222Sahel.
15223Mais
15224les Musulmans
15225les ayant surpris, en tuèrent une partie, et le
15226nombre des prisonniers dépassa encore celui des morts.
15227Houlagou,
15228ayant appris
15229la défaite
15230de son armée
15231et
15232la mort de sort vice-roi
15233Kitboga, en fut vivement affligé. C’était le premier écbec que ses troupes eussent
15234éprouvé.
15235Il décampa ce jour-là même. Melik-Nâser-Iousouf, fils de Melik-Aziz, et
15236prince de Damas, étant arrivé auprès de lui, Houlagou le combla d’honneurs,
15237lui assigna une pension annuelle, l’admit dans
15238sa société intime,
15239le
15240fit asseoir
15241sur un trône auprès de sa personne, et but avec lui. Il lui délivra un firman qui
15242le nommait souverain des deux royaumes de la Syrie et de l’Egypte. Après l’avoir
15243revêtu de robes d’honneur, lui avoir
15244fait présent d’un grand nombre de chevaux
15245et de richesses considérables,
15246il le
15247fit partir pour la Syrie. Mais, dès
15248qu’il
15249eut
15250reçu la nouvelle de la défaite de ses troupes
15251, il rappela ce prince
15252, le fit comparaître
15253devant lui,
15254et mettre à mort dans les montagnes de Selmas.
15255Le douzième jour du mois de Schewal, Melik-Dâber-Gâzi ,
15256frère de Nâser,
15257Melik-Sâleb, fils de Schirkouh, et plusieurs autres princes, partagèrent le même sort.
15258Tokouz-Khatoun
15259, épouse de Houlagou, intercéda en faveur de Melik-Aziz, fils de
15260Nâser
15261; et ce fut le seul qui échappa à la mort. Houlagou retourna dans ses États. 267
15262Cependant, la population était rentrée dans la ville de Damas, où
15263le manque
15264de
15265vivres
15266produisait une
15267cherté
15268excessive.
15269D’ailleurs, on
15270n’y
15271voyait
15272plus de
15273monnaie de cuivre
15274Les habitants, obligés de se servir de pièces d’argent,
15275étaient lésés dans leurs marchés
15276; et des embarras de tout genre avaient succédé
15277à la prospérité primitive. Le sultan
15278, après avoir établi dans les villes de la Syrie
15279des gouverneurs , des JValis {\ l\o)
15280des inspecteurs ^oU, (iù 1 )? partit de Damas,
15281(14°) Le mot wdli Jij
15282, qui signifie souvent un gouverneur, désigne, dans le langage de l’Égypte
15283:
15284*
15285TJn officier chargé de la police d'un quartier,
15286et du soin de faire des rondes nocturnes pour réprimer
15287les malfaiteurs. On peut voir, sur ce sujet, les observations deMakrizi, transcrites par M.
15288Silvestre
15289de Sacy
15290(Relation de l'Égypte, par Abd-allatif, pag. 38 1)
15291, et la note de M. Marcel
15292( Contes du Cheyhh
15293el-Mohdy, tom.
15294III, p. 384 , 385 ); d’autres témoignages viennent encore confirmer ces
15295assertions.
15296On
15297lit dans le Mesâlek-alabsar (man. 583 ,
15298fol. 173 r° et v°)
15299: «L’usage veut que
15300les wâlis
15301ïbîj de
15302« chaque ville, c’est-à-dire les commandants du guet
15303apprennent
15304, chaque jour, de
15305•< la bouche des fonctionnaires
15306, chargés par eux de la surveillance des quartiers
15307, tous les événements
15308« qui se sont passés
15309; qu’ils consignent
15310ces
15311détails
15312dans un mémoire détaillé
15313, qui
15314est mis sous les
15315«yeux du
15316sultan.»
15317Plus
15318loin
15319(fol.
15320180
15321r°),
15322cet écrivain répète que
15323le
15324tvâli est
15325le même que
15326le
15327commandant du guet. Ebn-Khaldoun
15328(Prolégomènes
15329fol. 81
15330r°),
15331s’exprime en
15332ces termes :« On
15333« établit
15334, dans ces dynasties
15335, un magistrat, qui juge d’après les maximes d’une politique sévère
15336, sans
p. 138
153371 IO
15338HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
15339le mardi, vingt-sixième jour du mois de Schewal, et prit la route de l’Égypte.
15340Il
15341avait d’abord eu dessein de
15342se
15343rendre à
15344Alep.
15345Mais
15346il renonça à ce projet,
15347« avoir besoin de suivre à la lettre les formes légales. On le désigne tantôt par le titre de wâli
15348«tantôt par celui de schartali
15349).
15350>> On
15351lit dans
153521e Insc/id (man. 1573,
15353fol. 127
15354v°)
15355: «L’officier
15356« chargé de la police du Caire ’î^sLall
15357portait autrefois le titre de Sâheb-aschschartah
15358« ïbj..dJI. Sa première institution remonte au khalife Othmân-ben-Affân. De nos jours, ce magistrat
15359«a sous sa juridiction la police de Fostat
15360Üobîj, réunie à celle du Caire et de la banlieue. C’est lui
15361"qui est chargé d’appliquer la peine du talion, d’infliger les punitions légales
15362Il a l’ins-
15363«pection des prisons, ferme et ouvre les portes du Caire.
15364Il doit faire des rondes dans les lieux qui
15365« sont supposés renfermer des richesses ou des étoffes de prix. Il ne peut coucher hors de la ville, à
15366moins d’une permission par écrit; parce qu’il est à craindre que durant son absence
15367il n’arrive un
15368« incendie, des brigandages à main armée
15369; qu’un magasin ne soit dévalisé, ou une prison forcée, etc.
15370« Jusqu’au règne de Melik-Mouwaïad ,
15371cet officier avait le
15372privilège de faire battre à sa porte un
15373« tambour
15374; et
15375il possédait un bénéfice territorial ^LLsî du genre de ceux dont jouissent les
15376émirs de Tablkhanah.
15377Aujourd’hui tout cela
15378est supprimé. Dans
15379le diplôme
15380qui
15381lui
15382était
15383«conféré,
15384sa charge
15385était désignée par
15386le
15387titre de
15388wilâïah Sobîj.» Dans un passage de
15389l’Histoire
15390d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
15391(tom.
15392II,
15393fol.
1539482
15395r°),
15396le wâli est confondu avec
15397le Mohtésib
15398!
15399Mais, plus loin, l’écrivain rétracte cette assertion erronée, car
15400il nomme conjoin-
15401tement ces deux officiers
15402(fol. 93
15403r°)
15404:
15405j-«b
15406Ljliaà ^1^3 !_j
154071
15408J
15409ïjjüliüb
15410î « Le Wâli et
15411le Mohtésib se mirent en marche,
15412et firent, par ordre du sultan, une
15413« ronde dans les lieux du Caire qui étaient
15414le
15415siège du désordre. » Vansleb
15416(Relation de l’Égypte
15417pag. 353) explique le mot vâli par celui de grand prévôt.
15418Khalil-Dâheri (man. 6g5, fol. 359 r°, 36o r°), nomme des officiers qui portaient le
15419titre de wâli
15420,
15421et qui étaient dans chaque province subordonnés au kâschef.
15422(14 1)
15423Il existait en Égypte deux officiers dont les noms appartenaient à une même racine arabe.
15424Je veux dire le schâdd ûLi,
15425et
15426le mouschidd
15427Chacun de ces
15428titres désignait une sorte d'inten-
15429dant,
15430d’inspecteur. On
15431lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV, man. 75o,
15432fol. 17 1
15433r°)
15434:
15435ïLili
15436-
15437?
154385Li,
15439«Il
15440était schâdd de la sommellerie. « Les mots ïUls^AJ! 311 se retrouvent
15441aussi dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (man.
15442arab.
15443657, fol. 14 v°). On lit dans le même
15444ouvrage
15445(fol.
1544644
15447r°)
15448: i£» jys\ ^
15449«Il
15450était comme inspecteur des affaires
15451de
15452la
15453«Mecque.» Plus
15454loin
15455(fol. 53
15456v°)
15457:
15458vJæ
15459!5ll
15460jy
15461«Il
15462établit
15463l’émir Tatar, pour
15464« surveiller la construction. » Et enfin (fol. 228 v°)
15465: b11
15466ï3^ j -XÔ
15467^ «Il avait exercé dans le
15468«port de Djiddah
15469les fonctions de schâdd. » Dans l’histoire de Nowaïri (26
15470e
15471partie,
15472fol. 214
15473r°)
15474;
15475I
15476,511
15477AÀJbj « La charge de schâdd (inspecteur)
15478des bureaux.» Dans
15479la Description
15480de
15481l’Égypte de Makrizi (article des ponts, man. 798, fol.
15482i 34 v°)
15483: ï-jUaLüi^lyx)) 3ll
15484«Il
15485était
15486« schâdd
15487(inspecteur)
15488des
15489bâtiments du
15490sultan. »
15491Dans
15492l’ouvrage
15493de
15494Khalil-Dâheri
15495(man.
15496695,
15497fol. 234
15498r°)
15499! 5Ll
15500« Inspecteur du palais
15501; » et
15502« Inspecteur des vaisseaux. » Dans
p. 139
15503III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
155041
155051 i
15506an 658
15507(1260).
15508parce qu’il apprit que l’émir Bibars était violemment indisposé contre lui
15509,
15510et se
15511préparait à lui faire la guerre. Ce mécontentement provenait de ce que l’émir
15512l ’Histoire d’Égypte
15513d’Ebn-Aïas
15514(man.
155155g5 A,
15516tom.
15517II,
15518fol. 128)
15519:
15520! 5li
15521àlxa.
15522«Il
15523le
15524« nomma inspecteur de la sommellerie. » La place que remplissait cet officier était désignée par
15525le
15526mot de sckaddiah Loli ou schedd ôJL. On
15527lit dans l’histoire d’Ahmed-Àskalâni (tom.
15528II,
15529f. 212 r°):
15530£oli «Les fonctions de schâdd de Djiddah.» Dans l’histoire d’Ebn-Aïas (tom. II,
15531fol. 07)
15532:
15533*1)1
15534l'iSlL ^
15535jjâ «Il confirma Ezdcmur dans la place de schâdd de la sommellerie.
15536»
15537Dans le Manhet-sâfi d’Abou’lmahâsen (mau. 750, fol. i3o r°):
15538« Il remplit les
15539« fonctions d’inspecteur de l’hôpital. » Plus loin
15540(fol. 141)
15541:
15542«11 remplit la place
15543« d’inspecteur des bureaux. » Dans la Vie de Bibars de Nowaïri (man. d Asselin
15544, fol. 3g r°)
15545:
15546jJ!
15547jJÜÎ ^3 jlbLJ! «Le sultan établit dans les fonctions de schâdd l’émir Ala-eddin. »
15548Plus loin (fol. 57 v°)
15549:j+erf
15550^^«11 remplissait
15551les fonctions d’inspecteur
15552« de la chancellerie en Égypte. » Dans la suite de Y Histoire d’Égypte du même auteur (man. ar. 683,
15553passim)
15554: ^
15555aJ 1
15556JLi «La place d’inspecteur du
15557conseil.» Et dans
15558l’histoire d’Ahmed-Askalâni
15559(tom. II, fol. 20 r°)
15560:
15561.Ai
15562«Il remplit les fonctions d’inspecteur des villes. »
15563Le mot Mouschidd SJÉ> doit avoir, pour la signification , une grande analogie avec celui de schâdd
15564*
15565Ali. On lit dans l’histoire d’Ahmed-Askalâni (tom. II, fol. 5 y
15566r°)
15567: 8ULàr?jJLJÎ jJU»
15568«L’inspecteur
15569« de la sommellerie.» Dans le Manhel-sâfi (tom. IV,
15570fol. i3o r°)
15571:^ LLLJ
15572jLo « Il était
15573« inspecteur du palais du sultan. » Dans VHistoire cCÉgypte d’Ebn-Aïas (tom. I, part. 2 e
15574, fol.
15575i53)
15576:
15577ïjlyjJ!
15578ÎAi*»
15579« Il
15580était
15581inspecteur
15582des
15583constructions.
15584» Et
15585ailleurs
15586(tom.
15587II ,
15588fol.
155891 5o)
15590:
15591jJU* «L’inspecteur des greniers.» Dans
15592l’histoire de Nowaïri (man. 683,
15593fol.
1559433)
15595: Âi-Jt
15596AfiliJlj «Le mouschidd, le schâhid (témoin)
15597et l’écrivain.» Dans la
15598Vie de Bibars du
15599même auteur (f. 37 r°), on lit, en parlant des Arabes
15600:
15601j Jyi!! j
15602ï^js \yj)
15603I
15604« Ils furent assujettis à payer la dîme de leurs troupeaux et de leurs chameaux. On
15605« fit partir avec eux des inspecteurs pour percevoir ce tribut. » Dans un manuscrit arabe de la Bi-
15606bliothèque du Vatican (man. 267,
15607fol. 76), on lit: Âi4î
15608j
15609. _ jl^
15610'
15611j
15612« On ajouta à la capitation deux pièces d’argent et un quart, pour le mouschidd et les
15613« officiers
15614subalternes. » Si je ne me trompe , le mot mouschidd se trouve sous la forme meschhed
15615dans le Traité des finances de FÉgypte de M. Estève, où on lit (pag. i3), que le meschhed est l’exé-
15616cuteur des ordres du Moultezim. D’après tous les passages que je viens de rassembler, je crois pou-
15617voir conclure, avec
15618assez de
15619vraisemblance, que
15620les mots schâdd Ali
15621et mouschidd
15622car
15623j’ignore quelle nuance séparait
15624la signification de ces deux termes, désignaient
15625« un
15626officier établi
15627« pour surveiller les travaux de tout genre, stimuler la paresse des employés, presser le payement
15628« des droits de douane et autres contributions. »
15629L’auteur du Inschâ désigne plusieurs fonctionnaires qui portaient le titre de schâdd 5Li
15630, savoir
15631:
p. 140
15632I 12
15633HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
15634ayant demandé au sultan le gouvernement d’Alep, avait essuyé un refus. Koutouz,
15635redoutant un
15636pareil ennemi, résolut de
15637le perdre, et se dirigea vers l’Égypte.
15638Bibars fut instruit de ses
15639projets. Chacun
15640des rivaux
15641se tenait sur ses gardes.
15642Koutouz cherchait
15643les moyens de
15644se
15645saisir de Bihars. Celui-ci, s’étant concerté
15646avec plusieurs émirs, tels que Seïf-eddin-Belban-Reschidi,
15647Seïf-eddin-Beliadur-
15648Misri, Bedr-eddin-Bektout le Djoukendar-Moëzzi, Sergan-Rokni
15649, Belban-Harouni,
15650Bedr-eddin-Anes-Isbahâni , forma le complot
15651d’assassiner
15652le sultan. Ce prince,
15653i° Le schadd-aschscherâb-khânâh ïblà.
15654«.
15655.ili (surveillant de la sommellerie) « Il avait quel-
15656« quefois le rang de commandant
15657C’était lui qui inspectait tout ce qui entrait, d’aliments et de
15658«boissons, dans la sommellerie du
15659prince,
15660et dont
15661la quantité
15662était innombrable.
15663Il veillait, au
15664«moment où le prince prenait ses repas, à ce qu’on ne mêlât dans les plats ouïes liqueurs, ni poison
15665«ni aucune substance malfaisante.
1566611 avait sous
15667sa juridiction
15668les médecins, les
15669oculistes, les chi-
15670« rurgiens. Il recevait du vizir des gratifications de tout genre (man.
15671f. ia6 v°).
15672« i° Le schâdd-
15673azzerd-khânâh ïULâ.
15674(le surveillant de l’arsenal), « C’était
15675lui qui inspectait l’emploi des
15676«machines
15677de guerre, qui conférait avec
15678le sultan sur ce qui
15679avait rapport à cet
15680objet, et faisait
15681« venir de tous les cantons de l’Égypte et de la Syrie
15682les choses nécessaires.
15683Il présidait à la fabri-
15684« cation du naphte, de la poudre, surveillait
15685les ouvriers qui fabriquaient les cuirasses, les armures
15686« de fer, etc.
15687Il avait avec lui un
15688adjoint
15689çjj-ij, chargé de
15690tenir note de tout
15691ce
15692qui entrait
15693dans
15694«l’établissement ou en sortait
15695(fol. ia8
15696r°). »
156973° Schâdd-addewâvin
15698lj aJ I iLi.
15699(le
15700surveillant
15701des bureaux), « C’était un émir de dix 'ijLa
15702, qui secondait le vizir dans la perception des re-
15703« venus de l’État. Tantôt on en créait un,
15704et le plus souvent on le supprimait ; quelquefois, pour
15705«obéir à l’usage, on nommait un de ces officiers, mais sans
15706lui donner de fonctions.
15707» 4° Schâdd-
15708alamdiry
15709L^sJ!
15710iLà>
15711(le surveillant
15712des bâtiments), «11 était chargé
15713de présider aux travaux
15714des
15715« édifices dont le prince ordonnait la construction.
15716Quelquefois on
15717lui adjoignait un commandant,
15718« pi’éposé
15719à
15720la réparation
15721des lieux qui menaçaient
15722ruine.
15723Il portait aussi le
15724titre d'inspecteur des
15725k bâtiments
15726^!sLi
15727:
15728il
15729avait
15730sous
15731sa juridiction
15732les
15733géomètres,
15734les
15735tailleurs de
15736pierres,
15737les
15738«maçons, etc.» 5° Schâdd-alhaousch
15739.iUi,; « C’était lui qui présidait à la reconstruction des
15740«parties
15741d’édifices qui
15742tombaient
15743en ruine, dans l’enceinte du château de la Montagne.
15744Il
15745faisait
15746«nettoyer les chemins, réparer les conduits
15747des eaux, et demandait au vizir tous les objets néces-
15748« saires pour
15749ces
15750genres de
15751travaux.
15752»
157536° Le schâdd-alkhâss
15754(surveillant du domaine
15755privé), « Était associé à l’inspecteur du domaine
15756pour
15757la perception des
15758revenus,
15759la
15760« vente des divers objets, et l’acquisition de toutes les denrées nécessaires. Cette charge, dit l’écrivain,
15761« est aujourd’hui supprimée (f. 129 ro). » 11 ne faut pas confondre ces mots avec celui sc/mddâd M-vi,
15762qui signifiait un palefrenier. On
15763lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi
15764(art. ÜU^LUt ^É-Lvat
15765manuscrit 797
15766fol. 366 r°), en parlant des chevaux
15767:
15768«Chacun a
15769« un palefrenier pour le promener. » Et dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (m. 671,
15770f. 34
15771v°)
15772:
15773" On
15774faisait
15775passer en revue
15776les chevaux que conduisaient
15777leurs
15778« palefreniers.
15779»
p. 141
15780III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
15781an 658
15782(1260).
157831 i3
15784continuant
15785sa marche, quitta Garâbi
15786î ,
15787et s’avança jusqu’au voisinage de
15788Saléhieh. Là,
15789il se détourna du chemin ordinaire
15790, accompagné des émirs,
15791afin de se livrer au divertissement de la chasse. Elle était terminée, et le prince
15792retournait vers
15793la tente royale, lorsque
15794l’émir Bibars lui demanda une femme
15795qui était du nombre des prisonniers faits sur les Tatars. Le sultan
15796la lui accorda
15797sans difficulté. Bibars
15798saisit
15799la main du prince, comme pour
15800la baiser.
15801C’était
15802le signal dont
15803il
15804était convenu avec
15805les conjurés. Aussitôt l’émir Bedr-eddin-
15806Bektout, tirant son épée, en frappa le sultan sur
15807le cou. L’émir Anes enleva ce
15808prince, et le précipita à bas de son cheval
15809; et une flèche , lancée par l’émir Behadur-
15810Moëzzi
15811, acheva de le tuer. Cet événement tragique arriva le lundi, quinzième jour
15812du mois de Dhou’lkadah.
15813Koutouz avait régné onze mois et dix-sept jours. Son corps fut porté au Caire
15814,
15815et enterré auprès de l’endroit où se trouve l’ermitage h^}j du scheïkh Taki-eddin,
15816qui n’était pas encore bâti. Depuis cette époque, il fut transporté par les soins du
15817Hadji-Koutouz-Dâheri, au quartier de Karafah, et enseveli dans le voisinage de
15818l’ermitage d’Ebn-Aboud. On prétend que Koutouz
15819se nommait primitivement
15820Mahmoud-ben-Mamdoud
15821; que
15822sa mère était sœur du sultan Djelâl-eddin-Kha-
15823warizm-schah
15824; que son père
15825était cousin de
15826ce même prince; on
15827ajoute que
15828Koutouz ayant été fait prisonnier, lors des victoires des Tatars, avait été vendu
15829à Damas, et conduit de
15830là au Caire (142). Parmi les personnages éminents qui
15831moururent dans le cours de cette année, on distingue
15832:
15833i° Le prince des croyants
15834Mostasem-billah
15835; 2 0 Melik-IVâser-Daoud,
15836fils de Moaddam-Isa,
15837fils d’Adel-Abou-
15838Bekr,
15839fils d’Aïoub,
15840fils de Schadi, souverain de Damas et de Karak. Ce prince,
15841après une carrière extrêmement agitée, périt hors de sa capitale, à l’âge de cin-
15842quante-trois ans
15843:
15844il
15845est auteur de poésies fort remarquables; 3° Le hâfid Zeki-
15846eddin-Abou-Abd-allah-Abd-aladim-ben-Abd-alkawi-Mondhari
15847, de
15848la
15849secte de
15850(14a) Au rapport de Hasan-ben-Omar (man. 688, fol. 19 r°), un poëte avait fait à la louange de
15851ce prince , les vers suivants
15852:
15853» L’infidélité a péri dans
15854la Syrie tout entière; et l’Islamisme, après avoir
15855été opprimé, a repris
15856« un nouvel éclat;
15857«Grâce aux armes de Melik-Modaffer, monarque brave, généreux, qui, dès qu’il se lève, écrase
15858« les ennemis.
15859«Nous avons vu venir à notre secours un prince rempli de hardiesse
15860et de prudence, dont
15861les
15862« lances et les glaives nous ont donné la victoire
15863:
15864« Dieu
15865a voulu qu’une reconnaissance
15866éternelle pour ce héros fût pour nous un des devoirs les
15867« plus sacrés. »
15868I.
15869i5
p. 142
15870HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
15871Ii4
15872Schaféi;
15873c’était un homme universellement respecté;
15874il était
15875âgé de
15876soixante-
15877quinze
15878ans
15879;
158804° Mouhi-eddin-Abou’lmodaffer-lousouf
15881,
15882fds
15883du
15884hdfid
15885Djemâl-
15886eddin-Abou’lfaradj-Abd-errahman, fds d’Ali
15887Djouzi-Bekri ,
15888natif de
15889la ville
15890de
15891Bagdad, de
15892la
15893secte de Hanbal.
15894Il avait rempli la charge de mohtesib (i43) de
15895(i 43) Le mot mohtésib
15896au rapport de M. Marcel
15897( Contes du cheykh el-Mohdy,
15898t.
15899III,
15900p. 3g8 j
15901, désigne
15902: Un juge de police , chargé spécialement de la répression des délits qui se commettent
15903dans les marchés,
15904et dans
15905les boutiques des débitants. Il décide aussi de presque toutes les contesta-
15906tions qui ont rapport au commerce ,
15907etc. On peut voir aussi sur ce sujet,
15908les détails
15909qu’a donnés
15910M. Silvestre de Sacy
15911( Chrestomathie arabe
15912,
15913tom. I, pag. 468 et suiv.)
15914, M. Villoteau
15915(Instruments de
15916musique
15917, pag. g85)
15918, dit
15919:
15920« Le moteceb est l’inspecteur de police, pour les poids
15921et mesures. » Sui-
15922vant M.
15923le comte de Chabrol
15924(Essai sur les mœurs de l’Egypte
15925, pag. 5i5), «Le mohteceb est celui
15926« qui a la surveillance des marchands de comestibles. » Ce magistrat existe
15927aussi en Perse avec le
15928même titre. Chardin explique ce mot par chef de la police [Couronnement de Suleïman
15929,
15930pag. 260),
15931ou par juge de police
15932( Voyages en Perse, tom. II, pag. 2g3).
15933Il paraît que, dans ce pays, le mohlesib
15934a sous sa juridiction les filles publiques. Car, on lit dans le Gulistan de Sadi (p. 32, éd. de Semelet),
15935qu’une fdle publique redoute le mohtesib. On peut voir sur ce mot les observations du commentateur
15936turc (de mon manuscrit,
15937f. i33 r°). Sadi
15938, dans un autre passage (p. 53)
15939, s’exprime ainsi
15940: !jv
15941" Le mohtesib a-t-il aucune juridiction sur l’intérieur d’une maison ? » (V. aussi p. 63).
15942On
15943lit dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (man.,
15944t. IV,
15945f. 23 v°), que le schiite Abou-Abd-allah-Hosaïn-
15946ben-Mohammed était mohtesib de la ville de Basrah. La police commerciale est désignée par le mot
15947ihtisdb
15948v
15949On
15950lit dans la Vie de Mahmoud par Otbi (fol. 244 v°)
15951, w>l
15952ül
15953. _
159541
15955jjjJL)
15956«La
15957police
15958tirait sa
15959force des
15960fouets
15961que
15962l’on
15963portait sur
15964l’épaule.» La
15965charge
15966du
15967mohtesib
15968est
15969désignée
15970par
15971le mot
15972,
15973que
15974je
15975crois
15976devoir
15977lire
15978hisbah
15979et non
15980hasbah (Voyez Ebn-Khaldoun, cité par M.
15981Silvestre de Sacy,
15982loco
15983laucl.). On
15984lit dans YHistoire
15985d’Égypte de Hasan-ben-Omar
15986(manuscrit 688,
15987folio 172
15988verso)
15989:
15990j
15991jÀ:
15992«Il fut nommé chef delà police,
15993et intendant de l’hôpital.» Dans
15994l’histoire
15995de Nowaïri
15996(m.
15997645,
15998folio 22 verso)
15999:
16000^
16001«Celui qui est
16002chargé de la
16003police
16004et
16005de l’adminis-
16006« tration de la justice. » Dans l’ouvrage d’Abou’lmahâsen (m. 667,
16007f. 27
16008r°) on trouve
16009: V^alaJî
16010et chez Makrizi [Solouk,
16011t. II,
16012f.
1601316g, r° et passini).
16014Il paraît que les fonctions du mohtesib variaient
16015suivant les pays, car nous lisons dans le Bark-Yémâni (man. 827, fol. 66 v°)
16016A
16017! «U était mohtesib, c’est-à-dire, général d’armée, et avait l’inspection de
16018« tout çe qui concerne la
16019guerre. » M. Estève [Finances de l’Egypte, pag. 37),
16020fait mention d’un
16021« officier subalterne, appelé Emyn-ehteseb. 11 parle aussi des droits d’Ehteceb ou de police [ib., p. 66). »
16022Le mohtesib est souvent nommé par les voyageurs, et son nom se trouve écrit par eux de diverses
16023manières. On
16024lit metassoup dans la Relation d’Albert [État de
16025l’Égypte, p. 80); matasit, dans celle
16026de Sequezzi [Revenus de l'Égypte
16027, pag. 8g). Pockocke écrit metessib [Description of the East ,
16028t.
16029I,
16030pag. i65) ; Hœst [Nachrichten -von Marohos , pag. 277), motclieseb ; Jackson [Ackount of Marocco,
16031pag. 182), mutasseb; le baron de Tott [Mémoires, tom. I, pag. 233), murtasib
16032;
16033Ali-bey [Voyages
16034tom. III, pag. 128), almolasscn
16035;
16036Grobert [Pyramides de Gizeh
16037, pag.
16038i 43), molasseb; Vansleb [Re-
16039lation de
16040l’Égypte, pag. 253), Tavernier [Voyages, tom. I, pag. 687) etBurckhardt [Arabia, tom. II
16041pag. a5o), écrivent Mohteseb.
p. 143
16042an 658 (1260).
16043ni. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.
16044Ii5
16045Bagdad, et avait été envoyé en ambassade par le khalife
16046:
16047il était âgé de soixante-
16048seize
16049ans;
160505° Le sdheb
16051(vizir)
16052Mouhi-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-
16053Nedjm-eddin-Abou-Hasan-Ahmed-Akili-ebn-Aladim
16054de la secte des Hanefis.
16055Il
16056mourut à Alep
16057, âgé de soixante-six ans; 6° Nidam-eddin-Abou-Abd-allah-Halebi
16058chef de la chancellerie d’Alep (JjUi^î v^s-Ls)
16059; 7
160600 L’inspecteur des armées d’Alep
16061Aoun-eddin-Abou’lmodaffer-Soleïman-ben-Adjemi-Halebi, âgé de cinquante ans;
160628° Le sdheb Izz-eddin-Abou-Ahmed-ben-Kaïserani-Halebi, inspecteur des bureaux
16063jJhLi) de Damas; 9
160640 Le sdheb (i 44) Beha-eddin-Zohaïr-ben-Mohammed-
16065Azdi-Mekki, écrivain, et poète habile, chef de la chancellerie d’Égypte
16066:
16067il était
16068âgé de soixante-quinze ans;
16069io° L’émir Seïf-eddin-Ali-ben-Sâbik-eddin
16070, et sur-
16071nommé mouschid Aid î, qui mourut à lage de cinquante-quatre ans
16072: il est auteur
16073de poésies excellentes;
160741 1° Le poète de Bagdad, Djemâl-eddin-Abou-Zakaria-Sar-
16075sari, de
16076la secte de Hanbal
16077, mourut martyr, à l’âge de soixante-huit ans ; 12 0 Le
16078littérateur Scherf-eddin-Abou’ltaïib-Mohammed-ben-Mohammed
16079Mauseli
16080mourut à Mausel, âgé de cinquante-trois ans
16081;
16082i 3° Le littérateur Saad-eddin-Abou-
16083Saad-Mohammed-ben-Mouhi-eddin-Moliammed mourut à Damas
16084;
16085i 4\Le
16086littéra-
16087teur Abou-Bekr-Motammed-ben-Abd-alaziz-Aschgardi mourut à Damas;
16088i 5° Le
16089scheïkh Abou’lhasan-Ali-ben-Abd-allah
16090Schâdheli, le religieux, mourut dans
16091.
16092le désert d’Aïdab;
16093160 Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Ismaïl
16094, de
16095la secte
16096de
16097Hanbal , khalib (prédicateur) de Berda , lieu du territoire de Damas , mourut dans
16098ce lieu, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Il avait professé, au Caire , la science des
16099traditions.
16100(144) M. Silvestre de Sacy a donné des détails curieux sur le mot v«_^æs.Lo, employé dans le sens
16101de vizir
16102( Chrestomathie arabe.
16103,
16104tom. II, pag. 8, 5 g); et les observations qu’il a recueillies sont par-
16105faitement confirmées par le témoignage d’Abou’lmahâsen (man. arab. 671, fol. 160 r°), et de l’atiteur
16106de l’ouvrage intitulé Inschà (man,
16107i 573, fol. ia 5 v°).
p. 144
16108HISTOIRE DES SULTANS MÂMLOUKS.
161091 16
16110RÈGNE
16111DU SULTAN MELIK-DAHER-ROKN-EDDIN-BIBARS-
16112(ou BEÏBARS) BONDORDÂRI,
16113Ce prince. Turc de nation, fut acheté par Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. Admis
16114au service de ce prince, il s’éleva par degrés, et s’attacha à reproduire les grandes
16115qualités de son maître. Après la mort tragique de celui-ci, il passa au service de
16116269 Melik-Moaddam
16117, et y resta jusqu’au moment où ce dernier fut égorgé.
16118Il continua
16119de monter en grade; à la mort de Fâres-eddin-Aktaï, il quitta le Caire, et se retira
16120en Syrie. Mais ensuite
16121il retourna en Égypte.
16122Il accompagna Koutouz, dans son
16123expédition contre les Tatars. Après l’assassinat de ce prince, les émirs qui avaient
16124pris part au complot se rendirent à la tente royale, et convinrent unanimement
16125de porter au trône l’émir Bibars (ou Beïbars). L’émir Aktaï-Mostareb, l’atabek, qui
16126se trouvait dans la tente, se leva et dit aux émirs, au moment de leur arrivée
16127:
16128«Qui de vous a tué Koutouz?» L’émir Bibars déclara que c’était lui. « Seigneur
16129« jjyL Lj, dit-il, asseyez-vous à sa place, sur
16130le trône destiné au sultan. » Bibars
16131s’étant assis, Aktaï vint le premier lui rendre hommage, et lui prêter serment de
16132fidélité.
16133Il fut suivi des émirs Belban-Reschidi, Bedr-eddin-Baïsari, Seif-eddin-Ke-
16134laoun
16135, Bilbekle trésorier; et les autres émirs, chacun suivant son rang, se hâtèrent
16136de suivre cet exemple. Le nouveau sultan prit le surnom de Melik-Kâlier
16137o£Ii!;
16138c’était le samedi, dix-septième jour du mois de Dhou’lkadah. L’émir Aktaï l’atabek,
16139représenta
16140à
16141Bibars
16142qu’il ne
16143serait complètement en possession de l’autorité
16144qu’après avoir fait son entrée au château de la Montagne. Ce prince monta aussitôt
16145à cheval, escorté des émirs Aktaï, Kelaoun, Baïsari, Belban, Bilbek, et de
16146ses
16147Mamlouks.
16148Il
16149se dirigeait vers
16150le château de
16151la Montagne, lorsqu’il rencontra
16152l’émir Izz-eddin-Aïdemur-Halebi, vice-roi de l’Égypte, qui venait au-devant de
16153Melik-Modaffer-Koutouz.
16154Cet émir, instruit par Bibars des événements qui ve-
p. 145
16155IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
16156117
16157an 658
16158(1260).
16159naient de se passer, lui prêta serment de
16160fidélité,
16161et
16162le quitta, pour
16163se rendre
16164avant lui au château de
16165la Montagne.
16166Il adressa, au nom de Bibars,
16167des pro-
16168messes magnifiques aux émirs qui
16169se trouvaient dans cette forteresse; et aucun
16170d’eux ne se montra disposé à la moindre résistance. Aïdemur s’assit alors sur
16171la
16172porte du château, pour attendre le nouveau sultan qui arriva dans la nuit, accom-
16173pagné des émirs. Ce prince prit possession de la citadelle
16174, le lundi, dix-neuvieme
16175jour du mois de Dhou’lkadah. Le sâheb (vizir) Zein-eddin-Iakoub-ben-Zobair
16176se présenta devant lui , et lui conseilla de changer son surnom de Melik-Kâher,
16177attendu qu’aucun des princes qui l’avaient porté n’avait réussi dans ses entreprises.
16178Bibars adopta définitivement le titre de Melik-Dâher
16179y
16180alblî
16181La
16182ville du Caire
16183était ornée pour l’entrée de Melik-Modaffer-Koutouz , et
16184la
16185défaite des Tatars avait répandu parmi la population une joie et une allégresse
16186universelles. Au point du jour, on proclama dans' les rues
16187: «Implorez la miséri-
16188« corde de Dieu pour Melik^Modaffer, et faites des vœux pour votre sultan actuel,
16189« Melik-Kâher-Rokn-eddin-Bibars. « Et, à la
16190fin du même jour, on ordonna de
16191prier pour Melik-Dâher. Les habitants craignirent de voir se renouveler la puis-
16192sance des Mamlouks-Bahris , leur gouvernement tyrannique et leurs exactions.
16193Cette même année Koutouz, au moment de partir pour son expédition contre
16194les Tatars, avait introduit plusieurs innovations vexatoires. On cadastrait
16195et on évaluait les propriétés territoriales
16196, dont les possesseurs devaient payer la
16197dîme. On levait sur chacun des habitants de l’Égypte une pièce d’or, tandis que
16198les Turcs domiciliés dans ce pays n’avaient à payer que le
16199tiers de cette somme.
16200Melik-Dâher supprima tous ces nouveaux impôts,
16201et en proclama l’abolition par
16202un
16203rescrit
16204,
16205qui fut
16206lu publiquement dans
16207les chaires des mosquées. Ces
16208contributions devaient produire une somme de six cent mille pièces d’or. Les
16209habitants
16210furent enchantés de cette remise,
16211et ornèrent
16212la
16213ville avec plus de
16214magnificence qu’auparavant. Le lundi,
16215le matin même du jour où Bibars
16216était
16217arrivé au Caire,
16218ce prince s’assit dans
16219la grande salle
16220(1) du château,
16221et
16222reçut le serment de fidélité des troupes. Il donna le titre de naïb (vice-roi) à l’émir
16223Bedr-eddin-Bilbek,
16224le khazindâr (trésorier). L’émir Fâres-eddin-Aktaï-Moslareb
16225conserva
16226le
16227rang
16228à'atabek.
16229L’émir
16230Djemâl-eddin-Akousch-Nedjebi-Sâléhi
16231fut
16232nommé ostadâr (majordome).
16233L’émir Izz-eddin-Aïbek-Afrem-Sâléhi fut nommé
16234(1) Je donnerai plus bas des détails sur cette salle, et sur l’étiquette que l’on observait lorsque
16235le
16236sultan y tenait ses audiences.
p. 146
16237HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
16238il 8
16239cmir-djanddr.
16240L’émir Hosam-eddin-Ladjin-Derfil
16241,
16242et
16243l’émir
16244Seïf-eddin-Belban-
16245Roumi
16246furent promus au grade de dewadâr (porte-écritoire) (2). L’émir Beha-
16247(2) Au rapport
16248de l’auteur
16249du
16250Mesâlek-alabsar (man. arab.
16251583,
16252fol. 179 v°)
16253:
16254« Les dewadàrs
16255avaient la fonction de faire
16256arriver à leur
16257destination
16258les
16259lettres émanées du sultan, de
16260« transmettre au prince
16261la plupart des affaires, de lui faire parvenir
16262les placets, et de le consulter
16263« sur les personnes qui devaient être admises dans le palais. Le dewadâr, conjointement avec Vémir-
16264« djandâr et le secrétaire de la chancellerie secrète^J
16265!
16266v
16267apportait au sultan
16268les dépêches de
16269«la poste
16270:
16271il présentait au monarque les diplômes, les patentes,
16272et
16273les
16274lettres de tout genre, qui
16275«devaient recevoir son
16276apostille.
16277Lorsqu’il avait reçu une
16278lettre du sultan,
16279c’était lui qui écrivait
16280« dessus à qui elle était destinée. »
16281Makrizi qui
16282, suivant son usage
16283,
16284et sans en avertir, a transcrit mot pour mot
16285les expressions de
16286l’auteur que je viens de citer, ajoute les détails suivants (Descript. de l’Égypte, ni. 798,
16287f. 193 r° et v°)
16288:
16289« Les sultans turcs ont souvent changé de manière de voir relativement au dewadâr. Tantôt
16290ils ont
16291« choisi cet officier parmi les émirs de dix ou ceux de tablkhânah, tantôt parmi les émirs de mille.
16292«Sous
16293le règne de
16294Melik-Aschraf-Schaban-ben-Hosaïn,
16295le rang de dewadâr
16296fut
16297donné
16298à
16299l’émir
16300« Aktemur-Hanbali
16301, qui était un des principaux personnages de
16302l’État. A l’instar du vice-roi
16303>.
16304«oli
16305«
16306,
16307il expédiait les ordres émanés du sultan, sans consulter qui que ce fût; et
16308il spécifiait sur
16309« l’acte que cette pièce était destinée à telle personne. Aktemur fut ensuite promu au rang de nâib du
16310«sultan; et Melik-Aschraf lui donna pour successeur, dans la place de dewadâr, l’émir Taschtemur,
16311« auquel
16312il fit prendre rang parmi les principaux émirs de mille hommes. Melik-Dâher-Barkok suivit
16313«cet exemple;
16314l’émir lounes,
16315le dewadâr
16316,
16317fut admis par [lui au nombre des principaux émirs de
16318« mille
16319, et se trouva dès lors un des premiers personnages de l’État
16320, et entouré du respect universel.
16321« Après la révolution qui releva le trône de Melik-Dâher, Mouta fut promu au grade de dewadâr, et
16322«obtint une autorité supérieure à celle qu’avaient exercée les autres dewadàrs.
16323Il s’arrogea un pou-
16324« voir égal à celui des nâibs (vice-rois), destituait ou nommait aux
16325emplois ceux qui lui plaisaient,
16326« et décidait les affaires les plus difficiles. Ces prérogatives restèrent attachées à la charge de dewadâr,
16327« principalement aux époques où
16328les émirs Ischbek et Hakam furent promus à cette place, sous le
16329«règne de Melik-Nâser-Feredj. Ces deux officiers gouvernaient, avec une pleine autorité, tout ce qui
16330«concernait les affaires importantes, comme
16331celles d’un ordre inférieur;
16332ils avaient sous leur juri-
16333« diction les finances, la poste, l’administration de la justice, nommaient ou destituaient à leur gré
16334« les différents fonctionnaires. Les choses restèrent sur ce pied durant tout le règne de Melik-Nâser
16335:
16336«
16337il
16338en
16339fut
16340à peu
16341près de même sous celui
16342de Melik-Mouwaïad.
16343»
16344Suivant le témoignage d’Ebn-
16345« Khaldoun
16346(Prolégomènes ,
16347fol. 88 r°)
16348:
16349« Sous le règne des sultans
16350turcs de l’Orient, on
16351désignait
16352« par le titre de dewadâr, un officier dont les fonctions consistaient à guider les personnes qui se pré-
16353« sentaient à l’audience du prince,
16354à leur enseigner
16355les
16356lois de l’étiquette qu’ils devaient suivre en
16357« abordant et en saluant le monarque, et à introduire en sa présence les ambassadeurs.
16358»
16359L’auteur de l’ouvrage intitulé Inschâ (man. iÔ73,
16360fol. 124 v°, 12S
16361r°), après avoir copié les ren-
16362seignements donnés par le Mesâlek-alabsar, relativement au dewadâr, continue en ces termes
16363: «C’est
16364«lui qui écrivait sur
16365les placets son avis, relativement aux bénéfices militaires, et cela, avant que
16366« l’inspecteur des armées
16367y inscrivît le mot examen àfaire.
16368Il expédiait les ordres et les
16369« diplômes pour
16370la nomination
16371aiix charges importantes
16372, et
16373rédigeait les
16374lettres qui avaient pour
p. 147
16375an 658
16376(.260).
16377IV. MELIK-DàHER-BIBARS.
16378i ïg
16379eddin fut confirmé dans le rang d'émir-âkhor (3). Le sdheb Zeïn-eddin-lakoub-
16380ben-Zobaïr fut choisi pour vizir,
16381et
16382les deux émirs Rokn-eddin-Aïadji et Seïf-
16383« objet d’obtenir une cédule pour les objets qui lui plaisaient.
16384Il avait dans ses attributions les bénc-
16385«fices
16386militaires,
16387les
16388rizkah , les corps de djundis
16389,
16390et réglait
16391ce qui avait rapport aux fondations
16392« pieuses.
16393Il portait une robe d’honneur, qui lui était donnée lors de la seconde marche qui suivait
16394« son installation. De concert avec le Kâtem-assirr
16395J!
16396(le secrétaire de
16397la chancellerie secrète)
16398«il
16399avait l’inspection
16400des
16401postes, et
16402de
16403tout ce
16404qui en dépend.
16405Jadis cette charge
16406était donnée
16407« à un
16408émir
16409dont
16410le
16411rang
16412ne
16413dépassait
16414pas ceux
16415des
16416émirs de
16417tablkhânah.
16418Sous
16419le règne de
16420«Melik-Nâser-Hasan
16421,
16422l’émir Togtemur-Nedjmi
16423, promu
16424au
16425rang de
16426dewadâr,
16427eut
16428le rang
16429d’un
16430« commandement de
16431mille hommes
16432:
16433et
16434les
16435choses sont encore ainsi. » Suivant
16436le témoignage de
16437«l’auteur du Mesâlek-alabsar (folio 173
16438recto)
16439: Lorsqu’un courrier de la poste
16440apportait
16441«une dépêche au
16442sultan,
16443le dewadâr prenait
16444la
16445lettre,
16446en
16447frottait
16448le
16449visage du
16450courrier,
16451puis
16452«la présentait au prince qui l’ouvrait
16453: et le Kàteb-assirr (secrétaire intime de la chancellerie secrète)
16454« en faisait la lecture. « Khalil-Dâheri (fol. 233 r°) nomme
16455le grand dewadâr
16456On
16457lit
16458dans
16459le
16460récit de l’ambassade de Pierre-Martyr [Legatio babylonica
16461,
16462(fol. .85
16463v°), Deudarüis, curiæ
16464prœfectus. Dans la relation des ambassadeurs de Florence (ap. Leibnitii, Mantissa codicis juris gcri-
16465tiurn, pars II, pag. 168)
16466:
16467« Visitammo
16468il diuder, cadiliser e’1 nadarcas ,
16469i quali in diversi
16470ufizii sono
16471« principali nel governo del Soldano. » Khalil-Dâheri (fol. 233 v°)
16472, nomme un second et un troisième
16473dewadâr. On lit dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 199 r° et v°)
16474: « Le sultan
16475«conféra
16476à Togtemur, second dewadâr, le rang d’émir de tablkhânah. Ce
16477fut lui qui,
16478le premier,
16479« remplit les fonctions de second dewadâr. » Au rapport de l’auteur du Inschâ (fol. 125 r°)
16480: « Le se-
16481« cond dewadâr présidait à l’administration tant de près que de loin , et écrivait les décisions qui
16482« concernaient
16483la
16484levée
16485des
16486contributions.
16487Il
16488consultait sur les
16489affaires
16490les plus importantes. On
16491«comptait, en outre
16492, un troisième, un quatrième dewadâr,
16493et
16494ainsi jusqu’à dix. » Abou’lmahâsen
16495[Manhel-sâfi, tom. IV, fol. 39 r°) fait mention des dewaddrs d’un rang inférieur
16496!
16497l?,j î J) !j
16498!
16499Khalil-Dâheri (fol. 236 r°), parle de dix de>vadârs
16500Le mot douwaidar
16501au
16502singulier, se trouve dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (fol. 394 r°).
16503(3) Uéinir-âkhor
16504était
16505le grand
16506écuyer.
16507C’était
16508lui qui
16509avait
16510la surintendance des
16511« écuries du sultan
16512, et sous la juridiction duquel se trouvaient placés tous les fonctionnaires attachés
16513«à
16514ces
16515établissements
16516(Khalil-Dâheri,
16517fol. 253
16518v°). » Suivant Makrizi
16519(Description de VÉgypte,
16520man. 798, fol. ig 5
16521r°), ce fut Mohammed-ben-Kelaoun qui augmenta le rang de Yémir-âkhor. On
16522lit dans l’ouvrage
16523intitulé Inschâ (man.
165241673,
16525fol.
16526124 v°)
16527: «Le mot émir-âklior
16528est un
16529« terme persan, qui a passé dans la langue arabe. Le mot émir est bien connu. Quant à
16530celui de
16531"jyk. !
16532il désigne une écurie
16533Il a pour adjoint le selakhori
16534î, qui préside à la nour-
16535« riture des chevaux. Son titre est composé de deux mots persans
16536: celui de ser, qui signifie chef, et
16537« que l’on s’est accoutumé à prononcer avec un lam, et
16538le mot akhor. L’émir-âkhor a sous sa juri-
16539« diction tous les genres d’animaux que renferment les écuries et les étables
16540: obkLj!
16541j
16542« Il inspecte tout ce qui en
16543sort ou y entre.
16544Il a un adjoint choisi parmi les gens de
16545loi
16546«
16547qui tient registre de tout, et des subalternes ^lol. H existe aussi un second émir-âkhor
16548«
16549qui, d’ordinaire tient rang parmi les émirs de tablkhânah, ou ceux de dix hommes.
p. 148
16550J 20
16551HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
16552Bekdjeri remplirent les fonctions de chambellans. Bibars fit écrire aux Mamlouks
16553qui se trouvaient sans emplois dans les diverses provinces, pour leur ordonner
16554de se rendre à la cour. Il notifia aux princes et aux gouverneurs
16555s_^|y
16556son avè-
16557nement au trône. Tous se soumirent à ce choix, à l’exception de l’émir Sandjar-
16558Halebi
16559, gouverneur de Damas. Cet officier ne s’était pas plutôt vu en possession
16560du commandement de cette ville, qu’il s’était occupé de relever les remparts,
16561et
16562de
16563fortifier la place. Ayant appris dans
16564les premiers jours du mois de Dhou’l-
16565hidjdjah, la nouvelle du meurtre de Koutouz, et de l’élévation de Bibars au rang
16566de
16567sultan,
16568il en fut vivement
16569affecté,
16570et crut ne pouvoir sans déshonneur se
16571« Chacun des émirs-akhors a l’inspection sur un genre d’animaux. On dit
16572:
165731
16574'émir-âkhor des poulains
16575«
16576Yémir-âkhor des étables de chameaux
16577quelquefois, l’inspecteur
16578« des bœufs prend le titre d
16579'émir-âkhor-âssawâki £
16580!
16581I
16582|
16583I (l’émir-akhor des machines d’irri-
16584«gation). Tous ces fonctionnaires sont subordonnés au grand émir-âkhor.
16585Il
16586a sous sa juridiction
16587«les émirs arabes chargés de la perception des revenus,
16588les selakhoris
16589les
16590oudjâkis LîWjl,
16591les
16592«mahtarïy
16593(chefs
16594des
16595écuries),
16596les
16597écuyers hj t
16598I
16599,
16600les schahan
16601, les gardiens
16602• des dromadaires
16603iüls-Vî
16604et
16605leurs
16606chefs,
16607les sirwânis
16608,
16609les
16610pages
16611,
16612les
16613sait
16614«les
16615palefreniers
16616Il inspecte également tout
16617ce
16618qui concerne l’orge
16619,
16620le
16621fourrage
16622“
16623la paille
16624les harnais des chevaux, des mulets, des dromadaires, des chevaux. De
16625«lui relèvent aussi les médecins vétérinaires VjJsLJ!
16626et
16627les porteurs d’eau. » Raschid-eddin (man.
16628arab. 356, fol. 194), parle de Yémir-âkhor.. « Suivant lui {ib., fol. 182 v°), Yémir-âkhor avait une au-
16629« torité
16630entière
16631sur les palefreniers, réglait ce qui concernait chaque animal, la quantité d’orge qui
16632«lui
16633était nécessaire, et
16634le temps où
16635elle
16636devait
16637lui
16638être donnée.» Le même
16639écrivain (manuscrit
16640persan 68 A, folio 437 verso), fait mention d’un officier appelé akhor-salârJï!lwj.â.î, c’est-à-dire
16641chef de Vécurie,
16642qui paraît avoir été différent de Yémir-âkhor. Le nom à’émir-âkhor
16643existe encore
16644aujourd’hui,
16645et désigne
16646le grand
16647écuyer
16648(.Mémoires
16649du
16650chevalier cl’Arvieux,
16651tom.
16652I,
16653pag.
166544°9-
16655Théâtre de la Turquie
16656,
16657pag.
16658i56. Hammer, Der osmanischen reichs staatscerfassung ,
16659t.
16660II, p. 247-
16661Kœmpfer, Amœnitates
16662exoticœ
16663,
16664pag.
1666584). Dans la Chronique syriaque de Bar-hebræus
16666(tom.
16667I,
16668pag. 534) ,
16669le mot émir-âkhor est écrit émir-akor $ clO )
16670; - v>) . J’ai dit plus haut que le mot âkhor
16671désignait une écurie. Il se prend aussi dans le sens de crèche. Comme dans ce passage du Habib-
16672assiiar de Khondémir (t. III ,
16673f. 10 r°):
16674^Uwt
16675>,
16676î=vLæ»
16677« Ils tirèrent de leurs étuis les Alcorans entiers, et les portions d’Alcorans, et convertirent ces étuis en
16678«crèches pour leurs chevaux. »
16679Parmi
16680les
16681fonctionnaires désignés dans
16682le passage du Inschâ
16683,
16684il est fait mention des
16685Sirwânis
16686Ce mot, si je ne me trompe, répond au mot persan sarban
16687« bj L* gardien de chameaux.
16688Khalil-Dâheri
16689(fol.
16690253 r°), les nomme parmi les personnes attachées au service des écuries, et
16691les
16692reunit aux conducteurs de chameaux
16693Quant au mot schahan
16694il désignait, au rapport
16695du même écrivain
16696(ibid.), celui qui avait l’inspection des étables
16697:
p. 149
16698I 2 I
16699\n 658 ( 1260 ).
16700IV. MELIK-DAHER-BIBÀRS.
16701soumettre à ce prince. Affichant ses prétentions à l’autorité suprême,
16702il reçut le
16703serment de fidélité des émirs, et adopta le titre de Melik-Moudjâhid. Le vendredi,
16704sixième jour du mois de Dhou’lhidjdjah,
16705le khâtib
16706(prédicateur)
16707fit
16708la prière,
16709d’abord au nom de Melik-Dâher, puis au nom de Melik-Moudjâhid. On frappa
16710des monnaies où les titres des deux princes
16711se trouvaient réunis. Mais bientôt
16712après, Moudjâhid donnant un plein essor à son ambition
16713, se montra en public
16714avec les insignes de la souveraineté, en faisant porter devant lui le gâschiah.
16715Il
16716entreprit de
16717faire
16718réparer
16719la
16720citadelle
16721de
16722Damas,
16723et
16724rassembla,
16725pour
16726cet
16727objet, non-seulement des ouvriers, mais les principaux personnages de l’État,
16728et
16729toute
16730la
16731population.
16732Chacun
16733mettait
16734la
16735main
16736à
16737ce
16738travail,
16739auquel
16740les
16741femmes elles-mêmes prirent part. Tous
16742les habitants
16743se
16744livraient à la joie
16745la
16746plus vive. Deux jours après, arriva à Damas le courrier envoyé par Melik-Dâher,
16747et porteur de
16748la
16749lettre
16750de ce prince. Voyant que
16751l’émir Sandjar
16752s’était arrogé
16753le titre de sultan,
16754il reprit le chemin de l’Égypte. Bibars écrivit à cet émir pour
16755lui faire des reproches
16756, et lui représenter tout ce que sa conduite avait d’incon-
16757venant
16758: mais
16759il ne reçut qu’une réponse dure et grossière. Dans le cours de cette
16760année , et jusqu a la moitié du mois de Safar, la ville de Damas avait eu pour prince
16761Melik-Nâser. Ensuite, elle tomba au pouvoir de Houlagou, qui, en quittant celte
16762ville
16763, pour retourner dans l’Orient
16764, y laissa pour gouverneurs Kitboga et Baïdera.
16765Les Tatars en furent en possession jusqu’au vingt-cinquième jour de Ramadan.
16766271
16767Elle rentra alors sous la domination de Koutouz. Lors du meurtre de ce prince,
16768qui eut lieu le vingt-cinquième jour du mois de Dhou’lkaadah
16769, elle eut pour sou-
16770verain, jusqu’à
16771la
16772fin de l’année,
16773Melik-Moudjâliid-Alem-eddin-Sandjar-Halebi.
16774Les
16775fonctions de kadi de
16776cette
16777ville
16778étaient exercées d’abord par Sadr-eddin-
16779Ahmed-ben-Iahiâ. Les Tatars donnèrent ce
16780titre
16781à Kemâl-eddin-Bendar-Teflisi,
16782qui eut pour successeur Mouhi-eddin-ben-Zeki. Celui-ci fut remplacé par Sadr-
16783eddin-Abou’lkâsem, auquel succéda Sadr-eddin-Baalbek. Ebn-Zeki reprit ensuite
16784le rang de kadi,
16785qu’il occupa jusqu’au moment où
16786il fut destitué par Koutouz,
16787qui nomma à sa place INedjm-eddin-Abou-Bekr-Mohammed-ben-Sadr-eddin.
16788Cette même année,
16789les
16790Azizis
16791et les Nâseris
16792se soulevèrent à Alep, contre
16793Melik-Saïd-Ala-eddin
16794,
16795fils du prince de Mausel.
16796Ils se saisirent de lui, pillèrent
16797sa
16798tente,
16799et mirent à leur
16800tête
16801l’émir Hosam-eddin-Ladjin-Azizi
16802le
16803cljoukenddr
16804(4). Celui-ci refusa de reconnaître Melik-Moudjâhid, et
16805resta soumis à
16806(4) Le mot djouken-dâr
16807est
16808écrit djoukârt-dâr
16809dans un passage de
16810l’histoire
1681116
p. 150
16812I 22
16813HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
16814Melik-Dâher, qui lui envoya le diplôme de gouverneur d’Alep. Cette même année,
16815durant la nuit, des nègres, des écuyers
16816( 5), et des pages, réunis en grand
16817de Nowaïri, où on lit [Vie de Bibars
16818,
16819fol. a 3
16820r°)
16821: yyjsS ! j
16822jJ
16823\
16824« L’émir
16825« Hosam-eddin,
16826le djoukân-dâr Azizi. » Dans
16827l’ouvrage de Khalil-Dâheri
16828(fol. 236 v°), ce mot
16829est
16830écrit au pluriel djoukcndâriah, ou , comme on lit dans l’exemplaire qui est sous mes yeux djoukunda-
16831O?
16832?
16833riah bj
16834!
16835. Le mot hj
16836!
16837se trouve aussi dans la Description de l’Égypte de Makrizi
16838(t.
16839II
16840,
16841inan. 798, fol. 198 r°). L’auteur de l’ouvrage intitulé Inschâ (man. arab. 1673,
16842f. 129 r°), s’exprime
16843en ces termes
16844:
16845ixij î
16846L/^&
16847j
16848ïjy
16849v
16850s
16851jJ.!)
16852aj
16853J.rs-5
16854aisjj.s:-0
16855L.y*à>.
16856\j> j
16857« Le Djoukân-dâr
16858est l’officier qui porte
16859« le djoukân. O11 désigne par ce nom un bâton peint
16860, de
16861la longueur d’environ quatre coudées ,
16862et
16863»qui se termine par un morceau de bois conique et bombé, qui a de saillie plus d’une demi-coudée. «
16864On me permettra, je
16865l’espère, de consigner
16866ici
16867les résultats de quelques recherches qui peuvent
16868n’ètre pas dénués d’intérêt.
16869Parmi les divertissements en usage à la cour des empereurs de Constantinople,
16870il en était un que
16871l’on regardait comme le plus noble des exercices, et auquel se livraient exclusivement les princes et
16872les seigneurs de la première distinction; je veux parler du jeu de la paume à cheval. A l’instar des
16873tournois de nos anciens chevaliers
16874, il retraçait l’image des évolutions militaires , exigeait une extrême
16875habileté dans l’art de l’équitation, et une grande souplesse dans les mouvements, réunies à beaucoup
16876de force,
16877d’agilité et d’adresse. De tous les historiens de la Byzantine, Cinnamus est celui qui nous a
16878transmis, sur ce jeu, les détails
16879les plus satisfaisants. Suivant
16880le récit de cet écrivain
16881( Cinnami his-
16882toria, lib. VI, p.
16883i 54 ), «des jeunes gens, divisés en deux bandes égales, lançaient, sur un terrain uni
16884« et choisi à cet effet, une balle de cuir, de la grosseur d’une pomme. Alors les joueurs accouraient
16885«à toute bride, chacun d’eux
16886tenant dans sa main droite un bâton
16887d’une longueur
16888médiocre,
16889et
16890« terminé brusquement par une portion large et arrondie, dont l’intérieur était garni de cordelettes
16891«entrelacées en forme de réseau. Des deux côtés on poussait la balle avec force, vers un point dé-
16892« signé d’avance. Et
16893le parti qui réussissait à atteindre ce but, était déclaré vainqueur. L’historien
16894«ajoute que
16895cet exercice présentait
16896les dangers
16897les plus réels,
16898attendu que
16899le joueur
16900était obligé
16901«continuellement de se renverser en arrière, de se pencher à droite et à gauche, de faire caracoler
16902«son cheval, et de le conduire au galop dans toutes
16903les directions,
16904afin de
16905suivre exactement
16906les
16907« mouvements de la balle. » Aussi l’histoire nous offre une foide d’exemples de princes tués ou griève-
16908ment
16909blessés,
16910par
16911suite de ce
16912périlleux
16913divertissement. On
16914pourrait rassembler,
16915sur ce
16916sujet,
16917beaucoup de détails puisés dans
16918les écrivains grecs du moyen âge. Mais tous ces passages ont été
16919recueillis avec le plus grand soin par du Cange, dans une de ces excellentes dissertations , qui accom-
16920pagnent son édition de Joinville (Dissertation VIII, de l’Exercice de la chicane, ou du jeu de paume
16921à cheval , pag. 185-189). Ce jeu
16922, chez les Grecs de Constantinople
16923,
16924était désigné par le mot xÇuxaviov.
16925Nous trouvons
16926aussi
16927le
16928verbe
16929xÇuxcmÇeiv
16930signifiant jouer à celte sorte de jeu de paume ,
16931et
16932enfin
16933xÇuxaviffTvipiov était
16934le nom d’un vaste manège, consacré exclusivement à ce genre d exercice. Ces
16935mots, comme l’on voit, ne sont nullement
16936grecs d’origine; et
16937il n’est pas
16938inutile de rechercher à
16939fIuelle langue ils appartiennent primitivement; puisque cette découverte doit nous révéler chez quel
16940peuple ce jeu a pris naissance,
16941et a été en vogue avant qu’il fût transplanté a Constantinople.
16942Si l’on en croit du Cange (ib., p. 188), c’est à nos Français que les Grecs ont emprunté et le jeu de
p. 151
16943IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
16944an 658 (1260).
16945123
16946nombre, parcoururent les rues du Caire, en criant
16947: «La famille d’Ali. » Ils en-
16948foncèrent les boutiques des marchands d’épées, qui étaient situées entre les deux
16949la paume à cheval, et le nom sous lequel ils le désignaient. Voici
16950les raisons que le savant écrivain
16951allègue à l’appui de son opinion
16952: «11 semble, dit-il, que dans l’origine, ce jeu n’a pas
16953été
16954autre
16955« chose que celui qui est encore en usage dans le Languedoc, que l’on appelle le jeu de
16956la chicane
16957,
16958« et, en d’autres provinces , le jeu du mail. Sauf qu’en Languedoc ce jeu se fait en pleine campagne
16959« et dans les grands chemins où
16960l’on pousse avec un petit maillet, mis au bout d’un bâton d’une
16961« longueur proportionnée une boule de buis. Ailleurs, cela se fait dans de longues allées plantées exprès,
16962« et garnies tout autour de planches de bois. De sorte que chicaner n’est autre chose que le xÇuxot-
16963«vîÇeiv des Grecs, qui ont coutume d’exprimer le c ou le ch des latins par tz comme Eustathius sur
16964« Dionysius nous l’apprend; ce qui est d’ailleurs confirmé par plusieurs exemples que M. Rigaud
16965et
16966« Meursius en ont donnés dans leurs glossaires. Ensuite, ce que les nôtres ont
16967fait à pied, les Grecs
16968« l’ont pratiqué, montés sur des chevaux
16969, et avec des raquettes
16970, qui étaient la forme de leur chicane. »
16971Ces raisons-là sont spécieuses sans doute; mais, quoique soutenues de l’autorité imposante d’un
16972savant
16973si justement
16974célèbre,
16975elles ne me paraissent pas concluantes. En
16976effet, pour rendre
16977cette
16978assertion probable,
16979il faudrait démontrer avant tout cjue le mot chicane
16980, dans
16981le sens de jeu de
16982paume
16983, a été en usage chez les Français, à une époque très-reculée.
16984Or, Ducange n’a. pas
16985cité un
16986seul fait
16987, un seul passage , qui assurât à ce mot une origine ancienne. La chose même devient tout à
16988fait inadmissible ,
16989s’il
16990est vrai
16991, comme l’attestent Codin et l’auteur anonyme des Antiquités de Cons-
16992tantinople
16993(ap . Banduri Imperium orientale,
16994t.
16995I
16996, p. 28), que le manège destiné pour cet exercice,
16997et appelé xÇuxavicxvipiov ait été construit sous le règne et par les ordres de l’empereur Théodose le
16998jeune. En second lieu
16999, je ne crois nullement que le jeu de la paume à
17000cheval doive son origine au
17001jeu du
17002mail.
17003Et, quand cela serait,
17004les Grecs n’ont pas eu besoin d’aller jusqu’en France, pour y
17005apprendre un jeu,
17006tel que celui de la paume à pied, qui a été en usage dans tous les temps
17007et chez
17008tous les peuples.
17009Si je ne me trompe, c’est dans
17010la Perse qu’a pris naissance l’exercice de la paume à cheval. En
17011effet, nous trouvons que ce jeu y
17012était
17013en vogue, à une époque
17014très-ancienne , avant
17015la fon-
17016dation de Constantinople, et qu’il était désigné par
17017le mot tchaugan
17018que le terme grec nous
17019représente d’une manière fidèle, et presque sans altération. Mon assertion, à cet égard, est appuyée
17020sur une autorité respectable. Voici ce que rapporte l’historien arabe Tabari, écrivain aussi ancien
17021que véridique (traduction persane, man. du Roi 63 , p. 197)
17022:
17023« Ardeschir premier voulant éprouver
17024« son
17025fils
17026Schapour, demanda une
17027raquette
17028et une balle
17029afin de
17030le faire jouer
17031à
17032la
17033« paume. Au milieu du palais était un manège^
17034I
17035près duquel régnait une galerie, où Ardeschir
17036« se plaça , assis sur un trône, pour être spectateur du jeu. Schapour, accompagné des jeunes seigneurs
17037« de la cour, se livrait avec ardeur à ce divertissement, lorsque la balle vint à tomber dans la galerie,
17038« devant le trône du roi. Aucun des joueurs n’osait
17039l’aller prendre; mais Schapour, sans
17040s’effrayer,
17041« poussa son cheval dans la galerie, et ramassa la balle, au pied même du trône. Ardeschir, frappé de
17042«cette hardiesse, ne douta pas que ce jeune homme ne fût réellement son
17043fils. » Le poète arabe,
17044Adi-ben-Zeïd, ijui avait été élevé à la cour des rois Sassanides, y avait appris
17045le jeu persan de
17046la
17047paume à cheval
17048:
17049b
17050plw [Kitab-alagdni
17051,
17052tom. I,
17053fol.
1705484
17055v°). Au
1705616.
p. 152
17057HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
17058ia4
17059palais, et enlevèrent toutes les armes
17060qu’ils y trouvèrent. De là,
17061ils se jetèrent
17062sur les écuries des soldats, dont ils emmenèrent les chevaux. L’instigateur de ce
17063rapport du Nestorien Amrou
17064(Madjdal
17065,
17066man. arab. 82, pag. 784 , 735)
17067: «Le chrétien Karda^ji
17068«qui souffrit le martyre sous la même dynastie, avait
17069été, avant sa conversion, un des principaux
17070«mages. Un jour qu’il était allé dans son manège, pour jouer à la paume
17071>,
17072, la balle
17073«resta attachée à la terre.» Suivant le témoignage de Khondemir
17074(Habib-assiiar
17075t. II,
17076f. 200 v°),
17077Azarwelasch, qui régnait dans le Tabaristan, à l’époque de Yezdegherd, dernier prince des Sassa-
17078«nides, s’occupant à jouer à la paume
17079:
17080J», tomba de cheval, et mourut des suites
17081«de sa chute.» Nous voyons, dans le Scliah-nâmeh (t. 1, p. 4^0 et 453),
17082« le prince Siavesch jouer
17083« à la paume à cheval.» Le poète s’est plu à décrire, en ce genre, les prouesses de son héros. Je sais
17084bien que ces derniers passages ne sauraient avoir une autorité complètement historique, puisque l’exis-
17085tence même du personnage indiqué est au moins fort douteuse. Mais ils servent à constater toutefois
17086que, dans les idées des Persans les plus instruits,
17087l’origine de ce jeu remontait à la plus haute anti-
17088quité,
17089et se perdait dans
17090la nuit des temps. Ces
17091faits prouvent d’une manière
17092évidente que, dès
17093l’origine de la dynastie des Sassanides ,
17094le jeu de la paume à cheval était en usage à la cour des rois
17095de Perse; et rien n’empêche de croire que cet exercice y était connu à une époque beaucoup plus
17096reculée. On y voit aussi que le mot tchaugân
17097désignait proprement l’espèce de raquette avec
17098laquelle on poussait la balle.
17099On peut donc assurer, si je ne me trompe, que ce jeu a pris naissance chez les Perses; et que les
17100Grecs, en adoptant ce noble et périlleux divertissement,
17101lui conservèrent le nom qu’il portait pri-
17102mitivement, et pour lequel leur langue
17103n’offrait pas de terme analogue. Nous ignorons à quelle
17104époque les empereurs de Constantinople adoptèrent ce genre d’exercice.
17105Il paraît seulement qu’ils le
17106connurent de
17107fort bonne heure, puisque, comme nous
17108l’avons vu plus haut,
17109le premier jeu de
17110paume bâti dans cette capitale, fut construit par les ordres de Thcodose II. Peut-être dut-on les pre-
17111mières notions de ce jeu à cet Ilormisdas, que des mécontentements particuliers amenèrent à la cour
17112de Constantin, et qui servit avec tant de lidélité ce prince
17113et ses successeurs. Mais ceci n’est qu’une
17114conjecture à laquelle je n’attache pas une grande importance.
17115Nous avons vu plus haut un autre mot employé pour designer le jeu de la paume; je veux dire le
17116mot savledjân
17117, qui fait au
17118pluriel sawâlidjali
17119Ce terme ne
17120diffère de
17121celui de
17122tchaugan que par la forme
17123de l’instrument qui servait à pousser la balle. Le savledjân
17124était un
17125morceau de bois recourbé à son
17126extrémité.
17127Dans un passage du commentaire de Tebrizi sur
17128le
17129Hamasah (pag. 4o3), on lit, en parlant du mot
17130:
17131<l C’est un morceau de bois, courbé
17132par le
17133« bout, comme un savledjan. » La balle qui servait à ce jeu est désignée, en persan, par le mot goui
17134A
17135/9
17136C/jr
17137, et en arabe par celui de korah
17138ijs ou ôkrah ijï
17139!.
17140Le jeu de paume à cheval passa des Perses aux Arabes. Au rapport de Masoudi
17141(.Moroudj
17142,
17143t.
17144II
17145foi. 3o3 r°), Haroun-Raschid fut le premier khalife qui s’exerça à jouer à la paume dans un manège,
17146jLv4l
17147s
17148•«*)
17149, à lancer des flèches vers un but, et
17150à jouer à la balle
17151:
17152ijS3 b
17153(Voyez aussi Ebn-Khallikan
17154, man. 730 , fol. 453 r°).
17155Depuis cette époque, le jeu de la paume à cheval continua d’être en vogue, non-seulement dans
17156l’étendue de la Perse, mais encore chez tous les peuples qui occupèrent à différentes
17157époques
17158les
p. 153
17159123
17160an 658 (1260).
17161IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
17162désordre était un homme appelé Kourâni, qui affichait une dévotion austère, et
17163avait constamment un chapelet à la main.
17164Il habitait un ermitage
17165situé dans
17166la
17167vastes contrées de l’Orient. Partout, nous voyons les princes se livrer avec ardeur à cet exercice, et
17168en faire leur divertissement favori.
17169Dans le Kabous-nâmeh, ouvrage écrit en langue persane, et qui contient les instructions adressées
17170parle prince Kaïkaous à son
17171fils Ghilan-schah (man. persan
17172i 38 , fol. 71 v° et 72 r°)
17173, l’auteur s’ex-
17174prime en ces termes
17175:
17176« O mon
17177fils,
17178si tu veux prendre le divertissement de
17179la paume, songe du
17180«moins à ne pas
17181faire de ce jeu un exercice habituel
17182: car
17183il a causé plus d’une
17184fois des
17185accidents
17186« funestes. Suivant ce que l’on raconte, Amrou (ben) Leïth était borgne d’un œil. Lorsqu’il fut parvenu
17187« au rang d’émir du Khorasan,
17188il se rendit un jour au manège, dans l’intention de jouer à la paume.
17189« Un de ses généraux nommé Azher accourut aussitôt, saisit la bride du cheval, et dit à l’émir
17190: Je ne
17191« souffrirai pas que vous vous livriez à un semblable divertissement. Eh quoi, lui dit Amrou, puis-
17192« que vous jouez librement à la paume
17193, pourquoi prétendez-vous m’interdire cet exercice ? C’est
17194, ré-
17195« pondit Azher, que nous avons deux yeux ; en sorte que, si par accident , la balle vient à en frapper
17196« un
17197, il nous en restera un autre pour voir la lumière. Quant à vous
17198, qui êtes borgne, si malheureuse-
17199«ment un coup de la balle vous crevait le seul œil qui vous reste, vous seriez
17200forcé de renoncer au
17201« plus tôt à la souveraineté du Khorasan. Amrou, frappé de la sagesse de ce conseil
17202, remercia son
17203« général, et s’engagea à s’abstenir, toute sa vie, de cet exercice périlleux. O mon
17204fils, ajoute Kai-
17205«kaous,
17206si tu veux prendre une fois ou deux dans l’année le divertissement de la paume, je ne m’y
17207« oppose pas; mais, pour éviter tout accident, ne mène pas
17208à
17209ta suite une
17210foule de personnes;
17211il
17212« suffira de placer deux cavaliers à l’entrée du manège , deux au milieu
17213, et autant à l’extrémité. De
17214«cette manière, tu pourras
17215lancer
17216la
17217balle
17218et caracoler avec plus de liberté
17219, sans craindre d’évé-
17220«nement fâcheux. Telle est la méthode que suivent ceux qui
17221se
17222livrent à cet exercice avec modé-
17223« ration. » Au rapport de l’historien Bibars-Mansouri
17224(man.
17225arab.
17226668,
17227fol.
1722838 v°),
17229l’an
17230263
17231de
17232l’hégire
17233(de
17234J.
17235C. 876),
17236le Turc Obaïd-allah,
17237vizir du
17238khalife Motaded, jouant au
17239mai! y*
17240, au milieu d’un manège construit dans sa maison, tomba de cheval
17241,
17242et mourut de cette
17243chute. Suivant le même historien
17244(fol. 202 v°), un descendant d’Ali, Abou-Ali-ben-Abi’lhosaïn, qui
17245s’était emparé de la province de Djordjan, s’exerçant un jour à jouer à la paume
17246'iS.3 b
17247, tomba de
17248son cheval,
17249et mourut des
17250suites de cette chute, l’an 3 i 5 de
17251l’hégire (de
17252J. C. 927). Nous
17253lisons
17254dans YHistoire arménienne de Mathieu d’Edesse (manuscrit arménien 99, fol. 87 v°), que l’émir curde
17255Abl-Hadja, ayant fait prisonnier le prince géorgien Terenik,
17256le traita avec les plus grands honneurs,
17257et le menait avec lui dans ses parties de plaisir. Un jour qu’ils allaient jouer à
17258la paume dans un
17259manège J^jinu/u situé dans la campagne, le prince
17260, qui était monté sur un bon cheval,
17261et qui avait
17262tout disposé d’avance pour son évasion, s’écarta de l’émir sous quelque prétexte; puis s’échappa à
17263toute bride, et retourna sain et sauf dans ses États. Au rapport d’un historien persan cité par Khon-
17264demir
17265(Habib-assiiar
17266tom. II, fol. 264 r°), le sultan Sandjar, l’un des princes les plus célèbres de la
17267dynastie Seldjoukide, s’amusant un jour à jouer à la paume
17268', son cheval
17269fit un faux pas
17270, et le
17271renversa à terre.
17272Le brave Nour-eddin ou Noradin, ce redoutable ennemi des princes croisés, aimait passionnément
17273le jeu
17274de
17275la paume,
17276et excellait dans cet exercice. «Jamais, dit l’historien arabe Abou-schamah,
p. 154
17277HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
17278126
17279montagne; comme les pages venaient souvent le visiter, il les exhorta à se mettre
17280en révolte contre le gouvernement, s’engagea à leur donner des fonds de terre,
17281« (man.
17282arab. 707 A
17283, fol, 5 r°), on ne voyait le mail
17284s’élever au-dessus de sa tête. Souvent
17285il
17286« lançait la balle, faisait courir son cheval au galop, retenait la balle au milieu de l’air, et la rejetait
17287«jusqu’à l'extrémité du manège. Il ne laissait apercevoir ni sa main, ni sa raquette; mais
17288il les tenait
17289«l’une et l’autre cachées dans la manche de sa robe, afin de montrer que cet exercice n’était pour lui
17290« qu’un jeu sans conséquence. » Ce goût si vif que Nour-eddin témoignait pour
17291la paume alarma
17292la
17293«rigidité d’un dévot musulman (ib.,
17294fol. 3 v°, 4 i’°)> qui habitait le Djézirah
17295(la Mésopotamie). Dans
17296«l’ardeur de son zèle,
17297il écrivit au prince une réprimande conçue en ces termes
17298:
17299« Je ne vous soup-
17300« connais pas capable de vous livrer au jeu, au divertissement,
17301et de fatiguer vos chevaux pour un
17302« exercice qui n’est d’aucune utilité pour la défense de la religion. » Nour-eddin, peu effrayé de ces
17303reproches,
17304écrivit de sa main une réponse ainsi conçue
17305: «Je prends Dieu à témoin que
17306ce n’est
17307« nullement le goût du plaisir et de la dissipation qui m’a
17308fait prendre l’habitude du jeu de paume.
17309« Mais nous sommes campés sur la frontière, vis-à-vis et à peu de distance de l’ennemi
17310; en sorte que,
17311« d’un moment à l’autre, tandis que nous sommes
17312tranquillement assis
17313, nous entendons
17314crier aux
17315« armes, et nous sautons sur nos chevaux pour courir au combat. Or, nous ne pouvons pas
17316faire la
17317« guerre, sans relâche, jour et nuit, hiver comme été
17318: et
17319il faut nécessairement donner du repos à
17320«nos troupes. D’un autre côté, si nous laissons nos chevaux attachés,
17321ils deviennent engourdis, in-
17322« capables de faire de longues marches, et
17323d’exécuter avec célérité les évolutions nécessaires sur le
17324« champ de bataille. Au lieu que ce manège tient ces animaux en haleine
17325, et
17326les accoutume à être
17327« souples dans leurs mouvements
17328, et dociles aux ordres de leur cavalier. Tel est le motif qui m’engage
17329« à faire de ce jeu une occupation sérieuse. » Enfin, suivant le même historien (fol. 78 v°), ce prince
17330était tellement passionné pour la paume qu’il y jouait souvent aux lumières.
17331Au rapport de l’historien Djemâl-eddin-ben-Wâsel (manuscrit non catalogué, fol. 40
17332v°)’, Nedjm-
17333eddin, père de Saladin, aimait avec passion
17334le jeu du mail; et, dans cet exercice,
17335il
17336se
17337plaisait
17338à
17339courir au galop; en sorte que tous ceux qui le voyaient ne manquaient pas de dire qu’infailliblement
17340il périrait par une chute de cheval. Saladin partageait , à cet égard, les goûts de son père
17341, et montrait
17342pour ce jeu une adresse extraordinaire
17343(Kitâb-arraoudataïn
17344fol. 5a v°).
17345Chez les Mongols, à une époque fort ancienne, le jeu de la paume était en usage, et servait d’amu-
17346sement aux princes et autres personnages d’un rang distingué. Sous
17347le règne de Doutoumin un des
17348ancêtres de Tchenghiz-khan (Haïder-Razi, Histoire universelle
17349,
17350man. persan de Berlin
17351,
17352f. 590 vo), les
17353Djelaïrs qui avaient échappé au massacre de leur nation, arrivèrent au campement des Mongols, et se
17354mirent à creuser la terre
17355, pour en tirer des racines qui pussent servir à leur nourriture. Matouloun
17356,
17357épouse de Doutoumin, leur
17358fit
17359à
17360ce
17361sujet
17362des
17363représentations inutiles,
17364et
17365leur
17366dit
17367: «Ce
17368terrain
17369«que vous remuez et
17370que vous rendez inégal,
17371est le
17372lieu où mes
17373enfants
17374se livrent au jeu de
17375la
17376« paume. « Suivant le témoignage de Raschid-eddin (man. pers. 68 A,
17377f. 338 v°), Gazan-khan s’exerça
17378de bonne heure à monter à cheval, à lancer des flèches, et à jouer à la paume
17379Au rapport de
17380l’historien syriaque Grégoire Bar-Hebræus
17381( Chronicon syriacum, tom.
17382I
17383, p. 489)
17384« le sultan Djelâl-eddin-Mankberni, contemporain de Tchenghiz-khan, s’étant emparé de la ville de
17385« Khelat, fit prisonniers les deux frères de Melik-Aschraf. Ces princes, loin d’être traités comme des
p. 155
17386IV. MEL 1 K-DA 1IER-BÏBARS.
17387an 658 (1260).
173881 y
17389et leur délivra des écrits où cette promesse était consignée. Ce mouvement avant
17390éclaté au milieu de la nuit, les troupes cernèrent les rebelles, et les chargèrent
17391«captifs, éprouvèrent, de
17392la part du vainqueur,
17393le traitement le plus honorable. Chaque jour,
17394ils
17395« montaient à cheval avec le sultan, l’accompagnaient dans ses promenades, et
17396s’exercaient,
17397en sa
17398« présence à jouer dans le manège.
17399» On voit que, dans ce passage, l’auteur a voulu indiquer
17400le jeu
17401de la paume à cheval. Car,
17402s’il eût été question de courses de chevaux, Bar-Hebræus ne se serait
17403pas servi du verbe qui, en syriaque, signifie jouer, s’amuser. Le même prince, au rapport d’Ebn-
17404Athir
17405(Kâmel
17406,
17407manuscrit, tom. VI, pag. 33 i),
17408l’an 625 de l’hégire
17409(de J. C. 1227),
17410était occupé à
17411jouer à la paume 'ijy51 , lorsqu’il apprit que son frère Gaïath-eddin marchait
17412vers
17413Isfahan.
17414Jetant
17415avec précipitation le mail
17416qu’il tenait,
17417il se mit aussitôt en route.
17418L’an 555 (de J. C. 1160), lemir Kaïmaz-Ardjewani, jouant à la paume, tomba de cheval; sa cervelle
17419lui sortit par le nez et les oreilles, et il expira sur l’heure (id.,
17420t. V, p. 174 Abou’lmahâsen (man. 661,
17421f.
174223 o r°). Les sultans Melik-Kâmel et Melik-Aschraf, se trouvant à Damas, l’an 673 (de J. C. 1274),
17423montaient tous les jours à cheval ensemble,
17424et
17425allaient jouer à
17426la paume dans
17427le grand manège,
17428appelé le manège vert ya^jÛ]
17429(Ebn-Khallikan
17430,
17431f. 370 v°). Au rapport d’un écrivain arabe
17432[Kâmel, tom. Vil, pag. 12), le sultan Aïoubite, Melik-Moudjâhid dit un jour à
17433ses
17434fils
17435:
17436« Sellez-
17437« moi
17438des chevaux propres pour le jeu de la paume, afin que je descende dans le manège,
17439et que
17440«je m’exerce à jouer au mail
17441)b
17442v
17443*aJI. » Le sultan Seldjoucide Melik-schah aimait à jouer à
17444la paume et au mail
17445j
17446(Ebn-Athir, Kâmel, tom. IV,
17447fol. 118 v°).
17448Chez une nation belliqueuse comme les Curdes
17449, on sent bien qu’un jeu qui présentait une image
17450de la guerre, ainsi que des dangers réels,
17451devait
17452avoir pour
17453la population un attrait particulier.
17454Nous lisons dans une histoire de ce peuple (man.
17455de Ducaurroy 88,
17456fol. 91
17457v°), que «L’émir Pir-
17458« Boudak, fils de Mir-Abdal, excellait entre tous ses compatriotes par son habileté dans le jeu de la
17459« paume
17460et la force avec laquelle
17461il lançait la balle. » L’épouse de l’émir curde Schems
17462eddin
17463était turcomane de nation. Ses divertissements consistaient à faire courir un cheval, à lancer
17464des flèches,
17465et à jouer à la paume
17466[ibid.,
17467fol. 124 r°).
17468En Égypte, depuis la conquête des Musulmans,
17469la paume achevai
17470fut
17471très en vogue,
17472à la cour
17473des princes qui se succédèrent dans
17474la possession de cette contrée. Ahmed-ben-Touloun (Makrizi
17475Description de l’Ègypte, man. arab. 673 C,
17476t. I, fol. 248 v°), ayant
17477fait construire, hors de Fostat,
17478un magnifique palais, y joignit un vaste manège ^ I
17479où l’on s’exercait à jouer au mail
17480k y^
17481<ScsÙ_y«a)l>
17482. Le khalife fatimite Aziz
17483fut, parmi les princes de cette dynastie, le premier qui
17484se livra
17485avec ardeur à
17486ce genre de divertissement (Mohammed-ben-Moïassar, man.
17487ar. 802 A,
17488fol. 48 r°).
17489Nedjm-eddin-Aïoub, surnommé Melik-Sâleh, l’un des descendants de Saladin, était passionné pour cet
17490exercice. Il fit construire (Mazrizi, t. II,
17491f. 266 v°)
17492, près du Caire, sur les bords du Nil, un manège au-
17493quel il donna son nom ys?*L*o ^
17494! y*, et dans lequel
17495il allait prendre le divertissement de la paume.
17496Le même sultan, au rapport de l’historien Nowaïri (26
17497e partie,
17498f. 186 v°), dit à son fils
17499:
17500« Tu ne dois
17501« pas admettre un homme à ton service
17502, à moins qu’il ne sache jouer de la pique
17503, étant à cheval
17504« lancer des flèches ou une balle de paume, et montrer un courage intrépide. » Les successeurs de ce
17505prince
17506suivirent son exemple; mais au bout d’un certain laps de ce temps,
17507les eaux du Nil s’étant
17508retirées de devant ce terrain,
17509le manège fut abandonné. De
17510tous
17511les
17512souverains
17513de
17514l’Égypte,
17515les
p. 156
17516128
17517HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
17518de chaînes. Dès le matin, ces malheureux furent attachés à des gibets, en dehors
17519de la porte de Zawilali. La révolte
17520fut ainsi étouffée, et la religion des Sunnites
17521Mamlouks
17522furent ceux qui s’adonnèrent avec le plus d’ardeur à un exercice hasardeux,
17523qui
17524s’ac-
17525cordait si bien avec leur goût pour l’équitation
17526, et leur extrême habileté dans cet art. L’un des pre-
17527miers princes de la dynastie Bahrite,
17528le sultan Bibars, surnommé Melik-Dâher, se montra passionné
17529pour le jeu de paume; et les écrivains arabes, auxquels nous devons le récit de ses grands exploits,
17530n’ont pas cru déroger à la gravité de
17531l’histoire, en marquant, chaque année, avec une exactitude
17532scrupuleuse, les jours que ce prince avait consacrés à ce noble divertissement. Ce détail, qui peut
17533paraître minutieux, ne semblera pas superflu, si
17534l’on fait réflexion que, pour les souverains mam-
17535louks, la paume était une occupation importante
17536; qu’ils se rendaient au lieu destiné à cet exercice
17537avec un cortège nombreux et magnifique, comme s’ils avaient dû assister à une cérémonie solennelle;
17538que dans ces occasions
17539ils ne manquaient pas de signaler leur munificence, en distribuant à
17540leurs
17541émirs et aux seigneurs de leur cour, des chevaux, des robes, et d’autres présents. Le sultan Bibars
17542voyant que les eaux du Nil s’étaient retirées de devant le manège appelé Meïdân-Saléhi, en
17543fit cons-
17544truire un autre
17545, placé immédiatement sur les bords du fleuve , et auquel
17546il donna le nom de Mcïdân-
17547Dâheri
17548^
175491x41
17550(le manège de Dâher)
17551(Makrizi
17552,
17553loc. laud.,
17554t.
17555II, fol. 267
17556r°).
17557C’était
17558là
17559qu’il
17560allait,
17561avec
17562sa cour, prendre le divertissement de
17563la paume.
17564Les Mongols, qui vinrent
17565se
17566rendre à ce prince, l’an 660 (de J. C.
175671261),
17568furent admis à jouer à
17569la paume avec lui ïj&\
17570(Nowaïri, Vie de Bibars,
17571fol. 14 v°,
17572i 5
17573r°). L’année d’auparavant [il., fol. 10 r°),
17574le même souverain
17575avait joué à la paume dans le manège de Damas; et tous les princes de la Syrie partagèrent avec lui
17576cet amusement. L’eunuque Schodja-eddin-Anbar, plus connu sous le nom de Sadr-albar, avait acquis
17577un grand crédit sous le règne de ce monarque. En l’absence du sultan
17578, il montait à cheval
17579, se rendait
17580au manège où
17581il jouait à la paume, puis retournait au château
17582(ibid., fol. 55 v°). Le sultan Berekeh
17583,
17584fils et successeur de Bibars
17585, ayant été renversé du trône par des émirs
17586rebelles, avait été relégué
17587dans la ville de Karak. Un jour qu’il s’exercait au jeu de la paume, dans le manège de cette ville, son
17588cheval s’abattit et le jeta à terre. Cet accident fut suivi d’une fièvre violente, qui en peu de jours le
17589conduisit au tombeau
17590, à l’âge d’un peu plus de vingt ans
17591(Abulfedæ annales, tom. V, p.
175925 o
17593; Makrizi
17594Solouk, tom. I
17595, pag. 399).
17596Mohammed, fils de Kelaoun, surnommé Melik-Nâser fit construire, sur les bords du Nil, un ma-
17597nège appelé le manège des poulains
17598Il s’y rendait quelquefois accompagné de ses prin-
17599cipaux
17600officiers pour s’exercer au jeu de la paume (Makrizi,
17601loc.
17602laud., fol. 267 v°). L’an 723 de
17603l’hégire (de J. C.
17604i 323 )
17605,
17606le même sultan (Makrizi, ibid.),
17607fit construire
17608, non loin du Caire, à l’orient
17609de Seriakous,
17610un
17611vaste
17612manège qui
17613renfermait des palais magnifiques, un grand nombre de bel-
17614védères destinés pour les émirs
17615,
17616et un grand jardin planté de toutes
17617sortes
17618d’arbres
17619fruitiers. Ce
17620prince, chaque année jusqu’à l’époque de sa mort, se rendait dans ce lieu avec un nombreux cortège,
17621y séjournait plusieurs jours
17622, et s’y amusait au jeu dé la paume. Là
17623, il distribuait des robes d’honneur
17624à ses émirs,
17625et à tous les officiers de sa cour. Ce voyage offrait à tout le monde une suite non inter-
17626rompue de divertissements
17627; et
17628l’on y dépensait,
17629tant pour
17630les repas que pour
17631les présents,
17632des
17633sommes
17634incalculables. L’usage
17635s’en maintint sous
17636les
17637règnes
17638suivants
17639, jusqu’à
17640l’année 799
17641(de
17642J. C. 1396)
17643, où ce voyage eut lieu pour la dernière fois, et fut dès lors aboli sans retour.
17644Le même sultan Mohammed
17645(id., fol. 268 v°)
17646, ayant fait détruire le manège appelé Dâheri
17647,
17648en
17649fit
p. 157
17650an 658
17651(1260).
17652IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
17653129
17654triompha. Melik-Dâher ne se montra pas, suivant l’usage, en public, avec
17655l’ap-
17656pareil de la souveraineté.
17657bâtir un autre sur le terrain qui sépare le Caire de Fostat.
1765811
17659lui donna le nom de Meïddn-Ndsery
17660(manège de Nâser). Durant l’espace de deux mois, à l’époque de la plus grande chaleur, et après
17661que le Nil avait atteint sa pleine crue
17662, le sultan se rendait d^s cet endroit, le samedi de chaque
17663semaine, pour jouer à la paume. Chaque fors qu’il prenait cet exercice,
17664il donnait à deux des émirs
17665du premier rang des ceintures d’or. Tous, successivement, avaient part à cette libéralité. Ce laps de
17666temps
17667était une
17668des deux époques de
17669l’année où
17670le prince
17671distribuait des chevaux à
17672ses émirs.
17673Chacun de ces animaux avait sa selle, une bride
17674légèrement argentée; mais était sans caparaçon.
17675Les émirs centeniers et ceux que l’on appelait émirs des tambours
176761^1 étaient les seuls qui
17677reçussent ce présent.
17678Si quelques-uns des émirs d’un rang inférieur y avaient part
17679, ce
17680n’était que
17681par l’effet d’une grâce spéciale. Quant à ceux des émirs qui étaient dans
17682la familiarité et
17683la faveur
17684du sultan,
17685ils étaient
17686traités avec une munificence particulière. En
17687sorte que plusieurs d’entre eux
17688recevaient jusqu’à cent chevaux dans
17689le cours d’une année. Le sultan
17690Ladjin jouant à
17691la paume
17692ïjtôb
17693, son cheval s’abattit sous lui
17694, et il eut tout le corps brisé (Abou’lmahâsen, man. 663
17695f. 4 o r°).
17696L’émir Anbar-Saharti avait
17697fait construire pour son usage un manège où
17698il
17699s’exercait à jouer
17700à
17701la
17702paume
17703(ibid.,
17704fol.
17705i/|5 v°).
17706L’an 889
17707(de J. C. 1484),
17708le sultan Kaïtbaï s’amusant à jouer à la paume dans
17709le manège, son
17710cheval s’abattit, se renversa sur lui, et lui fracassa la jambe (Ebn-Aïas, Histoire d'Egypte, tom. Il,
17711fol. 36
17712v°). Quinze ans après,
17713l’émir Doulatbaï étant allé
17714se promener hors du Caire, du côté de
17715l’observatoire, voulut prendre le divertissement de la paume; mais son cheval ayant fait un faux pas,
17716il tomba sur une pierre avec tant de roideur,
17717qu’il mourut des suites de cette chute
17718(id.,
17719f. 66 v°)
17720Au rapport de Mirkhond (IV e partie,
17721f. 2o3 r°)
17722, l'an 607 de l’hégire (de J. C. 1210)
17723, Kotb-eddin-
17724Aïbek, souverain de Dehli, s’occupant à jouer à la paume
17725» tomba de la
17726selle à terre,
17727et son cheval lui passa sur le corps.
17728Il expira à l’instant même. Les princes mongols,
17729qui régnèrent dans l’Inde, ne se montrèrent
17730pas moins passionnés que d’autres pour ce noble
17731et
17732périlleux exercice. Et Abou’lfazl
17733, dans l’ouvrage intitulé Aïin-akberi (Calcutta 1783, pag. 3 ii, 3 12)
17734nous a transmis, sur cet objet, des détails aussi intéressants que circonstanciés.
17735La Perse qui, comme nous l’avons dit, doit avoir été
17736la
17737patrie de ce jeu, n’a pas manqué d’en
17738conserver invariablement l’usage. Suivant le rapport de l’historien des Curdes (man. persan de Du-
17739caurroy 88, fol. 146 r°), Schah-Tamasp
17740, roi de Perse, faisait élever
17741à sa cour les
17742fils des grands de
17743l’État. On leur apprenait, entre autres exercices militaires
17744, à lancer des flèches, à jouer au mail,
17745et
17746à conduire un cheval
17747:
17748cA*
17749Ajj jJ. Nous lisons dans un manuscrit
17750persan, qui
17751contient
17752la vie de Schah-Abbas (manuscrit de M. Silvestre de Sacy), que
17753ce prince
17754ayant reçu un ambassadeur de
17755la part de l’empereur mogol Sélim,
17756et voulant
17757accueillir ce dé-
17758puté
17759avec
17760une
17761distinction
17762éclatante,
17763lui
17764accorda,
17765entre
17766autres honneurs,
17767celui de jouer
17768avec
17769lui à la paume. Les voyageurs remarquent expressément que, dans
17770la ville d’Ispahan,
17771il y
17772a une
17773grande place appelée Meïdân, où
17774l’on s’amuse au jeu de la paume à cheval (Chardin,
17775Voyages en
17776Perse, tom. I, pag. 260; tom. Il, pag. 43,
17777etc.). Enfin, nous apprenons par le témoignage de Silva-
17778Figueroa
17779(Ambassade en Perse, pag. 33, i33), que près de la ville d’Ormus est un lieu où les Mores
17780(les Persans) s’exercent à jouer au mail à cheval.
17781I.
17782»7
p. 158
17783HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
177841 3g
17785Cetle année, les rats se montrèrent en nombre prodigieux, dans la province de
17786_iiLlJauran, à l’époque où les granges étaient pleines.
17787Ils dévorèrent la plus grande
17788AN
17789tlK
17790Après avoir recueilli les faits historiques qui constatent, à différentes époques, l’existence de cet
17791exercice, il me reste à rassembler ici quelques observations. Les écrivains persans, lorsqu’ils parlent
17792du jeu de la paume , le désignent ordinairement par le mot tchaugdn
17793qui » comme nous l’avons
17794dit, est proprement le nom de l’espèce de raquette en usage pour lancer la balle. Quelquefois
17795ils se
17796servent du mot goï ^ C
17797qui signifie une boule. Tel est aussi le sens du terme arménien hound ^nuiiu,
17798que nous avons vu dans un passage, cité plus haut, où
17799il est fait mention dujeu de Ici balle £nujrj
17800^
17801Les mots korah 'ij>
17802et okrah'ijï
17803I, consacrés, chez les Arabes, pour exprimer cette sorte de jeu, ont
17804une signification tout à
17805fait analogue. Le premier de ces termes est le plus universellement usité. Les
17806écrivains arabes établissent une différence entre le jeu de la'paume ou de la balle 'iJÉ et celui du mail
17807savledjân
17808Avicenne (t. I, p. 80 ), passant en revue les divertissements auxquels les hommes se
17809livrent, met de ce nombre le jeu de la grande et de la petite paume, et celui du mail
17810*o. Il paraît
17811que le premier et le second, comme nous l’avons vu
17812, se jouaient exclusivement avec une sorte de ra-
17813quette
17814, appelée tchaugdn, qui se terminait par un morceau de bois pointu et bombé, et que dans le
17815dernier jeu, que je nomme celui du mail, on
17816se servait, pour lancer la balle, d’une sorte de maillet
17817de bois qui
17818finissait
17819en une pointe recourbée; car
17820telle
17821est
17822l’application que
17823les lexicographes
17824arabes nous donnent du mot savledjân
17825il
17826est bon de
17827faire observer ici que, dans
17828les
17829passages où
17830les écrivains arabes
17831et persans
17832font
17833mention du jeu de la paume, surtout lorsqu’ils parlent de princes et de personnages d’un rang dis-
17834tingué, il
17835s’agit toujours du jeu de la paume à cheval. Si les auteurs omettent souvent d’en faire la
17836remarque expresse, c’est que ce divertissement était tellement répandu dans les différentes contrées
17837de l’Orient, que les lecteurs ne pouvaient nullement s’y méprendre.
17838Toutefois,
17839il existait en ce genre, pour les simples particuliers, un jeu de paume moins bruyant,
17840moins impétueux, mais exempt de dangers. Ainsi,
17841nous lisons dans
17842YHistoire d'Égypte d’Abou’l-
17843mahâsen (man. arab. 663,
17844fol.
178451
178465
17847v°j, que les concubines du sultan Ismaïl s’amusaient ensemble à
17848jouer à la
17849balle
17850'ijs
17851. Et ce jeu, encore aujourd’hui,
17852est fort en usage chez
17853les femmes de l’Égypte.
17854Abou’lfazl, dans
17855l’Akbar-nâmeh (man. persan de l’Arsenal 19 , fol. 100 v°), nous apprend que le jeu
17856de la paume à pied
17857îOLo
17858était ^eri conn u et fort usité dans la ville de Tebriz.
17859Comme le jeu de
17860la paume,
17861et surtout de
17862la paume à cheval, avait dans
17863tout
17864l’Orient
17865la plus
17866grande vogue,
17867il est peu étonnant que les termes qui avaient rapport à ce genre de divertissement
17868se trouvent souvent employés par les écrivains, tant au propre que dans un sens métaphorique. On
17869lit dans le Schah-nâmeh
17870(Soo/trab, pag. i65)
17871:
17872^^J
178733
17874« Il excellait
17875dans
17876la
17877«lutte et le jeu de
17878la paume. » Plus loin
17879(pag.
17880177)
17881:
17882-v.'
17883j
17884^
17885^ * 'SJ*
17886y. u
178873
17888o)
17889«Il
17890l’enleva
17891de
17892la
17893selle, comme une
17894balle
17895que
17896le
17897mail,
17898à
17899l’aide
17900du vent,
17901vient
17902frapper.» Dans
17903le Tarikhi-lFassâf (manuscrit,
17904folio 253 recto), on
17905lit
17906:
17907a prend
17908dans
17909la main
17910de
17911la
17912capacité
17913le
17914mail
17915de
17916l’activité. » Dans
17917riiistoire de
17918Raschid-eddin
p. 159
17919IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
17920an 65 g (1261).
17921IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
17922l 3 l
17923partie des grains. On assure que
17924les dégâts causés par ces animaux s’élevèrent à
17925trois cent mille sacs
17926(ïj!j.s>) de froment (6). Bientôt après, les Tatars s’étant réunis
17927(fol. 354
17928v°)
17929:
17930"Il
17931lança,
17932avec
17933le mail de
17934«l’éloquence, la balle du
17935discours dans
17936le manège de l’élocution.» Un vers inséré dans
17937le Zafer-
17938nâmeh , (fol. 23 g v»)
17939offre ces mots:
17940j
17941üXgol;)
17942A^a $
17943j~, j
17944« Toute la plaine était jonchée de trompes d’éléphants et de tètes de guerriers, qui ressemblaient à
17945« des mails
17946et à
17947des balles de paume.
17948» Dans
17949le
17950Matla-assaacleïn
17951(fol.
17952118
17953v°), on
17954lit
17955:
17956a£”
17957"Peu s
17958’en fallut que les Turcomans,
17959«avec
17960le mail du secours divin, ne poussassent la balle de
17961la victoire au but de leur
17962ambition. »
17963Plus loin
17964(fol. 283 v°)
17965:
17966j
17967« Depuis ce temps, pris dans
17968la courbure du mail du destin,
17969il restait comme une balle,
17970«incertain et ballotté. » Dans le Habib-assiiar (tom. III,
17971fol. 342
17972v°)
17973:
17974JjjU
17975«Ils
17976« le rendirent courbé comme un mail. » De là vient que, dans un vers de Hafiz, le mot
17977est
17978employé pour désigner le sourcil (,Specimen poeseos persicœ, pag.
179791 1). Dans le Bostan de Sadi (édit.
17980de Calcutta, p. 120), on lit
17981:
17982j
17983yp
17984l^o
17985, c’est-à-dire, « J’ai des connaissances
17986« dans la littérature. » Dans le même ouvrage (pag. ig2), on
17987lit
17988: J.jj
17989« Le tonnerre frappe
17990« le mail »
17991, c’est-à-dire, retentit. De
17992là vient l’adjectif
17993« Vif à la course comme une balle. »
17994Dans
17995le Secander-nameh
17996(pag. 71), on trouve cette expression
17997jy
17998« Un coursier rapide à
17999« la course.» Le mot
18000, comme on
18001l’a vu, a passé dans la langue arabe; j’en ai
18002cité plus haut
18003des exemples. Un voyageur portugais, Antonio Tenreiro, dit, en parlant des Arabes
18004:
18005« Us sont
18006si
18007«grands
18008cavaliers, qu’ils jouent la paume à cheval, que jogao a choca a cavallo
18009(Itcnerario
180101762,
18011pag. 35 g). Dans
18012les Mille et une Nuits (texte arabe,
18013éd. de Habicht, tom.
18014I, pag.
1801584),
18016il est
18017fait
18018mention du jeu de la paume, et l’éditeur a partout substitué le mot
18019^ A celui de
180201 qui
18021est la véritable leçon.
18022Le mot savledjân ,
18023se trouve joint au mot
18024dans des vers rapportés par Devletschah
18025( Tezkiret
18026,
18027man. pers. 25 o, fol. 62 r° et v°). Dans le Fakihat-alkholafâ d’Ebn-Arabschah (ed. Freytag,
18028pag.
180297)
18030, on
18031lit
18032:
18033ajIs-L^as
18034*l.£>
18035a&ÜJÎ
18036'ijs
18037« La langue de ton élo-
18038« cution pousse, à son gré, avec son mail, la balle de l’éloquence. » Dans la Vie de Lisan-eddtn ( t. 11
18039,
18040man. arab. 75g, fol. g r°) :^Îj.3^!Î As-Il^a aV^Sj
18041« Les mails du destin jouèrent avec sa balle. »
18042Dans une Histoire d’Égypte (de mon manuscrit,
18043fol. 128 r°)
18044:
18045^
18046, ! >x4
18047a)
18048jyS’l
18049Î-Vxlt
18050W J
18051« Les sabots des chevaux étaient courbés dans le manège comme des
18052« mails
18053: et les têtes des ennemis leur servaient de balles. » Otbi, dans la Vie de Mahmoud (man. de
18054JDucaurroy, fol. 2g v°) dit, en parlant d’un éléphant
18055: bj
18056çtpjsz3
18057.
18058“ « se
18059* 7
18060-
p. 160
18061HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
18062i3a
18063au nombre de
18064six mille cavaliers
18065, firent une invasion sur le territoire de Hems.
18066Melik-Aschraf-Mousa-ben-Scbirkouli, prince de
18067cette
18068ville,
18069et Melik-Mansour,
18070•< pare d’une trompe semblable à un mail, et qui va et vient. » Un poème, composé par l’auteur de
18071l’histoire des Curdes (fol.
18072x
180735 v°), commençait par ce vers
18074:
18075JIœt? JUj
18076bas
18077$ J'-" J
18078*•*
18079«Je suis comme une
18080balle,
18081poussée chaque mois, chaque année, dans un vaste manège
18082: je suis
18083« chassé d’une position vers une autre, par le mail de la destinée.» Quant au mot gouï
18084', en arabe
18085korah ijî ou okrah, qui signifie la balle de bois ou autre avec laquelle on joue à la paume,
18086il a donné
18087naissance à plusieurs expressions métaphoriques. On lit dans le Zafer-ndmeh (fol. 391 r°)
18088:
18089j' ® Lors de la séparation d’avec lui ,
18090il jouait sa tète, en guise de balle. »
18091Dans le Tarikhi-ïVassâf (fol. 224 v°)
18092:
18093j:i.
180941 «! j JjJj! 51
18095(3?*" \S^ " H enleva aux anciens et
18096« aux modernes la balle de la prééminence.» Dans le Tarikhi-guzideh (man. de Bruix 9,
18097f. 233 r°):
18098JïJJiJ-’ J 3“^
18099-5
18100^C,£
18101jjj
18102«Durant
18103quelques
18104«joui’s,
18105il jouait à la paume dans le manège désert de l’empire, et aspirait à la royauté
18106et à la sou-
18107«veraineté. » Dans le Secamler-nâmeh (pag. 160)
18108:
18109àf «Ils l’emportèrent
18110« sur tous les
18111rois. »
18112Je finirai ces observations par une conjecture sur le mot français
18113chicane.
18114S’il
18115est vrai
18116, comme
18117on ne peut en douter, d’après l’autorité de du Cange, que ce terme ait été en usage dans nos pro-
18118vinces méridionales, pour désigner le jeu de
18119la paume ou du mail
18120, on pourrait croire cjue c’est dans
18121l’Orient qu’il faut en chercher l’étymologie. Nous avons vu que
18122le mot persan ichaugân
18123a
18124passé dans la langue arabe, et
18125qu’il est employé par Àbou-Schamah, auquel nous devons une vie
18126très-détaillée de Nour-eddin
18127et de
18128Saladin.
18129Si je
1813011e me trompe
18131,
18132ce mot
18133est
18134l’origine du
18135terme
18136français, qui a conservé sa forme primitive avec bien peu d’altération,
18137et dont
18138il serait difficile de
18139proposer une autre étymologie tant soit peu raisonnable. On peut présumer que nos Français auront
18140connu
18141ce mot, dans
18142l’Orient, à l’époque des
18143croisades, et l’auront, dès
18144lors,
18145introduit
18146dans leur
18147langue.
18148Je dois faire observer, en
18149finissant, qu’un orientaliste distingué, M. William Ouseley, a, dans la
18150relation de son voyage en Orient, exprimé une partie des idées que j’ai consignées dans ce mémoire;
18151mais, mon travail avait été lu à l’Académie royale des Inscriptions et Belles-lettres, deux ans avant
18152que l’ouvrage de ce savant eût vu le jour.
18153( 5 )
18154Les rikabdaris
18155sont nommés par Makrizi
18156(m. 798,
18157f. 175
18158r°). Dans l’ouvrage de
18159Khalil- Dàheri (fol.
18160i 56 v°), on
18161lit
18162: bj
181631 Jjïj
18164Makrizi
18165(Description de l’Égypte
18166man. 798,
18167f. io5 r®),
18168nomme parmi les fonctionnaires attachés aux écuries du sultan
18169(6) Le mot ghirârali
18170, qui fait au pluriel
18171signifie, en général
18172: Un sac formé de cuir
18173ou d’autre matière,
18174et dans lequel on transporte du grain , de la paille, ou toute autre chose. Dans
18175un passage des Additamenta ad historiam Arabum (pag. 5 ) ,
18176le fidèle Kasir, voulant venger sur la
18177reine £abâ,
18178le meurtre de son
18179maître, enferma des hommes dans des paniers de cuir^*jly*, qui
18180.
p. 161
18181AN 659 (iîÔl).
18182IV. MELIK-DAHER BIBARS.
181831 33
18184prince de Hamah, marchèrent vers l’ennemi, à
18185la tête d’environ quatorze cents
18186cavaliers. Ils furent joints par un grand nombre d’Arabes, que commandait leur
18187émir Zâmel-ben-Ali
18188; à
18189la
18190tête de
18191ces forces,
18192les deux généraux attaquèrent les
18193Tatars, près de Restin, le vendredi, cinquième jour du mois de Moharrem. Tout 272
18194ce qui composait le corps ennemi fut tué ou fait prisonnier. Les Tatars étaient en
18195tout
18196six
18197mille cavaliers,
18198et les Musulmans
18199quatorze
18200cents. La nouvelle de ce
18201succès fut annoncée en Égypte,
18202et les têtes des morts furent apportées à Damas.
18203Cette dernière ville, à cette époque, était en proie à une disette excessive.
18204Le lundi, septième jour du mois de Safar, Melik-Dâher partit du château de la
18205Montagne, entouré de toute la pompe de la souveraineté
18206( 7 ), et se dirigea vers
18207chez d’autres historiens, sont désignés par le mot
18208Dans un passage du Kitab-alagàni (t. IV,
18209(fol. 116
18210r°), le pluriel
18211exprime également des sacs. Le mot hV devint ensuite un nom de
18212mesure,
18213qui, comme on peut le croire,
18214variait suivant les
18215lieux. On
18216lit dans
18217l’histoire d’Ahmed-
18218Askalâni (tom. II, man. arab. 657, fol. 97 r“)
18219:
18220î
18221j
18222t ^a> ïj
182231^.i)
18224t
18225« Le ghirârah
18226« équivaut à un ardeb et un quart, mesure d’Égypte. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. VI, p. 9)
18227:
18228ï.*jj
18229!
18230«A Damas,
18231le ghirârah de froment répond
18232« à quatorze mukouks de Mausel. » Suivant Makrizi
18233(Solouk
18234,
18235tom.
18236III, man. arab. 674,
18237fol.
182384 1 v°)>
18239cette mesure de froment, dans la même ville, correspondait à trois ardcbs d’Égypte. Au rapport du
18240même historien
18241(ib ., fol. 44 v°), le ghirârah de froment,
18242à
18243la Mecque, équivalait à cent kadah
18244^Égypte. Et enfin,
18245il atteste (fol. 334
18246i’°)
18247fine cette mesure, dans la même ville, représentait sept
18248wibah O L-Jj, mesure d’Égypte.
18249(7) On sera,
18250sans doute, bien aise de trouver
18251ici une énumération de tout ce
18252qui entourait ou
18253précédait
18254le sultan dans ses entrées et ses marches solennelles (Voy. Mesalek-alabsar, m. arab. 583 ,
18255fol. 168 v°, 169; Kitab-allnschâ, man. arab.
18256i 573,
18257fol. 121, 122; Makrizi, Description de l'Égypte,
18258man. 798, fol. 175
18259r«).
18260« Le costume que le sultan portait, dans cette circonstance, était de couleur noire, et absolument
18261«semblable à celui qui avait formé la parure des
18262khalifes.
18263Il se composait de plusieurs objets, sa-
18264« voir
18265:
18266i° Un turban de soie arrondi, léger, et se terminant par un appendice
18267de la longueur
18268Cr S
18269« d une coudée, qui pendait entre les deux épaules. » Le mot adbah
18270qui se trouve employé dans
18271ce passage, désignait, comme l’on voit. Un appendice qui tombait derrière un turban, un drapeau, ou
18272tout autre oojet, une espèce de queue qui pouvait sous quelques rapports, être comparée à une langue .
18273En parlant d un drapeau, c’était ce que nous appelons une
18274cravate. Aujourd’hui en Égypte
18275, sui-
18276vant
18277ce que ma
18278appris M.
18279Marcel, le même terme
18280désigne, en
18281parlant du turban,
18282le
18283bout de
18284« mousseline, qu’on laisse pendre, d’une manière ou d’une autre.» On
18285lit dans
18286l'Histoire d’Égypte
18287d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 25 v°)
18288:
18289SjSIjjÜI
18290*s>
18291« 11 portait le turban
18292«de Bagdad, qui avait deux appendices.
18293» Dans
18294l ’ Histoire de la conquête de Jérusalem (man. 714,
18295fol.
18296i 5 v)
18297: ^^"LwLJt
18298jSi*g
182991 "
18300>L
18301!j
18302« Des drapeaux jaunes
18303flottaient,
18304parés
18305de
18306« cravates
18307de jasmin
18308(blanches).»
18309Ailleurs
18310(fol. 20
18311v°)
18312: ^XL)‘ J
18313U
p. 162
18314HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
18315*34
18316le Caire. Il
18317fit son entrée dans cette
18318ville par la porte de Nctsr
18319(la victoire). Les
18320émirs et toutes
18321les troupes marchèrent à pied devant
18322lui, jusqua
18323la porte de
18324«Combien les flammes dïi châtiment brillaient sur ces corps!» Plus loin (f. 23 r°):
18325«Comme si les flammes de feu s’étaient élevées pour tourmenter les
18326« habitants de cette ville. » Ailleurs
18327(fol. 40 v°)
18328: l-$jL> Às CL» Lj
18329« L’action de traîner ses cravates. »
18330Ailleurs (fol. 53
18331r°)
18332.
18333&A3 1
183341§j
18335vjXô
18336.
18337.
18338.
18339« Les drapeaux
18340, avec les langues de
18341«leurs cravates,
18342lisaient ces mots
18343: la victoire vient de Dieu.
18344» Plus loin
18345(fol. 56
18346r°)
18347:
18348iaiLâ.
18349aj!Â&
18350^_>l> À*
18351«Les cravates de son châtiment flottaient au-dessus des ennemis.» Ailleurs
18352fol.
18353108
18354r°)
18355: ^sd-Oî
18356JSjliL
18357ajIjII
18358« On eût
18359dit que
18360les
18361cravates de
18362ces
18363< drapeaux étaient
18364les langues de ceux qui prient.» Et enfin
18365(fol. 25g r°) .-j.jj.3dl ^I1jIj 3c- «Des ap-
18366pendices de soie. » Dans XHistoire du sultan Mahmoud par Otbi (fol. 5 r°), on
18367lit
18368: aj ÎÀs.
18369aj À&. Une
18370glose marginale explique
18371le mot
18372ajj.* par LjXt
18373A3 bis
18374, c’est-à-dire, l'appendice qui accompagne
18375un fouet.
1837620 «Un manteau L3. de soie noire, dont les manches étaient un peu larges, sans broderie d’or,
18377«et sans collier. C’était le sultan Bibars qui avait adopté le costume noir l’an 659 (de
18378J. C. 1260), à
18379« l’époque où il reçut en Egypte le khalife Mostanser, qui lui conféra l’investiture de la dignité de sultan.»
183803° «Une épée bédouine
18381v
18382à~~.,
18383qui
18384passait pour avoir appartenu au khalife Omar-ben-
18385« Khattâb;
18386elle était attachée à un baudrier, que le prince portait à la manière des Arabes, et qui,
18387«prenant de l’épaule droite, pendait sur le côté gauche.»
183884° «Le gdschiah A^i,l&. » J’ai donné plus haut, sur ce genre d’ornement, des détails circonstanciés
18389(pag. 3 J.
183905°
18391« Le parasol appelé schitrfÜL, ou plutôt djitrfi.3. (sur lequel j’ai donné ailleurs de longs détails
18392«
18393Histoire des Mongols, pag. 206 et suiv.), et que d’autres personnes nommaient le dais <U3 ou
18394aIJL».
18395« Il était d’une étoffelégère, de soie jaune, brochée d’or. Il était couronné par un oiseau doréj-jlh, qui
18396«surmontait une
18397petite coupole de
18398la môme
18399espèce. Ce parasol
18400flottait
18401au-dessus
18402de
18403la
18404tête
18405du
18406«sultan, dans les marches solennelles. Les seules personnes qui eussent le privilège de le porter étaient
18407«les
18408fils du prince, son frère, l’atabek des armées; et en Syrie,
18409le naïb (gouverneur) de Damas, et
18410« celui d’Alep. »
18411Les différents termes que je viens d’indiquer se
18412trouvent
18413plus ou moins fréquemment chez les
18414écrivains orientaux. Le mot Lis existe déjà dans un passage du Kitab-alagâni (tom.
18415II,
18416fol. 87
18417v°),
18418où on
18419lit
18420: Ls
18421<sJl& j ^ji)! jl.y*
18422jJ» «U était
18423assis sur un
18424trône d’ébène, ayant au-
18425« dessus de lui un
18426dais.
18427» Dans l’histoire d’Ahmed-Askalàni
18428(t.
18429I, m. 656,
18430fol. 244
18431r°)
18432:
18433Aj _\j
18434J* aJÜÎ
18435« Le naïb (gouverneur) de la Syrie, Scheïkh, marchait devant
18436« lui (le sultan), portant le parasol au-dessus de sa tète. » Dans
18437le même ouvrage (tom. II,
18438f. 228 r°)
18439:
18440iLiJl
18441a«,!j
18442sJ4».*2ij «Le parasol fut arboré au-dessus de sa tète.» Et
18443ailleurs
18444(fol. ?5
18445r°)
18446: a4j!
18447a~,!j
18448aJÜI
18449j*^*j->î «Son
18450fils Ibrahim
18451portait
18452le
18453parasol au-dessus de sa
18454tête.» Tantôt
18455ce mot
18456se trouve joint à
18457celui de jXJs
18458l 'oiseau. On
18459lit dans
18460la Description de l'Égypte de Makrizi
18461(man. 798,
18462fol.
18463199 r°)
18464Là)!
18465J.0I3.
18466« On revêtait d’une robe d’honneur celui qui
p. 163
18467IV. MELIK-DAHER-B 1 BARS.
184681 35
18469an 659 (1261).
18470Zawilah. Ensuite, ils montèrent à cheval, et accompagnèrent le sultan au château.
18471La ville du Caire fut ornée avec pompe; et des pièces d’or et d’argent furent ré-
18472«,avait la charge de porter le parasol et l’oiseau. « Dans un autre ouvrage du même écrivain
18473(Solouk ,
18474tom. I, pag. 1047)
18475: ïliül
18476v
18477^s>
18478».
18479«
18480Il prit l’oiseau d’or qui était sur le pa-
18481«rasol.» Et enfin, ces deux mots réunis se trouvent employés pour désigner la souveraineté. On
18482lit
18483dans le' Mesalek-alabsar (m. 583 ,
18484f. 109 v°)
18485I j ÂJi)
18486t
18487oXi|!
18488« Le lieu de la rési-
18489«dence du roi, auquel appartiennent
18490le parasol et l’oiseau;
18491» c’est-à-dire, qui est en possession de
18492l’autorité suprême. Quant au mot madillah ilia.*
18493, on
18494lit dans la
18495Description de l’Égypte de Makrizi
18496(article des Fatimites, m. 797, fol. 289 v°)
18497: ïLkll
18498(Voyez aussi Abou’lmahâsen
18499, (man. 671,
18500fol.
18501i 35
18502r°). Dans l’histoire de Nowaïri (26
18503e partie,
18504fol. 33 r°)
18505: a— 0U «Ikll
18506« Il mar-
18507« chait,
18508et le parasol était sur sa tête. » Ailleurs
18509(f. 28 r°)
18510:
18511«Le porteur de son parasol»
18512(car c’est ainsi qu’il faut
18513lire au lieu de
18514Et enfin
18515(fol. 45 v°)
18516:
18517A.Ui.l!
18518jSI&a
18519« Modaffer
18520« portait le parasol. » Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben- Wâsel (man. non catalogué,
18521f. 394 v°)
18522:
18523» J*
18524ïLlsé! Ls-^ ^LLLJ!
18525v
18526,
18527« Le sultan se mit en marche avec le khalife; tous deux
18528« étaient placés sous le parasol. »
185296° «Ce que l’on appelait rakabah L'àj était une pièce de soie jaune, brochée en or, de la grandeur
18530« du cou du cheval, et dont on affublait celui que devait monter le sultan.
18531Il prenait au-dessous des
18532« oreilles, et se prolongeait jusqu’à l’extrémité de
18533la crinière. Ce genre d’ornement devait son origine
18534« aux
18535Perses.» On
18536lit dans l’ouvrage d’Ebn-Wâsel (folio 425 r°j
18537: a~3j.;
18538“U» cheval avec son
18539« rakabah. »
185407 0 « On donnait le nom de djeftah
18541à deux pages
18542roux ^
18543tj-iLi.
18544I , vêtus d’une robe Lî
18545«de
18546soie jaune, avec une bordure d’étoffe
18547d’or, et un bonnet, koufiah , de même étoffe. Ils étaient
18548«montés sur des chevaux blancs
18549qui portaient un ornement de cou LL, semblable
18550«à celui qui parait
18551le cheval du prince,
18552et précédaient
18553le sultan dans ses marches solennelles.
18554Ils
18555«tenaient des bandes
18556d’étoffes
18557d’or, dont les extrémités enveloppaient le prince, dans la
18558«crainte qu’il ne se rencontrât quelque trou qui fit broncher le cheval du sultan.» Le mot vjr
18559lV
18560«Blanc comme du papier,» employé comme une épithète d’un cheval, se retrouve dans ce passage
18561d’Imad-eddin-lsfahâni (m. 714,
18562f. 96 r°)
18563:
18564bjè
18565Jf « Tout cheval blanc. » Dans le texte du
18566Mesalek-alabsar
18567(f. 168 v°), on
18568lit
18569:
18570, au lieu de
18571Dans l’Agâni (tom.
18572II
18573,
18574f.
185751 12 v°)
18576s
185778° «Le mot usâïb 1^0 La&, pluriel de isdbah ajLvs*, désignait des drapeaux de soie, tissus d’or, que
18578«l’on portait derrière le sultan, et qui étaient surmontés d’une touffe de poils. Les drapeaux appelés
18579« sandjak
18580étaient de soie jaune. » Le mot isdbah AjLaû
18581se trouve souvent employé dans le
18582même sens. On lit chez le continuateur d’Elmacin (man. arab. 619, fol.
185831 19 r°) :« que l’émir Kapdjak,
18584« qui gouvernait la Syrie au nom de Gazan-Khan, s’attribuait en toute circonstance les prérogatives
18585« qui appartiennent à la souveraineté; que, dans ses marches,
18586il était accompagné des drapeaux
18587et
18588«des
18589djâwichs
18590: «LJLjjls-Hj
18591j aJI^I j.jLw
18592AjJaLwJi
18593^
18594çj&>.
18595» Dans
18596l’histoire de notre auteur
18597( tom.
18598I, pag. 941), on lit
18599:
18600^UjIj
18601L$J
18602«Il
18603fit
18604« faire pour elle un drapeau orné de diverses espèces de pierreries. » Ailleurs (tom. II,
18605fol. 255
18606r°)
18607:
18608'-j—
18609AjLto ’ÀjLat
18610« Un drapeau d’or, destiné pour les femmes. » Et enfin
18611(f. 264)
18612: ajLsjJ
18613!
18614«xà. î
p. 164
18615i 36
18616HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
18617pandues sur le prince, qui, de son côté, revêtit de robes d’honneur les émirs,
18618les généraux, et tous les fonctionnaires. Ce fut la première marche solennelle de
18619s
18620Ç^j
186213
18622^ en l eva
18623Ie drapeau que l’on déployait au-dessus
18624« de la tête du sultan, et qui indiquait le lieu où se tenait ce prince.»
186259°
18626« L’espèce de flûte appelée schabâbbah Ï'LA,, formée d’un roseau
18627, avait environ une palme de
18628« longueur, et l’on en jouait devant le snltan
18629, dans ses marches solennelles. Quelquefois on substituait
18630« une trompette d’argent ou de cuivre que l’on faisait entendre, lorsque le prince sortait du château.»
18631Le mot schcibbâbah h Ljj
18632se retrouve ailleurs avec le même sens. On lit dans l’histoire de Makrizi
18633[Solouk, tom. I, pag.
186341029)
18635:
18636t _ 9^ -Ob
18637<^>yo3
18638«Ses musiciennes jouaient du
18639« tambourin et de la flûte.» Dans la Description de l'Égypte du même écrivain (m. 798,
18640f. 182
18641r°)
18642:
18643ÏjLAJ! «On soufflait dans la flûte royale. » Dans l’histoire de Nowaïri (26
18644e partie,
18645f.
186461 3 1
18647r°)
18648:
18649I
18650j 1j LiJb
18651«Il montait à cheval, accompagné de la flûte;
18652«et marchait avec toute la pompe royale.» Le gouverneur de Kous, dans ses marches, faisait jouer de-
18653«vant lui la flûte royale: LiLkLJ! ïabjU!
18654(Inschd
18655f. 9 4
18656r°, 142
18657v°). » Au rapport d’Ebn-Khaldoun
18658fol.
18659i 58
18660r°)
18661: «La flûtejL»^
18662est, chez
18663les
18664Africains, désignée par
18665le mot de schabbâbah ÜoL^..
18666«C’est un roseau creux, qui a, sur les côtés, un certain nombre de trous. Lorsque l’on souffle dans
18667« ce tuyau,
18668il produit des sons. Le souffle sort du creux de l’instrument par les différents
18669trous; et
18670« on varie le son en plaçant les doigts des deux mains à la fois sur ces ouvertures; ce qui se fait d’après
18671« des règles fixes, de manière à produire des accords harmonieux. » Hoest (Nachrichten von Marchas,
18672pag. 261), explique le mot ïoLvi. par petite flûte
18673;
18674et M. Villoteau [Instruments de musique, pag. g 5 i
18675et suiv.), par flûte à bec.
186761 o°
18677« Le mot auzân
18678écrit par un zà, dont le son approche de celui du sad, désignait un instru-
18679« ment de musique d’origine étrangère,
18680et que l’on frappait dans les marches du sultan. Le musicien
18681«chargé de cette fonction chantait, en langue turque, l’histoire des anciens rois, des récits de combats,
18682«et les exploits des guerriers fameux. D’un autre côté, les poètes, en alternant avec lui, chantaient
18683«des vers, en s’accompagnant sur le tambour de basque,
18684le mausoul et
18685le kèmendjah .»
18686xi
186870
18688« Les djmvichs <L£o «Lsr'l, au nombre de quatre, étaient des soldats de la milice, distingués'
18689« par leur courage, et qui avaient l’emploi de chanter devant le sultan, dans ses marches solennelles.
18690« Ils se partageaient en deux chœurs, dont chacun répétait un refrain différent.
18691Le mot djdu isch
18692est quelquefois écrit schâwiscli
18693jli.. On lit dans l’histoire d’Abou’lma-
18694hâsen (m. 9G1,
18695f. i 5 g r°)
18696: ^XJU
18697I j bei
18698j ^o_jLUb
18699jLe «Lorsqu’il marchait,
18700il était
18701« accompagné du schawisch , et de tout ce qui annonce la royauté. » Du reste, le mot djdwisch paraît
18702avoir eu une signification moins restreinte, et avoir désigné, comme encore aujourd’hui
18703, un officier
18704d’un rang inférieur qui était chargé de missions de plus d’un genre. On
18705lit dans l’histoire de Makrizi
18706(tom. Il, fol. 221 v°)
18707: ^L^b
18708^
18709«Le djâwisch proclama l’amnistie.» Dans
18710l’histoire d’Ebn-Àïas (man. 5 g 5 A, tom.
18711Il,
18712fol, 263, 296)
18713:
18714(J—ji
18715K h lui envoya
18716«quatre djâwisch.
18717» Dans Y Histoire de Jérusalem d’Imad-eddin (man. 714,
18718fol. 209
18719r°), ce mot est
18720écrit djdvousch
18721On y
18722lit:
18723« Les répri-
18724« mandes du djdvousch se mêlèrent aux cris des armées.
18725» Aujourd’hui ce terme désigne un huissier
18726(Estève, Finances d’Égypte, pag.
1872718), et le mot djaouychyah on tchaouchich désignait un
18728des sept
18729odjaks ou corps de troupes stationnés en Égypte. C’était lui qui était spécialement chargé de la levée
18730del’impct appelé rniri (ib., p. 2, 9); M. Marcel
18731( Contes du cheykh él-Mohdy,
18732t. III, p. 387).
p. 165
18733an 659 (1261).
18734IV. MEL 1 K-DAHER-BIBARS.
18735187
18736Bibars; et, depuis cette époque,
18737il sortit fréquemment, avec un nombreux cor-
18738tège, pour aller jouer à la paume.
1873911
18740fit écrire aux princes des Arabes
18741, du Yémen
1874212° «Les tabarclârs
18743ou porte-haches. » J’ai parlé plus haut de ce qui concerne ces gardes.
18744Suivant l’auteur du Mesalck-alabsar (man. 583 , fol. 169
18745r°)
18746, les tabardârs étaient des Curdes, qui
18747avaient le rang d’émirs, possédaient des bénéfices militaires; ils marchaient à pied devant le sultan,
18748et tenaient en main des haches nues.
18749Ils étaient toujours au nombre de dix.
18750i 3 ° «Le poignard royal
18751AsV- Dans les marches solennelles,
18752011 voyait deux poignards
18753«placés l’un à côté de l’autre, dans un même fourreau.
18754Ils étaient portés par le djaukendar, l’un des
18755« émirs attachés à la personne du sultan , et qui se tenait constamment
18756à la gauche du
18757prince. Un
18758«autre poignard était tenu tout droit à côté du sultan, qui s’en servait quelquefois pour s’appuyer.
18759« Auprès de ce poignard était un petit bouclier d’acier, que portait un des Khasekis. »
18760Le mot
18761A-pr-js0 se retrouve ailleurs, sous la forme
18762On
18763lit dans le Kitab-assolouk de Makrizi
18764(tom. I, pag.
187655 a 1)
18766:
18767aI^-j
18768ïLs-^L) ^UaLJI
18769«
18770Il frappa de son épée le pied du
18771«sultan et
18772le coupa. « Dans
18773l'Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 5 g 5 A, tom.
18774II,
18775fol.
1877678)
18777:
18778!
187791 j
18780!
18781« Il prit le poignard et le bouclier. » Et dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
18782(fol.
1878311
18784v°)
18785:
187861^3
18787j
18788J-w «Il
18789tira le poignard de sa ceinture,
18790et en frappa
18791« cet homme. »
187921 4 ° « La cuirasse aj
18793était de la fabrique attribuée à David. Le sultan la revêtait par-dessous ses ha-
18794« bits, dans ses voyages ou dans ses marches, afin de se prémunir contre les coups d’un ennemi perfide. »
18795i 5°
18796« Le kerâtah AÏ 1^.0
18797était une pièce de mousseline
18798^y
18799, plissée, longue d’un tiers de
18800« coudée
18801, et qui était placée entre le bonnet
18802AXâlSTJ
18803I
18804et le turban
18805! du côté gauche. Quelques
18806« princes le portaient en étoffe tissue d’or. Cet ornement
18807était particulier aux sultans de la dynastie
18808« turque de l’Égypte. »
18809Le mot schâsch, comme on voit, est pris ici dans deux significations
18810: d’abord
18811,
18812il désigne la mous-
18813seline. En effet, on
18814lit dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689,
18815fol. 60
18816r°)
18817: « Lorsque
18818l’on
18819« eut augmenté les droits qu’on levait sur les marchands de l'Inde
18820,ya* y oLi,LÜ
18821I
18822, les
18823« mousselines devinrent fort rares en Égypte.» Dans
18824l’histoire d’Ahmed-Askahini
18825(t.
18826II
18827,
18828f. 247 v°),
18829nous trouvons que dans l’année 843 de l’hégire (deJ.C.
18830i 43 g)
18831:
18832hld ^3
18833« Les ceintures
18834èt
18835les mousselines se vendaient au plus bas prix. » Le même mot désigne
18836:
18837« Cette
18838« pièce de mousseline que l’on roule autour de la
18839calotte du turban. » Niebuhr
18840dit en parlant des
18841Arabes [Description de l'Arabie, p. 55 )
18842: «Ils enveloppent cette multitude de bonnets d’une grande
18843«pièce de mousseline, nommée sasch, qui a aux deux bouts des franges de soie, et même d’or, qu’ils
18844«laissent pendre entre les épaules, sur le dos. » Au rapport de Makrizi
18845(Solouk
18846tom. II,
18847fol.
18848iôï)
18849le mot schâsch ^,Li, désignait « Une coiffure
18850que les femmes inventèrent vers l’année 780 (de
18851J. C. 1378), et qui ressemblait à une bosse de chameau. Elle prenait sur le front de la femme, et se
18852terminait vers le dos. Quelques-unes avaient de longueur environ une coudée
18853,
18854et de hauteur, moins
18855d’un
18856quart de
18857coudée. » Il ne faut pas
18858confondre ce terme avec
18859celui de schâschiah
18860,
18861qui
18862désigne
18863la calotte que l’on met sous
18864la mousseline du turban (Hoest, Nachrichtcn von Marokos,
18865p.
188661 1 4) j M. Maggill
18867( Voyage à Tunis, p.
188681 3 a, 149, 160)
18869écrit chéchia', ét Tavernier
18870(Voyages,
18871etc.,
18872tom. I, pag. 699) sesse. (Voyez M. Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe
18873,
18874tom. I, pag. 199). Quant
18875I.
1887618
p. 166
188771 38
18878HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
18879de la Syrie, et des provinces
18880frontières, pour leur notifier son avènement au
18881trône d’Egypte et de Syrie.
18882Sur
18883ces entrefaites, Melik-Dâlier
18884fit partir pour Damas l’émir Djemâl-eddin-
18885au mot keljah LlS* ou keljatah
18886il désignait un bonnetformant le corps clu turban. On
18887lit dans
18888le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. I, fol, 49)
18889: *~-îj ^
18890« Il avait son bonnet sur la tète. «
18891l) ^
18892^
18893v
18894j
18895«11 jeta
18896son bonnet par
18897terre,
18898et
18899resta tète nue.» Dans un autre
18900ouvrage du même auteur
18901(.Solouk
18902, tom. I, pag. 43a)
18903: Ji£
18904oUilT « Des bonnets d’étoffe de
18905tissu
18906« d’or.» Ailleurs (pag. 649)
18907:
18908ïL'iKfl
18909^
18910«11 se découvrit
18911la tète
18912et
18913« posa son bonnet à terre. » Dans YHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (m. 663, fol. 77 v°)
18914:
18915s.
18916ïbiltfl
18917«
18918Il ôta de dessus sa tète le bonnet. » Ce mot, qui était probablement d’origine étrangère
18919est également écrit kaloutah Üj JIT, ce qui représente parfaitement notre mot calotte. On lit dans le Me-
18920salek-alabsar (m. 583,
18921f. 169 v°)
18922j-?-h5î
18923v
18924jlaUo
18925«Les bonnets sont petits, et formés en grande partie, de laine de Malatiah. Par-dessus, on place
18926« de petits turbans. » Makrizi, dans la Description de l’Égypte (article des armées, m. 798,
18927f. 189 r°),
18928a, suivant son usage, copié mot pour mot ces détails. Le même écrivain (ib.) continue en ces termes:
18929« Du temps de l’émir Ilbogâ-Khaseki
18930, qui était à la tête de l’administration , sous le règne d’Aschraf-
18931« Schaban
18932, on augmenta les dimensions des bonnets
18933et de ce qu’on roulait par-dessus. Cette
18934« nouvelle coiffure prit le nom de bonnet Tarkhdni LJ Lk J2)
18935t
18936Celles qui étaient plus petites
18937« furent désignées par le nom de Ndseri Lj-oUf. Enfin, sous le règne de Dâher-Barkok, on aug-
18938« menta considérablement le volume de ces bonnets, et 011 donna à l’étoffe qui les recouvrait ÏJL une
18939« direction tortueuse. Ils reçurent le nom de djerkesis L.+S
18940(Circassiens), et ils subsistent encore
18941« aujourd’hui avec
18942la même forme.» Cet historien dit ailleurs
18943(fol.
18944197 v°)
18945:
18946U^jj
18947« Un bonnet d’étoffe d’or,
18948qui
18949était attaché avec
18950des
18951agrafes. » Dans
18952le Ritab-assolouk du même
18953auteur (tom. I, pag. 3oo)
18954:
18955J£ tj, À
18956«.
18957Éj
18958«
1895911 lui assigna, pour chaque mois,
18960« deux bonnets d’étoffe d’or.» Plus loin (pag. 653)
18961:
18962Ijio.!
18963...
18964bilXÎt ^ii3t
18965« Il jeta
18966« le bonnet qui était sur sa tête
18967... ils prirent son bonnet.» Ailleurs (tom. III,
18968fol. 149)
18969:
18970Lji5"
18971JÜ!
18972. Dans l’histoire de Nowairi (26
18973e partie, man. deLeide,
18974fol. x33
18975r°)
18976:
18977LjjlX)!
18978(
18979« 11 mit sur sa tète un bonnet jaune.
18980» Et dans l’histoire d’Ebn-Aïas (tom. II,
18981fol. 101)
18982:
18983à.** \j
18984t ja
1898516 0 «Les tapis de soie^J^sr-H
18986étaient des pièces de soie jaune ou rouge, que l’on étendait sous
18987« les pieds du cheval du sultan, mais seulement lorsque ce prince revenait d’un long voyage. On en cou-
18988« vrait tout le terrain sur sa route, depuis la porte de la Victoire^sJ
18989!
18990ou celle de Bein-alarousctain
18991«
18992jusqu’à la porte de la Palissade
18993w>l>, dans le château delà Montagne. Aussi-
18994«tôt après le passage du sultan, ces tapisseries étaient mises en pièces, et enlevées par les djemdars.
18995»
1899617
189970 «Le djornakdâr
18998j
18999, dont
19000le nom, composé d’un mot turc et d’un mot persan, signifie
19001« porte-massue , devait être un homme d’une belle figure, d’une grande taille, et d’un air imposant.
1900211
19003« se tenait
19004, pendant les marches de cérémonie, près du sultan, du côté droit , ayant la main élevée , et
19005« portant une arme semblable à une massue
19006, dont l’extrémité
19007était grosse et dorée. Il avait les yeux
19008Dans la Description de
19009l Egypte de Makrizi
19010(article de
19011J LL
19012!
p. 167
19013AN659 (ia 6 i).
19014IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
19015189
19016Mohammedi;
19017il
19018était porteur d’une somme de cent mille pièces d’argent, de
19019ceintures et de robes d’honneur, pour une valeur de deux mille dinars.
19020Il avait
19021pour mission de gagner la population, et de débaucher les partisans de Melik-
19022Moudjahid-Sandjar. Il arriva à Damas, le troisième jour du mois de Safar, et s’oc-
19023cupa tout de suite à remplir les intentions de son souverain. Les émirs Kaïmeris
19024accueillirent ses propositions, et sortirent de
19025la ville, accompagnés d’un grand
19026nombre d’émirs, parmi lesquels on
19027distinguait Ala-eddin-Idekin-Bondokdari-
19028Sâlélii,
19029Beha-eddin-Bogdi-Aschrafi,
19030Kara-Sonkor-Véziri. Tous
19031ensemble
19032pro-
19033clamèrent
19034le nom de Melik-Dâber-Bibars (8). L’agitation fut au comble dans la
19035ville de Damas. Moudjahid
19036lit marcher contre les rebelles un corps de troupes
19037qui fut mis en déroute.
19038Il sortit en personne, à la tête de ses partisans, et fondit
19039sur ses ennemis.
19040Ils
19041prirent d’abord
19042la
19043fuite; puis
19044ils
19045revinrent
19046à
19047la
19048charge.
19049Moudjahid blessé, et ayant vu périr un grand nombre de ses soldats, se réfugia
19050dans la citadelle
19051, et s’y mit en état de défense
19052, le samedi, onzième jour du mois
19053de Safar. L’émir Idekin-Bondokdari, ostadar (majordome) de Melik-Dàher, entra
19054dans la ville, dont
19055il prit possession, engagea les habitants à jurer fidélité au
19056sultan d’Égypte, et remplit les fonctions de gouverneur. Moudjahid, craignant
19057pour sa vie, abandonna la citadelle de Damas, et se dirigea précipitamment vers
19058Balbek
19059; mais l’émir Idekin ayant envoyé à sa poursuite,
19060il fut atteint, et amené
19061sous bonne garde. A cette nouvelle, Melik-Dâber conféra à l’émir Ala-eddin-Tai-
19062bars-alhadj-Wéziri le commandement de la forteresse de Damas. Il y joignit le ma-
19063niement des fonds publics. Par ordre de ce prince, l’émir Sandjar-Halebi fut envoyé
19064en Egypte. Idekin occupa, l’espace d’un mois, la place de gouverneur de Damas. Au
19065bout de ce temps
19066,
19067il fut destitué
19068, et eut pour successeur l’émir Taibars-Wéziri.
19069L’émir Sandjar, chargé de chaînes, et confié à la garde de l’émir Bedr-eddin-ben-
19070Radjal, arrivaen Égypte, le seizième jourdu mois de Safar. Melik-Dâber envoya à sa
19071rencontre l’émir Baïsari. On le fit entrer secrètement, pendant la nuit
19072, par la porte 273
19073de Karâfab, et on le mit en prison dans la citadelle, à l’insu de tout le monde.
19074«fixes sur ceux du sultan, et ne les détournait sur aucun autre objet, jusqu’au moment où le prince
19075« quittait son audience.
19076>»
1907718 0
19078« La naubah ou le chœur de musique de la princesse ^
19079AldL by était une cérémonie qui avait
19080« lieu chaque nuit, au château de la Montagne
19081, et où se rassemblait un grand nombre de musiciens.
19082«Elle était présidée par un des Mamlouks du gouverneur du château.
19083Il était revêtu d’un costume
19084«complet, et avait à la main un bâton doré. Devant lui était un petit flambeau que tenait un des por-
19085« tiers, qui le faisait mouvoir avec légèreté et agilité, de manière à suivre la mesure des instruments. »
19086(8 ) Je lis
19087.
19088.
19089.
19090Ij^Li
19091, au lieu de IjMj.
1909218.
p. 168
19093HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
19094ï4o
19095Cependant, Melik-Dâher envoya l’émir Ala-eddin-Iagmouri, porteur d’argent
19096et d’objets précieux
19097, pour rétablir la mosquée du Prophète
1909811 expédia
19099des ouvriers et des matériaux, pour reconstruire la coupole de la Sakhrah
19100(la
19101roche) de Jérusalem, qui menaçait ruine.
19102Il détacha des
19103fiefs des émirs toutes
19104les fondations pieuses affectées à l’entretien de la ville de Klialil (Hihron). L’émir
19105Djemâl-eddin-ben-Iagmour fut chargé de rebâtir le château de Raudah
19106, dont une
19107partie était écroulée. Le prince répara tous les dégâts qu’avait soufferts cet édifice,
19108y
19109établit
19110les djandjars,
19111et
19112lui
19113rendit toute sa magnificence primitive. Chacune
19114des tours fut confiée à un des émirs, dont voici les noms
19115: Kelaoun
19116, Izz-eddin-
19117Halebi, Izz-eddin-Aougan , Baïsari
19118, et autres. Chacun de ces émirs eut ordre de
19119placer son logement et ses écuries dans la tour qui lui avait été assignée; et on
19120leur remit les clefs du château.
19121Le
19122sultan donna ordre de bâtir
19123les
19124arches de
19125la chaussée de Schobrament
19126(9)
19127, dans le canton de Djizeli
19128, attendu que, chaque année , une immense
19129étendue de terres restait privée de l’inondation. Ce
19130travail
19131fut d’une extrême
19132utilité pour les provinces voisines. Par ordre de ce prince, on reconstruisit les
19133murailles
19134d’Alexandrie;
19135et une somme d’argent fut consacrée, chaque mois, à
19136cette réparation. On bâtit, près de la place de Raschid (Rosette), une tour
19137qui avait pour objet d’observer ce qui se passait sur la mer. On
19138fit combler une
19139partie
19140de
19141l’embouchure du bras de
19142Damiette. On
19143envoya sur
19144les
19145lieux un
19146giand nombre de
19147tailleurs de pierres ^
19148(10), avec des blocs de pierres
19149jâptpül (1 1), et des poutres Lslyül (12). Ils avaient ordre de rétrécir le lit de cette
19150(9)
19151J’ai
19152cru
19153devoir
19154substituer
19155ici la leçon
19156à
19157celle
19158de
19159( Voyez
19160Relation
19161de
19162l’Égypte , par Abd-allatif, pag. 6j5).
19163( 10) Le mot jLs- hadjdjâr signifie un tailleur de pierres.
19164Il se trouve souvent employé, avec ce
19165sens, dans la Description de l'Égypte de Makrizi. Voyez aussi Abd-allatif
19166( Compendium mirabilium
19167Ægypti, pag.
19168102). Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714,
19169f. 274 v°)
19170, on
19171lit
19172: Ü&l?-
19173^Lâ^l
19174« Quelques tailleurs de pierres coupèrent une montagne. » Dans un passage
19175de l’histoire de Nowaïri
19176(man. 683 ,
19177fol. 20),
19178il désigne
19179: Celui cpù lance des pierres,
19180à
19181l’aide des
19182machines.
19183(11) Le mot
19184, au pluriel
191851yî, signifie probablement, un bloc de pierres ; car on
19186lit dans
19187Youvrage cosmographique d’Ebn-alwardi (démon manuscrit,
19188fol. 116 r°)
19189vjXb' ^
19190tpi3
19191« Un escalier composé de blocs de pierres. » Dans la Vie de Bibars par Nowaïri (man. d’As-
19192selin, fol. 4 r°):
19193j
19194j
19195^3 çDj
19196« Pour combler l’em-
19197« bouchure du bras de Damiette et
19198autres
19199canaux
19200, le rétrécir,
19201et en rendre la navigation
19202difficile,
p. 169
19203IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
19204an 659
19205( 12 ^ 0
19206*
19207* 4
19208rivière, de manière que les grands vaisseaux n’y pussent pénétrer; et les choses
19209sont encore aujourd’hui au même point. L’émir Seïf-eddin-Reschidi , ayant été
19210chargé de
19211travaux
19212relatifs au bras
19213d’Osclimoum,
19214se
19215rendit sur ce terrain,
19216manda les gouverneurs riverains,
19217fit creuser le lit du canal, et enlever toutes les
19218terres qui l’obstruaient. On coula à fond un grand nombre de barques, afin de
19219forcer les eaux de refluer vers ce bras du fleuve.
19220Bibars fit rebâtir toutes les forteresses de Syrie qui avaient été ruinées par les
19221Tatars, savoir
19222: la citadelle de Damas
19223, celle de Sait, celle d’Adjeloun
19224, de Sarkhad,
19225de Bosrâ, de Balbek, de
19226Sclia'izer, de Soubaïbali, de Schemaïmis, et de Hems.
19227Toutes furent reconstruites en entier. On nettoya les fossés, on élargit les tours,
19228que
19229l’on remplit de
19230munitions. On y envoya des Mandouks
19231et des soldats; et
19232l’on y déposa
19233(i 3 ) une immense quantité de froment, et de provisions de tout
19234genre. Une masse énorme de grains fut transportée à Damas, et distribuée dans
19235les
19236cantons
19237voisins,
19238afin
19239d’offrir
19240aux
19241laboureurs
19242une
19243ressource
19244précieuse
19245(14). On construisit dans la ville de Damas, une maison destinée à rendre
19246« par le moyen de blocs de pierres. » Ces mêmes détails se trouvent répétés dans l’ouvrage intitulé
19247lnscliâ (man. 1673,
19248fol.
1924967
19250r°). Dans
19251la Description de VÉgypte de Makrizi (lom.
19252I, man.
19253797,
19254fol, 179 r°)
19255:
19256I jsz j ^ IæjÜJ
19257! j
19258!j.i) !
19259« Ils coupèrent un grand nombre de
19260« blocs de pierres, et les jetèrent dans le Nil. «
19261(12)
19262J’ai traduit le mot Lslyj par poutres-, et, jusqu’à présent, je n’ai recueilli aucun exemple du
19263même mot. C’est donc uniquement par conjecture que j’ai déterminé sa signification.
19264(1 3 ) Je lis
19265au lieu de CUi
19266(14) Le mot
19267au pluriel jliü'
19268, est expliqué dans une note marginale du Tarikhi-Wassâf
19269(manuscrit de la Bibliothèque du Roi, fol.
19270126
19271v°). On
19272lit dans cet ouvrage
19273:
19274j
19275yïï
19276!
19277. Ç3 Cf}
19278LiL
19279t Ç .VZ,
19280^
19281t Ç q L.Ü—.1 ^
19282!
19283y bj à
19284«Pour
19285la plupart des eaux
19286et
19287des terres qui appartenaient au fisc,
19288si
19289les semences
19290et
19291les grains
19292«étaient fournis par lui, la répartition s’en
19293faisait avec une extrême justice. « La glose est conçue
19294en ces termes
19295:
19296j!
19297jJ.» 3
19298j
19299! JJï ijs
19300I
19301ds ^.Lsu
19302«Le mot
19303désigne des
19304grains que l’on fournit aux laboureurs pour
19305leur
19306nourriture,
19307«avant la moisson; et qu’on se
19308fait rendre après cette époque.
19309» On
19310lit dans la
19311Fie de Bibars par
19312Nowaïri (fol. 62 r°)
19313:
19314«jL
19315... ^
19316«Le sultan dépêcha un envoyé, chargé de
19317« grains fournis d’avance par le fisc. » Dans la Description de L’Egypte de Makrizi (article des Impôts)
19318•
19319Âj jJu
19320J Lj lia
19321,_5
19322a
19323’ J
19324S3
19325w’-îj t
19326'—âJI
19327wib ÏjL
19328« Les terres d’Égypte avaient des réserves de grains
19329« qui étaient fixées pour chaque canton; elles sc divisaient en deux parties
19330, savoir
19331: les réserves qui
19332«appartenaient au sultan,
19333et celles qui appartenaient aux villes. Toutes ensemble se montaient à la
19334M somme de cent soixante mille ardebs. » Dans le Traité des Famines
19335du même écrivain
19336fol. 16 r°'
19337'
p. 170
19338HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
19339la justice Ja*)| jta, et l’on y bâtit, près d’Aïn-Djalout, un monument appelé
19340le
19341meschhed de la victoire
19342! a$.à». On établit sur toutes les routes des relais de
19343poste jjy. Par ce moyen
19344, une nouvelle arrivait en quatre jours du château de la
19345Montagne à Damas, et en revenait dans le même espace de temps. Deux fois chaque
19346semaine le sultan
19347recevait des nouvelles des différentes provinces,
19348et lui, sans
19349sortir du château de la Montagne, envoyait ses ordres dans tout l’empire, pour
19350nommer ou destituer les fonctionnaires. Ce ne fut qu’après avoir dépensé des
19351sommes
19352considérables,
19353qu’il parvint à organiser complètement
19354ce
19355service.
19356II
19357s’occupa avec un grand soin de surveiller la construction des vaisseaux de guerre
19358(i5). Jusqu’à cette époque,
19359l’entretien de
19360la
19361flotte avait
19362été, en
19363t ^ LjLkLJt
19364«On porta des
19365villages
19366les
19367réserves de
19368grains destinées au
19369« sultan. « Dans le Kitab-assolouk de cet historien (tom.
19370I, p. 941)
19371: (^3 ÏaLs-M icJlhLJî
19372«Les réserves de grains appartenant au sultan, qui étaient
19373fixées dans chaque canton.
19374»
19375Plus bas (pag. 942)
19376:
19377^y ^LkLJt ù'&s
19378U
19379« Sans compter les réserves de grains
19380t
19381« appartenant au sultan. « Et enfin
19382( ibict.)
19383: LjliaJuJI ^CjUJt ÀâAj
19384«Pour lever les réserves de
19385« grains dévolues au sultan. » Dans l’ouvrage intitulé Adab-cilkdteb (m. de Saint-Germain,
19386f. 90 r°)
19387:
19388hjüJ! ^
19389L» j
19390! AsU «La quantité de grains nécessaire pour chaque feddan. » Dans
19391YHistoire des patriarches d’Alexandrie (man. arab. 140, pag. 335 )
19392:
19393AsÜ A3
19394^*3jcL j ^U! Ï.ÇS.W «Les réserves de
19395grains avaient été épuisées, par suite de la détresse et des
19396« alarmes de
19397la population. » Dans le même ouvrage
19398( ibid
19399pag. 335 ),
19400le verbe
19401y
19402signifie
19403: Faire
19404des avances de grains à ceux qui en ont besoin. » On y
19405lit
19406:
19407L$.’
19408J bbi AA.y ^
19409Ljy î
19410« Il ordonna de prendre les grains des marchands, et d’en faire des avances aux habitants des
19411« divers cantons.»
19412(i 5 ) Le mot schdni
19413ou schini
19414, au pluriel schawâni
19415! JL
19416, désigne une galère. Dans
19417la géographie d’Ebn-Haukal (manuscrit, pag. 67), on lit
19418:
19419j
19420«Les vaisseaux et les
19421«galères;
19422»
19423et
19424(ibid.)
19425le nom
19426d’unité
19427A~kJ*', «une galère.
19428»
19429Dans
19430l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni
19431(man.
19432714,
19433fol. 59V
194340
19435)
19436:
19437ïyLs. «Dix galères.»
19438Et plus loin
19439(fol 99 v°)
19440: ajIâ
19441cr
194424 Jrr'
19443,
19444•'
194451
19446Lad
19447\
19448« Chaque galère est destinée à faire des incursions sur l’ennemi. » Dans la Description
19449de l’Égypte de Makrizi
19450(article Impôts, manuscrit 797):
19451r?
19452Jlji.
19453'ijLs* «Dix galères propres
19454« à tenir la mer.» (Article des khalifes Fatimites, fol. ibid.)
19455:
19456Ailleurs (fol.
19457141
19458v°)
19459:
19460l3*^Lî
19461iSy
19462Llio
19463^y
19464«On vit arriver devant Tennis les galères de
19465Sicile, au
19466« nombre d’environ quarante bâtiments.» Et plus loin (fol. 399 r°)
19467:
19468«Des galères de
19469«guerre.
19470» Dans un manuscrit arabe de la bibliothèque du Vatican (man. 267,
19471fol.
1947282), on trouve
19473ces détails
19474: ALj'Lsijl sy j UIast*
19475-5
19476.
194779 Asrf,
19478./-ois
19479j
19480L«!
19481^slÀac'M j «Quant à la galère appelée autrement gorâb,
19482elle
19483est mise en mouvement par cent
19484« quarante rames; et porte à
19485la fois des combattants et des rameurs. » Les mêmes renseignements
19486sont
19487donnés
19488par l’ouvrage intitulé Adab-alkâteb (man. de Saint-Germain,
19489fol. 177 r°). Dans
19490la
p. 171
19491IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
19492an 65 g (1261).
19493l43
19494Égypte, extrêmement négligé. Les émirs enlevaient les équipages des vaisseaux,
19495les employaient sur les barques
19496et autres bâtiments. Le sultan remit les
19497choses sur le pied où
19498elles
19499étaient sous le règne de Melik-Sâleh Nedjm-eddin-
19500Aioub.
1950111
19502fit construire un grand nombre de
19503galères
19504j|
19505dans les
19506ports de
19507Damiette et d’Alexandrie. Il vint en personne visiter l’arsenal maritime a&LuJ!
19508, et
19509y
19510établit tous les règlements qu’il jugea nécessaires. Bientôt il eut en mer plus de
19511quarante galères 'ÀjJLà (16), sans compter un grand nombre de barques
19512(17),
19513de bâtiments de transport jüî^L (18), et autres embarcations.
19514Fie de Saladin , écrite par Beha-eddin (pag. 119)
19515:
19516b=s.l
19517« On prit à l’ennemi une
19518« galère. » Plus loin (p.
19519i 33 )
19520:
19521^
19522« Les barques et les galères. » Et enfin (p.
19523x A 3
19524;
19525:
19526,3
19527« Sur des galères.»
19528(16) Le mot kitah Â*hà désigne une sorte de vaisseau. On lit dans le Kdmel d’Ebn-Àthir (tom. II!,
19529fol. 221 v°) :<JU L^j ïjJaà h
19530^ ava it > à l’embouchure
19531«de
19532la
19533rivière d’Abou-Khasib,
19534environ cinq cents bâtiments
19535qui portaient
19536ses richesses.» Dans
19537f Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, fol. 61 v°)
19538: Axhà LUj
19539!
19540«Parmi nos ga-
19541«lères, était un vaisseau.» Et plus loin
19542(fol. 248
19543v°)
19544:
19545ïxlà
19546£*iaà
19547wJ~oj «Chaque galère
19548« qui arriva ressemblait à une citadelle. » Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (man. de la Bibliothèque
19549du Roi, tom. VI, fol.
19550v°)
19551:
19552j ^LbLwt ^ IxiS
195533j-;sr^!
19554« Es se
19555« mirent en mer avec trente-deux bâtiments,
19556tant de leurs
19557flottes que de
19558la sienne. » Et plus loin
19559(fol. 161
19560r°)
19561:
19562«Il envoya deux vaisseaux à son
19563secours. » L’auteur du Kartâs (ma-
19564nuscrit, pag. 245) emploie au pluriel la forme ^jLka. On lit dans un passage de ce livre
19565: 3j-WsjÎ
19566Jjlipî 3
19567çjÜsâ
19568« Les vaisseaux des Musulmans furent détruits dans le détroit.
19569»
19570(17) Le mot harrâkah là
19571, au pluriel harârik
19572tjÿlj
19573, dans sa signification primitive
19574, désigne
19575un
19576brûlot. On lit dans la Vie de Mahmoud
19577,
19578écrite par Otbi (man. arab. de Ducaurroy, fol. 17
195791 v°J
19580:
19581Aà!^=s. 3
19582jslà î « Il vint vers lui, sur un brûlot. » Et une note marginale donne l’explication suivante
19583:
19584'ià
19585« On entend parle mot harrâkah des vaisseaux
19586. « d’où on lance
19587le feu. » Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (man. arab. 714, fol. 180 v°)
19588,
19589on
19590lit ces mots
19591:
19592,U!
19593Jjs>bî
19594jlj.cs.
19595« Des brûlots qui, par leurs feux, consument les
19596« hommes destinés au feu éternel. » Et plus loin
19597(f. 181 v°)
19598: çjjjîjJI
19599UbjtJ! >1 ,3!^ «Ses brûlots ont pour caractère d’épier attentivement les éclairs des cata-
19600« strophes, afin de brûler dans l’eau
19601les hommes destinés au feu.
19602» Au reste,
19603si j’emploie ici le mot
19604de brûlot
19605,
19606c’est seulement pour exprimer le terme arabe par un terme qui semble
19607lui correspondre.
19608En effet,
19609le mot ïàjj^s. ne désignait pas ce que désigne un brûlot, c’est-à-dire, un bâtiment rempli de
19610matières combustibles, et uniquement destiné à incendier une flotte ennemie. Il indiquait, en général,
19611une barque, de dessus laquelle on pouvait, au besoin, lancer
19612le naphte sur les vaisseaux ennemis;
19613mais qui, désarmée, servait comme bâtiment de transport, et s’employait également sur la mer et
19614sur les fleuves. On lit dans l’histoire de Nowaïri (26
19615e partie, man. de Leide, fol. 184
19616r°),
19617: ,3
p. 172
19618HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
19619>44
19620Un jour, ce prince vit paraître devant lui un des soldats de
196211 émir Saïkal. Cet
19622homme lui apprit que
19623son maître
19624avait répandu de
19625l’argent parmi
19626les
19627émirs
19628“
1962911 fut mis sur une barcIue
19630>
19631et envoyé en Égypte.
19632» Dans
19633la Vie de Saladin
19634,
19635écrite par Beha-eddin
19636( Vita
19637Saladini, pag.
19638i 33 )
19639:
19640\ j
19641| «Us
19642les atta-
19643« quèrent, avec des barques et des
19644galères. » Dans un manuscrit arabe du Vatican
19645(manuscrit 267,
19646loi. 82;
19647:
19648Uj «Quant à
19649la barque,
19650elle était
19651petite.» Dans
19652le Kdniel d’Ebn-Atbir
19653(tom.
19654ï,
19655fol. 101)
19656:
19657^
19658« J’étais avec lui sur la
19659barque.» Plus loin
19660(fol. io 5
19661r°)
19662:
19663jJ!
19664fi
19665lï
19666« H construisit cinq barques sur le Tigre. » Dans la Description de
19667l’Égypte de Makrizi (art. de Tennis, man. arab. 797,
19668fol.
196691 4 x v°), on voit que
19670, dans l’année 5oo de
19671l’hégire (de J. C.
196721 106)
19673, les Francs d’Askalon firent une descente sur le territoire de Tennis , avec dix
19674barques
19675yÉs>. L’auteur du Inschâ fait mention
19676(f.
19677i 38 r°j de la grande barque
19678ap-
19679pelée dhehebiah
19680(dorée),
19681et
19682de celle
19683(fol.
196841
196853
19686v°), que montaient
19687les principaux
19688émirs.
19689O11 pourrait
19690ainsi corriger quelques
19691passages d’un voyageur estimable. On
19692lit dans
19693la relation de
19694Bremond [Viaggi nell’ Egitto, pag. 88, 89, 90), que l’on emploie, en Égypte, de grandes barques
19695appelées ncnba, au pluriel acabcs. Comme je n’ai jamais trouvé un terme semblable qui fût en usage
19696pour désigner une barque,
19697il me semble qu’au mot acabu,
19698il faut substituer celui de harrakah.
19699(18)
19700J’ai lu tarâïd AjÎjJs au lieu de
19701En effet, le mot taridah
19702dans le langage des
19703Arabes de l’Égypte, désignait tin vaisseau de transport. On
19704lit dans un manuscrit arabe du Vatican
19705'man. 267,
19706fol. 82)
19707:
19708l.
19709U> ji£\ j
19710J-?-
19711L»l «Quant
19712«au bâtiment appelé taridah,
19713il est destiné pour le transport des chevaux.
19714Il peut contenir, au plus,
19715«quarante de ces animaux.» Les mômes détails se trouvent dans l’ouvrage intitulé Adab-alkdteb (les
19716devoirs de l’écrivain), manuscr. de Saint-Germain,
19717(fol. 177 r°). Dans
19718l’ Histoire des Aioubites, écrite
19719par Djemâl-eddin-ben-VYâsel (man. arabe non catalogué, fol. 23 )
19720:
19721S-Vc
19722iyjjb «Le nombre des taridah qui servaient à transporter les chevaux
19723s’élevait
19724à
19725« trente-six.»
19726Et ailleurs
19727fol. 4°8
19728r°)
19729: -AjIjUI fi
19730Dans l’histoire de Nowaïri
19731(26
19732e partie,
19733man. de
19734Leide,
19735fol. 92
19736v°)
19737:
19738ï
19739J
19740Dans l’ouvrage historique de Ma-
19741krizi [Solouk, tom. II, fol. 49)
19742:
19743Ç^J
197443
19745.
19746J
19747(jK
197483
19749.
19750«
1975111 alla faire construire cent galères, tant gorâbs (corvettes) que taridah , destinées au transport des
19752« chevaux. » Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain 118 bis s fol. 324 r")
19753,
19754fi
19755I jAÔ !
19756A;
19757!jh)
19758t j
19759! j
19760« Sur les vaisseaux , les bâtiments , les taridah et les galères. » Ce mot
19761existe encore aujourd’hui, sous
19762la forme tarâil
19763On
19764le
19765trouve plusieurs
19766fois dans les
19767pièces
19768arabes publiées par Sousa
19769( Documentas arabicos, p. 128,
19770129). Voyez aussi
19771le voyage de Tavernier,
19772(tom. I, pag. 258 ). Au rapport de Niebuhr
19773( Voyage en Arabie
19774tom.
19775I, pag. 228), on désigne par le
19776mot tarad un vaisseau qui fait le voyage du Yémen à Djidda.
19777Le terme arabe taridah
19778a passé, au moyen âge, dans le langage de différents peuples de
19779l’Europe. Pachymeres, et d’autres écrivains Byzantins, l’emploient, au pluriel, sous la forme -raptSe?
19780ou Totpvnxt (Voy. du Cange, Glossariurn ad scriptores mediœ et infirme grœcitatis, tom. II, col.
19781i 533).
19782Chez les auteurs latins du moyen âge, il se présente sous les formes tarida,
19783tarifa,
19784tareta. On peut
19785voiries passages rassemblés par du Cange
19786( Glossariurn mediœ
19787et infimœ latinilatis, 1678, tom. III,
19788col. 1070),
19789et par son abbréviateur Adelung
19790( Glossariurn manuale,
19791etc., tom. VI, pag.
19792483 , 484)'
p. 173
19793AN 65 9
19794(1261).
19795IV. MEL1K-DAHER-BIBARS.
19796Moézzis, et concerté avec eux l’assassinat du sultan; que parmi les conjurés
19797se
19798trouvaient
19799les
19800émirs
19801Alem-eddin-Gatmi
19802,
19803Behadur-Moëzzi',
19804et Schodja-eddin-
19805Bektout. Ils furent tous arrêtés le huitième jour du mois de Rebi premier. Bientôt
19806après,
19807le
19808scikeb Zeïn-eddin-Iakoub-ben-Zobaïr
19809fut mis en
19810prison,
19811et renfermé
19812dans la salle du
19813vizirat
19814la là . Mais l’émir Seïf-eddin-Anes ayant intercédé
19815pour
19816lui,
19817il
19818fut, le même jour,
19819gratifié
19820d’une robe d’honneur. Quelques jours
19821étaient à peine écoulés, que
19822le sultan
19823fit arrêter l’émir Anes;
19824et le matin de la
19825même journée, le sàlieb Ebn-Zobaïr fut également mis en prison. Bibars manda
19826le hadi-alkodat Tadj-eddin
19827, dans l’intention de lui conférer le titre de vizir; mais
19828il refusa cet honneur;
19829et, malgré
19830les sollicitations de l’atahek
19831Fâres-eddin
19832,
19833il
19834persista dans sa résistance, et se retira dans sa maison. On
19835fit venir alors Beha-
19836eddin-Ali-ben-Sedid-eddin-Mohammed, qui fut promu au rang de vizir, et chargé
19837de tous les soins du gouvernement, et des détails de l’administration des affaires.
19838Il fut revêtu d’une rohe d’honneur, et se mit en marche, accompagné des prin-
19839cipaux personnages, des grands de l’État, et d’un grand nombre d’émirs, parmi
19840lesquels on distinguait Seïf-eddin-Belban-Roumi. Sur ces entrefaites, un courrier
19841arrivé d’Akka, apporta la nouvelle que
19842sept îles du pays des Francs s’étaient
19843abîmées dans la mer avec toute leur population
19844; que cette catastrophe, qui avait
19845coûté
19846la
19847vie à une multitude de personnes, avait été précédée d’une pluie de
19848sang qui s’était prolongée l’espace de dix jours.
19849Les habitants d’Akka, saisis
19850d’effroi, fondant en larmes, imploraient la misé-
19851ricorde de Dieu.
19852Sur ces entrefaites, le sultan
19853fit partir l’émir Bedr-eddin-Bilbek-Aïdemuri
19854, à la
19855tête d’une troupe nombreuse. Ni ceux qui l’accompagnaient, ni d’autres, ne sa-
19856vaient quel était le but de cette expédition. Ce corps, s’étant dirigé vers Schaubak,
19857prit possession de cette
19858ville
19859, qui lui fut remise par les officiers qui y comman-
19860daient au nom de Melik-Moughith-Fatah-eddin-Omar,
19861le vingt-sixième jour du
19862mois de Rebi second. Le gouvernement de la place fut confié à l’émir Seïf-eddin-
19863Belban
19864Mokhtassi. On y établit des nakibs et des Djandars LüJî
19865Aux exemples que ces deux philologues ont produit, on pourrait, sans doute, en ajouter un grand
19866nombre. On
19867lit dans l’ouvrage de Sanuto
19868(Sécréta fidelium crucis,
19869pag.
1987058, 65), que les, Génois de
19871Péra employaient pour transporter les provisions de bouche et le bois, des bâtiments appelés taretœ.
19872Dans des instructions données par le sénat de Venise à un ambassadeur qu’il envoyait auprès du roi
19873de Tunis, le mot tarida se trouve plusieurs fois (Marin,
19874Storia.... del commercio de’ Venezicini,
19875t. VI,
19876pag. 325, 326). C’est probablement ce terme qui a donné naissance à celui de tartanci, tartane.
19877L
19878i 9
p. 174
19879HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
19880146
19881;
19882et l’on réunit au domaine
19883particulier de la forteresse tout ce qui lui
19884avait appartenu sous le règne de Melik-Sâleli. Bientôt après, l’émir Beha-eddin-
19885Bagdi fut arrêté , et enfermé dans le château de la Montagne , où il resta prisonnier
19886jusqu’à sa mort.
19887Le mardi, dixième jour du mois de Djoumada premier, le kadi Tadj-eddin-
19888Abd-alwalîliab , fds du kadi
19889Alaazz-Khalaf,
19890et connu sous
19891le nom d’Ebn-Bint-
19892275
19893alaazz, fut promu aux fonctions de kadi-alkoclat de toute l’Egypte, en rempla-
19894cement de Bedr-eddin-Sindjari. Il n’accepta
19895, qu’après avoir stipulé des conditions
19896dures et exorbitantes.
19897Il espérait par là se soustraire aux honneurs qu’on voulait
19898lui imposer. Mais le sultan
19899, qui avait pour lui autant d’affection que de confiance,
19900souscrivit,
19901sans balancer, à
19902toutes
19903ses propositions.
19904Il
19905fit, avec le prince,
19906la
19907prière de midi; après quoi,
19908il
19909se livra aux fonctions de sa charge. Le sultan
19910fit
19911arrêter Bedr-eddin-Sindjari, et le tint en prison pendant dix jours; au bout de
19912ce terme,
19913il lui rendit la liberté.
19914Sur ces entrefaites, on apprit que l’émir Abou’lkâsem-Ahmed,
19915fils du khalife
19916abasside Dâlier-Abou-Nasr-Mohammed, petit-fils de Nâser-lidin-allah, et qui avait
19917reçu du peuple
19918le surnom de zerdtini
19919était en marche sous l’escorte
19920d’un corps d’Arabes, de la tribu de Mohanna
19921( 19), et se dirigeait vers Damas. Il
19922avait
19923quitté précipitamment
19924Bagdad, au moment où
19925le khalife Mostasem
19926fut
19927égorgé par ordre de Houlagou
19928,
19929et après avoir passé plusieurs années chez les
19930Arabes de l’Irak,
19931il avait pris
19932la résolution de se rendre en Egypte, à la cour de
19933Melik-Dâher. Bientôt, des lettres écrites par l’émir Ala-eddin-Bondokdar, et par
19934l’émir Ala-eddin-Taïbars-Wéziri
19935, gouverneur de Damas
19936^oli
19937, donnèrent la
19938nouvelle qu’il était arrivé à Goutah
19939, sous l’escorte d’environ cinquante cavaliers
19940arabes, de
19941la tribu de Khafadjah, un individu qui assurait
19942se nommer l’émir
19943Ahmed-Asmar, fils du khalife Dâher, et qui était, par conséquent, oncle paternel de
19944Mostasem, et frère de Mostanser; que l’émir Seif-eddin-Kilidj-Bagdadi avait re-
19945connu les émirs arabes qui composaient le cortège, et certifié que c’étaient des
19946hommes sur lesquels on pouvait parfaitement compter.
19947En conséquence , Bibars écrivit aux gouverneurs des
19948différentes villes
19949, pour
19950leur ordonner de
19951recevoir avec les plus grands honneurs
19952et le plus profond
19953(19) Le texte porte
19954:
19955^a>
19956^
19957je n’ai point hésité à lire:
19958L4-». Abou’lmahâsen
19959, qui
19960raconte le même
19961fait
19962(man.
19963arab.
19964661,
19965fol.
19966187
19967v°), s’exprime en ces
19968termes
19969: « 11 était accompagné d’une troupe des Benou-Mahârisch
19970:
19971k&W-, au nombre
19972« de dix émirs, ayant à leur tète Ebn-Kasaet Nâser-eddin-ben-Mohanna. »
p. 175
19973IV. MELIK-DAHER-B 1 B ARS.
19974AN 659
19975(1261).
19976147
19977respect le parent du Prophète.
19978Il enjoignit de le faire accompagner par quelques-
19979uns des chambellans de Damas. Le khalife partit de cette ville avec un cortège
19980imposant, et prit la route de l’Egypte. Au moment où
19981il approcha de Fostat, le
19982sultan
19983sortit du château de la Montagne,
19984le jeudi, neuvième jour du mois de
19985Redjeb, et s’avança à la rencontre du khalife, accompagné du sâheh (visir) Behâ-
19986eddin-ben-Hinnâ, du kadi-alkoclat Tadj-eddin-ben-Bint-alaaz, du reste des émirs,
19987de toute l’armée, des principaux habitants du Caire et de Fostat, des notaires
19988et des Mouazzins (crieurs des mosquées). Les Juifs et les Chrétiens suivaient la
19989marche
19990et portaient,
19991les premiers
19992le Pentateuque,
19993et
19994les
19995autres
19996le
19997livre
19998des
19999Évangiles. Le khalife , accompagné du sultan
20000, arriva à la porte appelée Bab-annasr
20001(la porte de la Victoire), et entra dans le Caire, revêtu du costume des
20002Abassides. Toute la population
20003s’était portée sur son passage.
20004Il traversa toute la
20005ville L^aüJl, jusqu’à la porte de Zawilah. De là
20006il monta au château de
20007la Mon-
20008tagne
20009, sans descendre de cheval. On lui assigna pour demeure un lieu magnifique
20010qui avait été disposé pour le recevoir. Le sultan s’attacha à combler son hôte de
20011marques d’honneur, et à l’entourer de tout ce qui pouvait lui assurer la véné-
20012ration générale. Le lundi, treizième jour du mois de Redjeb,
20013le
20014kadi-alkodat
20015ses substituts dans l’exercice de la justice, les savants et les jurisconsultes de
20016la
20017ville, les principaux scheïkhs, les chefs des sofis (20)
20018, les émirs, les officiers de
20019l’armée, les marchands, les plus notables habitants, ainsi que le scheïkh
20020lzz-
20021eddin, fils de Tadj-eddin, se rendirent au château, et furent tous admis à l’au-
20022dience de l’émir Ahmed. Le sultan s’assit familièrement à côté de lui, sans avoir
20023aucune marque de sa dignité, ni trône, ni estrade
20024(21), ni coussin.
20025Les
20026(20) Je parlerai ailleurs des
20027sofis, qui se trouvaient à cette époque en Égypte.
20028(21) Dans
20029YHistoire du prétendu Hasan-ben-Ibrahim
20030(manuscrit non
20031catalogué, folio
20032i 65 v”),
20033au lieu de
20034on lit
20035'LUy estrade. Et, en effet,
20036le mot
20037désignait, à ce qu’il paraît, Une
20038estrade qui supportait le trône du prince. On lit dans
20039la Vie de Bibars de Nowaïri
20040(fol. 1)
20041:
20042«Ils
20043s’assirent au-dessous
20044de
20045l’estrade où se
20046plaçait le sultan.» Et
20047(ibid
20048:
200491
20050Dans une vie du même prince (man. 8 o 3 ,
20051fol. 8
20052v°) rjdjSwd!
20053J
20054J>Sj «Ils entrèrent dans la tente
20055: on avait étendu l’estrade;
20056« et ils s’assirent tout autour pour tenir conseil. » Plus bas
20057(fol. 9 r°)
20058:
20059«Il le fit
20060>< asseoir sur l’estrade. » Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714,
20061fol. 178 r°)
20062:
20063^LkUî
20064« Le sultan
20065lui témoigna sa considération, en le faisant
20066« asseoir sur son estrade. » Dans le Kamel (tom. VII
20067, pag. 176)
20068:
20069Dans la Vie de
20070Saladin, par Behâ-eddin (pag.
2007111)
20072:
20073«Il descendit de son estrade. »
20074Il ne
20075faut pas
20076confondre le mot <hv
20077!^0 avec celui de
20078dont je parlerai plus bas.
20079* 9
20080-
p. 176
20081HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
20082277
20083148
20084Arabes qui étaient arrivés de l’Irak, et un eunuque, natif de Bagdad, certifièrent
20085unanimement que l’émir Ahmed était fils de l’imam Dâher, prince des Croyants,
20086efpetit-fils de l’imam Nâser, prince des Croyants. Le kadi Djemâl-eddin-Iahia-ben-
20087Abd-almounim
20088, connu sous le nom de Djemâl-Iahia, substitut du kadi des kadis
20089j*Cs^î w^Lj à Fostat, attesta que le fait était constaté par le bruit public. La même
20090opinion
20091fut embrassée sans opposition par le jurisconsulte Alem-eddin-Moliam-
20092med-ben-Hosain
20093, le kadi Sadr-eddin-Maulioub-Djezeri, Mouhibb-eddin-Harràni,
20094Sedid-eddin-Omar-ben -Abd -elkerim
20095,
20096et
20097les
20098autres
20099magistrats
20100qui
20101se
20102trou-
20103vaient présents. Ces témoignages furent reçus par le kadi alkodat, qui
20104fit dresser
20105un acte en bonne forme, par lequel
20106il reconnaissait
20107la chose comme une vérité
20108indubitable. Ce magistrat se tint debout, pendant toute la séance, et jusqu’à ce
20109que
20110l’attestation
20111fût complètement
20112rédigée.
20113Alors, et avant tout le monde,
20114il
20115prêta serment de fidélité au khalife; aussitôt après, le sultan se leva, et offrit son
20116hommage au prince des Croyants Mostanser-billali-Abou’lkàsem-Ahmed
20117,
20118fils de
20119l’imam Dâher, en s’engageant à observer fidèlement les préceptes du livre de Dieu,
20120les traditions du Prophète, à ordonner le bien
20121et prohiber le mal, à combattre
20122avec ardeur pour la défense de la religion, à ne percevoir les richesses envoyées
20123de Dieu, que par des voies légitimes, et à ne les distribuer qu’à ceux qui en
20124se-
20125raient dignes. Après
20126le sultan,
20127le scheïkh Izz-eddin-ben-Abd-esselâm
20128, puis
20129les
20130émirs,
20131et
20132les grands personnages de
20133l’État, vinrent jurer
20134fidélité au nouveau
20135khalife. Celui-ci, pour reconnaître les bienfaits du sultan, délivra à ce prince un
20136acte d’investiture
20137par lequel
20138il
20139lui
20140concédait non-seulement
20141les contrées sou-
20142mises à l’islamisme, mais encore toutes les conquêtes
20143, qu’avec le secours de Dieu
20144il pourrait
20145faire sur les
20146infidèles.
20147Aussitôt
20148après,
20149toutes
20150les
20151classes du peuple
20152furent admises, sans exception, pour prêter, au nouvel imam, serment de foi et
20153hommage.
20154On écrivit aussitôt aux princes et aux gouverneurs des différentes provinces,
20155pour
20156les inviter
20157à exiger des peuples soumis à leur administration
20158le serment
20159de fidélité au khalife Mostanser. On leur enjoignit de faire prier d’abord pour le
20160khalife,
20161et ensuite pour le sultan;
20162d’associer sur la monnaie les noms de ces
20163deux princes.
20164Le vendredi, dix-septième jour du même mois,
20165le khalife
20166fit la khotbah (le
20167prône) dans
20168la grande mosquée du château.
20169Il ouvrit son discours par lire
20170les
20171premiers versets de la surate des troupeaux
20172, ensuite
20173il implora les bénédictions
20174de Dieu sur le Prophète, appela les faveurs du Très-Haut sur les compagnons de
p. 177
20175an 65 g (1261).
20176IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
20177IÀ9
20178Mahomet , rappela la gloire des descendants d’Àbbas, et termina par une prière
20179pour la prospérité de Melik-Dâher. Tous
20180les assistants applaudirent à ce mode
20181de sermon. Le sultan témoigna au khalife un vif intérêt, et fit répandre sur lui
20182une somme considérable de pièces d’or et d’argent. Lui-même ayant commencé
20183la khotbah ne put s’empêcher de fondre en larmes. Dès qu’elle fut terminée,
20184il
20185descendit de la chaire, et
20186fit avec tout le peuple la prière du vendredi.
20187Le dimanche suivant, le sultan
20188et le khalife partirent à cheval du château de
20189la Montagne, et se rendirent à Fostat. Là, ils montèrent sur des barques, traver-
20190sèrent le Nil, et arrivèrent au palais de l’ile de Raudali. On
20191fit approcher les ga-
20192lères
20193, qui représentèrent sur le fleuve le simulacre d’un combat naval. Ensuite,
20194les deux augustes personnages ayant regagné la rive, rentrèrent au château de la
20195Montagne. Une foule immense se pressait pour les voir
20196; et ce jour fut pour la po-
20197pulation des deux villes une véritable fête (22).
20198Le lundi, quatrième jour du mois de Schabàn
20199, le
20200sultan monta
20201à
20202cheval,
20203accompagné de tous les grands dignitaires du royaume, et se rendit à une tente
20204qui avait été dressée tout exprès dans
20205le grand jardin
20206situé hors du Caire. Les
20207khilah
20208(les robes
20209cl’honneur)
20210qu’il devait recevoir de la part du
20211khalife, furent
20212apportées, sous la conduite de l’émir Moudahir-eddin-Wischali, de
20213la tribu de
20214Khafadjah, et de l’eunuque du khalife Mostanser. Le sultan étant passé dans une
20215autre
20216tente, on
20217le revêtit du costume qui
20218lui était destiné, et avec lequel
20219il se
20220montra aux yeux du public. La khilah consistait en un turban noir doré et tissu
20221d’or, une robe
20222de couleur violette, un collier d’or, une chaîne d’or, dont on
20223attacha les jambes du prince. On
20224lui remit quantité d’épées dont
20225il ceignit une;
20226et le reste fut porté derrière lui
20227: deux drapeaux que l’on
20228portait déployés au-
20229(22)
20230Les mots
20231^
20232signifient proprement
20233: Un jour qui réunit une foule nombreuse. Les ex-
20234pressions bj^w L
20235(j^se retrouvent dans un passage de notre historien
20236(Solouh
20237tom. 1 ,p. 706),
20238dans une foule d’articles de la Description cle l’Égypte du même écrivain
20239; dans YHistoire d’Egypte
20240d’Ebn-Aïas (tom. II, fol. 36 , etc.); dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wàsel (man. non catalogué
20241,
20242fol. 19 et 37
20243r°),
20244etc. Dans
20245l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VII,
20246fol. 218
20247r°)
20248:
20249çyJ
20250IpsO ^oUî is
20251v!jlsd
20252« Le jour de leur arrivée en Égypte fut un jour solennel,
20253« dont on parla longtemps. » Dans la Vie clu
20254sultan Kelaoun (manuscrit de Saint-Germain 118
20255bis,
20256f. 36 r°)
20257: b_j^U« là-
20258Ce fut un pèlerinage solennel.
20259» Ebn-Nabatah, dans un de ses sermons
20260(de mon manuscrit
20261,
20262fol.
2026316 v°)
20264, parlant du jour de la résurrection
20265,
20266le désigne par ces mots
20267:
20268, c’est-à-dire
20269:
20270« Le jour qui offrira la réunion d’une foule d’hommes immense. »
p. 178
20271i5o
20272HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
20273dessus de sa tête, deux longues flèches et un bouclier. On lui amena un cheval
20274blanc, qui
20275avait au cou une écharpe
20276noire (23),
20277et
20278sur
20279le
20280dos une
20281housse
20282de même
20283couleur.
20284Les
20285kadis
20286et
20287les
20288autres
20289dignitaires
20290reçurent
20291des
20292présents
20293conformes au rang
20294qu’ils occupaient. Bientôt après, on dressa un menber (une
20295chaire) dans laquelle monta Ebn-Lokman
20296(24), chef des
20297secrétaires de
20298la chan-
20299cellerie, vêtu d’une robe de soie jaune.
20300Il
20301fit lecture du diplôme rédigé et écrit
20302par lui-même, et qui contenait l’investiture accordée au sultan par le khalife. Cet
20303acte était conçu en ces termes
20304:
20305«Louanges
20306à Dieu, qui a choisi l’Islamisme,
20307et
20308l’a orné des vêtements de la
20309« gloire; qui a fait briller l’éclat de ses perles, tandis qu’auparavant elles étaient
20310«cachées sous une épaisse coquille; qui a relevé l’édifice chancelant de sa pros-
20311« périté
20312, en sorte qu’il a fait oublier tout ce qui l’avait précédé; qui lui a destiné
20313«pour appui des
20314rois puissants, sous l’obéissance desquels se sont rangés
20315les
20316«hommes les plus divisés de sentiments. Je loue Dieu de
20317ses dons qui offrent
20318«aux yeux des jardins
20319fleuris
20320: de
20321ses
20322bienfaits, sur lesquels la reconnaissance
20323« s’arrête avec plaisir, sans pouvoir s’en éloigner. J’atteste
20324qu’il n’y a pas d’autre
20325«Dieu que le Dieu unique, et sans associé
20326: et cette profession de foi met à l’abri
20327«des craintes, et aplanit les choses les plus difficiles. Je certifie que Mohammed
20328« est le serviteur et l’apôtre de Dieu
20329, qui a réparé les brèches de la religion (*5);
20330« un prophète qui a déployé tous les genres de qualités nobles et généreuses
20331: que
20332«Dieu répande ses bénédictions sur lui, sur sa famille, dont les vertus ont laissé
20333(a 3 ) Le texte porte
20334: VjJk». Le mot .xd,
20335se prend dans un sens analogue, et désigne
20336: une pièce
20337de mousseline, ou d’autre étoffe, que l’on porte en ceinture, ou que ton roule autour de la calotte du
20338turban. On
20339lit dans YHisloire d'Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 6
20340r°)
20341\
20342«Ils avaient
20343sur leurs têtes des turbans de soie.»
20344Ailleurs
20345(fol. 58 v°)
20346: '<LsL=>. xkwj
20347,3
20348>xdo
20349«Il attachait autour de ses
20350reins une ceinture d’or, au lieu d’une
20351« ceinture d’étoffe de Balbek. » Suivant le témoignage de Hoest (Nachrichten von Marokos,
20352p. 11 4 ),
20353le mot
20354, à Maroc , désigne un turban.
20355(24) Au rapport d’Abou’lmahâsen (man. 661,
20356f. 188, 278 r°); et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim
20357(fol. 166 v°), ce personnage se nommait Fakhr-eddin-lbrahim-ben-Lokman. Suivant ce que rap-
20358porte
20359l’auteur de l’ouvrage intitulé Inschâ (man.
20360arab.
20361i 573 ,
20362fol.
2036314
20364v°)
20365, Ibrahim-ben-Lokman
20366avait rempli
20367les
20368fonctions de
20369chef de
20370la chancellerie sous
20371le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-
20372Aïoub. Il fut maintenu dans le même rang, pendant les règnes de Melik-Moëzz-Aïbek , de Koutouz^
20373de Bibars
20374,
20375et de Kelaoun. Ce dernier prince récompensa ses longs services en le faisant passer à la
20376première place de l’État
20377, celle de vizir.
20378(25) Je lis
20379au lieu deya.
p. 179
20380IY. MELIK-DAHER-BIBARS.
20381an 659
20382I 5 £
20383«des souvenirs qui ne périront jamais
20384, sur ses compagnons qui n’ont fait que
20385« du bien dans ce monde, et qui ont mérité la plénitude de la béatitude éternelle.
20386«A coup sur, de tous les serviteurs de Dieu, celui qui a
20387le plus de droit à être
20388«célébré avant tout autre, le plus digne que la plume se courbe et
20389se prosterne
20390«en
20391écrivant le récit de ses hauts faits et de
20392ses vertus,
20393est celui qui, en
20394se
20395«livrant à des travaux constants, a vu des succès glorieux couronner ses nobles
20396« efforts; qui, lorsqu’il demande de la soumission, est obéi par les habitants des
20397«plaines et ceux des montagnes (26); qui ne laisse pas une vertu sans l’adopter et
20398«lui prêter son appui (27); qui ne force jamais, l’épée à la main, les remparts
20399«inaccessibles d’un ennemi, sans les livrer aux flammes ou les inonder de sang.
20400«Comme
20401toutes ces
20402qualités brillantes
20403se trouvent réunies au plus haut degré
20404«dans la personne de sa sublime majesté, le sultan Dâher-Rokn-eddin (dont Dieu
20405« veuille encore relever et exalter la gloire)
20406, la chancellerie auguste du descendant
20407«du Prophète, de l’imam Mostanser (dont Dieu veuille élever la puissance), s’est
20408«plu à vanter les hautes qualités de ce prince, et à proclamer ses bienfaits, dont
20409« les expressions les plus pompeuses n’exprimeraient que faiblement le mérite
20410:
20411«c’est lui qui a relevé la dynastie des Abassides
20412, après qu’elle avait été renversée
20413«sous les coups de la fortune, qui s’élait plu à faire disparaître son éclat et ses
20414«nobles prérogatives; il a gourmandé et fléchi en sa faveur la destinée cruelle;
20415il
20416«lui a ménagé
20417la bienveillance du sort ennemi, qui
20418l’avait attaqué avec tout
20419«l’acharnement d’un rival furieux;
20420il a changé pour elle, en des dispositions pa-
20421rt cifiques, les hostilités de ce redoutable adversaire;
20422il lui a prodigué ses soins,
20423« et a fait succéder à sa détresse une heureuse prospérité. Le prince des Croyants,
20424«à son arrivée, a été comblé par lui de bienfaits et de marques d’affection. Le
20425«sultan, empressé de
20426mériter
20427les
20428récompenses que Dieu
20429doit
20430décerner
20431aux
20432(26) Le texte offre ces mots
20433:
20434j
20435; je lis
20436:
20437ainsi que portent les manuscrits
20438d’Abou’lmahâsen, de Nowaïri, et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim. Cette locution signifie proprement:
20439- 0 i
20440« Les hommes habitant la province de Nedjd, et celle de Téhamah.» Le verbe
20441se trouve deux
20442fois dans
20443l’ouvrage
20444de
20445Hariri,
20446tantôt au
20447prétérit
20448(Séance 43
20449e
20450, pag. 491)» et tantôt au participe
20451[Séance 34 e
20452, pag. 383);
20453et
20454le scoliaste l’explique par «se rendre dans la province de Téhamah.
20455>>
20456Le verbe As:-
204573 !
20458s’y rencontre
20459également (pag.
20460375);
20461et
20462le commentateur l’explique en
20463ces mots
20464:
20465Asr^î
20466! DI
20467Asc-
204683 !.
20469(27) Je n’ai pas pu traduire littéralement ces mots
20470: ÎAjj 1$)
20471^ Aj w»A)
20472L»
p. 180
20473HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
20474I 52
20475«hommes, a donné au khalife des témoignages d’amitié, qui ne sont ignorés
20476«de personne;
20477il a montré pour la
20478défense de
20479la religion
20480et l’inauguration du
20481«khalife, un zèle que lui seul pouvait déployer; et si tout autre avait tenté l’en-
20482279
20483«treprise,
20484il
20485aurait complètement
20486échoué. Mais Dieu met en dépôt tous
20487ces
20488«actes d’une vertu sublime, afin qu’au jour de la résurrection les récompenses
20489«destinées à ce prince l’emportent dans la balance, et que le compte qu’il aura
20490«à rendre de ses fautes devienne extrêmement léger. Heureux celui qui acquiert
20491«de pareils droits à l’indulgence divine. C’est une
20492telle vertu que Dieu a jugée
20493«digne d’être consignée éternellement dans le livre de sa miséricorde; c’est cette
20494«générosité sublime
20495qui a relevé l’illustre maison du Prophète,
20496lorsqu’elle pa-
20497« raissail abattue sans espoir de retour.
20498«O prince, le chef des Croyants vous témoigne sa reconnaissance de si grands
20499«bienfaits.
20500Il proclame hautement que, sans votre assistance puissante, la ruine
20501«de l’empire était sans remède. En récompense,
20502il vous concède la souveraineté
20503«de l’Égypte, de la Syrie, du Diar-Bekr, du Hedjaz, du Yémen, des
20504rives de
20505«l’Euphrate, et de tous les pays, de plaines ou de montagnes, que vos armes
20506«pourront conquérir.
20507Il vous confie, comme à un modèle unique de générosité,
20508« le soin des troupes et de toute la population. Il n’excepte de ce don ni une seule
20509«ville, ni une seule forteresse, ni un seul objet grand ou petit. Surveillez les in-
20510«térêts des peuples; car vous seul êtes chargé de cette noble fonction. Préservez-
20511« vous aujourd’hui de toute vue ambitieuse
20512, car demain vous ne demanderez plus
20513« rien
20514; mais
20515c’est à vous qu’on demandera compte
20516: gardez-vous bien de vous
20517«laisser séduire par l’attrait des biens du monde qui ne procurent aux hommes
20518« que de frivoles avantages, et qui, lorsqu’on
20519les examine avec un œil sans pré-
20520«vention, ne sont autre chose qu’une ombre vaine
20521(27 ) et passagère. Heureux
20522(27) Le mot khaiâl (jLà. signifie imagination,
20523et ombre, fantôme. Je n’ai pas besoin de m’arrêter
20524à prouver ce fait; mais
20525il est un autre sens dont je crois devoir dire quelques mots. Le terme J Là.
20526ou
20527JLci.
20528désigne
20529: Les ombres chinoises, la lanterne magique. On lit dans l’ouvrage d’Abou-
20530Bekr-ben-Hodjdjah (man. arab.
20531i 5 g 5 ,
20532fol. 20 v°)
20533: (JJdi JLi.
20534«Celui qui
20535« s’occupe des ombres chinoises.
20536» Suivant le témoignage d’Ebn-Khallikan (man.
20537ar. 73o,
20538f. 287 r°),
20539« Modaffer-eddin
20540, prince d’Arbel
20541, donnait
20542, à différentes époques de l’année
20543, des fêtes somptueuses.
20544« On dressait des pavillons, construits en bois, et qui renfermaient des musiciens, des joueurs d’ins-
20545«truments,
20546et des hommes qui montraient
20547les ombres
20548chinoises JLà-H
20549et
20550le
20551prince
20552«
20553(ib
20554v°)
20555prenait beaucoup
20556de plaisir à entendre
20557la musique,
20558et à voir
20559les ombres
20560: J*
20561» Dans la Description de l’Égypte de Makrizi
20562(t.
20563I
20564, fol. 164 v°)
20565: J Lsr^j
20566LéJ
20567I
20568dsJ
p. 181
20569an 659 (1261).
20570IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
20571j 53
20572«celui qui a cessé d’en faire l’objet de ses espérances; et qui se munit de la piété
20573« comme d’une provision de voyage
20574; car tout autre présent (28) que celui d’une
20575! j « Us parcouraient les rues , faisant voir les ombres chinoises, et des figures grotesques. »
20576Dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (tom. II,
20577fol. 169)
20578: jjia)
20579i JLi.
20580JJ
20581i
20582«Une
20583«nuit,
20584il
20585fit venir
20586les ombres chinoises.» Plus bas
20587(fol. 210)
20588:
20589, ^U5
20590I
20591w'-aJ - ^ J
20592JJàlt JLi.
20593« On
20594fit proclamer que personne ne montrât
20595les ombres chinoises. » Dans le même ou-
20596vrage (tom. I, part. 2,
20597fol.
20598i 5 j)
20599:
20600i JUi.
20601«Le sultan ordonna de
20602«livrer aux flammes les figures qui servaient pour les ombres chinoises. » On peut voir, sur ce genre
20603d’amusement, tel qu’il est pratiqué en Egypte, les détails que donnent Prosper-AIpin
20604( Historia Ægypti
20605naturalis, pars prima, p. 60, 61); Coppin
20606( Bouclier de l’Europe, p. 170); Thévenot
20607( Voyages
20608,
20609t. J,
20610p. 109,
206111 10); Villoteau
20612(Mémoire sur la Musique en Égypte
20613, p. 700). Le mot Jobs-0 qui se trouve dans
20614l’histoire de Makrizi
20615(Solouk
20616,
20617tom. II,
20618fol.
206191
206203 r°), désigne
20621: Celui qui montrait les ombres chinoises.
20622L’indication de ce jeu se trouve dans Y Histoire des Mongols. Nous lisons dans l’ouvrage
20623historique
20624de Raschid-eddin (fol. 194 r°), et de Mirkhond (V
20625e partie,
20626f. 38 r°), «que, sous le règne d’Oktaï, des
20627«faiseurs de
20628tours
20629,
20630qui venaient du Khataï,
20631c’est-à-dire delà Chine septentrionale,
20632«faisaient voir derrière un rideau des figures merveilleuses
20633: chaque peuple
20634était représenté d’une
20635«manière
20636différente. On y voyait un vieillard, au
20637teint blanc,
20638qui avait les mains attachées à la
20639«queue d’un cheval, et dont le visage traînait. à
20640terre. Cet homme était un musulman. Le prince,
20641«s’étant fait rendre compte de ce que cette image exprimait, donna ordre de cesser la représentation,
20642« et blâma vivement l’insulte que l’on faisait gratuitement à une classe d’hommes si nombreuse. »
20643Le mot JL=k a une signification moins restreinte, et désigne, en général, un tour d’adresse. On
20644lit
20645dans l’ouvrage intitulé Ikhwan-assafâ (m. ar.
206461 io 5 , p. 268)
20647: « Les faiseurs de tours
20648«prennent une boule creuse, formée de gomme de sandarous (copal
20649oriental),
20650et d’autres ingré-
20651«dients. Ils y mettent le feu,
20652et la tiennent dans leur bouche. Lorsqu’ils aspirent et repoussent l’air,
20653«on voit le feu sortir de leur bouche et de leurs narines. La chose continue ainsi, jusqu’à ce que,
20654« la matière étant consumée, le feu s’éteigne.»
20655(28) Le verbe
20656, à la seconde forme, signifie
20657: Offrir un présent. On
20658lit dans l’histoire de No-
20659waïri (26
20660e partie, man. de Leide,
20661fol. 199 r°)
20662:
20663*
20664ï-Xàt
20665l~.*
20666. Lit ! J
20667« Il lui offrit en
20668«présent quelques-uns
20669des
20670objets
20671précieux qui
20672se
20673trouvaient entre
20674ses mains. » Dans Y Histoire
20675d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II, man. 657 , fol. 67 r°)
20676:j Ljà
20677^
20678tj
20679v—Jl
20680« L’ostadâr
20681fit présent au sultan d’une somme de quatre cent mille pièces d’or. » Dans
20682l’histoire de Makrizi (tom. I, pag. 3 i 4 )
20683: JJt
20684w\sJ *SÀ) Jà «Aucun des cour-
20685« tisans intimes ne fit le moindre présent. » De là s’est formé le substantif SU Eki>
20686, au
20687pluriel -Olü-j’,
20688qui signifie
20689: Un don , un présent , soit volontaire
20690, soitforcé. On
20691lit dans l’ouvrage du continuateur
20692d Elmacin (man.
20693619, fol. 209 v°)
20694:
20695ïLp-
20696«Le prince de Hamah apporta un
20697«présent.» Dans YHistoire cVÉgypte d’Abou’lmabâsen (man. 663 ,
20698fol. 149 v°)
20699:yjgsd
20700JOÎJJ JâJ
20701l^çs. j oisi
20702(.j*
207031^)
20704J~-J
20705JJ.=>-
20706J.ü_j
20707« Ses enfants s’occupèrent à envoyer
20708« pour le sultan un présent magnifique, composé de chevaux, objets de prix,
20709et pierreries. » Dans
20710I.
20711« tadâr offrit en présent dix mille pièces d’or. » Plus loin
20712(f. 75 r°)
20713:
20714,bb*JÎI sS.3
20715« L’os-
20716UUJjbl^î
20717r 3i
2071820
p. 182
20719HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
20720i 54
20721«vertu sincère ne saurait être agréable à Dieu. Exercez avec un zèle infatigable
20722«la justice
20723et la bienfaisance, car ce sont des vertus dont Dieu recommande
20724la
20725«pratique d’une manière spéciale;
20726il en a répété
20727le précepte dans une foule de
20728«passages de l’Alcoran; grâce à elles,
20729il pardonne les crimes et les iniquités que
20730«les hommes
20731ont commis; un jour consacré à ces vertus équivaut à soixante
20732«ans d’actes religieux. Quiconque suit les sentiers de la justice ne manque pas
20733«d’en recueillir les
20734fruits. Sa fortune, minée par de longs revers, reprend une
20735« situation heureuse et florissante
20736;
20737il se voit désormais à l’abri des coups du sort.
20738« Heureux l’homme qui peut recueillir de si grands avantages! dont les jours sont
20739«plus brillants que des jours de fête,
20740et plaisent plus aux yeux que
20741ces taches
20742«blanches qui ornent le front des coursiers généreux,- plus magnifiques que des
20743« colliers somptueux qui parent le cou de la beauté.
20744« O prince
20745! ces contrées soumises à votre empire ont besoin de gouverneurs
20746«de commandants,
20747d’officiers habiles, tant civils que militaires. Lorsque vous
20748«confierez à l’un d’eux une portion d’autorité, ayez spin de placer auprès de lui
20749«un
20750surveillant habile, qui observe
20751les détails de son administration,
20752et
20753qui
20754«vous en instruise; car, au jour de
20755la résurrection, vous
20756serez responsable de
20757« leurs actions, et on vous demandera compte des fautes qu’ils auront commises.
20758la Vie du sultan Kelaoun[rnan. de Saint-Germain 118
20759bis, fol. 224 v°)
20760:
20761j ^oUüJ î
20762« On
20763fit apporter les présents
20764et des
20765objets de prix de
20766différents
20767genres. » Dans YHistoire
20768d'Êgypte d’Ahmed-Askalâni (tom.
20769II,
20770fol.
2077177
20772v°)
20773:
20774^UaLJ!
20775^
20776« Ibrahim ,
20777fils du sultan , alla recevoir les présents des Arabes. » Plus loin (fol.
207781
207793 v°)
20780jj !
20781» !
20782Ï./J J-4 ! j
20783« Daher
20784« fit remettre aux émirs de la Mecque et de Médine des diplômes, par lesquels
20785il les dispensait des
20786« présents qu’ils étaient tenus d’offrir aux émirs qui faisaient le pèlerinage. » Dans l’ouvrage de Khalil-
20787Dâheri (man. 695,
20788fol. 274 r°)
20789:
20790aJs jja
20791«11
20792lui imposa un présent
20793qu’il devait
20794« fournir chaque année.
20795» Dans une Histoire d’Égypte (de mon manuscrit, fol. 147 r°)
20796:
20797» SS
20798iiyJas
20799j
20800«
2080111
20802offrit au sultan un
20803présent
20804considérable.»
20805Plus
20806loin
20807(ibid.)
20808:
20809« Les émirs arrivèrent, apportant des présents.» Ailleurs
20810(fol. 173 r°)
20811:
20812üLL*.
20813« Ils avaient avec eux un
20814présent magnifique. » Dans YHistoire d’Egypte d Ebn-Aïas
20815(tom.
20816II,
20817fol.
208183 9 )
20819:
20820.oIâj
20821^ jliUJ
20822«Le sultan reçut de tout le
20823«monde une énorme quantité de présents magnifiques.» Plus
20824loin
20825(fol.
2082640)
20827,
20828XLlçs.
20829a II envoya avec lui un présent magnifique, et des objets d un grand prix.
20830»
20831Ailleurs
20832(fol. 69)
20833;
20834j
20835L)!-Xs>
20836« Il amenait des
20837objets
20838précieux
20839et
20840des
20841présents
20842« splendides. » Et enfin (fol. 74)
20843:
20844j
20845X^JJÜ
20846aJÎ
20847« Il lui en-
20848« voya un présent considérable qui se composait d’or, d’étoffes et de chevaux. »
p. 183
20849IY. MELIK-DAHER-BIBÀRS.
208501 55
20851xts
2085266 g
20853( 1261 ).
20854«Attachez-vous
20855à
2085611e choisir que des hommes vertueux, dont
20857les
20858efforts pour
20859« votre service ne produisent que des actes estimables et non des fautes. Recom-
20860« mandez-leur de suivre les lois de la douceur et de la modération
20861; detre toujours
20862«prêts à faire céder leur affection personnelle lorsque la justice se montre avec 280
20863«évidence; d’accueillir les requêtes des pauvres avec un
20864air riant et un visage
20865« plein de bienveillance; de ne récompenser ou de ne punir que ceux qui le mé-
20866«ritent réellement; de témoigner aux hommes soumis à leur administration, une
20867« affection fraternelle, et de s’appliquer constamment à leur faire du bien
20868; de ne
20869« point profiter de leurs désastres pour les mépriser et leur nuire
20870: car un mu-
20871«sulman, fût-il émir, et même sultan, doit toujours se regarder comme le frère
20872«d’un autre musulman. Heureux un prince, lorsque ses officiers, dans leur ad-
20873« ministration
20874, suivent l’exemple de ses vertus; s’attachent à retracer la conduite
20875«qu’il a tenue dans tous les actes de son gouvernement, et qu’ils portent pour
20876«lui une partie du fardeau que ses forces ne sauraient soutenir.
20877« Recommandez-leur de supprimer les abus qui se sont introduits récemment,
20878«et des genres de vexations qui sont pour un État des plaies déplorables;
20879et
20880«d’obtenir, par leur abolition, des éloges légitimes
20881: car des louanges, quelque
20882«prix qu’on les achète, paraissent toujours peu payées. Les
20883richesses que
20884l’on
20885«obtient par des voies injustes sont toujours une charge qui pèse sur le prince,
20886«et dont
20887il devra rendre compte. Les trésors du fisc, ainsi alimentés, quoi qu’ils
20888«paraissent regorger de biens, sont réellement pauvres (29). Quel homme plus
20889«malheureux que celui qui se charge volontairement du poids d’un crime, et se
20890«livre
20891à
20892des actes dont
20893il ne doit recueillir que de
20894la honte; qui aura pour
20895«ennemis au jour de la résurrection
20896, toute la masse du peuple; qui, dans tous
20897«les faits de son administration, n’a cherché qu’à opprimer les autres hommes.
20898«Certes, celui qui se livre à l’injustice échoue toujours dans ses espérances.
20899«U est digne de sa majesté illustre (3o) le sultan Melik-Dâher, de repousser, par
20900(29) Le texte porte
20901:
20902IL&sé!
20903%J,
20904Ljjls L)W
20905^
20906c’est-à-dire littéralement
20907: «Les
20908cols des trésors,
20909quoiqu’ils soient
20910en apparence parés de ces
20911ri-
20912« chesses sont, dans la réalité, complètement dépourvus d’ornements.»
20913(3 0) Le
20914texte porte
20915:
20916^jLLLJ!
20917(
20918\
20919Ày^JLJî
20920^là-lî. L’auteur de l’ouvrage
20921intitulé Inscha (man.
20922i 573 , fol. 104)
20923, parlant des titres principaux que l’on donne aux personnages
20924éminents, met au premier rang celui de
20925v
20926ou
20927»,—
20928Ailleurs, le même écrivain
20929(fol. 159 v°), dit expressément
20930:
20931A-ofsé!
20932v
20933^>UL[|
20934« Le mot makâm est un des
20935« titres qui se donnent exclusivement aux souverains.» On
20936lit dans l’histoire de Makrizi
20937(.Solouk ,
209381 . 11 ,
2093920.
p. 184
209401 56
20941HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
20942« une justice sévère, les vexations qui s’exercent contre ses sujets, et d’alléger pour
20943« eux les fardeaux qu’ils ne peuvent porter
20944: car
20945il a toute la puissance nécessaire
20946«pour faire le bien
20947; et la fortune a mis à sa disposition des moyens que n’ont
20948«jamais eus les rois ses prédécesseurs (3i). Je loue Dieu, ô prince, de ce
20949qu’il a
20950«placé près de vous un imam, un guide, qui vous a entouré d’une considéra-
20951« tion nouvelle, et a rappelé à tous les hommes les grandes qualités que Dieu vous
20952«a données en partage. Ce sont là des choses qui méritent une attention sérieuse,
20953« et pour lesquelles on ne saurait trop célébrer la bonté de Dieu. En effet, aux
20954«yeux de la raison comme de la religion, la louange ici ne saurait être exagérée.
20955«
20956Il est visible que dans toutes les affaires vous avez été l’homme éminent, tandis
20957«que les autres sont des êtres secondaires.
20958«Un des points les plus importants à traiter ici, est, sans contredit, la guerre
20959« contre les infidèles ; c’est pour tous les musulmans une obligation indispensable.
20960«C’est un acte dont le souvenir est consigné dans les ouvrages historiques. Dieu
20961« a promis une récompense magnifique à ceux qui combattent pour la défense
20962«de la religion; et leur réserve auprès de lui une place éminente.
20963Il leur destine
20964«d’une manière spéciale les biens du paradis, où l’on n’entendra
20965ni discours
20966« futiles , ni paroles coupables (32).
20967«Sur ce qui concerne la guerre sainte, vous vous
20968êtes déjà distingué par des
20969«faits éclatants, qui ont
20970fait pâlir les envieux
20971: vous avez montré une force de
20972«résolution plus pénétrante que le glaive, plus agréable aux musulmans que des
20973281
20974«fêtes brillantes. Par vous, Dieu a protégé
20975les remparts de l’Islamisme, et les a
20976«garantis des profanations de l’ennemi; votre courage a maintenu pour les mu-
20977« sulmans l’intégrité de leur empire; votre épée a porté dans le cœur des infidèles
20978«des blessures incurables. Par vous, nous espérons que le trône des khalifes va
20979« reprendre son ancien éclat. Tenez éveillés, pour la défense de l’Islamisme, ces yeux
20980«qui n’ont jamais été ni aveugles ni endormis; soyez, en combattant les ennemis
20981fol. 336 r°)
20982:
20983I ^
20984ÇîPj
209853
209861
20987•
20988•
20989•
20990I
20991<l Le prince
20992.
20993.
20994. Ibrahim
20995, fils du sultan. » Et plus loin
20996(fol. 412
20997r°)
20998:
20999jJj
21000^lüjl «Le prince Djemâl-eddin,
21001fils du
21002sultan.» L’auteur de
21003l’ouvrage intitulé I/ischâ (man.
21004i 573 , fol. ig5 v°), parlant de la forme des actes d’investiture que les
21005sultans recevaient des khalifes, cite, comme un modèle en ce genre, la pièce dont j’offre ici
21006la
21007tra-
21008duction, et cet auteur en transcrit quelques lignes.
21009(31) Le texte ajoute
21010:
21011j
21012« Quoiqu’il vienne après les autres.
21013»
21014(32)
21015Alcoran, Surat. LU
21016, vers. 22
21017.
p. 185
21018an
2101965g (1261).
21020IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
21021i5 7
21022«de
21023la
21024foi, un guide que l’on
21025suit, et qui ne suit personne; protégez le dogme
21026« de l’unité de Dieu, et vous ne trouverez que des hommes prêts à vous seconder
21027«et à vous obéir. Ne manquez pas de veiller
21028sur les places
21029frontières avec un
21030«zèle qui porte le sourire sur les lèvres des hommes
21031, avec un empressement qui
21032« change pour elles les ténèbres en une vive lumière. Que le soin de ces forteresses
21033«soit votre occupation principale
21034; songez à relever celles où les ennemis n’ont
21035« laissé que des ruines
21036: ces places seront de la plus haute importance, et attireront
21037« sur l’ennemi la dispersion et le trouble. Aucunes ne réclament plus vos soins et
21038«votre zèle, que les villes situées près du rivage de
21039la mer, et que les ennemis
21040«observent
21041et convoitent perpétuellement. Dans cette
21042classe,
21043il faut ranger en
21044« première ligne les places frontières de l’Egypte. Déjà plusieurs fois
21045, les infidèles
21046«les ont attaquées sans succès, et ont vu leurs troupes anéanties par la main de
21047«Dieu, sans qu’il épargnât un seul de ces pécheurs. Veillez aussi à vos flottes (33),
21048« où l’on croit voir des chevaux qui ressemblent à des lunes nouvelles; et des cha-
21049« meaux légers qui courent sans que personne presse leur marche. C’est vraiment
21050« la sœur de l’armée de Salomon ; celle-ci était portée par les vents
21051: pour l’autre, ce
21052« sont les flots rapides qui se chargent de la conduire d’un lieu à un autre. Lors-
21053« qu’on la voit voguer sur les mers, on croit apercevoir des montagnes
21054; lorsqu’on
21055«veut les désigner par une comparaison
21056, on dit
21057: Ce sont des nuits qui voguent
21058cf pendant le jour.
21059« Dieu vous a donné tout ce que vous pouviez désirer de prospérité et de succès
21060(33) Le mot arabe ôstoul Jj^kw! , qui désigne une flotte , est formé du mot grec cxoXoç. C’est ce
21061qu’atteste formellement Masoudi qui s’exprime en ces termes
21062( Tenbih
21063, man. de Saint-Germain 337,
21064fol. 83 v°)
21065:
21066!
21067c
21068j
21069Üçk*
21070î « Ostoul est un terme grec, qui indique
21071« une réunion de vaisseaux de guerre. » De là vient l’adjectif âstouli
21072signifiant
21073: Qui appartient
21074a une flotte. On
21075lit dans le Kitâb-arraouclataïn (man. 707 A,
21076f. 52 v°)
21077: ÀJ(jkwb5
21078î
21079v
21080'.£"1^4 î
210812 -Ve.
21082«Plusieurs des bâtiments de la flotte.» Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (manuscr. 714,
21083fol. 216 v°), on lit
21084: ^^k-wlj
21085Le mot
21086, opposé à
21087qui désigne
21088: Un soldat de
21089l’armée de
21090terre
21091,
21092signifie
21093: Un soldat de la flotte. Le terme J_^k*J s’emploie
21094aussi dans le sens de
21095vaisseau , batiment. On
21096lit dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (manuscrit, tom. VI, fol. 196 r°)
21097: àLaj
21098«Il
21099partit d’Almeriah, et se réunit
21100à
21101lui avec dix vaisseaux. » Plus loin
21102(f. 212 r°):
21103àoU
21104*J
21105«11 équipa pour lui cent quatre-vingts bâtiments.
21106» Ailleurs
21107(fol. 267
21108v°)
21109:
21110j
21111J_ÿkwî
21112«Ils étaient au nombre de soixante et dix
21113« bâtiments, tant corvettes que galères.
21114» Ailleurs (fol. 2g3 r°)
21115: J^kl~>î
21116ïÿîj « Ils le joignirent
21117« avec six vaisseaux. » Et enfin (tom. VII,
21118f. 162 v°)
21119:
21120^^LkL.! « Ses vaisseaux étaient
21121« au nombre d environ quatre cents. » On lit Estolap. Capmany, Barcelona,
21122t. IV, p.
2112312, 87.
p. 186
21124HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
211251 58
21126«et vous a accordé une perspicacité qui vous permet de lire dans
21127l’avenir.
2112811 a
21129« relevé par vous les espérances abattues, et a ranimé par des victoires le décou-
21130ragement des esprits. Il vous a conduit dans les sentiers de la justice
21131, que vous
21132« avez suivis sans vous détourner;
21133il vous impose des devoirs qu’il est inutile de
21134«vous rappeler. Dieu ne cessera de vous favoriser par sa protection puissante,
21135« et de vous inspirer une reconnaissance sincère de ses grâces; caria reconnais-
21136« sance est le complément des bienfaits. »
21137Dès que l’orateur eut achevé sa lecture, le sultan monta à cheval, revêtu de la
21138robe d’honneur khilah
21139, portant le collier d’or, la chaîne du même métal. A cette
21140époque, on était sous
21141le signe de
21142l’épi (la Vierge). Le diplôme d’investiture fut
21143porté d’abord par l’émir Djemâl-eddin, ostadâr du sultan , ensuite par Beha-eddin,
21144qui marchait devant le prince. Les autres émirs, et les officiers d’un rang inférieur,
21145s’avançaient à pied, à l’exception du
21146vizir. Le cortège entra par la porte appelée
21147Bab-anncisr
21148la porte de la Victoire), traversa la ville du Caire, qui était décorée
21149dans toute son étendue. Les rues, pour la plupart, étaient couvertes d’étoffes pré-
21150cieuses, sur lesquelles marchait le cheval du sultan. Le peuple faisait retentir les
21151airs d’acclamations
21152, souhaitant au prince de longs jours
21153, un règne marqué par de
21154brillants succès, et le priant d’accueillir ses vœux avec bienveillance. Le sultan étant
21155sorti par la porte de Zawilah, regagna le château de la Montagne. Ce jour fut pour
21156tous les habitants de la ville une véritable fête qu’il serait impossible de décrire.
21157282
21158Le sultan s’occupa
21159aussitôt à
21160disposer
21161tout
21162ce qui
21163était nécessaire pour
21164le
21165voyage du khalife.
21166Il commença par lui former une armée. L’émir Sàbek-eddin-
21167Bouzba fut nommé atabek des armées
21168àJL>
21169.
21170.
21171(34)? avec
21172Ie
21173titr*e
21174(34) Lorsqu’un homme était choisi pour remplir une place quelconque, soit civile soit militaire,
21175on lui délivrait un diplôme qui attestait sa nomination. Cette pièce, émanée d’un des bureaux de la
21176chancellerie, était rédigée d’après un protocole invariable, sur un papier dont les dimensions étaient
21177fixées avec une attention minutieuse. Je donnerai, plus bas, sur cet objet, des détails circonstanciés.
21178Les
21179distributions
21180, les concessions de
21181tout genre étaient également constatées par des rescrits que
21182donnait l’autorité supérieure. De là, viennent
21183ces expressions
21184:
21185d yO. On
21186lit dans
21187le
21188Kitab-alagani (tom. II,
21189fol.
2119036
21191r°)
21192:
21193a-hoj
21194ad!
21195d
21196«Il lui
21197fit présent de trois
21198cent mille pièces d’argent, et lui demanda sur qui
21199il voulait
21200« qu’on lui donnât une assignation pour cette somme. » Dans
21201le Inschâ (fol. ioi v°)
21202: L° d wôbo
21203OÜbüi! j
21204çy* *d!
21205« On lui assignera par un écrit tout ce dont
21206il a besoin,
21207tel que
21208«chevaux et objets accessoires. » Dans l’histoire de Nowaïri (man.
21209arab. 646,
21210fol. 87 v°)
21211: d w-d"
21212J»né>j4 L)
21213« On lui concéda Mausel et ses dépendances.
21214» Et
21215d
21216«Il lui
21217«accorda
21218le
21219gouvernement
21220des
21221villes du Djézirah. » Dans
21222l’histoire d’Ebn-Khaldoun
21223(tom.
21224VI,
p. 187
21225IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
21226an 65y (1261).
21227i5g
21228de commandant de mille cavaliers
21229; l’eunuque
21230Schehab-eddin-Sandal-
21231Scherâbi-Sâléhi
21232fut désigné comme
21233chef de cinq cents cavaliers; l’émir Mser-
21234eddin-ben-Saïram
21235fut nommé
21236trésorier et chef de deux cents cavaliers; l’émir
21237Scherif-Nejdm-eddin-Djafar fut ostâdâre t chef de cinq cents cavaliers; Seïf-eddin-
21238Belban-Scliemsi fut dewadàr et chef de cinq cents cavaliers; l’émir Fâres-eddin-
21239ben-Azdemur-Iagmouri
21240fut
21241aussi nommé
21242dewadàr;
21243le kadi Kemâl-eddin-Mo-
21244hammed-ben-Izz-eddin-Sindjari eut le rang de
21245vizir; Scherf-eddin-Abou-Ahmed
21246fut secrétaire. Plusieurs Arabes reçurent le grade d’émirs. Le sultan envoya à
21247tous ces
21248officiers
21249des provisions, des armes, des drapeaux,
21250un
21251tabl-khdnâh
21252,
21253aLSUrLb
21254(35),
21255et
21256autres
21257objets.
21258Il
21259leur
21260fit
21261distribuer,
21262en
21263gratifications,
21264des
21265sommes immenses.
21266Il
21267fit acheter cent Mamlouks, grands ou petits, auxquels
21268il
21269donna les grades de sildhddr
21270(36), de djandâr.
21271Il
21272fit présent à chacun
21273d’eux, de trois chevaux et de chameaux, pour porter son bagage.
21274Il mit auprès
21275fol. 276 v°)
21276:
21277<0
21278v
21279-Cf «Il lui accorda ce gouvernement. » Et ailleurs
21280(fol. 96 v°)
21281: d
21282i*>j2
21283«On lui décerna le commandement de sa nation. » Makrizi rapporte (man. 798,
21284f. 189 r°),
21285«que
21286si un soldat avait obtenu un bénéfice militaire,
21287l’inspecteur des armées donnait ordre de
21288lui
21289« délivrer une petite cédule, désignée par le mot de mithâl JU>. « On
21290lit dans le Inschâ ( f. i/( 8 v°)
21291:
21292wdsr?
21293v
21294ài
21295j.~Jt ^
21296«Le chef de la chancellerie secrète lui assura, par un diplôme,
21297« le gouvernement d’Alep. »
21298(351
21299C’est-à-dire une collection de tambours, trompettes, et autres instruments que l’on
21300faisait
21301entendre à la porte du souverain. [Voyez une des notes ci-après.)
21302(36) Le silâh-ddr
21303tw
21304était un officier qui portait chacune des pièces de l’armure destinee
21305au sultan, et la présentait à ce prince, lorsqu’il en avait besoin. «11 s’en trouvait plusieurs qui por-
21306« taient le même titre. Leur chef, nommé émir-silâh
21307j.
21308avait l’inspection de l’arsenal
21309« ïülà., de tout ce qui s’y consommait, de ce qui y entrait ou en sortait.
21310Il avait rang parmi les émirs
21311«centeniers.
21312(Mesalek-alabsar
21313,
21314man. 583,
21315fol. 179 v°; Inschâ,
21316fol. ia3 v°, 129 r°).« Comme Yémir-
21317silâh était le chef des
21318silâhdârs, Abou’lmahâsen
21319(Histoire cl’Égypte, man. 663,
21320fol. 3g v°) a con-
21321fondu les deux titres, lorsqu’il dit
21322:
21323t
21324^
21325^w
21326« Il le nomma son sildhddr, c’est-à-
21327« dire émir-silâh (Voyez ibid.
21328fol. 119 v°, 120 r°). « Le même écrivain, parlant ailleurs de la charge
21329d'émir-silâh, s’exprime ainsi
21330( Manhel-sd.fi, tom. III, man. 749,
21331f. i35 r°)
21332:
21333àâdbj
21334jJ$\j
21335b51 J.30
21336a
21337SJ
21338L<plà IAa UjL»)
21339jbbs
21340-
21341?
21342àJLa
21343«La charge d'émir-silâh
21344«était jadis peu importante
21345: au lieu que de notre temps,
21346c’est la plus considérable des dignités,
21347«après
21348celle éiémir-hébir . » Makrizi, qui parle de Yémir-silâh
21349(Description de l’Égypte, man. 798,
21350fol. ig3 r°) , s’est contenté
21351, suivant son usage , de copier les détails donnés par l’auteur du Mesalek-
21352alabsar. Suivant le témoignage de l’auteur du Inschâ (fol. 23o v°)
21353, lorsque le souverain écrivait à un
21354émir-silâh, il lui donnait le titre de
21355l*) 1
21356t
21357; et la signature
21358du prince offrait le
21359mot ïjcLl son frère.
p. 188
21360i6o
21361HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
21362du khalife toutes les personnes qui pouvaient
21363lui
21364être nécessaires, un chef du
21365conseil
21366, un secrétaire de
21367la chancellerie *Uô! ^3 ^, des employés
21368de bureaux
21369des imams,
21370des pages
21371AJL
21372, des chirurgiens
21373(37 ),
21374des médecins *1^.
21375Il lui donna des maisons
21376garnies de toutes sortes d’ac-
21377cessoires utiles, des chevaux de main woL=>. et des chevaux d’écurie oü-Lo! J^A'
21378Les troupes de milice
21379furent
21380organisées
21381(38). Le
21382sultan
21383assigna pour l’usage
21384(3ç) Le mot
21385désigne
21386: Un chirurgien chargé du soin
21387et de la guérison des blessures. Plus
21388bas (tom.
21389I, pag.
2139033i), on
21391lit
21392:
21393«Des médecins et des chirurgiens.» L’auteur du
21394Inschd (man.
21395i 573,
21396fol. i38 r°), partage
21397les chirurgiens en deux classes, savoir
21398:
21399« Ceux
21400« qui soignaient les blessures; » Et
21401«Ceux qui remettaient les membres fracturés. »
21402(38) Le texte porte
21403:
21404Le verbe pAA., à la dixième forme, a plusieurs acceptions.
21405Il signifie i° Lever des troupes. On
21406lit
21407dans
21408l’histoire de Makrizi [Solouk
21409tom.
21410I, pag. 164): ÜULsr^
21411Î^£La
21412aj
21413JL «De l’argent
21414« qui
21415lui servira à lever
21416des troupes pour
21417la cause du khalife.
21418» Dans
21419la
21420Vie du sultan Kelaoun
21421(fol. 226 v°)
21422:
21423«Il chercha
21424des
21425soldats
21426qu’il pût
21427enrôler.» Et plus loin:
21428jupi ^ 1^.
21429«
21430Il commença à enrôler, pour
21431la
21432« garde de cette place, des hommes sûrs.» Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VI,
21433fol. 239 v°)
21434:
21435alaî ^a
21436-? JjLiül
21437« H enrôla les tribus (Berbères) et les Arabes de sa nation.» Dans
21438XHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II,
21439fol.
2144017 r°)
21441:
21442I ^
21443I
21444« Il enrôla des soldats arabes
21445et turcomans. » 20
21446II
21447signifie
21448: Prendre à son service un homme qui
21449exerce une profession quelconque. On
21450lit dans la Vie du
21451sultan Kelaoun
21452(fol. i33
21453r°)
21454:
21455_xàr~~’ t
21456wdjLosdla
21457ïJ-A pj ^aiJ|
21458le. L?- «On enrôla un grand nombre d’artisans, qui
21459« connaissaient parfaitement tous les détails relatifs aux sièges des places. » Et plus loin (fol. 343 v°)
21460:
21461m
21462~ P
21463m
21464j ^oUsd!
21465j
21466« H prit à son service un grand
21467« nombre de tailleurs de pierres et d’autres artisans, tels que forgerons, charpentiers. »
214683° Âttacher
21469quelqu’un
21470, par un emploi quelconque , à son service, ou a celui d’un autre. On
21471lit dans
21472la
21473Vie
21474clc
21475Bibars (man. 8o3, fol. 32 r°)
21476: KLlo j Lj^O
21477«Il y attacha un bureau et un inspecteur.»
21478Dans l’histoire de Nowaïri (man. 645,
21479fol. 87 r°)
21480: ^ja aJ!
21481^.bsr?,
21482^LLLJt
21483LL_^î
21484î
21485« Le sultan attacha à la personne du khalife tous les fonctionnaires dont
21486il pouvait
21487« avoir besoin. » Et dans la partie du même ouvrage qui concerne la Vie de Bibars
21488(f.
214897 r°)
21490:
21491|J
21492.
21493.
21494.
21495»Lio
21496I
21497j
21498i^ja ad
21499i
21500a^.Ld !
21501Aa.t «De tous les
21502« fonctionnaires qui pouvaient être utiles, tels que chef du conseil, secrétaire de la chancellerie ...
21503il
21504« n’y en eût pas un qui ne fût choisi. » On
21505lit dans le Inschd (fol. i34 v°)
21506: jLsAs
21507w>Lî
21508JlyC.bîl
21509« Des promotions à des emplois inférieurs. » Plus loin
21510(fol. 2o5 v°)
21511:
21512pAàrAd
21513«11 plaça auprès de lui des secrétaires. » Dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV.
21514fol. 85 r°)
21515:
p. 189
21516IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
21517ibi
21518an 659
21519(1261).
21520particulier du
21521khalife cent chevaux, dix attelages
21522(39) de mulets et autant
21523de chameaux, un tascht-khanâh
21524(40), un scherâb-khanah (4i), un hawaïdj-
21525s
21526Jüsr"*»!
21527«Il fut choisi par l’inspecteur du domaine privé.
21528» Enfin,
21529il signifiait
21530: Ad-
21531mettre un soldat ou un officier dans
21532la classe de ceux à qui le sultan accordent un bénéfice militaire
21533^Lhs! ou
21534le grade cl’émir. On
21535lit dans Y Histoire cT Égypte d’Alimed- Askalâni (tom.
21536II,
21537fol. 85
21538v°)
21539:
21540yf.S
21541t
21542^
21543^
21544^
21545'
21546Âj
21547jtb Ijàj
21548|
21549A,h WW
21550!
21551^3*^
21552^
215531 b
21554^ ha
21555j y Ihl^J
21556î
21557L J.—
21558A'"S
21559W* 3
21560aIxjLiJ A^Ub ^LJasI
21561aJ y* yfi 'iy^
21562p»_j A-ülsr! aLçv
215631 pÆ j «J^.JU'11
21564y* h;_«$ob! «Avant le
21565« règne de Melik-Dâher, l’armée était partagée en trois classes
21566: la première se composait des Mamlouks
21567« du sultan, et se subdivisait en deux branches, savoir
21568: les soldats enrôlés et les Mamlouks (proprement
21569« dits). Chacun d’eux recevait une solde et des gratifications. Les enrôlés ne devaient pas appartenir à
21570« la troisième classe, celle des soldats de la halkah. On désignait par ce nom des soldats qui possédaient,
21571« dans différents cantons, des propriétés territoriales dont
21572ils percevaient le revenu. » On lit dans le
21573Manhel-sdfi d’Abou’lmahâsen
21574(t. IV,
21575fol. 109 r°)
21576:
21577j
21578» lj.it,
21579yj^fi
21580i.x* «Il avait
21581«avec lui cinquante Mamlouks, tant achetés qu’enrôlés. » Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
21582(fol.
21583394
21584v°)
21585: a&L^ ^Lj j
21586acL?-
21587I _\2V"w
21588î
21589,J, Alj
21590«
21591Il continua d’admettre à la solde un grand
21592«nombre d’hommes,
21593et d’en élever d’autres au rang d’émir.» L’auteur du Mesalek-alabsar (m. 583 ,
21594fol. 174 v°, 175 r°),
21595et Makrizi, qui a copié le récit de cet historien (man.
21596798, fol. 189 r°), nous
21597donnent les détails suivants
21598:
21599« Quant à ce qui concerne les fiefs l&LLsî des officiers de
21600la milice,
21601le
21602« sultan est dans l’usage de les conférer lui-même. Dès qu’un fief est vacant
21603, tous ceux qui y aspirent
21604« se présentent devant le prince
21605: lorsque son choix est arrêté,
21606il ordonne au secrétaire de l’armée
21607«
21608d’écrire pour le
21609titulaire une
21610petite feuille appelée mithâl Jlla, qui
21611contient
21612ces
21613« mots
21614: « voilà ce qui concerne un tel. » Au-dessus
21615,
21616il ajoute
21617: « On a déterminé le possesseur du fief. »
21618« Ensuite
21619,
21620il remet cette pièce au sultan
21621, qui écrit de sa main ces mots
21622: « On écrira. » Le chambellan
21623« remet l’acte à celui auquel
21624il est destiné,
21625et qui baise la terre. La pièce
21626est reportée à
21627la chan-
21628« cellerie militaire
21629y]fif, où elle est enfilée, pour servir de preuve en cas de besoin. Alors,
21630«on rédige une cédule
21631qui offre les signatures et les apostilles
21632de tous les membres de
21633«la chancellerie des fiefs, la même que la chancellerie militaire; elle est ensuite revêtue delà signa-
21634«ture du sultan, puis, portée au bureau de la chancellerie et des dépêches oLo&4!_j -ULs
21635«Après
21636quoi,
21637on
21638rédige
21639un
21640diplôme
21641,
21642sur
21643lequel
21644le
21645sultan
21646appose son
21647apostille
21648A/j^.&.
21649« Enfin, les membres du bureau des
21650fiefs y placent leur signature, après que la collation de l’ori-
21651« ginal a démontré l’authenticité de la pièce. Quant à ce qui concerne les choix
21652qui ont
21653«lieu en
21654Syrie,
21655les gouverneurs
21656*
21657>Lj n’ont pas droit de nommer un émir, grand ou petit, pour
21658« remplacer celui qui est mort; mais on en réfère au sultan, qui se charge de l’élection.
21659»
21660(39) Le mot
21661kitar j Ua9
21662désigne
21663: Une
21664suite de chameaux attachés les uns aux autres,
21665et qui se
21666suivent à la file. On
21667lit dans l’histoire de notre auteur
21668(Solouk
21669,
21670tom. I, pag. 1164)
21671:
21672o )
21673« Quatre files de dromadaires. » Dans le Mesalek-alabsar (man. 583 ,
21674fol.
21675169 v0
21676j
21677: fit, j
21678A._>. U
21679\ (k?
21680Ax-’jl «Un kilar, qui
21681se compose de quatre animaux.
21682» Dans l’ouvrage de Pitts (afaithfull account
21683I.
2168421
p. 190
21685HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
21686162
21687khannh ïLiU^lja.
21688(42 ).
21689Il délivra à chacun de ceux qui étaienl venus de l’Irak,
21690à la suite du khalife, des patentes, des diplômes^iL^j çj>)y qui leur assuraient
21691des propriétés territoriales vj^UliaSÎ.
21692Quand toutes
21693ces
21694dispositions
21695furent
21696achevées, on
21697fît
21698transporter la
21699tente
21700jJaO du
21701khalife,
21702et
21703celle du
21704sultan
21705vers
21706l’étang XSQJt (43) situé en dehors du
21707Caire. Le mercredi , dix-neuvième jour du mois de Ramadan
21708,
21709le
21710khalife
21711et
21712le
21713sultan montèrent à cheval, partirent du château de la Montagne, et se rendirent
21714sur le bord de
21715l’étang. Chacun d’eux alla occuper
21716la tente qui lui était destinée,
21717et l’on continua de distribuer des gratifications mJt (44) aux troupes du khalife.
217180/ the religion and manners of the Mahometans, pag.
217191 49) , ce mot est écrit cottor ; et l’auteur atteste
21720que les chameaux ainsi réunis,
21721sont au nombre de quatre. D’un
21722autre
21723côté, Chardin [Voyage
21724en
21725Perse, tom.
21726II, pag. 28, 270)
21727, dit que le hâter ou catar se compose de sept chameaux, ou autres
21728animaux; et Antonio Tenreiro
21729(Itenerario
21730, pag. 36 i), dit également que
21731le catar est
21732la
21733réunion de
21734sept mulets. Ce qui prouve qu’il n’y a rien de fixe à cet égard, et que le nombre des animaux attachés
21735ensemble peut varier sans que le mot change.
21736(4o) Le mot tascht-khanâh ïL> Lsr-v~*-k désignait
21737: Un lieu où l’on gardait les étoffes destinées pour
21738fhabillement du sultan,
21739les différentes espèces de pierreries , les cachets , les épées , et autres objets du
21740meme genre,
21741et où on
21742lavait les habits (Khalil-Dâheri ,
21743fol. 200
21744r°; Insehâ,
21745fol. 129 v°). Les sur-
21746veillants de cet établissement portaient le titre de taschtdâr^
21747! AlâJs, au pluriel ïJjî.U.â.l> taschtdâ-
21748riah. Ce mot se trouve déjà dans le Kitab-arraoudatain (man.
21749ar. 707 A,
21750fol. 24), où 011
21751lit
21752:
21753pl~.
21754d j
21755!
21756sSL: LiXicî. « Il confia son biscuit à un de ses taschtdârs. » (Voyez aussi Khalil-Dâheri
21757toc. laud.). Un surintendant
21758avait sous son autorité les taschtdârs et
21759les rahhtwânis
21760!
21761Ce dernier mot, formé des deux termes persans rahlit
21762et bân
21763, indiquait ceux qui avaient
21764le soin et la garde des meubles. Les surintendants étaient au nombre de deux
21765, et remplissaient leurs
21766fonctions à tour de rôle [Insehâ
21767, loc. laud.).
21768(41) Le mot scherâb-khanâh ïbbk vît [Insehâ,
21769fol. 129
21770r°), ou scherb-khanâh ïULs-b"
217711
21772(Khalil-Dâheri,
21773f. 249 v°, 2Ôo r°), c’est-à-dire la sommellerie
21774désignait « le lieu où l’on gardait les
21775< boissons,
21776le sucre,
21777les confitures,
21778les fruits,
21779la neige,
21780les eaux
21781cordiales,
21782les
21783pâtes
21784purgatives,
21785«astringentes, rafraîchissantes, les parfums, l’eau destinée pour l’usage du prince, et qui était tou-
21786jours de
21787la meilleure qualité. A la tête de cet établissement était un surintendantjUl^, et quelque-
21788« fois deux.
2178911 avait sous lui un nombre de scherabdârs
21790»
21791(42) Le mot
217921^».,
21793ainsi que sa forme l'indique, désignait
21794: Le lieu où se préparaient les
21795objets nécessaires pour l’usage journalier du prince. Ce terme se trouve dans la Description de l’Egypte
21796de Makrizi, où on lit (man. 798,
21797f. 200 v°)
21798:
21799JilxM
21800l_j:sr3 wb îj
21801par-® JJsj
21802v
21803aJÎ
21804çj)
21805«Sous
21806le règne de Melik-Adel-Kitbogâ
21807,
21808la quantité de viande as-
21809« signée pour la consommation journalière du hawâïdj-khanâh s’élevait à vingt mille ritls. »
21810(43 )
21811C’est-à-dire le birket-alhadj
21812,
21813« l’étang des pèlerins. »
21814(44)
21815Le verbe fÿso
21816, à la première et à la quatrième forme, signifiait
21817: Donner aux émirs ou aux
p. 191
21818IV. MEL1K-D AHER-B1BARS.
21819i63
21820an 65g (1261)
21821Le jour de
21822la
21823fête qui termine
21824le jeune ^LUî
21825, le sultan
21826se mit en marche
21827avec
21828le
21829khalife, tous deux ayant
21830le parasol déployé au-dessus de leur tête.
21831Ils
21832firent ensemble la prière de la fête. Le khalife entra dans la tente du sultan, et le
21833fit revêtir des pantalons symboles de la noblesse
21834!
21835, en présence de tous
21836les
21837grands officiers. Le sultan nomma pour vice-roi de l’Egyptey
21838LhLJ) woU Izz-
21839eddin-Izdemur-Halebi
21840, et lui adjoignit le vizir
21841Belia-eddin-ben-Hinna.
21842Le samedi, sixième jour du mois de Schewal, le khalife partit, accompagné de
21843Melik-Dâlier
21844et de toute l’armée. On
21845arriva au
21846lieu nommé Kisweh (45)
21847, situé
21848dans les environs de Damas. Les troupes cantonnées dans
21849cette dernière ville,
21850sortirent à la rencontre des deux princes, le mardi, septième jour de Dhou’lka-
21851soldats une gratification plus ou moins considérable ; et le mot nafakah
21852A-à-S-J exprimait cette distri-
21853bution. On lit clans la Vie de Bibars par Nowaïri
21854(fol. 55 v°) :/L*)l
21855^IhLJÎ
21856« Le sultan
21857«fit une distribution aux troupes.
21858« Dans
21859le Solouk de Makrizi (tom. I, pag.
21860j 4 3)
21861:
21862Ailleurs (tom. II, fol. 97 r°)
21863:
21864ïlllfè Lki
21865« S’il 11e nous accorde pas de gratification, nous
21866«l’égorgerons.
21867» Dans une
21868Histoire cl’Égyptc
21869(de mon manuscrit,
21870fol.
218711/(7
21872r°)
21873:
21874« Le sultan
21875fit une distribution aux troupes de Syrie.
21876» Dans l’histoire d’Abou’lmahàsen
21877(man. 667,
21878fol. 83 r°)
21879: îk,~..CJ
21880!
21881<uàj
21882<É>
21883(Jfid «Le sultan
21884fit aux Mamlouks une
21885«distribution de vêtements. » Ailleurs (man. 661,
21886f. 4 r“)
21887:
21888j ^U.O h Lo
21889AÏiJ!
21890« La gratification destinée aux émirs
21891était de cent pièces d’or, et celle des officiers de
21892la
21893« milice allait à trente pièces d’or.
21894» Dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (t. II
21895,
21896f. 82)
21897: ^jLLLJt
21898jjjiu
21899ijJsLJ!
21900i&su
21901«Le sultan
21902fit aux troupes une
21903distribution royale.» Dans une Histoire
21904d’Égypte déjà citée (de mon manuscrit, fol. 147)
21905: ïiàJî
21906^ J5* « Tous ceux qui eurent part à
21907« la distribution. » Plus loin
21908(foi. 161
21909r°)
21910: ÜüJ! j
21911^
21912«On proclama que l’on
21913allait
21914faire
21915« la revue et la distribution. » Dans
21916la Vie de Bibars de Nowaïri
21917(fol. 55 v°)
21918:
21919ÜàâJI
21920« Il
21921« présida en personne aux distributions. » Ailleurs (manuscrit de Leide, fol. i58 r°)
21922: «LsüLÜÎ
21923ïlisc.1
21924« Il lui donna la gratification. » Au rapport d’Ebn-Aïas (man. ar. 689,
21925fol. 20 r°)
21926, toutes les fois que
21927le sultan
21928faisait un voyage en Syrie,
21929l’usage voulait qu’il remît au khalife et aux kadis une
21930grati-
21931fication «ui-j . On lit dans le Inscliâ (fol. 25 i v°)
21932:
21933aJ
21934« Si on lui assigne un bien-
21935« fait ou une gratification. » Pierre Martyr, dans la Relation de son ambassade
21936(Legatio babylonica,
21937(fol. 86 r°), s’exprime en
21938ces termes
21939: Vêtus apud ipsos consuetudo
21940,
21941ut quicunque assumuntur in
21942regni liabenas
21943, singulis Mameluchis drachmas auri centurn in strenas
21944, proceribus vero pro cujusque
21945gradu diversa millia impartiatur; quod donativurn ipsi vocant naffaca.
21946Je ferai observer que, dans un passage de Y Histoire des hommes illustres de Kaïrowan (manuscr.
21947arab. 752,
21948fol. 97 v°), le mot laâ> signifie de l'argent. On y
21949lit
21950: laij
21951« Une bourse qui ren-
21952« fermait de l’argent.
21953»
21954(45) Le lieu nommé kisweh
21955'iy»£§\
21956üîjl*
21957se trouve indiqué ailleurs par notre historien
21958(Solouk
21959tom.
21960I, p. 178), aussi bien que par Abou’Imahâsen
21961(Manhel-sdfi, tom. III,
21962f
219633i2 v°); Burckhardt
21964( Travels
21965in
21966Syria,
21967pag.
21968284,
21969285)
21970fait mention du
21971village
21972de
21973Kessoué,
21974et
21975de
21976la montagne du
21977même nom.
p. 192
21978l64
21979HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
21980283 dah.Le khalife alla descendre au mausolée deSâleh
21981placé au pied du
21982I Kasioun
21983, et le sultan lialjjta la citadelle. Le vendredi
21984, onzième jour du même
21985mois,
21986le khalife fit son entrée par la porte de Berid s>jJ! vb, tandis que le sul-
21987tan entrait par la porte Ziddeh jbb)Jt
21988et
21989ils se réunirent
21990dans
21991la Mciksou-
21992mh
21993ïjr*L (46) de la principale mosquée. Après avoir achevé la prière du ven-
21994dredi,
21995ils se rendirent à la porte de Ziddeh. Là, le khalife continua sa marche
21996et le sultan rebroussa chemin.
21997Tandis
21998qu’il
21999était encore au château de la Mon-
22000tagne, dans le mois de Schaban,
22001il
22002avait appris l’arrivée de Melik-Sâleli-Rokn-
22003eddin-lsmaïl,
22004fils de Bedr-eddin-Loulou
22005, prince de Mausel. Le prince
22006était
22007ac-
22008compagné
22009de
22010son
22011fils Ala-eddin
22012et de
22013sa
22014famille.
22015Le
22016sultan
22017lui
22018témoigna
22019de
22020grands
22021égards
220224J.& J-A
22023(47 )?
22024Ie combla de témoignages de
22025bienveillance,
22026et
22027lui
22028(46) Le mot maksourah
22029, désigné
22030: Une chambre grillée
22031, placée clans une mosquée, auprès
22032'lu menber {la tribune
22033) et dans laquelle le prince seplace pourfaire la prière ,
22034et entendre la khotbah.
22035On
22036lit dans
22037l’histoire de Djemàl-eddin-ben-Wâsel
22038(fol. 423 r°)
22039:
22040I
22041^ly^J
22042L^3
22043,jt
22044«On disposa la maksourah
22045où,
22046suivant
22047l’usage,
22048le
22049roi se
22050« plaçait pour faire sa prière, et entendre la khotbah.
22051» Dans le commentaire sur
22052le Bostan de Sadi
22053(édit, de Calcutta, pag.
220541
220551 7)
22056,
22057le mot
22058est expliqué par
22059^L>!
22060^jL».
22061« Un lieu
22062« où l’imam se tient. » Dans l’histoire d’Ebn-Djouzi (man.
22063ar. 640, fol. 25 1 v°)
22064, on lit
22065: LJLa».
22066^.ft
22067,J,
22068« Il était assis dans la grande mosquée de Damas, dans la mak-
22069« sourah qui touche au menber. » Dans l’histoire de Nowaïri
22070(man. 645,
22071fol.
2207287
22073v°)
22074:
22075jbk .5
22076h
22077« Us pénétrèrent dans la mosquée
22078, dans la maksourah destinée pour le khatib (prédi-
22079cateur).» Dans une Histoire de Damas (m. ar. 8 2 3 ,
22080f. 6 r°)
22081:
22082I
22083iJ
22084!
22085,
22086> b«4
22087! «Le mih-
22088« rab, qui était dans l’intérieur de la maksourah. » Et plus loin
22089(fol. 54 v°)
22090:
22091<câ
22092.
22093.
22094. ^t^-M
22095\su>
22096« Le mihrab
22097avait
22098trois maksourah . »
22099Et
22100enfin
22101(ibid.)
22102: ibjlfc»
22103«La maksourah
22104de
22105«Moawiah.» Ce mot a souvent une signification beaucoup moins restreinte, et désigne, en général,
22106une chambre. On
22107lit dans
22108le Kitab-alagdni (tom. II,
22109fol.
2211041
22111r°)
22112:
22113^
22114\jjj Las.
22115«Us me suivirent de chambre en chambre^
22116» Dans l’ouvrage
22117intitulé Halbat-alkomaït (man.
22118i 566 >
22119fol. 45 v°)
22120:
22121'ijyaio ^Jt
22122^»li
22123« Il se dirigea vers une des chambres. » Dans un pas-
22124sage de Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen
22125, ce mot désigne
22126: La niche
22127, le trou, qui sert de retraite
22128aux pigeons. On y lit (man. 663 ,
22129f.
22130i 58 r°)
22131: La^-sali.'»
22132vjudâas
22133« Les pigeons s’envolèrent
22134« précipitamment de leurs retraites.
22135»
22136(47) Le verbe
22137J-J, à la quatrième forme,
22138suivi de
22139la préposition
22140,
22141signifie
22142: Témoigner a
22143quelqu’un des égards , de la
22144bienveillance. Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VI,
22145fol.
221467 v°), on
22147lit
22148: At liait iJ
22149I
22150J^it
22151« U lui témoigna de la bienveillance,
22152et lui restitua son bénéfice mi-
22153« litaire. » Dans Y Histoire des kadis cl’Égypte de Sakhâwi (man. arab. 690,
22154fol. 81 v°)
22155:
22156L _ ér-*
221571 ^
22158t J-^t
22159L\dj
22160bM.'it
22161<ula
22162JU.jt
22163« Aschraf-Inâl
22164lui témoigna
22165une extrême
22166bienveillance.
22167»
22168Dans
22169YHistoire
22170d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (man. 656 , fol.
221713 i v°)
22172: lyJaa
22173b' Lit aJU JJtj ^IfcUt aJU J^t
p. 193
22174an
22175659
22176( 12 6 i ).
22177[Y. MELIK-DAHER-BIBARS.
221781 65
22179donna pour
22180lui
22181et
22182pour
22183les personnes de
22184sa
22185suite, dans
22186leur voyage depuis
22187Damas jusqu’au Caire, des provisions
22188et des gratifications en argent. Le
22189sultan sortit à sa rencontre
22190et
22191lui assigna, pour sa demeure, une maison conve-
22192nable à son rang. Bientôt après, on vit arriver Melik-Moudjahid-Seif-eddin-Ishak,
22193frère
22194d’Ismaïl
22195,
22196et prince du Djézirah. Le sultan
22197sortit également au-devant de
22198lui. Leur frère, Melik-Modaffer-Ala-eddin-Ali, prince de Sindjar, avait été nommé
22199par Melik-Moudaffer-Koutouz, gouverneur woli d’Alep
22200; mais les Azizis s’étaient
22201saisis de
22202sa personne, et le tenaient en
22203prison. Ses deux frères ayant intercédé
22204pour lui auprès du sultan, ce prince ordonna de
22205lui rendre
22206la liberté.
22207Il s’atta-
22208cha à combler
22209ces
22210princes de
22211présents
22212et
22213de
22214témoignages de
22215considération.
22216Lorsqu’il
22217fut arrivé sur les bords de
22218l’étang en dehors du Caire
22219,
22220il envoya aux
22221trois frères des chevaux de relais hfi)\
22222(48), des drapeaux, des djemdars, des
22223robes d’honneur. Il leur concéda des diplômes d’investiture pour les villes de leur
22224apanage, dont le khalife
22225lui avait remis la souveraineté.
22226Il nomma Melik-Sâleh,
22227prince de Mausel
22228, de Nisibin
22229, d’Akr et Schousch
22230’ de Dara
22231“ Le sultan le favorisa, et lui témoigna une grande bienveillance. » Dans l’histoire de Nowaïri (man.
22232de Leide, fol. 192 v°)
22233:
22234,J.A !
22235«Houlagou leur témoigna de la faveur et
22236« de la bonté. » Dans
222371 Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714? fol; 237 v°)
22238:
22239I
22240!
22241aJLSÎ j
22242JLjLwlj
22243« Le sultan lui témoigna sa considération, en venant personuelle-
22244" ment a sa rencontre, et lui donnant des preuves de bienveillance. » Dans le Kdmel, ou plutôt dans
222451 histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (tom. VII
22246, pag. 164)
22247;
22248«cJæ Jvéd
22249« Il lui témoigna
22250« une extrême faveur.» Et plus loin
22251(ibid.'j
22252:
22253Dans YHistoire de Kaïrowan (manuscr. 7Ô2,
22254fol. 79 v°)
22255: .LylxJl
22256J-dô
22257jJ
22258« H ne lui témoigna pas
22259la considération
22260«que
22261l’on
22262doit montrer aux savants.» Plus
22263loin
22264(fol. 81
22265r°)
22266:
22267àJb
22268Jjsl. Dans
22269l’histoire
22270d’Ahmed-Askalâni (tom.
22271II, fol. 147
22272v°)
22273: tjJùj C.& îjiodj
22274iAc.
22275J Là! d
22276«Il
22277«jouissait d’une extrême
22278considération
22279: on la lui témoignait, on s’empressait de s’instruire à son
22280« école, et on le révérait. » Dans YHistoire biographique d’Ebn-Khallikan
22281(f. 325 r°), on lit
22282: &J! ^à!;
22283mais je crois qu’il faut à aJ! substituer
22284(48) Ce mot désigne
22285: Des chevaux qui étaient stationnés à tour de rôle, devant le palais du sou-
22286verain,
22287afin qu il put les monter, quand
22288il lui en prenait envie. On
22289lit dans la Description de l’Êgypte
22290de Makrizi (man. 798,
22291fol. 182 r°)
22292: <b*JI
22293Dans l’histoire d’Abou’lmahâsen (man. 66 3 ,
22294fol. 194 re
22295)
22296:
22297i/y
22298'
222993
22300Aous apprenons par
22301le témoignage de Masoudi que, dès le com-
22302mencement de la dynastie des Abassides, des chevaux, désignés parle même nom, étaient constam-
22303ment placés devant
22304le
22305palais du khalife. On
22306lit dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man.
22307689,
22308fol. 21 v°)
22309:
22310^ hj) jLs.
22311j.s>. «On conduisait quinze attelages de dromadaires,
22312«qui portaient des housses d’étoffe d’or. »
p. 194
22313i66
22314HISTOIRE OES SULTANS MAMLOUKS.
22315et des forteresses du territoire d’Amâdieh ïoLy*3
22316! ^
223174üj| (49). Moudjahid reçut le titre
22318de prince du Djézirah, etModaffer de prince de Sindjar. Tous baisèrent la terre au
22319(49) L’auteur de VHistoire des Cardes (man. de Ducaurroy 88 ,
22320fol. 37
22321v°), parlant des princes
22322curdes d
22323'Amâcheh aoI^s
22324, s’exprime ainsi
22325:
22326« Dans l’origine,
22327ils vinrent du canton de Schems-eddin
22328« ^jjJ!
22329à Amâdieh. Leurs pères et leurs ancêtres possédaient la forteresse de Târon
22330«
22331IL
22332, située dans le district des Schems-eddin
22333» Puis,
22334il ajoute
22335: « La
22336«forteresse d’Amâdieh
22337fait
22338partie du Djézirah.
22339Elle
22340fut fondée,
22341sous
22342le règne des
22343sultans
22344« Seldjoucides, par Imad-eddin-Zenghi-ben-Ak-sonkor, prince de Mausel et de Sindjar. La citadelle
22345« et la ville sont situées sur- une colline, de forme ronde. Quelques-uns des quartiers sont élevés au-
22346« dessus du sol environnant, à une hauteur de cent coudées; d’autres, à celle de cinquante; d’autres,
22347de soixante, et d’autres, de vingt. Des fouilles
22348faites en deux endroits, dans l’intérieur de la cita-
22349delle, ont
22350fait découvrir une source, dont l’eau fournit à la consommation des bains, du collège et
22351de leurs dépendances. L’eau que boivent les habitants de la ville est amenée du dehors à dos d’ani-
22352maux. Le langage que l’on parle dans ce canton est le curde, et un arabe corrompu. Les habitants
22353« sont bons, religieux, naturellement enclins à la vertu et aux bonnes œuvres. Les princes d’Amâdieh
22354« y ont fait élever des mosquées, des collèges; et des savants et des hommes de mérite s’y_occupent
22355« constamment à étudier ou à professer les sciences qui ont
22356trait à
22357la religion
22358, à perfectionner dans
22359« eux-mémes ou chez les autres
22360, la connaissance de la piété.
22361»
22362L’auteur, passant en revue quelques tribus curdes, établies sur ce territoire, ajoute
22363: « La rivière
22364« de Zi
22365coule dans le canton d’Amâdieh
22366; on la nomme autrement Nahar-alheitvdn ^
22367« (le fleuve de la vie). » Puis (f. 38 v°),
22368il continue en ces termes
22369: « Parmi les places les plus célèbres du
22370territoire d’Amâdieh
22371est la
22372forteresse d’Akrah
22373ïJis- à laquelle
22374est jointe une
22375petite
22376ville
22377a..*æ9
22378,
22379« nommée IVâri
22380îj, qui est habitée par douze cents familles de Musulmans et de Juifs. Non loin
22381«de
22382là est la
22383forteresse de Schousch
22384Aab. » Ailleurs (fol. 5o r°)
22385,
22386l’historien place Amâdieh
22387avec Kourkil J
22388et d’autres places, dans la province de Bedlis. Au rapport d’Ebn-Athir
22389(Kd/ncl
22390tom. Y, pag.
223915 g), et d’Abou-Schâmali (man. 707 A,
22392fol. 20 r°), «Ce
22393fut
22394l’an 537 de l’hégire (de
22395«J. C. 1142) que le célèbre Imad-eddin-Zenghi, après avoir pris et ruiné
22396la ville de Schabâni Axis
22397«
22398qui était une des places les plus considérables et
22399les plus
22400fortes du pays des Curdes,
22401fit
22402n construire une forteresse que, de son nom,
22403il appela A-OL^e-
22404Imâdieh ou Amâdieh. » Ebn-Athir
22405(tom. VI, pag. 3 x 3 )
22406place
22407cette ville dans la province de Mausel. On peut voir, sur ce qui
22408la con-
22409cerne,
22410les observations de M.
22411Rich
22412(Résidence
22413in Koordistan, tom. I, pag.
224141 53
22415,
22416i 56 ). Quant aux
22417deux villes nommées Akrjic., jix)]
22418, ou Akrah
22419Vj'sls-, et Schousch ^pj^, elles sont plusieurs fois in-
22420diquées par
22421les écrivains orientaux. On
22422lit dans
22423le Kdmel d’Ebn-Athir (tom. V, pag. 5 )
22424:
22425« Parmi les
22426«forteresses des Curdes Hamidis ajA^s-^I .iLS^Î, on distinguait Akr^üxjt
22427Axi’â
22428et Schousch
22429a*1s
22430«(j^pyL)
22431Ailleurs (t. YI
22432, p. 37 et 247) l’historien nomme la forteresse d’Akr, du territoire des
22433Hamidis
22434‘b.X.ysdl jà&.
22435Plus
22436loin
22437(pag.
22438247)
22439il
22440dit
22441: «La
22442forteresse d’Akr
22443Axis
22444, et
22445celle de
22446« Schousch
22447(ç^pj^>) sont situées dans le voisinage de Mausel.
22448» Ailleurs (p. 293)
22449il s’exprime en
22450ces termes
22451: « La forteresse de Schousch
22452pj£>) qui dépend du territoire des Hamidis, est située
22453« sur le sommet d’une haute montagne, à douze parasanges de Mausel. » Nowairi (26
22454e partie, m. de
22455Leide,
22456fol. 3 g r°) raconte que, dans l’année 528 de l’hégire (de
22457J.
22458C. n 33 )
22459, Zenghi s’empara des
22460forteresses des Curdes Hamidis. parmi lesquelles on distinguait Akr^i*)! et Schousch ^pj-^ Aab-
p. 195
22461an
2246265 g
22463(1261).
22464IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
22465167
22466moment où ils revêtirent les robes d’honneur. Le sultan leur envoya des tambours
22467des drapeaux et des sommes d’argent. On les dispensa de venir, en personne,
22468faire leur cour au sultan
22469^
22470partirent pour Damas, et assis-
22471tèrent, dans la citadelle de cette ville, à
22472la grande réunion
22473des
22474habitants de la
22475Syrie ^LdJt
22476, revêtirent
22477les robes d’honneur,
22478et
22479baisèrent
22480la terre. Après
22481quoi,
22482ils sortirent accompagnés de l’atabek, qui portait les insignes du
22483sultan.
22484Il leur fit un présent considérable, au moment où
22485ils
22486allèrent jouer à la paume.
22487Bientôt, on vit arriver à Damas, Melik-Aschraf-Moudaffer-eddin-Mousa, prince
22488de Hems, Melik-Mansour, prince de Hamah; chacun d’eux avait avec lui quatre-
22489vingt mille pièces d’argent, deux charges d’habits, et des chevaux. Ils parurent
22490dans
22491la ville escortés des émirs, qui marchaient devant eux avec les attributs
22492de la souveraineté. On leur délivra des diplômes
22493d’investiture qui
22494leur confir-
22495maient la possession des
22496villes soumises à leur autorité ,
22497et augmentaient
22498leurs
22499apanages. Ensuite,
22500ils reprirent la route de leurs principautés.
22501Le sultan
22502avait d’abord eu
22503le
22504projet de
22505faire accompagner
22506le khalife par un
22507corps de dix mille cavaliers, qui ne l'auraient point quitté, jusqu’à ce qu’il eut
22508été paisible possesseur de Bagdad.
22509Il voulait que les
22510fils du souverain de Mausel
22511restassent à la cour du khalife; mais un de ces princes, se trouvant seul avec le
22512sultan, lui conseilla de ne point réaliser ce projet. «En
22513effet, lui
22514dit-il, dès que
22515«le khalife se verra maître
22516de Bagdad,
22517il
22518agira hostilement avec vous, et vous 284
22519«enlèvera la souveraineté de l’Egypte.» Le sultan, frappé de cet avis, ne
22520fit partir
22521avec
22522le khalife qu’un corps de
22523trois cents
22524cavaliers.
22525L’émir Seïf-eddin-Belban-
22526Reschidi et l’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi, furent envoyés à Alep, avec ordre
22527de se diriger vers les bords de l’Euphrate; et dès qu’ils recevraient une lettre du
22528khalife, un d’eux devait se rendre auprès de ce prince.
22529Le sultan monta à cheval pour faire ses adieux au
22530khalife. Ce dernier partit
22531accompagné des trois
22532fils du prince de Mausel; mais chacun
22533d’eux
22534le quitta en
22535route pour se rendre dans ses Etats. Le khalife étant arrivé dans la ville de Rah-
22536bah, fut joint par l’émir Ali-ben-Hodhaïfah, de la tribu de Fadl, à la tête de quatre
22537cents
22538cavaliers
22539arabes. Environ
22540soixante Mamlouks de Mausel
22541vinrent
22542grossir
22543sa troupe. L’émir Izz-eddin-Berkeh arriva de la ville de Hamah, accompagné de
22544trente cavaliers.
22545M. Rich fait mention du district à'Akra ou Nanukor, situé dans la province d’Amadia
22546(Residen.ee in
22547Koorclistan
22548tom. I, pag. 276; tom. II, pag.
2254919)
22550, et de la montagne S Akra
22551( ibid.).
p. 196
225521 68
22553HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
22554Le khalife partit de Rahbali,
22555et
22556se
22557rendit
22558à Meschhed-Ali;
22559il
22560y trouva un
22561personnage
22562, qui prétendait appartenir à la famille d’Abbas.
22563Il avait réuni autour
22564de lui sept cents cavaliers turkomans, qui lui avaient été envoyés d’Alep par l’é-
22565mir Scbems-eddin-Akouscb-Bereki
22566; ces soldats, gagnés par les sollicitations
22567et
22568les promesses
22569du khalife,
22570allèrent grossir son
22571cortège. Le khalife écrivit à son
22572compétiteur, lui offrit une amnistie, et le pressa d’agir de concert avec lui pour
22573relever
22574la puissance des enfants d’Abbas
22575; ces propositions
22576furent
22577acceptées. Le
22578prétendu Abasside
22579vint trouver
22580le
22581khalife, qui
22582lui tint religieusement parole
22583et
22584le logea dans sa propre maison; après quoi,
22585il se rendit
22586à Anah,
22587et puis à
22588Hadithali,
22589et
22590prit
22591la
22592route de
22593Hit.
22594Il
22595écrivit
22596à Melik-Dâher, pour
22597lui
22598rendre
22599compte de ce
22600qu’il
22601avait
22602fait.
22603Cependant,
22604l’émir Sandjar-Halebi ayant
22605quitté Alep, pour
22606se transporter
22607à
22608Damas,
22609la
22610première
22611de ces
22612villes
22613tomba au pouvoir de l’émir Scbems-eddin-
22614Akouscb-Bereki.
22615Il
22616écrivit au sultan pour l’assurer de
22617sa soumission
22618;
22619mais le
22620prince exigea
22621qu’il vînt en personne, lui
22622faire hommage. Les deux émirs,
22623Seif-
22624eddin-Reschidi et Sonkor-Roumi étant partis de Damas, Akouscli
22625quitta Alep;
22626les deux émirs entrèrent dans cette
22627ville, et se dirigèrent de là vers l’Euphrate.
22628Le sultan
22629fil des courses sur
22630le territoire d’Antioche,
22631et ne revint sur ses pas
22632qu’après avoir enrichi ses troupes, recueilli un butin considérable, et livré aux
22633flammes
22634les moissons
22635et
22636les chariots des Francs.
22637Il nomma pour gouverneur
22638d’Alep l’émir Ala-eddin-Bondokdari;
22639il séjourna dans cette ville au milieu d’une
22640cherté excessive de tous les objets, et d’une pénurie universelle. A peine le sultan
22641avait-il quitté la ville, que les Francs lui envoyèrent des provisions, et demandèrent
22642la paix
22643;
22644il hésita
22645, et exigea d’eux des conditions auxquelles ils refusèrent de sous-
22646crire;
22647alors,
22648il
22649les
22650traita avec mépris. Les troupes
22651étaient déjà en marche pour
22652entrer sur les terres de l’ennemi, du côté de Balbek.
22653Les Francs supplièrent
22654le
22655sultan de retourner
22656sur ses pas; la
22657disette
22658régnait alors
22659sur toute la Syrie. La
22660paix
22661fut conclue; on
22662convint que les choses
22663resteraient
22664sur
22665le
22666pied où
22667elles
22668avaient été jusqu’à
22669la
22670fin du règne de
22671Melik-Nâser,
22672et que
22673les prisonniers qui
22674avaient été faits depuis cette époque seraient mis en
22675liberté. Des ambassadeurs
22676francs
22677arrivèrent avec
22678la mission de recevoir les actes du traité, et de négocier
22679une trêve pour le seigneur de
22680Jaffa et
22681le prince de Beïrout
22682; comme
22683les Francs
22684faisaient des difficultés relativement aux prisonniers,
22685le sultan ordonna de faire
22686transférer de Naplouse i Damas, les prisonniers francs, et de les
22687faire travailler
p. 197
22688an 659
22689( 1261 ).
22690IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
22691169
22692aux constructions. Les Francs prétendaient avoir droit (5o) à une indemnité pour
22693la
22694ville de Zerin
22695; mais
22696il leur
22697fut répondu
22698:
22699« Vous avez, sous
22700le règne
22701«de Nâser, reçu, en échange de cette place, celle de Merdj-oïoun
22702^
22703: vous
22704«avez conclu un autre accord du même genre avec le souverain de Sis,
22705et vous
22706« avez entre vos mains le prix que vous avez reçu
22707: comment osez-vous réclamer
22708«un double dédommagement? Si vous vous en tenez aux clauses du
22709traité,
22710à
22711«la bonne heure, sinon,
22712notre
22713seule
22714occupation
22715est
22716de
22717faire
22718la
22719guerre aux
22720« infidèles. » L’émir Djemâl-eddin-Mohammed se mit en marche
22721à
22722la tête d’une
22723armée,
22724fit des courses
22725sur les
22726terres des Francs,
22727revint
22728sain
22729et sauf et chargé
22730de butin. Un autre corps de troupes tomba sur les Arabes de Zobaïd, qui avaient
22731commis de graves désordres, en tua un grand nombre,
22732et revint avec un
22733riche
22734butin. Le sultan ayant mandé les émirs arabes
22735, leur fit des présents, leur accorda
22736des
22737propriétés
22738territoriales,
22739et leur
22740confia
22741la surveillance
22742(5i)
22743( 5 0)
22744Je lis
22745, au
22746lieu de
22747( 5 1) Le mot
22748au pluriel
22749signifie,
22750si je ne me trompe
22751: Le soin que l’on p/ctid
22752<1 une personne ou d’une chose, la surveillance que l’on exerce. On lit dans le Inschd
22753(fol.
22754128
22755r°)
22756:
22757iSji
22758<çis j
22759j
22760iüli
22761«Il avait le soin d’ouvrir et de fermer cette porte, et était
22762« chargé de son entretien. » Ailleurs,
22763en parlant d’une
22764forteresse (fol.
22765127 v°)
22766:
227674.À.S
22768« C’était
22769« lui qui en avait
22770la garde.
22771» Dans YHistoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714,
22772fol. 263
22773r")
22774:
22775Js.sLà'*w»
22776« Il était alerte pour faire
22777la garde, et exercer la surveillance. » Dans l’his-
22778toire d Ebn-Khaldoun (tom. VI, fol 4
22779r°)
22780: ÜbL*Jt
22781« Us étaient chargés d’avoir soin des
22782«voyageurs.
22783» Dans l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni
22784(f. 171
22785v°)
22786:
22787! j 'JlSj*J! llJJî oXJj'
22788hisr-M ^ «Cette nuit,
22789il renforça les védettes, et leur enjoignit de faire la garde avec une
22790«extrême vigilance.» Dans
22791le Inschd (fol. 102 r°)
22792: ^ J bLU
22793^
22794^
22795«Us ont
22796« un
22797chef de
22798leur nation
22799qui
22800est chargé
22801de
22802veiller
22803sur
22804eux. » Dans
22805l’ouvrage de Khalil-Dâheri
22806(fol. 118
22807r°)
22808:
22809I j
22810Ü.0LÜ «L’action de
22811placer des
22812garnisons
22813et
22814des
22815sur-
22816veillants. » Dans YHistoire d'Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II
22817, fol.
22818102 v°)
22819: wAj^Î ^
22820^
22821v—
22822“F prenait des informations, sur cette matière, auprès des surveillants.» Dans
22823la
22824T ie de btbars (m. 8 o 3 ,
22825f. 32 r°)
22826:
22827lJ.xj j
22828JjbJI
22829«il astreignit les Arabes
22830«des tiibus dAid, de Djerm,
22831de Thalebah à
22832veiller
22833à la garde de
22834la province.» Dans le Inschd
22835(fol. 108 v
22836)
22837:
22838l9j.U
22839I j J>^U| j
22840J.=s.
22841I j
22842Lj
22843I
22844«Les
22845surveillants
22846établis
22847« dans les places frontières, les ports, dans les provinces, sur les routes. » Dans
22848l’histoire d’Ahmed-
22849Askalàni (man. 656,
22850fol. 64 r°j
22851:
22852j
22853« Il était chargé de la garde de la
22854« ville d Yezd
22855, et de la province du Kerman. » Dans l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni (f.
228561 5 1 r°)
22857:
22858^5. ÂJjJ! «Il plaça en faction du côté des Francs une garde avancée, à la-
22859« quelle
22860il recommanda
22861la vigilance.»
22862Et
22863enfin, dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man.
22864689,
22865I.
2286622
p. 198
228671 70
22868HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
22869des diverses provinces,
22870en
22871les
22872obligeant à garder les
22873passages jusqu’aux fron-
22874tières de
22875l’Irak.
22876Il
22877concéda, par un
22878diplôme,
22879à
22880l’émir
22881Scherf-eddin-Isa-ben-
22882Mohanna,
22883le
22884titre d’émir de
22885tous
22886les Arabes;
22887il nomma l’émir
22888Ala-eddin-Hadj-
22889Taïbars-Wéziri
22890, gouverneur de Damas; et choisit pour remplir les fonctions de
22891kadi de cette ville, le kadi Schems-eddin-Abou’labbas-Ahmed ben-Mohammed-Ebn-
22892Kliallikan,
22893en remplacement de Nedjm-eddin-Abou-Bekr-ben-Moliammed, qui
22894fut gardé à vue et envoyé au Caire. Le diplôme d’investiture jJlij'd’Ebn-Kliallikan,
22895fut lu le vendredi, neuvième jour du mois de Dhou’lhiddjah; on lui donna l’exer-
22896cice
22897de
22898l’autorité
22899judiciaire, depuis
22900Arisch jusqu’à
22901l’Euphrate, l’inspection
22902de
22903tous les wakfs
22904v
22905${3^ telles que mosquées, mdreslân (hôpital), collèges et autres
22906fondations pieuses
22907, et le droit de professer dans sept collèges.
22908Le sultan partit de Damas, le samedi, dix-septième jour du même mois, pour
22909se rendre en Egypte. A la
22910fin du mois de Schewal,
22911il destitua le kadi des kadis,
22912Tadj-eddin-ben-Bint-Alaazz, et lui ôta le titre de kadi de Misr et de la partie mé-
22913ridionale de l’Egypte;
22914il lui donna pour successeur
22915le kadi des kadis, Borhan-
22916eddin-Khedr-Sindjari.
22917Ebn-Bint-Alaaz
22918resta en
22919possession de
22920la place de kadi
22921du Caire et de la partie
22922septentrionale de l’Egypte. Le sultan donna ordre de
22923bâtir un wwc/i/ieâ((monument) dans le lieu nommé Aïn-Djalout.
22924Cette même année,
22925le sultan écrivit (5a) au
22926sultan
22927Bérékeli, pour l’engager
22928286
22929à faire la guerre à Houlagou. Cette démarche eut pour motifs
22930les bruits qui s’é-
22931taient répandus,
22932que
22933Bérékeli avait embrassé l’islamisme.
22934Les Tatars qui
22935étaient restés en Syrie,
22936firent une incursion
22937sur
22938le territoire
22939d’Alep, et y portèrent le ravage
22940; Baidera leur chef, vint camper devant cette ville,
22941et la resserra étroitement, en sorte que le prix des denrées augmenta dans une
22942proportion excessive, et que les vivres manquèrent presque complètement; mais
22943à l’approche de l’armée du sultan,
22944les Tatars levèrent le siège et s’éloignèrent.
22945L’émir
22946Scliems-eddin-Akousch-Bereki-Azizi
22947s’empara
22948de
22949la
22950ville
22951d’Alep;
22952il
22953réunit auprès de lui les Turcomans et les Arabes. Après avoir séjourné dans cette
22954fol. 23
22955r°)
22956: SyL-^J j àJæ
22957[ySaJô ^L>
22958>
22959éjj!
22960J—j l
22961«Il adressa des
22962« lettres aux surveillants, pour leur enjoindre d’arrêter cet homme et de l’étrangler.
22963- De là vient le
22964verbe
22965qui signifie
22966: Confier la garde , la surveillance. On
22967lit dans la Vie de Bibars (man. 8o3,
22968fol. 61 v°)
22969: .ihLJI ifjb j
22970I)j3
22971Lias ^pjJ!
22972«II nomma
22973Seïf-eddin-
22974Atâ-ben-Azaz émir des Arabes de Barkah, et
22975le chargea de la garde de la province.
22976»
22977(52) Je lis
22978au lieu de
22979j.
p. 199
22980an 660(1262).
22981IV. MELIK-DAH ER-B 1 BARS.
22982171
22983place, l’espace d’environ quatre mois,
22984il se dirigea vers Birali, dont
22985il se rendit
22986maître;
22987ensuite,
22988il partit pour Harran où
22989il
22990fixa son
22991séjour. Tantôt
22992il s’appro-
22993chait d’Alep, tantôt
22994il s’en éloignait
22995, par l’effet de
22996la crainte que lui inspiraient
22997les armes du
22998sultan. Cependant les Benou-Merin passèrent le détroit (de Gibral-
22999tar) pour aller attaquer les Francs
23000, et remportèrent la victoire.
23001Melik-Modaffer-Iousouf-ben-Omar-ben-Resoul,
23002souverain du Yémen
23003,
23004fit cette
23005année
23006le pèlerinage de
23007la Mecque,
23008couvrit d’un
23009voile la Kabah , et distribua en
23010aumônes des sommes considérables.
23011Cette année vit mourir: i°Melik-]Nâser-Salah-eddin-Iousouf, fils d’Aziz-Moham-
23012med,
23013petit-fils de Dâher-Gazi, arrière-petit-fils de Nâser-Salali-eddin
23014, prince d’A-
23015lep
23016et de Damas; ce fut le dernier souverain de la famille d’Aïoub. Il était âgé de
23017trente-deux ans, et en avait régné vingt-quatre.
23018Il fut tué par ordre de Houlagou
23019;
23020•2° Melik-Sâleh-Ismaïl-ben-Moudjahid-Schirkouli- ben -Kâber-Mobammed-ben-
23021Mansour-Asad-eddin-Scbirkouh-ben-Schadi
23022, prince de Hems;
23023il péril de mort
23024violente;
230253 ° le lettré*
23026.<obM Moukhlis-eddin-Abou’Jarab-Ismaïl-ben- Omar-ben-
23027Iousouf-ben-Karnas-Hamawi.
23028Le second jour du mois de Moharram
23029,
23030le sultan arriva de Damas.
23031La cherté
23032AN
23033des grains se faisait
23034sentir dans cette ville;
23035le ghirdrah ïj\j£ de froment monta 660.
23036jusqu’à quatre cent cinquante pièces d’argent,
23037et beaucoup de personnes mou-
23038rurent de faim.
23039Cependant Karaboga, général des Tatars
23040, que Houlagou,
23041lors de son retour
23042vers les contrées
23043orientales, avait
23044établi gouverneur de Bagdad, partit de cette
23045ville pour aller combattre le khalife Mostanser-billah;
23046il pilla la ville d’Anbar
23047( 53 )
23048et égorgea tous les habitants. Il fut joint parle reste des Tatars qui se trouvaient à
23049Bagdad. Le khalife s’avança à la rencontre de l’ennemi
23050, et rangea ses troupes en
23051bataille;
23052il
23053plaça aux deux ailes
23054les Turcomans et
23055les Arabes, et se réserva un
23056corps d’élite, dont
23057il forma le centre de son armée. Il fondit en personne sur les
23058Tatars, et rompit leur avant-garde; mais
23059il
23060se vit trahi par les Arabes elles Tur-
23061comans, qui refusèrent de combattre. Des troupes que l’ennemi avait mises en
23062embuscade, s’étant montrées tout à coup,
23063les Arabes
23064et les Turcomans prirent
23065ouvertement
23066la fuite. Les soldats qui restaient autour du khalife
23067furent enve-
23068loppés de toutes
23069parts, et massacrés;
23070il n’en échappa que l’émir Abou’labbas-
23071(53) Je lisjLj^l, au lieu ile^Lé^l.
2307222.
p. 200
23073HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
23074\ 7i
23075Ahmed, qui se rendit en Égypte, où
23076il reçut le surnom de Hdkem-biiam/j-allah
23077ainsi que les émirs Nâser-eddin-ben-Mohanna , INâser-eddin-ben-Sairam
23078, Sâbek-
23079-87.
23080eddin-Bouzia-Saïrami, Asad-eddin-Malimoud, et environ cinquante hommes de
23081la milice. On ignore quel fut le sort du khalife; suivant les uns,
23082il fut tué dans le
23083combat, le troisièmejour du mois de Moliarram ; suivant d’autres, ayant été blessé,
23084il se réfugia chez une tribu d’Arabes et mourut au milieu d’eux. Ce combat fut
23085livré dans la première dixaine du mois de Moliarram. Le khalife avait régné moins
23086d’une année. Les dépenses faites par Melik-Dâher, pour le khalife et les princes
23087de Mausel, s’élevèrent à un million soixante mille pièces d’or. Melik-Sâleh-Imad-
23088eddin-Ismaïl resta dans sa principauté de Mausel; ses deux frères Ishak et Ali, re-
23089doutant les attaques des Tatars, se retirèrent en Syrie. Ils vinrent trouver le sul-
23090tan, au château de la Montagne, et furent reçus de la manière la plus distinguée;
23091ils conjurèrent le prince d’envoyer un corps d’armée au secours de leur frère. Le
23092sultan
23093fit en effet partir l’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi, à la tête d’une troupe
23094composée de Bahris et de soldats de la Halkah. Ils partirent du Caire, le quatrième
23095jour du mois de Djoumadah premier. Le sultan écrivit à Damas pour ordonner le
23096départ de la garnison de cette ville, sous le commandement de l’émir Ala-eddin-
23097Hadj-Taïbars. Les deux corps quittèrent cette ville, accompagnés de Moëzz-eddin-
23098Abd-alaziz-ben-Wadâali. La citadelle de Birah tomba au pouvoir des généraux du
23099sultan
23100; ce prince conclut la paix avec Melik-Moughith, prince de Karak, après quoi,
23101il
23102fît en personne la revue des troupes égyptiennes, et leur fît prêter serment de
23103fidélité à son fils Melik-Said-Nâser-eddin-Khakan-Bérékeh-klian, qu’il avait désigné
23104pour son successeur.
23105Le dimanche
23106, vingt-unième jour du mois de Safar, on
23107vit arriver à Damas l’é-
23108mir Abou’labbas-Ahmed,
23109qui prit le surnom de Hdkem-biamr-alla/i ;
23110il partit de
23111cette
23112ville, le jeudi vingt-sixième jour du même mois, pour se rendre en Égypte.
23113Il arriva sous
23114les murs du
23115Caire, le vingt-septième jour de Rebi premier.
23116Le
23117sultan sortit en pompe à sa rencontre, lui assigna pour demeure la grande tour
23118située dans l’intérieur du château de
23119la Montagne,
23120et lui
23121fit fournir tout ce qui
23122pouvait
23123lui être nécessaire.
23124Au milieu du mois de Redjeb, quelques habitants de Bagdad, qui avaient
23125été
23126Mamlouks du khalife, et qui, après la mort de ce prince, étaient restés dans l’I-
23127rak, arrivèrent en Égypte sous la conduite de l’émir Seïf-eddin-ben-Selar ; le sul-
23128tan les
23129accueillit avec bienveillance.
23130Il donna à l’émir Selar le grade d’émir de
p. 201
23131AN 660
23132(1262).
23133[Y. MELIK-DAHER-BIBARS.
231341
231357*3
23136cinquante hommes , en Syrie, et lui assigna la moitié de la ville de Naplous; en-
23137suite il l’appela en Égypte et lui conféra le rang d’émir de tabl-khanah (54).
23138(54) Le mot tabl-khanâh
23139ou
231404 Is
231411™5 désignait
23142: Des tambours qui, joints à des trom-
23143pettes et à d'autres instruments , sefaisaient entendre, à plusieurs moments du jour, à la porte des
23144souverains
23145et des personnages élevés en dignité. Abou’lmahâsen dit (man. 671, foi. 149)
23146:
23147'
23148objJl
23149ïlil^Éid)
23150()n
23151lit dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (tom.
23152II,
23153fol. 206)
23154:
23155Sj ^ ^
23156ûL/j ïUlsr-É^3
23157«
23158Il ordonna de battre des tambours et des timbales.
23159» Quelquefois
23160le mot est
23161mis au
23162pluriel, comme dans ce passage
23163de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
23164(fol.
231653 9 4
23166v°)
23167: ïULs.
23168« On bat des tambours. » Dans mes notes sur Y Histoire des Mongols, j’ai donné des détails
23169assez étendus sur l’usage, tel qu’il existait à Bagdad et dans
23170les contrées plus orientales, de battre
23171le tambour et de jouer d’autres instruments, à
23172la porte des principaux personnages de l’État. En
23173Égypte
23174, la meme coutume s’était introduite. Suivant Khalil-Dàheri (foi. 25 i
23175r°)
23176: « Le tabl-khanâh
23177« qui se faisait entendre à la porte du sultan, se composait de quarante charges de timbales
23178« de quatre tambours Ji^aO
23179de quatre hautbois
23180et de vingt trompettesjJu. Il était dirigé
23181«par un
23182chef
23183qui
23184avait sous
23185ses
23186ordres un grand nombre
23187de subalternes.» Au rapport
23188d’Abou’lmahâsen (manuscrit 663,
23189folio 5o recto),
23190et d’un écrivain anonyme
23191( Histoire d'Egypte,
23192de mon manuscrit,
23193folio ni
23194recto),
23195le vizir Izz-eddin-Aïbek-Bagdadi, qui
23196vivait sous
23197le règne de
23198Mohammed-ben-Kelaoun, fut le quatrième vizir d’Égypte,
23199à
23200la porte duquel on battit le tambour.
23201Plusieurs émirs jouissaient de cette prérogative; et, pour cette raison, chacun d’eux prenait le
23202titre
23203d
23204'émir tabl-khanâh
23205, ou émir des tambours. Suivant
23206le témoignage de Makrizi
23207(Solouk
23208tom. I, pag. 83o), et d’Abou’lmahâsen (man. 663,
23209fol. 119
23210r°), l’émir Seïf-eddin-Behadur-As, qui
23211vivait vers l’an 730 de l’hégire (de J
23212C. 1329), faisait battre le tambour à sa porte trois fois par jour.
23213Au rapport de l’auteur du Kâmel ou plutôt
23214de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
23215(tom. VII,
23216pag.
23217209),
23218«Abou’labbas faisait porter auprès de lui de grands tambours, garnis de peaux de bœufs,
23219tels que
23220«ceux qui avaient été
23221à l’usage des khalifes, et les faisait battre d’une manière effrayante» ^
23222I -XJ XÛ. L>
23223à,2 iÉsé
23224î
23225jf.)
23226!
23227S-Vlsr0
23228^
23229!. Les
23230émirs qui avaient le privilège de faire battre le tambour à leur porte, étaient au nombre de trente
23231(Khalil-Dâheri,
23232fol. i5
23233r°).
23234L’auteur du Inschâ
23235(fol. 123
23236r°), parle aussi des émirs appelés »!y\
23237î
23238, qU i avaient sous leur commandement quarante ou
23239quatre-vingts
23240cavaliers. L’écrivain
23241atteste que, de son temps, c’est-à-dire vers le milieu du IX
23242e siècle de l’hégire, on ne battait plus le
23243tambour à la porte de ces officiers, excepté
23244lorsqu’ils partaient pour une mission importante;
23245telle
23246que celle d’inspecter les ponts, de recueillir les grains
23247, etc. Suivant Khalil-Dâheri (fol. 23 1
23248r°)
23249: « 11
23250« existait vingt-quatre émirs, dont chacun avait sous son commandement cent Mamlouks, et mille
23251« soldats de milice. Aussi portait-il le titre d'émir de cent, commandant de mille
23252>.
23253aJ
23254!
23255»
23256XjL* ^.3.
23257«Chacun d’eux avait
23258le privilège de
23259faire entendre à sa porte huit charges de tambours, deux tim-
23260« baies
23261J-îO ^IJa,
23262deux
23263hautbois
23264>
23265quatre
23266trompettes
23267ijiu !.
23268L’usage
23269de
23270la
23271timbale
23272« Jj*i
23273et des hautbois
23274s’était introduit récemment. L’atabek se
23275faisait rendre les mêmes honneurs
23276« dans une proportion double.
23277» On
23278lit dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (manuscr.
23279656,
23280fol. 3g
23281v°)
23282: VULsr-ÉL ^Éfi! «Il reçut le tabl-khanâh ;» et, en marge, on
23283lit
23284cette
23285explication
23286:
23287^ iy*
23288! ^5!
23289«c’est-à-dire la charge d’émir
23290de quarante cavaliers.» Et Abou’lmahâsen, déve-
p. 202
23291HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
23292174
23293Bientôt après, le sultan rendit la liberté à l’émir Seïf-eddin-Kilidj-Bagdadi-Mos-
23294lanseri, qu’il avait fait mettre en prison
23295;
23296il lui témoigna de
23297la bonté;
23298il l’admit à
23299jouer à la paume avec lui. Au mois de Scbaban, l’émir Seif-eddin-Kerzi
23300, et le kadi
23301loppant cette idée, s’exprime en ccs termes [Manhel-sâfi
23302tom. III, man. 749,
23303fol. 202 r°)
23304:
23305^43
23306loLj
233072U IsrkJaJ
23308| U
23309AJ b 0is
23310(Ji S)
23311tsUlsr^l
23312Lajt VULsr^
23313p-VS-J
23314|
23315ïy
23316\
23317« Autrefois, un commandant (de mille hommes) portait le titre de tabl-hhanâh,
23318attendu
23319« que l’on battait les tambours à sa porte. De nos jours, on désigne par le mot tabl-hhanâh le grade
23320d’émir de quarante hommes. « L’auteur du Mesaleh-alabsar (man. 583, fol. 166 v°), s’exprime en
23321ces termes
23322:
23323« Les émirs de tabl-hhanâh ont, pour la plupart, le rang d’émir de quarante (cavaliers);
23324'(quelques-uns
23325ont, sous leurs
23326ordres, un
23327plus grand nombre d’hommes,
23328qui peut aller jusqu’à
23329« soixante-dix. Celui qui commande moins de quarante hommes, n’a pas le privilège de faire battre les
23330tambours sLilsr^3
23331.
23332« Suivant
23333le témoignage du même historien (manuscrit 583, folio 167 recto),
23334« Le
23335fief p Lias !
23336, qui était assigné à un émir de tabl-hhanâh pouvait produire une somme de trente
23337« mille pièces d’or; quelquefois le revenu était plus considérable; d’autres fois,
23338il descendait à vingt-
23339« trois mille pièces d’or. » Au rapport de Makrizi (Solouh , tom. II, fol. 323 r°)
23340: « L’an 821 de l’hégire
23341«de J. C. 1418),
23342le sâheb Bedr-eddin-Hasan-ben-Nasr-allah fut nommé
23343«à
23344la place de
23345vizir,
23346qu’il
23347« réunit à celle d’inspecteur du domaine privé
23348On lui accorda
23349le rang d’émir, de com-
23350mandant de mille hommes
23351>.
23352aj|
23353La.Xft-j
23354, et le privilège de faire battre les tambours à sa porte aO
23355«aUÜrUJî après le coucher du
23356soleil, ainsi que cela avait lieu pour les émirs dti plus haut rang.
23357«Précédemment, sous la dynastie des Turcs, jamais un vizir, homme de plume,
2335811’avait joui d’une
23359« pareille prérogative. » Suivant
23360le témoignage d’Ebn-Aïas (tom.
23361II,
23362fol. 206 v°, 207 r°), lorsque
23363le
23364sultan Seîim fut entré en vainqueur dans le Caire, on cessa depuis ce moment de battre les tambours
23365à la porte des émirs. Le voyageur Bertrandon de la Brocquière, qui parcourut l’Égypte et une partie
23366de l’Asie dans le XV
23367e siècle
23368(Mémoires de morale et de politique de l’Institut, tom. V. pag. 507)
23369, s’ex-
23370prime ainsi
23371: « Ils ont un tabolcan (tambourin) dont ils
23372se servent pour se réunir dans les batailles.»
23373Plus loin
23374(pag. 53g)
23375,
23376il rapporte que le prince de Caraman avait un tabolcan à l’arçon de sa selle.
23377Quoique Selim, ainsi que l’on vient de le voir, eût supprimé, en Égypte, l’usage de battre le tambour,
23378et de faire entendre divers instruments de musique à la porte des émirs, les bcys qui se partagèrent
23379le gouvernement de cette contrée
23380, ne tardèrent pas à reprendre
23381cet attribut du pouvoir; et le nom
23382se perpétua
23383avec
23384la chose elle-même. On
23385lit dans
23386le Mémoire de M.
23387Estève sur les Finances de
23388l’Égypte, pag.
233893)
23390: « Solyman
23391créa vingt-quatre beys
23392tableh-hhâneh .»
23393Et l’auteur ajoute en note
23394.
23395« Tableh-hhâneh veut dire ayant droit d’avoir une musique. En Turquie, ce droit est un des symboles
23396«du pouvoir. Le pachà du Caire partageait,
23397avec ses collègues, dans les autres parties de l’empire,
23398«le droit d’avoir un corps
23399de musique à sa
23400suite.
23401Des musiciens entretenus à ses
23402frais,
23403lui don-
23404«naient, à certaines heures du jour, des concerts proportionnés au rang qu’il occupait parmi
23405les
23406•• pachas
23407: car ils faisaient connaître s’il était pachà à deux ou à trois queues. Les beys étaient traités
23408« comme les pâchàs à deux queues. » Dans des passages cités plus haut,
23409il a été question d’une ou de
23410plusieurs charges J-?- de tambours et autres instruments: M. Estève nous apprend
23411(ibid., p. 90) que
23412l’Azlem-bâchâ
23413,
23414qui
23415allait au devant
23416de
23417la caravane de la Mecque, menait à sa suite une musique
23418portée sur douze chameaux, et consistant en plusieurs tambours ou caisses de différentes grandeurs,
23419deux trompettes, deux timbales
23420, et deux instruments semblables à nos hautbois.
p. 203
23421IV. MELIK-DAHER-BIB ARS.
23422AN 660 (1262).
234231 7 5
23424Asil-eddin-Kliodja, son imam, revinrent de la cour de l’empereur, souverain des
23425Francs, et apportèrent une lettre de ce monarque. Bientôt après arriva un ambas-
23426sadeur du même prince, chargé de remettre un présent;
23427il était accompagné de
23428deux Mamlouks Bahris, qui furent mis en prison dans le château de l’ile située
23429vis-à-vis de Fostat.
23430L’émir-Seïf-eddin-Djaki, et le schérif Imad-eddin-Kaschemi revinrent d’auprès
23431du sultan Izz-eddin-Kaïkaous
23432, fds de Kaï-Khosrev, souverain du pays de Roum
23433;
23434ils avaient avec eux des ambassadeurs envoyés par le même prince, et une lettre
23435dans laquelle
23436il s’engageait à céder au sultan
23437la moitié de
23438ses états
23439^ J)i
23440tohb
23441(55).
23442Il
23443adressait, en même
23444temps, un nombre de
23445feuilles de pa-
23446pier çjjï (56), contenant des signatures
23447afin que le sultan pût concéder
23448(55) Le verbe Jp construit avec la préposition
23449, signifie
23450: céder, concéder, abdiquer. On
23451lit
23452dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalàni (tom.
23453II,
23454fol. 184
23455r°)
23456:
23457->o ^
23458» jJjJ Jjj
23459«Il céda
23460«à son
23461fils les fonctions de professeur. « Dans YHistoire des kadis de Sakhawi (man. 690,
23462f. 85 v°)
23463:
23464Jj-id
23465« Afin qu’il
23466lui résignât cette
23467place. » Dans le Kitab alagâni (torn.
23468II,
23469fol. 296)
23470:
23471d
23472aJj
23473il
23474«
23475Il
23476lui céda une de ses concubines. » Ailleurs (tom.
23477IV,
23478fol. 36o
23479r°), en parlant
23480d’une femme
23481:
23482« Certes, je
23483te la céderai. « Le même verbe, dans un passage de
23484l’Histoire de Makrizi (tom. II, fol. 352 v°), signifie abdiquer une place. En Égypte, lorsque les beys
23485étaient d’accord pour déposer le pacha, l’émissaire envoyé par eux disait à cet officier
23486: Enzel-pac/ta...
23487( Contes du cheykh El-Mohdy, tom.
23488III, pag. 481). De là vient le nom d’action ,Jjfi qui signifie
23489: Ab-
23490dication , renonciation à une place ou à un bénéfice militaire. Il se trouve, en ce sens
23491, dans un pas-
23492sage du Inscha
23493(fol. 291
23494r°) , où l’auteur indique la forme de cette renonciation. On
23495lit dans YHis-
23496toire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II,
23497fol. 184
23498r°)
23499:
23500JjjâJ
23501\ ^UaLJÎ
23502«Le sultan
23503ratifia
23504«la démission. » Et plus loin
23505(fol. 193 v°)
23506: UgUod
23507^
23508Xs.^ O
23509J
23510I
23511jLkLJ! ^
23512« Le
23513« sultan avait prohibé les démissions, et défendu de les ratifier. » Le verbe Jp à la dixième forme,
23514signifie
23515: Engager un homme à renoncer à un emploi ou à un avis. On
23516lit dans l’ouvrage biographique
23517d’Ebn-Khallican (fol. 36 i v°)
23518:
23519lÀa
23520^jLÎJLJ! Jlpj;,w!
23521^db
23522« Il insista pour engager le
23523« sultan à abandonner ce projet.
23524>/ Dans YHistoire des kadis de Sakhawi
23525(f.
2352685 v°)
23527:
23528î
23529^p!
23530«Il engagea Sphehâbi-Ebn-Moïni à
23531se démettre
23532d’un emploi
23533«qu’il exerçait parmi les
23534sofis.
23535» Aujourd’hui, en Égypte,
23536et dans d’autres contrées de l’Orient,
23537le
23538mot manzoul JSjp-* désigne
23539: Un fonctionnaire qui a perdu sa place, soitpar une abdication volontaire
23540,
23541soit par une destitution. C’est ce qu’attestent Bremond
23542( Viagfi nel’ Egitto, pag. 4 9, 82);
23543le chevalier
23544d Arvieux [Mémoires, tom. I, pag. 109, tom. V, pag.
23545a 55 ), tandis que, dans le voyage de Cotovic
23546( Itinerarium
23547,
23548pag. 371), on
23549lit masul, c’est-à-dire
23550( 56 ) Le mot derdj
23551Unefeuille de papier d'une grande dimension, qui était employée pour des actes de différents genres,
23552et qui se composait de plusieurs feuilles réunies. C’est ce
23553qu’atteste expressément l’auteur de
23554l’ou-
23555vrage intitulé Inscha, qui s’exprime en
23556ces termes (man.
23557i 573, fol. 109 v°,
235581 34 v°)
23559: -yXb Mj-li
23560^j-5
23561,
23562qui
23563fait au pluriel doroudj
23564désignait, dans
23565le langage habituel
23566:
p. 204
23567HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
23568176
23569à qui
23570il voudrait, des cantons,
23571et des titres demirs.
23572Il demandait aussi qu’on
23573lui
23574écrivît
23575un
23576diplôme
23577d’investiture
23578;
23579le
23580sultan
23581combla d’honneurs
23582les
23583députés.
23584Il s’occupa sérieusement d’envoyer au
23585prince de Roum
23586des
23587troupes
23588auxiliaires, et de faire rédiger le diplôme
23589qu’il sollicitait;
23590il nomma au comman-
23591dement de ces troupes l’émir Nâser-eddin-Ogulmisch, le Silah-dâr Sâlélii. Il devait
23592avoir sous ses ordres un corps de 'trois cents cavaliers. Le sultan lui concéda des
23593villes du pays de Roum ,
23594telles que Amid et ses dépendances. L’émir Imad-eddin,
23595fils de Moudaffer-eddin
23596, prince de Sahioun
23597, arriva comme ambassadeur de la
23598part de son frère l’émir Seïf-eddin, et apporta un présent. Le sultan l’accueillit avec
23599bienveillance, lui délivra un diplôme, qui lui conférait le grade d’émir de trente
23600hommes, à Alep; et un second diplôme, qui lui donnait le rang d’émir de cent
23601hommes, dans
23602le pays de Roum. Bientôt, on
23603reçut une lettre du souverain de
23604cette dernière
23605contrée, dans laquelle
23606il annonçait que son ennemi, Houlagou
23607dès qu’il avait appris l’alliance du prince de Roum avec le sultan
23608, avait été saisi
23609de crainte, et
23610avait pris
23611la fuite;
23612il
23613ajoutait qu’il venait d’envoyer des troupes
23614pour assiéger et prendre
23615la
23616ville de Koniali Ljÿ, qui était sous la domination
23617de son
23618frère. En même temps, on reçut un message de Melik-Mansour
23619, prince
23620JUjt S-X*
23621(JtpJ!
23622_ 9
23623S
23624,3
23625. On
23626lit dans Y Histoire des Patriarches
23627d’Alexandrie (man. arab.
23628140, pag. 83)
23629:
23630j
23631j-Ajj
23632j-d
23633«Il or-
23634« donna de prendre une feuille de papier, de la plus grande dimension, telles que celles qui servent
23635«pour les actes publics,
23636et de
23637la ployer.
23638» Dans la Vie de Bibars par Nowaïri
23639(fol. 35
23640r°)
23641: £*4!
23642L
23643JÜ
23644!
23645«Le secrétaire écrivit, à la droite de la feuille , la formule ci-après...»
23646Plus loin (fol. 40 v°)
23647: l$Ac
23648"H posera des signatures
23649sur des
23650« feuilles en blanc, que l’on pourra remplir.
23651» Dans le lnschâ (fol. 188 r°)
23652: j,i j -a)i
23653»!j-o
23654jJÎ « On commence par écrire la suscription au commencement de
23655l’acte. » De là vient l’expres-
23656sion kâteb-adderdj
23657-0 !
23658désignant
23659: Un écrivain qui transcrivait les actes auxquels ce genre
23660de papier était consacré. On
23661lit dans la Vie de Bibars (manuscr. 8o3, fol. 3i r°)
23662:
23663Dans l’histoire de Nowaïri (man. de Levde,
23664f. 116 v°)
23665:
23666-xJ!
23667L auteur du Inschd
23668dit à cette occasion
23669(fol.
23670109 v°)
23671:
236723
23673J-*
236741?-
23675I
23676'-r
23677>^
23678J!
23679« Les copistes appelés kottab-adderdj, ont reçu ce nom, parce qu’ils écrivent ordi-
23680« nairement sur
23681le papier
23682destiné pour les actes du trésor. » Plus loin
23683(fol.
23684118
23685r
23686),
23687le même
23688auteur
23689fait observer que les copistes appelés
23690jJI
23691avaient un rang inférieur à ceux que
236921 on
23693désignait par
23694le nom de
23695*
23696A^-T, et dont je parlerai ailleurs.
p. 205
23697IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
23698177
23699aN 660 (1262).
23700X 9
23701de Hamah;
23702il envoyait en même temps des ambassadeurs ûUas
23703talars et un fir-
23704man qui lui avait
23705été adressé. Le sultan témoigna au prince qu’il
23706lui savait gré
23707de cette conduite, et
23708fit mettre en prison les Tatars.
23709Sur ces entrefaites, l’émir Izz-eddin-Afrem, emir-djandar
23710, partit pour le Saïd,
23711à la
23712tête d’un corps d’armée;
23713il attaqua les Arabes, et les dispersa. Ces hommes,
23714séduits par l’ambition et la cupidité, croyant pouvoir renverser le gouvernement,
23715avaient pris les armes contre l’émir Izz-eddin-Hawas, commandant de
23716la ville
23717de Kous
23718, et l’avaient massacré.
23719Bientôt , on vit arriver en foule les Azizis et les Nâseris qui se trouvaient au-
23720près de l’émir Bereki; le sultan les reçut avec bienveillance et leur pardonna.
23721Lascaris
23722(57) députa vers
23723le
23724sultan, afin de
23725lui demander un pa-
23726triarche pour
23727les chrétiens Melkites. On nomma à cette dignité Reschid-Kahhal
23728JUjÂ-M
23729(l’oculiste), qui
23730fut envoyé vers l’empereur grec, accompagné de l’émir
23731Fâres-eddin-Akousch-Masoudi et de plusieurs évêques. Lascaris les combla d’hon-
23732neurs et de présents;
23733il montra à
23734l’émir Akousch, une mosquée qu’il avait
23735fait
23736construire dans
23737la ville de Constantinople
23738, afin que
23739le sultan recueillît auprès
23740de Dieu, la récompense de cette action ajIjj
237413
23742(58 ). Akousch
23743repartit pour l’Egypte, accompagné du patriarche dont il vient
23744d’être
23745fait men-
23746tion. Le patriarche offrit au
23747sultan
23748le présent que
23749lui adressait l’empereur;
23750il
23751remit également
23752les sommes
23753qu’il
23754avait reçues en dons; mais
23755le
23756sultan les lui
23757rendit. Ce prince envoya, pour le service de la mosquée de Constantinople, des
23758nattes abddni
23759!, des chandeliers d’or, des rideaux brodés, des en-
23760censoirs
23761des tapis votais—, du bois d’aloès, de l’ambre, de l’eau de rose.
23762Cette même année, l’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi,
23763fit une incursion sur
23764(57)
23765C’est-à-dire Michel-Paléologue.
23766( 58 ) Une expression analogue à celle-ci se trouve dans l’ouvrage intitulé lnschâ. On y lit (m. 1673,
23767fol.
23768xi6 v°)
23769:
23770n
237713
23772« Puisse Dieu
23773le placer au
23774«nombre de ceux à qui
23775est destinée une magnifique récompense.» Et dans l’histoire de Djemâl-
23776eddin-ben-Wâsel (fol. 4^3 r°)
23777: Uiobîjl
23778J
237793^ 3!y
23780> ! J3 3!^
23781«—ajLst'0 3
23782« Il avait voulu que sa marche fût accom-
23783« pagnée de bienfaits, que son arrivée lui méritât une excellente renommée, afin que les anges et les
23784« hommes inscrivissent ces faits sur les pages immortelles , où sont enregistrées les récompenses dues
23785« aux bonnes actions. » On trouve une expression du même genre dans l’histoire du même écrivain
23786(m. non catalogué,
23787f. 3 g 5 r°)
23788: Ï^L^ss.1 ja.!
237893UJLJJ iiM
23790OAsi 3 « Puisse
23791« Dieu récompenser le sultan du zèle qu’il a mis à le servir. »
23792I.
2379323
p. 206
23794178
23795HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
23796le territoire d’Antioche, assiégea le prince souverain de
23797cette ville, incendia
23798le
23799port L4Î avec tous les vaisseaux;
23800il
23801était accompagné du prince de Hems et de
23802289
23803celui de Hamali. Ensuite,
23804il attaqua et prit la
23805ville de Soueïda, massacra ou
23806fit
23807prisonniers quantité de Chrétiens; il revint ensuite sur ses pas, et arriva au Caire
23808le jeudi, dernier jour du mois de Ramadan.
23809Il conduisit avec lui environ deux
23810cent cinquante prisonniers. Le sultan l’accueillit d’une manière distinguée, com-
23811bla les émirs de témoignages de bienveillance
23812, et envoya aux deux princes des
23813robes d’honneurs.
23814Le troisième jour du mois de Ramadan,
23815le sultan
23816destitua
23817le
23818kadi-alkodât
23819Borhân-eddin-Sindjâri des fonctions de kadi de Fostat et de la partie méridio-
23820nale de l’Égypte
23821, et rendit ce grade à Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-alaaz
23822qui
23823se trouva remplir
23824la place de kadi-alkodât pour l’Égypte entière ; c’était un
23825homme sévère dans ses décisions. Au mois de Dhou’lkadah, on lui enjoignit de
23826choisir pour ses suppléants, les professeurs Hânefi
23827, Mâleki etHanbali, du collège
23828Sâléhieh;
23829il les désigna en effet, comme ses substituts :1a chose avait été jusque-là
23830sans exemple. Le kadi Hànefi
23831, Sadr-eddin-Soleïman ,
23832le Mâleki, Scherf-eddin-
23833Omar-Sobki, et le Hanbali Schems-eddin-Mohammed-ben-lbrahim, tinrent leur
23834première
23835séance au commencement du mois de Dhou’lkadah
23836, et s’occupèrent à
23837rendre la justice, chacun suivant les principes de sa secte.
23838Le quatrième jour du même mois, on arrêta l’émir Ala-eddin-Hadj-Taïbars-
23839Wéziri, gouverneur de
23840la Syrie ^»UJ!
23841Il
23842fut conduit en Égypte, et mis en
23843prison dans le château de la Montagne;
23844il avait exercé ses fonctions l’espace d’une
23845année et un mois. En attendant un nouveau vice-roi, ce fut l’émir Djelâl-eddin-
23846Idagdi-Hadj-Rokni qui commanda à Damas; sur ces entrefaites
23847, des bruits répan-
23848dus dans cette ville, annonçaient la marche des Tatars. Le sultan expédia un ordre
23849par écrit, qui enjoignait aux habitants de la Syrie de quitter le pays, accompagnés
23850de leurs familles, et de se retirer en Égypte; on vit en effet, arriver de ces contrées
23851une multitude de personnes.
23852D’après
23853le commandement exprès du sultan,
23854les
23855gouverneurs des cantons qui faisaient escorter ces fugitifs (5g), n’exigeaient d’eux
23856ni droit de douane
23857, ni dime
23858On ne touchait à rien des marchandises ou
23859autres denrées qu’ils portaient avec eux, et on s’abstenait de fouiller les marchands.
23860Des lettres envoyées à Alep, prescrivaient de brûler les herbes (60); et
23861, en effet, on
23862( 5g) Je
23863, au lieu de
23864(60) Nous lisons dans l’histoire d’Ammien Marcellin
23865{Historia
23866lib. XVIII, cap.
238676, pag.
23868?oi, ed.
p. 207
23869IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
23870AN 6Ô0 (1262).
23871‘79
23872fit partir de cette ville des corps de troupes qui, se dirigeant vers Âmid et autres
23873places, livrèrent aux flammes les herbages et prairies dans lesquelles Houlagou
23874avait coutume de camper. Le
23875feu s’étendit dans une distance de dix journées
23876de marche; et tout cet espace fut couvert de cendres. Tout le canton de Khélai
23877fut la proie de l’incendie
23878: les épis encore verts furent coupés. En même temps, des
23879explorateurs Àslii' (61) envoyés de Damas et autres villes, rencontrèrent un grand
23880Vales.), que les Romains, sous le règne de Constance, voulant arrêter la marche rapide des Perses
23881,
23882mirent le feu aux herbes de la Mésopotamie.
23883(61) Le verbe
23884signifie: Examiner,
23885inspecter. On
23886lit dans l’ouvrage biographique d’Ebn-
23887Khallikan (man. 73o,
23888f. 264 r°)
23889:
23890ÏA*
23891«Je consultai un grand nombre d’exemplaires. »
23892Plus loin
23893(fol. 320
23894v°)
23895:
238964^3 ïA^àJI
23897ïÀa> jî
23898ù î_*0
23899«J’examinai son
23900divan ;
23901et je
23902n’y
23903« trouvai
23904point
23905cette
23906pièce de poésie. » Dans
23907la Description
23908de l’Egypte de Makrizi
23909(article des
23910Ponts)
23911: àK
23912«Us examinèrent le rivage tout entier.» Et ailleurs (article de
23913zsljp. aAvjO
23914*
23915W-.XJ
23916« Il envoya l’émir Akdjebâ, pour examiner la salle de Hamah. »
23917Quelquefois ce verbe se construit avec
23918^c-
23919,
23920et signifie
23921: Prendre des informations , relativement a
23922une personne ou à une chose. On
23923lit dans l’ouvrage d’Ebn-Khallikan
23924(folio 3 o)
23925:
2392614) v-àiî
23927çfi
23928«J’ai pris, à cet égard, de nombreuses informations, mais je n’ai pu ob-
23929« tenir aucun renseignement certain. » Dans YHistoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (tom.
23930II, fol. 201)
23931:
23932« U vint pour recueillir des renseignements sur l’Égypte et sa position. »
23933Plus loin (fol. 297)
23934:
23935j*\
23936à^uCJ «Afin de prendre des informations sur ce qui
23937« concernait cette jeune
23938fille.
23939» Dans l’ouvrage du continuateur d’Elmacin (man. 619,
23940fol. 57 v°)
23941:
23942v
23943sAuS*
23944« U s’enquit de leur nombre. » D’autres fois,
23945le verbe prend après lui la prépo-
23946sition ^Lc
23947,
23948et signifie
23949: Inspecter,
23950surveiller. Dans l’histoire d’Ebn-Aïas (tom.
23951II,
23952fol.
23953f), on lit:
23954Zjjibd
23955« Il surveilla la construction des galères. » Plus loin
23956(f.
239576)
23958:
23959*—q.A.\J
23960«Afin de
23961surveiller la construction de
23962la tour.» Ailleurs (fol. 76)
23963:
23964^
23965«Il
23966surveillait les maçons.» Et enfin
23967(fol. 257, 289)
23968:
23969^s>fS «Il inspecta
23970« l’équipement des vaisseaux.
23971» Le verbe ^slLÉ, à la troisième forme, signifie
23972: Chercher à découvrir,
23973examiner. On lit dans l’ouvrage intitulé
23974: Fâtihat-aloloum , c’est-à-dire l’introduction aux sciences (man.
23975arab. 918, fol. 24 v°)
23976: J^sJî
23977Üàpefl j «—àlOI
23978U
23979î
23980« On entend par le mot
23981« Ilm-almoukâschafah l’examen et la science purement théorique sans la pratique. » Du verbe
23982>
23983vient le nom d’action heschef t
23984LLÉ
23985signifiant
23986: Examen, enquête. On lit dans le Kitab-arraoiulatain
23987(man. 707 A, fol. 5 r°)
23988: J AaJI^b
23989)jb ^.s «Il bâtit une maison destinée à l’examen
23990«des affaires, et
23991la nomma
23992: maison de la justice. » Le mot ftaschschâf .
23993, au pluriel ‘ÜVtS
23994signifie
23995: Un explorateur, un coureur , celui que
23996l’on envoie pour prendre
23997des informations
23998sur
23999la
24000marche de l’ennemi. On
24001lit dans l’histoire de notre auteur
24002(Solouk , tom. III,
24003fol. 71
24004v°)
24005:
24006‘«bUuS*
24007e..«
24008« Ses coureurs en vinrent aux mains avec ceux de l’armée. » Dans la Vie de
2400923 .
24010'
p. 208
24011HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
240121 80
24013nombre deTatars qui se dirigeaient vers l’Égypte, dans l’intention de se soumettre
24014au sultan ; Bérékeh les avait envoyés auprès de Houlagou comme troupes auxiliaires.
24015La division ayant éclaté entre les deux princes, Bérékeh fit dire à ses soldats de ve-
24016nir le rejoindre, ou
24017si l’exécution de cet ordre leur paraissait impraticable, de
24018se réunir aux troupes égyptiennes. L’inimitié qui
24019divisait Bérékeh et Houlagou
24020avait pour cause une bataille qui s’était livrée entre les armées des deux souve-
24021rains ;
24022le
24023fils de Houlagou avait
24024péri dans l’action
24025; ses troupes avaient été bat-
24026tues et complètement dispersées. Houlagou
24027s’était retiré dans une forteresse si-
24028tuée au milieu du lac d’Adherbaïdjân', où
24029il se trouvait assiégé. Ces nouvelles
24030comblèrent de joie le sultan; tout
24031le monde fut ravi de voir que Houlagou, dis-
24032trait par d’autres soins, ne pouvait songer à porter la guerre en Syrie. Les gouver-
24033neurs des villes
24034,
240351 reçurent l’ordre d’accueillir avec honneur les transfuges
24036tatars, et de leur fournir l’orge
24037(62), le grain et toutes
24038les denrées dont ils
24039Bibars de Nowaïri (folio 14 v°)
24040:
24041ÜâltS
24042«
24043Il envoya des explorateurs, choisis parmi
24044« les émirs.» Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain,
24045fol. 276
24046r°)
24047:
24048à*»
24049‘üliuO! « Les coureurs et les Arabes qui l’accompagnaient. » Plus loin
24050(ib.)
24051: '«blAS*
24052.
24053. tjAalA
24054ÀsÜLO! sJL^aar3
24055«Ils
24056envoyèrent des coureurs; ceux-ci revinrent,
24057et
24058« dirent qu’ils avaient vu ... » Dans le Inschâ (folio 90 r°)
24059:
24060ïJLâ.
24061_j
240621^-9
24063« Là se
24064« trouvaient des Bahris, des cavaliers, des coureurs. »
24065(62) Le mot alih
24066, dans le lexique de Castel, est rendu par
24067: Fœnum minutum
24068et concisum,
24069quodjumentis prœbelur
24070;
24071mais cette explication manque d’exactitude. Ce terme désigne
24072: La portion
24073S SJ
24074d’orge que l’on donnait à chaque cheval pour sa nourriture journalière. Il dérive du verbe
24075, qui
24076signifie suspendre, attendu que cette orge est mise dans un sac, que l’on suspend au cou de l’animal-
24077Dans un passage du Mesalek-alabsar (man.
24078583,
24079fol.
24080167 r°), on trouve ces mots
24081:
24082wJil*
24083^^5
24084« J’ai pendu au cou de mon cheval l’orge nécessaire pour sa nourriture. » On
24085lit dans YHis-
24086toire de la Conquête de Jérusalem (man. 714,
24087fol. 208 v°)
24088: boljj ^L>! Lojt
24089IjÂâ.! «Ils
24090« prirent avec eux de l’orge et des provisions de bouche pour quatre jours. » Dans l’histoire d’Abou’l-
24091mahâsen (man. 663, fol. 201 r°):
24092« Les Mamlouks demandèrent de l’orge.
24093»
24094Dans l’ouvrage du continuateur d’Elmacin (man. 619, folio
24095i 32
24096v°)
24097: ^l>
24098.
24099.
24100.
24101As
24102,j!
24103«
24104Il ordonna à tous les émirs de partir
24105« pour la chasse, et de prendre avec eux une provision d’orge pour dix jours. » Dans
241061e Roman d’Anlar
24107(tom.
24108III,
24109fol. 79 v°)
24110: l^iüs
24111sJU&I
24112«Jusqu’à ce que les chevaux eurent mangé leur
24113«ration d’orge. » Dans YHistoire d’Êgjpte d’Ahmed- Askalâni (man. 656,
24114fol.
24115161 v°)
24116: SJi ^
24117b"
24118jjAd!
24119«Ils n’avaient qu’une
24120faible provision d’orge.» Ailleurs (man. 65j,
24121fol.
241222
24123r°)
24124: s—Jiw
24125tJfUA
2412651 «Il demandait de l’orge pour la nourriture des chevaux. » Plus
24127loin
24128(folio 87
24129r°)
24130:
24131tjZLs’
24132*>is
24133oXJÂf Jyjf
24134«Il resta dans cette position, jusqu’à
24135ce que son armée
p. 209
24136IV. MELIK-DÀHER-BIBARS.
24137AN 660 (1262).
24138avaient besoin
24139; on leur envoya des robes d’honneur
24140des présents
24141du sucre et autres objets.
24142Ils se dirigèrent vers la ville du Caire
24143; le sultan sortit
24144à leur rencontre, le
24145vingt-sixième jour du mois de Dhou’lhidjdjah, et tous les
24146habitants, sans exception, s’empressèrent pour les voir; on leur assigna pour lo-
24147gement des maisons qui avaient
24148été construites pour eux dans
24149le quartier de
24150Louk, situé hors du Caire. On leur donna dans ce lieu un
24151festin magnifique, et
24152on leur envoya des robes d’honneur, des chevaux et des sommes d’argent con-
24153sidérables. Les principaux d’entre eux reçurent le grade d’émir;
24154les autres
24155fu-
24156rent incorporés parmi les Bahris;
24157ils étaient au nombre de deux cents cavaliers,
24158et accompagnés de leurs familles. Ils se trouvèrent alors dans une position flo-
24159rissante,
24160et embrassèrent l’islamisme. Le sultan
24161écrivit à Bérékeh une
24162lettre,
24163dont
24164il chargea deux ambassadeurs , savoir: le jurisconsulte Medjd-eddin et l’émir
24165Keschtek.
24166Cette même année, Sadagoun, général des Tatars, se présenta devant Mausel,
24167et dressa contre cette ville vingt-cinq machines de guerre; la place n’était four-
24168nie ni d’armes ni de vivres , et la famine ne tarda pas à s’y faire sentir. Le siège se
24169prolongeant, Melik-Sâleh-Ismaïl, fils de l’atabek Loulou, sortit des murs, le vendredi
24170quinzième jour du mois de Schaban, et fut retenu prisonnier, ainsi que tous ceux
24171qui l’accompagnaient. Les remparts de la ville étaient alors en ruine, et la popu-
24172lation restait dans une entière sécurité; tout à coup les Mongols se précipitant
24173dans la place, passèrent au
24174fil de l’épée les habitants; le carnage dura neufjours.
24175Ala-eddin
24176, fils de Melik-Sâleh fut fendu par le milieu du corps ; la ville fut livrée
24177au pillage. Les vainqueurs égorgèrent
24178les hommes, réduisirent en captivité les
24179«manqua d’orge pour les chevaux. » Dans la Description de l’Egypte de Makrizi (art. des Armées)
24180:
24181« De l’orge pour la nourriture des chevaux. » Le même mot se prend aussi pour
24182la nourriture de tout autre animal. On lit dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-'YYâsel (fol. 4 10 v°),
24183en parlant d’un buffle
24184: bLiali a&Jp
24185« Sa nourriture
24186était constamment surabondante. » Le
24187mot isLlc. désigne
24188: La ration journalière du cheval. On lit dans l’histoire de Nowaïri (man. de Leide,
24189fol.
24190195
24191r°)
24192: liiul*
241933jL
24194•••£$£ J^ v3 ^ wôj “h lui assigna, pour chaque jour, quatre
24195«cents rations
24196d’orge. » Dans
24197l’histoire de Makrizi
24198(Solouk
24199,
24200tom. I, pag. 55g)
24201:^juÜ) ILbJl çl)
24202SobSj
24203« La ration journalière d’orge monta au prix de trois pièces d’argent. » Le mot
24204a
24205passé dans la langue persane. On lit dans le Tarikhi-lVassâf (fol. 57 r°)
24206:
24207lj
24208îj~w
24209JôjO
24210y?,
24211«On donnera, pour la nourriture de chaque cheval sept man d’orge et
24212« de froment. » Dans l’histoire du continuateur de Raschid-eddin (fol. 479 v°)
24213:
24214.
24215.
24216^bb .1$».
24217ç-Ls,
24218I
24219« Les chevaux de l’armée périrent, pour la plupart, faute de
24220« nourriture. »
p. 210
24221HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
24222182
24223femmes elles enfants, démolirent les édifices, changèrent cette ville en un dé-
24224sert; puis
24225s’éloignèrent, emmenant avec eux Melik-Sâleh, qu’ils
24226massacrèrent
24227ensuite.
24228L’émir Schems-eddin-Akouscli-Bereki était sorti d’Alep, pour venir au secours
24229de Melik-Sâleh. Les Tatars l’atteignirent près de Sindjâr, et lui livrèrent bataille.
24230Forcé de fuir,
24231il se réfugia dans
24232la ville de Birah, le quatorzième jour de Djou-
24233mada second; il demanda alors la permission de se retirer en Égypte; l’ayant ob-
24234tenue,
24235il prit la route du Caire, où il fit son entrée le premier jour de Dhou’lkadah.
24236Le sultan l’accueillit avec une extrême bienveillance et lui conféra le grade d’émir
24237de
24238soixante-dix
24239cavaliers. Le gouvernement LU d’Alep
24240fut donné à l’émir Izz-
24241eddin-Aïdemur-Schehâbi ; celui-ci attaqua les Arméniens de Sis, et fit un grand
24242nombre de prisonniers qui furent envoyés en Égypte,
24243et fendus parle milieu
24244du corps.
24245Cette même année, peu de temps après la défaite de Mostanser, le sultan vit
24246arriver à sa cour les scheïkhs des Arabes d’Abâdah et de Khafadjah, dont le ter-
24247ritoire s’étend depuis
24248Hit et Anbar, jusqu’à Helleh et Koufah. Ils avaient à leur
24249tête Khedr-ben-Bedran-Abâdi, Schehri-ben-Ahmed-Khafâdji, Moukbil-ben-Sâlem,
24250Aïasch-ben-Hadithah-Wischah
24251et autres; le sultan les combla de
24252présents. Ces
24253Arabes lui servaient d’espions Uc J tjil^(63) auprès des Tatars.
24254Cette année vit mourir i°. Le scheïkh-alislam Izz-eddin-Abou-Mohammed-Abd-
24255-91
24256alaziz-ben-Abd-asselam-Selemi
24257, de la secte de Schafeï, à l’âge de soixante-deux
24258ans
24259; 2 0 le sâheb Kemâl-eddin-Abou’lkâsem-Omar-ben-Nedjm-eddin-Abou’lhasan-
24260Ahmed, le Hanefi, qui périt au Caire, à l’âge d’environ soixante ans; 3° le
24261lettré
24262Molii-eddin-Abou’lazz-lousouf-ben-Iousouf-Haschemi
24263, natif de Mausel;
24264il fut tué
24265dans cette ville
24266, à l’âge de soixante ans.
24267(63) Le mot
24268ciïn ^yp
24269signifie
24270: Un espion , un surveillant, placé auprès de quelquun pour épier
24271ses actions. On lit dans l’ouvrage intitulé Omdat-attâlib (man. ar. 636, fol. 3i
24272v°)
24273:
24274U*
24275«Il
24276était auprès d’eux l’espion (du khalife) Raschid. » Dans
24277le lnschâ
24278(fol.
24279102
24280v°)
24281:
24282jAsJl
24283« On envoie chez l’ennemi des explorateurs. » Et plus bas (fol. 323
24284r°)
24285:
24286,5U
24287yixJJ Lo
24288«Il était tenu de ne jamais venir sur les terres de l’Isla_
24289« misme comme espion des infidèles. « Dans la Description de l'Égypte de Makrizi (m. 797, f. 269 v
24290)
24291jUkt
24292v
24293j
24294^ CUl
24295I»
24296«H avait des
24297espions et des
24298« surveillants , qui lui rendaient compte de tout ce qui se passait. » Dans un vers de Bakhtei i
24299,
24300cité
24301par Ebn-Athir
24302( Traité de rhétorique, manuscrit d’Asselin 104, fol. 127
24303r°), le mot ^yp
24304est rendu
24305par
24306De là, s’est formé le verbe ^y-p , qui signifie
24307: Placer un espion auprès de quelqu un.
24308On
24309lit dans Y Omdat-attâlib (fol. 59
24310r°)
24311:
24312yj* J ^
24313ij'f’
24314^^«Mamoun
24315« avait placé des espions auprès de lui et d’Ali-ben-Mousâ.
24316*
p. 211
24317IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
24318j 83
24319an 66
24320(iî63).
24321Le
24322jeudi, huitième jour du mois de Moharram, Melik-Dâher donna une
24323an
24324audience solennelle, où se trouvèrent les Tatars qui étaient arrivés de l’Irak, etii^l
24325les ambassadeurs qui devaient se rendre auprès du prince Bérékeh. On vit alors
24326arriver l’émir Abou’labbas-Ahmed -ben-Abi - Bekr-ben - Ali-ben- Abi-Bekr-ben-
24327Ahmed-ben-Mostarsched-billah, l’Abbasside.
24328Il
24329se
24330rendit
24331à cheval h
24332la grande
24333salle d’audience
24334,
24335située dans l’enceinte du château de la Montagne;
24336il
24337s’assit à côté du sultan; et on fit lecture de sa généalogie, après qu’elle eût été
24338déclarée authentique
24339par
24340le
24341kadi-alkoddt,
24342Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-
24343alaazz. Il prit le
24344titre de
24345: Yimam Hâkem-bi-amr-allah, prince des Croyants. La gé-
24346néalogie fut lue par le kadi Mohi-eddin-ben-Abd-aldâher, kâteb-assirr (secrétaire
24347de la chancellerie secrète). Quand tout fut en bonne forme, le sultan
24348, étendant la
24349main, prêta au khalife serment de fidélité, àwb
24350, s’engageant à pratiquer tout ce que
24351prescrit le livre de Dieu et les lois émanées du Prophète
24352; à faire le bien et à fuir
24353le mal
24354; à combattre les ennemis de Dieu ; à recueillir par des voies légitimes les
24355contributions affectées au service de Dieu
24356, et à les employer d’une manière con-
24357forme à la justice; à tenir religieusement les traités; à observer les lois,
24358et tout
24359ce que la religion impose d’obligations aux imams; à protéger les Musulmans.
24360Dès que cette cérémonie fut terminée, le khalife s’approcha du sultan, et lui
24361conféra l’empire des pays et des hommes; lui confia le soin de gouverner toutes
24362les créatures, de contribuer de tout son pouvoir à l’exécution de
24363la justice; Itq
24364remit une autorité universelle, et le chargea de veiller aux intérêts de la multitude.
24365Aussitôt, les assistants, de toutes les classes, vinrent prêter serment de fidé-
24366lité au khalife; et
24367il ne resta personne,
24368roi, émir,
24369vizir, kadi, conseiller, djundi,
24370jurisconsulte, qui ne s’acquittât de ce devoir.
24371Quand tout fut achevé,
24372le sultan conféra avec le khalife sur l’envoi des am-
24373bassadeurs qui devaient se rendre auprès du prince Bérékeh. Après quoi, on
24374_
24375congédia l’assemblée. Le vendredi suivant,
24376il se réunit une foule nombreuse
24377, au
24378milieu de
24379laquelle
24380se
24381trouvaient
24382les
24383ambassadeurs
24384dont on
24385vient de
24386parler.
24387Le khalife Hâkem-bi-amr-allah s’avança, couvert de vêtements noirs, monta sur
24388le menber
24389(la
24390chaire),
24391ét prononça une khotbah (un sermon) en
24392ces termes
24393:
24394« Louange à Dieu qui a donné à la famille d’Abbas un pilier, un auxiliaire, et lui
24395« a suscité pour défenseur un sultan choisi par lui
24396: je loue Dieu de la bonne et de la
24397« mauvaise fortune; et j’implore son appui contre nos ennemis. J’atteste qu’il n’y
24398«a d’autre Dieu que le Dieu unique, qui n’a pas d’associé. Je certifie que Mo-
24399rt hammed est son serviteur, son apôtre. Puisse la bénédiction divine reposer sur 292
p. 212
24400»84
24401HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
24402«lui et sur ses compagnons,
24403ces
24404astres destinés à guider les hommes dans
24405la
24406« bonne voie
24407! sur les imams destinés à servir de modèle , savoir les quatre khalifes;
24408« sur Abbas, oncle paternel du Prophète, le consolateur de ses chagrins, le père
24409« des
24410illustres khalifes orthodoxes, et des imams qui suivent la bonne voie; sur
24411« les autres compagnons du Prophète, sur ceux qui les ont suivis immédiatement.
24412«Qu’il les comble de biens, jusqu’au jour du jugement.
24413« Sachez, ô hommes, que l’Imâmah est une des choses que réclame l’Islamisme;
24414«que la guerre sainte est prescrite à tous les hommes; que cette guerre ne saurait
24415« avoir lieu si l’union ne règne parmi les hommes ; les femmes n’ont été emmenées
24416«captives que par suite de la violation des lois de l’honneur; le sang n’a été ré-
24417«pandu que par l’effet de l’injustice et du crime; que n’avez-vous vu les ennemis
24418«de l’Islamisme entrer en armes dans la ville de la paix (Bagdad), sacrifier à leur
24419«fureur le sang et les richesses, égorger les hommes, les guerriers, les enfants;
24420« violer les épouses du khalife, et profaner le sanctuaire; faire souffrir à ceux qu’ils
24421«laissaient vivre les supplices les plus douloureux! partout s’élevaient des voix
24422«lamentables, accompagnées de pleurs et de gémissements; partout se faisaient
24423« entendre des clameurs
24424, excitées par la terreur de cette longue journée
24425! combien
24426« de vieillards dont la barbe blanche fut teinte de sang
24427; combien d’enfants pleu-
24428« raient,
24429sans
24430que
24431personne prît
24432pitié
24433de
24434leur douleur!
24435Réunissez tous vos
24436«efforts
24437(64 ), pour accomplir
24438les devoirs que réclame la guerre sainte; révérez
24439« Dieu, autant que vous pouvez; écoutez, obéissez, dépensez vos richesses, pour
24440«le bien de vos âmes; ceux qui s’abstiendront de ménager leur vie, seront véri-
24441«tablement heureux.
24442Il ne reste plus aucune excuse qui puisse empêcher d’at-
24443«taquer les ennemis de la religion, et de défendre
24444les Musulmans. Ce sultan,
24445(64) Le texte porte
24446:
24447On lit dans le Commentaire de Soïouti sur le Mogm
24448(man. arab. 1238 , fol. 62 v°)
24449:
24450^
24451^
24452lit «Lorsque vous voyez la guerre
24453«découvrir sa jambe,
24454c’est-à-dire, apparaître.» Dans
24455l’histoire de Hasan-ben-Qmar (man. 688,
24456fol. 5 g v°)
24457: ÿjLaa. ^3
24458.X&L»
24459« Il découvrit le bras du zèle , dans le siège de cette place,
24460«c’est-à-dire,
24461il montra le zèle le
24462plus
24463ardent.» Dans
24464les Proverbes de Meïdani
24465(Proverb
244663
2446709)
24468:
24469Ojv*'- Dans le Hamasah (pag.
24470334 )
24471:
24472J-j—t
24473Ldè! ïlj4> ^
24474«Il affronte ouvertement la mort, tandis que
24475le lâche se cache.» Un poète,
24476cité par
24477Ebn-Khallikan (manuscrit 730, folio 242 verso), s’exprime
24478ainsi
24479: ïjljl
24480U
24481JJ «Il se
24482disposait à la prière. » Dans les Sermons d’Ebn-Nabatah (de mon manuscrit , Sermon 54)
24483:
24484\J>
24485!
24486«Montrez, pour défendre la cause de Dieu, l’impétuosité des lions.»
p. 213
24487IV. MEL1K-DAHER-BIBARS.
244881 85
24489an
24490661
24491(ia63).
24492« Melik-Dâlier, le seigneur illustre, savant, équitable, le protecteur de la foi, le
24493«guerrier
24494redoutable,
24495le
24496pilier
24497de
24498la
24499religion
24500et du monde
24501«a embrassé
24502la défense de l’Imâmah, qui ne comptait plus qu’un
24503petit nom-
24504« bre de combattants;
24505il a dispersé les armées infidèles
24506, qui avaient déjà pénétré
24507« au centre de nos pays. Grâce à ses soins, le serment de fidélité a été prêté uni-
24508« versellement
24509, et la dynastie des enfants d’Abbas a trouvé de nombreux soldats.
24510«Serviteurs de Dieu, bâtez-vous de témoigner votre reconnaissance pour de
24511si
24512«grands bienfaits. Montrez un zèle pur, et vous serez victorieux. Combattez les
24513« partisans du diable, et vous obtiendrez l’avantage. Ne vous laissez point effrayer
24514« par les événements passés. La guerre a ses chances
24515: et le succès doit en
24516défi-
24517« nitive
24518appartenir aux hommes pieux. Le temps
24519n’est qu’un espace de deux
24520«jours
24521: et la vie future est pour les vrais croyants. Puisse Dieu vous réunir dans
24522«les mêmes sentiments de piété
24523, et consolider par la foi votre triomphe. Implorez
24524«le pardon du grand Dieu, pour moi, pour vous, et pour tous les musulmans.
24525« Implorez-le, car il est clément et miséricordieux ». Le khalife s’assit alors, pour
24526prendre du repos; puis, se levant, afin de commencer
24527la seconde khotbah,
24528il
24529s’exprima en ces termes
24530: « Louange à Dieu; et que cette louange exprime toute la
24531« reconnaissance que réclament ses bienfaits. J’atteste qu’il n’y a pas d’autre Dieu
24532« que le Dieu unique, et sans associé, afin que cet aveu me serve de passe-port,
24533«lorsque
24534je paraîtrai devant
24535lui.
24536J’atteste que Mohammed
24537est
24538le seigneur des
24539«apôtres et des prophètes de Dieu; que les bénédictions soient sur lui, sur sa
24540« famille, sur ses compagnons en nombre égal à celui des créatures qui peuplent
24541«le ciel et la terre. O serviteurs de Dieu, je vous recommande la
24542piété
24543:
24544certes,
24545« la meilleure exhortation qui puisse être adressée
24546à l’homme est la
24547parole du
24548« Roi, du juge suprême. O vous,
24549véritables croyants, obéissez à Dieu, obéissez
24550«au Prophète, età ceux d’entre vous qui exercent l’autorité. Si vous avez entre
24551« vous quelque contestation
24552, remettez-en
24553la décision à Dieu et au Prophète. Si
24554« vous croyez à Dieu et à la vie future, cette foi sera pour vous la chose la plus
24555« utile, et qui vous procurera les plus grands avantages. Que Dieu nous accorde,
24556«ainsi qu’à vous, l’influence de son livre sacré, et répande abondamment sur
24557« nous ses récompenses; qu’il nous pardonne, ainsi qu’à vous, et à tous les mu-
24558«sulmans. Louange à Dieu, seigneur des mondes. »
24559Le khalife descendit du menber,
24560fit avec toute l’assemblée la’prière du vendre-
24561di, puis se retira. Ce même jour, au moment de la khotbah, on
24562fit dans toutes les
24563chaires de Fostat et du
24564Caire, des prières pour
24565le khalife Hâkem-bi -amr-allah.
24566h
2456724
p. 214
245681 86
24569HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
24570Les provinces
24571reçurent ordre de
24572suivre cet exemple. A Damas,
24573le vendredi,
24574seizième jour de ce mois, la khotbah fut faite au nom du même prince. Dans l’ex-
24575posé de sa généalogie,
24576il était désigné par le nom de Abou’labbas-Ahmed, fds de
24577l’émir Hasan,
24578fils d’Abou’lhasan ,
24579fds d’Ali,
24580fds
24581de
24582Hasan,
24583fds
24584du prince des
24585croyants, Rasclnd,
24586fds de Mostarsched, et trente-neuvième khalife de la famille
24587d’Abbas. Parmi
24588ces princes, il
24589était
24590le
24591seul, depuis Saffah et Mansour, dont
24592le
24593père et
24594l’aïeul n’eussent point occupé
24595le
24596klialifat, tandis qu’il s’en trouvait un
24597grand nombre, dont le père n’avait point été khalife.
24598On
24599fit partir lefakih Medjd-eddin et l’émir Seïf-eddin-Kescbtek
24600: on les chargea
24601d’une lettre qui contenait une relation de l’état de l’islamisme, le récit de l’inau-
24602guration du
24603khalife, des paroles
24604affectueuses pour le prince Bérékeh, que
24605l’on
24606exhortait vivement à entreprendre
24607la guerre contre
24608les
24609infidèles. On y exposait
24610la
24611force des armées musulmanes, leur nombre,
24612la variété
24613des
24614nations
24615dont
24616elles
24617se composaient, tout ce qu’elles renfermaient de cavaliers, de Turcomans,
24618d’Arabes
24619(65), de Curdes;
24620le détail des alliés de l’Egypte, de tous ceux qui
24621avaient avec elle des relations amicales ou une simple trêve ; on ajoutaitque toutes
24622(65) Le mot aschir
24623signifie
24624: Une tribu,
24625en général, et par excellence, une tribu arabe. On
24626lit dans le Kitab-alagâni (tom. II,
24627fol. 106 r°)
24628:
24629j
24630« Abou’lhallal
24631« était le scheïkh et le chef de la tribu. « Chez les auteurs arabes de l’Égypte , ce mot se prend dans
24632deux significations différentes. Makrizi l’applique aux Arabes établis en Syrie. On
24633lit dans la grande
24634histoire de cet écrivain
24635(Solouh , tom. I, pag. 1x87)
24636:
24637^
24638JJls
24639^3j
24640« Les tribus de la Syrie se divisent en deux grandes classes
24641, Kaïs
24642« et Yémen
24643; ces deux partis ne sont jamais d’accord entre eux
24644; et fréquemment ils se font mutuelle-
24645«ment
24646la guerre. » Ailleurs (tom. Il, fol. 44^ v°)
24647:
24648j L$*m*9
24649« Les tribus de
24650la
24651« Syrie, savoir Kaïs et Yémen. » Ailleurs (tom. I, pag. 553)
24652j
24653j*)\ j « On manda les scheïkhs de Kaïs et de Yémen
24654, du nombre des tribus et des Arabes. » Plus
24655loin (pag. 1089)
24656: ^b^sOlj
24657iaLb «Les
24658tribus et les Arabes s’emparèrent de l’autorité. » Et
24659enfin (tom. III, fol. 12 r°): ^
24660^»UJI
24661« Le trouble régnait parmi les tribus
24662« de
24663la Syrie. » D’autres écrivains distinguent expressément les Aschir des Arabes. On
24664lit dans une
24665Vie du sultan Mohammed-ben-Kelaoun (m. 8o5, fol. 54 v°)
24666:
24667^
24668î bbj
24669JLiù «Parmi
24670les habitants de
24671la Syrie, est un peuple montagnard,
24672qui porte
24673le nom
24674« d'Aschir (les Druses). » D’autres historiens attestent que ces Aschir étaient des Curdes. On
24675lit dans
24676«l’ouvrage de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
24677(f. 408
24678r°)
24679:
24680b
24681! Jjbâ j
24682«Les tribus des
24683«Curdes,
24684et
24685celles
24686des Arabes. »
24687Et
24688les mêmes mots
24689se
24690trouvent répétés dans
24691la Vie de Bibars
24692par Nowaïri (fol. i5 r°). On
24693lit dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
24694(fol.
246951 5q v°)
24696:
p. 215
24697an 66
24698(ia63 }.
24699IV. MELIK-DAHER-B 1 BARS.
24700187
24701ces forces étaient parfaitement soumises et obéissantes. On excitait Bérékeli contre
24702Houlagou, on
24703échauffait son ressentiment, on
24704lui
24705représentait comme
24706facile
24707la guerre contre le prince, dont on peignait la conduite sous les couleurs les plus
24708odieuses. Les
24709députés
24710étaient porteurs
24711d’un
24712exemplaire de
24713la généalogie du
24714khalife en remontant jusqu’à l’apôtre de Dieu. Celte pièce
24715était dorée, et munie
24716d’attestations qui certifiaient l’authenticité de l’acte. On convoqua les émirs, les
24717mufredis
24718ïjjlij! (66),
24719et on
24720fit devant eux lecture des lettres, qui furent ensuite
24721remises aux ambassadeurs. On
24722fit partir avec eux deux Tatars, du nombre des
24723sujets de Bérékeli
24724, et qui devaient montrer aux députés la route qu’ils avaient à
24725,
24726qhLàd
24727j
24728I «La discorde
24729éclata entre les Aschir et les Arabes de Syrie.
24730»
24731Ailleurs (tom. II, man. 657 , fol.
24732i 5 v°)
24733:
24734j
24735^JjL> Jjs ^Xsü!
24736Lsr^j -îUüt
24737« Du côté de Naplous,
24738il y eut de fréquentes hostilités entre Ebn-Abd-
24739« essatir, et son cousin Ebn- Abd-alkâder,
24740qui
24741tous deux étaient scheïkhs
24742des Asrliir.
24743» Ailleurs
24744(fol. 3 i
24745v°)
24746:
24747j
24748ïads-h
24749<.
24750> 1x5
24751””
24752« Il arriva une lettre écrite
24753«par le
24754khalife,
24755et qui
24756était adressée aux émirs des Turcomans, des Arabes
24757et
24758des Aschir (des
24759« Curdes). » Plus loin (fol. 40 r°)
24760:
24761y
247623
24763v
24764>j&
24765J
24766“ Un granci nombre d’Arabes,
24767« à'Aschir et de Turcs. « Plus loin (fol. 149 v°)
24768:
247691 ^XSj>
24770« Le chef des Aschir de Syrie. »
24771Et enfin
24772(fol. 272 v°)
24773: ^**k*J|
24774<,
24775>
24776y
24777laJj.s «Là, étaient des Arabes, qui venaient
24778« loger chez quelques-uns des Aschir. » Dans l’ouvrage du continuateur d’Elmacin (m. 619,
24779f. 70 r°)^
24780on
24781lit
24782: ^LiJ! 3%
24783su* j
24784j
24785«Les Aschir, s’étant soulevés, portèrent le
24786« carnage et la dévastation dans toute la Syrie. » On trouve le pluriel oschran ^
24787dans un passage
24788du Mesalek-alabsar (fol. 227 r°)
24789:
24790L^aso
24791Ipbs!
24792« La nation se composait de tribus
24793«qui étaient en
24794hostilité. l’une contre l’autre. « Aujourd’hui encore, les tribus arabes sont désignées
24795parle nom de Aschdir
24796(Rousseau, Pachalik de Bagdad, pag. 3 o).
24797(66) Le mot mufredi (jp
24798dont
24799le
24800pluriel
24801est ïJjÜU ,
24802dérive
24803sans doute du terme
24804mufred
24805ppb
24806, qui
24807désigne
24808: Le domaine
24809particulier
24810du. prince. On
24811lit
24812dans
24813l’ouvrage
24814de Khalil-Dâheri
24815y
24816(fol. 220 r°)
24817: v
24818àj^iJ ! Jyij!
24819« Tous les cantons qui dépendaient du domaine auguste. » Et
24820plus loin {ibid. v°)
24821: .ij-â-Jt
24822«Le conseil qui administrait le domaine privé. » Les mufredis pa-
24823raissent avoir été « des officiers qui étaient attachés au service particulier du prince. » On lit dans la
24824Vie de Bibars par Nowairi (fol. 2 3 r°)
24825: LilsrM
24826! J.& fjÿ "Il distribua des gratifi-
24827ât cations aux djundis et aux mufredis, qui faisaient partie de la halkah. » Plus loin (fol. 24 v°)
24828:
24829••>>*=» j!
24830Et
24831ailleurs
24832[ibid.)
24833: 2
24834li-i
24835! j
24836« Les chambellans et les mu-
24837« fredis. » Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 798,
24838f. 179 r°)
24839:
24840j
24841Dans l’ouvrage historique du même auteur
24842(Solouk , tom. I, pag. 307)
24843: lals^î ^ ttajUjlj .iLss.^ 1 .
24844Et plus loin (pag. 3 i 3 )
24845: ^Jv 4=s._j!
24846dSy
24847-
24848Dans l’Histoire des Patriarches d’Alexan-
24849drie, ce mot est écrit
24850et au pluriel JJjli*. On y
24851lit (man.
24852arab. 140,
24853pag. 347)
24854:
24855«Un mufredi arriva du Saïd.
24856» Et
24857ailleurs
24858(p. 327)
24859:
24860j JjjU-l!
24861« Les mufredis
248621 et les eunuques.
24863»
248642/,.
p. 216
24865.88
24866HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
24867prendre. Ils s’embarquèrent sur des bâtiments de transport, ayant avec eux des
24868provisions
24869îbljj (67) pour plusieurs mois.
24870Ils
24871arrivèrent à
24872la cour de Lascaris
24873(Michel-Paléologue), qui leur témoigna de grands égards. Sur ces entrefaites ar-
24874rivèrent des ambassadeurs envoyés par le prince Bérékeli. L’empereur les fit par-
24875tir pour leur destination. Le fakih Medjd-eddin /qui se trouvait malade
24876, reprit la
24877route de l’Égypte.
24878Il apportait une
24879lettre de Lascaris, annonçant que lemirSeif-
24880eddin
24881, avec son cortège, avait continué son voyage.
24882Cependant, l’émir Djemâl-eddin-Akousch-Nedjibi-Sâléhi
24883alla prendre posses-
24884sion de
24885la vice-royauté de Damas lôLj.
24886Il avait avec lui
24887le sdheb Izz-eddin-Abd-
24888alaziz-ben-Wadâah, vizir de Damas.
24889Il était porteur de lettres émanées du sultan
24890'ksjjL y'Iio (68), et tous deux furent revêtus de robes d’honneur.
24891(67)
24892Voyez aussi Djemâl-eddin-ben-Wâsel (manuscrit non catalogué,
24893fol. 408 r°). Le motîbljj
24894se prend
24895ailleurs dans
24896le même
24897sens, c’est-à-dire dans
24898celui de provisions de bouche. On
24899lit dans
24900l’histoire de Makrizi
24901(Solouk
24902tom.
24903II,
24904fol. 483
24905r°)
24906:
249071*0*lie
24908^»Lâ
24909« Le
24910roi de cette
24911« contrée leur fournit les provisions dont ils avaient besoin. » D’autres fois,
24912il signifie
24913: L’action de se
24914procurer des vivres. On
24915lit dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain, 118 bis, f. 64 v°) :
24916iOtjjJî
24917"I* permettait aux habitants de
24918se procurer des vivres.
24919» Le mot iOjj?
24920signifie également des vivres. On
24921lit dans l’histoire de notre auteur
24922(Solouk ,
24923t.
24924I, p. g23)
24925:
24926tj «Il porta son bagage et ses vivres.
24927» Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VII,
24928f. 214 v°)
24929:
24930« Leurs provisions étaient épuisées. »
24931(68) Le mot tedhkirah tjÉ Xj
24932, qui fait au pluriel tedhâkir£\
24933%
24934Xs
24935désigne, en général
24936: Un acte
24937,
24938un
24939rescrit, émané du prince. On lit dans Y Histoire de la conquête de Jérusalem (man. 714,
24940f. 74 v°)
24941:
24942'ijs xJ !
24943!
24944« Il
24945fit apporter l’acte.» Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (man. non cata-
24946logué,
24947fol. 439
24948r°)
24949:
24950S-Oj
24951ijs xi
24952« Il
24953écrivit une
24954lettre à son
24955fils Melik-
24956«Saïd.
24957» Dans l’ouvrage intitulé Inschâ
24958(fol. ni
24959v°)
24960: <w
24961La
24962L/^4
24963^ ij>X)
24964^,^1^1 «On écrivait un mémorial, pour rappeler les points les plus importants,
24965« qui avaient été traités dans les lettres émanées du prince. » Dans une Histoire d’Égypte (de mon
24966manuscrit,
24967fol.
249684 1
24969v°)
24970: d
24971s ^
24972'ijs xj
24973« Il écrivit d’Égypte , et envoya en Syrie une cédule , concernant une somme de sept mille pièces d’or
24974« qu’il avait laissée en dépôt. » Ce mot se trouve souvent chez les voyageurs modernes, qui l’écrivent
24975de diverses manières. Dans le Voyage à Tripoli (tom.
24976I, pag. 264),
24977il est expliqué par ferman. Dans
24978les Nouvelles annales des voyages (tom. XXII, pag. 41), par assignation du trésor. Suivant M. Maggill
24979[Nouveau voyage à Tunis, pag.
24980i 52)
24981: « On appelle leshèrè le permis d’extraction
24982, de même que tous
24983«
24984les ordres
24985écrits
24986qui émanent de l’autcrité souveraine.
24987» Au rapport du P. Caronni
24988(Ragguaglio
24989del viaggio compendioso, pag.
24990101)
24991: « On ne peut tirer des grains de Tunis, sans avoir obtenu du
24992« bey une cédule appelée
24993tiscara. » Le
24994docteur Frank (Recherches politiques
24995.
24996.
24997.
24998sur Tunis, ma-
24999nuscrit de M. Marcel, chap. VI), explique le mot lezhéré par privilège ; M. Estève (Finances d’Égypte ,
25000pag. 5i), rend tezkeret par acquit de douane. Ailleurs (pag. 70)
25001,
25002il dit
25003: « Dans toutes
25004les mutations.
p. 217
25005IV. MELIK-D AHER-BIBARS.
25006an 66 1
25007(1263).
25008189
25009Le septième jour du mois de Rebi second, le sultan partit du château de la
25010Montagne, pour se rendre en Syrie.
25011Il campa hors du Caire, et se mit en marche 294
25012le onzième jour de ce mois. Il ne cessa de se livrer au plaisir de la chasse jusqu’à
25013son arrivée à Gazah. Tandis qu’il était près d’Alarisch,
25014il disposa trois mille ca-
25015valiers de manière à former une enceinte circulaire, dans laquelle fut enveloppée
25016une quantité énorme de gibier. L’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi, étant tombé
25017de cheval, le sultan accourut vers lui, se jeta à terre, prit la tête de l’émir, et la
25018posa sur ses genoux. Il tira d’une bourse un fragment de mumie, et le lui fit avaler;
25019après quoi
25020il emmena le blessé dans sa tente. L’émir Seïf-eddin-Kelaoun tomba
25021également de cheval,
25022et éprouva de la part du sultan des soins non moins em-
25023pressés. Ce prince étant arrivé à Gazah, y reçut la visite d’un grand nombre de
25024personnes, parmi lesquelles on distingua la mère de Melik-Moughith-Omar,
25025fils
25026d’Adel-Abou-Bekr, et souverain de Karak. Bibars accueillit la princesse avec une
25027extrême libéralité, et combla de présents toutes les personnes de sa suite. Il
25028lui
25029donna, entre autres provisions, quinze charges de gibier, qui étaient le produit
25030de sa chasse. La princesse partit pour Karak, où elle devait rejoindre son
25031fils.
25032Elle était accompagnée de l’émir Scherf-eddin-Djâki, le Mihman-ddr, qui devait
25033faire disposer les provisions nécessaires pour Melik-Moughith, lorsqu’il se rendrait
25034auprès du sultan. Bibars s’occupa ensuite de ce qui concernait les Turcomans. Il
25035revêtit de robes d’honneur leurs émirs, ainsi que ceux des tribus d’Aïd .xAjJÎ (ou
25036plutôt Abed, jjbJ !), de Djerm et de Thalebah. 11 leur afferma les différents cantons,
25037les astreignit à payer le
25038tribut appelé Adad
25039(69),
25040leur enjoignit de servir la
25041«les nouveaux moultezim n’obtenaient
25042la jouissance des droits de leurs prédécesseurs, que par un
25043« titre appelé tezâker-cl-temekinat, qui leur était délivré par le pacha. » Enfin,
25044il dit (pag. 9)
25045:
25046« Le
25047« tezâker tchâouchyeh fut établi par le sultan pour fournir un supplément de paye aux membres de
25048-< l’ogâk-tchâouchyeh
25049, chargé d’assurer la levée du Myry. » Bruce
25050( Voyages aux sources du Nil.,
25051t.
25052I,
25053pag. 284), «parle d’un tiskéra qui avait été remis au raïs (patron) de la barque sur
25054laquelle il
25055se
25056« trouvait, et qui obligeait cet homme d’entrer au service du schérif. »
25057(69) Le mot adad
25058désignait
25059: La clùne
25060qu’on lèvent sur les troupeaux des tribus nomades
25061arabes ou autres. On
25062lit dans l’histoire de Makrizi
25063(Solouk
25064tom. II, fol. 117 v°)
25065, en parlant des Tur-
25066comans
25067:
25068(Jhij
25069jV'.x)
25070!
25071jjj-a
25072L
25073^2, ^
25074« On recueillait chez eux plusieurs dixaines de milliers de moutons, qu’on levait à titre de
25075« dîme de leurs troupeaux; et ce tribut était désigné par le mot adad. » On
25076lit dans
25077la Vie de Bibars
25078(man. 8o3, fol. 91 v°)
25079: Li tyj 5
25080! (lis. Ï9p) l~sy
25081! _\xj
25082! ^
25083« On
25084« envoya quarante employés des bureaux pour lever
25085le tribut appelé adad
25086chez les Arabes djou-
25087« schenis, qui habitaient le territoire de Barkah.
25088» Plus loin (fol. 96 r°)
25089:
25090,Jt jlisLJî^L,
p. 218
25091190
25092HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
25093poste, et de faire venir les chevaux
25094nécessaires pour cet établissement.
25095Il écrivit
25096au souverain de Schiraz, aux habitants de ces contrées, ainsi qu’aux Arabes de
25097Kbafadjab, pour les engager à faire la guerre à Houlagou
25098, monarque des Tatars. Il
25099leur annonçait que
25100, d’après de nouvelles arrivées par la voie de la mer, Bérékeh
25101avait vaincu plusieurs fois ce prince.
25102Cependant Bibars, étant
25103parti de Gazah, vint camper à Tour
25104(70), le
25105douzième jour du mois de Djoumada second. Le quinzième jour du même mois,
25106Melik-Aschraf, souverain de Hems, arriva, en vertu d’une permission qu’il avait
25107reçue. Le sultan sortit à sa rencontre, le combla d’honneurs, et lui envoya, en
25108une seule
25109fois, soixante-dix gazelles, lui
25110faisant dire
25111: «Voilà le produit de ma
25112«chasse
25113d’aujourd’hui
25114:
25115je
25116l’ai réservé pour vous.» Sur
25117ces
25118entrefaites Melik-
25119Moughith partit de Karak;
25120il avait reçu des lettres du sultan, qui l’invitaient à
25121venir;
25122mais
25123il
25124différait
25125sous divers prétextes.
25126Bibars
25127témoigna pour
25128le voir
25129un vif empressement, l’abusa par la conduite la plus artificieuse, et ne
25130fit con-
25131naître ses projets à personne. Lorsque Melik-Moughith fut arrivé à Beisan (71),
25132le
25133sultan sortit à
25134sa rencontre, dans
25135le costume
25136le plus
25137pompeux,
25138le
25139vingt-
25140sixième jour du
25141mois de Djoumada premier. Au moment où
25142les deux princes
25143s’abordèrent, Moughith
25144se
25145plaça
25146au
25147côté du
25148sultan,
25149et
25150l’accompagna
25151jus-
25152qu’à
25153la
25154tente royale ^ÜaLJÎ yJUjJî
25155(72). A peine
25156étaient-ils
25157entrés dans
25158l’en-
25159pJ-U
25160.
25161.
25162.
25163^
25164hLs.j
25165« Le sultan envoya vers l’émir de Médine, un homme d’entre
25166« les Arabes, pour réclamer le tribut appelé adacl. » Et immédiatement après on lit ces mots
25167:
25168ïty\
25169(Jp.
25170«Le
25171sultan demanda
25172la dîme qui appartient à Dieu. » Et cette obser-
25173vation suffirait, au défaut de toute autre explication, pour démontrer l’identité des deux mots
25174e t à î As>
25175(70)
25176J’ai lu tour^iJ! au lieu de
25177que présente le manuscrit. Il a été
25178fait mention plus haut
25179(pag. 79) de la ville de Tour. On
25180lit dans le Kamel (tom. VI, pag. 22.5) que, dans l’année 60g de
25181l’hégire (1212 de J. C.) «Melik-Àdel
25182fit construire une forteresse, dans le voisinage d’Akkâ, sur une
25183« montagne appelée tour
25184Jî. « Et plus loin (pag. 239)
25185: ,J-p
25186£***0».
25187-îda
25188&&
25189v
25190«La ville de Tour
25191est une place extrêmement
25192forte,
25193située sur
25194le sommet d’une
25195« montagne, dans
25196le voisinage d’Akkâ.» Nowaïri dans la
25197Vie de Bibars
25198(fol.
2519919
25200r°, 65 r°
25201et v°),
25202« parle aussi de cette ville; il atteste, comme notre auteur que le sultan , étant parti de Tour au milieu
25203« de la nuit , se trouva
25204, au point du jour, tout près de la ville d’Akkâ. »
25205(71) Je lis
25206au lieu dej
25207.
25208(72) Le mot dehlizjSjb^ signifie proprement
25209: Une salle d'entrée, un vestibule. Et c’est en ce sens
25210qu’Ebn-Athir [Kamel, tom.
25211III,
25212fol. 67
25213v°), parlant de la ville d’Alep, la nomme
25214:
25215« Le vestibule, c’est-à-dire la porte de l’Irak. » On
25216lit dans une Histoire de Damas (manuscr. 823,
25217fol. 54 v°)
25218: -Jsi
25219>b
25220^aij
25221^J LaO
25222AJJ
25223« La porte orientale a
p. 219
25224IY. MELIK-DAHER-BIB ARS.
25225an 661 (1263).
25226Ï 9
25227F
25228ceinte
25229, que Moughith fut arrêté
25230prisonnier. On convoqua
25231les princes, les
25232émirs
25233et
25234le
25235kadi-alkodât Schems-eddin-Ahmed-ben-Kliallikan , que
25236l’on
25237avait
25238«plusieurs
25239vestibules
25240très-vastes, dont chacun conduit
25241à une
25242large porte. » Et plus loin
25243(ibid. ):
25244jJLajJI liwj 3,
25245« Dans le milieu du vestibule est un bassin. « Quelquefois,
25246il se prend,
25247dans
25248un sens plus étendu, pour une chambre, une
25249salle. On lit dans le Kâmel ou plutôt dans l’histoire
25250d’Ebn-Wâsel (t. VII, p. 222):jL\Jî^JlaO
25251« Il entra dans une des chambres delà maison. »
25252Dans la Description de l'Égypte de Makrizi (man. 798, fol.
252534 r°)
25254:
25255i jj l* .} J
25256JjüljJLajJ! ^3
25257! « Il s’asseyait dans les salles du palais
25258; et le chef se plaçait dans la première
25259«chambre. » Et plus loin (fol.
25260182 v°)
25261:
25262'LLjjL* yi La 3
25263!
25264v
25265>tj y
25266^ mar-
25267«chait, depuis la porte du palais, dans des chambres pavées de marbre.
25268»
25269Lorsqu’il s’agissait d’un campement, le mot
25270désignait
25271: La partie antérieure des tentes, ou la
25272première tente
25273, celle où le sultan se tenait d’ordinaire pour donner ses audiences. Et surtout dans les
25274expéditions
25275militaires,
25276qui exigeaient au plus haut point
25277la célérité, on
25278se contentait souvent de
25279placer cette tente unique, sans y joindre cette suite de tentes de différents genres, qui accompagnent
25280ordinairement la résidence du souverain. On lit dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (man. non
25281catalogué, fol. 394 r°)
25282:jJlaAJ
25283<0
25284«On dressa pour lui deux vastes tentes,
25285«qui avaient des vestibules. » Dans la Vie de Bibars par Nowaïri
25286(f. 24 v°)
25287:
25288!
25289« La tente dressée dans cet endroit. « Dans XHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen
25290(in. 663 ,
25291f. 168 v°)
25292:
25293aj Lis!
25294tjyxiaj
25295!
25296aj
25297.Lies.! Sij
25298A»ls4
25299!
25300« Melik-Moudjahid s’étant ré-
25301«fugié dans sa tente, les soldats l’enveloppèrent, et coupèrent les cordes. » Dans la Description de
25302l'Égypte de Makrizi (man. 798,
25303fol. 199
25304r°)
25305: U J^S"!
25306aJ
25307» ys A3
25308jJlaO
253093,
25310y y&
25311«11 se plaçait dans une tente royale qui avait été
25312dressée pour
25313lui,
25314et qui
25315était
25316« ornée avec une extrême magnificence.» Dans l’histoire de Nowaïri (26 e partie,
25317f. 198 v°)
25318: J..oj u
25319j! J-A -3 j
25320« Lorsqu’il fut arrivé à la porte de la première tente, il
25321«mit pied à terre, et entra dans la tente. » Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
25322(fol. 11
25323r°)
25324:
25325jJaO v—J^à
25326«Par ordre du sultan, on dressa la partie antérieure de sa tente.»
25327Dans la Vie de Bibars (man. 8 o3 , fol. 21 r°) :jJU Jj
25328aJ
25329« On prépara pour lui deux
25330« tentes, accompagnées de leurs salles antérieures. » Plus loin
25331(f. 69 v°)
25332: ^
25333j A*^j *yjya{\ jJLsjJ!
25334Aa*JI
25335« La tente dressée dans le meidân de la fête. » Ailleurs (fol. 63 v 0 !
25336: a^U
25337v
25338î^JlîO
25339sS Ay^î. «On dressa sa tente antérieure; et, par devant, une vaste tente.» Et enfin (fol. 65 r°)
25340:
25341^>yo «On dressa dans cet endroit
25342la tente de guerre
25343qui
25344était de
25345« couleur rouge. » Dans l’histoire de Nowaïri (26
25346e partie,
25347fol. 190 v°) :jAs>3
25348LJ! v_tCU! Jÿ
25349^Ia41j
25350aJ
25351<^>yo «Melik-Nâser descendit dans une
25352tente qu’on
25353lui
25354avait dressée, au milieu du
25355« meïdân (l’hippodrome). Dans l’histoire de notre auteur
25356(Solouk
25357tom. I, pag.
25358i 58 ) :jLo
253591XL
25360\y\.ss 5
25361aA*.
25362Ajc« «Il se mit en marche, accompagné de seize
25363tentes, destinées
25364« pour autant de rois. » Plus loin (pag. 18 1)
25365: AkLLJI jJjsO
25366aJ yj^>
25367« On dressa pour lui la tente
25368« royale. » Ailleurs (pag. 182)
25369:
25370J JA*)! ^J.»Aa IjMa.! «Ils environnèrent la tente d’Adel,
25371et la
25372«renversèrent.» Plus loin
25373(p. 2o3)
25374:
25375j ‘ÀJlisLJ!
25376'ÀalaJ’j
25377^! Aolj ^J| ^IJLJLJ!
25378v
25379^AiiLJ! « Le sultan écrivit à son vice-roi de se mettre en marche, avec la halkah du sultan,
25380et la
25381«tente royale.»
25382Dans
25383l’histoire d’Abou’lmahâsen (manuscrit
2538466 7)
25385: ^AiaLJ
25386! ^Jla a) Lj
25387Jjj
25388«Il
25389« logea dans
25390la tente royale. » Ailleurs
25391(fol. 35
25392v°)
25393: ^UaLJ! jJjO
25394^Jy;.w!
25395«Il s’empara delà
25396« tente du sultan.
25397» Et dans un autre volume du même ouvrage (man. 663 , fol. 27 r°) :^Jjs>a)! J^a.
25398,
p. 220
25399I 9 2
25400HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
25401mandé de
25402Damas;
25403les schâheds
25404les
25405djundis
25406et
25407les
25408ambassa-
25409deurs
25410des
25411Francs.
25412On
25413produisit
25414en
25415leur
25416présence
25417les
25418lettres
25419adressées
25420par
25421295
25422Melik-Moughith aux
25423Tatars , et
25424les
25425réponses
25426de
25427ceux-ci. On exhiba en même
25428JJJUi ij* X#
25429« Le départ du dchliz,
25430c’est-à-dire, de
25431la
25432tente ronde du sultan. » On ne sera
25433sans doute pas fâché de trouver ici quelques détails sur
25434les tentes
25435qui accompagnaient
25436le
25437sultan
25438d’Égypte dans ses voyages. Voici de quelle manière s’exprime à ce sujet l’auteur du Mesâlek-alabsar
25439(manuscrit 583, folio 171 verso)
25440:
25441« Le sultan, dans ses marches, n’a point avec
25442lui le rakabah,
25443ni
25444« les drapeaux
25445v
25446emblèmes de la souveraineté (je lis bSjj
254471
25448au lieu de
25449!. Vor.
25450« p. i34,
254511 35). On conduit derrière lui plusieurs chevaux de main
25452;
25453il a soin,
25454la plupart du
25455« temps, de ne camper qu’à la nuit. Lorsqu’il arrive au gîte, on porte devant lui un grand nombre
25456« de flambeaux et dernaschâls
25457(réchauds allumés). Au moment où
25458il approche de sa tente, on
25459« vient à sa rencontre avec des flambeaux de cire, placés dans des chandeliers dorés
25460« Les djawichs crient devant lui; tout le monde met pied à terre, à l’exception de ceux qui portent
25461«les armes derrière lui
25462: des pages bSLlj
25463le suivent, et
25464les tabardârs (porte-haches) l’entourent
25465:
25466il
25467« entre d’abord dans le premier vestibule
25468Alors il descend de cheval, pénètre dans la
25469« schakkah ïiiJ!, qui est une tente de forme ronde et très-vaste; de là dans une schakkah plus petite;
25470" et enfin, dans celle cpie l’on appelle lâdjouk
25471Chaque tente est environnée de tous côtés par
25472le mur appelé khirlah. Dans la partie antérieure du lâdjouk est un petit château de bois, construit pour
25473« le prince, et où
25474il doit passer la nuit. Devant la schakkah
25475, on établit un bain, accompagné de chau-
25476« dières de plomb et d’un bassin , sur le modèle des bains que l’on construit dans les villes, à l’excep-
25477« tion
25478qu’il est plus
25479petit. Lorsque le sultan est endormi, les Mamlouks montent la garde autour de
25480« lui alternativement ; et un corps de troupes circule autour de toute l’enceinte. Une ronde
25481<sij
25482a lieu
25483« autour du dehliz deux fois chaque nuit, au moment où le sultan s’endort, et lorsqu’il se réveille.
25484« Chaque ronde est commandée par un émir babdar, qui tient un des premiers rangs parmi les émirs.
25485Il
25486« a autour de lui des flambeaux
25487l«9, des maschals ^e'JLo, des tambours, et la flûte (je lis bbiJI,
25488au
25489lieu de ajLJ!). A
25490la porte du
25491deliliz sont couchés
25492les nakibs UiÜI,
25493les eunuques de service
25494Le mot
25495que nous trouvons dans cet article, est le terme altchouk
25496, ou alalchuuk
25497, qui, de la langue des Turcs orientaux, a passé dans celle des Persans, et désigne une lente.
25498Un
25499lit dans la Fie de Timour, écrite par lui-mème (manuscrit,
25500fol. 21
25501r°)
25502: ïLw. jl
25503^
255043ys?
25505J
25506\
25507«J’aperçus une tente, du nombre de
25508celles qui sont noires. » Plus loin (ibid.)
25509.
25510bbs. j Jj
25511« J’arrivai à la porte d’une tente. » Et (ibid.)
25512:
25513^b «J’entrai
25514« dans
25515cette tente. » Plus loin (fol. 22 v°)
25516:
25517«Us avaient dressé des tentes.
25518»
25519Et (ibid.)
25520:
25521[« Je couchai dans cette tente. » Ailleurs (fol. 4° v°)
25522:
25523jObl***J !
25524•
25525•
25526•
25527jb*»j
25528" Je vis un grand nombre de tentes qui étaient dressées. » Et enfin (f. 214 r°)
25529:
25530bU. j
25531« Étant arrivé à
25532la porte
25533d’üne tente. » Le même mot se trouve, avec la
25534même signification, dans les Instilutcs of Timur (pag. 66), et dans
25535les Mémoires de Baber, où il est
25536écrit
25537(manuscrit,
25538fol. 69). On lit dans la Vie de Schah-Abbas (fol. 70)
25539:
p. 221
25540AN 66 1
25541(1263).
25542IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
25543i<j3
25544temps
25545les
25546décisions jybà
25547des jurisconsultes, qui
25548autorisaient
25549à
25550lui
25551faire
25552la
255539
25554guerre. On
25555fit paraître les
25556courriers
25557.>Loü)!, qui entretenaient les négociations
25558«-yLo (73), entre ce prince et Houlagou. L’émir Atabek dit aux assistants
25559:
25560« le
25561« sultan vous salue
25562, et vous dit
25563: «voilà le seul motif qui m’a porté à faire arrêter
25564« Melik-Moughith. «Après quoi, on
25565fit la lecture des lettres indiquées ci-dessus.
25566On dressa un procès-verbal, sur lequel les kadis apposèrent leurs certificats. En-
25567suite, on congédia l’assemblée. Le sultan, s’étant assis, fit écrire aux habitants
25568de Karak une lettre remplie de promesses
25569et de conseils. Ces dépêches furent
25570confiées aux émirs Bedr-eddin-Baïsari
25571et Izz-eddin, Yostâdâr. On leur remit en
25572même temps des robes d’honneur
25573et des sommes d’argent, destinées pour les
25574«CLtÀf «Ils avaient pris la fuite, laissant en place
25575leurs cabanes et leurs tentes. « Et
25576plus loin
25577(fol. 160)
25578:
25579jjIAj!
25580S
25581.< U dressa séparément pour
25582« eux, une tente et une cabane. »
25583(73) Le verbe
25584signifie: Être négociateur, intermédiaire. On
25585lit dans l’ouvrage historique de
25586Makrizi
25587(Solouk
25588tom. I, p. 147)
25589:
25590jk~,
25591« L’émir Fakhr-eddin fut négociateur
25592« entre eux deux.» Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VI,
25593fol. 287
25594r°)
25595:
25596b
25597ils.
25598« Il remplit de sa part une mission auprès des souverains de l’Égypte. » De là vient
25599: i° Le mot safir
25600qui désigne un négociateur. Abou’lala, dans son Commentaire sur ses poésies (man. ar. 1409,
25601pag.
25602i3o), s’exprime en ces termes
25603:
25604j!
25605,3
25606y;iJ! _y> ^.jLJ
25607!
25608VjLLJI
25609« Le mot
25610safir désigne celui
25611qui
25612négocie
25613la paix entre des peuples, ou entre deux
25614«hommes ennemis. » Dans l’ouvrage intitulé Inschâ (man. i5y3, fol. 106 v°), on
25615lit
25616:
25617J!
25618j Jj LJ !
25619« Le chef de la chancellerie secrète est l’intermédiaire entre celui qui
25620fait une
25621« demande, et le prince à qui elle est adressée. » Le terme sifârah ïjlLv désigne
25622: La médiation, les
25623négociations. Nous venons de voir ce mot expliqué par Abou’lala.
25624Il se trouve avec cette signification
25625dans l’ouvrage de Hariri (Séance XII). On
25626lit dans l’ouvrage historique de Makrizi
25627(Solouk
25628tom. I,
25629p. 834)
25630'ïjlLuJ «Grâce à l’intervention de l’émir. » Dans la Description de l’Égypte du même
25631écrivain (man. 798, fol. 197 r°)
25632: ûji
25633^»UJ|
25634v yU ijjljL.
25635« Le naïb (gou-
25636« verneur) de la Syrie, et les officiers inférieurs ne sauraient se passer de ses bons offices. » Dans
25637le
25638Inschâ (fol. 206 r°)
25639: Ày^Jî j JUaL*
25640ïjULJ!
25641« Sa bonne intervention entre le sultan et
25642«les
25643sujets. » Dans l’histoire
25644de Nowaïri (26
25645e partie, man. de Lcide,
25646fol.
25647192 v°)
25648: ^1
25649j Akj
25650« Il le pria d’interposer sa médiation entre lui
25651et Houlagou. » Dans
25652l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VI, fol, 3i5 r°)
25653:
25654«Il fut choisi
25655« pour une mission auprès du souverain du Magreb.
25656» Et ailleurs (tom. VII,
25657f.
25658181
25659r°)
25660: Ujfà. fis
25661VjLLJ! «Nous avons parlé des négociations qui eurent lieu entre eux deux. »
25662Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
25663(tom. II,
25664fol. 4b
25665r°)
25666: ^wU!
25667ïj LL,
25668^jlial*J
25669!
25670j
25671« Avec les bonnes dispositions de servir d’intermédiaire entre les sujets et le sultan. »
25672Dans le Inschâ (fol. 119 r°)
25673:
25674^y***2^
25675« Qui a un visage riant, et qui se rend mé-
25676« diateur avec bienveillance. »
256772D
p. 222
25678i 94
25679HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
25680habitants deKarak. Le soir du même jour, Melik-Moughith fut envoyé en Égypte,
25681sous
25682l’escorte
25683de
25684l’émir Scliems-eddin-Ak-sonkor-Farekâni,
25685le
25686silah-dâr. On
25687l’amena au château de la Montagne, où
25688il fut mis en prison. On rendit la liberté
25689aux personnes de sa
25690suite. Ses femmes furent envoyées en Égypte, et on leur
25691assigna des pensions,
25692Le sultan, n’ayant plus rien à craindre de la part
25693de Melik-Mougliitb, tourna tous ses soins du côté des Francs. S’appuyant sur de
25694vains
25695prétextes,
25696ils demandaient la
25697restitution de Zarin,
25698Le
25699sultan leur
25700répondit: «Vous avez, sous
25701le règne de Melik-Nâser, reçu en échange de cette
25702«place, plusieurs villages du canton de Merdj-oïoun,
25703En même temps
25704on reçut des députés des gouverneurs
25705,
25706qui se plaignaient des Francs, et
25707dénonçaient
25708les actes répétés
25709, par lesquels ceux-ci avaient rompu
25710la trêve. Le
25711sultan
25712était déjà
25713arrivé au milieu du territoire des Francs, lorsqu’on
25714lui remit
25715des lettres écrites par eux, et dans lesquelles ils assuraient n’avoir point été in-
25716formés de l’approche du prince. 11 leur répondit en ces termes
25717: « Quiconque est
25718«à la tête d’une affaire, doit se piquer d’une extrême vigilance. Or, quel homme
25719« a pu ignorer la marche de cette armée, et ne pas connaître
25720, pour ce qui concerne
25721« le nombre immense de ses soldats, ce que savent les animaux des déserts (74)»
25722«et les poissons sous les eaux? Dans vos maisons,
25723il ne reste peut-être pas un
25724« lieu, d’où l’on ne puisse balayer la poussière qu’ont élevée les chevaux de notre ar-
25725« mée. Peut-être le bruit de leurs pas a déjà assourdi les Francs qui habitent au
25726« delà de la mer, et les Tatars qui résident dans la province de Moukan. Eh bien
25727!
25728«si de
25729pareilles troupes sont arrivées
25730toutes aux portes de vos maisons,
25731sans
25732«que vous en ayez connaissance, que
25733savez-vous donc?» Cependant, on
25734vit
25735arriver les gouverneurs de Jaffa et d’Arsouf;
25736ils apportaient un présent, qui fut
25737accueilli. Le sultan défendit à tous ses soldats de
25738s’arrêter dans les champs des
25739Francs, d’y lâcher un
25740cheval, de gâter une feuille verte, de saisir une pièce de
25741bétail, ou de vexer aucun laboureur. Précédemment, les lettres des Francs ex-
25742primaient leur regret d’avoir conclu une trêve, et leur intention de la rompre.
25743Mais, du moment qu’ils eurent vu l’approche du sultan
25744, ils témoignèrent le désir
25745de conserver la paix, et de s’en tenir à la lettre des traités.
25746Le
25747jour même
25748de
25749l’arrestation
25750de
25751Melik-Moughith,
25752le
25753sultan manda
25754les
25755Francs
25756des
25757différentes
25758classes,
25759Ls^jiJÎ
25760,
25761et
25762leur demanda
25763quelle
25764était
25765(74) Le texte porte àbfrU
25766;
25767il faut lire ^7^2^!
25768h»; et cette leçon nous est donnée par No-
25769waïri
25770( Fie de Bibars,
25771f. 64 v°)
25772,
25773et par Djemâl-eddin-ben-Wâsel
25774(fol. 4*3 v°).
p. 223
25775an 661 (ia63).
25776IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
25777i 9 5
25778leur intention.
25779Ils répondirent
25780: « Nous voulons maintenir la trêve qui a été con-
25781« clue entre nous. » Le sultan leur dit: «Pourquoi donc ne pensiez-vous pas ainsi
25782« avant notre arrivée dans ce lieu? avant que nous ayons sacrifié des richesses,
25783«qui, si elles étaient mises en fusion, formeraient des mers; et cependant, nous
25784«n’avons point endommagé vos récoltes, ni aucun des objets qui vous appar-
25785« tiennent. Mais vous avez empêché que nos troupes ne reçussent des vivres ou
25786« d’autres denrées
25787,
25788^*1*. Tandis que nous résidions àDamas, 296
25789«vous nous adressâtes une formule de serment, que nous avons prêté immédia-
25790«tement; quant à celle que nous vous avions envoyée, vous avez refusé d’en ra-
25791«tifier
25792le contenu, et vous en avez fabriqué une autre, sur laquelle vous avez
25793« prêté serment. Or les clauses du premier acte devaient se retrouver dans le second.
25794« Nous avons fait transporter nos prisonniers à Nabolos (Naplouse), puis à Damas
25795;
25796« vous n’en avez envoyé aucun
25797; et chaque classe d’entre vous a usé de supercherie
25798« envers l’autre. Nous vous avons adressé, comme ambassadeur, Kemâl-eddin-Ebn-
25799« Scheïth
25800, afin qu’il vous informât de l’arrivée de.vos prisonniers ; mais vous , vous
25801«ne nous avez envoyé personne. Vous n’avez eu aucune pitié de prisonniers
25802, qui
25803« professaient la même religion que vous
25804, et qui se trouvaient déjà arrivés à la porte
25805«de vos maisons. Et cela, afin de ne vous point priver des travaux que vous exi-
25806«giez des prisonniers musulmans. Vous vous étiez engagés à rendre les sommes
25807«que vous avez enlevées aux marchands; vous avez
25808dit
25809: «ces richesses n’ont
25810«point été prises sur notre territoire, mais dans la ville d’Antarsous. Elles ont été
25811«portées dans le trésor des templiers, et c’est chez ces derniers que
25812se trouvent
25813«les prisonniers. » Si Antarsous ne vous appartient pas
25814, Dieu prouvera la vérité
25815«de cette assertion. Lorsque nous envoyâmes des ambassadeurs vers l’empereur
25816« des Grecs
25817, nous vous écrivîmes pour vous engager à faciliter le voyage de ces dé-
25818«putés
25819, ^4*^ (7 5)
25820; vous leur conseillâtes de faire voile vers l’ile de Chypre. Mais
25821(75) Le verbe^Âw à la seconde forme, signifie
25822: Envoyer,
25823expédier, congédier. On
25824lit dans YHis-
25825toire de la Conquête de Jérusalem (man. 7x4, fol. 270 r°)
25826: ÏJLsLj
25827ç
25828s>j'su*
25829«Il
25830les avait congédiés
25831« avec une gratification. » Dans YHistoire d’Égypte d’Alimed-Askalâni (m. 656 ,
25832f. 41 v°)
25833:
25834^
25835« Ils reçurent leur audience de congé dans la dernière dixaine du mois de Re-
25836djeb. » Ailleurs (f. 190 r°), bj
25837t
25838jL~> « Temur-Boga et les prisonniers furent
25839« envoyés à Alexandrie. » Plus loin (man. 657 ,
25840fol.
25841i 65 r°)
25842:
258432X®
25844«Il ordonna de
25845le
25846« faire partir pour la Mecque.» Plus loin (fol. 23 a v°)
25847: 3 ^JÜÎ
25848p»jj.xL, «On
25849les
p. 224
25850HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
25851196
25852«là, ils
25853furent arrêtés, chargés de chaînes, resserrés étroitement, et l’un d’eux
25854«mourut en prison, tandis que nous avons toujours traité vos envoyés avec une
25855«extrême bienveillance; or, suivant les usages reçus, des ambassadeurs ne sont
25856«jamais molestés; et, même en temps de guerre, ils peuvent aller et venir libre-
25857«ment. Si un pareil acte a eu lieu contre votre gré, c’est un affront pour vous
25858;
25859«or, comment
25860les rois
25861peuvent-ils conserver
25862leur vie
25863et leurs
25864richesses,
25865si ce
25866«n’est en maintenant leur honneur? D’ailleurs,
25867c’est dans
25868la ville d’Akka, dans
25869« les provinces du Sahel , que se trouvent, pour la plupart, les objets appartenant
25870«au prince de Chypre. Ses vaisseaux, ses marchands, sont stationnés chez vous.
25871«envoya chargés de chaînes à Alexandrie. » On
25872lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi, en
25873parlant du chef de la chancellerie secrèteJ.~Ji
25874*
25875AlfT (manuscr. 798,
25876fol. 196 v°)
25877:
25878J
25879«C’était lui qui était chargé de l’expédition des réponses. » Car c’est ainsi que j’ai cru devoir
25880lire,
25881au lien de
25882et
25883o
25884que
25885présentent
25886les deux
25887manuscrits qui sont sous mes yeux. Dans
25888le
25889Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV, man. 75o,
25890fol. 116 \°)
25891: ^jLLhJI
25892J
25893t
25894I
25895« L’émir qui lui avait été envoyé de
25896la part du sultan. » Et plus bas
25897(ibid.)
25898:
25899Jls. Dans VHis-
25900toire de Bibars de Nowaïri (fol. 45 r°)
25901: yy*
25902^UaL*J|
25903« Le sultan en-
25904« voya un ordre écrit d’expédier les galères pour attaquer l’île de Chypre. » Dans le Inschâ (f.
259051 oa r°)
25906:
25907J5*
25908p&^Aw. PI*13
25909l°in (f°k i*5 v°)
25910:
25911v
25912(jî yj
25913»—sbjA
25914,3
25915.
25916.
25917.
25918iLiüâJI ££11^4!
25919«On a donné l’ordre
25920d’expédier, pour
25921tel royaume,
25922tel
25923« courrier, monté sur un chameau ou sur un dromadaire,
25924tel coureur à pied, pour une affaire im-
25925« portante. »
25926Le mot
25927signifiait la commission donnée à un envoyé quelconque. On lit dans le Inschâ (f. 1 1 5 v°)
25928^wUJÎ ültf' « L’expédition de ces commissions.
25929» Et plus loin [ibid.)
25930:
25931%j
25932buteur
25933,3
25934y
25935HLjuJÎj
25936« Ces commissions n’étaient remises
25937« qu’à des hommes montés sur des chameaux, et à des coureurs à pied, lorsqu’ils étaient envoyés
25938» par la chancellerie pour quelque affaire importante. » Le mot
25939signifiait aussi
25940: Un droit, une
25941gratification , que l’on allouait h ceux qui étaient chargés cl’une mission de ce genre. On
25942lit dans
25943le
25944Inschâ (fol. 102 r°)
25945:
25946^
25947î
25948ï.ajlx»
25949p^)
25950« Ils percevaient des gratifications fixes,
25951« qui leur étaient allouées sur la chancellerie du domaine privé. » Dans l’histoire de Makrizi [Solouk,
25952tom. II,
25953fol. 483 A r°):jUo
25954v
25955àJî
25956Jcs-b
25957pUJi y>
25958yj
25959J.3 «On
25960arrêta
25961« que celui qui l’avait amené de la Syrie, recevrait, comme indemnité de route, mille pièces
25962d’or. »
25963Plus loin [ibid. v°)
25964v—àJ! p~,ts y tjJuJj
25965yj
25966« On décida qu’il recevrait, de Kàsim,
25967« comme indemnité de voyage, mille pièces d’or. » Le mot^i~^> désigne: Celui qui est envoyépour une
25968mission d’un genre quelconque. On
25969lit dans le même ouvrage
25970(fol. 485
25971r°)
25972: Sj
25973I
25974t
25975,lkO
25976«Celui qui avait été envoyé pour l’amener exigea de lui une somme de mille pièces d’or. »
p. 225
25977IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
25978an 66 1 (ia63 ).
259791 97
25980«En outre, ce n’est point un souverain indépendant
25981: des templiers et des che-
25982« valiers de tous les ordres résident auprès de lui; des légats
25983y sont établis,
25984« ainsi que le comte de Jaffa. Si vous désapprouviez sa conduite, vous ne manque-
25985«riez pas de vous lever tous contre lui, de saisir tout ce qui lui appartient; vous
25986«écririez aux rois des Francs
25987et au pape, pour les
25988instruire de
25989ce qu’a
25990fait ce
25991« prince. Quant à vous
25992, sous le règne de Melik-Sâleh-Ismaïl
25993, vous avez reçu de ce
25994«dernier les villes de Safad et Schakif, sous la condition de le secourir contre le
25995«sultan Melik-Sâleh-Nedjm-eddin. Vous vous rendîtes en effet tous ensemble au-
25996«près de votre allié, et lui prêtâtes le secours de vos armes. Mais l’événement trahit
25997«ses espérances: vos soldats furent tués ou faits prisonniers, et la puissance d’is-
25998« maïl fut complètement abattue. Le sultan, loin de vous punir, vous avait, lors de
25999«son passage, comblés de bienfaits. Pour reconnaître cette générosité, vous vous
26000«joignîtes au roi de France,
26001le secondâtes de toutes vos forces, et le suivîtes en
26002«Égypte. On sait que la mort et la captivité furent le résultat de vos efforts. Dans
26003« quelle circonstance avez-vous tenu vos engagements envers l’empire égyptien
26004?
26005«laquelle de vos tentatives a été couronnée par le succès? Enfin
26006, vous aviez reçu 297
26007« de Sâleh-Ismaïl les villes susdites , sous
26008la condition de défendre la Syrie et les
26009«contrées
26010voisines; mais moi, je
26011n’ai
26012nul besoin de votre secours, de votre
26013«coopération. Ainsi donc , restituez les cantons que vous avez envahis, remettez
26014« en liberté tous les prisonniers musulmans
26015, car je ne souscrirai à aucune autre
26016«condition.» Les Francs répondirent: «Nous n’avons nul dessein de rompre
26017la
26018«trêve. Au Contraire, nous implorons la bonté du sultan
26019et le prions de main-
26020« tenir le
26021traité.
26022tNous aurons soin de ne plus exciter
26023les plaintes des gouver-
26024« neurs
26025, et nous mettrons en liberté les prisonniers. » Le sultan leur répondit
26026:
26027« Voilà ce qu’il fallait faire avant que nous eussions quitté l’Égypte
26028, au cœur de
26029« l’hiver
26030, par une saison pluvieuse, et que nos armées fussent arrivées sur vos
26031« terres.» En même temps, le sultan donna ordre de faire sortir les envoyés
26032, et de
26033ne pas souffrir qu’ils passassent la nuit dans le camp ^jjUsyJ! (76). L’émir Ala-eddin-
26034(76) Le mot
26035jJjlLj désigne
26036: i° Une tente ; i° Une collection de tentes , un camp. On
26037lit dans
26038l’histoire de Makrizi
26039(Solouk
26040t. II, fol. 55 )
26041:
26042« Ils se réunirent auprès
26043« de la tente du sultan.
26044» Dans le
26045Manliel-sâfi d’Abou’lmahàsen
26046(t. 1
26047, m. 747,
26048f. 49)
26049: ^UdJI j>
26050Jyî j
26051“Le suFan se logea dans une tente; et Ebn-Awis s’établit
26052« dans une autre tente. » Dans le Bctrk-Yémâni (man. 827,
26053fol. 56 r°)
26054:
26055iis LLjî
26056i.)
26057v
26058(Î9Ü»j)
26059« Il
26060« lui
26061dressa une tente. »
26062Et
26063«Il
26064avait deux grandes
26065tentes.»
26066Plus
26067loin
26068(fol. 94 v°)
26069:jjjjJ !
26070îbliu ,3 *3Üsj
26071w
26072« Othman-pâcha
26073fit dresser sa
p. 226
26074HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
26075198
26076Taibars
26077fut
26078envoyé
26079vers
26080l’église
26081de
26082Nazareth ï^U!
26083qui
26084était
26085le
26086plus
26087célèbre
26088des
26089édifices consacrés
26090au
26091culte des chrétiens,
26092et où, suivant ce qu’ils
26093prétendent, leur religion a pris naissance. Le bâtiment fut entièrement démoli,
26094sans qu’aucun des Francs tentât de le défendre. L’émir Bedr-eddin-Aïdemu ri
26095, à
26096la tète d’un corps de troupes,
26097fit des courses jusqu’aux portes de la ville d’Akka,
26098et se retira
26099aussitôt. Dans une seconde expédition,
26100il tomba sur
26101les troupeaux
26102des Francs, et en amena au camp une immense quantité. Chaque jour, le sultan
26103s’asseyait, à la porte de sa tente jJbo, sur une estrade ‘iLe> qu’il avait fait élever»
26104et n’empêchait personne de parvenir jusqu’à lui (77). Il s’occupait entièrement de
26105donner des ordres ou
26106des prohibitions,
26107de
26108distribuer des
26109dons, de surveiller
26110l’administration
26111, et de gagner
26112(78) les habitants de Karak.
26113Cependant
26114il
26115arriva des ambassadeurs envoyés parles Ismaéliens
26116jta, et
26117qui étaient chargés de présents. Ces députés
26118repartirent après
26119avoir reçu un
26120accueil bienveillant. Plusieurs des habitants de la Syrie
26121et du Sahel furent pro-
26122mus au grade d’émir. L’émir Ala-eddin-Idekin-Bondokdàri
26123obtint une propriété
26124considérable
26125en Égypte. Le sultan ayant mandé les cultivateurs des provinces
26126«tente
26127vis-à-vis celle
26128du
26129vizir.»
26130Dans
26131les
26132Opuscules de
26133Makrizi
26134(folio
26135128
26136recto)
26137: olslbjjl
26138" Les
26139tentes.
26140» Dans
26141l’Histoire cTÉgypte d’Ahmed-Askalâni
26142(tome
26143II
26144,
26145folio
261463o
26147recto)
26148:
26149l$J
26150(JjlbjJ î
26151«
26152Il
26153fit avec elle
26154le tour du camp tout
26155entier. » Plus loin (folio 236 recto)
26156:
26157j
26158«Us
26159s’emparèrent de
26160leur camp,
26161et pillèrent leurs bagages.» Dans
26162l’histoire d’Ebn-Aïas (tom. II, fol. 33)
26163: &~9 U
26164Jî
26165!_^j
26166« Us pillèrent le camp de
26167« l’armée, avec tout ce qu’il renfermait. » Plus loin (f. 102)
26168: jJjLbjM ^3 ^liaLJî
26169«Le sultan resta
26170« dans le camp.» Ailleurs
26171(f. 142)
26172:
26173^ ^£-01
26174jjSpd
26175« Us livrèrent aux flammes
26176« les tentes que renfermait le camp. » Plus loin
26177(fol. 147)
26178:
26179^
26180se di-
26181rigeaient vers le camp. » Et enfin
26182(f. 149)
26183:
26184«U dressa
26185« son camp ... U fortifia son camp par une ligne de canons. »
26186(77) Suivant
26187le
26188récit de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
26189(fol. 4t5 v°)
26190, cette estrade était construite en
26191pierres de
26192taille, et l’on y avait gravé le nom du sultan. Le même
26193auteur
26194ajoute que, dès qu’un
26195homme quelconque se présentait,
26196le prince le
26197faisait approcher, prenait lui-même son placet,
26198et
26199lui rendait justice.
26200(78) Le verbe
26201‘-—-^1=» à la dixième forme, signifie: Attirer, gagner par des bienfaits. (Voy. Solouk ,
26202t. I,
26203p. 3o8). On
26204lit dans l’ouvrage intitulé Inschâ (man.
262051673,
26206fol. 216 v°)
26207:
26208XJ J
26209U
26210Lç-* Jbüa.1
26211(jJî)
26212« Les "formules qui ont pour objet d’honorer celui à
26213* qui on écrit, de lui témoiguer de la considération, et qui sont propres à gagner les cœurs. » Dans
26214le commentaire de Safadi, sur une lettre d’Ebn-Zeidoun (man. d’Asselin 294, fol. 96 v°)
26215:
26216Lxj^« w^xJ!
26217^Üj
26218Us regagnèrent ceux d’entre les Arabes
26219qui avaient
26220apostasié. » Dans
26221l’histoire d’Ebn-Khaldoun (t. VIII,
26222f. 296 r°)
26223: alj
26224! 'iîî
26225jJ «U n’omit aucun des
26226« moyens qui pouvaient le gagner. »
p. 227
26227IY. MELIK-DAHER-BIBARS.
26228AN 66l
26229(1263).
26230] 99
26231du
26232Sahel,
26233leur imposa
26234une
26235contribution
26236désignée par
26237le nom
26238de
26239Djindïât
26240obU=». (79),
26241qu’il
26242les astreignit à payer au trésor, comme rachat du meurtre de
26243ceux qui avaient été tués sans laisser^d’héritier, ou comme dédommagement pour
26244les sommes qui avaient été pillées, et dont on ignorait les propriétaires. De cette
26245manière, on recueillit des sommes énormes^, qui furent versées par le canton de
26246Nabolos (Naplouse) et la province du Sahel. En même temps, cette mesure abattit
26247les forces d’hommes turbulents et voués au désordre; car ils nuisaient prodigieu-
26248sement aux intérêts des Musulmans, par l’influence qu’ils exerçaient sur la masse
26249de la population, et le soin
26250qu’ils prenaient de fournir aux Francs des informa-
26251tions utiles. Le sultan jugea qu’il valait mieux les châtier ainsi que de les mettre
26252à mort, attendu que c’étaient des laboureurs ou des bergers.
26253Le samedi, quatrième jour du mois de Djoumada
26254second,
26255le sultan
26256se
26257mit
26258en marche
26259, après avoir choisi un cavalier sur dix. 11 laissa dans la tente royale,
26260pour commander en son absence, l’émir Schodja-eddin-Schebli
26261, le Mihman-ddr
26262Il quitta son campement de Tour^Uî vers le milieu de la nuit, et arriva
26263le matin sous
26264les murs d’Akka,
26265qu’il investit du côté de
26266la
26267terre.
26268Il envoya un
26269corps de troupes pour
26270assiéger une tour située dans le
26271voisinage
26272,
26273et que l’on
26274se mit en devoir de saper (80). Le sultan # après être resté dans ce poste jusque
26275vers
26276le coucher du soleil , commanda la retraite. Il n’avait eu d’autre but que de
26277reconnaître
26278la
26279ville
26280d’Akka. En
26281effet,
26282les Francs
26283prétendaient
26284que
26285personne
26286n’oserait approcher de
26287cette place. Or, dans cette circonstance,
26288ils regardèrent 298
26289par
26290les
26291portes
26292les
26293attaques du prince
26294sans pouvoir
26295faire un mouvement. Le
26296sultan
26297, qui était rentré dans sa tente, en partit dès le point du jour,
26298fit monter à
26299cheval
26300toute
26301sa
26302troupe,
26303et
26304se
26305dirigea vers Akka.
26306Les Francs
26307avaient
26308creusé
26309(79) Le mot djinaïah
26310Àjlâa»
26311signifie
26312: Une amende imposée à des gens que
26313l’on veut punir. On
26314lit dans la Vie du sultan Kelaoun (fol. 2o5
26315r°)
26316: L-Olj j
26317b
263181 J.®!
26319« On exigera cette somme des habitants des villages, par forme d’amende et de châtiment. » Plus loin
26320(ibid., v°)
26321:
26322üjLoIl»
26323kAtarfl
26324« Le produit de l’amende se levait par moitié.» Et enfin
26325(fol. 206 r°)
26326: ZjS -'4 !
26327« L’amende susdite
26328fut exigée à la rigueur.
26329» Dans
26330le Traité
26331de Rhétorique d’Ebn-Athir (man. d’Asselin, 104,
26332t.
26333I,
26334fol. io 3 r°)
26335:
26336CIj Ls
26337^
26338obUsrfl
26339j
26340« Les contributions, les aumônes,
26341la capitation,
26342et les autres genres d’im-
26343« pots. » Quant au mot
26344qui se trouve dans ce dernier passage, comme désignant Un genre
26345de contribution, je le rencontre également dans YHistoire d’Espagne de Makarri, où on lit (tom.
26346I,
26347m. ar. 704,
26348f. 59 v°)
26349:
263508
26351«L’écrivain chargé d’enregistrer ce qui concernait cet impôt. »
26352(80) Le texte porte
26353: kJb ^
26354\js.yt,
26355; je lis aJb
p. 228
26356200
26357HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
26358un fossé autour de la colline de Fodoul
26359Jj’, placé des cliausse-trapes y[xs
26360sur
26361la route, et
26362se tenaient en bataille sur
26363la
26364colline. Le prince, arrivé devant
26365eux, rangea lui-même
26366son armée. Tout
26367le monde
26368se mit à invoquer
26369le nom
26370de Dieu
26371,
26372à
26373chanter
26374ses
26375louanges,
26376à proclamer
26377sa
26378grandeur.
26379Le
26380sultan
26381en-
26382courageait cet élan
26383, et toutes
26384ces voix
26385réunies formaient un immense concert.
26386En un instant,
26387le fossé
26388fut comblé par les mains des pages et des pauvres, qui
26389avaient voulu prendre part à la guerre sainte. Les Musulmans
26390escaladèrent
26391la
26392colline de Fodoul, que les Francs avaient évacuée pour se réfugier dans la ville.
26393On prit et on démolit
26394toutes
26395les
26396tours qui se trouvèrent aux environs d’Akka.
26397On
26398mit
26399le
26400feu aux
26401arbres; en
26402sorte que l’air se trouva enveloppé d’une fumée
26403épaisse. L’armée arriva jusqu’aux portes de la
26404ville. Dans
26405l’espace d’une heure
26406des Francs en grand nombre furent tués ou faits prisonniers. Le sultan
26407, debout
26408sur le sommet de la colline, avisait aux moyens de prendre
26409la place. Les émirs
26410venaient l’un après l’autre insulter les portes. Bientôt, fondant tous à
26411la fois, ils
26412précipitèrent les Francs dans les
26413fossés, et en
26414tuèrent une foule sous les
26415portes
26416mêmes. A la fin du jour,
26417le sultan
26418s’avança vers la tour qui avait été minée
26419et
26420soutenue par des
26421étais.
26422Elle
26423s’écroula sous
26424les yeux du prince. On y
26425fit
26426pri-
26427sonniers quatre cavaliers et plus de trente fantassins.
26428Dès
26429le matin,
26430le sultan retourna vers les cantons soumis aux Francs.
2643111
26432alla
26433reconnaître
26434chaque
26435lieu
26436séparément.
26437Passant
26438auprès de Nazareth,
26439il
26440vit
26441les
26442ruines de
26443l’église, qui avait été entièrement rasée. De là,
26444il se rendit à l’estrade
26445qu’il
26446avait
26447fait construire
26448vis-à-vis
26449la
26450ville de Tour.
26451Il y arriva de nuit
26452et
26453s’y
26454assit
26455immédiatement. On
26456fit apporter un grand nombre de flambeaux
26457,
26458et l’on
26459dressa une
26460tente. On convoqua
26461le Sâheb Fakhr-eddin-Mohammed-ben-Hinnâ
26462des
26463secrétaires des
26464dépêches
26465, au nombre de sept;
26466le Sâheb Fakhr-
26467eddin-Lokman
26468, le Sadr Bedr-eddin-Hasan-Mauseli ,
26469le Sadr Kemâl-eddin-Ahmed-
26470ben-Adjemi,
26471le Sadr Fatah-eddin-ben-Kaïserani , le Sadr Scheliâb-eddin-Ahmed-
26472ben-Obaïd-allah
26473,
26474le Sadr Borhan-eddin
26475, avec
26476les secrétaires de
26477l’armée
26478wlxS'
26479L’émir Seïf-eddin-Zeïni, Yémir alam
26480(8 1) , reçut ordre de s’asseoir
26481avec les secrétaires de l’armée, pour rédiger les lettres^!, 11* (82), qui enjoignaient
26482(81) L
26483'émir-alem avait l'inspection sur les tambours
26484et les drapeaux qui appartenaient au
26485sultan
26486( Inschâ
26487fol. 128 v°).
26488(8a) L’auteur de l’ouvrage intitulé Inschâ (man.
264891 573,
26490fol. 291 v°) définit ainsi le mot mamchour
26491« Tous les actes qui ont rapport aux concessions
26492territoriales sont désignés par
26493le nom de
p. 229
26494IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
2649520
26496I
26497as 66
26498(ia63).
26499d’apporter les timbales ÿULsA-^l; l’atabek reçut l’ordre de venir prendre
26500place
26501devant le sultan. On amena des écuries
26502(83) cinq cents chevaux pour le
26503>< rnanschour
26504:
26505li^!
26506L»
26507» Ailleurs
26508(fol. 118
26509r°), on
26510lit
26511:
26512'jf
26513^..wLU!
26514« Un
26515secrétaire écrit les diplômes qui concernent
26516les concessions
26517terri-
26518« toriales. » Le même écrivain
26519distingue
26520ce genre
26521d’actes en plusieurs classes.
26522Il nomme \°
26523« Le diplôme des deux tiers, c’est-à-dire
26524celui que l’on écrit sur une feuille de papier qui a
26525« les deux tiers d’une feuille de la plus grande dimension. » Puis il ajoute
26526(f. 292 r°)
26527:
26528.
26529.
26530. Lôj
26531js>
26532çtby/Æ. ^
26533-x*J
26534!
26535^
26536| ^a ^
26537! Jb ^ b
26538jjJ 5! !
26539ç-0
26540A 1
26541î
26542^ia3
26543t
265442,
26545.
26546.
26547.
26548j
26549j
26550j.’&”55 !
26551«
26552j LJ!
26553«Cet acte
26554est le plus distingué de
26555tous.
26556Il
26557« s’écrit sur une feuille de papier qui a les deux tiers du papier le plus grand. Il est destiné aux com-
26558« mandants de mille hommes, qui exercent leur emploi en Égypte,
26559qu’ils soient fds de sultans ou
26560« autres, ainsi qu’à tous les gouverneurs du premier rang, et aux commandants qui siègent à Damas. »
265612 0
26562J
26563! jjLL* Le diplôme que l’on
26564écrit sur une feuille de papier,
26565qui a
26566la moitié de la plus
26567grande dimension. <L^!jU
26568!
26569^blaJ!
26570!y
26571^ja ^_»JiLj!
26572* \ja JJj
26573! j
265742U Us-L-L! |
26575« Cet acte est destiné pour les émirs de tabl-khanah , tant d’Égypte que de Syrie, et pour les émirs
26576« commandants qui gouvernent
26577les forteresses de la Syrie, » 3° Ô-JJ! jj^a
26578: Le diplôme du tiers
26579de feuille.
26580d!/^J!
26581*\r
26582\ ^
26583Uü* ot/JI
26584aJ
26585« Cet acte est
26586« écrit pour
26587les émirs de dix, sans distinction, et pour
26588les émirs de tabl-khanah , qui se trouvent
26589« parmi les Turcomans et les Curdes. » 4°
265902 û Ix)
26591! j^LLa
26592: Le diplôme ordinaire. oXJL^J
26593>.
265944*9
265954aLst8
26596j loliaLJî « On l’écrit pourles Mamlouks du sultan, les commandants de la
26597« halkah et leurs subordonnés.
26598» L’auteur du Mesalek- alabsar (m. 583,
26599f. 174 r°) s’exprime ainsi
26600: « Le
26601« sultan est dans
26602l’usage de mettre sa signature sur tous
26603les ordres qui émanent de lui
26604: quant aux
26605« diplômes
26606des émirs
26607, des officiers de la milice, et de tous ceux qui obtiennent une concession
26608« territoriale
26609,
26610le prince y met une apostille
26611Celle qui est particulière au sultan Melik-
26612« Nâser-Mohammed-ben-Kelaoun, se compose de ces mots
26613aJ! , Dieu est mon espérance.
26614«
26615(83) Le mot jUu=»-,
26616au pluriel
26617signifie une écurie. On
26618lit dans la Vie de Bibars par
26619Nowaïri
26620(fol. 65 v°)
26621:
266224j!j!JL=«. ^a
26623Xi.~* 1
26624« Il
26625fit venir de
26626ses écuries
26627cinq cents
26628« chevaux. » Car j’ai cru devoir lire
26629au lieu de ClJj !>*«=» que présente le manuscrit. Dans
26630la Description de l’Égypte de Makrijzi (man. 798, fol. 195 v°)
26631: 4j
26632j!
26633v—^a! 15!
26634J!
26635« Lorsqu’un cheval était malade ou vieux
26636, on l’envoyait à l’écurie.
26637» Et plus loin
26638(ibid.)
26639:
26640s^L>tjL£<sr8
26641« Les chevaux des écuries. » Dans le Kitab-arraoudataïn (man. 707 A,
26642f. 53 r°)
26643:
26644£jj.C«xJ!
26645^y;=>.!
26646« Il s’y réunit des écuries qui renfermaient les chevaux de
26647« l’armée
26648» Dans la
26649Vie du sultan Kelaoun
26650(fol. 282 v°)
26651:
26652(lis. ïjUus.)
26653Li, w>LL
26654>Uj
26655J
26656-\d.l J^^Ü!
26657«Il demanda une partie des chevaux que renfermait
26658« l’écurie qu’on lui avait prise
26659; et on lui donna soixante de ces animaux à son choix. » Dans YHistoire
26660d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
26661(t. II, fol. 23 r°)
26662:
26663!j lAa. 1^9 !—
26664,
26665^jaj's
26666v
26667jJ !
26668A-> J; «Trois mille chevaux,
26669« qu’il conduisait en une seule bande.
26670» Le mot djeschir
26671s’emploie aussi dans le même sens. On
26672lit dans YHistoire
26673de la
26674Conquête de Jérusalem (man.
26675714,
26676fol. 224
26677r°)
26678:
26679.J.J
26680!
26681^J.c.
26682I.
26683"
2668426
26685^
p. 230
26686202
26687HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
26688service des timbales, et les chevaux des émirs. On demanda un grand nombre de
26689robes d’honneur. Les Sildhclars
26690durent,
26691à
26692tour de rôle,
26693se
26694reposer
26695et
26696faire
26697leur
26698service. On ne
26699cessa
26700d’écrire
26701des
26702lettres,
26703des diplômes, que le
26704299
26705sultan apostillait
26706Jk>. Cette nuit-là même, on rédigea en sa présence cinquante-
26707six diplômes, précédés de préfaces
26708(84), et destinés pour des émirs d’un
26709rang supérieur.
26710Le sdlieb Fakhr-eddin
26711apostillait,
26712ainsi que Fatab-eddin-ben-
26713Senâ-almulk , chef de la chancellerie militaire
26714.Lo
26715et le chef du
26716bureau des trésors
26717L’émir Bedr-eddin, le khazendar
26718(le trésorier) se tenait debout, et c’était le Moustawfi
26719(85) qui transcrivait
26720i'jLlwlj «
26721Il se jeta sur les écuries du sultan, et les entraîna. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. Y,
26722pag. io5)
26723:
26724«Il
26725pilla l’écurie de Melik-Mohammed. » Plus
26726loin (pag. 177),
26727on
26728lit
26729: il*
26730«bLvjhî
26731^1 àxb
26732« II apprit qu’une écurie, appartenant à Arslan-
26733« Bouka, se trouvait dans le voisinage, » Et:
26734îj
26735^J I
26736j
26737çjs.
26738s^XJà
26739« Il résolut de changer les chevaux qui se trouvaient avec lui, attendu leur faiblesse,
26740« et de prendre à la place ceux que renfermait l’écurie. » Et enfin (ibid.)
26741« Il marcha à la tête de son armée vers l’écurie. »
26742(84) Pour entendre cette expression, il faut se rappeler que, suivant le témoignage de l’auteur du
26743Mesalek-alabsar (man. 583, fol. 174 v°), parmi les diplômes et autres actes qui sortaient delà chan-
26744cellerie, ceux de première classe commençaient par la formule préparatoire
26745: à-Jaà.
26746« Louange à Dieu *
26747Puis venaient ceux qui présentaient une préface
26748commençant par ces mots
26749:
26750Ut
26751jJI «X?»- «Après avoir proclamé les louanges de Dieu.» Après quoi se trouvaient ces mots
26752« L’ordre émané du prince. » L’auteur de l’ouvrage intitulé Inschà, traitant la même matière, s’exprime
26753en ces termes
26754(fol. 220 v°)
26755:
26756»i)l
26757^ 3bb
26758Lksr?
26759J-Xe.
26760« Au
26761lieu
26762« d’énumérer les titres du personnage,
26763il inséra une préface morale, après avoir commencé par un
26764verset de l’Alcoran. » Plus loin (fol. 221 v°)
26765:
26766J^s^b
26767lAsr3 Li'l£ft
26768« On place en
26769« tête de la lettre une préface ILkà.
26770qui commence par
26771les mots
26772:
26773louanges à Dieu. » Et
26774enfin (f. 224 r°)
26775: ïjUxJb
26776»i) J-rs^b 1s
26777ï-vhs-f <Ljt£|î ^LXîj ^ I
26778!jJ
26779I
26780ïysr3 j ^xàtb «La quatrième classe des lettres est celle qui s’ouvre par une préface commençant
26781« par ces mots
26782: louanges à Dieu. Telles sont les dépêches qui annoncent une victoire et autres événe-
26783« ments du même genre. »
26784(85)
26785L’auteur du Mesalek-alabsar (man. 583,
26786f.
26787180 v°)
26788, s’exprime en ces termes
26789: « L’inspecteur
26790« de l’armée
26791jJsb a auprès de lui plusieurs mouslawfis, qui expédient les affaires générales
26792« ou
26793partielles du royaume. Leur chef, qui porte le
26794titre de moustawfi-assohbah
26795• exerce sa juridiction dans
26796tout
26797l’empire, en Égypte comme en
26798Syrie. C’est lui qui écrit les di-
26799« plômes, sur lesquels le sultan doit mettre son apostille
26800jjbo, et qui ont P°ur objet, tantôt ce
26801« <jui doit se faire dans les provinces, tantôt des concessions, tantôt le choix des secrétaires appelés
p. 231
26802IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
268032o3
26804an 661
26805(1263).
26806ces actes JjL* (86), jusqu a ce que toutes les lettres furent achevées d’écrire en pré-
26807sence du sultan. Dès le grand matin, ce prince resté seul,
26808fit envoyer aux diffé-
26809« à remplir des emplois subalternes, et autres objets de ce genre. Cette charge est d’une grande im-
26810« portance, et approche pour le rang, de celle de
26811l’inspecteur. Quant aux autres moustawfis, leur
26812«juridiction est tout à fait restreinte, et ne s’étend pas plus loin qu’un des cantons de l’empire.» Ces
26813détails ont été transcrits mot pour mot par Makrizi (man. 798, fol. 194 v°). Le terme istifâ *LsljkJ
26814désignait les fonctions du moustawfi. On lit dans l’ouvrage intitulé Makhzen-alinschâ
26815qui a pour auteur le célèbre Hosain-Vaëz-Kâschefi (manuscr. pers. 73, fol. 2 v°,
268163 r°)
26817:
26818»LL^J
26819î
26820^
26821j
26822Ô.Z.L}
26823çfàj
26824yffi «Le mot Istifâ désigne
26825« l’action de copier les écritures des comptes de la chancellerie; et celui qui remplit cette fonction se
26826« nomme moustawfi. » Le Kâtnel d’Ebn-Athir
26827(t. IV,
26828fol. 186 r°), nous offre ccs mots
268291
26830<wiJI
26831Àj
26832§L»
26833\yifi
26834«Il
26835était moustawfi de
26836la
26837«chancellerie du sultan; et en sacrifiant une somme de cent mille pièces d’or,
26838il se déchargea de cet
26839« emploi. » On
26840lit dans YHistoire des Seldjoucides de Bondari (man. 767 A,
26841fol. 98 r°)
26842: 3-J.^a. ^
268431^"
26844ÀSCiçjl
26845« 11 était alors moustawfi de l’empire, et tenait les rênes du gouver-
26846« nement. » O11 lit dans
26847le Inschâ (man.
26848i 573, fol.
26849i 35 v°)
26850: ^iJ! _^a>
26851SJjjJ)
26852.IsL^w!
26853pOiÜ!
26854î
26855vj^UUMÛ.
26856fiÿj)
26857î
26858pj’
26859« La charge appelée istifâ-addaulah (Yistifâ de l’empire).
26860«Celui qui l’exerçait avait la charge de surveiller et de régler tous les comptes de l’État, tant pour
26861« les recettes que pour les dépenses. Jadis, un seul officier remplissait ces fonctions. Depuis, on en
26862« créa un second et un troisième. Ce sont eux qui écrivent les rescrits
26863, les patentes et autres actes de
26864«ce genre. Primitivement le dignitaire recevait un diplôme écrit sur un papier qui avait le tiers de
26865« la plus grande dimension. Depuis,
26866il fut à la nomination du vizir.
26867» Plus bas
26868(ib.'j, on
26869lit
26870: «LsL^wt
26871^
26872jJ î
26873« "
26874^ çüh-l
26875î
26876J
26877J
26878L> J
26879^ hj -'J
26880^fi
26881i
26882JwW yy
26883Iylo
26884î
26885h'
26886h#
26887ào hi*J
268881
26889I
26890SrJf fi j
26891! j
26892^ «L'istifâ du domaine privé. Les fonctions de cette charge
26893« consistent à surveiller tout ce qui entre à la chancellerie privée, et tout ce qui en sort. L’officier qui
26894«en est en possession, règle les comptes de la chancellerie et du chef de cet établissement.
26895Il écrit
26896«tous les actes de la chancellerie privée, et sur lesquels doit
26897être apposée la signature auguste du
26898« prince. L’inspecteur du domaine privé a plein pouvoir dénommer et de destituer ce fonctionnaire,
26899«qui reçoit un diplôme
26900écrit sur un
26901tiers de feuille. » Ebn-Khallikan
26902, parlant de
26903la ville d’Arbel
26904(man. 73o, fol. 241 r°), s’exprime en ces termes
26905: « Dans ce pays,
26906la charge de moustawfi »LsLz«b5 t
26907« est une place éminente, qui va immédiatement après celle de vizir. » Le même écrivain dit ailleurs
26908(fol. 206 v°)
26909:
26910était moustawfi de la chancellerie. » Et dans une glose mar-
26911« ginale de la Vie de Mahmoud,
26912écrite par Otbi (fol. 42 v°), on lit
26913:
26914v
26915«Le
26916« moustawfi est le chef du conseil. » Ce mot existe encore aujourd’hui en Perse. Suivant le témoignage
26917de Chardin (Voyages en Perse, tom. II, pag. 258 )
26918, « le moustophy est le président de la chambre des
26919« comptes. » Kcempfer (Amoenitates exolicce, pag. 88), atteste le même
26920fait. Puis,
26921il parle du mus-
2692226.
p. 232
269232 °4
26924HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
26925rents émirs, des
26926timbales
26927des drapeaux ^=>.tLJ!, des chevaux
26928et des
26929robes d’honneur
26930Il nomma l’émir Nâser-eddin-Kaïmeri aux fonctions
26931de
26932taufi-chaseh
26933qui est chargé de surveiller les comptes des revenus appartenant au
26934domaine du prince. On
26935lit dans Y Histoire cl’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II, m. 657,
26936f. 145 r°)
26937:
26938iÜjjJ!
26939j-ib
26940«Il remplit
26941les
26942fonctions de moustawfi de
26943l’empire.» Dans
26944le
26945Manliel-sâfi
26946d’Abou’lmahâsen (man.
269477 5o, fol. 76 r°)
26948: JyUt
26949.blfwt
26950«II fut nommé à la place de
26951« moustawfi de
26952la chancellerie privée. » Dans un passage de YHistoire des Seldjoucides de Bondari
26953(man. 767 A), on trouve ces mots
26954:
26955^Jy. Peut-être faut-il lire
26956:
26957,!_jj J|
26958J
26959Plusieurs autres fonctionnaires portaient également le titre de moustawfi. On lit dans l’ouvrage intitulé
26960Inschâ (m.
26961i 5 7 3,
26962fol. i36 r° et v°)
26963:
26964^
26965wJio
26966y
269673»
26968J SÎ
26969I
26970JTiJ
26971Iy J iAz
26972J.blj bcLj
26973v—
26974( iadJI
26975«\â.!
26976J.x)
269774fi* y
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26979Lj J ! dj le. Lis ! fiyu^A ,JjL5
269801 fifi>
26981fiyu^* fiU ! wJJ
26982! fi
26983j
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26985I j
26986a_) L« Lî
26987!
26988übl* ^ ^y& y bfi y
269891
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26991<u L» LJ
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26997Le. Lia? ! fiyi^e
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27000«> LLJ
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270301 — LbJ
27031î Jda3 î
27032t J»»»*
27033L J i
270341
27035^7
27036~
27037'•^
27038. 1
27039. [ 1
27040yyfi, ^
270411 hhfi* j
27042fi
27043J \^XJ fi
27044t
270451 J.
27046»
27047aJi
27048jJ
27049t
27050j
270511
27052çj.£) fi
27053'ififi Lbbx
27054« Le moustawfi de
27055l’armée
27056est celui qui copie et transcrit les
27057lettres
27058d’ins-
27059«pection qui émanent de la chancellerie militaire, après y avoir fait apposer la signature du prince
27060« et celle de l’inspecteur des troupes. C’est lui qui expédie les diplômes des récompenses, suivant un
27061« ordre fixe. On distingue plusieurs fonctionnaires du même nom
27062:
27063i° Le moustawfi des concessions
27064« territoriales de l’Égypte. C’est lui qui seul
27065écrit les actes qui concernent cette matière,
27066tant pour
27067« l’orient que pour l’occident, pour ce qui est près, comme pour ce qui est éloigné. Cet homme doit
27068« posséder une probité scrupuleuse, beaucoup d’exactitude et de connaissances.
27069Il jouit de la plus
27070« haute confiance. Son diplôme est écrit sur un tiers de feuille de papier. i° Le moustawfi des conces-
27071« sions territoriales de la Syrie.
27072Il doit réunir, au même degré que celui d’Égypte les qualités susdites. Il
27073« exerce sur les fiefs de la Syrie, une j ur idiction semblable à celle que l’autre exerce sur ceux d’Égypte.
27074« Son diplôme est sur un tiers de feuille de papier. 3° Le moustawfi des concessions territoriales des
27075« Arabes.
27076Il ne peut écrire aucun acte hors ceux qui concernent cette matière, et doit posséder les
27077« mêmes qualités que l’on exige des deux autres moustawfis. Quelquefois, ses attributions sont réunies
27078« à celles du moustawfi des
27079fiefs de la Syrie. Son diplôme est écrit sur du papier ordinaire.
270804° Le
27081« moustawfi des rizka/i. C’est lui qui écrit les actes des pensions militaires. C’est à cela que se bornent
27082« ses attributions
27083:
27084il ne
27085doit pas se mêler d’autre
27086chose. On
27087exige de lui
27088les mêmes qualités que
27089« doivent posséder les autres moustawfis. » Dans YHistoire d’Egypte d’Ebn-Aïas (man. 689,
27090f. 25 r°)
27091il est
27092fait mention des écrivains de Yistifâ des armées
27093:
27094Makrizi
27095(Description
27096de l’Égypte, article de l’arsenal maritime übLbJI), s’exprime en ces termes
27097: ^yfi
27098LuL»j fi ^y^
27099l
27100'
27101‘
27102'
27103fiy~"*-l t y
27104fiy****^ (y® y
27105^
27106” Éà
27107« se trouvaient
27108les deux principaux fonctionnaires de la chancellerie militaire, savoir le moustawfi
p. 233
27109IV. MELIK-DAHER-B1BARS.
27110an 661 (1263).
271112q5
27112Naïb-assoltanet îiLU!
27113(vice-roi) des conquêtes
27114faites sur la côte maritime
27115LJU.LJÎ
27116Le prince partit de Tour, le lundi, treizième jour du mois de
27117Djoumada second, et prit la route de Jérusalem
27118Arrivé
27119dans
27120cette ville,
27121le vendredi, dix-septième jour du même mois,
27122il examina par lui-même l’état de la
27123place,
27124s’assura de
27125toutes
27126les
27127réparations
27128qu’exigeait
27129la mosquée, inspecta
27130les
27131fondations pieuses, et ordonna par écrit de les maintenir intactes. Il assigna pour
27132les besoins de la mosquée, une somme annuelle de cinq mille pièces d’argent; il en-
27133joignit de construire un khan
27134en dehors de la ville, et y fit transporter du Caire
27135une porte du palais, désignée sous la nom de Bâb-alid
27136^Lj (la porte de la fête).
27137Par ses ordres, on proclama dans Jérusalem que personne ne s’arrêtât dans un
27138champ ensemencé. Ensuite il se dirigea vers Karak , et campa avec son armée sous
27139les murs de cette ville, le jeudi, vingt-troisième jour du mois.
27140Il
27141fit venir de Sait
27142et autres lieux des échelles de bois;
27143il manda d’Égypte et de Damas des tailleurs
27144de pierres, des maçons, des charpentiers, et des ouvriers de
27145différents genres.
27146Il
27147écrivit aux habitants de Karak, que
27148ces menaces
27149glacèrent
27150d’effroi. Après
27151diverses
27152négociations,
27153il
27154fut convenu
27155que
27156le
27157sultan
27158donnerait
27159à Melik-Aziz-
27160Othman
27161,
27162fils de Melik-Moughith, un émirat de cent cavaliers, et le jeune prince
27163« et le secrétaire
27164: le moustawfi était le premier de ces deux dignitaires. C’est lui qui porte aujourd’hui
27165« le
27166titre d'inspecteur des troupes. > Abou’lmahâsen (m. 663, fol. 192 v°), fait mention du moustawfi
27167des Mamlouks du sultan
27168: «LjUJLJI vlXUlyj!
27169. Dans
27170l’ Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni
27171(tom. I, man. 656,
27172f.
27173i 52 r°), l’auteur parle du moustawfi de la mosquée des Ommiades, à Damas
27174:
27175^
27176Chardin (Voyages en Perse, tom. II, pag. 288); et Kcempfer (Amœnitates
27177exoticœ, p. 99)
27178, nomment le mustaufi- mokoufat
27179c’est-à-dire le surveillant des biens légués pour des
27180fondations pieuses. Ebn-Khallikan
27181(fol. 171
27182v°) parle d’un personnage qui
27183avait
27184appris un peu de
27185calcul,
27186afin de pouvoir
27187remplir
27188les
27189fonctions
27190de moustawfi
27191:
27192JyUl
27193Lads
27194JjCj
27195AjLOÜ.
27196‘
27197r
27198"
27199J
27200' /
27201(86) Le verbe Jy> à la seconde forme, signifie
27202: Transcrire , inscrire. On
27203lit dans la Description de
272041
27205‘Égypte de Makrizi (article
27206jjL-O) ^3 jJI
27207oXJS Jjj*J
27208sxa « Avec lui
27209« étaient deux autres écrivains, chargés de transcrire la chose sur le registre. » Dans l’ouvrage biogra-
27210phique d’Ebn-Khallikan (man. 73o, fol. 220 v°)
27211: ïjfjld
27212^s.
27213«Ils
27214lui demandèrent son
27215« nom, afin de l’inscrire. » Dans l’ouvrage intitulé Inschd (m. 1A73, fol. 252
27216r°)
27217:
27218«Il ordonnait à l’écrivain des Mamlouks d’inscrire son nom parmi ceux
27219« des voyageurs. » Plus loin (fol. 291
27220r°)
27221:
27222iaàr?
27223Jyà5 j
27224^
27225IjJ-Xs
27226ôjf.
27227^k>b
27228« Cet acte est ensuite transcrit au bureau de l’inspection ; et la date est écrite de la main
27229«du secrétaire de l’inspecteur des troupes.» Et enfin
27230(fol. 267
27231r°)
27232:
27233JjJj JdJ!
27234« Le premier exemplaire est transcrit dans les bureaux augustes.
27235»
p. 234
27236ap6
27237HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
27238fut
27239aussitôt mis en possession de cette charge. Les enfants de Melik-Moughith
27240descendirent alors de la ville, accompagnés du kadi et du khatib , et d’une multi-
27241tude
27242d’habitants. Us portaient avec eux
27243les
27244clefs de
27245la place et de la citadelle.
27246Le sultan leur jura
27247l’exécution du
27248traité,
27249et les renvoya satisfaits. La
27250nuit du
27251vendredi,
27252vingt-quatrième jour du mois,
27253il députa
27254l’émir Izz-eddin-Aïdemur
27255Yostâdâr, et le sâheb Fakhr-eddin-Mohammed
27256, fils du sâheb Behâ-eddin-Ali, qui
27257prirent possession de la citadelle. Le matin du même jour, on
27258fit sur les rem-
27259parts des vœux pour le sultan
27260, et ses drapeaux furent arborés sur les tours. A la
27261troisième heure du jour, ce prince se mit en marche, et monta à la citadelle.
27262Il
27263régla tout ce qui concernait les troupes de la garnison de Karak, et leur distribua
27264de son
27265trésor,
27266trois mois de paye. Il s’occupa avec zèle de ce qui concernait
27267le territoire de cette ville, assigna à la citadelle un domaine particulier ^U.,
27268et
27269augmenta les gages d’une foule de personnes.
27270Il donna aux
27271fils de Melik-Moughith
27272tout ce qui se trouvait dans la citadelle, argent,
27273étoffes
27274et meubles.
27275Il
27276fit dans
27277cette forteresse la prière du vendredi,
27278et
27279repartit
27280vers
27281le
27282coucher du
27283soleil.
27284Dès
27285le matin, le sultan adressa des robes d’honneur à Melik-Aziz,
27286fils de Mou-
27287ghitli
27288, à l’eunuque
27289Behâ-eddin-Sandal , et à l’émir Schehâb-eddin-Salouk
27290, atabek du prince. On expédia pour l’Egypte et la Syrie des
27291lettres qui
27292annonçaient la prise de Karak.
27293Elles contenaient en même temps l’ordre de faire
27294partir pour cette place des grains et des objets de diverses natures. Le sultan étant
27295300
27296entré dans la ville,
27297le lundi suivant, fit venir les employés des conseils
27298fixa les propriétés territoriales
27299(87) qui devaient appartenir aux Arabes
27300et aux troupes. Plus de trois cents diplômes furent écrits en sa présence, et remis
27301à ceux qu’ils concernaient, après que chacun eut prêté serment de fidélité devant
27302le prince. On délivra aussi à des habitants de Karak des rescrits
27303(88) con-
27304tenant leurs nominations à des places religieuses ou administratives Llo
27305ULo j. D’autres lettres donnaientdes emplois à un grand nombre de Bahrise t de
27306Ddheris. Le sultan se fit prêter serment de fidélité par les commandants de Karak
27307et les chrétiens de cette ville. Il dit aux habitants
27308: « Sachez que vous m’avez offensé
27309«jadis; mais je vous pardonne, en considération de ce que vous n’avez tramé
27310« aucun complot
27311(89) contre votre maître
27312; et cette conduite a augmenté
27313(87) Je donnerai plus bas, sur ce mot, des détails circonstanciés.
27314(88) Je donnerai ailleurs, sur les significations de ce mot, des renseignements étendus.
27315(89) Le verbe^ à la troisième forme, et suivi de la préposition
27316signifie
27317: Trahir son maître,
p. 235
27318IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
27319AN 66 l (1263).
27320207
27321« l’affection que j’avais pour vous. Oubliez maintenant toutes vos
27322haines. « On
27323fit venir l’émir Otbah ^ de
27324la
27325famille d’Okbah Lit
27326(90),
27327et autres Arabes de
27328la tribu de Mahdi
27329;
27330le sultan leur enjoignit de garder les provinces
27331, et d’escorter
27332lesvoyageurs versleHedjazjlS^I
27333j ûüJI
27334(91)- U ordonna de
27335abandonner son parti. On
27336lit dans
27337le Manhel-sâfi d’Abouimahâsen
27338(tom.
27339I,
27340article de
27341Timour)
27342:
27343iJls juaUs.
27344ajÎ
27345yj,
27346« Il leur envoya le
27347fils de sa sœur, qui devait feindre
27348«d’être en révolte contre lui.» Plus loin
27349[ibid.)
27350: A/ls
27351ôj*
27352*
27353.
27354«Le premier malheur qu’éprouva Àbou-Yezid fut la révolte des latars contre lui. « Dans
273551 histoire
27356de Makrizi
27357(Solouk
27358,
27359tom. II,
27360fol. 62
27361r°)
27362:
27363**^5®
27364<( Ceux-ci étant révoltés. » Dans une His-
27365toire d’Égypte (de mon manuscrit, an.
273665 oi)
27367:
27368« Il commença par une défection. » Le
27369même verbe, suivi de la préposition
27370, signifie
27371: Embrasser le parti de quelqu’un. On
27372lit dans le
27373Manhel-sâfi (loc. laud.)
27374:
27375Jjic ^ iJI
27376«Ceux qui s’étaient attachés à lui,
27377« après avoir quitté Abou-Yézid. »
27378(90) Au rapport de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
27379(fol. 4 iS v°, 419 r°),
27380Ie sultan ayant mandé l’émir
27381Otbah,
27382l’un des Benou-Okhah , et d’autres Arabes, de
27383la tribu de Mahdi, dit au premier
27384: « Émir
27385« Otbah, hier, je te faisais du bien, et je te pardonnais tes fautes
27386: j’agissais ainsi, à cause de la ville
27387«de Karak. Aujourd’hui, que cette place
27388est en mon pouvoir, oublions
27389le passé.
27390Maintenant,
27391si
27392« l’on vole à qui que ce soit seulement un
27393fil
27394, je te le redemanderai
27395, et je t’en rendrai responsable.
27396« Sache que ces contrées n’ont d’autre eau pour boire que celles des pluies qui se rassemble dans les
27397« citernes. Quand les Arabes viennent boire à ces réservoirs, ou y abreuvent leurs chevaux
27398, ces puits
27399« restent à sec. Les habitants du bourg voisin se trouvent exposés au tourment de la soif, s’éloignent
27400« de ce village
27401, pour en chercher un autre. Le premier reste ainsi désert
27402: telle est la cause de la dé-
27403« population du pays. Je veux que les Arabes s’abstiennent de boire à ces citernes. Si quelqu’un d’eux
27404« contrevient à cet ordre, il sera étranglé.
27405» Les Arabes acceptèrent ces conditions. Le sultan choisit
27406« des témoins qui souscrivirent l’engagement pris par l’émir Sâbek-eddin-Otbah et les autres scheïkhs
27407«ou émirs. Il exigea d’eux des otages, et les chargea de maintenir la sûreté des routes et des cantons
27408«jusqu’au Hedjaz.»
27409(9 1 ) Le verbe^.&A signifie
27410: Protéger, escorter un voyageur durant sa route. On
27411lit dans la Vie du
27412/
27413(/
274141
27415sultan Kelaoun (manuscr. de Saint-Germain, 118 bis,
27416fol. 17.Ç v°), on
27417lit
27418:
27419Jjjisrr
27420.
27421.
27422.
27423.iiÀJ!
27424«Les marchands
27425doivent être escortés jusqu’à
27426la frontière du pays.» Dans l’ouvrage
27427d’Ebn-Athir, ou plutôt de Djemâl-eddin-ben-Wâsel
27428(tom. VII,
27429pag.
274302)
27431:
27432« Les Arabes qui maintiennent la sûreté des routes. » Dans la Vie de Bibars (manuscr, 8o3 ,
27433fol. 23 v°)
27434:
27435“ R les astreignit à garantir la sûreté des cantons de la Syrie. »
27436Dans l’histoire de notre auteur
27437(Solouk
27438,
27439tom. I, pag.
27440i 65 )
27441:
27442t
27443^
274441^*51 . A la
27445deuxième forme, le verbe a la même signification. On
27446lit dans
27447le Inschâ (man.
27448îbq'i,
27449fol. 294 v°)
27450:
27451(Jlj
27452^ ^0 j
27453« 11 devait
27454le protéger, lui
27455et toutes
27456les per-
27457« sonnes de sa suite, tant dans ses voyages que dans les lieux où
27458il séjournait.» De là vient
27459le mot
27460khafir
27461qui désigne , en général
27462, un protecteur, et surtout celui qui escorte et défend les voyageurs
p. 236
274632o8
27464HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
27465faire aux remparts et à la citadelle toutes les réparations nécessaires. On creusa le
27466fossé, qui fut continué tout autour de la forteresse: ce qui n’avait pas eu lieu jus-
27467pendant leur route. On lit dans les Additamenta ad historiarn Arabum (pag. 25 )
27468:
27469«
27470Il envoya avec moi un homme chargé de m’escorter. « Dans le Sahih de Bokhari (tom.
274711
27472, m. 242,
27473fol. 178 v°)
27474" La caravane
27475se rendait à
27476la Mecque sans escorte.
27477»
27478Dans la Fie de Mahmoud par Otbi (fol. 225 r°) -.jJœ*. 'iîî
27479" Les vents eux-
27480« mêmes
27481s’y égarent,
27482s’ils ne sont accompagnés d’un guide.
27483>> Et on
27484lit dans une note marginale
27485:
27486\
27487L*ojlàJL) j
27488« Le mot khafir désigne un guide , nommé, en persan, kalaouz. » Dans l’histoire
27489de Makrizi [Solon/;, tom. 1
27490, pag. 166)
27491:
274921~4
27493iaÂsrf
27494^»ls!
27495« Il plaça sur cha-
27496« que route des guides, chargés de protéger les voyageurs » Dans
274971 ’Histoire des Patriarches cl’ Alexan-
27498drie (tom. II, man. i/( o, pag. 102)
27499:
27500’ïjlj aJ|
27501p» ^iJI
27502« Les Arabes qui sont les pro-
27503« tecteurs des monastères.
27504» Dans la géographie d’Ebn-Haukal (m. p. 38 )
27505:
27506jJlLjAh
27507« Il traversa leur pays sans avoir pris parmi eux un protecteur. » Dans YHistoire d’Espagne de Ma-
27508karri (tom. I, man.
27509704,
27510fol.
27511xi v°)
27512:
27513I^jLa.
27514^ «Nous ne trou-
27515« vons, dans cette circonstance
27516, d’autre protecteur et d’autre guide que la grâce de Dieu. » Dans les
27517poésies d’Abou’lalà (m. p.
275181 3 i)
27519: *
27520lUj'à ^ ^
27521« Ils n’avaient pas de guides pris dans notre
27522« nation. » Scharischi, dans son commentaire sur Hariri (séance XII), s’exprime en ces termes
27523:
275242Ul*J !
27525j
27526^3 JjbjJ!
27527“ Le khafir est un protecteur qui garantit
27528« la sûreté
27529des caravanes. Dans
27530la langue vulgaire,
27531il est nommé gafir.
27532» C’est
27533ainsi que dans
27534le
27535voyage de Burckhardt [Travels in Syria, pag. 466), on
27536lit
27537Le mot hhafir se trouve plusieurs
27538fois dans
27539le voyage de Niebuhr (tom. I, pag. 180), dans celui de Bruce [Voyage en Nubie, tom.
27540I,
27541pag. 274, 275, 276). Dans le Mémoire sur les finances d'Égypte de M. Estève (pag.
27542i 3 ), on
27543lit
27544:
27545« Le
27546« khafyr est un gardien chargé d’empêcher les vols
27547, etc. » Et plus loin (p.
2754817)
27549: «Le khafyr-eldouhar
27550« est le gardien d’un village. » Dans le voyage de Cotovic [Itinerarium, pag.
27551i 34)
27552, on désigne par le
27553mot cafjararii ceux qui lèvent un droit sur les voyageurs. Le mot khifârah ïjlÂâ.
27554signifie
27555:
27556i° La
27557protection que l’on
27558accorde
27559soit à des personnes sédentaires,
27560soit à des voyageurs . On
27561lit dans le
27562Kdmel d’Ebn-Athir (tom. V, pag. 261)
27563: ^j=s-
27564ïjlià.
27565.Xxa !
27566« On rendit aux Benou-
27567«Hazen le privilège de protéger
27568la Babylonie. » Dans la Vie de Mahmoud par Otbi
27569(fol.
27570173
27571r°)
27572;
27573ïjL&à.
27574ijlsé! ijjJa
27575« Les événements le forcèrent de se vouer à escorter les
27576«marchands dans leurs voyages.
27577» Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun
27578(t. VI,
27579f. 6 v°)
27580;
27581oîyiîî
27582« Plusieurs
27583tribus établies aux environs de l’Euphrate étaient sous sa pro-
27584« tection. » Dans
27585la Vie de Bibars par Nowairi
27586(fol.
2758734
27588r°)
27589: ^..yJI ^
27590sSj l&â.
27591àxîü)l
27592«Il vit dans cette tour une idole gigantesque; et les Francs assuraient
27593« que la forteresse était sous la protection de cette statue. » De là vient cette expression qui se trouve
27594dans l’ouvrage d’Otbi (fol. 2o5 v°)
27595:
27596(J&&
275973 « Il marcha sous la protection du devoir. »
27598Ce qu’une glose marginale explique ainsi
27599:^=^1
27600‘k.iaw
27601Vj-O'iM
276022 ° L désigne Un impôt
27603qu’on lève, en récompense de la protection qu’on accorde aux habitants d’un lieu, ou à des voyageurs.
27604On
27605lit dans l’histoire d’Ebn-Khallikan (folio 36o v°):^ÜJI ^7^ «3
27606«Il
p. 237
27607IV. MELIK-D AHER-BIB ARS.
27608209
27609a x 66 1 (1263).
27610qu’alors. On
27611fournit abondamment celte place
27612de
27613grains, de vivres, d’armes,
27614de machines de guerre. On y déposa une somme de soixante-dix mille pièces d’or
27615et de cent cinquante mille pièces d’argent. Le sultan nomma pour gouverneur
27616de Karak,
27617l’émir Izz-eddin-Aïdemur, l’un de ses mamlouks.
27618Il mit aussi sous sa
27619juridiction la ville de Schàubak, et
27620fit présent à cet officier de trente
27621mille pièces
27622d’argent et d’une grande quantité d’étoffes
27623: après quoi, le sultan
27624reprit la route
27625de l’Égypte,
27626le mercredi vingt-neuvième jour du mois, emmenant avec lui les
27627femmes de Melik-Moughilh, et les deux
27628fils de ce prince, savoir: Melik-Aziz et
27629Scherf-eddin. Il
27630fît son entrée au Caire, le dix-septième jour de Redjeb
27631; la ville
27632était ornée de
27633la manière la plus pompeuse. Le prince traversa la ville jusqu’au
27634château de la Montagne. Toute la route était couverte de tapis de soie^^d! J^HA
27635(jJLWI
27636et d’étoffe appelée atabi ^bj>.
27637Il revêtit de robes d’honneur les mofredis
27638jbjlifi,
27639les commandants, ses pages,
27640les personnes attachées
27641à son
27642service
27643et
27644les moubaschers aj^AL*.
27645Il concéda à Aziz,
27646fds de Moughith, une charge d’émir
27647de cent
27648cavaliers ,
27649le revêtit d’une bh ilah, et
27650lui
27651fit présent d’un
27652tabl-khanah
27653ïULsrÉb. Il accorda aux deux frères de ce prince, ainsi qu’aux femmes de son père
27654et à leurs pages, tout ce qui pouvait leur être utile. Il leur assigna pour leur habi-
27655tation
27656la maison appelée Ddr-alkotbiah LJaiül^b, située entre les deux palais. Le
27657matin suivant,
27658le
27659sultan
27660fit arrêter et mettre en prison
27661(92)
27662l’émir Seïf-
27663eddin-Reschidi.
27664« abolit les impôts et les taxes dans tout le pays.» Dans le Omdat-cittâlïb (m. 636 , f. i 32 v°)
27665:
27666çfyb
27667jjb ïjLisdh
27668Ja(ks ü barrait le passage des pèlerins,
27669« et exigeait d’eux un droit
27670:
27671s’ils consentaient à le payer,
27672il les laissait passer; sans quoi
27673il les atta-
27674« quait. » Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun
27675(t. VI,
27676f.
276773 i
27678r°)
27679:
27680ïj lià.
27681« Il les taxait à un impôt qu’il levait sur leurs chameaux. » Plus loin (fol. 48 r°)
27682:
27683v
27684^
27685<JldjLâà. j
27686« Ils levaient sur eux des droits , des taxes
27687, des contributions. » Ailleurs
27688(t. VU,
27689fol. 22Ô v°)
27690:
27691ïjlisdî
27692^d|
27693’ïjIj d !
27694« On fixa
27695la contribution appelée khifârah. » Et
27696enfin (fol. 200 r°)
27697: "ïjLâsd!
27698^.d
27699! ïjLjdl
27700^ J.d
27701«Il força les Arabes de
27702« renoncer à lever la contribution qu’ils désignent par le nom de khifârah. » Dans Y Histoire d’Égypte
27703d’Abou’lmahâsen (man. 671,
27704fol. 141 r°)
27705:
27706-d
27707! j
27708ïj lisd
27709« Us s’emparèrent de l’autorité, et levèrent une taxe sur les marchés et sur les rues.» Ce mot, que
27710les voyageurs écrivent khafar, caphar, cafar
27711désigne encore aujourd’hui les droits qu'on lève sur les
27712voyageurs. Voyez Maundrell
27713( Voyage d'Alep à Jérusalem, pag. 5 et 6)
27714; Stochove
27715( Voyage du Levant
27716pag. 323 ); Cotovic
27717( Itinerarium
27718pag.
277191 34 , 3 g 4)
27720; Corancez
27721(Itinéraire de
27722l’Asie Mineure, pag. 39)
27723;
27724Scholtz
27725(Reisc, pag. 23o), etc.
27726(92) Le verbe
27727à la huitième forme,
27728signifie
27729: mettre en prison. On
27730lit dans l’histoire de No-
27731I.
2773227
p. 238
27733210
27734HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
27735Le dix-neuvième jour du même mois,
27736les
27737émirs Izz-eddin-Aïbek-Dimiati
27738et
27739Schems-eddin-Akousch-Berki (ou plutôt Burunli
27740furent également saisis et
27741incarcérés, etdèsce moment Akousch ne reparut plus. Le sultan, en même temps
27742qu’il faisait arrêter ces deux émirs
27743, traita avec bonté leurs mamlouks
27744, les gens at-
27745tachés à leur service,
27746et ne changea la position d’aucune de ces personnes. Il ne
27747toucha pas non plus aux maisons des émirs. Voici le motif qui indisposa le sultan
27748tj® (93) contre les émirs susdits. Lorsque le prince eut confié à Rescliidi les soins
27749waïri (m. ar. 647,
27750f. 88 r°)
27751:
27752dikcl
27753« Il le mit en prison dans cette ville. » Dans YHistoire d’Égypte
27754d’Ahmed-Askalâni (tom. II
27755, man. 657, fol. 22 r°)
27756: iliit j
27757(J^
27758“ M
27759arrèter et mettre
27760« en prison. » Plus loin (fol. 86 v°)
27761: àlska! j
27762.
27763.
27764.
27765ï jJj
27766«Étant en colère contre son fils,
27767«
27768il le
27769fit mettre en prison. « Dans
27770l’histoire d’Ebn-Khaldoun
27771(tom. VI,
27772fol. 54 r°)
27773:
27774dilcl
27775« Il le mit en prison dans la ville de Tunis. » Et
27776(ibid
27777.)
27778: ,JLsk*^!l
27779«11
27780délivra son
27781«frère de sa prison. » Plus loin
27782(fol.
27783171 v°)
27784: als£&!
27785; et (fol. 172 r°)
27786:
27787« Il le mit
27788« en prison dans la maison de son cousin. » Et enfin (fol. 364 r°)
27789:
27790« Ils le mirent en prison. «
27791^
27792fi
27793Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (article des Khalifes
27794,
27795man. 797,
27796fol. 292 v°)
27797:
277989
27799'
27800\ j
27801«Il fut arrêté et mis en prison. » Plus loin (article du grand palais,
27802ib.,
27803f. 3 16 r°)
27804:
27805U
27806dsùiei
27807.
27808.
27809.
27810«Ayant
27811fait
27812arrêter
27813l’émir,
27814il
27815le mit en
27816prison.
27817» De
27818là
27819vient
27820le mot
27821Jicijco, signifiant une prison. On lit dans la Vie de Mahmoud par Otbi (manuscrit de Ducaurroy 27,
27822O
27823folio 209 r°)
27824: dijc»
27825.îj.là
27826« Il quitta sa prison. » Le mot dàa s’emploie avec
27827le même sens. On lit
27828C, ^
27829fi
27830dans l’histoire de Hasan-ben-Omar (man. arab. 688, fol. 142 r°)
27831: ilijJ! ,JI
27832tjliii «Ils furent transférés
27833fi
27834«dans la prison.» Dans YHistoire de Kaïrowan
27835(man. 7S2,
27836fol. 81
27837r°)
27838: dsuJ!
27839« J’étais en
27840« prison. » Dans YHistoire de Mahmoud par Otbi (fol. 167
27841r°)
27842: dis- d
27843« Ce fut pour lui une
27844« prison. » La cinquième forme du verbe J-ia a quelquefois
27845. mais beaucoup plus rarement, le même
27846sens que la huitième. On
27847lit dans l’ouvrage que je viens de citer
27848(fol.
278491 7 1 r°)
27850:
27851j di*j
27852« Il le mit
27853«en prison et le
27854fit tuer. » Une note marginale explique dïsu par
27855(93) Le verbeJs~-i à la cinquième forme, ayant après lui la préposition
27856signifie
27857: Être indisposé,
27858irrité contre quelqu’un. On lit dans YHistoire d’Alep de Kemâl-eddin (man. arab. 728,
27859fol. 33 r°)
27860:
27861jiCo «Il était
27862irrité contre tous
27863ses pages.
27864» Dans
278651 a. Description de l’Égypte de
27866Makrizi (article de la maison de Beïbars
27867:
27868jJU
27869« Le sultan
27870était
27871irrité contre lui.»
27872Ailleurs
27873(Jardins du vizir)
27874:
27875^
27876I
27877« Ils étaient indisposés contre Ebn-Fotouli. » Dans
27878le grand ouvrage historique du même auteur
27879(Solouh
27880tom. I, pag.
27881161)
27882:
27883v—
27884«Aschraf, souverain de Damas, était irrité contre Kâmel. » Ailleurs (pag. 1117):
27885jUdJl J* /dJI J ^5jgi
27886«Les Mamlouks commencèrent à montrer de
27887la haine
27888« contre le sultan. » Le même verbe, construit avec la préposition J, a une signification analogue. On
p. 239
2788921
27890I
27891ai» 66
27892(ia63).
27893IV. MELIK-DAHER-BIBARS.
27894de l’administration, celui-ci disposait de tout avec une autorité absolue. On lui
27895avait assigné pour chaque semaine deux repas servis à son intention, et où rien
27896ne manquait, pas même l’eau de rose.
27897Il recevait chaque mois deux bonnets
27898d’étoffe d’or, dont chacun
27899valait cinquante
27900dinars,
27901et
27902le turban
27903était
27904estimé quarante pièces d’or; et cela, indépendamment des
27905fiefs magnifiques qu’il
27906possédait, et des postes brillants qu’il occupait, sans compter les gratifications,
27907les gages de ses valets de chambre Ljb^j des gardiens de
27908ses panthères
27909sans parler de
27910la nourriture
27911de
27912ses chevaux. Mais cet émir s’adonna au jeu 301
27913et au vin, et se livra à quantité d’actes qui ne pouvaient rester cachés; ses servi-
27914teurs arrêtaient
27915les revenus de plusieurs cantons. Le sultan fermait les yeux
27916sur
27917toutes
27918ces
27919malversations.
27920Lorsqu’il
27921fut
27922arrivé
27923à
27924Tour, on
27925le prévint que
27926Reschidi avait formé
27927des projets
27928criminels. Le sultan plaça auprès de
27929lui
27930des
27931espions chargés d’observer toutes ses démarches. Bientôt on lui rapporta que cet
27932émir entretenait une correspondance avec Melik-Moughith
27933, prince de Karak,
27934le
27935dissuadait
27936de
27937se rendre auprès du
27938sultan
27939,
27940et
27941lui
27942conseillait de ne pas venir
27943se
27944livrer lui-même;
27945que,
27946depuis
27947l’arrestation
27948de
27949Moughith,
27950il
27951avait
27952écrit
27953aux
27954habitants de
27955Karak,
27956pour
27957les
27958inviter
27959à ne
27960pas
27961rendre
27962leur
27963ville.
27964Le
27965sultan dissimula ces faits
27966, jusqu’au moment où l’on marcha vers Karak. Le prince
27967fut informé que Reschidi se disposait à le prévenir, et à s’emparer de la place.
27968Il
27969se hâta de
27970le joindre,
27971l’accueillit d’un air gracieux,
27972et l’accompagna jusqu’à la
27973ville, dont
27974il prit possession. Beaucoup d’autres
27975faits du même genre contribuè-
27976rent à amener la disgrâce de l’émir.
27977Bientôt après, arriva une ambassade envoyée par le prince Bérékeh, pour deman-
27978der la coopération du sultan contre Houlagou. Elle se composait de l’émir Djelâl-
27979eddin
27980, fils du kadi
27981,
27982le scheïkh Nour-eddin-Ali
27983, et
27984d’un grand nombre de per-
27985sonnes
27986: ces députés avaient mission d’annoncer que Bérékeh
27987avait embrassé
27988l’islamisme, aussi bien que ses sujets.
27989Ils étaient porteurs d’une lettre, datée du
27990premier jour de Redjeb, de l’année 66i (de
27991J. C. 1263). En même temps, on vit
27992arriver un ambassadeur de Lascaris. Ces députés furent comblés de témoignages
27993de bienveillance. On leur donna un festin ïj&ï sur le terrain de Louk, et on leur
27994lit dans VHistoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 66 1 ,
27995f. 21
27996r°)
27997: aJ jiJLÏ «Il fut irrité contre lui. »
27998Le verbej-CLV suivi de
27999signifie quelquefois déplaire. On lit dans la Vie de Bibars (man. ar. 8o3,
28000fol. 8 r°)
28001:
28002jaL-LM
28003j.£_Lj
28004« Sa position déjdut à Melik-Dâher. » Dans
28005l’histoire
28006de
28007Ebn-Khaldoun (tom. VIII , fol. 36g)
28008: ^UaLJ! d
28009«Le sultan fut irrité contre lui. »
2801027.
p. 240
280112 1
28012HISTOIRE DES SULTANS M AMLOUKS.
28013distribuait de nombreux présents , les mardi et samedi de chaque semaine, lors-
28014que le sultan allait jouer (à la paume) dans
28015le manège. Le vendredi
28016,
28017vingt-hui-
28018tième jour du mois de Schaban
28019,
28020le khalife Hâkem-bi-amr-allah
28021fit
28022la khotbah ,
28023en présence des ambassadeurs du prince Bérékeh. Il adressa au ciel des vœux pour
28024le
28025sultan
28026et pour Bérékeli. Ensuite
28027il
28028fit publiquement
28029la prière du vendredi
28030;
28031après quoi,
28032il entra en conférence avec le sultan et les députés, afin de discuter
28033plusieurs points importants, qui concernaient les affaires de l’islamisme. La nuit
28034du mercredi, troisième jour de Ramadan, Melik-Dâher demanda au khalife Hâ-
28035kem (q4)
28036s’il avait reçu, d’un des membres de sa famille auguste, ou de
28037l’un des
28038pieux partisans de celte maison, le vêtement, signe de la noblesse ILxâJI. Le khalife
28039répondit négativement.
28040Il pria le sultan de vouloir bien, dans cette circonstance,
28041lui donner ce témoignage de l’union qui existait entre eux. Le prince ne put se
28042dispenser d’obéir à cette demande, et d’accorder au khalife une marque d’hon-
28043neur,
28044qu’il lui devait comme l’ayant reçue lui-même du cousin de cetimam. Cette
28045même nuit le khalife revêtit ces habits, en présence des personnes que l’on ju-
28046geait dignes d’être admises à une pareille cérémonie. Ce fut l’atabek Fâres-eddin-
28047Aktaï qui fut chargé de donner ces vêtements, comme fondé de pouvoirs du
28048sultan
28049, ainsi que ce prince les avait reçus lui-même de l’imam Mostanser, prince
28050des croyants
28051(95 ). Bibars
28052, à cette occasion
28053,
28054fit remettre à l’émir des vêtements
28055302 proportionnés au rang élevé qu’il occupait. Le second jour, les ambassadeurs de
28056Bérékeh se présentèrent au château de la Montagne, où le khalife les fit revêtir de
28057robes d’honneur, par l’entremise de l’atabek, et leur envoya des habits dignes de
28058personnages aussi distingués. Le sultan
28059, de son côté, adressa au prince Bérékeh
28060un présent magnifique. Il répondit à la lettre de ce monarque par une autre lettre
28061écrite surdu papier de demi-dimension, et qui remplissait soixante-dix feuilles, de
28062la fabrique Bagdad
28063; elle fut copiée par Mohi-eddin-ben-Abd-aldâher, qui en fit la
28064lecture au sultan, en présence des émirs. Le présent fut remis à l’émir Fâres-eddin-
28065Akousch-Masoudi,
28066et au schérif Imâd-eddin-Hâschemi. Ces deux envoyés s’em-
28067barquèrent sur un vaisseau de transport, hjst
28068qui était monté d’un grand
28069(94) Le même
28070fait se trouve rapporté de
28071la même manière
28072, et dans les mêmes termes , par Dje-
28073mâl-eddin-ben-Wâsel (man. non catalogué, fol. 41
28074, r°). On voit cjue
28075, dans cette occasion
28076, comme
28077dans beaucoup d’autres, Makrizi a copié textuellement le récit de cet historien estimable. On peut
28078voir aussi
28079, sur ce sujet, l’auteur de la Fie de Bibars (man. 8o3,
28080fol. 3o, r° et v°).
28081(g5) J’ai cru devoir supprimer l’énumération des personnages éminents qui avaient successivement
28082reçu ce vêtement, et dont l’auteur indique les noms, en remontant jusqu’au khalife Ali-ben-Abi-Tâleb.
p. 241
28083IV. MELIK-DAHER BIBARS.
280842 l 3
28085an 661
28086(i 263 ).
28087nombre
28088d’archers,
28089d’arbalétriers,
28090d’artificiers. Ce bâtiment
28091portait des vivres
28092pour une année.
28093Ils
28094se mirent en mer le dix-septième jour du mois. Des cour-
28095riers montés sur des chameaux Llsè-d furent envoyés à la Mecque et à Médine,
28096pour intimer l’ordre de
28097faire la prière pour Bérékeh, d’accomplir au nom de ce
28098prince les cérémonies du pèlerinage.
28099Il fut enjoint aux khatibs (prédicateurs) de
28100la Mecque, de Médine, de Jérusalem, de Misr et du Caire, de faire, du haut du
28101menber (la chaire), une prière pour Bérékeh, immédiatement après avoir prié
28102pour
28103le sultan Melik-Dâlier (96). Le sixième jour de Schewal, le sultan partit
28104(96)
28105Makrizi n’ayant donné, sur cette ambassade, que peu de détails
28106, j’ai pensé que l’on verrait
28107avec plaisir une relation beaucoup plus circonstanciée,
28108telle que nous
28109l’ont transmise divers écri-
28110vains, savoir Ebn-Ferat (manuscrit deVienne, tom. V, pag. 428, 4 2 9 > 4 b 5
28111? 4 66, 467
28112, 468; tom. VI,
28113pag. 22-24)
28114; Nowaïri [Vie cle Bibars, fol.
28115i 5 r°, 21 v», i 5 , r° et v 0
28116.);
28117le prétendu Hasan-ben-Ibrahim
28118(man. non catalogué, fol. 178, r° et v°)
28119; le continuateur d’Elmacin (man. 619, fol.
2812014, v° et suiv.).
28121« Bibars ayant reçu des Mongols qui étaient venus se rendre à
28122lui
28123, des renseignements précis sur
28124la puissance de Bérékeh
28125, le lieu de sa résidence , et les chemins qui conduisaient dans les Etats de
28126ce prince, jugea qu'il rendrait à l’islamisme un service essentiel
28127,
28128s’il contractait avec un souverain
28129aussi puissant une liaison étroite.
28130« En conséquence, il lui envoya une ambassade, composée du jurisconsulte Medjd-eddin et de l’émir
28131Seïf-eddin-Keschtek, auxquels
28132il adjoignit deux Mongols, du nombre de ceux qui étaient venus s’éta-
28133blir en Egypte.
2813411 leur remit une
28135lettre qui contenait des nouvelles relatives à l’islamisme, et entre
28136autres, le récit de l’inauguration du khalife Hâkem, avec
28137la généalogie de ce prince écrite en lettres
28138d’or, en remontant jusqu’à Mahomet, et l’attestation en forme du kadi des kadis, qui certifiait
28139la vé-
28140rité de(cette descendance. Dans une autre lettre, le sultan mettait tout en œuvre pour engager Béré-
28141keh à poursuivre vivement la guerre contre Houlagou.
28142Il lui représentait la
28143force des armées égyp-
28144tiennes
28145, et les différentes nations donl elles étaient composées; ce qu’elles renfermaient de cavaliers
28146de Turcomans
28147, de Curdes et d’Arabes
28148; le nombre des rois musulmans ou francs, qui étaient unis avec
28149le sultan d’Égypte par des traités,
28150des alliances ou des trêves, et qui reconnaissaient tous sa suze-
28151raineté, et n’attendaient que
28152ses ordres pour joindre leurs troupes aux siennes. En un mot
28153,
28154il 11’ou-
28155bliait rien de tout
28156ce qui pouvait porter le prince
28157à la guerre, lui atténuer les obstacles
28158, et lui faire
28159sentir
28160la honte
28161qu’il y aurait
28162à
28163rester oisif dans une pareille circonstance. Il ajoutait, en finissant,
28164qu’il était arrivé en Égypte un corps de Mongols
28165, qui
28166s’étaient dits sujets de Bérékeh
28167, et qui avaient
28168reçu
28169l’accueil
28170le
28171plus
28172favorable
28173,
28174en considération du prince auquel ils appartenaient. Les envoyés
28175Tatars reçurent
28176de leurs compatriotes des
28177détails sur la force des
28178armées du
28179sultan
28180,
28181le courage
28182avec lequel ce prince combattait sans relâche les ennemis de l’islamisme, son affection pour le khan
28183Bérékeh, les vœux qu’il formait pour les succès de ce prince, et le zèle avec lequel
28184il
28185le seconderait
28186dans des entreprises
28187qui devaient assurer le repos du monde. Bibars, après avoir fourni aux am-
28188bassadeurs
28189tout
28190ce qui
28191était
28192nécessaire pour leur voyage,
28193les
28194fit embarquer sur des galères, qui
28195portaient des
28196provisions pour plusieurs mois. Us en
28197mirent en mer , au mois de Moharrem de l’an
28198661
28199(de
28200J. C. 1268), et arrivèrent dans les États de l’empereur Lascaris (Michel Paléologue),
28201qui
28202les reçut avec honneur. A la cour du même prince,
28203se trouvaient alors des ambassadeurs de Béré-
28204keh, qui reçurent leur audience de congé, et la permission de partir avec
28205les ambassadeurs égyp-
p. 242
28206HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
282072 l4
28208pour Alexandrie,
28209et séjourna quelques jours
28210à Teroudjeh.
28211Ensuite
28212il
28213s’avança
28214dans
28215le
28216désert (97), et
28217fit former une enceinte l&Ls.
28218, dans laquelle on prit une
28219liens. Le jurisconsulte Medjd-eddin, par suite d’une maladie dont
28220il
28221fut attaqué, retourna en Égypte
28222accompagné de
28223l’émir
28224Djelâl-eddin,
28225et du
28226scheïkh
28227Nour-eddin-Ali ,
28228ambassadeurs
28229de
28230Békéreh.
28231L’émir
28232Seïf-eddin-Keschtek continua
28233sa
28234route,
28235avec ses compagnons de voyage. L’empereur grec
28236écrivit ensuite à Bibars, pour l’informer qu’ayant reçu ses ambassadeurs, et voulant témoigner sa
28237considération au prince qui les envoyait,
28238il les avait défrayés de tout,
28239et les avait
28240fait partir sains
28241et saufs
28242, en sorte qu’ils étaient sans doute parvenus auprès de Bérékch.
28243« En effet, Seïf-eddin
28244, et ses compagnons de voyage, étant partis de la ville de Aniah loi (peut-
28245tère Aenia) où
28246ils avaient eu audience de l’empereur, arrivèrent, en vingt jours, à Constantinople.
28247De là, ils se rendirent à Istanbol
28248,
28249et ensuite à Deksaïta
28250(peut-être la ville d’Odessus), qui est le
28251port où viennent aborder les vaisseaux de Soudak. Puis ils se remirent en mer, et abordèrent sur la
28252côte opposée. Ce trajet exige ordinairement dix journées de navigation
28253; mais quelquefois on
28254le fait
28255en deux jours, lorsque l’on est favorisé par un très-bon vent. Étant arrivés sur le sommet de la mon-
28256tagne de Soudak, ils trouvèrent Tabouk, (ou Taiouk jJjjAb), gouverneur du canton, qui venait au-
28257devant
28258d’eux, et qui, les ayant fait monter sur
28259les chevaux de la poste, les conduisit
28260à
28261la ville de
28262Krim, bâtie à une journée des bords
28263de
28264la mer, et habitée par diverses nations de Kaptchaks, de
28265Russes et d’Alains. Après une journée de route
28266,
28267ils
28268entrèrent dans une vaste plaine
28269, où
28270ils rencon-
28271trèrent un général, appelé Touk-Boga, qui avait le commandement de toute la province
28272, et qui était
28273à
28274la tête de dix mille cavaliers. Après avoir parcouru,
28275l’espace de vingt jours, un désert immense,
28276couvert de tentes et de troupeaux, ils arrivèrent au fleuve Etil (le Volga), sur les bords duquel est
28277la résidence du prince Bérékeh. Cette rivière, dont les eaux sont douces, a
28278la même largeur
28279que
28280le
28281Nil
28282,
28283et
28284l’on y voit continuellement naviguer
28285des barques russes. Les
28286ambassadeurs
28287, pendant
28288leur
28289route, avaient reçu des moutons, et toutes sortes de vivres. Lorsqu’ils furent arrivés à peu de distance
28290de l’ordou (du camp), le vizir Scherf-eddin vint à leur rencontre.
28291Il était natif de la ville de Kazwin,
28292et parlait également l’arabe et
28293le
28294turc.
28295Il assigna aux ambassadeurs un très-beau logement
28296, et leur
28297envoya de la chair
28298, du
28299poisson
28300, du lait, et autres provisions.
28301Ensuite,
28302les
28303ambassadeurs
28304furent
28305admis à l’audience de Bérékeh,
28306ayant
28307auprès d’eux
28308le
28309vizir. Dans leur entrevue avec
28310le
28311prince,
28312ils observèrent scrupuleusement
28313l’étiquette eu usage dans cette cour, et dont ils avaient eu soin de
28314s’instruire
28315d’avance. Il
28316faut entrer du côté gauche, et après que l’on a remis les lettres dont on
28317est
28318porteur, passer à droite, et se poser sur les deux
28319genoux. Nul ne doit entrer dans la
28320tente du khan
28321avec une épée, un couteau
28322, une massue, ou toute autre arme.
28323Il est défendu de marcher sur le seuil
28324de
28325la tente
28326, d’ôter son armure, à moins qu’on ne
28327soit à
28328gauche , de laisser un arc bandé
28329, ou dans
28330son étui
28331, des flèches dans son carquois; de manger de la neige, et de laver une robe dans le camp.
28332«Bérékeh reçut les ambassadeurs sous une vaste tente, qui pouvait contenir cent, ou, suivant d’au-
28333tres , cinq cents hommes. Elle était couverte de feutre blanc, mais tapissée à l’intérieur, de riches
28334étoftes de soie, ornées de perles et de pierreries. Ce prince était assis sur un trône, ayant les jambes
28335pendantes, et appuyées sur un coussin, attendu qu’il était malade de la goutte. A côté de lui était sa
28336principale épouse
28337, appelée Tagtagaï-Khatoun.
28338Il avait deux autres femmes, Djidjèk-Khatoun ,
28339et
28340Kehar-Khatoun ; mais aucune ne lui avait donné
28341d’enfants. Bérékeh avait peu de barbe, le visage
28342gros et
28343le teint jaunâtre. Ses cheveux étaient rassemblés en
28344tresses, auprès des oreilles, à chacune
28345desquelles pendait une pierre d’un grand prix. Il
28346était vêtu d’une robe de soie du Khataï,
28347avait
28348la
p. 243
28349IV. MELIK-DÀHER-BIBARS.
28350an 661
28351(ia63 ).
28352IV- MELIK-DÀHER-BIBARS.
2835321 5
28354énorme quantité de gibier. Donnant une attention particulière à ce qui concer-
28355nait l’eau
28356,
28357il confia
28358les soins
28359qu’elle
28360réclamait à l’émir
28361Schodja-eddin-Zaliidi
28362tète couverte d’un bonnet^3
28363Ses bottines étaient develoursrouge.il n’avait point d’épée, mais une
28364ceinture d’or, enrichie de pierreries, de laquelle pendait une poche
28365de cuir de Bulgarie vert.
28366Dans
28367cette ceinture étaient insérées des cornes noires
28368,
28369recourbées
28370,
28371et
28372incrustées
28373d’or. Auprès de
28374Bérékeh étaient rangés cinquante ou soixante émirs, assis sur des sièges.
28375« Les ambassadeurs ayant été introduits, présentèrent la lettre à ce prince, qui la reçut avec un air
28376satisfait
28377, et ordonna au vizir d’en
28378faire
28379la lecture. Ensuite il
28380fit passer les envoyés du côté gauche
28381au côté droit, et les
28382fit
28383placer contre les parois
28384de la
28385tente, derrière les émirs, qui
28386étaient rangés
28387devant le trône. Ensuite
28388il leur fit apporter du kumiz et du miel cuit
28389; après quoi on leur servit de
28390la chair et du poisson. Lorsqu’ils eurent fini de manger, le khan ordonna
28391qu’ils
28392fussent
28393logés
28394dans
28395le quartier de son épouse favorite, appelée Djidjèk-Khatoun. Et le lendemain matin, cette princesse
28396les reçut et les traita sous sa tente. A la
28397fin du jour,
28398ils retournèrent à leur habitation. Bérékeh les
28399faisait souvent venir, et
28400leur faisait beaucoup de questions sur l’Egypte, sur les éléphants et les
28401gi-
28402rafes. Il
28403leur demanda un jour
28404s’il était vrai, comme
28405il l’avait entendu dire,
28406qu’il y eût un os de
28407géant placé en travers sur le Nil, et qui servait de pont. Les ambassadeurs répondirent qu’ils n’a-
28408vaient jamais rien vu de semblable.
28409« La lettre du sultan fut traduite en turc par le kadi des kadis, qui résidait auprès de Bérékeh. Un
28410exemplaire fut envoyé au khan, qui en
28411fit faire la lecture en présence de toute sa cour, et qui en pa-
28412rut extrêmement satisfait. 11 congédia les envoyés, après leur avoir remis sa réponse, et les fit accompa-
28413gner par des ambassadeurs qu’il députait en Égypte. Tous ensemble prirent leur route par les États
28414de l’empereur grec, et arrivèrent auprès de Bibars, l’an 662. On sut par eux, qu’à la cour du prince
28415Mongol, chaque princesse et chaque émir avait auprès de soi un imam, et un crieur chargé d’annon-
28416cer les heures de la prière, et que les enfants, dans les écoles, apprenaient l’Alcoran.
28417« Cependant Bibars étant arrivé dans les environs de Gazah, à son retour de la ville de Karak, reçut
28418un message de l’émir Izz-eddin, vice-roi d’Égypte, qui lui annonçait qu’il était abordé au port d’A-
28419lexandrie deux ambassadeurs de Bérékeh, savoir, l’émir Djelàl-eddin, et le scheïkh Nour-eddin, ac-
28420compagnés d’un cortège nombreux; qu’avec eux étaient arrivés le commandant des Génois, des en-
28421voyés de l’empereur Lascaris,
28422et du sultan Izz-eddin, prince de Roum
28423(l’Asie Mineure). Le sultan
28424ordonna que tous fussent reçus avec les égards et les honneurs convenables. Lorsqu’il fut de retour
28425au château de la Montagne,
28426il leur donna audience, en présence des émirs et d’une foule nombreuse.
28427Le scheïkh Nour-eddin présenta la lettre de Bérékeh, écrite du campement d’Etil, le premier jour
28428de Redjeb de cette année. Ce prince annonçait qu’il avait embrassé l’islamisme
28429,
28430aussi bien que ses
28431frères, leurs enfants ,
28432et un grand nombre d’émirs
28433,
28434détaillant le nom de chacun
28435,
28436et la tribu à la-
28437quelle il appartenait. Qu’il s’était déclaré l’ennemi de Houlagou, et qu’il faisait à ce prince une guerre
28438sanglante, afin de raffermir la véritable religion, de lui rendre son ancien lustre, et de venger la mort
28439des imams et des autres Musulmans, égorgés contre toute justice.
2844011 priait Bibars de seconder ses ef-
28441forts, et d’envoyer une armée vers l’Euphrate, afin de couper le chemin à Houlagou. Bérékeh termi-
28442nait sa lettre en recommandant à
28443la bienveillance du sultan Izz-eddin, prince de l’Asie Mineure.
28444Bibars combla de présents les ambassadeurs, leur fit préparer un festin splendide, et leurrendait visite
28445tous les samedis et les mardis, qui étaient les deux, jours de la semaine où
28446il jouait à la paume.
28447«Bientôt après,
28448il donna à ces envoyés leur audience de congé, et les chargea de remettre à leur
p. 244
28449HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
28450a i6
28451l’un des hadjebs,
28452et
28453fit venir d’Alexandrie un nombre d’hommes, qui devaient
28454être chargés de creuser et de nettoyer les puits. Ensuite
28455,
28456il partit de Troudjeli
28457souverain un présent magnifique. Voici ce que raconte à ce sujet le kadi Mohi-eddin, auteur de la
28458Vie de Bibars
28459: « Ayant reçu les ordres de ce prince, j’écrivis en son nom, et pour répondre à celle
28460« de Bérékeh
28461, une longue
28462lettre qui contenait soixante-dix feuilles de
28463papier de Bagdad de demi-
28464« dimension. Elle renfermait tous les versets de l’Alcoran, et toutes les traditions qui recommandaient
28465« la guerre contre
28466les infidèles, et je citais à l’appui l’exemple du Prophète, qui n’avait cessé d’avoir
28467« les armes à la main, pour combattre. Ensuite venaient les passages du Livre divin et les traditions
28468« qui ont rapport à l’Égypte, l’indication des lieux de pèlerinage
28469et
28470des mosquées où l’on faisait
28471la
28472« prière au nom du sultan, des protestations d’attachement pour Bérékeh
28473, avec tout ce qui pouvait
28474« flatter ce prince, l’irriter contre les ennemis,
28475et relever à ses yeux la grandeur du sultan. Je passais
28476« en revue les forces qui composaient l’armée égyptienne,
28477les nombreux accroissements qu’elle avait
28478« reçus, et je vantais le zèle intrépide avec lequel ces troupes combattaient pour la défense de l’isla-
28479* misme. Je lus ma lettre au sultan, qui y
28480fit
28481plusieurs additions. Dès qu’elle fut mise au net, on
28482« s’occupa de l’envoi du présent, qui consistait en une
28483foule d’objets aussi rares que précieux. On y
28484« distinguait un exemplaire de l’Alcoran
28485, que l’on disait avoir été écrit de la main du khalife Othman.
28486« Il était renfermé dans un étui de soie rouge, brodé en or, que
28487recouvrait une enveloppe de cuir,
28488« doublé d’étoffe rayée ; un trône enrichi d’ivoire et d’ébène
28489ciselés, avec un coffre d’argent et une
28490« serrure de même métal
28491; des tapis pour la prière , de
28492toute espèce et de toute couleur, des rideaux
28493« de plusieurs sortes, quantités
28494de bancs, de
28495coussins et de tables destinées à recevoir des chande-
28496liers;
28497des
28498épées superbes, avec
28499des poignées
28500d’argent,
28501des
28502instruments de musique, en
28503boi s
28504« peint
28505,
28506et
28507renfermés dans
28508des
28509étuis. Des
28510lampes
28511d’argent
28512, des
28513chandeliers
28514d’argent
28515massif et
28516« doré, avec
28517les pieds de même métal; des
28518selles du pays du Khawarizm
28519, des
28520arcs de Damas
28521,
28522« dont
28523les
28524cordes
28525étaient
28526de
28527soie;
28528des
28529piques de
28530bois
28531de Kana, dont
28532le
28533fer
28534avait
28535été trempé
28536« chez les
28537Arabes,
28538des
28539flèches d’un
28540travail
28541admirable,
28542et
28543renfermées
28544dans
28545des
28546coffres couverts
28547«de cuir; des chaudières de
28548pierre
28549de Beram,
28550de
28551grandes lanternes vernissées
28552, avec des chaînes
28553«d’argent
28554doré,
28555des
28556eunuques noirs , des jeunes
28557filles
28558habiles à
28559faire la cuisine,
28560des
28561perroquets
28562« du
28563plus beau plumage ; quantité d’excellents chevaux arabes , des dromadaires , des mulets pleins
28564«d’ardeur,
28565et
28566extrêmement
28567légers à
28568la course, des
28569ânes
28570sauvages,
28571et
28572des
28573singes
28574bien
28575dressés,
2857611 avec des selles pour les dromadaires, des mors et des brides, des housses de laine pour les mulets,
28577« et des couvertures de soie pour les singes; plusieurs girafes, avec des housses et des brides de laine
28578« peinte.
28579» A ces objets dont nous venons de donner le détail
28580, le sultan avait ajouté une
28581foule
28582de
28583choses rares et curieuses, qui ne se trouvent dans le trésor d’aucun prince. Des esclaves et des hom-
28584mes experts étaient chargés d’avoir soin de chacpie espèce d’animaux. Bibars remit ce présent entre
28585les mains de l’émir Fâres-eddin-Akousch
28586, et du schérif Imad-eddin,
28587qu’il avait choisis pour aller
28588en ambassade auprès de Bérékeh. Les deux envoyés de ce prince furent admis à l’audience du khalife,
28589et placés derrière lui durant
28590la
28591prière.
28592Il
28593les chargea
28594de recommander
28595j à
28596Bérékeh
28597leur
28598maître,
28599plusieurs points importants,
28600et, en particulier, la guerre contre les infidèles
28601; de vanter, en son nom,
28602les grandes qualités du sultan, son zèle pour le maintien et la défense de la religion, la pureté de ses
28603mœurs, sa justice et sa modération à l’égard de ses sujets, et la multitude innombrable de ses soldats.
28604Bibars leur
28605fit équiper un grand vaisseau
28606, sur lequel on embarqua
28607tous
28608les animaux destinés pour
28609Bérékeh, avec tous les objets qui composaient
28610le présent. On y plaça des archers, des arbalétriers,
p. 245
28611IV. MELIK-DAHER-BIB ARS.
28612an
2861366x
28614(1263).
28615217
28616pour se rendre à Alexandrie. Le sâheb (visir) Behâ-eddin-ben-Hinna l’avait pré-
28617cédé dans cette ville
28618, et y avait levé des sommes considérables,
28619et entre autres
28620,
28621avec des provisions pour un an. Le sultan ordonna que l’on conduisît les ambassadeurs en pèleri-
28622nage, dans les lieux les plus révérés parmi les Musulmans. Il recommanda de la manière la plus for-
28623melle, que dans les villes de la Mecque, Médine et Jérusalem, on fît la prière pour Bérékeh, dont le
28624nom serait prononcé à la suite du sien. Les envoyés se mirent en route, le dix-septième jour du mois
28625de Ramadan, de l’an 66 1.
28626«Mais l’année suivante, le sultan reçut la nouvelle que les ambassadeurs qu’il envoyait à Bérékeh
28627avaient été retenus dans les États de l’empereur grec; et voici de quelle manière la chose s’était passée.
28628Au moment où ils abordèrent à Constantinople, l’empereur Michel (Paléologue) était absent de cette
28629ville, et occupé à faire la guerre aux Francs. Dès qu’il eut appris l’arrivée des ambassadeurs,
28630il leur
28631fit dire de venir le trouver dans la forteresse où il était alors, et qui était à vingt journées de Cons-
28632tantinople.
28633Il les reçut avec de grands témoignages de joie, les combla d’honneurs,
28634et leur promit
28635de favoriser leur voyage.
28636« Mais, leur dit-il, je ne puis jusqu’à nouvel ordre, vous permettre depar-
28637« tir, attendu que j’ai à ma cour des ambassadeurs de Houlagou, et j’appréhenderais que ce prince ne
28638« vînt à savoir l’objet de votre mission. »
28639Il leur recommanda ensuite de reprendre la route de Cons-
28640tantinople, et d’y rester jusqu’à son retour, leur promettant qu’à cette époque
28641il leur laisserait toute
28642liberté de continuer leur voyage. Mais tout cela n’était qu’une feinte de sa part, car durant un espace
28643de quinze mois
28644,
28645il ne cessa de chercher des
28646prétextes, pour amuser et retenir les ambassadeurs.
28647Ceux-ci
28648, ennuyés d’un
28649si long délai, écrivirent à l’empereur, le priant de leur permettre, ou de se
28650rendre à leur destination, ou de retourner en Égypte.
28651Il consentit que le schérif, tout seul, prît ce
28652dernier parti; mais
28653il retint le reste de l’ambassade, alléguant l’excuse suivante
28654: « Mes États
28655, dit-il
28656« sont éloignés de ceux du sultan Bibars
28657, et voisins de ceux de Houlagou; si ce dernier venait à ap-
28658« prendre que j’ai autorisé les ambassadeurs du prince d’Égypte à se rendre auprès de Bérékeh ,
28659il
28660« regarderait cet acte comme une infraction au traité qui nous unit, et viendrait porter le ravage sur
28661« les frontières de mon empire
28662, qui sont à une trop grande distance
28663, pour que je puisse voler à leur
28664« secours.
28665» Le schérif ayant repris la route de l’Égypte, Fâres-eddin-Akousch
28666fut retenu deux an-
28667nées entières à Constantinople. Dans cet intervalle, les esclaves et les animaux qu’il conduisait, pé-
28668rirent pour la plupart,
28669et le reste des objets se détériora d’une manière sensible.
28670« Sur ces entrefaites , des troupes envoyées par Bérékeh s’avancèrent vers Constantinople, et dévas-
28671tèrent les environs. Michel, s’étant réfugié dans la ville, pour échapper à ces ennemis redoutables,
28672ordonna à l’émir Fâres-eddin-Akousch de se rendre auprès du général de l’armée mongole,
28673et de
28674lui représenter que l’empereur grec, étant uni par un
28675traité avec le
28676sultan d’Égypte, se
28677trouvait
28678ainsi l’allié et l’ami de Bérékeh. L’émir, à la requête de Michel,
28679certifia le
28680fait par une attestation
28681écrite de sa main, et y joignit une déclaration, dans laquelle
28682il reconnaissait que
28683s’il
28684s’était arrêté à
28685Constantinople, c’avait été de son propre mouvement,
28686et sans que son voyage
28687eût été entravé en
28688aucune manière. Aussitôt
28689les troupes mongoles reprirent la route de leur pays. Michel laissa partir
28690Fâres-eddin
28691, et le
28692fit accompagner par un ambassadeur qu’il envoyait à Bérékeh, pour lui présenter
28693une lettre, dans laquelle il sollicitait l’alliance de ce prince, et s’engageait à lui offrir annuellement,
28694par forme de tribut , trois cents robes de soie. »
28695«Fâres-eddin étant arrivé sur les terres des Mongols, et s’étant présenté à l’audience de Bcrékeh,
28696ce prince lui demanda quel motif avait pu l’engager à s’arrêter
28697si longtemps en route, et à laisser
28698I.
2869928
p. 246
28700HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
28701218
28702une contribution, qui se montait à quatre-vingt-quinze paquets LU (98) d’étoffe
28703d’Alexandrie. Toutefois, il n’avait fait donner la bastonnade à personne. Le sultan
28704ainsi périr la plupart des animaux que
28705le sultan
28706avait remis à sa garde.
28707Il allégua
28708, pour excuse
28709qu’il avait été retenu par l’empereur de Constantinople. Mais Bérékeh lui présenta la déclaration si-
28710gnée par
28711lui
28712et remise au général de l’armée mongole. Puis
28713il ajouta
28714: « Je m’abstiendrai de
28715te
28716faire
28717« aucun mal, par égard pour
28718le sultan d’Égypte, auquel je laisse le soin
28719de punir ton
28720mensonge,
28721« et la perte des objets qu’il
28722t’avait confiés.
28723«Cependant Izz-eddin, prince de l’Asie Mineure, avait écrit à Bibars, pour lui mander la prévari-
28724cation de Fâres-eddin, qui avait engagé les troupes mongoles à se retirer de devant Constantinople,
28725en leur faisant accroire que l’empereur grec était allié du sultan.
28726Il ajoutait que cet émir, en récom-
28727pense du service qu’il avait rendu à Michel, avait sans doute reçu de lui une somme égale à la valeur
28728des objets
28729qui
28730s’étaient trouvés perdus. En
28731conséquence,
28732lorsque Fâres-eddin
28733fut de
28734retour en
28735Égypte, au mois de Djoumada second, de l’an 665 (1266 de J. C), Bibars, après
28736lui avoir adressé
28737de vifs reproches
28738,
28739le
28740fit
28741arrêter,
28742et confisqua les objets précieux
28743qu’il avait rapportés , et qui s’é-
28744levaient à une somme de quarante mille dinars.»
28745Ne voulant point allonger cette note outre mesure, je n’ajouterai rien à la relation qu’on vient de
28746lire. Je me contenterai de faire une seule observation. On a vu que Bérékeh
28747, parlant aux ambassadeurs
28748égyptiens , leur demanda
28749s’il était vrai que
28750, dans leur pays, il existait un os de géant
28751, placé en travers
28752sur le Nil, et qui servait de pont. Cette question, qui semble avec raison bien absurde, est fondée tou-
28753tefois sur une tradition, conservée chez les Arabes, et dont l’origine paraît remonter à une grande
28754antiquité. Nous
28755lisons dans X Histoire de
28756la conquête de l’Égypte,
28757écrite par Abd-alhakam (man.
28758arab. 655 , pag. 39), qu’un géant, nommé Aoudj
28759ayant été tué par Moyse, son corps tomba en
28760travers sur le Nil,
28761et forma un pont qui servait de passage;
28762et, dans
28763le XVe
28764siècle de notre ère,
28765cette fable était encore répandue chez les peuples de l’Orient. Au rapport du voyageur Schiltberger
28766(Reise
28767in den Orient, pag.
28768i 3 o, i3i), «
28769il
28770existait dans l’Arabie un pont formé de l’os de
28771la jambe
28772d’un géant. 11 réunissait deux rochers, séparés par une vallée profonde, dans laquelle roulait un tor-
28773rent. 11 fallait nécessairement que les voyageurs franchissent ce pont, attendu que c’était le seul pas-
28774sage praticable. Et les marchands qui allaient commercer en Arabie, suivaient exclusivement cette
28775route. Non loin de ce pont, les Arabes avaient établi un péage
28776; et du produit de cette douane, on
28777achetait de
28778l’huile, que l’on employait à frotter l’os, afin de le garantir de la carie. »
28779(97) Je lis LjJ
28780! , au lieu de
28781(98) Le mot LU
28782signifie un paquet. C’est de la même racine que vient le pluriel
28783v
28784àAi), qui dé-
28785signe des bandes de toile. On
28786lit dans l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan
28787(fol. 240 verso), en
28788*/
28789parlant d’une blessure
28790: wàjLUJb
28791«Il l’enveloppa de bandes.» De
28792là vient aussi
28793v—âL», qui
28794signifie une enveloppe plus ou moins grande. On lit dans l’ouvrage intitulé Inschâ (f. io 5 v°)
28795:
28796|
28797L~o
28798!Js La.
28799JS”
28800«11 prit deux petites enveloppes de soie,
28801et mit
28802« dans chacune d’elles une
28803cerise. » Plus loin
28804(f. 120 v°)
28805v«_âL>
28806iJù^a
28807v—àlo
28808J\yU!
28809jt
28810Lî « Il réunit chaque espèce dans une enveloppe particulière, qui se com-
28811« posait d'un mouchoir ou d’une serviette de
28812fil. »
28813Me voici amené naturellement à revenir sur une assertion que j’ai émise au commencement de
p. 247
28814IV. MEL1K-DAHER-BIBARS.
28815an 661 (ia 63 ).
28816IV. MEL1K-DAHER-BIBARS.
28817219
28818fit dresser ses tentes en dehors de la ville
28819; par son ordr e , on publia qu’aucun soldat
28820n’entrât dans la place, et ne logeât dans une maison. Le jeudi, premier
28821oet ouvrage (pag.
288221 2 et 1 3 ), et cjui doit être modifiée. Expliquant le mot As-5
28823? ou 'ÀiJù , qui est le terme
288249
28825turc boktchah
28826ou bogtchah, j’ai dit qu’il signifiait probablement une caisse, une cassette. Une cir-
28827constance particulière m’avait principalement conduit à admettre cette interprétation. Je voyais, par
28828quelques passages, que les papiers de la chancellerie étaient renfermés dans une bokcljah, et je suppo-
28829sais que des actes aussi précieux avaient dû être déposés dans une caisse bien fermée ; mais la chose n’est
28830point exacte. Le mot As-*? répond au terme arabe foutah
28831A-lsjà, et désigne une serviette. Je citerai
28832, à
28833cette occasion, un passage curieux, que j’emprunte à un ouvrage dont j’ai souvent invoqué le témoi-
28834gnage. L’auteur du Inschâ, parlant des fonctionnaires attachés à la chancellerie (f.
288351 19 v° et 120 r° v°)
28836met aa second rang celui qui était appelé hâmil-almozarrah
28837(porteur du mozerrah), autre-
28838ment VjjJÎ
28839(trésorier du mozarrah), et quelquefois
28840(serviteur du mozarrah). «Ce
28841« dignitaire était considéré comme le substitut
28842du dewadâr, pour ce qui concernait le mozarrah.
28843«11 fallait que ce fût un homme intelligent, intègre,
28844spirituel,
28845actif, adroit, aimant la
28846lecture,
28847et
28848«assidu à son poste. » Ce mot
28849que
28850l’on va voir employé tout à l’heure, se retrouve
28851aussi un
28852peu plus haut, où on lit
28853:
28854bj?.
28855Il paraît
28856qu’il ne diffère pas du mot
28857que l’on rencontre
28858dans
28859un passage
28860d’Ebn- Khallikan, où
28861il
28862désigne une étoffe attachée avec des agrafes. On y
28863lit
28864(fol. 363 r°)
28865: U,
28866\fj
28867I
28868jj
28869Sjjijr*
28870« On trouve une robe attachée avec des agrafes ,
28871les-
28872« quelles n’étaient point dérangées.
28873» Mon opinion, à cet égard,
28874est entièrement confirmée par un
28875passage du Inschâ où on lit, dans une glose marginale , sur
28876le mot
28877(fol. 120 v°)
28878: tjjj*
28879I
28880vJU&adv3
28881« C’est originairement
28882le mot
28883qui a été raccourci. « Puis, le texte offre
28884ces mots
28885:
28886p
28887Aaaa/3
28888^
28889P
28890! , ^
28891I A£a^>
28892t
288932,
28894A.)
28895î
28896i
28897^
28898^ y
28899fi
289005 —
28901aj
28902j
28903'ç\jb « Une mozarrah formée d’étoffe de soie, toute
28904« pure, garnie d’une doublure. Elle présente la figure d’une bourse; elle a de longueur deux coudées
28905« et un huitième
28906;
28907elle est pliée
28908, et
28909a en largeur une coudée un
28910tiers. On y a adapté un cordon
28911,
28912« formé d’un
28913fil tordu qui sert à réunir l’ouverture. » On voit, par ce passage, que
28914désignait une
28915serviette, formant, parles agrafes qui en attachaient les côtés, une sorte de portefeuille ou de bourse.
28916L’auteur continue en ces termes
28917:
28918Lsr-H Ââ.! w\~aiû
28919v
28920y> iâSjXe
28921<sj
28922j
28923_\XX! !
28924’iby
28925(Jéjô-i
289265 «üph j
28927^
28928î
289293 Lo A3j,3
28930pi
28931L» j.-.i'] L^a9
28932La
28933î p j
28934I .i \p jJ
28935t
28936î
28937î
28938L 2
28939, ^çop)
28940p
28941^
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28943t £
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28948çj ^ " J.àJ
289491
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28958aZ p
28959A.0 L,xJ
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28961t
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28963.
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289651
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28969<X
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28971p
28972p
28973^
28974^
28975^ ^
28976î
28977î
28978|
28979iàSLmJ
28980à/J lj
28981î
289822 8 .
p. 248
28983220
28984HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
28985jour du mois de Dhou’lkadali,
28986le sultan
28987fit son entrée dans Alexandrie, par la
28988porte de Rescliid. Toute la population sortit à sa rencontre.
28989Il ordonna, par un
28990écrit, de restituer l’impôt appelé (99)
28991JL la contribution des deuxparts, et
28992jbtjjJï J!
28993j
28994j)Lj j
289951
28996!
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29000^
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29009^ J-* -—L L .J—JO J
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29015^—X.
29016.-N.
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29023i j
29024<J,
29025L
29026'ilj L^xJ!
29027liLto ^_Lo L
29028L!LJ
29029I
29030,3
29031« Une des qualités que réclame impérieusement l’emploi du fonctionnaire susdit est le talent de
29032« disposer les feuilles qui doivent recevoir l’écriture auguste du
29033souverain. On étend une serviette
29034« de soie d’Alexandrie, dont un des bouts est attaché. La chose se fait en présence du dewâdâr. On
29035« pose d’abord les piècesqui sont sur du papier de la plus grande dimension. Par-dessus, on met celles
29036< qui sont d’un moindre format, jusqu’à ce que l’on arrive à celles qui sont sur un
29037tiers de feuille.
29038« Puis, on range les diplômes, suivant leur format, et on les place dans la serviette. On a soin de
29039« ne point mêler ensemble les différents genres d’actes, de peur que le sultan n’éprouve de l’embar-
29040« ras pour mettre son apostille.
29041Ensuite
29042on place
29043les marsoum
29044carrés ,
29045et
29046les teclkirah
29047,
29048puis
29049les
29050« feuilles de route, puis les marsoum, les petits actes appelés tauki, puis les /HitAa/.Surles premières,
29051« le prince doit écrire son nom auguste. Puis viennent celles qui doivent porter son père , avec
29052les
29053« mots elle est émanée, et le mot élevé. Ensuite, celles qui offriront l’apostille son père, avec ces mots
29054:
29055« qu’il perpétue, qu’il augmente. Et enfin, celles qui porteront son frère. Tous ces actes sont alors
29056« enveloppés et posés
29057dans le mozarrah,
29058puis portés au palais. Là, on en fait un
29059second
29060recen-
29061« sement,
29062et
29063ils sont présentés à
29064la signature du prince.
29065Il
29066écrit d’abord
29067l’apostille son frère-,
29068ce
29069« qui a lieu pour les pièces placées au dernier rang. Puis vient la formule son père. Et tout se ter-
29070» mine par les actes posés avant tous les autres dans la serviette, et qui sont écrits sur du papier
29071« d’une dimension parfaite. Ensuite on présente les placets, qui méritent de recevoir on écrira. Après
29072« que le sultan lésa apostillés, ils sont tous replacés dans la serviette, puis emportés etremis au dewâdâr,
29073<1 qui les prend et les rend au porteur du mozarrah (avis.) On ne doit admettre dans cette serviette des-
29074« tinée à renfermer les piècesqui recevront l’écriture du sultan, aucune feuille colorée, ou sale, ou déchi"
29075« rée, ou d’un papier trop rude, de peur que le kalam qui tracera l’apostille ne glisse, ni trop mince, de
29076« peur que l’encre ne la traverse; ni ployée, ni trouée à l’endroit où doit être l’apostille, ni trop étroite à
29077« la place destinée à cette apostille, ni dont les dimensions, tant en longueur qu’en largeur, ne présen-
29078« tent pas assez d’espace pour l’écriture. « Suivant ce que rapporte le même écrivain (f. 120 v°), ce fut
29079le
29080/? flrfi-fl/Xo</«t-Tadj-eddin-Abd-alwahhab -ben-Bint-alaaz, qui, le premier, adopta l’usage du mozarrah,
29081et cela, sous le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. Avant lui les actes étaient apostillés tout le
29082long du jour, soit seuls, soit deux par deux, trois par trois, quatre par quatre. Lg mozarrah réunissait
29083toutes les pièces qui avaient rapport à la chancellerie. Toutes celles du même genre étaient tenues
29084dans une enveloppe séparée, formée par un mouchoir, ou une serviette de
29085fil. Plus anciennement,
29086chaque espèce d’acte était renfermée dans une bourse d’étoffe de soie jaune satinée
29087; et aucun
29088autre que le gardien de cette bourse ne pouvait réclamer l’apostille du prince.
29089(99)
29090J’ai lu
29091JL ÛjJ
29092au lieu de
29093.
29094.
29095. JLj
29096J’ai suivi, pour cette
29097correction, l’autorité de Nowaïri et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (m. non catalogué,
29098f. 179 r°).

Provenance

Full provenance, licence and citation: part 1.

What the layers are

L0 witness
The text as its witness or edition has it, original spelling; its dialect is a description and is never standardized.
L0.5 transliteration
For Egyptian texts: the transliteration with the editors' marks turned into the symbols ° * < > _ ^ (ruled 2026-09-10). For papyri: the edition's Leiden marks as the same symbols, and the editors' readings beside the scribe's as ‹scribe→editors› (ruled PAP-3).
L1 Cairene
Standardized Greco-Bohairic spelling and grammar, generated by code from the layer above under the rulings of the project.
L2 Kemetic
The Kemetic alphabet, generated by code from L1.
English
Quoted translations where they exist, credited; otherwise model drafts, marked as drafts.